Cet article est la suite de celui-ci :
Sommaire de l’article :
- La calotte du salon de la Guerre
- Le cabinet du Conseil
- Le cabinet de la Pendule : un écrin pour la Pendule de Passemant
- Le petit Degré du Roi, l‘accès privé aux appartements du Roi
- La «petite» chambre du Roi : de Louis XV à nos jours : les différentes commodes royales
- La cour des Cerfs
- La garde-robe du Roi
- L’antichambre des chiens : de la Salle de billard de Louis XIV à la Chambre des Chiens de Louis XV
- Le cabinet d’Angle : le bureau où travaille le Roi
- La chaise volante : le premier ascenseur du château de Versailles
- La galerie des Glaces en 1745 : restitution lors du mariage du Dauphin Louis-Ferdinand
- L’appartement de madame de Pompadour : l‘appartement officiel des maîtresses de Louis XV
- Le lieu du pouvoir : l’appartement de madame de Pompadour
- L’attentat de Robert-François Damiens contre le Roi
- Le lanternon de la chapelle royale
- L’horloge de la cour de Marbre : elle indique l’heure de la mort du Roi.
- Les ailes des Ministres
- Le salon des Jeux de Louis XVI
- L’hygiène à la Cour : eau courante à tous les étages
- L’opéra Royal
- La dernière fois qu’un Roi meurt à Versailles
- La bibliothèque de Louis XVI
- Le passage du Roi
- Appartement de fonction du premier valet de chambre du Roi
- «L’escalier des Dupes»
- Le cabinet particulier, puis secret, du Roi ou le Cabinet de la Cassette
- Les petits appartements de la Reine :
- La bibliothèque de la Reine
- Le cabinet du billard de la Reine
- La salle-à-manger de la Reine
- Le cabinet de la Méridienne
- Le cabinet doré de la Reine
- Les salles de bals éphémères de Marie-Antoinette
- La salle des bains de la Reine
- Les journées d’octobre 1789
- Napoléon Ier et Versailles
- La Restauration
- Les statues de la cour d’Honneur
- L’opéra royal au XIXe siècle : de rouge et d’or…
- L’escalier des Maréchaux dit «escalier Louis-Philippe»
- La Reine Victoria reçue par Napoléon III : quand Versailles retrouve les fastes de l’Ancien Régime
- La salle du Congrès : le Parlement de la République
Louis XIV s’est éteint en 1715.
Le gouverneur du lieu obtient que l’on fasse jouer les grandes eaux tous les quinze jours afin de maintenir quelques animations.
Entre mai et juin 1717
Versailles demeure une curiosité et le Tsar Pierre le Grand (1672-1725 y vient à deux reprises.
Le 15 juin 1722
Le jeune Louis XV revient pour la première fois au château de Versailles, abandonné depuis la mort de Louis XIV. Son premier souci est d’achever les travaux de son arrière-grand-père mais aussi de se constituer des espaces plus intimes et retirés pour parfaire son éducation. Sa timidité le poussera à multiplier ces petits cabinets dans lesquels il se sent plus à son aise que dans les espaces publics de Louis XIV.
Respectueux du lieu, Louis XV n’est pas pourtant un grand résident de Versailles, qu’il déserte souvent en préférant s’échapper – outre les séjours habituels à Fontainebleau, Marly ou Compiègne – dans des résidences périphériques comme Choisy, la Muette, Saint-Hubert ou Bellevue.
Louis XV réinstalle le gouvernement et la Cour à Versailles.
En 1732
Louis XV se fait aménager quelques pièces autour de la calotte du Salon de la Guerre qui prend jour sur le parterre d’eau et du Nord.
On y accède par l’escalier semi-circulaire. Il s’agit en réalité de deux appartements. Celui du Roi où chaque pièce est tendue de damas de couleurs différentes (vert, bleu, violet, jaune, cramoisi) au dessus d’un lambris d’appuis. Et celui de Louis-Joseph Lazur, le cuisinier du Roi.
En 1735
Louis XV demande la création d’une nouvelle chambre à coucher, plus confortable et plus facile à chauffer que celle de Louis XIV. Mais au fil des années, l’incommodité de la chambre s’est imposé à lui. Avec son attique et ses fenêtres donnant à l’est, la pièce de 89 m² est difficile à chauffer avec son unique cheminée. C’est l’un des premiers aménagements de Louis XV au château. En décembre 1737, il fait installer un lit de repos dans le Cabinet du Conseil. Le Cabinet est alors considéré comme une «chambre». L’aménagement d’une nouvelle chambre se fait de plus en plus pressente. Louis XV songe dans un premier temps à s’installer dans le Cabinet du Conseil. Le souci de confort et d’intimité se heurte aux volumes de la pièce. La grande chambre de parade est maintenue, le petit appartement du Roi est réaménagé et une chambre, conforme aux souhaits du Roi, prend place dans l’ancienne salle de billard de Louis XIV. C’est celle que nous connaissons aujourd’hui.
Celle-ci est aménagée à l’emplacement du premier salon de l’«Appartement des collections» de Louis XIV. Située à côté de la salle du Conseil (a), elle permet à Louis XV de pouvoir y dormir sans être trop éloigné de la chambre de Louis XIV, dans laquelle s’effectuent encore les cérémonies du lever et du coucher.
Le cabinet du Conseil
( texte et photographies de Christophe Duarte – Versailles passion )
Il y eut d’abord ici deux pièces : la chambre du Roi et l’un des deux cabinets du Petit Appartement du Roi, qui ouvraient sur la Terrasse par deux portes fenêtres chacune. En 1684, ces deux pièces deviennent le cabinet du Roi et le cabinet des Termes, ainsi nommé à cause des figures qui décoraient son plafond. Les murs des deux cabinets étaient entièrement revêtus de miroirs contre lesquels étaient posées des petites consoles dorées supportant les vases précieux et les gemmes.
C’est dans le premier cabinet que Louis XIV préside les différents conseils, tandis qu’il réunit dans le cabinet des Termes, chaque soir après son souper, les princes et les princesses de la famille royale.
Les lundis, tous les quinze jours, mercredis, jeudis et dimanches a lieu le Conseil d’État ou Conseil «d’en-haut», les mardis et samedis sont consacrés au Conseil royal des Finances, tandis que les vendredis sont consacrés au Conseil de conscience (affaires religieuses). Enfin, le Conseil des dépêches, c’est-à-dire traitant des affaires intérieures, se réunit les lundis, tous les quinze jours quand il n’y a pas Conseil d’État. Ces mêmes jours, le Roi peut aussi décider d’étudier l’avancement des programmes de travaux. Cinq ou six ministres travaillent avec le monarque qui parle peu, écoute beaucoup et décide toujours en dernier lieu.
En 1755, Louis XV réunit les deux pièces en une seule pour former le cabinet du Conseil tel que nous le voyons aujourd’hui. Ange-Jacques Gabriel a dessiné les boiseries qui ont été sculptées par Antoine Rousseau. La salle du conseil fait partie des Grands Appartements du Roi. C’est de là que le Roi dirige la France de 1682 à 1789.
Situé au premier étage et prenant jour sur la cour de Marbre, le Petit Appartement du Roi est d’abord composé de neuf pièces :
- Salle du billard (N°13) -Cabinet d’angle sous Louis XVI: c’est le lieu où il règle ses affaires personnelles
- Salon du degré du Roi (N°4)
- Cabinet aux Tableaux
- Cabinet des coquilles (plus tard le cabinet des livres)
- Salon ovale
- Premier salon de la petite galerie
- Petite galerie (N°8)
- Deuxième salon de la petite galerie
- Cabinet des médailles – cabinet des Jeux sous Louis XVI (N°7)
Le petit appartement du Roi, tel qu’il est visible aujourd’hui, est celui qui résulte des dernières transformations de Louis XVI.
En 1738
En 1738 est créé un nouveau salon : le cabinet des Pendules.
Le cabinet de la Pendule,
Un écrin pour la Pendule de Passemant
( Texte et photographies de Christophe Duarte – Versailles passion )
A l’origine on l’appelle le cabinet des pendules, car du côté du cabinet du roi, la pièce avait une forme d’hémicycle, avec en son centre la porte d’accès au cabinet. Au centre des panneaux de boiseries des parties cintrées, dans le même goût que celles actuellement présentes, se trouvaient en effet deux pendules.
Créé en 1738 et agrandi en 1760, ce salon occupe l’emplacement de l’antichambre et d’une partie du cabinet des tableaux de Louis XIV. Il doit son nom à l’extraordinaire pendule astronomique qui en est le principal ornement, réalisée par l’ingénieur Passement. Elle a été placée dans cette pièce en janvier 1754.
Les peintures des dessus-de-porte sont des répliques anciennes d’œuvres de François Boucher. Elles remplacent ceux de Nicolas Poussin qui s’y trouvaient autrefois, aujourd’hui au Louvre.
La statuette de bronze est la réduction, par Vassé, de la statue équestre de Louis XV que Bouchardon avait exécutée pour orner le centre de la place Louis XV à Parie, actuelle Place de la Concorde. Elle se trouvait déjà dans cette pièce sous l’Ancien Régime.
La baguette au sol matérialise le Méridien de Versailles qui passe à cet endroit précisément.
Sur les cinq tables, quatre ont été exécutées pour les appartements de Louis XV à Versailles et Compiègne, puis furent regroupées dans ce dernier château. Leurs plateaux en stuc représentent des domaines de la Couronne.
Le cabinet de la Pendule servait de seconde antichambre des cabinet intérieurs et de salon des jeux. Il se compose d’une partie rectangulaire du côté de la Chambre du Roi, et d’une partie en hémicycle, du côté de l’actuel Cabinet d’Angle. De part et d’autre de la porte centrale se trouvent deux pendules marquant le lever et le coucher du soleil et de la lune.
En 1760, la partie en hémicycle est supprimée.
Le petit Degré du Roi,
L’accès privé aux appartements du Roi
( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
De tout temps, il y eut un escalier dans cette partie du château qui permettait au Roi d’éviter l’Escalier de la Reine et celui des Ambassadeurs. Il débouchait directement dans son appartement privé. Le premier escalier, daté de 1662, prenait jour sur la cour de Marbre par deux fenêtres. En 1692, lorsque Louis XIV consacra son appartement à ses collections privée, on abat le petit degré pour le repousser plus au Nord. En 1738, Louis XV fait déplacer à nouveau cet escalier pour le repousser dans la nouvelle aile construite qui formera la cour des Cerfs et la cour du Roi.
C’est en 1754 que le degré du Roi trouve son emplacement définitif et l’état que nous lui connaissons aujourd’hui. Cela entraîne la destruction du cabinet des coquilles de Louis XIV. A l’origine, il ne desservait que le premier étage. Ce n’est qu’en 1763, qu’il serz prolongé jusqu’au second étage. Son décor est constitué de faux lambris, peint en trompe l’oeil, d’emmarchement de pierre, de marches de marbres d’une rampes en fer forgés.
En 1738
La «petite» chambre du Roi,
De Louis XV à nos jours : les différentes commodes royales
( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
Cette chambre occupe l’emplacement de la Salle de billard de Louis XIV. En 1738, Louis XV en fait sa chambre tout en continuant d’utiliser la Grande Chambre pour les cérémonies du lever et du coucher.
Pour meubler cette chambre, Louis XV commande à Antoine Gaudreau une commode en Chêne plaqué en bois de violette et satiné, tiroirs en acajou, doublure en acajou dans les armoires latérale. Comme le voulait la tradition, à la mort du Roi en 1774, la mobilier de la chambre est offert au Premier Gentilhomme de la Chambre, le duc d’Aumont. La commode est aujourd’hui à la Wallace Collection.
A son avènement, Louis XVI demande a Riesener un nouveau mobilier. Les bronzes figurant Hercule avec sa massue, Mars avec son bouclier et sa lance, la Prudence et la Tempérance, constituent un programme de bon gouvernement pour le jeune Roi qui venait de succéder à son grand-père.
On ignore jusqu’à quel point Louis XV s’est directement intéressé à la création de ce chef-d’œuvre de l’art rocaille. Néanmoins, « il est impossible qu’un objet comme cette commode ait été conçu sans que le roi en ait approuvé le modèle » précise Yves Carlier, adjoint au directeur du musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon.
Le meuble est dessiné en couleurs par Sébastien-Antoine Slodtz, sculpteur du cabinet du Roi qui, comme son frère Paul-Ambroise, imagine également des modèles de fontaine ou de décors de théâtre. Un dessin du projet à la plume et encre noire rehaussé de lavis gris, rouge et jaune, daté de 1738-1739 et conservé à la Bibliothèque nationale de France, lui est en tout cas attribué. Antoine-Robert Gaudreaus, maître ébéniste depuis 1708 et fournisseur du Garde-Meuble de la Couronne depuis une dizaine d’années, est choisi pour la fabrication. Il épaissit un peu les pieds par rapport au dessin, raccourcit la longueur pour assurer l’équilibre du meuble, tout en conservant le galbe de sa façade à deux arches : une description détaillée de l’ensemble figure dans le Journal du Garde-Meuble de la couronne.
La commode est commandée le 5 septembre 1774. Elle est livrée le 25 novembre 1775. Les bronzes figurant Hercule avec sa massue, Mars avec son bouclier et sa lance, la Prudence et la Tempérance, constituent un programme de bon gouvernement pour le jeune Roi qui venait de succéder à son grand-père. C’est à Pierre Verlet que l’on doit l’identification de cette commode. Elle montre l’attachement de Riesener au savoir-faire de son maître Jean-François Œben. Malheureusement elle ne présente plus son panneau central d’origine, remplacé par Riesener lui-même pendant la Révolution, qui représentait Minerve descendant des nuées, environnée de rayons tenant dans chaque main une couronne de lauriers, des guirlandes de fleurs et des médaillons aux chiffres du Roi et de la Reine. C’est lors de la vente des biens de Louis-Philippe en 1857, que le duc d’Aumale se porte acquéreur et le place au château de Chantilly.
Dans les différentes tentatives de restauration de cette pièce, plusieurs commodes ont pris place depuis le début du XXe siècle, notamment la commode du comte d’Artois au Temple (aujourd’hui au Louvre) et la commode du comte de Provence (actuellement dans la salle-à-manger des retours de chasses). Aujourd’hui, après un échange avec le musée du Louvre (la commode d’Artois), c’est la commode de la chambre de Louis XVI par Stockel et Benneman à Compiègne qui est exposée.
