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Madame Henriette de France

Madame Henriette de France, fille de Louis XV (1727-1752) de Jean ...
Madame Henriette par Jean-Marc Nattier

Anne-Henriette de France est la sœur jumelle d’Elisabeth (1727-1759), future duchesse de Parme. Elle se signale par sa douceur et ses qualités de cœur.

« L’an mil sept cent trente sept le vingt septième d’avril Anne Henriette fille de très haut et très excellent et très puissant Prince Louis quinze par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre et de très haute très excellente et très puissante Dame Marie Princesse de Pologne son épouse, née et ondoyée le quatorze du mois d’aout mil sept cent vingt sept par messire Henry Hubert de Couravel de Pesé conseiller aumônier du Roy abbé de Beaupré, a reçu les cérémonies du baptême par haut et puissant Prince de Strasbourg monseigneur Armand Gaston de Rohan cardinal et grand aumônier de France, en présence de nous curé soussigné, le parrain a été très haut et puissant Prince monseigneur Louis Henry de Bourbon Prince de Condé duc de Bourbon Prince du sang, et la marraine très haute et puissante Princesse mademoiselle Louise Anne de Bourbon, Princesse du sang, qui ont signé. Le Roy et la Reine présents qui ont bien voulu signer.»

Extrait du registre de la paroisse Notre-Dame de Versailles

En 1725

Le Roi Louis XV est marié précocement par son cousin et premier ministre, le duc de Bourbon (1692-1740), avec Marie Leszczynska (1703-1768) une obscure princesse polonaise en exil, de 7 ans son aînée. Le but est de donner au plus vite une descendance à la branche française de la Maison de Bourbon décimée par les maladies et les accidents entre 1711 et 1714 ; et plus politiquement d’éviter l’avènement du roi d’Espagne, ou celui du jeune duc d’Orléans (1703-1752) que le duc de Bourbon craignait.

Le 14 février 1727

Naissance de Mesdames Élisabeth et Henriette, premières filles jumelles de Louis XV (1710-1774) et de Marie Leszczynska (1703-1768) .

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Ondoyée à sa naissance, Henriette reçoit la dénomination de « Madame Seconde » car elle est venue au jour après sa sœur, elle est considérée comme fille puînée.

 
             Louis XV                        et                       Marie Leszczynska

Louis XV, père à dix-sept ans, s’exclame :

«On m’avait dit incapable d’engendrer et j’ai fait coup double»

et il demande à haute voix à la Reine de donner rendez-vous à son accoucheur pour l’année suivante.

Le 28 juillet 1728

Naissance de Madame Louise , Madame Troisième

Le 4 septembre 1729

Naissance du Dauphin Louis-Ferdinand, futur père de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Marie Leczinska, reine de France, à 26 ans, avec son fils Louis, dauphin de France, en 1729, par BelleMarie Leszczynska et le Dauphin par Nattier
La Gloire des Princes s'empare des Enfants de France, par De TroyLa Gloire des Princes s’empare des Enfants de France, par De Troy
La France confie ici à la Gloire les trois premiers enfants du Roi : Louis, dauphin de France, Madame Élisabeth (de dos), et Madame Henriette.

Le 30 août 1730

Naissance de Philippe, duc d’Anjou, second fils de Louis XV et Marie Leszczynska.

Le 23 mars 1732

Naissance de Madame Adélaïde, Madame Quatrième.

Le 19 février 1733

Décès de de Madame Louise , Madame Troisième

Le 7 avril 1733

Décès de Philippe, duc d’Anjou.


Philippe de France par Barrière

Le 11 mai 1733

Naissance de Madame Victoire, cinquième fille de Louis XV et de Marie Leszczynska ( elle sera appelée Madame Quatrième) , dans la chambre de la Reine du château de Versailles.

Le 27  juillet 1734

Naissance de Madame Sophie (Madame Cinquième), sixième fille de Louis XV et de Marie Leszczynska, qu’on appellera Madame Sophie.

Le 16 mai 1736

Naissance de Thérèse-Félicité qui mourra le 28 septembre 1744.

Madame Henriette est élevée par la Gouvernante des Enfants de France, madame de Ventadour celle-ci même qui éleva le jeune Louis XV, jusqu’en 1735 remplacée peu à peu par sa petite-fille la duchesse Tallard,  au château de Versailles, avec ses frères et sœurs . Elle est soumise, dès son plus jeune âge, à l’Étiquette, qui gère la vie quotidienne des princes, quel que soit leur âge. Madame Elisabeth a de nombreuses sœurs, qui encombrent peu à peu le château de Versailles, car la naissance répétée des filles de France fut une véritable tragédie pour l’Etat. Cette pouponnière royale coûte une dépense terrible si l’on juge l’énorme effectif de la Maison des Enfants de France.

