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Marie-Thérèse d’Autriche, Impératrice du Saint Empire Romain

Maria Theresa of Austria died on this day, November 29th, 1780. She had been in poor health for several years and took a chill several days before her death. On the night of the 29th, she told her distraught family, who urged her to sleep:
“Why do...Marie-Thérèse par Meytens

Impératrice douairière du Saint Empire Romain

Roi de Hongrie, Reine de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, de Slavonie, de Galicie etc.

Archiduchesse d’Autriche

Grande princesse de Transylvanie

Duchesse de Bourgogne, de Lothier, de Styrie, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre, de Württemberg, de Haute et Basse Silésie, de Mantoue, de Milan, de Parme, de Plaisance, de Guastalla, d’Auschwitz, de Zator

Margrave de Moravie, de Burgau, de Haute et Basse Lusace

Duchesse douairière de Lorraine et de Bar

Grande duchesse douairière de Toscane

Comtesse de Habsbourg, de Flandre, de Tyrol, de Hainaut, de Kybourg, de Gorice et Gradisca, de Namur

Dame de Malines et de la Marche windique

Le 13 mai 1717

Naissance à Vienne de Marie-Thérèse Walburge Amélie Christine de Habsbourg (Maria Theresia Walburga Amalia Christina von Habsburg).

Elle est la fille de l’Empereur Charles VI (1685-1711-1740) et de l’impératrice, née Elisabeth-Christine de Brunswick-Wolfenbüttel (1691-1750), Marie-Thérèse est Archiduchesse d’Autriche par sa naissance.

                                                              Charles VI                       et 
Élisabeth-Christine de Brunswick-Wolfenbüttel

Elle suit de près le décès d’un frère Léopold né en avril 1716 et mort en novembre de la même année. Son sexe est donc une terrible déception pour les parents.

L’enfant est confiée à une aya (gouvernante en espagnol), la comtesse Charlotte de Fuchs qui sera sa véritable mère de coeur et qu’elle surnommera “Mammi”.

Le 14 septembre 1718

Naissance de sa sœur,  Marie-Anne Éléonore Wilhelmine Josèphe d’Autriche (1718-1744) à Vienne.

C’est encore une déception pour l’empire. Mais les deux soeurs seront toujours très proches.

Elle reçoit une éducation très complète et a assisté, dès l’adolescence, aux Conseils des ministres.

A portrait of Maria Theresa of Austria at three years old by an unknown artist, circa 1720-1721.L’Archiduchesse Marie-Thérèse par Antoine Pesne

En 1724

Naissance de sa sœur Marie-Amélie (1724-1730).

On craint de plus en plus à ce que le couple impérial ne puisse jamais donner d’héritier masculin.

L’aînée des Archiduchesses est donc vue comme une future princesse à marier d’une très grande importance.

La même année l’Empereur décide d’accueillir à Vienne son petit-cousin de Lorraine qu’il va vite considérer comme un fils et peut-être un potentiel successeur.

La jeune Archiduchesse de sept ans tombe éperdument amoureuse de son beau cousin. Il sera l’amour de sa vie.

François, âgé de quinze ans est donc le nouvel héritier des trônes ducaux de Lorraine et de Bar (dès lors il est surnommé Ersatzkind), il est envoyé à Vienne, à la Cour de Charles VI (1685-1740).

L’Empereur élève François comme son propre fils et prévoit de le marier à l’archiduchesse Marie-Thérèse (1717-1780), sa fille aînée et héritière.

A portrait of Maria Theresa as an archduchess of Austria with her sister, Archduchess Maria Anna by Josef Anton Fischer. 18th century.
source: Christie’sLes Archiduchesses Marie-Thérèse et Marie-Anne par Josef Anton Fischer
Marie-Therese d'Autriche dans sa jeunesseMarie-Thérèse enfant (1727)

La petite Archiduchesse est très vite passionnément amoureuse de son promis et sa forte personnalité résistera à toutes les pressions l’incitant à épouser d’autres prétendants. Cet amour durera au-delà de la mort de l’Empereur.

François de Lorraine par Pierre Gobert (et son atelier) 

Le 27 mars 1729

Au décès de son père, Léopold, duc de Lorraine,François-Etienne accède à son tour au duché.  Il doit rejoindre sa patrie qu’il a quittée à quinze ans. Quittant la cour impériale pour une plus modeste cour, il rentre à Lunéville  mais, affichant une certaine froideur, il devient vite impopulaire.

tiny-librarian:
“ Charles VI and Elisabeth Christine of Brunswick with their three surviving children: Maria Theresa, Maria Anna, and Maria Amalia. Their eldest child, a son named Leopold John, died at the age of seven months, before any of his...Charles VI , Elisabeth Christine de Brunswick et leurs trois filles : Marie-Thérèse, Marie-Anne et Marie-Amélie (vers 1730). Leur premier enfant, un fils, Léopold, né en 1716, est mort à l’âge de sept mois.

En juin 1733

À Berlin, il assiste au mariage du futur Frédéric II de Prusse (1712-1786) .

Le jeune Frédéric de Prusse

C’est alors qu’il est rappelé à Vienne par l’Empereur.

Le 12 février 1736

Marie-Thérèse épouse François-Etienne;  ils fondent ainsi la branche de Habsbourg-Lorraine.  Le jeune couple prend possession de la Toscane, où ils restent trois mois.

François-Etienne de Lorraine et Marie-Thérèse d’Autriche, école autrichienne

Malgré les nombreuses infidélités de François-Etienne, l’union est heureuse et le couple aura seize enfants.

Le 5 février 1737

Naissance de Marie-Elisabeth Amélie Antoinette Josèphe Jeanne Agathe d’Autriche à Vienne, premier enfant du grand-duc François-Etienne de Lorraine et de la grande-duchesse de Toscane, Marie-Thérèse d’Autriche.

L’Archiduchesse Marie-Elisabeth, première du nom

Si sa naissance est attendue, son sexe est une déception pour tous.

Marie-Thérèse connaîtra néanmoins rapidement les joies d’être une mère éducatrice, cette enfant et les deux qui suivront arrivant à une période où l’archiduchesse n’est encore qu’héritière et sans responsabilités importantes.

Le 6 octobre 1738

Naissance de Marie-Anne Josèphe Antoinette d’Autriche à la Hofburg, Vienne, deuxième enfant du couple archiducal.

Sa naissance est peu appréciée puisque tous espéraient un garçon. Les Lorrains, anciens sujets de son père devenus français contraints et forcés, ne cachent pas leur dépit ainsi que l’écrit la marquise de Stainville :

“(…) cela est pitoyable que cette maussade Allemande ne fasse que des filles. Elle est bien assez sotte pour en faire jusqu’à cent ans.”

Correspondance de madame de Graffigny, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 87.

Les petites princesses reçoivent une éducation conforme à leur rang qui se doit d’être avant tout religieuse. Celle-ci commence à leurs trois ans.

Très vite, les petites archiduchesses se doivent d’accompagner leur mère à l’église, aux processions et aux pèlerinages dont Marie-Thérèse est très férue.

De part la multiplicité des langues au sein des vastes territoires Habsbourg, elles doivent apprendre l’allemand, en plus du dialecte viennois, le français, la langue maternelle de leur père, l’italien, mais aussi le latin, le hongrois et le tchèque.

Les touts-petits, nés à peu d’intervalle sont logés dans ce qu’on appelle la “Kindskammer” (“la chambre d’enfant”) où ils sont généralement confiés aux soins d’une demoiselle de chambre et de ses assistantes.

Son aînée est vue comme une princesse vive et riante qui fait le bonheur de ses parents et grands-parents.

Le 18 novembre 1738

Traité de Vienne.

Image associée

François fait transférer les archives ducales à Vienne. Il part du château de Lunéville en prenant avec lui la plupart des meubles.

Le 12 janvier 1740

Naissance de Marie-Caroline (1740-1741), troisième enfant du couple archiducal.

Son sexe est encore plus une déception.

Le 7 juin 1740

La famille est en villégiature à Laxenburg.

Toute la journée, l’Archiduchesse Elisabeth est prise de vomissements. Elle se plaint de crampes à l’estomac.

Marie-Thérèse la veille mais à huit heures du soir le médecin exhorte le père d’éloigner la mère enceinte qui ne peut assister dans cet état à l’agonie de la petite princesse.

A neuf heures, François-Etienne assiste impuissant à la fin de sa fille.

 

Le 20 octobre 1740

Décès de l’Empereur Charles VI.

Quelques heures après la mort de l’Empereur Charles VI, des suites d’un empoisonnement aux champignons.

            Images de Maria Theresia (2017) de Robert Dornhelm

Une mort qui prend tout le monde de court.

Sauf peut-être sa fille, Marie-Thérèse.

Elle a du chagrin, bien sûr, mais cela ne l’empêche pas de suivre strictement le protocole et de recevoir les principaux responsables du pouvoir.
Dans une lettre qu’il adresse à son frère, le comte Ferdinand-Bonaventura II Harrach écrit :

Elle était debout, s’appuyant contre la table avec le dos. Le duc était à sa gauche, éloigné à deux ou trois pas du coin de la table. Le grand maître a fait le compliment de condoléances au nom de tous et a souhaité un heureux règne à la nouvelle reine.
Sur quoi elle a répondu, accablée de tristesse et avec sanglots entrecoupés “.



Dès le 23 octobre 1740

Sur les murs de la ville, on placarde alors l’annonce de la mort de Charles VI et la succession de sa fille aînée qui devient ainsi ” régente de tous les royaumes “.
Marie-Thérèse a vingt-trois ans et elle va devenir l’une des femmes les plus puissantes de son siècle.

Marie-Thérèse succède donc à son père de par la Pragmatique Sanction qui lui garantit les couronnes héréditaires des Habsbourgs : l’Autriche, la Hongrie, la Bohême, les Pays-Bas belges pour l’essentiel.

Marie-Thérèse par Antoine Pesne

Elle ne peut par contre prétendre à la couronne du Saint-Empire Romain Germanique, toujours dévolue à un homme.

Les puissances étrangères, malgré les promesses tenues, se permettent de lui disputer son héritage, la considérant comme une faible femme de par sa jeunesse et son absence d’héritier mâle. Elle est donc vue comme une proie facile. Commence alors le dépeçage de son héritage.

Le 16 décembre 1740

Frédéric II Roi de Prusse, après des marques publiques d’amitié, lance le coup d’envoi en envahissant  la plus riche province de Marie-Thérèse, la Silésie.

La guerre de Succession d’Autriche est déclarée.

En 1741

Le 25 janvier 1741

Décès de Marie-Caroline.

La seule Archiduchesse survivante devient du coup de plus en plus précieuse à sa mère.

Marie-Thérèse recrute la princesse Caroline Trautson, veuve de quarante ans, comme aya particulière de Marianne. Elle deviendra rapidement une amie intime.

Le 13 mars 1741

Naissance de Joseph Benoît, Auguste, Jean, Antoine, Michel, Adam, de Habsbourg-Lorraine, leur premier fils.

Résultat de recherche d'images pour "la Hofburg de Vienne"La Hofburg de Vienne

Le 4 avril 1741

Réapparition publique de Marie-Thérèse après ses couches.

Ce garçon tant espéré, après la naissance de trois filles, dont deux décédées, et d’aucun garçon à la génération précédente, naît au milieu des pires troubles.

Autour de l’Archiduchesse héritière, les hauts fonctionnaires, les grands seigneurs, le personnel politique viennois restent également dubitatifs, ne sachant s’il ne vaut pas mieux rallier tout de suite ses adversaires. Seul le vainqueur pourra leur assurer de conserver leurs grandes propriétés terriennes…

Marie-Thérèse décide de se battre jusqu’au bout, au nom de son fils nouveau-né. Sa naissance assoit le position de la jeune reine en détresse. Personne ne peut remettre en cause les droits de l’enfant. Le petit archiduc légitime sa mère.

Marie-Thérèse multiplie alors les représentations de son fils.

L’Archiduc Joseph d’Habsbourg-Lorraine, prince royal d’Hongrie, Bohême, Slovénie et Croatie, par Martin van Meytens. L’enfant tient le collier de l’Ordre de la Toison d’Or, symbole de la dynastie des Habsbourg

Le 10 avril 1741

Défaite à Mollwitz qui consomme la perte de la Silésie.

Pour se faire couronner “Roi de Hongrie” selon la tradition et non “Reine” (ce qui excluait d’office François-Etienne des cérémonies du couronnement, au plus grand chagrin de Marie-Thérèse), Marie-Thérèse fait au préalable un grand travail de préparation et de communication.
Nous seulement elle peut craindre l’accueil de ce peuple souvent rebelle aux exigences de Vienne, mais jusque là elle s’est peu intéressée à eux.

Dans la situation désespérée où elle est alors, il lui faut convaincre la diète et les guerriers magyards de se joindre à elle. L’affaire n’est pas gagnée d’avance.
(…)

Pour montrer qu’elle est digne de monter sur ce trône et susciter la confiance, elle est attentive à chaque détail.
Les semaines qui précèdent, elle apprend à monter à cheval à califourchon pour se préparer à la cérémonie qui suit le couronnement à la cathédrale, et qu’elle ne peut rater sous aucun prétexte.

L’Archiduchesse d’Autriche Maria-Thérèse couronnée en Hongrie par Martin van Meytens

Pour se faire voir et applaudir du peuple, elle choisit de voyager sur le Danube. Les bateaux et les banderoles sont aux couleurs de la Hongrie.
Elle même a revêtu le costume hongrois. La foule, touchée au cœur, l’acclame tout au long du voyage.

Le 20 juin 1741

Arrivée à Presbourg, elle reçoit trois jours plus tard les députés de la diète.
(…)

Le 25 juin 1741, jour du couronnement

Vêtue d’une somptueuse robe blanche, brodée d’or et de bleu, Marie-Thérèse parcourt les rues qui la mènent à la cathédrale dans un carrosse découvert, ce qui lui vaut un triomphe de la population.

Couronnement de Marie-Thérèse, 1741, Pressburg by Johann Hertz
Quand enfin elle est parvenue à l’église, le primat de Hongrie pose sur sa tête la couronne de Saint-Etienne et sur ses épaules le vieux manteau de celui-ci.
Dans une main, elle tient le sceptre, de l’autre l’épée avec laquelle elle va prêter serment.
(…)

Maria Theresa being crowned Queen of Hungary
St. Martin’s Cathedral, Pressburg.

L’office terminé, le plus difficile reste à faire. C’est la cérémonie de la prestation de serment.

