Le château de Saint-Cloud

Saint-Cloud (détail) , Etienne Allegrain, vers 1675

Sommaire :

  • Le château de Philippe d’Orléans
  • Le salon de la Vérité
  • La cascade du jardin
  • Le château de Marie-Antoinette
  • L’escalier du Roi
  • La première Antichambre du Roi
  • La chambre du Roi
  • Le cabinet des Jeux du Roi
  • Le cabinet de Billard du Roi
  • Le vestibule
  • Le grand escalier de Marie-Antoinette
  • La première antichambre de la Reine
  • La seconde antichambre de la Reine
  • La chambre de la Reine
  • Le cabinet de toilette de la Reine
  • Le grand cabinet des appartements de la Reine
  • La cour d’honneur
  • L’escalier d’honneur
  • Le salon de Mars
  • Le salon de Vénus
  • La galerie d’Apollon
  • La chapelle
  • Le mobilier dit «aux aigles», le mobilier de la Chambre de la Reine au Château de Saint-Cloud
  • Les séjours de la famille royale pendant la révolution : la rencontre de la Reine avec Mirabeau
  • Le salon de Mars sous le Second Empire
  • Le grand appartement du Roi époque Second Empire
  • Le salon de l’Impératrice Eugénie
  • Le salon des Jeux
  • L’incendie et la destruction du château

Albert de Gondi (1522-1602)

 

Achetée en 1574 par Catherine de Médicis (1519-1589), cette « maison de campagne » est offerte à une famille italienne de sa suite : les Gondi.

Situé sur les coteaux de Saint-Cloud en regard de la Seine, le domaine ne fait encore que treize arpents.

 

 

Acquis en 1658, par Mazarin (1602-1661), pour le compte de Philippe duc d’Anjou (futur duc d’Orléans), le frère cadet de Louis XIV, le domaine reste la propriété des Orléans jusqu’au règne de Louis XVI.
Monsieur n’a de cesse de l’embellir et de l’agrandir en rachetant les parcelles alentour ; il descend alors jusqu’à la Seine, au sud va jusqu’à Sèvres, à l’ouest vers Marnes et Villeneuve et atteint 400 hectares en 1701.

Jules Mazarin
Le château de Saint-Cloud

Le duc d’Orléans fait dessiner un jardin à la française par Le Nôtre et ériger les cascades par Le Pautre, dont l’ensemble s’étage sur près de 200 mètres et est comparé à «un superbe théâtre de cristal jaillissant» qui donne sa première représentation en 1667.
Comme la seconde cascade, la modification du bassin des Cygnes est attribuée à Hardouin-Mansart.
Tous ces aménagements nécessitant beaucoup d’eau et le réseau en place n’y suffisant plus, Monsieur fait alors creuser un grand réservoir et met en chantier un aqueduc souterrain conduisant les eaux depuis les étangs de Ville-d’Avray.

Philippe d'Orléans

Le 30 juin 1670

Henriette d’Angleterre, duchesse d’Orléans, Madame, meurt d’une péritonite biliaire au château de Saint-Cloud.

Mort d’Henriette d’Angleterre. Ce tableau la représente sur son lit de mort au château de Saint-Cloud, avec son confesseur, l’abbé Bossuet en train de lui administrer les derniers sacrements.

En 1677

Monsieur confie la décoration de l’aile nord du château de Saint-Cloud au peintre Pierre Mignard. Celui-ci réalise en particulier les peintures de la galerie d’Apollon, du salon de Mars et, un peu plus tard, du cabinet de Diane.

Élisabeth-Charlotte, princesse palatine du Rhin, Madame, duchesse d'Orléans

 

 

En octobre 1678

Louis XIV découvre la Galerie d’Apollon, tout juste achevée. Le Roi confie alors à Madame, l’épouse de Monsieur :

« Je souhaite fort que les peintures de ma galerie de Versailles répondent à la beauté de celles-ci».

Chef d'œuvre du palais de Saint-Cloud, la galerie d'Apollon est inaugurée par le Roi Louis XIV le 10 octobre 1677
La galerie d'Apollon en 1866

Cette galerie occupe toute l’aile nord de la cour d’honneur du château, en face de l’appartement de la reine. Longue de 48 m et large de 7,50, elle a été commandée par Monsieur en 1677-1678 et décoré par Pierre Mignard, rival de Charles Le Brun. Louis XIV avait fait commencer la construction de la galerie de Versailles, et ayant été invité par son frère à l’inauguration de celle de Saint-Cloud, aurait déclaré en la voyant «je souhaite que ma galerie de Versailles réponde aux beautés de celles-ci». Il faisait référence au décor peint du plafond, sur la thématique d’Apollon (naissance et Parnasse aux extrémités, triomphe au centre, saisons entre elles), et aurait ensuite fait changer le thème du décor prévu à Versailles par Le Brun précisément sur Apollon pour éviter une comparaison fâcheuse. Le décor de la voûte était complété de vues des maisons royales placées entre les fenêtres. A sa suite, on trouvait le salon de Diane qui pouvait servir de chambre pour le roi lors de ses séjours à Saint-Cloud. Le décor a été ici reconstitué à partir des photographies prises avant l’incendie et en utilisant comme modèle pour les peintures du plafond les six tapisseries représentant les grands panneaux réalisées au XVIIIIe (dont une, le Parnasse, est actuellement présentée à Versailles dans le salon du grand couvert de la Reine).

Philippe Le Pareux

La galerie d'Apollon reconstituée par Philippe Le Pareux

Cet ensemble, considéré comme le chef d’oeuvre du château, existe toujours lorsque Louis XVI achète le château aux Orléans en 1785. La galerie d’Apollon fait partie des espaces qui ont été épargnés par les transformations de Richard Mique en 1786-1788. L’architecte de la reine se contente d’ajouter la nouvelle chapelle du château le long d’une partie de la galerie, qui devient ainsi, au moment des messes, la tribune de la chapelle destinée à la cour, les portes-fenêtres donnant sur la nef étant alors ouvertes. De manière assez curieuse, tels que l’inventaire de 1794 et un état des lieux de Poncet de la Grave datant de 1789 permet de le comprendre, c’est un mobilier «historiciste» avant l’heure qui semble placé sous Louis XVI.
On trouve ainsi dans la galerie :
-16 torchères en bois sculpté et doré avec leurs girandoles provenant de la galerie de Versailles (retirées en 1770 pour laisser la place aux torchères actuelles)
-52 tabourets en bois doré recouverts de velours cramoisi, restitués ici en style Louis XIV car il s’agit certainement de ceux remontant à Monsieur
-4 tables en bois peint à l’imitation du marbre avec rehauts dorés. J’ai utilisé les modèles des bosquets des jardins de Versailles (notamment le bosquet du Marais) et d’exemplaires sur le marché de l’art pour évoquer ces tables.
-des bustes posés sur gaines, d’empereurs, d’impératrices de l’Antiquité et de rois et de reines capétiens, en marbre ou en bronze, qui sont indiqués placés devant les trumeaux entre les fenêtres. Ils sont ici évoqués par des bustes de Versailles
-une statue en pied d’Henri IV au fond de la galerie entre les deux fenêtres donnant sur Paris et quatre bustes de rois de France (François 1er, Henri II, Charles IX, Henri III) placés sur les consoles.

Philippe Le Pareux

La galerie d'Apollon reconstituée par Philippe Le Pareux
La galerie d'Apollon, aménagée pour Philippe d'Orléans, par Mignard, et transformée par Mique en galerie de la chapelle ici reconstituée par Philippe Le Pareux

Pour se rendre compte de la longueur de la Galerie d’Apollon (47 mètres de long sur 7,15 mètres de large),  rappelons que dans l’aile symétrique, de l’autre côté de la cour, on trouve sur le même espace : le vestibule, le cabinet du conseil, le cabinet de travail, la chambre, le cabinet de toilette de la Reine !

La galerie d'Apollon reconstituée par Philippe Le Pareux
 Vue d'ensemble de la galerie depuis le salon de Mars reconstituée par Philippe Le Pareux

Les compositions de Pierre Mignard côtoient un mobilier luxueux, des peintures figurant des animaux et bizarreries sur fond végétal, et les représentations de vingt-quatre maisons royales disposées sur les murs.

La voûte de la Galerie, peinte par Mignard, reconstituée par Philippe Le Pareux
Au dessus de l'entrée: La Naissance d'Apollon , reconstituée par Philippe Le Pareux
Vue virtuelle de la partie Est de la galerie d'Apollon reconstituée par Philippe Le Pareux
La galerie d'Apollon reconstituée par Philippe Le Pareux
La galerie d'Apollon reconstituée par Philippe Le Pareux

Cet ensemble sera dispersé en 1794, lors de la vente aux enchères du mobilier du château.

La Galerie d’Apollon éclairée virtuellement à la bougie, reconstitution de Philippe Le Pareux

En 1680

Monsieur (1640-1701) achète cette demeure à Jérôme de Gondi et la fait aménager en château. Le prince meuble sa demeure avec un faste étourdissant.

« Il entend l’ajustement d’une maison à merveille».

dit de lui la princesse Sophie de Hanovre

Le prince aime les animaux autant que les arbres , les fleurs et les vergers. Une immense forêt abondante en essences rares domine le château.

Elle est aménagée pour la promenade et non pour la chasse car Philippe d’Orléans déteste la chasse. aussi , les animaux peuvent s’y ébattre sans crainte.