Chaque princesse dispose, dès sa naissance, de huit femmes de chambre, soit rien qu’une cinquantaine de caméristes pour les seules filles du Roi !

Le 27 avril 1737

Baptême des princesses jumelles, de Madame Troisième et du Dauphin Louis-Ferdinand.

Fichier:Louis Tocqué - Portrait of Louis, Grand Dauphin of France - WGA22994.jpg — WikipédiaLe Dauphin Louis-Ferdinand

Elle devient Henriette, appelée «Madame Henriette».

Acte de baptême:

« L’an mil sept cent trente sept le vingt septième d’avril Anne Henriette fille de très haut et très excellent et très puissant Prince Louis quinze par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre et de très haute très excellente et très puissante Dame Marie Princesse de Pologne son épouse, née et ondoyée le quatorze du mois d’aout mil sept cent vingt sept par messire Henry Hubert de Couravel de Pesé conseiller aumônier du Roy abbé de Beaupré, a reçu les cérémonies du baptême par haut et puissant Prince de Strasbourg monseigneur Armand Gaston de Rohan cardinal et grand aumônier de France, en présence de nous curé soussigné, le parrain a été très haut et puissant Prince monseigneur Louis Henry de Bourbon Prince de Condé duc de Bourbon Prince du sang, et la marraine très haute et puissante Princesse mademoiselle Louise Anne de Bourbon, Princesse du sang, qui ont signé. Le Roy et la Reine présents qui ont bien voulu signer.»

Son parrain est le prince de Condé (1692-1740), alias le duc de Bourbon et sa marraine est Mademoiselle de Charolais (1695-1758).

Image illustrative de l’article Louis IV Henri de Bourbon-Condé
Le prince de Condé

Mademoiselle de Charolais en bure de franciscain
(vers 1730), par Nattier

Le 15 juillet 1737

Naissance de Louise-Marie, Madame Dernière, qu’on appellera Madame Louise.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Louis-XV-le-soleil-noir-la-grande-famille-royale-1024x576.png.Image de Louis XV, le Soleil Noir (2012) de Thierry Binisti

En juin 1738

Le Cardinal de Fleury envoie les princesses cadettes parfaire leur éducation dans le couvent lointain de Frontevraud.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Louis-XV-le-soleil-noir-depart-pour-Fontevraud-1024x576.png.

En 1736, l’éducation des filles cadettes du Roi est confiée à l’abbesse de la prestigieuse abbaye de Fontevraud tandis que les aînées, Élisabeth et Henriette, restent avec leur frère (…et Madame Adélaïde (1733-1800) qui parvient à émouvoir son père pour ne pas partir !) à Versailles.

Abbaye Royale de Fontevraud
L’abbaye de Fontevraud

Madame Henriette est élevée à Versailles dans l’aile des Princes, avec sa jumelle Élisabeth, sa sœur Adélaïde et son frère le Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765). D’un caractère réservé et doux, elle est la fille préférée du couple royal.

Afin de se réconcilier avec l’Espagne outrée par la rupture des fiançailles du Roi avec l’infante Marie-Anne-Victoire en 1725, Louis XV promet sa chère Babette à l’infant Philippe d’Espagne (1720-1765) , un des fils cadets de Philippe V d’Espagne (1683-1746), tandis que le Dauphin doit épouser une sœur de l’infant. Les souverains Espagnols avaient été humiliés par la rupture des fiançailles de Louis XV avec l’infante Marie-Anne en 1725.

Louis XV, roi de France, âgé de 13 ans, en 1723, avec sa fiancée Marie-Anne-Victoire de Bourbon, infante d'Espagne, par De TroyLouis XV et sa première fiancée, l’infante Marie-Anne

Les mêmes, interprétés par Igor Van Dessel et Juliane Lepoureau  dans L’Echange des Princesses de Marc Dugain
Altesses : Madame Elisabeth de France, duchesse de Parme, en habit de chasse, atelier de NattierMadame Élisabeth de France, duchesse de Parme, en habit de chasse, par Nattier

 Fin février 1739

Louis XV annonce officiellement la nouvelle. La cour est surprise de cette alliance, car l’infant n’a guère de chance de monter sur le trône espagnol.

Le 26 août 1739

La jeune Élisabeth, qui a tout juste douze ans, se marie par procuration.

Par ce mariage, elle prend le nom de « Madame Infante ». Les cérémonies fastueuses qui ont lieu pour l’occasion sont passées à la postérité.

Madame Henriette est désormais nommée uniquement  « Madame » pour souligner le fait qu’après le mariage de sa sœur jumelle, elle était l’aînée des filles du Roi encore célibataire.

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Madame Henriette

Le 30 août 1739

Madame Élisabeth doit quitter Versailles. Les adieux d’Élisabeth à sa famille sont déchirants. En larmes, elle quitte sa sœur jumelle, Madame Henriette, sur ces mots :

« C’est pour toujours, mon Dieu, c’est pour toujours ! »

À la différence de sa sœur, Madame Henriette ne sera jamais mariée, ni même fiancée.