Elle doit gravir à cheval et au galop une colline, dite le Mont Royal, puis une fois au sommet, tirer l’épée du fourreau et la diriger successivement sur les quatre points cardinaux.
C’est ainsi que les maîtres de Hongrie montrent au peuple leur détermination à les défendre contre l’ennemi d’où qu’il vienne.

Marie-Thérèse a exécuté l’exercice avec une maîtrise parfaite, faisant ainsi la démonstration de sa force virile et qu’une reine peut être un roi.
D’où le mouvement d’émotion collective qui suivit ce geste entérinant la légitimité de Marie-Thérèse aux yeux du peuple.

 

Le 11 septembre 1741

Marie-Thérèse convoque la diète de Hongrie à Presbourg (aujourd’hui Bratislava) où coiffée de la couronne du Roi de Hongrie, elle présente son fils et tient un discours exalté, mêlant courage et désespoir, pour l’avenir de ses enfants. Les Hongrois sont désormais tout à elle au cri de :

Vitam et sanguinem!” 

(” Notre vie et notre sang! “).

Marie-Thérèse en Roi de Hongrie

L’enfant étant l’unique mâle de la dynastie et donc l’espoir de la nation, il est particulièrement choyé et gâté par toute la Cour.

Le 19 décembre 1741

L’Électeur de Bavière se fait couronner Roi de Bohême à Prague. Une véritable insulte pour Marie-Thérèse car ce prétendant, soutenu par la France, est son plus sérieux concurrent. En effet, il refuse la Pragmatique Sanction, en tant qu’époux de la fille de Joseph Ier, frère aîné de l’empereur Charles VI. Il estime ses droits supérieurs à ceux de Marie-Thérèse.

En 1742

tiny-librarian:
“One of the many official portraits of Maria Theresa, done by Martin van Meytens.
”Marie-Thérèse par Martin van Meytens

Souveraine et épouse, Marie-Thérèse règnera également sur une nombreuse progéniture. «Son corps presque toujours gros durant vingt ans donne l’image d’une puissance vitale à jamais inconnue du corps du roi», écrit Elisabeth Badinter.

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Le 24 janvier 1742

Election de l’Électeur de Bavière comme empereur du Saint-Empire Romain Germanique sous le nom de Charles VII (1697-1745). Depuis 1438, il s’agit du premier empereur non Habsbourg.

C’est un nouveau coup dur pour Marie-Thérèse, qui ne désire pas être elle-même couronnée mais le souhaite ardemment pour son époux adoré François-Etienne. Et que cette couronne revienne par la suite à son fils.

Mais elle ne se laisse pas pour autant abattre. Si ses armées ne réussissent pas à vaincre la Prusse de Frédéric II (1712-1786), elles battent les Français à plusieurs reprises.

Marie-Thérèse et son fils entourée de ses différentes couronnes, aquarelle anonyme

Le 13 mai 1742

Naissance de sa fille Marie-Christine (1742-1798) le jour de son anniversaire.

Le 17 mai 1742

Défaite à Chotusitz en Bohême.

Le 25 juillet 1742

Le comte Silva-Tarouca(1691-1771), Portugais au service des Habsbourg et qui deviendra ami intime de Marie-Thérèse avec qui elle partagera une longue correspondance écrit :

“C’est une mère qui a des entrailles pour tous ses enfants.”

Lettre de Tarouca à la duchesse d’Arenberg, archives nationales de Moravie,
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 29

Le comte Emmanuel Silva-Tarouca par Joseph Manès

La jeune impératrice n’a alors que cinq enfants dont trois vivants. Malgré son nouveau statut de souveraine et la guerre qui s’ensuivit, elle peut encore être pleinement mère avec eux.

Le 2 janvier 1743

Marie-Thérèse organise un grand carrousel au Manège espagnol du palais de la Hofburg afin de célébrer ses victoires (et malgré les défaites qu’on tente d’oublier). On distingue un enfant au coin de la loge au fond, certainement l’héritier du trône, auprès de son père et de sa grand-mère, assistant à la célébration de sa mère :

Le carrousel des dames dans l’école d’équitation d’hiver, Martin Van Meytens et son atelier

Malgré la guerre, la crise diplomatique, les deuils, son travail acharné, Marie-Thérèse sait que pour plaire à ses sujets et à ne pas se montrer abattue devant les puissances européennes, elle doit assumer une vie de cour éclatante avec soirées d’appartement, bals, illuminations, représentations théâtrales, ballets…

Tout en se réservant une vie familiale presque bourgeoise.

Le  

Naissance de sa fille Marie-Elisabeth (1743-1808).

Marie-Thérèse et François-Etienne veulent développer le plus possible chez chacun de leurs enfants des talents artistiques. Chaque garçon devra savoir jouer d’un instrument.

En tant qu’héritier du trône et comme tout garçon de la noblesse, le jeune Joseph reçoit une éducation militaire.

Octobre 1743

Le comte Silva-Tarouca s’inquiète d’une profonde mélancolie de Marie-Thérèse qui selon lui se répète tous les six mois et en particulier à l’automne.

En 1744

Le 7 janvier 1744

Mariage de sa sœur cadette. Marie-Anne d’Autriche (1718-1744) avec le frère de François-Etienne, Charles-Alexandre de Lorraine( 1712-1780).

Martin van Meytens 007.jpgCharles-Alexandre de Lorraine (1743) par Martin van Meytens 

Le 16 septembre 1744

Sa fille aînée Marianne donne de l’inquiétude pour sa santé. Des témoins de la cour notent que tout le monde s’en inquiète, la reine la première. 

Marianne est la seule enfant qui lui reste de cette période bénie où elle n’était que grande-duchesse de Toscane.

Le 16 décembre 1744

Suite à un accouchement difficile, sa sœur Marie-Anne d’Autriche succombe à l’âge de 26 ans.

L’Archiduchesse Marie-Anne

Marie-Thérèse était très attachée à sa soeur et vivra ensuite chacun de ses accouchements comme un traumatisme.

A portrait of Maria Theresa by Jean-Étienne Liotard. Circa 1743-1745.Marie-Thérèse par Jean-Étienne Liotard

Le 20 janvier 1745

Décès de l’électeur Charles Albert de Bavière, couronné empereur du Saint-Empire romain germanique.

Une nouvelle élection en faveur de son époux peut de nouveau être envisagée.

Le 1er février 1745

Naissance de son fils Charles-Joseph (1745-1761).

Le 28 février 1745

Marianne, Joseph et Christine jouent une petite pièce écrite par la princesse Trautson devant un public restreint.

Le 5 août 1745

Nouvelle dépression relatée entre Marie-Thérèse et son ami Tarouca :

“Je suis assez basse de santé et d’humeur ;  c’est vrai que je vous ai évité, n’ayant pas la force de vous parler.”

BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 39

Le 13 septembre 1745

François-Etienne est élu Empereur du Saint-Empire Romain Germanique sous le nom de François Ier.

L’Empereur François Ier par Martin van Meytens

Le 4 octobre 1745

Couronnement à Francfort de François-Etienne. 

Marie-Thérèse ne vient qu’en tant que simple spectatrice, refusant la couronne.

Pour l’occasion elle entame une correspondance qui ne cessera plus avec la princesse Trautson restée à Vienne qui est en charge des enfants.

L’intimité en est presque surprenante : 

“Je vous embrasse de tout mon coeur. Pensez de vous conserver.”

Bibliothèque nationale autrichienne,
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 56

En 1746

Le 26 février 1746

Naissance de sa fille Marie-Amélie (1746-1804).


Double portraits de Marie-Thérèse et François par Johann Michael Millitz

Le 11 juillet 1746

Marie-Thérèse accompagnée de ses enfants les plus jeunes (Charles 18 mois et Amélie 5 mois) rend visite à sa tante l’impératrice douairière Marie-Amélie, veuve de l’empereur Joseph Ier.

L’impératricWilhelmine-Amélie de Brunswick-Lunebourg

Le 16 juillet 1746

C’est au tour de Marie-Christine d’accompagner ses parents à Mannersdorf chez la comtesse Fuchs, la “Mammi” de Marie-Thérèse.

Le 27 mars 1747

A six ans révolu, on pense au passage aux hommes de l’archiduc Joseph et donc du choix de son futur ayo.

L’empereur a toute confiance en son chambellan J. J. Khevenhüller qui se récuse, préférant rester auprès du père et arguant qu’il ne se sent pas capable d’assumer une telle charge dont dépend l’avenir de l’état.

Khevenhüller propose alors le comte Ferdinand Bonaventura Harrach, sans succès.

Marie-Thérèse doit donc chercher ailleurs, tout en respectant les avis de son époux.

Le 5 mai 1747

Naissance de son fils Pierre Léopold (1747-1792).

A l’occasion de la fête de leur père, les petits Archiducs et Archiduchesses montent sur scène à Schönbrunn sur un petit théâtre inauguré pour l’occasion.

De telles représentations dont raffolent les parents deviendront très courantes.

tiny-librarian:
“Maria Theresa and Francis I, with their eldest son, the future Joseph II, who is dressed in a hussar’s uniform. Joseph was born on this day, March 13th, in 1741, a long awaited male heir after the birth of three daughters.
”L’Empereur François Ier, son épouse Marie-Thérèse et l’héritier du trône l’Archiduc Joseph par Franz Xaver Karl Palko

Le 17 juillet 1747

Marianne et Marie-Christine accompagnent leurs parents chez la comtesse Fuchs.

Le 11 septembre 1747

L’Impératrice rejoint son mari à Holitsch, aujourd’hui en Slovaquie, en compagnie de la princesse Trautson qui pour l’occasion s’est libérée des enfants.

Le 15 octobre 1747

Nomination du feld-maréchal comte Batthyani (1697-1772) comme ayo de Joseph.

Le 17 octobre 1747

Marie-Thérèse lui écrit ses recommandations :

Il faut admettre que ceux qui le servent ont trop facilement satisfait ses désirs et ses requêtes (…) Ils l’ont par trop flatté et l’ont laissé se faire prématurément une idée de sa haute position. Il s’attend à être obéi et honoré, trouve la critique déplaisante et presque intolérable, s’abandonne à ses caprices, se comporte de manière discourtoise, et même avec rudesse avec les autres.”

Marie-Thérèse a conscience des défauts de son fils trop gâté selon elle par ses serviteurs. Sauf qu’elle et son mari aussi laissent tout passer à leur héritier.

Elle n’aura de cesse toute sa vie de l’aimer à la folie, tout en considérant très sévèrement ses défauts. Avec lui, plus que tous, elle sera partagée entre son rôle de mère et celui d’impératrice, mère d’un futur empereur.

En 1747

Podewils (comte de, ambassadeur de Prusse) constate :

“Le mécontentement est partout et il circule un grand nombre d’écrits injurieux à l’égard de ce gouvernement, surtout contre cette commission de chasteté. L’impératrice n’est pas épargnée.”

Cela ne la dissuada nullement d’intensifier sa guerre contre le sexe illégal et en particulier contre les prostituées qui pullulaient à Vienne, comme à Londres ou à Paris. “

Plus loin :

“qu’ayant appris, étant à table, l’indisposition de l’archiduchesse Marianne, elle s’était mise d’abord à pleurer et qu’étant déjà de fort mauvaise humeur, ce nouveau chagrin l’avait mise ensuite dans une espèce de fureur, en sorte qu’on avait été obligée de lui faire quitter la table, de crainte qu’il ne lui arrive quelque accident.”

Marie-Thérèse confirme elle aussi sa nouvelle crise de dépression :

“Je suis malade de corps et d’esprit, je ne peux me relever absolument ; je sens l’âge.”

BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  pp. 39-40

Trente ans !

Le 16 janvier 1748

Marie-Thérèse entretient une relation très amicale avec la gouvernante de ses filles, la princesse Trautson :

“Je ne trouve du plaisir tranquille que dans votre société.”

Bibliothèque nationale autrichienne, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 56

Au point de la tutoyer :

“Je t’attends impatiemment avec un petit-déjeuner.”

Lettres inédites de l’impératrice Marie-Thérèse, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 56

Le 18 avril 1748

Signature du traité d’Aix-la-Chapelle qui met fin à la Guerre de Succession d’Autriche.

Marie-Thérèse et François-Etienne sont reconnus dans leurs droits mais perdent définitivement la Silésie.

Le 12 juin 1748

Voyage en Moravie accompagné cette fois de Joseph :

“Le fils se conduit comme vous pouvez vous l’imaginer, pas mal, mais rien moins que de me pouvoir flatter.”

Marie-Thérèse à la princesse Trautson,
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 51

Le 17 septembre 1748

Naissance et mort de sa fille Marie-Caroline.

Eprouvée par ce dixième accouchement, Marie-Thérèse souhaiterait ne plus avoir d’enfants.

Lettre sans date mais sûrement de septembre 1748 de l’Impératrice à son amie Antonia de Saxe :

“Je serais assez contente de finir avec dix enfants, car je sens que cela m’affaiblit et me vieillit beaucoup. Ce dont je ne me soucierais pas si cela ne me rendait moins capable pour le travail de la tête.”

Correspondance entre l’impératrice Marie-Thérèse et l’électrice Maria-Antonia de Saxe, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 78.

On peut comprendre que dix enfants à élever, en n’omettant ni instructions ni rapports hebdomadaires pour chacun, en ayant à charge un vaste état à réformer et étant sujette à des crises régulières de dépression peuvent suffire à largement l’occuper sans en rajouter d’autres enfants.

Mais elle aime trop son mari pour cesser tous rapports conjugaux.

Joseph, au centre, facilement reconnaissable parmi ses nombreux frères et sœurs par Martin van Meytens
Les enfants de Marie-Thérèse d'Autriche

François-Etienne est très rapidement méprisé par son fils, qui le trouve peu brillant militairement et parce qu’il accepte de laisser sa femme gouverner, se préoccupant plus de tâches d’intérieur (finances, sciences, décoration de leurs différentes résidences, réunions familiales…). François-Etienne se contente d’être un simple grand-duc de Toscane, après avoir laissé les puissances européennes le dépouiller de son duché de Lorraine. Sans le long combat mené par Marie-Thérèse, il n’aurait jamais été élu empereur. Couronne qui d’ailleurs en ce XVIIIème siècle n’est plus qu’une coquille vide.

L’Empereur entouré des savants Gerard van Swieten, Johann Ritter vob Baillou, Valentin Jamerai-Duval et Johann Marcy, ses conseillers en sciences naturelles   par Franz Messmer et Jakob Kohl
Marie-Therese d'Autriche, par Martin van MeytensMarie-Thérèse au masque : l’Impératrice aime aussi les fêtes et les bals.

