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Louis-Ferdinand de France, Dauphin

Louis-Ferdinand de France, Dauphin – Marie-Antoinette AntoinetthologieLe Dauphin Louis-Ferdinand

Le 4 septembre 1729

Naissance de Louis-Ferdinand à Versailles

Il est le fils du Roi Louis XV ( 1710- 1774) et de Marie Leszczynska (1703-1768).

Marie Leczinska, reine de France, à 26 ans, avec son fils Louis, dauphin de France, en 1729, par BelleLa Reine Marie et le Dauphin, son fils
A portrait of Louis de France (1729-1765) as an infant by Alexis Simon Belle.
[credit: © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot]Le Dauphin Louis-Ferdinand

Le 30 août 1730

Naissance d’un deuxième fils du couple royal, Philippe-Louis, duc d’Anjou , qui mourra le 7 avril 1733) .

Aperçu de l’imageImage de Louis XV, le Soleil Noir (2012) de Thierry Binisti

Le Dauphin a également sept sœurs : les deux aînées survivantes Elisabeth et Henriette-Anne, jumelles nées en 1727, Adélaïde (née en 1732), Victoire (1733), Sophie-Philippine (1734), Thérèse-Félicitée (1736, morte à Fontevrault en 1744) et Louise-Marie (née en 1737).

La Gloire des Princes s'empare des Enfants de France, par De TroyLa Gloire des Princes s’empare des Enfants de France, par De Troy
La France confie ici à la Gloire les trois premiers enfants du Roi : Louis, dauphin de France, Madame Élisabeth (de dos), et Madame Henriette.
File:Dauphinlouisferdinand.jpgLe Dauphin Louis-Ferdinand coiffé à la polonaise

A partir du 21 mai 1733

« Séjour des Enfans de France à Meudon en 1733.

Le séjour des Enfans de France à Meudon a été déterminé(…) dans une assemblée de médecins qui s’est tenue à Versailles, par rapport à leur santé, la mort de Madame Troisième et celle de Monsieur le duc d’Anjou ayant fait peur pour les autres. (…)

Il est donné ordre à l’officier des gardes qui commande à Meudon de ne point laisser entrer le Roi dans la chambre de M. le Dauphin ny des dames. »

 Le 27 avril 1737

Louis-Ferdinand  n’est baptisé à Versailles qu’à huit ans.

Louis-Ferdinand maniant le cerf-volant reçu à Noël

Son parrain est le duc d’Orléans (1703-1752) , et sa marraine, la princesse de Condé (1673-1743).

Workshop of Louis Tocqué: Portrait de Louis de France, Dauphin fils de Louis  XV. ca. 1738. | Peinture historique, Dauphin, Portrait de mariéeLouis-Ferdinand en 1738 par Louis Tocqué

L’éducation du dauphin est confiée à Jean-François Boyer, évâque de Mirepois, homme vertueux mais au seuil de la vieillesse et de vues étroites. De fait, il eut pour sous-précepteur l’abbé Joseph de Giry de Saint Cyr, membre de l’Académie française. Louis-Ferdinand est un élève très brillant. Ainsi, il a une excellente connaissance du latin, il parle couramment l’anglais, chose rare pour un prince de son époque et excelle dans nombre d’autres disciplines.

Fichier:Louis Tocqué - Portrait of Louis, Grand Dauphin of France -  WGA22994.jpg — WikipédiaLouis-Ferdinand par Louis Tocqué

En revanche, il déteste l’activité physique et renoncera même à la chasse après avoir tué par mégarde un de ses hommes. Il accorde sa protection à la veuve et aux descendants du malheureux et une pension qui sera versée par les différents gouvernements jusqu’à l’extinction de la lignée de la victime sous la Troisième République.

À un proche qui lui fait remarquer que ce n’est pas l’usage, le prince réplique :

« Il n’est pas d’usage non plus que le Dauphin tue un Français. »

Le prince devient, comme ses sœurs, un excellent musicien.

Seul fils survivant du couple royal, adulé par sa mère et ses sœursce fut un enfant orgueilleux voire tyrannique, mais très pieux, désirant ressembler à son grand ancêtre, fondateur de sa lignée, Saint Louis.

En 1736

Il a sept ans quand le roi son père fait paraître ouvertement à la cour sa première favorite, la comtesse de Mailly, qui est bientôt supplantée dans le cœur du roi par sa sœur, la comtesse de Vintimille, laquelle meurt en couches (1741). La sœur des deux précédentes, la marquise de la Tournelle (bientôt titrée duchesse de Châteauroux) lui succède.

En 1738

Il a neuf ans quand ses quatre plus jeunes sœurs quittent la Cour pour l’abbaye de Fontevraud où elles doivent être éduquées à moindre frais.

Visiter l'abbaye de Fontevraud : histoire, tarifs, horaires - Culturez-vous

Ne restent à la Cour que ses aînées, les jumelles Mesdames Élisabeth et Henriette et sa cadette Madame Adélaïde.

Louis-Ferdinand (1739) par Louis Tocqué
So!Art Association: Clovis Fouin à propos de "Cahiers de Nijinski ... C’est Clovis Fouin qui interprète Louis-Ferdinand dans Nannerl, la sœur de Mozart (2010)  de René Féret

Très affecté par la séparation officieuse de ses parents, l’adultère du Roi et la résignation doloriste de sa mère, il s’escrime à ne pas ressembler à son père, optant dès son enfance pour une dévotion profonde et assumée.

Jeanne Poisson, marquise de Pompadour. Téléfilm - Page 2Charlotte de Turckheim incarne magistralement Marie Lezsczynska dans Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006), qu’interprète Hélène de Fougerolles dans le  téléfilm de Jean-Marie Sénia
Le DAUPHIN LOUIS, Fils de LOUIS XV | Vieux portraits, Dauphin, Personnages  historiquesLouis-Ferdinand par La Tour

Le 23  février 1745

Louis-Ferdinand épouse au château de Versailles  sa cousine l’infante Marie-Thérèse, deuxième fille de Philippe V et sœur de l’infant Philippe qui avait épousé en 1739 Louise-Élisabeth (1727-1759), sa sœur aînée.

L’infante Marie-Thérèse d’Espagne par Daniel Klein

Offres et enchères terminées - Louis XV - Médaille - Mariage du dauphin  Louis Ferdinand de France et de Marie Thérèse - 1745 - Monnaies d'antan

C’est au cours des festivités du mariage que le Roi prend comme maîtresse Madame d’Étiolles (qu’il fait bientôt marquise de Pompadour).

Résultat de recherche d'images pour "Le bal des ifs"Bal masqué donné par le Roi Louis XV dans la Grande Galerie à l’occasion du mariage de Louis, Dauphin de France, avec Marie-Thérèse, infante d’Espagne, du 25 au 26 février 1745

Très timide, distante, la dauphine préférait la plupart du temps demeurer dans ses appartements et détestait le jeu.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Jeu-du-Roi-1024x647.jpg.Jeu du Roi et de la Reine dans la galerie des Glaces du 24 février 1745

Le mariage n’est pas consommé dans ses premiers temps, ce qui gêne la Dauphine vis-à-vis de son époux et de la Cour qui faisait courir le bruit que le Dauphin, âgé de seize ans, était impuissant. L’union n’est consommée que sept mois après les noces en septembre 1745. Cet événement rapprocha les époux, qui passèrent dès lors la plupart du temps ensemble, dans une grande dévotion, à l’opposé du Roi qui vit séparé de la Reine depuis près de dix ans, ne peut plus communier depuis des années, mais fréquente surtout les appartements de sa nouvelle favorite.