On lui prête pourtant une idylle avec son cousin le duc de Chartres (1725-1785), père du futur Philippe Egalité… :

En 1740

En 1740, peu de temps après le mariage de sa jumelle Élisabeth avec un prince de rang modeste, on parle de marier Madame au duc de Chartres. D’après le marquis d’Argenson, les deux jeunes gens s’aimaient et auraient été encouragés par Louis XV, désireux de conclure cette alliance mais deux visions dynastiques s’opposent une fois encore. Les Orléans cherchent à assurer leurs droits sur le trône. En effet, le traité d’Utrecht, en donnant la couronne d’Espagne au duc d’Anjou, petit-fils de Louis XV, l’a contraint à renoncer à ses droits sur la couronne de France, ce qui fait des ducs d’Orléans les héritiers légitimes de la couronne en cas d’extinction de la branche aînée. Or la branche espagnole ne semble pas avoir perdu tout espoir de la succession française. Le duc d’Orléans pense donc qu’un mariage de son fils avec Madame Henriette attacherait plus solidement celui-ci à la succession.

Le duc d'Orléans par Welper
Le duc de Chartres

Le refus du Roi, influencé par le cardinal de Fleury, s’explique vraisemblablement par le refus de voir Madame Henriette déchoir : elle passerait du rang de fille de France à celui de princesse du sang, sans aucune assurance, à moins que son frère ne meure sans enfant, de reprendre son rang. Quelques années plus tard, le futur Philippe-Égalité voudra à son tour obtenir la main de Marie-Thérèse de France pour son fils mais il essuiera lui aussi un refus. Cet épisode illustre la situation complexe, voire paradoxale, dans laquelle se trouvent les filles de France au XVIIIe siècle en raison de la sacralisation accrue du sang royal. D’une part, on considère les filles de France comme détentrices d’une partie de la légitimité royale, alors même qu’elles ne peuvent ni monter sur le trône ni transmettre la couronne.

En 1743

Le Roi, qui pose d’abord sur cette idylle un regard bienveillant, doit finalement, pour des raisons diplomatiques, s’opposer à ce mariage qui aurait trop élevé le futur chef de cette branche cadette de la maison de France et aurait indisposé le Roi d’Espagne, Philippe V (1683-1746) , plus proche successeur du Roi au cas où le Dauphin Louis-Ferdinand ( 1729-1765) mourait sans descendance mâle survivante.

Le 16 décembre 1743

A l’occasion du mariage entre le duc de Chartres et mademoiselle de Conti prévu pour le lendemain, Louis XV demande que les fastes soient un peu réduits comparés au mariage de Madame Infante sa fille aînée en 1739.


Le duc de Chartres en mai 1735 (1725-1785)
par Jean Daullé, gravure

Louise-Henriette de Bourbon-Conti, duchesse de Chartres puis d’Orléans,
d’après Jean-Marc Nattier, 1750, huile sur toile

Le 17 décembre 1743

La table des noces n’est pas carrée comme à son ordinaire mais en fer à cheval car toute la famille royal est réunie, princesses du sang compris (les princes n’ayant pas droit eux de se mettre à table avec la Reine et les princesses).

« Monsieur le Dauphin présenta la serviette au Roi. Le Roi et la Reine étaient au milieu de la table, Monsieur le Dauphin à la droite du Roi, Madame à la gauche de la Reine, Madame Adélaïde à la droite de Monsieur le Dauphin, madame la duchesse de Chartres à la gauche de Madame, madame la princesse de Conti à la droite de Madame Adélaïde, madame de Modène à la gauche de madame la duchesse de Chartres, Mademoiselle à la droite de madame la princesse de Conti, mademoiselle de Sens la dernière à gauche, mademoiselle de La Roche-sur-Yon la dernière à droite. 

C’étaient les gentilshommes ordinaires qui servaient. Monsieur le comte de Charolais vit mettre le Roi à table, mais il ne fit aucune fonction. Monsieur de Livry avait le bâton. L’antichambre était éclairée de sept lustres, comme je l’ai déjà dit.»

Mémoires du duc de Luynes

Madame est le titre porté par Madame Henriette depuis le départ de sa jumelle considérée comme l’aînée.

Madame Henriette (1727-1752) par Jean-Marc Nattier, huile sur toile 1747, château de Versailles

Ce mariage est un véritable calvaire pour la princesse qui a longtemps cru possible pouvoir épouser le duc de Chartres lui aussi amoureux de la fille du Roi.


Louise-Elisabeth de Bourbon-Condé, princesse de Conti (1693-1775)
par Pierre Gobert, huile sur toile, début XVIIIème siècle, château de Versailles

Petite-fille de Louis XIV par sa mère Mademoiselle de Nantes, elle est la mère de la mariée.


