La physionomie de Marie-Antoinette

Marie-Antoinette posant pour Elisabeth Vigée Le Brun dans le cabinet doré par Benjamin Warlop
Détail du tableau peint par Johann Georg Weickert : l'Archiduchesse Antonia

En 1769

L’abbé de Vermond prend à cœur sa mission d’éduquer la jeune Archiduchesse, ce qui n’est pas une sinécure tant Antonia est rétive à toute contrainte. Mais il semble être totalement ébloui par son élève qui à déjà treize ans détient une capacité de séduction à nulle autre pareille. Certains historiens n’hésitent pas à l’imaginer amoureux.

A Mercy, il écrit :

« Elle a une figure charmante, elle réunit toutes les grâces du maintien, et si, comme on doit l’espérer, elle grandit un peu, elle aura tous les agréments qu’on peut désirer d’une princesse. Son caractère, son cœur sont excellents.»

 Pour la baronne d’Oberkirch « rien ne peut donner une idée de l’éclat de son teint, mêlé, bien à la lettre, de lis et de roses. »

Marie-Antoinette a les yeux bleus. La baronne d’Oberkirch (1754-1803)  mentionne, dans ses mémoires, qu’ils sont « bleus et vifs ». Élisabeth Vigée Le Brun nuance : « leur couleur était presque bleue ».  La couleur  qui se perçoit sur les portraits de Marie-Antoinette est une nuance de un bleu gris. On pourrait conclure que Marie-Antoinette a les yeux couleur du Temps…

Marie-Antoinette a hérité de cette lèvre inférieure tombante, la lippe autrichienne qui fait la particularité de Sa maison. Si Élisabeth Vigée-Lebrun indique que la Reine a la « bouche pas trop grande, quoique les lèvres fussent un peu fortes », la baronne d’Oberkirch précise :

« Sa bouche, très petite, semblait déjà légèrement dédaigneuse. Elle avait la lèvre autrichienne plus prononcée qu’aucun de ceux de son illustre maison. »

Le page Alexandre de Tilly (1761-1816) sera plus sévère dans son analyse : 

« Sa bouche était décidément désagréable ; cette lèvre épaisse, avancée, et quelquefois tombante, a été citée comme donnant à sa physionomie un signe noble et distinctif ; elle n’eût pu servir qu’à peindre la colère et l’indignation, et ce n’est pas là l’expression habituelle de la beauté […] ».

Image de Marie-Antoinette (1956) de Guy-André Lefranc
Marie-Antoinette par Krantzinger

On ne peut nier que la petite Antonia a surtout hérité des traits de Son père, l’Empereur François Ier, ces traits qui sont donc plutôt lorrains que Habsbourg …

Portrait de François Ier réalisé par Antonia à la sanguine
François-Etienne, Empereur romain germanique

Marie-Antoinette a les cheveux blonds-cendrés selon l’oeil de la baronne d’Oberkirch. La blonde du Barry se plaît à déprécier la nuance plus foncée de la nouvelle Dauphine en La qualifiant de «petite rouquine». Or, à la Cour, par la poudre, on se devait d’avoir une chevelure claire. Si les blondes étaient préférées aux brunes, les rousses étaient carrément conspuées. Cette appellation est donc une manière de dénigrer celle qui la détrône du premier rôle de la Cour. Éventuellement peut-on admettre que Ses cheveux sont d’un blond vénitien. En 1793, la servante de la Conciergerie, Rosalie Lamorlière, précise que la chevelure de la Reine est « blonde et non pas rouge ».
Ainsi la rumeur qui datait du conflit avec madame du Barry persistait-elle dans l’imagination populaire.

L’abbé de Vermond considère aussi qu’il est également de son devoir de former la future Dauphine à l’apparence d’une princesse destinée à régner sur la France. Elle a un physique charmant, il Lui faut l’être davantage. Il demande à Mercy de lui envoyer un coiffeur français. Ce sera Larseneur qui pour cacher son front trop haut et bombé met au point une coiffure dite à la Dauphine. Il demande aussi un dentiste chargé de corriger Sa dentition. La jeune fille apprend aussi à s’habiller à la française. Les résultats sont plus que satisfaisants.

En Sa dernière année à Vienne, Marie-Antoinette s’est gracieusement développée. Elle a perdu la gaucherie de l’enfance ; les leçons de Noverre Lui ont donné l’élégance des mouvements, celles de Vermond l’aisance de l’esprit.

« Les étrangers, écrit l’abbé, et ceux qui ne l’ont pas vue depuis six mois sont frappés de cette physionomie, qui acquiert tous les jours de nouveaux agréments. On peut trouver des figures plus régulièrement belles, je ne crois pas qu’on en puisse trouver de plus agréables. Quelque idée qu’en aient pu donner en France ceux qui l’ont vue ici, on sera surpris du ton de bonté, d’affabilité, de gaieté, qui est peint sur cette charmante figure.»

