Le château de Compiègne

Le château de Compiègne
Clovis Ier

Sous les Mérovingiens du Ve au VIIIe siècles

Quatre palais se sont succédé à Compiègne. Le plus ancien remonte au début de la dynastie mérovingienne et datait vraisemblablement du règne de Clovis Ier (vers 466-511).

Il est probablement construit en bois et son emplacement est malaisé à déterminer.

En 561

C’est dans ce « palais royal » de Compiègne que meurt Clotaire Ier (498-561), au retour d’une chasse à Saint-Jean-aux-Bois.

Clotaire Ier

En 633

Dagobert Ier (602-639) y réunit le parlement qui décide de la fondation de la basilique Saint-Denis et c’est au palais qu’est conservé son trésor, partagé en 639 entre ses successeurs.

Dagobert reçoit le royaume Franc par les évêques et les grands de Burgondie

Sous les Carolingiens

Compiègne est fréquemment le lieu de réunion des « assemblées générales » d’évêques et de seigneurs.

 

A partir du règne de Pépin le Bref (714-768)

Compiègne devient un lieu important sur le plan diplomatique.

 

En 757

Pépin le Bref y accueille, au milieu d’une grande assemblée, une ambassade de l’Empereur de Constantinople Constantin V (718-775).

 

Pépin le Bref

En 830 et en 833

Louis Ier le Pieux (778-840) réunit à Compiègne plusieurs assemblées dont deux tentent de le pousser à l’abdication.

Louis le Pieux

 

Le palais de Charles II le Chauve

Charles II le Chauve (823-877) établit progressivement à Compiègne le siège de son autorité royale puis impériale.

 

En 877

Sacré empereur à Rome, Charles II fonde l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne qu’il établit à l’emplacement de l’ancien palais mérovingien, tandis que lui-même se fait construire un nouveau palais situé vers l’Oise, auquel l’abbaye sert de chapelle impériale, sur le modèle du palais que son grand-père Charlemagne (742?-814) avait créé à Aix-la-Chapelle.

Le fils de Charles II le Chauve, Louis II le Bègue (846-879), est intronisé et sacré à Compiègne, dans la chapelle palatine, où il est enterré deux ans plus tard, en 879.

Charles II le Chauve

En 888

C’est à Compiègne qu’est sacré Eudes, duc de France (852-898), fils de Robert le Fort (830-866), proclamé Roi par l’assemblée des grands de préférence à Charles III le Simple (879-929), trop jeune. Devenu Roi à son tour, ce dernier séjourne fréquemment à Compiègne qui reste la principale résidence des souverains de la deuxième dynastie.

En 987

C’est là que meurt le dernier des Carolingiens, Louis V le Fainéant (967-987).

Louis V le Fainéant

Les Capétiens continuent à fréquenter Compiègne, mais le palais perd progressivement son rôle politique. Le développement de la ville de Compiègne les conduit à aliéner peu à peu l’ancien domaine royal au profit de la population. 

Le processus d’aliénation du domaine royal s’achève sous Louis IX (1214-1270) ; seules la grande salle et la tour de l’ancien palais sont conservées comme siège et symbole de l’administration militaire et féodale, mais les grandes assemblées doivent désormais se tenir à l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne. Le Roi ne conserve à Compiègne qu’une modeste résidence en lisière de la forêt, au lieu-dit Royallieu.

L'abbaye Saint-Corneille de Compiègne
Maquette de l'abbaye Saint-Corneille de Compiègne

Le palais médiéval

Vers 1374

Charles V le Sage (1338-1380) édifie un palais à l’origine du palais actuel.

Charles V le Sage

En 1358

Charles V n’est encore que régent du royaume, quand il réunit à Compiègne, dans l’ancien palais carolingien, les états-généraux et éprouve le manque de sécurité du logis de Royallieu, en lisière de forêt.

 

En 1374

Charles décide de bâtir un nouveau palais sur un terrain qu’il rachète aux religieux de Saint-Corneille. Il faut faire abattre les maisons qui s’y trouvent et les travaux ne sont pas terminés lorsque Charles V meurt en 1380. C’est ce palais qui, agrandi au fil des siècles, va donner naissance au palais actuel; n’en subsistent que quelques vestiges noyés dans la maçonnerie de l’édifice.

 

En 1382

C’est dans ce palais que Charles VI (1380-1422) dit « le Bien-Aimé » puis « le Fol »,  réunit les états-généraux.

 

Entre 1414 et 1429

La ville tombe aux mains des Bourguignons.

Le 18 août 1429

Charles VII (1429-1461) qui vient de se faire sacrer à Reims, fait son entrée solennelle à Compiègne  et y séjourne pendant douze jours, inaugurant la tradition du séjour du Roi à Compiègne au retour du sacre, qui sera observée par presque tous les monarques jusqu’à Charles X (1824-1830) inclus.

Charles VII

Le 23 mai 1430

Les Bourguignons tentent de récupérer la ville. Jeanne d’Arc, venue défendre la ville sans le soutien du Roi y est fait prisonnière. Les Bourguignons la vendront peu après aux Anglais.

Miniature des Vigiles de Charles VII montrant la capture de Jeanne d'Arc à Compiègne

Charles VII ne revient à Compiègne, accompagné du Dauphin, le futur Louis XI (1461-1483), qu’en 1441, pour trouver un palais très endommagé au cours de différents sièges.

En 1451

Charles VII fait remettre en état et agrandir le palais, à l’occasion d’un séjour prolongé.

Charles VIII (1483-1498) et Louis XII (1498-1515) font plusieurs séjours à Compiègne.