Philippe de France, Monsieur, duc d'Orléans, par Michel Corneille
Saint-Cloud, Etienne Allegrain, vers 1675

Toutes les fêtes organisées au château de Saint-Cloud se ressemblent, sont soumises à des règles et à un cérémonial, et permettent d’étaler les richesses de Monsieur.
Pour ces occasions, on sort des garde-meubles les tapisseries rehaussées d’or, les lits et les sièges carapacés d’or, les guéridons d’argent… On emplit les avenues, les cours, le vestibule, l’escalier, la cascade et les autres jeux d’eau de vases en porcelaines gonflés de fleurs.
On poste des timbaliers et es trompettes à l’entrée de la cour d’honneur, des joueurs de violons et des hautbois dans les appartements. On sert des boissons glacées, des collations de confitures, citrons doux, oranges de la Chine, des pâtisseries ; des valets apportent de précieuses tasses de porcelaine où fument le café, le thé et le chocolat ; dans des gobelets de cristal, on sert de savoureuses liqueurs.
Pour le souper, la vaisselle de vermeil et d’argent, assiettes, plats, flambeaux, salières, poivriers, vinaigriers, huiliers, sucriers, aiguières, flacons, réchauds, couverts et les surtouts, vases et bassins resplendissent à la lumière des lustres et des girandoles. La table royale a cinq services ; les autres tables trois services.
Il y a ensuite comédie soit dans la salle au bout de l’orangerie, soit dans le salon de Nocret, soit dans l’amphithéâtre des jardins.
Quand les fêtes se prolongent sur plusieurs jours, on ouvre le mail, on joue de la musique dans la chapelle, on organise des loteries où toutes les dames gagnent. Les lots pouvaient être des boîtes à bougies, de thé ou de chocolat ; des gants, des déshabillés de satin, des robes de chambres ou jupes de brocart d’or, des pièces de rubans, des cornettes en point d’Angleterre ; des tapis ; des bourses de jetons d’argent ; des petits meubles ou bibelots de la Chine ; des drageoirs d’or ; des chocolatières en argent, des flacons, des gobelets et des flambeaux en vermeil, des caves de cristal de roche ; des bijoux, des boutons en diamants et d’émeraudes, des pendeloques et des croix de diamants, des rubis, brillants et autres pierreries précieuses non serties.

Vue du cabinet de Madame restitué pour l'exposition des Avelines par Philippe Le Pareux

Vidéo de la visite virtuelle du château de Saint-Cloud, cette restitution a été réalisée par Jean-François Paillard pour l’exposition «Madame Palatine, la plume et le soleil», au musée des Avelines en 2020-2021 et est basée sur l’inventaire après-décès dressé à la mort du duc d’Orléans en 1701 :

L’entretien de cette «campagne» absorbe cent cinquante hommes et coûte chaque année 40 000 livres . 

Le salon de la Vérité reproduit virtuellement
Vue globale du château et de la cascade du jardin de Saint-Cloud
La grande cascade des jardins de Saint-Cloud
Philippe d'Orléans

De 1680 à 1689

Philippe d’Orléans donne en son château onze fêtes extraordinaires à l’occasion desquelles il héberge une véritable armée.

Plan du château de Saint-Cloud
Philippe d'Orléans
Reconstruction virtuelle du hall du château de Saint-Cloud

En 1690

A la suite des réalisations de Mignard au Château de Saint-Cloud, Louis XIV lui confie le décor d’une partie de son appartement intérieur au château de Versailles et à la mort de Le Brun, le Roi nomme Mignard Premier Peintre.

Monsieur et Madame font des séjours de plus en plus fréquents et de longues durées au château de Saint-Cloud, l’âge et les maux les conviant au repos ; mais ils y vivent séparément. Ils ne se voient qu’aux repas.
Madame, fuyant les contraintes mondaines, recherche l’isolement dans sa chambre ou dans son cabinet.
Monsieur, de son côté, partage son temps entre le jeu et la chère-lie, toujours escorté de ses mignons et de femmes décriées. Le chevalier de Lorraine, malgré son visage maintenant fané de vieux roquentin, le « menait le bâton haut », dirige en maître sa maison et le ravitaille encore en jouvenceau à sa dévotion.

La salle des audiences des ambassadeurs 
 
Un riche tapis de la Savonnerie recouvrait le parquet et sur les murs, entre des pans de satin et de damas brodés d’or et d’argent, de grands miroirs de Venise s’encadrent dans les bordures de bois finement ajournées. Un lustre de cristal à sept branches était suspendu au plafond. Une table de marbre et des guéridons à pied dorés portaient, tout autour de la pièce, des cabarets de la Chine, des cabinets d’ébène ornés de miniatures, de figures équestres de bronze antique et toutes sortes de bronze antique et toutes sortes « ouvrages en argenterie ciselée.
En ce lieu, Monsieur, juché sur un trône couronné d’un dais, écoutait avec solennité les harangues des ambassadeurs assis, avec leur suite, sur des fauteuils en armatures d’argent et broderie d’or. Monsieur possédait, abrités dans un vaste magasin de rechange, trois ameublements de la chambre des audiences, et trois dais où il trônait alternativement sous des pentes tantôt mi-parties de brocart et de velours violet à broderie, tantôt de tapisseries à fond d’argent et de velours vert chamarré de galons d’or, tantôt de satin jaune brodé d’argent et de damas cramoisi.
Philippe de France, Monsieur, duc d'Orléans

A sa mort en 1701

Le château revient à son fils, bientôt Régent (1674-1723), qui ouvre le parc au public. Dès lors la foule s’y presse et une foire s’y développe. Cette tradition perdurera et au XIXe siècle le parc de Saint-Cloud voit s’installer une fête foraine. Chevaux de bois, manèges des toréadors, manèges des vaches ou des cochons, aéroplanes et manèges verticaux, montagnes russes et ménageries d’animaux exotiques attirent une foule considérable.

A l’approche de l’hiver 1752

Le chevalier de Pons, gouverneur du duc de Chartres, installe le jeune prince au Palais-Royal. Le château de Saint-Cloud sera la résidence estivale.

En 1784

L’achat du château de Saint-Cloud par le Roi va se faire grâce à madame du Barry, à qui Marie-Antoinette fait appel. La Reine demande à Jeanne du Barry, qui est restée amie avec le duc d’Orléans, de faciliter la transaction et notamment de faire baisser le prix. Madame du Barry et Marie-Antoinette reprennent ainsi contact à l’occasion de l’achat de ce château…

En novembre 1784

La Correspondance secrète, 24 février 1785

Le château de Saint-Cloud est acheté au duc d’Orléans pour la somme de six millions de livres par Louis XVI pour Marie-Antoinette. C’est Sa résidence à Elle. Ce domaine se situe à huit kilomètres de Versailles, à presque quinze de Paris. C’est donc un séjour facile d’accès dans la journée…

Photomontage réalisé par M. Daniel Eon
Vue d'ensemble du château depuis l'escalier menant à la cascade
Marie-Antoinette par Marie-Victoire Jacquotot (vers 1818)

 

Le 20 février 1785

Louis XVI offre à Marie-Antoinette le château de Saint-Cloud.

Marie-Antoinette, par son père, est l’arrière-petite-fille de Philippe d’Orléans.  Elle en est la châtelaine, Elle donne les ordres. Elle souhaite pouvoir y résider avec Ses enfants; l’air y est jugé très sain. Que les ordres y soient donnés «De par la Reine» engendre de nombreuses critiques…

 

Les valets de pied portent une livrée spécifique à Saint-Cloud, telle qu’elle est visible sur l’aquarelle de Fortuné de Fournier pour la galerie de Diane aux Tuileries :

« tenue à la française, habit vert à la française, galonné d’or, de deux galons au collet, galon en trois pointes à la taille, galon aux parements, galon aux poches ; gilet écarlate à la française ; culotte de drap vert avec jarretière d’or, bas de cotons blancs, souliers cirés avec boucles d’or».

Mémoires du duc de Conegliano

Le château de Saint-Cloud
Entrée du château de Saint-Cloud

Du 30 août au 10 octobre 1785

Fêtes au château de Saint-Cloud.

Fête de nuit donnée par Marie-Antoinette dans les jardins de Saint-Cloud par Châtelet
La salle-à-manger 
La salle-à-manger du château de Saint-Cloud reconstituée par Philippe Le Pareux

« Pour effectuer la restitution du château dans son état Louis XVI, je me suis basé sur les inventaires de 1789 et 1794. Voici un aperçu de la proposition de restitution de la grande salle-à-manger du château avec les chaises couvertes d’une toile de Jouy à fleurs mélangées, évoquant celle de l’inventaire. Les murs étaient ornés de cinq panneaux de papier peint de Chine à arbres et fleurs sur fond vert d’eau. Un modèle contemporain a été utilisé ici pour les restituer. »

Philippe Le Pareux

L’escalier du Roi

Reconstitution en 3D de l'escalier d'honneur du château de Saint-Cloud à l'poque de Louis XVI et Marie-Antoinette
Verrière de l'escalier du Roi

La première Antichambre du Roi

Reconstitution de Philippe Le Pareux
Le cabinet interieur du Roi
Reconstitution par Philippe Le Pareux

La chambre du Roi

Chambre du Roi qui sera le grand salon de l'Impératrice Eugénie

Le cabinet des Jeux du Roi

De 1786 à 1791 le Salon des Jeux du Roi avec son célébrissime mobilier de Jacob :
cet important ensemble de salon en bois mouluré sculpté et rechampi crème comprend un grand canapé, deux bergères et six fauteuils. Structure et sculpture sont de pure obédience néoclassique. Les dossiers « à la reine » présentent une moulure à frises de grecques. Les accotoirs s’embrèvent haut dans le dossier, accueillent un manchon et se terminent en volute feuillagée.

