Richard Mique

Il est le metteur-en-scène du style Marie-Antoinette

Richard Mique (1728-1794) par Johann Julius Heinsius, Musée Lorrain

Le 

Naissance de Richard Mique à Nancy.

Né d’un second mariage (en 1727) de Simon Mique (1684-1761) avec Barbe Michel (1700-1760), son père était architecte-entrepreneur de Lunéville, et son grand-père Pierre Mique, également architecte, avait été l’un des constructeurs de la primatiale de Nancy. Richard est, le lendemain de sa naissance, baptisé à l’église paroissiale Saint-Sébastien de Nancy.

Le 30 octobre 1753

Richard Mique épouse Marie-Catherine Hurtevin, dite Montauban (1735-1808) à Lunéville.

Le 10 octobre 1755

Naissance de leur fils Simon (1755-1794), qui sera guillotiné en même temps que son père.

Le 13 janvier 1757

Naissance de Catherine Mique (1757-1818) à Lunéville

Le 11 avril 1758

Naissance de leur fille Marguerite (1758-1800), à Lunéville.

Le 11 mai 1761

Décès de son père, Simon Mique (1684-1761), à Lunéville, où il était architecte entrepreneur.

Le 31 mai 1761

Décès de sa mère, Barbe Michel (1700-1761), à Lunéville. Aura-t-elle contracté la maladie dont venait de mourir son mari ? 

En 1763

Après une formation à Strasbourg en 1740 où il apprend le métier d’architecte auprès de Jacques Étienne Barbier, ingénieur, il peut marcher dans les pas de son père et de son grand-père, devenant comme son cousin Claude Mique architecte en Lorraine, au service du Roi Stanislas en 1763, duc de Lorraine et père de la Reine de France Marie Leszczyńska. Il participe ainsi à l’embellissement de Nancy et de Lunéville où il répand l’imitation du style antique, influencé comme tous les architectes néo-classiques par les œuvres de la Renaissance italienne et notamment le style d’Andrea Palladio.  Stanislas Leszczyński le nomme l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de Lorraine et un an plus tard le Directeur général des Bâtiments, Jardins et Fontaines. Inquiet pour l’avenir de Richard, le Roi vieillissant a pris la précaution de le recommander à sa fille, la Reine Marie Leszczyńska.

Le 29 mars 1764

Naissance de son fils, François-Eustache Mique (1764-1792), futur lieutenant, à Lunéville.

En février 1766

Le Roi Stanislas meurt tragiquement, brûlé par les flammes de la cheminée trop près de laquelle il s’est endormi.

Le destin de Richard Mique semble donc tragique, car Louis XV, ne veut pas investir dans les propriétés de Lorraine, dont Mique est le premier architecte, et ordonne de les détruire, ce qui menace l’existence de Mique.

En 1766

La mort du Roi Stanislas arrête un temps cette carrière, Ange-Jacques Gabriel (1698-1782), premier architecte du Roi Louis XV, se montrant jaloux de son influence à la Cour de France.

C’est pourtant à Mique que la Reine Marie Leszczyńska, soutenue par le clan polonais réuni à Versailles autour d’elle, commande la construction d’un important couvent à Versailles. Inauguré par le Roi lui-même, le couvent de la Reine (devenu le lycée Hoche) fait remarquer l’architecte. Marie Leszczyńska l’engage comme architecte pour la construction du couvent portant le nom de la Reine, qu’elle veut payer de sa cassette personnelle et le nomme Intendant et Contrôleur général de ses Bâtiments et Jardins.

Le 24 juin 1768

La Reine Marie Leszczyńska meurt à Versailles.

Marie Leszczyńska par Jean-Marc Nattier

Après le décès de la Reine

Madame Adélaïde poursuit l’œuvre de sa mère et afin d’assurer la position de Mique à la Cour.

La chapelle du couvent de Marie Leszczyńska, aujourd'hui le lycée Lazare Hoche
Le couvent de la Reine

Le 16 mai 1770

Louis-Auguste épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche.

Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo
Marie-Antoinette peinte vers 1770 par Drouais

Louis XV attache Richard Mique à la Maison de la Dauphine Marie-Antoinette.