François Ier (1515-1547) qui y vient fréquemment, fait améliorer les bâtiments et se préoccupe de l’aménagement de la forêt.

François Ier par Clouet

Son fils, Henri II (1547-1559) y séjourne pour des durées généralement plus longues. Il fait décorer la Porte-Chapelle, percée dans le rempart de la ville pour donner accès à la cour de la chapelle du palais.

Charles IX (1560-1574) est à l’origine de la création d’un « jardin du Roi » d’environ six hectares, qui constitue l’amorce du futur parc.

Les troubles des guerres de Religion sont peu propices à de longs séjours royaux à Compiègne.

Charles IX par Clouet

En 1576

Henri III (1574-1589) doit renoncer à tenir à Compiègne les états-généraux, mais c’est en l’église de l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne que son corps est transporté pour y être inhumé après son assassinat en 1589. Compiègne étant alors la seule ville royale à être encore « au Roi ».

L'assassinat de Henri III par Jacques Clément

Le palais de Compiègne, inoccupé et mal entretenu durant les guerres de Religion, est devenu inhabitable.

Lorsque Henri IV (1589-1610) vient à Compiègne, il préfère loger en ville.

Henri IV par Pourbus

En 1594

L’atelier des monnaies est installé dans le palais.

En 1598

Les appartements de la Reine sont déménagés conduisant à la création de nouveaux décors mais surtout de nouveaux ensembles mobiliers.

En 1784

Antoine Thierry de Ville d’Avray devenant le nouveau directeur du garde-meuble royal profite du climat favorable instauré par Calonne pour continuer à nourrir cette gigantesque politique de réaménagement à Compiègne et à Fontainebleau voulue par le contrôleur général des finances. Il fait appel à Jean Hauré, sculpteur qu’il impose comme son régisseur. Dans le même temps Marie-Antoinette profite de l’immense campagne de travaux lancée à Fontainebleau pour réaménager à Compiègne Son cabinet intérieur, Son grand cabinet ainsi que Sa chambre.

Le cabinet des jeux de Marie-Antoinette. Seule pièce a avoir gardé son décor XVIIIe

En mai 1786

Le garde-meuble commence à travailler sur le nouvel ameublement du salon des jeux de la Reine à Compiègne et notamment sur l’ensemble auquel appartient cette paire de ployants.

Ployants livrés en 1786-1787 pour le salon des Jeux de la Reine de Compiègne sur ordre de Jean Hauré

La livraison comprend alors quarante ployants, douze tabourets, un écran et un paravent.

A l’automne 1786

Marie-Antoinette et Louis XVI en profitent pour séjourner à Fontainebleau. Malheureusement l’ameublement du grand cabinet n’étant pas encore achevé, Hauré prévoit l’envoi de vingt-quatre des ployants, douze tabourets, l’écran et le paravent de Compiègne vers Fontainebleau.

En 1787

L’assemblée des notables juge les dépenses effectuées à Compiègne excessives.

Estampe mise en couleur, gravure par Claude Niquet d'après un dessin de Very et Girardet, représentant l'assemblée de notables tenue à Versailles le 22 février 1787

En 1795

La Révolution amène la dispersion du mobilier et seules quelques pièces ont pu revenir de nos jours.

Le 12 floréal an V (2 mai 1797)

Ce mobilier restera à Compiègne jusqu’à la Révolution où il sera par la suite dispersé et vendu à Paris sous le Directoire.
Après avoir brièvement rejoint le Luxembourg et les Tuileries, les ployants de Compiègne seront envoyés à Fontainebleau avec le reste du mobilier.

En 1799

Un prytanée militaire est installé au château; il est à l’origine de l’Ecole des Arts et Métiers (1803) qui s’installe à Châlon-sur-Marne en 1806.

Le château des deux Empereurs

Napoléon Ier

Le 12 avril 1807

Il est nécessaire de rendre à cette résidence sa fonction originale. Aussi Napoléon Ier (1769-1821) donne-t-il l’ordre, de remettre Compiègne en état.

Napoléon Ier par Ingres
La chambre de l'Empereur

Immédiatement, de grands travaux intérieurs sont lancés, sous la conduite de l’architecte Louis-Martin Berthaut, qui vient de travailler pour Joséphine à la Malmaison.

Les travaux se déroulent de 1808 à 1810 et entraînent une nouvelle distribution des espaces et surtout de nouveaux décors avec un mobilier qui nous est en partie parvenu.

L’Empereur occupe l’ancien appartement du Roi tandis que l’Impératrice est logée à l’extrémité de la terrasse ; l’ancien appartement de la Reine devient un appartement destiné à un souverain étranger. L’essentiel des décors muraux est l’oeuvre des ateliers de Dubois et Redouté tandis que les meubles sont réalisés par Jacob-Desmalter et par Marcion. Il s’agit des appartements les plus complets du Premier Empire en France.

La chambre de l'Impératrice
La salle-de-bain de l'Impératrice
La bibliothèque de l'Empereur

Souhaitant rétablir les traditions de l’Ancien Régime, c’est en ce palais que l’Empereur accueille sa seconde épouse, l’Archiduchesse Marie-Louise, petite-nièce de Marie-Antoinette.

Accueil de Marie-Louise à Compiègne
La salle de bal

Créée sous le Premier Empire, cette galerie aux élégantes proportions (45m de long, 13 de large et 10 de haut) fut réalisée très rapidement : ordonnée fin 1809, elle servit dès le printemps 1810. Dessus de porte et peintures de la voûte exaltent l’Empire, offrant une évocation des principales victoires de Napoléon Ier. Sous le Second Empire, on y installe deux statues de marbre acquises par Napoléon III, représentant Napoléon Ier d’après Chaudet et Madame Mère d’après Canova. La galerie sert alors de salle-à-manger d’apparat lors des Séries. Entre 1914 et 1917, elle abrite un hôpital militaire.

