Le 14 février 1727
Naissance de Mesdames Élisabeth et Henriette, premières filles jumelles de Louis XV (1710-1774) et de Marie Leszczyńska (1703-1768). Ondoyée à sa naissance, Louise-Élisabeth reçoit la dénomination de « Madame Première ». Henriette reçoit la dénomination de « Madame Seconde » car elle est venue au jour après sa sœur, elle est considérée comme fille puînée.
Louis XV, père à dix-sept ans, s’exclame :
«On m’avait dit incapable d’engendrer et j’ai fait coup double»
et il demande à haute voix à la Reine de donner rendez-vous à son accoucheur pour l’année suivante.
« L’an mil sept cent trente sept le vingt septième d’avril Louise Elizabeth fille de très haut très excellent et très puissant Prince Louis quinze par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, et de très haute très excellente et très puissante Dame madame Marie Princesse de Pologne son épouse, née et ondoyée le quatorze du mois d’aout mil sept cent vingt sept par messire Henry Hubert de Couravel de Pesé conseiller aumonier du Roy abbé de Beaupré, a reçu les cérémonies du baptême par haut et puissant Prince évêque de Strasbourg monseigneur Armand Gaston de Rohan cardinal et grand aumonier de France ; en présence de nous curé soussigné, le parrain a été très haut et puissant Prince monseigneur Philippe d’Orléans duc de Chartres Prince du sang, et la marraine très haute et très puissante Princesse madame Louise Elizabeth de Bourbon Princesse douairière de Conty qui ont signés. Le Roy et la Reine présents qui ont bien voulu signer.»
Extrait du registre de la paroisse Notre-Dame de Versailles
Le 28 juillet 1728
Naissance de Madame Louise , Madame Troisième.
Le 4 septembre 1729
Naissance du Dauphin Louis-Ferdinand, futur père de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.
Le 30 août 1730
Naissance de Philippe, duc d’Anjou, second fils de Louis XV et Marie Leszczyńska.
Le 23 mars 1732
Naissance de Madame Adélaïde, Madame Quatrième.
Le 19 février 1733
Décès de de Madame Louise , Madame Troisième.
Le 7 avril 1733
Décès de Philippe, duc d’Anjou.
Le 11 mai 1733
Naissance de Madame Victoire, cinquième fille de Louis XV et de Marie Leszczyńska ( elle sera appelée Madame Quatrième) , dans la chambre de la Reine du château de Versailles.
Le 27 juillet 1734
Naissance de Madame Sophie (Madame Cinquième), sixième fille de Louis XV et de Marie Leszczyńska, qu’on appellera Madame Sophie.
Le 16 mai 1736
Naissance de Thérèse-Félicité qui mourra le 28 septembre 1744.
Madame Elisabeth est élevée par la gouvernante des Enfants de France, madame de Ventadour celle-ci même qui éleva le jeune Louis XV, jusqu’en 1735 remplacée peu à peu par sa petite-fille la duchesse Tallard, au château de Versailles, avec ses frères et sœurs . Elle est soumise, dès son plus jeune âge, à l’Étiquette, qui gère la vie quotidienne des princes, quel que soit leur âge. Madame Elisabeth a de nombreuses sœurs, qui encombrent peu à peu le château de Versailles, car la naissance répétée des filles de France fut une véritable tragédie pour l’Etat. Cette pouponnière royale coûte une dépense terrible si l’on juge l’énorme effectif de la Maison des Enfants de France.
Chaque princesse dispose, dès sa naissance, de huit femmes de chambre, soit rien qu’une cinquantaine de caméristes pour les seules filles du Roi !
Le 27 avril 1737
Baptême des princesses jumelles, de Madame Troisième et du Dauphin Louis-Ferdinand. Elle devient Louise-Élisabeth, dite Madame Élisabeth, appelée « Madame » (en qualité de fille aînée du Roi).
Elle a pour parrain et marraine des cousins de la famille royale, princes du sang : Louis-Philippe, duc de Chartres (1725-1785), fils du duc d’Orléans (1703-1752), et (1693-1775), princesse douairière de Conti.
Le 15 juillet 1737
Naissance de Louise-Marie, Madame Dernière, qu’on appellera Madame Louise.
En juin 1738
Le Cardinal de Fleury envoie les princesses cadettes parfaire leur éducation dans le couvent lointain de Frontevraud. En 1736, l’éducation des filles cadettes du Roi fut confiée à l’abbesse de la prestigieuse abbaye de Fontevraud tandis que les aînées restent avec leur frère (…et Madame Adélaïde (1733-1800) qui parvient à émouvoir son père pour ne pas partir !) à Versailles.
