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L'AlmanachL'impopularité de la Reine

Jeanne de La Motte

Prétendu portrait de Jeanne de La Motte par Elisabeth Vigée Le Brun (on imagine mal l’artiste portraiturant le bourreau de la réputation de Marie-Antoinette … )

Le 22 juillet 1756

Naissance de Jeanne de Saint-Rémi, à Fontette, dans une famille marquée par la déchéance et la misère.

Son père Jacques (1717-1762), soldat qui vit d’expédients et de braconne, est un descendant d’Henri de Saint-Rémi (1558-1621), bâtard royal, fils d’Henri II (1519-1547-759) et de Nicole de Savigny (1535-1590), dame de Fontette.

Sa mère, Marie Jossel, fille d’un simple tâcheron, elle-même servante de Jacques de La Motte, se prostitue à l’occasion, on la dit menteuse et paresseuse…

Jeanne a un frère, Jacques (1751-1785) et une sœur Marie-Anne (1757-1786).

Selon les mémoires du comte Beugnot (1761-1835), les trois enfants semblent avoir été tirés de leur situation par son père et l’abbé de Langres.

Selon la source dont Alexandre Dumas s’inspire pour Le Collier de la Reine, c’est à Boulogne — où la famille a déménagé — que Jeanne et sa sœur seraient  remarquées par un abbé qui intéresse à leur sort l’une de ses paroissiennes, la marquise de Boulainvilliers…

Quand madame de Boulainvilliers rencontre Jeanne…

En tout état de cause, la généalogie de la famille est vérifiée et les enfants bénéficient grâce à madame de Boulainvilliers de dispositions mises en place pour porter assistance aux rejetons des familles nobles mais pauvres : Jacques reçoit une modeste pension   de 1000 livres et entre dans une école d’officier.

Les jeunes filles sont mises au pensionnat à Passy, puis dotées d’une pension de 900 livres et destinées au couvent de Longchamp. Néanmoins, elles préfèrent s’échapper pour retourner à Bar-sur-Aube où elles trouvent refuge dans la famille Surmont. Abandonnés à leur sort, leurs parents ont depuis longtemps disparu de leur vie. Jeanne sera la seule à défrayer la chronique (et à entrer dans l’histoire). Jacques mourra en service à Port-Louis sur l’Île Maurice. Marie-Anne deviendra chanoinesse.

En 1780

Jeanne épouse Nicolas de La Motte (1755-1831), neveu de Monsieur de Surmont, membre d’une famille de la petite noblesse champenoise peu fortunée, et de surcroît officier de gendarmerie. Les deux époux prennent les titres de courtoisie de comte et comtesse de La Motte-Valois.

Hilary Swank est  Jeanne de Lamotte dans L’Affaire du Collier (2001) de Charles Shyer

Son mari s’avérant très vite incapable de subvenir aux besoins du couple, la comtesse al’idée de s’appuyer sur son ascendance pour obtenir des avantages financiers. Elle fréquente le château de Versailles où chacun, pourvu qu’il soit habillé décemment, peut pénétrer, elle essaie à maintes reprises de se faire présenter à la Reine. Celle-ci, prévenue de sa réputation douteuse, n’acceptera jamais.

Image associéeNicolas de Lamotte

Le mariage entre Jeanne et son mari est un échec mais ils continuent à vivre ensemble. Jeanne prend un amant, Louis Marc Antoine Rétaux de Villette (1754-1797), un gigolo.

Jeanne (Hilary Swank) et Rétaux de Villette (Simon Baker) dans L’Affaire du Collier (2001) de Charles Shyer

Vers 1783

La protectrice de Jeanne, Madame de Boulainvilliers, la fait entrer en contact avec l’évêque de Strasbourg, le cardinal de Rohan, dont elle devient la maîtresse. Elle a fait courir le bruit qu’elle a les faveurs de la Reine et réussit à redonner espoir au cardinal qui faisait depuis longtemps en vain le siège de Marie-Antoinette pour obtenir un évêché. Or la Reine le tient en piètre estime et l’évite.

Résultat de recherche d'images pour "Jeanne de Lamotte"Jeanne de La Motte et le cardinal de Rohan

Louis de Rohan avait été ambassadeur de France en Autriche et sa lubricité avait scandalisé Marie-Thérèse qui avait communiqué son dégoût à Marie-Antoinette. La distance de la Reine à son égard affectait le cardinal.

Louis-René-Édouard, prince de Rohan (1734-1803), cardinal-évêque de Strasbourg et grand aumônier de France
Jeanne de La Motte

La comtesse de La Motte qui se dit intime de Marie-Antoinette se propose de tout régler entre eux. Ivre d’argent, elle entend parler de la parure et imagine comment se l’approprier.

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L’origine du collier

En 1772

Louis XV souhaitant faire un cadeau à Madame du Barry, il demande aux joailliers parisiens Bœhmer et Bassange de créer un collier de diamants inégalable. Cela prend aux bijoutiers un temps certain, du fait de la qualité des pierres à collecter ; Louis XV est mort entre temps.