Portrait de Marie-Antoinette envoyé à la Cour de France pour Ses fiançailles, Ducreux, Versailles

Le 7  février 1770

Marie-Antoinette a Ses premières règles. Dès lors le mariage peut se faire.

Le 19  avril 1770

Mariage par procuration de Maria-Antonia et du Dauphin à l’église des Augustins de Vienne.

Le 21 avril 1770

Marie-Antoinette part pour la France, au cours d’un voyage qui durera plus de vingt jours et qui comportera un cortège d’une quarantaine de véhicules.

Marianne Faithfull incarne Marie-Thérèse d'Autriche et Kirsten Dunst Marie-Antoinette pour Sofia Coppola 

Le 7 mai 1770

Marie-Antoinette , comme on L’appelle désormais, est «remise» à la France sur un îlot du Rhin, considéré comme une frontière symbolique. Elle prend congé de Sa suite autrichienne ainsi que de Son chien, Mops.

Choiseul, la Dauphine et Mercy dans le film de Sofia Coppola

Dès les premiers pas de la princesse sur la terre de France, son seul sourire attire et séduit. Sa marche aérienne, Son port d’Archiduchesse, l’attitude un peu fière de Sa tête et de ses épaules imposent. Un teint «mêlé, de bien à la lettre, de lis et de roses»

Marie-Antoinette fait l’effet d’un bouquet des fleurs de champs.

«C’est une odeur de printemps !» s’exclame Burke.

Images de Marie-Antoinette, Reine d’un seul amour (1989) de Caroline Huppert

Le 14 mai 1770

Après avoir traversé l’est de la France en liesse, Marie-Antoinette rencontre le Dauphin pour la première fois dans la forêt près de Compiègne.

Rencontre du dauphin Louis-Auguste et de l’Archiduchesse Marie-Antoinette, La Guerre des Trônes, France 5, 2023

D’un mouvement spontané, Elle précède Choiseul, Stahremberg, le comte et la comtesse de Noailles, pour venir s’agenouiller devant le Roi; Elle est présentée par lui au duc de Berry, lequel Lui fait un discret baiser sur la joue.

 
 
 
Images de Marie-Antoinette, Reine d’un seul amour (1989) de Caroline Huppert

« Louis XV fut enchanté de la jeune dauphine ; il n’était question que de ses grâces, de sa vivacité et de la justesse de ses reparties. Elle obtint encore plus de succès auprès de la famille royale, lorsqu’on la vit dépouillée de tout l’éclat des diamants dont elle avait été ornée pendant les premiers jours de son mariage. Vêtue d’une légère robe de gaze ou de taffetas, on la comparait à la Vénus de Médicis, à l’Atalante des jardins de Marly. Les poètes célébrèrent ses charmes, les peintres voulurent rendre ses traits.»

Henriette Campan

Le 16 mai 1770

Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

Les mariés sont décrits comme gauches et timides.

Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo
Marie-Antoinette peinte vers 1770 par Joseph Ducreux
Image du film de Sofia Coppola (2006)

Louis-Auguste, qui a quinze ans, mesure 1,78 mètre, il n’a pas encore atteint sa haute taille adulte (1,93 mètre). Marie-Antoinette, qui a quatrorze ans, en paraît douze, Sa gorge est naissante, Elle est presque plate comme une enfant. Au point que lorsque Louis XV a demandé à Choiseul  si la Dauphine avait de la gorge, celui-ci a éludé le sujet… La mariée chausse du 32 … adulte, Elle chaussera du 36,5.
Cette différence de croissance explique le temps que les nouveaux époux mettront à consommer leur mariage.  Marie-Antoinette deviendra cependant mère plus jeune que Marie Leszczyńska (1703-1768) qui avait sept ans de plus que Louis XV (1710-1774).

La Dauphine est interprétée par Pauline Pollmann dans Jeanne du Barry (2023) de Maïwenn

« C’était à Versailles, elle était encore dauphine, et certes jamais il n’y eut plus délicieuse vision sur cette terre qu’elle semblait à peine toucher. »

Edmund Burke

Marie-Antoinette par Duplessis (étude)

« Marie-Antoinette (…) traitait avec une bonté particulière tout ce qui Lui était attaché ; elle était adorée de son service intérieur : c’était même là qu’étaient les puissances qui la gouvernaient , sans projet et sans plan, car elle ne s’en était fait aucun , que de s’affranchir des coutumes et de la gêne de son rang dont elle avait toute la dignité et tout le maintien quand elle le voulait ; mais elle voulait plus souvent ne pas l’avoir.(…) Mais elle avait ce qui vaut mieux sur le trône que la beauté parfaite, la figure d’une Reine de France, même dans les instants où elle cherchait le plus à ne paraître qu’une jolie femme » ajoute ce grand connaisseur du beau sexe. Il Lui prête un regard où se peignent « plus singulièrement qu’ailleurs la bonté ou l’aversion », une bouche dédaigneuse, mais une peau, un cou et des épaules « admirables ».
Je n’ai plus revu d’aussi beaux bras ,ni d’aussi belles mains, poursuit-il. »