Images de Louis XV, le Soleil Noir (2012) de Thierry Binisti
Madame, élevée à Versailles dans l’aile des Princes, avec sa jumelle Henriette, sa sœur Adélaïde et son frère le Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765), se montre vite intelligente, autonome, fière. Elle est très aimée de Louis XV, à qui elle ressemble beaucoup bien qu’elle n’a pas hérité de la beauté du «Bien-Aimé». Afin de se réconcilier avec l’Espagne outrée par la rupture des fiançailles du Roi avec l’infante Marie-Anne-Victoire en 1725, Louis XV promet sa chère Babette à l’infant Philippe d’Espagne (1720-1765) , un des fils cadets de Philippe V d’Espagne (1683-1746), tandis que le Dauphin doit épouser une sœur de l’infant. Les souverains Espagnols avaient été humiliés par la rupture des fiançailles de Louis XV avec l’infante Marie-Anne ( qui sera la marraine de Marie-Antoinette!) en 1725.
Fin février 1739
Louis XV annonce officiellement la nouvelle. La Cour est surprise de cette alliance, car l’infant n’a guère de chance de monter sur le trône espagnol.
Le 21 août 1739
Le marquis de La Mina, ambassadeur du Roi d’Espagne en France, ayant reçu des pleins pouvoirs pour faire, en qualité d’ambassadeur extraordinaire, la demande de Madame, au nom du Roi Philippe V d’Espagne, se rend, au matin, à l’Hôtel des Ambassadeurs extraordinaires. Il y est servi par les officiers du Roi, et il l’a été de la même manière, pendant le temps qu’il y demeure.
Le 23 août 1739
Demande en mariage et signature des articles
Le comte de Marsan et le chevalier de Sainctot, introducteur des ambassadeurs, vont, dans les carrosses du Roi et de la Reine, à l’Hôtel des Ambassadeurs Extraordinaires, prendre le marquis de La Mina, ambassadeur extraordinaire du Roi d’Espagne, pour le conduire, à Versailles, à sa première audience publique du Roi. La marche se faite dans l’ordre suivant : le carrosse de l’introducteur des ambassadeurs, celui du comte de Marsan, celui du Roi précédé des deux suisses de l’ambassadeur à cheval, de ses officiers et valets de chambre à cheval, le carrosse de la reine, et les cinq carrosses de l’ambassadeur ferment la marche, et qui sont remplis de plusieurs seigneurs espagnols. L’ambassadeur trouve, à son passage, sur l’avant-cour du château, les compagnies des gardes françaises et suisses sous les armes, les tambours appelants ; dans la cour, les gardes de la porte et ceux de la prévôté, en haie et sous les armes, à leurs postes ordinaires. Il descend à la salle des Ambassadeurs, au rez de chaussée de la Vieille Aile, où il se repose jusqu’à l’heure de l’audience du Roi.
Lorsqu’il y va, il est reçu, au bas de l’escalier de la Reine, par le marquis de Brézé, Grand Maître des Cérémonies ; les Cent Suisses étant sur les escaliers en habit de cérémonie, la hallebarde à la main. Il est reçu, dedans de la salle des gardes du corps, par le duc de Villeroy, capitaine des gardes du corps en quartier. Les gardes du corps sont en haie et sous les armes. L’ambassadeur, après avoir complimenté le Roi dans son Cabinet, fait au nom du Roi d’Espagne, la demande de Madame, pour Don Philippe, Infant d’Espagne, et Louis XV la lui accorde ave des témoignages de satisfaction. Le Roi porte, ce jour-là, un habit de camelot d’or, glacé d’or, avec des boutons et boutonnières d’or, et la veste d’une très riche étoffe d’or. L’ambassadeur est ensuite conduit à l’audience publique de la reine. Elle a un habit gros de tour, vert et argent, chamarré de raizeaux d’or et de pierreries ; à celle de M. le Dauphin, qui est en habit de droguet de soie et d’argent, le fond couleur de feu, galonné d’argent en pompons, la veste d’étoffe d’argent, fond blanc, avec des boutons de rubis ; à celle de Madame qui a un habit de gros de tours et or, chamarré de raizeaux d’or et de pierreries ; et à celle de Madame Henriette et de Madame Adélaïde. Après avoir été traité par les officiers du Roi, il est reconduit dans les carrosses du Roi et de la Reine à l’Hôtel des Ambassadeurs extraordinaires. L’après-midi, le marquis de La Mina revient, à Versailles, chez la Chancelier de France. Les articles du mariage sont signés par le Chancelier de France, M. d’Aguesseau ; par le comte de Maurepas, ministre et secrétaire d’Etat à la Maison du Roi et à la Marine ; par M. d’Angervilliers, ministre et secrétaire d’Etat à la Guerre ; par M. Orry, ministre d’état et contrôleur général des finances ; et par M. Amelot, ministre et secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères. Ils avaient été nommés par le Roi pour signer les articles. Le marquis de La Mina signe les articles au nom du Roi Philippe V d’Espagne.
