Le baron de Goguelat

François de Goguelat

Le 23 janvier 1746

Naissance de François, baron de Goguelat, à Château-Chinon. C’est un militaire et général français, lieutenant-général des armées et général de cavalerie.

Cinquième enfants de Philippe Goguelat, un avocat de Château-Chinon, et de Henriette Couault. Ils appartiennent tous deux à une lignée de marchands de bois et d’hommes de loi. Le couple aura quatorze enfants, dont neuf filles et cinq garçons ; douze atteindront l’âge adulte.

En 1767

François entre dans le corps des ingénieurs-géographes des camps et armées du Roi.

Au bout d’une année

Il est employé à Versailles au dépôt de la guerre.

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt et Louis-Auguste, à l’âge de dix-neuf ans, devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Louis XV par Armand-Vincent de Montpetit
Louis XVI d'après Duplessis

En 1774

Il devient officier d’état-major, puis secrétaire particulier de Marie-Antoinette, chargé de Sa correspondance.

Ses armoiries sont « d’or à la Salamandre d’argent à trois étoiles d’azur à six rais, posées deux et une. »

Jane Seymour est Marie-Antoinette dans Les Années Lumière (1989)

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI est sacré à Reims.

Louis XVI lors de son sacre à Reims par Benjamin Warlop

Le 5 mai 1789

Ouverture des États généraux.

Ouverture des Etats Généraux

Le 4 juin 1789

                        Mort du Dauphin Louis-Joseph, à Meudon.

Mort du Dauphin dans Les Années Lumière de Robert Enrico (1989)

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

La prise de la Bastille dans Les Années Lumière (1989) de Robert Enrico

Le 5 octobre 1789

Des milliers de femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

Le matin du 6 octobre 1789 par Benjamin Warlop

La famille royale est ramenée de force à Paris. 

Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet
Les Tuileries dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

La famille royale s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Le 14 juillet 1790

Fête de la Fédération sur le Champ-de-mars à Paris.

Jean-François Balmer et Jane Seymour dans Les Années Lumière de Robert Enrico (1989)

Le 18 avril 1791

La Famille Royale est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.

Départ de Louis XVI pour Saint-Cloud par Joseph Navlet

En 1791

Lors de la fuite vers Montmédy, en tant qu’aide-de-camp de Bouillé, c’est le baron de Goguelat qui calcule le trajet jusqu’à Montmédy avec Choiseul. Goguelat est, en effet, un expert , ingénieur géographe. Il fait par deux fois le voyage jusqu’à Montmédy afin d’en calculer la durée. Mais l’éclaireur semble n’avoir pas pris en compte les éventuels inconvénients d’un pareil voyage, secret de surcroît. Ce qui explique les déconvenues à venir.

Le 20 juin 1791

La famille royale s’évade des Tuileries pour Montmédy.

Même si Louis XVI n’a éprouvé aucun retard, la berline passera trois heures et demie plus tard que ce qui était prévu… Or Goguelat attend à Clermont avec quarante hussards de Lauzun pour escorter Louis XVI et la famille royale en lieu sûr, mais il fut lâché par sa troupe à cause du retard du Roi.

Le 21 juin 1791

Reconnue par le maître de poste de Sainte-Menehould, la famille royale est arrêtée à Varennes.

Chez l'épicier Sauce à Varennes, par Prieur

Les Girault de Coursac le soupçonnent d’avoir sciemment faussé l’horaire du passage de la berline royale en l’annonçant à cinq heures à Clermont, en ne pouvant ignorer, de par son passé d’officier dans le corps des ingénieurs-géographes de l’armée, qu’elle ne passerait pas avant huit heures et demie et que c’est à dessein que Goguelat a imposé à Damas et à ses cent dragons cette longue attente de quatre heures qui a fini par avoir raison du calme des habitants de Clermont… Toutes les actions de Choiseul et Goguelat s’enchaînent et se complètent trop bien, en semant d’obstacles la routes du Roi, pour qu’il puisse subsister des doutes sérieux sur leur trahison: n’ont-ils pas rendu inutilisables tous les détachements de Pont de Sommerville jusqu’à Dun? n’ont-ils pas réussi à en utilisé deux pour soulever la population au moment du passage du Roi? En quittant la route de Clermont pour la traverse, n’ont-ils pas laissé le passage libre aux courriers que l’Assemblée devait nécessairement envoyer pour faire ordonner l’arrestation du Roi?