Quatre bas-reliefs dus à Charles-Auguste Taunay ornent les dessus de porte. Par le biais des anciens dieux sont évoqués les bienfaits du nouveau régime napoléonien. Du côté de la galerie des cerfs sont représentés, à droite, Jupiter assisté par Minerve accorde son pardon aux villes conquises, et à gauche, Mars de retour en France y ramène l’Abondance et la Victoire. Ceux surmontant les portes de l’antigalerie de bal montrent à droite Apollon vient ranimer la terre en lui présentant les arts. A gauche Hercule met en fuite les criminels et place l’Innocence sous la protection de la Justice, femme drapée tenant en main le «Code français».

La peinture décorative confiée à l’atelier Dubois et Redouté est réalisée en 1811-1812. La voûte en berceau offre à elle seule un résumé des victoires de l’Empire, clairement énoncées : la Moskowa (1812), Iéna (1806), Austerlitz (1805), Arcole (1796), les Pyramides (1798), Wagram (1809), Rivoli (1797), Friedland (1807), la capitulation d’Ulm (1805), la campagne d’Egypte (1798-1799).

Les tympans sont commandés à Girodet en décembre 1814, après la chute de l’Empire, pour remplacer les armes impériales qui s’y trouvaient. Sont représentées La Danse des Grâces présidée par Apollon du côté de la chapelle et La Danse des Nymphes présidée par le Dieu Pan, de l’autre.

La salle de bal
La chapelle

L’état des finances royales à la fin de l’Ancien Régime ne permit pas de réaliser un projet monumental de grande chapelle à plan centré. La chapelle de l’ancien château est conservée et transformée lors des différentes campagnes de travaux. Sous le Premier Empire est créé le plafond à caissons.

La chapelle
L’appartement du Roi de Rome

Du 8 au 10 novembre 1824

Louis XVIII, sur le chemin de Paris, choisit de s’y arrêter quelques jours pour analyser la situation avant de faire son entrée dans la capitale. Charles X fait son premier séjour à Compiègne comme Roi de France, accompagné d’une suite nombreuse. Il y vient ensuite fréquemment pour de brefs séjours de chasse, en dernier lieu du 24 au 29 mai 1830.

En 1832

Louis-Philippe vient pour la première fois à Compiègne pour préparer le mariage de sa fille aînée Louis d’Orléans avec le roi Léopold 1er, qui est célébré au palais le 9 août 1832.

Le 9 août 1832
 
Le mariage de Léopold Ier, Roi des Belges, et de la princesse Louise d’Orléans, fille aînée du Roi Louis-Philippe et de la Reine Marie-Amélie, a lieu au château de Compiègne Après la cérémonie du mariage civil, le mariage luthérien est célébré dans l’actuel salon des Cartes du château de Compiègne aménagé en chapelle pour l’occasion. Laissons la parole à la Reine Marie-Amélie pour décrire le mariage de sa fille Louise :
Nous sommes alors passés dans la salle contiguë au salon, où avait été dressé un autel, surmonté d’un crucifix et deux cierges ; là Mr Goepp, pasteur de la Confession d’Augsbourg, qui est la religion professée par le Roi Léopold, a fait les cérémonies particulières à cette confession et lu des prières qui sont fort belles. Nous avons dû encore signer l’acte….”
 
Le mariage de Léopold Ier, Roi des Belges, et de la princesse Louise d’Orléans : détail d’un tableau réalisé par Joseph-Désiré Court. On reconnaît derrière les mariés le Roi Louis-Philippe et la Reine Marie-Amélie, puis à genoux sur des coussins le duc de Montpensier et le duc d’Aumale puis debout le jeune prince de Joinville. Derrière la Reine Marie-Amélie, ses deux fils ainés le duc de Nemours et le duc d’Orléans, puis agenouillées sur des prie-Dieu les princesses Marie et Clémentine d’Orléans aux côtés de leur tante Madame Adélaïde.

Napoléon III
Le Second Empire est indissociable de Compiègne

Devenu empereur, Napoléon III vient y passer une dizaine de jours du 18 au 28 décembre 1852, avec une suite d’une centaine de personnes. Au cours de l’automne 1852, il y fait une cour assidue à Eugénie de Montijo. La Cour revient à Compiègne en 1853 et 1855, mais ce n’est qu’en 1856 que commence la série des Compiègne, c’est-à-dire un séjour d’un mois à un mois et demi chaque automne, pour les chasses en forêt, avec organisation des invités en séries d’une centaine d’invités chacune. Il y a généralement quatre séries. L’étiquette est réduite à son minimum, les invités jouissant d’une large indépendance.