Paire de piédestaux verticaux bulbeux en chêne plaqué de bois de violette et ornés de panneaux de marqueterie à motifs géométriques en palissandre, ébène et bronze doré. Sous une corniche en bronze doré en saillie sont fixés des masques de Diane avec des branches de chêne et d’Apollon avec une guirlande de laurier. Les quatre angles du corps sont ornés de décorations en bronze doré à motifs d’acanthe et de volutes, et les côtés de fleurs en bronze doré. La partie avant incurvée est ornée de trophées en bronze doré, composés d’instruments de musique et d’instruments d’art. La base est ornée de bandes de volutes de Vitruve en bronze doré, et l’ensemble repose sur quatre pattes de lion en bronze doré. L’arrière de chaque piédestal est percé d’une porte.
décrit par Golden Sanctuary ; Versailles – passion
décrit par Golden Sanctuary ; Versailles – passion
décrit par Golden Sanctuary ; Versailles – passion
Au fond à gauche de la chambre intime du Roi, une porte :
La garde-robe du Roi
Cette petite pièce, facile à chauffer et équipée d’après les inventaires d’un bureau, devait lui servir le matin de cabinet de travail. Très lumineuse, est luxueusement décorée par les frères Rousseau de décors évoquant les sciences, la guerre, les arts. Ce cabinet de repos d’environ 15 m² jouxte la chambre. Ce pourrait ressembler à ce qui sera le cabinet de la Méridienne de Marie-Antoinette… ( voir en 1781 ) pour le Roi.
En 1738
L’antichambre des chiens,
De la salle de billard de Louis XIV à la chambre des Chiens de Louis XV
(Texte et photographies de Christophe Duarte et Denis Barrow – Versailles Passion )
Cette pièce est créée en 1738 sur l’emplacement du Degré du Roi et décorée pour l’essentiel avec les lambris retirés au même moment de l’ancien cabinet du Billard de Louis XIV, qui hébergeait depuis 1701 les chiens favoris du Roi. La pièce subit peu de transformation jusqu’à la révolution, mis à part l’ouverture d’une communication dans le placard à droite de la cheminée pour accéder directement au nouveau degré du Roi établi en 1752. Les inventaires successifs dressés à partir de 1740 révèlent que l’ameublement ne subit guère plus de changements. Le lustre en cristal de roche encore en place en 1791 devait être celui de 1708. Les chiens ont droit à des niches doubles, ornées de moulures, pilastres et baguettes.
Cette antichambre sert aussi de pièce pour les garçons du château, les fameux «garçons bleus», qui disposent pour la nuit d’un couchage probablement dissimulé le jour dans le placard à gauche de la cheminée. Le meuble le plus important signalé dans cette antichambre par les inventaires de 1740 et 1751 était une «pendule à carillon» que les rédacteurs n’eurent pas la patience de décrire et qui portait le numéro 1, c’est-à-dire la grande pendule à automates de Antoine Morand.
Le cabinet d’Angle,
Le bureau où travaille le Roi
( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion)
Ce cabinet occupe une partie de l’ancien cabinet des tableaux de Louis XIV. Louis XV, qui en fait son cabinet de travail, a coutume de s’y tenir la journée et d’y travailler, soit seul, soit avec l’un ou l’autre de ses ministres. C’est la pièce la plus somptueuse de l’appartement intérieur. Les bordures des glaces et les boiseries illustrent des jeux d’enfants, sont l’œuvre de Verberckt.
Les meubles que Louis XV réunit et que l’on peut toujours admirer, constituent le plus bel ensemble qui soit : la commode-médailler d’Antoine-Robert Gaudreau livrée en 1738, les encoignures fournies par Gilles Joubert en 1755 en complément du médailler, et surtout le secrétaire à cylindre exécuté par Jean-François Œben et achevé par Jean-Henri Riesener de 1760 à 1769.
Le secrétaire à cylindre de Louis XV est un bureau très richement ornementé fabriqué dans les années 1760. Commencé par Oeben et achevé par Riesener, tous deux ébénistes du Roi, il constitue l’une des plus célèbres réalisations de l’histoire du mobilier français. Sa fabrication a mobilisé quatorze corps de métier dont ébéniste, bronzier, ciseleur, doreur, horloger … Haut de 1,47 mètre pour une largeur de 1,92 mètre et une profondeur de 1,05 mètre, le bureau est couvert d’une marqueterie complexe réalisée en bois de sycomore, violette et acajou et il est orné de multiples pièces en bronze, œuvres fondues et ciselées par Hervieux sur des modèles de Jean-Claude Duplessis.
La rotation d’un quart de tour de la clé, déverrouille l’abattant et l’ensemble des tiroirs. Les domestiques au service du Roi rechargent en encre et en papier le secrétaire par deux petites trappes dissimulées sur chaque côté du meuble, donc sans obligation que le bureau soit ouvert et l’abattant relevé. Outre les quatre tiroirs disposés par paire de chaque côté du bureau, l’ouverture de l’abattant permet d’accéder à six petits tiroirs disposés en deux colonnes latérales.
Sous la Révolution, le meuble est transporté aux Tuileries où il sera ensuite utilisé par le Corps législatif, puis il est transféré au cabinet du Secrétaire de Napoléon. On le retrouve dans le salon des Aides de camp du duc d’Orléans, fils de Louis-Philippe, et plus tard, l’Impératrice Eugénie l’utilisera dans son cabinet de travail du Château de Saint-Cloud. En 1870, le bureau est transféré au musée du Louvre, à Paris. En 1957, il retourne enfin au Musée national du château de Versailles où il se trouve depuis.
Le bureau, tel qu’il existe aujourd’hui, n’est pas exactement celui de sa version d’origine connue grâce à la description d’un inventaire de 1776. Plusieurs interventions sur le secrétaire, faites par Riesener sous le règne de Louis XVI sont notées en 1776, 1777 et 1785, avec des réparations du mécanisme ou la restauration des marqueteries. En 1794, après l’avènement de la Première République et l’exécution du Roi, il lui sera demandé de supprimer du meuble, ce qui rappelait la Royauté. Ainsi, il enleva le médaillon à l’effigie du Roi que tenaient deux angelots décorant le dessus de la pendule, les « L » entrelacés de chaque côté du meuble furent remplacés par des plaques de porcelaine de Sèvres imitant le Wedgwood et le portrait de Louis XV sur la clé du bureau fut supprimé.
Le cabinet d’angle sous Louis XVI par Philippe Le Pareux
Le numéro 2131 peint sur ce bureau correspond à l’inscription dans le Journal de Garde-Meuble de la Couronne, le 29 décembre 1759. Ce jour-là, l’ébéniste Gilles Joubert a livré « pour une utilisation dans le Cabinet du Roi au Château de Versailles : une table d’écriture laquée rouge équipée de montures en bronze doré, avec trois tiroirs devant qui peuvent être verrouillés avec une touche, le haut recouvert de velours noir fini d’une petite tresse dorée, mesurant 5 pieds, 4 pouces de long, 3 2 pouces de large et 30 pouces de haut ».
Joubert, a été nommé ébéniste du Garde-Meuble en 1758. Entre 1748 et 1774, il fabrique près de quatre mille meubles. Quatre ans plus tard, la présente table, l’une des rares pièces laquées, a été commandé pour une utilisation dans le bureau où Louis XV fait une grande partie de son travail quotidien.
Ce bureau est orné de montures en bronze doré qui rehaussent ses lignes gracieuses et courbures. Certaines de ces montures ont une décoration ouverte à travers laquelle le fond rouge est visible.En 1765, un encrier de la même laque rouge a été livré pour le Roi. Le velours noir d’origine inséré dans le bureau a été remplacé en 1777 par un marocain bleu. Une chaise de bureau également couverte en cuir bleu est livrée en 1779.
Le bureau du cabinet d’Angle de Louis XV
Le bureau actuel du cabinet d’Angle
Réalisé pour le cabinet du Roi, ce bureau a été commandé comme pièce d’accompagnement du célèbre bureau à cylindre. Il n’est pas estampillée mais on sait que Beneman était responsable de sa construction et que sa conception d’ensemble était sous la responsabilité du sculpteur Jean Hauré qui était alors en charge de la production du mobilier royal.
Les différentes montures en bronze doré ont été ciselées par Denis Bardin et dorées par Claude Galle. Les branches de myrte qui s’enroulent autour des cadres entourant les tiroirs ont été montées par le bronze et sculpteur Pierre-Philippe Thomire. Le bureau a été enregistré comme étant dans le bureau du Roi en 1792 et a été vendue, avec les encoignures et la commode de Riesener en 1794. Il a conservé le monogramme royal des L entrelacés dans les ovales de marqueterie alors que le bureau à cylindre de Louis XV, qui a été déplacé au Louvre après la Révolution française, a vu ses emblèmes royaux remplacés, avec l’aide de Riesener, et a maintenant des plaques de porcelaine de Sèvres là où se trouvaient autrefois les L.
Le secrétaire de Louis XVI pour le cabinet d’Angle
Le 2 janvier 1784, le Marchand-mercier Dominique Daguerre présenta ce secrétaire à Versailles, à l’usage de Louis XVI. Attribuée à Weisweiler, la pièce est répertoriée dans un inventaire de 1787 comme étant dans le Cabinet Intérieur du Roi, à laquelle peu de visiteurs auraient pu avoir accès. Les panneaux de laque japonaise avec des cartouches picturales sur le devant ont environ 150 ans de plus que la secrétaire lui-même. Coupés de la surface d’un tabouret étroit (pot de chambre) datant d’environ 1640, ils témoignent de l’appréciation continue de la laque japonaise en Europe. Le tabouret sacrifié, fabriqué pour l’exportation, a pu être dans les collections royales françaises avant d’être mis à la disposition de Daguerre, qui à son tour fourni les panneaux de laque à l’ébéniste. Les brancards entrelacés et les pieds, effilées vers le bas sont caractéristiques de Weisweiler, et les montures en bronze doré sur la frise apparaissent sur d’autres pièces par cet ébéniste.
La paire d’encoignures du cabinet d’Angle
Cette paire d’encoignures sera réalisée en 1780 pour le cabinet du Roi. Les encoignures sont réalisées par Riesener en harmonie avec la commode qu’il a réalisée six ans auparavant, en 1774, pour la chambre du Roi. Les deux armoires et le cabinet sont dotés de plateaux en marbre rouge griotte d’Italie, conçus pour s’harmoniser avec la cheminée existante de cette pièce. La commande est confiée à Riesener en janvier 1780 et il livra les armoires plus tard dans l’année, moyennant un prix de 11 984 livres, réduit ultérieurement à 11 200 livres. Pour assurer cette livraison rapide, et en plus de ses autres engagements, Riesener a peut-être dû utiliser des éléments de série, par exemple des panneaux de marqueterie partiellement préfabriqués. Les panneaux de marqueterie élaborés sont généralement posés sur au moins deux couches de panneaux stratifiés pour plus de stabilité. Plusieurs panneaux de marqueterie de Riesener, comme ceux de cette paire d’encoignures, sont posés sur trois couches de stratifié, ce qui suggère que ces panneaux étaient fabriqués à l’avance, permettant aux artisans de Riesener de les monter rapidement et efficacement sur des ébénisteries. Certaines montures en bronze doré pourraient également avoir été préfabriquées.
Cette paire d’encoignures s’ouvret sur un tiroir derrière une frise de bronze doré, avec une armoire en dessous ; dessus en marbre rouge griotte. Plaquées d’acajou, de satiné, de sycomore et de bois de violette. Un panneau de porte est orné d’un trophée militaire romain composé d’un casque à plumes reposant sur un carquois de flèches émergeant d’une cuirasse, surmontée d’un coq sur une guirlande de lauriers, flanquée de bannières et de couleurs militaires, d’un miroir entouré d’un serpent, d’une massue d’Hercule et d’un étendard romain couronné d’un aigle. Le trophée de l’autre porte est composé d’un casque à plumes reposant sur une massue émergeant d’une cuirasse ornée d’une tête d’Apollon sur un soleil, d’une tête de bélier, d’un bouclier, d’une hache, d’un étendard romain couronné d’un aigle, d’un carquois de flèches et de faisceaux romains (faisceaux de piques enrubannées portés en procession par les licteurs romains devant les consuls). Des panneaux marquetés en treillis losangique à motifs floraux encadrent chaque porte d’armoire. Les garnitures en bronze doré comprennent deux bustes féminins sur les côtés et une tête d’Hercule au centre.
Et pour faire le lien entre la cour royale et l’escalier, deux vues du pavillon de l’escalier, avec en transparence par les grilles, l’escalier des ambassadeurs…
En 1743
La chaise volante,
Le premier ascenseur du château de Versailles
( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
L’invention de cette mécanique est attribuée à Jean-Jacques Renouard, comte de Villayer (1607-1691). Académicien fantasque, Villayer met au point ce système à Paris et, fort de ses liens avec la maison de Condé, en installe à Chantilly et à Versailles, dans l’hôtel même du prince.
Saint-Simon, dans ses additions au Journal de Dangeau, s’étend sur cette invention «qui par des contrepoids montent et descendent seules entre deux murs à l’étage qu’on veut en s’asseyant dedans par le seul poids du corps et d’arrêter où l’on veut». Au château, la seule chaise volante connue est celle que Louis XV fait installer en 1743 pour la duchesse de Châteauroux, dans le côté nord de la petite cour du Roi, afin de permettre à celle-ci de gagner plus commodément son appartement du troisième étage.
Mise au point par Blaise-Henri Arnoult, elle est utilisée par madame de Pompadour entre 1745 et 1750 et reste en service jusqu’en 1754.
Et pour faire le lien entre la cour royale et l’escalier, deux vues du pavillon de l’escalier, avec en transparence par les grilles, l’escalier des ambassadeurs…
La galerie des Glaces en 1745,
Restitution lors du mariage du Dauphin Louis-Ferdinand
( texte de Christophe Duarte , illustrations de Philippe Le Pareux – Versailles Passion )
Il s’agit de l’ameublement ordinaire : les torchères de 1695 (qui ne seront remplacées qu’en 1770), les huit tables couvertes de vases de porphyre, les tabourets recouverts de leur housse cramoisie, les rideaux verts, les bustes des douze Césars, auxquels s’ajoutent les cascades de lumière installées en plus dans les angles, telles que la gravure de Cochin permet de les voir.