Le 25 août 1739
Cérémonies des fiançailles
Le comte de Marsan et le chevalier de Sainctot, introducteur des ambassadeurs, vont dans les carrosses du Roi et de la reine, à l’Hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, prendre le marquis de La Mina, et le conduisent à Versailles. L’ambassadeur est accompagné du même cortège qu’il avait eu le jour de son audience publique, et reçoit les mêmes honneurs que ce jour-là. Il est traité par les officiers du Roi, et après la cérémonie des fiançailles, il sera reconduit à l’Hôtel des Ambassadeurs extraordinaires dans les mêmes carrosses. Quelques temps avant l’heure marquée par le Roi pour les fiançailles, le marquis de La Mina, précédé de son cortège et suivi de plusieurs seigneurs espagnols, sort de la salle des Ambassadeurs pour se rendre chez le duc d’Orléans. Son appartement se trouve au rez de chaussée de l’Aile du Nord, et donne sur le parterre du Nord. Le duc d’Orléans doit, durant la célébration du mariage, représenter Don Philippe, Infant d’Espagne, et auquel le marquis de La Mina avait remis la procuration de ce prince, autorisée par le Roi et la Reine d’Espagne. L’ambassadeur, qui a le comte de Marsan à sa droite, et l’introducteur des ambassadeurs à sa gauche, prie le duc d’Orléans, après lui avoir fait un compliment, de venir chez le Roi pour les fiançailles. Le duc d’Orléans est en habit et veste d’étoffe d’or, le manteau de même, garni de dentelles d’or.
En allant chez le Roi, le duc d’Orléans marche à la droite de l’ambassadeur ; le comte de Marsan est à leur droite, et l’introducteur des ambassadeurs à la gauche. Depuis le grand escalier, le duc d’Orléans et l’ambassadeur sont précédés par le Grand Maître et par le maître des Cérémonies, et lorsqu’ils sont entrés dans le Cabinet, le Roi est avec les princes. Le duc d’Orléans va prendre sa place auprès du Roi, qui est au bout d’une table, qu’on avait mise dans le fond du Cabinet. L’ambassadeur s’approche de Louis XV, puis le complimente et vient ensuite se mettre après les princes.
L’habit du Roi est d’étoffe d’or, brodée en or, la veste d’une autre étoffe d’or à fond vert, brodé de même. Celui de M. le Dauphin est en droguet de soie, brodé en or et soie, la veste d’étoffe d’or, brodée de même. La Reine ayant été avertie par le marquis de Brézé, Grand Maître des Cérémonies, que le Roi était dans son Cabinet. Elle sort de son appartement pour s’y rendre, sous la conduite du marquis de Nangis, son chevalier d’Honneur, et du comte de Tessé, son premier écuyer. Elle a un habit de taffetas gris de lin, chamarré de raizeaux d’argent et de pierreries en grand nombre. Madame, qui en passant de son appartement, au premier étage de l’Aile des Princes donnant sur le parterre du Midi (appartement des Enfants de France), chez la Reine, avait été accompagnée par les princesses et par un grand nombre de dames de la Cour, et marche après la Reine. Elle a un habit de gros de tours, brodé d’argent, noué de couleurs, avec quantité de pierreries, diamants et rubis. le Dauphin lui donne la main, et Mme Henriette, sa sœur jumelle, porte la queue de sa mante, qui est en gaz d’or. Madame Adélaïde marche ensuite ; la duchesse de Tallard, gouvernante des Enfants de France, est auprès de Madame. Les princesses suivent la Reine ainsi que la duchesse de Luynes, sa dame d’honneur, la duchesse de Mazarin la dame d’atours, les dames du palais ; ainsi que les dames d’honneur des princesses, et un grand nombre de dames de la Cour. Marie Leszczyńska se place à la gauche du Roi, à l’autre bout de la table. le Dauphin et les princes se mettent du côté du Roi ; Madame, Madame Henriette, Madame Adélaïde et les princesses du côté de la Reine. A la droite du Dauphin était le duc de Chartres en habit de gros de tours, gris blanc et argent, garni de raizeaux d’argent, la veste jaune et argent, garnie de même. Suivi de Monsieur le Duc en habit de moire de soie, avec des points d’Espagne d’argent sur les coutures, la veste d’étoffe d’argent.
Vient ensuite le comte de Charolais, son frère, en habit de drap d’argent garni de points d’Espagne en or, la veste en gros de Naples citron, brodé en or en plein. Le comte de Clermont, son second frère, en habit de camelot d’argent, fond brun, garni d’un point d’Espagne, à raizeaux sur toutes les coutures ; les parements et la veste d’étoffe d’argent à fond jaune. Suivi du prince de Conti en habit de moire moucheté garni de points d’Espagne, d’argent à raizeaux, avec des houpes. Ensuite le prince de Dombes, en habit de cannelé brun, avec des points d’Espagne d’or à raizeaux sur toutes les coutures, la veste d’aun glacé d’or, fond vert en quadrille, garni de petites fleurs de pensées, avec des franges d’or et fleurs de jasmin. Son frère le comte d’Eu en habit de lustrine gris de perle, avec une broderie en or appliquée, la veste d’étoffe d’or nuée, à fond blanc, garni de frange d’or, aussi née, les parements de l’habit comme la veste.
