La famille de Hesse-Darmstadt

Mesdames les princesses de Hesse-Darmstadt, la mère et sa fille, Charlotte-Wilhelmine  (1769) par  Carmontelle

Le landgrave Louis IX de Hesse-Darmstadt (1719-1790), officier au service de la Prusse, est tout entier donné à la chose militaire. Il fera édifier dans ses états la forteresse de Pirmasens. La landgravine Caroline de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld (1721-1774), surnommée la «Grande Landgravine», est une des rares femmes qui avaient l’estime de Frédéric II de Prusse, aussi le Roi de Prusse maria-t-il son neveu et héritier à une de ses filles; Frédérique de Hesse-Darmstadt qui épouse en 1769 le futur Frédéric-Guillaume II de Prusse.

Louis IX de Hesse-Darmstadt
Caroline de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld

Le 2 mars 1746

Naissance de Caroline de Hesse-Darmstadt (1746-1821) à Buchsweiler, en Alsace.

Le 16 octobre 1751

Naissance de Frédérique de Hesse-Darmstadt (1751-1805), future épouse du Roi Frédéric-Guillaume II de Prusse (1744-1786-1797) à Prenzlau en Allemagne.

Le 14 juin 1753

Naissance de Louis de Hesse-Darmstadt (1753-1830) à Prenzlau.

Le 20 juin 1754

Naissance de Amélie de Hesse-Darmstadt (1754-1832), future belle-mère du Tsar Alexandre Ier de Russie (1777-1825).

Le 25 juin 1755

Naissance de Caroline (ou «Charlotte» ) Wilhelmine de Hesse-Darmstadt (1755-1776).

Le 2 novembre 1755

Naissance à la Hofburg, à Vienne de Marie-Antoinette quinzième enfant de François Ier, Empereur du Saint-Empire et  Marie-Thérèse d’Autriche, Reine de Hongrie et de Bohême.

Marie-Antoinette encore à Vienne
Charlotte de Hesse-Darmstadt

Le 30 juin 1757

Naissance de Louise de Hesse-Darmstadt (1757-1830)  à Berlin.

Le 24 août 1758

Naissance de Sophie-Frédérique de Mecklembourg (1758-1794).

Caroline de Hesse-Darmstadt (1758) par Johann Georg Ziesenis

Pendant l’enfance de Marie-Antoinette, qu’on appelle alors Madame Antoine ou Antonia, Louise de Hesse-Darmstadt et Sophie-Frédérique de Mecklembourg (1758-1794) sont Ses compagnes favorites de jeu. Madame Antoine est  éduquée à Vienne, comme Elle le déclarera Elle-même lors de Son procès, Ses deux consœurs princesses restant avec Elle (bien qu’à distance) toujours en bons termes.

Sophie-Frédérique de Mecklembourg
L'Archiduchesse Antonia
Louise  de Hesse-Darmstadt
Frédéric V de Hesse-Hombourg

 

 

Le 27 septembre 1768

Mariage de Caroline de Hesse-Darmstadt et de Frédéric V de Hesse-Hombourg (1748-1820).

Caroline de Hesse-Darmstadt
Mesdames les princesses de Hesse-Darmstadt, la mère et sa fille, Charlotte-Wilhelmine  (1769) par  Carmontelle
Louise  de Hesse-Darmstadt
Louise  de Hesse-Darmstadt

Le 14 juillet 1769

Frédéric-Guillaume de Prusse et Frédérique de Hesse-Darmstadt

Elle résidera principalement dans le château Monbijou, un château de Berlin qui se trouvait alors (il a été rasé en 1959) sur la rive Nord de la Spree :

Le château Monbijou en 1739

Le 16 mai 1770

Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo
Marie-Antoinette peinte vers 1770 par Joseph Ducreux
La Reine Frédérique de Prusse

Le 14 février 1771

Mariage du comte de Provence (1755-1824) et de Marie-Joséphine de Savoie (1753-1810).

Louis-Stanislas de Provence par Drouais
Marie-Joséphine de Savoie, comtesse de Provence, par François-Hubert Drouais

Le 16 novembre 1773

Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie (1756-1805), sœur de Marie-Joséphine, comtesse de Provence.

Charles-Philippe, comte d'Artois par Antoine Callet
Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois

Par Polyxène de Hesse (1706-1735) et sa sœur de Christine Henriette (1717-1778), elle-même mère de la princesse de Lamballe, qui fut Reine de Sardaigne, par son mariage avec le Roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1701-1773). les comtesses de Provence et d’Artois et Marie-Thérèse de Lamballe sont cousines de la famille de Hesse-Darmstadt.

Polyxène de Hesse
La comtesse de Provence, par Jean-Baptiste André Gautier-Dagoty, 1777
Marie-Thérèse d'Artois par Gautier d'Agoty

En 1773

La landgravine est invitée à la Cour de Russie avec ses trois filles cadettes Amélie, Wilhelmine et Louise. L’Impératrice Catherine II cherche une épouse pour son fils et a invité plusieurs princesses souveraines Allemandes avec leur filles nubiles. C’est Wilhelmine qui sera choisie.

Le 20 septembre 1773

Mariage de Wilhelmine-Louise de Hesse-Darmstadt (convertie à la religion orthodoxe le 15 août 1773, elle prend le nom de Natalia Alekseïevna) et du tsarévitch Paul Petrovitch (1754-1801).

Le tsarévitch Pavel Petrovitch
Louise de Hesse-Darmstadt
La grande duchesse Natalia Alekseïevna

Le 10 mai 1774

Mort de Louis XV.

Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Louis XV par Armand-Vincent de Montpetit
Louis XVI d'après Duplessis

En 1774

Devenue Reine, Marie-Antoinette continue à fréquenter la princesse de Lamballe, mais de fausses et venimeuses rumeurs entachent ces liens qui remontent à l’enfance….

Marie-Antoinette au Globe (1775) par Jean-Baptiste Gautier-Dagoty

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI est sacré à Reims.

Louis XVI lors de son sacre à Reims par Benjamin Warlop
La Reine Frédérique de Prusse par Anton Friedrich König
La Reine Frédérique de Prusse semble se plaire à ressembler à son amie Marie-Antoinette, tant dans la vêture que dans la coiffure ....

Le 15 juillet 1775

Amélie de Hesse-Darmstadt épouse son cousin le prince Charles-Louis héritier de Bade (1755-1801).

Charles Louis de Bade
Amélie de Hesse-Darmstadt

Ils auront huit enfants :

  • Catherine Amélie Christiane Louise de Bade (1776-1823)
  • Caroline de Bade (1776-1841) qui épousera en 1797 Maximilien Ier de Bavière (1756-1825): elle sera la grand-mère de l’Empereur François-Joseph Ier (1830-1916)
  • Louise Augusta de Bade (1779-1826),Elisabeth Alexeïevna pour la religion orthodoxe, qui épousera en 1793 le Tsar Alexandre Ier de Russie (1777-1825)
  • Frédérique de Bade (1781-1826) qui épousera , en 1797, le Roi (de 1792 à 1809) Gustave IV Adolphe de Suède (1778-1834) dont elle divorcera en 1812)
  • Marie de Bade (1782-1808), qui épousera en 1802 Frédéric-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel  (1777-1815)
  • Charles Frédéric de Bade (1784-1785)
  • Wilhelmine de Bade (1788-1836) qui épousera, en 1804, le grand-duc Louis II de Hesse-Darmstadt (1777-1848).