Marie-Thérèse rompt avec la tradition des Habsbourg d’Autriche en prenant un ministre principal. Le premier, Friedrich von Haugwitz (1702-1765) instaure en 1748 un directoire qui, sur le modèle prussien, réunit les chancelleries d’Autriche et de Bohême aux conseils de la guerre, de justice et de commerce mais peine à fonctionner.

Friedrich von Haugwitz

Cependant la « centrale » viennoise réduit progressivement la place des États aristocratiques en fixant à partir de 1748 le montant de la contribution pour dix ans et en substituant sa propre bureaucratie à celle des États aristocratiques.

Le 23 décembre 1748

“Je suis dans un état déplorable. Je ne me souviens de ma vie de m’y avoir trouvée comme ça. C’est machinalement ce que je peux faire encore en public, non par raison car il ne m’en reste aucune. Je suis comme une bête, sans pouvoir penser, étant dans un accablement extrême, non plus parler car je m’anime et je me désespère trop. Déjà deux ou trois scènes se sont passées comme ça avec d’autres dont je suis bien fâchée. Il ne me reste de ressources que de m’enfermer seule.”

Lettre à Tarouca
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 39

En 1749

Marie-Thérèse se tourne également vers son directeur de la Chancellerie d’Etat  Johann Christoph von Bartenstein, un de ses conseillers les plus écoutés depuis le début de son règne, afin de l’aider dans l’éducation de l’héritier. Elle lui doit son mari adoré, l’élection de celui-ci en tant qu’Empereur et les tractations de la fin de la guerre de Succession.

Johann Christoph von Bartenstein par Martin van Meytens

Le 13 août 1749

Premier entretien entre l’enfant, sa mère et ses professeurs. Passage qui se répètera tous les mois, avec un public de plus en plus étoffé.

Marie-Thérèse marque son enthousiasme.

En 1748 ou 1749

Lettre de Marie-Thérèse à la comtesse Trautson, gouvernante de Marie-Elisabeth :

“Je ne sais par où commencer les louanges de la Elisabeth : Je peux dire que non seulement pas un enfant, mais même une grande personne et même une agréable compagnie (n’aurait été aussi agréable) (…)

Nous sommes arrivés en sept quarts d’heures avec des cahots assez forts qu’elle a soutenus à merveille, se tenant comme une petite statue, (ne) se trouvant incommodée ni du chaud, ni de la poussière, jasant continuellement et raisonnablement sur tout, sans s’agiter ou ne se tenant pas droite, ni demander la moindre chose. Une personne de vingt ans ne pourrait faire mieux. Elle a jusqu’ici surpassé tous ses aînés ici avec les meilleures grâces (…). Elle a fait la conversation avec nous une heure fort bien. Je l’ai renvoyée souper ; elle est revenue après nous servir un demi-quart d’heure à souper où elle s’est conduite fort grandement. Elle n’est pas partie volontiers, mais n’a protesté que d’un mot en secret _à la Weber_ : “Tu voudrais me voir déjà partie.” Cela m’a donné de l’ombrage qu’elle pourrait se brouiller en haut, mais tout s’est passé tranquillement. Je l’ai encore vue avant de s’endormir. Elle a bien dormi jusqu’à 4 heures et demie. Elle a fait toutes ses occupations, bien lu avec moi La Vie des saints, puis déjeuné ensemble du chocolat, mais ça, pas proprement.” 

Bibliothèque nationale autrichienne,
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 50

Ce témoignage montre la proximité de l’impératrice-reine avec ses enfants pourtant encore bien jeunes.

Le 4 février 1750

Naissance de sa fille Marie-Jeanne-Gabrielle (1750-1762).

Le 21 décembre 1750

Décès de sa mère, Élisabeth-Christine de Brunswick-Wolfenbüttel, à Vienne.

Le 19 mars 1751

Naissance de sa fille Marie-Josèphe (1751-1767).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1752 : Joseph se trouve auprès de sa mère, presqu’au centre, en rouge, de façon à être distingué tout de suite au milieu de tous ses frères et sœurs.

Le 26 mars 1751

Un décret ordonne la déportation des “femmes licencieuses à Timisoara, avec l’interdiction formelle de revenir à Vienne”.

Dans la capitale, pas moins de trois cents policiers en civil sont chargés de traquer ces femmes, y compris celles qui n’ont eu qu’une aventure, dans les rues et les maisons.

Le 11 août 1751

Marie-Thérèse en voyage en Hongrie puis en Bohême écrit à Mimi.

Le 13 août 1752

Naissance de sa fille Marie-Caroline (1752-1814).

Marie-Thérèse et Marie-Caroline

Le premier président de la “commission de la chasteté” est le propre confesseur de François-Etienne, le jésuite Ignace Parhamer. 

En 1753

Départ de Bartenstein, remplacé par Wenceslas Antoine, comte de Kaunitz (1711-1794), jusque-là ambassadeur en France.

L’ascension politique du comte de Kaunitz marque un tournant. Chancelier de la Cour et de l’État à partir de 1753, il écarte Haugwitz. Un deuxième schéma de gouvernement est mis en place en 1761 en pleine guerre de Sept Ans. Un conseil d’État distinct des chancelleries prépare les délibérations. Les chancelleries d’Autriche et de Bohême demeurent fusionnées. Une cour des comptes est introduite pour encadrer les anciennes institutions financières.


L’Impératrice Marie-Thérèse on horseback inspecting Austrian troop
Par Wilhelm Camphausen (German, 1818-1885)

Le gouvernement de la monarchie s’ouvre alors aux idées économiques et financières nouvelles, françaises et surtout anglaises. Il expérimente la Bourse, les emprunts obligataires et la circulation du papier-monnaie sans parvenir toutefois à créer une banque d’État.

Le 8 juin 1753

La princesse Trautson, jusque-là demoiselle de chambre des premières archiduchesses est nommée officiellement aya de Marianne, Marie-Christine et Marie-Elisabeth.

L’amitié entre l’Impératrice et l’éducatrice de ses filles ne se dément pas.

Le 1er juin 1754

Naissance de son fils Ferdinand (1754-1804).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1754, même pose.

Si Marie-Thérèse adore ses enfants, elle ne leur accorde que peu de temps, peu de place dans sa vie. Les affaires d’état passent avant tout. Et ensuite, son mari. Après viennent les enfants. Et selon ses prédilections marquées.

Une miniature qui représente le régime disciplinaire de Marie-Thérèse. Artiste inconnu (1750) – Musée National de Varsovie

Le programme éducatif de ses enfants était ainsi programmé selon une déclaration écrite par l’Impératrice :
Huit heures du matin, réveil et prière “élévation à Dieu” et se lever du lit.
Neuf heures, prière du matin, toilettes et petit déjeuner.
Neuf heures et demie : la kammerfrau (la femme de chambre) fait répéter et apprendre par cœur le catéchisme
De neuf heures et demie à dix heures, permission de jouer.
Onze heures : une demi-heure d’écriture et de nouveau récréation
De onze heures à onze heures et demie: confession
-Midi : heure du déjeuner et de la liberté
A deux heures après midi :  de nouveau récréation
A quatre heures après midi : cours de français
A cinq heures du soir : amusement avec les jeux de cartes, livres et enseignement des mots français par des images ou danse.
A six heures du soir : réciter le Noster Pater pour rappeler toujours la présence de Dieu.
A sept heures et demie du soir : dîner
A huit heures et demie du soir : nettoyage du soir et lit.
Quand le temps le permettra, nous modifierons les horaires afin qu’on puisse sortir en calèche en hiver et se promener dans le jardin en été.”
Les heures d’études étaient complétées par les professeurs de musique, de dessin et de langues. Chaque matin, l’impératrice recevait le rapport médical du Dr Van Swieten, qui lui rapportait l’état de santé de ses enfants. L’Impératrice voit les enfants tous les huit ou dix jours.
La femme de ménage était autorisée à punir et à fouetter les jeunes princesses.

Marie-Thérèse d'Autriche, une femme à l'épreuve du pouvoir absolu - Point  de VueMarie-Thérèse d’Autriche par Martin van Meytens

Fascinante archiduchesse - Books

Le 4 septembre 1754

Marie-Thérèse encore en voyage écrit à Mimi.

Peut être une représentation artistique de 1 personne

Le 2 novembre 1755

Naissance de sa fille Marie-Antoinette (1755-1793).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1755, même pose.
La petite Madame Antoine et Sa grande sœur Charlotte

Le 1er mai 1756

Signature à Versailles du traité d’alliance entre la France et l’Autriche, mettant fin à plus de deux cent cinquante ans de rivalité entre les deux puissances.

L’archiduchesse Marie-Anne

Le 25 mai 1756

Ratification à Vienne du traité.

A cette occasion, on évoque le mariage entre l’archiduc et la petite-fille aînée du roi de France Louis XV, Isabelle de Bourbon-Parme.

Isabelle de Bourbon-Parme par Jean-Marc Nattier

Début de la Guerre de Sept ans.

Frédéric II envahit la Saxe, avec l’idée d’attaquer ensuite l’Autriche. L’hiver vient stopper son offensive.

Lors de la guerre de Sept Ans, Elisabeth fit preuve d’une loyauté remarquable à l’égard de sa ” sœur ” …   Non seulement elle proposa un traité d’alliance offensive avec l’Autriche contre la Prusse en 1756, mais elle l’engagea à mettre sur pied une armée de 80 000 hommes qui ne poseront les armes que lorsque la Silésie et le comté de Glatz seront rendus à l’Autriche.   En échange, elle obtint de celle-ci qu’elle fasse de même tant que le duché de Prusse n’était pas rendu à la Russie .

C’est principalement grâce à l’armée d’Elisabeth ( victoires de Kunesdorf 1759 et Berlin 1760 ) que Frédéric fut mis à genoux, dans un grand état de désespoir .
Elisabeth refusa toujours de signer une paix séparée avec la Prusse, faisant preuve ainsi d’une fidélité indéfectible à son alliée .

Du fait des événements, le mariage doit attendre.

Le 1er juillet 1756

Nomination de la comtesse Maria Walburga Lerchenfed (1710-1770), née Trauttmansdorff comme aya des archiduchesses Jeanne-Gabrielle et Marie-Josèphe.

Elle raconte son audience auprès de l’Impératrice :

“Sa Majesté a d’abord paru et m’a reçue avec autant de bonté qu’il est possible (…). Elle ne m’a pas laissé le temps de la pouvoir remercier et dit tout de suite : C’est moi qui vous ai des obligations de ce que vous vous sacrifiez pour moi et quittez une vie tranquille que vous pouviez mener. Ensuite elle me dit : Vous n’avez que des fils, à présent il vous faudra vous accoutumer aux filles, mais ce n’est pas ce qui m’embarrasse, j’entends dire tant de bien de vos enfants. Je n’en demande pas davantage des miens. (…) Ensuite elle est entrée dans toutes sortes de propos et m’a parlé le plus gracieusement du monde. Si tous les souverains étaient comme elle, on devrait aimer de les servir pour rien.”

Lettre à son fils Philippe, archives d’état d’Amberg (Bavière), BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 58

Marie-Thérèse sait jouer de sa séduction pour s’attacher les personnes qui la servent.

Le 25 juillet 1756

Portant peu d’affection à madame Trautson très attachée à l’archiduchesse Marianne, Marie-Christine, quatorze ans, ose demander à sa mère de changer d’aya.

Marie-Thérèse, contrairement à ses habitudes, cède, certainement contrainte par son mari qui adore sa fille chérie.

Marie-Christine est alors confiée à la maréchale von Vasquez.

Le 8 décembre 1756

Naissance de son fils Maximilien (1756-1801).

MARIE THERESE ET TREIZE DE SES ENFANTS MARTIN VAN MEYTENS.jpgPortrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1756, même pose.
francois époux de marie thérèse d'autricheFrançois Ier du Saint Empire par Martin Van Meytens

La fratrie est complète. Marie-Thérèse va devoir mettre un terme à ses rapports conjugaux estimant avoir trop d’enfants et vivant depuis toujours dans la crainte de mourir en couches comme sa soeur.

Elle se préoccupe beaucoup moins de ses six derniers enfants qu’elle ne l’aura fait avec ses aînés. Néanmoins, elle exige des rapports précis de chacun des ayas et ayos qui ont généralement en charge deux archiducs ou archiduchesses, la plupart élevés par pair.

Elle ordonne d’être mise au courant à la moindre alerte de santé de ses enfants :

“J’ai tenu si fermement sur l’exécution de cet ordre, que j’ai voulu être moi-même informée jour et nuit dès qu’on s’était aperçu du moindre changement ou accident, relativement à l’état de santé de mes enfants, sans crainte d’être effrayée par quelque nouvelle fâcheuse.”

Lettre à la comtesse Lerchenfeld, aya de Jeanne et Josepha, novembre 1756, archives de la maison impériale
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 31

En 1757

Le 19 janvier 1757

Joseph, héritier du trône, est atteint de petite vérole. On craint pour sa vie et on craint que l’épidémie se répande au sein de la famille impériale.On parle de petite vérole “copieuse”. Joseph s’en sort très amaigri et le visage grêlé.

Le 29 janvier 1757

Si l’héritier est évidemment l’objet de toutes les attentions, sa soeur Marie-Christine atteinte à son tour se démarque réellement pour la première fois du reste de sa fratrie :

“Tout est en grande alarme à la cour, l’archiduchesse Marie a pris ce matin la petite vérole. (…) Il serait bien dommage pour elle et aussi pour son beau visage, car vous ne sauriez croire comme elle s’est changée à son avantage, avec cela une affabilité charmante. Tous les étrangers en sont épris.”

Caroline Khevenhüller à son fils Sigismond, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 96

Sa deuxième fille sort réellement de sa chrysalide et c’est certainement à ce moment-là que commence le fort attachement que ressentira toute sa vie Marie-Thérèse pour Mimi.

Malgré l’épidémie, Marie-Thérèse ne perd alors aucun de ses enfants.

                            Réunion intime de la famille impériale, par Martin van Meytens (?)                           L’héritier du trône est reconnaissable car habillé de rouge au premier rang. Il joue du violoncelle.

Février 1757

Séjour de quelques mois à Vienne du prince Louis-Eugène de Wurtemberg (1731-1795).

Marie-Christine en tombe amoureuse.

Louis-Eugène de Wurtemberg par Philipp Friedrich von Hetsch

Mars 1757

Scarlatine de Marie-Josèphe.