Il restera au service de la Dauphine, puis de la Reine jusqu’à la Révolution française en donnant preuve de son talent extraordinaire comme l’architecte, le paysagiste, le décorateur, l’organisateur de fêtes et d’illuminations.

En 1773

Richard Mique est fait seigneur d’Heillecourt (en Meurthe-et-Moselle), il est le dernier à porter ce titre.

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt et Louis-Auguste, à l’âge de dix-neuf ans, devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Louis XV par Armand-Vincent de Montpetit
Louis XVI d'après Duplessis

La Reine Marie-Antoinette se l’attache ensuite et lui confie plusieurs commandes. Mique succède alors à Ange-Jacques Gabriel comme Premier architecte du Roi Louis XVI (il sera le dernier à occupé ce poste) et directeur de l’Académie royale d’architecture, et devient ainsi le principal maître d’œuvre des travaux du château de Versailles à la fin du XVIIIe siècle.

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI est sacré à Reims.

Louis XVI lors de son sacre à Reims par Benjamin Warlop

En 1776

Son fils Simon Mique devient avocat au Parlement de Paris, auditeur en chambre des Comptes de Lorraine.

En 1776

Richard Mique réalise divers projets du jeu de bague à partir d’un croquis du même jeu à Monceau.

Vers 1778

Sa fille, Catherine Mique (1757-1818), épouse Jean-Jacques Joseph d’Hame (1745-1810)

Au Petit Trianon, il existe une petite pièce célèbre pour son ingénieux système d’occultation des fenêtres, conçu à la demande de Marie-Antoinette. Il s’agit du « Cabinet des glaces mouvantes » (ou cabinet intérieur), situé dans l’appartement de la Reine au premier étage.
 
Philipp Von Cobenzl qui accompagnait l’Empereur Joseph II, frère de Marie-Antoinette, pendant son voyage en France de 1777 rapporte que chez le Prince de Condé :
« …Les fenêtres sont des grandes glaces qui s’ouvrent en coulisse et qui, le soir, sont remplacées par des miroirs… »
 
Vers 1781
 
Marie-Antoinette demanda un dispositif semblable Lui permettant de se soustraire aux regards extérieurs. Richard Mique conçoit de grands panneaux garnis de miroirs pouvant monter verticalement devant les fenêtres, ils sont actionnés par un ensemble de contrepoids, poulies et câbles dissimulés dans l’épaisseur des murs et une simple manivelle, au sous sol, permet à une personne de les faire monter ou descendre.
Le cabinet des glaces mouvantes
Mécanisme des glaces mouvantes du Boudoir

Voir cet article :

Le petit théâtre de la Reine
La pergola de jasmins est créée, lors de l’aménagement du jardin anglais par Richard Mique. À l’origine, il s’agit d’une galerie couverte en bois permettant de circuler à l’abri entre différents lieux, comme le Jeu de Bague (disparu), le Théâtre de la Reine et la chapelle. Modifiée plusieurs fois, elle a finalement disparu pendant la Révolution. La pergola actuelle est une reconstitution réalisée en 1995, à partir des plans d’époque.
Le hameau de la Reine
Images du Versailles de Marie-Antoinette

«La ruine de Balbec» 

Au moment du réaménagement des jardins du Petit Trianon, Richard Mique reprend un projet du Comte de Caraman qui avait souhaité installer une ruine sur le modèle du temple de Balbec : un édifice rectangulaire orné de vingt-quatre colonnes et de bas-reliefs, dont l’entour serait semé de débris, de tambours renversés, de fragments de corniches et d’architraves. Un salon y serait aménagé au rez-de-chaussée, qui permettrait une vue sur le Hameau et, au-delà, le village de Saint-Antoine-du-Buisson. Cette fausse ruine, qui se serait située sur le Grand Rocher un peu à l’écart du hameau, au sud du bois des Onze-Arpents et à l’est du Grand lac n’a finalement jamais été édifiée, bien qu’on la trouve sur certains plans de 1786-1788. Elle a néanmoins été reprise dans l’histoire des «Fantômes de Trianon».