Ce que réfute Mona Ozouf :

« Des historiens, non contents d’imaginer qu’il existait deux plans de fuite, l’un de Louis XVI, l’autre de Marie-Antoinette, et que celle-ci trahissait celui-là, ont suggéré que Bouillé, pour mieux perdre le souverain, aurait fait établir par deux des fidèles du couple royal, Choiseul et Goguelat, un faux horaire de voyage: il aurait donné à croire que l’arrivée de la berline devait se produire à deux heures, manière de rendre excusable, trois heures plus tard, une retraite des hussards qui étaient en réalité programmée depuis toujours.»

Frédéric Bouraly est Goguelat dans L’évasion de Louis XVI (2009) d’Arnaud Sélignac

Louis XVI trouve à onze heures du soir, le 21, la commune de Varennes en émoi. En ne rencontrant pas sur la hauteur de Varennes le relais attendu, il a compris le danger et envoyé chercher le commandant des hussards. Celui-ci ne vient pas. Il faut composer pour se faire ouvrir la porte de la ville, exhiber des passeports ; bien que ces papiers soient reconnus en règle, les jacobins de la commune ameutés par Drouet s’opposent au départ, le tocsin sonne. On connaît la ruse de Sauce, procureur de la commune, faisant entrer la famille royale dans sa maison, tandis que le conseil municipal délibère ; les passeports sont saisis, le Roi, reconnu officiellement, est arrêté. En ce moment accourent MM. de Choiseul, de Damas et de Goguelat à la tête d’un détachement de hussards. Ils tentent de dégager le Roi. Il est trop tard. La première parole de Louis XVI à Goguelat est :

« Eh bien! quand partons-nous?
— Sire, nous attendons vos ordres. » 

Désarçonné, Goguelat parvient à rejoindre la Famille Royale chez l’épicier Sauce à Varennes. Il a l’idée de les faire évader à cheval : le Dauphin dans les bras de son père et les femmes en selle… Encore eut-il fallu qu’elles puissent monter en amazone car elles n’avaient pas la tenue adéquate pour monter en homme… Louis XVI répugne à exposer sa famille et refuse cette idée de fuir, il refuse donc.

Antoine Gouy et Estelle Skornik sont Louis XVI et Marie-Antoinette dans L'évasion de Louis XVI (2009) d'Arnaud Sélignac
Frédéric Bouraly est Goguelat dans L’évasion de Louis XVI (2009) d’Arnaud Sélignac
Goguelat face à Louis XVI chez Sauce dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy (dans le film c'est Choiseul qui intervient auprès du Roi, il accompagnait effectivement Goguelat...

Cela provoque du mouvement dans Varennes, Drouet et  Guillaume célébreront l’exploit d’un pistolet posé sur la poitrine de Monsieur de Goguelat qui  est blessé  assez grièvement. Le baron est alors arrêté.

Le désordre dans Varennes dans La Nuit de Varennes (1982) d'Ettore Scola
Maurice Jacquemont est Goguelat dans La Nuit de Varennes (1982) d’Ettore Scola

Le capitaine Goguelat qui a ses hussards avec lui pense pouvoir sauver le Roi et sa famille en intimidant simplement les habitants de Varennes et surtout les gardes françaises qui occupent la ville. Il sort de chez Sauce pour annoncer le départ du Roi mais ne reçoit pas l’accueil qu’il espérait provoquer.

« M. de Goguelat ordonna aux hussards de mettre le sabre à la main, et leur demanda s’ils étaient pour le roi ou pour la nation : ils répondirent « Vive la nation ! nous serons et nous tiendrons toujours pour elle. » Cette réponse, qui ne laissait plis à M. de Goguelat l’espoir d’employer la force, le détermina à feindre d’entrer dans les mêmes sentiments, et dans les dispositions qu’on ferait contre les secours qui étaient annoncés, afin de donner au roi le temps de les recevoir. Les patriotes ne furent pas les dupes de cette feinte ; ils voulurent l’arrêter, il échappa de leurs mains, fut blessé d’un coup de pistolet, rentra dans la maison de Sausse, et après le départ du roi il gagna, déguisé, Mézières où il fut arrêté, et d’où il fut ensuite conduit à Orléans.»

Joseph Weber

Cela provoque du mouvement dans Varennes, Drouet et  Guillaume célébreront l’exploit d’un pistolet posé sur la poitrine de Monsieur de Goguelat qui  est blessé  assez grièvement. Le baron est alors arrêté.