Les tapis dans le style de la galerie du Louvre et la cloison qui fermait l’arcade donnant sur le salon de la Paix terminent cette évocation.
Cette modélisation de Philippe Le Pareux rend compte de manière d’un aménagement «extraordinaire» de la galerie lors de fêtes.
L’appartement de madame de Pompadour (1745 – 1750),
L’appartement officiel des maîtresses de Louis XV
(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
Cet appartement se trouve dans l’attique surplombant le grand appartement du Roi, au second étage du corps central du château. Il se situe précisément au-dessus des salons de Mercure et d’Apollon. On peut y accéder par l’escalier d’Épernon ou l’escalier semi-circulaire. L’appartement a d’abord été habité, en 1743 et 1744, par la duchesse de Châteauroux, Marie-Anne de Mailly-Nesle, ainsi que par sa sœur, la duchesse de Lauraguais. Ce n’est qu’après la mort de la duchesse de Châteauroux que Louis XV donne l’appartement à madame de Pompadour qui l’occupe de 1745 à 1750. A cette date, elle cesse peu à peu d’être sa maîtresse, tout en restant son amie, et quitte donc son appartement pour aller s’installer au rez-de-chaussée du château.
Les quatre pièces principales donnent directement sur le parterre du Nord.
On passe ensuite dans le grand cabinet qui est jusqu’en 1745 la chambre de madame de Pompadour. Ce n’est que vers 1747-1748 qu’il devient un grand cabinet. Ce dernier donne accès au Petit cabinet (au-dessus du salon d’Apollon), mais mène également à l’antichambre.
L’antichambre et la chambre qui suit ne sont créées qu’en 1748, à l’emplacement d’une unique grande pièce qui était probablement le grand cabinet de madame de Châteauroux.
La chambre à coucher a été installée en 1748 par Gabriel. Le lit est placé dans une alcôve, entourée de deux petits cabinets permettant un accès au lit par derrière. Il y a également eu deux antichambres qui ont aujourd’hui disparu : l’une des deux constituait alors une salle-à-manger.
L’appartement possède enfin un cabinet des bains et une chaise percée.
En mai 1751
Le lieu du pouvoir : l’appartement de madame de Pompadour
(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
En mai 1751, la faveur éclatante de la marquise de Pompadour se mesure à son installation dans l’appartement princier du rez-de-chaussée, sous les salons du Grand Appartement du Roi, occupé jusqu’alors par le duc de Penthièvre, fils illégitime de Louis XIV. Son appartement devient l’antichambre du pouvoir. Cet appartement sera occupé pendant quatorze ans par la marquise et est largement éclairé par neuf fenêtres sur le parterre du Nord.
C’est madame de Pompadour qui donne au grand cabinet sa forme actuelle, et la cheminée de marbre sérancolin est posée pour elle.
En 1752
Louis XV fait détruire le fastueux escalier des Ambassadeurs afin d’aménager des appartements pour ses filles.
Le 5 janvier 1757
Attentat de Robert-François Damiens (1715-1757) contre le Roi.
En 1760
Commande à Jean-François Oëben (1721-1763), ébéniste d’origine allemande, du bureau du Roi.
De 1760 à 1764
Construction du Petit Trianon.
La cour des Cerfs,
Une cour emblématique mais discrète du château de Versailles
( texte et photos de Christophe Duarte – Versailles Passion )
Lorsque, au tournant des décennies 1660 et 1670, Louis Le Vau double le château de Louis XIII d’une enveloppe, il fait apparaître, au Sud, la cour de la Reine et, au Nord, la cour du Roi. Dès 1699, cette dernière est divisée en deux cours distinctes.
La plus grande prend le nom de cour des Cerfs quand, en 1723, pour distraire le jeune Louis XV, vingt-quatre têtes de cerfs sont accrochées entre les fenêtres, lui rappelant celles qu’il a pu voir dans une des galeries de Fontainebleau. Ces trophées du sculpteur Jean Hardy portaient des bois qui provenaient des chasses royales. Un balcon de fer forgé ceinture cette cour à la hauteur de son premier étage. Sur ce balcon se promenaient régulièrement les chiens de compagnie du Roi.
D’un point de vue architectural, cette cour présente un aspect composite résultant des divers aménagements et agrandissements de l’appartement intérieur du Roi. Les façades actuelles correspondent en majeure partie à des travaux de l’époque de Louis XV.
Aménagé sous Louis XV, étendu et transformé sous Louis XVI, le balcon a fait l’objet de plusieurs remaniements au XIXe siècle.
En décembre 1763
La famille Mozart, le père Léopold, son fils Wolfgang et sa fille Nannerl sont à Versailles. Ils sont reçus en privé par le Roi et Madame de Pompadour mi-décembre puis en réception officielle fin décembre.
En 1765
Le lanternon de la chapelle royale
( Texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles Passion )
Dans les plans d’origine, la chapelle était d’abord conçue pour ne pas excéder la hauteur des toitures du reste du château. Mais devant le soutien de l’Académie d’architecture d’un projet dont le toit était plus élevé, Hardouin-Mansart rehaussa le bâtiment. Le projet initial prévoyait une grande couronne royale posée sur un coussin et un tapis en plomb devait être placée au sommet. Mais finalement, un lanternon de près de douze mètres de haut, surmonté d’une croix, surmonte l’édifice.
C’était l’endroit favori de Louis XV enfant. Il aimait y monter avec toute une suite de courtisans pour savoir combien de personnes pouvaient tenir dans cet espace confiné. Il le fait détruire en 1765 car la charpente menaçait ruine. En pleine guerre de Sept ans, faute de moyen, la toiture est reconstruite à l’économie.
Plus tard, Gabriel projettera de le reconstruire avec Le Grand Projet. On sait ce qu’il advient de cette reconstruction de Versailles.
En 1833, Questel avait proposé à Louis-Philippe qu’on le reconstruise mais cette fois sur une charpente métallique. Mais là aussi, les économies auront raison de lui.
En 1767
L’horloge de la Cour de Marbre,
Elle indique l’heure de la mort du Roi.
( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
Voici la lettre de Frédéric Nepveu au directeur des Bâtiments de la Couronne, le 9 mai 1837 :
« En descendant de voiture, le Roi agrée la proposition que je lui soumets d’utiliser l’horloge de Julien Le Roi en appliquant le cadran immobile du fond de la Cour de Marbre. Cet instrument a coûté dans le temps 20 000 livres. Sa mise en place dans une chambre haute des combles exigeront une dépense de 9 500 livres».
Frédéric Nepveu
Les Ailes des Ministres
En même temps que l’enveloppe était en construction autour de l’ancien château de Louis XIII, des bâtiments pour les communs étaient construits sous la direction de Louis Le Vau. Ces bâtiments sont devenus les deux Ailes des Ministres, lorsque Jules Hardouin-Mansart les relia entre eux. Ils se trouvent aujourd’hui de chaque côté de la Cour d’Honneur et furent terminés en 1679. Comme pour le Grand Commun, ces édifices ne sont pas directement reliés aux bâtiments principaux du château. Les ailes des Ministres, à l’ornement sobre et dépendantes du château, marquent la fin de l’ère des ministres tout-puissants, tels que Nicolas Fouquet (1615-1680). Les quatre secrétaires d’Etat occupent chacun la moitié d’une aile, disposant de tous les étages.
C’est dans ces bâtiments que logent les ministres et les secrétaires d’état de Louis XIV, après la construction du Grand Commun. Les deux pavillons qui donnent sur la place d’Armes, à l’extrémité des ailes des Ministres servent de corps de garde aux Gardes françaises et aux Gardes suisses, chargés de la protection extérieure du château. Les Gardes françaises occupent l’extrémité de l’aile sud tandis que les Gardes suisses occupent le pavillon nord. Leurs officiers disposent de chambres à l’étage du corps de garde ; ils ont également leur propre salle-à-manger ainsi qu’une « salle d’assemblée », où ils peuvent jouer au tric-trac.
Le 15 mai 1768
Signature du traité de Versailles qui rattache la Corse au patrimoine personnel du Roi de France, l’île reste juridiquement possession de la République de Gênes mais de fait, est occupée et administrée par la France.
Le 24 juin 1768
A dix heures du soir
Mort de la Reine Marie Leszczyńska dans la chambre de son appartement de Versailles, au milieu des siens. Elle est la dernière reine de France à mourir avec sa couronne.
Pendant une semaine
On voit le défilé incessant de petites gens venant prier pour elle :
« Voyez, comme elle est aimée» … dit le Roi à ses filles.
En 1769
Louis XV reprend à son usage l’appartement de sa fille Madame Adélaïde (1732-1800) qui s’installe au rez-de-chaussée.
Le salon des Jeux de Louis XVI
(texte d’Emma Defontaine – Photos de Christophe Duarte – Versailles Passion)
Sous Louis XIV se trouvait ici le cabinet des Curiosités ou des Raretés, où étaient conservés quelques-uns des plus beaux objets de collections royale.
Transformé en antichambre en 1753 pour Madame Adélaïde, le cabinet des Curiosités est entièrement remanié en 1769 pour Louis XV qui pense en faire une bibliothèque.
Louis XVI préfère y aménager son salon des jeux ; après le repas, les convives s’y rendent pour le café. Louis XVI s’assoit à une table de trictrac, tandis que ses frères jouent l’un au billard dans la salle voisine, l’autre au whist.
C’est pour cet usage que sont exécutées, en 1785, les chaises de Boulard qui ont retrouvé leur place. De ce salon proviennent également les encoignures livrées par Riesener en 1775 et les tableaux de Van Blarrenberghe, gouaches commandées par Louis XVI pour commémorer les différentes victoires remportées par son grand-père, Louis XV.
Quand Louis XV récupère cet appartement, il transforme le cabinet de retraite de Madame Adélaïde en arrière cabinet (1769/1770) pour devenir enfin sa salle de bains ( de 1770 à 1774). Le décor est sculpté par les Rousseau père et fils, peint par Brancourt en blanc de dorure. La pièce avait une alcôve contenant deux baignoires, un poêle dans l’embrasure de la fenêtre.
Sous Louis XVI, cette pièce garde la fonction de salle-de-bains jusqu’en 1777 sans modification de décor.
L’hygiène à la Cour
Eau courante à tous les étages
( Texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles Passion )
Louis XV déplace à six reprise son cabinet des Bains. Celui-ci retrouve en 1777 son emplacement dans la première pièce des arrière-cabinet où il avait déjà été placé en 1766.
La pièce dallée de marbre est modeste, sobre et fonctionnelle. Elle comportait deux baignoires en cuivre positionnées en enfilade, alimentées par des doubles robinets d’eau froide et chaude reliés à des réservoirs situés à l’entresol supérieur, où une cuve fonctionne comme un calorifère (un brasier avec une bouche d’aération pour aspirer les vapeurs). Une baignoire pour se savonner, l’autre pour se rincer. Cette pièce des cuves, avec la pièce des baigneurs-étuvistes attenante, est accessible aux porteurs d’eau par l’Escalier semi-circulaire.
Il en existe d’autres à Versailles : dans l’appartement du Dauphin, l’appartement du Roi, des espaces vides au-dessus de la salle de bain de la Reine au rez-de-chaussée.
Sous Louis XV, les mœurs changent et le Roi s’enferme dans son «cabinet d’affaires». Chaque logement du château a en général son cabinet de chaise, chaise percée sous Louis XIV et Louis XV puis cabinet à l’anglaise sous Louis XVI. C’est dans cette «garde-robe» que l’on trouve la «chaise de commodité», c’est-à-dire une chaise percée avec un bassin. Pas moins de deux cents chaises percées sont comptabilisées dans le château lors de divers inventaires et récolements de meubles.
Sous Louis XV, on a coutume d’appeler ces retraits justement des «gardes robes de commodités» ou «garde robe à chaise» pour la différencier des autres «garde robes» c’est-à-dire des chambres de veille pour le valet et la femme de chambre et les placards aux habits. Elles sont généralement situées, très près des chambres à coucher. Dans les logements de courtisans et les cabinets intérieurs, quand cette chambre possède une niche pour le lit, c’est généralement, un des deux placards de part et d’autre de l’alcôve du lit ou du canapé. Le Roi, la Reine, les membres de la Famille Royale possèdent des appartements avec ces dites garde-robes. Le Roi en possède mêmes plusieurs dans son propre appartement, généralement décorées, boisées de lambris peints et dorés.
Le 13 juin 1769
Louis XV demande officiellement la main de l’Archiduchesse Maria-Antonia (1755-1793) pour le Dauphin Louis-Auguste (1754-1793).
Louis XV demande à son architecte Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) de lui édifier un opéra royal. De cette façon, on pourra renoncer aux dispendieuses et peu satisfaisantes salles provisoires qu’il faut construire à chaque fois que l’occasion se présente (notamment lors des mariages princiers).
L’aménagement de la machinerie et de tout ce qui regarde la scène revient à Blaise-Henri Arnoult, premier machiniste du Roi, qui signe là un chef-d’œuvre. En effet, ce que l’on pourrait qualifier de cahier des charges prévoyait une utilisation multiple des lieux : ceux-ci doivent servir à la fois de salle de théâtre mais aussi de salle de bal ou de salle de festin. Au moyen d’un complexe système de planchers mobiles mus par des treuils, Arnoult parvient ainsi à créer une salle modulable pérenne. Certes, la transformation des lieux nécessite presque deux jours de travail, mais il ne s’agit plus de refaire en permanence de nouvelles décorations ni de nouvelles machines : tout pouvait être réutilisé à l’infini en fonction des besoins.
Le 16 mai 1770
Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.