L'Impératrice Eugénie à Compiègne avec ses dames. 1856

Sous le Second Empire, l’immense palais de Compiègne où se retrouve, chaque année, mêlé de façon intime à la vie des souverains, l’élite du monde officiel, artistique et mondain. Tous les invités y sont reçus confortablement et avec une authentique bienveillance. L’arrivée de tout ce beau monde, qui a pris deux heures plus tôt un train spécial à Paris, cause dans la ville un brouhaha indescriptible, les femmes amenant avec elles « un tel débordement de caisses qu’on aurait pu croire une armée en campagne ». L’étonnement, l’embarras des nouvelles venues, l’inquiétude de celles qui tremblent pour leur bagage ou simplement un détail à la toilette qui manque au dernier moment, tout cela donne lieu, parfois, à de petites scènes réjouissantes. Et les maris, eux, chargés de menus bagages, nécessaires à bijoux, sacs et tartans, grommèlent d’un air maussade au milieu de ce déploiement. Vers sept heures, on commence à se réunir au salon, les femmes en toilettes de bal, les hommes en habit noir. Alors arrivent Leurs Majestés pour recevoir et saluer leurs hôtes avec la meilleure grâce possible. Pendant les instants qui s’écoulent entre la réunion au salon et l’entrée des souverains des groupes se forment. On se reconnaît, on examine les nouveaux venus, ce qui donne lieu à des échanges divertissants. La première fois que Madame Rouher paraît à Compiègne, personne ne la connaissait alors que son mari était déjà compté au nombre des familiers. Madame Rouher, petite et très brune, avait une physionomie agréable et piquante.
En la voyant enter, la comtesse de La Bedoyère, qui cause avec un groupe d’amis dont Monsieur Rouher fait partie, la fait remarquer en demandant : « Qui est donc ce petit pruneau ? »
M. Rouher s’incline et répond en souriant : « C’est ma femme ! »

Souvenirs de madame Carrette, lectrice de l’Impératrice Eugénie

Sa Majesté l’Impératrice portant le prince impérial
Chambre de l'Impératrice Eugénie à Compiègne
Le salon de musique de l’Impératrice au mobilier de Jean-Baptiste Claude Sené provenant du grand cabinet de Marie-Antoinette au château de Saint-Cloud

A l’automne

Napoléon III apprécie particulièrement le château, y organisant avec l’Impératrice Eugénie les fameuses « séries » qui rassemblent chaque semaine une centaine d’invités, durant quatre à six semaines consécutives. Personnalités proches du pouvoir, souverains ou princes étrangers, diplomates, écrivains, artistes, scientifiques se retrouvent dans la quasi intimité de la famille impériale. Chasses, excursions, jeux, concerts et pièces de théâtre occupaient les journées où l’on oubliait les contraintes de l’étiquette.

Des aménagements sont alors effectués pour recevoir les invités et un important mobilier contemporain est introduit. L’Empereur fait également construire la Galerie Neuve, dite Galerie Natoire, afin de pouvoir accéder directement au théâtre impérial, qu’il édifie de l’autre côté de la rue d’Ulm, et qui reste inachevé en 1870.

Napoléon III

En 1870

Le château est occupé par les prussiens.

En 1901

Compiègne accueille le tsar de Russie Nicolas II. 

Vers 1910

Visitant son ancienne résidence du château de Compiègne devenu musée, l’ex-Impératrice octogénaire s’arrête près d’une fenêtre, se met à pleurer et ressent un malaise en se remémorant cette époque ; le guide l’interpelle pour continuer la visite : personne ne remarque qu’il s’agit de l’ex-impératrice des Français ; seul un homme la reconnaît et lui apporte un verre d’eau.

L'Impératrice Eugénie en 1920

Pendant la Première Guerre Mondiale

Les Anglais s’installent dans le château, puis l’état-major allemand en 1914. Le château est transformé en hôpital en 1915 avant d’abriter le grand quartier général de mars 1917 à avril 1918.

Le château de Compiègne

Les travaux de réparation commencent.

En 1619

Quand Louis XIII (1610-1643) vient pour la première fois à Compiègne, il trouve le séjour si agréable qu’il y revient trois fois dans l’année.

En 1624

Louis XIII s’y installe d’avril à juillet et reçoit au palais une ambassade du Roi d’Angleterre Jacques Ier (1567-1625) ainsi que les délégués des Provinces-Unies des Pays-Bas.

Louis XIII, en 1611, par Pourbus

En 1635

Lors de son dernier séjour, Louis XIII ordonne la réfection totale des appartements du Roi et de la Reine, réalisée sous la régence d’Anne d’Autriche (1601-1666).

Louis XIII, par Philippe de Champaigne (posthume, 1655)
Anne d'Autriche (1625) par Pierre-Paul Rubens

Sous Louis XIV (1643-1715)

 L’exiguïté du palais amène à construire en ville des bâtiments pour les grandes et petite chancelleries, les écuries du Roi et de Monsieur, des hôtels pour les ministres et leurs bureaux, car Compiègne est, avec Versailles et Fontainebleau, la seule demeure royale où le Roi réunisse le Conseil. Pour autant, le Roi considère avant tout Compiègne comme un séjour de repos et de détente ; il aime à y chasser et fait tracer le Grand Octogone, cinquante-quatre routes nouvelles et construire des ponts de pierre sur les ruisseaux.

Louis XIV

 

En 1666

Le premier « camp de Compiègne » a lieu. C’est le premier d’une série de seize grandes manœuvres militaires, dont le dernier se tiendra en 1847, destinées à la formation des troupes et de leurs chefs, à l’éducation des princes et au divertissement de la Cour et du peuple. Le plus important de ces camps est celui de 1698 où :

« l’orgueil du Roi voulut étonner l’Europe par la montre de sa puissance […] et l’étonna en effet ».

Saint-Simon (1675-1755)

Le symbole du Roi Soleil

Après 1698

Louis XIV ne revient plus à Compiègne et le palais reste inoccupé pendant dix ans.

D’octobre 1708 à mars 1715

 Le palais de Compiègne accueille l’Électeur de Bavière Maximilien-Emmanuel (1662-1726), mis au ban de l’Empire et à qui son allié Louis XIV offre asile et protection à Compiègne.

Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière, devant Mons, par Vivien

Le 4 juin 1728

Louis XV (1715-1774) arrive pour la première fois à Compiègne. Le jeune Roi a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois.

