Le duc de Coigny

Le duc de Coisny par Benjamin Warlop

Le 28 mars 1737

Naissance de Marie-François-Henri de Franquetot, marquis puis duc de Coigny à Paris. Il est le fils de Jean Antoine François, comte de Coigny de Franquetot, baron de Varenquebec (1702-1748) et de Marie-Thérèse Josèphe Corentine de Névet (1717-1778).

Le 23 août 1740

Naissance de son frère Augustin Gabriel de Franquetot, comte de Coigny (1740-1817).

En 1743

Naissance de son frère Jean Philippe de Franquetot, chevalier de Coigny (1743-1806).

Il est nommé premier écuyer du Roi.

Le 3 mars 1748

Image de Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick

Un soir, au jeu du Roi, le partenaire du comte de Coigny, le prince de Dombes, Louis-Auguste de Bourbon (1700-1755), fils du duc du Maine (1670-1736), bâtard de Louis XIV (1638-1715) et de Madame de Montespan (1640-1707), ne cessait de gagner. Le comte de Coigny, qui perdait, donc, murmura entre ses dents :

« Il est plus heureux qu’un enfant légitime.»

Image de Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick

 

« Le prince n’avait pas entendu le propos ; mais de bonnes âmes (il s’en trouve toujours) le lui rapportèrent. Il entra en fureur, et envoya appeler M. de Coigny en duel. Ils se rencontrèrent sur la route de Versailles, en pleine nuit. La terre était couverte de neige ; ils se battirent aux flambeaux : M. de Coigny fut tué sur place ; on le remit dans sa voiture, qu’on renversa dans un fossé. Il passa pour être mort de la chute. Le Roi, qui l’aimait beaucoup, ne connut la vérité qu’après la mort du prince de Dombes ( le 1er octobre 1755), et quelques personnes ont même cru qu’il ne l’a jamais connue. »

 

Le 4 mars 1748

Mort de son père,  Jean Antoine François, marquis de Coigny de Franquetot, baron de Varenquebec, seigneur de Vindefontaine et seigneur de Prétot (1702-1748), tué en duel par le prince de Dombes.

Le prince de Dombes
Image de Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick

Le 16 avril 1748

Il est gouverneur de Choisy-le-Roi.

En 1752

Il entre aux mousquetaires à l’âge de quinze ans.

 

Le 21 avril 1755

Marie-François-Henri de Coigny épouse Marie Jeanne Olympe de Bonnevie, marquise de Vervins et baronne de Voulpaix (1736-1757).

 

Le 16 mai 1755

Il devient gouverneur de Caen.

Marie-Antoinette bébé

 

Le 2 novembre 1755

Naissance, à Vienne, de Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine, quinzième des seize enfants qu’auront  François Ier (1708-1765), Empereur du Saint-Empire et  Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Reine de Hongrie et de Bohême.

En 1756

Il sert dans l’armée d’Allemagne et prend part à la conquête de Hanovre. Il combat à Hastenbeck et à Miden.

Le 2 septembre 1756

Naissance de son fils, François Marie Casimir, marquis de Coigny de Franquetot (1756-1816).

Le 23 juillet 1756

Il est fait de cavalerie et il fera ses premières armes pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763).

Le 27 septembre 1757

Naissance et décès de son fils, Pierre Auguste de Franquetot.

Mort en couches de son épouse Marie Jeanne Olympe de Bonnevie à l’âge de vingt-et-un ans.

En 1758

Il passe à l’armée du comte de Clermont.

Le 23 juin 1758

Il sert à la bataille der Crefeld, ainsi qu’aux affaires de Corbach et Warbourg.

En 1759

François Henri devient duc de Coigny.

Blason de la famille de Coigny
Blason de François de Franquetot de Coigny

Le 20 février 1761

Coigny devient maréchal de camp.

Le 16 mai 1770

Le Dauphin Louis-Auguste épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche.

Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo
Gravure du mariage de Marie-Antoinette avec le Dauphin, le 16 mai 1770
Marie-Antoinette Dauphine, huile sur toile de Joseph Ducreux, 1770
Image du film de Sofia Coppola (2006)

En 1771

Coigny est nomme colonel général des dragons.