Alexandre de Tilly, Mémoires

Alexandre de Tilly
Emmanuelle Béart est Marie-Antoinette pour Caroline Huppert, en 1988. Léa Gabrielle est madame de Lamballe et Isabelle Gélinas madame de Polignac

Le port de tête altier et la démarche aérienne de Marie-Antoinette Lui donnent l’air de flotter quand Elle se déplace, souveraine parmi les souveraines qui retient tous les regards, ainsoi que le note Horace Walpole (1717-1797) dans ses mémoires :

«On ne pouvait avoir des yeux que pour la Reine. Les Hébé et les Flores, les Hélène et les Grâces ne sont que des coureuses de rue à coté d’elle. ( … )

Quand elle est debout ou assise, c’est la statue de la beauté ; quand elle se meut, c’est la grâce en personne. (… ) Elle avait une robe d’argent semée de lauriers-roses, peu de diamants et de grandes plumes.

On dit qu’elle ne danse pas en mesure, mais alors, c’est la mesure qui a tort ( …. )

En fait de beautés, je n’en ai vu aucune, ou bien la Reine les éclipsait toutes …»

Images de Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke
Horace Walpole tel que dut le rencontrer Marie-Antoinette, par Subleyras

« Il est très difficile de donner à qui n’a pas vu la reine une idée de tant de grâces et de tant de noblesse réunies ».

Élisabeth Vigée-Lebrun

Simone Bertière résume : « Elle n’existe qu’en mouvement. » D’où la difficulté des peintres à saisir la Reine sur le vif.

« Qui a pu voir tous les jours l’infortunée reine sans l’adorer ? Je m’en suis bien aperçu lorsqu’elle me dit : « Ma mère trouve mauvais que vous soyez si longtemps à Versailles. Allez passer quelques jours à votre commandement. Ecrivez des lettres à Vienne pour qu’on sache que vous y êtes, et revenez ! »
Cette bonté, cette délicatesse, et plus encore l’idée de passer quinze jours sans la voir m’arracha les larmes, que sa jolie étourderie d’alors, qui la tenait à cent lieues de la galanterie, l’empêcha de remarquer. Comme je ne crois pas aux passions qu’on sait ne pouvoir jamais devenir réciproques, quinze jours me guérirent de ce que je n’aurais jamais avoué à personne de peur qu’on ne se moquât de moi

Les mémoires du Prince de Ligne

Marie-Antoinette au Globe (1775) par Jean-Baptiste Gautier-Dagoty

« Aucune femme ne portait mieux sa tête, qui était attachée de manière à ce que chacun de ses mouvements eût de la grâce et de la noblesse […] Sa démarche était noble et légère et rappelait cette expression de Virgile : Incessu patuit dea. Ce qu’il y avait de plus rare dans sa personne était l’union de la grâce et de la dignité la plus imposante. ».

Gabriel Sénac de Meilhan

« Elle avait deux espèces de démarches, l’une ferme et un peu pressée et toujours noble, l’autre plus molle, plus balancée, je dirais presque caressante, mais n’inspirant pas l’oubli du respect. On n’a jamais fait la révérence avec tant de grâce, saluant dix personnes en se ployant une seule fois et donnant, de la tête et du regard, à chacun ce qui lui revenait.»

Alexandre de Tilly, Mémoires

Avouons que le petit page n’est pas insensible aux charmes de sa souveraine,

« En un mot, si je ne me trompe ,comme on offre une chaise aux autres femmes, on aurait presque toujours voulu lui approcher son trône.»

Alexandre de Tilly, Mémoires

« Marie-Antoinette d’Autriche avait plus d’éclat que de beauté. Chacun de ses traits pris séparément n’avait rien de remarquable, mais leur ensemble avait un grand agrément. Ce mot si prodigué de charmes était, pour peindre les grâces de cet ensemble le mot propre. »

Gabriel Sénac de Meilhan

Marie-Antoinette dans Sa dernière parure de souveraine par Benjamin Warlop

« Sa prétendue galanterie ne fut jamais qu’un sentiment profond de l’amitié et peut-être distingué pour une ou deux personnes, et une coquetterie générale de femme et de reine pour plaire à tout le monde. Dans le temps même où la jeunesse et le défaut d’expérience pouvaient engager à se mettre trop à son aise vis-à-vis d’elle, il n’y eut jamais aucun de nous, qui avions le bonheur de la voir tous les jours, qui osât en abuser par la plus petite inconvenance ; elle faisait la reine sans s’en douter; on l’adorait sans songer à l’aimer. »