Jeanne-Antoinette de Pompadour par Boucher

L’Appartement du Dauphin en 1745.
Au premier étage de l’Aile du Midi

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles-passion )

Aucune description de photo disponible.Plan de l’Appartement du Dauphin en 1745

On pénètre dans l’Appartement du Dauphin par une porte ouverte sur le palier de l’Escalier des Princes.

La Salle des gardes dans laquelle on pénètre était une grande salle à deux fenêtres sur le Parterre du Midi. On a ouvert une cheminée neuve dans le mur qui la séparait de la Première Antichambre. Les murs sont recouverts d’une tapisserie de tenture en cuir fond gris perlé à décor doré.

Peut être une image de monumentFaçade de l’Aile du Midi : l’appartement occupe le premier étage de l’Escalier des Prince au Pavillon Central.

On passe ensuite dans la Première Antichambre, pièce ayant également deux fenêtres sur le parterre. Les murs sont couverts d’une tenture d’étoffe. Une petite porte dans le fond menait à une série de petites pièces avec entresols au-dessus .

Derrière les deux antichambres du prince se trouvent les deux pièces de Binet, son premier valet de chambre, pièces éclairées sur la Galerie de Pierre, lui permettant de sortir sur cette galerie, d’aller dans les deux antichambres, la salle de bain commune au Dauphin et à la Dauphine, à un escalier menant à l’entresol et à des petites pièces où logent les garçons de la chambre qui sont sous ses ordres.

Après la Seconde Antichambre, venait la Chambre du Dauphin, deux fenêtres avec console de bois sculpté et doré entre elles. Le lit est placé au fond. Face à la cheminée, Gaudreaux avait placé une grande commode plaquée de bois de violettes, bombée et chantournée.

Peut être une image de menuiserieBureau du Grand Cabinet du Dauphin par BVRB

La Manufacture des Gobelins avait envoyé des portières de basse lisse en laine, du dessin d’Audran, représentant six divinités : Saturne, Jupiter, Neptune, Vénus, Junon et Cérès. On les partagea entre la Chambre et le Cabinet.

Aucune description de photo disponible.Portière des Dieux : Bacchus par Audran

Après la Chambre, on entrait dans le Grand Cabinet à deux fenêtres, avec une cheminée neuve dans le mur de la Chambre. Ce cabinet était meublé suivant l’usage du temps de la même étoffe que la Chambre. On y avait placé un très beau bureau de marqueterie au-dessus en maroquin noir.

Aucune description de photo disponible.Portière des Dieux : Jupiter par Audran

Le Dauphin avait à l’entresol, donnant sur la Galerie, deux petites bibliothèques.

La marquise de Pompadour (1721-1764) est tout autant détestée par le jeune Dauphin qui, avec ses sœurs, l’appelle par ironie et irrévérence Maman Putain, que par Marie-Thérèse. En effet, la Dauphine de vingt ans est tout aussi hostile au monarque et prétend que « sa timidité l’empêche totalement de lui parler ».

Peu après, Marie-Thérèse se trouve enceinte. L’accouchement est prévu pour le début juillet 1746, mais le terme se fait attendre, ce qui exaspère la patience de Louis XV, des diplomates, de la cour et du peuple.

Le 11 mai 1745

 C’est à la bataille de Fontenoy, aux côtés de son père et à l’âge de quinze ans, que le Dauphin connaît le baptême du feu. Il fait preuve de courage, voire d’enthousiasme, mais reçoit de la bouche même du Roi une belle leçon d’humanité propre à édifier le futur monarque :

« Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire c’est de l’épargner. »

Afin de préserver Marie-Thérèse et d’éviter un danger pour l’enfant qu’elle porte, on ne lui annonça pas la mort de son père, Philippe V ( 1683-1746), survenue le 9 Juillet.

Le 19 juillet 1746

Finalement, la princesse met au monde une petite fille que le Dauphin, profondément épris, fait baptiser sous le nom de Marie-Thérèse pour rendre hommage à son épouse adorée.

La Dauphine se remet d’abord bien de son accouchement, mais son état se dégrade brutalement …

Le 22 juillet 1746

tiny-librarian:
“ Maria Teresa Rafaela of Spain, Dauphine of France.
”Marie-Thérèse d’Espagne

La Dauphine meurt, à Versailles. Son époux en éprouve un chagrin extrême.

 Vers 1746

Sa piété est éclairée, et d’un caractère qui doit faire espérer qu’elle sera solide, mais l’enfance est grande en lui, et lorsqu’on lui tient quelques discours de médisance, ce qui n’arrive que trop souvent, il les répète avec peu de discrétion. Il est fort fâcheux que la raison ne soit pas encore assez avancée en lui pour lui faire sentir les conséquences ; ce n’est pas cependant qu’il manque d’esprit, mais il est vif et ne fait pas assez de réflexions. (…)

Le caractère de monsieur le Dauphin est de passer promptement d’une chose à une autre. Il n’aime aucun amusement ; la chasse à courre et à tire l’ennuie ; il ne peut pas souffrir le jeu ; il n’aime point les spectacles. Jusqu’à présent il parait qu’il n’y a que la musique pour laquelle il a passez de gout ; il joue du violon, il chante, il joue de l’orgue et du clavecin ; il lit des livres de piété ; mais il parait qu’en tout il ne s’occupe pas assez. D’ailleurs comme je viens de le dire, toujours extrêmement enfant. (…)

Le Dauphin est capable d’amitié ; il est caressant et gai, et se montre tel qu’il est ; il a l’imagination vive et des saillies assez plaisantes.

Le duc de Luynes

À peine la jeune Dauphine a-t-elle expiré que la Cour songe au remariage du Dauphin accablé de tristesse.

La Cour de Madrid, qui tenait à l’alliance française, proposa immédiatement l’infante Marie-Antoinette, sœur cadette de Marie-Thérèse ce que le Dauphin souhaitait espérant trouver chez sa belle-sœur les qualités qu’il révérait chez son épouse défunte.

Alors que la guerre de succession d’Autriche fait rage, que les troupes françaises ont conquis les Pays-Bas autrichiens mais que la « Reine de Hongrie » (Marie-Thérèse) avait fait élire et couronner son époux empereur, les données changent. Si la Reine Marie Leszczsynska et le clan Choiseul penchent pour l’alliance Espagnole, le Roi préfère une princesse de Savoie tandis que l’héroïque maréchal de Saxe, soutenu par la marquise de Pompadour, propose une princesse de Saxe, nièce du maréchal, qui serait forcément reconnaissante envers la favorite.

Aperçu de l’imageFlorian Cadiou incarne Louis-Ferdinand dans Louis XV, le Soleil Noir (2009) de Thierry Binisti

Finalement, le Dauphin épouse à contre-cœur l’année suivante Marie-Josèphe de Saxe, princesse intelligente de quinze ans qui sait, malgré sa jeunesse, apprivoiser l’inconsolable veuf de dix-neuf ans qu’on lui donne pour mari.