Le raisonnement de Louis XVI est simple en tant que Très-Chrétien:  «Que ferait le Christ s’il était à ma place ?»

Ainsi le Roi renonce-t-il à faire tirer sur la foule.

Dehors, la foule gronde de plus en plus fort.           

Cellule de Besenval au Châtelet par Hubert Robert

« Par une suite de malheurs, tout ce plan, si soigneusement élaboré, avait échoué. Si seulement la reine ne s’était pas égarée en sortant des Tuileries, si Fersen avait pris une route directe pour sortir de Paris, si seulement la berline n’était pas tombée en panne, la famille royale serait arrivée au pont de Sommevelle avant Choiseul et Goguelat, tout en dépendait. Si le roi n’avait pas été reconnu à Châlons, s’il n’avait pas été montré à Sainte-Menehould, si Drouet avait été fusillé par Lagache, l’alarme n’aurait pas été donnée à Varennes. Si seulement Goguelat avait dit au roi que le relais était dans la basse ville, ou si quelqu’un avait été laissé de garde à la maison de la haute ville pour le diriger au cas où il arriverait à l’improviste ; si seulement les hussards avaient été placés sous le commandement d’un officier qui était dans le secret, les fugitifs auraient pu passer malgré Drouet. Si seulement Bouillé ne s’était pas retiré à Stenay, la famille royale aurait pu être sauvée à la dernière minute. Si un seul de ces contretemps avait été évité, tout aurait pu aller pour le mieux. Mais chaque mésaventure, chaque oubli faisaient le jeu de leurs ennemis.»

Nesta Webster

Le 14 septembre 1791


Goguelat est relâché quand le Roi adopte la Constitution.

Louis XVI, roi de France en roi citoyen (1791),  par  Jean-Baptiste-François  Carteaux  (1751 - 1813)

Lors de son retour aux Tuileries, félicité par la Famille Royale il est envoyé hors de France auprès des princes étrangers pour essayer de sauver ladite Famille. Madame Campan le décrit alors comme un exalté.

Goguelat sert d’intermédiaire privilégié entre Marie-Antoinette et Fersen, surtout pour les missions difficiles : il aidera Marie-Antoinette à  chiffrer Son courrier.

Image de Marie-Antoinette (1956) de Guy-André Lefranc

En février 1792

Lorsque Fersen revient à Paris, pour revoir le Roi et la Reine pour la dernière fois, le 13 février, c’est chez le baron de Goguelat -qui habite rue Saint-Roch-  qu’il se rend pour savoir si Marie-Antoinette l’attend… de là il se faufile aux Tuileries, qui sont juste en face.

Le 13 mars 1792

Farouche royaliste, Goguelat rejoint l’armée des émigrés en Allemagne et expose au nouvel empereur, François II, la «position affreuse» dans laquelle se trouvent le Roi et la Reine de France.

Le 20 juin 1792

Le peuple des faubourgs, encadré par des gardes nationaux et ses représentants, comme le brasseur Santerre (10 à 20 000 manifestants selon Roederer), pénètre dans l’assemblée, où Huguenin lit une pétition. Puis elle envahit le palais des Tuileries.

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

Escalier monumental des Tuileries (juste avant sa destruction)
Le peuple de Paris pénétrant dans le palais des Tuileries le 20 juin 1792 par Jan Bulthuis, vers 1800

« Avec le courage passif qui est le sien », selon Michel Vovelle, le Roi subit sans faiblir pendant deux heures le défilé de la foule, accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation pour faire passer les paroles de Legendre :

« Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore », mais refuse de retirer son veto comme de rappeler les ministres girondins, invoquant la loi et la constitution.

Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

La Reine n’a pu parvenir jusqu’au Roi ; elle est dans la salle du conseil et on avait eu de même l’idée de la placer derrière la grande table, pour la garantir autant que possible de l’approche de ces barbares …  les révolutionnaires passent devant Elle afin de L’observer :

Vers dix heures du soir

Pétion et les officiers municipaux font évacuer le château.