L’incommodité du palais, ensemble de bâtiments sans unité, sans plan d’ensemble, mal reliés entre eux et trop petits devient manifeste.

De 1733 à 1740

Après une campagne d’aménagements intérieurs (1733), des travaux d’agrandissement sont réalisés sous la direction de Jacques Gabriel (1667-1742). Le palais devient rapidement la résidence préférée de Louis XV, qui envisage un temps d’y déplacer sa résidence permanente.

Louis XV par Maurice Quentin de La Tour

De 1740 à 1751

La maison de ses ancêtres étant exiguë et démodée, Louis XV veut une résidence à laquelle attacher son nom. Plusieurs projets de reconstruction totale sont présentés. Tous sont éclipsés par celui qu’Ange-Jacques Gabriel (1698-1782), son premier architecte, présente en 1751 immédiatement agréé, il est aussitôt mis à exécution. Malgré les travaux, Louis XV continue de venir souvent à Compiègne, où il aime à chasser.

Le château de Compiègne par Jean-Marie Moulin

Le 14 mai 1770

C’est à Compiègne que Louis XV choisit d’organiser une réception en l’honneur de l’Archiduchesse Marie-Antoinette, venue épouser le Dauphin, futur Louis XVI, et accueillie en forêt de Compiègne quelques heures auparavant.

Image de La Guerre des Trônes (2022) de Vanessa Pontet et Eric Le Roux
Dans la forêt de Compiègne, Louis XV (Rip Turn) dans Marie-Antoinette de Sofia Coppola
Rencontre du Dauphin Louis-Auguste et de l'Archiduchesse Marie-Antoinette, La Guerre des Trônes, France 5, 2023
Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo
Marie-Antoinette peinte vers 1770 par Joseph Ducreux
Escalier menant aux jardins

Bâti par Louis XV et Louis XVI, réaménagé sous Napoléon Ier puis Napoléon III, le château actuel de Compiègne est un haut-lieu de la vie de cour et de l’exercice du pouvoir. Ce palais est l’une des trois plus importantes résidences royales et impériales françaises.

Cette vaste salle de 53,60 m sur 12 m, dénommée Grand vestibule sous le règne de Louis XVI puis salle des Colonnes depuis 1894, répond à l’ordonnance de la colonnade fermant la cour d’Honneur sur laquelle elle s’ouvre. Galerie vide au XVIIIe siècle, illustrant ainsi la « noble simplicité » renforçant la majesté des lieux, elle est ornée sous le Premier Empire d’un ensemble sculpté d’après l’antique ou au caractère exotique : huit bustes d’empereurs et impératrices romains, bustes d’africains et mores. De l’Empire datent également le poêle sur lequel a pris place une statue d’Adonis moulée d’après l’antique et les quatre lanternes aux lampes à huile.

Hall d'entrée
Ferroneries XVIIIe

L’escalier principal du château, doté d’une double volée de marches, est celui du Roi. Au sein du grand corps de bâtiment du fond de la cour d’honneur, il se trouve au centre, dans l’axe de la porte d’entrée. Ses motifs décoratifs développent les symboles monarchiques : le sceptre, la main de justice, les branches de laurier et les feuilles de chêne. La rampe en fer forgé, exécutée par Raguet, un serrurier de Compiègne, sur les dessins de l’architecte Louis Le Dreux, date de 1787. Le plafond était alors beaucoup plus bas, il est surélevé durant le Premier Empire et redécoré entre 1808 et 1810, date à laquelle il est peint par l’atelier Dubois et Redouté.

Sur le premier palier on met en place, à la même époque, deux moulages d’antiques : à droite celui de la statue d’un prince de la famille julio-claudienne, à gauche celui d’Antinoüs, favori de l’Empereur romain Hadrien (76-138).

La commode de Marie-Antoinette à Compiègne : en tôle vernie, ornementation de bronze ciselé et doré, le dessus de marbre blanc veiné gris, à décor de paysages sinisants animés de personnages dans des réserves, la façade ouvrant par deux vantaux dévoilant une étagère, les montants ornés d’un treillage, appliqués de chutes à mufle de lion, prolongés par des pieds cambrés et terminés par des feuillages, estampillée deux fois MACRET sur chacune des traverses latérales et portant à deux reprises les marques au feu DFT sous une couronne et GRC sous une couronne. Très probablement livrée au garde-meuble de la Dauphine Marie-Antoinette à Compiègne.

Commode de Marie-Antoinette à Compiègne

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt de la petite vérole à Versailles. Il avait soixante-quatre ans.

Le Dauphin Louis-Auguste devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Louis XV par Armand-Vincent de Montpetit
Louis XVI d'après Duplessis
Le péristyle de la cour d'honneur du château de Compiègne

En 1776

Louis XVI commande à son tour des travaux au successeur de Gabriel, Le Dreux de la Châtre (1721-1792), qui suit les grands traits du projet de Gabriel, réalisant l’aile neuve donnant sur le parc, que Marie-Antoinette s’appropriera, le péristyle, la salle des colonnes, la salle des gardes et d’importants aménagements intérieurs comme l’appartement du Roi et celui de la Reine.

Galerie du château de Compiègne
L’escalier d’Apollon
Escalier du château de Compiègne

Ancien Grand degré de la Reine, cet escalier desservait à la fois l’appartement de Marie-Antoinette (qui sera l’ appartement du Roi de Rome), en traversant deux antichambres et le couloir dit « petite galerie du granit », et les appartements de ses enfants (futur appartement double de Prince sous le Premier Empire). Achevé en 1784, l’escalier est construit d’après les dessins de l’architecte Le Dreux de La Châtre, ancien collaborateur d’Ange-Jacques Gabriel, et sa rampe en fer forgé, réalisée par le serrurier compiégnois Raguet, est posée en 1786. L’installation d’un moulage de l’Apollon du Belvédère et d’un poële au fond de la niche du palier a donné son nom à l’escalier à partir du Premier Empire.