Une proposition de restitution de ce mobilier dans son cadre d'origine, le salon des Jeux du Roi à Saint-Cloud, restitué à partir de l'inventaire de 1794, par Philippe Le Pareux

Ils reposent sur un support en balustre feuillagée porté par une butée cannelée et un dé de raccordement à rosace. On retrouve le même motif de frises de grecques sur la ceinture. Les pieds fuselés et cannelés s’ornent en leur sommet d’acanthes. Ils portent des numéros d’inventaire des Châteaux de Saint-Cloud et de Fontainebleau.

Salon du cabinet des Jeux du Roi
Le cabinet du Conseil
Reconstitution par Philippe Le Pareux

Le cabinet de Billard du Roi

Le salon de ce cabinet de billard est livré à Louis XVI en 1788.

Le salon des Jeux du Roi
Le salon du cabinet de Billard

Le vestibule (4)

Le vestibule reconstitué virtuellement

Le grand escalier de Marie-Antoinette (3)

 Vue de l’escalier de la Reine du premier palier, avec les colonnes ioniques à droite. Au dessus, La Course d’Hippomène par Deschamps

L'escalier de Marie-Antoinette (reproduction virtuelle)
La porte de droite ouvre sur l'appartement du Roi, celle symétrique sur celui de la Reine. Entre les deux Le Triomphe de Flore.

Voici la disposition des appartements de Marie-Antoinette :

1. Cabinet du salon des Jeux
2. Salle à manger à l’usage de la Reine et du Roi
3. Grand escalier, construit à la demande de Marie-Antoinette
4. Vestibule
5. Première antichambre
6. Seconde antichambre
7. Salon des Nobles
8. Chambre de Marie-Antoinette
9. Cabinet de toilette
10. Grand cabinet

La première antichambre de la Reine (5)

Première étape de notre visite de l’appartement de la Reine au château de Saint-Cloud : la première antichambre de Son appartement.

C’est une pièce relativement petite (par rapport aux autres antichambres de l’appartement) qui donne directement sur l’escalier dit précisément de la Reine et s’éclaire par deux fenêtres sur la cour d’honneur.

La première antichambre de la Reine reconstituée par Philippe Le Pareux

De ce qu’on peut déduire d’un plan dressé à la fin de la Révolution et des aménagements connus pour les états postérieurs, son décor est pour l’essentiel constitué d’un bas lambris et de six portes : quatre (deux par deux) sur les petits côtés (une sur l’escalier, l’autre symétrique sur le vestibule de l’appartement des jeux ; en face une troisième donne sur l’enfilade et la quatrième est fausse. Les deux dernières portes, face aux fenêtres en encadrant la cheminée, donnent sur la première antichambre de l’appartement du roi. Compte tenu du fait que Saint-Cloud est une résidence «de campagne» et des usages de la cour, ces lambris et portes sont restitués en blanc. Les murs sont tendus d’une «tapisserie de toile peinte à l’huile fond gris blanc à fleurs et oiseaux», ici une évocation à partir d’une toile de Jouy. La cheminée (sans doute en marbre d’Alep) et surmontée d’un miroir (signalé par l’inventaire de 1794).

La première antichambre de la Reine reconstituée par Philippe Le Pareux

Le mobilier est celui d’une antichambre, très simple et encombré : deux banquettes et quatre tabourets peints en blanc et garnis de tapisserie ; quatre paravents (un en tapisserie, trois en papier peint) qui servent à dissimuler deux lits de veille, une commode en amarante très simple (ici une restitution d’après l’inventaire), une table à jeu (dite de try) et un coffre à bois (peint en blanc et marbre d’Alep, à côté de la cheminée). Sur la cheminée une pendule d’un modèle «au lion» que l’on connaît avec plusieurs variantes. L’éclairage est assuré par un petit lustre à six lumières en bronze doré.

La deuxième antichambre de la Reine (6)

 

Reconstitution virtuelle de la deuxième antichambre de la Reine par Philippe Le Pareux

Comme dans tout appartement royal, après une première antichambre (qu’on peut ici assimiler à la salle des gardes de la reine à Versailles), une seconde antichambre où s’arrêtent les valets. On note que le décor reste sobre : un seul miroir au dessus de la cheminée en marbre blanc, des boiseries blanches et une «une tenture de toile peinte en détrempe fond vert à mosaïque à bouquets de roses» que j’ai évoquée à partir de l’étoffe de la chambre de Madame Adélaïde à Versailles qui présente ces bouquets de roses et cette disposition en mosaïque tout en étant contemporaine de l’aménagement de Saint-Cloud (1785).

Philippe Le Pareux

La deuxième antichambre de l'appartement de la Reine reconstituée par Philippe Le Pareux

L’ameublement est très chiche également: aux fenêtres, deux simples rideaux de toile blanche. Le mobilier se limite à deux commodes en acajou très simplement soulignées par des baguettes de bronze (modèle à Versailles), une pendule cage en bronze doré, une table ronde pliante en acajou (un modèle racheté récemment à Versailles, par Jacob), deux banquettes et six tabourets aux bois blancs couverts de velours d’Utrecht vert. Le feu de la cheminée est simplement orné de vases en bronze doré.

La deuxième antichambre de l’appartement de la Reine reconstituée par Philippe Le Pareux

« L’élément principal est une « grande armoire de garde-robe » (terme de l’inventaire) de plus de 4 mètres de long, en acajou, qui trouve sa place dans le fond de la pièce et qui renferme de nombreux objets inventoriés par les commissaires délégués à « la Maison nationale de Pont-La-Montagne » (nom du château de Saint-Cloud pendant la Révolution). Derrière les huit portes garnies de grillage à rideaux vert, de nombreux jeux (tric-trac, jeux de dames, échecs, râteaux d’acier, cornets de tric, dés, fiches boules pour loto), un petit métier à broder ainsi que les rideaux de l’appartement du roi qui étaient conservés à l’abri de la lumière en l’absence de la Cour et de nombreux moyens d’éclairage (flambeaux, bougeoirs, candélabres, en fer blanc ou en bronze doré).»

Philippe Le Pareux d’après Françoise Austin qui s’appuie sur l’inventaire de 1794

La hiérarchie sociale est également montrée par la richesse du décor et de l’ameublement qui progresse au fur et à mesure que l’on se rapproche de la chambre : typiquement dans l’appartement de la reine à Saint-Cloud : bois blancs aux sièges dans les premières et seconde antichambre, bois blancs et or dans le salon des nobles, bois entièrement dorés dans la chambre de la Reine.

Le salon des Nobles de la Reine,troisième antichambre

A l’approche de la chambre de la Reine, le décor se fait plus riche : au lieu du seul miroir de la seconde antichambre, on en compte deux, au dessus de la cheminée et entre les fenêtres, avec encadrement sculpté et doré. De même, pour l’étoffe : un «taffetas chiné fond blanc dessin à berceau et guirlandes de roses, encadré de bordures analogues» plus riche, succède à la toile peinte, ce taffetas est maintenu par des baguettes richement sculptées et dorées.

Le salon des Nobles de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux

J’ai utilisé ce qui semble être le modèle livré pour la pièce pour garnir les murs. Les rideaux sont eux aussi en taffetas chiné. (J’en profite pour remercier Pavel, qui nous a signalé le modèle). Enfin, les deux dessus de porte sont décorés de bas-reliefs peints en trompe l’oeil par Piat Sauvage. Je les ai évoqués par deux oeuvres issues du marché de l’art aux bonnes proportions des dessus de porte. Ils sont également encadrés de bordures de bois sculpté et doré.

Philippe Le Pareux

Le salon des Nobles de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux

Le mobilier comprend trois commodes en acajou à dessus de marbre bleu turquin et bronzes dorés, livrées par Hauré le 17 décembre 1787, comme copie de la commode de la petite chambre de la Reine à Versailles, également envoyée à Saint-Cloud pour meubler ce salon :

En plus de ces trois commodes, l’inventaire signale une encoignure similiaire aux commodes, que j’ai donc utilisées comme modèle pour l’évoquer, et un petit bureau en acajou à un tiroir, placé ici près de la fenêtre. La densité des sièges est beaucoup plus importante que dans les pièces précédentes : on dénombre dix-huit pliants en bois sculpté, blanc rechampis or, (ici évoqués par ceux de Compiègne), six tabourets de même, le tout tendu du même taffetas. Le taffetas est également utilisé pour le paravent à six feuilles, tout tissu, et pour l’écran (ici une équivalence), dont la sculpture est entièrement dorée.

Philippe Le Pareux

Le salon des Nobles de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux

La pendule est elle aussi plus riche. Elle est due à Robin. La cassolette à têtes de bélier qui surmonte la pendule fait écho à la paire de chenets en bronze doré qui comporte le même motif placé sur des socles carrés. L’éclairage est assuré par un lustre à huit lumières et deux paires de bras de lumière pour lesquelles j’ai eu des difficultés à trouver des équivalences : « deux paires de bras à trois branches torses feuillages et cannelures avec bobèches en cuivre doré, 300 livres».

Philippe Le Pareux

Le salon des Nobles de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux

La chambre de la Reine (8)

L’entrée dans la chambre de la Reine constitue l’apogée la déambulation dans cette enfilade.