En 1772

Il est nommé gouverneur de Cambrai.

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt de la petite vérole à Versailles vers quatre heures de l’après-midi. Il avait soixante-quatre ans.

 

 

Le Dauphin Louis-Auguste devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Louis XVI par Antoine Callet
Glenn Close en marquise de Merteuil dans Les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears (1989)

 

Le 21 février 1775

Mariage de son fils, François Marie Casimir de Coigny de Franquetot avec Louise-Marthe de Conflans d’Armentières  (1759-1825), femme de lettres, célèbre pour son esprit et ses mémoires futurs sur le Consulat et l’Empire, qui servira de modèle à Choderlos de Laclos pour la marquise de Merteuil des Liaisons Dangereuses (1782).
Elle mérita ce mot de Marie-Antoinette :

« Je ne suis que la reine de Versailles ; c’est madame de Coigny qui est la reine de Paris ».

Dimanche 11 juin 177

Louis XVI est sacré à Reims.

Louis XVI lors de son sacre à Reims par Benjamin Warlop

Le duc de Coigny connaît la faveur de Marie-Antoinette, au début du règne.

Emmanuelle Béart est Marie-Antoinette pour Caroline Huppert, en 1988. Léa Gabrielle est madame de Lamballe et Isabelle Gélinas madame de Polignac
Photo du film de Sofia Coppola, Marie-Antoinette (2007)

« Un événement fort simple en lui-même attira des soupçons fâcheux sur la conduite de la reine . Elle partit un soir avec la duchesse de Luynes, dame du Palais : sa voiture cassa à l’entrée de Paris; il fallut en descendre; la duchesse la fit entrer dans une boutique, tandis qu’un valet de pied fit avancer un fiacre . On était masqué et, en sachant garder le silence, l’événement n’aurait même pas été connu, mais aller en fiacre est pour une reine une aventure si bizarre qu’à peine entrée dans la salle d’opéra, elle ne put s’empêcher de dire :
« C’est moi en fiacre, n’est-ce pas bien plaisant ?»
De ce moment tout Paris fut instruit de l’aventure du fiacre : on dit que tout avait été un mystère dans cette aventure de nuit, que la reine avait donné un rendez-vous, dans une maison particulière, à un seigneur honoré de ses bontés, ; on nommait hautement le duc de Coigny.
»

Mémoires de madame Campan

Le 17 août 1776

Le comte de Mercy écrit à Marie-Thérèse :

« Le duc de Coigny, premier écuyer du Roi, qui passe pour être beaucoup trop intimement lié avec la princesse de Guéménée, est maintenant celui des courtisans qui a le plus de crédit auprès de la Reine, et il vient en conséquence d’obtenir une demande contre laquelle je me suis inutilement récrié . Le fils de ce duc avait été très mal de la petite vérole, et il en est guéri sous les yeux plutôt que par les soins d’un médecin nommé Richard . Cet homme a demandé par la voie du duc de Coigny une place de fermier général des postes pour son fils; la Reine a fait créer cette place, n’y en ayant point de vacante, et elle a été donnée au fils du médecin ………..»

Florimond de Mercy

Le 19 août 1778

Décès de sa mère, Marie-Thérèse Josèphe Corentine de Névet (1717-1778).

