Le baron de Breteuil

Louis-Auguste, baron de Breteuil, par Ménageot

Louis-Auguste Le Tonnelier , baron de Breteuil, est issu d’une illustre famille de hauts commis de l’État.

Le 7 mars 1730

Naissance de Louis-Auguste Le Tonnelier à Azay-Le-Ferron dans l’Indre. Il est le fils de Charles-Auguste Le Tonnelier de Breteuil (1701-1731), baron de Preuilly et de Marie Anne Françoise Goujon de Grasville (1714-1753).

Il est le neveu de Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, duchesse du Châtelet.

Emilie du Châtelet

Louis-Auguste fait son entrée dans le monde sous les auspices de son oncle, l’abbé de Breteuil, ancien agent du clergé de France et chancelier du duc d’Orléans, qui obtient pour lui le grade de guidon de gendarmerie. 

Le 10 septembre 1749

Décès de Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet à Lunéville, des suite de l’accouchement de son quatrième enfant, Stanislas-Adélaïde.

Emilie du Châtelet par Marianne Loir

Le 24 janvier 1752

Louis-Auguste de Breteuil se marie à Philiberte Jérôme Parat de Montgeron (1737-1786) dont il aura une fille, Marie Élisabeth Émilie (1757-1833), qui épousera en 1772 le comte Louis Charles Auguste de Goyon de Matignon (1755-1773).

Louis-Auguste de Breteuil

De 1756 à 1763

Il sert dans l’armée et la diplomatie, durant la guerre de Sept Ans.

En 1758

Son caractère vif et entreprenant, la vivacité de son esprit, la facilité de ses conceptions, la justesse de son jugement et son extrême activité, font remarquer de bonne heure le jeune Breteuil par Louis XV, qui l’envoie à Cologne en qualité de ministre plénipotentiaire auprès de Clément-Auguste de Bavière (1700-1761), archevêque-électeur de Cologne, et l’initie à sa correspondance particulière dont le comte de Broglie (1719-1781) était l’âme.

Hahnentor, l'une des anciennes portes de Cologne (à l'Ouest) existe toujours
Cologne en 1891, par William Callow

En 1760

Il est ministre plénipotentiaire en Russie, où il lui aurait été suggéré de devenir l’amant de Catherine II (1729-1796) afin de s’assurer de  son amitié envers la France mais il s’y serait refusé. La vigoureuse Impératrice n’est pourtant son aînée que d’une année, contrairement à la plupart de ses futures conquêtes…

Catherine II de Russie
Pierre III de Russie, par Lucas Conrad Pfandzelt

Toutefois, en se mettant en travers d’une demande de prêt qu’elle avait sollicité afin de lui permettre de monter un coup d’état contre son mari le Tsar Pierre III, il s’attira de sa part un ressentiment tenace qui a pu avoir d’importantes conséquences après 1789.

Par la suite, en Suède, sa grande amitié avec le successeur du souverain, Gustave, futur Gustave III (1746-1792), ne fut sans doute pas étrangère à l’amitié, certes aussi intéressée, que ce Roi porta à la France et notamment après 1789, puisqu’il fut l’un des seuls monarques européens à tenter d’aider Louis XVI. Durant ce séjour en Suède, il se lia d’amitié avec le comte von Fersen (1719-1794)  ce qui explique qu’il accueillera et protégé son fils, Axel (1755-1810), lorsque celui-ci se rendra en France.

Fredrick Axel von Fersen, pastel
Hans Axel von Fersen par Gustaf Lundberg (1769)
Gustave III, Roi de Suède, par Pasch

Gustave III  lui offre un service de vaisselle en porcelaine à ses armoiries, provenant de la manufacture de Marieberg.

En 1765

Sa femme meurt en couches. Louis-Auguste se consolera avec des maîtresses successives.

En 1769

Ambassadeur en Suède, il assiste à la célèbre diète de cette année et n’est pas étranger à la révolution qu’elle voit éclater.

En 1770

Il est nommé une première fois ambassadeur en Autriche, le poste le plus prestigieux de la diplomatie française en raison du pacte d’alliance entre les deux pays.

Joseph II
L'Impératrice Marie-Thérèse
Marie-Caroline, Reine de Naples

Le 16 mai 1770

Le Dauphin Louis-Auguste (1754-1703) épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette (1755-1793).

Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo
Marie-Antoinette Dauphine, huile sur toile de Joseph Ducreux, 1770

Désigné pour le royaume de Naples et des Deux Siciles, il se gagne l’amitié de la Reine Marie-Caroline, sœur aînée de Marie Antoinette et par conséquent, celle de sa mère, l’Impératrice Marie-Thérèse (1717-1780). Aussi, on ne s’étonnera pas qu’en 1774, à la mort de Louis XV, il soit à nouveau désigné pour Vienne :

« Les sept années d’ambassade à Vienne furent les plus fructueuses de sa carrière diplomatique. Il aida au maintien de l’alliance franco-autrichienne tout en contrôlant la tendance des Habsbourgs à l’exploiter à son propre avantage. Mais au dessus de cela, il se fit une amie sûre de Marie-Thérèse dont les vues essentiellement défensives s’accordaient aux intérêts français. »

Ceci déplaît à l’Empereur Joseph II et par voie de conséquence à son principal conseiller le prince de Kaunitz ainsi qu’à son fidèle protégé Mercy-Argenteau. Le rôle qu’il joua lors du traité de Teschen  en ne soutenant pas les prétentions de l’empereur sur la Bavière, renforça cette inimitié ce qui explique le ton acerbe à son égard des lettres de Kaunitz et de Mercy Argenteau.

Florimond-Claude, comte de Mercy-Argenteau

En avril 1773

Après Rome, Axel de Fersen se rend à Naples où il est reçu par la Reine Marie-Caroline (1752-1814). Il loge chez l’ambassadeur de France, le baron de Breteuil, et sa fille madame de Matignon. Il avait été tissé des liens avec le comte de Fersen père lorsqu’il était en poste à Stockholm de 1763 à 1766. Le jeune Axel s’y sent rapidement en famille. 

Le 10 mai 1774

Louis XV (1710-1774) meurt de la petiute vérole. Son petit-fils devient le Roi Louis XVI.

Louis XV par Armand-Vincent de Montpetit
Louis XVI d'après Duplessis

En 1775

Il remplace Louis, cardinal de Rohan à Vienne. Il y est autrement plus apprécié que son prédécesseur. Il sert en particulier de médiateur entre la Prusse et l’Autriche lors de la guerre de Succession de Bavière en 1779.

Le baron de Breteuil

Breteuil est, au nom de Louis XVI, médiateur durant la guerre de Succession de Bavière qui, après la mort de l’électeur Maximilien III Joseph de Bavière décédé sans postérité, opposait la Prusse et l’Autriche et il est l’acteur principal de la négociation du traité de paix de Teschen, signé le 13 mai 1779, qui permet de résoudre ce différend. 

Le 13 mai 1779

La paix de Teschen évite à l’Europe de sombrer dans une guerre généralisée.

Ses efforts sont récompensés par l’estime des têtes couronnées européennes et par la Table de Teschen, un magnifique meuble en pierres dures et précieuses, offert conjointement par l’Impératrice Marie-Thérèse et par le Roi de Saxe.

La table de Teschen, musée du Louvre
La table de Teschen

Breteuil protége durant sa carrière  un certain nombre de jeunes gens talentueux dont, entre autres, Paul Barras (1755-1829) et Marc de Bombelles (1744-1822) qui lui est redevable de son entrée dans la carrière diplomatique et son mariage à la cour avec Angélique de Mackau (1778).

 

 

 

 

 

 

Voir cet article : 

De 1775 à  1780

Il est à Vienne, où il est bientôt remplacé par le cardinal de Rohan (1734-1803) : c’est la première cause de la haine que se portent ces deux hommes, et dont le baron de Breteuil donnera une preuve par sa conduite pleine de partialité lors de l’affaire du collier.

En 1780

Breteuil accepte d’être grand viguier d’Andorre.

En 1783

Breteuil rentre à Paris et est nommé à la tête de la maison du Roi et à celle du département de Paris. Il pratique une politique de bon sens, mettant en chantier divers projets de réforme. Il est accusé d’avoir milité contre Rohan dans l’affaire du Collier et est contraint de démissionner par les partisans de Calonne. Ses ennemis politiques le disent vain et nul.
Hézecques rapporte qu’il a vu une caricature du ministre avec , pour seule légende, un air noté de l’opéra de Magnifique, dont les paroles sont :

« Oh! c’est un beau cheval ! »

Le château de Breteuil

Protecteur de Beaumarchais mais adversaire de la révolution, Breteuil se déclare favorable à la répression des premiers troubles populaires.