L’opéra Royal
L’opéra de Versailles est inauguré à l’occasion du festin des noces du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette. Envisagée dès le règne de Louis XIV, la construction de l’Opéra Royal est finalement menée à bien par son successeur, Louis XV. Les architectes du Roi Soleil ont travaillé sur les plans d’une grande salle de spectacles située à l’extrémité de l’aile du Nord, à l’emplacement de l’actuel Opéra Royal. La construction n’a cependant pas démarré sous son règne. A partir de 1748, Ange-Jacques Gabriel reprend les plans de ses prédécesseurs. Les premiers de travaux de gros œuvre sont exécutés. Les difficultés financières et les atermoiements quant à l’aménagement intérieur conduisent à les interrompre en 1756. Ils reprennent entre 1763 et 1765 avant d’être à nouveau arrêtés.
Voir notre article :
De 1771 à 1775
Louis XV donne son accord à la réalisation du Grand Dessein qui propose la construction d’une nouvelle cour de bâtiments neufs en U. Les travaux durent trois ans après quoi, l’état des finances et le décès de Louis XV interrompent le chantier dont seule l’élévation de la grande aile en pierre subsiste aujourd’hui.
La dernière fois qu’un Roi meurt à Versailles
Dans la nuit du 28 au 29 avril 1774
Le visage du Roi se couvre d’une éruption, ce sont les symptômes de la petite vérole. Monsieur de la Martinière ose déclarer qu’il considère Louis XV comme perdu.
Le 29 avril 1774
Les médecins font savoir que le Roi a contracté la variole. Pour éviter la contagion, le Dauphin et ses deux frères sont maintenus à distance de la chambre royale. Mesdames Victoire, Adélaïde et Sophie restent au chevet de leur père.
Le 30 avril 1774
Le visage du Roi est couvert de pustules.
Le 4 mai 1774
La messe est célébrée dans la chambre du Roi, l’archevêque s’entretient avec lui.
Le 5 mai 1774
Le confesseur s’installe non loin de la chambre du Roi au cas où. Mais le Roi n’arrive pas à se confesser, ses évanouissements et ses plaies l’empêchent d’avoir l’esprit clair pour cet acte ultime.
Dans la nuit du 7 mai 1774
Ne se faisant plus guère d’illusions sur son état de santé, il fait venir son confesseur, l’abbé Louis Maudoux. A sept heures du matin, il se fait administrer le Saint Sacrement puis il souhaite recevoir ses filles une dernière fois. Seul le clergé est autorisé à approcher le malade, ses filles restent sur le seuil de la chambre. La Dauphine est dans la pièce voisine.
Le Dauphin et ses frères sont priés de s’installer au rez-de-chaussée du château : ils n’ont pas été inoculés. Après s’être confessé, le Roi se sent plus tranquille, accepte son sort avec calme, et La Martinière note même une légère amélioration.
Jeanne du Barry quitte Versailles .
Le 8 mai 1774
L’état du Roi empire tout à coup, il délire, la gangrène se déclare, l’infection se généralise.
Les serviteurs commencent à fuir.
Le 9 mai 1774 au soir
L’Extrême-Onction est administrée à Louis XV. L’agonie est interminable. Ses paupières sont fermées tant il y a de croûtes, son visage est enflé et presque noir. Le Roi resté conscient se demande combien de temps va encore durer son agonie.
Dans la nuit du 9 au 10 mai 1774
Comme il est d’usage, une chandelle allumée est placée au balcon de la chambre royale, elle sera soufflée dès le constat de la mort du Roi.
Le 10 mai 1774
A trois heures du matin
Le Roi ne voit plus rien.
A midi
Le Roi est inconscient, seuls les ecclésiastiques prient autour de lui. Plus personne d’autre n’est autorisé à rester. Les membres de la Cour et du gouvernement stationnent au seuil de la chambre royale dont les portes sont grandes ouvertes puisque la mort d’un souverain doit être publique.
Entre quinze heures et quinze heure trente.
Louis XV expire à Versailles. Il avait soixante-quatre ans.
La chandelle est soufflée.
Selon le protocole, le chambellan coiffé d’un chapeau à plumes noires, apparaît à la fenêtre et s’écrit :
«Le Roi est mort!»
puis changeant de couvre-chef pour un chapeau à plumes blanches, il réapparaît pour annoncer :
«Vive le Roi!»
Le Dauphin Louis-Auguste devient Roi sous le nom de Louis XVI. Comme toujours en pareille circonstance, les courtisans se ruent vers les appartements du nouveau souverain.
« Dans la chambre abandonnée, le cadavre de Louis XV commençait à pourrir, se boursouflant par endroits de grosses cloques jaunes qui éclataient en dégageant une odeur qui avait fait fuir les moines Capucins chargés de veiller le corps. La porte s’ouvre pourtant laissant pénétrer un jeune homme mince et fier. Il s’approche du lit sans détacher ses yeux du masque hideux du souverain défunt, soulève le drap, prend la main droite, la porte à ses lèvres et tombe à genoux. Ainsi rend hommage le Comte d’Artois à son grand père.»
Jean-Paul Clément et Daniel de Montplaisir
Aussitôt après la mort de Louis XV
La Cour se réfugie provisoirement au château de Choisy.
C’est à cette occasion que le nouveau Roi prend l’une de ses premières décisions : celle d’inoculer l’ensemble de la Famille Royale contre la variole. Toujours selon l’usage, l’embaumement doit être pratiqué, le cœur momifié et porté dans une église de France. Mais devant l’état du corps, les hommes de médecine refusent : il n’y a pas d’embaumement et le cœur reste à sa place. Des ouvriers mettent en bière «ces restes pestiférés». Un seul abbé veille le mort, se tenant précautionneusement très éloigné et muni d’un mouchoir sous le nez, tant la puanteur règne dans la chambre.
Aucune grande cérémonie n’est prévue.
Au contraire de son grand-père, Louis XVI passe la plupart de son temps à Versailles où il fait faire plusieurs travaux d’aménagements intérieurs, se consacrant – dans ses petits cabinets – à l’étude des différentes sciences qu’il goûte particulièrement.
En 1774
Décoration de la bibliothèque de Louis XVI.
De 1774 à 1777
Création du jardin anglais de Trianon.
En 1775
Entre la Chambre du Roi et celle de la Reine, Mercy suggère en 1775 , de créer ce passage afin de faciliter à Louis XVI les visites nocturnes à sa femme…
Il passe sous le Cabinet du Conseil, la grande chambre, l’antichambre de l’Œil-de-Bœuf et la galerie des Glaces.
C’est par ce passage qu’il se rendra chez la Reine qui est déjà dans la sienne.
A droite, l’escalier menant à l’appartement de la Reine, à gauche l’escalier descendant à l’Appartement du Dauphin et à l’extrême gauche l’appartement de madame de Tourzel :
Le Roi prend l’escalier d’entresol pour arriver chez la Reine :
L’appartement de fonction du premier valet de chambre du Roi,
Un «nid à rat» au cœur du château de Versailles
( texte de Christophe Duarte – photographies de David Raude ; Versailles passion )
Le premier valet de chambre du Roi en quartier dort quotidiennement au pied du lit du monarque sur un lit de veille durant toute la durée de son service. Toutefois, outre un bel appartement individuel dans le château, il dispose également de quelques pièces proches de la chambre royale. Situées dans le passage qui mène de l’appartement du Roi à la chambre de la Reine, elles prennent place immédiatement après la porte du Salon de l’Œil-de-Bœuf.
Cabinet de retraite du premier valet de chambre
Il s’agit tout d’abord d’une petite pièce de plain-pied au premier étage, que sépare une porte donnant plus au sud sur les cabinets de la Reine. Cette première pièce est complétée par d’autres encore plus petites en entresol et que distribue un petit escalier à vis appelé «l’escalier des Dupes».
Malgré la petitesse des lieux, cet espace semblait richement meublé lorsqu’on lit l’inventaire du château de 1708. Ce petit appartement se compose d’un cabinet dans lequel on trouve un fauteuil de commodité, quatre tabourets, un petit canapé, une petite banquette, une portière, des rideaux de fenêtres, un bureau. Il y a également dans les pièces entresolées, une antichambre, une chambre et une garde-robe dans laquelle se trouve, entre autres, une chaise d’affaires.
Marie-Antoinette ne voulant plus que Son appartement soit accessible, Elle récupére la pièce juste derrière l’Œil de Bœuf. Thierry de Ville d’Avray obtient de Louis XVI un véritable appartement de quartier plus convenable dans l’ancien appartement de madame du Barry.
En 1776
Projet de Richard Mique (1728-1794) pour l’achèvement du château.
En 1777
Le cabinet particulier, puis secret, du Roi
ou le cabinet de la Cassette
( texte et photographies de Christophe Duarte – Versailles passion )
La salle-de-bains de Louis XV devient le cabinet particulier du nouveau Roi. L’alcôve est supprimée et la cheminée changée. Des traces de peintures roses ont été retrouvées sur l’ensemble des boiseries lors de la dernière restauration en 2004. Cela laisse supposer sa décoration lorsque cette pièce était une salle-de-bain. En 1784, il devient le cabinet secret du Roi. Fonction qu’il gardera jusqu’en 1789. Le plan de la pièce est modifié : elle est réduite pour y construire un couloir et le poêle est supprimé. Une nouvelle cheminée de marbre griotte d’Italie, sculptée des Rousseau fils et les bronzes de Gouthière. C’est celle que nous voyons aujourd’hui.
A hauteur des yeux, neuf médaillons ovales attirent l’attention. Encadrés de jonc traités avec un grand naturel, ils paraissent suspendus à des rubans mêlés à des motifs floraux qui les relient aux bordures supérieures des panneaux. Tous ces panneaux sont ornés de scènes d’eau. De la droite vers la gauche, après la porte, les scènes se succèdent : deux hommes pêchent au carrelet depuis leur barque, des nymphes se baignent, deux hommes armés de carabines chassent le gibier d’eau, un homme nu en pleine force de l’âge donne une leçon de natation à un autre, trois nymphes se baignent dans une rivière enjambée par un grand pont de pierre, une nymphe pêche tandis que sa compagne se repose, deux jeunes rameurs musculeux luttent contre les remous dans lesquels est prise leur barque. Les petits panneaux rectangulaires sculptés qui encadrent les médaillons représentent des scènes enfantines et animales côtoyant des paysages et des villages subtilement évoqués d’où se détache un détail exotique. Jules Antoine Rousseau crée ces boiseries. Pour ce travail, il a reçu des dessins ou des gravures qui restent à identifier.
La dorure actuelle des lambris est ordonnée par Louis XVI en 1784. Trois tons d’or sont utilisés : le jaune naturel, le vert pour les motifs végétaux et le ton citron pour les pétales des motifs floraux. Des traces de peintures roses ont été retrouvées sur l’ensemble des boiseries lors de la dernière restauration en 2004. Cela laisse à supposer de sa décoration lorsque cette pièce était une salle-de-bain.
Le cabinet était meublé d’une chaise de bois doré couvert de damas cramoisi, un bureau par Œben et RVLC livré en 1756 par Joubert pour la bibliothèque du Dauphin, un vase de bronze doré d’or, une paire de bras à deux branches de bronze doré, une pendule de cheminée en bronze doré sur socle de marbre blanc, une chiffonnière ronde en bois de rose, une chiffonnière carrée en acajou.
C’est dans ce cabinet que le Roi tient ses comptes personnels (sa cassette). L’appellation actuelle de «cabinet de la cassette» n’est apparue qu’en 1814 sous la restauration en souvenir du Roi Louis XVI. C’est également dans là que Louis XVIécrira dans son livre de chasse le 14 juillet 1789 : «Rien».
En 1777 et 1778
Réalisation du Temple de l’Amour par Richard Mique.
En 1779
Construction du théâtre de la Reine par Mique.
Voir l’article :
Les Petits Appartements de la Reine
Voir l’article :
Le 22 octobre 1781
Naissance du Dauphin Louis-Joseph (1781-1789).
Le 2 mars 1782
Mort de Madame Sophie (1734-1782), tante du Roi. Marie-Antoinette récupère son logement sis au rez-de-chaussée du corps central qui donne dans la cour de Marbre : Elle y installera Sa chambre (N°52)
Le 29 novembre 1783
On pose dans la chambre de Marie-Antoinette située au rez-de-chaussée une cheminée provisoire, en marbre brèche d’Alep.
Le mobilier de la chambre de la Reine est de bois d’acajou , le lit à palmettes livré par Georges Jacob (1739-1814) a disparu.
En 1783
Concours ouvert pour l’achèvement du château.
Le Cabinet doré de la Reine (N°9) est redécoré par Antoine Rousseau (1743 – 1806).
Le 3 septembre 1783
Signature du Traité de Versailles par la France, l’Espagne et la Grande-Bretagne.
De 1783 à 1785
Construction du Hameau de Marie-Antoinette.
Voir l’article :
Le 19 septembre 1783
Décollage de la montgolfière Marie-Antoinette de la cour des Ministres du château de Versailles, en présence de la famille royale. 120 000 personnes assistent à l’événement devant le château de Versailles.
La Reine a donné Son patronage à l’aéronaute, Pilâtre de Rozier (1754-1785).
En 1784
Les salles de bals éphémères de Marie-Antoinette
( Texte de Jérôme de la Gorce ; les restitutions virtuelles sont de Hubert Naudeix,
présentées à l’exposition «Fêtes et divertissements à la Cour» )
Marie-Antoinette décide d’élargir le cercle des personnes admises à participer à Ses réceptions, et d’ouvrir les portes du château de Versailles à toute une partie de la noblesse qu’Elle tenait jusqu’ici à l’écart de sa société. Pour accueillir les bals de la Reine, il est décidé de réutiliser la petite salle de la comédie, située entre la cour des Princes et le Parterre du Midi, mais en raison de l’ampleur que l’on souhaite donner à ces manifestations.
Les maisons de bois peuvent être transportées d’un lieu de résidence à un autre, en fonction des besoins de la Cour.
En 1778, l’une d’elles a déjà été aménagée pour des spectacles à Marly et en octobre 1785, quatre d’entre elles servirent aussi à de semblables divertissements dans les jardins de l’Orangerie à Fontainebleau. Lors de ce dernier séjour, deux autres étaient utilisées comme salles à manger. A Versailles, où le nombre de ces pavillons est supérieur, ils servent pour de grands buffets et pour le jeu, car les plaisirs proposés aux invités ne sont pas limités à ceux de la danse.