Enfin, le duc de Penthièvre, en habit d’étoffe d’or, et la veste de drap d’argent, le tout garni de points d’Espagne d’or, avec des raizeaux d’or au bas de la veste et aux parements, et un nœud d’épaule enrichi de diamants. Du côté, était Madame la Duchesse douairière, fille légitimée du feu Roi Louis XIV, d’un tabis noir, et sa jupe d’un gros de tours à fond pistache or et argent, avec une mantille de raizeaux d’or et d’argent, tissus en mosaïque. Ensuite, la princesse de Conti douairière en habit de tabis noir, Mademoiselle en habit d’étoffe d’argent, chamarrée de diamants, Mademoiselle de Clermont en habit d’étoffe d’or, avec beaucoup de pierreries, la jupe de gaze fort riche. Mademoiselle de Sens, en habit de tabis noir, la jupe de gaze rayée d’or et d’argent, avec des pierreries. Mademoiselle de La Roche sur Yon, en habit de gaze, petit jaune et ragent, chamarrée de glands et de lilas en argent
mademoiselle du Maine, en habit chamarré de raizeaux d’or, enrichi de roses de diamants. Lorsque les princes et princesses ont pris leurs places, et que les seigneurs et dames de la Cour se sont rangés des deux côtés du cabinet, monsieur Amelot, ministre et secrétaire d’état aux affaires étrangères, s’avance près de la table, du côté du Roi, et le comte de Maurepas, ministre et secrétaire d’état à la Maison du Roi, se met à l’autre bout. Monsieur Amelot lit le commencement du Contrat, qui est signé par le Roi, la Reine, M. le Dauphin, par Madame, par Madame Henriette et par Madame Adélaïde ; la plume leur ayant été présentée par M. Amelot. Les princes et les princesses du sang signent ensuite le Contrat dans la même colonne que le Roi. L’ambassadeur signe seul dans la seconde colonne, vis-à-vis du duc d’Orléans. Dès que le contrat est signé, S.E. le cardinal de Rohan, Grand Aumônier de Frace, en rochet et en camail, accompagné de deux aumôniers du Roi, du père Lignières, confesseur du Roi, et de quelques ecclésiastiques de la chapelle du Roi, entre dans le Cabinet du Roi, et se place devant la table. Madame s’approche et le duc d’Orléans s’étant mis à sa droite, le cardinal de Rohan fait les fiançailles. Après cette cérémonie, le duc d’Orléans est reconduit dans son appartement par l’ambassadeur, dans le même ordre qu’à son arrivée.
Le 26 août 1739
La jeune Élisabeth, qui a tout juste douze ans, se marie par procuration. Par ce mariage, elle prend le nom de « Madame Infante ». Les cérémonies fastueuses qui ont lieu pour l’occasion sont passées à la postérité.
La cérémonie de mariage par procuration
Louis XV se rend, à midi, dans la chapelle du château, qui avait été préparée pour cette cérémonie. Toutes les travées sont remplies par les ambassadeurs, par les ministres étrangers et par les membres les plus considérables de la Cour. Louis XV est précédé : du duc d’Orléans, du duc de Chartres, de Monsieur le Duc, du comte de Charolais, du comte de Clermont, du prince de Conti, du prince de Dombes, du comte d’Eu et duc de Penthièvre ; il y a aussi deux Huissiers de la Chambre portant leurs masses. Les principaux officiers du Roi sont aussi présents. Le cortège est ouvert par le Grand Maître et le Maître des Cérémonies. Des banquettes contiennent la foule des spectateurs, qui laissent un espace suffisant pour le passage du Roi et de la Cour.
Marie Leszczyńska suit accompagnée des princesses et dames de la Cour, comme la veille. Le Dauphin donne la main à Madame, qui marche après la Reine, et suivie par Madame Henriette et Madame Adélaïde. La Cour est brillante, magnifique et variée, relevée par la richesse des pierreries et des habits des seigneurs et dames de la Cour, sans compter les seigneurs étrangers qui sont en grand nombre. Tous remplissent la Galerie et le Grand Appartement jusqu’à la Chapelle. Louis XV porte un habit d’étoffe d’argent brodé d’argent en coquilles, les boutons de diamants, la veste d’étoffe d’argent, richement brodée et un gros diamant au chapeau. Le Dauphin a un habit de brocard d’or, brodé sur toutes les coutures, et la veste brodée en mosaïque, enrichie de rubis. Le duc d’Orléans a le même habit que pour les fiançailles. Le duc de Chartres a un habit de drap de couleur noisette et or, brodé d’or et la veste de même. Monsieur le Duc a un habit de pluie d’argent, brodé d’or, la veste d’étoffe d’argent brodée en or. Le comte de Charolais a un habit brodé d’or en plein, la veste d’une étoffe verte et or. Le comte de Clermont porte un habit d’Avanturine d’or, fond agathe à gerbes d’or ; la veste glacée d’argent en quadrille d’or, ainsi que les parements de l’habit, avec un bleuet dans le milieu, orné d’une broderie à fond avec des raizeaux en or, et des frangerons sur toutes les coulures. Le prince de Conti porte un habit de camelot d’argent, fond brun, enrichi partout de raizeaux d’or, avec houpes. Le prince de Dombes a un habit de droguet d’argent, fond gris de perles, brodé d’argent, et la veste aussi droguet, fond cerise et brodée de même. Le comte d’Eu a un habit d’Avanturine, couleur de noisette claire, à un fond d’or, avec fleurs et cornes d’abondances en or ; la veste d’étoffe d’argent, fond violet, brodée en soie nuée. Le duc de Penthièvre porte un juste-au-corps d’étoffe d’or, brodé d’argent né, la veste de même ; le bas garni d’un raizeau d’or né ainsi que les parements d’habit avec nœud d’épaule, enrichi de diamants.