Le dévouement de son aya la comtesse Lerchenfeld lui octroie de la part de Marie-Thérèse une tabatière d’écaille et des boucles d’oreilles de coques entourées de diamants.

La comtesse est sensible à la confiance que lui porte l’Impératrice :

“Je n’ai pas voulu accepter ces présents, disant que ce n’était pas ma fête, mais elle m’a fait dire que cela ne ferait rien et que je devais toujours l’accepter. (…) Il faut dire qu’il n’y a pas de souverains qui aient ces attentions et ces façons.”

Lettre à son fils Philippe, archives d’état d’Amberg (Bavière), BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 58

Mars 1757

C’est au tour de Marianne d’être gravement malade, d’une probable pneumonie aux graves complications. 

Effrayée, Marie-Thérèse avoue à la comtesse de Lerchenfled :”elle a cru succomber.

Le 9 avril 1757

Marie-Anne reçoit l’extrême-onction.

Marie-Thérèse écrit à son ami Tarouca :

“Ma pauvre fille est presque sans espérance. Elle souffre on ne peut plus et dit des choses très touchantes (…) pleines de tendresses pour moi (…). Rien ne la trouble que de m’abandonner. (…) Je vous avouerai que c’est cette enfant que j’aimais le plus (…).

Lettre de Marie-Thérèse au  comte Silva-Tarouca, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 82

Marie-Thérèse parle déjà de sa fille au passé…

Marianne survit malgré tout mais ses capacités respiratoires en restent définitivement affaiblies, et ses vertèbres fusionnent ce qui la rend bossue. L’idée d’un mariage est définitivement abandonné. On craint désormais pour sa vie au moindre rhume.

Elle n’a perdu pour l’instant que trois enfants en bas âge. Les perdre à l’adolescence est pour elle une horrible perspective :

“Le bon Dieu m’a épargné depuis longtemps de telles pertes et je sens revivre toutes celles que j’ai faites.”

A madame de Lerchenfeld,
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 33

Date inconnue ?

La princesse Trautson devenue grande maîtresse de la maison de Marianne, dont la santé fragile exige tous les soins, ne peut plus assurer l’éducation des archiduchesses Marie-Christine et Marie-Elisabeth.

La comtesse Trauttmansdorff, nièce de la comtesse Lerchenfled, prend le poste peu envié d’aya de l’archiduchesse Elisabeth au caractère redoutable.

Dans une lettre où Marie-Thérèse lui exprime toute sa confiance, comme à son habitude envers les ayas de ses filles, elle s’excuse du comportement affreux de sa fille :

“Ma chère Trauttmansdorff, je suis bien fâchée de la scène qui (s’)est passée hier. Si j’avais été informée à temps, jamais je n’aurais laissé paraître la fille dans ces occasions où il faut frapper malheureusement des esprits qui ne se laissent diriger ni par les sentiments, ni par la reconnaissance. (…) Je n’ai point de repos vis-à-vis de vous ; et cela me fait véritablement mal après tout ce que je vous dois et que vous vous êtes sacrifiée pour une ingrate. Je ne vous en sais pas moins gré et ne vous aime encore plus.”

Et le lendemain :

“Je souhaite, ma chère Trauttmansdorff, que votre nuit a été meilleure que la mienne ; mais j’ai été si excédée hier contre cette indigne fille que je ne me sentais pas. Ma reconnaissance pour tous les soins et peines que vous vous êtes donnés sera ineffaçable (…) Cela ne pourra jamais diminuer mon amitié pour vous et vous rendre la justice que vous avez plus qu’une mère.”

Archives familiales Trauttmansdorff, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 61

Le 6 mai 1757

Frédéric II envahit Prague.

Mai 1757

Refus du couple impérial de voir Marie-Christine épouser un prince d’un rang inférieur au sien, cadet de surcroît, et pour ne rien arranger libertin.

Dans une lettre de 1757, Marie-Thérèse évoque Marie-Christine comme “la fille chérie de l’empereur.”

BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 94

Le 18 juin 1757

Bataille de Kolin. Les Autrichiens obtiennent la victoire contre les Prussiens.

Les Autrichiens sont en passe de reconquérir la Silésie.

A ce moment, l’adolescent qu’est l’Archiduc Joseph se prend de passion pour Frédéric II, l’ennemi de sa mère, modèle plus admirable à ses yeux que son père.

Frédéric II par Anton Graff

Il incarne pour l’adolescent le héros militaire qu’il rêve de devenir lui-même. Il décide de ne plus quitter l’habit militaire, le seul à ses yeux digne de ses rêves de gloire.

Le 19 septembre 1757

Madame de Graffigny (1695-1758) femme de lettres lorraine très connue à cette époque recommande à l’Impératrice la Française Madeleine Copineau comme demoiselle de chambre, notamment pour son talent à écrire des pièces de théâtre qui pourront être montées pour les enfants impériaux.Description de cette image, également commentée ci-après

Françoise d’Issembourg du Buisson d’Happoncourt, épouse de Graffigny

La langue française a toujours été d’une importance capitale à la cour de Vienne, comme langue des élites mais aussi parce que langue maternelle de l’Empereur dont la mère fut la nièce de Louis XIV.

On peut penser aussi que Marie-Thérèse commence à penser à des alliances pour ses filles avec des princes Bourbon depuis son alliance avec Louis XV.

En  janvier 1758

Madame Copineau prend en charge l’archiduchesse Marie-Elisabeth, quatorze ans, dont le caractère difficile inquiète tout le monde et que ne peut plus gérer la princesse Trautson.

Elle n’a pas le rang d’aya mais prend le premier rang parmi les demoiselles de chambre.

Réussissant auprès de l’archiduchesse, là où ont échoué nombre de dames avant elle, madame Copineau ne se fait pas que des amis à la cour mais peu importe du moment qu’elle obtient la reconnaissance de l’Impératrice :

“Sa Majesté est fort contente de la façon dont je m’y prends pour conduire l’archiduchesse. Je lui ai fait la confidence de notre petite intrigue qui lui a fort plu. (…) Vous ne sauriez croire, Madame, combien la confiance de Sa Majesté m’attire d’envieux. J’ai souvent des conversations d’une demi-heure avec elle. Je l’ai bien fait revenir des fausses idées qu’on voulait lui donner de cette princesse. (…) Enfin, Sa Majesté à qui j’ai ouvert les yeux n’en veut plus croire qu’à mes rapports. J’ai l’honneur de lui rendre compte à la fin de la semaine de tout ce qui s’est passé, du bien comme du mal, mais je n’envenime pas le dernier, comme on avait coutume de le faire.”

Papiers Graffigny, BNF, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 60

Les Autrichiens continuent à battre la Prusse qui réussit à vaincre de son côté l’armée française qui se fait également battre par l’Angleterre.

Le 13 mai 1758

La reine d’Espagne très malade, on commence à évoquer un possible remariage du roi Ferdinand VI avec Marie-Christine, son aînée Marianne ne pouvant se positionner sur le marché du mariage.

Marie-Thérèse refuse : sa fille (seize ans) est trop jeune et ne peut vivre dans une cour aussi sérieuse que celle d’Espagne.

Elle rajoute qu’elle ne souhaite aucunement se séparer de ses filles.

(Lettre du duc de Choiseul au cardinal de Bernis).

On peut sentir toute l’ironie du propos quand on sait que Marie-Thérèse s’acharnera dans quelques années à marier ses dernières filles avec n’importe quel prince Bourbon, en ayant très souvent moins de seize ans, et avec l’aide très active du duc de Choiseul !

Le 14 août 1758

Choiseul revient à la charge :

“S. M. I. me semble avoir de la répugnance à donner une de ses filles au roi catholique en cas qu’il désirât en épouser une. Il n’y en a qu’une qui puisse être dans ce cas, qui est la seconde, mais aussi c’est celle que Leurs Majestés Impériales aiment le mieux, parce qu’elle est aussi aimable de caractère que de figure et que sa société leur est infiniment agréable.”

Lettre du duc de Choiseul au cardinal de Bernis, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, 97 p.
Le 5 septembre 1758

A l’annonce de la mort de la reine d’Espagne, Marie-Thérèse réaffirme son refus de se séparer de sa fille Mimi.

Le 14 octobre 1758

L’Autriche bat de nouveau la Prusse à la bataille de Hochkirch. Malgré sa victoire écrasante, le maréchal Daun (1705-1766) laisse repartir l’armée prussienne reprendre ses forces durant ses quartiers d’hiver.

Empress Maria Theresa by Matthias de Visch, circa 1740 - 1760Marie-Thérèse par Matthias de Visch

Est-ce lié ? En tout cas, Marie-Thérèse n’est pas bien :

Il est vrai que je fuis tout le monde et que je n’aime pas à parler.”

Plus loin :

“Ma tête ne va plus et je suis bien inquiète de devenir folle.”

A Tarouca
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 40

En 1759

Alternant victoires et défaites, mais en majorité des victoires, Marie-Thérèse peut envisager avec soulagement la fin prochaine de son ennemi Frédéric II. Et donc le mariage de son fils aîné afin de célébrer l’alliance avec la France.

Portrait posthume de François Ier par Pompeo Batoni, en 1771, qui entoure l’Empereur des figures emblématiques de la Justice, de la Clémence, de la Force et de la Vérité, qu’il lui fait désigner d’un geste auguste.

Les investissements de l’Empereur François-Étienne dans les filatures, manufactures de draps et faïences permettront d’asseoir la fortune familiale des Habsbourg jusqu’en 1918.

         

Le 6 septembre 1759

Elisabeth de France, infante de Parme et fille aînée de Louis XV négocie le mariage de sa fille Isabelle avec l’héritier du trône, un mariage bien plus prestigieux que ne fut le sien avec un infant cadet d’Espagne.

Le mariage est alors assuré. Marie-Thérèse n’aura de cesse de marier la plupart de ses enfants à des Bourbons.

Isabelle de Bourbon-Parme par Jean-Marc Nattier

Le 21 novembre 1759

La Prusse est au bord de l’effondrement après la bataille de Maxen et Frédéric II envisage le suicide.

Néanmoins, il existe trop de tensions entre les armées russes et autrichiennes et de son côté la France n’obtient pas de victoire définitive contre l’Angleterre, sur terre comme sur les mers.

Frédéric II parle alors de  “miracle de la maison de Brandebourg“.

Le 9  décembre 1759

Décès d’Elisabeth de France, duchesse de Parme. La période de deuil oblige à repousser encore le mariage.

La famille ducale de Parme par Giuseppe Baldrighi. Isabelle apparaît en princesse accomplie.

Début 1760

Albert de Saxe (1738-1822), quatrième fils du roi de Pologne Auguste III, électeur de Saxe, et frère de la Dauphine Marie-Josèphe, arrive à Vienne pour entrer dans l’armée de Marie-Thérèse.

Anonym_Albert_von_Sachsen-Teschen.jpg (310×420)

Albert de Saxe-Teschen, peintre inconnu

L’Impératrice tombe rapidement sous le charme de ce charmant jeune prince et souhaite lui procurer un bel avenir.

Marie-Christine ne semble pas encore le connaître.

Le 10 mars 1760

Marie-Thérèse écrit au duc de Choiseul qu’elle ne mariera jamais ses quatre filles aînées car il n’existe aucun parti digne d’elles.

Marie-Thérèse n’est pas toujours fiable en terme de prédictions…

Le 7 septembre 1760

Mariage par procuration à Parme. Marie-Thérèse envoie le prince de Liechtenstein épouser la princesse au nom de l’Archiduc Joseph.

               Isabelle de Bourbon-Parme et l’Archiduc Joseph au moment de leur mariage, d’après Martin van Meytens

Le 28 septembre 1760

François-Etienne finit par lui donner les conseils nécessaires pour le mariage. Le jeune homme déjà profondément inquiet est encore plus terrifié :

“J’ai une certaine peur de me marier, plus que je n’aurai d’aller dans une bataille. […] Ayant toutes les instructions de S. M. l’Empereur, qui me font horreur et qui m’ont extrêmement surpris, je suis extrêmement en peine de mon bonheur futur ; je n’entre certainement dans cet état par aucune curiosité ou avidité de bête ; la pensée seule de devoir me porter à cela me coûte infiniment et me dégoûte. […] Victime de l’Etat, je me sacrifie, espérant que Dieu voudra m’en récompenser, si pas dans ce monde, au moins dans l’autre.”

L’Archiduc Joseph

Le 1er octobre 1760

Accueil de la princesse par l’Empereur François-Etienne.

Le 2 octobre 1760

L’Impératrice et l’Archiduc rencontrent Isabelle au petit château de Laxembourg, près de Vienne.

Le 6 octobre 1760

Célébration du mariage à Vienne en grandes pompes.

Marie-Thérèse souhaite les fêtes les plus extraordinaires, à la hauteur de l’événement, et décide de les faire immortaliser par son peintre préféré Martin van Meytens aidé de son atelier.

Marie-Thérèse a fait élever son fils de manière à ce qu’il ignore tout du sexe avant son mariage. Elle n’admet aucune prostituée sur ses territoires, aucun couple adultère à sa cour.

François-Etienne est beaucoup moins bégueule et entretient une maîtresse, la princesse Auesperg relativement tolérée par l’impératrice qui s’est trop fatiguée à lui donner seize enfants. Mais les relations sont difficiles entre le père et le fils.

La princesse von Auersperg, maîtresse de l’Empereur François Ier, artiste inconnu

On ne connaît pas la réaction de Joseph devant son père entretenant une maîtresse. Ses sœurs Marie-Anne, Marie-Elisabeth et Marie-Amélie l’ont acceptée, se rendant même chez elle avec leur mère au petit château de Laxembourg pour y dîner.

Réunion intime de la famille impériale, par Martin van Meytens (?) : L’héritier du trône est reconnaissable car habillé de rouge au premier rang. Il joue du violoncelle.

Le 6 octobre 1760

Célébration du mariage à Vienne en grandes pompes.

Marie-Thérèse souhaite les fêtes les plus extraordinaires, à la hauteur de l’événement, et décide de les faire immortaliser par son peintre préféré Martin van Meytens aidé de son atelier.

 

L’artiste n’achèvera l’ensemble qu’en 1765.