Reconstitution de la chambre de la Reine par Philippe Le Pareux
Marie-Antoinette entrant dans Sa chambre (reconstituée par Philippe Le Pareux et mise à disposition par madame Campan) par Benjamin Warlop

Située au centre de l’aile, à l’emplacement de l’escalier de Monsieur, elle ouvre par trois fenêtres sur la cour d’honneur et sur un balcon. Elle est d’une «élégante richesse», qui paraît notamment dans les délicates boiseries sculptées et dorées, les premières de l’appartement, réalisées sur les dessin de Mique et exécutées sans doute par les frères Rousseau, qui mêlent différents ornements du vocabulaire néoclassique : vases, entrelacs, fleurs et guirlandes… qu’on retrouve à Versailles dans le cabinet doré de la reine. Ce décor est connu par les photographies prises avant l’incendie et a donc pu être fidèlement restitué. La cheminée elle-même, en marbre blanc est rehaussée de bronzes dorés ou au vert antique, notamment les cariatides qui encadrent le manteau. Quatre miroirs illuminent la pièce : un au dessus de la cheminée, un autre en face et deux entre les trois fenêtres.

Reconstitution de la chambre de la Reine par Philippe Le Pareux

Les murs et les meubles sont tendus d’un «meuble de pékin fond blanc peint à petites figures chinoises et vues champêtres» que j’ai évoqué par une toile de Jouy sur le même thème, avec une bordure livrée pour la chambre de la Reine à Versailles.

Philippe Le Pareux

Reconstitution de la chambre de la Reine par Philippe Le Pareux

L’ameublement lui-même a été richement sculpté par Sené et doré par Chatard et il est livré à la fin de 1787. Il comprend donc un grand lit aujourd’hui disparu, que la description qu’en font Sené et l’inventaire permettent de restituer. C’est un lit assez imposant (4 mètres de haut, 1,60 mètres de large et 2.20 de long) à la polonaise, avec à l’impériale deux aigles sur les côtés et au centre un médaillon avec le chiffre de la Reine, encadré par deux enfants, rappels de l’occupante des lieux.

Sené livre un ensemble nombreux de sièges, en partie conservé aujourd’hui à Versailles (c’est le mobilier dit «aux aigles», car un aigle aux ailes déployées orne le haut du dossier), comprenant : six fauteuils (trois conservés), deux bergères (les deux conservées), un paravent et un écran (conservés) et six pliants ornés à la ceinture d’une tête de Flore et d’un aigle sur la traverse, le tout aux bois richement sculptés et dorés. S’y ajoutent un marchepied pour le lit et un tabouret de pied.

Reconstitution de la chambre de la Reine par Philippe Le Pareux

Face à la cheminée, une commode en bois d’acajou et bronze doré. La description permet de l’attribuer à Benneman, qui a fournit un meuble quasiment identique par sa forme et ses ornements à Compiègne pour le salon des jeux de la Reine. Les trophées aux sphinx, cassolette et branches de lauriers sur les côtés ont été restitués pour retrouver l’aspect de la commode d’origine.

Lit proche de celui de la Reine à Saint-Cloud
Bergère de la Reine, de J.-B. Sené
Reconstitution de la chambre de la Reine par Philippe Le Pareux
Appliques de la cheminée de la Reine. Elles sont en bronze et ont été retrouvées dans les décombres du château en 1870
Commode de l’ébéniste Gaudreaus pour la chambre de la Reine

 

On trouve également, sans doute entre les fenêtres sous les miroirs, les deux tables à dessus de bois pétrifié et piètement en bronze doré qui ont disparu dans l’incendie du palais en 1870, dans cette chambre où elles avaient été replacées.

La garniture de cheminée restituée donne une vision très fidèle de l’originale : les feux, d’un modèle aux aigles connu, la pendule sous cage, dite «au silence», dont un modèle très proche est passé en vente publique, et les deux paires de bras de lumière, également «aux aigles», dont une série est conservée à la Wallace Collection. Un lustre à huit lumières en cristal et cuivre doré (ici une équivalence) complète l’éclairage.

L’importance du décor textile est renforcé par la présence de rideaux du même pékin peint aux fenêtres et surtout de quatre portières sur les portes de l’enfilade, la chambre de la Reine étant la seule pièce de l’appartement à en être dotée.

Dans l’alcôve, deux portes sous tenture : une, sur le mur du fond, ouvre sur le couloir de service qui longe ce mur, et l’autre à gauche du lit, permet à la Reine d’accéder à Sa garde-robe, tendue de taffetas vert anglais, où l’inventaire signale notamment la présence d’une table de nuit (d’un modèle identique à celui qui figurait dans la petite chambre de la Reine à Versailles) que l’on apportait la nuit dans la chambre, et Sa chaise d’affaires avec tout le petit matériel habituel.

Ecran de Jean-Baptiste-Claude Sené de l’ensemble dit «mobilier aux aigles» livré en 1787 pour la chambre de la Reine à Saint-Cloud
Reconstitution de la chambre de la Reine par Philippe Le Pareux
Mobilier «aux aigles» car la haute du dossier des sièges est garni avec l’aigle autrichien
Reconstitution de la chambre de la Reine par Philippe Le Pareux
Marie-Antoinette et madame Campan dans le décor recréé par Philippe Le Pareux par Benjamin Warlop
Pendule en bronze doré et porcelaine de Sèvres par le bronzier Thomire

 L’ancienne chambre de Marie Antoinette qui deviendra celle de Napoléon III.

Chambre de Marie Antoinette devenue celle de l'Empereur

Le cabinet de toilette de la Reine (9)

Le cabinet de toilette attenant à la chambre marque l’entrée dans une partie plus intime de l’appartement de la Reine : des panneaux de boiseries blanches se détachant sur un fond un lilas, dans le style de celles de l’arrière-cabinet du Roi réalisé en 1788 par les frères Rousseau, qui sont certainement les auteurs des panneaux de Saint-Cloud.

Le décor est organisé autour des quatre miroirs au centre de chaque mur : sur les petits côtés, des panneaux de boiserie dans lesquels sont découpés les portes de l’enfilade côté fenêtre, et sur les grands côtés des châssis de fenêtres à six carreaux, vraies sur la cour et en miroir dans le fond. Les croisées en miroir dissimulent deux portes qui ouvrent à gauche sur l’escalier permettant à la Reine de descendre à Son petit appartement au rez-de chaussée et à Son appartement des bains en rez-de-jardin, et à droite sur le cabinet de garde-robe que l’on a également vu depuis la chambre, et au delà sur le petit corridor de service et un escalier de service qui débouche sur le grand vestibule du rez-de-chaussée.
L’ameublement du cabinet intérieur est en quasi-totalité conservé de nos jours ce qui permet une restitution à l’identique de ce qu’à connu la Reine. Les sièges sont couvert d’un «bazin des indes blanc brodé» de petites fleurs, avec le chiffre de la reine, dont l’original est conservé sur l’écran.
L’écran, la bergère, le lit de repos et la table mécanique sont au Metropolitan Museum of Arts de New-York.
L’écran : https://www.metmuseum.org/art/collection/search/199034
La bergère : https://www.metmuseum.org/art/collection/search/199033?sortBy=Relevance&ft=Jean-Baptiste-Claude+Sen%c3%a9&offset=0&rpp=40&pos=2
Le lit de repos : https://www.metmuseum.org/art/collection/search/199032
Deux des quatre fauteuils, avec leur garniture restituée, sont au Victoria and Albert Museum de Londres: https://collections.vam.ac.uk/…/armchair-sen%C3%A9…/
Les bras de lumière et le feu sont au musée du Louvre.
Les bras de lumière aux tourtereaux réalisés par Feuchère, https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl010114762
Le feu au griffon : https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl010100810
Un autre fauteuil est à Versailles :
http://collections.chateauversailles.fr/…
Le dernier est en main privée.
L’ensemble des sièges (avec l’écran) a été réalisé par Sené et livré en 1788.
S’y ajoute une table de toilette «de campagne» en acajou, d’un modèle identique à celui de la petite chambre de la Reine à Versailles, dû à Riesener : http://collections.chateauversailles.fr/…
Seule la commode semble avoir disparu, de ce que j’en sais en tous cas, mais elle est identique à celle du cabinet intérieur du Roi réalisée par Adam Weisweler, qui elle est conservée, et qui a donc servi de modèle. Elle est seulement un peu plus courte (1.22 m chez la reine, 1.45 chez le Roi).
https://www.photo.rmn.fr/archive/08-522884-2C6NU0IGARW3.html
J’ai enfin installé sur la cheminée la garniture de vases «oeufs» provenant de l’appartement de la reine à Saint-Cloud et conservés à Versailles, l’inventaire ne mentionnant pas de pendule dans la pièce sur la cheminée. http://collections.chateauversailles.fr/…

Philippe Le Pareux

Le cabinet de toilette de la Reine
Bout de pied de Jean-Baptiste Claude Sené (1747-1803), 1788, bois peint, étiquette de Chatard. commandé par Marie-Antoinette pour le salon du pavillon de la Félicité
Le cabinet de toilette de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux

Marie-Antoinette modifie fréquemment la décoration de Ses appartements privés et, en 1787, Elle fait transférer Sa commode et Son secrétaire de Riesener de Versailles à Saint-Cloud. Jean-Henri Riesener crée ce secrétaire et cette commode pour Marie-Antoinette en 178O. Ils sont commandés pour le cabinet intérieur de la Reine, où Elle conserve la collection de coffrets en laque du Japon héritée de Sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche.
Afin que leur décor de surface soit en harmonie avec celui des coffrets, de précieux fragments de laque du Japon du XVIIe siècle sont réutilisés comme placage pour ces meubles royaux. La laque noire et dorée brillante et l’ébène lustré forment un arrière-plan saisissant pour les montures en bronze doré d’une exceptionnelle beauté. Composées de guirlandes florales naturalistes entrelacées, ces montures, véritables joyaux, arborent les initiales de la Reine en frise, ainsi que des poignées en forme de rubans ondulants.