Le Belvédère de Marie-Antoinette

« En même temps que s’achevait le théâtre, la montagne et son rocher voisins prenaient forme non sans peine. De 1777 à 1778, quatorze modèles furent présentés à la Reine. C’est le sculpteur Deschamps qui les exécuta. Le modèle une fois arrêté, on travailla au Rocher pendant l’année 1781 et même en 1782 et en cours de réalisation plusieurs remaniements eurent encore lieu. Tout cela posa bien des problèmes de canalisation et d’aqueducs difficiles à réaliser dans un lieu où l’eau manquait, mais Mique s’évertua à les résoudre avec toute l’intelligence que lui procuraient ses connaissances d’ingénieur des Ponts-et-Chaussées. De l’autre côté de la Montagne, on trouve le Belvédère. Pour ce pavillon aussi les essais furent multiples, il fallut cinq modèles pour contenter la Reine. Deschamps fut chargé de l’exécution de tout le décor sculpté et il s’en tira avec art, comme d’ailleurs pour tout ce qu’il exécuta pour Marie-Antoinette sous la direction de Mique. Le Belvédère est donc la création conjuguée de Marie-Antoinette, de Mique et de Deschamps. Dès le 10 juillet 1780, Monsieur de Fontanieu, Intendant du Garde-Meuble Royal, écrivait à Mique pour lui signaler « que la Reine lui avait ordonné de meubler le petit Pavillon du Rocher ». Nous avons une idée des sièges réalisés pour le Salon du Rocher en 1781 grâce à une chaise de François Foliot d’après les dessins de Gondoin et conservée au Petit Trianon. C’est pendant l’été 1781, que Marie-Antoinette put jouir de son Salon du Rocher enfin terminé, émergeant au milieu des buissons odoriférants au sommet de cette Montagne de l’Escargot d’où elle pouvait d‘un coup d’œil embrasser tout son domaine, tel qu’elle avait imaginé et tel que son architecte avait essayé de matérialiser ses rêves

Richard Mique, architecte du roi de Pologne Stanislas Ier, de Mesdames et de Marie-Antoinette, de Muriel de Raïssac

Le Belvédère
Le temple de l'Amour
Images de Marie-Antoinette de Sofia Coppola
Le rocher
La grotte

La grotte dans le jardin anglais de Marie-Antoinette

« Parmi les fabriques naturelles du Jardin Champêtre de Trianon, la Grotte représente l’exemple le plus abouti de l’association d’un artifice de roches et d’eau, constituant un subtil décor secret. Située au nord du Belvédère, la Grotte se tapit en fond de vallon, à la différence du Rocher du Belvédère (avec lequel elle est souvent confondue), dont la silhouette imposante domine le pavillon de musique. La Grotte a été réalisée à partir d’un dénivelé artificiel de terrain et est pourvue de deux entrées : son entrée haute, au sommet d’une butte, est encadrée d’un ensemble de grosses roches moussues ; son entrée inférieure est dissimulée en fond du vallon. Un escalier intérieur en pierre relie ces deux accès.
Sept modèles furent établis et présentés à la Reine Marie-Antoinette, pour décider des dispositions précises de la fabrique. Les travaux commencèrent le 1er juillet 1780 et furent achevés seulement deux mois après.
La restauration de la Grotte de Marie-Antoinette a été la première opération engagée sur les fabriques du jardin champêtre : en 2001, les enrochements cyclopéens de meulières ont ainsi fait l’objet d’une consolidation générale ; lors de ces travaux, l’ouverture sommitale d’origine, créant un faisceau lumineux sur la cascade intérieure, a été dégagée puis rétablie. Dans la salle basse, le banc en pierre, la cascade et le gué du ruisseau intérieur ont également été restaurés, permettant de retrouver les détails illustrés par les coupes de Claude-Louis Châtelet, vers 1786. Les travaux effectués sur le passage intérieur en gué ont permis de retrouver les ouvrages d’étanchéité d’origine, constitués de larges tables de plomb façonnées selon le profil du ruisseau ; la restauration de ces plombs anciens a été réalisée selon les techniques traditionnelles (reprise au plomb coulé avec montage de finition). A l’extérieur de la Grotte, le petit vallon et son ruisseau ont fait l’objet d’une intervention complète de remodelage du relief, de reprise de tracé du cours d’eau et de recomposition de ses enrochements. Les plantations ont été composées en respectant une hiérarchisation des écotypes : plantes de bord de l’eau en limite du ruisseau, conifères à flancs de coteaux et prairies en crête des buttes. Un saule pleureur (Salix babylonica) et une touffe de cannes de Provence (Arundo donax) ont été plantés en composition de l’entrée basse de la Grotte, en fidèle transcription d’une gouache de C.L. Châtelet. Dans ce même souci de rétablissement du décor végétal d’origine, le coteau marquant l’entrée est du vallon de la Grotte a été planté d’un carré de vigne, illustré sur une gravure conservée aux archives du Musée de Versailles.»