L’action de Breteuil entre 1783 et 1786 renforce l’impression que l’on a d’un personnage complexe et contradictoire. L’homme qui ferma la sinistre prison de Vincennes et réforma l’usage des lettres de cachet pouvait aussi chercher à manipuler la justice pour détruire l’un de ses ennemis personnels.  Cette ambiguïté est également  renforcées par   la dernière phase du ministère de Breteuil. Le baron contribua de manière significative à l’appointement de Loménie de Brienne, arguant farouchement en présence du Roi contre le rappel de Necker pour remplacer Calonne, contrairement à ce que plusieurs de ses collègues avançaient. Cependant, il n’a clairement pas milité pour que Loménie de Brienne devienne premier ministre comme il le fit au mois d’août 1787, il ne manifesta aucune sympathie pour l’archevêque. Une partie de cette désaffection était due ainsi à une simple lutte de pouvoir. Comme le ministère entrait en crise à l’été 1788, Breteuil subit de fortes pressions de la part de son cercle d’amis, spécialement la duchesse de Brancas et Rulhière, pour renverser Loménie de Brienne et prendre lui-même le pouvoir.

Bombelles dresse un tableau vivant de ces intrigues :

« On voudrait à toute force en ce moment faire jouer à M. le baron de Breteuil un rôle qui n’est pas fait pour lui. On cherche à lui persuader que, seul capable de ramener l’ordre et la confiance de la nation, il doit profiter des circonstances pour culbuter le ministre principal ainsi que le garde des Sceaux. Rulhière et la duchesse de Brancas tiennent le haut bout de cette clique. Lorsqu’ils chuchotent ensemble, on croirait voir la haine et la discorde conjurer de concert la perte de tous les mortels »

En 1784

Chargé, avec le contrôleur général des finances Calonne, de négocier avec le duc d’Orléans le rachat par Louis XVI du domaine de Saint-Cloud, Breteuil reçoit en récompense, le pavillon du Mail, qu’on appelle désormais le pavillon de Breteuil. 

Le pavillon de Breteuil

En août 1785

Un scandale éclate : le cardinal de Rohan aurait acheté un collier (d’un million six cent mille livres !) pour la Reine par l’entremise d’une voleuse et d’un charlatan…

La prétendue comtesse, sentant les soupçons, s’est entre-temps arrangée pour procurer au cardinal un premier versement de 35 000 livres, grâce aux 300 000 livres qu’elle a acquis de la vente du collier et dont elle s’est déjà servie pour s’acheter une gentilhommière. Mais ce versement, d’ailleurs dérisoire, est désormais inutile. Parallèlement, la comtesse informe les joailliers que la prétendue signature de la Reine est un faux, afin de faire peur au cardinal de Rohan et l’obliger à régler lui-même la facture par crainte du scandale. L’affaire éclate. Entre-temps, les mêmes aigrefins, menés par l’ex-inspecteur des mœurs, agent secret et escroc Jean-Baptiste Meusnier, en profitent pour soutirer 60 000 autres livres à d’autres bijoutiers.

De plus en plus scandalisée, Marie-Antoinette presse Vermond et Breteuil de faire éclater l’affaire au grand jour

 

 

 

Voir cet article : 

Le marquis de Breteuil dans le docu-fiction L'Affaire du Collier de la Reine ; Injam Production - Cinaps télévision - 2011
Gaby Morlay est Jeanne de La Motte dans  Si Versailles m'était conté (1953)

Le 13 août 1785

Après de longues concertations avec l’abbé de Vermond et le ministre, il est décidé que ce dernier en parle au Roi, veille de l’Assomption, jour de fête de la Reine

Le 14 août 1785

Le Roi est prévenu de l’escroquerie .

Le 15 août 1785

Alors que le cardinal — qui est également grand-aumônier de France — s’apprête à célébrer en grande pompe la messe de l’Assomption dans la chapelle du château de Versailles, il est convoqué dans les appartements du Roi en présence de la Reine, du garde des sceaux Miromesnil et du ministre de la Maison du Roi, Breteuil.

Jean-Pierre Aumont est le cardinal de Rohan dans Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry
Brian Cox incarne Breteuil dans L'Affaire du Collier de Charles Shyer

 

Le cardinal se voit sommé d’expliquer le dossier constitué contre lui.

Louis-Auguste de Breteuil,ministre de la Maison du Roi, par Ménageot
Lana Marconi est la Reine dans Si Versailles m'était conté (1953) de Sacha Guitry
Le marquis de Breteuil au parlement pendant le procès dans L'Affaire du Collier (2001)
Une réplique du collier de diamants et de diverses autres pièces de Marie-Antoinette au château de Breteuil

 A Paris, Breteuil fait démolir les dernières maisons construites sur les ponts et s’intéresse à l’amélioration des conditions d’hospitalisation dans les hôpitaux.