Caroline de Bade
Louise de Bade (1779-1826) par Elisabeth Vigée Le Brun
Gustave IV et Frédérique par Jonas Forslund:
Marie de Bade
Charles II de Bade
Wilhelmine de Bade

Le 20 août 1775

Mariage de Madame Clotilde, Gros Madame, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, frère des comtesses de Provence et d’Artois et donc cousin de la famille de Hesse-Darmstaadt.

Madame Clotilde de France et Charles-Emmanuel IV de Piémont-Sardaigne, par Benjamin Warlop

Le 3 octobre 1775

Louise de Hesse-Darmstadt épouse Charles-Auguste, duc de Saxe-Weimar (1757-1828).

Charles-Auguste, duc de Saxe-Weimar
Louise  de Hesse-Darmstadt

Elle donnera à son mari six enfants :
-Louise-Auguste-Amélie (1779-1784)
-Une fille mort-née (1781)
-Charles-Frédéric (1783-1853), qui succédera à son père, épousera en 1804 Marie de Russie, sœur du tsar Alexandre Ier de Russie.
-Un fils mort-né (1785)
-Caroline-Louise (1786-1816) épousera en 1810 Frédéric-Louis, grand-duc de Mecklembourg-Schwerin (1778-1819) et sera la mère de la duchesse d’Orléans ;
-Un fils mort-né (1789)
-Charles-Bernard (1792-1862) qui épousera en 1816 Ida de Saxe-Meiningen (+1852)

Dans ce milieu brillant, la jeune Louise se fait remarquer par sa délicatesse et une timidité malheureusement handicapante. D’une personnalité effacée face à sa brillante belle-mère, l’adolescente fréquente surtout les couvents de son nouveau pays. Romantique avant la lettre, la jeune duchesse n’a cependant pas le goût de vivre.

Ému par son charme et ses qualités de cœur, ses yeux « couleur de bleuet », le grand Goethe qui était un ministre de son mari (et son compagnon dans ses frasques extra-conjugales) la prit sous son aile et lui dédia des vers :

«J’en sais une, mince comme lys
Dont la fierté n’est qu’innocence.
Nul – pas même Salomon –
N’en vit de pareille
.»

Le surnom du «lys de Weimar» lui restera…

Louise de Hesse-Darmstadt

Le 10 avril 1776

La grande duchesse Natalia Alekseïevna accouche d’un nourrisson trop gros mort-né. Malgré un travail long et douloureux, la grande-duchesse est dans l’incapacité de mettre au monde son enfant et les médecins de la Cour ne pratiquent pas de césarienne. Après cinq jours de souffrances, l’enfant mort-né est finalement retiré du corps de la grande-duchesse.

Le 15 avril 1776

Nathalie Alekseïevna, née Caroline-Wilhelmine de Hesse-Darmstadt, meurt peu après son enfant. Elle est inhumée en l’église de l’Annonciation du monastère Saint-Alexandre-Nevski de Saint-Pétersbourg.

Louise Caroline Henriette de Hesse-Darmstadt par Friedrich Jakob Hill

Au printemps 1780

La visite prolongée des amies de jeunesse de Marie-Antoinette, les princesses de Hesse, permet à la Reine de démontrer avec éloquence le style qu’Elle commence à développer dans Sa vie privée. Marie-Antoinette est souvent entourée en France d’une cour de flatteurs et de parasites, et Elle ne peut pas toujours ou n’est pas capable de discerner entre ceux qui Lui sont vraiment dévoués et ceux qui exploitent habilement Son grand besoin d’affection. La Reine cultive des amitiés durables, notamment celles qui Lui rappellent les années heureuses passées à Vienne. C’est un témoignage clair de la correspondance qu’Elle entretient avec Ses amies d’enfance, les deux sœurs Charlotte de Hesse Darmstadt, duchesse de Mecklembourg-Strelitz et Louise de Hesse Darmstadt, landgravine et grande-duchesse de Hesse. La belle correspondance, en plus d’être une démonstration du fort sentiment qui unit les trois femmes, nous fournit également de nombreux petits détails de la vie réelle ; naissances, événements importants, confidences intimes et événements politiques qui ont complètement changé l’époque.

Le 13 février 1780

Présentation à la Cour de Versailles du prince héréditaire Georges Guillaume de Hesse Darmstadt, frère du landgrave Louis IX de Hesse, voyageant incognito en France avec sa femme et ses enfants sous le nom de comte d’Epstein. Le séjour est ponctué de réceptions quasi officielles malgré l’anonymat des illustres visiteurs et d’invitations plus ou moins privées, notamment à Trianon chez la Reine. L’arrivée de cette famille souveraine allemande, chère à la Reine, est mentionnée dans Sa correspondance avec Sa mère, et ces princes démontrent le soin attentif apporté au confort de leurs hôtes durant leur séjour, la bonté et l’esprit évident d’amitié sincère de la Reine envers Ses amis. Le séjour des princes de Hesse en France dure jusqu’au 15 avril 1780. Durant ces mois, Marie-Antoinette, excellente hôtesse et amie sincère, se donne beaucoup de mal pour divertir Ses invités lors de bals, de réceptions, de sorties diverses et de visites à Trianon et à Marly.

Fête nocturne dans le hameau de Trianon illuminé

La Reine a la joie de recevoir la visite des princes de Hesse : Elle avait grandi avec les princesses Louise et Charlotte… Le soir de son arrivée, Charlotte est invitée par la Reine à Versailles pour une pièce de théâtre et de grands honneurs, et  sa famille et elle sont prévenues au moins deux heures à l’avance. 

Image de Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006) MARIE-ANTOINETTE (MARIE ANTOINETTE) de Sofia Coppola 2006 USA avec Kirsten Dunst d'apres la biographie de Marie-Antoinette par Antonia Fraser

En février 1780

Billet de Marie-Antoinette à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt. Publié par le comte de Reiset :

« J’ai appris que vous étiez arrivé hier au soir, ma chère princesse ; voulé vous bien me donner de vos nouvelles et de celles de toute votre famille ; j’espère que vous n’avez pas oublié, que je compte que vous profiterai de ma loge ce soir. La comédie est à 6 heures et demie, j’espère que vous viendrez toutes me voir une heure ou une demie heure avant ; je vous prie de n’être pas trop parée, car ma loge est petite. Adieu ma chère princesse je ne vous parle pas de mon amitié pour vous, j’espère qu’elle vous êtes assez connüe pour n’en pas douter».