Mai 1774

Séjour de la Cour au château de Compiègne.

La salle des Gardes du château de Compiègne

Le grand escalier d’honneur débouche sur le vaste volume de la salle des Gardes, couverte d’une voûte, éclairée par de hautes fenêtres et des lucarnes.

Le thème militaire du décor de cette pièce donnant sur la cour d’honneur est très affirmé : l’architecte Le Dreux y a exalté la gloire militaire et le triomphe des armées de la monarchie française engagées aux côtés des insurgés américains.

Les pilastres rythmant les murs sont ornés de lances, la corniche qui les surmonte de gueules de lions traitées sous forme de casques empanachés alternant avec des fleurs de lys rayonnantes. Sur trois de ses côtés, entre ces pilastres et en-dessous de la corniche, dix bas-reliefs sculptés par Pierre-Nicolas Beauvallet (1750-1818) ont été inspirés par les exploits d’Alexandre le Grand. Le même artiste a exécuté les grandes figures en haut relief qui viennent encadrer un médaillon dans les tympans au-dessus des deux portes situées aux extrémités de la salle. Du côté de la chapelle on reconnaît Hercule aux pieds duquel est couché Cerbère et la Victoire. Du côté de l’antichambre, se trouvent Minerve et Mars auprès duquel se tient le coq gaulois.

Au XVIIIe siècle, la pièce n’était meublée que de quelques banquettes de bois peint et de paravents. Les lustres qui l’éclairaient, dont les branches prenaient l’aspect de canons d’où sortait de la fumée, ont hélas disparu comme le décor peint du plafond et des ébrasements de fenêtres. L’horloge fut mise en place sous l’Empire, entre 1812 et 1814. Le décor peint qui l’environne est l’œuvre de l’atelier Dubois et Redouté. Sous le Premier Empire, la salle devient Galerie des ministres et présentait les portraits en pied de dix des ministres du régime. Sous le Second Empire, les parois étaient ornées de panoplies d’armures et d’armes fictives.

C’est sous le règne de Louis XVI qu’une partie des décors intérieurs que nous connaissons sont réalisés.

Le tissu de la chambre de Louis XVI à Compiègne
Les fauteuils à tapisserie verte appartenaient à Marie-Antoinette pour sa résidence de Saint-Cloud.

Le secrétaire « aux Enfants Marins » du comte d’Artois

Ce secrétaire en armoire, dit « aux enfants marins », à abattant dissimulant sept tiroirs en partie supérieure et comprenant deux étagères dans la partie inférieure fermée à deux vantaux, présente une grande richesse de matériaux. Ornant les angles supérieurs, les deux figures d’enfants dont les corps se terminent en queue de dauphin sont particulièrement remarquables.

Œuvre de Roger van der Cruse dit Lacroix, ce meuble est livré en 1774 pour le logement dévolu au frère cadet du Roi Louis XVI à Compiègne, le comte d’Artois, alors âgé de dix-sept ans.

En 1776

Jérôme Charles Bellicard, contrôleur des Bâtiments, se retire et laisse alors la place à Louis Le Dreux de la Châtre, fidèle élève de Gabriel qui réalise notamment l’aile de la Reine où se trouvent le salon des Jeux ainsi que l’aile centrale de la Cour d’Honneur.

En 1782

Les appartements de la Reine sont déménagés conduisant à la création de nouveaux décors mais surtout de nouveaux ensembles mobiliers.

En 1784

Antoine Thierry de Ville d’Avray devenant le nouveau directeur du garde-meuble royal profite du climat favorable instauré par Calonne pour continuer à nourrir cette gigantesque politique de réaménagement à Compiègne et à Fontainebleau voulue par le contrôleur général des finances. Il fait appel à Jean Hauré, sculpteur qu’il impose comme son régisseur. Dans le même temps Marie-Antoinette profite de l’immense campagne de travaux lancée à Fontainebleau pour réaménager à Compiègne Son cabinet intérieur, Son grand cabinet ainsi que Sa chambre.

Le cabinet des jeux de Marie-Antoinette. Seule pièce a avoir gardé son décor XVIIIe

En mai 1786

Le garde-meuble commence à travailler sur le nouvel ameublement du salon des jeux de la Reine à Compiègne et notamment sur l’ensemble auquel appartient cette paire de ployants.

Ployants livrés en 1786-1787 pour le salon des Jeux de la Reine de Compiègne sur ordre de Jean Hauré

La livraison comprend alors quarante ployants, douze tabourets, un écran et un paravent.

A l’automne 1786

Marie-Antoinette et Louis XVI en profitent pour séjourner à Fontainebleau. Malheureusement l’ameublement du grand cabinet n’étant pas encore achevé, Hauré prévoit l’envoi de vingt-quatre des ployants, douze tabourets, l’écran et le paravent de Compiègne vers Fontainebleau.

En 1787

L’assemblée des notables juge les dépenses effectuées à Compiègne excessives.

Estampe mise en couleur, gravure par Claude Niquet d'après un dessin de Very et Girardet, représentant l'assemblée de notables tenue à Versailles le 22 février 1787

En 1795

La Révolution amène la dispersion du mobilier et seules quelques pièces ont pu revenir de nos jours.