Pendant ces fêtes, un important service est sollicité. En plus des cinquante musiciens venus de Paris, les brigades de pompiers, ainsi que les sergents, caporaux et soldats des gardes françaises veillent à la sécurité. Certaines personnes ne sont admises qu’à voir le «coup d’œil» à la salle de danse, sur présentation de billets où il est précisé si elles doivent le faire avant ou après le souper servi à minuit. Le succès de ces manifestations est attesté par la baronne d’Oberkirch (1754-1803), qui, tout en se flattant de compter parmi les invités de droit, rapporte qu’elle revient à Paris à trois heures et demie du matin, après s’être trouvée dans une file de carrosses digne de celle qu’on voyait «à la promenade de Longchamp». Les maisons de bois offrent de multiples avantages : outre leur mobilité et la rapidité avec laquelle elles peuvent être montées, leur aménagement provisoire incite à renouveler leur décoration intérieure, chaque fois qu’on le désire. Les dépenses pour ces constructions sont folles : pour le seul carnaval de 1787, il en coûte plus de 191 511 livres, sans compter les sommes dues aux artistes. Une partie de la collection des maisons de bois aurait été utilisée pour la construction de la salle des Etats généraux aux Menus Plaisirs. C’est là qu’elles étaient conservées après démontage.
En juillet 1784
La chambre privée de Marie-Antoinette reçoit sa cheminée définitive qui consiste en un fort beau chambranle de marbre griotte d’Italie, rehaussé de bronzes dorés.
En 1785
« Le château est formé de beaucoup de beaux bâtiments, mais il règne néanmoins dans l’ensemble un grand silence, un grand vide, et seule l’avant-cour où se trouvent les postes de garde en forme de grandes tentes, est animée par des soldats.»
Sophie von La Roche
En 1787
Réalisation du meuble à bijoux de la Reine par Jean-Ferdinand Schwerdfeger (1734-1818).
En 1788
Décoration de la garde-robe de Louis XVI.
Le principal élément du décor de cette petite pièce sont les délicates boiseries dues au ciseau d’Antoine Rousseau (1743 – 1806) . Elles ont pour sujet les sciences, les arts, la guerre, la marine, l’agriculture et le commerce.
Automne 1788
La salle-des-bains de la Reine
La salle est assez vaste pour servir également de chambre des bains : le lit, au décor de perles et ce coquilles, provient de la chambre des bains de Louis XVI à Fontainebleau. Une baignoire en cuivre étamé des années 1780, agrémentée d’une paire de robinets sur un modèle de la fin du XVIIIe siècle a été réinstallée.
« Le vieil édifice social était totalement miné dans ses bases profondes, sans qu’à la superficie aucun symptôme frappant annonçât sa chute prochaine. Le changement des mœurs était inaperçu, parce qu’il avait été graduel ; l’étiquette était la même à la Cour ; on y voyait le même trône, les mêmes noms, les mêmes distinctions de rang, les mêmes formes. La Ville suivait l’exemple de la Cour. L’antique usage laissait entre la noblesse et la bourgeoisie un immense intervalle, que mes tenants seuls les plus distingués franchissaient, moins en réalité qu’en apparence; il y avait plus de familiarité que d’égalité. Pour nous, jeune noblesse française, sans regret pour le passé, sans inquiétude pour l’avenir, nous marchions gaiement sur un tapis de fleurs qui nous cachait un abîme. Riants frondeurs des modes anciennes, de l’orgueil féodal de nos pères et de leurs graves étiquettes, tout ce qui était antique nous paraissait gênant et ridicule. La gravité des anciennes doctrines nous pesait. »
Mémoires du comte de Ségur, 1822
Ce regard rétrospectif est un exemple du décalage irrémédiable séparant ces deux mondes qui vivent imbriqués l’un dans l’autre sans vraiment se rencontrer, se connaître, se comprendre : un peuple de France au bord de l’explosion et une société aristocratique, le plus souvent engluée dans ses traditions, rarement consciente qu’elle marche sur un volcan.
En mai 1789
Lors de la réunion des Etats généraux, le Roi permet qu’on se promène librement dans les grands appartements et fait distribuer des billets pour la comédie aux députés.
Le 1er octobre 1789
Sur la scène de l’Opéra Royal, les Gardes du Corps donnent en l’honneur du régiment de Flandres un banquet au cours duquel la Famille Royale est acclamée. Selon la rumeur, la cocarde révolutionnaire aurait de surcroît été piétinée, ce qui déclenche la colère du peuple parisien…
Le peuple croit à une orgie antidémocratique…
L’air «Ô Richard, ô mon Roi, l’univers t’abandonne», tiré d’un opéra de Grétry, est chanté par les soldats.
Il devient un signe de ralliement royaliste.
Le 5 octobre 1789
Des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.
Voir l’article :
Le 6 octobre 1789
Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.
La famille royale est ramenée de force à Paris.
A une heure et demie de l’après-midi
Le cortège royal quitta Versailles. Sur le trajet, la foule déclarait ramener « le boulanger, la boulangère et le petit mitron » ! Convaincu d’y revenir, le Roi avait demandé en partant à La Tour du Pin, ministre de la Guerre, de lui « préserver son pauvre Versailles ».
Dès le 14 août 1792
Lefebvre, député d’Eure-et-Loir, demande que tous les châteaux soient «détruits et rasés», en septembre 1792 commence le dépècement.
« …On enlève aux Versaillais ces tableaux, on dépouille ce château, comme si les enfants de la liberté n’étaient pas dignes d’être les gardiens des arts… »
Les versaillais, qui ont été « …Si cruellement lésés par le départ « du Boulanger, de la Boulangère et du petit Mitron… », ont tenté de sauver leur château et ses merveilles avec l’appui de différents ministres de l’intérieur, Roland (1734-1793) et Paré (1755-1819).
Lettre du Conseil permanent de Versailles au ministre de l’intérieur Jean-Marie Roland :
« Monsieur, vous avez marqué, pour les habitants de cette commune appauvrie, généreuse, patriote et infortunée, un intérêt qui a fait sentir les inconvénients de l’observation du décret spoliatif : il présentait les signes de la dénudation et les présages de la nullité ou de la destruction… fassiez vous l’idée d’une cité entière réunie auprès de vous ».
Le 21 janvier 1793
Exécution de Louis XVI, place de la Révolution, à Paris.
Le 31 août 1793
Jules-François Paré, ministre de l’Intérieuradressait une lettre «aux maire et officiers municipaux de Versailles» :
« J’ai reçu, citoyens, votre Mémoire sur le projet d’un lycée départemental et d’écoles primaires dans l’emplacement du cy-devant château de Versailles […] Je n’ai point trouvé de meilleure manière de recommander votre projet au Comité d’aliénation. »
Le 16 octobre 1793
Exécution de Marie-Antoinette, place de la Révolution.
Le 20 novembre 1793
Le Directoire du District de Versailles nomme un commissaire pour « …Faire dans les maisons royales un choix de glaces dans les dimensions depuis 50 jusqu’à 65 pouces de largeur, sur 70 à 90 pouces de hauteur, avec leurs cadres, bordures et ornements choisis dans le meilleur goût, les plus frais et les mieux conservés, pour être exportées et servir d’échanges avec l’étranger ».
Ces « reprises » nationales et gratuites sont beaucoup plus importantes que les simples ventes.
En 1793 et 1794
Vente du mobilier de Versailles.
Le 4 juin 1794
La Convention classe le château parmi les résidences entretenues par la République.
Le 20 octobre 1794
À la séance, une demande faite à la Convention :
« …Il est urgent de vendre les objets qui se trouvaient dans le château de Versailles… ».
La Convention autorise la vente des meubles.
L’effroyable gaspillage recommence, à la date du 19 janvier 1795, on vend pour une somme de 1 784 779 francs.
« …Au moment où on déménagea, rien ne fut épargné ; on arracha les glaces, les ornements dorés, pour ne laisser en quelque sorte que les quatre murs… »
Le 9 juillet 1796
Les glaces sont demandées par le ministre des Finances « …En paiement pour les créanciers de la République… »
En 1797
Versailles devient le Musée spécial de l’Ecole Française.
En 1799
Coup d’Etat de Bonaparte.
En 1801
Ouverture du musée de Versailles.
En 1804
Le château est classé parmi les résidences impériales. Mais jamais Napoléon n’osera habiter le château du Roi-Soleil. Il se réservera donc le Grand Trianon.
En 1806
Napoléon Ier et Versailles,
Quand l’Empereur envisageait de s’installer dans les pas de Louis XIV
« Je rêvais d’en tirer parti, et d’en faire, avec le temps […] un point de vue de la Capitale. […] De ces bosquets, je chassais toutes ces nymphes de mauvais goût, je les remplaçais par des panoramas de toutes les Capitales où nous étions entrés victorieux […]».
Ainsi parlait Napoléon en exil à Sainte-Hélène de Versailles.
Dans l’esprit de Napoléon, il s’agissait de transformer Versailles digne de l’Empire. Il commande un «grand projet» en 1806 à Gondoin. Celui-ci propose deux projets : un économique, le second beaucoup plus ambitieux. Après tergiversation et hésitation, rien ne fut validé.
En 1808
L’inspecteur du château, Alexandre Dufour, fait construire le portique de la Vieille-aile (remplacée aujourd’hui par le pavillon Dufour), symétrique du pavillon Gabriel .
Le 18 janvier 1810
L’Empereur fait savoir à Pierre Daru qu’il a l’intention «de réparer le Palais de Versailles» et pour cela qu’il alloue un fonds spécial à ce projet. Les projets précédents sont enterrés et on fait appel à Dufour pour un nouveau Grand Projet.
En 1811
Pour l’Impératrice Marie-Louise (1791-1847), qui craint les courants d’air, Napoléon comble le péristyle du Grand Trianon de fenêtres qui dénaturent complètement la transparence de l’architecture.
… Pierre de Nolhac (1859-1936) les fera retirer en 1906.
Avec la naissance du Roi de Rome en 1811, l’Empereur veut un palais digne de cet enfant qui assure l’avenir de la dynastie. Dufour propose un nouveau projet global. Mais rien ne plaît à l’Empereur. En 1812, il projette la construction d’un nouveau palais pour le Roi de Rome sur la Butte de Chaillot à Paris.
De 1811 à 1813
Près de quatre-vingt kilomètres d’étoffes unies et façonnées seront livrées par les principaux fabricants lyonnais. Mais, à l’exception des soieries prélevées avec l’autorisation particulière de Napoléon pour des aménagements à l’Élysée et à Monte Cavallo, la commande de 1811 demeure dans les magasins du Garde-Meuble, le projet d’aménagement de Versailles n’ayant pu aboutir.
La livraison est enregistrée au Garde-Meuble le 11 septembre 1813. En 1821, elles étaient toujours au Garde-Meuble. Il est alors décidé de les employer pour aménager certains appartements au Palais des Tuileries.
En 1815
À la Restauration, Philippe de Noailles, prince de Poix (1752-1819) devient gouverneur de la Maison royale de Versailles et de Trianon et à ce titre représentant du Roi à Versailles.
De 1818 à 1820
Construction du Pavillon Dufour commencée par Napoléon Ier qui a pour projet de construire une façade en pierre blanche côté ville. Il ordonne donc une étude par Alexandre Dufour (1760-1835). Ce dernier se verra confier par Louis XVIII (1755-1824) le soin de construire ce pavillon suivant les projets esquissés par l’Empereur. Le pavillon est construit à la place du pavillon d’une aile datant de l’extension de 1668.
Le 16 septembre 1824
Louis XVIII (1755-1824) meurt à Paris.
Le 2 août 1830
Abdication de Charles X (1757-1835).
De 1830 à 1848
Louis-Philippe Ier est Roi des Français.
Après les six années d’inertie du règne de Charles X, les Versaillais voient plutôt d’un bon œil l’intronisation, en août 1830, de ce « roi des Français » qu’on leur a décrit dynamique. Nombreux sont ceux qui, tablant sur le goût des Orléans pour l’Histoire, espèrent voir le nouveau souverain s’aventurer de temps à autre chez Louis XIV. D’ailleurs quand, en novembre 1831, le préfet de Seine-et-Oise formule ses directives pour le château, il ordonne qu’on réserve le Grand Appartement à l’usage éventuel du roi. Pour le reste, lui-même envisage de rendre le site à sa vocation de refuge des arts et de l’étude. Il s’agirait de fixer au palais un musée allégé de l’École française, ainsi qu’une académie d’agriculture et une bibliothèque publique.
(texte et images de Christophe Duarte et Denis Barrow ; Versailles – passion )
« …Au moment de la transformation du Palais en Musée dédié « A toutes les gloires de la France », Louis-Philippe fait installer, en 1832, tout autour de la Cour d’Honneur des statues de près de quatre mètres de haut représentant des hommes célèbres.
Toutes ces statues furent enlevées en 1931 et dispersées dans différents musées de provinces… »
« …Trois statues (Masséna, Lannes et Jourdan) sont dans le parc de l’école militaire de Saint-Cyr. La statue de Sully à Rosny-sur-Seine, celle de Tourville à Tourville-sur-Seine. La statue de Suger à Saint-Omer, celle de Richelieu à Richelieu, celle du prince de Condé au musée des Beaux-Arts d’Angers. Les statues de Colbert, Duquesne et Suffren à l’école navale de Saint-Pierre Quilbignon. Celle de Duguay-Trouin à la base navale de Poulmic et enfin celles de Du Gesclin, de Bayard et de Turenne se trouvent à l’école de Saint-Cyr Coetquidan. La statue du maréchal Mortier se trouve au château des Tourelles à Plessis-Trévise Normalement le compte y est… »Alexandre Duym
Le 2 mars 1832
Louis-Philippe fait voter une loi qui, soustrayant le domaine au contrôle du Parlement, en fait une dotation de la Couronne. Est-ce à dire qu’il caresse déjà l’idée de son grand musée ? Il semble que cela ne soit venu qu’un peu plus tard. Ainsi le comte de Montalivet, intendant général de la liste civile, précise-t-il :
« Dans les derniers mois de l’année 1832, le roi m’avait entretenu de ses projets sur Versailles. Mais il ne les a définitivement arrêtés que dans les premiers jours du mois de juin 1833 ».
De fait le souverain, après quelques visites discrètes au début de l’année, ne revient officiellement à Versailles que le 19 juin 1833.