Le prince de Ligne

Quel beau portrait Alexandre de Tilly nous offre là ! Et pourtant , André Castelot nous spécifie qu’il ne L’aimait pas…

« J’ai beaucoup entendu parler de la beauté de cette princesse et j’avoue que je n’ai jamais absolument partagé cette opinion ; mais elle avait ce qui vaut mieux sur le trône que la beauté parfaite, la figure d’une Reine de France, même dans les instants où elle cherchait le plus à ne paraître qu’une jolie femme; Elle avait des yeux qui n’étaient pas beaux, mais qui prenaient tous les caractères : la bienveillance ou l’aversion se peignaient dans ce regard plus singulièrement que je ne l’ai rencontré ailleurs : je ne suis pas bien sûr que son nez fût celui de son visage. Sa bouche était décidément désagréable : cette lèvre épaisse, avancée, et quelquefois tombante, a été citée comme donnant à sa physionomie un signe noble et distinctif ; elle n’eût pu servir qu’à feindre la colère et l’indignation, et ce n’est pas là l’expression habituelle de la beauté ; sa peau était admirable, ses épaules et son cou l’étaient aussi ; la poitrine un peu trop pleine, et la taille eût pu être plus élégante ; je n’ai plus revu d’aussi beaux bras et d’aussi belles mains. Elle avait deux espèces de démarche, l’une ferme, un peu pressée, et toujours noble, l’autre plus molle et plus balancée, je dirais presque caressante, mais n’inspirant pourtant pas l’oubli du respect. On n’a jamais fait la révérence avec tant de grâce, saluant dix personnes en se ployant une seule fois, et donnant de la tête et du regard, à chacun ce qui lui revenait

Alexandre de Tilly, Mémoires

Gravure réalisée en 1779 par Antoine-Jean Duclos d’après un pastel  de Charles-Henri Desfossés de 1777

Vers 1780

La complicité du prince de Ligne avec Marie-Antoinette est grande :

«C’est à de semblables promenades à cheval, tout seul avec la reine, quoique entourée de son fastueux cortège royal, qu’elle m’apprenait mille anecdotes intéressantes qui la regardaient, et tous les pièges qu’on lui avait tendus pour lui donner des amants. Tantôt c’était la maison de Noailles qui voulut qu’elle prit le vicomte. Tantôt la cabale Choiseul qui lui destinait Biron.»

Marie-Antoinette en tenue de chasse par Benjamin Warlop

En juin 1780

« Il survint chez Marie-Antoinette une alopécie dont les chroniqueurs n’ont pas manqué de faire mention : « Depuis la couche de la Reine, écrit Bachaumont en juin 1780, les cheveux de Sa Majesté tombent et l’art est continuellement occupé à réparer les vides qui se forment sur sa tête auguste. Cette princesse, lasse de contrarier la nature, semble vouloir s’y abandonner entièrement. Elle n’a plus qu’un chignon plat, terminé par une boucle en boudin, à peu près comme les perruques d’abbé, et déjà différentes femmes de la cour, empressées de se conformer aux goûts de leur souveraine, ont sacrifié leur superbe chevelure. On appelle cette coiffure « à l’enfant« .»

Mémoires de Bachaumont 

 

Quelques recettes :

Huile parfumée aux fleurs pour les cheveux :

Raphaëlle Agogué est Marie-Antoinette (2011) pour Thierry Binisti

« L’huile d’Olive, celles d’Amandes douces et de Noisette sont les seules dont on se sert pour parfumer les cheveux aux fleurs. Pilez des Amandes à l’eau chaude, lorsqu’elles seront sèches, réduisez-les en poudre, passez-les par un gros sas, et faites un lit de poudre d’Amandes et un lit de fleurs dans une caisse ; après avoir continué de cette manière pour vous servir de ce que vous en voulez parfumer, et après avoir laissé les fleurs du matin au soir, vous passerez vos mêmes fleurs, alors vous les renouvellerez, en remettrez de fraîches et répéterez cette même opération pendant huit jours. Quand vos Amandes auront bien pris l’odeur de la fleur que vous aurez choisie, vous les mettrez dans des toiles neuves, et ferez des paquets pliés deux à deux, plis contre plis et exactement pressés, pour tirer l’huile qui sera parfumée de l’odeur de la fleur.»

La coiffure à l'Enfant peut n'être qu'une sorte de chignons avec une partie de la chevelure, le reste retombant en boucles éparpillées le long des épaules.