Louise-Anne de Bourbon-Condé, dite Mademoiselle de Charolais ou Mademoiselle (1695-1758)
par Alexandre-François Caminade, huile sur toile, copie de 1840 d’un original du château d’Eu aujourd’hui disparu

Louise-Alexandrine de Bourbon-Condé dite Mademoiselle de Sens (1705-1765),
d’après Jean-Marc Nattier, huile sur toile, vers 1740, château de Versailles

Ces deux dernières sont deux sœurs de la princesse de Conti. Elles n’ont guère été mieux élevées que leurs cousines d’Orléans et prêtent tout autant au scandale.

De qui tiendra la mariée !


Louise-Adélaïde de Bourbon-Conti, dite Mademoiselle de La Roche-Sur-Yon
par Pierre-Gobert, huile sur toile, vers 1710-1715, château de Versailles

Toutes ces princesses d’âge mûr ne sont guère des exemples pour Mesdames et Marie Leszczynska ne les supportent que par politesse. Le marquis de Livry est le Premier Maître d’Hôtel du Roi qui assure sa charge durant les grandes circonstances, ici un mariage princier. Il se tient à la gauche du fauteuil du Roi et ordonne au service. On constate, selon la règle immuable qu’aucun homme hors de la famille royale ne peut manger avec la Reine et les Filles de France, l’absence du marié à la table de ses noces !

Celui-ci soupe dans son appartement, en compagnie de son père, son beau-frère et tous les autres princes du sang et légitimés. A la fin du Grand Couvert, ces princes se rendent à l’Antichambre afin de venir chercher le Roi et la Reine pour prendre part à la cérémonie du coucher des jeunes mariés. 

Les Filles de France se retirent. 

Le 9 février 1744

Louis XV se plie habituellement au Grand Couvert chaque dimanche. Mais ce jour-là il préfère l’annuler pour retrouver mesdames de Châteauroux et de Lauraguais dans ses petits appartements. 

C’est un véritable camouflet pour la famille royale et la Cour. 

Le 8 avril 1744

Le Dauphin et ses sœurs assurent seuls le Grand Couvert.

Le 25 mai 1744, Pentecôte

Après la grande messe, la Reine s’installe au Grand Couvert entourée de ses enfants. Elle seule s’assoit dans un fauteuil au milieu de la table. Le Dauphin s’installe au bout à droite, Madame au bout à gauche et Madame Adélaïde à la droite de leur mère.

La gouvernante des Filles de France, madame de Tallard, se place derrière la plus jeune et madame de Luynes derrière la Reine. Le Dauphin a derrière lui un officier des gardes et son gouverneur monsieur de Châtillon. Les princesses et la Reine ont aussi un officier des gardes derrière chacune d’elles. La famille royale se réunit ensuite dans la Chambre de la Reine pour la conversation.

La Cour est particulièrement nombreuse ce jour-là. 


Remise de l’ordre du Saint-Esprit sous Louis XV dans la chapelle du château de Versailles, le 3 mai 1724,
par Nicolas Lancret, musée du Louvre

Juin 1744

Le mariage de son frère avec Marie-Thérèse-Raphaëlle d’Espagne est imminent.

Tandis que le Dauphin est en conversation avec Madame Henriette sur ses projets de promenades avec sa future épouse, la jeune princesse assise sur un canapé et se sentant négligée par ses aînés, s’ennuie et du coup pointe l’insolence. Madame Henriette toujours douce et aimable dit à son frère combien elle a entendu parler des grâces de l’infante, de son air noble et de son beau teint.

A ces derniers mots, la benjamine intervient enfin : «Je crois bien qu’elle est blanche car elle est extrêmement rousse.»

Et continue à brosser un affreux portrait. Madame Henriette tente tant bien que mal à calmer sa sœur. Le Dauphin clôt le débat en disant qu’il savait que sa future épouse avait bon caractère et que cela lui suffit.

Le 17 juin 1744

Marie Leszczynska part se reposer à Trianon. Ses filles la rejoignent pour le jeu mais repartent souper à Versailles tandis que la Reine soupe en compagnie de ses dames.

Le Grand Trianon, côté jardins

Le 8 juillet 1744

Marie Leszczynska et la Cour doivent faire face à un sérieux problème à la fois d’étiquette et de sécurité. Le Roi étant parti avec l’essentiel de sa Maison, il n’y a plus assez de gardes pour elle et ses enfants. Pire : sa mère, la duchesse de Lorraine et reine de Pologne doit rendre visite à sa fille mais sans garde suffisante, la situation est très complexe. La Reine de France ne peut recevoir sa mère dignement à Versailles et la relègue à Saint-Cyr.