Le 5 février 1747

Les carrosses roulent vers Nogent et Nangis.

Louis XV arrive à Choisy et s’engage sur la route de Corbeil jusqu’à Cromazel où est fixé le rendez-vous avec Marie-Josèphe.

Le 7 février 1747

La Dauphine rencontre le Roi Louis XV et son mari , Louis-Ferdinand.

Le 8 février 1747

Marie Leszczynska, accompagnée de Mesdames Henriette et Adélaïde, de la duchesse de Chartres, de la princesse de Conti et de mademoiselle de Charolais, quitte Versailles pour se rendre au-devant du cortège qu’elle rejoint près de la croisée du pavé de Choisy.

Marie-Josèphe s’avance, avec émoi, vers la Reine et s’incline profondément devant elle. La fille du Roi détrôné embrasse la fille du Roi détesté. C’est un baiser d’étiquette où le cœur n’a nulle part. La sensible Marie-Josèphe le ressent, mais n’en est pas surprise. Elle sait bien qu’il lui faudra conquérir la Reine et que ce ne sera pas chose aisée. 

Le 9 février 1747

Un peu avant dix heures, le Roi et la Reine se portent au-devant de Marie-Josèphe qui vient d’arriver incognito à Versailles. Ils la laissent ensuite aux mains de ses femmes chargées de la parer pour ses noces. La toilette va durer trois heures !

D’abord le bain, auquel le Dauphin tenait tant. Puis dûment séchée et parfumée, la Dauphine revêt tous les atours qui lui permettront d’endosser le ‘grand habit”. Ce grand habit, somptueux, couvert de diamants, que Louis XV fait soupeser au maréchal de Saxe. Le vêtement ne pèse pas moins de soixante livres, “autant qu’une cuirasse“, auxquelles il faut ajouter le poids des bijoux qui ornent ses bras, son cou, son corsage, ses oreilles, ses doigts…

Le Dauphin porte aussi un costume magnifique rehaussé de broderies d’or et de pierreries. Il vient chercher la Dauphine pour la conduire chez la Reine. Tous trois, accompagnés par leurs suites, entrent chez le Roi, d’où le cortège se dirige vers la chapelle par la galerie des glaces. Le grand maître des cérémonies précède le cortège.

A une heure et demie 

La cérémonie qui commence est une corvée. Le cardinal de Rohan, souffrant à Strasbourg, est remplacé par son coadjuteur, Monsieur de Ventadour, évêque de Ptolémaïde. Le jeune couple est agenouillé sur des carrés de velours cramoisi frangés d’or, l’évêque bénit les treize pièces d’or et les anneaux.

Avant de passer l’anneau au doigt de Marie-Josèphe, Louis-Ferdinand se tourne vers son père qui incline la tête puis va s’asseoir pour entendre la messe. La musique de Sa Majesté, rangée derrière l’autel, se fait alors entendre.

Résultat de recherche d'images pour "Mariage du Dauphin et Marie-Josèphe de Saxe"

Après les félicitations d’usage chez le Roi et chez la Reine, le Dauphin et la Dauphine vont dîner dans l’intimité avec Mesdames Henriette et Adélaïde.

Résultat de recherche d'images pour "Allégorie du mariage du Dauphin et de la princesse Marie-Josèphe de Saxe"Allégorie du mariage du Dauphin et de la princesse Marie-Josèphe de Saxe

A six heures et demie

Dans l’ancien manège de la Grande Ecurie splendidement décoré de glaces, a lieu un bal. Marie-Josèphe, souffrant d’une engelure au pied due au froid éprouvé au cours du voyage, ne peut ouvrir le bal et c’est Madame Henriette qui la remplace au bras du Dauphin. Il danse une vingtaine de menuets, fort gracieusement malgré sa silhouette déjà alourdie.

Résultat de recherche d'images pour "Le Dauphin Louis Ferdinand par Nattoire"Louis-Ferdinand en 1747 par Natoire
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Josèphe de Saxe par Jean-Marc Nattier"Marie-Josèphe par Nattier

LOUIS XV MÉDAILLE Mariage du dauphin Louis Ferdinand et Marie Thérèse 1745  - EUR 180,00 | PicClick FR

A neuf heures

Le Roi se lève pour marquer la fin du bal et se dirige vers la salle du souper à travers une foule si dense à la porte qu’il a peine à entrer.

A table, Louis XV a à sa droite le Dauphin, la princesse de Conti, Mademoiselle, Madame de La Roche-sur-Yon. A la gauche de la Reine, Marie-Josèphe, Madame Adélaïde, madame de Molène , mademoiselle de Sens.

Le long repas terminé

La Dauphine s’entretient avec la duchesse de Brancas qui lui parle de sa nuit de noces.

Ensuite, vient la cérémonie de la remise de la chemise de nuit, toute ornée de dentelles et de rubans. La première femme de chambre, en s’inclinant, la donne à la duchesse de Chartres qui, à son tour, la présente à la Reine en une profonde révérence. La souveraine aide alors sa bru à passer la virginale chemise.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Josèphe de Saxe par Jean-Marc Nattier"Etude pour le portrait de Marie-Josèphe par Nattier

Chez le Dauphin, il en est de même, le Roi passe la chemise à son fils. Les deux groupes se dirigent alors vers la chambre nuptiale. L’évêque de Ventadour bénit la couche. Plus de cent personnes s’écrasent dans la pièce.

La Dauphine est trouvée “assez bien en bonnet de nuit”. Le Dauphin, revit une scène jouée si peu de mois auparavant, il a du mal à retenir ses larmes. Tous deux ayant escaladé le lit, les rideaux sont tirés afin que l’assistance puisse contempler le couple à loisir. Seule d’ailleurs la Dauphine est visible car le Dauphin ramène la couverture sur son visage “pour pouvoir pleurer à son aise“.

Marie-Josèphe comprend les sanglots de son mari et , avec une délicatesse rare, elle lui murmure avec autant de compassion que d’intelligence de donner libre cours à ses pleurs, sans craindre qu’elle s’en offense car ils lui annoncent ce qu’elle a droit d’espérer elle-même.

 
Marie-Josèphe par Nattier

Jeudi, 9, jour du mariage de Monsieur le Dauphin, le corps de Ville de Paris a donné pour fête au peuple de Paris, cinq chars peints et dorés qui depuis dix heures du matin jusqu’au soir, ont fait le tour des différents quartiers de Paris.

Le premier, représentait le dieux Mars avec des guerriers, le second était rempli de musiciens, le troisième, représentait un vaisseau, qui sont les armes de la ville; le quatrième, Bacchus sur un tonneau, et le cinquième, la déesse Cérès. Ils étaient tous attelés de huit chevaux assez bien ornés, avec des gens à pied qui les conduisaient. Tous les habillements, dans chaque char, étaient de différentes couleurs et en galons d’or ou d’argent. Le tout faisait un coup d’œil assez réjouissant et assez magnifique, quoique tout en clinquant, mais les figures, dans les chars, étaient très-mal exécutées. Dans certaines places, ceux qui étaient dans les chars jetaient au peuple des morceaux de cervelas, du pain, des biscuits et des oranges. Il y avait dans ces places des tonneaux de vin pour le peuple, et le soir toute la ville a été illuminée.