Livrée par Riesener le 9 décembre 1780, la commode est décrite de la façon suivante :

« Un secrétaire à dessus de marbre blanc veiné et cinq tiroirs dont deux grands et trois petits, fermants à clé la marqueterie composée de compartiments et panneaux. Le panneau du milieu représentant un trophée pastoral en forme de tableau coloré sur fond de satin bleu enrichie de bronze ciselé et doré ».

Commode de Riesener

Derrière la façade abattante du secrétaire, plusieurs tiroirs secrets sont dissimulés sous le plancher à charnières du compartiment central. Ces petits tiroirs, ainsi qu’un coffre-fort verrouillable séparément, offrent des espaces pour ranger les objets de valeur et protéger la correspondance personnelle des regards indiscrets. La Reine les utilise sans aucun doute, car Elle ne croit pas que des papiers sont en sécurité à la Cour, selon le comte de Mercy-Argenteau. Il avait rapporté à Sa mère, bien des années auparavant, que la Dauphine craignait les doubles de clés et qu’on Lui vole des objets dans Ses poches la nuit.

Secrétaire à battant de Riesener
Le cabinet de toilette de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux
 La table mécanique pour le cabinet de toilette de Marie-Antoinette à Saint-Cloud de Riesener

 

Décrite dans un inventaire de 1789 comme une simple table à écrire, cette magnifique pièce offre à Marie-Antoinette, bien plus d’options. Réalisée par Jean-Henri Riesener en 1781 pour Son cabinet intérieur au château de Versailles, elle est équipée d’un mécanisme permettant d’ouvrir le plateau et d’avancer simultanément le tiroir principal. Le compartiment central du tiroir abrite une surface d’écriture doublée de velours, qui peut être relevée pour former un pupitre et retournée pour présenter un miroir. La surface en marqueterie du dessus est richement ornée d’un motif de treillage encadrant des rosaces, fréquemment utilisé par Riesener sur les meubles de Marie-Antoinette. Le médaillon central renferme un trophée portant les attributs de la Poésie et de la Littérature, ainsi que la devise latine « Numine afflatur ». La marqueterie est aujourd’hui décolorée. A en juger par la marqueterie bien conservée des couvercles des compartiments intérieurs, accessibles par simple pression sur un petit bouton situé sur la façade des tiroirs, et sur les côtés extérieurs des tiroirs, visibles lorsque la table est ouverte, le design raffiné du plateau devait être très coloré. L’ébéniste y est parvenu grâce à une sélection astucieuse de bois contrastés et à l’utilisation de teintures organiques, donc peu durables, pour enrichir la palette naturelle du bois. La table est ornée de moulures en bronze doré sur le pourtour du plateau, le long du bord inférieur de la frise et le long des pieds fuselés. Des plaques en bronze doré en relief ornent la façade et les côtés des tiroirs.

Cette table mécanique est envoyée au château de Saint-Cloud en 1785, où elle est placée dans le cabinet de toilette de la Reine.
La table mécanique ouverte et reconstituée par Philippe Le Pareux

L’ameublement est complété par huit cordons de sonnette et un cordon pour le lustre à huit branches. Pour disposer les différents éléments mobiliers, j’ai pris appui sur ce qui est connu pour le Second Empire, cette pièce étant alors le cabinet de toilette de l’Empereur. Les usages curiaux ayant la vie dure (et étant aussi dictés par des impératifs pratiques), on devait retrouver : la commode face à la cheminée, la table de toilette entre les fenêtres, le lit de repos face aux fenêtres.

Philippe Le Pareux

Le cabinet de toilette de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux
Lit de repos or sultane de Marie Antoinette, Cabinet de Toilette, Saint-Cloud, France 1788
Paire de bras de lumière en bronze doré Cabinet de toilette de Marie-Antoinette de Lucien-François Feuchère

L’inventaire de 1794 témoigne de la fonction de cette pièce, qui servait de cabinet de retraite et de lieu où la reine est apprêtée : les tiroirs des meubles sont ouverts par les commissaires qui y trouvent les objets du quotidien de Marie-Antoinette. Ainsi, les compartiments de la table mécanique comprennent «un écritoire garni de pièces argentées» et la table de toilette est très richement dotée avec dans le grand tiroir de la ceinture, «un serre papier», dans le petit tiroir en dessous «un écritoire, encrier, poudrier et boite à éponge de cuivre argenté», sous le volet du milieu de la table, un miroir mobile, dans les deux caissons qui l’encadrent, «deux boites à poudre en fer blanc, contenant deux houppes de cygnes»,dans l’un et dans l’autre «quatre flacons à bouchons de cristal doré, un verre, un entonnoir, un petit plateau de cristal doré, un pot à pâte et deux pots à pommade de porcelaine de Sèvres blanche et doré, une paire de ciseaux, un petit couteau à lame d’acier, manche de nacre et virolle d’argent, une pince en acier, un gratte-langue et un peigne de sourcils, un cure-oreille, deux petits étuis en ivoire et une petite brosse à dents», tout ce qui est nécessaire à la toilette d’une grande dame de la fin du XVIIIe siècle.»

Philippe Le Pareux

 L’ensemble mobilier livré en 1788, exécuté par Jean-Baptiste Claude Sené
Cabinet de toilette de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux
Cabinet de toilette de Marie-Antoinette
Le cabinet de toilette de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux
La toilette de la Reine par Benjamin Warlop dans Son cabinet reconstitué par Philippe Le Pareux

Le grand cabinet des appartements de la Reine
( texte et reconstitutions de Philippe Le Pareux )

Cette grande pièce se trouve placée à l’angle du château, donnant à la fois sur la cour d’honneur et sur le petit jardin donnant sur le petit appartement de la Reine, avec vue sur Paris. Eclairée par quatre fenêtres, c’est une pièce très lumineuse, impression renforcée par les quatre miroirs au centre de chaque mur et les boiseries richement sculptées et dorées sur fond blanc (ou peut-être de couleur, cela reste à déterminer). Les motifs sont très délicats, associant des lyres enchevetrées de feuillages en dessus de porte et des panneaux de couronnes de roses et de lauriers sur les panneaux de lambris. Là encore, le décor a été conservé jusqu’à la fin du palais et est bien connu par des photographies et une aquarelle de Fortuné de Fournier réalisée sous le Second Empire à une époque où la pièce est devenue la chambre d’Eugénie.

Le cabinet de toilette de la Reine à Saint-Cloud reconstitué par Philippe Le Pareux

 

Sous l’Ancien Régime, la pièce communique avec le cabinet intérieur du Roi par un passage (qui deviendra la salle-de-bain de l’Impératrice sous le Premier-Empire) éclairé par une fenêtre qui sépare les deux appartements. Comme dans le cabinet de toilette, une très grande partie du mobilier est conservé.

Fauteuil du cabinet de toilette de la Reine à Saint-Cloud, conservé au MET à New York

L’essentiel des sièges est dispersé entre différents palais-musées : Le grand canapé, deux bergères et deux fauteuils sont à Compiègne (salon de musique de l’Impératrice), un tabouret de pied à Fontainebleau, trois fauteuils et trois chaises en cabriolet au Louvre et une chaise et un fauteuil au Mobilier national.
Le canapé à Compiègne avec sa garniture à capitons Second Empire :
https://www.flickr.com/…/mor…/8357761919/in/photostream/
Deux fauteuils de cet ensemble https://www.flickr.com/…/mor…/8358819778/in/photostream/
Une des chaises conservées au Louvre : https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010117162
L’ensemble complet comprend : un grand canapé de 2.10m de long, calculé pour qu’il corresponde à l’espace compris entre les portes du cabinet, deux bergères, deux fauteuils, quatre chaises, un tabouret de pied à éperon, un tabouret de pied, le tout en bois richement sculpté et doré réalisé par Sené et couvert de «damas bleu de ciel brodé en soie».