Le Jardin Champêtre de Trianon : l’alliance du pittoresque à la botanique de Laurent Choffé

Transformations du décor mural du Cabinet de la Méridienne en 1781.
Transformations du Cabinet doré sur les plans de Richard Mique en 1783.

Les appartements de Richard Mique au dernier étage du théâtre
( texte de Christophe Duarte – photographies de Sarah Baach ; Versailles-passion )

Richard Mique obtient l’autorisation d’assister aux spectacles dans le petit théâtre mais également un logement situé juste au-dessus. Cet appartement permet à l’architecte d’être à pied d’œuvre pour surveiller les travaux qui se poursuivent à Trianon et aussi de se présenter promptement aux ordres de la Reine lorsqu’Elle désire avoir des explications pour fixer le détail de quelque décor ou, ce qui est fréquent, faire changer un motif à peine terminé mais qui a cessé de plaire.

Logement de Richard Mique

On y accède par un petit escalier circulaire.

Accès au logement de Richard Mique
Le logement de Richard Mique
Plans du logement de Richard Mique

L’appartement se compose de deux pièces donnant sur le jardin, dont une chambre-à-coucher, une autre petite chambre sur la cour, un petit cabinet et deux garde-robes.

Deschamps fournit «une devanture d’alcôve» pour la chambre-à-coucher, «une devanture de buffet en bois de chêne», pour la seconde pièce servant probablement de salle-à-manger, «deux trumeaux de glaces moulurés au-dessus des cheminées et cinq double croisées». Dutems exécute les peintures «en blanc ou gros de détrempe à l’exception de la rampe d’escalier peinte en noir et du chiffre peint en gris de détrempe».

Logement de Richard Mique

Il s’agit d’un logement fort simple, aux cheminées à chambranle peint, au sol couvert de carrelage rouge, plus un logement de service que d’agrément, mais d’où la vue sur les frondaisons des jardins est si belle qu’elle doit faire oublier l’inconfort de l’installation.

Accès du logement de Mique vers le théâtre
Pierre-Charles Bonnefoy du Plan par Joseph Boze

 

 

 

Pierre-Charles Bonnefoy du Plan, concierge du Pztit Trianon est alors le voisin de Richard Mique.

En 1780

Mique transforme la bibliothèque de la Reine au Petit Trianon.

En 1781

Richard Mique se charge des agrandissements des Communs et des cuisines du Petit Trianon.

Les Communs et des cuisines du Petit Trianon

Après la mort de Madame Sophie , le 2 mars 1782

Marie-Antoinette s’installe dans son appartement du rez-de-chaussée, laissant à Richard Mique le soin d’y apporter les modifications, dont les plans ne sont pas retrouvables. La Reine aura dans Sa chambre successivement trois cheminées, une de brèche violette, une de marbre blanc, une de griotte rouge. Une cheminée en marbre bleu turquin se trouvait dans l’ancienne bibliothèque de Madame Sophie. Il y avait également une seconde bibliothèque, un boudoir à pans coupés, un cabinet de toilette et une nouvelle salle-de-bains.

Marie-Antoinette dans Sa chambre intime par Benjamin Warlop

En 1783

Mique transforme l’Antichambre des Nobles,  où il substitue aux lambris de marbres une tapisserie d’étoffes vertes ; la nouvelle cheminée et les nouvelles peintures.