Les intentions qu’il exprime alors sont transmises au directeur des Bâtiments par l’architecte Frédéric Nepveu. Elles seront confirmées, le 8 août 1833, sous la forme d’un projet de galeries présentant, à l’intérieur du château, « tous les souvenirs historiques nationaux qu’il appartient aux arts de perpétuer ».
De 1833 à 1837
Louis-Philippe Ier , Roi des Français, décide, pour sauver Versailles de la ruine, de le transformer en un musée de l’histoire de France célébrant les conquêtes militaires de l’Ancien Régime, de la Révolution française, de l’Empire et même de la Restauration.
Au lendemain de « l’ordonnance de Cherbourg », c’est par l’Aile du Midi que commencent les grandes démolitions. En prévision d’une première inspection, le 12 septembre 1833, les appartements de Madame Elisabeth, du comte et de la comtesse d’Artois sont détruits, dépouillant Versailles de milliers de mètres carrés de boiseries magnifiques. Cela, sans que l’on sache exactement quoi mettre à la place. Ce sera d’ailleurs une constante dans les travaux de Louis-Philippe à Versailles, que leur évolution à vue, au juger, en fonction de l’effet produit.
« Le plus grave, c’est lorsque le roi change d’avis, note un historien de la période, (…) il y aurait un livre à écrire sur l’histoire des escaliers de Versailles et sur les ordres et les contre-ordres du roi, car il ne juge que ce qu’il voit et ordonne souvent la démolition de ce qui vient d’être fait ».
Les conséquences en sont d’autant plus lourdes que l’activité, sur place, devient vite énorme. Rien que pour les seize premiers mois du chantier, les travaux représenteront cent quatre-vingt-trois mille journées œuvrées.
Un exemple du flottement royal : la destination des treize salles créées au rez-de-chaussée de cette aile du Midi. Fin septembre 1833, il est prévu qu’elles accueilleront des effigies de grands hommes, militaires et civils. Nepveu envisage d’y loger quelque cinq cent trente portraits. Il faut aller vite, le Roi s’étant promis d’ouvrir ces salles au public au printemps suivant. Mais bientôt, l’on se ravise : alors qu’est lancée, juste au-dessus, la construction de la galerie des Batailles, il se révèle que plusieurs grandes compositions militaires, d’anciennes commandes impériales, ne pourront y loger. Pourquoi ne pas les descendre au rez-de-chaussée, quitte à repousser les portraits vers le corps central du château ? C’est entendu. L’inauguration est remise à plus tard, et l’on présente, en juin 1834, à la place des portraits prévus, un certain nombre de ces grandes peintures évoquant des batailles napoléoniennes. Le Roi est presque satisfait, n’étaient-ce que les encadrements qui lui déplaisent. Il va donc hésiter encore sur le parti à prendre, avant de décider, en septembre 1834, que « les tableaux de batailles et autres appartenant à l’Empire resteraient exposés dans ces salles, mais en faisant partie de la boiserie ».
Autrement dit, ils seront enchâssés dans des panneaux d’encadrement.
En 1834
Décoration de la galerie des Batailles.
En 1836
L’Opéra Royal au XIXe siècle,
De rouge et d’or…
(texte et photos de Christophe Duarte – Versailles Passion)
N’ayant fait l’objet d’aucun entretien depuis plus de cinquante ans, l’Opéra a subi des dégradations et nécessite d’importants travaux techniques.
Il faut rétablir la toiture et les fenêtres, puis procéder à un nettoyage général. La salle est restée dans son état depuis le spectacle de 1784 donné en l’honneur de Gustave III, c’est-à-dire dans sa configuration de bal paré. Cet état n’a subi aucune modification depuis la fin de l’Ancien Régime et, Frédéric Nepveu commence par en dresser un relevé pour en conserver la mémoire avant de le faire disparaître.
En août 1836
Frédéric Nepveu apprend la décision d’organiser une représentation d’un opéra-comique et d’un ballet d’opéra, enfin un spectacle complet.
Le 19 novembre 1836
Louis-Philippe donne des orientations très précises pour recomposer la salle de spectacle.
La colonnade doit être garnie de miroirs et de lustres suspendus à chaque architrave. L’agencement de l’amphithéâtre n’est pas restitué avec ses avancées latérales, mais le parterre et la fosse d’orchestre sont remis en état.
A l’étage des deuxièmes loges, le Roi impose la réunion de l’ancienne loge de Louis XV avec les deux loges adjacentes pour n’en former qu’une.
Le rouge cramoisi rehaussé d’un motif de croisillons d’or
En 1837
Inauguration du musée de l’Histoire de France.
En 1837 encore
L’Escalier des Maréchaux dit «escalier Louis-Philippe»,
L’ambitieux projet de Louis-Philippe de recréer l’Escalier des Ambassadeurs
( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
Cet escalier occupe l’emplacement de l’Escalier des Ambassadeurs de Louis XIV construit entre 1672 et 1679 et détruit par Louis XV en 1752.
Par soucis d’une meilleure circulation dans son musée, Louis-Philippe décide en 1837 de reconstruire un nouvel escalier majestueux à cet emplacement. Pour cela, il fait recouvrir la Cour d’une verrière et détruit les appartements du rez-de-chaussée occupés par Madame Adélaïde jusqu’en 1789.
Dans son esprit, il doit être aussi beau et aussi majestueux que celui de son aïeul. Il prend alors le nom d’Escalier des Ambassadeurs.
Par la suite, Pierre Verlet parle d’Escalier des Maréchaux en référence aux deux immenses tableaux accrochés dans cet escalier.
En 1839
Décoration des Salles des Croisades : Le projet est d’abord un hommage de Louis-Philippe à la noblesse légitimiste, « immémoriale », qui boude son régime et dont il recherche inlassablement le soutien politique. Cette vieille noblesse d’épée a été en effet l’âme des croisades, allant délivrer le tombeau du Christ à Jérusalem de la fin du XIe à la fin du XIIIe siècle, puis assurant la sécurité des routes de pèlerinage depuis cette époque.
En 1841
Les toitures des Ailes des Ministres sont dépourvues de leur aspect concave, tel que Jules-Hardouin Mansart l’avait conçu et réalisé.
En 1842
Décoration des salles d’Afrique.
En 1848
Chute de Louis-Philippe Ier.
Versailles après la tornade Louis-Philippe
( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
Louis-Philippe emporté par le vent de l’Histoire, ses galeries historiques entrent en hibernation, pour sombrer assez vite dans un oubli qui va durer cinquante ans. Cela ne veut pas dire que le château, ou ce qu’il en reste, notamment ses jardins, n’intéresse plus le public… Mais c’en est fini, tout au moins, de l’époque des grandes réalisations et des célébrations tapageuses. Avec la IIème République, Versailles retombe entre les mains des trois fonctionnaires en charge de son quotidien, à savoir le régisseur du château, le conservateur du musée et l’architecte du domaine.
Eudore Soulié (1817-1876), auquel ses tâches administratives laissent du temps libre, se pique de commenter lui-même certaines visites. Ses bourdes sont passées à la postérité :
« Il y en a qui disent Du Guesclin, lance-t-il par exemple, d’autres Duguay-Trouin… »
Le vieux peintre aixois François-Marius Granet, en charge du musée, s’en offusque souvent. Le roi des Français avait détaché à Versailles ce conservateur du Louvre, par ailleurs artiste de talent, fidèle à David et au néoclassicisme. Eudore Soulié, qui lui succède en 1850, est lui aussi un transfuge du grand musée parisien. Mais il ne peint pas. Excellent connaisseur de l’École nationale, il consacrera sa carrière à établir le catalogue exhaustif des galeries, tout en entretenant avec la princesse Mathilde des relations suivies. Sa première occupation, dès son entrée en fonctions, est de débarrasser un grand nombre de toiles, plus de cinq cents, à l’en croire, de cette moisissure qu’on appelle le chanci, et dont il faut incriminer l’absence de chauffage et le défaut d’entretien qui sont souvent le lot des révolutions.
Dans ces années transitoires, l’architecte du domaine est Charles-Auguste Questel, né en 1807. Habile technicien, il est l’auteur d’ouvrages aussi variés que la cathédrale de Nîmes ou la prison de la Santé, à Paris. C’est dire si l’homme est expérimenté. Sous son contrôle, Versailles va recevoir, enfin, ces petits soins que l’ambition myope de la Monarchie libérale avait négligés. L’on nettoie, l’on consolide… A Trianon, en 1851, est édifiée, à l’emplacement d’un ancien corps de garde, une remise où exposer les voitures de gala de la Cour, devenues inutiles à la République et c’est l’embryon d’un musée des carrosses. La même année, un nouvel escalier, au bout de la galerie de pierre de l’aile du Nord, rend plus facilement accessible le foyer de l’Opéra.
L’escalier Questel
En février 1850
Si l’on en croit Dussieux, le député Vergeron se promène avec un ami sur la terrasse du parterre d’eau, quand soudain une faille, en s’ouvrant sous leurs pas, les précipite tous deux dans un trou de sept mètres ! Il n’y aura pas de blessé mais l’Assemblée, émue par cette mésaventure de l’un de ses membres, vote aussitôt un budget de trois cent mille francs pour la réfection des réservoirs souterrains du parterre, depuis trop longtemps privés d’entretien.
« On se rendra compte de l’intensité du mal, en sachant que ces réservoirs contiennent 3 436 mètres cubes d’eau et que, depuis vingt ans, ils se vidaient en six jours, tant leur maçonnerie était en mauvais état ».
Réserves souterraines sous le parterre d’eau
Pour le reste, on ne peut pas dire que le domaine fasse l’objet, sous la IIème République, de travaux ambitieux et suivis.
L’époque se révèle pleine de contradictions. Ainsi la révolution douce de février 1848 a-t-elle fait naître, chez nombre d’écrivains et de penseurs, des espérances républicaines que la fermeture des ateliers nationaux, en juin 1848, puis le scrutin du 10 décembre 1848, qui porte à la présidence le prince Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l’ancien empereur, ne vont pas tarder à décevoir. L’amertume guette George Sand ou Alfred de Vigny, bien sûr, mais aussi Michelet, jusqu’alors à peu près équitable dans ses écrits, et qui se découvre soudain la fibre d’un militant. Le célèbre historien va reporter sur Versailles sa haine des institutions monarchiques. Et la place qu’il réserve au château, dans le tome XII de son Histoire de France, est tout sauf équivoque :
« En 1661, affirme-t-il par exemple, à l’avènement de Colbert, il n’y avait qu’une Cour, toute petite et qui tenait dans Saint-Germain. Depuis 1670, Colbert fut condamné à faire ce monstrueux Versailles ». Plus loin : « Versailles, que l’on croyait fini, va croissant, s’augmentant comme par une végétation naturelle. Il pousse vers Paris des appendices énormes, vers la campagne l’élégant Trianon, les jardins de Clagny, l’intéressant asile de Saint-Cyr. Enfin, ce qui est le plus grand dans cette grandeur, le Versailles souterrain, les prodigieux réservoirs, l’ensemble des canaux, des tuyaux qui les alimentent, le mystérieux labyrinthe de la Cité des Eaux ».
Le 25 août 1855
La Reine Victoria reçue par Napoléon III
Quand Versailles retrouve les fastes de l’Ancien Régime
( texte et photographies récentes de Christophe Duarte – Versailles passion ; la deuxième partie des photos en noir et blanc ont été prises lors de cette visite par le photographe Eugène Disdéri )
Napoléon III et l’Impératrice Eugénie séjournent pour la première fois en Angleterre du 16 au 22 avril 1855. Ils sont reçus au château de Windsor et, le 18 avril, la Reine Victoria décore l’Empereur de l’ordre de la Jarretière.
Cette première rencontre des souverains français et britanniques est un réel succès diplomatique, et très vite s’impose l’idée d’une visite officielle de la Reine d’Angleterre en France.
La tenue de l’Exposition universelle à Paris en 1855 peut en être l’occasion privilégiée et, le 18 août, l’Empereur Napoléon III accueille la Reine Victoria et le Prince Albert de Saxe-Cobourg à Boulogne-sur-Mer. Le couple britannique est reçu au Palais de Saint-Cloud. L’Impératrice Eugénie a personnellement veillé à l’aménagement des appartements royaux, où tout doit rappeler à la Reine sa résidence de Windsor.
Le séjour de la souveraine est ponctué de nombreuses cérémonies officielles, de visites et de divertissements : visite du Salon des beaux-arts et de l’Exposition universelle, du Château de Versailles, du Louvre, du Palais des Tuileries, du château de Saint-Germain-en-Laye ; réception et banquet à l’hôtel de ville de Paris ; soirée à l’Opéra ; fête nocturne, souper et bal à Versailles… La Reine Victoria souhaite même s’incliner devant le tombeau de Napoléon Ier aux Invalides.
Les festivités du 25 août 1855 ont lieux à Versailles. A cette occasion, l’Empereur entend employer les innovations contemporaines : la Cour de Marbre, la Galerie des Glaces et l’Opéra royal, sont illuminés au gaz. On prend les premières photographies dans la galerie à cette occasion.
Le dîner est servi entre la première et la seconde partie du bal. La table a été dressée pour quatre cents convives. Ils soupent au parterre et sur la scène, au milieu des fleurs, à la lumière des candélabres, au son d’un orchestre invisible.
A l’issue de cette soirée très réussie, Napoléon III exprime son regret que le séjour de la Reine Victoria se termine :
« Mais n’est-ce pas, vous reviendrez ? Comme nous nous connaissons maintenant, nous pouvons aller nous voir à Windsor et à Fontainebleau sans grande cérémonie, n’est-ce pas ?»
En 1867
Un musée dédié à Marie-Antoinette est ouvert le temps de l’exposition universelle au Petit Trianon.
Sous l’impulsion de l’Impératrice Eugénie (1826-1920), le grand serre-bijoux de Schwerdfegern, le bureau fait par Roentgen et quelques autres meubles prestigieux réintègrent Versailles.
En 1870
Le château devient le quartier général de l’armée prussienne lors du siège de Paris.