                Charles Böhmer                    et                    Paul Bassenge

Le tout coûtait 1 600 000 livres… Peu de personnes devenaient donc aptes à y prétendre.  Et c’est à la Reine que les joailliers s’adressent alors.

En 1778

Le nouveau Roi, Louis XVI, souhaite Lui offrir le collier, mais Elle le refuse. Selon madame Campan, la Reine aurait déclaré que l’argent serait mieux dépensé pour l’équipement d’un navire de guerre.
Avec ce bijou si lourd en dépense, Bœhmer et Bassange sont menacés de ruine.

Le 21 Mars 1784

“Madame,
La charmante Comtesse m’a fait part combien vous avez paru sensible au récit qu’elle vous a fait des petits services que je lui ai rendus; l’intérêt seul qu’elle inspire m’a engagé à saisir toutes les occasions de l’obliger; car certainement j’étais très-éloigné de prévoir qu’elle serait un jour à même de vous parler de moi d’une manière à vous faire revenir des mauvaises impressions que mes ennemis vous ont toujours données de mon caractère; le hasard m’a donc mieux servi que toutes mes démarches, car vous savez tout ce que j’ai fait pour me procurer le moyen de vous parler un instant sans avoir jamais pu y réussir. Les personnes que je devais croire mes amis, & qui avoient votre confiance, ont su profiter du désir que j’avais de faire cesser ma disgrâce, pour me faire faire des imprudences, des fausses démarches, afin de mieux réussir, & sans une circonstance aussi extraordinaire que celle qui le présente aujourd’hui, j’aurais toujours passé à vos yeux pour un monstre, sans espoir de pouvoir jamais me justifier; mais l’espérance commence à luire dans mon cœur, & j’ose croire que vous ne dédaignerez pas de m’entendre, que votre belle bouche prononce un oui, vous verrez votre esclave à vos pieds, & ce jour sera le plus heureux de ma vie.”

Lettre écrite par Rohan pour la Reine
Jonathan Pryce est le cardinal de Rohan dans L’Affaire du Collier (2001) de Charles Shyer

Le 28 Avril 1784

Voici une pseudo réponse de Marie-Antoinette à Rohan, datée du  :


“J’ai lu avec indignation la manière dont vous avez été trompé par votre nièce; je n’ai jamais eu aucune confiance des lettres dont vous me parlez, & je doute qu’elles aient jamais existé. Les personnes dont vous vous plaignez ont effectivement contribué à votre disgrâce, mais les moyens qu’ils ont employé étaient bien différents de ceux que vous supposez. J’ai tout oublié, & j’exige que vous ne me parliez plus jamais de rien qui ait rapport au passé. Le récit que la Comtesse m’a fait de la conduite que vous avez tenue avec elle, m’a fait beaucoup plus d’impression que tout ce que vous m’avez écrit; j’espère que vous n’oublierez jamais que c’est à elle que vous devez votre pardon, ainsi que la lettre que je vous écris. Je vous ai toujours regardé comme un homme très inconséquent & très indiscret; cette opinion, m’engage nécessairement à beaucoup de réserve & je vous avoue que ce n’est que par une conduite toute opposée à celle que vous avez tenue, que vous pourrez gagner ma confiance & mériter mon estime.”

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En juillet 1784

Nicole Leguay est abordée par le sieur de La Motte. Il tourne autour d’elle, l’ausculte, la dévisage pendant plusieurs jours au Palais Royal, puis finit par lui adresser la parole.

« J’eus le tort de lui répondre » dit-elle.

Née le 1er septembre 1761, âgée de 23 ans au moment des faits. Nicole Leguay d’Oliva vit rue du Jour, près de l’Église Saint-Eustache, non loin du Palais Royal. Elle n’est rien, ne possède quasiment rien.

Il l’attire chez lui et la présente à Jeanne de La Motte, qui lui déclare

« J’ai toute la confiance de la reine ; je suis avec elle comme les deux doigts de la main. Elle vient de m’en donner une nouvelle preuve, en me chargeant de trouver une personne qui puisse faire quelque chose qu’on lui expliquera, lorsqu’il en sera temps. »

Elle lui promet 15.000 livres si elle accepte de faire ce qu’on lui demandera, en temps voulu.

Le 28 décembre 1784

Se présentant donc comme une amie intime de la Reine, la comtesse de La Motte rencontre les joailliers Bœhmer et Bassange qui lui montrent le collier de 2 840 carats qu’ils souhaitent rapidement vendre car ils se sont endettés pour le constituer.

Résultat de recherche d'images pour "Jeanne de Lamotte"

Tout de suite elle imagine un plan pour entrer en sa possession. Elle déclare au joaillier qu’elle va intervenir pour convaincre la Reine d’acheter le bijou, mais par le biais d’un prête-nom. De fait, le cardinal de Rohan reçoit en janvier 1785 une nouvelle lettre, toujours signée « Marie-Antoinette de France », dans laquelle la reine lui explique que ne pouvant se permettre d’acquérir ouvertement le bijou, elle lui fait demander de lui servir d’entremetteur, s’engageant par contrat à le rembourser en versements étalés dans le temps — quatre versements de 400 000 livres — et lui octroyant pleins pouvoirs dans cette affaire.