La Reine annonce qu’Elle attend Son premier enfant…

« Chacun raisonna sur cette grossesse ( Madame Royale, première grossesse de Marie-Antoinette ) : les femmes qu’elle avait eues, et qui l’avaient crue uniquement attachée au sexe, ne lui pardonnèrent pas d’avoir eu un amant ; c’est l’usage des dames de cette religion. On chercha le héros, il fut aisé à trouver : on nomma le duc de Coigny, et toutes les conjectures se réunirent en sa faveur. Ce seigneur aimable, d’une belle figure, ayant les mœurs les plus douces et la tournure la plus satisfaisante, des yeux qui parlent beaucoup et une santé en tout point différente de l’expirant Dillon, avait, depuis quelque temps, fixé les regards de la reine ; il s’était conduit avec la plus grande circonspection et l’aurait ménagée si elle n’eût pas elle-même cherché la publicité par ses imprudences.
On calcula l’heure, le moment et le lieu où la grossesse s’était opérée. On rappela un bal de l’Opéra où la reine s’était masquée d’une capote grise, et avait fait masquer de même plusieurs femme de sa suite ; le duc était seul dans une loge aux secondes ; à la faveur du déguisement, Antoinette se perd parmi les compagnes, se glisse dans la foule et va à la loge. Quelques minutes après, la suite, inquiète, cherche la princesse ; on la trouve sortant de la loge, et si agitée de l’acte qu’elle venait de faire, qu’elle tomba presque évanouie sur l’escalier ; une femme marqua cet instant sur ses tablettes ; elles circulèrent, et presque toutes les femmes de la Cour l’eurent sur leurs écrits en lettres d’or.
»

Pamphlet anglais de l’époque

Le 19 décembre 1778

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant est surnommée «Mousseline» par la Reine. La rumeur a même fait du duc de Coigny l’amoureux ou l’amant de Marie-Antoinette… et même le père de Madame Royale !

Image de Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

L’abbé de Véri résume bien la situation :

« Cette dépêche a été lue au Conseil de Versailles dans le temps où les bruits populaires de Paris, bien moins fondés encore que ceux de Suède, attribuaient au premier écuyer (le duc de Coigny) l’enfant dont la Reine va bientôt accoucher. Les membres du Conseil, que cette lecture inattendue surprit en pareille circonstance, ne purent s’empêcher de regarder le Roi. Ils vivent par la manière gaie dont il plaisanta sur la nouvelle, combien il était loin du mauvais bruit qui courait à Paris et à Versailles ».

L’abbé de Véri

Le bruit courait dans Paris que le père du futur prince était précisément le premier écuyer du roi, le duc de Coigny .

« On prétend qu’il a ses entrées dans l’appartement de la reine, mais ce sont sans doute des calomnies»,

rapporte alors à sa Cour l’ambassadeur de Sardaigne . Espionnant comme ses confrères les moindres démarches de la reine, et particulièrement prévenu, par suites des rivalités entre Marie-Antoinette et ses belles-sœurs, princesses piémontaises, il n’en était pas moins convaincu, de même que les autres diplomates, de sa vertu. La liaison avec Coigny, qui n’était ni jeune, ni beau, ni même spirituel, est pourtant attestée par quelques témoins.  Marie-Antoinette alimentait d’ailleurs elle-même ces rumeurs en comblant de faveurs la princesse de Guéménée, maîtresse de Coigny, femme intrigante et de réputation douteuse .  En dépit des rumeurs concernant le duc de Coigny, la princesse, gouvernante des Enfants de France, garda cette charge à la naissance de Madame Royale, entourée d’égards par les souverains . 

                    Françoise Kermina            

Le duc de Guînes par Nattier

Fin mars 1779

Marie-Antoinette attrape une rougeole très douloureuse, cause de violents maux de gorge et d’aphtes. Elle se retire donc à Trianon afin de préserver Sa petite fille et Son mari de tout risque de contagion. Coigny fait partie de Sa société rapprochée. Avec le comte d’Esterházy (1740-1805), le baron de Besenval (1721-1791) et le duc  de Guînes (1735-1806), il La veille à Trianon lors de Sa rougeole.

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

« Les trois semaines que nous passâmes à Trianon furent très agréables, uniquement occupés de la santé et de l’amusement de la reine, de petites fêtes simples dans un lieu charmant , des promenades en calèches ou sur l’eau. Point d’intrigues, point d’affaires, points de gros jeux. Seule la magnificence qui y régnait pouvait faire soupçonner qu’on était à la cour.»

 Valentin Ladislas, comte d’Esterházy

Valentin d'Esterházy par Benjamin Warlop
Le baron de Besenval par Benjamin Warlop
Le duc de Guînes par Benjamin Warlop

Des hommes en tant que garde-malades étaient alors indispensables puisque la rougeole pouvait entraîner de graves conséquences sur les dames potentiellement enceintes. Les moyens de contraception n’existaient pas encore et donc toutes ses dames du palais en âge de procréer pouvaient être enceintes. De plus, dans ces situations de maladies contagieuses à risque pour les femmes, Marie Leszczyńska agissait de même et personne ne trouvait rien à redire…

Le premier mars 1780

Coigny est fait lieutenant général.