Dans Bibliothèque de la Reine, Richard Mique réalise la corniche aux feuilles d’acanthe, feuilles d’eau et perles, décor des tiroirs ainsi que le chauffage dont l’emplacement est sous les fenêtres. Un espace profond y est créé, fermé avec une cloison ajourée. Les poêles placées à l’étage inférieure fournissaient de l’air chaud vers la bibliothèque.

Il transforme la pièce des femmes de chambre en supplément de bibliothèque. 

Transformations de l’Antichambre des Nobles, 1783
La bibliothèque de la Reine

Commencement de la construction du Hameau de Trianon. Il en coûtera cher pour ruiner à neuf ces chaumières d’apparat.

Il est conçu comme un projet pédagogique pour les Enfants de France, notamment la Ferme… à l’instar de l’éducation qu’avait reçue Louis XVI comme en témoigne ce tableau le représentant labourant :

Louis-Auguste, alors Dauphin, représenté «labourant»
Marie-Antoinette et Sa fille dans le film de Sofia Coppola

Il réalise dans le hameau le réchauffoir , le boudoir, la laiterie de préparation, le colombier

Le réchauffoir
1 la tour de Malborough ; 2 la laiterie de propreté ; 3 la laiterie de préparation ; 4 la grange (vestiges) devenue salle de bal ; 5 la maison du garde ; 6 le colombier ; 7 le billard ; 8 le réchauffoir ; 9 la maison de la Reine ; 10 le boudoir ; 11 le moulin

Du 2 au 7 juin 1783

Premier séjour de la Reine à Trianon avec Madame Royale.

Journal de Modes : chemise à la Reine, dite tenue à la badine
Marie-Antoinette en gaulle, madame Vigée Le Brun, 1783
Image du Versailles Secret de Marie-Antoinette (2018)

En 1784

Richard Mique édifie la maison de la Reine du hameau de Trianon, la grange, la tour de Malborough et la maison du garde.
Il commence à bâtir la ferme.

La maison de la Reine
Mesdames d'Artois, de Provence, de Polignac, de Lamballe, Vigée Le Brun et de Bourbon au hameau de Trianon par Benjamin Warlop
La tour de Malborough

En 1785

Marie-Antoinette lui demande quelques modifications au château de Saint-Cloud qui avait appartenu au duc d’Orléans.

Le château de Saint-Cloud

Voir cet article : 

Le 1er septembre 1785

Sa fille, Marguerite Mique, épouse Nicolas Perruchot de Longeville (1756-1794), fils de Bernard Perruchot sieur de Longeville et de Anne Marie Josèphe Baconnière (1733-1776), à Versailles. Ils auront six enfants.

En 1786

Mique achève le moulin du hameau de Trianon.

Le moulin

En 1787

Richard Mique achève de redécorer le cabinet des glaces mouvantes au Petit Trianon, exécutées par le mécanicien Mercklin, en 1777.

Le cabinet des glaces mouvantes

Il réalise la porte Saint-Antoine.

Le 1er juillet 1787

La Reine préside un bal donné à Trianon.

Michèle Morgan est Marie-Antoinette dans le film de Jean Delannoy

Quiconque sera «vêtu honnêtement» pourra entrer à Trianon a décidé Marie-Antoinette en annonçant les portes ouvertes de Son domaine le dimanche.

En 1788

Richard Mique réalise l’hospice et la chapelle de Saint-Cloud (seule la chapelle subsiste aujourd’hui) sur ordre de Marie-Antoinette.

Le 5 mai 1789

Ouverture des États généraux.

Ouverture des Etats Généraux

En mai 1789

Le décor du théâtre, tout en faux-semblant, occasionne force déception auprès des représentants des bailliages lointains venus à Versailles pour la tenue des Etats généraux, convaincus de pouvoir dénoncer une débauche de luxe : ils avaient en effet entendu parler de murs tapissés de diamants… il s’agissaient évidemment d’éléments de décors du théâtre.

Le 4 juin 1789

Mort de son neveu le Dauphin Louis-Joseph, à Meudon.

