Le 23 août 1754
A six heures vingt-quatre du matin
Naissance à Versailles de Louis-Auguste de France, duc de Berry, futur Louis XVI (1754-1793), fils du Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765) et de Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767).
1755
On raconte qu’au commencement de l’automne 1755, l’Impératrice, tenant son cercle à Schönbrunn, demanda en riant au duc de Tarouka :
« Aurai-je un fils ou une fille ?
– Un prince, assurément, Madame, répondit le courtisan.
– Eh bien ! reprit Marie-Thérèse, je gage deux ducats que je mettrai au monde une fille. »
Le 2 novembre 1755
A sept heures et demie du soir
Naissance à la Hofburg, à Vienne, de Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine (en allemand, Maria Antonia Josepha Johanna von Habsburg-Lothringen), quinzième des seize enfants qu’auront François Ier (1708-1765), Empereur du Saint-Empire et Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Reine de Hongrie et de Bohême. Elle est décrite par le grand maître de Cour comme «fort petite mais tout à fait saine».
Le duc de Tarouka avait perdu : il envoya à l’Impératrice le prix du pari, enveloppé dans cet ingénieux quatrain du poète Métastase :
« J’ai perdu : l’auguste fille m’a condamné à payer. Mais s’il est vrai qu’elle vous ressemble, tout le monde a gagné.»
Le 3 novembre 1755
La petite Archiduchesse est portée sur les fonts baptismaux par Son frère et Sa sœur, Joseph (1741–1790, il a quatorze ans) et Marie-Anne ((1738-1789, elle a donc dix-sept ans) , au nom du Roi et de la Reine du Portugal (Joseph Ier, le Réformateur, et Marie-Anne d’Espagne), Ses parrain et marraine, dont ils portent d’ailleurs les prénoms. Elle est baptisée par l’archevêque de Vienne, le cardinal Migazzi sous les noms de Maria Antonia Josépha Johanna de Lorraine.
« Le 3, l’empereur se rendit chez les Augustins, vêtu d’un manteau de drap et avec le cortège public, pour l’office des âmes, le sermon, etc. Ensuite, il y a eu l’ordination au baptême, qui s’est déroulée dans la première et belle antichambre (parce que les chambres des chevaliers ont été raccourcies d’une fenêtre lors de la dernière construction et de la nouvelle distribution des chambres, et qu’elles sont donc devenues trop petites pour les mêmes activités solennelles) et qui a été établie par notre seigneur l’archevêque. »
Le prince Johann Josef Khevenhüller-Metsch, maître de cérémonie de l’Impératrice Marie-Thérèse
La cour est pendant deux jours en grande tenue, pendant un jour en petite. Il y a deux jours de fêtes, le 5 et le 6 novembre, spectacle gratis et passage libre aux portes de la ville. L’Impératrice, sérieusement indisposée à la suite de ses couches, ne célébrera son rétablissement que le 14 décembre 1755, dans la chapelle de la Cour.
Le 17 novembre 1755
Naissance à Versailles de Louis-Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII (1755-1824).
Le 12 février 1756
A l’occasion de l’anniversaire de leur père, tous les Archiducs et Archiduchesses sont déguisés, y compris la plus jeune, Antonia, qui n’a que trois mois.
Le 1er mai 1756
Signature à Versailles du traité d’alliance entre la France et l’Autriche, mettant fin à plus de deux cent cinquante ans de rivalité entre les deux puissances. Cet événement sera appelé «Le Renversement des Alliances.» Dès lors les nouveaux alliés chercheront à marier leur descendance afin de consolider cette alliance. Trente-six ans plus tard, cette alliance sera caduque avec la déclaration de guerre de la France révolutionnaire contre l’Autriche.
Le 8 décembre 1756
Naissance à la Hofburg à Vienne de l’Archiduc Maximilien François d’Autriche (1756-1801), futur évêque de Münster et archevêque-électeur de Cologne.
Le 19 janvier 1757
L’Archiduc Joseph, héritier du trône des Habsbourgs est atteint de petite vérole. On craint pour sa vie et on craint aussi que l’épidémie se répande au sein de la famille impériale.
Le 16 février 1757
C’est au tour de l’Archiduchesse Marie-Christine d’être malade.
Fin février 1757
Maladie très grave de l’Archiduchesse Marie-Anne.
Le 9 octobre 1757
Naissance à Versailles de Charles-Philippe de France, comte d’Artois, futur Charles X.
Le 23 septembre 1759
Naissance à Versailles d’Adélaïde Clotilde Xavière de France, dite Madame Clotilde, future reine de Piémont-Sardaigne.
Octobre 1760
Mariage de Son frère l’Archiduc héritier Joseph avec Isabelle de Bourbon-Parme, petite-fille du Roi de France Louis XV et premier mariage scellant l’alliance de 1756 entre les Bourbons et les Habsbourgs.
Vers Ses cinq ans, la petite Archiduchesse est confiée à une aya, Judith de Brandeiss.
Le 18 janvier 1761
Mort de l’Archiduc Charles-Joseph (1745-1761), héritier en second des Habsbourgs et fils préféré de Marie-Thérèse.
Le 22 mars 1761
Mort de Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne. Son frère Louis-Auguste, duc de Berry, le futur Louis XVI, devient le successeur potentiel de ses père et grand-père.
Le 20 mars 1762
Naissance de Marie-Thérèse, fille de l’Archiduc Joseph, héritier du trône des Habsbourg et d’Isabelle de Bourbon-Parme. Elle est la petite-fille aînée de l’Impératrice.
Juin-Novembre 1762
Le peintre suisse Liotard dessine au pastel tous les membres de la famille impériale.
Le 13 octobre 1762
Concert du jeune Wolgang Gottlieb Mozart, âgé de six ans devant la famille impériale dans un salon du château de Schönbrunn. L’enfant désireux de montrer toute sa fougue tombe sur le sol dans son élan sur son clavier. A cette occasion, la famille impériale aurait ri, sauf la plus jeune des archiduchesses qui l’aurait aidé à se relever. Il lui aurait répondu :
«Je vois que vous êtes bien bonne. Plus tard je vous épouserai !»
L’anecdote est vraisemblablement apocryphe mais rien n’affirme le contraire non plus. Plus assurément, le petit prodige n’a pas hésité à courir dans les bras de l’Impératrice.
En décembre 1762
Le 22 décembre 1762
Mort de Sa sœur Marie-Jeanne-Gabrielle (1750-1762).
Nuit du 26 au 27 novembre 1763
Mort d’Isabelle de Bourbon-Parme. Chagrin immense de la famille impériale. On ignore quels furent les sentiments de la jeune Antonia à ce sujet. Isabelle n’évoque jamais la plus jeune des Archiduchesses dans sa correspondance avec Marie-Christine.
Le 3 mai 1764
Naissance à Versailles de Élisabeth Philippe Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth (1764-1794).
Le 25 janvier 1765
Le mariage de Joseph II avec Maria Josepha de Bavière. Lors de cette cérémonie, les Archiducs et Archiduchesses donnent un spectacle :
Le 4 juillet 1765
L’Empereur François-Etienne, l’Impératrice Marie-Thérèse, les Archiducs Joseph et Léopold, les Archiduchesses Marianne et Marie-Christine partent pour Innsbruck où sera célébrer le mariage de Léopold avec l’Infante Marie-Louise. Les plus jeunes de la fratrie restent à Vienne. C’est la dernière fois que Marie-Antoinette voit Son père.
Le 5 août 1765
Mariage de l’Archiduc Léopold avec Marie-Louise d’Espagne à Innsbruck.
Le 18 août 1765
Mort de Son père, l’Empereur François Ier, lors des festivités du mariage de Léopold à Innsbruck. Il avait pris congé en larmes de sa dernière fille, Marie-Antonia, avant de quitter Vienne.
Marie-Antoinette racontera, en 1790, à Mesdames de Tourzel, de Fitz-James et de Tarenteaux que l’Empereur François Ier, partant pour l’Italie, d’où il ne devait jamais revenir , rassemble ses enfants pour leur dire adieu :
« J’étais la plus jeune de mes sœurs, ajoute Marie-Antoinette, mon père me prit sur ses genoux, m’embrassa à plusieurs reprises, et, toujours les larmes aux yeux, paraissant avoir une peine extrême à me quitter. Cela parut singulier à tous ceux qui étaient présents, et moi-même je ne m’en serais peut-être pas souvenue si ma position actuelle , en me rappelant cette circonstance, ne me faisait voir pour le reste de ma vie une suite de malheurs qu’il n’est que trop facile de prévoir.»
Avènement de Joseph II qui partage le pouvoir avec Marie-Thérèse.
Le 5 octobre 1765
Première communion de Marie-Antoinette avec son frère Maximilien. Le lendemain, la famille impériale doit faire ses dévotions en l’honneur de l’Empereur décédé.
Le 20 décembre 1765
Mort du Dauphin, Louis-Ferdinand, à Fontainebleau. Son fils, Louis-Auguste, le futur Louis XVI, devient Dauphin de France.
Janvier 1766
Mariage de l’Archiduchesse Marie-Christine (1742-1798) avec Albert de Saxe-Teschen (1738-1822), frère de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, mère du duc de Berry.
Le 1er février 1766
Marie-Antoinette assiste à la cérémonie faisant de sa sœur Marie-Anne l’abbesse du chapitre des Nobles Dames de Prague.
Une anecdote qui concerne Marie-Antoinette enfant est reprise dans une lettre de Marie Sidonie Chotek née Clary-Aldringen(1748-1824) :
« Hier, après avoir été à la bénédiction à Saint Michel, nous nous sommes rendus chez les princesses Swartzenberg, où nous avons pêché avec beaucoup de chance, dix-neuf poissons. L’arrivée des archiduchesses Carlotta (Maria-Caroline) et Antoinette et des petits archiducs (Ferdinand et Maximilien), a mis fin à notre divertissement ; l’archiduchesse Antoinette a dit à Mademoiselle Drüin (gouvernante des comtesses Clary) en lui serrant la main : « Apportez-moi Christiane et Teresa À Schönbrunn.»
Christiane et Thérèse sont les plus petites sœurs de Marie Sidonie. Les filles ont grandi à la Cour de Marie-Thérèse et sont amies d’enfance de Marie-Antoinette. Dans la peinture où Marie-Antoinette enfant danse avec Ses frères Ferdinand et Maximilien, Christiane et Thérèse apparaissent aussi, au deuxième rang dans le groupe de quatre bergers, avec leurs frères Joseph et Wenceslas.
Le 3 février 1766
Visite de la famille impériale de la fabrique de laiton à Wiener-Neusdadt.
Le 6 février 1766
Course de traîneaux et carrousel à Schoënbrunn.
Le 8 avril 1766
Mariage de sa sœur Marie-Christine avec Albert de Saxe, duc de Teschen.
Il s’agit du seul mariage d’amour autorisé par Marie-Thérèse. Etant la première à convoler, on ignore si les autres Archiduchesses espèrent le même traitement.
Le 5 mai 1766
Marie-Antoinette, Marie-Caroline, Ferdinand et Maximilien ont la «petite vérole volante», c’est-à-dire la varicelle, « sans danger pourtant» d’après Marie-Thérèse à son amie la comtesse d’Enzenberg.
Le 13 mars 1767
Mort de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe ( née le 4 novembre 1731), mère du futur Louis XVI.
En 1767
L’Archiduchesse Marie-Elisabeth (1743-1808) est atteint de petite vérole. Elle s’en sort mais enlaidie, elle ne peut plus prétendre au mariage.
Le 28 mai 1767
Mort de Marie-Josepha de Bavière, seconde épouse de l’Empereur Joseph II.
Le 15 octobre 1767
Mort de l’Archiduchesse Marie-Josèphe (1751-1767), sœur de Marie-Antoinette.
Le 19 janvier 1768
Lors de son retour en Autriche avec les siens, Wolfgang-Amadeus Mozart est à nouveau reçu par Marie-Thérèse et Joseph II, en présence de Marie-Antoinette, à Schönbrunn.
Au printemps 1768
Messmer, directeur des écoles de Vienne, enseigne la rédaction à la future Dauphine, Gluck le clavecin, Wagenseil le piano-forte, Reutter le chant.
Marie-Thérèse emploi les grands moyens afin de préparer sa fille aux usages de sa future Cour.
Noverre est chargé d’apprendre à Marie-Antoinette les danses à la mode à la Cour de France. Il Lui donne «cette démarche aérienne qui fera tant de légende».
Marie-Thérèse demande qu’on lui envoie de Paris pour sa fille un ecclésiastique versé dans la littérature et l’histoire capable d’initier Marie-Antoinette à la vie qui l’attend à Versailles. L’abbé de Vermond est dépêché à Vienne. Le mentor et son élève s’entendent à merveille. Le programme comprend l’étude de la religion de la langue et la littérature française, l’histoire, les usages de la Cour de France et les généalogies des grandes familles qui la composent.
Devenue Reine, Marie-Antoinette écrira fort bien le français avec clarté et précision. En revanche, Elle conservera une orthographe quasi phonétique, chose courante à l’époque et une écriture enfantine constellée de «pavés d’encres».
Le 7 avril 1768
Comme ce sera plus tard le cas pour Marie-Antoinette, le mariage de celle qui devient Marie-Caroline a lieu à Vienne par procuration.
En avril 1768
Au moment de quitter Vienne, Marie-Caroline saute de la voiture au dernier moment pour donner à son Antoine adorée une série d’étreintes passionnées et larmoyantes.
Le 12 mai 1768
Mariage de l’Archiduchesse Marie-Caroline avec Ferdinand Ier des Deux-Siciles.
Novembre 1768
Arrivée à Vienne de l’abbé de Vermond (1735
Le 22 avril 1769
Mariée et munie d’un nom mieux sonnant que Bécu, madame la comtesse du Barry, est présentée à la Cour de France .
Le 13 juin 1769
Louis XV demande officiellement la main de l’Archiduchesse Maria-Antonia pour le Dauphin.
Le 27 juin 1769
Mariage par procuration de l’Archiduchesse Marie-Amélie avec Ferdinand Ier, duc de Parme.
En septembre 1769
Avant le départ de Marie-Antoinette pour la France, l’Impératrice voulait emmener sa fille en pèlerinage et prier pour Son avenir.
Marie-Antoinette passe une nuit avec Sa mère et Ses sœurs, Anne et Elizabeth, au château de Goldegg. Toutes les quatre se rendent à Mariazell, le sanctuaire dédié à la Vierge, auquel Marie-Thérèse est particulièrement attachée: c’est le lieu de pèlerinage le plus important en Autriche
Dans ce portrait une médaille est visible, pointée sur la poitrine de la toute jeune Archiduchesse. C’est un honneur, l’Ordre de la Croix étoilée, un ordre de chevalerie féminin fondé en 1668 par Eleonora Gonzaga (ancêtre du côté paternel de Marie-Antoinette). La naissance de l’ordonnance est liée à un événement miraculeux qui s’est produit le 2 février 1668 lorsqu’un grave incendie s’est déclaré dans le palais Hofburg à Vienne, siège de la cour impériale, brûlant la plupart des manufactures et détruisant même beaucoup de meubles. Une fois que les flammes ont été apprivoisées, parmi les objets trouvés et qu’on croyait perdus, il y avait aussi un morceau de la Sainte Croix, qui était contenu dans une boîte en bois faite d’émail et de cristal qui avait été complètement brûlé. L’Impératrice Eleonora Gonzaga, veuve de l’Empereur Ferdinando III, a décidé de se souvenir de l’événement miraculeux, établissant un ordre de chevalerie féminin sous le nom de l’Ordre de la Croix étoilée. Le pape Clemente IX confirme l’institution avec une bulle le 27 juillet 1668. Les membres de l’ordre sont divisés en deux classes : la reine avec une grande croix et la Reine avec une simple.
Le 23 janvier 1770
Mort de sa nièce Marie-Thérèse, fille de Joseph II.
Le 7 février 1770
A cinq heures et quart du soir, premières règles de Marie-Antoinette : l’Archiduchesse peut donc être mariée !
Le 16 février 1770
Louis XV assure Madame Louise (1737-1787), sa dernière fille, qu’il ne l’empêchera pas de se faire religieuse. Peu après, à la surprise de ses proches, elle entre au Carmel de Saint-Denis, où elle devient sœur Thérèse de Saint-Augustin. Elle entend prier pour le salut de son père.
Le 2 avril 1770
Le Dauphin Louis-Auguste écrit à l’Archiduchesse Marie-Antoinette :
« Madame ma Sœur et Cousine, je reçois une marque bien touchante de l’estime que l’Impératrice, madame ma Sœur et Cousine, fait paraître de moi, en vous accordant à mes vœux et à ceux du Roi, mon seigneur et grand père. Le consentement que vous voulez bien donner à une union qui met le comble à mon bonheur, me cause la plus sensible joie et me pénètre de reconnaissance. J’attendais avec la plus vive impatience qu’il me fût permis de vous en assurer. J’ai chargé le sieur marquis de Durfort, ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Roi, de vous présenter mon portrait. Je vous prie de le recevoir comme un gage de sentiments qui sont gravés dans mon cœur pour vous et qui dureront autant que ma vie. Je suis, Madame ma Sœur et Cousine,
Votre affectionné Frère et Cousin Louis Auguste ».
Le 3 avril 1770
Marie-Antoinette reçoit solennellement le portrait du Dauphin Louis-Auguste.
Semaine sainte du 8 au 13 avril 1770
Retraite de Marie-Antoinette avec Son confesseur afin de se préparer à Ses Pâques et Son mariage.
Afin d’instruire sa fille de son prochain rôle, Marie-Thérèse Lui installe un lit d’appoint dans sa propre chambre.
Le 14 avril 1770
Le contrat du mariage est signé.
Le 16 avril 1770
L’ambassadeur de France à Vienne, le marquis de Durfort, demande officiellement la main de l’Archiduchesse au nom de Louis XV.
Le 17 avril 1770
L’Archiduchesse Maria-Antonia renonce officiellement à Ses droits sur l’Autriche.
Le 18 avril 1770
Le marquis de Durfort organise un bal masqué pour Antonia au palais de Lichtenstein à Vienne.
Le 19 avril 1770
à six heures du soir
Mariage par procuration de Marie-Antoinette et du Dauphin à l’église des Augustins de Vienne :
A six heures après-midi, à la sonnerie des trompettes et au son des tympans, toute la Cour de Marie Thérèse, se rend à l’église des Augustins de Vienne. L’Archiduchesse, toute souriante, porte une robe de drap d’argent. Sa traîne est portée par la comtesse Trautmannsdorf pendant que Sa mère la conduit dans l’allée. L’Impératrice Marie-Thérèse accompagne sa fille à l’autel et l’Archiduc Ferdinand qui a dix-sept mois de plus que Marie-Antoinette, habillé en soie blanche, avec une bande bleue drapée sur la poitrine, remplace le Dauphin.
L’église des Augustins est une église paroissiale, une vaste structure reliée à l’aile Léopoldina de la Hofburg (les appartements privés de la famille impériale) par un long couloir.
Joseph II conduit le cortège, puis l’Impératrice Marie-Thérèse et derrière elle l’Archiduc Ferdinand qui donne la main à Marie-Antoinette. Pour l’occasion Gluck a créé une composition pour orgue qui résonne dans l’église.
La messe est dite par le nonce du pape, Monseigneur Visconti, assisté par le curé de la Cour, Briselance. Les prie-Dieu des « mariés » sont recouverts de velours rouge brodé d’or ; quand les deux mariés s’agenouillent, ils répondent à la question du nonce, une formule latine: « Volo et ita promitto » ( « je veux et je le promets»). Les anneaux, dont l’un sera livré par Marie-Antoinette au Dauphin, sont bénis ; Ferdinand glisse au doigt de sa sœur l’anneau de rubis du Dauphin et la fait ensuite se lever pour l’embrasser sur les joues ; après quoi Briselance s’apprête à prononcer l’acte Nuptial, Kaunitz l’authentifie et Durfort le légalise (en fait, ce dernier acte aurait dû revenir au beau-frère de Marie-Antoinette, Albert de Saxe Teschen, mais Versailles a fait savoir au prince qu’il ne fallait pas qu’il se dérange et qu’il pouvait laisser sa place à l’ambassadeur). Albert n’a pas objecté, mais pour le dîner de mariage, il ne veut pas entendre de raison, donc Durfort n’assiste pas au banquet et reste chez lui. Le comte de San Giuliano, grand maître des cuisines impériales, a accompli des merveilles ce soir-là. Cent cinquante invités sont admis, non pas à dîner, mais à admirer les neuf princes convives qui mangent dans de la vaisselle d’or.
Le 21 avril 1770
« Le départ de la Dauphine était prévu à neuf heures le lendemain matin, 21 avril. L’heure matinale était délibérée. Quel que soit l’avenir brillant de la mariée, ces séparations n’étaient pas, et ne pouvaient guère s’attendre à être, des occasions heureuses. Le comte Khevenhuller a rapporté dans son journal qu’on espérait éviter la détresse qui avait accompagné les adieux des archiduchesses Marie-Caroline et Marie-Amélie. En avril 1768, Marie-Caroline avait sauté de la voiture au dernier moment pour donner à son Antoine adorée une série d’étreintes passionnées et larmoyantes. En cette froide matinée de printemps, c’est l’impératrice qui serre encore et encore sa fille contre elle. « Adieu, ma très chère enfant, une grande distance va nous séparer… Faites tant de bien aux Français qu’ils puissent dire que je leur ai envoyé un ange. » Puis elle s’est effondrée et a pleuré. Joseph Weber, avec sa mère la nourrice, fut autorisé à regarder le cortège partir. Il se rappelait toujours comment Madame Antoine, incapable de contrôler ses propres sanglots, tendait encore et encore le cou par les fenêtres, pour apercevoir une dernière fois sa maison.»
Marie-Antoinette, Le Voyage – Antonia Fraser
Marie-Antoinette part pour la France, au cours d’un voyage qui durera plus de vingt jours et qui comportera un cortège d’une quarantaine de véhicules. Tout le monde, l’Impératrice, la Dauphine, la famille impériale, la Cour, pleure à chaudes larmes. Marie-Thérèse Lui remet ses Instructions à relire tous les 21 du mois.
« Restez bonne Allemande.»
Le lien entre la mère et la fille sera assuré par Florimond de Mercy-Argenteau (1727-1794) , ambassadeur de Marie-Thérèse en France depuis 1766) qui a , envers sa pupille, un rôle presque paternel…
Règlement à lire tous les mois
« A votre réveil vous ferez tout de suite, en vous levant, vos prières du matin à genoux et une petite lecture spirituelle, ne fût-ce même que d’un seul demi quart d’heure, sans vous être encore occupée d’autre chose ou avoir parlé à personne. Tout dépend du bon commencement de la journée et de l’intention, dont on la commence, ce qui peut rendre les actions même indifférentes bonnes et méritoires. C’est un point, sur lequel vous serez très exacte, son exécution ne dépend que de vous, et il peut en résulter votre bonheur spirituel et temporel. Il en est de même avec les prières du soir et examen de conscience ; mais je répète encore, celles du matin et la petite lecture spirituelle sont des plus importantes. Vous me marquerez toujours, de quel livre vous vous servez. Vous vous recueillerez pendant le jour le plus souvent que vous pourrez, surtout à la sainte messe. J’espère que ;vous l’entendrez avec édification tous les jours, et même deux les dimanches et les jours de fête, si c’est coutume à votre cour. Autant que je souhaite que vous soyez occupée de la prière et bonne lecture, aussi peu voudrais-je que vous pensiez introduire ou faire autre chose que ce qui est de coutume en France ; il ne faut prétendre rien de particulier, ni citer ce qui est ici d’usage, ni demander qu’on l’imite ; au contraire il faut se prêter absolument à ce que la cour est accoutumée à faire. Allez, s’il se peut, l’après-dînée, et surtout tous les dimanches aux vêpres ou au salut. Je ne sais pas si la coutume est en France de sonner l’angelus, mais recueillez-vous alors, si non en public, du moins dans votre cœur. Répondez agréablement à tout le monde, avec grâce et dignité : vous le pouvez, si vous voulez. Il faut aussi savoir refuser. Dans mes états et dans l’empire vous ne sauriez vous refuser à accepter des placets, mais vous les donnerez tous à Starhemberg, et vous adresserez tout le monde à lui ou à Schaffgotsch, si le premier était empêché, en disant à tout le monde, que vous les enverrez à Vienne, ne pouvant faire rien de plus. Depuis Strasbourg vous n’accepterez plus rien, sans en demander l’avis de M. ou de Mme de Noailles, et vous renverrez à eux tous ceux qui vous parleront de vos affaires, en leur disant honnêtement, qu’étant vous-même étrangère, vous ne sauriez vous charger de recommander quelqu’un au roi. Si vous voulez, vous pouvez ajouter, pour rendre la chose plus énergique : « l’Impératrice, ma mère, m’a expressément défendu de me charger d’aucune recommandation ». N’ayez point de honte de demander conseil à tout le monde, et ne faites rien de votre propre tête. Vous avez un grand avantage, que Starhemberg fera avec vous le voyage de Strasbourg à Compiègne ; il est très aimé en France, il vous est très attaché. Vous pouvez lui tout dire et tout attendre de ses conseils ; il restera encore huit à dix jours à Versailles. Vous pouvez m’écrire sincèrement par son canal ; tous les commencements de mois j’expédierai d’ici à Paris un courrier : en attendant vous pourriez préparer vos lettres pour les faire partir tout de suite à l’arrivée du courrier. Mercy aura l’ordre de l’expédier d’abord. Vous pouvez de même m’écrire par la poste, mais sur peu de choses, et que tout le monde peut savoir. Je ne crois pas que vous deviez écrire à votre famille, hors dans des cas particuliers et à l’empereur, avec qui vous vous arrangerez sur ce point. Je crois que vous pourriez encore écrire à votre oncle et tante de même qu’au prince Albert. La reine de Naples souhaite votre correspondance ; je n’y trouve aucune difficulté. Elle ne vous dira rien que de raisonnable et d’utile ; son exemple doit vous servir de règle et d’encouragement, sa situation ayant été en tout et étant bien plus difficile que la vôtre. Par son esprit et par sa déférence elle a surmonté tous les inconvénients, qui ont été grands ; elle fait ma consolation et a l’approbation générale. Vous pouvez donc lui écrire, mais que tout soit mis en façon à pouvoir être lu par tout le monde. Déchirez mes lettres, ce qui me mettra à même de vous écrire plus ouvertement ; j’en ferai de même avec les vôtres. Ne faites aucun compte sur les affaires domestiques d’ici ; elles ne consistent que dans des faits peu intéressants et ennuyants. Sur votre famille vous vous expliquerez avec vérité et ménagement : quoique je manque souvent d’en être entièrement contente, vous trouverez peut-être que c’est ailleurs encore pis, qu’il n’y a ici que des enfantises et jalousies pour des riens, qu’autre part c’est bien plus soutenu. Il me reste encore un point par rapport aux Jésuites. N’entrez dans aucun discours, ni pour, ni contre eux. Je vous permets de me citer et de dire que j’ai exigé de vous de n’en parler, ni en bien, ni en mal : que vous savez, que je les estime, que dans mes pays ils ont fait grand bien, que je serais fâchée de les perdre, mais que si la cour de Rome croit devoir abolir cet ordre, je n’y mettrais aucun empêchement ; qu’au reste j’en parlais toujours avec distinction, mais que même chez moi je n’aimais pas à entendre parler de ces malheureuses affaires.»
Marie-Thérèse
Le cortège avance par étapes quotidiennes de huit à neuf heures. Le premier soir, Antonia arrive à l’abbaye baroque de Melk, où Elle retrouve Son frère Joseph.
« Le premier soir, on arrive à l’abbaye baroque de Melk, lancée tel un éperon sur le Danube où Marie-Antoinette retrouve son frère Joseph. Les élèves des moines bénédictins ont préparé un spectacle pour leurs hôtes princiers. Marquée par les fatigues du voyage, Marie-Antoinette a du mal à le suivre. »
L’abbé de Vermond
Dans le message du marquis de Durfort au duc de Choiseul, l’ambassadeur écrit que la Dauphine est arrivée en bonne santé à Melk, qu’un opéra allemand a été joué pour la princesse par les élèves de l’abbaye, que le duc peut facilement imaginer combien Madame la Dauphine s’est amusée.
Le 22 avril 1770
Le temps est maussade. Antonia fait Ses adieux à Joseph II et à Durfort. Les trois cent soixante-seize chevaux nécessaires au transport sont relayés toutes les deux heures jusqu’à Enns.
Le 23 avril 1770
S’éloignant du Danube, l’Archiduchesse couche à Lambach.
Le 24 avril 1770
Il pleut encore. Après seulement six heures de berline, Marie-Antoinette pénètre dans Altheim où Elle fait bonne chère et passe une paisible nuit.
Le 25 avril 1770
Marie-Antoinette quitte les terres de l’Archimaison , franchit la Salzach puis l’Inn. La voici dans l’électorat de Bavière, hérissé d’évêchés indépendants et de principautés plus ou moins souveraines, les uns comme les autres convaincus de leur importance grâce à la considération intéressée dont, depuis deux siècles, les diplomates accrédités par Paris font preuve à leur égard. Le soir, Altheim, Alt-Oetingen accueille la voyageuse.
À l’abbaye, une danse de la torche a été exécutée sur des bateaux de rêve et en l’honneur de la mariée, une pièce du père Maurus Lindemayr a eu lieu dans le théâtre de plumes nouvellement adapté : « Le contrat de mariage divertissant » a reçu beaucoup d’applaudissements.
Elle s’arrête pour deux jours au château de Nymphenbourg, près de Munich, où Elle est saluée par l’électeur de Bavière et par le comte de Putbus, grand chambellan du duc de Wurtemberg.
Le 26 avril 1770
Louis-Auguste reçoit de sa belle-mère la lettre suivante :
« Votre épouse, mon cher Dauphin, vient de se séparer de moi ; comme elle faisait mes délices, j’espère qu’elle fera votre bonheur ; je l’ai élevée en conséquence parce que , depuis longtemps, je prévoyais qu’elle devrait partager votre destinée. Je lui ai inspiré l’amour de ses devoirs envers vous, un tendre attachement, l’attention à imaginer et à mettre en pratique les moyens de vous plaire ; je lui ai recommandé avec beaucoup de soin une sincère dévotion envers le Maître des Rois, persuadée que l’on fait mal le bonheur du peuple qui nous est confié, quand on manque envers Celui qui brise les sceptres et renverse les rois comme il lui plaît. Aimez donc vos devoirs envers Dieu, je vous le dis, mon cher Dauphin, et je l’ai dit à ma fille. Aimez le bien des peuples sur lesquels vous régnerez toujours trop tôt. Aimez le Roi, votre aïeul, inspirez et renouvelez cet attachement à ma fille ; soyez bon comme lui ! Rendez-vous accessible aux malheureux ; il est impossible qu’en vous conduisant ainsi, vous n’ayez pas le bonheur en partage. Ma fille vous aimera, j’en suis sûre, parce que je la connais ; mais plus je réponds de son amour et de ses soins, plus je vous demande de lui vouer le plus tendre attachement.
Adieu, mon cher Dauphin, soyez heureux, rendez-la heureuse ! Je suis toute baignée de larmes.
Votre tendre mère, Marie-Thérèse.»
L’Impératrice-Reine est plus tendre avec son gendre qu’avec sa fille qu’elle vient de quitter pour toujours…
Les haltes se font ensuite à Enns, Lambach, Altheim, Alt-Oetingen, Nymphenburg, la résidence d’été des électeurs de Bavière près de Munich, Ausbourg, Guntzbourg, Riedlingen, Stockach, Donaueschingen et enfin Fribourg.
A Guntzbourg et à Fribourg il a été prévu des haltes de deux jours pour que Marie-Antoinette se repose des fatigues d’un voyage harassant.
Ce même jour
Halte près de Munich chez l’électeur de Bavière, frère de Sa belle-sœur décédée Josepha, au château de Nymphenburg. La jeune Dauphine a droit à une journée de repos dans le pavillon d’Amalienburg au milieu des jardins.
Marie-Antoinette profite de la journée de halte pour admirer les trésors de Nympheenbourg.
Le 27 avril 1770
Il pleut. La route d’Augsbourg présente peu d’attraits. La ville, toutefois procure passablement de satisfactions pour ravir le passage de la Dauphine.
Marie-Antoinette inaugure la salle-des-Fêtes du palais de Schänzler à Augsbourg avec un bal.
Dimanche 29 avril 1770
La caravane quitte Augsbourg pour gagner Günsburg où la princesse Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont (1714-1773), attend la fille de son frère. La marche dure neuf heures. Madame la Dauphine, affectée d’un coryza (c’est un rhume ou une rhinopharyngite), commence à éprouver les fatigues, sinon du voyage, du moins d’une aussi longue représentation.
A Güntzbourg est prévue une halte de deux jours pour que Marie-Antoinette se repose des fatigues d’un voyage harassant. Elle passe de longs moments avec Sa tante, la princesse Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont.
Depuis neuf jours, les visites succèdent aux fêtes et les banquets aux concerts. La sœur de feu l’Empereur veille à fortifier la santé chancelante de la Dauphine et de Ses dames mais prend à cœur de leur apporter des divertissements.
Le 30 avril 1770
Si l’on ne se remet pas en route, on avance un peu. Marie-Antoinette est conviée à visiter la chapelle de Königinbild, sur la route de Burgau. Au sortir du sanctuaires, douze jeunes filles viennent saluer la princesse les bras chargés de fleurs des champs. L’une des demoiselles se détache pour réciter une ode au sérénissime couple où s’exprime le souhait de les voir vivre centenaire. A peine Madame la Dauphine a-t-Elle pris le temps de remercier que l’abbesse L’incite à regagner Güntzbourg afin d’y présider une distribution de mangeailles au menu peuple. On bat des mains devant les saucisses et les chapons, puis, les petits rassasiés, les grands songent à réparer leurs forces. La voyageuse préside un banquet de cent-trente-deux couverts.
Le 1er mai 1770
Petite étape car les santés sont encore fragiles. Les carrosses prennent la route d’Ulm et, quittant la Bavière, passent en Souabe.
Le prince de Starhemberg écrit , non sans satisfaction, au duc de Choiseul :
« Tout le monde paraît enchanté de la Princesse que je vous amène, et je souhaite seulement qu’elle réussisse aussi bien en France que dans tous les lieux où nous avons passé jusqu’à présent.»
Le cortège arrive à l’abbaye Obermarchtal où la Dauphine Marie-Antoinette soupe et regarde la représentation de la pièce Les meilleures mentalités des cœurs souabes de Sebastian Sailer.