Le 13 février 1780

Marie-Antoinette écrit à Sa mère :

« Nous avons ici un grand nombre de princes de Hesse.  Le prince Georges (1722-1782) y est avec tout sa famille: sa femme, née princesse Louise de Leiningen (1729-1818), son second fils, le prince Georges [ le prince Georges étant mort-né en 1750, il doit s’agir du prince Charles (1757-1795)] , son gendre, le prince héréditaire de Hesse futur landgrave Louis X de Hesse (1753-1830), ses deux filles, la princesse Louise Gabrielle de Hesse (1761-1829), future landgravine de Hesse Darmstadt et la princesse Charlotte Wilhemine de Hesse (1755-1785), princesse de Mecklembourg Streliz ) et sa belle-sœur[ ce doit être Amélie (1752-1828) ou Anne de Palatinat-Deux-Ponts (1753-1824)]. Je compte que les quatre femmes viendront à un de mes jours de cette semaine, me voir, pour les deux princes ils sont déjà venus. Le fils du prince Georges surtout réussit très bien ici. Il est très aimable. Pour le pauvre père, il est malade depuis qu’il est à Paris. »

Lettres conservées dans les archives de cette famille de Hesse, republiées  par E. Lever

La princesse Charlotte est reçue comme une intime dans la petite loge de la Reine. Elle est traitée en véritable amie tout au cours des mois qu’elle passe à Paris et à Versailles. La souveraine l’emmène se promener en forêt et lui montre Ses jardins de Trianon où Elle se préoccupe de son rhume.

Marie-Antoinette dans sa loge de l'Opéra du château de Versailles, d'après madame Vigée Le Brun, composition de Benjamin Warlop

Le 2 mars 1780

Marie-Antoinette invite encore Charlotte et sa sœur Louise à un bal informel, où il s’agit de porter une tenue plus simple et moins encombrante que la robe à la française, comme une polonaise, dont la mode bat alors son plein. Les réjouissances se déroulent chez Diane de Polignac, première dame d’honneur de Madame Elisabeth. L’urgence du message de la Reine au comte de Mercy, ambassadeur d’Autriche en France, chargé ici de Lui servir d’intermédiaire est soulignée par «tout de suite» rajouté en surligne :

«La reine prie Monsieur de Mercy de passer tout de suite chez les princesses de Darmstadt, pour les engager de sa part, à venir demain au bal chez Madame la comtesse Diane ; il commencera à onze heures et demie. Comme c’est un bal sans aucune cérémonie, il faut qu’elles soient en petite robe ou polonaise. La reine prie Monsieur de Mercy, en faisant sa commission, de faire de belles phrases pour elle sur ce qu’il est un peu tard de [ne] les prier qu’aujourd’hui pour demain.»

Robes à la polonaise
Fête à Versailles avec Louis XVI et Marie-Antoinette , aquarelle et gouache
La princesse Louise de Hesse-Darmstadt par Carmontelle, vers 1780

Le 15 avril 1780

Fin du séjour des princes de Hesse

Pendant ces mois, Marie-Antoinette, en excellente hôtesse et amie sincère, multiplie pour divertir Ses invitées, des bals, des réceptions, plusieurs promenades, des visites à Trianon et à Marly, les accompagne pour faire des courses dans les magasins à la mode de Paris, les conseille, en femme élégante au goût assuré, par des billets – qui sont conservés les archives de la Maison de Hesse – dans leurs achats de toilettes et le choix de leurs tenues .

En mai 1780

« Je passerai , ma chère princesse , à midi trois quarts devant votre porte , pour aller promener dans la forêt; comme je vais avec une dame , je ne pourrai mener que deux personnes, si vous pouvez être prête avec une de vos sœurs, je vous prendrai en passant. Ne soyez point habillé et avec des grandes chapeau , car c’est en calèche; bonjour, je vous embrasse de tout mon cœur.»

Marie-Antoinette à la princesse Charlotte

On décèle un petit accent germanique dans cette lettre, vous ne trouvez pas ?

«Ne soyez pas habillé avec des grandes chapeau»

Lettre de Marie-Antoinette à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt (mai 1780), écrite «sur mon genoux» :

«Vous êtes bien aimable, ma chère princesse, de vouloir être contente du portrait que je vous ai envoyé. J’espère qu’il vous rappellera quelquefois une personne qui vous aime bien tendrement. Je serais désolée que vous vous donnassiez la peine de venir, d’autant plus que je ne prévois pouvoir être demain n’y après- demain chez moi dans l’après- diné. Adieu, je vous écris sur mon genoux et hors de chez moi , ce qui fait que je n’ai que le temps de vous embrasser de tout mon cœur.»

Fin mai 1780

« Donnez-moi un mot de vos nouvelles, ma chère princesse, mandez-moi si Mme votre mère n’a pas été trop fatiguée de la journée d’hier, et si la poussière ne vous a pas fait tousser davantage. Tous les vôtres doivent être bien sûrs de mes sentiments, mais pour vous, ma chère princesse, il est impossible que vous méconnaissiez le tendre et vif intérêt que vous m’inspirez, et qui serait encore augmenté de hier, si il était possible.
J’embrasse tendrement la princesse Auguste ; mes compliments au prince Georges
.»

De Marie-Antoinette«à Madame la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt, à Paris, rue Jacob, hôtel de Bourbon.»

En juin 1780

La Reine écrit à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt alors à Paris :

« J’ai tant souffert de mon rhume et je vois tant d’enrhumés, que je ne suis occupée que de cela; pour prévenir ou guérir votre rhume, je vous envoie, ma chère princesse, une petite provision de gomme : j’espère qu’elle vous réussira aussi bien qu’à moi, qui me porte beaucoup mieux; je commence à avoir une très belle voix. »

Marie-Antoinette

Vue de l'hôtel de Bourbon

Le 20 janvier 1781

« Si vous connaissez bien , Madame , l’amitié que vous m’avez inspirée , vous ne serez pas surprise, que la mort de Mme de Linange, m’occupe, particulièrement par rapport aux regrets que vous pouvez en avoir. Si vous êtes à portée de voir Mme la princesse héréditaire , voulez-vous bien lui parler de moi dans cette occasion , ainsi qu’au prince Georges, votre frère. Pour vous , Madame , soyez bien persuadée que je regrette fort d’avoir si peu d’occasion, et d’espérance, de pouvoir vous témoigner ma tendre et sincère amitié.
Marie- Antoinette.»

Marie-Antoinette à Charlotte de Hesse-Darmstadt

Le château de Mirow de Charlotte

Le 17 août 1781 

« Je parlerai , ma chère princesse , pour le sieur Rouillé , et je ferai ce qui sera possible pour le faire profiter de votre recommandation. Ma santé est toujours très bonne, malgré le commencement de ma grossesse, dont vous aurez peut-être entendu déjà parler. Mon fils se fortifie de jour en jour, à la Muette, et ma fille , qui ne me quitte pas, m’intéresse tous les jours davantage.
J’espère, ma chère princesse, que vous ne doutez pas de la tendre amitié avec laquelle je vous embrasse de tout mon cœur.
Mille compliments à Madame votre mère ; j’embrasse vos sœurs tendrement.»

Marie-Antoinette à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt

Louise de Hesse-Darmstadt Dans ce portrait, elle est représentée avec ses trois plus jeunes enfants - ses fils Friedrich (il est le premier enfant à partir de la gauche), Emil (le deuxième à partir de la gauche) et Gustav (à droite de sa mère).