Mort du Dauphin dans Les Années Lumière de Robert Enrico (1989)

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Le Serment du Jeu de Paume par Jacques-Louis David

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

La prise de la Bastille dans Les Années Lumière (1989) de Robert Enrico

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

La Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Le 5 octobre 1789

Des milliers de femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.   

Le matin du 6 octobre 1789 par Benjamin Warlop

La famille royale est ramenée de force à Paris. 

Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet

La famille royale s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Les Tuileries dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Été 1790

La famille royale est autorisée à séjourner à Saint-Cloud.

Des bruits courrent selon lesquels elle projette de s’évader…

Le château de Saint-Cloud

Le 14 juillet 1790

Fête de la Fédération sur le Champ-de-mars à Paris.

La Fête de la Fédération

Courant novembre jusqu’au 8 décembre 1790

Séjour de la famille royale au château de Saint-Cloud.

Le château de Saint-Cloud

Son gendre, Nicolas Perruchot, sieur de Longeville est « Directeur Général des Fermes du Roi » lorsqu’il acquiert pour 90.000 libres le domaine des Ormes en Épiniac un bien national confisqué à l’évêché de Dol.

Le 18 avril 1791

La Famille Royale est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.

Départ de Louis XVI pour Saint-Cloud par Joseph Navlet

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale. Le Roi part avec la Reine, le Dauphin, Madame Royale, Madame Élisabeth et madame de Tourzel.

Le 21 juin 1791

                                             Le Roi et la famille royale sont arrêtés à Varennes.

Chez l'épicier Sauce à Varennes, par Prieur

Le 25 juin 1791

                                                       La famille royale rentre à Paris sous escorte. 

Le passage de la berline royale devant l'Hôtel de ville de Châlons , par Joseph Navlet

Le 14 septembre 1791

Le Roi prête serment à la Constitution.

Louis XVI, roi de France en roi citoyen (1791),  par  Jean-Baptiste-François  Carteaux  (1751 - 1813)

Le 20 juin 1792

Le peuple des faubourgs, encadré par des gardes nationaux et ses représentants, comme le brasseur Santerre (10 à 20 000 manifestants selon Roederer), pénètre dans l’assemblée, où Huguenin lit une pétition. Puis elle envahit le palais des Tuileries.

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

Escalier monumental des Tuileries (juste avant sa destruction)
Le peuple de Paris pénétrant dans le palais des Tuileries le 20 juin 1792 par Jan Bulthuis, vers 1800

Le 10 août 1792

Le peuple de Paris envahit les Tuileries. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide alors de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles. Roederer, le «procureur syndic du département» convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.

Le cortège funèbre de la monarchie commence par une haie d'honneur des chevaliers de Saint-Louis qui lèvent leurs épées dans Un peuple et son Roi

Louis XVI. en proie à la plus vive anxiété, se réfugie avec sa famille au sein de l’assemblée, où il entre en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

L’assemblée nationale fait entrer les membres de la famille royale dans la minuscule loge du logographe et continue les débats.

L'Assemblée Nationale dans Les Années Lumière de Robert Enrico
La Prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, musée du château de Versailles

Le 13 août 1792

La Commune décide de transférer la famille royale au Temple… en passant par la place Louis XV qu’on a déjà rebaptisée Place de la Révolution, on montre au Roi comme la statue de son grand-père est en train d’être déboulonnée pour faire disparaître toutes les marques du régime qui devient dès lors ancien…

La Tour du Temple

Le 3 septembre 1792

Massacres de septembre : les parisiens assassinent les ennemis de la nation qui se trouvent dans les prisons.Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Le massacre de la princesse de Lamballe (1908) par Maxime Faivre

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Le 11 décembre 1792

Louis XVI comparaît devant la Convention pour la première fois.

Le 26 décembre 1792

Seconde comparution de Louis XVI devant la Convention.

Du 16 au 18 janvier 1793

La Convention vote la mort du Roi. Philippe Égalité est l’un de ceux qui ont donné leur voix pour la peine capitale.

Le 20 janvier 1793

Louis XVI passe la soirée avec sa femme, sa soeur et ses enfants pour leur dire adieu.