En remerciement pour l’abbaye Obermarchtal, Marie-Antoinette lui enverra, après Son mariage, Son vêtement de fiancée qui sera refait en deux vêtements de prêtre qu’on peut admirer même aujourd’hui au musée de l’abbaye.
Le 2 mai 1770
L’étape est marquée à Stockach, grand bourg de quelque deux mille âmes.
Le 4 mai 1770
Marie-Antoinette est à Donaueschingen.
Le cortège arrive avec ses 235 personnes, un total de 57 voitures, la plupart tires par six chevaux et 350 chevaux. Le boulanger de la Cour, Fidel Schmider est autorisé à livrer les rouleaux pour la restauration des voyageurs.
Pour Schmider, ce n’est probablement pas seulement un travail lucratif, mais aussi un honneur spécial. En tout cas, il a la nouvelle de cet événement spécial gravée dans la pierre et placée sous la forme d’une plaque commémorative au-dessus de la porte d’entrée de l’auberge « Lamm » (agneau) avec le texte suivant :
« En mai 1770, le 3 mai, je m’appelais Fidelis Schmider an hero, le premier rouleau de bouche pour la table du Grand Prince pour faire cuire ce que la reine de France Sa Majesté Maria-Antonia a dîné. Après cela, j’ai construit cette maison en 1783.»
Le comte Frank Ludwik Schenk von Castell, propiétaire des terres Oberdischingen, dirige l’étape du voyage de Marie-Antoinette d’Ulm à Oberdischingen.
En l’honneur de l’Archiduchesse il crée une allée de châtaigniers.
Le 5 mai 1770
Marie-Antoinette et Sa suite arrivent à Fribourg-en-Brisgau.
Le programme d’accueil commence par la messe à Munster. Ensuite la ville remet à la Dauphine les cadeaux d’honneurs. Des danses suivent l’accueil des députés, un ballet et du théâtre.
Le soir a lieu la visite des arcs de triomphes illuminés.
Le 6 mai 1770
Le cortège de Marie-Antoinette atteint l’abbaye de Schütter près de Kehl puis traverse la Forêt-Noire et parvient sans encombre, l’étape est courte, jusqu’au moutier. Monsieur le comte de Noailles, ambassadeur extraordinaire, vient saluer Madame la Dauphine.
Le cortège arrive à Schuttern où Marie-Antoinette passe la dernière nuit sur les terres allemandes. Des feux de canon et le carillon saluent les nouveaux venus. Le peuple se place le long du mur de cloître et acclame. La fête trouve son point culminant dans un feu d’artifice pompeux.
Le 7 mai 1770
Un carrosse, couronné de bouquets de fleurs d’or, s’arrête aux premières maisons de Strasbourg. Monsieur d’Autigny, chef du magistral, s’avance et commence une harangue en allemand. Marie-Antoinette penche la tête de la portière et gracieusement l’interrompt :
« Ne parlez point allemand, messieurs, à dater d’aujourd’hui, je n’entends d’autre langue que le français.»
Marie-Antoinette
Dès les premiers pas de la princesse sur la terre de France, son seul sourire attire et séduit. Sa marche aérienne, Son port d’Archiduchesse, l’attitude un peu fière de Sa tête et de ses épaules imposent. Un teint «mêlé, de bien à la lettre, de lis et de roses…»
Marie-Antoinette a l’effet d’un bouquet des fleurs de champs.
«C’est une odeur de printemps !» s’exclame Burke.
Le spectacle strasbourgeois est aussi frais que le sourire de la petite Dauphine. Des enfants déguisés en bergers et bergères Lui offrent des bouquets, des jeunes filles jettent des fleurs sous les pas des chevaux et des garçonnets costumés en cent-suisses font la haie.
On Lui présente le cardinal de Rohan, les comtes formant le conseil de la cathédrale, les députés, succèdent trente-six dames de la noblesse d’Alsace aux mines graves et sévères.
Marie-Antoinette est officiellement « échangée » entre la France et l’Autriche sur une île du Rhin près de Kehl. Cette île, encore habitée dans les années précédant la Première Guerre mondiale, est connue sous le nom d’«île de la Commission » (Kommissionsinsel), en référence à la commission d’échange de Marie-Antoinette.
Ce dauphin qui n’a pas encore seize ans et dont Mademoiselle Cosson de la Cressonnière faisant paraitre dans le Mercure ce quatrain :
«Un Auguste mariage
L’enlève aux vœux de sa cour
C’est Psyché dans son jeune âge
Qu’on mène à l’Amour»
« Êtes-vous bien empressée de voir le Dauphin ?» ui demande l’une de Ses dames. Et Elle de répondre malicieusement toujours avec Son sourire :
« Madame, je serai à Versailles dans cinq jours, le sixième je pourrai plus aisément vous répondre.»
Ce n’est pas à Versailles que «Psyché dans son jeune âge» doit rencontrer l’Amour, mais en forêt de Compiègne…
Marie-Antoinette, comme on L’appelle désormais, est «remise» à la France sur un îlot du Rhin, considéré comme une frontière symbolique. Elle prend congé de Sa suite autrichienne ainsi que de Son chien, Mops.
« Quelques jours avant l’arrivée de Marie-Antoinette plusieurs jeunes étudiants allemands se glissent dans l’édifice à moitié achevé́ pour satisfaire leur curiosité́. Tout à coup Goethe s’arrête, se sent mal à l’aise ; il est presque en colère. « Quoi ! s’exclame à haute voix le génial adolescent, sans prêter attention à l’étonnement des assistants, est-il permis de mettre aussi imprudemment sous les yeux d’une jeune reine, dès le premier jour, l’exemple du mariage le plus atroce qui fût jamais consommé ? N’y a-t-il donc point parmi les architectes, décorateurs et tapissiers français, un seul homme qui comprenne que les images ont une signification, qu’elles agissent sur les sens et l’esprit, qu’elles laissent des impressions, qu’elles éveillent des pressentiments ? Ne dirait-on pas que l’on a voulu envoyer au-devant de cette belle dame, que l’on dit être attachée à la vie, le plus hideux des spectres ? » Les amis du bouillant jeune homme réussissent avec peine à le calmer.»
Stefan Zweig, Marie-Antoinette
En effet, le pavillon de remise est décoré du gobelin représentant l’histoire malheureuse de Jason, Médée et Créuse.
La princesse quitte Sa robe de voyage «en gros de Tours» et revêt une «robe et un jupon d’étoffe d’or».
« Elle (la Dauphine) passa ensuite dans le salon commun, suivie de toute sa cour allemande. On y avait dressé une espèce de trône surmondé d’un dais ; une grande table était placée au milieu de la salle, de l’autre côté se trouvaient M. de Noailles et M.M. Bouret et Gérard » nous dit le compte-rendu officiel.»
Le discours de Noailles pendant la remise :
« La commission honorable que le Roi mon maître a bien voulu me confier met le comble à la reconnaissance que je dois à ses bontés. Il ne manque à mon bonheur que de pouvoir peindre fidèlement à Madame la Dauphine les sentiments de Sa Majesté et tout son empressement de la voir partager bientôt sa tendresse avec la famille royale. La nation dont je suis également l’interprète soupirait après l’instant heureux qui annonce à deux grands empires la perpétuité de leur bonheur en garantissant aux deux plus anciennes maisons de l’univers la durée des nœuds qui les unissent. Que ne devons-nous pas espérer d’une princesse élevée aux vertus par une auguste mère, la gloire de son sexe, et le modèle des rois ? Formée par de si grands exemples, Madame la Dauphine trouvera dans la félicité dont elle jouira l’heureux gage de celle qu’elle promet à la France. »
Après lecture et signature des actes de remise et de réception
« Le commissaire impérial (le prince de Starhemberg) donna la main à Madame la Dauphine pour la conduire du côté de la table où M. le comte de Noailles se tenait. Le commissaire plénipotentiaire du Roi prit alors la main de cette princesse pour la conduire vers la Cour française qui dans ce moment sortit du Cabinet français où elle s’était tenue jusqu’alors, et entra dans la salle de remise. M. le comte de Noailles présenta à Madame la Dauphine le comte de Saulx-Tavannes son chevalier d’honneur, la comtesse de Noailles sa première dame d’honneur, et celle-ci lui présenta le reste de sa maison et de l’accompagnement. Dès ce moment les fonctions des personnes attachées à Madame la Dauphine commencèrent.»
Après le discours, Noailles tend la main à Marie-Antoinette qui dépasse la table, symbolisant la frontière, et se trouve en face de Sa nouvelle suite française apparaissant juste au moment où la suite autrichienne cède la place.
Elle fait la connaissance de Sa nouvelle suite composée du comte de Saulx-Tavannes, chevalier d’honneur de la Dauphine, du marquis de Granges, maître des cérémonies, du comte de Tessé, premier écuyer, du chevalier de Saint-Sauveur, commandant des gardes du corps de la Dauphine, du maréchal de Contades, commandant de la province, du marquis de Vogüé, commandant en second.
Suivent les dames désignées pour accompagner la princesse, la comtesse de Noailles (1729-1794) qui sera Sa dame d’honneur jusque 1775 et qu’Elle surnommera très vite «Madame l’Étiquette», les duchesses de Villars et de Picquigny, la marquise de Duras, les comtesses de Mailly et de Saulx-Tavannes qui avaient toutes fait partie de la maison de feue la Reine Marie Leszczyńska.
Après les présentations, Madame la Dauphine monte dans le carrosse du Roi pour entrer dans la ville ; les régiments de cavalerie du Commissaire général, ayant à leur tête le marquis de Vogüé, ont l’honneur de La saluer. Son entrée dans la ville est annoncée par une triple décharge de toute l’artillerie des remparts, et par le son des cloches de toutes les églises. Le maréchal de Contades se trouve à la porte de la ville à la tête de l’état-major de la place, qui a l’honneur de saluer la Dauphine. Marie-Antoinette traverse toute la ville au milieu des régiments d’infanterie de la garnison, qui bordent la haie : en passant devant l’hôtel-de-ville, elle voit couler les fontaines de vin que le magistrat fait distribuer au peuple. En principe, la suite autrichienne de la Dauphine aurait dû se retirer après la remise. Mais contrairement à la coutume observée lors des mariages princiers, deux des personnes qui L’ont accompagnée depuis Vienne La suivront à Versailles : Starhemberg qui a été invité aux fêtes du mariage, et l’abbé de Vermond.
Marie-Antoinette se rend au palais épiscopal où elle met pied à terre. Le cardinal Armand Gaston de Rohan, à la tête des comtes de la cathédrale, a l’honneur de La recevoir et de La complimenter ; tous les corps sont ensuite admis à l’honneur de Lui être présenter. Madame la Dauphine, après avoir diné à son grand couvert, permet au magistrat de Lui présenter les vins de ville ; cette cérémonie et terminée par une fête de Bacchus. Elle se rend ensuite, au milieu des cris redoublés de Vive le Roi, à la comédie française. Au retour du spectacle, la Dauphine trouve toutes les rues illuminées par les soins du magistrat.
À minuit, Elle se rend dans la salle de la comédie où le maréchal de Contades donne un bal. Cette dérogation aux usages nous vaut la très intéressante correspondance de Starhemberg avec Marie-Thérèse.
Le 8 mai 1770
Après la messe, la Dauphine revient dîner à son grand couvert au Palais épiscopal, d’où Elle part à quatre heures pour se rendre à Saverne. La distance est courte de Strasbourg à Saverne où la Dauphine parvient dès sept heures du soir.
Le 9 mai 1770
Le lendemain, Elle entend la messe, déjeune, fait Ses adieux aux fidèles Autrichiens qui L’ont suivie le plus longtemps possible et doivent reprendre aussitôt la route de Vienne. Toutefois Stahremberg, bien que remplacé dans sa mission par Noailles, et autorisé à raccompagner jusqu’à Versailles; Mercy se trouve également du cortège, et il reste ainsi à la princesse deux visages presque familiers.
Elle parcourt tout l’est de la France, par Nancy et Lunéville, Commercy, Châlons, Reims et Soissons.
Elle s’arrête à Nancy, ex-capitale du Duché de Lorraine devenue française depuis seulement quatre années. La nuit tombe lorsque, parvenant à Nancy, Elle est reçue à la porte Saint-Nicolas, toute brillante de lumières, par le marquis de Choiseul-la-Baume, commandant en Lorraine, entouré de son état-major, et par le corps municipal, tandis que les grenadiers de France, les dragons de Schomberg, les régiments d’Orléans et Chartres-Cavalerie La saluent au passage. Des fenêtres de l’hôtel du gouvernement, Elle peut encore contempler des illuminations. Elle se recueille en l’église des cordeliers, devant les tombeaux de Ses ancêtres paternels, les ducs de Lorraine et de Bar.
Le 10 mai 1770
Le cortège de Marie-Antoinette fait halte à Bar-le-Duc.
A Bar-le-Duc, où Elle n’arrive qu’à dix heures et demie du soir, aux sons de la musique de la Légion royale commandée par le comte de Coigny, Elle ne manifeste ni lassitude, ni ennui lorsqu’il Lui faut recevoir de nouveaux hommages et de nouvelles députations, admirer un feu d’artifice encore et des illuminations dont le principal motif représente le triomphe de l’amour conjugal avec le temple de Vénus, dessiné sur un transparent lumineux, qui doit vraisemblablement, pour la circonstance, s’adjoindre un autel de la fidélité.
Le 11 mai 1770
Peu d’heures sont consacrées au repos, car Elle repart à neuf heures du matin, après avoir déjà entendu la messe, reçu quelques compliments et présidé une distribution de pain aux pauvres de la ville.
Le cortège fait étape à Châlons-sur-Marne (aujourd’hui Châlons-en-Champagne). Sur les limites de la Champagne, un peu avant Saint-Dizier, Elle rencontre l’intendant de cette province, Rouillé d’Orfeuil, qui se joint au cortège et La reçoit dans son hôtel à Châlons, alors que deux escadrons du régiment Royal-Dragons et un détachement des gardes du corps du Roi rendent les honneurs. Le marquis de Chauvelin, maître de la garde-robe, L’attend dans cette ville.
Pour célébrer le passage de la Dauphine, on édifie une porte monumentale à Elle dédiée, la Porte Dauphine, aussi appelée la Porte Sainte-Croix. Entre autres hommages, Elle reçoit ceux de six jeunes filles pauvres, dotées à cette occasion par le corps municipal, qui, sur le point elles aussi de contracter mariage, Lui adressent un compliment avec ces derniers vers pleins de promesses et aussi d’encouragement :
Nous donnerons des sujets à la France
Et vous lui donnerez des Rois.
Puis se déroule un programme exactement semblable à celui des jours précédents, complété par un spectacle composé d’un divertissement, La partie de chasse de Henri IV, et d’une comédie, Lucile.
Le 12 mai 1770
La caravane arrive à Soissons où Marie-Antoinette séjourne quarante-huit heures.
Marie-Antoinette descend au palais épiscopal. Arcs de triomphe, fleurs, guirlandes, couronnes, devises, concerts, feux d’artifice, illuminations, rien n’e fu’est épargné pour Lui faire une réception des plus brillantes. On a dressé deux arcs de triomphe richement décorés : l’un en dehors de la porte de Reims, l’autre au carrefour de Panleu. Depuis ce dernier jusqu’au palais épiscopal, chaque côté de la rue est orné d’un cordon d’illumination en verres de couleurs, et au-dessus d’un cordon de fleurs et de deux rangs de guirlandes de feuillages entrelacés de nœuds et de couronnes de gaze d’or et d’argent, portant un grand nombre de devises et d’emblèmes. La première journée est consacrée à des actes de dévotion. Le duc de Gesvres, gouverneur de la province, Lui présente, de la part du Roi et du Dauphin, les cadeaux de noces et la riche toilette avec laquelle la fille de Marie-Thérèse doit paraître devant les figures fardées de la Cour de Louis XV.
« Histoire de la ville de Soissons », Jean Leroux
Après avoir traversé l’est de la France en liesse, Marie-Antoinette rencontre le Dauphin pour la première fois dans la forêt près de Compiègne.
A la fin de la journée, suivi du Dauphin, de Mesdames et de ses principaux officiers, mais laissant à Choiseul la satisfaction de prendre les devants, Louis XV se rend à la rencontre de la Dauphine jusqu’au pont de Berne, sur la lisière de la forêt formée par l’Aisne en face de Rethondes. Les carrosses, partis de Soissons à deux heures, ne se font pas attendre au rendez-vous. Marie-Antoinette met pied à terre, suivie de toute Sa maison.
D’un mouvement spontané, elle précède Choiseul, Stahremberg, le comte et la comtesse de Noailles, pour venir s’agenouiller devant le Roi; Elle est présentée par lui au duc de Berry, lequel Lui fait un discret baiser sur la joue. Avec Son joli geste d’enfant soumise et aimante, Elle implore protection au milieu des courtisans curieux, Elle s’offrait à Sa nouvelle famille, et il y a autant de confiance que de grâce dans Son abandon : se souvenant de ce qu’Elle a entendu, assurée d’être heureuse puisqu’on célèbre partout Son bonheur, trop jeune aussi pour concevoir des doutes ou des craintes, Elle croit trouver un nouveau père dans le vieux monarque, un époux capable de toutes les attentions et de toutes les délicatesses dans son petit-fils, dans Choiseul enfin un protecteur ou un guide qui ne lui fera jamais défaut. Mais Louis XV, après avoir, en La relevant, fouillé du regard Ses charmes délicats, se préoccupe du souper de la Muette où il compte, dès le lendemain, La mettre en présence de madame du Barry. Choiseul se demande sans doute si le triomphe de sa politique, précisé par ce mariage, ne va pas être suivi bientôt d’une brutale disgrâce. De son côté, le Dauphin regrette toujours les journées de chasse perdues et demeure incapable du plus léger sourire : il éprouve une visible indifférence auprès de l’épouse cependant bien séduisante qui vient partager son existence.
Le mariage de Marie-Antoinette, de Maurice Boutry
La rencontre entre le Dauphin et sa future épouse a lieu, au pont de Berne, dans la forêt de Compiègne. Le Roi, le Dauphin et la Cour sont là pour accueillir le cortège de Marie-Antoinette.
« Louis XV fut enchanté de la jeune dauphine ; il n’était question que de ses grâces, de sa vivacité et de la justesse de ses reparties. Elle obtint encore plus de succès auprès de la famille royale, lorsqu’on la vit dépouillée de tout l’éclat des diamants dont elle avait été ornée pendant les premiers jours de son mariage. Vêtue d’une légère robe de gaze ou de taffetas, on la comparait à la Vénus de Médicis, à l’Atalante des jardins de Marly. Les poètes célébrèrent ses charmes, les peintres voulurent rendre ses traits.»
Henriette Campan
Après cette entrevue, le Roi remonte en carrosse pour retourner à Compiègne. Il fait mettre Madame la Dauphine dans le fond auprès de lui, et Monseigneur le Dauphin se place sur le devant : la comtesse de Noailles monte dans le carrosse du Roi. Madame la Dauphine est conduite, en arrivant au château de Compiègne, dans l’appartement qui Lui a été préparé. Le Roi, ainsi que le Dauphin, Lui donne la main jusque dans Son appartement, où le duc d’Orléans, le duc et la duchesse de Chartres, le prince de Condé, le duc et la duchesse de Bourbon, le prince de Conti, le comte et la comtesse de la Marche, le duc de Penthièvre et la princesse de Lamballe sont présentés par Sa Majesté à cette princesse.
Ils gagneront ensemble le château de Versailles.
Le 15 mai 1770
La Dauphine quitte Compiègne et s’arrête à Saint-Denis, aux Carmélites, pour rendre visite à Madame Louise. Marie-Antoinette résidera au château de la Muette la veille de Son mariage. L’étiquette interdit à la Dauphine de passer la nuit à Versailles avant Son mariage.
Le cortège arrive à sept heures du soir au château de la Muette, où Marie-Antoinette est présentée au comte de Provence et au comte d’Artois. Elle découvre la magnifique parure de diamants que Lui offre le Roi. Au souper, madame du Barry obtient de Louis XV de s’asseoir à la table de Marie-Antoinette. Marie-Antoinette sait ne pas manquer au Roi ; et, après le souper, comme des indiscrets Lui demandent comment Elle a trouvé madame du Barry : « Charmante, » fait-elle simplement.
«Histoire de Marie-Antoinette », Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt
Le 16 mai 1770
vers neuf heures
Marie-Antoinette, coiffée et habillée en très-grand négligé, part pour Versailles, où doit se faire Sa toilette nuptiale. Le Roi et le Dauphin ont quitté la Muette après le souper, à deux heures du matin, afin de recevoir la Dauphine.
A dix heures du matin
Le cortège de la princesse arrive dans la cour royale du château, devant les haies des gardes françaises et gardes suisses qui présentent les armes à son passage dans un roulement de tambours. On accompagne la princesse jusqu’à un appartement du rez-de-chaussée du corps central, contigu à l’appartement de la Dauphine où habite présentement le Dauphin.
Elle est livrée aux mains de Sa dame d’atours, des dames qu’Elle a rencontrées à Strasbourg et aux femmes de chambres qui La vêtent d’un somptueux grand habit à grand panier de brocart blanc brodé d’argent, car en tant que future Dauphine, elle ne peut revêtir du brocart d’or, le manteau royal ou la couronne.
Le Roi passe chez Elle aussitôt Son arrivée, L’entretient longtemps, et Lui amène quelques personnes qu’Elle ne connait point encore qui sont deux enfants : les sœurs de Son époux, Mesdames Clothilde et Elisabeth, qu’Elle peut recevoir sans être coiffée ni habillée.
Peu de temps avant de monter à l’étage, le Roi Lui présente ensuite le comte de Clermont et la princesse de Conti, absents à la rencontre de Compiègne. Le Dauphin Louis-Auguste a revêtu un bel habit de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit en réseau d’or enrichi de diamants.
A une heure de l’après midi
Le cortège de la famille royale part du Cabinet du Roi, précède par le marquis de Dreux-Brézé, grand maître des cérémonies et d’un aide des Cérémonies.
Les époux apparaissent et vont devant se donnant la main, escortés d’un page du Roi portant le bas de robe de la Dauphine et de Madame de Noailles, suivant la nouvelle princesse.
Puis marchent les princes du sang entourés de leurs services d’officiers et de gentilshommes, les frères du Roi, le Roi seul, suivi de Madame Clotilde, de Mesdames , des princesses du sang et de soixante-dix dames de la Cour en grand habit.
Le coup d’œil est extraordinaire.
Ce sont les plus somptueuses toilettes qu’on porte depuis longtemps et telles qu’on n’en a pas vues porter aux récents mariages de la princesse de Lamballe et de la duchesse de Chartres. Tous les yeux et pensées vont à la mariée qui est éblouissante de grâces et fort souriante. A la chapelle, les suisses forment la haie, frappent leurs tambours et soufflent dans leurs fifres pour annoncer l’entrée du Roi.
Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.
Images de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
Les mariés sont décrits comme gauches et timides.
A la chapelle royale, sur les gradins en amphithéâtre de la nef, des galeries des tribunes, tout le monde se lève au moment où l’orgue éclate, annonçant l’entrée du cortège royal. e coup d’œil est merveilleux et le soleil descend à flots par les larges baies sur les toilettes étincelantes de pierreries.
Des centaines d’invités attendent.
Les orgues retentissent. Louis XV s’arrête un instant à son prie-Dieu, placé face à l’autel en bas de la chapelle Les mariés vont jusqu’aux marches de l’autel – à l’emplacement fixé par Louis XIV où s’agenouillent depuis plus d’un siècle, les couples royaux et princiers : la cérémonie du mariage va débuter.
L’archevêque de Reims présente l’eau bénite à Sa Majesté et monte à l’autel pour commencer la bénédiction par son discours. Au moment de la bénédiction, le Roi, les princes et princesses s’avancent en groupe et se rassemblent autour des époux : le grand aumônier bénit d’abord treize pièces d’or et un anneau d’or ; il les présente au Dauphin, qui met l’anneau au quatrième doigt de la main gauche de la Dauphine , et Lui donne les treize pièces d’or.
Au moment de la bénédiction, le Roi, les princes et princesses s’avancent en groupe et se rassemblent autour des époux : le grand aumônier bénit d’abord treize pièces d’or et un anneau d’or ; il les présente au Dauphin, qui met l’anneau au quatrième doigt de la main gauche de la Dauphine , et Lui donne les treize pièces d’or.
Après la bénédiction
Le Roi retourne à son prie-Dieu et la messe débute chantée par la Musique du Roi, placée derrière l’autel. « Des gardes du corps, placés à distance dans les tribunes , font observer le silence et même agenouiller ceux qui auraient des distractions».
A l’offertoire
Les époux vont à l’offrande et à la fin du Pater, le poêle de brocart d’argent est tenu, du côté du Dauphin, par l’évêque de Senlis, du côté de la Dauphine, par l’évêque de Chartres , est étendu – selon l’usage liturgique – au dessus de leur tête.
La messe dite
Le curé de la paroisse de la Cour, Notre-Dame de Versailles apporte selon l’usage ce jour , le registre à la chapelle royale. Louis XV signe le premier l’acte de mariage. Après le Dauphin et la Dauphine, signent, dans l’ordre protocolaire, les frères du marié, sa sœur, ses tantes et enfin les deux premiers princes du sang.
Au moment de signer l’acte de mariage
La petite histoire et le registre conservé nous indique que la nouvelle Dauphine, probablement émue et tremblante, a laissé un pâté sur Sa signature : la nouvelle Dauphine commet une maladresse restée célèbre…
Ensuite, tandis que le grand aumônier de France et l’humble curé de la paroisse apposent leur signature, le cortège se reforme : le Dauphin passant à son rang immédiatement avant le Roi, la dauphine, venant la première derrière eux.
Le cortège se reforme et traverse à nouveau le Grand appartement où se pressent cinq mille personnes.
Des murmures d’admiration saluent le passage des jeunes mariés.
Il y a encore des milliers de personnes entrées durant la messe dans le grand appartement et la Galerie, mais la porte centrale du salon de la Paix s’est à peine fermée sur la dernière dame de la Dauphine, que les suisses font évacuer toutes les pièces afin de les disposer pour le soir : les tapissiers des menus retirant immédiatement les gradins, plaçant les barrières et dressent les tables pour le jeu.
Retournée dans l’appartement du rez-de-chaussée, la Dauphine reçoit les serments des officiers de Sa maison par un défilé de révérences et d’hommages : ils doivent «prêter serment» entre ses mains, en présence du comte de Saint-Florentin, ministre de la maison du Roi.
D’abord la dame d’honneur, les douze dames du palais, viennent le chevalier d’honneur, le premier maitre d’hôtel, le premier aumônier, le surintendant des finances de la Maison, les intendants, les trésoriers, l es gentilshommes servants, le secrétaire des commandements, le premier écuyer et les contrôleurs généraux. Ceux-ci ont eux-mêmes reçus au préalable, le serment des employés subalternes.
Monsieur de Saint-Florentin dit les noms et indique les fonctions à la Dauphine. Ensuite la comtesse de Noailles présente les ambassadeurs et les ministres des cours étrangères.
Les présentations faites
Le duc d’Aumont, premier gentilhomme de la chambre du Roi en exercice, s’avance et donne, au nom de son maître, une clef d’or à la princesse.
La Dauphine ouvre alors un cabinet de velours rouge, brodé d’or, qui contient Sa «corbeille de mariage» : les présents officiels du Roi sont une parure d’émail bleu avec chaine de diamants, un étui de coté, une boite de poche et un éventail entouré de diamants où l’art parisien s’est surpassé lui même pour la Dauphine. dans les tiroirs du cabinet, la princesse trouve, tout soigneusement étiquetés, des objets de souvenir, montres , étuis ciselés qu’Elle distribue ensuite de Sa main aux personnes présentes, enchantée d’être conviée déjà à faire tant d’heureux.
Après un dîner servi en petit couvert dans l’appartement de la Reine, va commencer le jeu de lansquenet dans la grande galerie, le feu d’artifice que l’on espère maintenir car l’orage gronde et le festin royal qui va réunir les vingt-deux convives de la famille royale.
A la nuit
« Quand, en peu de temps, on (a) tout illuminé, les habits (sont) beaucoup plus brillants à la lumière… Ce nouvel éclat, joint à celui de l’illumination de la Galerie, (fait) un très grand effet. La table de jeu du Roi surtout , entourée de trois ou quatre rangs de dames superbement habillées, et la masse des diamants (font) un coup d’œil remarquable.»
Le duc de Croÿ
A dix heures
Le Roi passe au festin royal dans la grande salle d’Opéra royal, œuvre d’Ange-Jacques Gabriel, qui est alors inaugurée.
A partir de 1748, Ange-Jacques Gabriel reprend les plans de ses prédécesseurs. Les premiers de travaux de gros œuvre sont exécutés. Les difficultés financières et les atermoiements quant à l’aménagement intérieur conduisent à les interrompre en 1756. Ils reprennent entre 1763 et 1765 avant d’être à nouveau arrêtés. La décision de terminer l’Opéra Royal intervient en 1768, lorsqu’est conclu le mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette.
Un lieu doit être trouvé pour célébrer les festivités. Assisté du machiniste Blaise-Henri Arnoult, Gabriel met la touche finale aux plans de l’Opéra Royal. Celui-ci est achevé en deux ans au terme d’un chantier pharaonique sur lequel travaillent nuit et jour des centaines d’ouvriers.
Arnoult le conçoit de manière à accueillir soit des spectacles soit des festivités. Lors des grandes réceptions, le plancher de la salle est rehaussé au niveau de la scène par des crics toujours en place, formant un gigantesque plateau d’environ 50 mètres sur 20 mètres. En revanche, dans la configuration spectacles, l’Opéra Royal accueille jusqu’à 1336 spectateurs. Une machinerie répartie sur 35 mètres de hauteur permet d’effectuer des changements de décors spectaculaires à la vue du public. La salle, entièrement exécutée en bois, dispose en outre d’une acoustique exceptionnelle.
Lors du repas
Le Roi recommande à son petit-fils de ne pas trop se gaver pour la nuit qui l’attend, il reçoit cette répartie qui en dit plus long que le Dauphin l’imaginait :
« Pourquoi? je dors toujours mieux quand j’ai bien mangé….»
Après le festin a lieu le cérémonial du coucher du nouveau couple delphinal.
L’assistance assiste au coucher des époux.
Les jeunes mariés sont conduits dans la chambre nuptiale, celle de Marie-Antoinette. La couche est bénie par l’archevêque de Reims. Le Roi passe sa chemise de nuit au Dauphin et la duchesse de Chartres à la Dauphine. Ils vont au lit en présence de toute la Cour afin de montrer qu’ils partagent bien le même lit.
Lorsque Marie-Antoinette devient Dauphine, Elle devient la première femme de France…rôle qui incombait depuis deux ans sinon officiellement, du moins dans les fastes de la Cour à Madame du Barry (1743-1793), de trente-trois ans plus jeune que Louis XV, son royal amant à qui elle aurait appris des plaisirs nouveaux…
Le mariage ne sera pas consommé cette nuit-là…
La Cour, la France, l’Europe jaseront alors quant à l’ade la sexualité du des mariés et même vis à vis de la sexualité de Louis-Auguste. Pourtant, il suffit de constater la physionomie des deux époux : si le marié n’a pas encore atteint sa taille adulte (il fera 1,93m, il fait alors 1,78m), la Dauphine a la taille d’une enfant (oui, Elle est encore une enfant…. et Louis-Auguste est juste décent dans sa réserve !) de douze ans alors qu’Elle en a deux de plus (Elle chausse du 32 en 1770, ce qui indique Ses proportions). Ainsi, les jeunes mariés, sont-ils , déjà, modernes puisqu’ils attendront de se connaître vraiment avant de créer leur famille. Le futur Louis XVI ne peut qu’être ébloui par la grâce de la petite Marie-Antoinette qui inspirera cette réflexion du baron de Besenval :
« [Quand Marie-Antoinette parle,] j’ai vu mille fois les yeux et le visage de [Louis XVI] s’éclairer d’un amour et d’un enthousiasme que même la plus aimée des maîtresses ne pouvait guère espérer inspirer. »
Le 17 mai 1770
La série des fêtes de mariage débute par la présentation générale de toute la Cour à la Dauphine.
« Tous les hommes et les femmes de la cour ou qui se dis(ent) tels à la faveur de leurs beaux habits qu’ils avaient faits pour se fourrer là, se rend(ent) à cet appartement où on s’écras(e), et les belles dames en grand habit f(ont) pitié dans la foule. Il (est) décidé qie les hommes passer(ont) devant. On s’écras(e) à la porte, on pass(e) pêle-mêle, mais les titrés reç(oivent) la joue à l’ordinaire, ce qui les distingu(e). On travers(e) par des garde-robes, et on (a) bien de la peine à se tirer des chaises à porteurs.»
Le duc de Croÿ
Pour inaugurer l’opéra royal, l’œuvre le Persée de Lully est représentée. L’œuvre a aussi été revisitée, car les goûts musicaux du temps ont changé depuis sa composition. Elle a été raccourcie. Mais l’échec est total : la jeune Marie-Antoinette semble s’être endormie à la moitié du spectacle.
Voici ce qu’en rapporte venimeusement Papillon de la Ferté, responsable des « menus plaisirs » du Roi :
« Ce spectacle était bien mieux que nous ne pouvions l’attendre, après tant de préparatifs et avec des machines dont les mouvements étaient encore si peu connus par les ouvriers. Madame la Dauphine ne semble pas l’avoir prise en sympathie. Il est vrai que c’est une œuvre très sérieuse pour ceux qui ne connaissent pas encore bien le spectacle et n’aiment pas la musique».
Denis Papillon de la Ferté (1727-1794)
Nous savons pourtant combien ce n’est pas le cas…
Le 18 mai 1770
Ce jour est prévu pour le repos au milieu de toutes ces fêtes. Il n’y a que dîner chez Madame la Dauphine. Elle dîne seule, le Dauphin étant allé à la chasse avec le Roi.
Le 19 mai 1770
A six heures du soir
Un bal paré est donné en l’honneur du mariage royal.
La plupart des duchesses et des «grands d’Espagne femelles» n’y assistent pas. Louis XV a, en effet, consenti, à la demande de Marie-Thérèse, à ce que cette fois seulement Mademoiselle de Lorraine, la cousine française de la Dauphine, soit admise à danser tout de suite après les princesses du sang. Et les duchesses ont protesté en refusant d’assister au bal paré.
Il y a cependant foule à la salle d’Opéra, illuminée comme le 16 , et le Dauphin et la Dauphine dansent le premier menuet, «tout le monde se tenant debout ou grimpé sur des banquettes».