Le 26 octobre 1781

Marie-Antoinette écrit à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt, envoyée à l’occasion de la naissance du Dauphin Louis-Joseph :

« Vous croyez bien, Madame, que le grand nombre des compliments que j’ai reçus pour la naissance de mon fils ne m’a pas empêchée de sentir bien particulièrement tout l’intérêt que vous avez pris à l’événement le plus heureux et le plus important pour moi; je suis surchargée de lettres en ce moment. Voudrez-vous bien faire mes excuses à la princesse héréditaire, et mes compliments au prince. Mon fils se porte à merveille. Je souhaiterais bien que vous puissiez en juger par vous-même cet hiver, et ce serait un grand plaisir pour moi de vous embrasser et de vous renouveler ma tendre amitié.»

Le 13 novembre 1781

A l’occasion de son anniversaire, Marie-Antoinette envoie la lettre suivante à Charlotte, dans laquelle Elle se contente de signer d’un trait :

« Recevez mes remerciements, ma chère princesse, votre souvenir m’est toujours cher, vous ne pouvez en douter; rien de si aimable que votre lettre pour mon jour de naissance. J’en serais encore plus flattée, si vous me faisiez moins de compliments, parce que je serais persuadée que vous rendez plus de justice à la tendre amitié que je vous ai vouée pour la vie, et avec laquelle je vous embrasse de tout mon cœur.»

Marie-Antoinette à Charlotte

Le 26 novembre 1781

« Vous croyez bien, Madame, que le grand nombre des compliments que j’ai reçus pour la naissance de mon fils ne m’a pas empêchée de sentir bien particulièrement tout l’intérêt que vous avez pris à l’événement le plus heureux et le plus important pour moi; je suis surchargée de lettres en ce moment. Voudrez-vous bien faire mes excuses à la princesse héréditaire, et mes compliments au prince. Mon fils se porte à merveille. Je souhaiterais bien que vous puissiez en juger par vous-même cet hiver, et ce serait un grand plaisir pour moi de vous embrasser et de vous renouveler ma tendre amitié.»

Marie-Antoinette à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt

Le 21 juin 1782

Décès de Georges-Guillaume de Hesse-Darmstadt (1722-1782).

Georges-Guillaume de Hesse-Darmstadt

En 1783

Louise fait dresser un monument à Marie-Antoinette dans le parc de sa propriété d’Auerbach, «A LA VRAIE AMITIÉ»

La princesse Louise de Hesse-Darmstadt par Carmontelle, vers 1783

Durant l’été 1783

Les princesses de Hesse-Darmstadt reviennent à Versailles. Pierre de Nolhac nous informe que les princesses, logent durant ce séjour dans l’ancien logement de madame de Polignac au premier étage de l’aile vieille n° 26, prêté par le grand chambellan de France, le prince de Bouillon:

  « un des plus beaux de Versailles »

Newton – Espace du Roi – p.107

Le chevalier d’Isle écrit dans ses lettres à propos de ce second séjour :

« La Reine a pour son été les trois princesses de Hesse- Darmstadt qu’elle aime fort et qu’elle loge ici dans l’ancien appartement de madame de Polignac, elles sont accompagnés de leur frère, le prince Georges ».

Aile Vieille aujourd'hui. L'appartement de madame de Polignac occupe tout le premier étage

Ces trois princesses sont donc Louise de Hesse (1721-1829),  Louise de Leiningen (1729-1818) et la princesse Charlotte Wilhemine de Hesse (1755-1785), princesse de Mecklembourg Streliz ).

Louise de Hesse-Darmstadt

Le 9 mai 1784

« Sûrement, ma chère princesse, je garderai fidèlement votre secret, mais je ne peux laisser partir M. le prince Georges sans le charger au moins de tous mes souhaits pour votre bonheur et satisfaction. Vous ne s’auriez croire, combien depuis que je sais votre mariage, j’en suis occupée. Profitez bien du temps que vous avez encore devant vous, et surtout du crédit que vous avez sur l’esprit du prince de Mecklembourg pour faire toutes vos conditions pour mener une vie heureuse, et surtout de voir vos parents toutes les fois que vous le pourrez. Je n’ose pas parler d’un autre voyage que je voudrais mettre dans les conditions. J’y aurais l’air trop intéressée, et je veux ne m’occuper aujourd’hui que de vous et de votre bonheur. Je me figure déjà vous voir entourée de vos cinq enfants, et ils doivent compter sur un avenir bien heureux avec une telle belle-mère. Adieu, je charge M. le prince Georges de tous mes compliments pour votre famille. J’embrasse en particulier la princesse héréditaire, et vous prie, ma chère princesse, de compter pour la vie sur ma tendresse et inviolable amitié.»

Marie-Antoinette à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt

Le 28 septembre 1784

La princesse Charlotte  épouse Charles, duc de Mecklembourg. 

Le 28 septembre 1784

« Je ne puis, Madame, laisser partir Monsieur le prince Georges, sans vous réitérer les sentiments d’amitié que vous m’avez si bien inspirée. Je vous assure, ma chère princesse, que je m’occupe beaucoup de vous et que ce moment si décisif et si intéressant pour vous augmente encore, s’il se peut, mon tendre intérêt. Soyez heureuse, c’est mon plus grand désir. Dites, je vous prie, au prince de Mecklembourg (quoique je ne le connaisse pas), que j’ai le plus grand désir de le voir; ce désir est un peu intéressé, mais je laisse à votre amitié le soin à le diriger. Adieu, ma chère princesse, j’ai encore tout plein de lettres à écrire, et vous embrasse tendrement.»

Marie-Antoinette à Charlotte de Hesse-Darmstadt

Le 19 mai 1785

« Vous connaissez trop mon amitié ma chère princesse, pour douter que je ne sois bien sensible à la part que vous prenez à mon bonheur. J’ai eu grand plaisir à causer avec le prince Georges de tout ce qui intéresse vous et les vôtres. Adieu ma chère princesse, je vous embrasse aussi tendrement que je vous aime.»

Marie-Antoinette à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt

L’heureux événement auquel Marie-Antoinette fait allusion dans cette lettre est la naissance de Louis-Charles.

Le 2 juin 1785

« Votre lettre, ma chère princesse, m’a fait grand plaisir et peine en même temps. Je suis charmée de la confiance que vous me marquez en me parlant de votre grossesse, et j’espère qu’elle se terminera aussi heureusement que je le désire, mais permettez à mon amitié de vous gronder. Quelle enfance que ces inquiétudes. Vous vous portez bien, et il faut penser que le malheur de la princesse votre soeur [Frédérique de Hesse-Darmstadt, morte en couches en 1782, Ndlr] n’est arrivé à votre âge que parce qu’elle avait déjà eu plusieurs enfants, et que vraisemblablement elle était trop fatiguée. Au reste, j’avais prévu toutes vos inquiétudes, et c’est ce qui fait que j’ai été affligée en apprenant votre grossesse, mais j’espère que la princesse héréditaire (que j’embrasse de tout mon cœur) voudra bien vous gronder un peu et vous donner en même temps de courage. Je l’en charge, et je m’en prendrai à elle si vous en manquez. Malgré mes leçons et ma sévérité, j’espère, ma chère princesse, que je ne vous en imposerai pas assez pour que vous ne m’écriviez plus. Au contraire, je désire plus que jamais d’avoir souvent de vos nouvelles. Si vous avez des inquiétudes, des peines, dites-les-moi. C’est alors que vous trouverez toujours un cœur qui s’aura garder vos secrets, et, si il est possible, les diminuera par la sincère et tendre amitié qu’il vous a voué pour jamais.»