La situation devient cocasse quand un des gardes tombe malade et du coup, à Trianon, durant le souper de la Reine et de ses enfants, ceux encore présents derrière chaque membre de la famille royale doivent se relayer pour ne laisser ni le Dauphin ni Mesdames seuls et en plus de souper en même temps avant la promenade prévue dans les jardins.  Malgré ce manque d’effectifs, les gardes ne font pas attention pour autant : le même jour, un de sentinelle dans l’antichambre de Mesdames s’endort au balcon et tombe de la fenêtre. Il meurt sur le coup. 

Le 28 septembre 1744, Fontevraud

Mort de Thérèse-Félicité, Madame Sixième. On ne connaît pas la réaction de sa fratrie restée à Versailles.

Le 14 novembre 1744

Marie Leszczynska vient dîner aux Tuileries dans la Chambre de la Reine donnant sur les jardins. Malgré l’étroitesse des lieux, toute la cour s’y presse, ambassadeurs compris, en attente de l’arrivée prochaine du Roi en guerre depuis plusieurs mois. 


Château des Tuileries vers 1757 par Nicolas Jean-Baptiste Raguenet,
musée Carnavalet, Paris

Ses enfants la rejoignent après leur propre dîner à Versailles. 

A neuf et quart du soir, la famille royale en son entier s’installe dans l’antichambre de l’appartement du Roi, bien plus spacieux, après l’arrivée de Louis XV à sept heures et le jeu dans la galerie.

L’appartement du Roi est celui en jaune, celui de la Reine à cette date correspond à ce qui deviendra l’appartement privé de Louis XVI et de ses enfants, Marie-Antoinette préférant finalement s’installer au rez-de-chaussée, juste en dessous. 

« On ne peut pas se représenter la foule excessive qui était dans la galerie et la salle où le Roi mange.»

Duc de Luynes, Mémoires

Les vingt-quatre violons jouent plus d’une demi-heure.  Le Dauphin a perdu son gouverneur le duc de Châtillon en disgrâce après Metz, néanmoins un sous-gouverneur reste derrière lui. 

Après le repas, la famille royale se réunit seule une demi-heure.

Le 17 novembre 1744

Louis XV demande à ses filles de le rejoindre à la chasse au daim au bois de Boulogne où il tient à les voir monter à cheval.  Mesdames se sont beaucoup entraînées durant l’absence de leur père. Louis XV montre un attachement particulier envers Madame Henriette. 

Le 28 décembre 1744

Grand Couvert pour le mariage du duc de Penthièvre avec mademoiselle de Modène. 


Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, par Jean-Marc Nattier, huile sur toile

Marie-Thérèse Félicité d’Este, princesse de Modène et duchesse de Penthièvre, anonyme, château de Bizy

Madame Henriette est absente : une dent lui est arrachée.

Le 30 décembre 1744

Louis XV offre à ses filles pour leurs étrennes, à l’une une paire de boucles d’oreilles de diamants et à l’autre une cave de cristal de roche. 

Le 31 décembre 1744

Louis XV offre quelques colifichets à sa fille pour la consoler de son absence au mariage de son cousin.

Début 1745

Débarrassée de la favorite du Roi, la duchesse de Châteauroux, la famille royale retrouve avec bonheur Louis XV plus assidu aux Grands Couverts et surtout prêt à reprendre la conversation qui les termine chez la comtesse de Toulouse.

Le 7 février 1745

Le Roi impose un bal masqué chez ses filles. Le Dauphin et Madame Henriette n’aiment pas danser mais Louis XV estime «que cela ne faisait rien, qu’à leur âge, on aimait toujours à danser.»

Quelques jours auparavant, le Roi est parti à un bal masqué  dans Versailles où la rumeur raconte qu’il y retrouva une dame qu’il ne quitta pas.  C’est sûrement la raison pour laquelle il veut ce bal. Le Roi aime être costumé afin de pouvoir passer une soirée incognito. Son épouse vient aussi au bal de leurs enfants, jusqu’à quatre heures du matin mais estime qu’elle ne doit plus porter de masque à son âge. 

Louis XV fait réellement preuve de maladresse quand il s’agit de ses maîtresses vis-à-vis de sa famille. 

Le 14 février 1744

Nouveau bal masqué chez Mesdames. Le Roi est costumé en paysan mais celui à genoux auprès de la Reine toute la nuit fait certainement diversion pour laisser Sa Majesté incognito. 

Le 22 février 1745, Sceaux

Dîner de la famille royale, de dix-huit couverts : le Roi, le Dauphin à sa droite, la Dauphine à la gauche de la Reine, Madame Henriette à la droite de son frère, Madame Adélaïde à la gauche de la Dauphine, six princesses du sang et madame de Penthièvre, puis madame de Tallard, madame de Luynes et madame de Brancas (dame d’honneur de la Dauphine) et enfin une dame du palais de la Reine et une dame pour accompagner de la Dauphine à la place des deux dames d’atours qui ont refusé l’honneur du Grand Couvert. 