Jeanne de La Motte
Viviane Romane est Jeanne de La Motte dans L’Affaire du Collier de la Reine (1946) de Marcel L’Herbier

L’amant de Madame de La Motte, Marc Rétaux de Villette, possédant un talent de faussaire, imite parfaitement l’écriture de la Reine. Il réalise pour sa maîtresse de fausses lettres signées « Marie-Antoinette de France » (alors qu’Elle ne signe, que Marie-Antoinette, les Reines de France ne signant que de leur prénom, Marie-Antoinette n’est d’ailleurs pas de France mais de Lorraine ou d’Autriche… ou même Elle ne signe que d’un simple trait !). La comtesse entretient ainsi une fausse correspondance, dont elle est la messagère, entre la Reine et le cardinal dont le but affiché est de les réconcilier.

Le cardinal de Rohan et la comtesse de La Motte
Alfred Abel (Cagliostro) et Illa Meery (Jeanne) dans Cagliostro (1929)

Le cardinal de Rohan a beau être crédule, il a besoin de preuves des écrits qu’il reçoit de la Reine.

Résultat de recherche d'images pour "cagliostro"Joseph Basalmo alias Cagliostro

Or le comte de La Motte avait découvert par l’entremise de Cagliostro qu’une prostituée, Nicole Leguay (que La Motte fait appeler baronne d’Oliva pour l’introduire dans son salon), opérant au Palais-Royal, s’était forgé une réputation due à sa ressemblance avec Marie-Antoinette. Madame de La Motte la reçoit et la convainc de bien vouloir, contre une somme de 15 000 livres, jouer le rôle de la Reine recevant en catimini un ami, dans le but de jouer un tour…

Jeanne de Valois.jpg

C’est ainsi que se trame l’entrevue du bosquet :

Dans la nuit du 11 août 1784

Entre onze heures et minuit

Le cardinal se voit confirmer un rendez-vous au Bosquet de Vénus dans les jardins de Versailles à onze heures du soir. Là, Nicole Leguay, déguisée en Marie-Antoinette dans une robe de mousseline à pois (copiée d’après un tableau d’Élisabeth Vigée Le Brun… celui en gaulle?), le visage enveloppé d’une gaze légère noire, l’accueille avec une rose et lui murmure un « Vous savez ce que cela signifie. Vous pouvez compter que le passé sera oublié ».
Avant que le cardinal puisse poursuivre la conversation, Madame de La Motte apparaît avec Rétaux de Villette en livrée de la reine avertissant que les comtesses de Provence et d’Artois, belles-sœurs de la Reine, sont en train d’approcher. Ce contretemps, inventé par Madame de La Motte, abrège l’entretien.

La scène du Bosquet

Nicole Le Guay d’Oliva explique qu’elle ne savait pas qu’on lui faisait jouer le rôle de la Reine. Jeanne de La Motte et son mari lui ont donné pour instruction de remettre une lettre et une rose à « un très grand seigneur » et de lui dire « vous savez ce que cela veut dire ». Le Guay d’Oliva ne sait pas qu’il s’agit de Rohan. Jeanne de La Motte lui fait croire que la Reine assiste à la scène et même, qu’Elle s’adresserait à elle. C’est Jeanne de La Motte elle-même qui habille d’Oliva :

« Je fus mise en robe blanche de linon moucheté. C’était, autant que je puis me souvenir, une robe à l’enfant, ou une gaule, espèce de vêtement qu’on désigne plus souvent sous le nom de chemise ; et l’on voulu que je fusse coiffée en demi-bonnet. »

« Entre onze heures et minuit », dit-elle, d’Oliva sort avec Jeanne de La Motte et son mari. « J’étais couverte d’un mantelet blanc, et j’avais une thérèse sur la tête. » Point capital, d’Oliva indique que «la nuit était sombre, pas le moindre clair de lune, et je ne pouvais rien distinguer que les personnes et les objets qui m’étaient familiers. »

Nuit noire et thérèse sur la tête : voilà sans doute ce qui explique pourquoi Rohan ne s’est pas aperçu qu’il n’avait pas affaire à la Reine…

Viviane Romance dans L’Affaire du Collier (1946) de Marcel L’Herbier

La Demoiselle d’Oliva raconte la fameuse scène ainsi (ce sont ses propres termes) :