Marie-Antoinette à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt

Le 10 octobre 1785

Lettre de Marie-Antoinette à la princesse Charlotte, où la Reine parle notamment de l’inoculation de Son fils :

« Je profite du départ du prince Georges pour vous dire un mot de mon amitié , ma chère princesse, mais ce n’est exactement qu’un mot, car j’ai tant d’affaires dans ce moment-ci que je n’ai pas un moment à moi. Mon fils est dans l’instant le plus souffrant de l’inoculation , et quoiqu’il n’y ait rien d’inquiétant, je ne le quitte guère. Je vous fais mon compliment sur le mariage de votre fille; je ne peux pas m’accoutumer à vous voir mère de tant d’enfants. Je désire que celui à venir ne vous fasse pas beaucoup souffrir. Mandez-moi de vos nouvelles. Je suis charmée que vos inquiétudes ont cédé à la raison. Je prie M. le prince Georges de faire mes excuses à Mme votre mère. Mais je n’ai absolument pas le temps de lui répondre; j’embrasse vos sœurs. Votre frère vous dira pourquoi je n’ai pas vu M. Fouquet, mais je donnerai avec plaisir son mémoire à M. de Ségur. Il suffit qu’il vous intéresse toutes pour que je m’en occupe. Adieu, ma chère princesse, je vous embrasse comme je vous aime et vous savez que c’est de bon cœur.»

Marie-Antoinette à la princesse Charlotte de Hesse-Darmstadt

 Le 12 décembre 1785

Charlotte meurt en couches . Marie-Antoinette, dévastée, écrit :

« Je porterai son souvenir et le chagrin de sa mort pour le reste de ma vie. »

Elle tiendra parole !

Le 6 janvier 1786

Lorsque la Reine apprend le décès de Charlotte, Elle adresse la lettre suivante au duc de Mecklembourg-Strelitz :

« Personne ne partage plus que moi, Monsieur, votre juste affliction; le caractère, et les qualités personnelles de Madame la duchesse de Mecklembourg m’avaient inspirés la plus tendre amitié pour elle; j’en conserverai toute ma vie le souvenir et le regret. Recevez, Monsieur, mon triste compliment, et les sentiments du sincère attachement de votre bien affectionnée

Marie-Antoinette
Versailles, ce 6
 janvier 1786 »

Le 22 février 1786

Marie-Antoinette écrit à la princesse Louise :

« La pauvre princesse Charlotte avait un portrait de moi, pareil au vôtre; ce sont les plus ressemblants qui aient été faits; je désirerais bien le ravoir, ou au moins savoir entre les mains de qui il a passé.»

Il s’agit de ce portrait, copie de celui en gaulle qui a tant fait scandale en 1783 :

Dans les années 1790

La révolution Française et son évolution violente choquent les princes Allemands.

Le 6 Avril 1790

Mort de Louis IX de Hesse-Darmstadt, père de Caroline, Louise, Amélie et Wilhelmine.

Le 14 mai 1790

Marie-Antoinette écrit à Louise de Hesse-Darmstadt :

« J’apprends dans l’instant, Madame, qu’une personne sûre par, cet après-midi, pour l’Allemagne ; je saisis cette occasion pour vous assurer de toute la part que je prends au changement de votre position.
Si j’ai tant tardé à vous répondre , vous en jugerez la cause en ce que je n’écris à personne par la poste. Mais plus je suis éloignée de vous, plus je sens combien mon amitié pour vous et les vôtres est profondément dans mon cœur.»

Augusta Wilhelmine de Hesse-Darmstadt par Johann Heinrich Schröder, 1790
Louise Karoline Von Hessen-Darmstadt par Friedrich Jakob Hill

Le 2 janvier 1791

Marie-Antoinette écrit à Louise de Hesse-Darmstadt :

«… c’est par une occasion qui part pour Bruxelles que je vous écris, et de là elle vous arrivera par la poste, car pour celle d’ici, je me la suis interdite absolument….»

En 1792

La France déclare la guerre. Elle durera vingt-trois ans. D’abord vainqueur, la France annexe la rive gauche du Rhin.
Pendant ce temps, la Tsarine Catherine II de Russie choisit comme épouse de son petit-fils Alexandre de Russie Louise Augusta de Bade, fille d’Amélie.

Le 20 juin 1792

La foule parisienne envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

Le Roi refuse.

Escalier monumental des Tuileries (juste avant sa destruction)
Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

Après l’horrible journée du 20 juin 1792

… où la Reine a été insultée par la populace, à Darmstadt la Landgrave Louise engage son frère Georges de Hesse (1754-1830) à se rendre à Paris pour chercher avec quelques amis dévoués, à enlever des Tuileries, la Reine est Ses enfants.

En juillet 1792

Marie-Antoinette écrit à Louise de Hesse-Darmstadt :

« Votre amitié vos soins, Madame, m’ont touchée jusqu’au fond de l’âme. La personne qui repart pourra vous dire les raisons qui l’ont retenue si longtemps ; il vous dira que même à présent je n’ose pas le voir chez moi ; il m’aurait pourtant été bien doux de parler avec lui de vous, à qui je suis tendrement attachée ; non, ma Princesse, en sentant tout le prix de vos offres, je ne puis les accepter.
Je suis vouée pour la vie à mes devoirs et aux personnes chères dont je partage les malheurs, et qui, quoi qu’on en dise, méritent tout intérêt par le courage avec lequel elles soutiennent leur position.
Le porteur de cette lettre pourra vous donner des détails sur ce moment-ci et sur l’esprit du lieu que nous habitons : on dit qu’il a beaucoup vu et juste. Puisse un jour tout ce que nous faisons et souffrons rendre heureux nos enfants, c’est le seul vœu que je me permette. 
Adieu, ma Princesse, ils m’ont tut ôté, hors mon cœur que me restera toujours pour vous aimer, n’en doutez jamais ; c’est le seul malheur que je pourrois supporter .
Je vous embrasse tendrement. Mille compliments à tous les vôtres.
Je me sens plus que jamais enorgueillie d’être née Allemande.»

Marie-Antoinette à Louise de Hesse-Darmstadt

Cette lettre fait allusion à ce projet, qui ne put être exécuté, car la Reine de peur de se compromettre, ne veut pas même voir le Prince Georges. Marie-Antoinette refuse donc en redisant Son affection pour Sa famille mais aussi Son devoir face à la France.

Le 10 août 1792

Sac des Tuileries.

On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide alors de gagner l’Assemblée nationale.

Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Le cortège funèbre de la monarchie commence par une haie d'honneur des chevaliers de Saint-Louis qui lèvent leurs épées dans Un peuple et son Roi
La Prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, musée du château de Versailles

Le Roi est suspendu de ses fonctions.