Le château de Sceaux, Hauts de Seine

Le 23  février 1745

Louis-Ferdinand épouse au château de Versailles  sa cousine l’infante Marie-Thérèse Raphaëlle, deuxième fille de Philippe V et sœur de l’infant Philippe qui avait épousé en 1739 Louise-Élisabeth (1727-1759), sa sœur aînée.


L’infante Marie-Thérèse d’Espagne par Daniel Klein

Dans l’après-midi, après la cérémonie religieuse

Grand Couvert dans le grand cabinet de Madame la Dauphine entre le Dauphin, son épouse et Mesdames, les quatre assis dans un fauteuil. 

Le Roi offre à cette occasion par l’intermédiaire du duc de Richelieu, premier gentilhomme de la Chambre, des médailles célébrant le mariage.

Offres et enchères terminées - Louis XV - Médaille - Mariage du dauphin Louis Ferdinand de France et de Marie Thérèse - 1745 - Monnaies d'antan

A cinq heures de l’après-midi

Louis XV vient chercher la Dauphine, accompagnée de son époux et de ses belles-soeurs, afin de la mener au manège assister au ballet La princesse de Navarre, musique de Rameau et livret de Voltaire.

Le château de Versailles ne dispose pas de salle de spectacle digne de ce nom et doit se contenter soit d’un théâtre dans le passage des Princes, soit pour de plus grandes festivités le manège de la Grande Ecurie. 

La famille royale se rend à l’écurie dans un carrosse de la Reine : le Roi, la Reine, le Dauphin, la Dauphine, Mesdames. Un deuxième carrosse de la Reine transporte six princesses du sang, un troisième les hautes charges féminines des maisons royales. Deux carrosses de la Dauphine accompagnent les dames pour accompagner quand les dames du palais ont déjà utiliser un carrosse de la Reine avant l’arrivée de la famille royale.

La presse est telle qu’on entend «Bourrez !». Louis XV ne réussit à s’installer qu’à sept heures du soir. 

Le ballet ne finit qu’à dix heures du soir. Si la musique et le spectacle dansé sont hautement appréciés, ce n’est pas le cas de la pièce, l’histoire étant jugée trop en la faveur de la France, au détriment de l’Espagne. L’Amour qui écrase les Pyrénées est jugé ridicule.

Après le ballet

Grand Couvert dans l’Antichambre de la Reine. 

Antichambre du Grand Couvert, château de Versailles, photographie RMN/Jean-Marc Manaï

Mesdames vont ensuite se coucher, ne pouvant assister à la bénédiction du lit nuptial. 

Louis XV a donné ordre pour cette soirée et les deux suivantes d’illuminer toutes les façades du château à l’aide de terrines. Les ailes des ministres et les écuries sont également éclairées. 

Le 24 février 1745

A six heures du soir

Bal paré au manège. L’arrangement pour les carrosses est le même que la veille.  L’orchestre de cent cinquante musiciens joue sur la scène. Le Roi et la Reine sont du côté de la porte, les danseuses devant des deux côtés, les danseurs en face du Roi. C’est le Roi qui nomme les couples. Pendant une heure ce sont des menuets puis des contredanses. Le bal se termine avant dix heures pour le Grand Couvert. 


Bal paré donné à Versailles pour la mariage du Dauphin en 1745,
par Charles Nicolas Cochin, Musée du Louvre, Département des Arts graphiques

Dix heures du soir

Grand Couvert dans l’Antichambre de la Reine.     Il n’y a rien de prévu pour le reste de la soirée.

Le 25 février 1745

C’est au cours des festivités du mariage que le Roi prend comme maîtresse Madame Lenormant d’Étiolles (qu’il fait bientôt marquise de Pompadour) qu’il découvre dans le costume de Diane chasseresse.

A sept heures du soir

Appartement dans la grande galerie. 

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Restitution de Philippe Le Pareux
Restitution de Philippe Le Pareux
Restitution de Philippe Le Pareux
Restitution de Philippe Le Pareux
Restitution de Philippe Le Pareux
Restitution de Philippe Le Pareux

A sept heures du soir

Comme à l’accoutumé, il y a «soirée d’appartement» chez le Roi. Exceptionnellement, elle a lieu dans la Grande Galerie, où l’on a disposé, outre une grande quantité de tables de jeux diverses et variées, une grande table rectangulaire destinée à la partie de lansquenet du Roi dans le centre de la Galerie et une autre table, ronde plus petite, devant la porte du Salon de la Paix, réservée au cavagnole de la Reine.


Jeu du Roi dans la Galerie des Glaces, de Charles Cochin

Dans le Salon de la Guerre joue un orchestre d’une cinquantaine de musiciens, avec trompettes, timbales, tambourins…

A neuf heures du soir

Le Grand Couvert a lieu comme les autres soirs. Puis chacun se retire chez soi afin de se préparer pour un bal masqué qui doit se dérouler toute la nuit.

