« Mgr le Dauphin, qui n’était pas d’âge à sentir ses malheurs, s’y amusait infiniment. Il était continuellement dans le jardin, et allait tous les soirs se promener dans le parc de Meudon. La Reine le menait quelquefois elle-même à la promenade, surtout quand madame de Tarente était de service. Elle connaissait sa discrétion, la noblesse de ses sentiments, et son extrême attachement pour elle. Il était tel, qu’elle eût fait le sacrifice de sa vie, si elle eût pu, à ce prix, tirer la Reine de la cruelle situation où elle se trouvait. Cette princesse épanchait souvent son cœur dans celui d’une personne si sûre. Étant un jour avec nous à la promenade, et se voyant entourée de gardes nationaux, dont une partie était composée de gardes-françaises qui avaient déserté leurs drapeaux, elle nous dit, les larmes aux yeux : « Que ma mère serait étonnée, si elle voyait sa fille, fille, femme et mère de rois, ou du moins d’un enfant destiné à le devenir, entourée d’une pareille garde! Il semblait que mon père eût un esprit prophétique le jour où je le vis pour la dernière fois. » Et elle nous raconta que l’empereur François 1er, partant pour l’Italie, d’où il ne devait jamais revenir, rassembla ses enfants pour leur dire adieu. « J’étais la plus jeune de mes sœurs, ajouta-t-elle. Mon père me prit sur ses genoux, m’embrassa à plusieurs reprises et toujours les larmes aux yeux, paraissant avoir une peine extrême à me quitter. Cela parut singulier à tous ceux qui étaient présents, et moi-même ne m’en serais peut-être plus souvenue, si ma position actuelle, en me rappelant cette circonstance, ne me faisait voir, pour le reste de ma vie, une suite de malheurs qui n’est que trop facile à prévoir. »
« L’impression que nous firent éprouver ces dernières paroles fut si vive, que nous fondîmes en larmes. Alors la Reine nous dit avec sa grâce et sa bonté ordinaires : « Je me reproche de vous avoir attristées; remettez-vous avant d’arriver au château; unissons nos courages, la Providence nous rendra peut-être moins malheureux que nous ne le croyons. »
Il était impossible à cette princesse de ne pas comparer les jours heureux qu’elle avait passés à Saint-Cloud avec ceux du séjour actuel. Elle en faisait souvent la réflexion ; et, un jour que nous étions ensemble au bout de la galerie, dont Paris fait un des principaux points de vue, elle me dit en soupirant : « Cette vie de Paris faisait jadis mon bonheur, j’aspirais à l’habiter souvent. Qui m’aurait dit alors que ce désir ne serait accompli que pour y être abreuvée d’amertume, et voir le Roi et sa famille captifs d’un peuple révolté ! »
Mémoires de Madame de Tourzel
Bonjour,
Si vous mettiez vos photos et leurs commentaires en slideshow (ou diaporama) ou en présentation PowerPoint (ppt / pps), vous valoriseriez les photos que vous présentez et qui se laisseraient plus agréablement regarder.
Exemples : https://player.slideplayer.fr/11/3096306/ – https://slideplayer.fr/slide/3388725/
Et vous pourriez accompagner l’image de musique d’époque (sur votre site aussi)
Une toute simple suggestion
En toutes bonnes relations ….
Bonjour
J’admire ce beau travail de compilation!
Il y a quelques erreurs dans l’illustration de l’appartement de la reine : la plupart des vues correspondent à l’appartement du roi, dans son état du Second Empire.
Merci, cher Philippe, pour votre vigilance et votre collaboration (vous êtes l’auteur de toutes les reconstitutions virtuelles que je diffuse dans cet article…) et votre aide pour que ma compilation, pour reprendre votre terme, soit exacte et historique.