« Reine Millot, fille domestique, dépose qu’en 1788, se trouvant de service au grand commun à Versailles, elle avait pris sur elle de demander au ci-devant comte de Coigny, qu’elle voyait un jour de bonne humeur : « Est-ce que l’Empereur continuera toujours à faire la guerre aux Turcs? mais, mon Dieu, cela ruinera la France par le grand nombre de fonds que la Reine fait passer pour cet effet à son frère, et qui en ce moment doivent au moins se monter à vingt millions. — Tu ne te trompes pas, répondit-il; oui, il en coûte déjà plus de deux cents millions, et nous ne sommes pas au bout.
Il est à ma connaissance, ajoute le témoin, qu’après le 23 juin 1789, me trouvant dans un endroit où étaient des gardes d’Artois et des officiers de hussards, j’entendis les premiers dire à l’occasion d’un massacre projeté contre les gardes françaises : « Que chacun soit à son poste et fasse son devoir» mais que les gardes françaises ayant été instruits à temps de ce qui se tramait contre eux, crièrent aux armes; alors le projet se trouvant découvert, il ne put avoir lieu.
J’observe aussi, continue le témoin, avoir été instruite par différentes personnes que l’accusée ayant conçu le dessein d’assassiner le duc d’Orléans, le Roi, qui en fut instruit, ordonna qu’elle fût incontinent fouillée ; que, par suite de cette opération, on trouva sur elle deux pistolets ; alors il la fit consigner dans son appartement pendant quinze jours.»