« Madame la Dauphine dans(e) de très bonne grâce et comme bien habituée à représenter. Monsieur le Dauphin à cause de sa vue ( le duc de Croÿ fait partie des gens qui ont cru le Dauphin myope lors des derniers sacrements de sa mère; la vue obscurcie par les larmes. Il ne tardera pas à changer d’avis devant l’adresse du jeune prince au tiré.) et qu’il n’est pas dans sa force, ne danse pas si bien. Les jeunes princes dans(ent) de bon cœur sans se gêner.»
Le duc de Croÿ
Pendant ce temps, au dehors, la fête populaire bat son plein. Deux cent mille personnes, venues de Paris et des environs, remplissent presque les jardins immenses. On danse aux orchestres installés dans les bosquets. La famille royale et la Cour, venant du bal paré, prennent place dans la Galerie. Le feu, quoique contrarié par la fumée, excite de longs applaudissements ; il est rempli d’effets nouveaux ; le disque des soleils tournants porte les armes de France et le chiffre des époux, et la guirlande finale compte vingt mille fusées, ce qu’on n’a encore jamais vu. Moins d’une heure après, toutes les charpentes sont à terre, les batteries enlevées, et l’illumination commence. On aperçoit d’abord, tout au bout du grand canal, sur la droite de Saint-Cyr, une haute architecture de feu, le temple du Soleil ; puis les longues berges s’éclairent peu à peu, tandis qu’une flottille de gondoles couvertes de lanternes, se met à évoluer sur l’eau, au son des cuivres des gardes françaises qui la montent. Les feux se rapprochent et gagnent le Tapis-Vert. Cent soixante mille lampions et terrines s’allument en ifs, en arcades, en guirlandes. Les lignes du Château et des rampes se dessinent en cordons lumineux. C’est la plus grande illumination faite à Versailles depuis celles du Grand Roi.
A dix heures
Le Roi se place à la croisée du milieu de la Galerie des Glaces et donne le signal du feu d’artifice.
Un peu d’une heure plus tard
On assiste à la grande illumination du jardin et la fête pour le peuple qui danse à son tour dans les salles de bal aménagées au Salon de Musique et au Salon des Orangers.
Photographies de Nicolas Chavance
Pendant plus de quinze jours
Bals, représentations théâtrales et fêtes publiques se succèdent.
Le 23 mai 1770
Représentation d’Athalie de Racine dans l’opéra royal de Versailles, le soir.
Le 30 mai 1770
A l’occasion du feu d’artifice tiré à Paris pour célébrer le mariage du Dauphin, une fusée tombe sur le décor et l’enflamme, semant la panique dans la foule : une bousculade meurtrière cause la mort de cent trente-deux personnes.
Les jeunes époux sont atterrés. Le Dauphin écrit aussitôt au lieutenant de police, Sartine :
« J’ai appris les malheurs arrivés à mon occasion, j’en suis pénétré. On m’apporte en ce moment ce que le Roi me donne tous les mois pour mes menus plaisirs. Je ne puis disposer que de cela. Je vous l’envoie, secourez les plus malheureux. J’ai beaucoup d’estime pour vous.»
Louis-Auguste
La lettre est accompagnée d’une somme de 6 000 livres.
La Dauphine et Madame Adélaïde suivent cet exemple honorable.
La première amie de Marie-Antoinette à la cour de Versailles – Marie-Paule-Angélique d’Albert de Luynes, duchesse de Chaulnes (1744-1781), nommée aussi duchesse de Picquigny, dame du palais
« Marie-Antoinette cherche des compagnes pour s’étourdir, pour échapper aux larmes, à l’avenir, à elle-même. Elle se lie comme une jeune fille, ou mieux comme une pensionnaire punie, dont les grandes vengeances — de petites malices — veulent une confidente et une complice. La première amitié de la Dauphine est une camaraderie, et la camarade, la plus jeune tête de la Cour : la duchesse de Picquigny.
Madame de Picquigny est la digne belle-fille de madame la duchesse de Chaulnes. Elle a de sa belle-mère l’abondance d’idées, le flux de saillies, les fusées, les éclairs et les feux de paille. Elle est tout esprit comme elle, et son esprit est cet esprit à la diable, « le char du Soleil abandonné à Phaéton. » Elle prend, en se jouant, son parti de toutes choses, et de son mariage, et de son mari, ce fou d’histoire naturelle qui, dit-elle, a voulu la disséquer pour l’anatomiser.
Quelles distractions pour la Dauphine dans cette compagnie, dans cette causerie, qui ne respecte rien, pas même l’insolence de la fortune, pas même la couronne de la du Barry ! Et le dangereux maître, cette madame de Picquigny, qui, derrière son éventail, enhardit, émancipe la langue de la Dauphine ! C’est d’elle que Marie-Antoinette apprend à rendre les railleries pour les injures, et la moquerie pour la calomnie. Madame de Picquigny la sollicite et la lance aux espiègleries contre les figures bizarres, les ajustements gothiques, les prétentions, les gaucheries, les ridicules et les hypocrisies ; et c’est dans sa familiarité que s’ébauchent ces traits, ces mots, ce partage des femmes de la cour en trois classes, les femmes sur l’âge, les prudes faisant métier de dévotion, et les colporteuses de nouvelles empoisonnées : les siècles, les collets montés et les paquets, sobriquets innocents dont s’amusait la jeune Dauphine, et qui préparaient tant de haines à la Reine de France !
Mais M. de la Vauguyon tient encore alors le Dauphin sous la tutelle de ses avertissements et de ses représentations. Quelles suites, murmure-it-il à son oreille, si jamais le Roi est instruit de cette ligue de la Dauphine avec madame de Picquigny contre la grande sauteuse ! Il fait d’un autre côté insinuer à la Dauphine que les personnes faites et tournées comme madame de Picquigny, spirituelles de nature, font esprit de tout ; qu’elles sont entraînées à n’épargner personne, pas même une bienfaitrice et qu’il leur arrive de s’acquitter de la reconnaissance par des brocards. De la confiance et de l’abandon, la Dauphine passait à la réserve avec madame de Picquigny, et de la réserve à l’indifférence.»Histoire de Marie-Antoinette, Edmond et Jules de Goncourt
Du 27 juin au 7 juillet 1770
Séjour de Marie-Antoinette à Marly.
Le 12 juillet 1770
Marie-Antoinette, alors jeune Dauphine depuis le mois de mai précédent, conte à Sa mère, Marie-Thérèse, le déroulement de Ses journées :
« (…) je me lève à dix heures, ou à neuf heures, ou à neuf heures et demie, et, m’ayant habillée, je dis mes prières du matin, ensuite je déjeune, et de là je vais chez mes tantes, où je trouve ordinairement le roi. Cela dure jusqu’à dix heures et demie ; ensuite à onze heures, je vais me coiffer. (…) A midi est la messe : si le roi est à Versailles, je vais avec lui et mon mari et mes tantes à la messe ; s’il n’y est pas, je vais seule avec Monseigneur le Dauphin, mais toujours à la même heure. Après la messe, nous dînons à nous deux devant tout le monde, mais cela est fini à une heure et demie, car nous mangeons fort vite tous les deux. De là je vais chez Monseigneur le Dauphin, et s’il a affaires, je reviens chez moi, je lis, j’écris ou je travaille, car je fais une veste pour le roi, qui n’avance guère, mais j’espère qu’avec la grâce de Dieu elle sera finie dans quelques années. A trois heures je vais encore chez mes tantes où le roi vient à cette heure-là ; à quatre heures vient l’abbé (de Vermond) chez moi, à cinq heures tous les jours le maître de clavecin ou à chanter jusqu’à six heures. A six heures et demie je vais presque toujours chez mes tantes (…) A sept heures on joue jusqu’à neuf heures (…) A neuf heures nous soupons, (…) nous allons nous coucher à onze heures. Voilà toute notre journée.»
Marie-Antoinette
Le 16 juillet 1770
Louis-Auguste tombe malade d’un gros rhume, avec une toux violente. Il ne pourra se rendre à Compiègne le lendemain.
Les gazettes prétendent que le Dauphin crache du sang et rappellent les circonstances de la mort de son père, qui a succombé de ce que les contemporains ont pris pour un «rhume négligé», accompagné de crachements de sang. Il s’agit pourtant d’un rhume banal.
Le 17 juillet 1770
Louis XV est plus inquiet pour son petit-fils et remet son départ pour Compiègne.
Le 18 juillet 1770
Sur l’ordre des médecins, le premier chirurgien du Roi La Martinière saigne le jeune prince qui inscrit sur son agenda cet événement qui ne se reproduira jamais plus:
«Mercredi 18. J’ai été saigné.»
Le Dauphin Louis-Auguste
Ce même jour
Marie-Antoinette écrit à Mercy :
« Notre malade est assez bien mais pourtant on le saignera ce soir.»
Le 19 juillet 1770
Le Roi ordonne à son premier chirurgien La Martinière d’examiner son petit-fils et de lui dire s’il existe chez le jeune homme des obstacles physiques à la consommation de son mariage. A près avoir pratiqué l’examen, La Martinière a pleinement rassuré le Roi.
Le 20 juillet 1770
Rassuré par l’état du Dauphin, Louis XV se rend à Compiègne. Il devait partir le 17.
Le 23 juillet 1770
Louis XV fait part à l’Infant Ferdinand, son petit-fils (celui-là même qui a effectivement souffert du phimosis que l’histoire attribue à Louis-Auguste),à la fois de ses inquiétudes et de leur heureux dénouement.
Le 1er août 1770
« L’indisposition du Dauphin donne à penser, et je crains qu’il ne vivra pas longtemps.»
Marie-Thérèse à Mercy
Mercy n’a pas informé l’Impératrice au jour le jour comme un événement de cette importance aurait pu le demander. Il ne fait qu’une légère allusion à la maladie du Dauphin le 4 août et sans rien dire de nature à rassurer Marie-Thérèse. On imagine que ses conclusions inquiètes proviennent des gazettes qui ont dû lui parvenir.
Depuis sa maladie
Le Dauphin ne couche plus dans l’appartement de sa femme comme auparavant, et la consommation de leur mariage reste encore suspendue. Il n’y a aucune cause inquiétante.
Le 2 août 1770
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 8 août 1770
« Il y (a) grande chasse à laquelle Madame la Dauphine assist(e) avec Mesdames. Quelques représentations que l’on (a) faites à Monsieur le Dauphin pour se modérer un peu dans cet exercice, il prend ce jour-là par une chaleur excessive une telle fatigue qu’il ne p(eut) se soutenir de lassitude.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 14 août 1770
Marie-Antoinette parle du Dauphin à Mercy en lui disant qu’Elle en est contente, que tous les petits défauts de son extérieur proviennent de l’éducation négligée qu’il a eue, mais que son fond est excellent, qu’il est le meilleur enfant et du meilleur caractère ; rien ne La gêne dans Ses conversations avec le Dauphin, il marque du plaisir à L’entendre et de la confiance, quoiqu’il soit fort réservé sur le chapitre des gens qui l’entourent. Elle est à présent bien assurée que Louis-Auguste connaît bien le duc de La Vauguyon et son fils et qu’il ne les aime ni ne les estime.
Le 27 août 1770
Le voyage de Compiègne s’achève et, après un bref séjour chez le prince de Condé à Chantilly, la Cour regagne Versailles.
Le 1er septembre 1770
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 10 septembre 1770
Cérémonie de la prise de voile de Madame Louise.
Le 20 septembre 1770
Le Dauphin dort avec la Dauphine.
Le 1er octobre 1770
Marie-Antoinette a Ses règles.
D’octobre à fin novembre
Séjour de la Cour à Fontainebleau.
Le 5 octobre 1770
« Versailles, 5 octobre 1770
Ma chère bonne Amélie, je vous remercie de ce que vous m´écrivez sur l’état de Monsieur le Dauphin. Son accès de fièvre n’a plus reparu. Cette attention est d´autant plus aimable de votre part, que vous êtes dans un état à songer avant tout à vous-même. J´ai voulu vous en écrire malgré ma lettre d´avant-hier. Nous-avons été bien intéressés, Monsieur le Dauphin et moi avons regardé le beau livre, que nous a remis de votre part le comte d’Argental sur les fêtes de votre mariage. Les estampes sont très bien faites, J´ouvrirai souvent ce livre-là pour me retrouver avec vous. L´Italie, comme le répétait souvent le bon Metastase, est toujours le pays des arts. Notre vie, ici, est le mouvement perpétuel quand il y a ce qu´on appelle appartement et jeu.
Le roi continue a être très-bien avec moi. La petite maladie de Monsieur le Dauphin l´avait d´abord rendu sombre, sa convalescence l´a tout ouvert. Et il s´est montré très affectueux et gai. Nous partons demain avec le Roi, Madame Adélaïde, Madame Victoire et Madame Sophie, pour Choisy, d´où je vous écrirai pour avoir de vos nouvelles et vous dire combien je suis heureuse d´être tante. Je trouve que vous n´entrez pas dans assez de détails sur votre vie à Parme. Faites-moi donc vivre avec vous! Adieu, chère bonne, je vous embrasse de tout mon cœur. Non-seulement je ne trouve pas mauvais que Monsieur le Duc m´embrasse, je le lui rends en bonne sœur.
J´ai reçu, ce matin une lettre de Christine. La Grande-Duchesse de Toscane et son mari sont à Schoenbrunn avec le Duc de Courland et ne partiront pas avant d´avoir assisté à la fête de notre chère maman. Faites bien mes compliments à Monseigneur le duc de Parme.»Lettre envoyée par Marie-Antoinette à Sa sœur Marie- Amélie
Le 10 octobre 1770
« Madame la Dauphine dès qu’elle m’a vu, m’a dit de la suivre dans son cabinet. Elle avait le cœur gros et les yeux rouges. Elle m’a avoué qu’elle avait pleuré et a même recommencé en me parlant de Monsieur le Dauphin ; voici l’occasion . Madame la Dauphine n’avait point de chevaux pour sortir ; elle craignait de s’ennuyer , et pour remplir sa journée elle a arrangé la veille qu’elle irait avec des chevaux de poste à Saint Denis où Mesdames devaient aller à cheval et en voiture. Elle a réfléchi qu’elle serait obligée de quitter le Dauphin aussitôt après le dîner, que ce dîner même déplairait au Dauphin parce qu’il serait obligé de dîner avec les dames ; par ces considérations elle a fait le sacrifice de son amusement et rompu son projet. Elle l’a conté à son époux, elle en espérait quelques petits mots de douceur et de remerciements, elle n’y a trouvé que froideur et le laconisme le plus désobligeant. En me contant cette doléance, la Dauphine se rappelait d’autres petits chagrins et conclue amèrement qu’il est bien dur de vivre avec un homme sans sentiment et qui ne tient aucun compte de ce qu’on fait pour lui. Madame la Dauphine était fort émue, je l’étais moi-même, et de ce que je vois, et de ce que je crains pour cet hiver. Elle a à peine fini de pleurer lorsqu’on vient lui dire que Madame Adélaïde est revenue chez elle ; la Dauphine y est allée en me disant de l’attendre ; un moment après Monsieur le Dauphin est venu chez sa tante ; M. le Dauphin est rentrée chez lui . Madame la Dauphine sans dire un mot a pris son livre et son peignoir et s’est mise entre les mains de ses friseurs ; je me suis retiré.»
L’abbé de Vermond à Mercy
Le 20 octobre 1770
Brouille entre le Dauphin et la Dauphine.
Le 27 octobre 1770
Le Dauphin aurait dit à Marie-Antoinette ce qu’il pensait de Ses menins.
« Il en résulte que ce jeune prince réfléchit sur ses entours et sait les apprécier. Ce n’est que depuis bien peu de temps qu’il s’en explique vis à vis de Madame la Dauphine, laquelle maintenant donne à son langage, à ses petites caresses et à la totalité de son maintien la tournure la plus parfaitement convenable à s’assurer un entier ascendant sur l’esprit de son époux, ce qui journellement lui réussit de plus en plus et avec des progrès très remarquables.»
Mercy à Marie-Thérèse
Représentation de l’opéra Les Deux Avares de Grétry (paroles de Falbaire).
« Madame la dauphine, alors âgée de quinze ans, éclatante de fraîcheur, parut mieux que belle à tous les yeux. Sa démarche tenait à la fois du maintien imposant des princesses de sa maison, et des grâces françaises ; ses yeux étaient doux, son sourire aimable. Lorsqu’elle se rendait à la chapelle, dès les premiers pas qu’elle avait faits dans la longue galerie, elle avait découvert, jusqu’à l’extrémité de cette pièce, les personnes qu’elle devait saluer avec les égards dus au rang, celles à qui elle accorderait une inclination de tête, celles enfin, qui devaient se contenter d’un sourire, en lisant dans ses yeux un sentiment de bienveillance fait pour consoler de n’avoir pas de droits aux honneurs.»
Madame Campan
Le 31 octobre 1770
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 1er novembre 1770
Les Archiduchesses Marie-Anne et Marie-Christine offrent chacune à leur sœur Marie-Antoinette un présent : une table réalisée par Marie-Christine et un cadeau resté inconnu par Marie-Anne.
Le 4 novembre 1770
La Dauphine se promène à cheval.
Le 5 novembre 1770
La Dauphine réitère la promenade à cheval… Elle ne peut plus supporter l’idée de monter sur des ânes.
Le 6 novembre 1770
Depuis longtemps, la Dauphine exhorte Son époux à ne pas rester si tard à la chasse et l’a prié d’en revenir à une heure raisonnable.
Selon Mercy, le Dauphin revient tard, et suivant sa coutume, longtemps après le Roi : il trouve la Dauphine chez Sa Majesté, il s’approche d’Elle, d’un air embarrassé et Lui dit : «Vous voyez, je suis revenu à temps.» Madame la Dauphine répond d’un ton assez sec : «Oui, voilà une belle heure!»
Le soir, on se rend au spectacle, Le Mariage fait et rompu, comédie en vers de Fresnay (1721), puis ballet, Aeglé, pastorale héroïque de 1748 sur un poème de P. Laryon et une musique de P. de La Garde, maître de musique des Enfants de France ( soixante-quatre personnes sur scènes ! ) . Le Dauphin est boudé tout le temps au retour du théâtre. Il cherche à avoir une explication. Marie-Antoinette lui fait alors un sermon énergique où Elle lui représente avec vivacité tous les inconvénients de la vie sauvage qu’il mène ; Elle lui fait voir que personne ne peut résister à ce genre de vie d’autant moins que son air et ses manières rudes ne donnent aucun dédommagement à ceux qui lui sont attachés et qu’en suivant cette méthode, il finira par détruire sa santé et par se faire détester. Le Dauphin reçoit cette leçon avec douceur et soumission, il convient de ses torts, promet de les réparer et demande formellement pardon à sa femme.
Le 7 novembre 1770
On s’aperçoit que le Dauphin témoigne à la Dauphine un empressement d’attentions et d’amitié plus vif que de coutume.
L’après-midi il monte à cheval.
Le 8 novembre 1770
Spectacle : Les Carrosses d’Orléans (1680) de Jean de La Chapelle.
Dimanche 11 novembre 1770
Messe, jeu et souper public, c’est le grand couvert.
Le 12 novembre 1770
Grande chasse à laquelle la Dauphine assiste avec Mesdames.
Le 13 novembre 1770
Messe avec le Roi. Théâtre, le soir : L’Amitié à l’épreuve de Favart et Voisenon, c’est une comédie à ariettes sur une musique d’André Grétry (1741-1813).
Le 15 novembre 1770
Plusieurs spectacles : Les Plaideurs, de Jean Racine et La Fête de Flore de Razins de Saint-Marc et Jean-Claude Trial.
Le 23 novembre 1770
Retour à Versailles.
Le 24 novembre 1770
Lors d’une chasse du Roi, Marie-Antoinette et Ses tantes voient leur voiture embourbée près de Choisy. Obligées d’en sortir, la princesse perd Son soulier dans la boue et les voilà à faire tout le chemin jusqu’au château sous la pluie. Marie-Antoinette ayant froid souhaite s’approcher du feu mais brûle ses vêtements ! Du coup elle s’enrhume.
De retour à Versailles, Son appartement n’étant pas chauffé, Son rhume empire.
Le 29 novembre 1770
Guérie, Marie-Antoinette peut de nouveau suivre les chasses du Roi. Cette fois-ci, elle est accompagnée de sa jeune belle-sœur Madame Clotilde, appelée par Mercy Madame Marie.
Son postillon tombe et se retrouve écrasé par les quatre chevaux.
La Dauphine prend les choses en main, fait envoyer des chirurgiens et organise le retour du blessé à Versailles dans des conditions qui n’aggraveraient pas son état. Cet acte de bonté de sa part a beaucoup plu même si certains se sont ingéniés à réduire son geste en lui expliquant que les gens d’écurie n’ont pas de cœur. Cette dernière remarque peu amène envers les gens du peuple a beaucoup déplu à Marie-Antoinette qui considère qu’un pauvre a autant de cœur, sinon plus, qu’un riche.
Ballets le soir.
Le 30 novembre 1770
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 2 décembre 1770
Marie-Thérèse à Marie-Antoinette :
« J’attends le tableau de Liotard avec empressement, mais dans votre parure, point de négligé, ni dans l’habillement d’homme, vous aimant à voir dans la place qui vous convient.»
Le 17 Décembre 1770
Mercy à Marie-Thérèse :
« Liotard travaille au portrait de l’archiduchesse et je compte que votre majesté le recevra dans le courant de janvier prochain.»
Le 24 décembre 1770
Le duc de Choiseul (1719-1785) , l’un des principaux artisans du mariage franco-autrichien ( il était chef du gouvernement de Louis XV entre 1758 et 1770), est exilé à cause de son orientation libérale dont la pratique politique s’apparente à une cogestion implicite avec les adversaires de la monarchie absolue.
Mercy doit entreprendre une triple action auprès de l’Impératrice :
– obtenir qu’elle désavoue les conseils qu’elle avait tout d’abord donnés à sa fille de ne se conduire que d’après les avis de Mesdames ; qu’elle les aide, lui et l’abbé de Vermond à combattre leur influence sur Marie-Antoinette
– lui donner le change sur la colère grandissante de Louis XV contre la Dauphine en attribuant cette colère au refus de la jeune femme de traiter poliment Madame du Barry et les gens de la société du Roi, et aux conseils qu’Elle est supposée donner à Son mari s’imiter Sa conduite à leur égard.
– lui faire admettre progressivement que les gens du parti dominant ennemis de Choiseul, que la favorite elle-même, sont ses nouveaux alliés pour la Dauphine et contre le Dauphin.
Paul et Pierrette Girault de Coursac
Le 13 février 1771
« Il n’est encore rien survenu relativement aux projets que paraissait avoir formé le Dauphin de vivre avec la Dauphine dans l’intimité que comporte leur union. Cette conduite qui ne tient qu’au moral, n’en est pas moins inexplicable et fâcheuse ; je tâche d’employer tous les moyens possibles pour éloigner de l’esprit de Madame l’Archiduchesse toute réflexion sur cet objet, en ne lui présentant que les beaux côtés de sa position, c’est à dire la certitude d’être aimée par le prince son époux et de posséder sa confiance. La santé de S.A.R. est parfaite et s’annonce par la régularité de ses règles qu’elle a eues le 26 de janvier ; toute sa figure embellit, sa taille est bien remise par l’usage des corps de baleines, et Mme la Dauphine observe maintenant avec assez de soin tout ce qui tient à la propreté et à la parure.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 14 février 1771
Mariage du comte de Provence, frère du Dauphin et de Marie-Joséphine de Savoie.
Le 30 décembre 1770
Marie-Antoinette a Ses règles.
En janvier 1771
« Je fus à Versailles, au bal de Madame la Dauphine et j’y fis événement. Tout le monde m’entoura pour me demander des nouvelles de Chanteloup et tout le monde semblait me savoir gré de mon courage. Je ne jouai de ma vie un plus beau rôle. Madame la Dauphine vint à moi avec cette grâce déjà inséparable de ses actions et me dit :
« Comment se porte Monsieur de Choiseul? Quand vous le reverrez, dites-lui que je n’oublierai jamais ce que je lui dois et que je prendrai toujours pour lui l’intérêt le plus sincère.»
« Je retournai à Chanteloup après ma garde pour raconter cela à Monsieur de Choiseul et j’y passai tout le reste du temps où je n’étais pas de service.»
Armand-Louis , duc de Lauzun
Le 6 janvier 1771
« Un autre courrier vint nous porter la disgrâce des Choiseul. J’avoue, j’en suis bien affectée… N’oubliez jamais que votre établissement était l’ouvrage des Choiseul, qu’ainsi vous n’oublierez jamais de leur devoir de la reconnaissance… mais ne vous laissez induire dans aucune faction, restez neutre en tout ; faites votre salut, l’agrément du Roi et la volonté de votre époux.»
Marie-Thérèse à Marie-Antoinette
Le 23 janvier 1771
« Quant aux grâces naturelles , il est impossible de les posséder à un degré plus marqué et d’en faire un meilleur usage : en cela S.A.R. ne s’est jamais oubliée ou démentie un instant. A l’occasion des bals qui se donnent tous les lundis à Versailles, il n’est sorte d’attention ou de bonté que Madame la Dauphine ne fasse éprouver à ceux qui s’y trouvent. Personne n’est oublié, tout le monde sort enchanté de ces petites fêtes.»
L’abbé de Vermond à Marie-Thérèse
Le 26 janvier 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 22 février 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 25 février 1771
« Les bals de cour ont été continués tous les lundis du Carnaval, et Madame la Dauphine a rendu ces fêtes charmantes par les grâces dont elle a comblé les dames qui y ont été admises.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 17 mars 1771
« Quoique le mariage tarde à être consommé, je remarque depuis quelques semaines plus de familiarité et de mystère entre M. le Dauphin et Mme la Dauphine. S.A.R. qui parlait souvent et même un peu légèrement de sa position, est maintenant silencieuse sur ce chapitre, et j’en augure des suites d’autant plus certaines que M. le Dauphin est réellement amoureux de Mme l’Archiduchesse.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 21 mars 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Dans la nuit du 21 au 22 mars 1771
« Monsieur le Dauphin a passé la nuit avec Madame la Dauphine.»
Mercy
Le 22 mars 1771
« Votre Eminence partagera sûrement ma joie, Monsieur le Dauphin a passé la nuit avec Madame la Dauphine. On a beaucoup parlé et de bonne amitié. Je compte qu’il reviendra ce soirs et les jours suivants. Madame la Dauphine avait promis de ne rien exiger, elle a tenu parole et la tiendra plusieurs jours, elle est dans temps de la générale (expression conventionnelle pour indiquer la venue des règles). Quelque besoin que j’ai de voir V.E., je ne crois pas pouvoir quitter dimanche Madame la Dauphine.»
L’abbé de Vermond à Mercy
Le 9 avril 1771
Marie-Antoinette a Ses règles huit jours en avance.
Le 16 avril 1771
Mercy annonce enfin que le portrait de Marie-Antoinette par Liotard est sur le point de partir.
Le 4 mai 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 7 mai 1771
L’Impératrice se dit ravie des expéditions de Mercy, mais « du portrait moins, se tient-elle toujours aussi droite, est-elle coiffée ainsi ? J’attends le grand portrait de Liotard avec impatience (…) Si vous pouvez m’envoyer en attendant son habillement à cheval, chapeau sur la tête, en petit, si cela se peut, même si la ressemblance n’y est pas.»
A ne pas confondre avec celui de Kranzinger, dont la « ressemblance frappante » est à protéger à tout prix, pour ne pas gâcher le plaisir de la Sacrée Majesté.
Les 11, 12 et 13 mai 1771
Petit séjour à Fontainebleau pour accueillir Marie-Joséphine de Savoie.
Le 29 mai 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 6 juin 1771
Marie-Thérèse écrit à Mercy :
« J’attends toujours avec impatience le portrait de ma fille, supposant qu’il réussira mieux que celui en petit ; comme il a valu cependant 1800 livres de France à Liotard, je trouve qu’il est toujours le même »
Du 6 au 20 juin 1771
Séjour de Marie-Antoinette à Marly.
Le 22 juin 1771
« Depuis quelques semaines, Madame la Dauphine a repris la coutume de jouer avec des enfants, et malheureusement sa première femme de chambre (madame Thierry) en a deux, c’est-à-dire un garçon de six à sept ans et une fille de douze, l’un et l’autre très bruyants, malpropres et remplis d’inconvénients. Madame l’Archiduchesse passe une grande partie de la journée avec ces enfants qui gâtent ses habits, déchirent et cassent les meubles et mettent le plus grand désordre dans l’arrangement des appartements … Lorsque S.A.R. s’est livrée quelques heures de suite à la dissipation, il est impossible de fixer son attention sur rien.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 23 juin 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Les 26, 27 et 28 juin 1771
La Dauphine garde la chambre. Sa maladie semble être la suite de Son imprudence d’être allée se promener à cheval en étant déjà enrhumée et ayant Ses règles.
Le Dauphin réprimande sa femme pour les imprudences qu’Elle a prises et le peu de soin qu’Elle prend de Sa santé.
Avant le séjour de Compiègne
Le Dauphin fait signifier à l’abbé de Vermond de sortir lorsqu’il l’entend annoncer ou qu’il le voit entrer chez la Dauphine.
Le 15 juillet 1771
Départ de la Cour pour Compiègne.
Le 18 juillet 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 11 août 1771
Sous l’influence de Sa mère et de Ses tuteurs, Marie-Antoinette se prépare à mettre un terme au silence qu’Elle impose à la maîtresse du Roi, lors d’une mise en scène rigoureusement planifiée. Madame du Barry se rend, comme convenu, au cercle de la Dauphine : la Cour au grand complet guette les deux femmes. Mais alors que Marie-Antoinette s’approche de la favorite pour, enfin, lui adresser un mot, Madame Adélaïde, mise dans la confidence par la jeune Dauphine, L’en empêche en s’écriant :
« Il est temps de s’en aller ! Partons, nous irons attendre le Roi chez ma sœur Victoire !»
Coupée dans Son élan, Marie-Antoinette lui emboîte le pas, plantant là madame du Barry humiliée, au milieu de la Cour témoin de ce terrible affront.
Elle est encouragée par le clan Choiseul et Mesdames, filles de Louis XV.
Le 12 août 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 6 septembre 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 1er octobre 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 7 octobre au 19 novembre 1771
Séjour de la Cour à Fontainebleau
Le 14 octobre 1771
Bal à Fontainebleau
Le 26 octobre 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 28 octobre 1771
Bal à Fontainebleau
Le 3 novembre 1771
Chasse à courre : après avoir suivi en voiture, Marie-Antoinette monte à cheval.
Le 4 novembre 1771
Bal à Fontainebleau
Le 9 novembre 1771
Spectacle : Zémire et Azor d’André Grétry
Le 11 novembre 1771
Bal à Fontainebleau
Le 13 novembre 1771
La Dauphine se rend à la chasse du cerf. Elle est tant soit peu enrhumée, et le Dauphin a l’attention d’exiger de sa femme reste dans une voiture fermée et ne monte pas dans les calèches qui servent en de pareilles occasions.
Le 15 novembre 1771
Le Dauphin vient dans l’après-midi dans le cabinet de la Dauphine. L’abbé de Vermont qui était avec Elle se retire dans la pièce voisines où sont les femmes de chambre.
Le 20 novembre 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 15 décembre 1771
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 1er janvier 1772
Alors que la comtesse du Barry, entourée de la duchesse d’Aiguillon et de la maréchale de Mirepoix, se présente au lever de la Dauphine au milieu d’une foule nombreuse, Marie-Antoinette prononce les paroles tant attendues, quelques mots restés célèbres :
« Il y a bien du monde aujourd’hui à Versailles »
C’est tout.
« Je lui ai parlé une fois, mais je suis bien décidée à en rester là et cette femme n’entendra plus jamais le son de ma voix.»
Elle tiendra parole !
Le 9 janvier 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 23 janvier 1772
« Les amusement de cet hiver consistent en deux spectacles par semaine et un bal. Madame la Dauphine y paraît avec toutes les grâces possibles. Elle danse mieux que par le passé.»
Mercy à Marie-Thérèse
Les 25 et 26 janvier 1772
Séjour de Marie-Antoinette à Marly.
Le 3 février 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 28 février 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 24 mars 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 18 avril 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 13 mai 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
En juin 1772
La Dauphine reçoit le duc de Chartres accompagné du duc de Lauzun. Chartres conduit lui-même sa voiture légère à la mode anglaise et nul valet ne les accompagne.
Le 7 juin 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 2 juillet 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 9 août 1772
Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de treize jours.
Le 3 septembre 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 8 septembre 1772
« Vous me reprochez, ma chère Christine, de ne pas t’avoir parlé de mes belles petites sœurs Clotilde et Elisabeth ; c’est vrai que je n’en ai pas eu l’occasion. Leur éducation n’est pas encore finie, elles sont confiées à une dame, Madame de Marsan, et en été, je les vois peu, alors que je les vois souvent quand elles sont à Versailles.
Madame, c’est-à-dire Clotilde, reste ce qu’elle était, une petite fille très gentille, souriante, ouverte, qui veut plaire à tout le monde et peut être aimée par tout le monde. À treize ans, elle est raisonnable comme si elle avait vingt ans. Elisabeth a huit ans et demande beaucoup d’attention à son éducation.
Clotilde a enchanté tout le monde à la fête [il s’agit d’une fête offerte par les deux sœurs] saluant toutes les dames avec un bisou sur la joue l’une après l’autre, alors qu’Elisabeth leur a offert sa main à embrasser.
Au revoir chère sœur, je vous embrasse sur les deux joues.»Marie-Antoinette à Sa sœur Marie-Christine
On remarque l’estime de Marie-Antoinette pour Clotilde mais aussi l’affection pour Sa sœur Marie-Christine. La relation entre Christine et Marie-Antoinette deviendra plus compliquée au fil des ans, mais leur correspondance est restée affectueuse pendant un certain temps. Deux ans seulement avant Sa mort, Marie-Antoinette se réconciliera avec Sa sœur à qui Elle enverra ses bijoux avant la fuite de Varennes.
Le 28 septembre 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 6 octobre au 17 novembre 1772
Séjour de la Cour à Fontainebleau.
Le 23 octobre 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 3 novembre 1772
Lord et Lady Spencer et leur fille Georgiana, future duchesse de Devonshire sont de visite en France. Celle-ci se lie d’amitié avec Marie-Antoinette. Les deux femmes conserveront une tendre correspondance épistolaire jusqu’à la révolution.
Est-ce lors de cette visite que Georgiana offre un bichon à la Dauphine ?
Le 3 novembre 1772
« Le soir venu, c’est dans le salon de Mars éblouissant de lumières que Marie-Antoinette apparut aux Spencer. Le regard de la jeune Dauphine se posa sur celui de Georgiana séduite par tant de charme et de beauté. Début d’une vive et durable amitié, un penchant soudain attira l’une vers l’autre la jeune Anglaise et la future Reine de France.»