Le 12 floréal an V (2 mai 1797)

Ce mobilier restera à Compiègne jusqu’à la Révolution où il sera par la suite dispersé et vendu à Paris sous le Directoire.
Après avoir brièvement rejoint le Luxembourg et les Tuileries, les ployants de Compiègne seront envoyés à Fontainebleau avec le reste du mobilier.

En 1799

Un prytanée militaire est installé au château; il est à l’origine de l’Ecole des Arts et Métiers (1803) qui s’installe à Châlon-sur-Marne en 1806.

Le château des deux Empereurs

Napoléon Ier

Le 12 avril 1807

Il est nécessaire de rendre à cette résidence sa fonction originale. Aussi Napoléon Ier (1769-1821) donne-t-il l’ordre, de remettre Compiègne en état.

Napoléon Ier par Ingres
La chambre de l'Empereur

Immédiatement, de grands travaux intérieurs sont lancés, sous la conduite de l’architecte Louis-Martin Berthaut, qui vient de travailler pour Joséphine à la Malmaison.

Les travaux se déroulent de 1808 à 1810 et entraînent une nouvelle distribution des espaces et surtout de nouveaux décors avec un mobilier qui nous est en partie parvenu.

L’Empereur occupe l’ancien appartement du Roi tandis que l’Impératrice est logée à l’extrémité de la terrasse ; l’ancien appartement de la Reine devient un appartement destiné à un souverain étranger. L’essentiel des décors muraux est l’oeuvre des ateliers de Dubois et Redouté tandis que les meubles sont réalisés par Jacob-Desmalter et par Marcion. Il s’agit des appartements les plus complets du Premier Empire en France.

La chambre de l'Impératrice
La salle-de-bain de l'Impératrice
La bibliothèque de l'Empereur

Souhaitant rétablir les traditions de l’Ancien Régime, c’est en ce palais que l’Empereur accueille sa seconde épouse, l’Archiduchesse Marie-Louise, petite-nièce de Marie-Antoinette.

Accueil de Marie-Louise à Compiègne
La salle de bal

Créée sous le Premier Empire, cette galerie aux élégantes proportions (45m de long, 13 de large et 10 de haut) fut réalisée très rapidement : ordonnée fin 1809, elle servit dès le printemps 1810. Dessus de porte et peintures de la voûte exaltent l’Empire, offrant une évocation des principales victoires de Napoléon Ier. Sous le Second Empire, on y installe deux statues de marbre acquises par Napoléon III, représentant Napoléon Ier d’après Chaudet et Madame Mère d’après Canova. La galerie sert alors de salle-à-manger d’apparat lors des Séries. Entre 1914 et 1917, elle abrite un hôpital militaire.

Quatre bas-reliefs dus à Charles-Auguste Taunay ornent les dessus de porte. Par le biais des anciens dieux sont évoqués les bienfaits du nouveau régime napoléonien. Du côté de la galerie des cerfs sont représentés, à droite, Jupiter assisté par Minerve accorde son pardon aux villes conquises, et à gauche, Mars de retour en France y ramène l’Abondance et la Victoire. Ceux surmontant les portes de l’antigalerie de bal montrent à droite Apollon vient ranimer la terre en lui présentant les arts. A gauche Hercule met en fuite les criminels et place l’Innocence sous la protection de la Justice, femme drapée tenant en main le «Code français».

La peinture décorative confiée à l’atelier Dubois et Redouté est réalisée en 1811-1812. La voûte en berceau offre à elle seule un résumé des victoires de l’Empire, clairement énoncées : la Moskowa (1812), Iéna (1806), Austerlitz (1805), Arcole (1796), les Pyramides (1798), Wagram (1809), Rivoli (1797), Friedland (1807), la capitulation d’Ulm (1805), la campagne d’Egypte (1798-1799).

Les tympans sont commandés à Girodet en décembre 1814, après la chute de l’Empire, pour remplacer les armes impériales qui s’y trouvaient. Sont représentées La Danse des Grâces présidée par Apollon du côté de la chapelle et La Danse des Nymphes présidée par le Dieu Pan, de l’autre.

La salle de bal
La chapelle

L’état des finances royales à la fin de l’Ancien Régime ne permit pas de réaliser un projet monumental de grande chapelle à plan centré. La chapelle de l’ancien château est conservée et transformée lors des différentes campagnes de travaux. Sous le Premier Empire est créé le plafond à caissons.

La chapelle
L’appartement du Roi de Rome

Du 8 au 10 novembre 1824

Louis XVIII, sur le chemin de Paris, choisit de s’y arrêter quelques jours pour analyser la situation avant de faire son entrée dans la capitale. Charles X fait son premier séjour à Compiègne comme Roi de France, accompagné d’une suite nombreuse. Il y vient ensuite fréquemment pour de brefs séjours de chasse, en dernier lieu du 24 au 29 mai 1830.

En 1832

Louis-Philippe vient pour la première fois à Compiègne pour préparer le mariage de sa fille aînée Louis d’Orléans avec le roi Léopold 1er, qui est célébré au palais le 9 août 1832.

Le 9 août 1832
 
Le mariage de Léopold Ier, Roi des Belges, et de la princesse Louise d’Orléans, fille aînée du Roi Louis-Philippe et de la Reine Marie-Amélie, a lieu au château de Compiègne Après la cérémonie du mariage civil, le mariage luthérien est célébré dans l’actuel salon des Cartes du château de Compiègne aménagé en chapelle pour l’occasion. Laissons la parole à la Reine Marie-Amélie pour décrire le mariage de sa fille Louise :
Nous sommes alors passés dans la salle contiguë au salon, où avait été dressé un autel, surmonté d’un crucifix et deux cierges ; là Mr Goepp, pasteur de la Confession d’Augsbourg, qui est la religion professée par le Roi Léopold, a fait les cérémonies particulières à cette confession et lu des prières qui sont fort belles. Nous avons dû encore signer l’acte….”
 