Depuis le 11 décembre 1785

Membre de l’Académie des sciences, Breteuil s’intéresse aux travaux de Montgolfier et du physicien Charles, soutient les expériences des vols de ballons habités et crée dans l’armée le corps des aérostiers.

Ascension de la mongolfière Marie-Antoinette, musée Mandet

Le 24 juillet 1788

En raison d’un désaccord avec Calonne (il s’oppose à la convocation des États Généraux), le baron de Breteuil démissionne de ses fonctions. Ayant néanmoins conservé la confiance du Roi, il est fréquemment consulté par celui-ci sur l’évolution de la situation à la veille de la Révolution française.

Le 26 juillet 1788

Après avoir remis au Roi, lors de son Lever, sa démission de sa charge de secrétaire d’état à la Maison du Roi, le baron de Breteuil, l’après-midi, va au Petit Trianon. Il rapporte à la Reine les sceaux de sa Maison qu’Elle lui avait confié. Elle lui a proposé de rester au Conseil quoiqu’il ait donné sa démission. Il s’est refusé avec respect à cette marque d’estime et de bonté. Marie-Antoinette, au moment où il se retire, lui dit de s’adresser toujours à Elle pour tout ce qu’il pouvait désirer.

En 1789

Breteuil participe, avec Malesherbes, à l’élaboration des «édits de tolérance», sous l’impulsion de Louis XVI, il est sans doute victime des clans de la Cour.

Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

Procession des trois ordres, du Roi et de la Reine qui se rendent dans la salle des Menus Plaisirs de Versailles.

Ouverture des Etats Généraux

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Le Serment du Jeu de Paume par Jacques-Louis David

Le 11 juillet 1789

Renvoi de Necker. Louis XVI nomme le baron de Breteuil pour lui succéder comme principal ministre

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

La prise de la Bastille dans Les Années Lumière (1989) de Robert Enrico

Dès le 

Louis XVI doit se résoudre à rappeler Necker qui prend alors le titre de Premier ministre des finances. C’est la Reine Elle-même qui presse Necker à reprendre sa place dans le gouvernement pour satisfaire la vindicte populaire.

Image des Adieux à la Reine de Benoît Jacquot

Le 17 juillet 1789

Le baron de Breteuil fait partie des premiers émigrés, en même temps que le comte d’Artois, la famille Polignac ; il part en Allemagne, puis en Suisse. Gardant la confiance du Roi, il entreprend de négocier avec divers représentants des puissances étrangères.

En 1790, Louis XVI écrit à Breteuil :

« Vous connaissez mes intentions, et je laisse à votre prudence à en faire l’usage que vous jugerez nécessaire pour le bien de mon service. J’approuve tout ce que vous ferez pour arriver au but que je me propose, qui est le rétablissement de mon autorité légitime et le bonheur de mes peuples .»

En novembre 1790

Retiré à Soleure (siège de l’ambassade de France de 1789 à 1792), Breteuil reçoit une lettre de Louis XVI lui donnant pouvoir pour « traiter avec les cours étrangères et proposer en son nom toutes les mesures qui pourraient tendre à rétablir l’autorité royale et la tranquillité intérieure dans le royaume ».

Soleure en Suisse

Le 20 juin 1791

Evasion de la famille royale .

Le 21 juin 1791

La famille royale est arrêtée à Varennes.

Chez l'épicier Sauce à Varennes, par Prieur
Le passage de la berline royale devant l'Hôtel de ville de Châlons , par Joseph Navlet

Le 25 juin 1791

La famille royale rentre sous escorte à Paris.

Le Roi est suspendu.

Après l’échec de la fuite de la famille royale, qu’il a contribué à préparer avec le comte de Fersen (juin 1791), Breteuil reçoit de Louis XVI la mission d’être son intermédiaire avec ses frères, les Princes, et de traiter secrètement avec les cours étrangères. 

Le 2 juillet 1791

Monsieur, comte de Provence écrit au baron de Breteuil :

« Etant informé directement, Monsieur, que l’intention du Roi, mon frère, pendant sa captivité, est que je fasse, en son nom, de concert avec le comte d’Artois, tout ce qui peut servir au rétablissement de sa liberté et au bien de l’Etat, en traitant, à ce sujet, avec les Puissances dont nous pouvons espérer les secours, je ne puis croire encore que Sa Majesté veuille qu’il soit donné aucune suite aux commissions et pouvoirs qu’elle aurait donnés antérieurement. Vous voudrez donc bien regarder comme finis ceux qui seraient entre vos mains, et n’employer votre zèle que conformément à ce qui serait prescrit de notre part. nous serions fort aises de recevoir de vous-même la connaissance des moyens utiles que vous croiriez devoir nous proposer. En conséquence, si vous avez quelque chose à nous communiquer, nous vous invitons à vous rendre à Coblentz, où nous allons sans délai. Après cet avis, il n’est pas besoin de vous dire que vous seriez responsable de toute démarche qui ne s’accorderait pas avec les nôtres.
Soyez persuadé de tous mes sentiments pour vous.
Louis Stanislas Xavier »