« Je présente la rose au grand seigneur inconnu ; et je lui dis, vous savez ce que cela veut dire, ou quelque chose d’à peu près semblable. Je ne puis affirmer s’il la prit, ou s’il la laissa tomber. Pour la lettre, elle resta dans ma poche ; elle fut entièrement oubliée. Dans l’instant même que je venais de parler, la dame de La Motte accourt vers nous, et dit très bas, mais avec précipitation : vite, vite, venez. C’est du moins tout ce que je me rappelle avoir entendu. Je me sépare de l’inconnu, et me retrouve à quelques pas plus loin, avec le sieur de La Motte ; tandis que sa femme et l’inconnu partent ensemble et disparaissent. (…) Le sieur de La Motte me reconduit à l’hôtel garni. Nous restons à causer, en attendant le retour de la dame de La Motte. Elle arrive sur les deux heures après minuit (…) ».
Le témoignage de la demoiselle Le Guay d’Oliva est clair: La Motte, et son mari, ainsi que Rétaux de Villette ont tout manigancé. Elle a participé à une mise en scène destinée à tromper le cardinal. Ce témoignage capital est accablant pour La Motte et disculpant pour Rohan. Le témoignage de Le Guay d’Oliva est d’autant plus crédible, qu’on ne saurait la soupçonner de s’être entendue avec Rohan pour faire accuser La Motte : en effet, Rohan accuse d’Oliva, dans son mémoire, d’avoir été de mèche avec La Motte !..

Le lendemain (12 août 1784)

Le cardinal reçoit une lettre de la « Reine », regrettant la brièveté de la rencontre. Le cardinal est définitivement conquis, sa reconnaissance et sa confiance aveugle en la comtesse de La Motte deviennent plus que jamais inébranlables.

Lettre écrite par Rohan à la Reine, le lendemain de la scène du bosquet  :

“Mon adorable maître permettez que votre esclave vous exprime la joie qu’il ressent des faveurs que vous lui avez accordées — cette rose charmante est sur mon cœur — je la conserverai toute ma vie — elle me rappellera sans cesse le premier instant de bonheur. En quittant la Comtesse j’étais si transporté que sans m’en apercevoir je me fuis trouvé à l’endroit charmant que vous aviez choisi — après avoir traversé la charmille, je désespérais de reconnaître la place où votre esclave chéri s’est précipité à vos pieds — destiné sans doute à n’éprouver dans cette belle nuit que des sensations heureuses — j’ai retrouvé ce joli gazon que ces jolis petits pieds avoient un peu foulés — je l’y suis précipité comme si vous y aviez encore été, & j’ai baisé avec autant d’ardeur l’herbe sur laquelle vous étiez assise que cette belle main qui m’a été livrée avec cette grâce & cette bonté qui n’appartient qu’à mon cher maître — j’ai eu beaucoup de peine à quitter ce lieu enchanté. J’y aurais surement passé la nuit si je n’avais craint de causer quelqu’inquiétude à mes alentours qui savaient que j’étais sorti. […]” 

Le 18 Août 1784

Lettre soi-disant écrite par Marie-Antoinette à Rohan :

“Je t’écris à la hâte pour te prévenir qu’il m’est impossible de te recevoir ce soir; je suis plus instruite que je ne voudrais, & quoique furieuse de la scène que je viens d’avoir avec la P [la Polignac]. Je veux cacher mon ressentiment, & porter la dissimulation au dernier période; je sais que la colère n’est bonne à rien, c’est pourquoi je prends le parti qui convient, quoique contraire à mon inclination. Je ne quitterai pas le ministre que je ne l’ai mis au point que je désire, cet objet rempli, je saurai trouver un abri, & si la bombe éclate je trouverai le moyen de faire rejaillir les éclats sur ceux qui y auront mis le feu.
Ne pars que demain à un heure et ne manque pas de te promener ce soir dans l’allée de T [Trianon]. Comme je ne doute pas (d’après ce qui m’a été dit) qu’on fait épier toutes tes démarches il est essentiel de les embarrasser, & de les mettre dans l’impossibilité de réaliser leurs soupçons.
La Comtesse restera ici demain afin de pouvoir te faire savoir ce qui se sera passé; compte sur mon attachement, & sois persuadé que je saurai traiter comme je le dois des ingrats qui sont devenus tes ennemis parce que tu ne m’as pas été présenté par eux. De la discrétion surtout; je compte sur la Comtesse comme sur moi-même.”

Full length color image of Countess de la Motte (necklace) aka. Jeanne de Valois, by George Stuart.Jeanne de La Motte, figurine réalisée par  par George Stuart

Le 1er février 1785

Convaincu, le cardinal signe les quatre traites et se fait livrer le bijou qu’il va porter le soir même à Madame de La Motte dans un appartement qu’elle a loué à Versailles. Devant lui, elle le transmet à un prétendu valet de pied portant la livrée de la Reine (qui n’est autre que Rétaux de Villette). Pour avoir favorisé cette négociation, l’intrigante bénéficiera même de cadeaux du joaillier.

Viviane Romance est Jeanne de La Motte (1946) du Collier de la Reine de Marcel L’Herbier

Immédiatement les escrocs dessertissent maladroitement le collier en abîmant les pierres précieuses et commencent à revendre les pierres. Rétaux de Villette a quelques ennuis en négociant les siennes. Leur qualité est telle, et, pressé par le temps, il les négocie si en dessous de leur valeur, que des diamantaires juifs soupçonnent le fruit d’un vol et le dénoncent. Il parvient à prouver sa bonne foi et part à Bruxelles vendre ce qu’il lui reste. Le comte de La Motte part de son côté proposer les plus beaux diamants à deux bijoutiers anglais de Londres. Ceux-ci, pour les mêmes raisons que leurs collègues israélites, flairent le coup fourré. Ils envoient un émissaire à Paris : mais aucun vol de bijoux de cette valeur n’étant connu, ils les achètent, rassurés. Les dernières pierres sont donc vendues à Londres.