Même s’il a subi une humiliation, Louis XVI a fait échouer la manifestation, par son obstination imprévue et sa fermeté tranquille, et il se tient désormais sur ses gardes. Surtout, elle renforce l’opposition royaliste, le déchaînement de la foule et le courage du Roi suscitant un courant d’opinion en sa faveur. Des départements parviennent à Paris adresses et pétitions pour dénoncer la manifestation, même si de nombreux clubs envoient des pétitions hostiles au Roi. Pétion est suspendu de ses fonctions de maire.

Louis XVI conserve sa détermination à défendre la Constitution en espérant un sursaut de l’opinion en sa faveur, ce qui se manifeste le 14 juillet, troisième fête de la fédération, étant l’objet de manifestations de sympathie.

Le 11 juillet 1792

«La patrie en danger».

Le 25 juillet 1792

                                   Signature du manifeste de Brunswick

Le 3 août 1792

Une majorité de sections de Paris demande la déchéance de Louis XVI.

Le 10 août 1792

En pleine nuit, le tocsin sonne au couvent des Cordeliers. Danton lance alors les sections parisiennes à l’assaut de l’hôtel de Ville, met à la porte la municipalité légale et y installe sa «commune insurrectionnelle», qui s’effondrera le 9 thermidor avec Robespierre.

Le commandant de la garde Nationale, Galliot de Mandat, favorable à Louis XVI, est convoqué à l’hôtel de ville. C’est un piège. Dès qu’il y pénètre, il est assassiné. Son corps est jeté dans la seine, et sa tête, plantée sur une pique. Santerre, le roi des faubourgs, le remplace.

Les Tuileries constituent le dernier objectif. Pour défendre le palais, le Roi peut compter sur ses mille à mille deux cents gardes Suisses, sur trois cents chevaliers de Saint louis, sur une centaine de nobles et de gentilshommes qui lui sont restés fidèles. La Garde nationale est passée dans le camp adverse. Seul le bataillon royaliste des «filles de Saint Thomas» est demeuré fidèle au souverain.

Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide alors de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles.

Roederer, le «procureur syndic du département» convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.

La famille royale juste avant le départ des Tuileries : à l'arrière-plan on devine le combat des soldats contre les émeutiers
Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Le cortège funèbre de la monarchie commence par une haie d'honneur des chevaliers de Saint-Louis qui lèvent leurs épées dans Un peuple et son Roi
Image des Années Lumière (1989) de Robert Enrico
L'Assemblée Nationale dans Les Années Lumière de Robert Enrico
Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l'ordre donné aux Suisses «de déposer à l'instant leurs armes».
La famille royale à l'Assemblée nationale dans Les Années Lumière (1989) de Robert Enrico

Louis XVI. en proie à la plus vive anxiété, se réfugie avec sa famille au sein de l’assemblée, où il entre en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

L’assemblée nationale fait entrer les membres de la famille royale dans la minuscule loge du logographe et continue les débats.

La famille royale dans la loge du logographe par Gérard

Revenu dans le château, Bachmann demande un ordre précis du Roi, et cet ordre ne venant pas, il organise la défense des Gardes suisses qui font face à l’envahissement des émeutiers.

La Prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, musée du château de Versailles
Images d'Un Peuple et Son Roi (2018)

Le soir du 10 août 1792

La famille royale est logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles : quatre pièces du couvent seulement leur sont dédiées… pendant trois jours.

​A une heure, Louis XVI et sa famille se rendent aux Feuillants où des chambres ont été préparées. Des commissaires de l’Assemblée nationale et un détachement de la garde nationale les accompagnent.
Toutes les chambres sont contigües : la première sert d’antichambre où veillent cinq gentilshommes qui ne veulent pas quitter le Roi  (M. de Briges, le prince de Poix, le duc de Choiseul, le baron de Goguelat, M. de Saint-Pardoux et le baron d’Aubier) ; le Roi se trouve dans la seconde ; la Reine et les enfants dans la troisième ; Madame Elisabeth, la princesse de Lamballe et la marquise de Tourzel dans la dernière.
Pour dormir, Louis XVI a une serviette qui lui tient de bonnet de nuit, et à demi habillé. Le baron d’Aubier et la marquise de Tourzel dorment au pied du lit de Louis XVI.
Madame Elisabeth, la princesse de Lamballe et la marquise de Tourzel dorment sur des matelas à même le sol.
Madame Mertins, première femme de chambre de la princesse de Lamballe, qui a sa confiance absolue, parvient à entrer à l’Assemblée nationale, par l’appartement de M. de Villemotte. Elle couche dans la même chambre que la princesse de Lamballe, à ses pieds.