Ce tabouret à dossier, dit "à la chancelière", est conçu pour accompagner une bergère. Véritable concentré de sculptures et d'ornements, il figurait dans le mobilier royal créé par Sené et Vallois sous la direction d'Hauré, livré en 1787 pour le cabinet de Marie-Antoinette à Saint-Cloud. Il est aujourd'hui au Louvre.
Le grand cabinet de la Reine reconstitué par Philippe Le Pareux

S’y ajoutent trois chaises en acajou à dossier en lyre, une dite de bureau couverte de maroquin bleu, et deux autres plus petites, lesquelles associées à une petite table en acajou de 48 cm de haut, qui font penser que ces chaises étaient destinées au Dauphin et sa soeur, Madame Royale. Derrière elles, la porte qui ouvre sur le passage donnant accès au cabinet intérieur du Roi.
D’autres tables originales figuraient dans la pièce : un guéridon proche d’un modèle de Roentgen, à plateau à bascule incrusté de nacre dans du cuivre doré soutenu par des colonnes en bronze doré (que je n’ai pas trouvé), une table chiffonnière en acajou, qui évoque les travaux de dame et qui est aujourd’hui au musée des arts décoratifs, https://madparis.fr/table-chiffoniere-en-auge
et surtout une seconde table mécanique de Weisweiler, ornée de laque de Chine, aujourd’hui au Louvre.
https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010114466

Le grand cabinet de la Reine reconstitué par Philippe Le Pareux
Le grand cabinet de la Reine reconstitué par Philippe Le Pareux

Cette table mécanique se comprend par la présence également dans la pièce de meuble en laque provenant de Versailles : une commode et un cabinet de Riesener qui figuraient dans le cabinet intérieur de la reine, transportés à Saint-Cloud en 1787, aujourd’hui au Métropolitan Museum of Arts:
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/194623
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/194622

Secrétaire droit en laque et ébène japonais noir et or, plaqué sur chêne; plateau en marbre blanc, montures en bronze doré.
Le grand cabinet de la Reine reconstitué par Philippe Le Pareux

La garniture de cheminée est elle aussi conservée : au centre, la pendule de Robin dessinée par Dugourc dite aux vestales, représentant «deux vestales portant sur un brancard l’autel du feu sacré», le cadran de la pendule étant intégré dans la draperie qui cache le brancard . La pendule est conservée au musée des Arts Décoratifs :
https://madparis.fr/pendule-vestales-portant-sur-un
Elle est encadrée par une paire de grands candélabres à sept lumières dite aux béliers, qui est consevée au Louvre: https://collections.louvre.fr/en/ark:/53355/cl010100694
Elle est complétée par un feu en bronze doré également orné d’un vase à têtes de bélier d’où sort une flamme.
Les deux paires de bras de lumière sont également au MET
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/205529?ft=Wrightsman&offset=0&rpp=40&pos=16

Table chiffonnière en auge que la Reine commande pour Saint Cloud
Le grand cabinet de la Reine reconstitué par Philippe Le Pareux
Commode de Riesener pour le grand cabinet de la Reine (1783)

Les cabinets de Marie-Antoinette donnent sur la Cour d’honneur  :

Dans le fond, après la porte où se tient le valet, le salon de Mars, puis éclairé par une lanterne, le vestibule, situé en haut de l'escalier du Roi. La porte (pour le moment fermée) ouvrait sur l'appartement des enfants de France, le Dauphin et Madame Royale et ensuite celui de leur gouvernante.
La désignation des pièces correspond à l'état sous Napoléon III

Les colonnes du rez-de-chaussée sont une adjonction de Jules Hardouin Mansart. Au rez-de-chaussée se trouve appartement de bains de Marie-Antoinette. L’appartement du Roi est dos à dos avec celui de la Reine, dans la même aile du château. La Reine a son appartement côté cour, le Roi côté jardins.

Fauteuil de Jacob du salon des Jeux de Louis XVI à Saint-Cloud , conservé à Chantilly
Table à écrire de Marie-Antoinette pour Son cabinet Doré au château de Versailles puis à celui de Saint-Cloud, conservée au Louvre aujourd'hui.
Commode de Riesener  du salon des Jeux de Louis XVI à Saint-Cloud
Reconstitution virtuelle du salon des Vernet dans son style Empire
Vue virtuelle du salon de jeux ou seconde antichambre qui surplombe le vestibule

Dans le Salon de jeux , les murs sont tendus d’une «tenture de Gros de Tours fond blanc broché, dessin de bouquets et plumes de paon bordure fond vert dessin lilas» qui correspond à la livraison pour la chambre de la Reine à Versailles.

Un secrétaire commandé à J. H. Riesener pour le pavillon de Saint-Cloud. en 1786 pour la comtesse d'Artois

On accède à l’escalier d’honneur (escalier du Roi) par l’avant corps du pavillon central du corps de logis.

L’escalier d’honneur vu du premier étage (reproduction virtuelle)
L’antichambre donnant sur l’escalier d’honneur (repro. virtuelle)
L’antichambre et le salon de Mars (reproduction virtuelle)
Le salon de Mars
Vue du salon de Mars vers le salon de Vénus
Image du docu-fiction de David Grubin

Le salon de Mars sert de prolongement à l’appartement des jeux du château, ce qui tranche un peu avec le caractère martial de la décoration.

Le salon de Mars

La galerie d’Apollon

Consacrée au cycle d’Apollon, la galerie a de quoi flatter le Roi-Soleil. Le plafond, divisé en cinq grands compartiments et quatre petits, raconte l’histoire d’Apollon depuis sa naissance.

Le salon de Diane

Pour mémoire ce salon est situé dans le prolongement de la galerie d’Apollon et constitue sous Monsieur la chambre du Roi. Mique le transforme en antichambre de la chapelle qu’il aménage le long de la galerie. Le salon tire son nom du décor du plafond peint par Mignard, conservé jusqu’à la fin du château, représentant au centre le triomphe de la déesse de la Nuit et dans les voussures des épisodes de sa légende.

Le salon de Diane reconstitué par Philippe Le Pareux

Il s’éclaire par trois fenêtres sur la cour d’honneur et par deux fenêtres sur le jardin dit «d’Apollon». Ces fenêtres encadrent la cheminée en marbre surmontée d’un tableau de Jérémie Delutel d’après Mignard représentant la famille du Grand Dauphin en 1692 (exemplaire à Versailles). Le décor Louis XIV semble conservé jusque sous Louis-Philippe. Il comprend un bas-lambris, deux dessus de porte et des panneaux boisés ornés de trophées relatifs à Diane : arcs, flèches, armes de chasse, croissants de lune. Cinq panneaux d’étoffe garnissent les murs : un adossé à la galerie, deux entre les fenêtres et deux encadrant la porte donnant sur la chapelle. L’étoffe est décrite dans l’inventaire comme un «meuble de taffetas chiné à personnages et à colonnes de fleurs», ici évoqué par le taffetas du salon des jeux de la reine à Compiègne en attendant mieux.

 Le salon de Diane reconstitué par Philippe Le Pareux

Le salon de Diane reproduit virtuellement

Le mobilier est très simple, en bois peint en gris à motifs de perles, mais très important : un canapé, deux tête à tête (ou marquise), deux bergères, douze fauteuils à carreaux, six cabriolets, six chaises à carreaux, dix chaises, deux voyeuses, un tabouret de pied et un tabouret à éperon garnis «de même étoffe que le meuble», également utilisé pour les rideaux. Quelques sièges de cet ensemble sont identifiés : deux chaises au musée du Louvre, par Sené
https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010112508
une des voyeuses : https://www.gazette-drouot.com/…/pour-le-service…/4924
Je les ai utilisés pour évoque l’ensemble du mobilier. Cet ensemble était complété par un paravent à six feuilles en acajou et deux table en consoles en bois peint à l’imitation du marbre avec filets dorés. L’absence d’éclairage laisse entendre que ce salon n’était utilisé que le jour.

Philippe Le Pareux

Le salon de Diane reconstitué par Philippe Le Pareux

La chapelle

Riche idée de Richard Mique quant à l’ouverture sur la chapelle : une tribune religieuse royale chrétienne aussi vaste et peuplée de l’olympe et de la dynastie des Valois, c’est plutôt rare et audacieux. La riche idée que Percier et Fontaine ont reprise aux Tuileries quand ils ont construit la chapelle de l’Empereur en 1805-1806 : la salle des Travées, qui sert dans la semaine de salle de réunion au conseil d’Etat devient le dimanche la tribune de la chapelle ; sur la vue virtuelle, on voit la salle des travées et la chapelle (notamment son riche plafond doré) par les portes-fenêtres ouvertes.

Chapelle de Mique reconstituée par Philippe Le Pareux
La chapelle édifiée par Richard Mique

Lors de ce premier séjour, Louis XVI signe le brevet de lieutenant d’un certain Napoléon Bonaparte.

Il prendra le pouvoir en ces lieux quatorze ans plus tard…

Tribune de la chapelle reconstituée par Philippe Le Pareux
La tribune de la chapelle qui donne dans la galerie d'Apollon reconstituée par Philippe Le Pareux

Nouveau séjour en 1786

Les travaux engagés sont trop importants pour que la famille royale et la Cour puissent y séjourner.

Ecran de cheminée en hêtre redoré, de Jean-Baptiste Sené, livré en 1787 pour la chambre de Louis XVI au Château de Saint-Cloud

Le mobilier dit «aux aigles»,
Le mobilier de la chambre de la Reine au château de Saint-Cloud
( texte de Christophe Duarte ; photographies de Peter-Michael Wildner)

Livré le premier trimestre 1788, ce mobilier comportait à l’origine un lit à la polonaise, deux bergères, six fauteuils dont deux à carreaux, six pliants, un tabouret, un marchepied, un écran et un paravent. Les bois en noyer sont l’œuvre de Sené, les sculptures sont exécutées sous la direction de Hauré qui supervise la commande. Le décor textile mis en place par Capin est un pékin peint à dessin et figures chinoises. Ce pékin, déjà dans les magasins du Garde-Meuble, provient d’un achat fait en Extrême-Orient.

Le décor moderne du mobilier de la chambre de la Reine à Saint-Cloud évite en dehors des pliants son aliénation lors des ventes révolutionnaires. On le retrouvera sous l’Empire attribué à Madame Laetitia, mère de Napoléon, qui habitera l’hôtel de Bienne. Après sa transformation en ministère de la Guerre, le mobilier y restera pendant tout le XIXe siècle. Lors de son retour au Garde-Meuble au début du XXe siècle, le lit disparaît, vendu pour une raison ignorée.

