Une anecdote sur Marie-Antoinette a un corbeau comme protagoniste, un grand corbeau noir qui vivait dans le parc de Versailles et qui était souvent vu dans le secteur du Petit Trianon. À cette époque, il y avait encore beaucoup de gens qui considéraient les corbeaux messagers d’un triste présage. Le corbeau en question était assez sociable et habitué à manger des miettes de pain laissées pour lui par les visiteurs et le personnel de service. Un matin d’octobre 1785, la Reine regardait par la fenêtre de Son boudoir au Petit Trianon et essayait de prendre le petit-déjeuner. Le corbeau est soudainement apparu en battant des ailes en demandant de la nourriture, atterri juste sur la fenêtre de la Reine. Marie-Antoinette, d’abord surprise et même un peu alarmée, lui offre immédiatement un biscuit. Plus tard, la Reine en parle à Son mari, qui était soucieux.
La scène est renouvelée dans les semaines suivantes également et l’animal a commencé à suivre fidèlement la Reine alors qu’Elle allait vers Son hameau. Il vole d’arbre en arbre et ne La quitte pas jusqu’à ce qu’il revienne au Petit Trianon. La relation avec Marie-Antoinette dure jusqu’en 1789. Après les jours d’octobre, la Reine ne reviendra plus jamais au Petit Trianon. Le corbeau n’en savait rien.
Vingt-et-un ans plus tard, le Petit Trianon est occupé par Marie-Louise, petite-nièce de Marie-Antoinette, qui aime aussi prendre le petit déjeuner en plein air. Un jour Marie-Louise fait remarquer à Napoléon qu’un corbeau court constamment sur le haut du bâtiment en prenant son petit déjeuner, craquant fort comme s’il exprimait son désir de manger. Napoléon, très superstitieux, suggère à Marie-Louise de quitter le Petit Trianon, ce que l’Impératrice ne se laisse pas répéter deux fois. Quatre ans plus tard, en 1814, Napoléon tombera, Marie-Louise sera rejointe par son père à Rambouillet.
Le 19 avril 1814
Alors qu’avec son père au Petit Trianon, l’Impératrice entend un bruit familier, le corbeau craque :
« Ils ont regardé et vu un oiseau s’envoler hors des bois derrière eux… et il reconnut le corbeau, probablement le corbeau qui avait vu le temps, le même corbeau qui avait été si connecté à Marie-Antoinette. »
C’est la dernière fois que le corbeau a été repéré. Mais un corbeau peut-il vivre jusqu’à vingt-neuf ans ? La réponse est oui, c’est un animal très long et en captivité, certaines espèces peuvent même atteindre soixante-dix ans.
Source : Nos animaux débiles, 1872.
Absolument agréable, bien documenté : plaisir de lecture et d’inspiration
Quelle belle qualité d’image !
Merci infiniment
Olga