« La Reine perd alors Ses cheveux dans la zone frontale, Léonard lance la mode de « la coiffure à l’enfant », aux cheveux courts et bouclés. Il coupe alors la partie avant de la longue chevelure de Marie-Antoinette. Selon les périodes et les circonstances, il la travaille en auréole crantée, ondulée, mousseuse ou bouclée, qui tout en adoucissant l’ovale du visage habille avantageusement le haut du front. A l’arrière de la tête, les cheveux restés très longs permettent ses habituels exercices de style mixant grosses boucles en rouleaux, épaisses nattes ou longue mèche lissée. Cette création de Léonard est de loin la plus pérenne et surtout plus riche de conséquences car elle ouvre une nouvelle ère marquant la mode au sens large

Marie-Antoinette, l’Affranchie de Sylvie Le Bras-Chauvot

Et c’est la coiffure qui résume davantage Marie-Antoinette si l’on se réfère aux portraits d’Elisabeth Vigée Le Brun, Elle n’est coiffée d’un pouf que sur un seul, le premier qu’elle a peint d’Elle, sur tous les autres Elle apparaît coiffée à l’Enfant.

Premier portrait de Marie-Antoinette par Élisabeth (1778)

Madame Le Brun qui a installé dans notre inconscient une image convenue de Marie-Antoinette reconnaît toutefois que «ses traits n’étaient point réguliers. Elle tenait de sa famille cet ovale long et étroit particulier a la nation autrichienne (sic). Elle n’avait point de grands yeux, leur couleur était presque bleue. Son regard était spirituel et doux, son nez était fin et joli (sic) et sa bouche n’était pas trop grande quoique les lèvres fussent assez fortes.  Ce qu’il y avait de plus remarquable dans son visage, c’était l’éclat de son teint. Je n’en ai jamais vu d’aussi brillant, et brillant est le mot ; car sa peau était si transparente qu’elle ne prenait point d’ombre. Aussi ne pouvais-je en rendre l’effet à mon gré : les couleurs me manquaient pour peindre cette fraîcheur, ces tons si fins qui n’appartenaient qu’à cette charmante figure et que je n’ai retrouvés chez aucune autre femme. »

Marie-Antoinette en gaulle, madame Vigée Le Brun, 1783

Ce tableau de la Reine en «robe de gaulle» exposé au Salon de l’Académie cette même année, 1783, est source de critiques nombreuses : la tenue de Marie-Antoinette est considérée comme indécente.

Marie-Antoinette à la rose par Elisabeth Vigée Le Brun

Disposant de peu de temps, l’artiste substitue donc à l’œuvre jugée indécente un nouveau portrait où Marie-Antoinette paraît avec le même visage, dans la même attitude, cette fois-ci au devant d’un paysage, mais surtout vêtue d’une robe couleur «suie des cheminées de Londres» dont le taffetas de soie garni de dentelles et la façon à la française ne pouvait que satisfaire les soyeux lyonnais, qui commençaient déjà à prétendre que la Reine voulait leur ruine…

Marie-Antoinette e n chemise à la Reine d'après l'I.A.
Michèle Morgan est Marie-Antoinette, Reine de France (1956) pour Jean Delannoy
Profil de Marie-Antoinette par Ernest Michel Le Brun

Il y a quelques années, j’ai eu le plaisir de voir le fameux portrait de cire, vraiment génial, du Roi soleil, Louis XIV, réalisé par Antoine Benoist vers 1705. Le « sculpteur de cire » ou plus correctement défini « plâtre de cire » a donné l’immortalité au Roi Soleil à travers une reconstruction méticuleuse (avec des caractéristiques troublantes) des traits du souverain. Cils, sourcils, pores de la peau, cheveux de barbe, coupe de cheveux et même taches de vérole.
Ma réalisation prend l’esprit de ce portrait. J’ai décidé de changer mon orientation de profil, presque pour créer un pendentif anachronique de l’ancêtre de la célèbre Reine. Marie-Antoinette a l’air de profil, grande presque réelle (trois quarts de la taille réelle, pour être précis). Pour le visage je me suis inspiré du fameux buste en marbre de Félix Lecomte, conservé à Versailles et daté de 1783. La souveraine a alors vingt-huit ans. Ses traits étaient déjà matures et bien placés : Le nez était déjà bien prononcé (hérité des Habsbourgs), la lèvre boudeuse, comme la décrit André Castelot était déjà proéminente, le front haut… beaucoup trop haut… , une myopie sévère et le strabisme de Vénus, qui donnaient au regard un aspect languissant au-delà de toute mesure. Les yeux bleus ont été hérités de sa mère, l’impératrice Marir-Thérèse d’Autriche. La couleur de sa peau, c’est le moins qu’on puisse dire, était magnifique… du moins c’est ce qu’on dit ! Pose de cils, un par un !!! C’était la partie la plus difficile.  Le vêtement est en soie. J’ai utilisé des couleurs douces et pastel pour un double motif. Le premier, parce qu’ils donnent un aspect éthéré à l’incarnation du profil. La deuxième, selon moi, c’est parce que je ne voulais pas aplatir la figure tridimensionnelle par rapport au fond de velours bleu foncé.
Allons à la coiffure. J’ai fait plusieurs tests pour choisir la couleur, mais toutes sortes de blonds, clairs ou foncés, ont donné à la silhouette un faux look et un peu comme une poupée californienne.
Finalement j’ai opté pour un gris clair avec des reflets ocres en utilisant des cires colorées mais malheureusement sur la photo il manque cet effet chaud. Sur la poitrine, j’ai inséré un médaillon de bronze doré qui ressemble à l’effigie de Louis XVI, attaché par un ruban de satin brun. Au départ j’avais opté pour du noir, mais quant au fond, ça aurait trop marqué le décolleté.
Le cadre est en argile. J’ai essayé de reproduire le « style Louis XVI » qui comprend des guirlandes de laurier, des fleurs, des rubans et tout ce que j’ai d’autre Par la suite traité avec un bol rouge arménien et une dorure de feuilles d’or.  Je voulais avoir l’effet patiné, vieilli… 