En raison de son chagrin, de la fatigue de la journée, de l’énervement, Louis-Ferdinand n’est pas en mesure de faire ce que l’on attend de lui :

Il ne s’est rien passé cette nuit malgré les entreprises de Monsieur le Dauphin et tout a abouti à beaucoup se tracasser et à ne point dormir.

Maurice de Saxe

Le 10 février 1747

Il y eut le vendredi 10, un très-grand concours de masques de Paris, au bal dans les appartements de Versailles. Au retour, sur les huit heures du matin, il y avait, dit-on, une file de carrosses depuis Versailles jusqu’à Paris. Tous les appartements et la galerie étaient magnifiquement éclairés; mais on n’a pas été content des buffets. Il n’y avait que du vin, des brioches, du pain, quantité d’oranges et des paquets de sucreries, et point de pâtés de truites, de saumon et de poisson au bleu, comme à l’autre mariage. Il y avait eu aussi alors des gens qui s’étaient attablés sur les buffets, et qui avaient bu et mangé toute la nuit. On n’a pas plus mal fait de retrancher une pareille dépense.

mariag13.jpg

Le 13 février 1747

Quelques jours après le mariage , une ” fête publique” est donnée par la Ville de Paris.

La Dauphine peut se reposer à la représentation du ballet-comédie : l’Année Galante, un joli succès du poète Roy.

Le cabinet Intérieur de la Dauphine

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles-passion )

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 6septembre 2020’

Cette petite pièce et la suivante n’en formèrent longtemps qu’une seule. Elle fut d’abord l’Antichambre de Monsieur, frère de Louis XIV, puis celle du Grand Dauphin, avant de devenir, en 1693, la chambre de ce dernier. Elle fut également la Chambre du Régent, puis celle de Louis-Ferdinand.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 6septemr 2020’

En 1747, elle est divisée pour former un cabinet intérieur pour la Dauphine et un cabinet de retraite pour son époux : les appartements du jeune couple communiquent donc par leurs pièces les plus retirées, ce qui préserve, dans une certaine mesure, leur intimité conjugale.

Peut être une image de intérieur et porte

Le décor de boiseries au naturel en vernis Martin subsiste en partie. Il a été complété et l’on a pu également replacer les dessus-de-porte représentant les “Quatre Saisons” que Jean-Baptiste Oudry avait peints pour cette pièce en 1749.

Peut être une image de intérieur
Peut être une image de intérieur et foyer

A côté de la niche, qui abritait autrefois un sofa, des portes vitrées donnent accès à une suite de petites pièces prenant jour sur les cours intérieures : arrière-cabinet, oratoire et pièce des bains.

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 16septe 2020’

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe Château Versailles 6septembre2020’

Peut être une image de intérieur

Le 14 février 1747

Jour du Mardi gras, son engelure au pied heureusement guérie, Marie-Josèphe peut faire admirer sa grâce en dansant au bal masqué.

Le 18 février 1747

Marie-Josèphe suit en calèche la chasse du Roi:

Le temps est beau et d’une douceur étonnante, Madame la Dauphine, étant fort vive et enfant, para(ît) s’amuser de tout.”

Le duc de Croÿ

Le 27 juin 1747

Marie-Josèphe fait sa “joyeuse entrée” dans Paris. Les Parisiens l’acclament avec enthousiasme. Les canons de l’Arsenal et de la Bastille tonnent à intervalles réguliers. La compagnie du guet et les brigades font la haie tout au long du parcours. Le corps de la ville en grand apparat vient souhaiter la bienvenue à l'”auguste princesse”.
Le couple assiste d’abord à une messe solennelle en musique à Notre-Dame, puis ils se rendent à la très ancienne abbaye de Sainte-Geneviève.

Ensuite, ils vont déjeuner à deux heures aux Tuileries.

Après le repas, la Dauphine fait une promenade digestive à pied dans le jardin où la foule l’escorte et l’ovationne longuement.

Le 27 avril 1748

La petite Marie-Thérèse de France suit bientôt sa mère dans la tombe. Elle meurt âgée de vingt-et-un mois.

Marie-Josèphe de Saxe fait faire un portrait posthume de la petite Madame, mais il a aujourd’hui disparu.

Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon-Espagne, mère de la Petite Madame (par Michel Van Loo)Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon-Espagne, mère de la Petite Madame par Michel Van Loo

En janvier 1749

Marie-Josèphe fait une fausse couche.

En avril 1749

Nouvelle fausse alerte.  Le Roi convoque alors les trois plus fameux accoucheurs de Paris. La Faculté préconise pour la Dauphine les eaux de Forges, près de Rouen. Ces eaux ont la réputation de guérir la stérilité. Anne d’Autriche y avait eu recours…

Le 25 juin 1749

Marie-Josèphe prend le départ. Le couple se sépare les larmes aux yeux. Le Dauphin semble maintenant bien attaché à son épouse. 

Le 26 juin 1749

Marie-Josèphe atteint Forges où elle s’installe Grande Rue par un temps abominable.

Le 26 juillet 1749

Marie-Josèphe est de retour à Versailles.

En deux ans, Pépa est parvenue à transformer le grand adolescent maussade, boudeur, égoïste, gâté, imbu de son érudition livresque, en un homme amoureux, attentionné, gai, bien dans sa peau. Grâce au caractère égal de Marie-Josèphe, à sa douceur, à son sourire, à son amour attentif, son oubli total d’elle-même, elle a réussi à en faire un mari … et un bon mari.

Dans Jeanne Poisson, marquise de Pompadour, téléfilm de Jean-Marie Sénia  (2006), c’est Damien Jouillerot qui interprète Louis-Ferdinand

Le père et le fils ne sont pas proches… malgré un amour mutuel:  Louis XV a une vie privée immorale qui fait souffrir la Reine et qui ne plaît pas au Dauphin, ce qui les éloigne pendant longtemps.

Les relations entre Louis XVI et le Parlement de 1765 à 1790 –  Marie-Antoinette AntoinetthologieLe Dauphin Louis-Ferdinand

Très proche de sa mère, qui souffre des adultères du Roi avec une dignité ostentatoire, Louis-Ferdinand est le centre du parti dévot, qui condamne autant la politique que la vie privée du Roi.

Portrait du Dauphin Louis-Ferdinand de France par Jean Marc Nattier sur  artnetLe Dauphin Louis-Ferdinand

Le prince et ses sœurs ne se gênent pas pour montrer leur mépris à la marquise de Pompadour qui, elle, soutient le parti des philosophes. Si la Dauphine Marie-Thérèse s’était associée avec ardeur à la hargne des enfants royaux, la Dauphine Marie-Josèphe, qui devait son mariage à la marquise, mais est aussi une jeune femme intelligente et délicate, sait garder une certaine contenance et éviter des tensions au sein de la famille royale.

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Le Dauphin par Nattier

Le rôle historique du Dauphin est d’avoir apporté une grande attention à l’éducation de ses fils notamment celle du duc de Bourgogne son fils aîné ainsi que celle du futur Louis XVI et de ses frères.