Le 20 décembre 1792

DISTRICT DE CHÂTEAU CHINON

Extrait du registre des avis du directoire du District de Château Chinon du 20Xbre 1792 l’an 1er de la République Française.
Vu notre arrêté du 27 septembre dernier portant nomination du citoyen B——- à l’effet de saisie et séquestre les biens appartenant à François GOGUELAT, qui faute d’avoir justifié d’un certificat de résidence en France doit être réputé émigré.
Vu pareillement le procès verbal de séquestre dressé le 28 7bre dernier par le dit Sébastien B—- en sa qualité de commissaire du domaine de Boutenot situé paroisse de Planchez et de vingt cordes de bois provenant du dit domaine.
Considérant que François GOGUELAT n’ayant justifié d’aucun certificat de résidence en France doit être réputé émigré.
Nous administrateur composant le Directoire du District de Château Chinon.
Oui le procureur syndic
Somme d’avis que le domaine le Domaine de Boutenot situé paroisse de Planchez et de vingt cordes de bois en provenant qui ont été saisies sur François GOGUELAT, soient administré conformément aux articles 3 et 4 de la loi du 8 avril dernier.
Fait en séance publique à Château Chinon le vingt décembre mil sept cent quatre vingt douze l’an 1er de la république, signé CALON, LOUIS GALLOPIN, BLACQUE, DUVERNOY, procureurs sindic et ROCHAMBEAU secrétaire. 

Certifié conforme ROCHAMBEAU

Le 21 janvier 1793

Louis XVI est exécuté , place de la Révolution, à Paris.

En février 1793

Dans ce billet destiné au comte de Jarjayes, Marie-Antoinette réhabilite bien Goguelat :

« Votre billet m’a fait bien du bien. Je n avais aucun doute sur le Nivernais (il s’agit de Goguelat) mais j’étais au désespoir qu’on pût seulement en penser du mal. »

Billet de Marie-Antoinette au comte de Jarjayes

En juin 1793

Goguelat intègre l’armée impériale autrichienne avec le grade de lieutenant-colonel à la tête du régiment des hussards de Berchiny.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1793

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie. Elle y est traitée avec une certaine bienveillance par une partie du personnel de la prison, dont surtout Rosalie Lamorlière (1768-1848).

Départ de Marie-Antoinette du Temple
Uniforme militaire de hussard
La Veuve Capet par Jean-Louis Prieur
Marie-Antoinette dans Sa cellule de la Conciergerie par Benjamin Warlop

Le 4 octobre 1793

Marie-Antoinette est entendue par Fouquier-Tinville et les représentants du tribunal révolutionnaire en vue de Son prochain procès qui se déroulera les 14 et 15 octobre…

Image de L'Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette.

Le 27 juillet 1794 (ou le 9 thermidor)

La dernière charrette, emportant cinquante-trois personnes, dont la princesse de Monaco, née Choiseul-Stainville, est plusieurs fois arrêtée lors de son parcours jusqu’à la place du Trône renversé : en effet, au même moment se déroule le complot mettant fin au pouvoir de Robespierre. Mais ce n’est pas suffisant. Ces dernières victimes de la Terreur n’échapperont pas à leur sort.

Image du film de Benoît Jacquot Sade (2000) : l'arrestation de Robespierre

Robespierre, blessé par balle au visage et gisant sur un brancard, rejoint ses compagnons à la Conciergerie emprisonnés dans la nuit ou en début de matinée.

Jusqu’en 1814, il lutte contre l’ensemble des régimes politiques français et ne rentre qu’à la Restauration.

Le 8 juin 1795

L’annonce de la mort en prison du fils du défunt Roi Louis XVI âgé de dix ans, Louis XVII pour les royalistes, permet au comte de Provence de devenir le dépositaire légitime de la couronne de France et de se proclamer Roi sous le nom de Louis XVIII. Pour ses partisans, il est le légitime Roi de France.

Louis XVII agonisant
Le comte de Provence par Adélaïde Labille-Guiard

Le 19 décembre 1795

Marie-Thérèse, l’Orpheline du Temple, quitte sa prison escortée d’un détachement de cavalerie afin de se rendre à Bâle, où elle est remise aux envoyés de l’Empereur François II.

A partir de la fin de l’année 1799

Napoléon Bonaparte (1769-1821) dirige la France.

Du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804

Bonaparte est Premier consul.