Illa Meer est Jeanne de La Motte, dans le film Cagliostro (1929) de Richard Oswald

Le 1er août 1785

Pendant ce temps, la première échéance est attendue par le joaillier et le cardinal. Toutefois, l’artisan et le prélat s’étonnent de constater qu’en attendant, la Reine ne porte pas le collier. Madame de La Motte les assure qu’une grande occasion ne s’est pas encore présentée, et que d’ici là, si on leur parle du collier, ils doivent répondre qu’il a été vendu au sultan de Constantinople. En juillet cependant, la première échéance approchant, le moment est venu pour la comtesse de gagner du temps. Elle demande au cardinal de trouver des prêteurs pour aider la reine à rembourser. Elle aurait, en effet, du mal à trouver les 400 000 livres qu’elle doit à cette échéance. Mais le bijoutier Böhmer va précipiter le dénouement. Ayant eu vent des difficultés de paiement qui s’annoncent, il se rend directement chez la première femme de chambre de Marie-Antoinette, Madame Campan, et évoque l’affaire avec elle. Celle-ci tombe des nues et naturellement va immédiatement rapporter à la Reine son entretien avec Böhmer. Marie-Antoinette, pour qui l’affaire est incompréhensible, charge le baron de Breteuil, ministre de la Maison du Roi, de tirer les choses au clair. Le baron de Breteuil est un ennemi du cardinal de Rohan, ayant notamment convoité en vain son poste d’ambassadeur à Vienne. Découvrant l’escroquerie dans laquelle le cardinal est impliqué, il se frotte les mains, et compte bien lui donner toute la publicité possible.

Gaby Morlay est Jeanne de La Motte dans  Si Versailles m’était conté (1953)

La prétendue comtesse, sentant les soupçons, s’est entre-temps arrangée pour procurer au cardinal un premier versement de 35 000 livres, grâce aux 300 000 livres qu’elle a acquis de la vente du collier et dont elle s’est déjà servie pour s’acheter une gentilhommière. Mais ce versement, d’ailleurs dérisoire, est désormais inutile. Parallèlement, la comtesse informe les joailliers que la prétendue signature de la Reine est un faux, afin de faire peur au cardinal de Rohan et l’obliger à régler lui-même la facture par crainte du scandale. L’affaire éclate. Entre-temps, les mêmes aigrefins, menés par l’ex-inspecteur des mœurs, agent secret et escroc Jean-Baptiste Meusnier, en profitent pour soutirer 60 000 autres livres à d’autres bijoutiers.

Le 14 août 1785

Le Roi est prévenu de l’escroquerie .

Le 15 août 1785

Alors que le cardinal — qui est également grand-aumônier de France — s’apprête à célébrer en grande pompe la messe de l’Assomption dans la chapelle du château de Versailles, il est convoqué dans les appartements du Roi en présence de la Reine, du garde des sceaux Miromesnil et du ministre de la Maison du Roi, Breteuil.

Louis-Auguste de Breteuil ( 1730 – 1807),ministre de la Maison du Roi

Il se voit sommé d’expliquer le dossier constitué contre lui. Le prélat comprend qu’il a été berné depuis le début par la comtesse de La Motte. Il envoie chercher les lettres de la « Reine ». Le Roi réagit :

« Comment un prince de la maison de Rohan, grand-aumônier de France, a-t-il pu croire un instant à des lettres signées Marie-Antoinette de France ! ».

La Reine ajoute :

« Et comment avez-vous pu croire que moi, qui ne vous ai pas adressé la parole depuis quinze ans, j’aurais pu m’adresser à vous pour une affaire de cette nature ? ».

Le cardinal tente de s’expliquer.

Lana Marconi est la Reine dans Si Versailles m’était conté de Sacha Guitry (1953)

« Mon cousin, je vous préviens que vous allez être arrêté. », lui dit le Roi.

Le cardinal supplie le Roi de lui épargner cette humiliation, il invoque la dignité de l’Église, le souvenir de sa cousine la comtesse de Marsan qui a élevé Louis XVI.Le Roi se retourne vers le cardinal :

« Je fais ce que je dois, et comme Roi, et comme mari. Sortez. »

Au sortir des appartement du Roi, il est arrêté dans la Galerie des Glaces au milieu des courtisans médusés.

Du 16 août 1785 au 1er juin 1786

Le cardinal est emprisonné à la Bastille. Il commence immédiatement à rembourser les sommes dues, en vendant ses biens propres, dont son château de Coupvray (à la fin du XIXe siècle, les descendants de ses héritiers continueront de rembourser sporadiquement par fractions les descendants du joaillier…).