Le 29 novembre 1780

Décès de l’impératrice Marie-Thérèse (1717-1780)

Marie-Thérèse d'Autriche

On prête à Coigny une liaison avec madame de Châlons, cousine de madame de Polignac (1749-1793).

Le 27 août 1784

Coigny devient seigneur de Prétot.

Le 27 mars 1785

Naissance de Louis-Charles, duc de Normandie, second fils du couple royale. Il sera surnommé «Chou d’Amour» par Marie-Antoinette, Dauphin en 1789 …

Dimanche 5 mars 1786
 
Marie-Antoinette va, à Paris, le soir, pour honorer le lendemain de Sa présence le bal qui est donné par le duc de Coigny.

Le 9 juillet 1786

Naissance de la princesse Sophie-Hélène-Béatrix, dite Madame Sophie, dernier enfant de Marie-Antoinette et Louis XVI. Selon les usages le bébé est immédiatement baptisé.

Sa santé sera toujours fragile…

Yolande de Polignac Au chapeau de paille par Élisabeth Vigée Le Brun (1783)
Louis-Charles, duc de Normandie par Élisabeth Vigée Le Brun
Sophie-Hélène-Béatrix de France par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 18 juin 1787

La mort de Madame Sophie avant son premier anniversaire, éprouve la Reine qui s’inquiète aussi pour la santé de Son fils aîné.

Le 14 décembre 1787

Coigny est fait pair de France  (lettres patentes pour Coigny du 12 septembre 1787).

Vers la fin du règne, le duc de Coigny se montre assez ingrat. Lorsque sa charge est supprimée, juste avant la Révolution, pour des raisons d’économie, il s’en explique vertement avec le Roi, avec lequel il a une violente dispute.

« Nous nous sommes véritablement fâchés, le duc de Coigny et moi ; mais je crois qu’il m’aurait battu, que je lui aurais passé.»

Louis XVI

Cette attitude du duc de Coigny déçoit beaucoup la Reine et ce d’autant plus, qu’elle contraste avec celle du duc de Polignac, lorsque sa charge de directeur général des postes aux chevaux du royaume est supprimée.

Le 8 août 1788

Convocation des États-Généraux pour le 1er mai 1789.

Louis XVI consultant des cartes de navigation par Benjamin Warlop

Le duc de Coigny est élu député de la noblesse, pour le bailliage de Caen.

Le 29 janvier 1789

Lettre de convocation des états généraux à Versailles :

« De par le Roi, Notre aimé et féal.Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour Nous aider à surmonter toutes les difficultés où Nous Nous trouvons relativement à l’état de Nos finances, et pour établir, suivant nos vœux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du gouvernement qui intéressent le bonheur de nos sujets et la prospérité de Notre royaume. Ces grands motifs Nous ont déterminé à convoquer l’Assemblée des États de toutes les provinces de notre obéissance, tant pour Nous conseiller et Nous assister dans toutes les choses qui seront mises sous nos yeux, que pour Nous faire connaître les souhaits et doléances de nos peuples, de manière que par une mutuelle confiance et par un amour réciproque entre le souverain et ses sujets, il soit apporté le plus promptement possible un remède efficace aux maux de l’État, que les abus de tous genre soient réformés et prévenus par de bons et solides moyens qui assurent la félicité publique et qui nous rendent à Nous particulièrement, le calme et la tranquillité dont Nous sommes privés depuis si longtemps. Donné à Versailles, le 24 janvier 1789. »

Le 2 mai 1789

Louis XVI reçoit chacun des représentants de la nation au palais, à tour de rôle ils vont passer devant le Roi s’incliner, le saluer sans que celui-ci ne dise un mot puis tourner les talons et sortir. Les députés sortent du palais très refroidis.

Les députés auraient sans doute souhaité que la présentation au Roi ressemble à cette cérémonie avec les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit survenue juste après son sacre...