Marie Leszczyńska a un habit de gaze, fond noir et or, très riche, l’étoffe posée sur un fond de couleur rose, avec raizeaux d’or en falbala, et quantité de pierreries, glands de perles et de diamants… Le diamant « le Régent » faisait le principal ornement de la coiffure de la Reine. «Le Sancy» est employé à son collier, et quantité d’autres de très grands prix, ainsi que de très belles perles aux boucles d’oreilles, pendeloques, coulans, nœuds de diamants. L’habit de Madame est d’un tissu d’argent à fond blanc, brodé avec des points d’Espagne en argent, et enrichi d’une quantité prodigieuse de diamants, de perles et de rubis. Les habits de Mesdames Henriette et Adélaïde sont des plus riches étoffes, ornés de point d’Espagne en argent, enrichis d’une quantité prodigieuse de pierreries. Le cortège descend le grand escalier de marbre ; arrivés à la chapelle, le Roi et la Reine s’avancent jusqu’au prie-dieu. Madame va se mettre à genoux sur les marches qui montent au sanctuaire. Le duc d’Orléans s’y met aussi, et à la droite de Madame, S.E. le cardinal d’Auvergne, Premier Aumônier du Roi, est à la droite du prie-dieu, et après lui se placent S.E. le cardinal de Polignac et plusieurs ecclésiastiques.
S.E. le cardinal de Rohan, qui est sorti de la sacristie au moment où Louis XV arrivait dans la chapelle, va présenter l’eau bénite au Roi et à la Reine. Il monte ensuite à l’Autel duquel le Roi, la Reine, le Dauphin, Madame Henriette, Madame Adélaïde, les princes et les princesses du sang s’approchent.
Le marquis de Lamina, qui était entré dans la chapelle un moment avant celle du Roi, est placé entre le comte de Marsan et l’introducteur des ambassadeurs, sur un banc à droite du prie-dieu du Roi, puis s’approche aussi de l’Autel pour être témoin du mariage. S.E. le cardinal de Rohan commence la cérémonie par la bénédiction de treize pièces d’or et d’un anneau d’or, et les réunit au duc d’Orléans, qui met l’anneau au quatrième doigt de la main gauche de Madame, et lui donne les treize pièces d’or en foi de mariage, au nom de l’Infant d’Espagne.
Lorsque le cardinal de Rohan demande au duc d’Orléans, si comme procureur de Don Philippe, il prenait Madame Louise Elisabeth de France pour sa femme et légitime épouse ; le duc d’Orléans se tourne du côté du Roi, et il lui fait une profonde révérence. Madame ne répond aussi qu’après en avoir demandé la permission au Roi et à la Reine. Les cérémonies du Mariage ayant été achevées, et Madame et le duc d’Orléans ayant reçu la bénédiction nuptiale, le Roi et la Reine reviennent à leur prie-dieu, et le cardinal de Rohan commence la messe. Après l’Offertoire, Madame va à l’Offrande, et ensuite le duc d’Orléans. A la fin du Pater, deux aumôniers du Roi étendent au-dessus de la tête de Madame et du duc d’Orléans, un poêle de brocard d’argent, et ils ne l’ôtent qu’après que le cardinal de Rohan eu achevés les oraisons ordinaires. La messe étant finie, le cardinal de Rohan vient au prie-dieu du Roi et de la Reine, et leur présente les registres ordinaires des mariages de la paroisse de Versailles, qui avaient été apportés par le curé de la paroisse, le père Jomard, lequel avait assisté à la cérémonie du mariage ainsi qu’aux fiançailles. Le Roi, la Reine, le Dauphin, Madame, Madzme Henriette, le duc d’Orléans, et Madame la Duchesse douairière signent les registres. Après les signatures, le Roi et la Reine remontent dans leurs appartements dans le même ordre qu’à leur arrivée à la Chapelle.