Vienne, la Hofburg Captur58L’entrée d’Isabelle de Bourbon-Parme dans Vienne, par Martin van Meytens et son atelier
Vienne, la Hofburg Captur57Détail de la Hofburg de L’entrée d’Isabelle de Bourbon-Parme dans Vienne

Banquet dans la grande antichambre du palais de la Hofburg de Vienne, par Martin van Meytens et son atelier
Souper dans la salle de la Redoute à la Hofburg, Martin van Meytens et son atelier
Détail du tableau précédent : l’Empereur et l’Impératrice à la table d’honneur
Sérénade dans la salle de la Redoute, Martin van Meytens et son atelier. Le couple impérial est au centre, entouré par les nouveaux mariés, Joseph près de son père, Isabelle près de sa belle-mère. Les quatre autres archiducs se répartissent ensuite, deux par deux, puis les archiduchesses se divisent en deux groupes de quatre de part et d’autre, en ordre décroissant.

Pour cette dernière composition, Marie-Thérèse demande à l’artiste de rajouter ses derniers enfants qui n’avaient pu assister aux cérémonies car alors trop jeunes : les Archiducs Ferdinand, Maximilien et leurs sœurs Marie-Caroline et Marie-Antoinette.

L’artiste place aussi le jeune prodige Wolgang Gottlieb Mozart que l’on peut repérer dans la foule. Il n’était au moment des faits qu’un simple bambin de quatre ans parfaitement inconnu mais qui était depuis devenu une célébrité internationale.

Détail montrant le jeune Mozart devenu en quelques années une véritable “star”.

Contre toute attente Joseph devient follement amoureux de sa femme. Il n’aimera qu’elle.

Malheureusement pour lui ces sentiments ne sont pas du tout réciproques même si en apparence Isabelle joue à la plus parfaite des épouses.

Elle a très vite cerné sa psychologie, comprit les angoisses et complexes du jeune homme. Bien plus supérieure à lui intellectuellement, elle lui fait croire à chaque instant que c’est lui le maître, comblant ainsi sa misogynie exacerbée.

Elle voue par contre très rapidement une passion dévorante pour sa belle-sœur Marie-Christine.

Le 9 octobre 1760

Les troupes autrichiennes et russes occupent Berlin. De quoi renforcer les fêtes nuptiales.

Le 22 décembre 1760

Fausse couche d’Isabelle ou simple “petite incommodité” selon Marie-Thérèse.

Le 26 décembre 1760

Nouvelle épidémie de variole au sein de la famille impériale.

L’Archiduc Charles-Joseph tombe malade.

En 1761

Le 18 janvier 1761

Mort de son fils Charles-Joseph.

L’Archiduc Charles-Joseph par Johann Christoph von Reinsperger
 

Ce décès est un des trois qui causera le plus de chagrin à Marie-Thérèse.

 

Le 9 mars 1761

La princesse ne laisse rien paraître en public de son malheur d’être mariée _au contraire_, encore moins dans ses lettres à son père ou à son grand-père. Néanmoins, Louis XV écrit à son gendre le duc de Parme :

“Je suis enchanté que votre fille vous ait mandé qu’elle est heureuse. […] Notre gendre me paraît despotique.”

(Archives d’Etat de Parme, carteggio Borbonico Estero, 50, 12)

Le 5 août 1761

Grossesse d’Isabelle déclarée officiellement.

Joseph qui exulte écrit à son beau-père :

“Je ne doute plus que ma femme soit grosse. […] Je suis au comble de la joie de voir que la grossesse de ma femme avance si heureusement et sans l’incommoder beaucoup. Elle m’en paraît même contente et je crois que cela lui fait plaisir. Pour moi, cela m’en fait beaucoup de même qu’à Leurs Majestés et à tout le public qui commence à s’en douter. Ainsi, pourvu qu’elle accouche heureusement, tout sera enchanté, mais c’est un moment auquel je n’ose penser sans trembler.”

Lettre de l’Archiduc Joseph à Don Filippo et Don Ferdinando

Le 1er octobre 1761

Prise par les Autrichiens de la forteresse prussienne de Schweidnitz (aujourd’hui Świdnica en Pologne). Malheureusement, les nombreuses disputes avec les Russes ne permettent pas aux Autrichiens de conforter leurs positions. Pour les Russes, la Silésie n’est pas une priorité stratégique. Pour Marie-Thérèse, c’est la raison essentielle de son entrée en guerre. Et du renversement des alliances.

tiny-librarian:
“ A portrait of Maria Theresa by Martin van Meytens.
”Marie-Thérèse par Martin van Meytens 

Frédéric II se bat désormais en mode défensif. Les Autrichiens, les Russes et les Français pensent que la victoire contre la Prusse ne peut plus faire de doute pour l’année suivante.

En 1762

Le 5 janvier 1762

La Tsarine Elisabeth meurt. Elle était une alliée de poids auprès de Louis XV et de Marie-Thérèse.

Son héritier Pierre III décide sur le champ de signer un traité de paix avec Frédéric II qu’il admire depuis toujours. L’Autriche se retrouve isolée. Toutes ses victoires contre la Prusse n’auront servi à rien.

Le Tsar Pierre III et son épouse Catherine

Cette fois-ci ce sont les historiens qui emploient le terme de “miracle de la maison de Brandebourg” pour ce décès inopiné.

tiny-librarian:
“ Maria Theresa
”

Si l’on sait que Marie-Thérèse vit très mal ce coup du sort, on ignore les sentiments de Joseph à cet égard.

Lui aussi est un héritier du trône qui admire Frédéric II…

tiny-librarian:
“Maria Theresa dressed as a shepherdess.
”

             Marie Anne  et Marie Christine 
            Marie-Elisabeth et Marie-Amélie
            Marie-Jeanne Gabrielle             et          Marie-Josèphe 
            Marie-Caroline et Marie-Antoinette

Le 20 mars 1762

Naissance de Marie-Thérèse, fille de Joseph et d’Isabelle.

Naissance de la petite Marie-Thérèse. Gouache signée et datée de Marie-Christine

Malgré la déception du sexe de l’enfant, les parents, les grands-parents, les nombreux oncles et tantes sont tous heureux, persuadés que la petite Archiduchesse est annonciatrice de nombreux frères et sœurs.

L’impératrice devient la marraine de l’enfant. Désormais, toutes ses petites-filles aînées de chacun de ses enfants seront ses filleules.

Le 21 juillet 1762

Revigoré par sa nouvelle alliance avec la Russie, Frédéric II bat les Autrichiens à Burkersdorf .

Le 9 octobre 1762

Schweidnitz est reprise par les Prussiens.

Le 13 octobre 1762

Visite de la famille Mozart à Schönbrunn.

Illustration Mozart enfant | Musik und kunst, Klassik musik ...

La famille impériale est très férue de musique et au grand bonheur du couple impérial et de Joseph, Isabelle joue merveilleusement bien du violon.

Le 29 octobre 1762

Lors de la bataille de Freiberg, l’armée de Frédéric II repousse les Autrichiens de Silésie.

tiny-librarian:
“ Maria Theresa, Holy Roman Empress
”

Marie-Thérèse sait qu’elle a perdu.

En 1762, Marie-Christine réalise cette gouache, portrait de la famille impériale dans un intérieur bourgeois.La Saint-Nicolas, d’après une gravure de Jacobus Houbraken

Le 22 décembre 1762

Mort de sa fille Marie-Jeanne-Gabrielle, née en 1750.

L’Archiduchesse Marie-Jeanne-Gabrielle par Pierre Benevaux

L’Archiduchesse Marie-Josèphe lui succède comme future fiancée de Ferdinand IV, Roi de Naples et de Sicile (1751-1825).

Voilà ce qu’écrit alors Marie-Thérèse  :

Je considère la pauvre Josèphe comme une victime de la politique. Si seulement elle remplissait ses devoirs envers Dieu et son mari, en veillant au salut de son âme, je serais contente, même si elle devait être malheureuse. “

Lettre tirée de la biographie d’Elfriede Iby, spécialiste de Marie-Thérèse et Schönbrunn.
A portrait attributed to Martin van Meytens of Maria Theresa with archduchess Maria Christine, Joseph II and his wife Isabella of Parma. Circa 1763.Joseph, Marie-Thérèse, Isabelle de Bourbon Parme et Marie-Christine par Meytens (1763)
tiny-librarian:
“ A portrait of Maria Theresa by Martin van Meytens.
”Marie-Thérèse par Martin van Meytens 
Selected books about Maria Theresa of Austria:
“ Maria Theresa by Edward Crankshaw
Maria Theresa and Other Studies by G.P. Gooch
Empress Maria Theresa: The Earlier Years by Robert Pick
Maria Theresa by Karl A. Roider
”Marie-Thérèse par Edward Crankshaw
 Marie-Antoinette l'affranchie,   de Sylvie Le Bras-Chauvot   - Page 2 Maria_10Marie-Thérèse par Liotard (1762) Albertina Museum

En janvier 1763

La princesse Trautson, aya des trois premières archiduchesses, prend sa retraite après vingt-deux ans de bons et loyaux services, sans interruption.

Ce n’est pas sans déchirement car la gouvernante est extrêmement attachée à l’aînée des archiduchesses et à l’Impératrice :

“J’ai su combiner pendant un grand nombre d’années, et le sais encore, le respect, l’admiration, le zèle et la tendresse pour Marie-Thérèse avec l’amitié la plus cordiale, la plus vraie, la plus confidente, la plus chaude pour mes amies. Marie-Thérèse le sait et le savait toujours, ne m’en estimait pas moins. Elle comptait sur moi ; en un mot elle me connaissait. Je crois qu’elle m’aurait trouvée embarrassante, outrée, si je lui avais fait voir que mon tendre attachement pour elle faisait dans mon coeur une passion qui m’eut changée pour les autres auxquels je me devais avant que d’être à elle. Son secret était inviolable, ses intérêts sacrés pour moi, et j’étais fidèle à mes maies tout autant qu’à elle. L’impératrice a plus de devoirs que qui que ce soit. Si je lui avais témoigné un attachement passionné, qui eût exclu en moi tout autre sentiment, elle en aurait été effrayée ; elle se serait éloigné de moi, quand elle m’aurait aimée très cordialement même.”

Archives de la province de Gueldre, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 57-58

Marie-Thérèse continuera à lui écrire, la considérant comme une de ses meilleures amies.

Le 27 novembre 1763

Décès d’Isabelle de Bourbon-Parme. Pour l’impératrice c’est l’un des trois deuils les plus difficiles de sa vie après celui de son époux et de son deuxième fils Charles-Joseph.

Avant de quitter ce monde, l’archiduchesse confie à son amie Marie-Chrisitne des conseils afin de pouvoir manipuler à son aise Joseph, l’empereur et l’impératrice.

“L’Impératrice vous ouvrira d’abord son coeur dans la première douleur que lui causera ma mort ; elle n’aura rien de si cher que vous, elle me verra revivre en vous. Elle sait que vous étiez mon amie, que je vous adorais, que vous m’aimiez : ce sont des titres qui vous donneront tout empire sur son coeur. Vous avez à craindre et par la suite et même dans ce moment-là, mais des choses différentes dans le premier instant. Il faut vous laisser aller devant elle, elle retrouvera dans votre caractère des ressemblances avec le mien qui l’y attacheront, quoiqu’il ne s’agit pas de ressemblance en point, et que le vôtre soit fait pour charmer. “

Isabelle juge très sévèrement ces trois personnes qui l’ont aimée plus que tout.

Elle juge ainsi la mère : 

“L’Impératrice vous a toujours aimée et le fait à cette heure bien tendrement, mais vous savez quelle est la façon dont elle aime ses enfants : elle est toujours mêlée d’une espèce de méfiance et de froideur apparente.”

“Pour ce qui regarde les enfants, l’Impératrice les aime mais elle a un principe faux qui est le trop de rigueur. Il faut toujours tâcher de les soutenir vis-à-vis d’elle, les excuser sans cependant vouloir cacher leurs défauts, ce qui serait trop dangereux, et tâcher de l’engager à prendre le parti de la douceur. Mais il faut surtout prendre un terme par-devant soi bien long, et plus long même qu’il ne le faut, car sans cela l’impatience s’en mêle et regâte tout. Il ne faut pas craindre de lui parler des défauts de ses enfants, c’est leur rendre service : on empêche par là qu’elle ne s’en ouvre à d’autres, ou du moins l’on prévient le tort qu’on pourrait leur faire.”

Isabelle de Bourbon-Parme à l’archiduchesse Marie-Christine, novembre 1763, édition établie par Elisabeth Badinter, Tallandier.

A suivre ces conseils, Marie-Christine deviendra l’enfant chérie de l’impératrice. Mais si elle n’hésite pas à dénoncer la moindre faute de ses frères et soeurs, en particulier des trois derniers, elle ne l’engagera jamais à prendre le parti de la douceur vis-à-vis d’eux.

En 1765

tiny-librarian:
“A portrait of Maria Theresa.
”

Le 25 janvier 1765

Mariage de Joseph II avec Maria Josepha de Bavière.

Lors de cette cérémonie, les Archiducs et Archiduchesses donnent un spectacle:

Détail du tableau peint par Johann Georg Weickert: l’Archiduchesse Antonia

Le 5 août 1765

L’Infante Marie-Louise par Mengs (1765)

Mariage de l’Archiduc Léopold avec Marie-Louise d’Espagne (1745-1792) à Innsbruck.  Léopold part en Toscane alors que Marie-Antoinette n’a que neuf ans. Il semble difficile d’avoir pu établir une relation véritable. Les liens du sang ne suffisent pas.

Résultat de recherche d'images pour "Mariage de l'archiduc Léopold avec Marie-Louise d'Espagne"

tiny-librarian:
“ One of many family portraits done of Maria Theresa, Francis I, and their numerous children.
In this portrait we can see 11 children; four sons and seven daughters. They had a total of 13 out of their 16 children who survived...

Le 5 août 1765

Mariage à Innsbruck de son frère Léopold avec une infante d’Espagne.

A cette occasion, Marie-Thérèse décide de réaménager la galerie du palais de la Hofburg d’Innsbruck avec les portraits de tous ses enfants, auxquels on rajoutera en fonction conjoints et petits-enfants.

Marie-Thérèse n’oublie pas de faire représenter ses trois filles mortes en bas-âge.

Le 18 août 1765

Mort de l’Empereur François Ier, lors des festivités du mariage de Léopold à Innsbruck.