Détail du portrait par Jean-Marc Nattier

Il est particulièrement soucieux de leur éducation morale. Ainsi, ses fils notamment l’aîné, se montrant trop imbu de leur naissance, il leur fait montrer le registre de leur baptême, soulignant que l’acte les mentionnant est le même que ceux des enfants des classes moins favorisées, le dauphin enseigne à ses fils :

« Nous sommes tous égaux devant Dieu dans la naissance et dans la mort. Seuls nos actes nous diffèrent les uns des autres. Vous serez un jour plus grand que ces enfants dans l’estime du peuple; mais ils seront eux-mêmes plus grands devant Dieu s’ils sont plus vertueux. »

Le 26 août 1750

Naissance de Marie-Zéphirine, qu’on appellera la Petite Madame.

Elle est fort petite et encore plus délicate, elle est fort laide, on dit qu’elle me ressemble comme deux gouttes d’eau, du reste fort volontaire et méchante comme un petit dragon.

Marie-Josèphe au comte Wackerharth-Salmour
tiny-librarian:
“ An allegorical painting that portrays the birth of Marie Zéphyrine of France, done by Charles-Joseph Natoire. She was the eldest liveborn child of Louis Ferdinand of France and Maria Josepha of Saxony, and therefore an elder sister...Allégorie à la naissance de Marie-Zéphirine par Charles-Joseph Natoire

Le 13 septembre 1751

Louis de France (1751-1761) — Wikipédia

Le 13 septembre 1751

Naissance de Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne, à quatre heures du matin à Versailles. Réveillée par les douleurs de l’accouchement, la Dauphine accouche sans témoins, pourtant indispensables pour éviter les substitutions. Le Dauphin attire alors dans la chambre de son épouse plusieurs domestiques pour constater la naissance du bébé, toujours attaché à sa mère par le cordon ombilical. L’enfant est titré duc de Bourgogne et est promis à régner un jour.  Les cloches des églises de Paris se mettent à sonner et le Roi Louis XV décrète trois jours de chômage et d’illuminations, le nouveau-né étant héritier de la couronne de France.

Acte de naissance du duc de Bourgogne
Louis-Joseph-Xavier, frère de Louis XVI - L'envers de l'HistoireLouis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne

Enfant intelligent, il sera adulé par ses parents.

Le 23 octobre 1751

Le Dauphin entre au Cabinet des dépêches mais il n’est pas encore autorisé à donner son avis. On commence à remarquer qu’il a de l’esprit.

Le 29 novembre 1751

Mesdames, le Dauphin et son épouse soupent dans les délicieux petits appartements du Roi. C’est la première fois qu’il prend ce repas en ces lieux avec ses sept enfants réunis.

Le 10 février 1752

Décès de Madame Henriette, sa douce sœur, à l’âge de vingt-quatre ans.

Madame Henriette de France, fille de Louis XV (1727-1752) de Jean-Marc  Nattier - Reproduction d'art haut de gammeMadame Henriette par Jean-Marc Nattier

Le Roi, dont Henriette était la fille préférée, est anéanti comme toute la famille royale. Le peuple maugrée que le décès de la jeune princesse est une punition divine.

Louis-Ferdinand

Peu après la mort d’Henriette, le Dauphin est atteint de la petite vérole, maladie fréquente et qui peut mener à la mort. Marie-Josèphe soigne son mari avec dévotion, le veille jour et nuit, négligeant de s’habiller et mangeant très peu, ne refusant pas les baisers du malade dont le visage et les mains sont couvert de pustules, et qui cherche, par ce stratagème, à connaître la nature de son mal.

Peinture votive de Marie-Josèphe de Saxe - Art in PolandPeinture votive de Marie-Josèphe de Saxe. Anonyme (1753) Monastère Jasna Gora

Le 8 septembre 1753

Naissance de son fils Louis Xavier Marie Joseph de France, duc d’Aquitaine, à Versailles.

Le 22 février 1754

Louis Xavier Marie Joseph meurt d’une coqueluche.

Rapidement la dépouille de l’enfant quitte Versailles par l’escalier du Grand Commun sous le regard de Mesdames de Marsan et Butler, la gouvernante et la sous-gouvernante, ni l’une ni l’autre en grand habit car il n’était pas l’aîné. L’ouverture du corps se fait aux Tuileries. La gouvernante met le cœur dans une boîte de plomb puis la tête dans un autre cercueil. Le corps prend la direction de Saint-Denis accompagné par un détachement de toute la maison du Roi-Cavalerie. Le cœur est porté au Val-de-Grâce suivi de nombreux carrosses de la noblesse dans une Cour qui, normalement, ne prend pas “le deuil des maillots”. La famille royale en deuil s’abstient de jeux et de soirées jusqu’à la fin du mois de février.

Le 23 août 1754

Naissance de Louis-Auguste, futur Louis XVI à six heures vingt-quatre du matin.

Louis-Auguste par Frédou

Fin août 1755

La petite Madame se réveille un jour avec de violentes douleurs au ventre.

Le 13 août 1755

Elle est grasse, blanche, belle et de la meilleure humeur du monde… Le plan de vie du dauphin et de la dauphine est si beau, leur union si tendre, que tous leurs bons serviteurs désireraient qu’il y eût sans cesse cent témoins…”

Mademoiselle Sylvestre

Le 21 août 1755

Le Dauphin tue accidentellement à la chasse le marquis Yves de Chambors, son écuyer. Il en est profondément bouleversé et jure de nue plus jamais se livrer à ce divertissement. Il préférera désormais s’adonner au jardinage et aux animaux de la ferme.

Le 31 août 1755

Malgré les soins du nouveau médecin des Enfants de France Lieutaud, la fièvre augmente considérablement.

Le Dauphin passe la soirée à ses côtés. Madame de Marsan qui l’avait veillée se trouve mal ; Madame Butler la remplace donc.

Le 2 septembre 1755

Mort de Marie-Zéphyrine : à l’âge de cinq ans, elle est atteinte d’une péritonite aiguë qui lui cause des convulsions. La maladie devient de plus en plus dangereuse si bien que, sur ordre de la Reine Chabannes, aumônier du Roi, supplée aux cérémonies du baptême. Elle est baptisée à la hâte Marie-Zéphyrine, du nom du Saint de son jour de naissance, avant de mourir. Enfant joyeuse, vive et douée pour la danse, elle était la compagne de jeux de son petit frère Louis-Joseph-Xavier, qui se montre très affecté par son décès.

Marie-Zéphyrine par Nattier

Le 17 novembre 1755

Naissance de Louis-Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII.

Aucune description disponible.

Louis-Stanislas par Maurice Quentin de la Tour

Le 30 janvier 1756

Marie-Josèphe écrit à Madame de Chambors : 

“J’ai ressenti, Madame, une affection bien sensible en apprenant que vous étiez heureusement accouchée ; ses intérêts me seront toujours bien chers et je n’aurai rien de plus à cœur que de vous témoigner, dans toutes les occasions de ma vie, la sincère estime que j’ai pour vous.”