Vers dix-huit heures, Louis XV et Marie Leszczyńska passent dans la grande galerie, qui est magnifiquement éclairée, ainsi que le Grand Appartement, par trente lustres à six, à huit et à douze bobêches, sans compter une très grande quantité de girandoles nouvelle et très ingénieuse, dont le brillant des cristaux fait un effet prodigieux. Ils tiennent «Appartement», et jouent au lansquenet. le Dauphin, Madame et Madame Henriette jouent à une autre table. Il y en a d’autres pour les princes et les princesses du sang, et les seigneurs et les dames de la Cour. A la fin du jour, la décoration élevée à l’extrémité de la terrasse qui est en face de la grande galerie, et qui s’étend jusqu’au de là de fontaines qui sont au bout de celle-ci, est illuminée. Cela forme un très beau spectacle. A vingt-et-une heures, le Roi et la Reine, ayant quitté le jeu, se placent à la croisée du milieu de la galerie, pour voir tirer le feu d’artifice, dont l’exécution et la variété répondent à la magnificence de l’illumination.
Après le feu d’artifice, le Roi et la reine soupent dans l’appartement de la Reine ; Madame, Madame Henriette, Madame la Duchesse douairière, la princesse de Conti douairière, Mademoiselle, mademoiselle de Clermont, mademoiselle de Sens, mademoiselle de La Roche sur Yon et Mademoiselle du Maine ont l’honneur de souper avec eux. Le marquis de Lamina, que le comte de Marsan et l’introducteur des ambassadeurs étaient allés chercher, le matin à l’Hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, dans les carrosses du Roi et de la Reine, pour la messe à Versailles, est traité par les officiers du Roi, et le soir, il est reconduit, à Paris, dans les mêmes carrosses.
Le 27 août 1739
Fête donnée en l’honneur dr Madame par l’ambassadeur d’Espagne
Madame vient à Paris, et fait l’honneur, au marquis de Lamina, de se trouver à la fête qu’il donne à l’occasion de son mariage avec l’Infant d’Espagne. La décoration qu’il a fait élever sur les bords de la rivière, du côté du Louvre, et vis-à-vis de son hôtel, représente un paysage, dont les parties principales expriment l’union du Royaume de France et de celui d’Espagne, confirmée par la nouvelle Alliance, qui faisait l’objet de la joie publique. Cette décoration était terminée dans le haut, par deux grands arbres, chargés des Armes de France et de celles d’Espagne, et dans le bas, on avait représenté la figure de la Seine et celle de l’Ebre, dont les eaux se réunissaient. Le devant de l’Hôtel du marquis de Lamina est éclairé par douze grandes pyramides de lumières, et les trumeaux des croisées de son Hôtel étaient garnis de girandoles. Dès que Madame paraît sur le balcon de l’Hôtel de l’ambassadeur, on entend un grand bruit de timbales et de trompettes, et d’autres instruments, placés dans un bateau, qui était vis-à-vis de l’Hôtel des Ambassadeurs. On illumine ensuite la décoration, et on tire de dessous la montagne, et sur la rivière, le feu d’artifice, et après lequel Madame retourne à Versailles.
A dix heures du soir, le marquis de Lamina fait servir plusieurs tables avec autant de délicatesse que de profusion.
Le 30 août 1739
Elle doit quitter Versailles. Les adieux d’Élisabeth à sa famille sont déchirants. En larmes, elle quitte sa sœur jumelle, Madame Henriette, sur ces mots :
« C’est pour toujours, mon Dieu, c’est pour toujours ! »
C’est en territoire espagnol, à Alcala de Henares, à soixante lieues (trente kilomètres) de Madrid, que Madame Infante peut rencontrer son époux, jeune homme de dix-neuf ans guère brillant mais avec qui elle s’entend bien.
Le 31 août 1739
Départ de Madame de Versailles pour la frontière espagnole
Madame part pour se rendre sur la frontière d’Espagne. Elle est accompagnée de la duchesse de Tallard, gouvernante des Enfants de France, et choisie par le Roi, pour conduire Madame jusqu’à la frontière, et de la duchesse d’Antin et de la comtesse de Tessé, aussi nommées par le Roi pour l’accompagner dans le voyage, et de la marquise de Muy, sous gouvernante des Enfants de France.vMadame est suivie d’un détachement des gardes du corps, et des officiers du Roi, ordonné par le Roi pour la servir jusqu’à la frontière, où elle doit trouver les principaux officiers de sa Maison, et les carrosses que le Roi d’Espagne envoie au-devant d’elle. Louis XV conduit Madame à deux lieux de Versailles. Monsieur de Verneuil, secrétaire du Cabinet du Roi, et introducteur des Ambassadeurs, a été nommé, par Louis XV, pour aller sur la frontière d’Espagne pour y signer les actes de remise de Madame, entre les mains des espagnols. Le marquis de Lamina, ambassadeur du Roi d’Espagne, part de Paris le même jour.
Le 25 octobre 1739
Leur mariage a enfin lieu.
Ils auront trois enfants qu’elle éduquera selon la philosophie des Lumières en leur donnant pour précepteur les français l’abbé Mably (1709-1785) et l’abbé Condillac (1714-1780).
Le 31 décembre 1741
Naissance de Madame Louise , Madame Troisième, sa première fille, qui épousera en 1760, le futur Joseph II (1741-1790).