« …Durant les mois suivant la fin de la Commune, l’Orangerie accueille les prisonniers en attente de leur jugement, comme en témoignent les deux gouaches peintes par Eugène Battaille au mois d’août 1871. L’artiste insiste ici sur le contraste entre la froideur de l’architecture monumentale et les silhouettes presque abstraites des prisonniers… »
Depuis le 4 avril 1871 les cortèges de prisonniers souvent enchaînes, escortés par des gendarmes, faisaient partie de la vie quotidienne des versaillais.
Le 18 janvier 1871
Proclamation de l’Empire allemand dans la Galerie des Glaces.
Sitôt évacués la rive gauche de la Seine et les environs de Paris, se pose la question du rapprochement de la nouvelle Assemblée. Et d’autant plus qu’une partie du Gouvernement est déjà de retour à Paris. Le grand théâtre de Bordeaux, où siègent les députés, a beau être somptueux, il est trop excentré pour des mentalités françaises. Pour autant, la chambre conservatrice issue des urnes du 8 février 1871 s’accorde sur un fait : il est encore trop tôt pour rétablir le Parlement dans une capitale incertaine et ravagée par des mois de siège. Plusieurs noms de villes circulent alors dans les couloirs. On parle d’Orléans, de Fontainebleau, et surtout de Bourges, au centre du pays meurtri. Mais le nom qui revient le plus souvent reste celui de Versailles. Versailles dont l’ennemi vient de se retirer. Versailles aux accents monarchiques tellement rassurants. Versailles aux portes de Paris, avec ses châteaux, ses bâtiments publics, ses nombreux hôtels et ses maisons tranquilles sur des avenues très larges. Versailles enfin qui, depuis le début, a toute la sympathie d’Adolphe Thiers (1797-1877) en personne.
Dès le 10 mars 1871
Le « pacte de Bordeaux » tranche la question : l’Assemblée siégera dès le 20 courant dans l’ancien Opéra royal, revisité par Louis-Philippe, et que deux architectes émérites, Charles Questel, du domaine, et Edmond de Joly, de l’Assemblée, sont priés d’adapter en dix jours à sa destination nouvelle. Le parterre et l’amphithéâtre sont aussitôt recouverts d’un plancher uniforme reliant le foyer à la fosse d’orchestre, elle aussi comblée pour accueillir les rangs des ministres et des commissions. Des banquettes à rebord, livrées par la vénérable maison Belloir, sont aussitôt clouées sur ce plancher. Mais l’espace reste insuffisant pour contenir sept cent vingt-deux élus. Près de soixante-dix devront être relégués dans les premières loges. Les autres loges, notamment celles de l’avant-scène, accueilleront le public et la presse, naturellement curieux d’assister aux balbutiements de ce régime éminemment transitoire. Les services administratifs de l’Assemblée vont par ailleurs se déployer dans toute l’aile du Nord. La présidence, le secrétariat général, la questure et la bibliothèque se fixent dans le pavillon de Noailles qui sépare les deux cours. Et le tout-venant colonise les galeries de peinture. Au rez-de-chaussée sur les jardins, les nouveaux cabinets de travail sont fermés par des portes battantes recouvertes de tapisserie. Pour éviter le continuel passage d’un bureau à l’autre, on construisit une galerie en bois, sur le parc, contre le mur du parterre du Nord. Elle offrait l’indépendance d’accès de chacun d’entre eux.
Le gouvernement se replie sur Versailles.
Si M. Thiers s’installe à la préfecture, dans les fauteuils encore chauds de l’empereur Guillaume, c’est au château, naturellement, que trouvent asile les bureaux gouvernementaux. Une répartition sauvage du corps central s’opère en quelques heures. Au rez-de-chaussée s’installent, du sud au nord, le ministère de l’Instruction publique et des Cultes (chez la Dauphine), celui de l’Intérieur (chez le Dauphin et chez Marie-Antoinette), celui des Travaux publics (chez le capitaine des gardes), et celui des Finances (chez Mesdames). Au premier étage, on trouvera le ministère du Commerce et de l’Agriculture (dans les salles du Sacre et de la Révolution), celui des Affaires étrangères (chez la Reine), et celui de la Justice (chez le Roi jusqu’à l’Oeil-de-Boeuf). Les cabinets de la Marine et de la Guerre investissant l’aile sud des Ministres comme deux siècles plus tôt. D’autres administrations se joignent à ce squat officiel. Ainsi du Conseil d’Etat, de la Banque de France, de la Caisse des Dépôts, du Journal Officiel, etc… Le service des Postes a investi, quant à lui, la galerie des Batailles.
En 1875
Construction dans l’Aile de Midi de la salle du Congrès, qui accueille encore aujourd’hui les députés et les sénateurs réunis en Congrès pour adopter les révisions constitutionnelles ou pour assister aux adresses du Président de la République. Cette salle donne dans la galerie des Batailles.
La salle du Congrès,
Le Parlement de la République
Après la défaite de Sedan qui provoque la chute du Second Empire de Napoléon III, l’Assemblée nationale est élue en 1871 et se réunit à Bordeaux. Composée majoritairement de monarchistes, elle souhaite se rapprocher de la capitale sans s’y installer, le souvenir sanglant de la Commune est encore trop vif.
Hésitant entre Orléans et Fontainebleau, c’est finalement Versailles qui est choisie pour accueillir la nouvelle assemblée, qui s’installe dans la salle de l’Opéra Royal construite par Gabriel.
En 1875, la IIIème République est proclamée. La nouvelle Constitution prévoit un régime bicaméral.
Questel suggère de fixer la nouvelle chambre dans la galerie des Batailles. Mais Edmont de Joly suggère la création d’une nouvelle salle dans l’Aile du Midi. C’est cette solution qui est retenue. La salle sera construite en six mois pour deux millions de francs.
Sous l’Ancien Régime, il y avait deux ailes où logeaient les courtisans. Louis-Philippe les ai fait raser pour laisser la place à une grande cour : la cour verte. La salle des séances, gigantesque hémicycle aux sièges rouge foncé, accueille alors les députés qui y tiennent séance jusqu’en 1879, avant de revenir à Paris, au Palais Bourbon.
A partir de cette date, cette salle décorée de peintures allégoriques évoquant la guerre, l’agriculture, le commerce, l’industrie et la paix, a servi de cadre à l’élection des présidents de la IIIème et de la IVème république. Au-dessus du pupitre central, une grande peinture, d’après Couder, des États généraux de 1789 symbolise le progrès.
Sous la Ve République, elle accueille les députés et les sénateurs réunis en Congrès pour adopter les révisions constitutionnelles.
Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, c’est cette salle également qui accueille les discours du Président de la République aux deux assemblées. Ce fut le cas en juin 2009 par Nicolas Sarkozy et le 16 novembre 2015 par François Hollande.
En 1879
Le gouvernement retourne à Paris.
En 1887
Nomination de Pierre de Nolhac (1859-1936) comme conservateur du château.
Dès le mois d’août 1887
Alors qu’il n’est pas encore installé à Versailles, le jeune Pierre de Nolhac en a perçu l’essence. Conscient de la spécificité des lieux, il s’inscrit contre la tradition littéraire de son temps, pour affirmer haut et clair, dans un article prophétique de la revue Les Lettres et les Arts :
« Versailles et Trianon ne sont pas de ces lieux dont la nature reprend triomphalement possession, dès que l’homme les quitte, et auxquels l’abandon vient apporter un charme de plus. Ce sont des œuvres modernes, qui sont faites pour briller et pour éblouir. Leur vrai pittoresque, c’est leur éclat. Magnifiques dans leur fraîcheur, elles ont le don de renouveler sans cesse devant les yeux la merveilleuse évocation du passé. Mais elles ne gardent ce prestige qu’à force de soin, de coquetterie, de parure. La moindre ruine y est vulgaire et laide. La ruine dernière serrera le cœur, sans enchanter l’imagination« .
Cependant, et malheureusement pour Nolhac, son influence considérable demeure impuissante à mobiliser les bonnes volontés autour d’une résurrection effective, matérielle, du château des rois. L’ignorance, l’habitude, la prévention, mais surtout le manque de crédits ne lui permettent pas d’inscrire dans la pierre ce changement de perception pourtant fondamental. Certes, il contribue largement à faire aimer Versailles, et à le faire connaître et reconnaître dans le monde entier, mais l’usure du temps n’en continue pas moins son œuvre de mort sur des bâtiments et sur des jardins en proie à la vétusté. Ses successeurs mettront de longues années à réaliser ce que lui-même n’aura guère eu le temps et les moyens que d’esquisser à grands traits.
De sorte qu’au final, le plus grand legs de Pierre de Nolhac pourrait bien résider dans ses écrits : il est à chercher dans des livres d’art et d’histoire fondateurs, jamais dépassés à ce jour, et qui devaient faire naître tant de vocations de conservateurs et d’historiens. Et si, en vient-on à se demander alors, et si Pierre de Nolhac avait été surtout un écrivain de grand talent ? Après tout, ne se présente-t-il pas lui-même comme un poète humaniste ? Dans un bel article consacré à son maître spirituel, Maurice Levaillant raconte sa première rencontre avec Nolhac, et la dernière.
Vers 1900, le conservateur de Versailles reçoit Maurice Levaillant dans son appartement du pavillon Dufour, au milieu du monceau de documents qui envahit régulièrement sa table de travail, signant pour lui le mince volume de ses Poèmes de France et d’Italie, il lui confie :
« Car voyez-vous, avant tout je suis un poète »
En 1892
Mort de Charles Gosselin. Pierre de Nolhac (1859-1936) devient conservateur du musée de Versailles.
En 1896
Pendant la visite des souverains russes ( le Tsar Nicolas II et l’Impératrice Alexandra Féodorovna) la galerie des Batailles est meublée de pièces provenant du mobilier national pour devenir une salle de repas officielle.
Le 2 août 1914
Mobilisation générale des armées de France : la cour d’honneur et la place d’armes servent au rassemblement des troupes.
Le musée est fermé.
Fin août 1914
Certaines œuvres des Gobelins sont évacuées vers le sud de la France. D’autres œuvres sont stockées dans les caves de l’aile Gabriel. Quelques gardiens, le conservateur, Pierre de Nolhac et François-Benjamin Chaussemiche, l’architecte en chef, restent au château.
Le 28 juin 1919
Signature du traité de Versailles dans la galerie des Glaces.
Le 3 juillet 1919
« La chapelle (est) pleine comme on ne l’avait jamais vue. Des tribunes aux basses nefs aucune place ne rest(e) vide et l’on se press(e) sur les marches mêmes de l’autel, dépourvu maintenant de sa fonction sainte, mais demeuré centre pour les regards et pour les âmes, au-dessous des orgues vêtues d’or qui allaient chanter une fois de plus ». C’est Nolhac lui-même qui a eu l’idée de ce grand Te Deum chanté dans le sanctuaire royal, et auquel est venue concourir la plus brillante assistance. D’ailleurs, c’est sa voix qui, vibrant d’émotion, s’élève jusqu’aux voûtes pour unir, dans une envolée sublime, le souvenir des gloires d’hier à la célébration de celles du moment. Pour le vieux conservateur, ce concert de musique sacrée est en fait une manière d’apothéose personnelle, c’est le moyen qu’il a trouvé de tirer dignement sa révérence.
Car l’heure est venue, pour Pierre de Nolhac, de songer à faire une honnête retraite. Frédéric Masson, le vieux frère ennemi, est alors en charge des domaines de l’Institut de France. Il lui offre le poste envié, confortable, de directeur du musée Jacquemart-André, à Paris. Peut-être moins attiré par ce havre de haute culture que par la perspective d’un fauteuil à l’Académie française, Pierre de Nolhac accepte la place, et s’arrache à regret à des bonheurs versaillais qui, désormais, lui rappellent par trop sa jeunesse. Après trente-deux années passées chez Louis XIV, dont vingt-sept à la plus haute charge, le maître sait ce que lui doit le domaine, comme il connaît aussi les limites de son magistère.
Sous son mandat, les fonctions de conservateur ont acquis à Versailles un lustre extraordinaire. Libéré des empiétements de l’ancienne régie, renforcé dans ses pouvoirs face à l’architecte du domaine, le patron du musée a vu ses compétences s’étendre sur les Trianons et dépasser de loin le cadre strict des collections. En fait, par ses relations parisiennes et par son influence intellectuelle, Nolhac a su faire évoluer les mentalités concernant Versailles. Il aura possédé, avec la finesse et l’érudition, cet entregent qui ouvre les portes et cette aisance qui les maintient ouvertes. Son esprit, volontiers flatteur, lui aura garanti des succès achevés dans le faubourg Saint-Germain. Et l’engouement de la capitale pour le conservateur de Versailles n’a pu que rejaillir sur le château lui-même. Surtout, Nolhac a su renouveler l’image d’une maison qu’il avait trouvée agonisante, et qu’on ne louait plus dans l’opinion que pour ses appas moribonds
En 1920
Départ de Pierre de Nolhac. Nomination de son adjoint André Pératé (1862-1947) à la conservation du musée de Versailles.
Au début du mois de mai 1924
Raymond Poincaré, Président de Conseil, reçoit des Etats-Unis une lettre signée de John Davison Rockefeller Jr (1874-1960). Le fils du célèbre milliardaire, de retour d’un voyage en France à l’été 1923, y exprime son admiration pour les trésors du patrimoine national, son regret de les voir souffrir des séquelles de la guerre, et son désir de contribuer discrètement à changer cette situation. Sa générosité distingue en priorité trois hauts lieux du patrimoine : la cathédrale de Reims, les châteaux de Versailles et de Fontainebleau. Il faut préciser qu’à Versailles l’héritier de la Standard Oil a eu pour guide le diplomate Maurice Paléologue, président en exercice de la Société des Amis. Habilement initié à des misères au demeurant criantes, c’est sous cette influence qu’il a pris la résolution d’intervenir. Son représentant à Paris sera l’architecte de sa famille, Welles Bosworth, un Américain formé à Paris et qui, d’ailleurs, devait épouser une Française. En parfait accord avec l’administration des Monuments historiques, cet homme de bonne volonté se voit donc chargé de répartir une manne vraiment providentielle, en attendant la création d’un organisme ad hoc, le Comité franco-américain pour la Restauration des Monuments.
De 1925 à 1928
Premières donations de la fondation Rockefeller.