G. Castel-Çagarriga
Le 5 novembre 1772
La Dauphine monte à cheval. Elle est vêtue en grand uniforme de chasse.
Le 17 novembre 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 12 décembre 1772
Marie-Antoinette a Ses règles.
En 1773, Marie-Antoinette commande deux portraits tissés, de Sa mère Marie-Thérèse d’Autriche et de Son frère Joseph II, à la Tapisserie des Gobelins et les fait encastrer en haut des miroirs, au-dessus de la cheminée et face à celle-ci. Les portraits sont exécutés par le lissier Michel-Henri Cozette (1744-1822).
Le 6 janvier 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 16 janvier 1773
« Madame la Dauphine se montre à ces bals avec toutes les grâces possibles.»
Mercy à Marie-Thérèse
.Le 25 février 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 22 mars 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 16 avril 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 11 mai 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
A Saint-Hubert, le Dauphin révèle à son grand-père que le mariage est consommé. Marie-Antoinette n’est pas là puisqu’Elle ne va jamais aux petits voyages de chasse du Roi.
Le 12 mai 1773
Le Dauphin a un accès de fièvre.
Le Roi parle à la Dauphine de la nouvelle quant à la consommation du mariage et , malgré la réticence de la princesse, il la publie. Elle se répand aussitôt «pendant que M. le Dauphin prend médecine», précise Vermond.
Le 17 mai 1773
« Le bruit court ici que Monsieur le Dauphin est véritablement mon mari, mais il n’en est rien encore, quoique je crois que cette maladie nous a fait grand tort, étant un peu plus avancés qu’à l’ordinaire. Cela aurait pu finir plus tôt, au lieu qu’à cette heure cela sera encore bien reculé.»
Marie-Antoinette à Marie-Thérèse
Le 8 juin 1773
Le Dauphin et la Dauphine font leur entrée officielle à Paris.
C’est un triomphe populaire
Le 30 juin 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 8 juillet 1773
La Cour arrive à Compiègne.
Le 17 juillet 1773
« Je puis bien dire à ma chère maman et à elle seule que depuis que nous sommes arrivés ici (à Compiègne), mes affaires sont fort avancées, et je crois le mariage consommé quoique pas dans le cas d’être grosse ; c’est pour cela même que Monsieur le Dauphin ne veut pas qu’on le sache encore. Quel bonheur si j’avais un enfant au mois de mai. Pour mes règles, je les ai toujours fort et bien, vous pouvez bien croire que je ne monte à cheval dans ce temps-là.»
Marie-Antoinette à Marie-Thérèse
« J’ai lieu de croire que les tentatives pour la consommation du mariage ont été réitérées, mais avec des succès incomplets. Les médecins ont engagé M. le Dauphin à faire usage d’une préparation de limaille de fer, c’est un corroborant tonique très communément employé, et que l’on croit le plus convenable à l’état du jeune prince.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 31 juillet 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
A partir d’août 1773
Mercy se montre particulièrement scrupuleux dans ses rapports à l’Impératrice quant au danger qu’il y a pour la Dauphine à monter à cheval, maintenant qu’un changement favorable s’est produit dans l’état de Son mariage.
Le 14 août 1773
A une petite fête donnée par madame de Durfort :
« Dans ces sortes de circonstances, il est impossible de déployer plus de grâces et de bonté que n’en marque Madame l’Archiduchesse.»
Mercy à Marie-Thérèse
« Je suis vivement et profondément blessé du silence que garde avec moi Madame la Dauphine sur les dispositions de Monsieur le Dauphin à mon égard; il est probable que depuis deux ans elle ne lui a pas parlé de moi.»
L’abbé de Vermond
Le 25 août 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 16 septembre 1773
Un spectacle est donné chez madame de Durfort :
« Monsieur le Dauphin y paraît fort gai, parlant à tout le monde, et Madame la Dauphine y déploie les grâces qui causent toujours un nouvel enchantement à tous ceux qui ont l’honneur de l’approcher en semblables occasions.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 26 septembre 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 6 octobre au 14 novembre 1773
Séjour de la Cour à Fontainebleau.
Le 16 octobre 1773
Accident de Pierre Grimpier, vigneron d’Archères, âgé de trente ans et père de trois enfants, lors d’une chasse du Roi : il est grièvement blessé à la cuisse et au corps par un cerf poursuivi par la meute.
« Madame, il vient d’arriver un malheur affreux ; le cerf a sauté dans le jardin d’un pauvre vigneron, qui a été effrayé ; il a voulu fuir, le cerf l’ a tué. C’est sa malheureuse femme qui vient par ses cris de m’apprendre ce malheur. J’ai envoyé sur-le-champ du monde pour la secourir, et j’ai envoyé au rendez-vous pour avoir le chirurgien. Il n’a que trente ans et trois enfants dont j’aurai soin ; mais la pauvre femme, cela ne lui rendra pas son homme. […]»
Louis XV à Marie-Antoinette
« Madame la Dauphine suivait le roi à la chasse dans une voiture découverte, lorsqu’il se produisit un événement bien fâcheux. Le cerf, poursuivi de près par les chiens, sauta dans un jardin clos que travaillait alors son propriétaire. L’animal, qui ne voyait aucune issue, devint furieux… et encorna [l’homme] deux fois, une à la cuisse, l’autre au corps, le laissant mortellement blessé.
La femme du misérable… prise de désespoir, courut vers un groupe de chasseurs qu’elle apercevait au loin. C’était le roi et sa suite. Elle a crié à l’aide, annonçant l’accident de son mari et, à ce moment-là, s’est évanouie. Le roi ordonna qu’on s’occupât d’elle et, après avoir donné des marques de compassion et de bonté, il poursuivit sa route…
Mme la Dauphine, qui était revenue, descendit de voiture, courut vers la femme, et lui tendit du parfum au nez, qui la fit sortir de son évanouissement. Mme la Dauphine lui a donné tout l’argent qu’elle avait sur elle, mais ce qui était encore plus admirable, c’était la manière bienveillante et consolante dont SAR parlait à la pauvre femme. Enfin, Madame l’Archiduchesse, touchée, versa des larmes et, à ce moment-là, fit faire de même à plus d’une centaine de spectateurs…
Puis, ayant réclamé sa voiture, Mme la Dauphine donna l’ordre de reconduire la paysanne à sa chaumière qui était dans un hameau voisin *. Son Altesse Royale attendait sur place le retour de sa voiture; elle s’enquiert de la prise en charge du blessé… Je ne puis décrire à Votre Majesté la grandeur ou l’intensité de la sensation provoquée par l’événement, non seulement parmi les courtisans, mais plus encore parmi les habitants de Fontainebleau….
Le public de Paris [semble très ému] chaque fois que le nom de Mme la Dauphine revient, il évoque un cri universel de joie et d’admiration.»Mercy à Marie-Thérèse
La Dauphine et la comtesse de Provence descendent de voiture pour porter assistance à l’homme et sa famille.
La scène va marquer les esprits.
Le 18 octobre 1773
Spectacle à Fontainebleau.
Le 21 octobre 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 23 octobre 1773
Comédie, La Rosière de Salency.
Le 24 octobre 1773
Commencement du carnaval … une bonne excuse pour la Dauphine pour dormir seule. Cette fois encore, Elle fait de Son mieux pour éluder la promesse que Son mari Lui a arrachée.
Le 28 octobre 1773
Bal de la Dauphine.
Le 31 octobre 1773
Présentation de l’ambassadrice du Portugal, la comtesse de Souza, née Canillac.
Le 15 novembre 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 16 novembre 1773
Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie, sœur de la comtesse de Provence.
Marie-Thérèse redoute pour sa fille ce renforcement du clan savoyard à la Cour de France.
Le 19 novembre 1773
Bal paré et feu d’artifices au château de Versailles.
Marie-Antoinette qui avait, depuis deux jours, une légère indisposition, assiste à ce divertissement d’une loge accompagnée de Madame Elisabeth.
Le 24 novembre 1773
Bal masqué au château de Versailles.
Le 10 décembre 1773
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 4 janvier 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 19 janvier 1774
Aux bals données par Madame de Noailles:
« Madame l’Archiduchesse y est toujours remplie de grâces et de bonté et enchante tous ceux qui sont admis à lui faire leur cour.»
Mercy à Marie-Thérèse
Mercy insiste de nouveau sur les conséquences pour le Dauphin des fatigues de la chasse.
Le 29 janvier 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 30 janvier 1774
Marie-Antoinette rencontre Axel de Fersen lors d’un bal à l’Opéra.


Le 23 février 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 20 mars 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Printemps 1774
On assiste, pendant le carnaval, au début de la faveur de la princesse de Lamballe.
Le 4 avril 1774
Le Dauphin a les oreillons.
Le 14 avril 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 19 avril 1774
Iphigénie en Aulide de Gluck triomphe lors de sa création à l’Opéra grâce au soutien de la Dauphine.
Le 27 avril 1774
Louis XV revient malade de Trianon.
Le 29 avril 1774
On diagnostique la petite vérole du Roi.
Le 30 avril 1774
Tout Paris accourt. Pour ne pas inquiéter le Roi, on ne lui parle que d’une fièvre militaire. Il montre ses boutons d’un air étonné. Ses filles le gardent le jour, madame du Barry pendant la nuit. Louis XV est dérangé par les soins de ses filles.
Le 1er mai 1774
Le Roi se porte mieux, on continue donc à lui cacher la gravité de son mal.
Le 2 mai 1774
La nuit du Roi est calme ; l’éruption très abondante se continue sans accident.
Le 4 mai 1774
Le Roi congédie madame du Barry et l’envoie à Rueil.
A six heures du soir, il demande à Laborde, son premier valet, d’aller chercher Jeanne du Barry.
« –Elle est partie à Rueil, Sire!
-Ah! déjà ! »
Le 6 mai 1774
Il faut deux jours au Roi pour décider à se confesser.
Le soir, l’éruption qui a failli s’arrêter passe au pourpre.
Le 7 mai 1774
Le Roi reprend un peu de forces, «sa mine donne toute espérance». Cependant beaucoup de gens le regardent comme perdu. La conduite extérieure est toujours aussi bonne.
Le 8 mai 1774
L’agonie de Louis XV commence. On dispose une chandelle à la fenêtre de sa chambre. On l’éteindra en même temps que lui.

Le Dauphin et la Dauphine s’attendent à monter bientôt sur le trône…
« Dans une conjoncture si critique et si délicate, Madame la Dauphine a tenu la conduite d’un ange, et je ne puis comprimer mon admiration de sa piété, de sa prudence, de sa raison ; tout le public en est enchanté, et certainement à juste titre. S.A.R. s’est tenue dans la plus parfaite retraite même pour les personnes de son service, hors la famille royale. Elle n’a vu que l’abbé de Vermond et moi, c’est à dire pour s’entretenir et parler de suite.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 9 mai 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
L’état du Roi s’aggrave : les croûtes et les boutons séchés deviennent noirs, la filtration se fait en dedans et on remarque des eschares dans la gorge qui l’empêchent d’avaler.
Le 10 mai 1774
Louis XV meurt à trois heures et quart de l’après-midi
Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI.
Louis XV à peine mort, les courtisans se ruent vers le nouveau Roi.
Le petit-fils du défunt Roi, âgé de vingt ans, est tout de suite effrayé par le poids des responsabilités, plus qu’enivré par son nouveau pouvoir.
La nouvelle Reine Marie-Antoinette soupire :
« Mon Dieu, guidez-nous, protégez-nous, nous régnons trop jeunes ! »
Marie-Antoinette se libère alors du carcan auquel on L’avait contrainte depuis Son arrivée à Versailles. Et cela se traduit dans la vêture et particulièrement dans la mode capillaire :
Du 10 au 17 mai 1774
Séjour de la Cour au château de Choisy.
Le renvoi de madame du Barry et l’exil du duc d’Aiguillon, ennemis du duc de Choiseul, sont vus comme des triomphes de la nouvelle souveraine.
« La créature est mise au couvent et tout ce qui porte ce nom de scandale est chassé de la Cour ! »
Marie-Antoinette à Sa mère
Sur les conseils de Madame Adélaïde, sa tante, Louis XVI fait entrer Maurepas au gouvernement.
Du 17 mai au 16 juin 1774
Séjour de la Cour au château de La Muette.
Le 19 mai 1774
La vérole s’étant déclarée chez Mesdames qui sont restées auprès de leur père jusqu’au bout, la Cour quitte Choisy pour le château de La Muette.
Le 24 mai 1774
Le Roi offre le Petit Trianon à Marie-Antoinette qui souhaite avoir une résidence de campagne où échapper aux contraintes de Son rang.
Louis XVI aurait usé de cette formule:
« Vous aimez les fleurs, Madame, j’ai un bouquet à vous offrir. C’est le Petit Trianon ».
C’est sans doute trop galant pour venir effectivement de lui… D’autres témoins rapportent différemment la scène en ces termes :
« Madame, ces beaux lieux ont toujours été le séjour des favorites des rois, conséquemment ils doivent être le vôtre »
Louis XVI
Marie-Antoinette y engage de grands travaux.
Le 3 juin 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
La ceinture de la Reine Marie-Antoinette
« Il existait encore chez les Français un sage antique et galant, dont les reines de France avaient désiré la conservation. A la mort du roi, les Français payaient à la nouvelle reine un droit connu sous le nom de ceinture de la reine. Marie-Antoinette apprend que ce droit pèse sur les classes les plus infortunées; que les privilégiés ont trouvé moyen de ne pas y contribuer : elle supplie le roi de s’opposer à sa perception. Cet acte généreux plaît à Louis XVI ; et l’universalité de la nation applaudit au désintéressement, à la bienfaisance de la jeune reine. La poésie devait conserver le souvenir de ce sacrifice. Le comte de Coutourelle se fit l’organe du peuple reconnaissant; il adressa à la reine le quatrain que nous citons :
« Vous renoncez, charmante souveraine. Au plus beau de vos revenus. A quoi vous servirait la ceinture de reine ? Vous avez celle de Vénus. »
Mémoires de Weber, frère de lait de Marie-Antoinette, reine de France
Le 6 juin 1774
Marie-Antoinette pend la crémaillère de Sa nouvelle possession, en compagnie de Madame Clotilde (1759-1802), les Provence et les Artois, Ses belles-sœurs et beaux-frères et son royal époux qui, peu de temps après, lui remet la clef du domaine sertie de 531 diamants, exécutée par le serrurier François Brochois et l’orfèvre-joaillier Michel Maillar.
Le 7 juin 1774
Le Roi dîne avec la Reine au Petit Trianon.
Du 17 juin au 1er août 1774
Séjour de la Cour au château de Marly… durant lequel, Marie-Jeanne Bertin (1747-1813) est présentée à la Reine par la duchesse de Chartres (1769-1821), belle-sœur de la princesse de Lamballe…
Très vite, la célèbre Mademoiselle Bertin devient la marchande de Mode attitrée de Marie-Antoinette.
Louis XVI, ses frères et la comtesse d’Artois se font inoculer.
Marie-Antoinette et la comtesse de Provence sont déjà immunisées contre la maladie. Mesdames Clotilde et Elisabeth sont jugées trop jeunes.
Le 28 juin 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 23 juillet 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Louis XVI et Marie-Antoinette reçoivent à dîner à Versailles
( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )
Les soupers, qui ont lieu une à deux fois par semaine dans la Salle-à-Manger du premier étage, ont été institués à l’instigation de Marie-Antoinette. Écoutant Sa mère et redoutant comme Elle la reprise des soupers de chasse, Elle avait devancé la menace en allumant un contre-feu :
« Les soupers de société devaient présenter bien avantages : celui de rapprocher les gens considérables et de mérité de la personne du Roi, d’en éloigner les sociétés de jeunes gens, de ne jamais séparer la Reine de son auguste époux» .
Le comte de Mercy
Ils nécessitent un véritable bouleversement de l’Etiquette : l’abolition de la règle qui interdit aux Reines et aux princesses de manger à la même table que des hommes qui n’appartiennent pas à la Famille Royale.
Dans un premier temps, Louis XVI dresse la liste des hommes conviés et la Reine, celle des femmes. Plus tard, ce sera le Roi qui la dressera le matin, la faisant porter à la Reine qui enverra à Paris Ses pages inviter les épouses de ceux qu’il aura choisis. Les Dames, suivies des hommes, traversent les cabinets, puis la salle-à-manger et la salle des Buffets et viennent se tenir un court instant dans le salon. Le contrôleur de la Bouche annonce que Leurs Majestés sont servies, et tous les invités refluent vers la salle-à-manger.
Dans les premiers temps, tous les convives sont assis autour de la table. Mais leur nombre augmentant jusqu’à plus de cinquante, même la table à rallonges de plus de six mètres, ne suffira pas. Les Seigneurs se disputent la place à une seconde petite table pour ne pas devoir se contenter de manger un morceau, debout, au buffet.
Du 1er août au 1er septembre 1774
Séjour de la Cour au château de Compiègne.
Le 1er septembre 1774
Marie-Antoinette a Ses règles avec quinze jours de retard.
Le 26 septembre 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 5 au 10 octobre 1774
Séjour de la Cour au château de Choisy.
Du 10 octobre au 10 novembre 1774
Séjour de la Cour à Fontainebleau.
Tous les matins, la Reine reçoit une leçon de harpe d’une heure et demi voire deux heures.
Le 17 novembre 1774
A l’occasion des soupers dans les cabinets :
« Cet établissement (des soupers) est devenu une nouvelle occasion pour la Reine à déployer les grâces vraiment charmantes qu’elle sait marquer à ceux qu’elle veut bien traiter.»
L’abbé de Vermond à Marie-Thérèse
Le 21 octobre 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 2 novembre 1774
Chasse en calèche.
Les 11 et 12 novembre 1774
Séjour de Louis XVI à La Muette.
Le 12 novembre 1774
Retour au château de Versailles.
Louis XVI rappelle les parlements.
Le 15 novembre 1774
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 27 novembre 1774
La jeune Reine se promène en traîneau… Le cocher tombe, le cheval s’emballe mais Marie-Antoinette parvient à prendre les rênes et à conduire sans difficulté le traîneau sans dommage.
Les fantaisies de la jeune Reine ne vont pas tarder à se transformer en «affaires». On n’avait encore jamais vu pareille extravagance !
Le 28 novembre 1774
Malgré les frayeurs que la Cour a pu avoir la veille, Marie-Antoinette repart de plus belle en promenade en traîneau !
Le 18 décembre 1774
A propos des soupers dans les cabinets :
« La Reine sait tellement bien mettre ces occasions à profit que tout le monde est plus enchanté que jamais de ses grâces ; elles forment le sujet des conversations journalières dans Paris, et on y relève sans cesse quelque nouveau trait de bonté et de charme de la Reine.»
Mercy à Marie-Thérèse
Après le 18 décembre 1774
Marie-Antoinette a Ses règles : le retard est inconnu mais on le sait supérieur à huit jours
Le 1er janvier 1775
Les princes et princesses, ainsi que les seigneurs et dames de la Cour, rendent leurs respects à Leurs Majestés, à l’occasion de la nouvelle année.
– Le Corps de Ville de Paris, ayant à sa tête le duc de Brissac, gouverneur de cette ville, s’acquitte du même devoir. Les hautbois de la Chambre exécutent, pendant le lever du Roi, plusieurs morceaux de musique.
Les chevaliers, commandeurs et officiers de l’Ordre du Saint-Esprit, s’étant assemblés dans le cabinet du Roi, vers les onze heures du matin, Sa Majesté sort de son appartement, et se rend à la Chapelle, précédée de Monsieur, du comte d’Artois, du duc d’Orléans, du duc de Chartres, du prince de Condé, du duc de Bourbon, du prince de Conti, du comte de la Marche, et des chevaliers, commandeurs et officiers de l’Ordre. Les deux huissiers de la chambre portaient leurs masses devant Sa Majesté, qui était revêtue du manteau royal, ayant par-dessus le collier de l’Ordre et celui de la Toison d’Or. L’archevêque de Paris, prélat commandeur, célèbre la grand-messe, à laquelle la Reine, Madame, et Madame Clotilde assistent dans la tribune. La duchesse de Mortemart fait la quête. La messe finie, le Roi est reconduit à son appartement en la manière accoutumée. Il y a le même jour, grand Couvert, pendant lequel les musiciens du Roi exécutent plusieurs symphonies.
Les chevaliers, commandeurs et officiers de l’Ordre, assistent au service anniversaire qui se célèbre pour les chevaliers défunts. Sa Majesté a ordonné qu’ils y paraissent tous en grand deuil et en pleureuses, à cause de la mort du feu Roi, Grand-Maître et Chef de l’Ordre, décédé dans l’année. La Reine, Madame, et Madame la comtesse d’Artois, y assistent dans la Tribune.
Le 9 janvier 1775
Il y a un bal chez la Reine.
Le 23 janvier 1775
Mercy donne un bal auquel assiste le Roi.
Le 6 février 1775
Il y a un bal chez la Reine.
Le 7 février 1775
L’Archiduc Maximilien (1756-1801) rend visite à sa sœur. Il voyage sous le pseudonyme de comte de Burgau. Voilà bientôt cinq ans que Marie-Antoinette n’a pas vu Son petit frère.
Il apporte bien quelques recommandations et conseils de leur mère, qui risquent fort d’être désagréables à entendre, mais quelle joie de se revoir après si longtemps ! Marie-Antoinette entraîne l’Archiduc dans le tourbillon des fêtes de Versailles sans se soucier, une fois de plus, des règles protocolaires. Il en résultera quelques difficultés avec les princes du sang, quelques bévues qui entameront encore un peu plus le crédit de la Reine auprès de la Cour.
Une telle insouciance ne peut qu’exaspérer un peu plus le pauvre Mercy qui doit déployer des trésors d’imagination et de patience pour essayer de convaincre la Reine que Sa vie est auprès de son époux. Marie-Antoinette écoute, fait mine d’entendre pour oublier aussitôt et retourner à Ses distractions sans lesquelles, avoue-t-Elle, Elle mourrait d’ennui !…
C’est un échec en termes de relations publiques et le jeune homme est rapidement surnommé «l’Archibête».
Le 20 février 1775
Bal de nuit dans le salon d’Hercule.
Le 23 février 1775
Souper et bal la nuit chez la comtesse de Noailles.
Le 27 février 1775
Bal et fête de nuit à la Grande Ecurie.
Le 9 mars 1775
Course hippique dans la plaine des Sablons à laquelle la Reine et la famille royale assistent :
«Cette course consistait en un certain espace de terrain à parcourir plus ou moins promptement. Plusieurs seigneurs de la cour avaient fourni des coursiers sur lesquels ils avaient assis des paris considérables. Ils étaient montés par des palefreniers accoutumés à ces sortes d’exercices. Outre la famille royale, on comptait, du nombre des princes du sang, M. le duc de Chartres et M. le duc de Bourbon. Il y avait une estrade élevée pour placer S. M. et la cour. Le cheval de M. le duc de Lauzun a eu l’avantage. Ce cheval mourut peu de temps après.»
Mémoires du duc de Lauzun, édition Gallica
Le 17 mars 1775
« Quoique le Carnaval m’ait bien amusée, je conviens qu’il était temps qu’il finît. Nous sommes remis à cette heure dans notre train ordinaire, et j’en profiterai pour causer davantage avec le Roi qui est toujours de très bonne amitié avec moi.»
Marie-Antoinette à Marie-Thérèse
De fin mars à mai 1775
Les émeutes connues sous le nom de «guerre des farines» témoignent de la crainte de manquer de pain…
Le 30 mars 1775
Louis XVI interdit à son épouse d’assister aux courses hippiques :
«Le Roi ne voulut plus que la Reine prît part à ces fêtes (…) On parlait d’un bâtiment que la Ville avait fait ériger dans la plaine des Sablons en l’honneur de la Reine, pour que S. M. pût y voir plus à l’aise les courses de chevaux et autres spectacles de ce genre. Il est venu depuis un ordre du Roi pour le défaire. D’ailleurs la Reine ne cachait pas les sévérités que son mari montrait parfois contre elle.»
Mémoires du duc de Lauzun, édition Gallica
Le 1er avril 1775
« Je doute qu’on voudra accorder à la Reine la distinction d’être sacrée en même temps que le Roi. Vous faites très bien de vous tenir à l’écart, de même que ma fille, dans la poursuite de cette affaire.»
Marie-Thérèse à Mercy
Le 20 avril 1775
« Pendant huit jours, un rhume fort léger a interrompu les promenades à cheval ou en voiture que (la Dauphine) a coutume de faire quand le temps le permet.
Mercy à Marie-Thérèse
La Reine a toujours regardé avec la même indifférence l’idée de participer au sacre du Roi ; il a gardé le manuscrit qui lui avait été remis par le duc de Duras, et on n’en a plus parlé. Il paraît un autre livre sur les cérémonies de sacre des rois et des reines de France ; j’en ai joint un exemplaire aux autres brochures que j’adresse au baron de Neny.»
Le 9 mai 1775
« Le Roi est revenu coucher chez la Reine ; il y avait six semaines qu’il s’en abstenait, cet éloignement faisait tenir beaucoup de propos ; j’en ai importuné la Reine pendant trois semaines sans lui faire impression ; la certitude qu’elle avait des dispositions du Roi lui faisait hausser les épaules lorsque je lui disais qu’on persuadait au public diminution de confiance et d’affection.»
L’abbé de Vermond à Mercy
Le 5 juin 1775
Toute la cour se met en route pour Compiègne.
Du 7 au 10 juin 1775
Séjour de la Cour au château de Compiègne.
Les 8 et 9 juin 1775
Louis XVI et Marie-Antoinette sont au château de Fismes.
Du 9 au 16 juin 1775
Le Roi et la Reine séjournent à Reims.
Le 10 juin 1775
On pratique les vêpres du sacre.
Dimanche 11 juin 1775
Louis XVI est sacré à Reims.
La Reine n’est que spectatrice des cérémonies.
« Le sacre a été parfait […]. Les cérémonies de l’Église [furent] interrompues au moment du couronnement par les acclamations les plus touchantes. Je n’ai pu y tenir, mes larmes ont coulé malgré moi, et on m’en a su gré […]. C’est une chose étonnante et bien heureuse en même temps d’être si bien reçu deux mois après la révolte, et malgré la cherté du pain, qui malheureusement continue »
Marie-Antoinette à Sa mère
« Cette journée fut terminée par une circonstance qui produisit le plus grand et le meilleur effet. Vers sept heures du soir le Roi, étant dans ses habits ordinaires, prit la Reine sous le bras, et ils allèrent se promener le long de la grande galerie bâtie en bois pour servir de passage de l’archevêché à l’église. Il y avait beaucoup de monde, même du peuple, dans cette galerie ; le roi défendit que l’on fît sortir personne. Leurs Majestés n’avaient point de gardes ; le seul capitaine en quartier, prince de Beauvau, et quelques exempts les suivaient. Ils laissèrent approcher tout le monde ; d’ailleurs la foule immense qui se trouvait hors de la galerie n’en était séparée que par une simple balustrade, presque à hauteur d’appui, de façon que le Roi et la Reine se trouvaient au milieu du peuple sans aucun indice apparent de précaution. La joie et les cris de « Vivent le Roi et la Reine » se firent entendre avec une vivacité inexprimable. Cette promenade dura près d’une heure, et le public en resta dans une vraie ivresse, surtout de l’air de bonté et d’affabilité qui se remarquait dans la contenance de la Reine. Sa Majesté avait donné la première idée de cette promenade, circonstance qui ne fut point ignorée. »
Le comte de Mercy à l’Impératrice Marie-Thérèse
Le couple royal gardera un très bon souvenir de la cérémonie du Sacre et des festivités consécutives. Marie-Antoinette écrit à Sa mère que « le sacre a été parfait […]. Les cérémonies de l’Église [furent] interrompues au moment du couronnement par les acclamations les plus touchantes. Je n’ai pu y tenir, mes larmes ont coulé malgré moi, et on m’en a su gré […]. C’est une chose étonnante et bien heureuse en même temps d’être si bien reçu deux mois après la révolte, et malgré la cherté du pain, qui malheureusement.»
Du 16 au 19 juin 1775
Louis XVI et Marie-Antoinette repassent par le château de Compiègne.
Le 22 juin 1775
Marie-Antoinette écrit à Sa mère :
« C’est à la fois étonnant et merveilleux d’être si bien reçu deux mois après les émeutes [du pain] et malgré la cherté du pain qui malheureusement perdure. … Il est certain que lorsque les gens qui souffrent nous traitent si bien, nous sommes encore plus obligés de travailler pour leur bonheur. Le roi en semble convaincu ; quant à moi, je sais que je n’oublierai jamais, même si je vis jusqu’à cent ans, le jour du sacre.
(…)
La comtesse d’Artois poursuit sa grossesse ; elle est très heureuse et n’a aucune crainte de l’accouchement. Bien sûr, elle est tellement petite qu’elle a suffit qu’ils lui disent qu’ils ne lui laisseraient pas prendre la «médecine noire» pour qu’elle touche les étoiles de la joie.»Marie-Antoinette
Qu ‘ est-ce que la «médecine noire» Marie-Antoinette ne le précise pas, mais, contrairement à ce qu’on peut penser, il ne devait pas s’agir d’une étrange potion sortie d’un laboratoire de sorcières Au lieu de cela, il s’agissait d’une thérapie très en vogue à l’époque : la saignée par les sangsues, d’où le terme «médecine noire», car les sangsues sont noires. La saignée avec les sangsues a été pendant des siècles la panacée pour toute maladie. De la grippe à la goutte. En remplacement de la saignée, le sang était surtout extrait pour décongestionner des organes internes, pour extraire du sang et des humeurs «corrompus». il semble qu’il était recommandé quand on avait subi une peur, à ceux qui étaient de pression élevée au moment du changement de saison, aux touchés d’attaques cardiaques et aux femmes au neuvième mois de grossesse. Bien sûr, sans douleur, la vue des sangsues visant à sucer le sang ne devait pas être «beau à voir», d’où la joie de la comtesse d’Artois.
En juillet 1775
Départ de Monsieur et de Madame autorisés à suivre la nouvelle princesse de Piémont dans sa patrie d’adoption et le séjour «de quinze jours dans le plus grand incognito à Chambéry».
La Reine écrit «qu’il est affreux pour moi, de ne pouvoir espérer le même bonheur.»
Marie-Antoinette piquée au vif s’enferme dans Ses appartements pour pleurer à Son aise d’autant que le comte et la comtesse de Provence expriment bruyamment leur joie. Elle ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Marie-Joséphine ravie de revoir sa famille, alors que Joseph II tarde à La visiter…
Le 28 juillet 1775
Chasse au sanglier avec la Reine, dans la forêt de Marly. Dîné à quatre heures à Marly. La Reine a chassé et soupé.
Marie-Antoinette nage en plein bonheur. Elle a totalement oublié la morosité qui régnait à Versailles dans les premiers mois qui avaient suivi son arrivée en France. Ce sont tous Ses rêves d’enfant qui se réalisent. Pour Elle, être Reine, c’est avoir le loisir de faire tout ce qu’Elle souhaite quand Elle le souhaite. Elle peut maintenant donner libre cours à toutes Ses fantaisies et ne va pas s’en priver.
La jeune Reine garde, de Sa vie de Dauphine, la fâcheuse habitude de se moquer des vieilles gens qu’Elle appelle les «siècles»…
« ….. Passé trente ans, je ne comprends pas comment on ose paraître à la Cour… »
Cela est devenu si coutumier que l’on chantonne à Paris :
«Petite Reine de vingt ans,
Qui traitez aussi mal les gens,
Vous repasserez en Bavière.»
Aujourd’hui, la petite Reine de vingt ans est heureuse et Elle ne se soucie guère de ce que l’on peut dire ou écrire à Son sujet ! Elle a l’impression d’être revenue à la Cour de Vienne ; Elle a retrouvé Son insouciance de petite fille. Forte de ce sentiment de liberté, Marie-Antoinette brave de plus en plus souvent l’Étiquette afin de donner libre cours à Ses désirs.
Elle parcourt Versailles et Paris et se moque des usages parce que les usages L’ennuient. Et bien sûr, tout cela n’est pas du goût de tout le monde. Mesdames tantes du Roi, les Orléans, les Provence, et une bonne partie des courtisans estiment que la Reine, en se livrant à ces plaisirs inhabituels, ne tient pas son rang. Certains prétendent même qu’Elle fait offense à la noblesse du Roi de France.
Marie-Antoinette n’a que faire de leurs remarques ni même de leurs sarcasmes ou de leurs perfidies : le peuple L’aime. Elle en reçoit la démonstration chaque fois qu’Elle se montre en public. Ainsi, lorsqu’en Janvier elle se rend à l’Opéra de Paris pour entendre, une nouvelle fois, son maître Gluck, les Parisiens lui font un tel triomphe que des larmes de joie coulent sur ses joues. Que sont les remarques ironiques des courtisans à côté de ces témoignages d’affection qui viennent du peuple ?
La Reine est heureuse. Heureuse d’être aimée, heureuse d’avoir un mari qui La comble de bienfaits, heureuse de vivre ! C’est aussi que Louis XVI n’est pas mécontent de La voir s’occuper d’autre chose que de politique et il se sert de madame de Polignac pour La confiner dans ces préoccupations futiles…
Le 6 août 1775
Naissance de Louis-Antoine, duc d’Angoulême, fils du comte et de la comtesse d’Artois.
Les courtisans ont immédiatement été informés de la naissance d’un garçon, et le tollé, les applaudissements et les cris de joie dans les couloirs et les salons où les gens s’attendaient ont été entendus dans le château et même le pays.
Marie-Antoinette est restée avec Sa belle-sœur jusqu’à ce que cette dernière soit lavée et remise au lit, puis elle est retournée dans Ses appartements où Madame Campan l’attendait et a pleuré amèrement.
La stérilité du couple royal fait jaser…
Le 12 août 1775
« La comtesse d’Artois a joyeusement accouché le 6 à trois heures trois quarts ; il y a eu trois moments très douloureux, mais globalement le travail n’a pas duré plus de deux heures. « J’étais toujours dans sa chambre : il ne me sert à rien de dire à ma chère mère combien j’ai souffert en voyant un héritier pas le mien ; cependant à la fin, j’ai décidé que ni la mère ni le bébé ne me manqueraient aucune attention nécessaire. »
Marie-Antoinette à Sa mère



Le 20 août 1775
Mariage de Madame Clotilde, Gros Madame, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, frère des comtesses de Provence et d’Artois.