Le 28 septembre 1744
Mort de sa sœur, Thérèse-Félicité, Madame Sixième
Le 23 février 1745
Son frère, Louis-Ferdinand, épouse au château de Versailles sa cousine l’infante Marie-Thérèse, deuxième fille de Philippe V et sœur de l’infant Philippe qui avait épousé en 1739 Louise-Élisabeth (1727-1759), sa sœur aînée. C’est au cours des festivités du mariage que le Roi prend comme maîtresse madame d’Étiolles (qu’il fait bientôt marquise de Pompadour).
La marquise de Pompadour (1721-1764) est détestée par le jeune Dauphin qui, avec ses sœurs, l’appelle par ironie et irrévérence Maman Putain.
Le 22 juillet 1746
La Dauphine meurt, à Versailles. Son époux en éprouve un chagrin extrême.
Le 9 février 1747
Le Dauphin Louis-Ferdinand de France épouse à Versailles Marie-Josèphe de Saxe.
Bien que le duc de Luynes écrit dans ses mémoires, à propos d’Élisabeth :
« Elle réussit fort bien dans ce pays. On est extrêmement content de son maintien et de sa figure. »
Il semble qu’Elisabeth se soit vite lassée de la Cour madrilène, où le protocole est encore plus pesant qu’à Versailles et où règnent l’ennui et l’inaction. Sa belle-mère, Elisabeth Farnèse (1692-1766), au caractère difficile, tente d’exercer son emprise sur la jeune femme. Madame Infante s’emploie alors, avec ambition et énergie, à conquérir quelque territoire pour son époux afin d’y échapper.
Louis XV s’est engagé dans la « guerre des duchés » (1741-1748) où la France tente avec l’Espagne de ravir à l’Autriche certains duchés qu’elle détient en Italie. En cas de conquête, certains territoires retourneraient à Philippe d’Espagne dans leur intégralité.
Le 18 octobre 1748
Par le Traité d’Aix-la-Chapelle, l’infant obtient définitivement le duché de Parme, de Plaisance et de Guastalla qu’a possédé la famille Farnèse dont sa mère est la dernière descendante.
Le 11 décembre 1748
Prétextant le devoir de remercier son père, Madame Infante en profite pour revenir à la cour de France avant de se rendre à Parme. Le Roi éprouve « une joie parfaite, noble et aisée de se voir ainsi avec sa famille », selon le duc de Croÿ.
Il écrit également que « l’infante rapporte un très grand accent gascon qui faisait, avec sa vivacité, un plaisant effet ».
Louis XV demande à la comtesse de Toulouse, au duc et à la duchesse de Penthièvre de laisser leurs appartements situés au rez-de-chaussée du corps central sous le salon de la Guerre et une partie de l’actuelle Galerie Basse, pour loger sa fille aînée.
Le marquis de Choiseul (1712-1785), lui, dit qu’Élisabeth « est infiniment mieux que lorsqu’elle est partie de France […] Sa figure est très agréable, elle a les plus beaux yeux du monde ; le regard perçant annonce l’esprit ».
Fine politique, au cours de son séjour, elle se rapproche de madame de Pompadour (1721-1764), l’appui de cette femme à la faveur éclatante pouvant se révéler judicieux pour elle, s’aliénant le parti dévot, où figurent sa mère et ses frères et sœurs.
Le 11 février 1749
Louis XV donne, 200 000 livres de pension, à Madame Infante, sa fille aînée, pour la mettre à l’aise dans la Cour qu’elle va tenir à Parme, où l’on prétend qu’elle ne sera pas heureuse, parce que son mari n’y sera pas riche, ni en si grand pouvoir de s’endetter que les autres monarques.
En mars 1749
On dit que Madame Infante va rester longtemps en France, peut-être des années. La raison est que le palais de Parme manque de tout, qu’il n’y a ni meubles, ni même d’escaliers, qu’il y a pour longtemps à y travailler.
Heureux prétexte à l’amour paternel pour garder ici Madame Infante, ce qui est fort coûteux, et la séparer d’un mari qu’elle n’aime pas ! le Roi n’aime pas non plus, dit-on, son gendre Don Philippe, parce qu’il ne s’est pas montré assez valeureux dans la guerre d’Italie ; mais il est fâcheux de laisser perdre ainsi l’âge de la fécondité de Madame Infante, qui pouvait donner des mâles à la maison royale.
En octobre 1749
Madame Infante, bien plus heureuse à Versailles, avec sa fille Isabelle qui l’a suivie, qu’auprès de son époux « qu’elle n’aime point », ne se résolut à se rendre à Parme qu’en octobre 1749. Elle y apporte la culture française et impose le style versaillais dans son palais.
Le 20 janvier 1751
Naissance de son fils, Ferdinand de Bourbon (qui mourra en 1802).
Le 13 septembre 1751
Naissance de son neveu, Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne à Versailles.
Le 9 décembre 1751
Naissance de sa fille, Marie-Louise de Bourbon-Parme (qui mourra en 1819) , future épouse de Charles IV d’Espagne (1748-1819)… ce seront les victimes picturales de Goya…
Le 10 février 1752
Décès de Madame Henriette, sa douce sœur jumelle, qu’elle aime beaucoup, à l’âge de vingt-quatre ans.