Dès lors, après un passage au Louvre et au musée des Arts Décoratifs, il est déposé en majeure partie à Versailles où, par substitution, il meuble de cabinet Intérieur de Madame Adélaïde.

Les vases de Sèvres « à la chinoise », qui surmontent la commode de Riesener, dans le Cabinet Doré de la Reine à Versailles, aujourd'hui, proviennent de Son appartement de Saint-Cloud.
Marie-Antoinette à Saint-Cloud par Benjamin Warlop

Marie-Antoinette, propriétaire du château de Saint-Cloud, est désireuse d’octroyer un hôpital à la ville. Elle décide de faire édifier un nouvel hospice, pourvu d’une chapelle, pour remplacer celui fondé par Philippe d’Orléans, qui ne répond plus aux besoins de la population. Elle charge Richard Mique, architecte du Roi, d’édifier une chapelle. Elle est construite en 1788 et s’élève sur une crypte ronde couverte d’une voûte annulaire, comprenant un espace octogonal qui tient lieu de nef, éclairé par deux verrières sur le toit. La façade est d’ordre dorique romain, deux colonnes et leur entablement y encadrent la porte, offrant une disposition en tabernacle. Toute la façade, d’un dessin très pur, est striée de faux joints horizontaux. On peut apprécier l’originalité de l’architecture sacrée de l’époque néo-classique. De tout l’hospice de Marie-Antoinette, il ne subsiste que la chapelle. Aujourd’hui il s’agit du Centre hospitalier des Quatre Villes (inauguré en 2015). Propriété de l’hôpital, cette chapelle a fait l’objet d’une restauration extérieure….Mais l’intérieur reste à faire.

L'hospice et la chapelle de Saint-Cloud
Le château de Saint-Cloud

Du 14 mai au 15 juin 1788

Séjour de la Cour au château de Saint-Cloud, entre autres pour se rapprocher du Dauphin, malade, qui a été transféré à Meudon.

Aquarelles du château de Saint-Cloud : la façade sud-ouest et le bassin des carpes , par Meunier (1788)

 Le 8 août 1788

Une grande fête a lieu au château de Saint-Cloud  en l’honneur des ambassadeurs de Tippoo-Sahib, Roi de Mysore.

Le 5 octobre 1789

Marie-Antoinette est au Petit Trianon et le Roi à la chasse lorsqu’on apprend que des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

Diane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

La famille royale se replie dans le château…

Image de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

Le matin du 6 octobre 1789 par Benjamin Warlop

La famille royale est ramenée de force à Paris.

Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet
Les Tuileries dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Le château de Saint-Cloud est désormais plus précieux encore pour Marie-Antoinette car il est le seul lieux dans lequel Elle puisse se sentir vraiment chez Elle.

En mai 1790

« Le 23 mai, jour de la Fête-Dieu, le Roi et la Reine suivirent à pied, suivant la coutume, la procession du Saint-Sacrement de Saint-Germain l’Auxerrois, paroisse des Tuileries ; l’Assemblée, qui y avait été invitée, la suivit aussi, le président à la droite du Roi. Madame, trop jeune et trop délicate pour en supporter la fatigue, resta aux Tuileries, et elle alla, avec Mgr le Dauphin, la voir passer dans la galerie du Louvre.»

« Le lendemain, le Roi, la Reine, Mgr le Dauphin, Madame et Madame Élisabeth allèrent s’établir à Saint-Cloud pour y passer la belle saison. M. de la Fayette et même l’Assemblée furent bien aises de voir le Roi quitter Paris, pour ôter aux provinces l’idée de sa captivité à l’époque de la Fédération. Ils en sentaient tellement la nécessité, que ce furent eux-mêmes qui persuadèrent le peuple de l’utilité de cet établissement ; de manière que ce voyage se passa très tranquillement. La garde du Roi y fut composée des volontaires de Saint-Cloud et de Sèvres, de quatre cents hommes de la garde nationale de Paris, et, des compagnies ordinaires des gardes-suisses.»

« Le Roi et la Reine venaient tous les quinze jours à Paris, et même plus souvent, si les circonstances l’exigeaient. Il n’y eut à demeurer à Saint-Cloud que les personnes du service du Roi et de la Reine, et les grandes charges dont le service était habituel. Les dames du palais même n’y étaient que pour le temps de leur semaine. Monsieur et Madame y venaient souper tous les soirs et s’en retournaient ensuite à Paris. Le Roi ne voulut recevoir à ce voyage aucune dame étrangère au service, pour éviter les demandes qui lui eussent été faites et qui eussent été désagréables ; les dames de Madame et les officiers de la maison de Monsieur, qui les accompagnaient, soupaient alors avec le Roi.»

« Ce prince dînait et soupait tous les jours avec les personnes qui étaient du voyage. Il faisait une partie de billard après dîner et après souper. Il se plaisait plus à Saint-Cloud qu’à Paris, ainsi que la Reine, qui y avait plus de liberté et pouvait y avoir plus facilement les personnes qui lui étaient agréables. Madame la duchesse de Fitz-James et la princesse de Tarente, qu’elle aimait beaucoup, y venaient fréquemment, ainsi que plusieurs autres personnes.»

La Reine arrivant à Saint-Cloud en carrosse par Benjamin Warlop
Le château de Saint-Cloud

« Mgr le Dauphin, qui n’était pas d’âge à sentir ses malheurs, s’y amusait infiniment. Il était continuellement dans le jardin, et allait tous les soirs se promener dans le parc de Meudon. La Reine le menait quelquefois elle-même à la promenade, surtout quand madame de Tarente était de service. Elle connaissait sa discrétion, la noblesse de ses sentiments, et son extrême attachement pour elle. Il était tel, qu’elle eût fait le sacrifice de sa vie, si elle eût pu, à ce prix, tirer la Reine de la cruelle situation où elle se trouvait. Cette princesse épanchait souvent son cœur dans celui d’une personne si sûre. Étant un jour avec nous à la promenade, et se voyant entourée de gardes nationaux, dont une partie était composée de gardes-françaises qui avaient déserté leurs drapeaux, elle nous dit, les larmes aux yeux : « Que ma mère serait étonnée, si elle voyait sa fille, fille, femme et mère de rois, ou du moins d’un enfant destiné à le devenir, entourée d’une pareille garde! Il semblait que mon père eût un esprit prophétique le jour où je le vis pour la dernière fois. » Et elle nous raconta que l’empereur François 1er, partant pour l’Italie, d’où il ne devait jamais revenir, rassembla ses enfants pour leur dire adieu. « J’étais la plus jeune de mes sœurs, ajouta-t-elle. Mon père me prit sur ses genoux, m’embrassa à plusieurs reprises et toujours les larmes aux yeux, paraissant avoir une peine extrême à me quitter. Cela parut singulier à tous ceux qui étaient présents, et moi-même ne m’en serais peut-être plus souvenue, si ma position actuelle, en me rappelant cette circonstance, ne me faisait voir, pour le reste de ma vie, une suite de malheurs qui n’est que trop facile à prévoir. »

« L’impression que nous firent éprouver ces dernières paroles fut si vive, que nous fondîmes en larmes. Alors la Reine nous dit avec sa grâce et sa bonté ordinaires : « Je me reproche de vous avoir attristées; remettez-vous avant d’arriver au château; unissons nos courages, la Providence nous rendra peut-être moins malheureux que nous ne le croyons. »

Il était impossible à cette princesse de ne pas comparer les jours heureux qu’elle avait passés à Saint-Cloud avec ceux du séjour actuel. Elle en faisait souvent la réflexion ; et, un jour que nous étions ensemble au bout de la galerie, dont Paris fait un des principaux points de vue, elle me dit en soupirant : « Cette vie de Paris faisait jadis mon bonheur, j’aspirais à l’habiter souvent. Qui m’aurait dit alors que ce désir ne serait accompli que pour y être abreuvée d’amertume, et voir le Roi et sa famille captifs d’un peuple révolté ! »  

Mémoires de Madame de Tourzel

Petite table chiffonnière, par Jean-Henri Riesener pour le cabinet intérieur de Marie-Antoinette au château de Saint-Cloud, conservée au musée des Arts décoratifs de Paris
Table chiffonnière en auge Bâti en chêne avec tablette d’entrejambe en orme ; placage de bois de rose, d’érable, d’amarante, de houx et d’ébène ; bronze ciselé et doré. ©Photo Les Arts décoratifs, Paris/Jean Tholance

Le 11 juin 1790

La Cour s’installe au château de Saint-Cloud, chacun occupe son logement ordinaire: les Enfants de France et la marquise de Tourzel, Gouvernante des Enfants de France, au rez-de-chaussée du corps central donnant sur le jardin de l’orangerie; Madame Elisabeth, au rez-de-chaussée donnant sur le jardin, à proximité du vestibule; Louis XVI, au premier étage, donnant sur le bassin du fer à cheval; et Marie Antoinette, au premier étage, donnant sur la cour d’honneur.

Cette répartition fait suite aux travaux engagés par Richard Mique, premier architecte de la Reine. Le duc de Villequier, premier gentilhomme de la chambre, le duc de Brissac, capitaine-colonel des Cent Suisses, et le comte Esterhazy disposent aussi d’un logement. Mademoiselle de Tourzel dispose d’une simple chambre. Le marquis de La Fayette dispose aussi d’un logement, mais ne l’occupe pas et retourne coucher chaque soir à Paris.