Ernest Michel Le Brun, 2025

Marie-Antoinette, pour qui Jean-Louis Fargeon crée «un vinaigre radical ou esprit de Vénus», apprécie aussi, parmi les produits que Lui procure Son parfumeur officiel, les «pommades au citron, à la fleur d’orange double, au concombre, les bâtons aux mille parfums, ou encore les eaux spiritueuses de lavande, les pommades au jasmin, les eaux de Cologne et les sachets parfumés». Il existe plus de dix formules de crèmes pour les mains de la Reine. Elle se purifie le teint avec de l’eau d’ange et se nettoie la peau avec de l’eau de pigeon. La lotion est extraite à partir de morceaux de pigeon, pain blanc, noyaux de pêche et blanc d’œuf. Pour le parfum, Elle affectionne l’eau de la Reine de Hongrie.

« Le romarin est purifiant, antioxydant et il stimule l’éclat du teint Cette eau était aussi utilisée pour désinfecter les plaies. On pense même qu’elle est devenue l’eau de Cologne lorsqu’elle est tombée aux mains des parfumeurs outre-Rhin. »

Charles Cracco, pharmacien cosmétique

Parallèlement on voit éclore un raffinement esthétique sur la toilette, sur un petit meuble recouvert d’une toile, on dispose les ustensiles, et précieux nécessaires composés de peignes d’ivoire et de nacre, de boites d’agate, d’or ou d’argent émaillé pour les poudres, les fards, les pommades, les savonnettes, les mouches, et de flacons de cristal de roche pour les eaux de senteur.

Marie-Antoinette à Sa toilette par Benjamin Warlop

Les coiffures sont, quant à elles sont poudrées, parfois colorées afin de donner une teinte aux cheveux puis parfumées. Collaborant avec Léonard Autié, Fargeon lui fournit «des pommades parfumées au jasmin pour les cheveux, ainsi que des huiles aux senteurs florales». Et Fargeon va jusqu’à parfumer les roses en tissu qui ornent les robes de Marie-Antoinette, conçues par sa marchande de modes, Mademoiselle Bertin.

Marie-Antoinette par Heinrich Lossow
Marie-Antoinette par Joseph Boze
Charlotte de Turckheim  dans Jefferson à Paris (1996) de James Ivory

C’est grâce aux mesures prises par Adélaïde Éloffe (1759-1805), une de Ses marchandes de modes ( le mètre-ruban ne sera pourtant inventé que le siècle suivant par Alexis Lavigne [1812-1886], costumier-amazonier de l’Impératrice Eugénie et fondateur de l’école Esmod ) que l’on connaît les mensurations de Marie-Antoinette : 109 cm de tour de poitrine et 58 cm de tour de taille pour une hauteur de 1,63 mètre.

Corset de la reine Marie-Antoinette, vers 1785 Taffetas de soie bleu, passementerie de soie bleue, busc de bois Collection Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris
Détail Marie-Antoinette au livre (1788) par Elisabeth Vigée Le Brun
Marie-Antoinette (1788) par Alexandre Kucharski
Marie-Antoinette réalisée par Intelligence Artificielle par Sergio Daricello en 2025
Marie-Antoinette par Louis-Simon Boizot ; Louvre
Buste en marbre de Marie-Antoinette par Félix Lecomte (1783)

« Le mélange, pour moi, s’approche à la probablement de la realité. »

Sergio Daricello

Mais je préfère cette plus récente approche du même ami et artiste : 

Marie-Antoinette (2025) par Sergio Daricello
Chaussures de Marie Antoinette (2006) de Sofia Coppola, spécialement créées par le créateur espagnol Manolo Blahnik pour le cinéma

Marie-Antoinette chausse du 36,5 : une amie que je ne dénoncerai pas ici, chaussant du 36 a enfilé un soulier de la Reine dans lequel son pied flottait très légèrement… 

Souliers de Marie-Antoinette

Le 18 juin 1787

La mort de Sa plus jeune fille, la petite Madame Sophie avant son premier anniversaire.