La comtesse de La Motte est arrêtée, son mari s’enfuit à Londres (où il bénéficie du droit d’asile) avec les derniers diamants, Rétaux de Villette est déjà en Suisse.

Résultat de recherche d'images pour "Rétaux de Villette"Rétaux de Villette

Le 20 octobre 1785

On interpelle aussi Cagliostro et  Nicole Leguay à Bruxelles avec son amant dont elle est enceinte.

En attendant le procès, Jeanne est au secret à la Conciergerie, ignorant la teneur de son arrêt et ne pouvant même communiquer avec ses conseils. Malgré les égards qu’on a pour elle, puisque, suivant Bachaumont, elle mange à la table du concierge Hubert, chez qui elle reste pendant la journée, elle passe par des alternatives d’espérance et de désespoir.

Le procès

Jeanne de La Motte (1756-1791), qui a toujours eu des velléités d’appartenir à la famille royale, est enfin invitée à loger au palais du Roi… Robert II le Pieux… pour y être jugée.

Résultat de recherche d'images pour "la conciergerie"La Conciergerie

Le Roi laisse au cardinal le choix de la juridiction qui aura à se prononcer sur son cas : ou bien s’en remettre directement au jugement du roi en huis clos, ou être traduit devant le Parlement de Paris. Ceci s’avère fort malhabile de la part de Louis XVI : le cardinal décidant de mettre l’affaire dans les mains du Parlement qui est toujours, plus ou moins, en fronde contre l’autorité royale.

Le 22 mai 1786

Le procès public s’ouvre devant les soixante-quatre magistrats de la Tournelle et la Grand-chambre du Parlement présidée par le marquis Étienne François d’Aligre assisté de conseillers honoraires et maîtres des requêtes.

Le 30 mai 1786

Le parlement rend son verdict, face à une presse qui se déchaîne. Le cardinal est acquitté (aussi bien pour l’escroquerie que pour le crime de lèse-majesté envers la Reine et ce malgré un mémoire à charge réalisé par un homme d’intrigue, sieur Bette d’Etienville et le réquisitoire du procureur Joseph Omer Joly de Fleury) à vingt-six voix de conseillers contre vingt-trois.

Le 31 mai 1786

Pour la prétendue comtesse de La Motte, fort mal défendue par son avocat, maître Doillot, l’arrêt est impitoyable :

“…condamne Jeanne de Valois de Saint-Rémy de Luz, femme de Marc-Antoine-Nicolas de La Motte, à être, ayant la corde au col, battue et fustigée nue de verges et flétrie d’un fer chaud en forme de la lettre V (de “voleuse”) sur les deux épaules par l’Exécuteur de la haute justice, devant la porte des prisons de la Conciergerie du Palais; ce fait, amenée et conduite en la maison de force de l’Hôpital de la Salpêtrière et renfermée à perpétuité.”

La condamnée se débat tant que l’un des V est finalement appliqué sur son sein), provoquant ainsi la compassion du public…

Elle ne cesse de défaillir lorsqu’on la traîne jusqu’à un fiacre pour l’emmener jusqu’à la maison d’arrêt.

Son mari est condamné aux galères à perpétuité par contumace, et Rétaux de Villette est banni, il s’exile à Venise où il écrit en 1790 Mémoire historique des intrigues de la Cour, et de ce qui s’est passé entre la Reine et le comte d’Artois.

Nicole Leguay est déclarée « hors de cours » (mise hors de cause après avoir ému le tribunal avec son bébé dans les bras), retournera dans l’ombre et décédera à 28 ans.

Cagliostro après avoir été embastillé puis soutenu par Jacques Duval d’Eprémesnil, défendu par le brillant avocat Jean-Charles Thilorier, est bientôt expulsé de France. Il sera  emprisonné pendant l’Inquisition italienne et mourra en prison.

Le 30 juin 1786

Jeanne de La Motte est transférée à la prison de la Salpêtrière. Le régime y est très dur : on la rase, on la revêt de “l’habit de la maison“, qui comprend une chemise de grosse toile, une robe de bure grise, une vieille jupe, un bonnet de laine, des bas gris et une paire de sabots. Elle est nourrie comme les pauvres: trois onces de viande trois fois la semaine, les autres jours un peu de fromage et des soupes grasses ou maigres “qui sont toujours très mauvaises“.

Tout est triste et morne dans ce département et y offre l’image d’une mort lente ou prolongée. D’un côté, une petite cour sombre et infecte le long de laquelle sont rangées des cellules étroites et qui sont froides et humides dans toutes les saisons; d’un autre côté, des dortoirs où des femmes sont rassemblées dans un très petit espace… partout de l’entassement et un air étouffé…

Rapport de La Rochefoucauld-Liancourt

Les lits de la Salpêtrière sont garnis d’une paillasse, d’un mauvais matelas et d’une vieille couverture; les draps en sont changés toutes les six semaines. Jeanne doit trouver place dans une des soixante-douze lits à six personnes de l’immense dortoir. Elle est vite connue comme la célébrité de la prison et saura se servir de cette notoriété…  Dès qu’on l’amène sur le lit qui lui est destinée , elle retombe “dans un nouvel accès de frénésie”: elle mord la couverture et essaie de s’étouffer en l’enfonçant dans sa gorge.