Le mariage de Léopold Ier, Roi des Belges, et de la princesse Louise d’Orléans : détail d’un tableau réalisé par Joseph-Désiré Court. On reconnaît derrière les mariés le Roi Louis-Philippe et la Reine Marie-Amélie, puis à genoux sur des coussins le duc de Montpensier et le duc d’Aumale puis debout le jeune prince de Joinville. Derrière la Reine Marie-Amélie, ses deux fils ainés le duc de Nemours et le duc d’Orléans, puis agenouillées sur des prie-Dieu les princesses Marie et Clémentine d’Orléans aux côtés de leur tante Madame Adélaïde.

Napoléon III
Le Second Empire est indissociable de Compiègne

Devenu empereur, Napoléon III vient y passer une dizaine de jours du 18 au 28 décembre 1852, avec une suite d’une centaine de personnes. Au cours de l’automne 1852, il y fait une cour assidue à Eugénie de Montijo. La Cour revient à Compiègne en 1853 et 1855, mais ce n’est qu’en 1856 que commence la série des Compiègne, c’est-à-dire un séjour d’un mois à un mois et demi chaque automne, pour les chasses en forêt, avec organisation des invités en séries d’une centaine d’invités chacune. Il y a généralement quatre séries. L’étiquette est réduite à son minimum, les invités jouissant d’une large indépendance.

L'Impératrice Eugénie à Compiègne avec ses dames. 1856

Sous le Second Empire, l’immense palais de Compiègne où se retrouve, chaque année, mêlé de façon intime à la vie des souverains, l’élite du monde officiel, artistique et mondain. Tous les invités y sont reçus confortablement et avec une authentique bienveillance. L’arrivée de tout ce beau monde, qui a pris deux heures plus tôt un train spécial à Paris, cause dans la ville un brouhaha indescriptible, les femmes amenant avec elles « un tel débordement de caisses qu’on aurait pu croire une armée en campagne ». L’étonnement, l’embarras des nouvelles venues, l’inquiétude de celles qui tremblent pour leur bagage ou simplement un détail à la toilette qui manque au dernier moment, tout cela donne lieu, parfois, à de petites scènes réjouissantes. Et les maris, eux, chargés de menus bagages, nécessaires à bijoux, sacs et tartans, grommèlent d’un air maussade au milieu de ce déploiement. Vers sept heures, on commence à se réunir au salon, les femmes en toilettes de bal, les hommes en habit noir. Alors arrivent Leurs Majestés pour recevoir et saluer leurs hôtes avec la meilleure grâce possible. Pendant les instants qui s’écoulent entre la réunion au salon et l’entrée des souverains des groupes se forment. On se reconnaît, on examine les nouveaux venus, ce qui donne lieu à des échanges divertissants. La première fois que Madame Rouher paraît à Compiègne, personne ne la connaissait alors que son mari était déjà compté au nombre des familiers. Madame Rouher, petite et très brune, avait une physionomie agréable et piquante.
En la voyant enter, la comtesse de La Bedoyère, qui cause avec un groupe d’amis dont Monsieur Rouher fait partie, la fait remarquer en demandant : « Qui est donc ce petit pruneau ? »
M. Rouher s’incline et répond en souriant : « C’est ma femme ! »

Souvenirs de madame Carrette, lectrice de l’Impératrice Eugénie

Sa Majesté l’Impératrice portant le prince impérial
Chambre de l'Impératrice Eugénie à Compiègne
Le salon de musique de l’Impératrice au mobilier de Jean-Baptiste Claude Sené provenant du grand cabinet de Marie-Antoinette au château de Saint-Cloud

A l’automne

Napoléon III apprécie particulièrement le château, y organisant avec l’Impératrice Eugénie les fameuses « séries » qui rassemblent chaque semaine une centaine d’invités, durant quatre à six semaines consécutives. Personnalités proches du pouvoir, souverains ou princes étrangers, diplomates, écrivains, artistes, scientifiques se retrouvent dans la quasi intimité de la famille impériale. Chasses, excursions, jeux, concerts et pièces de théâtre occupaient les journées où l’on oubliait les contraintes de l’étiquette.

Des aménagements sont alors effectués pour recevoir les invités et un important mobilier contemporain est introduit. L’Empereur fait également construire la Galerie Neuve, dite Galerie Natoire, afin de pouvoir accéder directement au théâtre impérial, qu’il édifie de l’autre côté de la rue d’Ulm, et qui reste inachevé en 1870.

Napoléon III

En 1870

Le château est occupé par les prussiens.

En 1901

Compiègne accueille le tsar de Russie Nicolas II. 

Vers 1910

Visitant son ancienne résidence du château de Compiègne devenu musée, l’ex-Impératrice octogénaire s’arrête près d’une fenêtre, se met à pleurer et ressent un malaise en se remémorant cette époque ; le guide l’interpelle pour continuer la visite : personne ne remarque qu’il s’agit de l’ex-impératrice des Français ; seul un homme la reconnaît et lui apporte un verre d’eau.

L'Impératrice Eugénie en 1920

Pendant la Première Guerre Mondiale

Les Anglais s’installent dans le château, puis l’état-major allemand en 1914. Le château est transformé en hôpital en 1915 avant d’abriter le grand quartier général de mars 1917 à avril 1918.

Le château de Compiègne

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