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Durant cet intermède, les services des Menus Plaisirs et du Garde meuble font disparaître les tables de jeux de la Galerie afin de la préparer pour le bal.

Le Bal des Ifs, le jour Madame de Pompadour officialise son entrée à la Cour de Versailles

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles Passion)

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Aucune invitation n’a été lancée : «On y entre, nous dit Barbier, sans distinction, en habit de masque à la main». Néanmoins, il a été prévu des filtrages aux deux entrées de ce bal : une à l’escalier de Marbre et l’autre à celui de l’Escalier du salon d’Hercule. Des huissiers demandent qu’une personne des groupes qui rentrent se démasque, se nomma et nommait les autres personnes. La foule devient telle et la bousculade si forte que les huissiers abandonnent et laissent tout le monde entrer.

Il y a quatre grands buffets garnis de rafraîchissements de toutes sortes de vins, du saumon frais, des pâtés de truites, des poissons au bleu, des filets de sole et tout ce que l’on pouvait souhaiter la nuit d’un vendredi maigre. Les quantités sont si abondantes qu’on prétend que certains en fourrent plein leurs poches pour les revendre le lendemain au marché.

Peu avant minuit, la Reine apparaît, sans masque revêtue d’une robe constellée de bouquets de perles avec sur sa tête, le Sancy et le Régent, les deux plus beaux diamants de la Couronne. Elle accompagne le couple de mariés, le Dauphin costumé en jardinier et la Dauphine en marchande de fleurs.

Un quadrille débute le bal avec le Dauphin, non masqué menant la Dauphine, le Duc et la Duchesse de Chartres, Madame d’Andlau et Monsieur de Ségur, tous costumés en bergers et bergères, en robes à paniers enguirlandées de fleurs, une corbeille fleurie à la main, puis on va s’asseoir sur une estrade préparée à leur intention afin de s’amuser à regarder les masques. Mais Louis XV n’est toujours pas là.

La Dauphine, surprise par la liberté et l’aisance des manières de la Cour, accepte de danser avec un bel inconnu masqué, qui se déclare espagnol. Visiblement, il a l’allure d’un Grand d’Espagne et est au fait de tous les secrets de la Cour. Intriguée, elle veut savoir qui est le personnage, mais son danseur ne laisse rien paraître et disparaît brusquement. On apprend le lendemain qu’il ne s’agit que du simple cuisinier espagnol de Monsieur de Tessé. Tout Versailles fait les gorges chaudes et la Dauphine, qui ne sut pas tenir sa langue, est assez mortifiée.

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Un autre incident intervient au souper quand la princesse de Conti, fatiguée d’être restée debout, voulue s’asseoir sans trouver de sièges libres. Discrètement, elle se démasque, persuadée qu’en dévoilant son identité, elle trouvera aussitôt un siège mais personne ne se lève, feignant de ne pas reconnaître une princesse du sang. Furieuse, elle quitte le salon en déclarant haut et fort que de «sa vie qui est longue, elle n’avait vu des gens si malhonnêtes, il faut qu’on soit ici de bien mauvaise compagnie».

C’est au moment où la princesse quitte l’Œil-de-Bœuf que l’on peut assister à un surprenant spectacle : sept ifs exactement identiques, taillés en topiaires, s’avancent à la queue leu leu, tandis que la foule s’écarte pour les laisser passer. On a immédiatement deviné que le Roi se trouve parmi ces ifs.

C’est Louis XV qui, semble-t-il, a eu cette idée originale de déguisement, persuadé que personne ne pourrait le reconnaître.

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Beaucoup d’indiscrétions ont couru sur les liaisons du Roi avec une mystérieuse inconnue et l’on sait que «le mouchoir” va être jeté ce soir-là. Beaucoup de dames meurent d’envie d’être la maîtresse du Roi et ce bal est une chance inespérée pour toutes les prétendantes à la succession de la duchesse de Châteauroux.

Madame d’Etiolles, costumée en Diane chasseresse, parle à un if : le règne de Madame de Pompadour (1721-1764)  débute.


Jeanne-Antoinette de Pompadour par Boucher

Ce fameux bal ne devait s’achever que le lendemain vers les huit heures du matin.

La marquise de Pompadour (1721-1764) est détestée par le jeune Dauphin qui, avec ses sœurs, l’appelle par ironie et irrévérence Maman Putain.

Le 22 juillet 1746

La Dauphine meurt, à Versailles. Son époux en éprouve un chagrin extrême.