Le 5 mai 1789

Ouverture des États généraux.

Le 4 juin 1789

Mort de Son fils aîné, le Dauphin Louis-Joseph, à Meudon.

Mort du Dauphin dans Les Années Lumière de Robert Enrico (1989)
Deuil du Dauphin dans les Années Lumière de Robert Enrico (1989)
Jane Seymour est Marie-Antoinette dans Les Années Lumière

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Le 5 octobre 1789

Des milliers de femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie. 

Le matin du 6 octobre 1789 par Benjamin Warlop

La famille royale est ramenée de force à Paris. 

Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet
Les Tuileries dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale.

Sur le chemin de Montmédy, la berline emporte de la poudre à la Fargeon, du Parfum du Trianon, des pots de pommade, de l’eau de lavande, de l’eau souveraine pour les frictions, de l’eau de fleurs d’orange et de l’esprit de lavande, réputés apaisants, divers vinaigres toniques et antispasmodiques, ainsi que des sels revigorants et des sachets de bain de modestie, de l’essence de bergamote, des pommades à l’héliotrope et au citron, et diverses eaux cosmétiques.
Sur le chemin de Montmédy, la berline emporte de la poudre à la Fargeon, du Parfum du Trianon, des pots de pommade, de l’eau de lavande, de l’eau souveraine pour les frictions, de l’eau de fleurs d’orange et de l’esprit de lavande, réputés apaisants, divers vinaigres toniques et antispasmodiques, ainsi que des sels revigorants et des sachets de bain de modestie, de l’essence de bergamote, des pommades à l’héliotrope et au citron, et diverses eaux cosmétiques.

Le costumier de Jean Delannoy, Georges Benda, semble s’être inspiré de cette gravure pour créer la robe grise, le mantelet noir et le large chapeau d’où retombe un voile que porte Michèle Morgan dans l’épisode de Varennes de son film. C’est cette coiffure que la Reine entendait faire retoucher par son talentueux Léonard une fois arrivée à Montmédy

Le 21 juin 1791

Le Roi, la Reine, leurs enfants, Madame Elisabeth et madame de Tourzel sont arrêtés à Varennes.

Le 25 juin 1791

 La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Le Roi est suspendu.

En arrivant dans Ses appartements des Tuileries, Marie-Antoinette se décoiffe de Son chapeau et Elle découvre l’outrage des angoisses intenses vécues pendant le retour de Varennes : Ses cheveux «sont devenus blancs comme ceux d’une femme de soixante-dix ans

Mickaël Lonsdale et Charlotte de Turckheim dans Jefferson à Paris  (1995) de James Ivory

Le 3 juillet 1793

Louis-Charles, Louis XVII, est enlevé à sa mère et confié au cordonnier Antoine Simon (1736-1794).

La Séparation de Marie Antoinette et Son Fils (1856)  par Edward Matthew Ward

Le 2 août 1793, à deux heures quarante du matin

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.

Départ de Marie-Antoinette du Temple
Isabelle Toris est Marie-Antoinette dans La Dernière Etreinte

 

 

« Le 2 août, pendant la nuit, quand la reine arriva du Temple, je remarquai qu’on n’avait amené avec elle aucune espèce de hardes, ni de vêtements. Le lendemain, et tous les jours suivants, cette malheureuse princesse demandait du linge, et Madame Richard, craignant de se compromettre, n’osait lui en prêter, ni lui en fournir. Enfin, le municipal Michonis, qui, dans le cœur, était honnête homme, se transporta au Temple, et le dixième jour, on apporta du donjon, un paquet, que la reine ouvrit promptement. C’étaient de belles chemises de batiste, des mouchoirs de poche, des fichus, des bas de soie ou de filoselle noirs, un déshabillé blanc pour le matin, quelques bonnets de nuit, et plusieurs bouts de ruban blanc, de largeurs inégales.»

Rosalie Lamorlière, propos recueillis par Lafont d’Aussonne

Ute Lemper est Marie-Antoinette dans L'Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre

« Le matin, en se levant, elle chaussait de petites pantoufles rabattues, et tous les deux jours, je brossais ses jolis souliers noirs de prunelle, dont le talon, d’environ deux pouces, était à la Saint-Huberty.»