On s’empresse autour d’elle , on s’efforce de la calmer, mais il paraît impossible de la laisser là. Les prisonnières elles-mêmes sont émues de ce spectacle. L’une d’elles, Angélique Génicaud, consent alors à lui céder le petit cachot qu’elle occupe seule et à reprendre place en salle commune. Malgré tout, la loge cédée par Angélique est un lieu suffisamment affreux. En y entrant, à l’idée qu’elle est là jusqu’à la fin de ses jours, Madame de La Motte se trouve mal de désespoir et reste comme morte pendant près de quatre heures:

Il semblait qu’on l’avait saignée des quatre membres.

D’une dimension de 1 m. 90 sur 1 m. 30, cette loge dispose d’une lucarne de 0 m. 30 carrée, sans vitre , ni volets et donnant sur la grande cour intérieure. Le mobilier est des plus sommaires : un grabat formé de deux planches, avec une paillasse, un matelas de vieille bourre et une méchante couverture, le tout plus ou moins rempli de vermine; point de table ni de chaise. Cela ne durera pas :

” M. Tillet chargea la Supérieure générale de me faire donner un bon lit, ce qui fut exécuté le lendemain; après quoi, il m’envoya une estampe superbe représentant une Magdelaine pénitente et un Christ en ivoire… que je suspendis à la tête de mon lit… ; plusieurs petits livres que je rangeai sur un rayon . On me donna aussi une table et des chaises de sorte que je ne pouvais plus entrer dans ma loge sans en enlever une … ; j’avais , en outre, une grande variété de petits tableaux qui me tenaient lieu de tapisserie; enfin… ma “tanière” était changée en une espèce d’oratoire que toutes les Sœurs venaient admirer”

Jeanne de La Motte, qui aime mentir, rappelons le !

Le bruit s’en répand dans le public qui en montre quelque surprise :

“Madame de la Motte n’est point du tout traitée en criminelle, elle a chaise-longue, coussins et autres petits accessoires d’aisance et de luxe…”

Métra, Correspondance Littéraire Secrète (1786-1787)

A son arrivée, Jeanne est astreinte au travail : lingerie, tricot ou filage.

La Salpêtrière est alors dirigée par Mademoiselle Marie-Elisabeth Robin ( 1729-1806 ), dite Madame Victoire, alors âgée de cinquante-sept ans et en fonction depuis le 29 janvier 1777.

Marie-Antoinette est au comble de l’humiliation. Elle prend l’acquittement du cardinal comme un camouflet.  La Reine, désormais consciente que Son image s’est dégradée auprès de l’opinion, obtient donc du Roi qu’il exile le cardinal de Rohan à l’abbaye de la Chaise-Dieu, l’une des abbayes en commende du cardinal, après l’avoir démis de son poste de grand aumônier. Il restera trois mois dans cette abbaye, après quoi il ira sous des cieux plus cléments, à l’abbaye de Marmoutier près de Tours.

Ce n’est qu’au bout de trois ans ( le 17 mars 1788 ) que le Roi autorisera le cardinal de Rohan à retrouver son diocèse de Strasbourg.

Et ce n’est qu’en 1881 que la famille de Rohan finira de payer le collier, aux descendants des joailliers.

Dès juillet 1786

Jeanne reçoit de très abondants secours en argents d’ “âmes compatissantes”.

Le duc d’Orléans, futur Philippe-Egalité (1747-1793), chef avoué de l’opposition à la Cour, ne manque pas cette occasion de manifester ses sentiments: il organise une quête publique en faveur de la prisonnière, nous rapporte H. Légier Desgranges dans son livre L’Evasion de Madame de La Motte (1949)…

Louis Philippe d’Orléans par Reynolds

Le 1er août 1786

Jeanne aurait tenté de s’évader, c’est le bruit qui court :

“Elle avait déjà fait un trou pour y passer la tête, elle s’est engagée dans cette ouverture de manière qu’elle ne pouvait plus ni avancer, ni reculer ; la frayeur l’a saisie ; elle a crié, on est venu à son secours et sa tentative ne lui a procuré qu’un accroissement de rigueur.”

Vers la mi-août 1786

On sait que la princesse de Lamballe (1749-1792), belle-sœur du duc d’Orléans, rappelons-le, se présente à la Salpêtrière, sous prétexte de visiter la maison qu’elle ne connaît pas… Guidée par Madame Victoire en personne, elle en examine tous les détails, puis, venant au réel but de sa venue, la princesse demande à visiter Jeanne de La Motte (pour l’aider à son évasion??? ), la Supérieure réplique vivement :

Madame de La Motte a été condamnée à être enfermée, pas à vous recevoir“…

Le mot fit le tour des salons… on imagine bien que c’est par Madame Victoire et pas Madame de Lamballe que l’anecdote a circulé…

Mais demeure le mystère de la raison de cette visite. Était-ce en tant qu’émissaire de la Reine qui voulait prendre des nouvelles de la néfaste voleuse? C’est ce que tout le monde se plaît à croire en tout cas !