Le 14 septembre 1791

Après l’élargissement des trois gardes du corps, qui l’ont accompagné dans son voyage en juin 1791, faisant suite à son acceptation de la constitution, Louis XVI envoie des ordres au baron de Breteuil, son ministre auprès des cours étrangères, pour que M. de Moustier, M. de Malden et M. de Valory ne manquent pas de ressources qui leur seraient nécessaires. Pour préserver leur vie, ils ont émigré.

Le 22 décembre 1791

Axel de Fersen écrit à Marie-Antoinette : 

« … vos intérêts seuls me guident et me guideront toujours ; et quand vous pourriez douter des vues et des projets de M. de Breteuil, j’ai la vanité de penser que ma conduite passée doit vous ôter la possibilité de douter des miennes ; elle doit plutôt vous convaincre de leur pureté, et du zèle, de l’attachement et du dévouement que j’ai mis à votre service. Mon seul désir est de vous servir ; ma plus douce récompense, la seule à laquelle j’aspire, est la gloire d’y réussir ; je n’en veux pas d’autre. Je ne serais que trop récompensé si je pouvais vous savoir heureux et penser que j’ai été assez heureux pour y avoir contribué. »

En 1792

Objet d’attaques violentes de la part de l’entourage des princes, Louis-Auguste se retire complètement des affaires, à Hambourg.

Hambourg
L’influence du baron de Breteuil, au sein de l’émigration et auprès des cours étrangères, va subsister jusqu’à la mort de Louis XVI. Le pouvoir que Louis XVI avait donné au baron de Breteuil qui lui permettait d’agir en son nom n’avait plus de valeur.

Le lundi 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette.

Le 27 juillet 1794 (ou le 9 thermidor)

Robespierre, blessé par balle au visage et gisant sur un brancard, rejoint ses compagnons à la Conciergerie emprisonnés dans la nuit ou en début de matinée.

Le 8 juin 1795

L’annonce de la mort en prison du fils du défunt Roi Louis XVI âgé de dix ans, Louis XVII pour les royalistes, permet au comte de Provence de devenir le dépositaire légitime de la couronne de France et de se proclamer Roi sous le nom de Louis XVIII. Pour ses partisans, il est le légitime Roi de France.

Louis XVII agonisant
Le comte de Provence par Adélaïde Labille-Guiard

A partir de la fin de l’année 1799

Napoléon Bonaparte (1769-1821) dirige la France.

Du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804

Bonaparte est Premier consul.

Bonaparte Premier consul par Jean-Auguste-Dominique Ingres

En 1802

Rentré en France, dans un état voisin de la misère, dont il n’est tiré que par l’héritage d’une cousine, la marquise de Créquy qui lui lègue son château de Montflaux à Saint-Denis-de-Gastines. À son retour, il tente, mais sans succès, d’obtenir la restitution du pavillon de Breteuil, devenu bien national. Ruiné par la Révolution qui a saisi tous ses biens en tant qu’émigré, il vit dans un grand dénuement.

Le château de Montflaux à Saint-Denis-de-Gastines

De 1802 à 1805

Napoléon Ier est aussi président de la République italienne.

Bonaparte au Pont d'Arcole par Antoine-Jean Gros (1801)

Du 18 mai 1804 au 11 avril 1814

Napoléon Ier règne sur la France en tant qu’empereur.

Le 2 décembre 1804

Sacre de Napoléon Ier à Notre-Dame de Paris et couronnement de Joséphine.

Sacre de Napoléon Ier par Jacques-Louis David

Le 2 novembre 1807

Le baron de Breteuil meurt à Hambourg , oublié, jour du cinquante-deuxième anniversaire de la naissance de la Reine qui l’avait tenu en haute estime.

« … à trois reprises Breteuil infligea des dommages décisifs sinon mortels à la monarchie: l’achat de Saint-Cloud pour la Reine, sa conduite dans  l’Affaire du Collier de la Reine et son travail de sape à l’encontre des opérations de Calonne au Parlement. »

John Hardman

 

Outre l’amélioration dans le système des prisons d’Etat, on lui doit la démolition des maisons situées sur les ponts et le quai de Gèvres. Il protégea les arts et les gens de lettres.

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