Le 5 janvier 1757

À partir de l’attentat de Damiens (1715-1757) contre le Roi, au cours duquel Louis et ses compagnons maîtrisèrent le régicide, Louis-Ferdinand est invité à participer aux séances du Conseil du Roi, où il se fait remarquer par ses positions cléricales, conseillant la fermeté face au conservatisme des parlementaires.

Suite à l’attentat, le Roi appelle le Dauphin auprès de lui :

Je ne me serais jamais consolé si cela vous était arrivé, j’en serais mort de douleur.

A Paris, tout le monde est en pleurs, il n’est plus question de fêter joyeusement les rois. Des soupers sont décommandés.

Depuis le 5 janvier au soir, le Dauphin est traité en Roi et préside tous les conseils de ministres. Il y fait preuve d’une “intelligence”, d’une dignité et d’une éloquence qu’on ne lui soupçonnait pas.

Le 9 octobre 1757

Naissance de Charles-Philippe, comte d’Artois, futur Charles X.

Louis-Ferdinand est réputé pieux, il a pourtant, en bon Bourbon qu’il est,  une aventure avec Marie-Anne Françoise de Vidal ( rencontrée à Versailles chez le peintre Frédou ). Cette femme est la fille d’André de Roinvilliers, mariée en 1748 ( à François d’Adonville , Chevalier , Seigneur du Grand Tourneville et à Praville en Parisis , Officier du Régiment de Rohan ).
Il résulte de cette aventure un fils :

Le 2 octobre 1758

Auguste Dadonville , né à Roinvilliers ( district d’Etampes ), ex-noble, ci-devant page du Roi ( en Vénerie ), chanoine de Lille en Flandre, abbé d’honneur à la cérémonie du canonicat de son oncle, l’abbé de Bourbon à Notre-Dame de Paris, soldat au régiment de Neustrie jusqu’en 1783, soldat au régiment des colonies jusqu’en 1790, Sergent-Major de la Garde Nationale , Commandant du bataillon de Roinvilliers. Exécuté à la Barrière du Trône le 7 Messidor de l’an II ( 25 juin 1794), à 36 ans .

La Dauphine parle de visites dans ses cabinets qui lui déplaisent (lettre de 1757 au général de Fontenay):

Il y a longtemps que je suis informée de la mauvaise conduite de M. le Dauphin et des visites matinales qu’il reçoit ; cela est scandaleux, et j’en suis tout à fait inquiète. Je ne l’en recevrai cependant pas plus mal demain, car il faut dissimuler.”

Résultat de recherche d'images pour "Le Dauphin par  Carmontelle"Louis-Ferdinand par Carmontelle (1760)

En 1759

Son fils aîné, Louis-Joseph, est victime d’une mauvaise chute dont il tait la cause sans doute pour éviter au coupable d’être châtié (chute de cheval ou chahut avec un camarade dont on aurait rendu responsable son entourage), les chirurgiens l’opèrent pour extirper la tumeur qui s’est installée sur le fémur. Le manque d’asepsie de l’époque entraîne une tuberculose osseuse qui sera la cause du décès de l’enfant de 9 ans.

Portrait de Marie-Josephe de Saxe (1731-67) Dauphine de France et son fils Louis Joseph Xavier de France (1751-61) Duc de Bourgogne, c.1760-61 (pastel) - Maurice Quentin de La TourMarie-Josèphe et Louis-Ferdinand par Maurice Quentin de La Tour

Le 23 septembre 1759

Naissance de Marie-Clotilde de France, qu’on appellera Madame Clotilde, ou plus trivialement Gros Madame, future Reine de Sardaigne.

Résultat de recherche d'images pour "Le comte d'Artois et sa sœur Madame Clotilde par François Hubert Drouais"Charles-Philippe et Clotilde par Drouais
Fusain avec rehauts de pastel rose et bleu sur papier bleu – château de Versailles

Le 22 mars 1761

Mort de Louis-Joseph.

Leur fils aîné comblait Louis-Ferdinand et Marie-Josèphe de fierté. Ils n’ont pu s’empêcher de le préférer à leurs autres enfants. Sa mort est pour eux une épreuve que, seule, leur piété leur permet d’accepter.

Résultat de recherche d'images pour "Le comte d'Artois et sa sœur Madame Clotilde par François Hubert Drouais"Philippe d’Artois et  Madame Clotilde par François Hubert Drouais, 1763

Le 1er avril 1762

Marie-Josèphe et Louis-Ferdinand sont bouleversés par l’obligation des jésuites de fermer leurs quatre-vingt-quatre maisons et collèges et les établissements sont mis sous séquestre. Les vœux prononcés par les jésuites sont déclarés nuls : ils n’ont plus droit à aucune charge civile ou municipale, ils doivent prêter un serment spécial garantissant leur fidélité au Roi et leur répudiation de la doctrine de saint Ignace de Loyola. Le Parlement met le Roi devant le fait accompli. C’est une grave défaite de l’autorité royale.
Les jésuites sont contraints d’abandonner leurs habits et ont l’ordre de se disperser.

Je ne vous en parle pas, cela me fait trop de mal

Marie-Josèphe à Xavier de Saxe

Il serait difficile dans les temps malheureux où nous vivons que notre âme pût jouir de quelques calme… L’avenir ne nous promet que de plus grands malheurs. Dieu veuille les détourner de dessus ce royaume…”

Marie-Josèphe au cardinal de Luynes

Des pamphlets accusent les jésuites de tous les crimes imaginables et de toutes les hérésies. Voltaire lui-même en est choqué et n’hésite pas à prendre leur défense. D’Alembert, défenseur de la tolérance écrit :

Si l’on était forcé de choisir entre ces deux sectes ( les jésuites et les jansénistes), en leur supposant le même degré de pouvoir, la Société de Jésus qu’on vient d’expulser serait la moins tyrannique… Les jansénistes, sans égard comme sans lumières, veulent qu’on pense comme eux ; s’ils étaient les maîtres, ils exerceraient sur les ouvrages, les esprits, les discours, les mœurs, l’inquisition la plus violente.” 

Au Conseil du Roi, le Dauphin plaide la cause des jésuites sans succès.

A portrait of Louis the dauphin (1729–1765) by Anne Baptiste NivelonLouis-Ferdinand par Anne-Baptiste Nivelon (1764)

En 1763

L’année 1763 commence mal : Louis-Ferdinand perd du poids à vue d’œil. 

Le 20 juin 1763

Souper à Saint-Hubert.

Fin juin 1763

La Cour se rend à Compiègne que Marie-Josèphe n’apprécie pas. 

On peut voir à l’église la reine, le dauphin et son épouse, ainsi que Mesdames, assis dans les stalles, à la messe et aux prônes de la grand-messe, comme de bons seigneurs particuliers.

Le 5 octobre 1763

Décès du Roi Auguste III (1696-1763), son beau-père. Louis-Ferdinand revient alors à Versailles.

Le 28 octobre 1763

Le Dauphin repart pour Fontainebleau.

Le 15 avril 1764

Mort de la marquise de Pompadour, emportée par la tuberculose.