On évoque un simple mouvement de générosité impulsive de Marie-Antoinette envers une femme dont, malgré son crime, on ne peut s’empêcher de déplorer le sort affreux. N’oublions pas que la Cour hésita longtemps à autoriser l’exécution de l’arrêt porté contre Madame de La Motte.

Cette pitié déplacée jette sur la cause de la Reine une ombre pénible…

Stefan Zweig

La princesse se défendra avec force d’avoir favorisé l’évasion l’année suivante:

” J’aurais été la plus grande ennemie de la Reine , si j’eusse procuré la liberté à une femme dont les actions furent celles qu’on pouvait naturellement attendre de son caractère dépravé.”

Le 27 mai 1787

François Cognel, un magistrat de province, constate , en voyant Jeanne à la Salpêtrière, qu’en réalité, elle avait conservé ses cheveux et qu’elle ne revêtait pas le costume de la maison.

Sa mise est celle d’une dame en négligé“.

Plus tard, en faisant l’inventaire des effets portés par Jeanne à la Salpêtrière, on constate un superbe mantelet de mousseline brodée, deux chemises, une très belle jupe de basin et des coiffes.

En prison, Jeanne tente de se faire passer pour folle en se renversant dessus son pot de chambre, qu’elle se casse sur le front, s’égratignant ensuite le cou avec les morceaux. Depuis ce moment, elle est gardée à vue et deux femmes partagent sa cellule pendant la nuit. Et pourtant ….

Le 5 juin 1787

Madame de La Motte qui a nié toute implication dans l’affaire, reconnaissant seulement être la maîtresse du cardinal, parvient à s’évader de la Salpêtrière.

Le 22 juin 1787

“Madame de La Motte ne s’est pas évadée par une porte qu’elle a trouvée sans garde, comme on l’a débité ; il est certain qu’elle a disparu, mais on ignore absolument par quels moyens elle est parvenue à recouvrer la liberté. On a fait à ce sujet les interrogatoires juridiques requis en pareil cas ; mais ils n’ont abouti à rien: ce secret restera sans doute caché pour le public.”

La Gazette de Hollande

Au bout de quelques semaines, grâce à de mystérieuses protections : le duc d’Orléans met sur pied une quête publique en sa faveur.

Elle gagne l’Angleterre et publie à Londres un récit, dans lequel elle raconte sa liaison avec Marie-Antoinette, la complicité de celle-ci depuis le début de l’affaire et jusqu’à son intervention dans l’évasion.

Évasion de Mme de La Motte

L’abbé Georgel et Lescure croient que l’ “on consentit à l’évasion afin d’empêcher Nicolas de La Motte d’imprimer à Londres des pièces dont on craignait la publicité” et qu’il avait exigé, pour prix de son silence, ;a liberté de sa femme et “une bourse de 4 000 louis”.

Cela semble peu probable lorsque l’on considère les nombreux pamphlets contre la Reine qui circulent alors depuis des années.

Toujours est-il que :

En avril 1787

Le duc et la duchesse de Polignac (1749-1793) passent deux mois en Angleterre dont six semaines à Bath. Ils semblent également missionnés d’aller trouver Madame de La Motte à Londres pour calmer les bruits qu’elle y fait courir contre Marie-Antoinette. Il est faux que Madame de La Motte ait en son pouvoir des lettres qui puissent compromettre la Reine, “mais toute calomnie répandue contre (Elle) exerce sur les esprits prévenus plus d’empire que la vérité“.

Le 18 août 1789

Nicolas de La Motte, mouche de la police, retourne à Paris et n’est pas inquiété par celle-ci (probablement protégé par le lieutenant général de police Lenoir (1732-1807) alors qu’il a vendu une partie des joyaux du collier à Londres.

A Londres, n’assumant pas sa déchéance,  Jeanne de La Motte colporte toutes sortes de ragots contre Marie-Antoinette, qu’elle juge responsable de la misère qui la poursuit jusque là. Ce doit être l’air de la ville ou du pays car d’autres, plus tard auront une attitude similaire…

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Le 21 juin 1791

A Londres, Jeanne est persécutée par des agents présumés de la couronne française. Elle se dirige vers une fenêtre du troisième étage de l’hôtel où elle loge et quand elle voit ses poursuivants entrer, elle se laisse tomber sur le trottoir où un parfumeur gravement malade la prend dans ses bras.

Le 23 août 1791

A Londres, Jeanne de La Motte se défenestre et se tue. Certaines personnes croient qu’elle a été assassinée par des royalistes. Mais elle tentait bien plus probablement d’échapper à des créanciers.

Aucune description disponible.

Le 20 juillet 1792

La sentence prononcée en 1786 contre Madame de La Motte est cassée. Il s’agit d’une mise en accusation indirecte de la Reine.

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