La famille royale dans la loge du logographe par Gérard

Le 13 août 1792

Louis XVI et sa famille sont transférés au Temple.

La Tour du Temple

Le 2 septembre 1792

Les parisiens massacrent dans les prisons. Marie-Thérèse de Lamballe, cousine de la famille de Hesse-Darmstaadt est victime de cet outrage. Sa tête est promenée sous les fenêtres du Temple.

Le massacre de la princesse de Lamballe (1908) par Maxime Faivre

Le 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1793

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.

Marie-Antoinette et Louise de Hesse-Darmstadt devaient être très proches, car La Reine conserve encore un portrait de Louise de Hesse-Darmstadt sur Elle, comme le prouve le procès-verbal d’inspection de ses poches, à Son arrivée à la Conciergerie. 

La Veuve Capet par Jean-Louis Prieur
Marie-Antoinette dans Sa cellule de la Conciergerie par Benjamin Warlop

 Le 14 octobre 1793

Lors du procès de Marie-Antoinette

Le président du Tribunal révolutionnaire demande à la Reine de qui sont les deux portraits de femmes qu’on a trouvés dans Ses poches, Elle répond :

« Ce sont deux dames avec qui j’ai été élevée à Vienne.
– Quels sont leurs noms?   
– Les dames de Mecklembourg et de Hesse». 

Petit baluchon de la Reine emmené avec elle le 1er août 1793, d'après le film L'Autrichienne

Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1793

On dit que le Prince de Hesse voit dans le château de Darmstadt la Dame Blanche, annonçant depuis des siècles la mort d’un membre de la famille Habsbourg.

« Description de la manière dont la Dame-Blanche m’est apparue :
Son visage est couleur araignée, sans yeux, sans nez, sans bouche. Au moment où on la voit, elle laisse après elle des traces foncées ; ses pieds, ses bras, sont cachés. Le corps n’est qu’une lueur d’un blanc de perle pâle, s’élevant en forme pyramidale. Le cou est entouré d’un col raide de dentelle, couleur bois vermoulu, sur lequel repose l’ovale de la tête
.»

Dessin de la Dame-Blanche telle qu'elle est apparue au prince Georges de Hesse réalisé pour le comte de Reiset, qui a publié la correspondance de Marie-Antoinette avec Charlotte de Hesse-Darmstadt en 1876

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette, place de la Révolution .

Après la mort de Marie-Antoinette

Louise de Hesse-Darmstadt gardera le deuil pendant plus d’un an. Poursuivie par la Révolution dans ses propres Etats, elle quitte pour quelque temps la Hesse et se retire en Saxe.

Le 24 décembre 1793

Son mariage à Berlin, avec le prince héritier de Prusse Frédéric-Guillaume, fait de Louise Princesse héritière de Prusse.

Le lendemain du mariage, le couple princier prend possession du palais qui lui a été destiné sur Unter den Linden. Il ne s’y installe pas à titre provisoire. Celui-ci servira de résidence à Berlin, même après que Frédéric-Guillaume soit devenu Roi. L’heure n’est pas à l’étalage du luxe. Frédéric-Guillaume est appelé régulièrement à remplir ses obligations militaires par suite de la guerre avec les armées révolutionnaires françaises qui occupent la rive gauche du Rhin. Selon Jean-Paul Bled, historien de Louise de Prusse :

« Le prince héritier à des goûts spartiates. Jusqu’à sa mort, il choisira de dormir sur son lit de camp, seulement revêtu d’une couverture de campagne. Quant à Louise, elle occupe le premier étage. L’aménagement en est sans doute plus recherché. En plus d’un piano et d’une bibliothèque, les meubles en acajou créent une ambiance plus chaude. Mais, en comparaison du cadre de vie auquel Louise était habituée à Darmstadt, l’ensemble reste simple».

Ce n’est qu’en 1796 qu’elle revient à Darmstadt.

A en juger par les témoignages unanimes des contemporains, il se dégage alors de sa personne un charme extraordinaire. La princesse Dorothée de Courlande (future duchesse de Dino et amie de Talleyrand) écrit dans ses mémoires :

« Sa beauté était vraiment royale. Plus grande qu’on ne l’est ordinairement, sa taille était dans les proportions parfaites. Les épaules, la poitrine étaient incomparables ; son teint était éblouissant ; ses cheveux étaient légèrement châtains ; son front était noble, ses yeux pleins de douceur, ses lèvres vermeilles. Rien n’égalait l’élégance de son cou et des mouvements de sa tête. Peut-être les dents n’avaient pas tout l’éclat qu’on aurait pu désirer, ses mains, quoique blanches, étaient un peu trop fortes et son pied était plutôt mal. Mais ces légères imperfections étaient grandement rachetées par l’ensemble majestueux de toute sa personne».

La Reine Frédérique de Prusse vers 1790 par Joseph Darbes
Miniature représentant la Reine Frédérique de Prusse

Le 16 novembre 1797

Mort du Roi Frédéric-Guillaume II de Prusse (né en 1744) à Potsdam, l’époux de Frédérique de Hesse-Darmstadt.

Louise devient alors Reine consort de Prusse : Frédéric-Guillaume III devient Roi.

Elle écrit à sa grand-mère :

« Je suis maintenant reine, et ce qui me réjouit le plus est l’espoir que maintenant je n’ai plus besoin de compter mes bienfaits avec tant de soin. ».

Le couple doit abandonner leur isolement à Paretz et commencer à vivre avec les restrictions de la cour royale. Le couple entreprend une tournée dans les provinces de l’est du pays jusqu’à Königsberg où le nouveau roi doit recevoir l’hommage de la diète. Après la Prusse-Orientale, le voyage comprend des visites à Varsovie, puis à Breslau. Louise aurait eu une bonne raison de se dérober. Elle se trouve alors dans le septième mois d’une nouvelle grossesse. « Un déplacement de cinq semaines n’est donc pas sans présenter des risques ».

En 1799

La France est conquise par Napoléon Bonaparte (1769-1821) lequel impose sa domination à l’Italie et à l’Allemagne.

Bonaparte au Pont d'Arcole par Antoine-Jean Gros (1801)

Dans la nuit du 

L’Empereur Paul Ier est assassiné dans sa chambre du palais Saint-Michel de Saint-Petersbourg par un groupe d’ex-officiers menés par le général Bennigsen (1745-1826), un Hanovrien au service de la Russie.

Paul Ier de Russie

Selon le futur Louis XVIII (1755-1824), « Paul Ier avait été victime d’une conspiration de palais où se trouvèrent l’or et la main du gouvernement britannique. »

Élisabeth Vigée Le Brun, qui fait le portrait de Louise de Prusse en 1801, est catégorique :

« La plume est impuissante pour peindre l’impression que j’éprouvais la première fois que je vis cette princesse. Le charme de son céleste visage, qui exprimait la bienveillance, la bonté, et dont les traits étaient si réguliers et si fins; la beauté de sa taille, de son cou, de ses bras, l’éblouissante fraîcheur de son teint, tout enfin dépassait en elle ce qu’on peut imaginer de plus ravissant».