Louis XV, dont Henriette était la fille préférée, est anéanti comme toute la famille royale. Le peuple maugrée que le décès de la jeune princesse est une punition divine.
Du 26 novembre 1752 au 27 septembre 1753
Élisabeth revient en France pour se recueillir sur la tombe de sa sœur jumelle. Elle occupe alors le même appartement qu’en 1748 mais qui appartient à Madame Adélaïde. Alors qu’il était prévu que Madame Infante ne reste à la Cour que quelques semaines, elle y passe une année, assistant au triomphe de madame de Pompadour, au grand dam du Dauphin Louis-Ferdinand et de ses sœurs Mesdames Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise, qui la détestent.
En 1753
Élisabeth souhaite que sa sœur, Madame Victoire, épouse son beau-frère, le Roi Ferdinand VI d’Espagne (1713-1746-1759). Mais la Reine d’Espagne, bien qu’affligée d’une santé des plus médiocres, ne meurt que cinq ans plus tard. Le Roi étant lui-même à la dernière extrémité, le mariage ne se fait pas.
Le 23 août 1754
Naissance de son neveu, Louis-Auguste, futur Louis XVI.
Le 17 novembre 1755
Naissance de son neveu, Louis-Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII.
En 1756
Revenue dans le duché de Parme, Élisabeth, qui s’y ennuie, se met en quête d’un trône plus avantageux. Une seconde guerre européenne éclate, opposant les Bourbons (France, Espagne, Parme, Naples et Sicile) et l’Autriche à la Prusse et à l’Angleterre, de 1756 à 1763 d’où son nom : la guerre de Sept Ans.
La duchesse de Parme s’allie avec l’Impératrice Marie-Thérèse (1717-1780), qui lui promet les Pays-Bas.
Début septembre 1757
Elle regagne la France, espérant obtenir le soutien de son père et marier sa fille aînée, Isabelle, avec l’archiduc d’Autriche Joseph, futur empereur Joseph II. Ce premier mariage aura lieu en octobre 1760.
La duchesse de Parme songe au duc de Bourgogne, petit-fils aîné du Roi, pour sa fille cadette.
Le 5 janvier 1757
Attentat de Damiens (1715-1757) contre le Roi Louis XV, son père.
Le 9 octobre 1757
Naissance de son neveu, Charles-Philippe, comte d’Artois, futur Charles X.
Le 3 septembre 1758
Elisabeth revient à Versailles pour n’en plus repartir. A l’occasion de ce voyage, le Roi demande au capitaine des Gardes de laisser son appartement donnant sur la cour de Marbre.
Le 23 septembre 1759
Naissance de Marie-Clotilde de France, qu’on appellera Madame Clotilde, ou plus trivialement Gros Madame, future Reine de Sardaigne.
Porcelaines ayant appartenu à Madame Infante
Le 10 août 1759
Les défaites s’enchaînant aux Pays-Bas, l’Infante perd peu à peu ses illusions. La mort de Ferdinand VI (1713-1759) Roi d’Espagne, sans héritier, rapproche Élisabeth et Philippe du trône espagnol. Mais le frère cadet du défunt monarque, Roi de Naples et de Sicile, devint Charles III d’Espagne (1716-1788) laissant son royaume italien non à son frère mais à son fils cadet âgé seulement de huit ans mais promis à une Archiduchesse d’Autriche, Marie-Caroline, la sœur préférée de Marie-Antoinette.
Élisabeth se prend d’amitié pour l’abbé de Bernis (1715-1794), un abbé qu’elle a connu à Parme… qui sera l’ami de ses sœurs Adélaïde et Victoire lorsqu’elles erreront en Europe pendant la révolution…
Choiseul, volontiers calomniateur, écrit dans ses Mémoires que « Bernis aimait à caresser les seins généreux de la fille aînée de Louis XV ».
La rumeur d’une liaison disparut lorsque l’abbé démissionne.
Toujours à Versailles, la santé de Madame Infante se fait de plus en plus chancelante. Les épreuves l’ont très lourdement affectée.
Marie Leszczyńska écrit :
« Ma pauvre infante est bien malade d’une grosse fièvre […] je suis très inquiète ».
Le 6 septembre 1759
Elisabeth de France, infante de Parme et fille aînée de Louis XV négocie le mariage de sa fille Isabelle avec l’Archiduc Joseph, une revanche sur son sort car ce mariage est bien plus prestigieux que fut le sien avec un infant cadet.
Elle écrit alors au duc son époux :
« Notre fille me paraît un peu trop aise ; je voudrais pour elle que ton sort l’occupât en apprenant le sien.»
Au début du mois de décembre 1759
La petite vérole se déclare. Le mal, contre lequel les médecins sont impuissants, l’emporte rapidement.
Le 6 décembre 1759
Madame Élisabeth meurt à Versailles.
Le 27 mars 1760
Elle est inhumée à Saint-Denis, auprès de Madame Henriette, sa jumelle bien aimée.