Son vieil ennemi, le Dauphin, écrit à Mgr Nicolay, évêque de Verdun:

Elle meurt avec un courage rare à tout sexe. Son mal est la poitrine qui se remplit d’eau ou de pus et le cœur engorgé ou dilaté. C’est une de ces fins les plus douloureuses et les plus cruelles qu’on puisse imaginer. Que vous dirais-je de son âme? Elle désirait, dès Choisy, de s’en aller mourir à Paris… Le roi ne l’a pas vue depuis hier : elle a été administrée cette nuit. Le curé de la Magdeleine de La-Ville-l’Evesque ne la quitte pas. Voilà des sujets d’espérer de la miséricorde pour elle.

Marie-Josèphe et Louis-Ferdinand instruisant leurs trois fils, les futurs Louis XVI, Louis XVIII et Charles X
Peut être une représentation artistique de 2 personnesDessin de Charles Monnet (1732-1816) représentant Louis XV et son fils Louis, le Dauphin, instruisant ses trois enfants – qui seront tous les futurs rois de France: Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Il s’agissait d’une préparation étude pour un tableau qui appartenait au duc de la Vauguyon, gouverneur des enfants de France. La peinture actuelle est maintenant perdue

Le 3 mai 1764

Naissance de Madame Élisabeth, future martyre de la révolution.

Madame Elisabeth par Drouais

Fin juin 1764

La Cour s’installe à Compiègne.

Portrait de famille
Aucune description disponible.Marie-Josèphe de Saxe et ses enfants
LA BIBLIOTHÈQUE DU DAUPHIN – Les Trésors de VersaillesBureau plat du Dauphin, fils de Louis XV, en sa bibliothèqueChâteau de Versailles (bibliotheque dauphin.jpg)
 

Été 1765

Jusqu’au printemps 1765, la santé du Dauphin ne donne pas de signe d’inquiétude.

Alexandre Roslin, Louis de France, dauphinLe Dauphin par Roslin

En juillet 1765

La Cour se rend à Compiègne pour assister aux manœuvres militaires annuelles. Le prince chevauche avec prestance à la tête du régiment Dragons-Dauphin dont il est colonel.

Louis-Ferdinand a beaucoup minci et cela lui va bien. Tous attribuent cette minceur à sa stricte observance du carême : un coeur de laitue nature et quatre ou cinq verres d’eau. Et maintenant il se surmène. Levé à l’aube, tous les jours, pour aller ranger ses troupes en ordre de bataille.

Il n’a manqué à Monsieur le Dauphin que l’occasion pour se montrer un des plus grands héros de sa race.

Le duc de Broglie

Bellefrance.fr

Marie-Josèphe, accompagnée de Mesdames de France, vient voir l’armée en bataille pour la petite guerre.  Toutes cinq pénètrent dans la tente du duc de Coigny où se trouve le Dauphin. Il les accueille avec joie, prend sa femme par le bras et lui présente ses officiers en les nommant tous par leur nom. Puis il sort de la tente avec Pépa, toujours à son bras, et lance aux troupes rassemblées :

Approchez-vous, mes enfants. Voilà ma femme !

Un tonnerre d’acclamations salue le couple si visiblement uni.

Alexandre Roslin, Louis de France, dauphinLe Dauphin par Roslin

Ce tableau a été peint vers la fin de sa vie. Comme on peut le constater, il a énormément minci à cause de sa maladie.

Bientôt la princesse est à nouveau confrontée à la maladie de son mari. Mais elle ne s’en inquiète pas tout de suite. Elle se réjouit même de son amaigrissement et le 24 juillet 1765, elle écrit à son frère Xavier qu’elle n’a jamais vu son mari “si fort en beauté“.

Au mois d’août 1765

Le Dauphin s’enrhume après s’être échauffé au cours d’un de ces exercices guerriers alors qu’il rejoint le Conseil sans avoir pris le temps d’ôter ses habits mouillés. Pris de fièvre, il doit s’aliter. Guéri quelques jours plus tard, il ne cesse cependant de tousser.

Dans la nuit du 8 au 9 août 1765

Louis-Ferdinand a un accès de fièvre. Pépa est de nouveau aux petits soins pour son époux.

Le 15 août 1765

Elle écrit à son frère Xavier :

Vous me pardonnerez si je ne vous écris qu’un mot, mais je suis garde-malade. Monsieur le Dauphin a un peu de fièvre depuis trois jours, d’une transpiration arrêtée. Il est infiniment mieux aujourd’hui, mais comme je ne sors pas d’auprès de lui, je n’ai que le temps de vous embrasser de tout mon cœur.

Le 18 août 1765

Sauf une petite toux qui le secoue parfois, le Dauphin se porte mieux et supporte le voyage de retour à Versailles sans fatigue.

En septembre 1765

De retour à Versailles, le Dauphin est en proie à une crise de dysenterie et toujours sujet à une forte toux. Louis XV lui envoie son premier médecin, le docteur Sénac, mais ce dernier est éconduit par le prince.

Pendant des manœuvres militaires, le Dauphin prend froid et contracte la tuberculose. Louis-Ferdinand tousse sans arrêt, crache du sang, respire avec une difficulté croissante. Il semble condamné à court terme.

Marie-Josèphe soigne et veille elle-même son mari jusqu’à la fin.

Le 3 octobre 1765

En vérité, pauvre créature, on dirait un fantôme ; il n’est pas possible qu’il dure encore trois mois.”

Horace Walpole

Le 4 octobre 1765

Louis-Ferdinand s’affaiblit mais il tient à suivre la Cour pour le séjour à Fontainebleau.

Le 10 octobre 1765

Louis-Ferdinand est suffisamment bien pour que sa femme se rende à une chasse où le cerf passe si près d’elle qu’elle pourrait le caresser., “mais n’en a pas eu la moindre tentation car, quoiqu ‘ (elle) ne soi(t) pas poltronne, le danger était si gros qi’ (elle) a eu une frayeur horrible.”

Le 18 octobre 1765

Louis-Ferdinand communie en viatique pour la première fois. Il demande qu’on élève un autel dans sa chambre.

“La messe est de tous les actes de la religion le plus sacré, le plus agréable à Dieu. C’est en communiant souvent qu’on apprendra à communier plus dignement.”

Le 19 octobre 1765

Le duc de Berry est prévenu du danger de mort où se trouve son père : on amène au Dauphin ses trois fils à qui on vient d’annoncer la mort imminente de leur père. En voyant la pâleur du duc de Berry et les larmes qu’il ne peut retenir, le Dauphin se met en devoir de le consoler avec une cruauté qu’on espère inconsciente:

“Dans la conversation, Louis-Ferdinand dit au duc de Berry:

He bien, mon fils, vous pensiez donc que je n’étais qu’enrhumé?

Puis en riant et en plaisantant:

Sans doute, ajouta-t-il, que quand vous aurez appris mon état, vous aurez dit : tant mieux, il ne m’empêchera plus d’aller à la chasse.

Marie-Josèphe de Saxe

Le 13 novembre 1765 

Le Dauphin est au plus mal et demande à recevoir les derniers sacrements.

Au milieu de ses souffrances, il conserv(e) toute sa gaieté naturelle, ou pour mieux dire, il l’a reprise depuis qu’il a reçu les sacrements. Dans les commencements de sa maladie, il li(t) des livres de différentes sciences ; quand il s’aperç(oit) que ses lectures le fatigu(ent), il en cherche d’autres qui puissent l’amuser sans le fatiguer.”