Louise de Prusse (1801), fille de Frédérique par Elisabeth Vigée Le Brun 

À ses avantages physiques, Louise de Prusse joint de hautes qualités morales. Le chevalier de Gentz, homme d’état et politicien autrichien qui la connut en 1806, rend hommage à ses qualités de la façon suivante : « Dans chaque moment d’un entretien d’environ trois quarts d’heure, elle s’exprima avec une précision, avec une fermeté, avec une énergie et en même temps une mesure et une prudence qui m’auraient enchanté dans un homme; et cependant elle répandit sur tout ce qu’elle disait une sensibilité profonde, qui ne me laissa pas oublier un instant que c’était une femme que j’admirais. ». Son esprit était vif, pénétré d’une sincère piété: «Tout mon être est empreint d’amour pour les humains, écrivait-elle, je voudrais tant savoir toute l’humanité heureuse et contribuer à son bonheur aux frais de ma personne. » Elle possédait à un haut degré le sens de l’humour : raccommodant des chaussettes, elle sollicitait de son auguste époux sa nomination « au poste permanent de tricoteuse royale ». Fervente de poésie, admiratrice des tragédies de Schiller, elle était portée à l’exaltation rêveuse de l’esprit allemand. Elle est, d’après Constantin de Grunwald : « représentante typique du préromantisme allemand, «belle âme» vaporeuse et pourtant épouse fidèle et dévouée, qui trouvait le plus grand bonheur de son existence au sein de sa famille, dans la calme retraite d’une petite propriété aux environs de Potsdam ».

En 1802

1802 marque un tournant dans la vie de Louise. C’est en effet cette année-là qu’elle rencontre pour la première fois Alexandre Ier de Russie à Memel. Le charme de l’Empereur agit très vite sur la jeune femme. Auréolé de son prestige d’autocrate, le tsar lui apparut tout puissant. Chaque jour, la jeune Reine sentimentale décrit ses états d’âme dans son journal intime. Elle en envoie les feuillets à son frère Georges :

« L’entrevue de Memel a été divine, je t’envoie ci-inclus mon journal, le dépôt le plus sacré que je possède: renvoie-le-moi au plus tôt, je t’en prie».

Chaque détail consigné dans le cahier montre son admiration pour le jeune Empereur. Habituée à la bonhomie rude de son époux, elle est séduite par les attentions, la délicatesse et la galanterie d’Alexandre : « Lorsqu’elle danse la valse avec lui, elle semble être transportée au septième ciel». Elle chante pour lui ou encore lui prépare elle-même son thé ou son chocolat. Elle est véritablement fascinée. Le prince Czartoryski raconte dans ses mémoires que le Tsar, alarmé par les ardeurs de Louise, demande à être enfermé à double tour dans sa chambre pendant la nuit de peur d’être importuné.

Le 23 mars 1803

Sur l’initiative de Talleyrand, un projet d’alliance est soumis à l’appréciation du Roi, avec en contrepartie, la prise de possession par la Prusse du Hanovre, appartenant à l’Angleterre. Sans la contrepartie d’une alliance, l’occupation du Hanovre par la France ne pourrait que léser les intérêts prussiens. L’électorat du Hanovre touche au Brandebourg à l’Est et aux possessions prussiennes à l’Ouest, avec le risque que les communications entre les parties du royaume soient coupées. «Seule une entente entre la France et la Prusse, explique le ministre, peut apporter la paix et la sécurité à l’Europe. Même si le rapport entre les deux alliés serait inégal, c’est bien un axe franco-prussien que propose Talleyrand». Le Roi tergiverse. Bonaparte fait envahir le Hanovre par le général Mortier. En un mois, l’opération est menée à bien. Les négociations sur le projet d’alliance franco-prussienne reprennent à la fin 1803. Mais elles buttent sur le refus de Bonaparte d’évacuer le Hanovre. Et surtout, Frédéric-Guillaume soumet le projet d’alliance au jugement d’Alexandre. Il s’en remet au conseil de celui qu’il traite, depuis l’entrevue de Memel, d’«ami».

Le 15 mars 1804

Alexandre met en garde son «ami» contre un engagement qui peut entraîner la fin de la Prusse.

Le 3 avril 1804

Il est mis fin aux négociations entre Berlin et Paris.
Revenue à Berlin, la Reine envoie de temps en temps à son idole une lettre où elle lui dit son chagrin de l’éloignement :

« Il n’y a que l’espoir de revoir Votre Majesté Impériale qui me console un peu».

Dans l’Europe troublée du début du siècle, le Tsar Empereur de toutes les Russies représente une sauvegarde pour tous les partisans des anciennes monarchies. La jeune Reine prend le parti de considérer que la France de Bonaparte est un danger pour les Allemands. Son mari, à l’inverse, horrifié par la guerre, prend le parti de la neutralité.

En 1804

L’enlèvement du duc d’Enghien en territoire badois la bouleverse. L’exécution du duc au Château de Vincennes l’indigne. À Saint-Pétersbourg, la cour de Russie prend le deuil pour le dernier des Condé. Louise voudrait suivre cet exemple, mais Frédéric-Guillaume, plus prudent et sachant sa cour espionnée par des informateurs français, la prie de renoncer à cette manifestation.

Le 2 décembre 1804

Napoléon Ier est sacré à Notre-Dame de Paris .

Sacre de Napoléon Ier par Jacques-Louis David

L’antipathie de Louise contre le Corse se manifeste alors. À son époux alors absent de Berlin, elle rapporte les réactions suscitées en Prusse par la décision de Napoléon de prendre le titre impérial :

« L’acceptation de la dignité impériale par Bonaparte trouble ici tous les esprits, on est scandalisé».

Le 25 février 1805

Décès de Frédérique de Hesse-Darmstadt, Reine consort de Prusse, deuxième épouse de Frédéric-Guillaume de Prusse, à Berlin.

Le 11 avril 1805

Un traité d’alliance entre l’Angleterre et la Prusse inaugure une troisième coalition à laquelle l’Autriche se joint le 7 juillet suivant. Ayant rassemblé de nombreuses forces militaires à Boulogne en vue de l’invasion de l’Angleterre et apprenant que la Russie et l’Autriche mobilisent pour le combattre, Napoléon lève le camp de Boulogne et, à marches forcées, porte la Grande Armée en Allemagne à la rencontre des forces russes et autrichiennes.

En octobre 1805

L’antipathie de Louise augmente contre le Corse lorsque les troupes françaises violent le territoire prussien à Ansbach pour se porter contre les Autrichiens. Tandis que la Prusse mobilise, la Reine galvanise le courage de son peuple. Son ardeur augmente lorsqu’elle apprend la venue du tsar à Berlin. Ce sera l’occasion d’une visite nocturne sur le tombeau du Grand Frédéric au château de Potsdam.

Soutenue par le prince Louis-Ferdinand de Prusse et le ministre Hardenberg, elle défend le parti de la guerre et sait convaincre son mari de déclarer la mobilisation contre Napoléon.