Le 4 mai 1789

Dès sept heures du matin

Les États Généraux s’ouvrent le lundi 4 mai 1789 par une procession dans les rues de Versailles et une messe du Saint-Esprit, au cours de laquelle Mgr de La Fare prononce le sermon d’usage, honneur que briguait Talleyrand. Sous les applaudissements du clergé et de la majorité du tiers, Anne Louis

Les députés de la noblesse dans Lady Oscar de Jacques Demy

 

On assiste à la procession religieuse du Saint Sacrement à laquelle toute la Cour assiste ainsi que l’ensemble des députés des trois ordres. Avec passablement d’indiscipline, la foule, curieuse, envahit la ville pour voir passer en rangs serrés les 1 139 députés des trois ordres. L’étiquette est de mise pour une telle manifestation et fait ressortir de façon criante l’inégalité des trois ordres et la scission probable du clergé. En effet d’un côté nous trouvons la noblesse dorée et empanachée avec le haut clergé en robe violette et de l’autre le Tiers Etat en habit sombre et les curés en soutane noire. La procession est fermée par Louis XVI.

 

Ainsi parmi les 270 députés de la Noblesse, arborant des tenues colorées, des bas blancs, des chapeaux à plumes et une étole d’or, peut-on compter le terrible Prince rouge, le duc d’Orléans, le héros des Amériques, La Fayette, le baron de Batz, le duc de Lauzun , le duc de Coigny …

Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

Procession des trois ordres, du Roi et de la Reine qui se rendent dans la Salle des Menus Plaisirs de Versailles.

Ouverture des Etats Généraux
Jean-François Balmer et Jane Seymour sont Louis XVI et Marie-Antoinette dans Les Années Lumière de Robert Enrico (1989)

 

Le discours d’ouverture de Louis XVI, bref et cassant laisse les députés sans réponse sur ce point et surpris tout le monde par son ton. En effet, le Roi précise que les Etats Généraux sont réunis à sa demande et que lui seul sera juge de décider de ce dont ils devront débattre. Barentin (1738-1819), le garde des Sceaux, fait ensuite l’éloge du Roi.

 

Necker (1732-1804) prononce enfin un très long discours qui fait prendre conscience aux députés de la situation financière désastreuse du royaume.

Il fait apparaître que la situation générale en France est beaucoup plus confuse qu’on ne le pensait ; le gouvernement est totalement désorienté. Il fait apparaître que la situation générale en France est beaucoup plus confuse qu’on ne le pensait ; le gouvernement est totalement désorienté.

Seul le contrôleur des finances aborde les raisons pour lesquelles les états généraux sont réunis : le déficit du budget. Mais il affirme qu’il sera aisé d’y remédier. Il ne parle pas du problème qui préoccupe le plus les députés : le vote par ordre, ou par tête, à l’issue de la séance solennelle, qui conditionne toute réforme.

Cette première séance se clôture de manière décevante pour les députés. Aucun mot sur une possible constitution, aucune allusion aux milliers de revendications exposées dans le cahier remis au Roi, aucune certitude sur le type de vote; Les députés sortent très déçus. Le Roi, quant à lui, vient de perdre une bonne occasion de mobiliser l’ensemble des députés derrière lui. Avec un discours comme celui de son ancêtre Henri IV aux précédents Etats Généraux, il aurait pu à la fois conserver au trône un pouvoir exécutif fort et doter la nation d’une constitution garante des libertés.

Jacques Necker par Duplessis
Les députés de la Noblesse dans L'été de la Révolution de Lazare Iglésis
Les députés de la Noblesse dans Les Années Lumière (1989) de Robert Enrico

Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

Mort du Dauphin dans Les Années Lumière de Robert Enrico (1989)

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Le 11 juillet 1789

Renvoi de Necker

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

La prise de la Bastille dans Les Années Lumière (1989) de Robert Enrico

Le 17 juillet 1789

Les Polignac, comme le comte d’Artois ou l’abbé de Vermond prennent la route de l’exil.

Le départ des Polignac par Benjamin Warlop

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

La Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Le 5 octobre 1789

Des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

La famille royale se replie dans le château…

Image de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

Le matin du 6 octobre 1789 par Benjamin Warlop

La famille royale est ramenée de force à Paris.

Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Les Tuileries dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération.

Jean-François Balmer et Jane Seymour dans Les Années Lumière de Robert Enrico (1989)

En 1791

Coigny émigre, il servira dans l’armée des Princes, au sein de laquelle il participe aux opérations contre-révolutionnaires.  Il commande la Maison militaire du Roi jusqu’à la dissolution de cette armée au mois de novembre 1792. Le comte de Provence le charge alors de plusieurs missions diplomatiques. Il passe ensuite au service du Portugal, où il obtient le grade de capitaine-général.

Vue du palais du Roi du Portugal à Lisbonne, gravure du XVIIIe siècle

Coigny entre ainsi au service de la Reine Marie Ière du Portugal (1734-1816), aînée des quatre filles de Joseph Ier de Portugal (1714-1750-1777) et Marie-Anne-Victoire d’Espagne (1718-1781), les parrain et marraine de Marie-Antoinette, qui règne depuis 1777. À la suite du décès de son mari, Paul III (1717-1786), en 1786 ainsi que de deux de ses enfants deux ans plus tard, dont son fils aîné qu’elle avait refusé de faire vacciner contre la variole, et profondément troublée par la Révolution française, la souveraine sombre dans la démence à partir de 1791. La Reine souffre de mélancolie et d’une santé mentale déclinante (peut-être due à la porphyrie) qui la rendent incapable de gérer les affaires de l’État après 1792. Par conséquent, son fils cadet, le prince Jean (1767-1826), reprend le gouvernement en son nom et assure la régence à partir de 1799.

La Reine Marie Ière du Portugal (1734-1777-1816) par Giuseppe Troni

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale.

Le 21 juin 1791

 Le Roi et la famille royale sont arrêtés à Varennes.

Chez l'épicier Sauce à Varennes, par Prieur

Le 25 juin 1791

 La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Le Roi est suspendu.

Le 14 septembre 1791

Le Roi prête serment à la Constitution.

Louis XVI, roi de France en roi citoyen (1791),  par  Jean-Baptiste-François  Carteaux  (1751 - 1813)
La place du figuier (« La Praça da Figueira ») de Lisbonne

Le 20 juin 1792


La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

Escalier monumental des Tuileries (juste avant sa destruction)
Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

Le Roi refuse.

Le 10 août 1792

Les Tuileries sont envahies par la foule. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide de gagner l’Assemblée nationale.

Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Le cortège funèbre de la monarchie commence par une haie d'honneur des chevaliers de Saint-Louis qui lèvent leurs épées dans Un peuple et son Roi

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses «de déposer à l’instant leurs armes».

La Prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, musée du château de Versailles

La position de la Garde devient de plus en plus difficile à tenir, leurs munitions diminuant tandis que les pertes augmentent. La note du Roi est alors exécutée et l’on ordonne aux défenseurs de se désengager. Le Roi sacrifie les Suisses en leur ordonnant de rendre les armes en plein combat.

Image d'Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

Des 950 Gardes suisses présents aux Tuileries, environ 300 sont tués au combat ou massacrés en tentant de se rendre aux attaquants après avoir reçu l’ordre du roi de rendre les armes en plein combat.

Le 13 août 1792

La famille royale est transférée au Temple après avoir été logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles. Quatre pièces du couvent leur avaient été assignées pendant trois jours.

La Tour du Temple

Le 3 septembre 1792

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Le massacre de la princesse de Lamballe (1908) par Maxime Faivre

Massacres dans les prisons.

Le 20 septembre 1792

Le duc d’Orléans, Philippe Égalité, cousin du Roi, est élu député à la Convention.

Victoire de Valmy, considérée comme l’acte de naissance de la République.

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Promenade de la famille royale dans le jardin du Temple dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron

Le 3 décembre 1792

Pétion (1756-1794) renforce la décision de faire juger Louis XVI par la Convention.

 

Le 11 décembre 1792

Louis comparaît devant la Convention pour la première fois.

Le 26 décembre 1792

Seconde comparution de Louis XVI devant la Convention.