Rosalie Lamorlière

Chaussure de Marie-Antoinette conservée à Caen
En prison, Marie-Antoinette ( ici Ute Lemper, dans L'Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre) entretient un semblant de coiffure à l'Enfant ... grâce aux soins de Rosalie Lamorlière...

Chaque jour, la Reine se coiffe devant Bault et Rosalie, qui fait Son lit et qui ploie Sa robe sur une chaise. Un jour Rosalie remarque la blancheur des cheveux de Marie-Antoinette, qu’elle ne voit que sur les tempes, ni sur le front, ni dans les autres cheveux… contrairement aux autres témoignages. On sait que cela est dû au retour traumatisant de Varennes… bien que Rosalie affirme que la Reine lui a parlé du trouble du 6 octobre 1789…

«Sa coiffure, depuis sont entrée à la Conciergerie, était des plus simples. Elle partageait ses cheveux sur le front, après y avoir mis un eu de poudre embaumée. Madame Harel, avec un bout de ruban blanc, les nouait avec force, et puis donnait les deux barbes de ce ruban à Madame, qui, les croisant elle-même, et les fixait sur le haut de sa tête, donnait à sa chevelure blonde la forme d’un chignon mouvant.»

Rosalie Lamorlière

La Veuve Capet par Jean-Louis Prieur
Caroline Sihol incarnait la Reine dans Je m'appelais Marie-Antoinette de Robert Hossein

Le lundi 14 octobre 1793

Marie-Antoinette comparaît devant le président Herman (1759-1795)

Sachant qu’Elle va paraître devant Ses juges et le public, Marie-Antoinette donne un peu d’élévation à Ses cheveux. Elle ajoute aussi à Son bonnet de linon , bordé d’une petite garniture plissée, les deux barbes volantes qu’Elle conserve dans le carton que Lui a apporté Rosalie à Son arrivée à la Conciergerie; et sous ces barbes de deuil Elle ajuste proprement un crêpe noir, qui Lui fait une jolie coiffure de veuve. Elle porte Sa robe noire toute usée.

Marie-Antoinette par Kucharski telle qu'Elle est apparue devant Ses juges

Le 16 octobre 1793
à quatre heures du matin

«Antoinette, dit Hermann, voilà la déclaration du jury.»

Elle est unanime et affirmative sur toutes les questions. Fouquier-Tinville requiert alors la peine capitale.

Vers sept heures du matin

Rosalie descend chez la Reine et Lui demande si Elle a besoin de quelque aliment. En entrant dans le cachot où brûlent deux lumières, la jeune fille aperçoit un officier de gendarmerie assis dans l’angle de gauche. Marie-Antoinette est encore toute habillée de noir, étendue sur Son lit. Le visage tourné vers la fenêtre , Elle appuie la tête sur Sa main :

«Madame, vous n’avez rien pris hier au soir , et presque rien dans la journée. Que désirez-vous prendre ce matin?»

La Reine verse des larmes en abondance et répond :

«Ma fille, je n’ai plus besoin de rien , tout est fini pour moi. »

Vers huit heures du matin

Puis vient le moment où Elle désire changer de linge. On Lui a demandé de ne pas aller à la mort en deuil du Roi, ce qui serait provocateur… Alors, Elle sera en blanc, la couleur du deuil des Reines et revêtira le déshabillé qu’Elle porte habituellement le matin, une jupe blanche au dessus d’un jupon noir. Rosalie revient auprès de Marie-Antoinette pour L’aider à l’habiller. La Reine passe dans la ruelle laissée entre le lit et la muraille et abat Sa robe afin de changer de linge pour la dernière fois.

L’officier de gendarmerie s’approche et, se tenant auprès du traversin , regarde la Princesse se changer.

La Reine remet aussitôt Son fichu sur Ses épaules et, avec une grande douceur, Elle dit au jeune homme :

«Au nom de l’honnêteté, Monsieur, permettez que je change de linge sans témoin.
-Je ne saurais y consentir, répond brusquement le gendarme; mes ordres portent que je dois avoir l’œil sur tous vos mouvements.»

Alors Rosalie s’impose en paravent de la Reine pour Sa dernière toilette de représentation ultime.

La Reine soupire, passe Sa dernière chemise avec toutes les précautions et toute la modestie possibles, prend pour vêtement, non pas Sa longue robe de deuil qu’Elle avait encore devant Ses juges ( ce noir aurait été une provocation, qui pourrait soulever l’hostilité contre Elle, selon les instructions du concierge Bault), mais le déshabillé blanc qui Lui sert ordinairement de robe du matin, et déployant Son grand fichu de mousseline unie blanc, Elle le croise sous le menton. Elle porte un jupon blanc dessus, un jupon noir dessous, un ruban de faveur noué au poignet.

Isabelle Duthillier était Marie-Antoinette (2018) dans La Dernière Etreinte
Michèle Morgan dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

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