Résultat de recherche d'images pour "Empereur François-Etienne par Johann Zoffany en 1777"
Portrait posthume par Johann Zoffany en 1777

Marie-Antoinette racontera, en 1790, à  Mesdames de Tourzel, de Fitz-James et de Tarenteaux que l’Empereur François Ier, partant pour l’Italie, d’où il ne devait jamais revenir , rassemble ses enfants pour leur dire adieu :

J’étais la plus jeune de mes sœursmon père me prit sur ses genoux, m’embrassa à plusieurs reprises, et, toujours les larmes aux yeux, paraissant avoir une peine extrême à me quitter. Cela parut singulier à tous ceux qui étaient présents, et moi-même je ne m’en serais peut-être pas souvenue si ma position actuelle , en me rappelant cette circonstance, ne me faisait voir pour le reste de ma vie une suite de malheurs qu’il n’est que trop facile de prévoir.”

par Pompeo Batoni, en 1771, qui entoure l’Empereur des figures emblématiques de la Justice, de la Clémence, de la Force et de la Vérité, qu’il lui fait désigner d’un geste auguste.
Résultat de recherche d'images pour "Johann Zoffany"Portrait posthume par Johann Zoffany en 1777

 Le 9 novembre 1765

Son oraison funèbre est prononcée par Corneille-François de Nélis dans l’église Sainte-Gudule; Il est inhumé à Vienne dans le caveau familial des Capucins.

A portrait of Maria Theresa by Marie Victoire Jaquotot, circa 1822

Marie-Thérèse ne quittera plus le deuil…

Avènement de Joseph II qui partage le pouvoir avec Marie-Thérèse.

Joseph II par Anton von Maron (1775)

                        

La mort inopinée de son père plongeant l’Impératrice Marie-Thérèse dans une dépression profonde, Marie-Christine profite de cette faiblesse momentanée pour arracher à sa mère l’autorisation de se marier par amour plutôt que par raison d’État.

Maria Theresa in 1770

Marie-Christine est ainsi la seule à être épargnée par la politique de mariage de sa mère et à pouvoir, avec l’aide de Marie-Thérèse, épouser l’homme de son choix, à savoir Albert de Saxe-Teschen.

Le 20 décembre 1765

Mort du Dauphin, Louis-Ferdinand. Son fils, Louis-Auguste, le futur Louis XVI, devient Dauphin de France.

Le Dauphin Louis-Ferdinand par Anne-Baptiste Nivelon, 1764
Aucune description disponible.Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo  –  Wallace Collection , Londres

En 1766

Janvier 1766

Mariage de l’Archiduchesse Marie-Christine (1742-1798) avec  Albert de Saxe-Teschen (1738-1822), frère de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, mère du duc de Berry.

Le 1er février 1766

Marie-Antoinette assiste à la cérémonie faisant de sa sœur Marie-Anne l’abbesse du chapitre des Nobles Dames de Prague.

Le 3  février 1766

Visite de la famille impériale de la fabrique de laiton à Wiener-Neusdadt.

Le 6 février 1766

Course de traîneaux et carrousel à Schoënbrunn.

Le 8 avril 1766

Mariage de Marie-Christine avec  Albert de Saxe-Teschen (1738-1822), frère de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, mère du duc de Berry, au château de Hof.

Marie-Christine et  Albert de Saxe-Teschen, détail d’un tableau de Marie-Christine

Le 14 janvier 1767

Naissance de la première fille de son fils Léopold et de Marie-Louise d’Espagne, Marie-Thérèse  d’Autriche (1767-1827).

Le 13 mars 1767

Mort de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe ( née le 4 novembre 1731), mère du futur Louis XVI

Marie-Josèphe de Saxe par Jean-Marc Nattier
Mai 1767

Epidémie de petite vérole à Vienne qui n’épargne pas la famille impériale.

Le 28 mai 1767

Mort de Marie-Josepha de Bavière, seconde épouse de l’Empereur  Joseph II. Elle quitte la vie sans déplaisir, n’étant plus appréciée de personne depuis la mort de son beau-père. Joseph II voit ce décès comme un soulagement…

Octobre 1767

L’Archiduchesse Marie-Elisabeth (1743-1808) est atteinte à son tour de petite vérole.

Le 24 octobre 1767

Très inquiète, Marie-Thérèse écrit :

“Nous sommes chez nous dans les grandes transes.(…) L’espèce de la petite vérole n’est pas bonne. Il y a toute sorte de circonstances qui font craindre. La journée de demain éclaircira beaucoup. Jugez quelle attente cela est. Mon coeur ne tient qu’à un fil. Mon courage est totalement perdu. A Dieu tout est possible ; je m’en remets entièrement à lui.”

Lettre publiée par le baron de Lettenhove, 1868 dans BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 32

Considérée avec Marie-Amélie comme la plus belle des archiduchesses, elle s’en sort mais enlaidie, elle ne peut plus prétendre au mariage.

L’Empereur Joseph II et ses sœurs Marie-Anne et Marie-Elisabeth

Marie-Thérèse qui n’a jamais attrapé la petite vérole ne quitte pas le chevet de chacun de ses enfants qui en sont atteints.

Dans un élan de piété filiale, Marie-Thérèse demande à Marie-Josèphe de se recueillir devant le tombeau de sa belle-sœur morte prématurément quelques mois plus tôt. Cette pauvre princesse doit avant de partir pour Naples rendre ses derniers devoirs à sa famille en entrant aux Capucins, crypte des Habsbourgs où est inhumée tout récemment la seconde femme de Joseph II emportée par la variole.
L’Impératrice ne peut ignorer les conséquences ! Mais les devoirs passent avant tout !
La jeune fille est finalement très vite atteinte et meurt seulement au bout de quelques jours, remplacée en toute urgence par Marie-Caroline, qui se retrouve propulsée reine de Naples.

Le 15 octobre 1767

Mort de l’Archiduchesse Marie-Josèphe (1751-1767), sa fille.

L’Archiduchesse Marie-Josèphe

En 1768

C’est à la mort prématurée de deux de ses sœurs, Marie-Jeanne (1750-1762) et Marie-Josèphe (1751-1767) que l’Archiduchesse Charlotte doit son mariage avec Ferdinand IV de Naples (1751-1825), le souverain est très grand, fort laid et de plus doté d’un caractère brutal.

Résultat de recherche d'images pour "Ferdinand IV de Naples"

Le 7 avril 1768

Mariage de celle qui devient Marie-Caroline a lieu à Vienne par procuration.

Le 12 mai 1768

Mariage de l’Archiduchesse Marie-Caroline avec Ferdinand Ier des Deux-Siciles.

Ferdinand IV
Silvana De Santis est la grande Marie-Thérèse dans Ferdinando and Carolina (1999) de Lina Wertmüller

Le 24 juin 1768

Mort de la Reine de France Marie Leszczynska (1703-1768).

Image associéeMarie Leszczynska par Jean-Marc Nattier

Mais Louis XV (1710-1774) est  toujours gaillard malgré ses 58 ans, les chancelleries et les filles du Roi (qui craignent un retour de leur père à une vie de débauche qui ruinerait sa santé et son salut) songent à un remariage avec une princesse de leur rang. Marie-Elisabeth est toute désignée ; ses 25 ans et sa beauté réputée devraient faire d’elle l’épouse idéale.

En cas de réussite du projet, les deux sœurs, Marie-Elisabeth et Marie-Antoinette, auraient été successivement Reines de France, l’aînée ayant épousé le grand-père et la cadette le petit-fils pour le plus grand intérêt de l’alliance austro-française mais aussi des intérêts de la Maison impériale. Ainsi doit penser l’Impératrice Marie-Thérèse.

Cependant la coquette Marie-Élisabeth n’ira jamais à Versailles. La variole vient briser ses espoirs. Elle s’en sort mais la maladie défigure l’Archiduchesse au point de lui faire perdre toutes ses chances sur le marché du mariage, lui laissant des marques indélébiles sur le visage.

Au désespoir de ses frères et sœurs, Marie-Elisabeth portera, sa vie durant, le deuil de sa beauté perdue.

Marie-Elisabeth en deuil de sa beauté par Lukas Zatko

Mariage par procuration de l’Archiduchesse Marie-Amélie, sa fille, avec Ferdinand Ier, duc de Parme.

En 1769

Le 13 juin 1769

Louis XV demande officiellement la main de l’Archiduchesse Maria-Antonia pour le Dauphin.

Louis-Auguste being presented a portrait of Archduchess Maria Antonia
Source

Alma Kruger incarne Marie-Thérèse dans Marie-Antoinette (1938) de W.S. Van Dyke

Le 27 juin 1769

Mariage par procuration de l’Archiduchesse Marie-Amélie avec Ferdinand Ier, duc de Parme.

Le 19 juillet 1769

Ferdinand Ier de Bourbon-Parme, duc de Parme de Plaisance et de Guastalla épouse Marie-Amélie dans le Palais ducal de Colorno.

Le mariage est suivi de fêtes et spectacles.

En 1770

L’équilibre financier de l’Autriche, situation exceptionnelle dans l’Europe de la guerre de Sept Ans, est restauré au début des années 1770 et le thaler d’argent thérésien émis à partir de 1741 est le marqueur de cette prospérité retrouvée et multipliée par les créations de manufactures.

Le 23 janvier 1770

Mort de sa petite-fille, Marie-Thérèse, fille de Joseph II.

Apprenant , par  l’Abbé de Vermond , que les dents de l’Archiduchesse Antonia sont mal plantées et généralement peu satisfaisantes, Mercy-Argenteau trouve un spécialiste français, Laveran, qui assure pouvoir rectifier le tout en trois mois à peine… Arrivé à Vienne, il semble avoir réussi dans sa tâche : alors que les uns et les autres détaillent point par point tous les traits de la Dauphine et Reine , ils ne disent rien de Ses dents

Marie-Caroline assise, Maximilien debout, Marie-Antoinette au centre et sur le côté la petite Marie-Thérèse, fille de Joseph II

Le 3 avril 1770

Marie-Antoinette reçoit solennellement le portrait du Dauphin Louis-Auguste.

Le 14 avril 1770

Le contrat du mariage est signé.

Le 16 avril 1770

L’ambassadeur de France à Vienne demande officiellement la main de l’Archiduchesse au nom de Louis XV.

Le 17 avril 1770

L’Archiduchesse Maria-Antonia renonce officiellement à Ses droits sur l’Autriche

Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 4 Photo010Maria-Antonia par Antonio Pencini (1770)

Le 19  avril 1770

Mariage par procuration de Marie-Antoinette et du Dauphin à l’église des Augustins de Vienne:

A six heures après-midi, à la sonnerie des trompettes et au son des tympans, toute la Cour de Marie Thérèse, se rend à l’église des Augustins de Vienne.

L’Archiduchesse, toute souriante, porte une robe de drap d’argent. L ‘Archiduc Ferdinand qui a dix-sept mois de plus que Marie-Antoinette, habillé en soie blanche, avec une bande bleue drapée sur la poitrine, remplace le Dauphin.

Ferdinand d'Autriche-Este - WikiwandL’Archiduc Ferdinand

L’église des Augustins est une église paroissiale, une vaste structure reliée à l’aile Leopoldina de Hofburg (les appartements privés de la famille royale) par un long couloir.

Vienne impériale | Intermèdes Le Voyage CulturelL’église des Augustins

Joseph II conduit le cortège, puis l’Impératrice Marie Thérèse et derrière elle l’Archiduc Ferdinand qui donne la main à Marie-Antoinette. Pour l’occasion de Gluck a créé une composition pour orgue qui résonne dans l’église.
La messe est dite par le nonce du pape, Monseigneur Visconti, assisté par le curé de la Cour, Briselance. Les prie-Dieu des ” mariés ” sont recouverts de velours rouge brodé d’or ; quand les deux mariés s’agenouillent, ils répondent à la question du nonce, une formule latine: ” Vol et ita promis ” (c’est ce que je veux et promets). Les anneaux, dont l’un sera livré par Marie-Antoinette au Dauphin, sont bénis ; Ferdinand glisse au doigt de sa sœur l’anneau de rubis du Dauphin et la fait ensuite se lever pour l’embrasser sur les joues ; après quoi Briselance s’apprête à prononcer l’acte Nuptial, Kaunitz l’authentifie et Durfort le légalise (en fait, ce dernier acte aurait dû revenir au beau-frère de Marie-Antoinette, Albert de Saxe Teschen, mais Versailles a fait savoir au prince qu’il ne fallait pas qu’il se dérange et qu’il pouvait laisser sa place à l’ambassadeur). Albert n’a pas objecté, mais pour le dîner de mariage, il ne veut pas entendre de raison, donc Durfort n’assiste pas au banquet et reste chez lui. Le comte de San Giuliano, grand maître des cuisines impériales, a accompli des merveilles ce soir-là. Cent cinquante invités sont admis, non pas à dîner, mais à admirer les neuf princes convives qui mangent dans de la vaisselle d’or.

 

Le 21 avril 1770

Marianne Faithfull incarne Marie-Thérèse d’Autriche pour Sofia Coppola

Marianne Faithfull as Maria Theresa in Marie Antoinette (2006)

Marie-Antoinette part pour la France, au cours d’un voyage qui durera plus de vingt jours et qui comportera un cortège d’une quarantaine de véhicules.

Les adieux dans le film de Sofia Coppola

Le lien entre la mère et la fille sera assuré par Florimond de Mercy-Argenteau (1727-1794) , ambassadeur de Marie-Thérèse en France depuis 1766) qui a , envers sa pupille, un rôle presque paternel…

Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Florim11Le comte de Mercy-Argenteau

Le 22 avril 1770

Naissance, à Florence, de Marie-Anne d’Autriche  (1770-1809), fille de Léopold et Marie-Louise d’Espagne, future Abbesse du Chapitre noble de Sainte-Thérèse à Prague.

Le 26 avril 1770

Louis-Auguste reçoit de sa belle-mère la lettre suivante : 

Votre épouse, mon cher Dauphin, vient de se séparer de moi ; comme elle faisait mes délices, j’espère qu’elle fera votre bonheur ; je l’ai élevée en conséquence parce que , depuis longtemps, je prévoyais qu’elle devrait partager votre destinée. Je lui ai inspiré l’amour de ses devoirs envers vous, un tendre attachement, l’attention à imaginer et à mettre en pratique les moyens de vous plaire ; je lui ai recommandé avec beaucoup de soin une sincère dévotion envers le Maître des Rois, persuadée que l’on fait mal le bonheur du peuple qui nous est confié, quand on manque envers Celui qui brise les sceptres et renverse les rois comme il lui plaît. Aimez donc vos devoirs envers Dieu, je vous le dis, mon cher Dauphin, et je l’ai dit à ma fille. Aimez le bien des peuples sur lesquels vous régnerez toujours trop tôt. Aimez le Roi, votre aïeul, inspirez et renouvelez cet attachement à ma fille ; soyez bon comme lui ! Rendez-vous accessible aux malheureux ; il est impossible qu’en vous conduisant ainsi, vous n’ayez pas le bonheur en partage. Ma fille vous aimera, j’en suis sûre, parce que je la connais ; mais plus je réponds de son amour et de ses soins, plus je vous demande de lui vouer le plus tendre attachement.