Comme pour les mariages des frères de Clotilde les années précédentes, la réception du Grand Appartement accueille les courtisans dans les salons de parade du château. La fureur du jeu s’empare bientôt des invités. Le grand public est admis à défiler dans la Galerie des Glaces, heureux de saisir un instant la tête d’un illustre personnage. Ensuite, toujours sous l’œil attentif de la foule, la famille royale se réunit dans la soirée à l’Opéra de Versailles pour le souper du Grand Couvert sous les airs de la musique du surintendant Dauvergne.
Le lendemain, 22 août 1775
Les festivités publiques reprennent, Madame Clotilde n’a plus un moment de répit !
Ainsi, malgré ce splendide bal paré donné pour elle, Madame Clotilde paraît bien éclipsée par sa belle-sœur… Comme en témoigne Horace Walpole :
« On ne pouvait avoir des yeux que pour la reine. Les Hébé et les Flores, les Hélène et les Grâces ne sont que des coureuses de rue à coté d’elle. Quand elle est debout ou assise, c’est la statue de la beauté ; quand elle se meut, c’est la grâce en personne. Elle avait une robe d’argent semée de laurier-roses, peu de diamants et de grandes plumes. On dit qu’elle ne danse pas en mesure, mais alors c’est la musique qui a tort.»
Ni son charme juvénile, ni ses doux yeux candides, ni la splendeur de ses atours ne peuvent rivaliser avec la majesté innée de Marie-Antoinette.
Le 25 août 1775
L’ambassadeur de Sardaigne, le comte de Viry (1736-1813), donne une grande fête à Paris au Vauxhall à la barrière de Vaugirard. Un feu d’artifice et un bal masqué accueillent «l’univers entier», 6000 personnes !
Le 26 août 1775
La représentation d’une tragédie «Le Connétable de Bourbon» de M. de Guibert clôture les fêtes.
La comtesse de Noailles a donné sa démission. Le Roi m’accorde madame de Lamballe pour surintendante, madame de Chimay qui était dame d’atours, pour dame d’honneur, et madame de Mailly, qui était dame à moi, pour dame d’atours.
Le Mercure en septembre 1779
Le 15 septembre 1775
Voici une lettre de Marie-Antoinette à Marie-Thérèse par laquelle la Reine informe Sa mère de la santé de la comtesse :
« La Comtesse d’Artois est toujours merveilleuse, elle était à la chapelle dimanche dernier, le jour où les cinq semaines étaient passées. Le roi a fait don de mille Louis pour sa naissance, et son mari des bracelets à paillettes avec une étui aussi ornée de paillettes et un portrait du fils.»
Le 19 septembre 1775
Marie-Antoinette octroie à la princesse de Lamballe le titre très lucratif de « surintendante de la Maison de la Reine », dont la charge consiste à organiser les plaisirs de celle-ci. Ce titre avait été aboli par Louis XV en raison de son coût.
Du 3 au 9 octobre 1775
La Cour est au château de Choisy.
Le 4 octobre 1775
Course hippique gagnée par le cheval du duc de Lauzun. Le jockey est un petit anglais récompensé par la Reine :
« C’est hier que le nouveau Newmarcket français a ouvert sa carrière. Il n’y a paru que quatre contendants, mais ils étaient de bonne sorte. C’était M. le comte d’Artois, M. le duc de Chartres, M. le duc de Lauzun et M. le marquis de Conflans. Le jockey du duc de Lauzun a gagné très lestement le prix, ou pour mieux dire la poule qui n’était que de vingt-cinq louis par tête de coureur. Le cheval vainqueur est bas-normand. La course a commencé vers une heure ; elle a été vive et n’a pas duré plus de six minutes, quoique la terrain parcouru soit très considérable, puisque c’était trois fois le tour de la plaine des Sablons.
On avait élevé dans le milieu un belvédère pour la Reine qui était belle comme le jour, et le jour était charmant. Elle a pris le plus grand plaisir à ce spectacle, s’est fait présenter le petit
anglais qui montait le cheval victorieux, a félicité le duc de Lauzun et consolé les vaincus avec une grâce infinie, en un mot elle n’a manqué à rien de ce qu’il faut faire pour être parfaitement aimable. Toute la cour et toute la ville se sont trouvés à cette course comme de raison. »Correspondance secrète ( t. II, p. 483.)
Le 6 octobre 1775
Une course de chevaux aux Sablons oppose Lauzun à Artois, Chartres, Guéménée, au marquis de Conflans et de Voyer, pour les plus prestigieux… La foule est énorme. La Reine a tant insisté pour être présente que le Roi a cédé. La course commence à une heure de l’après-midi. Elle ne dure que six minutes mais elle est âprement disputée puisqu’il faut faire trois fois le tour de la plaine des Sablons. Lauzun l’emporte sur ses adversaires. La Reine prend le plus grand plaisir à ce spectacle pendant lequel on trépigne, on crie, on siffle, on applaudit au milieu d’un vacarme enfiévré.
Dès lors le succès des courses est tel qu’il y en aura presque chaque semaine, parfois en fonction des déplacements de la Cour, aux Sablons, à Vincennes, à La Muette, à Fontainebleau ou même à Rambouillet.
Du 9 octobre au 16 novembre 1775
Séjour de la Cour à Fontainebleau.
Le duc de Lauzun propose à la Reine un plan permettant à celle-ci de devenir la plus puissante souveraine d’Europe, en réunissant la France à la Russie de Catherine II dont il est aussi le favori et dont il assure avoir l’autorisation. Marie-Antoinette ne répond pas et lui demande du temps pour réfléchir.
A l’automne 1775
Marie-Antoinette se lie d’amitié avec la comtesse de Polignac, une jeune femme de peu de moyens mais dont elle apprécie la gaieté d’esprit. La Reine se montrera généreuse envers cette amie et tout son entourage…
A propos d’un autre projet prévoyant de placer le comte d’Artois sur le trône de Pologne, le duc de Lauzun revient à la charge quant à son plan de réunir la France et la Russie sous la houlette de Marie-Antoinette :
«et je vis avec une douleur inexplicable combien cela était au-dessus de ses forces et de son courage ; elle me montra tant d’effroi et si peu de caractère, que je dus dès lors ne plus compter sur elle.»
Mémoires du duc de Lauzun
Marie-Antoinette ne manque certainement pas de courage mais fait preuve ici tout simplement de réalisme. C’est à cette époque aussi que Marie-Antoinette subit une cour appuyée du duc de Lauzun (1747-1793) qui Lui offre une plume de héron qu’Elle portera en Sa coiffure, ce qu’il aura la prétention de considérer comme une marque de faveur.
En novembre 1775
Marie-Thérèse prévoit un voyage à Goritz pour connaître les enfants de son fils Léopold, grand duc de Toscane.
Le 4 novembre 1775
Courses de chevaux anglais.
Le 10 novembre 1775
Opéra, La Tragédie Menzikoff, pour lequel le Roi tient à payer les costumes.
Sur ce tableau, Madame de Polignac présente un feuillet à la souveraine.
On pourrait croire qu’une partition de musique ou les paroles d’une chanson y sont inscrites En réalité, il s’agit d’une supplique que le peintre s’est permis d’insérer, de façon très discrète, dans le portait :
A la Reine.
Madame,
Monsieur, J.B.G Dagoty ayant eut l’honneur de peindre Votre majesté et de lui faire plusieurs portraits la supplie humblement de vouloir bien lui permettre de porter le titre de son peintre.
En effet, Jean-Baptiste Gautier Dagoty vient de devenir officiellement Peintre de la Reine ! Visiblement très heureux de la tournure prise par sa carrière d’artiste, Dagoty ne résista pas à l’auto célébration de son succès…
Le 4 décembre 1775
Les bals de la Reine reprennent mais chez la princesse de Lamballe. Marie-Antoinette y impose ses invités. Ces bals, et les soupers qui suivent seront moins contraignants que chez elle.
Le 15 décembre 1775
« Je suis convaincue que si je devais choisir un mari parmi les trois frères, je préférerais encore celui que le ciel m’a donné : son caractère est ferme et bien qu’il soit maladroit, il est aussi attentionné et gentil que possible avec moi.»
Marie-Antoinette à Marie-Thérèse
En janvier 1776
L’Impératrice a l’intention de venir à Bruxelles. De là, elle viendrait à la frontière belge où Marie-Antoinette et Louis XVI viendraient la retrouver. La joie de revoir Sa mère après six ans de séparation est peut-être mitigée dans le cœur de la Reine par la crainte que la vieille souveraine vienne Lui faire le reproche de l’état de Son mariage. Elle n’en est pas moins «extraordinairement émue» !
En février 1776
La Reine organise, dans la Galerie des Glaces, un bal masqué pour le carnaval dont le thème est le règne d’Henri IV.
Le 14 janvier 1776
« Nous avons ici une quantité de neige si grande qu’on en a point vu tant depuis des années aussi va-t-on en traîneaux comme à Vienne. Nous y avons été hier ici.»
Marie-Antoinette à Sa mère
Le 31 mars 1776
« Pour l’opération à faire au Roi, j’en souhaite le meilleur succès ; mais je n’y compte guère sans en voir l’effet.
Marie-Thérèse
Le 10 avril 1776
« Je suis bien touchée de tout ce que ma chère maman pense sur les enfants que j’aurais pu avoir ; j’ai toujours plus d’espérance, et je suis convaincue que l’opération n’est plus nécessaire.
Marie-Antoinette à Marie-Thérèse
Avant le 23 avril 1776
Au début de l’année, Pierre-Charles Bonnefoy du Plan (1732-1824) est nommé concierge et intendant du garde-meuble du Petit Trianon.
Le 10 mai 1776
La nouvelle parvient à Versailles que le voyage de Goritz n’aura pas lieu. Marie-Antoinette en est d’abord très inquiète, puis Elle se rassure de savoir que la santé de Sa mère n’est pas en jeu dans cette décision.
C’est ainsi que se prépare la seconde visite en France de Joseph II, l’année suivante …
Le 16 mai 1776
« Je dois croire _et tout semble l’indiquer_ que la Reine se trouve en position à devenir grosse, mais elle seule peut et doit sur cet article important en dire davantage à V.M.»
Mercy à Marie-Thérèse
Cette fois la question des obstacles physiques est bien réglée et ne sera plus jamais soulevée sinon par des historiens modernes.
Du 8 juin au 11 juillet 1776
Séjour à Marly
Les comtes de Provence et d’Artois restent à Versailles atteints de rougeole.
Le 13 juin 1776
« Le Roi chasse deux fois par semaine à Saint-Hubert. J’y dîne toujours avec lui et je chasse aussi parfois.»
Marie-Antoinette à Marie-Thérèse
Le 15 juin 1776
« Les petites virées à Saint-Hubert ont eu lieu alternativement une ou deux fois par semaine. La Reine n’a manqué aucun de ces voyages, et cela semble avoir fait grand plaisir au Roi. Le roi et la reine organisent des parties de cartes après le souper et rentrent à Versailles vers minuit ou une heure.»
Le comte de Mercy
Le 11 juillet 1776
Souper à Trianon.
Le 23 juillet 1776
Souper et spectacle à Trianon.
Les coiffures extravagantes en vogue au début du règne de Marie-Antoinette sont appelées des «poufs», parfois agrémentés de fruits, bibelots, oiseaux. C’est notamment Léonard Autier, coiffeur de la Reine, qui introduit de telles coiffures. L’une d’elles est si haute qu’elle est appelée «monte-au-ciel».
Le 5 août 1776
Naissance de Sophie, dite Mademoiselle d’Artois, fille du comte et de la comtesse d’Artois.
En août 1776
Construction du jeu de bague.
Le Jeu de bague du jardin anglo-chinois de Marie-Antoinette
« Le goût n’est pas seulement aux jardins chinois ; on raffolait de chinoiseries de toutes sortes, on donne des fêtes. La Reine veut avoir à Trianon un jeu de bague chinois comme celui de Monceau. Un dessinateur, à la fin de l’année 1775, va prendre le croquis de ce dernier, et, dès les premiers jours de 1776, un modèle en relief est présenté à Marie-Antoinette qui l’approuve.
Le jeu de bague de Monceau consistait en un vaste parasol autour duquel tournait une plate-forme. Deux chimères caparaçonnées portaient les hommes. Les dames s’asseyaient sur deux sièges que des chinois à demi couchés tenaient de côté à bras tendus. Les bagues sortaient de lanternes suspendues au bord du parasol.
En imitant ce jeu à Trianon, Richard Mique l’embellit et l’amplifie. On a creusé, à l’ouest de la terrasse du château, une fosse destinée à cacher le mécanisme et les hommes chargés de le mouvoir. Au niveau du sol, une plate-forme pivote autour d’un mât couronné par un immense parasol. Ce mât est soutenu par un groupe de trois chinois, dont les corps évidés et les mains couvertes de plomb cachent les ferrures qui assurent la solidité de la construction. Au sommet du parasol, tourne une girouette ornée de deux dragons dorés. Quatre dragons ou chimères, à cornes de cuivre, servant de monture aux hommes, alternent avec autant de paons dont la croupe offre des sièges aux dames. Des chapeaux chinois font entendre leurs clochettes quand la mécanique est en mouvement. Toutes les sculptures, en chêne des Vosges et de Hollande, sont exécutées par Bocciardi (sculpteur ordinaire des Menus Plaisirs du Roi). Les bagues sortent de carquois disposés autour de la plate-forme. Plus tard, le choc de la lance fatiguant la reine, on imagine un jeu de balles que le mémoire du mécanicien Merklein qualifie aussi de jeu chinois.»Le Petit Trianon : histoire et description de Gustave Adolphe Desjardins
La rivière du Hameau est creusée.
L’orangerie de Trianon est aménagée en théâtre.

Le 10 août 1776
Souper à Trianon
Le 13 août 1776
Souper à Trianon.
Le 17 août 1776
Mercy écrit :
« Le duc de Coigny, premier écuyer du Roi, qui passe pour être beaucoup trop intimement lié avec la princesse de Guéménée, est maintenant celui des courtisans qui a le plus de crédit auprès de la Reine, et il vient en conséquence d’obtenir une demande contre laquelle je me suis inutilement récrié . Le fils de ce duc avait été très mal de la petite vérole, et il en est guéri sous les yeux plutôt que par les soins d’un médecin nommé Richard . Cet homme a demandé par la voie du duc de Coigny une place de fermier général des postes pour son fils; la Reine a fait créer cette place, n’y en ayant point de vacante, et elle a été donnée au fils du médecin .»
En août 1776
La Reine est souffrante, Elle a la migraine, la fièvre et il est même question d’annuler Fontainebleau.
Les 16 et 17 septembre 1776
Séjour du Roi au château de Choisy.
Le 26 septembre 1776
Souper et spectacle à Trianon.
Du 4 au 9 octobre 1776
Le Roi et la Reine sont à Choisy.
Le 6 octobre 1776
Le Roi et la Reine se rendent au château de Brunoy où Monsieur organise une fête magnifique en l’honneur de Marie-Antoinette.
Le 9 octobre 1776
La ménagerie est aménagée pour les acteurs.
Du 9 octobre au 16 novembre 1776
Séjour de la Cour à Fontainebleau.
Les 30 octobre et 1er novembre 1776
Louis XVI ayant concédé à sa femme le droit d’organiser une séance de jeu, celle-ci s’arrange pour la faire durer trois jours. La Reine laisse de fortes sommes sur le tapis vert.
Le soir du 30 octobre 1776, Marie-Antoinette et Son entourage d’amis et de courtisans s’assoient à la table de jeu du château de Fontainebleau mais cette année, pour Ses vingt-et-un ans, la Reine a décidé de fêter en grand avec une soirée dédiée aux jeux d’argent et spécifiquement au jeu du pharaon. C’était un jeu de cartes qui conduit à perdre (et rarement gagner) d’énormes sommes d’argent en peu de temps. Le Roi a interdit ce jeu mais a permis à la Reine une dernière session, juste à l’occasion de Son anniversaire.
La Reine a ainsi passé trente heures d’affilée aux tables et quand le Roi essaie de La réprimander Marie-Antoinette lui répond :
« Vous avez dit qu’on pouvait jouer mais vous n’avez pas précisé combien de temps ! »
À la messe de midi du jour après que la Reine soit apparue bleue par la fatigue causant un grand scandale à la Cour.
Ce jeu de trois jours se déroule chez madame de Guéménée…
1777
La Reine fait placer dans un trumeau de glace entre-fenêtres le portrait du Roi Louis XVI d’après Louis-Joseph Duplessis.
Le 18 février 1777
Louis XVI note :
« J’ai payé à la reine 24000 en acompte sur les 162000 qu’elle doit à Boehmer pour les bracelets de diamant.»
Le 24 février 1777
Décès du parrain de Marie-Antoinette, le Roi Joseph Ier du Portugal (1714-1777).
Le 26 février 1777
Richard Mique propose à Marie-Antoinette son projet finalisé d’aménagement du jardin. Elle en écarte l’ermitage à cloche, le parc de moutons à la chinoise, le salon de colonnes d’eau jaillissante et la fausse ruine. Les autres fabriques sont confirmées, la réalisation de maquettes est engagée et les travaux de terrassement se poursuivent.
Le coût est estimé à 300 000 livres, ce qui provoque des tensions entre Mique, l’architecte, le comte d’Angiviller, l’ordonnateur des bâtiments du Roi et Necker, le directeur du Trésor, auxquelles seul le Roi parvient à mettre un terme.
Le 10 mars 1777
L’ambassadeur de Tunisie Souleyman Agha est envoyé à Versailles par le Bey Ali II (règne de 1759 à 1782), il y rencontre les monarques français. Après avoir été reçu en audience par Louis XVI, Souleyman Agha et sa suite sont présentés à la Reine dans la galerie des glaces. Ministres, hauts dignitaires, ainsi qu’une multitude de courtisans, assistent à cette entrevue.
Pour anecdote, Marie-Antoinette, qui répond aimablement aux révérences et compliments de l’ambassadeur, est très impressionnée par les turbans de la délégation tunisienne. Souleyman Agha porte à cette occasion un habit somptueux, garni d’agrafes et de brandebourgs en or.
Le 28 mars 1777
Louis XVI note :
« J’ai donné à la reine 14 400 pour le second paiement des boucles de Boehmer.»
Au printemps 1777
Le jeu de bague chinois est inauguré à proximité du petit château ; c’est un manège surmonté d’une immense ombrelle de six mètres de diamètre tournant sur un pivot. Le mât est soutenu par trois sculptures de Chinois, en chêne des Vosges et de Hollande, et au sommet tournait une girouette ornée de deux dragons dorés. Les joueurs prennent place sur quatre chimères à cornes de cuivre, les joueuses sur des paons, (Certains ont pu prendre les paons pour des autruches, car on avait diminué leurs queues, peut être à cause des robes …) et s’amusent à décrocher, avec des lances de cinquante centimètres de longueur, les anneaux de métal suspendus (les douze lances de bois garnies de pointes de cuivre et les quatre-vingt-quatre anneaux de laiton sont conservés dans deux coffrets de peau noire à l’extérieur et rouge à l’intérieur, les dragons sont protégés par des housses de toile garnie de frange, gland, filet, houppe et jasmin et les paons sont recouverts de drap écarlate et blanc). Le mécanisme, mû par deux serviteurs, a été installé dans une fosse et son entretien délicat a été confié à l’ingénieur royal Jean-Tobie Mercklein.
Le 18 avril 1777
Visite de Joseph II en France. Il voyage en Europe sous le nom de comte de Falkenstein. A la requête de l’Impératrice , il rend visite à sa sœur pour tenter de comprendre la stérilité du couple royal.
Joseph arrive à neuf heure et demie. Sur sa demande, la Reine a envoyé l’abbé de Vermond pour l’accueillir dans la cour du château, car l’Empereur veut se rendre directement dans les petits cabinets de sa sœur, sans rencontrer âme qui vive. Fidèle à sa consigne, l’abbé, évitant les antichambres remplies de monde, lui fait emprunter corridors et escaliers dérobés qui le conduisent jusqu’à Marie-Antoinette encore revêtue d’un déshabillé et à peine coiffée.
Marie-Antoinette prend Son frère par-dessous le bras pour le conduire chez le Roi et de là chez les princesses.
« Le premier moment entre lui et la reine fut des plus touchants; ils s’embrassèrent et restèrent longtemps dans l’attendrissement et le silence.»
raconte l’ambassadeur Mercy qui tient la confidence de l’abbé de Vermond
Puis l’Empereur va chez Maurepas avec le comte de Belgiojoso. Ils ont à attendre neuf ou dix minutes, car le comte s’est seulement nommé au valet de chambre, sans annoncer le comte de Falkenstein. On les prie donc d’attendre car Maurepas est en entretien avec Monsieur Taboureau. Le prince d’Havré survient et fait signe au valet, qui, tout confus, ouvre la porte du cabinet. Monsieur de Maurepas se répand en excuses que l’Empereur fait cesser en disant :
« Monsieur, les affaires d’Etat doivent aller avant les visites des particuliers.»
Il fait très bonne impression sur Marie-Antoinette et Louis XVI ainsi que sur l’entourage par l’intérêt qu’il témoigne à la culture française.
Après les visites, le Roi, la Reine et l’Empereur dînent en trio. Joseph est fort en retenue, fort content et affecte presque du respect.
Au sortir de table, Joseph retourne à Paris.
Lorsque l’Empereur arrive la première fois chez la Reine, Elle dit à Sa nombreuse Cour :
« Je ne vous présente point à mon frère, mais je vous présente mon frère.» voulant faire sentir l’incognito qu’il a résolu de garder.
Il sera si émerveillé du bâtiment des Invalides, et surtout du dôme qu’il dit au Roi :
« Vous possédez le plus bel édifice de l’Europe.
_Lequel donc?
_Les Invalides
_ On le dit .
_ Comment, est-ce que vous n’avez pas encore examiné cet édifice?
_ Ma foi non.
_ Ni moi non plus, reprend la Reine.
_ Ah! pour vous, ma sœur, dit l’Empereur en souriant, je n’en suis pas étonné, car vous avez tant d’affaires !»
Le 22 avril 1777
Le matin
La Reine redoute de laisser Son frère en tête à tête avec Son mari.
Marie-Antoinette conduit Son frère à Trianon. ils y dînent sans autre suite que celle de madame de Mailly, dame d’atours et de madame de Duras, dame du palais.
Après le dîner
L’Empereur et la Reine se promènent seuls dans les jardins où ils ont une longue conversation. Joseph y aborde les négligences (supposées) de sa sœur à l’endroit du Roi, Son époux. Elle lui fait des aveux plus étendus sur Louis XVI et ses entours ; Elle convient des raisons de l’Empereur, en mettant cette restriction qu’il viendra un temps où Elle suivra de si bons avis.
Le 23 avril 1777
L’Empereur arrive à Versailles, l’abbé de Vermond qui l’attendait à la porte de l’appartement, l’introduit jusqu’au cabinet. On s’embrasse avec une tendresse marquée par les larmes, puis tous les deux rient. La Reine ne parle qu’allemand, et au bout d’une demi-heure, Elle prend Son frère par-dessous le bras pour le conduire chez le Roi et de là chez les princesses.
Puis l’Empereur va chez Maurepas avec le comte de Belgiojoso. Ils ont à attendre neuf ou dix minutes, car le comte s’est seulement nommé au valet de chambre, sans annoncer le comte de Falkenstein. On les prie donc d’attendre car Maurepas est en entretien avec Monsieur Taboureau. Le prince d’Havré survient et fait signe au valet, qui, tout confus, ouvre la porte du cabinet. Monsieur de Maurepas se répand en excuses que l’Empereur fait cesser en disant :
« Monsieur, les affaires d’Etat doivent aller avant les visites des particuliers.»
Après les visites, le Roi, la Reine et l’Empereur dînent en trio. Joseph est fort en retenue, fort content et affecte presque du respect.
Au sortir de table, il retourne à Paris.
Le 24 avril 1777
L’Empereur évite avec soin ce qui ressemble au cérémonial et garde l’incognito jusqu’à ne pas se faire scrupule d’aller visiter les ministres et les grands seigneurs. Il loge à Paris où la Reine va incognito souper avec lui chez le comte de Mercy.
Le 26 avril 1777
Joseph II participe à une course de chevaux donnée par le comte d’Artois. L’équitation est un sport que la jeune Reine apprécie particulièrement…
Fière et royale, Marie-Antoinette apparaît sur les peintures comme une cavalière aguerrie. Elle apprécie ce sport qu’Elle pratique notamment avec Sa belle-sœur, Madame Elisabeth. Mais ce qui marque réellement les esprits ce n’est pas tant qu’une femme monte à cheval mais plutôt que cette dernière pratique l’équitation à la manière d’un homme c’est-à-dire à califourchon. En effet il est d’usage que le sexe féminin monte en amazone permettant ainsi à la cavalière de porter sa jupe. Toutefois Marie-Antoinette, peu encline à respecter au pied de la lettre la tradition, préfère la monte à califourchon, habituellement réservée aux hommes et strictement défendue aux femmes.
Il est possible d’expliquer de deux façons cette interdiction. Tout d’abord pour des questions de mœurs: il semblait inconcevable qu’une femme puisse adopter une telle position, connotée sexuellement et nécessitant surtout de porter non plus une jupe mais un pantalon ( un loi interdisant le port du pantalon par une femme n’a été abrogée qu’en … 2013 ! ) , travestissement irrecevable à la Cour mais qui n’a pourtant pas arrêté la Reine. Avec l’avènement des Lumières et le développement de la médecine on estime qu’il n’est pas raisonnable pour une femme de monter ainsi, pour des raisons d’hygiènes et de santé. Bien sûr ces arguments ne sont en rien un frein pour Marie-Antoinette qui est bien décidée à se faire une place dans cet espace masculin et qui fait par la même montre de son émancipation, attitude que beaucoup lui reprocheront par la suite.
Force est de constater que ces reproches ne viendront pas uniquement des hommes de la Cour mais bel et bien des femmes, voyant d’un mauvais œil le goût de la Reine pour le monde équestre habituellement réservé au « sexe fort ». En réponse à leurs plaintes il est décidé ceci:
« Une nouvelle étiquette exige que les jours de chasse royale, la reine, les princesses de sang et les dames invitées se rendent en calèche à l’endroit où le cerf doit être forcé ».
Cette nouveauté est ainsi un moyen d’interdire à la Reine de jouir de ses sorties à cheval auprès des hommes, mais c’était sans connaître le tempérament de cette dernière qui a écrit par la suite
« Qu’ai-je promis ? De ne pas suivre la chasse ! Eh bien, je vais aller au-devant d’elle ! De cette façon je tiendrai ma parole et j’éviterai de me faire voiturer dans cette maudite calèche.»
Sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche elle-même, ne manque pas d’intimer à sa fille de monter avec davantage de modération, sans pour autant renoncer à Sa passion mordante pour l’équitation.
Ainsi chaque jour, Marie-Antoinette se rend au manège de Versailles une heure durant afin de s’adonner à ce sport, montant tantôt en amazone, tantôt à califourchon et faisant ainsi un réel pied-de-nez aux réactionnaires de la Cour.
En mai 1777
L’événement dépeint concerne Antoine-Denis Dubois de Bellegarde (1734-1825), un officier des garde du corps du Roi, reconnu coupable d’avoir vendu frauduleusement des armes destinées à la réforme en 1767 et condamné par un conseil de guerre en 1770.
Grâce l’intervention de la Reine qui fit réviser son procès, il fut gracié en 1777 après que l’avocat Linguet eut pris son cas en main.
C’est l’annonce de cette grâce à son épouse, venue à Versailles , que retranscrit cette gravure. M. de Bellegarde obtiendra par la suite le poste de capitaine des chasses du comte d’Artois dans l’Angoumois. Au demeurant, ce militaire ne se montrera guère reconnaissant puisqu’acquis aux idées révolutionnaires et devenu député de la Charente, il votera la mort de Louis XVI.
Le 27 avril 1777
Mercy, sortant de la maladie, se rend dans l’appartement de l’Empereur auquel il expose les points qui concernent le voyage de Joseph II :
- les motifs sur lesquels se fonde l’ascendant de la Reine sur Son époux. Il fait savoir que celui-ci se glorifie des charmes et des qualités de la Reine qu’il aime autant qu’il est capable d’aimer, mais qu’il La craint au moins autant qu’il L’aime, ce dont il cite des preuves.
- Il analyse les vrais sentiments de la Reine pour le Roi, observe qu’Elle le néglige trop et l’intimide souvent.
- Il prouve que les princes de la maison de Bourbon ne se sont tenus que par l’habitude, et surtout par celle qui les accoutume à parler d’affaires…
- Nécessité pour la Reine de songer avec le temps de former un ministère qui Lui soit dévoué…
- Il parle des fantaisies de la Reine, de Son goût pour les diamants, de Ses dettes, de la complaisance du Roi en facilitant les moyens de les payer…
- Il s’étend enfin beaucoup sur la passion du jeu et ses conséquences.
Le 29 avril 1777
Joseph se rend à Versailles, où il reste le soir. Ce n’est que deux semaines après son arrivée, que la Reine se résout à le laisser seul avec Son mari. Le Roi parle naturellement de sa position dans l’état de mariage, et avoue que jusqu’à présent ses forces physiques ne sont pas développées, mais qu’il s’aperçoit de leurs progrès journaliers ( ce qui implique des rapports quotidiens…) et qu’il espère d’avoir bientôt des enfants. L’Empereur se borne à le confirmer dans cet espoir et ne lui fait aucune autre question sur cette matière, la Reine ne lui en ayant rien laissé ignorer. Le Roi parle ensuite de quelques objets de gouvernement intérieur. Il reste vague ; l’Empereur ne veut l’embarrasser ni lui sembler trop curieux, il s’en tient à l’écouter et à ne parler que de manière à entretenir la conversation.
Le 5 mai 1777
Les modèles du Temple de l’Amour sont terminés.
Le 9 mai 1777
L’Empereur va à la chasse avec le Roi : ils montent en voiture ensemble. Ils peuvent alors poursuivre leurs conversations particulières. Au retour, Joseph détermine avec quelque peine la Reine à aller trouver le Roi dans son appartement. Elle s’y rend cependant et le ramène chez Elle où l’on joue au billard jusqu’au moment du souper chez Madame.
Pour la première fois depuis son arrivée, l’Empereur abandonne le ton d’affectueuse galanterie qu’il avait jusqu’alors adopté vis à vis de Marie-Antoinette : il L’envoie sèchement trouver le Roi et ne perd pas une occasion de Lui faire des réflexions désagréables devant des gens qui ne
manquent pas de le rapporter au Roi.
Le 11 mai 1777
L’Empereur a une conversation fort affectueuse avec sa sœur : le ton de l’amitié et de la gaieté rétablit la confiance et la bonne volonté de la Reine. Si bien qu’Elle lui demande d’Elle-même des points par écrit pour Lui servir de règle sur Sa conduite à venir.
II résume ainsi la situation :
« Le Roi est mal élevé, il a l’extérieur contre lui , mais il est honnête, point sans quelques connaissances, mais faible pour ceux qui savent l’intimider, et par conséquent mené à la baguette, sans curiosité, sans élévation , dans une apathie continuelle, d’une vie très uniforme. Il est fort au reste, et paraît qu’il devrait pouvoir devenir père ; là-dessus il y a des mystères inconcevables ; il bande à ce que l’on dit, très ferme, il l’introduit même, mais il ne remue pas et se retire ensuite sans avoir déchargé. Nous ne faisons pas comme cela, et c’est être un « souffleur » d’un haras (cf l’étalon qui prépare les juments pour la saillie, qu’il ne pratique pas lui-même) qui est un fichu métier. La Reine est une très jolie et très aimable femme par tous les pays du monde, mais elle est ivre de la dissipation de ce pays, et bref, elle ne remplit ni les fonctions de femme ni celles de reine comme elle le devrait, car comme femme elle néglige absolument le Roi, elle le fait marcher plus d’autorité que par tous les autres moyens, elle ne se soucie ni de jour ni de nuit de sa société.»
Joseph II à son frère Léopold, grand-duc de Toscane
Le 13 mai 1777
Dîner à Trianon offert à Joseph II, souper et spectacle.
Le Roi est au château de Choisy.
Le 14 mai 1777
L’Empereur a passé la nuit à Versailles, il a logé dans la petite chambre d’une femme de chambre de la Reine attenante à la sienne. Il va voir le matin la grande et la petite Ecurie, la machine de Marly et le pavillon de Louveciennes, la comtesse du Barry s’y trouve alors. Il la rencontre dans les jardins et fait avec elle quelques moments de conversation. A son retour à Versailles, il a un entretien avec le Roi qui lui fait de nouvelles confidences sur son état de mariage.
Apprenant qu’il a visité la maison de madame du Barry dont il connaît le passif avec Elle, Marie-Antoinette le boude. Une autre chamaillerie fraternelle a des origines plus frivoles :
Joseph est à la toilette de sa sœur , lui montrant les plumes en quantité et les fleurs qu’Elle porte sur la tête, Elle lui en demande son avis. Il lui répond sèchement qu’il trouve cette coiffure bien légère pour coiffer une couronne…
Le 15 mai 1777
« L’empereur alla dîner à Choisy où toute la famille royale l’attendait ; il communiqua à la Reine la lettre écrite par V.M. qui devait partir le lendemain par le courrier ; la Reine fut frappée d’un passage de cette lettre où l’empereur marque qu’il présume que son auguste sœur a senti la force de ses avis, l’empereur, pour ne pas paraître avoir cédé à sa manière de voir et de penser : la Reine avec franchise avoua à son auguste frère qu’il l’avait devinée dans ce point et qu’elle s’était proposée de lui dire la même chose un moment avant qu’il ne partît.»
Mercy à Marie-Thérèse
Le 18 mai 1777
Joseph est présent à la cérémonie de l’Ordre du Saint-Esprit. Il y rencontre Choiseul revenu de ses terres pour l’occasion, qu’il traite avec bonté. Il lui parle longuement mais d’objets indifférents. Le duc sera mécontent d’avoir tiré si peu parti du séjour de l’Empereur.
Joseph rapporte le fait au Roi et à la Reine l’après-midi. Il rapporte que si Choiseul avait été en place, sa tête inquiète et turbulente aurait pu jeter le royaume dans de grands embarras. Le Roi applaudit à cette observation, mais cela déplaît à la Reine.
Le 23 mai 1777
Il y a encore des vivacités entre l’Empereur et la Reine. Ils vont ensemble à la Comédie de la ville de Versailles, au retour, Marie-Antoinette évoque l’idée de se rendre le lendemain à la Comédie Italienne à Paris. Joseph observe que c’est un jour de jeûne, que le Roi ne dîne pas et qu’il serait mal de lui faire attendre trop tard son souper. Il ajoute à cela quelques raisons qui déplaisent à la Reine parce qu’elles sont dites en présence de deux dames du palais.