Autant dire que c’est un chantier gigantesque, comparable dans son importance à celui ordonné en 1814 par Louis XVIII, qu’entreprennent, grâce aux libéralités de John D. Rockefeller Jr, les équipes de Patrice Bonnet. Il est de bon ton, de nos jours, de sous-estimer l’impact de cette généreuse intervention. En vérité, elle s’est révélée salvatrice. Elle a porté sur le gros œuvre, en effet, c’est-à-dire sur ce qui, dans le marasme versaillais, tendait à l’irrémédiable. Et elle aura permis des miracles. Au total, sur les quatre premières années, la donation atteindra le montant d’un million de dollars, soit environ vingt millions de francs de l’époque, dont plus de la moitié consacrée au seul Versailles. Par comparaison, les efforts accomplis jusqu’ici par l’Etat paraissent dérisoires. C’est tout juste s’ils permettront la restitution des Cascatelles de Trianon, ou le curage du balcon du Roi, sur la cour de Marbre.
Le plan de sauvegarde des collections mobilières du château est élaboré en 1933 par Charles Mauricheau-Beaupré (1889-1953) alors conservateur-adjoint. Sur le plan logistique, il suggère d’évacuer les collections du musée par la route, plus sûre que le chemin de fer, dont les infrastructures peuvent être la cible des bombardements, et que le transport fluvial, réservé aux œuvres ne craignant pas l’eau. Au moment où il rédige son rapport, l’administration des musées nationaux n’a pas encore prévu de réquisitionner des châteaux pour y stocker des œuvres.
Les ouvriers se mettent à l’ouvrage dès janvier 1925. Ils commencent par les charpentes et couvertures de l’attique du Nord et des ailes des Ministres. L’une des grandes difficultés de cette intervention massive et disséminée consiste à coordonner le travail d’équipes complémentaires et néanmoins concurrentes. D’une manière générale, les opérations commencent par les couvertures, avant d’aborder la maçonnerie et de terminer par la menuiserie. Des embarras particuliers, liés à des parasites du bois, à des maladies de la pierre et à des infiltrations par le sol, viendront compliquer la tâche des réparateurs, à mesure qu’ils progresseront.
Les caisses recevant les œuvres de Versailles et des Trianons sont seulement identifiables par la mention «M. N.» pour « musées nationaux», suivie de la lettre «V» et d’un numéro en chiffres arabes. Les rouleaux sur lesquels sont emballées les tapisseries portent la mention «V. T.». Mais faute de temps et de moyens, toutes les œuvres ne sont pas emballées : près de six peintures sur dix ne sont pas protégées lors des évacuations de 1939. En revanche, le mobilier le plus fragile est précautionneusement démonté, parmi lequel la pendule astronomique de Louis XV, la pendule de Morand ainsi que le serre-bijoux de Marie-Antoinette qui, à lui seul, a exigé pas moins de onze caisses.
En 1927
A l’admiration générale, Rockefeller décide de renouveler et d’intensifier sa participation. Cette fois, ce ne sont pas moins de quarante millions de francs sur cinq ans, qui sont promis aux responsables du patrimoine français, dont vingt-trois millions pour le seul Versailles. Une telle manne flatte la fibre restauratrice de l’architecte en chef. Patrice Bonnet se sent libre de lancer, à présent, un certain nombre de chantiers secondaires, notamment dans les jardins. En effet, les travaux de première urgence et les réfections indispensables ont pu être menés à bien. Ce qui ne veut pas dire qu’il néglige pour autant la réfection des couvertures du palais, la restauration des menuiseries de l’aile Gabriel, l’assèchement des façades sur la cour royale, la rénovation de la toiture du Petit Trianon.
L’exemple américain donne des idées aux autorités françaises. Et ce n’est pas le moindre mérite de ces donations Rockefeller que d’avoir suscité quelque émulation au sein même de l’administration. Piqués au vif par la générosité du grand mécène, les responsables des Beaux-Arts dotent le domaine national, à partir de 1925, de crédits s’élevant à trois millions de francs. De quoi autoriser les Bâtiments civils à procéder aux élagages que réclamait le parc, aux aménagements d’usage et à l’électrification que demandaient bureaux et logements. A Trianon, l’Orangerie reçoit un toit neuf, et les berges de la rivière basse sont refaites. Pour ne pas être en reste, la Caisse nationale des Monuments historiques va elle-même consacrer deux millions à la protection contre l’incendie, à la réfection du plancher devenu dangereux du salon de Vénus, ainsi qu’à la restauration du parterre haut du Grand Trianon.
Le 30 juin 1936
A l’issue de ces travaux salvateurs, J. D. Junior, toujours digne et réservé aux côtés de son épouse affable, sera reçu en grande pompe dans un domaine pétri de gratitude. Il inaugure un bosquet des Rocailles refait à neuf, pour la restauration duquel on est allé chercher des coquillages jusque dans l’océan Indien. Gabriel Hanoteaux en personne vient prononcer un hommage dans le vestibule bas de la Chapelle, puis le ministre Jean Zay dévoile une plaque au moderne bienfaiteur de Versailles, qui déclare à cette occasion :
« Le matérialisme doit à la fin céder aux valeurs spirituelles. »
Le 29 août 1939
Au total, cinq convois quittent Versailles, encadrés par des gardiens armés partis de Versailles. Suivront les expéditions du 2 septembre, du 7 octobre, des 24 et 27 mai 1940. Direction : le château de Chambord. Depuis plusieurs semaines, le rythme est accéléré : dans un seul et même effort, on décroche tableaux, objets d’art, et autres sculptures, qu’on emballe soigneusement.
Le 18 octobre 1939
« Le château achève de prendre sa tenue de guerre. C’est affreux. Les feuilles tombent, dans le parc, recouvrant les socles vides. Et les boiseries quittent peu à peu les murailles. On erre, aux lanternes, car toutes les fenêtres sont aveuglées, dans ces salles aux parois lamentables que couronnent les plafonds dorés…»
Pierre Ladoué, Conservateur de Versailles
Le château de Sourches accueille quatre-vingt-onze lots de Versailles, parmi lesquels deux guéridons porte girandole commandés par Louis XV pour la galerie des Glaces et, à compter des 24 et 27 mai 1940, les sept rouleaux contenant des peintures de très grand format. Mais les conditions de conservation sont plutôt mauvaises et l’humidité provoque le ramollissement des toiles ainsi que l’apparition de moisissures.
Le château de Serrant reçoit l’ensemble des boiseries des Grands Appartements, ainsi que les archives du Service de l’architecture de Versailles. Le sort des caisses de boiseries reste mal connu : celles du Cabinet doré de la Reine, de la salle-de-bains de Louis XV et du cabinet de travail de Louis XVI sont d’abord été évacuées au château de Voré, dans l’Orne avant de regagner la Galerie basse de Versailles et de partir pour Serrant.
Le 13 juin 1940
Il ne reste plus à Versailles que le conservateur en chef et trois jardiniers.
En juillet 1940
Lorsque les autorités allemandes décident d’occuper une partie du château de Serrant, il faut évacuer vingt et une caisses à Angers.
En juillet 1946
Réouverture du château au public.
En 1953
Tournage de Si Versailles m’était conté de Sacha Guitry qui va contribuer à la renaissance du domaine : le film est entrepris parallèlement à la gigantesque recherche de fonds entreprise afin de réparer, de restaurer et de rendre son luxe (en particulier en retrouvant et rachetant meubles, lambris, tapisseries, accessoires, œuvres d’art, etc. dispersés à la révolution et ensuite) à ce monument unique au monde.
L’impact de ce film est en effet considérable étant donné qu’il fait partie des cent plus gros succès du box-office en France, ayant réalisé 6 986 788 d’entrées.
Affiches des films de Sacha Guitry
« On nous dit que nos rois dépensaient sans compter,
Qu’ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils.
Mais quand ils construisaient de semblables merveilles,
Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ? »Sacha Guitry
Le 26 avril 1953
Charles Mauricheau-Beaupré meurt dans un accident de voiture. Gérald Van der Kemp (1912-2001) devient conservateur du musée et château de Versailles et des Trianons.
En 1955
Tournage de Marie-Antoinette, Reine de France de Jean Delannoy avec Michèle Morgan.
En 1957
Achèvement de la restauration de l’opéra de Gabriel.
L’Escalier Gabriel
L’escalier qui mit deux cents ans à être construit
( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )
En 1772, Louis XV donne son accord à la reconstruction du château de Versailles côté Cour. Le «Grand Projet» de Gabriel voit le jour avec l’Aile que nous lui connaissons aujourd’hui. La mort du Roi en 1774 et le manque de moyens laisse une aile vide et le «Grand Projet» est repoussé sans jamais être terminé. Cette aile devait accueillir un grand escalier destiné à remplacer l’escalier des Ambassadeurs détruit quelques années plus tôt.
Sous Louis XVI, le volume vide est utilisé comme théâtre par Marie-Antoinette.
Le théâtre de l’aile Gabriel en 1785
Ce n’est qu’en 1984 qu’il est construit par l’architecte Dumont. Frédéric Didier fit construire le vestibule en 2003.
On a choisi une version simplifiée, ce qui explique que les colonnes ne sont pas rainurées. Il manque les lions en bas de l’escalier. Une interprétation erronée des rampes courbes du rez-de-chaussée est a noter et la décoration au-dessus des portes non pas été sculptés. Il manque également les moulures… tout ce qui a été prévu par Gabriel.
Projets pour l’escalier Gabriel
En 1962
Décret Debré sur le remeublement de Versailles.
En 1963
Le général De Gaulle (1890-1970) prend l’initiative de remettre en états le Grand Trianon pour y accueillir les hôtes de la République et y organiser dans l’Aile nord dite de « Trianon-sous-bois », une résidence présidentielle.
En 1965
Achèvement de la restauration du Grand Trianon.
En 1975
Achèvement de la restauration de la Chambre de la Reine.
En 1978
Loi-programme pour le financement des travaux de Versailles.
En 1980
Gérald Van der Kemp part en retraite. Pierre Lemoine (1920-2006) est nommé conservateur général du musée national de Versailles et des Trianons.
Achèvement de la restauration de la Chambre du Roi et de la Galerie des Glaces.
En 1985
L’escalier avait été imaginé par Ange-Jacques Gabriel, premier architecte de Louis XV mais sa construction a été entreprise et terminée en 1985.
Cet escalier mène aux grands appartements, et plus précisément à celui du Roi, appelé également appartement des planètes.
En 1986
Départ en retraite de Pierre Lemoine. Yves Bottineau (†2008) devient conservateur général.
Achèvement de la restauration des appartements princiers.
En 1989
Départ d’Yves Bottineau. Jean-Pierre Babelon (1931) devient directeur du musée et du domaine national de Versailles.
En 1995
Départ de Jean-Pierre Babelon. Hubert Astier (1938) est nommé président de l’établissement public du musée et du domaine national de Versailles.
En 2000
Le château reprend son aspect d’origine
« Le château de Versailles est sur le point de retrouver son architecture d’origine avec la restauration du premier des quatre pavillons.»
Dépourvu de son aspect concave, tel que Jules-Hardouin Mansart l’avait conçu et réalisé, l’Aile Nord des Ministres a désormais revêtu son habillage d’origine. Supprimé en 1841, l’ouvrage a été confectionné à partir de dessins d’époque durant quinze mois, sous l’égide de Frédéric Didier, architecte en chef des Monuments Historiques. Près de trente tonnes de plomb, dix-huit mille ardoises, sept kilomètres de planches de bois ont été assemblés par dix corps d’état distinct. En outre, quatre-vingt dix tonnes d’échafaudage ont été dressées pour le chantier. Le montant de l’opération, financée par l’Etablissement public du Musée et du Domaine de Versailles, s’élève à 12 millions de francs.
Hubert Astier, son président, dévoilait, lundi 20 mars 2000, le monument. La béatitude du public ne s’est d’ailleurs pas faite attendre. Depuis la cour d’Honneur, on peut désormais observer sens peine la dissymétrie temporaire de l’édifice, en faveur de l’Aile Nord des Ministres. Mais, de plus près, grâce à la nacelle mise en place depuis l’inauguration, on se prend à admirer les chutes de laurier, les guirlandes, les rubans sculptés dans le plomb coulé à l’ancienne. On en oublierait presque qu’on est élevé à 25 mètres de hauteur. Le verdict du Maire, Etienne Pinte, qui a eu le privilège de grimper en premier est sans appel : « Fabuleux ! » s’est-il exclamé au pied du bâtiment, à la sortie de la nacelle.
Après la rénovation des trois autres pavillons, il restera encore à les couvrir de dorure pour restituer au Château sa physionomie initiale. Mais le cœur du Château, comme la chapelle et la Cour de Marbres figurent aussi, sur ce plan, dans le programme de rénovation de l’Etablissement Public.»
Transcription des Nouvelles de Versailles du 29 septembre 2000
Journaliste : Virginie Cuisinier
En 2003
Départ d’Hubert Astier. Christine Albanel devient présidente de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.
En 2005
Tournage du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola.
En 2008
Réinstallation d’une grille dite Grille Royale entre la Cour d’Honneur et la Cour Royale.
Le 2 octobre 2011
Catherine Pégard remplace Jean-Jacques Aillagon à la tête de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.
De 2015 au 12 mai 2018
Restauration du Hameau de Marie-Antoinette à Trianon.
De janvier 2016 au 16 avril 2019
Restauration des quatre pièces du Grand Appartement de la Reine.
Du printemps 2017 au printemps 2018
Restauration de la bibliothèque de Marie-Antoinette.
Restauration du Salon de la Paix.
Le 5 mars 2018 jusqu’en 2020
Travaux de restauration de la Chapelle royale du château de Versailles.
Fin novembre 2020
On retire les échafaudages qui entouraient la chapelle depuis deux ans, et elle apparaît luisant de tout son or à la gloire du soleil et de Dieu.
A l’été 2024
Le domaine de Versailles participe à la célébration des jeux olympiques qui vont se dérouler en France.
Le 23 juillet 2024
La flamme olympique a brillé à Versailles !
Sources :
- Antoinetthologie
- Versailles passion – Connaissances et curiosités du Domaine de Versailles , groupe FB de Christophe Duarte
- « Le vandalisme jacobin » par Gustave Gautherot, paru en 1914 et les archives du département des Yvelines