Bien que la Prusse n’ai pas combattu dans une guerre depuis 1795, ses chefs militaires ont toute confiance dans leur armée, assurés qu’ils pourraient gagner facilement contre les troupes de Napoléon. Pressé par la reine et sa famille pour rompre la paix, le roi Frédéric-Guillaume se décide à entrer en guerre avec l’Empereur français. Les troupes prussiennes commencent la mobilisation, mais la campagne militaire est très courte. Selon Henri Heine :

« Napoléon souffla sur la Prusse et la Prusse cessa d’exister.»

Entre le 10 et le 17 octobre 1806

Les forces de Frédéric-Guillaume sont anéanties en une seule semaine,  sur les champs de bataille de Saafeld, Iéna et Auesrtädt.

La bataille de Iéna oppose Napoléon aux forces du Roi de Prusse.

La Prusse et l’Autriche subissent une défaite écrasante. L’armée de feu Frédéric le Grand n’est plus, Napoléon impose sa domination aux états Allemands contraignant l’empereur d’Autriche à proclamer la fin du Saint Empire Romain Germanique.

Les maréchaux de Napoléon s’emparent avec une rapidité vertigineuse des plus puissantes forteresses prussiennes : Magdebourg, Spandau, Kustrin, Hameln. Blücher capitule à Lübeck, «n’ayant plus de pain et plus de munitions». Louise a paru sur la champ de bataille d’Iéna, habillée en colonel de son régiment, espérant assister à la défaite de l’«Ogre Corse», mais elle doit fuir en calèche avant la fin des combats.

Napoléon écrit à Joséphine, quelques jours après Iéna :

« La reine de Prusse a été poursuivie par un escadron de hussards: elle a été obligée de rentrer à Weimar et en est repartie trois heures avant que nos troupes y entrent. Elle a suivi une route sur laquelle nous avons beaucoup de troupes, il est possible qu’elle ait été prise».

Le château de Mirow

Lorsque Weimar est menacée de pillage par les soldats de Napoléon, la duchesse fait face, quasiment seule, aux troupes de l’envahisseur, devenant, à l’instar de la Reine Louise de Prusse, une héroïne du patriotisme allemand.

C’est une des raisons pour lesquelles le Congrès de Vienne permet à son mari non seulement de conserver ses états mais élève aussi au rang de Grand-Duché le petit duché alors que ses cousins Thuringiens de la Maison de Saxe conservent simplement leur titre de duc.

Napoléon entre en triomphateur à Berlin et y installe une administration française; sept ministres de Frédéric-Guillaume III lui prêtent serment de fidélité. Le Roi, suivi de la Reine et de quelques fidèles, dénué de troupes, ayant perdu tout lien avec ses ministres, s’élance dans une fuite éperdue vers les confins du royaume, à Königsberg, traqué et pourchassé par l’avance des grognards.

Napoléon, installé à Berlin dans le château de Charlottenbourg, rédige des bulletins pour la Grande Armée où il accable la Reine avec méchanceté :
La Reine de Prusse est à l’armée, habillée en amazone de l’uniforme de son régiment de dragons et écrit vingt lettres par jour pour exciter de toute part l’incendie. Il me semble voir Armide dans son égarement mettre le feu à son propre palais. Napoléon aimera donner le nom d’Armide à la Reine Louise. Dans d’autres bulletins, il continuera à la traiter comme une guerrière qui a déclenché la guerre. Il paraît que ce qu’on dit d’elle est vrai, elle était ici pour souffler le feu de la guerre : c’est une femme de jolie figure, mais de peu d’esprit, incapable de présager les conséquences de ce qu’elle faisait. Il faut, aujourd’hui, au lieu de l’accuser, la plaindre, car elle doit avoir bien des remords des maux qu’elle a faits à sa patrie et de l’ascendant qu’elle a exercé sur le roi, son mari, qui voulait la paix et le bien de son peuple ».

A Königsberg, une épidémie de typhoïde se déclare, ses enfants attrapent la maladie et elle-même, prise d’une grosse fièvre, délire. Elle trouve le courage néanmoins d’empêcher son mari de signer un armistice. Cela déshonorerait à ses yeux le nom des Hohenzollern. A peine rétablie, elle doit se relever et fuir à nouveau. «J’aime mieux tomber entre les mains de Dieu qu’entre celle des hommes» déclare-t-elle.

Après un voyage dans le froid et dans la neige, elle arrive à Memel, au bord de la frontière russe.

En juillet 1807

Pendant la conférence de Tilsit, elle obtint une audience auprès de Napoléon pour tenter – en vain – d’adoucir les conditions imposées par le vainqueur.

Le 

Napoléon épouse l’Archiduchesse Marie-Louise d’Autriche (1791-1847), petite fille de Marie-Caroline (1752-1814), la sœur préférée de Marie-Antoinette.

Mariage de Marie-Louise et Napoléon Ier par Georges Rouget

Le 19 juillet 1810

Atteinte d’une infection pulmonaire, Louise de Prusse s’éteint , pendant une visite à son père au château de Hohenzieritz près de Neustrelitz.

Louise de Linange, Princesse de Hesse-Darmstadt
Mausolée de Louise de Prusse

Elle est enterrée dans le mausolée du château de Charlottenburg.

Elle a donné le jour à neuf enfants dont sept survécurent :

  • Frédéric-Guillaume (1795-1861), futur Roi de Prusse, épouse en 1823 Élisabeth de Bavière ;
  • Guillaume (1797-1888), futur Roi de Prusse et Empereur Allemand, épouse en 1829 Augusta de Saxe-Weimar-Eisenach (1811-1890) ;
  • Charlotte (1798-1860), épouse en 1817 Nicolas Ier, tsar de Russie (1798-1855) ;
  • Frédérique (1799-1800) ;
  • Alexandrine (1803-1892), épouse en 1822 Paul-Frédéric, grand-duc de Mecklembourg-Schwerin (1800-1842) ;
  • Ferdinand (1804-1806) ;
  • Louise (1808-1870), épouse en 1825 Frédéric des Pays-Bas ;
  • Albert-Frédéric (1809-1872), épouse en 1830 Marianne des Pays-Bas, divorce en 1849, épouse en 1853 morganatiquement Rosalie von Rauch (1820-1879) créée comtesse de Hohenau.

Le 6 avril 1814

Louis-Stanislas, comte de Provence, est proclamé Roi sous le nom de Louis XVIII le Désiré.

Le 1er mars 1815

La Restauration ne dure pas.

Le 19 mars 1815

Napoléon est aux portes de Paris. Louis XVIII et sa cour prennent la fuite pour Gand en passant pas Beauvais.

Le 18 juin 1815

La défaite de Waterloo réinstalle Louis-Stanislas sur le trône de France.

Louis XVIII par François Gérard

Le 16 septembre 1824

Louis XVIII meurt à Paris.

Le 14 juin  1828

Mort du grand-duc Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach, époux de Louise de Hesse-Darmstadt à Graditz.

Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach, vers 1805

 Le 14 février 1830

La grande-duchesse Louise de Hesse-Darmstadt meurt à l’âge de soixante-treize ans, à Weimar.

Le 21 juillet 1832

Décès de la princesse de Bade, née Amélie de Hesse-Darmstadt, à Bruchsal, en Allemagne.

Amélie de Hesse-Darmstadt, margravine héréditaire de Bade

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