Le 27 mai 1777
La Reine participe à la chasse au sanglier du Roi dans la forêt de Marly.
Il y a encore une petite dispute entre le frère et la sœur en présence de Mercy ; il s’agit d’une bagatelle que la Reine désire et que Joseph conteste avec beaucoup de rigidité. Cette bagatelle entraîne une autre proposition de la part de l’Empereur : s’il avait été le mari de sa sœur, il aurait su diriger Ses volontés et les faire naître dans la forme où il les aurait voulu. Le vrai sens de ce propos n’est pas compris par la Reine. Elle y voit le projet de La dominer et cela La mortifie. Mercy apporte de la gaieté dans la conversation afin d’apaiser le ton de l’échange , puis il reste seul avec la Reine pour lui expliquer les paroles de Joseph, ce qui La calme.
Puis Joseph discute près de deux heures avec Louis XVI à propos du gouvernement de la France, du génie de la nation. Le Roi parle ensuite de son grand désir d’avoir des enfants et s’étend sur les conséquences importantes attachées à ce bonheur. Il s’exprime sur la Reine avec un épanchement de tendresse et relève avec satisfaction toutes Ses qualités charmantes.
Le 30 mai 1777
L’Empereur part ce soir, vraisemblablement au regret de tous les Français capables de sentir ses vertus et ses rares qualités personnelles.
Les adieux entre l’Empereur, le Roi et sa famille sont des plus tendres, mais ceux entre le frère et la sœur font verser des larmes. Joseph II passe un quart d’heure dans le cabinet de la Reine, seul avec Elle, et en le reconduisant, Marie-Antoinette sanglote, et lui fait des efforts pour cacher son émotion, non moins vive. Louis XVI lui a fait de superbes présents de tapisseries des Gobelins, de porcelaines…
Monsieur par le 10 juin et trouvera l’Empereur à Toulon. Ces deux princes ont d’abord été réservés l’un pour l’autre, mais depuis peu ils se sont rapprochés. Monsieur a de grandes qualités plus analogues au caractère de l’Empereur, que celles plus brillantes qu’heureuses du comte d’Artois.
En partant, Joseph promet à la famille royale qu’il reviendrait lui faire une visite l’année prochaine…
En Juin 1777
Fouilles de terrain sur l’emplacement du Temple de l’Amour.
Le 1er juin 1777
La Reine passe la journée à Trianon accompagnée des seules Mesdames de Lamballe et de Polignac.
Le 2 juin 1777
Départ de Versailles de Joseph II qui va visiter la France.
Le 4 juin 1777
« L’empereur, un moment avant son départ, m’a dit qu’il avait prié la Reine de me montrer les conseils qu’il lui a laissés par écrit. La Reine m’en a parlé le même jour et m’a paru frappée de l’instance avec laquelle son frère lui avait recommandé de me (les) communiquer. Elle ne m’en a pas reparlé depuis, et je n’en ai encore vu que la partie que l’empereur m’a montrée.»
Vermond à Mercy
Le 9 juin 1777
« Avec cela sa situation avec le Roi est singulière, il n’est son mari qu’à deux tiers, et puis, quoiqu’il l’aime, il la craint davantage, et notre sœur a plus le crédit d’une maîtresse que celui qu’une épouse devrait avoir, car elle le mène de force à des choses qu’il ne voudrait pas même. Cet homme est un peu faible, mais point imbécile, il a des notions, il a du jugement, mais c’est une apathie de corps comme d’esprit. Il fait des conversations raisonnables, il n’a aucun goût de s’instruire ni curiosité, enfin il n’est impuissant ni de corps ni d’esprit, mais le fiat lux n’est pas venu, la matière est encore en globe. Imaginez que dans son lit conjugal voici le secret : il a des érections fortes, bien conditionnées ; il introduit le membre, reste là sans se remuer deux minutes peut-être, se retire sans jamais décharger, toujours bandant, et souhaite le bonsoir. Cela ne se comprend pas, car avec cela il a parfois des pollutions nocturnes, mais en place ni en faisant l’œuvre jamais ; et il est content, disant tout bonnement qu’il ne faisait cela que par devoir et qu’il n’y avait aucun goût. Ah ! si j’aurais pu être présent une fois, je l’aurais bien arrangé ! Il faudrait le fouetter pour le faire décharger de colère comme les ânes. Ma sœur avec cela a peu de tempérament, et ils sont là deux francs maladroits ensemble. Voilà à peu près la situation des choses.»
Joseph II à son frère Léopold, grand-duc de Toscane
Le 18 juin 1777
Souper et spectacle à Trianon.
Le 29 juin 1777
Marie-Antoinette a Ses règles.
Necker devient directeur général des Finances.
Le 9 juillet 1777
Marie-Antoinette est malade. Mercy note que «la Reine, par un temps froid et humide, ayant voulu se promener à cheval, rentr(e) peu de temps après avec un frisson qui (est) suivi de mal de tête qui dur(e) neuf heures, et qui marqu(e) l’existence d’une fièvre tierce dont cependant les symptômes n’ont rien d’inquiétant.»
Mercy ajoute que «depuis que la Reine a été menacée de la fièvre, le Roi n’a plus passé les nuits chez elle, mais il y va les après-midi, et je sais à n’en pouvoir douter que la consommation du mariage a été plus avancée que dans aucun autre temps. Malgré cela, il est de la plus grande conséquence que la Reine ne laisse pas prendre au Roi l’habitude de faire lit à part. J’ai insinué là-dessus tout ce qu’il m’était permis de lire, et j’ai engagé le premier médecin Lassonne, ainsi que l’abbé de Vermond, à parler de cet article avec toute la force nécessaire à persuader la Reine.»
Le 24 juillet 1777
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 27 juillet au 3 août 1777
La Cour est au château de Choisy.
Le 15 août 1777
Marie-Antoinette s’est remise des menaces réitérées d’une fièvre tierce. Il faut cependant qu’Elle s’assujettisse à un régime car quelques indices d’obstruction à la rate et une tendance à engendrer des humeurs glaireuses ont décidé Son premier médecin à Lui prescrire l’usage de certaines pilules d’ipécacuanha, et des bains. Il Lui autorise toujours les promenades et Ses amusements ordinaires. Le Roi revient passer la nuit chez la Reine mais ce n’est pas sans interruption, et avec cette habitude constante sur laquelle Mercy insiste toujours comme point le plus essentiel à maintenir.
Le 18 août 1777
Plus de sept ans après la célébration de leurs noces, le Roi et la Reine de France consomment enfin leur mariage (entre dix et onze heures du matin, après le bain de la Reine).
Le docteur Lassone, d’abord, l’ambassadeur Mercy, l’abbé de Vermond et l’Impératrice Marie-Thérèse ensuite sont tenus au courant par Marie-Antoinette Elle-même de ce grand événement dans Sa vie de couple.
En août 1777
« La Reine donne toujours les preuves d’une familiarité que certains esprits chagrins réprouvent. L’autre jour , à Choisy, ayant admiré les plumes qui ornaient la tête d’une danseuse, elle en a accepté une dont elle s’est parée sans façons.»
Henriette Campan
Septembre 1777
Commencement de la construction du Temple de l’Amour.
Le 3 septembre 1777
L’inauguration du jardin anglais au Petit Trianon
Cette fête dure tout le jour.
« Le parc représent(e) une foire : les dames de la cour (sont) les marchandes, la Reine tenait un café comme limonadière ; il y (a) des théâtres et des parades çà et là. »
D’après les mémoires de dépenses, on a figuré sur la pelouse, au moyen de planches et de châssis, une place publique avec des bornes et des fontaines placées dans des niches : on y voit des boutiques de boulanger, charcutier, rôtisseur et pâtissier. Ailleurs, une guinguette est entourée de vingt et un berceaux de treillage, chacun d’eux portant le nom d’une maison royale sur un écriteau. Plus loin, on rencontre un théâtre en plein vent, à la façade ornée de motifs d’architecture. Sur un autre point, c’est un cabinet de Cornus dont la devanture offrait diverses inscriptions. Des guirlandes de fleurs relient entre elles toutes ces fabriques, et au milieu du jardin, sur un socle peint en marbre rouge, s’élève un pavillon d’où l’on embrasse l’ensemble de la décoration. Le soir, le jardin est éclairé par 2600 lumières colorées. A l’extérieur, « les avenues du château (sont) bordées de boutiques de marchands de Paris qu’on (a) engagés à venir et à chacun desquels on (paie) quatre louis pour ses faux frais. »
Carlin, le célèbre arlequin de la comédie italienne, et Dugazon, de la comédie française, cachés dans des carcasses d’osier en forme de pie et de dindon, font une parade dans la boutique d’un oiseleur. Sur le théâtre improvisé, on représente des proverbes entremêlés de couplets, l’opéra-comique des Sabots et un ballet grotesque, les Meuniers, où l’on voit figurer un homme habillé en femme, un président, un commissaire, des meuniers, des savoyards et des paysans allemands. Enfin, au jeu de bague, entouré pour la circonstance d’un amphithéâtre de gradins, sur lesquels on a peint quarante vases de porcelaine garnis de fleurs, il y eut une fête chinoise, à laquelle les musiciens des gardes françaises, travestis en chinois, prêtèrent leur concours.Le Petit Trianon : histoire et description de Gustave Adolphe Desjardins
Le 3 septembre 1777
Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de seize jours.
Souper, illumination et spectacle à Trianon.
Les 24 et 25 septembre 1777
La Cour est au château de Choisy.
Le 28 septembre 1777
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 3 au 9 octobre 1777
La Cour est au château de Choisy.
Le 5 octobre 1777
Louis XVI note :
« J’ai donné à la reine pour le quatrième paiement de Boehmer : 15 580 Livres»
Du 9 octobre au 15 novembre 1777
Séjour de la Cour à Fontainebleau.
Le 23 octobre 1777
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 15 au 17 novembre 1777
Le Roi est au château de Choisy.
Le 17 novembre 1777
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 18 novembre 1777
Louis XVI et Marie-Antoinette inaugurent le théâtre Montansier de Versailles.
Le 18 décembre 1777
Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de huit jours.
Le 14 janvier 1778
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 24 janvier 1778
Naissance du duc de Berry, second fils du comte et de la comtesse d’Artois.
En février 1778
« Un événement, tout simple en lui-même, attira des soupçons fâcheux sur la conduite de la Reine. Elle partit un soir avec la duchesse de Luynes, dame du palais : sa voiture cassa à l’entrée de Paris. Il fallut descendre ; la duchesse la fit entrer dans une boutique, tandis qu’un valet de pied fit avancer un fiacre. On était masqué, et en sachant garder le silence, l’événement n’aurait même pas été connu, mais aller en fiacre est pour une reine une aventure si bizarre, qu’à peine entrée dans la salle de l’Opéra, elle ne put s’empêcher de dire à quelques personnes qu’elle y rencontra :
» C’est moi en fiacre, n’est-ce pas bien plaisant ? »
De ce moment tout Paris fut instruit de l’aventure du fiacre : on dit que tout avait été mystère dans cette aventure de nuit ; que la reine avait donné un rendez-vous, dans une maison particulière, à un seigneur honoré de ses bontés ; on nommait hautement le duc de Coigny, à la vérité très bien vu à la cour, mais autant par le roi que par la reine.
Une fois que ces idées de galanterie furent éveillées, il n’y eut plus de bornes à toutes les sottes préventions désagréables du jour, encore moins aux calomnies qui circulaient à Paris sur le compte de la reine : si elle avait parlé à la chasse ou au jeu, à MM. Edouard de Dillon, de Lambertye, ou à d’autres dont les noms ne me sont pas présents, c’étaient autant d’amants favorisés. Paris ignorait que tous ces jeunes gens n’étaient pas admis dans l’intérieur de la reine, et n’avaient pas même le droit de s’y présenter ; mais la reine allait déguisée à Paris, elle s’y était servie d’un fiacre ; une légèreté porte malheureusement à en soupçonner d’autres, et la méchanceté ne manque pas de supposer ce qui ne peut même pas avoir lieu.»Henriette Campan
Le 6 février 1778
La France reconnaît les États-Unis d’Amérique.
Le 8 février 1778
Marie-Antoinette a Ses règles.
En mars 1778
Commencement de la construction du Belvédère de Trianon.
Louis XVI reçoit à Versailles une délégation américaine avec, à sa tête, Benjamin Franklin.
Le 3 mars 1778
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 19 mars 1778
Conception de Madame Royale à Fontainebleau en fin de matinée, après le bain de Marie-Antoinette.
Du 17 mai au 6 juin 1778
Séjour de Marie-Antoinette à Marly :
« Un matin, à Marly, j’ai rencontré la reine Marie-Antoinette qui se promenait avec plusieurs dames de sa Cour. Toutes étaient en robes blanches, et si jeunes, si jolies, qu’elles me firent l’effet d’une apparition.»
Mémoires d’Elisabeth Vigée Le Brun
Fêtes offertes par Louis XVI pour la grossesse de la Reine au château de Marly.
Durant le séjour de la Cour à Marly , Marie-Antoinette fait une nouvelle dérogation à l’Étiquette. Elle a reçu à souper trois épouses de ministres : la comtesse de Maurepas, madame de Sartines et Madame Amelot. La comtesse de Maurepas est si enchantée de cet honneur, refusé jusqu’ici, aux femmes de ministres, qu’elle a mangé tout ce qui lui a occasionné une violente indigestion.
Juin 1778
Fouilles de terrain sur l’emplacement de la nouvelle salle de comédie de Trianon.
« L’été de 1778 fut extrêmement chaud : juillet et août se passèrent sans que l’air eût été rafraîchi par un seul orage. La Reine, incommodée par sa grossesse, passait les jours entiers dans ses appartements fermés et ne pouvait s’endormir qu’après avoir respiré l’air frais de la nuit, en se promenant, avec les princesses et ses frères, sur la terrasse au-dessous de son appartement. Ces promenades ne firent d’abord aucune sensation ; mais on eut l’idée de jouir, pendant ces belles nuits d’été, de l’effet d’une musique à vent. Les musiciens de la chapelle eurent l’ordre d’exécuter des morceaux de ce genre, sur un gradin que l’on fit construire au milieu du parterre. La Reine, assise sur un des bancs de la terrasse, avec la totalité de la famille royale, à l’exception du Roi qui n’y parut que deux fois, n’aimant point à déranger l’heure de son coucher, jouissait de l’effet de cette musique. Rien de plus innocent que ces promenades, dont bientôt Paris, la France, et même l’Europe, furent occupés de la manière la plus offensante pour Marie-Antoinette.»
Des habitants de Versailles et des soldats voulurent jouir de ces sérénades et il y eut foule depuis onze heures du soir jusqu’à deux et trois heures du matin. Des hommes s’adressèrent à la Reine et leurs «conversations » furent révélées, déformées et calomniées. Quelques femmes inconsidérées osèrent s’éloigner et descendre dans le bas du parc mais la Reine, Madame et madame la comtesse d’Artois se tenaient par le bras et ne quittaient jamais la terrasse. Vêtues de robes de percale blanche avec de grands chapeaux de paille et des voiles de mousseline, lorsque les princesses étaient assises sur les bancs, on les remarquait difficilement ; debout, leurs tailles différentes les faisaient toujours reconnaître et l’on se rangeait pour les laisser passer.
Le 13 juillet 1778
Le Temple de l’Amour est achevé.
Le 31 juillet
à dix heures et demie du soir
L’enfant royal donne son premier mouvement dans le ventre de sa mère…
Le 25 août 1778
Retour de Fersen à Versailles après un long séjour en Angleterre et en Scandinavie. La Reine le reçoit à la Cour:
« C’est une vieille connaissance!»
Images de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy
Du 20 au 27 septembre 1778
Séjour de la Cour au château de Choisy
Les 5 et 6 octobre 1778
La Cour est à Fontainebleau.
Du 7 au 28 octobre 1778
Séjour de la Cour au château de Marly où ont lieu de nombreuses fêtes offertes par Louis XVI pour la grossesse de la Reine.
Madame Elisabeth est de tous les voyages. Mesdames Tantes ne sont plus mentionnées lors des séjours pour Marly, préférant leur château de Bellevue.
Pendant ce séjour, un rouleau de louis faux a été substitué à un rouleau de louis véritable lors du jeu. Quelques dames de la Cour sont soupçonnées. Madame dit aux deux banquiers de la Reine, Messieurs de Chalabre et Poinsot, qu’on les « friponne ». Ils lui répondent qu’ils ne s’en sont pas aperçus, alors que ce n’est pas le cas mais ils n’osent pas le manifester.
Le 18 décembre 1778,
vers minuit
La Reine ressent les premières douleurs et fait appeler Son mari à une heure et demie. Pendant ce temps, madame de Lamballe, surintendante de Sa maison, court avertir la famille royale. Lorsque les douleurs La reprennent, avec violence, Marie-Antoinette s’installe dans un petit lit de travail dressé exprès près de la cheminée.

Les courtisans, massés dans l’antichambre de la Reine et le cabinet du Roi, sont si nombreux qu’ils se répandent jusque dans la galerie des Glaces. Tous trépignent d’impatience. Lorsqu’on ouvre enfin les portes, ils s’élancent dans les appartements de la Reine et s’agglutinent jusqu’à Son lit. Même du temps de Louis XIV, on n’avait jamais vu une foule si dense ! La pauvre souveraine croit mourir, et serre les dents pour ne pas donner à ces yeux scrutateurs le spectacle de Sa souffrance.
La naissance est un supplice. Un instant, on croit que l’enfant est mort, mais des vagissements se font entendre : il vit. La Reine n’a pas le temps de s’en réjouir. Elle n’en peut plus. La tension, l’émotion, l’atmosphère confinée et étouffante, le vacarme des courtisans, le travail éreintant de douze heures… Elle est prise d’une convulsion et s’évanouit. Terreur du médecin. Il faut La saigner pour La réanimer et reprendre les suites naturelles de l’accouchement !
Marie-Antoinette n’apprend que plus tard qu’elle a donné le jour à une fille, et pleure abondamment.
Marie-Antoinette vient de donner naissance à Marie-Thérèse Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant sera surnommée «Mousseline» par la Reine.
Si elle n’est pas le Dauphin désiré, elle rassure sur la fertilité du couple royal et elle est très aimée de ses parents.
Le 15 janvier 1779
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 7 au 9 février 1779
La Cour est au château de La Muette.
Le 15 février 1779
Marie-Antoinette a une entrevue avec le général La Fayette dans son hôtel de Noailles.
Le 5 mars 1779
Louis XVI et Marie-Antoinette se rendent à Notre-Dame de Paris pour une messe célébrant la naissance de Madame Royale ( vingt-huit carrosses y amènent le gotha de la Cour).
Le 9 février 1779
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 6 mars 1779
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 31 mars au 12 avril 1779
Marie-Antoinette attrape une rougeole très douloureuse, cause de violents maux de gorge et d’aphtes. Elle a ses règles.
La Reine est confinée dans Ses appartements du château.
Du 12 avril au 21 avril 1779
Marie-Antoinette se retire à Trianon pour sa convalescence. C’est la première fois qu’Elle y dort. Elle est toujours susceptible d’être contagieuse aux yeux du temps et doit donc préserver Sa petite fille et Son mari.
Elle est alors veillée par le comte d’Esterházy (1740-1805), le baron de Besenval (1721-1791) et les ducs de Coigny (1737-1821) et de Guînes (1735-1806).
« Les trois semaines que nous passâmes à Trianon furent très agréables, uniquement occupés de la santé et de l’amusement de la reine, de petites fêtes simples dans un lieu charmant , des promenades en calèches ou sur l’eau. Point d’intrigues, point d’affaires, points de gros jeux. Seule la magnificence qui y régnait pouvait faire soupçonner qu’on était à la cour.»
Valentin Ladislas, comte d’Esterházy
Des hommes en tant que garde-malades étaient alors indispensables puisque la rougeole pouvait entraîner de graves conséquences sur les dames potentiellement enceintes. Les moyens de contraception n’existaient pas encore et donc toutes ses dames du palais en âge de procréer pouvaient être enceintes. De plus, dans ces situations de maladies contagieuses à risque pour les femmes, Marie Leszczyńska agissait de même et personne ne trouvait rien à redire…
Mais outre ces garde-malades qui font scandale, la Reine est aussi veillée par Monsieur, Madame, le comte d’Artois et la princesse de Lamballe. Madame de Polignac manque à l’appel car atteinte de rougeole elle-aussi. La maison entière de la souveraine s’est établie au Grand Trianon et Marie-Antoinette doit recevoir quelques instants ses dames d’honneur et d’atours. Seules les dames du palais ne sont pas conviées. Il faut dire aussi qu’il s’agit d’une maladie qui peut être d’une extrême gravité pour les femmes enceintes. Or beaucoup d’entre elles, jeunes mariées, sont susceptibles de l’être.
En 1779
Marie-Antoinette, accablée par de douloureux maux de tête, rechigne à prendre Ses médicaments dont le goût La révulse….
Le pharmacien Sulpice Debauve (1757-1836) décide donc d’innover, il mélange le remède à du beurre de cacao. Cette savoureuse invention comble Marie-Antoinette qui baptise ces médaillons en chocolat en Pistoles.
Après le titre de chocolatier officiel de Louis XVI, Sulpice Debauve obtient le brevet de Chocolats du Premier Consul Napoléon Bonaparte, et en 1800, Il s’associe à son neveu, Jean-Baptiste Auguste Gallais, pour créer la Maison qui portera leurs deux noms.
Du 25 avril au 22 mai 1779
Séjour à Marly.
Les dames de la Cour sont jalouses de la duchesse de Villequier (1732-1799): Marie Antoinette n’ayant pu manger deux fois avec Louis XVI, pour occuper la place de cette dernière à côté de lui, il a nommé la duchesse de Villequier.
Louis XVI, dans un divertissement, ayant désiré voir le sieur Préville (1721-1799), comédien à la Comédie Française, celui-ci qui n’est pas dans cette habitude, a fait des efforts extraordinaires et s’est fait une entorse.
Le 26 avril 1779
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 17 au 19 mai 1779
Fêtes au château de Marly.
Le 21 mai 1779
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 21 mai 1779
Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 27 mai 1779
La Reine participe à la chasse au sanglier du Roi dans la forêt de Marly.
Les 1er, 11, 15 et 21 juin 1779
Soupers à Trianon
Mi-juin 1779
Marie-Antoinette fait une fausse-couche.
Le 14 juillet 1779
Marie-Antoinette a Ses règles peu abondantes et décolorées, (comme cela arrive parfois au premier terme d’une grossesse) avec un retard de vingt-neuf jours.
Le 9 septembre 1779
« La Reine a bien voulu se trouver au feu d’artifice exécuté par Griel dans la salle de bal. Elle s’y est rendue en simple particulière, y a assisté de même, et l’on a admiré sa bonté de souffrir qu’une foule de femmes et d’hommes vînt se mettre debout devant elle et lui masquer le spectacle, sans que l’avertissement plusieurs fois répété à ces indiscrets, qu’ils empêchaient Sa Majesté de voir, les ait engagés à se déranger.»
Bachaumont
Le 16 septembre 1779
Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de quatorze jours.

Du 5 au 10 octobre 1779
La Cour est au château de Choisy.
Le 11 octobre 1779
Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 15 au 31 octobre 1779
Séjour à Marly.
Le 23 octobre 1779
Madame Elisabeth part pour Choisy où elle doit se faire inoculer.
Le 5 novembre 1779
Dîner à Trianon.
Le 18 novembre 1779
Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de treize jours. On évoque une fausse couche…
Le 13 décembre 1779
Marie-Antoinette a Ses règles.
En 1780
Marie-Joséphine de Provence désire l’installation d’une petite salle-à-manger et d’un salon en hémicycle contigu pour servir au jeu et au billard nécessaire aux soupers qu’elle offre chaque soir à la famille royale . Cette salle-à-manger destinée aux « soupers des petits cabinets »- soupers intimes sans domestiques dont a parlé Pierre de Nolhac dans ses ouvrages – est installée dans les anciennes pièces de service de la Dauphine détruites situées sous le cabinet doré de la Reine, là on a installé provisoirement un billard avant 1779. Cette salle-à-manger paraît bien étroite car toute la famille royale est conviée par la princesse : à savoir le Roi, la Reine, Monsieur, le comte et la comtesse d’Artois, les trois Mesdames tantes et Madame Elisabeth quand elle sera en âge. Cette petite pièce ouvrant par une fenêtre sur la cour intérieure de la Reine, appelée dès lors « cour de Monsieur », est donc prolongée sur l’appentis, pris sur l’ancien oratoire de la Dauphine, sous la terrasse du cabinet doré de la Reine.
Chacun, sauf le Roi, apporte son repas qui est placé par le service sur des plats posés sur une grande table ovale dressée dans la seconde chambre de Madame. Les serviteurs se retirent alors et chaque convive compose son repas en se servant soi-même et en prenant assiettes et argenterie qui ont été placées sur des servantes. Là, on raconte les commérages de Cour, on discute les intérêts de famille, on est fort à son aise et souvent fort gai, car, une fois séparés des entours qui les obsédent, ces princes, il faut le dire, sont les meilleures gens du monde. Après le souper, chacun se sépare.
Le 7 janvier 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 7 au 9 février 1780
La Cour est au château de La Muette.
Le 13 février 1780
Présentation à la Cour de Versailles du prince héréditaire Georges Guillaume de Hesse Darmstadt, frère du landgrave Louis IX de Hesse, voyageant incognito en France sous le nom de comte d’Epstein.
Le séjour est ponctué de réceptions quasi officielles malgré l’anonymat des illustres visiteurs et d’invitations plus ou moins privées, notamment à Trianon chez la Reine.
La Reine a la joie de recevoir la visite des princes de Hesse : Elle avait grandi avec les princesses Louise et Charlotte :
« Nous avons ici un grand nombre de princes de Hesse, écrit la reine à sa mère, le 15 février. Le prince Georges y est avec tout sa famille : sa femme ( née princesse Louise de Leiningen ), son second fils (le prince Georges) , son gendre ( le prince héréditaire de Hesse futur landgrave Louis X de Hesse ), ses deux filles ( la princesse Louise Gabrielle de Hesse, future landgravine de Hesse Darmstadt et la princesse Charlotte Wilhemine de Hesse, princesse de Mecklembourg Streliz ) et sa belle-sœur. Je compte que les quatre femmes viendront à un de mes jours de cette semaine, me voir, pour les deux princes ils sont déjà venus. Le fils du prince Georges surtout réussit très bien ici. Il est très aimable. Pour le pauvre père, il est malade depuis qu’il est à Paris. »
Lettres conservées dans les archives de la famille de Hesse, publiées par Evelyne Lever
Le 26 février 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Au printemps de 1780
« Marie-Antoinette ordonne des agrandissements dans les communs du Petit Trianon. L’enceinte de ces dépendances, sous Louis XV a la même étendue qu’aujourd’hui, mais les bâtiments n’en occupent que la moitié. Les cuisines et offices donnent du côté du jardin ; et, sur le devant, il n’existe qu’un corps de logis destiné au logement du Suisse, à gauche de la porte cochère qui donne entrée dans la cour des cuisines ; tout le reste, vers le salon frais, est occupé par des potagers. Mique propose de supprimer ces derniers et d’élever des constructions à la place. D’après son plan les communs se trouvent divisés en trois parties :
1. Un premier groupe près du château, comprenant la chapelle, la sacristie, le corps de garde des ouvriers pompiers, et le logement du suisse ;
2. Les cuisines et offices dans une cour allongée avec le garde-meuble et l’appartement du concierge ;
3. Dans la portion la plus éloignée de l’habitation, des écuries pour les chevaux de la Reine et des remises.»
« Petit Trianon, histoire et description » Gustave Desjardins
Le 22 mars 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 15 avril 1780
Fin du séjour des princes de Hesse
Pendant ces mois, Marie-Antoinette, en excellente hôtesse et amie sincère, multipliera pour divertir Ses invitées, des bals, des réceptions, plusieurs promenades, des visites à Trianon et à Marly, les accompagne pour faire des courses dans les magasins à la mode de Paris, les conseille, en femme élégante au gout assuré, par des billets – qui sont conservés les archives de la Maison de Hesse – dans leurs achats de toilettes et le choix de leurs tenues .
Le 16 avril 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 25 avril au 22 mai 1780
La Cour est au château de Marly.
Le 29 avril 1780
Dîner à Trianon pour la famille de Darmstadt.
En mai 1780
Quelques spectacles intimes.
Le 11 mai 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 16 mai 1780
« La reine est une très belle femme, un très beau teint, et elle est en effet belle ; elle était habillée très élégamment, elle portait un corset et un jupon vert clair recouvert d’une taille argent transparente, jupon et mains pliées, arrangé à différents endroits, de grands bouquets de roses, un surprise grand bouquet de fleurs de lilas blancs, avec gaze, plumes, rubans et diamants mélangés entre cheveux. Son cou était complètement découvert et orné d’une fine chaîne en diamant, dont elle avait aussi de beaux bracelets ; elle était sans gants, je suppose pour montrer ses mains et ses bras, qui sont sans doute les plus blancs et les plus beaux que j’aie jamais vus. »
Eliza Capot, comtesse de Feuillide, née Hancock à sa cousine Phylly Walter
Le 1er juin 1780
Le petit théâtre de Trianon est inauguré avec le Roi et le Fermier et La Gageure imprévue de Michel-Jean Sedaine (1719-1797). Illuminations.
C’est le début des représentations privées dans lesquelles la Reine joue souvent l’un des premiers rôles.
Le 5 juin 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Fin juin 1780
La pièce située au-dessus du boudoir de Trianon devient une bibliothèque.
Le 30 juin 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 1er juillet 1780
Début de la construction de la grotte, œuvre de l’architecte Richard Mique (1728-1794), probablement achevée à la fin du mois d’août.
L’Archiduc Maximilien, frère de Marie-Antoinette, devient archevêque de Münster et prince électeur de Cologne grâce en partie à l’appui de la France.
La Reine se réjouit de cette union entre Ses deux patries.
Le 1er août 1780
Spectacle à Trianon : La Gageure imprévue de Sedaine et Le Roi et le Fermier de Sedaine et Monsigny.
Le 9 août 1780
Marie-Antoinette a Ses règles avec quinze jours de retard.
Le 10 août 1780
Spectacle à Trianon : On ne s’avise jamais de tout de Sedaine et Monsigny et les Fausses Infidélités de Barthe.
Septembre-octobre 1780
Construction du corridor de tentes reliant le Jeu de Bague à la salle de comédie. Il sert pour la première fois pour le spectacle du 12 octobre.
Le 3 septembre 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 6 septembre 1780
Spectacle à Trianon : L’Anglais à Bordeaux de Farvart et Le Sorcier de Poinsinet et Philidor.
Le 13 septembre 1780
Promenade de deux heures de Marie-Antoinette à Marly.
Du 10 au 20 septembre 1780
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 19 septembre 1780
Spectacle à Trianon : Rose et Colas de Sedaine et Monsigny puis Marie-Antoinette joue en costume Le Devin du Village de Jean-Jacques Rousseau pour une poignée d’intimes sélectionnés avec soin.
Richard Todd et Michèle Morgan dans le film de Jean Delannoy (1956)
Le 20 septembre 1780
Jules de Polignac est élevé au rang de duc héréditaire de Polignac. La comtesse de Polignac devient ainsi duchesse.
Le 28 septembre 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Du 10 au 12 octobre 1780
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 12 octobre 1780
Spectacle à Trianon : Le Devin du village et Le Roi et le Fermier.
Du 13 au 31 octobre 1780
Séjour de la Cour à Marly.
Le comte de Maurepas, chef du conseil royal des finances, étant fort tourmenté par la goutte, n’est pas du voyage de Marly ; son séjour à Paris y conduit quelques fois Louis XVI.
Le 23 octobre 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 17 novembre 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 29 novembre 1780
Mort de l’Impératrice Marie-Thérèse après une courte maladie.
La nouvelle du décès de Marie-Thérèse n’arrive à Versailles que le 6 décembre 1780 :
« La douleur de la reine fut telle qu’on devait la prévoir et la craindre. Une heure après avoir appris cet événement, elle prit le deuil de respect, en attendant que le deuil de Cour fût prêt ; elle resta enfermée dans ses cabinets pendant plusieurs jours, ne sortit que pour entendre la messe, ne vit que la famille royale et ne reçut que la princesse de Lamballe ou la duchesse de Polignac. Elle ne cessait de parler du courage, des malheurs, des succès et des pieuses vertus de sa mère.»
Madame Campan
C’est pour Marie-Antoinette, «le plus affreux malheur».
Joseph II est désormais seul à la tête de l’Empire.
Le 10 décembre 1780
La Reine de France écrit à l’Empereur, en lui demandant de prendre soin de Ses sœurs restées en Autriche, les Archiduchesses Marie-Anne, Marie-Christine et Marie-Elisabeth :
« Il ne me reste qu’à vous recommander mes sœurs. Elles ont encore plus perdu que moi. Elles seraient bien malheureuses.»
Marie-Antoinette
Le 12 décembre 1780
Marie-Antoinette a Ses règles.
Augmentation des communs et construction du corridor du Jeu de Bague: on complète l’ensemble par une petite galerie semi-circulaire en treillage, surmontée d’un toit de pagode chinoise en écailles de poissons, avec des dragons aux angles, des dauphins sur les arêtes, des girouettes au sommet. Des guirlandes, des glands, des clochettes pendent de toutes parts. Les couleurs sont les plus éclatantes et dont le salon central ovale est meublé de douze bancs de bois peint avec des dossiers à entrelacs chinois, pour le confort des spectateurs.
Le 6 janvier 1781
Marie-Antoinette a Ses règles.
Le 15 janvier 1781
Décès de la marraine de Marie-Antoinette, Marie-Anne d’Espagne, Reine du Portugal (1717-1781), qui avait été fiancée à Louis XV en 1721, mais fut renvoyée à Madrid en 1725, l’avenir de la dynastie royale française ne pouvant attendre qu’elle soit nubile. En 1729 elle a épousé Joseph Ier du Portugal (1714-1777), et a été régente de Portugal à partir de 1776 lorsque la santé de son époux ne lui permit plus d’exercer le pouvoir.
Le 20 janvier 1781
Conception de Louis-Joseph.
Le 28 février 1781
« Je crois, ma chère sœur, que vous vous frappez beaucoup trop de la franc-maçonnerie pour ce qui regarde la France.
Elle est loin d’avoir ici l’importance qu’elle peut avoir en d’autres parties de l’Europe, par la raison que tout le monde en est. Ce n’est qu’une société de bienfaisance et de plaisir ; on y mange beaucoup, et l’on y parle, et l’on y chante…
Ce n’est nullement une société d’athées déclarés, puisque Dieu y est dans toutes les bouches ; on y fait beaucoup de charités. La princesse de Lamballe m’a raconté toutes les jolies choses qu’on lui a dites, mais on y a vidé plus de verres encore qu’on y a chanté de couplets.»Lettre de Marie-Antoinette à Sa sœur Marie-Christine
L’époux de Marie-Christine, Albert de Saxe Teschen, est d’ailleurs lui-même franc-maçon.