Bonaparte Premier consul par Jean-Auguste-Dominique Ingres

En 1801

Goguelat reçoit la décoration de ommandeur de 1re classe de l’ordre du Phénix de Hohenhole, en Allemagne.

De 1802 à 1805

Napoléon Ier est aussi président de la République italienne.

Bonaparte au Pont d'Arcole par Antoine-Jean Gros (1801)

Du 18 mai 1804 au 11 avril 1814

Napoléon Ier règne sur la France en tant qu’empereur.

Le 2 décembre 1804

Sacre de Napoléon Ier à Notre-Dame de Paris et couronnement de Joséphine.

Sacre de Napoléon Ier par Jacques-Louis David

Le 6 avril 1814

Vaincu par les alliances étrangères, Napoléon abdique.

Louis-Stanislas, comte de Provence, est proclamé Roi sous le nom de Louis XVIII le Désiré.

Louis XVIII par François Gérard

Le 1er mars 1815

La Restauration ne dure pas.

Napoléon quitte son exil de l’île d’Elbe et débarque à Golfe-Juan.

Retour de Napoléon de l'Île d'Elbe par Charles de Steuben

Le 19 mars 1815

Napoléon est aux portes de Paris. Louis XVIII et sa Cour prennent la fuite pour Gand.

Louis XVIII à Gand

Le 18 juin 1815

La défaite de Waterloo réinstalle Louis XVIII sur le trône de France.

Goguelat racontant l'histoire de Napoléon

 En 1814

À son retour,  Louis XVIII le nomme lieutenant-général avec titre de baron, ainsi que commandant militaire de Brest. Il appartint un temps à l’administration de l’Hôtel des Invalides et se retire de la vie publique en 1819.

Il a sa résidence parisienne au no 21 bis quai Voltaire, tout en face du Louvre.

Le 16 septembre 1824

Louis XVIII (1755-1824) meurt à Paris.

Charles X monte sur le trône et décide de renouer avec la tradition du sacre ; Louis XVIII avait annoncé publiquement son intention de se faire sacrer mais on peut présumer qu’il y renonça pour des raisons physiques, sa mauvaise santé ne lui permettant pas d’en supporter les rites.

Charles X en costume de sacre par François Gérard

Le 29 mai 1825

Le sacre se tient en la cathédrale de Reims et marque le retour d’une cérémonie caractéristique de la logique d’Ancien Régime, ce qui peut être perçu comme une volonté d’ignorer les changements de la société française depuis la révolution française et l’empire napoléonien. Ce sacre reprend les phases principales du cérémonial traditionnel comme les sept onctions ou les serments sur les Évangiles.

La cérémonie de l'intronisation lors du sacre de Charles X par François Gérard

En 1829

Goguelat est décoré de la grande croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, par Charles X.

Le 25 juillet 1830

Charles X promulgue les « ordonnances de Saint-Cloud » qui dissolvent les chambres, convoquent les collèges électoraux en changeant de mode d’élection, et suspendent la liberté de la presse.
Sous le règne de Charles X, la France, vaincue sous Napoléon et pansant ses plaies sous Louis XVIII, reprend pleinement sa place dans le concert des nations, jouant après la campagne victorieuse en Espagne de 1823 un rôle décisif dans l’indépendance de la Grèce et mettant fin, par la prise d’Alger à la piraterie barbaresque et à la traite des Blancs qui sévissaient depuis des siècles. La politique étrangère du Roi suscite l’admiration de Metternich et son incompréhension face aux événements de 1830.

Les 27, 28 et 29 juillet 1830

Les opposants aux ordonnances de Saint-Cloud soulèvent Paris : ce sont les Trois Glorieuses de 1830, ou « révolution de Juillet », qui renversent finalement Charles X.

La Liberté guidant le Peuple d'Eugène Delacroix (1830)

Le 30 juillet 1830

 Louis-Philippe duc d’Orléans, est nommé lieutenant général du Royaume par les députés insurgés.

Louis-Philippe d'Orléans
Louis-Philippe Ier , Roi des Français

Le 9 août 1830

Alors que la Cour de Charles X est en route vers l’exil en direction de Maintenon, le duc d’Orléans devient roi des français.

Le

François de Goguelat meurt Paris et est inhumé dans le cimetière Saint-Joseph sur les flancs du Mont-Valérien ( à Paris), le premier des Hauts lieux de la mémoire nationale.

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