Le 9 février 1747

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Le Dauphin Louis-Ferdinand de France épouse à Versailles Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767)


Le Dauphin Louis-Ferdinand
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La Dauphine Marie-Josèphe de Saxe
Résultat de recherche d'images pour Madame Henriette par Jean-Marc Nattier

Madame, qui ne se console pas de son histoire d’amour avortée, se prend d’affection pour sa jeune belle-sœur, Marie-Josèphe de Saxe,  intelligente et pleine de tact et, avec succès, s’emploie à faire changer les sentiments de son frère, qui restait attaché au souvenir de sa première épouse. Le couple delphinal est un des couples princiers les plus unis de l’Histoire de France et aura une nombreuse descendance.

Résultat de recherche d'images pour Marie-Josèphe de Saxe par Nattier
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Madame Henriette par Nattier
Jeanne Poisson Marquise De Pompadour FilmChloé Stephani (à droite puis à gauche, en bas) est Madame Henriette dans Jeanne Poisson, marquise de Pompadour de Robin Davis (2006)
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Madame Henriette par Jean-Etienne Liotard

Le 11 décembre 1748

Prétextant le devoir de remercier son père pour le Traité d’Aix-la-Chapelle (18 octobre 1748), Madame Infante en profite pour revenir à la cour de France avant de se rendre à Parme. Le Roi éprouve « une joie parfaite, noble et aisée de se voir ainsi avec sa famille », selon le duc de Croÿ.


Louise-Elisabeth, duchesse de Parme par Adélaïde Labille-Guiard

Il écrit également que « l’infante rapporte un très grand accent gascon qui faisait, avec sa vivacité, un plaisant effet ».


A gauche, Magdalena Mielcarz est Madame Henriette
dans Fanfan la Tulipe de Gérard Crawczyk (2003)

Fine politique, au cours de son séjour, Madame Élisabeth se rapproche de Madame de Pompadour (1721-1764), l’appui de cette femme à la faveur éclatante pouvant se révéler judicieux pour elle, s’aliénant le parti dévot, où figurent sa mère et ses frères et sœurs.

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Jeanne-Antoinette de Pompadour par Boucher
Résultat de recherche d'images pour Madame Henriette en Vestale (1749) par Jean-Marc Nattier

Comme ses frères et ses sœurs (qui revinrent à la cour entre 1748 et 1750, une fois leur éducation terminée), Henriette se passionne pour la musique. En témoigne le portrait de Jean-Marc Nattier, Madame Henriette jouant de la basse de viole, instrument qu’elle étudie avec Jean-Baptiste Forqueray (1699-1782).

Madame Henriette jouant de la basse de viole par Jean-Marc Nattier (1754)
Réplique de la robe (et du portrait) de Madame Henriette par Emmanuel CourauL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Reconstitution-de-la-robe-de-Madame-Henriette-par-Emmanuel-Courau.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Louis-XV-le-soleil-noir-le-salon-de-Mesdames-1-1024x576.png.Image de Louis XV, le soleil noir de Thierry Binisti

Sylvie Pelavo est Henriette de France dans Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque (1952)

En octobre 1749

Madame Infante, bien plus heureuse à Versailles, avec sa fille Isabelle qui l’a suivie, qu’auprès de son époux « qu’elle n’aime point », ne se résolut à se rendre à Parme qu’en octobre 1749. Elle y apporte la culture française et impose le style versaillais dans son palais.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLe Feu sous les traits de Madame Henriette par Jean-Marc Nattier (1751)
La Terre a les traits de Madame Elisabeth, L’Air ceux de Madame Adélaïde et L’Eau ceux de Madame Victoire

Le 13 septembre 1751

Naissance de son neveu, Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne à Versailles.

Le 29 novembre 1751

Mesdames, le Dauphin et son épouse soupent dans les délicieux petits appartements du Roi. C’est la première fois qu’il prend ce repas en ces lieux avec ses sept enfants réunis.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Jeanne-Poisson-Marquise-de-Pompadour-table-du-roi-1024x576.png.Image de Jeanne Poisson, Marquise de Pompadour (2006)

Le 10 février 1752

Décès de Madame Henriette à l’âge de vingt-quatre ans: la petite vérole emporte la fille favorite de Louis XV, après une existence solitaire et effacée.

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Madame Henriette par Jean-Marc Nattier

Le Roi, dont Henriette était la fille préférée, est anéanti comme toute la famille royale. Le peuple maugrée que le décès de la jeune princesse est une punition divine.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Jeanne-Poisson-marquise-de-Pompadour_Funerailles-de-Madame-Henriette-1024x685.jpg.Image de Jeanne Poisson, marquise de Pompadour de Robin Davis (2006) :
Charlotte de Turckheim en Marie Leszczynska porte le deuil de Madame Henriette

La famille royale est très affectée par la mort de la princesse. Madame Adélaïde, la sœur suivante, est à son tour appelée Madame par le protocole.

Le 6 décembre 1759

Madame Élisabeth meurt à son tour de la petite vérole, à Versailles.

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Madame Elisabeth par Nattier

Le 27 mars 1760

Elle est inhumée à Saint-Denis, auprès de Madame Henriette, sa jumelle bien aimée.

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