Le château de Saint-Cloud

Durant le séjour de Saint-Cloud

Louis XVI, Marie Antoinette et les Enfants de France vont régulièrement chercher des fraises dans les bois, et ne rentrent qu’à huit ou neuf heures du soir. De son côté, pour ce séjour à Saint-Cloud, Louis XVI obtient de sortir sans garde et d’être seulement accompagné d’un aide de camps de Monsieur de La Fayette. Louis XVI décide ne plus souper seul avec sa famille. Il y aura donc chaque jour une table de vingt à vingt-six couverts. Ces soupers ont lieu dans la salle du grand couvert, et en public. Mesdames et quelques courtisans sont scandalisés. 

La Reine et Ses enfants dans le parc de Saint-Cloud par François Dumont

Le dimanche 20 juin 1790

La Cour quitte le château de Saint-Cloud. A son retour au château de Tuileries, à la descente de Sa voiture, Marie-Antoinette entend le peuple crier : 

« Vive la Reine ! »

Le 3 juillet 1790

Dans les jardins du château de Saint-Cloud, Marie-Antoinette rencontre le marquis de Mirabeau qui Lui expose son plan pour sauver la monarchie.

L'apparition de la Reine ( Jane Seymour) dans Les Années Lumière
Marie-Antoinette ( Jane Seymour)
Mirabeau ( Peter Ustinov dans Les Années Lumière (1989)

« Elle est bien grande, bien noble et bien malheureuse. Mais je La sauverai. Rien ne m’arrêtera. Je périrai plutôt!» déclare-t-il en revenant.

L'entrevue de Saint-Cloud, image des Années Lumières,avec Peter Ustinov et Jane Seymour

 

Courant novembre jusqu’au 8 décembre 1790

                                  Séjour de la famille royale au château de Saint-Cloud.

 

 

Le 18 avril 1791

La famille royale est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.

Les projets d’évasion se concrétisent grâce, en particulier, à l’entremise d’Axel de Fersen.

Départ de Louis XVI pour Saint-Cloud par Joseph Navlet

Le 21 juin 1791

 Le Roi et la Reine sont arrêtés à Varennes.

Chez l'épicier Sauce à Varennes, par Prieur

Le 25 juin 1791

La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Le passage de la berline royale devant l’Hôtel de ville de Châlons , par Joseph Navlet
La cour d'honneur au début du XIXè siècle
Paire de fauteuils du château de St Cloud d'époque Directoire XVIIIe, Estampillés Georges Jacob

Le 25 décembre 1795

Le Directoire prescrit l’aliénation « des maisons et parcs de Saint-Cloud, Meudon, Vincennes, Madrid, Bagatelle, Choisy, Marly, Saint-Germain, Maisons-Carrières, le Vésinet, Rambouillet, Chambord, Chantilly, le Pin et toutes les maisons et parcs dépendant de la ci-devant Liste civile ou provenant des ci-devant princes émigrés, à l’exception seulement des maisons principales de Versailles, Fontainebleau et Compiègne, destinées à des établissements publics ».

Le 10 novembre 1799

C’est dans l’Orangerie du château, devenu bien national, que se déroule le Coup d’Etat du 18 brumaire qui supprime le Directoire au profit du Consulat.

Le salon de Mars reproduit virtuellement
Le salon de Mars reproduit virtuellement
 Coup d’État du 18 Brumaire dans l’Orangerie du château

 

Dès le début du Consulat

Le château de Saint-Cloud est désigné avec les Tuileries comme résidence officielle du Premier consul, dans laquelle ont lieu des événements officiels : il y a une salle des ambassadeurs, à droite du vestibule d’honneur, dans laquelle les ambassadeurs qui doivent être reçus patientent.

 

En 1804

C’est là qu’ont lieu la proclamation du référendum pour établir l’Empire.

Le 31 mars 1810

C’est à Saint-Cloud qu’a lieu le mariage de Napoléon Ier (1769-1821) et Marie-Louise (1791-1847). 

La salle-à-manger sous le Premier Empire
Le salon des Jeux du Roi sous la Restauration est devenu le salon des Princes
Une vue du domaine en 1845
«Aile de l'Orangerie unifiée par Mique»
Le salon de Mars sous le Second Empire
Le salon de Vénus sous le Second Empire
La façade Sud
Société dans les jardins du château de Saint-Cloud par Julien Daniel (auteur photographe)

Le 1er décembre 1852

C’est à Saint-Cloud, dans la galerie d’Apollon, que Napoléon III, rééditant le geste de son oncle, se fait investir par les grands corps de l’État à la dignité impériale.

Aquarelle du château peinte par M. Valentin Fiumefreddo en 2011

Chaque année
au printemps et à l’automne

Napoléon III et Eugénie établissent leur cour au château de Saint-Cloud.

Société dans les jardins du château de Saint-Cloud par Julien Daniel (auteur photographe)

Le grand appartement du Roi époque Second Empire

Ensemble de sièges provenant des appartements de Marie-Antoinette à Saint-Cloud …
tapissés et installés à Compiègne par L’Impératrice Eugénie (1826-1920), tels qu’ils sont aujourd’hui.
Eugénie de Montijo
Vue de la chambre à coucher de l’impératrice Eugénie au château de Saint-Cloud
La  chambre de l'Impératrice sous le Second Empire
Mobilier du château de Saint-Cloud ( musée des Avelines )
Salon de l'Impératrice Eugénie
Reconstitution de la chambre de Marie-Antoinette époque Second Empire
Le salon des Jeux
Le salon des Jeux

En août 1855

A l’occasion de l’Exposition Universelle, le couple impérial Napoléon III et Eugénie reçoit la jeune Reine Victoria en résidence à Saint-Cloud. Une visite d’une grande importance pour l’Entente Cordiale toute récente entre les deux pays. Napoléon III «met les petits plats dans les grands» pour l’occasion, et rénove les appartements de l’aile du Midi à grands frais pour son hôte. L’Empereur va même jusqu’à faire venir depuis l’Angleterre le chien de la Reine, à qui il manquait tant. Un séjour qui reste gravé dans la mémoire de la jeune Reine, qu’elle retranscrit dans son journal personnel en indiquant : «Je me sentais si malheureuse de quitter ce charmant Saint-Cloud […] Ces lieux si gais et si brillants […] ce merveilleux et inoubliable séjour».

Le prince Louis-Napoléon montant son poney favori (1861)
Durant l’été 1861, le cabinet de l’Empereur demande aux photographes Adrien Tournachon et J.-P. Joannes de venir à Saint-Cloud pour photographier les voitures, les chevaux et le personnel des écuries impériales.
La cour d'entrée du château de Saint-Cloud en 1867
Reconstitution en 3D d'une vue de la cour d'honneur de l'entrée principale du château de Saint-Cloud

Le 28 juillet 1870

C’est de Saint-Cloud, où il a déclaré la guerre à la Prusse que, Napoléon III part pour l’armée.

Le 13 octobre 1870

Lors de la guerre contre la Prusse, un obus tiré du Mont-Valérien (selon la version allemande) provoque l’incendie du château. Les Prussiens ne font rien pour éteindre le feu et organisent le pillage.

L'incendie du château de Saint-Cloud

Après la guerre

Le château de Saint-Cloud reste à l’état de ruines pendant plus de vingt ans. La IIIe République se désintéresse des ruines qui, comme en témoignent tableaux et photographies, auraient pu être relevées. Après bien des discussions et des projets avortés, le château de Saint-Cloud est entièrement rasé en 1892 ; fronton, bas-reliefs et grille d’honneur sont vendus à l’encan.

Le château après l'incendie de 1870

Pour une visite virtuelle plus complète du château de Saint-Cloud, voici le travail prodigieux de Philippe Le Pareux, professeur d’histoire des arts. Au travers d’une série de vue en 360° du Palais au Second Empire, il vous propose de découvrir l’héritage de Napoléon Ier et le souvenir du Premier Empire au cours d’une visite du château disparu à l’époque de Napoléon III :

http://www.domaine-saint-cloud.fr/Explorer/visite-virtuelle-chateau-de-saint-cloud/les-grands-appartements

Source essentielle des images : http://www.reconstruisonssaintcloud.fr/Photographiesduchateau.html

Merci à Philippe Le Pareux pour ses reconstitutions virtuelles et son aide à m’y retrouver dans ce château que je n’ai jamais visité, et pour cause !

3 réflexions sur “Le château de Saint-Cloud”

  1. Bonjour,

    Si vous mettiez vos photos et leurs commentaires en slideshow (ou diaporama) ou en présentation PowerPoint (ppt / pps), vous valoriseriez les photos que vous présentez et qui se laisseraient plus agréablement regarder.
    Exemples : https://player.slideplayer.fr/11/3096306/https://slideplayer.fr/slide/3388725/
    Et vous pourriez accompagner l’image de musique d’époque (sur votre site aussi)

    Une toute simple suggestion

    En toutes bonnes relations ….

  2. Bonjour
    J’admire ce beau travail de compilation!
    Il y a quelques erreurs dans l’illustration de l’appartement de la reine : la plupart des vues correspondent à l’appartement du roi, dans son état du Second Empire.

    1. Merci, cher Philippe, pour votre vigilance et votre collaboration (vous êtes l’auteur de toutes les reconstitutions virtuelles que je diffuse dans cet article…) et votre aide pour que ma compilation, pour reprendre votre terme, soit exacte et historique.

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