Le 4 avril 1781
Promenade à Marly de Marie-Antoinette en compagnie de Madame Elisabeth pour se rendre compte de l’état d’avancement des travaux de Ses appartements.
Du 22 avril au 20 mai 1781
Séjour à Marly.
Le 19 mai 1781
Jacques Necker démissionne. Après l’échec de Turgot, on attendait des miracles de cet étranger, ancien commis de banque et protestant de surcroît. Mais comment assainir les finances de l’État sans s’attirer la haine des parlements, des courtisans et… du Roi ?
C’est sur ce regret vertueux que Necker, directeur général des Finances, prend congé de Louis XVI.
On accuse la Reine d’être responsable de la démission de Necker et de la faillite de l’Etat. C’est faux, bien entendu, Ses dépenses s’élevant tout au plus à 8% des revenus royaux.
Toujours est-il qu’Elle devient Madame Déficit.
Le 31 mai 1781
Le Belvédère est achevé.
Du 25 au 30 juin 1781
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 27 juin 1781
Spectacle à Trianon : La Fête d’amour de Favart et Chevalier et Jérôme et Fanchonnette de Vadé.
Le 29 juin 1781
Spectacle à Trianon.
Du 15 juillet au 2 août 1781
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 20 juillet 1781
Spectacle à Trianon : La Petite Iphigénie de Favart et Voisenon.
Le 26 juillet 1781
Spectacle à Trianon : Les Deux Porteurs de chaise de Piis, Barré et Chardin et illumination en l’honneur de Monsieur, frère du Roi.
Du 29 juillet au 5 août 1781
Nouveau séjour de Joseph II à Versailles.
Il arrive de très bon matin à l’ambassade d’Autriche, Mercy le conduit à l’hôtel de Valois où il logera. Les matelas, les lits de plume, les coussins qu’ont avaient préparés pour lui sont bientôt retirés par son ordre. Après trois heures de repos, il se drape de son incognito et accompagné d’une seule personne, il monte dans un carrosse de place pour aller visiter l’église Sainte-Geneviève, dont il a vu avec plaisir les progrès, autant qu’il a désapprouvé la destruction du jardin du Luxembourg où il s’est ensuite fait conduire.
En fin d’après-midi
Il change d’habit et de carrosse pour se rendre à Versailles, où il a considéré la tendresse du cœur de sa sœur si réjouie de le revoir.
Les deux premiers jours du séjours de l’Empereur se passent à l’intérieur du château, où le Roi et la Reine partagent avec lui tous les plaisirs réservés à une famille unie par les liens de l’amitié autant que par ceux du sang.
Le 31 juillet 1781
Le Roi part à midi pour Saint-Hubert. L’Empereur et sa sœur vont à Trianon d’où ils reviennent pour le retour du Roi.
Utilisant Trianon comme lieu de retraite, Marie-Antoinette ouvre parfois Son domaine à l’occasion de fêtes qu’Elle donne à Ses hôtes de passage. C’est le cas en 1781, lorsqu’Elle reçoit Son frère, l’Empereur Joseph II, de passage à Versailles. Au programme de cette fête du 1er août, une représentation d’Iphigénie en Tauride de Gluck sur la scène du théâtre que la Reine a inauguré l’année précédente, un souper et une illumination des jardins, agrémentée d’un concert champêtre. L’illumination est une reprise (avec un certain nombre d’améliorations) de celle que Marie-Antoinette avait offerte quelques jours plus tôt (le 26 juillet) à son beau-frère, le comte de Provence.
Le tableau de Châtelet illustre l’une ou l’autre de ces illuminations :
Lors de ce séjour, Joseph II aurait contracté une union morganatique avec une jeune comtesse qui mourut en couches. Sa sœur aurait fait élever l’enfant du mariage, Whilhemine , à Versailles, dans une petite maison du parc où la comtesse de Gramont avait logé auparavant ; la baronne d’Oberkirch qui en parle, dit que la fille de l’Empereur est le portrait même de sa tante… est-ce elle qu’on appellera la Comtesse des Ténèbres?
Le 1er août 1781
Fête donnée en l’honneur du comte de Falkenstein, souper, spectacle et illumination à Trianon.
Le 24 août 1781
La Cour vient à La Muette : la Reine désire se rapprocher de madame de Polignac qui doit faire ses couches.
« Après ce dîner, où l’on causa si bien, quoique ce fut un dîner, je fis plusieurs visites ; une en particulier à la duchesse de Polignac, l’amie de la reine; madame de Polignac, dis-je, née de Polastron, était l’amie de cœur de la reine qui en a fait depuis la gouvernante de ses enfants. La reine l’aimait, en effet, si tendrement, que, lorsqu’elle fit ses couches à Passy, Sa Majesté alla s’établir à la Muette, afin de la voir plus à son aise et plus souvent.»
Henriette d’Oberkirch
Du 5 au 16 septembre 1781
Séjour de la Cour au château de La Muette.
Lorsqu’il apprend que Marie-Antoinette attend un nouvel enfant, le Roi se souvient de l’enfer lors de la naissance de Madame Royale, et il refuse de Lui faire subir le même supplice. Il prend des libertés avec le protocole.
Le 22 octobre 1781
Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François.
a Reine a très bien passé la nuit, Elle sent quelques douleurs en s’éveillant, mais Elle se baigne malgré tout. Les douleurs reprennent à dix heures et demie.
Seuls les membres de la famille royale, quelques dames de la Maison de la Reine et le garde des Sceaux sont autorisés à pénétrer dans la chambre de la Reine. Que les autres patientent dans le salon voisin ! Louis XVI accepte de les laisser entrer au tout dernier moment, et encore, ils restent bloqués au fond de la pièce, pour que l’air puisse circuler correctement.
« La reine est accouchée d’un dauphin aujourd’hui à une heure vingt-cinq minutes après midi… On avertit Mme la duchesse de Polignac à onze heures et demie. Le roi était au moment de partir pour la chasse avec Monsieur et M. le comte d’Artois. Les carrosses étaient déjà montés, et plusieurs personnes parties. Le roi passa chez la reine ; il la trouva souffrante, quoiqu’elle n’en voulut pas convenir. Sa majesté contre-manda aussitôt la chasse. Les carrosses s’en allèrent. Ce fut le signal pour tout le monde de courir chez la reine, — les dames, la plupart dans le plus grand négligé, les hommes comme on était. Le roi cependant s’était habillé. Les portes des antichambres furent fermées, contre l’usage, pour ne pas embarrasser le service, ce qui a produit un bien infini. J’allai chez la duchesse de Polignac, elle était chez la reine ; mais j’y trouvai Mme la duchesse de Guiche, Mme de Polastron, Mme la comtesse de Grammont la jeune, Mme de Deux-Ponts et M. de Châlons. — Après un cruel quart d’heure, une femme de la reine tout échevelée, tout hors d’elle, entre et nous crie : « Un dauphin ! mais défense d’en parler encore. » Notre joie était trop grande pour être contenue. Nous nous précipitons hors de l’appartement, qui donne dans la salle des gardes de la reine. La première personne que j’y rencontre est Madame, qui courait chez la reine au grand galop. Je lui crie : « Un dauphin, madame ! quel bonheur ! » Ce n’était que l’effet du hasard et de mon excessive joie ; mais cela parut plaisant, et on le raconte de tant de manières que je crains bien que cela ne servira pas à me faire aimer par Madame.
L’antichambre de la reine était charmante à voir. La joie était au comble, toutes les têtes en étaient tournées. On voyait rire, pleurer alternativement des gens qui ne se connaissaient presque pas. Hommes et femmes sautaient au cou les uns des autres, et les gens les moins attachés à la reine étaient entraînés par la joie générale ; mais ce fut bien autre chose quand, une demi-heure après la naissance, les deux battants de la chambre de la reine s’ouvrirent, et qu’on annonça M. le dauphin. Mme de Guéménée, toute rayonnante de joie, le tint dans ses bras, et traversa dans son fauteuil les appartements pour le porter chez elle. Ce furent des acclamations et des battements de mains qui pénétrèrent dans la chambre de la reine et certainement jusque dans son cœur. C’était à qui toucherait l’enfant, la chaise même. On l’adorait, on la suivait en foule. Arrivé dans son appartement, un archevêque voulut qu’on le décorât d’abord du cordon bleu, mais le roi dit qu’il fallait qu’il fût chrétien premièrement. Le baptême s’est fait à trois heures après midi … »
Stedingk, ambassadeur de Suède en France, à Gustave III
La Reine se met sur Son lit de travail à une heure et un quart (juste à la montre de Louis XVI ) . L’accouchement ne dure que cinq quarts d’heure.
« On n’avait pas osé dire d’abord à la reine que c’était un dauphin, pour ne pas lui causer une émotion trop vive. Tout ce qui l’entourait se composait si bien que la reine, ne voyant autour d’elle que de la contrainte, crut que c’était une fille. Elle dit : « Vous voyez comme je suis raisonnable, je ne vous demande rien. » Le roi, voyant ses inquiétudes, crût qu’il était temps de l’en tirer. Il lui dit, les larmes aux yeux : « M. le dauphin demande d’entrer. » On lui apporta l’enfant, et ceux-qui ont été témoins de cette scène disent qu’ils n’ont jamais rien vu de plus touchant. Elle dit à Mme de Guéménée, qui prit l’enfant : « Prenez-le, il est à l’état ; mais aussi je reprends ma fille. » Il est temps que je finisse ce bulletin ; je demande très humblement pardon à votre majesté du désordre qui y règne. On me dit que le courrier part, et je n’ai pas le temps de le mettre au net. »
Stedingk, ambassadeur de Suède en France, à Gustave III
La naissance de Dauphin assoie Marie-Antoinette dans Sa situation pour laquelle on L’a mariée. Elle n’est plus seulement l’épouse du Roi (actuel), Elle est aussi la mère du prochain Roi.
Le 30 octobre 1781
Le Dauphin est venu au monde voici huit jours… Il pèse 13 livres et mesure 22 pouces de long.
Sa nourrice est une simple paysanne, bien fraîche, bien portante, nommée Geneviève Poitrine, et qui a eu le bonheur de l’emporter sur des femmes d’une naissance plus distinguée.
En novembre 1781
Les mémoires des fournisseurs témoignent que trente-et-un habits pour monter à cheval sont livrés à la Reine (Marguerite Jallut).
Décembre 1781
Commencement des travaux du corridor du jeu de bague.
Du 20 au 23 janvier 1782
La Cour est au château de La Muette.
Fin janvier 1782
Marie-Antoinette tombe de cheval ce qui provoque une fausse couche. La Reine souffre d’une jambe… Elle déclare un érysipèle qui rend une de Ses joues quelque temps cramoisie…
Cette mauvaise jambe La fera toujours boiter…
Le 2 mars 1782
Mort de Madame Sophie, tante de Louis XVI.
Du 3 au 6 mars 1782
Séjour à Marly de Mesdames Tantes, en deuil de leur sœur, Madame Sophie.
La famille royale vient régulièrement leur rendre visite.
Début d’année 1782
La Reine se coince le pouce droit dans une porte ce qui L’empêche d’écrire pendant plusieurs jours.
En 1782
Fontaine à parfum, paire de perroquets et paire d’aiguières de Marie-Antoinette
( aujourd’hui au Louvre)
( texte et photographies de Christophe Duarte – Versailles passion )
Achetés en 1782 par la Reine pour Sa collection personnelle, cet ensemble orne le Cabinet Doré. La fontaine à parfum de Marie-Antoinette est un objet d’art composite associant cinq pièces en porcelaine de Chine turquoise d’époque Kangxi (1662-1722). Une petite urne couverte gaufrée d’un léger motif de fleurs et fruits, transformée en fontaine avec un robinet, est soutenue sur un brancard par deux lions bouddhiques muselés ou «chiens de Fô», dont le mâle a perdu sa boule de brocard et reçu en remplacement une boule d’agate.
Le tout est posé, comme la petite cuvette sur trépied, sur un plateau rond probablement plus grand à l’origine, agrémenté d’une bordure en bronze à motifs de congélations et pattes de lion. Les couleurs profondes mais lumineuses de la porcelaine émaillée contrastent subtilement avec le bronze ciselé et doré, pour faire de cette fontaine un objet d’art unique empreint de charme et d’exotisme.
Le 17 mars 1782
La baronnie de Fenestrange est accordée au duc Jules de Polignac …
Images de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy
En avril 1782
Madame Campan, dans ses Mémoires, raconte qu’elle a lu à Louis XVI et Marie-Antoinette Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais … Catastrophe ! Elle rapporte les paroles du couple royal :
« C’est détestable, ce ne sera jamais joué, il faudrait détruire la Bastille pour que la représentation de cette pièce ne soit pas une inconvenance dangereuse. Cet homme se joue de tout ce qu’il faut respecter dans un gouvernement.
– On ne la jouera donc point ? dit la Reine.
– Non, certainement, répondit Louis XVI, vous pouvez en être sûre. »
Le 9 avril 1782
Marie-Antoinette inaugure la salle du théâtre de l’Odéon ( à Paris ) dans lequel la troupe de la Comédie-Française s’est installée le 16 février 1782.
Le 11 avril 1782
Spectacle à Trianon : La Matinée et la veillée villageoises, ou le Sabot perdu de Piis et Barré et Le Sage étourdi de Boissy.
En mai 1782
Marie-Antoinette, qui a eu successivement un catarrhe violent et un érysipèle au visage (dû à la blessure de la jambe lors de l’accident équestre de fin janvier 1782), est parfaitement rétablie. Durant cette indisposition, Marie-Antoinette n’a pas eu de fièvre, de sorte que Son état n’a donné aucune espèce d’inquiétude. Cette incommodité l’oblige de garder l’appartement. Le voyage de Marly avait été contremandé.
Du 7 au 18 mai 1782
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 15 mai 1782
Le Roi chasse le chevreuil aux Costeaux-de-Jouy. Il soupe à Trianon.
Le 16 mai 1782
Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 17 mai 1782
Le comte et de la comtesse du Nord arrivent à Fontainebleau, où les attendent les envoyés du Roi, et leur ambassadeur, le prince Baradinsky.
Samedi 18 mai 1782
Souper à Trianon.
Le 19 mai 1782
Le comte du Nord se rend incognito à Versailles pour assister à la procession des chevaliers des Ordres du Roi.
Le 20 mai 1782
Le comte et la comtesse du Nord font leur arrivée, cette fois-ci officielle, à Versailles.
Le 22 mai 1782
Décès en couche de la princesse Louise de Hesse, duchesse de Mecklembourg Strelitz ( à l’âge de vingt-neuf ans), qui était une amie de la Marie-Antoinette, fort peinée de cette disparition, qui La marquera au point de L’inquiéter quant à Ses grossesses futures…
Le 23 mai 1782
Au soir, grand spectacle à l’opéra du château de Versailles. On y donne l’Aline ou la Reine de Golconde, livret du chevalier de Boufflers et musique de M. de Monsigny.
Le 26 mai 1782
M. de Beaumarchais lit devant le comte et la comtesse du Nord le manuscrit du Mariage de Figaro, encore interdit à la scène.
Le 1er Juin 1782
La comtesse du Nord se rend à Bagatelle où le comte d’Artois lui fait les honneurs.
Le 2 juin 1782
Le couple impérial et la Reine assistent au bal de l’Opéra. Dans la salle de l’opéra animée par une centaines de musiciens, deux mille femmes coiffées de plumes rivalisent de splendeur.
Le spectacle de cette foule en grande parure est «magnifique par la quantité et l’éclat des bijoux». Ouvrant le bal avec le comte d’Artois, la Reine est habillée à la Gabrielle d’Estrées :
« Une chapeau noir à plumes blanches, une masse de plumes de héron, rattachées par quatre diamants et une ganse de diamants, ayant pour bouton le diamant nommé Pitt, valant deux millions ; un devant de corps tout en diamants, une ceinture de diamants sur une robe de gaze d’argent, blanche, semée de paillettes, avec des bouillons en or rattachés par des diamants.»
Souvenirs du vicomte de Valfons
Le 6 juin 1782
Fête à Trianon en l’honneur du comte et de la comtesse du Nord, souper, spectacle, Les Sabots de Cazotte et Duni, Isabelle et Gertrude de Favart et Les Deux Chasseurs et la Laitière d’Anseaume et Duni, et illumination.
La Reine donne une représentation à Trianon pour la comtesse du Nord. Elle y chante Zémire et Azor de Grétry, la Jeune Française au sérail de Gardel.
Le 8 juin 1782
Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.
Grand bal en l’honneur du comte et de la comtesse du Nord puis souper chez la princesse de Lamballe, «où le respect ne gêne pas le plaisir». On y joue au loto, la Reine danse quelques contre-danses.
Le 10 juin 1782
Départ pour Chantilly, où tout est splendide et enchanteur.
Le comte du Nord et le prince de Condé forment une véritable amitié.
Le 14 juin 1782
Marie Antoinette, Monsieur, Madame, le comte d’Artois, la comtesse d’Artois, Mademoiselle de Bourbon, ainsi que le comte et la comtesse de Nord, vont à l’Opéra, où l’on donne « Castor et Pollux ». Il n’y a jamais eu un spectacle plus éblouissant.
On a beaucoup applaudi à l’arrivée de la Reine, et à celle du comte et de la comtesse du Nord.
Le 15 juin 1782
Le Roi et la Reine accompagnent les «Nord» en promenade à Marly.
Les 18 et 19 juin 1782
La Cour est au château de Choisy.
Le 19 juin 1782
La «cour russe» reprend son chemin. La famille royale fait ses adieux lors du dîner, à Choisy. On leur montre la table mouvante.
Les «Nord» se rendent à Orléans, Ménars, Blois, Amboise, Tours, Angers, Nantes, Lorient, Rouen …. pour finalement quitter Strasbourg et la France le 16 septembre.
Le 22 juin 1782
Le Rocher de Trianon est achevé.
Le 21 juin 1782
Décès de Georges-Guillaume de Hesse-Darmstadt (1722-1782).
Du 7 au 21 juillet 1782
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 8 juillet 1782
Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 10 juillet 1782
Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 11 juillet 1782
Le Roi dîne à Bellevue et chasse le chevreuil à la Porte-Dauphine. Il soupe à Trianon.
Le 12 juillet 1782
Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.
Dimanche 14 juillet 1782
Le Roi soupe à Trianon.
Le 16 juillet 1782
Le Roi tire au Butard. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 17 juillet 1782
Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 18 juillet 1782
Louis XVI chasse le cerf au Moulin-Neuf de Saint-Arnoul . Il dîne à Saint-Hubert et soupe à Trianon.
Le 19 juillet 1782
Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 20 juillet 1782
Louis XVI chasse le cerf aux Costeaux-de-Jouy et soupe à Trianon.
Le 13 août 1782
Grand’messe, vêpres, salut et procession au dehors. Le Roi soupe à Trianon.
Du 15 au 24 août 1782
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 21 août 1782
Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 22 août 1782
Louis XVI chasse à la plaine de Chambourcy et tue cent soixante-cinq pièces. Il soupe à Trianon.
Le 24 août 1782
Louis XVI chasse aux Fours-à-Chaux, il tue quatre-vingt-six-huit pièces et dîne puis soupe à Trianon.
Début septembre 1782
Leurs Majestés viennent de partir à Compiègne. Le Roi va se tuer pendant quatre jours à la chasse. Puis il reviendra à Versailles. La Reine restera deux journées à Louvois, en Champagne, dans la magnifique maison de campagne de Mesdames Adélaïde et Victoire. De là, Elle ira à la Muette où le Roi ira également passer quelques temps.
Du 1er au 9 septembre 1782
Séjour de la Cour à Compiègne.
Le 7 septembre 1782
Mort de Madame de Dillon, l’une des Dames du palais de la Reine.
Du 9 septembre au 3 novembre 1782
Séjour au château de la Muette pour l’inoculation de Madame Royale. Le Dauphin reste à Versailles avec ses sous-gouvernantes puisque madame de Guéménée a accompagné sa sœur.
Le 10 septembre 1782
« Quand Madame Royale eut quatre ans, la Reine se plut à la conduire voir, sa tante, et au retour de chaque visite on avait quelque trait touchant ou intéressant à raconter. Ainsi une fois, la Reine avait conduit la jeune princesse au monastère, et, comme elle était à la veille d’être inoculée, on ne lui avait fait servir qu’une très-légère collation. Madame Royale, qui avait encore faim, ne fit aucune observation, et se contenta de ramasser jusqu’aux moindres miettes de pain. L’une des religieuses fit alors l’observation que la soumission et la sobriété de la jeune princesse semblaient annoncer chez elle quelque vocation pour la vie des Carmélites, et elle demanda à la Reine si, la chose étant, elle en ressentirait quelque déplaisir. « Loin de là, répondit celle-ci , j’en serais au contraire très flattée. » Marie-Antoinette, ayant désiré que toutes les religieuses vissent sa fille, demanda à celle-ci , quand toute la communauté fut réunie, si elle n’avait rien à leur dire : «Mesdames, répondit la petite princesse, qui n’avait alors que quatre ans, priez pour moi à la messe. » Son bon ange lui disait-il dès lors combien elle aurait besoin du secours de Dieu pour traverser tant d’infortunes, cachées encore dans les ténèbres de l’avenir?…»
Souvenirs de Quarante ans 1789-1830. Récits d’une Dame de la Dauphine de Comtesse Pauline de Galard de Béarn
Le 27 septembre 1782
La Reine revient tout particulièrement à Compiègne pour donner ses ordres à l’établissement de son nouvel appartement dans «l’aile de la reine», ceux de ses enfants à côté, mettant au point la distribution des appartements et le choix des décorations. Elle demande, comme à Versailles, de relier les deux chambres des souverains, un passage secret en sous sol.
« Bâtiments et décors achevés attendirent en vain ceux à qui ils étaient destinés. Ni Louis XVI ni Marie-Antoinette ne virent leurs appartements achevés et meublés.»
écrira J.M. Moulin
Le 1er octobre 1782
Banqueroute des Guéménée.
Le 20 octobre 1782
Démission de la princesse de Guéménée dans sa charge de gouvernante des Enfants de France.
Le 24 octobre 1782
La Reine donne à madame de Polignac la place de Gouvernante des Enfants de France en remplacement de madame de Guéménée. Cela accroît la jalousie de certains courtisans envers le clan Polignac.
Marie-Antoinette, qui a passé de nombreuses heures ruineuses à jouer aux fameuses fêtes de cartes de la Princesse où il était dit que les jeunes n’ont pas émergé pendant des jours, fait de son mieux pour aider le couple. Elle et la princesse n’ont jamais été les meilleures amies – Victoire est plus âgée que Marie-Antoinette et plutôt trop sophistiquée à Ses goûts – mais elles s’entendent assez bien pour qu’Elle veuille l’aider d’une manière ou d’une autre, ce qu’elle a fait en obtenant un prêt pour le prince et organiser également pour Louis XVI l’achat de leur propriété à Montreuil pour la Princesse Élisabeth.
Du 4 au 6 novembre 1782
La Cour séjourne à Fontainebleau.
1783
Commencement de la construction du Hameau de Trianon.
« Ai-je besoin de parler des aumônes que Marie-Antoinette a faites? parlerai-je des années 1776, 1783, 1788, 1789?
– Jamais dépense, ne fut plus agréable à mon cœur» disait Marie-Antoinette.
Une autre fois elle répond :
«Sans doute nous faisons souvent l’aumône : mais il y a peu de gens de notre état qui sachent la faire.»
Que de bienfaits n’a-t-elle pas enfouis dans cette classe, qui sans être indigente avait sans cesse des besoins! Que d’ingrats elle a faits! Quel est le service qu’elle ait refusé! la fondation qu’elle n’ait pas protégée! La recommandation qu’elle n’ait pas répétée! Pour qui étaient-elles donc ces sollicitations continuelles, ces grâces, ces emplois? N’était-ce pas pour faire des heureux, et pour en multiplier le nombre?»
Le chevalier de Maistre
Du 20 au 23 janvier 1783
Séjour de la Cour au château de La Muette.
Le 3 mai 1783
Madame Élisabeth (1764-1794) a dix-neuf ans. Le Roi, son frère, lui offre le domaine de Montreuil à Versailles, qu’il a racheté aux Guéménée après leur scandaleuse banqueroute.
Le 29 mai 1783
« La Reine qui se proposait de représenter aujourd’hui sur le théâtre du Petit Trianon l’opéra-comique du » Tonnelier « , dans lequel Elle tient le rôle de Fanchette, n’a pu se procurer cet amusement parce que hier à la répétition Elle s’est foulé le pied et que pendant la nuit l’enflure est augmentée .
Quelques personnes croient que cet accident n’a pas été assez considérable pour empêcher la Reine de donner son spectacle, mais qu’on L’a avertie que ce genre d’amusement, le jour de l’Ascension, serait un nouvel objet de critique, surtout dans le moment où les chansons satiriques paraissent en grand nombre malgré les soins que se donne la police pur en découvrir les auteurs.»Journal du marquis de Bombelles
Le 31 mai 1783
Elisabeth Vigée Le Brun est reçue à l’Académie royale de peinture par ordre du Roi et grâce à la faveur de la Reine dont elle est devenue la portraitiste attitrée.
Son tableau de la Reine en «Robe en chemise» exposé au Salon de l’Académie cette même année, est source de critiques nombreuses: la tenue de Marie-Antoinette est considérée comme indécente.
Le tableau fait scandale. Le public s’offusque de voir sa Reine apparaître en chemise, au lieu de resplendir dans tous les atours de sa fonction. On La dit habillée comme une femme de chambre et des satiristes rebaptisent le tableau La France sous les traits de l’Autriche réduite à se couvrir d’une pane. L’affaire prend même, comme toujours, un tour politique quand certains persiflent que l’Autrichienne veut couler les soyeux de Lyon au profit des drapiers de Flandre… à l’époque région administrée par l’Autriche. A la hâte, ce portrait sera remplacé par le fameux portrait de «Marie-Antoinette à la rose» où la Reine arbore une robe de cour plus classique, en soie couleur «suie des cheminées de Londres».
Juin 1783
Absent de France depuis 1779, le comte de Fersen rentre d’Amérique où il a soutenu la cause des Insurgents.
Du 2 au 7 juin 1783
Premier séjour de la Reine à Trianon avec Madame Royale.
Le 2 juin 1783
Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 5 juin 1783
Louis XVI chasse à Bellevue, chasse le chevreuil à l’avenue de Trivaux, puis il soupe à Trianon où il y a spectacle.
Le 6 juin 1783
Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon où il y a petite comédie.
Les 18 et 19 juin 1783
Séjour de la Cour au château de Choisy.
De mi-juin au 12 juillet 1783
Séjour de la Cour au château de La Muette.
Durant l’été 1783
Les princesses de Hesse-Darmstadt reviennent à Versailles. Pierre de Nolhac nous informe que les princesses logent durant ce séjour dans l’ancien logement de madame de Polignac au premier étage de l’aile vieille n° 26, prêté par le grand chambellan de France, le prince de Bouillon : «un des plus beaux de Versailles » selon Newton.
Le Chevalier d’Isle écrit dans ses lettres à propos de ce second séjour :
« La Reine a pour son été les trois princesses de Hesse Darmstadt qu’elle aime fort et qu’elle loge ici dans l’ancien appartement de Madame de Polignac, elles sont accompagnés de leur frère, le prince Georges ».
Ces trois princesses sont donc Louise de Hesse (1721-1829), Louise de Leiningen (1729-1818) et la princesse Charlotte Wilhemine de Hesse (1755-1785), princesse de Mecklembourg Streliz ).
Le 9 août 1783
Fête et illumination à Trianon en l’honneur de la femme de l’ambassadeur d’Angleterre, la duchesse de Manchester.
Le 25 août 1783
La Cour apprend une nouvelle grossesse de Marie-Antoinette. La Reine en est mécontente et s’enferme dans ses appartements ; Ses dames trouvent porte close.
Du 1er au 9 septembre 1783
Séjour de la Cour au château de Compiègne.
Le 19 septembre 1783
Face à la place d’Armes, Le Martial d’Etienne de Montgolfier s’élève dans le ciel .
De toile de coton encollée de papier sur les deux faces, le ballon mesure 18,47 mètres de haut sur 13,28 de large et pèse 400 kg. Il se nomme Le Réveillon, du nom de son ami Jean-Baptiste Réveillon, directeur de la Manufacture royale de papiers peints. Celui-ci a réalisé un décor à fond bleu azur aux chiffres du Roi – deux L entrelacés – reliés par divers ornements, le tout doré.
La démonstration a lieu devant Louis XVI et la famille royale, dans l’avant-cour du château, noire de monde.
Des animaux, par précaution, ont été retenus pour le vol. Annoncés par un coup de canon, un mouton, un canard et un coq embarquent à une heure après midi dans le panier rond en osier, accroché au ballon par une corde.
Onze minutes plus tard, un second coup retentit, annonçant que le panier est prêt à partir. Le ballon s’élève, à la stupéfaction et sous les acclamations du public. Il monte à 500 mètres. Endommagé par une déchirure, il descend lentement huit minutes plus tard, après avoir parcouru 3,5 km. Il atterrit dans le bois de Vaucresson.
A l’atterrissage les animaux sont retrouvés vivants et bien portants. L’expérience est un succès. En guise de récompense, les animaux, véritables héros des airs, sont recueillis par Louis XVI à la Ménagerie de Versailles.
Pilâtre de Rozier devient le premier homme d’un vol habité.
Le 26 septembre 1783
Une première officieuse du Mariage de Figaro a lieu à Gennevilliers , chez le comte de Vaudreuil. La Reine y était attendue. On ne sait si Elle a pu s’y rendre : les témoignages divergent.
Du 9 octobre au 24 novembre 1783
Long séjour de la Cour à Fontainebleau.
Ce séjour compte de nombreuses courses de chevaux.
Le 20 octobre 1783
Soirée chez Diane de Polignac.
Le 3 novembre 1783
Marie-Antoinette fait une fausse-couche. On ignore depuis combien de temps Elle était enceinte.
Le 4 novembre 1783
Louis XVI nomme Charles-Alexandre de Calonne ( 1734-1802) contrôleur général des Finances sous la pression de la Reine.
Le 18 novembre 1783
Louis XVI nomme le baron de Breteuil (1730-1807) secrétaire d’État de la Maison du Roi , ministre d’État; il remplace M. Amelot de Chaillou.
Le 18 novembre 1783
Chimène ou le Cid de Sacchini est un échec au grand désarroi de Marie-Antoinette.
Le 21 novembre 1783
Mort du comte de Maurepas ( né en 1701).
Louis XVI est ému de perdre son mentor.
Ce même jour
L’expérience du vol du ballon d’Etienne de Mongolfier est renouvelée, avec des hommes cette fois, devant le Dauphin au château de La Muette.
En novembre 1783
Madame de Polastron écrit à madame de Laage de Volude, du château de la Muette, que le comte d’Artois y est lui-même , et que la Reine s’y est rendue afin d’être plus près de Passy où est madame de Polignac :
« Tu serais bien aimable de venir samedi au Ranelagh ; la reine y sera et elle serait fort aise de t’y voir. La personne qui t’a parlé de moi ( Artois ) est ici, elle y a dîné et elle y soupe. Elle m’a dit que vous aviez parlé ensemble de plusieurs choses qui nous intéressent.»
En novembre 1783
Présence de Giacomo Casanova (1725-1798) à Fontainebleau.
Le 1er décembre 1783
Marie-Antoinette assiste aux Tuileries au premier vol d’une montgolfière à hydrogène réalisé par Jacques-Alexandre César (1746-1823) et son collaborateur Marie-Noël Robert (1760-1820).
Le 5 décembre 1783
Mort de Mademoiselle d’Artois, la fille du comte et de la comtesse d’Artois.
Le 29 décembre 1783
Le Roi achète le domaine de Rambouillet au duc de Penthièvre pour y chasser.
Il y fait construire une Laiterie pour la Reine.
En décembre 1783
« Mademoiselle est morte hier, à dix heures du soir. M. le comte d’Artois en est dans le plus grand chagrin. Elle a souffert pour mourir autant qu’une grande personne et avec un courage étonnant; c’est ce qui la fait regretter encore davantage. Tout le château est dans une tristesse mortelle. La petite Madame a la fièvre tierce et hier le roi a été incommodé toute la journée. Comme c’est une chose qui ne lui est pas encore arrivée, on a craint qu’il ne tombât malade; mais ce matin il est très bien et ne souffre plus. Tu vois, ma chère, que tout était éclopé, sauf les personnes auxquelles tu t’intéresses le plus et qui se portent à merveille. Je crois que les soupers de ma sœur vont commencer mardi; tu serais charmante d’y venir pendant ton séjour à Saint-Germain.»
Louise de Polastron à madame de Laage de Volude
Au début de l’année 1784, les maisons du Hameau sont couvertes.
Au château, le petit salon du premier étage est transformé en billard.
En 1784
« La Reine conduisait ses enfants, deux fois l’An, au Carmel de Saint-Denis. Une fois, Madame Royale, âgée alors de cinq à six ans, laissa tomber son mouchoir; la Reine, par un regard, lui témoigne le désir qu’elle a de le lui voir ramasser elle-même ; et comme les religieuses se baissaient pour lui épargner ce soin : « Non, non, ma tante, dit la « Reine à Madame Louise, je ne le permettrai pas : c’est ici la maison de l’humilité ; je veux « que ma fille, tout enfant qu’elle est, y reçoive « une leçon d’obéissance et de modestie ».
Les Bourbons martyrs, ou, Les augustes victimes (1821)
Le 19 mars 1784
Spectacle à Trianon : L’Amitié sur le trône de Linières et Les On-dit du chevalier de Boufflers.
Le 3 avril 1784
Le 27 avril 1784
La première officielle du Mariage de Figaro a lieu à la Comédie-Italienne.
Le 17 mai 1784
Marie-Antoinette vient pour la première fois à Rambouillet… qu’Elle n’aime pas !
Le 28 mai 1784
Chasse au sanglier avec la Reine, dans la forêt de Marly. Dîné à quatre heures. La Reine a chassé et soupé.
Le 3 juin 1784
La Reine revient à Rambouillet… pour la journée.
Le 7 juin 1784
Le comte de Haga, alias le Roi Gustave III de Suède (1746-1792), arrive à la Cour incognito et à l’improviste.