Marie-Josèphe de Saxe

Il ne sera délivré de ses souffrances que plus d’un mois après.

Un autre jour, pendant la conversation, le propos tomba sur la rapidité avec laquelle le temps passe ; le duc de Berry dit que le temps de la journée qui lui passait le plus promptement était celui de l’étude. Monsieur le Dauphin, transporté de joie, lui dit:

-Ah que vous me faites de plaisir ! Car puisque le temps de l’étude vous passe vite, cela me prouve que vous vous y appliquez.

Je le fis approcher de son lit ; il l’embrassa tendrement… Le duc de Berry lui avoua pourtant que quand l’étude n’allait pas si bien, le temps lui passait plus lentement. Monsieur le Dauphin prit là l’occasion de peindre l’avantage et le bonheur d’un homme qui sait faire un bon usage de son temps et au contraire le malheur de ceux qui aiment l’oisiveté ou qui ne savent pas s’occuper eux-mêmes. Après que les enfants furent sortis, il me répéta encore le plaisir qu’il ressentait de ce que le duc de Berry lui avait dit.

Marie-Josèphe de Saxe

Le 12 novembre 1765

Le Dauphin va être administré : Marie-Josèphe éclate en sanglot.

Le 13 novembre 1765

L’abbé Collet entend le Dauphin en confession le matin.

Le 2 décembre 1765

Louis-Ferdinand se plaint d’hémorroïdes. Le mal augmente rapidement. Il se forme une tumeur qui grossit et le fait beaucoup souffrir, sans qu’il veuille en convenir. Pourtant, il ne peut rester totalement allongé sur le dos, ni sur le côté gauche, et , au bout d’un moment qu’il est tourné du côté droit, il en est fatigué. En dormant, il lui arrive de gémir et même de pousser des cris.

Le 13 décembre 1765

Louis-Ferdinand consent à ce que son abcès soit ouvert. L’incision d’un coup de lancette a lieu le soir ; le seul soulagement de l’opération : il peut à nouveau se tenir assis dans son lit.

Le 14 décembre 1765

Il demande à Pépa de lui lire des canons du bréviaire. Les paroles sacramentelles qui vont de la Préface au Pater. Souvent elle lui arrange ses oreillers.

Le 15 décembre 1765

Il étouffe, a du mal à respirer.

Louis-Ferdinand se fait souvent prendre le pouls, c’est la coutume, et tous les médecins le tâtent à tour de rôle.

Depuis le 13 décembre 1765

Les douleurs sont atroces. Le Roi et la famille royale ne le quittent pas et les courtisans en sont attendris. Le Roi est écroulé dans un fauteuil, “pénétré de douleur“.

Le Roi passe rarement une heure sans venir voir son fils.

Devant Sainte-Geneviève, à Paris, des carrosses arrivent dès cinq heures du matin. L’église est pleine d’une foule en prière.

Louis-Ferdinand a fait le sacrifice de sa vie. Il ne regrette rien, sauf sa bien-aimée Marie-Josèphe, et surtout pas la royauté promise.

“Si j’ai le malheur d’être roi…” disait-il fréquemment.

“Ah ! Si vous saviez, Monsieur le Cardinal, combien ce sacrifice me coûte peu !”

Louis XV à Mgr de Luynes

Le 19 décembre 1765

En raison de l’Etiquette, la chambre du Dauphin n’est plus autorisée à Marie-Josèphe. L’agonie de Louis-Ferdinand dure encore vingt-quatre heures. Il cesse enfin de souffrir…

Le 20 décembre 1765

Vers huit heures du matin, mort de Louis-Ferdinand à Fontainebleau.

Résultat de recherche d'images pour "Allégorie de la mort du Dauphin de Lagrenée l'Aîné"Allégorie de la mort du Dauphin de Lagrenée l’Aîné (1766): le petit duc de Bourgogne, décédé en 1761, lui présente la couronne de l’immortalité. On le voit entouré dans ses derniers instants par son épouse, Marie-Josèphe de Saxe et par ses fils , le duc de Berry (futur Louis XVI, agenouillé), le comte de Provence (futur Louis XVIII) et le comte d’Artois (futur Charles X).

Selon les dernières volontés du prince, sa dépouille fut inhumée à la cathédrale de Sens, tandis que son cœur était porté à Saint-Denis. Sa femme, qui l’a veillé pendant sa maladie, contracte son mal et le suivra deux ans plus tard dans la tombe.

C’est, je crois, la plus grande perte que la France ait faite depuis Henri IV“, estime Horace Walpole.

Mausolée de Louis-Ferdinand et Marie-Josèphe en la cathédrale Saint-Etienne de Sens, que l’on doit à Guillaume Coustou (fils)Cathédrale Saint-Étienne à Sens
Maintenant un tombeau que couvre un peu d’argile
De l’espoir des Français est le dernier asile,
Et la mort elle-même en voyant tant de gloire
Pour la première fois a pleuré sa victoire.

Le 1er mars 1766

Service solennel célébré à Notre-Dame de Paris pour le repos de l’âme de Louis-Ferdinand, avec messe de Requiem “chantée en musique à grande symphonie” et oraison funèbre.

Cathédrale Saint-Étienne à Sens

Le 5 juin 1794

Une députation de la commune de Sens annonce que les corps des père et mère de Capet ont été exhumés du temple où ils étaient déposés et rappelés, après leur mort, à une égalité qu’ils n’avaient pas pu connaître pendant leur vie ; la députation a présenté les plaques qui étaient sur les cercueil qui, converties en balles, serviront à détruire nos ennemis.

Moniteur du septidi 17 prairial an II

Les pauvres restes ne sont heureusement pas dispersés. La commune de Sens les fait enfouir au cimetière.

En 1814

Sous Louis XVIII, leurs corps sont ramenés à la cathédrale de Sens, où l’abbé de La Tour, vicaire général du diocèyse de Troyes, prononce l’éloge du prince et de la princesse en présence de Monsieur, comte d’Artois, leur dernier fils.

Le 20 décembre 1814

Le futur Charles X vient assister au service anniversaire de la mort du Dauphin , son père.

Le 20 décembre 1814

Le futur Charles X vient assister au service anniversaire de la mort du Dauphin , son père.

Monsieur l’évêque, puisqu’il y a tout lieu de croire, comme vous l’avez dit, que mes parents n’ont plus besoin de prières et qu’ils jouissent maintenant de la récompense qui était due à leurs grandes vertus, il est également doux de penser que c’est à leur protection et à leur intercession dans le ciel que nous devons tous les miracles dont nous avons été témoins, rétablissement de la monarchie, retour de l’ordre et de la paix, et la cessation de tous les maux qui affligeaient la France. N’oublions jamais que nous ne parviendrons au bonheur que nous désirons que quand nous nous montrerons bons Français et bons chrétiens.”

Charles d’Artois

Sources :

  • L’Education du Roi _ Louis XVI (1995), de Pierrette Girault de Coursac , chez François-Xavier de Guibert.
  • La Vertu et le Secret : le Dauphin, fils de Louis XV, de Bernard Hours, Paris, Honoré Champion, coll. « Bibliothèque d’histoire moderne et contemporaine » (no 22), 2006, 408 p.
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