Du 16 au 18 janvier 1793

La Convention vote la mort du Roi. Philippe Égalité est l’un de ceux qui ont donné leur voix pour la peine capitale.

Le lundi 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI

Le 14 octobre 1793

Lors du procès de Marie-Antoinette, Coigny est évoqué par Reine Millot, une ancienne fille domestique à Versailles, qui raconte : 

« Reine Millot, fille domestique, dépose qu’en 1788, se trouvant de service au grand commun à Versailles, elle avait pris sur elle de demander au ci-devant comte de Coigny, qu’elle voyait un jour de bonne humeur : « Est-ce que l’Empereur continuera toujours à faire la guerre aux Turcs? mais, mon Dieu, cela ruinera la France par le grand nombre de fonds que la Reine fait passer pour cet effet à son frère, et qui en ce moment doivent au moins se monter à vingt millions. — Tu ne te trompes pas, répondit-il; oui, il en coûte déjà plus de deux cents millions, et nous ne sommes pas au bout.
 Il est à ma connaissance, ajoute le témoin, qu’après le 23 juin 1789, me trouvant dans un endroit où étaient des gardes d’Artois et des officiers de hussards, j’entendis les premiers dire à l’occasion d’un massacre projeté contre les gardes françaises : « Que chacun soit à son poste et fasse son devoir» mais que les gardes françaises ayant été instruits à temps de ce qui se tramait contre eux, crièrent aux armes; alors le projet se trouvant découvert, il ne put avoir lieu.
J’observe aussi, continue le témoin, avoir été instruite par différentes personnes que l’accusée ayant conçu le dessein d’assassiner le duc d’Orléans, le Roi, qui en fut instruit, ordonna qu’elle fût incontinent fouillée ; que, par suite de cette opération, on trouva sur elle deux pistolets ; alors il la fit consigner dans son appartement pendant quinze jours.»

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette.

Le 16 septembre 1795

Marie François Henri de Coigny épouse Jeanne Françoise Aglaé d’Andlau (qui mourra en 1825), fille de François-Léonor, comte d’Andlau (1710-1763) et de Marie-Henriette de Polastron ( cousine de madame de Polignac), qui fut la gouvernante de Madame Adélaïde de France (1732-1800) et entra au Carmel de St-Roch à Paris, en 1763, à la mort de son mari, en 1821.

En 1806

Décès de son frère Jean Philippe de Franquetot, chevalier de Coigny (1743-1806).

 Le 6 avril 1814

Louis-Stanislas, comte de Provence, est proclamé Roi sous le nom de Louis XVIII le Désiré.

Louis XVIII par François Gérard

Le duc de Coigny rentre en France.

François-Henri de Franquetot duc de Coigny (1737-1821), huile sur toile de Georges Rouget 1816 château de Versailles

Le 1er mars 1815

La Restauration ne dure pas.

Napoléon quitte son exil de l’île d’Elbe et débarque à Golfe-Juan.

Avant l’entrée de Napoléon à Paris, les Bourbons n’ont plus d’autres choix que de fuir les Tuileries:

Le 19 mars 1815

Napoléon est aux portes de Paris.Louis XVIII et sa cour prennent la fuite pour Gand.

Le 18 juin 1815

La défaite de Waterloo réinstalle Louis XVIII sur le trône de France.

 

Le 22 janvier 1816

Décès de son fils, François Marie Casimir de Coigny de Franquetot (1756-1816).

 

Le 3 juillet 1816

Coigny reçoit le bâton de maréchal de France. et il est nommé pair de France et gouverneur de l’hôtel royal des Invalides.

Le comte de Vaudreuil (1740-1817) est alors gouverneur du Louvre.

 

Le 6 janvier 1817

Décès de son frère Augustin Gabriel de Franquetot, comte de Coigny (1740-1817).

Le comte de Coigny par Carmontelle

Le 19 mai 1821

François-Henri de Coigny meurt à Paris, il a quatre-vingt-quatre ans.

François Henri de Franquetot, duc de Coigny

 Il est inhumé aux Invalides.

Les Invalides
Le dôme des Invalides ( cathédrale Saint-Louis )

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