« Le comte de Haga était tombé à la cour comme une bombe. Le roi était à la chasse à Rambouillet, la reine le fit prévenir en toute hâte. (…) Les valets de chambres ne se rencontrèrent point là quand il le fallut ; ils avaient emporté les clefs, on ne savait où les prendre. Le comte de Haga était déjà chez la reine ; le roi dans sa bonté ne voulait pas le remettre ; des gens de la cour aidèrent Sa Majesté à s’habiller tant bien que mal… On était si pressés que tout fut fait de travers sans qu’on s’en aperçût. Il avait une de ses boucles de souliers en or et l’autre blanche, une veste en velours au mois de juin ! et ses ordres tout à rebours (ses emblèmes royaux à l’envers), il n’était bien poudré que d’un côté et le nœud de son épée ne tenait pas. La reine en fut frappée et se contraria. Quant au roi, au contraire, il en rit beaucoup, et fit rire le comte de Haga.»
La baronne d’Oberkirch
Le Roi de Suède a accepté l’invitation que Louis XVI lui avait adressée en février.
On joue Le Dormeur éveillé de Marmontel et Piccini.
Gustave III ne repartira que le 20 juillet.
Le 11 juin 1784
Dernières règles de Marie-Antoinette avant Sa troisième grossesse.
Le 21 juin 1784
Fête donnée en l’honneur du comte de Haga (Gustave III), souper, spectacle et illumination à Trianon.
C’est une soirée fastueuse. Les invités, tout de blanc vêtus selon le désir de la souveraine, commencent par assister au Dormeur éveillé de Marmontel, puis ils se rendent par le parc illuminé jusqu’au temple de l’Amour. Là, une foule est massée, car la Reine a permis «à toutes les personnes honnêtes» d’entrer dans le parc à condition qu’elles aient un habit blanc.
Derrière le Temple de l’Amour, en vue de son illumination pour cette fête mémorable entre toutes ( la plus belle de toutes celles que Marie-Antoinette donna à Trianon ) , une tranchée avait été creusée dans laquelle un grand feu consuma le nombre prodigieux de 6400 fagots de bois !
« Soudain, une flamme s’éleva derrière le Temple et, en quelques secondes, le parc entier parut brûler. Des colonnes d’étincelles montaient vers la cime des arbres et les nuages s’empourprèrent.
Après l’embrasement du Temple, on servit un souper dans les pavillons du jardin français. Au petit matin, Gustave III, ravi par cette fête grandiose, remercia Marie-Antoinette. Il ignorait, le pauvre, que, sans l’amour, la France, n’eût certainement pas fait tant d’honneur à son pays.
A la table du Roi, on a servi quatre-vingts entrées et quarante-huit entremets. A la grande table d’honneur quarante-huit entrées et soixante-quatre entremets .
Menu : oreilles d’agneau à la Provençale, esturgeon à la broche, sauce à la glace, rôt de bif de chevreuil, d’un chevreuil tué par le Roi lui-même, compote de faisans … »Journal du secrétaire Franc, cité par Félix Moeschlin dans Le beau Fersen
Gustave III fait le compte-rendu de cette réception :
« On a joué sur le petit théâtre le « Dormeur réveillé », par M. de Marmontel, musique de Grétry (c’est « le Dormeur éveillé » de Piccini) avec tout l’appareil des ballets de l’Opéra réunis à la Comédie Italienne. La décoration de diamants termina le spectacle. On soupa dans les pavillons des jardins et, après souper, le jardin anglais fut illuminé. C’était un enchantement parfait. La Reine avait permis de se promener aux personnes honnêtes qui n’étaient pas du souper et on avait prévenu qu’il fallait être habillé en blanc ce qui formait vraiment le spectacle des Champs-Élysées. La Reine ne voulut pas se mettre à table, mais fit les honneurs comme aurait pu faire la maîtresse de la Maison la plus honnête. Elle parla à tous les suédois, et s’occupa d’eux avec un soin et une attention extrêmes. Toute la famille royale y était, les charges de la cour, leurs femmes, les capitaines des gardes du corps, les chefs des autres troupes de la Maison du Roi les ministres et l’ambassadeur de Suède (M. de Staël). La princesse de Lamballe fut la seule des princesses de sang qui y était. La Reine avait exclu tous les princes, le Roi ayant été mécontent d’eux.»
Le 23 juin 1784
Décollage de la montgolfière Marie-Antoinette de la cour des Ministres du château de Versailles, en présence de la famille royale. La Reine a donné Son patronage à l’aéronaute, Pilâtre de Rozier (1754-1785).
Images de Jefferson à Paris (1995) de James Ivory
Le 25 juin 1784
Conception de Louis-Charles, duc de Normandie, selon Paul et Pierrette Girault de Coursac.
Le 27 juin 1784
Marie-Antoinette joue sur la scène de Trianon le rôle de Rosine du Barbier de Séville de Beaumarchais devant un public choisi comprenant le Roi de Suède.
Le 7 juillet 1784
Marie-Antoinette et le comte d’Artois donnent à dîner au comte de Haga (Gustave III) au château de Marly.
Du 20 juillet au 8 août 1784
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 18 juillet 1784
Un bal en l’honneur du Roi Gustave III est donné dans l’Opéra royal.
Le 20 juillet 1784
Louis XVI chasse le chevreuil au Butard, puis soupe à Trianon.
Le 23 juillet 1784
Le Roi chasse et ne prend rien. Il visite la Muette et soupe à Trianon.
Le 24 juillet 1784
Louis XVI chasse le chevreuil au pavillon d’Orsine, puis soupe à Trianon.
Dimanche 25 juillet 1784
Vêpres et salut. Louis dîne et soupe à Trianon.
Le 27 juillet 1784
Le Roi chasse et ne prend rien. Il visite la Muette et soupe à Trianon.
Le 28 juillet 1784
Louis XVI visite Bellevue et la Muette, chasse le chevreuil au Butard, puis soupe à Trianon.
Le 29 juillet 1784
Le Roi soupe à Trianon.
Le 31 juillet 1784
Spectacle à Trianon : Le Comédien bourgeois de Carmontelle, Les Amours d’été de Piis et Barré et Berlingue de Despréaux.
En août 1784
« Marie-Antoinette, en signe d’estime, offre à Georgiana une chemise décorée de dentelles légères et, profitant de la chaleur estivale, la duchesse l’exhibe triomphalement au bal du prince de Galles, soulignant qu’elle porte ce que la Reine de France lui a donné. De cette façon, elle attribue manifestement à Marie-Antoinette la propagation (sinon l’invention) de cet article, la légitimant à nos yeux et surtout aux yeux de Ses contemporains, en tant que grande inspiratrice de tendances et créatrice d’image (rôle auquel l’auteure tenait grand plus long que sa propre couronne). Les jours suivants, le Lady ‘ s Magazine a enregistré que – désormais tout le gentil sexe, de quinze à cinquante ans et plus … apparaît dans des robes de mousseline blanche avec de larges bandes – : sur la vague de son succès mondain, Georgiana a réussi à introduire la chemise à la reine en Angleterre et elle aurait inexorablement pris pied, caractérisant la mode des prochaines années.»
Fabrizio Casu
Dimanche 1er août 1784
Le Roi dîne avec ses tantes et soupe à Trianon.
Le 2 août 1784
Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 4 août 1784
Le Roi tire à la plaine de Poissy et soupe à Trianon.
Le 5 août 1784
Le Roi visite la Muette, dîne à Bellevue et soupe à Trianon.
Le 8 août 1784
Le Roi tire à la plaine de Chambourcy, et soupe à Trianon.
Le 8 août 1784
Le Roi tire à la plaine de Chambourcy, et soupe à Trianon.
Le 11 août 1784 à minuit
Le cardinal de Rohan croit rencontrer la Reine dans le Bosquet de Vénus du parc de Versailles… c’est en fait Nicole Leguay, modiste (?), costumée comme la Reine…et voilée !
Du 28 août au 19 septembre 1784
Séjour de la Reine à Trianon.
Le 2 septembre 1784
Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.
Le 3 septembre 1784
Le Roi chasse le cerf à Port-Royal. Il soupe à Trianon.
Le 8 septembre 1784
Louis XVI dîne et soupe à Trianon.
Le 9 septembre 1784
Le Roi chasse au Petit-Saclé et soupe à Trianon.
Le 10 septembre 1784
Le Roi chasse le cerf à Port-Royal. Il soupe à Trianon.
Le 11 septembre 1784
Louis XVI tire à la plaine de Velisy, et soupe à Trianon.
Dimanche 12 septembre 1784
Le Roi dîne et soupe à Trianon.
Le 13 septembre 1784
Louis XVI visite Trianon pour le Dauphin, il tire à la plaine de Saclé, et soupe à Trianon.
Le 14 septembre 1784
Le Roi chasse le cerf à Marcoussy. Il soupe à Trianon.
Le 15 septembre 1784
Spectacle à Trianon : Le Barbier de Séville de Paisiello.
Le 16 septembre 1784
Le Roi tire à la plaine d’Arcueil. Il soupe à Trianon.
Le 17 septembre 1784
Le Roi chasse et ne prend rien. Il soupe à Trianon.
Le 18 septembre 1784
Spectacle à Trianon : Dardanus de Sacchini.
Automne 1784
A la requête de Son frère Joseph II, la Reine intervient pour influencer l’attitude de la France dans l’affaire dite des Bouches de l’Escaut.
Du 11 au 13 octobre 1784
La Cour fait un court séjour à Fontainebleau.
Le 21 octobre 1784
Dîner avec Mesdames Tantes.
Du 8 au 10 novembre 1784
La Cour fait à nouveau un court séjour à Fontainebleau.
Le 21 novembre 1784
Mort de Claude Richard père ( né le 13 août 1705), jardinier du Petit Trianon.
…/…
La suite et fin de cet article se trouve ici :
Sources :
- Étrennes historiques et géographiques, ou Almanach de Versailles... contenant une description de cette ville, la maison du roi… le gouvernement de la ville, une notice des principaux marchands et négociants qui y sont établis, etc…, Paris-Versailles, Valade-Blaizot, (1773, 1774).
- Barnave, le Conseiller Secret de Marie-Antoinette (2000) de Pierre d’Amarzit éditions Le Sémaphore
- Marie-Antoinette – Pièces à Conviction, Les Archives Nationales, exposition , 11 octobre 2006-8 janvier 2008
- L’Album de Marie-Antoinette : Vues et plans du Petit Trianon à Versailles de Pierre Arizzoli-Clémentel
- Louis XVI – Un Roi dans la tourmente ( octobre 2009) ; Collection Les Rois de France des Editions Atlas
- Marie-Antoinette – La Dernière Reine (février 2009) ; Collection Les Rois de France des Editions Atlas
- Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image
Monographie sous la direction de Antoine de Baecque
Editions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux (Octobre 2019) - Marie-Antoinette et la Musique (janvier 2022) de Patrick Barbier ; Grasset
- L’Emprisonnement de la Famille Royale au Temple (1804) d’Hélène Becquet ( Hypothèses, Essai d’Histoire politique)
- Les Soixante-Seize Jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie : Tome 1, La conjuration de l’œillet (2006) de Paul Belaiche-Daninos
- Les Soixante-Seize Jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie : Tome 2, Un procès en infamie (2006) de Paul Belaiche-Daninos
- Marie-Antoinette (1932) de Hilaire Belloc ( Payot, Paris)
- Marie-Antoinette (1940), de René Benjamin ; Les Editions de France
- Les Dames de Trianon (juin 2012) de Jérémie Benoît ; chez BERG international
- MARIE-ANTOINETTE (2010) de Cécile Berly et Jean-Clément Martin chez Citadelles et Mazenod
- La Reine Scandaleuse, Idées reçues sur Marie-Antoinette (2012) de Cécile Berly, éditions Le Cavalier Bleu
- Le Versailles de Marie-Antoinette (2013) de Cécile Berly , éditions art lys
- Madame Elisabeth , Sœur de Louis XVI (2013) d’Anne Bernet , aux éditions Tallandier
- Les Reines de France au temps des Bourbons, tome 4 : Marie-Antoinette L’insoumise (2002) de Simone Bertière
- Mémoires du baron de Besenval sur la cour de France de Pierre-Joseph-Victor, baron de Besenval présentées par Ghislain de Diesbach ; Mercure de France (20 janvier 2011)
- Portraits de femmes : Artistes et modèles à l’époque de Marie-Antoinette, d’Olivier Blanc
- Les Après-Midi de Louis XVI de Jean-Dominique Bourzat ; La Compagnie Littéraire
- Autour de Marie-Antoinette de Maurice Boutry ; Emi le-Paul éditeur (Paris)
- Dans l’Ombre de Marie-Antoinette ; Le Journal de Madame Brunyer 1783-1792 (2003) de Antoinette Brunyer, née Chappuis (1734-1794) édité par Danielle Gallet ; Documents inédits des Archives Nationales
- Mémoires de Madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette d’Henriette Campan
- Le Boudoir de Marie-Antoinette à Fontainebleau d’Yves Carlier
- Marie-Antoinette – Le Destin d’une Reine (mai 2006) de Jean des Cars ; Les Spectacles du Monde
- Le Hameau de la Reine, le monde rêvé de Marie-Antoinette (2018) , de Jean des Cars ; chez Flammarion
- La Princesse de Lamballe (1956), de Jacques Castelnau ; Librairie Hachette
- Marie-Antoinette (1953) d’ André Castelot
- Octobre 1789 – Les parisiennes à l’assaut de Versailles, par André Castelot ; Historama N°239 , octobre 1971
- La Veuve Capet (1968) d’André Castelot
- Les Derniers Bijoux de Marie-Antoinette, par André Castelot ; Historama N°294, mai 1976
- Marie-Antoinette écrit à Madame Elisabeth, par André Castelot , Histoire Magazine N°1, 1980
- La Révolution Française (1987) d’André Castelot aux Éditions Perrin, Paris
- MARIE-ANTOINETTE (1989) d’André Castelot, album richement illustré
- Histoire de la France et des Français, d’André Castelot et Alain Decaux :
N°18: Louis XV et Marie Leszczynska
N°19: Le siècle des Lumières
N°20: Les années Pompadour
N°21: Louis XV – le roi contesté
N°22: La dernière passion du roi
N°23: Louis XVI et Marie-Antoinette
N°24: Le temps des savants
N°26: La fin de la monarchie
N°27: La mort du roi
N°28: La Terreur - Chère Marie-Antoinette (1988) de Jean Chalon
- Marie-Antoinette and the Petit Trianon at Versailles, de Martin Chapman
- Louis XVII (2007), de Jean Charles-Roux, aux Editions du Cerf
- Marie-Antoinette, Archiduchesse, Dauphine et Reine, 16 mai-2 novembre 1955 ; Château de Versailles; (Paris) : éditions des musées nationaux
- Les Paradis Secrets de Marie-Antoinette et le Petit Trianon (2017) de Christophe Fouin, Thomas Garnier,Christian Milet et Didier Saulnier pour le Château de Versailles ; Préface de Catherine Pégard ; chez Albin Michel
- Marie-Antoinette – Dans l’intimité d’une Reine, Château de Versailles (magazine) Hors série N°1, Novembre 2013
- L’Affaire du Collier de la Reine, Château de Versailles (magazine) N°2 ; juillet 2011
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- Le hameau de Marie-Antoinette, Château de Versailles (magazine) N°6 ; septembre 2012
- Le Mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Château de Versailles (magazine) Hors série N°7
- Madame de Polignac, Amie intime de Marie-Antoinette , Château de Versailles (magazine) Hors série N°12 ; février-mars 2014
- La Jeunesse de Louise XVI, Château de Versailles (magazine) Hors série N°15 ; décembre 2014
- Marie-Antoinette – Reine des Arts, Château de Versailles (magazine) Hors série N°25 ; avril 2017
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- Madame de Polignac et Marie-Antoinette : Une amitié fatale (2008) de Nathalie Colas des Francs
- Colloque Marie-Antoinette face à l’Histoire qui avait eu lieu à la Sorbonne (2008) ; Éditeur: François-Xavier de Guibert (éditions)
- La Reine de France, de Fanny Cosandey, Paris, Gallimard, 2000, 241 pages
- Alain Decaux raconte l’Histoire de France aux enfants (1987 réédité en 1995) ; Perrin
- Alain Decaux raconte la Révolution française aux enfants (1989) ; Perrin
- La Princesse de Lamballe – Mourir pour la Reine (1979), de Michel de Decker ; chez Perrin
- Marie-Antoinette (2013) d’Hélène Delalex
- Un Jour avec Marie-Antoinette (2015) d’Hélène Delalex ; Flammarion
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- Elisabeth Vigée-Lebrun portraitiste … mais aussi mémorialiste , par Jacques Dindreville ; Histoire pour Tous N°206 , juin 1977
- Dossier de l’Art, N°150, Marie-Antoinette – Exposition au Grand Palais, mars 2008
- Dossier de l’Art N° 232. Madame Vigée Le BrunTrianon : le Domaine privé de MARIE-ANTOINETTE (2008) de Christian Duvernois / photographies de François Halard (2008) ; chez Actes Sud
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- Jean-Louis Fargeon, Parfumeur de Marie-Antoinette (2004) d’Élisabeth de Feydeau , chez Perrin
- L’Herbier de Marie-Antoinette (2012) d’ Élisabeth de Feydeau et Alain Baraton
- L’Eau de Rose de Marie-Antoinette et autres parfums voluptueux (2017) d’Élisabeth de Feydeau aux Editions Prisma
- Louis XVI – L’Incompris (2018);Le Figaro Histoire N°38
- Barnave et Marie-Antoinette (1995) de René Fonvieille chez Glénat
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- La Mort de la Reine ; Les suites de l’Affaire du Collier (1901) de Frantz Funck-Brentano chez Hachette (Paris)
- Les Derniers Jours de Marie-Antoinette (1933) de Frantz Funck-Brentano de l’Institut chez Flammarion
- La Révolution française (1928), de Pierre Gaxotte, chez Fayard
- Gazette des Atours de Marie-Antoinette de l’année 1782
- Marie-Antoinette et le scandale de Guînes, de Paul et Pierrette Girault de Coursac, chez Gallimard (1962)
- L’éducation d’un Roi, Louis XVI, de Paul et Pierrette Girault de Coursac, chez Gallimard (1972), puis chez F.X. de Guibert (1995)
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- Les dernières années du règne de Louis XV, d’Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu
- Les beaux jours de Marie-Antoinette (1885), d’Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu
- Marie-Antoinette aux Tuileries (1913), d’Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand ; chez P. Letrielleux, Librairie-Éditeur, Paris VI
- La dernière année de Marie-Antoinette, d’Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu
- L’Agonie de la Royauté (1918), d’Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand ; chez P. Letrielleux, Librairie-Éditeur, Paris VI
- Le Hameau du Petit Trianon sous l’Empire, de Marguerite Jallut
- Château de Versailles, cabinets intérieurs et petits appartements de Marie-Antoinette de Marguerite Jallut
- Marie-Antoinette et ses peintres de Marguerite Jallut
- Marie-Antoinette L’impossible Bonheur (1970) de Marguerite Jallut et Philippe Huisman ; chez Edita, Lausanne
- Marie-Antoinette – Aux côtés de Louis XVI dans la tourmente révolutionnaire (2014) ; Collection Reines, Maîtresses et Favorites chez Hachettes
- Marie-Antoinette était-elle coupable ? par Jean-François Kahn, article dans Historama N°858 daté de juin 2016
- Hans-Axel de Fersen (1985) de Françoise Kermina ; chez Perrin
- La Vie Privée de MARIE-ANTOINETTE (1943) de Charles Kunstler ; chez Hachette
- Fersen et son secret (1947) de Charles Kunstler ; chez Hachette
- Marie-Antoinette (1943) de Charles Kunstler ; chez FLOURY
- Marie-Antoinette et Fersen (1961) de Charles Kunstler ; chez Hachette
- Les Atours de Marie-Antoinette: De la toilette à la Garde-robe (2005) d’ Alexandra Kuril
- Mémoires Secrets et Universels des Malheurs et de la Mort de la Reine de France (1824) de L’abbé Gaspard-Louis Lafont d’Aussonne ; aux Editions Petit, Paris : Une référence !
- La Tragédie de Marie-Antoinette – Les complots pour sa délivrance (1965) , de Pierre Lafue, chez Del DUCA, Paris
- Marie-Antoinette l’Affranchie – Portrait inédit d’une icone de mode (février 2020), de Sylvie Le Bras-Chauvot, chez Armand Colin.
- La Captivité et la mort de Marie-Antoinette (1897) de Gosselin Lenôtre (1855-1935) chez Perrin, Paris
- Varennes (1904), pièce de Gosselin Lenôtre (en collaboration avec Henri Lavedan ) : Sarah Bernhard y est Marie-Antoinette
- Le Drame de Varennes (1905) de Gosselin Lenôtre
- Les Massacres de Septembre (1905) de Gosselin Lenôtre
- Les Grands Jours du Tribunal Révolutionnaire (1933) de Gosselin Lenôtre ; chez Flammarion
- Etude complète sur Marie-Antoinette – Pour ou contre la dernière Reine de France , collectif de Les Cahiers de l’Histoire N°4 (1960)
- *Marie-Antoinette et Sa Famille (1879) de Maurice de Lescure ; Edité par Ducrocq, Paris
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- Marie-Antoinette (1991) d’Evelyne Lever; chez Fayard
- Marie-Antoinette : la naissance d’une reine : Lettres choisies 1770-1793 (2005) d’Evelyne Lever
- Marie-Antoinette, une maîtresse royale, par Evelyne Lever, article de Historia N°99
- Marie-Antoinette Un Destin Brisé (2007), par Evelyne Lever ; Réunion des Musées Nationaux
- Axel von Fersen (mai 1995), de Herman Lindqvist, au Grand Livre du Mois
- Marie-Antoinette du Temple à la Conciergerie (1989) de François Macé de Lépinay et Jacques Charles ; Guides Historia Tallandier
- La Laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet, Un temple pastorel pour le plaisir de la reine (2016) d’Antoine Maës ; chez Gourcuff Gradenigo
- Un Prince Allemand sur le Trône de France : Louis XVI, par Claude Manceron ; Historama N°263 , octobre 1973
- Louis XVI et Marie-Antoinette : La fin d’un monde, tome 5, d’Alexandre Maral
- Louis XVI, L’incompris (2013) d’Alexandre Maral ; aux Editions OUEST-FRANCE
- Les coulisses de Versailles – Marie-Antoinette fait ses débuts de Reine de France (juillet 1958), par Jules Mazé, aux éditions L.E.P. (Monaco)
- Marie-Antoinette Intime, collectif dans Miroir de l’Histoire, Numéro Spécial de janvier 1962
- Cinéma et Révolution (novembre 1988), de Raymond Lefebvre ; chez Edilig
- Mellerio, dits Meller – Joaillier des Reines (octobre 2013) , par Vincent Meylan ; chez les Editions SW Télémaque
- L’affaire du Collier (2004) d’Evelyne Lever
- L’étonnante amitié de Marie-Antoinette et Madame de Polignac, par Philippe Erlanger ; Historia N°34, mars 197Historia N°106, septembre 1955
- Une journée de Marie-Antoinette, par Charles Kunstler ; Historia N°150, mai 1959
- Une amie de Marie-Antoinette, par Hedwige de Polignac ; Historia N°160, mars 1960
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- Pour ou contre Marie-Antoinette ? , par André Castelot ; Historia N°445
- Fersen, Conseiller de Marie-Antoinette, par Françoise Kermina ; Historia N°468, décembre 1985
- Marie-Antoinette pouvait-Elle s’évader du Temple? , par Jules Bertaut, Historia N°71, octobre 1952
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- Louis XVI, Roi Martyr. de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; chez Tequi (1976)
- Enquête sur le procès du Roi Louis XVI. de Paul et Pierre Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1982), puis chez F.X. de Guibert (1992)
- Sur la Route de Varennes, de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1984), puis chez F.X. de Guibert (2000), (2007)
- Le Voyage de Louis XVI autour du monde. Expédition La Pérouse, de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1985), puis chez F.X. de Guibert (2000)
- La dernière année de Marie-Antoinette (1993) de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; chez F.X. de Guibert (1993)
- Mémoires du baron de Goguelat (1823) de François, baron de Goguelat ; Hachette BnF
- Marie-Antoinette (1858) d’Edmond et Jules de Goncourt
- La Vie Mouvementée d’Henriette Campan (2017) de Geneviève Haroche-Bouzinac ; chez Flammarion Grands Personnages de l’Histoire de France N°5 ,
- La Fayette Grands Personnages de l’Histoire de France N°14,
- Marie-Antoinette Grands Personnages de l’Histoire de France N°17,
- Louis XVIIILa vérité sur l’affaire du collier (1971) de Louis Hastier ; Le cercle du Bibliophile
- Les années Trianon de Catherine Hermary-Vieille
- Marie-Antoinette, une jeune fille dans l’arène (mars 2008), conçu par Gilles Heuré ; Télérama, 80 pages
- Souvenirs d’un Page de la Cour de Louis XVI de Félix, comte de France d’Hézecques, présenté par Gérard Montfort (1983)Versailles – Le pouvoir et la pierre ; Les collections de L’Histoire N°2
- Marie-Antoinette – La Dernière Reine de France ; Histoire Junior N°36 – Décembre 2014
- Dossier Marie-Antoinette, Histoire Magazine N°1, août-septembre 2018
- Marie-Antoinette trahissait-Elle?, par André Castelot ; Histoire magazine N°48, février 1984
- Marie-Antoinette pouvait-Elle s’évader du Temple? , par Jules Bertaut, Historia N°71, octobre 1952
- Le destin de la princesse de Lamballe, par Albert Flament, Historia N°137, avril 1958
- Marie-Antoinette : on ne savait pas tout – Historia N°350 – de janvier 1976
- Destin de Reine (1968), roman de Victoria Holt ; aux Presses de la Cité
- Fersen, Conseiller de Marie-Antoinette, par Françoise Kermina ; Historia N°468, décembre 1985
- A la Recherche du Roi Perdu (Louis XVII) , par Jean Silve de Ventavon ; Historia N°476, août 1986
- L’âge d’Or des Cosmétiques, par Philippe Perrot ; L’Histoire N°64 , février 1984
- Marie-Antoinette – La Reine Guillotinée, par André Castelot, Alain Decaux, Jean Chalon et Isabelle, comtesse de Paris ; Historia N°562, octobre 1993
- Marie Antoinette, Madame Deficit ( 2011 ) de Liz Hockinson
- Je M’appelais Marie-Antoinette, programme du spectacle théâtral de Robert Hossein, joué au Palais des Sports, en 1993
- Madame Royale : L’énigmatique destinée de la fille de Louis XVI (7 octobre 1999) de Monique de Huertas chez Pygmalion
L’Humanité Dimanche N°103,
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Marie-Antoinette – Le mépris du peuple ( mars 2008)
- Rosalie Lamorlière, Dernière Servante de Marie-Antoinette (2010) de Ludovic Miserole ; Les Editions du Préau
- Marie-Antoinette – Reine condamnée,Femme adulée, Le Monde Histoire N°12 , 2018
- La Vie Joyeuse et Tragique de Marie-Antoinette (1933) de Pierre Nezelof ; chez Albin Michel
- Le Trianon de Marie-Antoinette (1914) de Pierre de Nolhac
- La Reine Marie-Antoinette (1889) de Pierre de Nolhac
- Les Consignes de Marie-Antoinette au Petit Trianon (1890) de Pierre de Nolhac
- Marie-Antoinette à Trianon (1893) de Pierre de Nolhac
- Le Trianon de Marie-Antoinette (1914) de Pierre de Nolhac
- Versailles au XVIIIe siècle (1918) de Pierre de Nolhac
- Autour de la Reine (1929) de Pierre de Nolhac
- Le Château de Versailles au temps de Marie-Antoinette (1889) de Pierre de Nolhac
- L’OEIL – revue d’art- N°308 , Marie-Antoinette et Vigée Le Brun , mars 1981
- L’OEIL N°682 , Vigée Le Brun – Une vision inédite de la portraitiste de la Reine, septembre 2015
- Marie-Antoinette, mère de famille par Pierre de Nolhac, de l’Académie française, Historia spécial 110 ans, daté du 11 mars 2019
- L’Objet d’Art N°433, Marie-Antoinette au Grand Palais, mars 2008
- Varennes – La mort de la royauté (2006), de Mona Ozouf ; chez Gallimard
- Le Château de Schönbrunn, Les Passeports de l’Art, février 1984
- Magazine PASSION-L’Express N°1, Marie-Antoinette – Une vie en rose et noir ; printemps 2008
- Incomprise et décapitée – Marie-Antoinette – Le remords français, Le Point N°1757, mai 2006
- Les Derniers Secrets de Versailles (2012) Le Point Historia Hors Série
- Marie-Antoinette – La Fin d’une Reine – Le spectacle de Robert Hossein ; Point de Vue , 12 octobre 1993
- Marie-Antoinette par Robert Hossein, Point de vue N°2357, octobre 1993
- La Lettre cachée de Marie-Antoinette, Point de Vue Images du Monde N°2419, décembre 1994
- Secrète – La chambre de Marie-Antoinette à Versailles, Point de Vue N°2947, janvier 2005
- 250 ans après LA FASCINATION, Marie-Antoinette , Elle inspire encore stars, historiens et artistes, Point de Vue N°2989, novembre 2005
- Mémoires sur la Vie et le Caractère de Madame la Duchesse de Polignac (1796) de Diane de Polignac
- La Révolution Française, Les Années Lumières / Les Années Terribles , octobre 1989, Production Les Films Ariane, chez Larousse
- Marie-Antoinette – Un tournage sous haute surveillance (le film de Sofia Coppola), Point de Vue Images du Monde N°2968, juin 2005
- Marie-Antoinette – Elle inspire encore stars, historiens et artistes – Sa vie, Son style, Son univers ; un dossier spécial de 30 pages, Point de Vue N°2989, 2 novembre 2005
- Marie-Antoinette Reine de la Mode et du Goût (2018) de Françoise Ravelle ; Parigramme – Carnet de Style
- Modes et Usages au Temps de Marie-Antoinette , deux tomes (1885) par le comte de Reiset
- La Revue de l’Au-Delà N°158, Numéro spécial, Marie-Antoinette et le Petit Trianon, juin 2011
- Le Petit Trianon et le Hameau de Marie-Antoinette (1936) de Léon Rey ; Librairie Ernest Leroux
- Le Petit Trianon et Marie-Antoinette (2010) d’Elisabeth Reynaud
- La nuit de Varennes de Catherine Rihoit
- Louis XVI et Marie-Antoinette à Compiègne, catalogue de l’exposition, Réunion des Musées Nationaux, 2006
- Histoire de Marie-Antoinette (1895) de Just-Jean-Etienne Roy (1794-1870)
- Les Belles Années de Marie-Antoinette (XIXe siècle), Oeuvre de Saint-Charles (Belgique)
- Marie-Antoinette : Images d’un destin (2005) de Xavier Salmon
- Marie-Antoinette, catalogue de l’exposition au Grand-Palais de Paris (mars 2008) Ouvrage collectif sous la direction de Xavier Salmon ; RMN Editions
- Elisabeth Vigée Le Brun, catalogue de l’exposition du Grand Palais (2016) sous la direction de Xavier Salmon et Joseph Baillio
- Marie-Antoinette : carnets secrets d’une reine, par Mathilde Sambre dans Historia N°818 de février 2015
- La désinformation autour de Marie-Antoinette, d’Alain Sanders (2006) ; L’étoile du berger
- Rose Bertin, couturière de Marie Antoinette (2010) de Michelle Sapori ; chez Paris, Perrin (2010)
- Rougeville de Marie-Antoinette à Alexandre Dumas, Le vrai chevalier de Maison-Rouge (2016) de Michelle Sapori
- Les Jours de Trianon (1908), d’Albert Savine et François Bournand ; chez Louis-Michaud éditeur
- Un prince méconnu, le dauphin Louis-Joseph fils aîné de Louis XVI de Reynald Secher et Yves Murat ; collection Portrait d’Hommes
- Marie-Antoinette – Le plus tragique destin ( été 2016) : Secrets d’Histoire magazine
- Rose Bertin : Ministre des modes de Marie-Antoinette (2003) de Michelle Sapori ; Paris, Institut français de la Mode et Éditions du Regard (distribution Seuil), 2003
- Marie-Antoinette L’insoumise (2016) de Henri-Jean Servat et Mathieu Banq ; chez Larousse
- Marie-Antoinette Anthologie de Catriona Seth
- Les Soixante Derniers Jours de Marie-Antoinette (1993) de Pierre Sipriot ; chez Plon
- Fersen et Marie-Antoinette Journal intime et Correspondance du Comte Axel de Fersen (1930) d’Alma Söderhjelm ; aux Editions Bernard Grasset
- La Reine scélérate (1989) de Chantal Thomas
- La lectrice adjointe (2001) une courte pièce de Chantal Thomas, suivie de Marie-Antoinette et le théâtre, Mercure de France
- Les Adieux à la Reine (2002) de Chantal Thomas
- Les Favoris de la Reine. Dans l’intimité de Marie-Antoinette (mai 2019), d’Emmanuel de Valicourt , chez Taillandier
- La Famille Royale au Temple Le remords de la Révolution 1792-1795 (2018) de Charles-Éloi Vial ; aux Editions Perrin
- Marie-Antoinette (2023) de Charles-Éloi Vial ; aux Editions Perrin
- La Mode de la Cour de Marie-Antoinette (2014), Versailles ( Château de) ; chez Gallimard
- Versailles (1991) ; éditions Mengès
- Louis XVI – Le Premier Révolutionnaire, par Jean de Viguerie, Historama N°67, septembre 1989
- La Princesse de Lamballe – L’Ange de Marie-Antoinette (octobre 2005), d’Alain Vircondelet ; chez Flammarion
- Vive la Reine, treasure for your pleasure : Marie-Antoinette and more, blog très riche en images de films, de documentaires , de portraits
- L’énigme Fersen (2016) de Françoise Wagener ; chez Albin Michel
- Marie-Antoinette (1948) de Gérard Walter (1896-1974) ; Les éditions du Bateau Ivre
- Juger la reine (2016) d’ Emmanuel de Waresquiel
- Les Journées d’octobre (1898), de Joseph Weber frère de lait de Marie-Antoinette
- Marie-Antoinette, Reine de France et de Navarre (1855) de Joseph Weber frère de lait de Marie-Antoinette
- Marie-Antoinette Intime (1981) de Nesta Webster ; La Table Ronde
- Mousseline la Sérieuse – Ainsi l’appelait Marie-Antoinette (2016), de Sylvie Yvert, Editions Héloïse d’Ormesson
- Marie-Antoinette La Fuite en Belgique (2003) de Dominique Zachary ; Les Racines de l’Histoire
- Marie-Antoinette (1933) de Stefan Zweig