Adieu, mon cher Dauphin, soyez heureux, rendez-la heureuse ! Je suis toute baignée de larmes.

  Votre tendre mère, Marie-Thérèse.

Le 7 mai 1770

07 mai 1770: Marie-Antoinette est arrivée à StrasbourgArrivée de Marie-Antoinette à Strasbourg

Marie-Antoinette , comme on L’appelle désormais, est “remise” à la France sur un îlot du Rhin, considéré comme une frontière symbolique. Elle prend congé de Sa suite autrichienne ainsi que de Son chien, Mops.

Elle fait la connaissance de la comtesse de Noailles (1729-1794) qui sera Sa dame d’honneur jusque 1775 et qu’Elle surnomme très vite “Madame l’Étiquette“…

Le 14 mai 1770

Après avoir traversé l’est de la France en liesse, Marie-Antoinette rencontre le Dauphin pour la première fois dans la forêt près de Compiègne

Le cortège se rend au château de la Muette où Marie-Antoinette est présentée au comte de Provence et au comte d’Artois, et où Elle fait connaissance avec la nouvelle et dernière favorite du roi, la comtesse du Barry.

Le 16 mai 1770

Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

Aucune description disponible.

Les mariés sont décrits comme gauches et timides.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette  Sofia Coppola mariage"Le mariage dans le film de Sofia Coppola (2006)

Lorsque Marie-Antoinette devient Dauphine, Elle devient la première femme de France…rôle qui incombait depuis deux ans sinon officiellement, du moins dans les fastes de la Cour à Madame du Barry (1743-1793), de 33 ans plus jeune que Louis XV, son royal amant à qui elle aurait appris des plaisirs nouveaux…

Jeanne du Barry par Drouais

Le 20 mai 1770

Marie-Thérèse subit de nouveau une crise de dépression et cette fois-ci se confie à Rosenberg :

“Vous me trouverez encore engraissée et même bon visagen mais il s’en faut beaucoup que je me porte de même. Mon coeur est criblé de chagrin, ma tête vide et mes forces presque entièrement tombées ; un découragement total que j’ai craint toute ma vie _comme l’avait notre grand et incomparable maître, mon père_ m’accable. Tant que mon mari existait, il me soutenait ;  en le voyant seul, tout s’oubliait (…). Rien ne m’anime plus. Je suis abandonnée à ma nature.”

Famille Orsini-Rosenberg,
BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020,  p. 41

Le 1er novembre 1770

Les Archiduchesses Marie-Anne et Marie-Christine offrent chacune à leur sœur Marie-Antoinette un présent : une table réalisée par Marie-Christine et un cadeau resté inconnu par Marie-Anne.

Le 24 décembre 1770

Le duc de Choiseul (1719-1785) , l’un des principaux artisans du mariage franco-autrichien ( il était chef du gouvernement de Louis XV entre 1758 et 1770), est exilé à cause de son orientation libérale  dont la pratique politique s’apparente à une cogestion implicite avec les adversaires de la monarchie absolue.

Portrait de Choiseul par Louis-Michel Van Loo

En 1771

Le 6 janvier 1771

Un autre courrier vint nous porter la disgrâce des Choiseul. J’avoue, j’en suis bien affectée… N’oubliez jamais que votre établissement était l’ouvrage des Choiseul, qu’ainsi vous n’oublierez jamais de leur devoir dse la reconnaissance… mais ne vous laissez induire dans aucune faction, restez neutre en tout ; faites votre salut, l’agrément du Roi et la volonté de votre époux.

Marie-Thérèse à Marie-Antoinette

Le 11 août 1771

Sous l’influence de Sa mère et de Ses tuteurs, Marie-Antoinette se prépare à mettre un terme au silence qu’Elle impose à la maîtresse du Roi, lors d’une mise en scène rigoureusement planifiée. Madame du Barry se rend, comme convenu, au cercle de la Dauphine : la Cour au grand complet guette les deux femmes. Mais alors que Marie-Antoinette s’approche de la favorite pour, enfin, lui adresser un mot, Madame Adélaïde, mise dans la confidence par la jeune Dauphine,  L’en empêche en s’écriant :

Il est temps de s’en aller ! Partons, nous irons attendre le Roi chez ma sœur Victoire !

Coupée dans son élan, Marie-Antoinette lui emboîte le pas, plantant là Madame Du Barry humiliée, au milieu de la Cour témoin de ce terrible affront.

Le 15 octobre 1771

Ferdinand Charles Antoine de Habsbourg-Lorraine  épouse à Milan  Marie-Béatrice Richarde d’Este-Modène.

Ils fondent ainsi la branche d’Autriche-Este.

Ferdinand d’Autriche-Este et Béatrice d’Este.

Schönbrunn, le 6 juin 1771

Comte de Mercy, J’ai reçu vos dépêches du 22 mai. Plus la froideur du dauphin est extraordinaire, plus ma fille a besoin de tenir une conduite bien mesurée. Les conseils que vous continuez à lui donner sont excellents, et vous ne sauriez les lui trop répéter. Au reste, van Swieten est du sentiment que si une jeune fille et de la figure de la dauphine ne peut échauffer le dauphin, tout remède serait inefficace, qu’il vaut donc mieux y renoncer et attendre du temps le changement d’une conduite si étrange.
J’ai tout lieu d’être contente du premier début de ma fille à l’arrivée de la comtesse de Provence, mais je ne suis pas sans inquiétude pour l’avenir. Le parti dominant, faisant des efforts à mettre à sa tête la comtesse de Provence, tâchera de la faire briller, même aux dépens de la dauphine, et l’ostentation de former la cour de la comtesse de Provence, toute composée de créatures de ce parti, beaucoup plus nombreuse que celle de la dauphine, en est déjà la preuve. Les intrigues, les cabales, les jalousies, les tracasseries s’en mêleront à la fin et rendront toujours plus difficile la situation de ma fille, qui pourrait même s’abandonner dans la suite tête baissée à ses tantes. Je voudrais donc que vous tâchiez de vous approcher, le plus souvent que possible, de ma fille pour pouvoir observer tout ce qui se passe dans l’intérieur de sa cour et la conseiller en conséquence. […]

Marie-Thérèse

Le 1er janvier 1772

Alors que la comtesse Du Barry, entourée de la duchesse d’Aiguillon et de la maréchale de Mirepoix, se présente au lever de la Dauphine au milieu d’une foule nombreuse, Marie-Antoinette prononce les paroles tant attendues, quelques mots restés célèbres :

« Il y a bien du monde aujourd’hui à Versailles »

C’est tout.

Je lui ai parlé une fois, mais je suis bien décidée à en rester là et cette femme n’entendra plus jamais le son de ma voix.

Elle tiendra parole !

Le 6 juin 1772

Sa fille Marie-Caroline accouche d’une petite fille, nommée comme il se doit Marie Thérèse (1772-1807). Un garçon eût toutefois comblé ses vœux : elle aurait pu alors assister au conseil d’Etat car, à la différence de sa sœur Antoinette, son contrat de mariage prévoit cette clause.

Le 14 août 1772

Naissance du fils de Marie-Caroline, Alexandre Léopold Jean Joseph d’Autriche (1772-1795), à Florence.

Par Joseph Krantzinger - Page 2 Huntin10Marie-Antoinette, en amazone ou habit de chasse, par l’Autrichien Joseph KrantzingerAucune description disponible.

En 1773

Le 11 février 1773

La Dauphine se rend incognito à Paris avec son époux et le comte et la comtesse de Provence au bal masqué de l’Opéra.

Le 8 juin 1773

Le Dauphin et la Dauphine font leur entrée officielle à Paris.

C’est un triomphe populaire.

Le 27 juillet 1773

Marie-Caroline accouche de Louise de Bourbon-Siciles (1773-1802), future épouse de Ferdinand IV de Toscane.

Stock Photo: 4069-5901 MARIE Caroline of Austria, 1752-1814 Queen of Naples (wife of Ferdinand IV), sister of Marie Antoinette

Le 1er novembre 1773

Naissance de sa petite-fille Marie-Thérèse (1773-1830), fille de son fils Ferdinand et Béatrice d’Este à Milan.

L’Archiduc Ferdinand et sa famille vers 1776

L’éducation des enfants de Ferdinand est surveillée et régie par la grand-mère depuis Vienne ; une grand-mère toujours fort soucieuse de leur développement et de leur santé. Il est intéressant de noter que Marie-Thérèse n’aura jamais vu personnellement les petits-enfants qui ne vivent pas à la cour de Vienne. Elle ne les connaît qu’à travers les portraits qu’elle commande, à partir desquels elle étudie et caractérise sa descendance…

Le 16 novembre 1773

Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie, sœur de la comtesse de Provence.

Marie-Thérèse redoute pour sa fille ce renforcement du clan savoyard à la Cour de France.

Marie-Thérèse en habits de veuve à côté de l’effigie de son mari. Hofburg D’Innsbruck

Bien que fervente catholique, Marie-Thérèse cherche à renforcer le contrôle de l’État sur l’Église et signe l’expulsion de la Compagnie de Jésus.

En 1774

Marie-Thérèse, qui considère son  plus jeune fils comme peu apte au mariage, envoie Maximilien François  – il est d’ailleurs le seul de ses enfants à le faire – en “voyage de cavalier”, un usage répandu dans les cercles de la noblesse. Ce voyage conduit le jeune Archiduc dans les cours de ses frères et sœurs mariés en Italie et en France. Tout comme pour les autres membres de la fratrie, sa mère a consigné pour lui, par écrit, pour le voyage, les règles de conduite et de vie.

Printemps 1774

On assiste, pendant le carnaval, au début de la faveur de la princesse de Lamballe.

Léopold, Marie-Louise et leurs enfants par Zoffany

Le 10 mai 1774

Mort de Louis XV.

Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI.

La nouvelle Reine Marie-Antoinette soupire :

« Mon Dieu, guidez-nous, protégez-nous, nous régnons trop jeunes ! »

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Gautier d'Agoty"Marie-Antoinette, portrait Au Globe par Gautier-Dagoty, 1775

Le renvoi de Madame du Barry et l’exil du duc d’Aiguillon, ennemis du duc de Choiseul, sont vus comme des triomphes de la nouvelle souveraine.

Le 24 mai 1774

Le Roi offre le Petit Trianon à Marie-Antoinette qui souhaite avoir une résidence de campagne où échapper aux contraintes de Son rang. Elle y engage de grands travaux.

Le Petit Trianon et le Hameau de la Reine - La douceur de vivre selon  Marie-Antoinette - Herodote.net

Marie-Christine étant gouvernante générale des Pays-Bas, où paraissent la majorité des pamphlets satiriques dirigés contre Elle, Marie-Antoinette est persuadée que Sa sœur envoie à leur mère tous les ragots à Son propos imprimés à Bruxelles.

Marie-Christine épaulant son impériale mère.

En 1775

La limitation de la corvée à trois jours maximum par semaine devient en 1775 une urgence en raison des crises de subsistances, notamment en Bohême, et d’un cycle de révoltes qui touche autant les pays bohêmes que hongrois. L’influence des idées des économistes français rencontre ici la volonté de faire pénétrer l’État dans la seigneurie.

Le 7 février 1775

L’Archiduc Maximilien (1756-1801) rend visite à sa sœur. Il voyage sous le pseudonyme de comte de Burgau. Voilà bientôt cinq ans que Marie-Antoinette n’a pas vu Son petit frère. Il apporte bien quelques recommandations et conseils de leur mère, qui risquent fort d’être désagréables à entendre, mais quelle joie de se revoir après si longtemps ! Marie-Antoinette entraîne l’Archiduc dans le tourbillon des fêtes de Versailles sans se soucier, une fois de plus, des règles protocolaires. Il en résultera quelques difficultés avec les princes du sang, quelques bévues qui entameront encore un peu plus le crédit de la Reine auprès de la Cour.

Une telle insouciance ne peut qu’exaspérer un peu plus le pauvre Mercy qui doit déployer des trésors d’imagination et de patience pour essayer de convaincre la Reine que Sa vie est auprès de son époux. Marie-Antoinette écoute, fait mine d’entendre pour oublier aussitôt et retourner à Ses distractions sans lesquelles, avoue-t-Elle, Elle mourrait d’ennui !…

Hauzinger - Portraits de Marie Antoinette par Josef Hauzinger Josef_12Marie-Antoinette, le Roi Louis XVI de France et l’Archiduc Maximilien, huile sur toile de Joseph Hauzinger :  le tableau est réalisé un an après l’événement ; Hauzinger, l’un des peintres de la cour de Marie-Thérèse, pour dépeindre la Reine, utilisa comme modèle l’une de Ses sœurs. On ne sait pas qui des trois présentes à la Cour de Marie-Anne, de Marie-Elizabeth ou de Marie-Christine. Celle-ci, même si elle était mariée, revenait pratiquement toujours aux côtés de sa mère et c’est sans doute celle à laquelle ont été demandées les séances. Selon, en effet, une dame de Marie-Thérèse qui avait eu l’occasion de revoir Marie-Antoinette, Marie-Christine était la sœur qui Lui ressemblait le plus.

 

Hauzinger - Portraits de Marie Antoinette par Josef Hauzinger Img_9338

C’est un échec en termes de relations publiques et le jeune homme est rapidement surnommé “l’Archibête“.

Dimanche 11 juin 1775

Aucune description disponible.Louis XVI en habit de sacre

Louis XVI est sacré à Reims.

Sacre de Louis XVI

La Reine n’est que spectatrice des cérémonies.

« Le sacre a été parfait […]. Les cérémonies de l’Église [furent] interrompues au moment du couronnement par les acclamations les plus touchantes. Je n’ai pu y tenir, mes larmes ont coulé malgré moi, et on m’en a su gré […]. C’est une chose étonnante et bien heureuse en même temps d’être si bien reçu deux mois après la révolte, et malgré la cherté du pain, qui malheureusement continue »

Marie-Antoinette à Sa mère

En juillet 1775

Départ de Monsieur et de Madame autorisés à suivre la nouvelle princesse de Piémont dans sa patrie d’adoption et le séjour “de quinze jours dans le plus grand incognito à Chambéry“.

La Reine écrit “qu’il est affreux pour moi, de ne pouvoir espérer le même bonheur.”