Les adieux de Louis XVI à sa famille par Benjamin Warlop

Le 21 janvier 1793
Dix heures vingt-deux minutes

Exécution de Louis XVI, place de la Révolution.

En février 1793

 Richard Mique seigneur d’Heillecourt se réfugie dans le château des Ormes en Épiniac qu’habite sa fille Marguerite Perruchot de Longeville. 

Le château des Ormes en Épiniac

Le 

Nicolas Perruchot est élu maire de Saint-Malo.

Saint-Malo

Le 3 juillet 1793

Louis-Charles, Louis XVII, est enlevé à sa mère et confié au cordonnier Antoine Simon (1736-1794).

La Séparation de Marie Antoinette et Son Fils (1856)  par Edward Matthew Ward

Le 2 août 1793
à deux heures quarante du matin

                                                                  Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.

Départ de Marie-Antoinette du Temple

Le lundi 14 octobre 1793

Marie-Antoinette comparaît devant le président Herman(1759-1795).

Image de L'Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre

Le procès est joué d’avance. Parmi les jurés se trouve Claude-Louis Châtelet (1753-1795), le peintre auquel on doit les si belles aquarelles du domaine de Trianon que Mique a créé pour Marie-Antoinette.

Le hameau de la Reine par Claude-Louis Châtelet
Illumination du belvédère et de la grotte au Petit Trianon par Châtelet, 1785

La Reine se voit accusée d’inceste par l’odieux Jacques-René Hébert (1757-1794), dont on a cru qu’il avait voulu La sauver avec de tels arguments, tant Sa réponse a failli retourner l’assemblée de Son côté. Au juré qui fait remarquer que la Reine n’a pas répondu aux propos d’Hébert entre ce qui s’est passé entre Elle et Son fils, Elle répond :

« Si je n’ai pas répondu, c’est que la nature se refuse à une pareille accusation faire à une mère. »

Et se tournant vers la foule :

« Et j’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver dans cette salle. »

Le tribunal est hué et la Reine applaudie !

La Reine réprouve les ignobles accusations d'Hébert avec grandeur par Benjamin Warlop

Le 16 octobre 1793

Marie-Antoinette est exécutée place de la Révolution.

En octobre 1793

Richard Mique est arrêté au domaine des Ormes en Épiniac, chez sa fille, où il s’était réfugié en février 1793.

Le château des Ormes en Épiniac

En décembre 1793

Nicolas Perruchot vient se mettre à la disposition du Comité de Surveillance de Saint-Malo qui le destitue et l’arrête également à la demande de Jean-Baptiste  Le Carpentier (1758-1829), huissier à Valognes, entré au conseil municipal et désigné comme chef de la garde nationale locale, élu en 1792 député du département de la Manche, le septième sur treize, à la Convention nationale.

Le 

Nicolas Perruchot est transféré à Paris à la Conciergerie avec vingt-huit autres malouins.

La Conciergerie

Le 

Son gendre, Nicolas Perruchot, sieur de Longeville, accusé de fédéralisme et de modérantisme, est condamné par le Tribunal révolutionnaire et est guillotiné le même jour à la Barrière du Trône, à Paris.

La Barrière du Trône, aujourd'hui place de la Nation, à Paris
Le château des Ormes en Épiniac

Au  château des Ormes en Épiniac, Richard Mique est arrêté avec son fils aîné, Simon, comme prévenus de conspiration pour sauver la Reine, et tous deux sont traduits devant le Tribunal révolutionnaire.

La salle de la liberté où siège le tribunal révolutionnaire

 

Le 7 juillet 1794

Ils sont condamnés à mort par le Tribunal révolutionnaire

Le 9 juillet 1794

Richard Mique et son fils meurent sous le couperet de la guillotine sur la place du Trône-Renversé (maintenant place de la Nation) puis enterrés au cimetière de Picpus.

Sources : 

  • Antoinetthologie
  • DUARTE Christophe , Versailles-passion, groupe FB
  • Higonnet Patrice, La Gloire et l’Echafaud, Vie et destin de l’architecte de Marie-Antoinette

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