Marie-Antoinette piquée au vif s’enferme dans Ses appartements pour pleurer à Son aise d’autant que le comte et la comtesse de Provence expriment bruyamment leur joie. Elle ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Marie-Joséphine ravie de revoir sa famille, alors que Joseph II tarde à La visiter…

      Miniature sur ivoire. Marie-Christine est à l’extrême gauche, en compagnie de son époux Albert de Saxe, duc de Teschen… Maximilien, Marie-Elisabeth, Marie-Anne et Joseph II  autour de Marie-Thérèse… L’oeuvre est de Marie-Christine !

Le 6 août 1775

Naissance de Louis-Antoine, duc d’Angoulême, fils du comte et de la comtesse d’Artois.

La stérilité du couple royal fait jaser…

Le 20 août 1775

Mariage de Madame Clotilde, Gros Madame, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, frère des comtesses de Provence et d’Artois.


Portrait de Marie-Thérèse par Anton von Maron

Automne 1775

Marie-Antoinette se lie d’amitié avec la comtesse de Polignac, une jeune femme de peu de moyens mais dont elle apprécie la gaieté d’esprit. La Reine se montrera généreuse envers cette amie et tout son entourage…

En novembre 1775

Marie-Thérèse prévoit un voyage à Goritz  pour connaître les enfants de son fils Léopold, grand duc de Toscane.

En janvier 1776

L’Impératrice a l’intention de venir à Bruxelles. De là, elle viendrait à la frontière belge  où Marie-Antoinette et Louis XVI viendraient la retrouver.

Le 9 mars 1776

Naissance de son petit-fils Joseph Antoine d’Autriche  (1776-1847), fils de Léopold et Marie-Louise d’Espagne, futur palatin de Hongrie.

Le 10 mai 1776

La nouvelle parvient à Versailles que le voyage de Goritz n’aura pas lieu. Marie-Antoinette en est d’abord très inquiète, puis Elle se rassure de savoir que la santé de Sa mère n’est pas en jeu dans cette décision.

Le 5 août 1776

Naissance de Sophie, dite Mademoiselle d’Artois, fille du comte et de la comtesse d’Artois.

Résultat de recherche d'images pour "Emmanuelle Béart est Marie-Antoinette pour Caroline Huppert"Emmanuelle Béart est Marie-Antoinette pour Caroline Huppert, en 1988. Léa Gabrielle est Madame de Lamballe et Isabelle Gélinas Madame de Polignac

En 1777

Marie-Thérèse finance la construction d’une école dans le centre de la ville de Herve en Belgique. Cet établissement, le collège royal Marie-Thérèse, est l’une des plus vieilles écoles de Belgique.

Le 18 avril 1777

Visite de Joseph II en France. Il voyage en Europe sous le nom de comte de Falkenstein. A la requête de l’Impératrice , il rend visite à sa sœur pour tenter de comprendre la stérilité du couple royal. Il fait très bonne impression sur Marie-Antoinette et Louis XVI ainsi que sur l’entourage par l’intérêt qu’il témoigne à la culture française.

Joseph II par Joseph Hickel

Le 26 avril 1777

Joseph II participe à une course de chevaux donnée par le comte d’Artois.

Le 13 mai 1777

Dîner à Trianon offert à Joseph II, souper et spectacle.

Le 31 mai 1777

Départ de Joseph II.

Le 1er juin 1777

La Reine passe la journée à Trianon accompagnée des seules Mesdames de Lamballe et de Polignac.

Le 2 juin 1777

Départ de Versailles de Joseph II qui va visiter la France.

Ferdinand et Marie-Caroline en famille par Carlo Marsigli

Le 18 août 1777

Plus de sept ans après la célébration de leurs noces, le Roi et la Reine de France consomment enfin leur mariage (entre 10 et 11 heures du matin, après le bain de la Reine).

Le docteur Lassone, d’abord, l’ambassadeur Mercy, l’abbé de Vermond et l’impératrice Marie-Thérèse ensuite sont tenus au courant par Marie-Antoinette Elle-même de ce grand événement dans Sa vie de couple.

En 1778

En juillet 1778

A la mort de l’électeur de Bavière Maximilien II, Joseph II, par son second mariage avec la sœur de Maximilien, se déclare héritier du duché. Un autre prétendant plus légitime, Charles-Théodore des Deux-Ponts, reçoit l’aide de Frédéric II.

Le conflit pour la succession de la Bavière est déclenché.

Si Marie-Thérèse ne partage pas les vues de son fils, elle estime de son devoir de protéger ses territoires contre les princes allemands opposés au dessein de l’empereur.

Marie-Antoinette, alors enceinte, reçoit l’ordre de sa mère de défendre les intérêts de sa maison d’origine auprès de Louis XVI. Selon l’Autriche, le Roi de France doit assurer ses engagements envers l’Alliance.

Contre toute attente, Louis XVI estime son beau-frère dans son tort et refuse.

Marie-Thérèse vivra très mal le conflit.

Le 31 juillet à dix heures et demie du soir

L’enfant royal donne son premier mouvement dans le ventre de sa mère…

Le 19 décembre 1778

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse, du prénom de sa grand-mère maternelle. L’enfant est surnommée “Mousseline” par la Reine.

Image de Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

Si elle n’est pas le Dauphin désiré, elle rassure sur la fertilité du couple royal et elle est très aimée de ses parents.

En 1779

Fin mars 1779

Marie-Antoinette attrape une rougeole très douloureuse, cause de violents maux de gorge et d’aphtes. Elle se retire donc à Trianon afin de préserver Sa petite fille et Son mari de tout risque de contagion.

« Votre grand portrait fait mes délices »

par Emma Defontaine

A Vienne l’Impératrice Marie-Thérèse presse Marie-Antoinette de lui faire parvenir de France « un beau portrait en grand », c’est-à-dire en pied, «pour une salle où toute la famille est en grand ».

A Versailles, Marie-Antoinette multiplie les séances de pose et se désole qu’aucun peintre ne parvienne à fixer la vivacité des traits de Son visage :

«C’est bien à moi de me désoler de n ‘avoir pas encore trouvé un peintre qui attrape ma ressemblance, les peintres me tuent et me désespèrent ! ».

Mais Son apparence est d’autant plus difficile à attraper que Marie-Antoinette est vive et impatiente et n‘aime poser. C’est en 1778 que la Reine rencontre le peintre qui va enfin Lui donner le portrait tant attendu.

Il s’agit d’Elisabeth Vigée Le Brun. Du même âge que Marie-Antoinette, la jeune artiste devient au fil des séances de pose, l’amie de la Reine.

De son pinceau moelleux et par l’usage d’un blanc lumineux, elle révèle la noblesse, la jeunesse, la grâce et l’éclat du teint de Marie-Antoinette.

En portant juste un collier et des bracelets de perle, la jeune femme rayonne. C’est un succès.

L’Impératrice après avoir reçu le portrait de sa fille, écrit le 1er avril 1779, «Votre grand portrait fait mes délices ! »

Sur ce portrait Marie-Antoinette est âgée de vingt deux ans. Elle porte le grand habit de Cour, une superbe robe à panier de satin blanc.

A droite, la couronne royale repose sur un coussin, devant un bouquet dont la Reine a prélevé une rose qu’Elle tient à la main. La traîne fleurdelisée de la Reine est audacieusement traitée comme une gaze légère et aérienne se devinant à peine à l’arrière de la robe.

Premier portrait officiel de Marie-Antoinette, par Mme Vigée Le Brun, en grand panier, vêtue d’une robe de satin et tenant une rose à la main (1778)

Mai 1779

Paix de Teschen qui marque la fin des hostilités en Allemagne.

En récompense de ses services, l’Impératrice offre à l’ambassadeur de France, le baron de Breteuil, la table du même nom.

Table de Teschen, musée du Louvre

Mi-juin 1779

Marie-Antoinette fait une fausse-couche.

En 1780

En juillet 1780

L’archiduc Maximilien succède à son oncle Charles-Alexandre de Lorraine (1712-1780) en tant que grand-maître de l’Ordre Teutonique, ordre militaire chrétien apparu au Moyen Âge. Cette carrière ecclésiastique, planifiée par Marie-Thérèse qui la considère comme la perspective la plus logique pour caser un “Archiduc au huitième rang“, est assurée -ainsi que le note Marie-Thérèse dans ses instructions…

Maximilien, en Grand-Maître de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques

Août 1780

L’Archiduc Maximilien, son fils, devient archevêque de Münster et prince électeur de Cologne grâce en partie à l’appui de la France.

 Le 29 novembre 1780

Mort de l’Impératrice Marie-Thérèse après une courte maladie.

Une mort à l’image de sa vie : un exemple de dignité et de force. Atteinte d’un “durcissement des poumons”, elle se sentait, disait-elle, “devenir intérieurement comme de la pierre”.

Elle a pris congé de ses enfants, les présents et les absents. En prononçant le nom de Marie-Antoinette, elle n’a pas caché son émotion, puis, reprenant son calme, elle a dit :

J’ai toujours désiré mourir ainsi ; mais je craignais que cela ne me fût pas accordé. Je vois à présent qu’on peut tout avec la grâce de Dieu.

Pendant la nuit du 29 novembre, elle a lutté contre le sommeil :

Je crains de m’endormir, je ne veux pas être surprise, je veux voir venir la mort

Cette leçon d’ultime courage, Marie-Antoinette ne l’oubliera pas à l’heure de Sa propre mort.

Maria Theresa Blesses Her Children on her Deathbed. 1846.
[source: Ebay.de]

C’est pour Marie-Antoinette “le plus affreux malheur“.

La nouvelle du décès de Marie-Thérèse n’arrive à Versailles que le 6 décembre 1780 :

La douleur de la reine fut telle qu’on devait la prévoir et la craindre. Une heure après avoir appris cet événement, elle prit le deuil de respect, en attendant que le deuil de Cour fût prêt ; elle resta enfermée dans ses cabinets pendant plusieurs jours, ne sortit que pour entendre la messe, ne vit que la famille royale et ne reçut que la princesse de Lamballe ou la duchesse de Polignac. Elle ne cessait de parler du courage, des malheurs, des succès et des pieuses vertus de sa mère.

Madame Campan

Aucune description de photo disponible.

La nouvelle de la mort de la souveraine est d’abord accueillie avec incrédulité. Mais les oraisons funèbres, y compris protestantes, commémorent un règne et un temps « qui ne sera plus jamais semblable » (Joseph von Sonnenfels). L’histoire de la domination de Marie-Thérèse est une mémoire à partager. Si les États voulaient s’en souvenir, elle devrait s’écrire dans la seigneurie de Frydlant (actuelle République tchèque), dans les Sudètes, dans le village de Paternion en Carinthie, d’où sont partis les transports de protestants vers la Transylvanie, dans la ville allemande et luthérienne de Levoca, aux confins des royaumes de Pologne et de Hongrie (actuelle Slovaquie), parmi les communautés magyares et serbes de Kikinda en Voïvodine, à Semlin, dans la quarantaine sur le Danube devant Belgrade, ou à Gorizia, au croisement du Littoral et de l’Esclavonie, d’où sont originaires les Cobenzl, ambassadeurs et ministres de Bruxelles à Constantinople.

tiny-librarian:
“ During those two last days she sent everyone away as much as possible to spare them, but to Joseph she talked a great deal. Sitting up in her chair she signed many documents, wrote letters too, and made the alteration in her will...Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Ses traces sont partout pour qui sait les voir. L’Impératrice-Reine Marie-Thérèse n’est pas un lieu de mémoire transnational, mais elle révèle une mémoire européenne partageable au-delà des divisions.

Joseph II est désormais seul à la tête de l’Empire.

Voici la tenue de deuil portée à la cour de France par une dame de qualité à l’occasion du décès de Marie-Thérèse:

Du 1er au 3 décembre 1780

Le corps de l’Impératrice-Reine est exposé dans un vêtement très simple ainsi qu’elle l’a désiré.

L’urne qui renferme son cœur est portée le 2 décembre au soir dans la chapelle Notre-Dame de Lorette, contiguë au palais. On y lit l’inscription suivante :

“Dans cette urne est enfermé le cœur auguste de Marie-Thérèse, impératrice des Romains, reine de Hongrie et de Bohême : souveraine pieuse, humaine et juste, qui pendant sa vie, consacra ce cœur à Dieu, à ses sujets et au salut public. Sa libéralité prévint le pauvre, la veuve et l’orphelin; sa grandeur d’âme dans l’adversité s’éleva au dessus de son sexe. Née le 13 mai 1717, elle mourut le 29 novembre 1780.”

S”s entrailles sont déposées dans le maître-autel de l’église métropolitaine de Saint-Etienne où se trouvent celles des autres princes et princesses de la maison d’Autriche.

Le 3 décembre 1780 au soir

Le corps de l’Impératrice-Reine est conduit sur un char à l’église des Capucins. Marie-Thérèse est alors annoncée par chacun de ses titres: Impératrice douairière du Saint Empire Romain, Roi de Hongrie, Reine de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, de Slavonie, de Galicie etc., Archiduchesse d’Autriche, Grande princesse de Transylvanie, Duchesse de Bourgogne, de Lothier, de Styrie, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, de Gueldre, de Württemberg, de Haute et Basse Silésie, de Mantoue, de Milan, de Parme, de Plaisance, de Guastalla, d’Auschwitz, de Zator, Margrave de Moravie, de Burgau, de Haute et Basse Lusace, Duchesse douairière de Lorraine et de Bar, Grande duchesse douairière de Toscane, Comtesse de Habsbourg, de Flandre, de Tyrol, de Hainaut, de Kybourg, de Gorice et Gradisca, de Namur, Dame de Malines et de la Marche windique. A chacun de ses titres, l’entrée est refusée par le moine Capucin. Mais lorsqu’on l’annonce comme la plus humble des servante de Dieu, alors, le moine lui ouvre la porte de l’église…

Son corps est alors descendu dans le caveau où s’élève son monument funéraire près du tombeau de François Ier, son époux.

Résultat de recherche d'images pour "monument funéraire de Marie-Thérèse d'Autriche 1780"

Sans cesse préoccupée de l’idée de la mort, elle avait cousu elle-même son habit mortuaire. C’est dans cette robe funèbre réalisée dans le plus grand secret qu’elle est ensevelie.

Sources :

_BADINTER, Elisabeth, Le pouvoir au féminin, Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Paris, Flammarion, 2016, 800 p.

_BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, 270 p.

_BLED, Jean-Paul, Marie-Thérèse d’Autriche, Paris, Fayard, 2001, 448 p.

_BOURBON-PARME, Isabelle, Je meurs d’amour pour toi, lettres à l’archiduchesse Marie-Christine 1760-1763, édition établie par Elisabeth Badinter, Paris, Tallandier, 2008, 206 p.

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