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La duchesse de Picquigny

La duchesse de Chaulnes en Hébé, par Nattier.

Le 7 septembre 1744

Naissance de Marie-Paule-Angélique d’Albert de Luynes, duchesse de Chaulnes , nommée aussi : vidame d’Amiens et duchesse de Picquigny de 1762 à 1769.
Elle est la fille de Marie-Charles-Louis d’Albert, duc de Luynes et de Chevreuse et d’Henriette-Nicole Pignatelli d’Egmont,

Le 23 mai 1758

Elle épouse Marie-Joseph-Louis d’Albert d’Ailly (1741-1793) à Dampierre.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Joseph-Louis d'Albert d'Ailly"Joseph Louis d’Albert d’Ailly par Alexander Roslin

Marie-Paule devient alors Vidame d’Amiens.

Marie Paule Angélique d’Albert de Luynesduchesse de Chaulnes, à l‘âge de 13-14 ans,  en 1758 , par Carmontelle.
Et son mari, toujours en 1758, alors qu’il a 16-17 ans, par Carmontelle

En mai 1762

Elle est titrée duchesse de Picquigny

Le duc de Chaulnes Picquigny en Hercule par Nattier

Le 31 janvier 1766

Marie-Paule est nommée Dame du palais , en remplacement de la vicomtesse de Beaune, morte le 27 janvier précédent, elle reste en place jusqu’à la mort de Marie Leszczyńska (en 1768)… à laquelle elle semble fidèle et attachée puisqu’elle déclare :

Je ne sais, Madame ce que c’est que le saut de l’anguille. Je ne l’ai jamais fait : il demande, dit-on, beaucoup de souplesse dans les reins; mais quel qu’il soit, le plus beau saut que j’aie jamais vu, le plus grand et le plus merveilleux est celui de la Dubarri (sic) qui, des bras des laquais, est sautée dans ceux du Roi

Le 24 juin 1768

Mort de la Reine Marie Leszczynska (1703-1768).

Image associéeMarie Leszczynska par Jean-Marc Nattier

En septembre 1769

Marie-Paule est encore titrée duchesse de Chaulnes

En mai 1770

Le Roi la nomme pour aller chercher la Dauphine à Strasbourg.

Arrivée de Marie-Antoinette à Strasbourg

Le 16 mai 1770

Le Dauphin Louis-Auguste, son neveu, épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche.

Gravure du mariage de Marie-Antoinette avec le Dauphin

Elle entoure la jeune Dauphine de ses plaisanteries sur la du Barry, qu’elle surnomme avec une élégance infinie la grande sauteuse. C’était d’ailleurs elle aussi qui établit la subtile distinction entre les siècles, les collets montés et les paquets…

Ces farces ne plaisent que trop à l’espiègle Dauphine, qui retrouve ainsi un peu du sel de son intimité avec Marie-Caroline, qui, déjà, suscitait les remontrances de leur auguste mère.

Marie-Antoinette, en amazone ou habit de chasse, par l’Autrichien Joseph Krantzinger

A la cour de Versailles, froncements de sourcils et pincements de lèvres accueillent ces enfantillages, qui, peu à peu, vont monter les esprits contre Marie-Antoinette.

Le 10 mai 1774

Mort de Louis XV.

Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI

En mai 1774

Marie-Paule de Picquigny devient Dame du palais de Marie-Antoinette  et reste en place jusqu’à sa mort.

Marie-Antoinette, portrait Au Globe par Gautier-Dagoty, 1775

De pareils bons mots ( je parle de la précédente citation du saut de l’anguille…)  n’étaient lâchés que dans les conversations d’intimité et de confiance. La Dauphine ensuite les faisait valoir, les variait suivant les occasions, ne les répétait jamais sans faire de grands éclats de rire, & ne voyait jamais la Dubarri  sans s’écrier ô la grande sauteuse qui ressuscite les morts.
Ce règne de faveur ne fut pas pour la duchesse de Picquigny de longue durée.    On fit entendre à la Dauphine que peut-être quelque jour elle serait le sujet des plaisanterie de sa favorite . Les diseurs de bons mots, lui faisait-on entendre, n’épargnent personne, ils cherchent à faire rire, il leur importe peu aux dépens de qui.  Ce grain de défiance jeté dans l’esprit de la Dauphine, on eut soin de l’y entretenir et de le faire germer .

Porte-feuille d’un talon rouge. Contenant des Anecdotes galantes & secrettes … et qui poursuit :

Le duc de la Vauguyon de son côté minait la faveur de Mme de Pecquigny, en faisant envisager au Dauphin son élève la suite que pourraient avoir ces bons mots si le Roi en était jamais instruit.  La Dauphine se tint sur la réserve avec sa favorite, & passa bientôt de la réserve à l’indifférence .
M. de la Vauguyon avait ses vues en desservant Mme de Pecquigny. A la faveur dont elle jouissait il voulait substituer Mme de Saint-Mégrin, sa bru , & il en vint à bout, mais la faveur de celle-ci ne fut que passagère. Elle se piquait aussi de dire de bons mots, mais ces bons mots étaient moins plaisants que méchants. Aucun n’était dirigé contre la Dubarri
, c’était la politique de Mme de Saint-Mégrin. Elle espérait par le crédit de cette femme autant que par le crédit dont son mari jouissait auprès de Monsieur le Dauphin obtenir la place de dame d’atours …

L’esprit de madame la duchesse de Chaulnes est si singulier, qu’il est impossible de le définir : il ne peut être comparé qu’à l’espace ; il en a pour ainsi dire toutes les dimensions, la profondeur, l’étendue et le néant.
(…)
Madame la duchesse de Chaulnes est un être qui n’a rien de commun avec les autres êtres que la forme extérieure : elle a l’usage et l’apparence de tout, et elle n’a la propriété ni la réalité de rien.

Madame du Deffand
Image associéeJoseph Louis d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes, prince de Picquigny, portant un manteau rouge avec des fourrures de léopard

La duchesse de Chaulnes était certainement la plus extravagante et la plus ridicule personne de France.
C’était une grosse douairière toute bouffie, gorgée, soufflée, boursouflée de santé masculine et de sensibilité philosophique, qui se faisait ajuster et coiffer en petite mignonne, et qui zézéyait en parlant pour se rajeunir. Elle était éminemment riche, et c’étaient les enfants du Maréchal de Richelieu qui devaient hériter d’elle ; je pense que c’était à cause de leur grand-mère qui était une Mlle Jeannin de Castille. On supposait bien qu’elle éprouvait la tentation de se remarier ; mais ses héritiers ne s’en inquiétaient guère, en se reposant sur la difficulté qu’elle aurait à trouver un homme de la cour, ou même un simple gentilhomme qualifié qui voulût affronter une pareille exorbitance de chairs, de ridicules et de moustaches.
Il y avait à Paris, d’un autre côté, car c’était dans une des chambres d’enquêtes, un certain Conseiller sans barbe qui s’appelait M. de Giac, et qui était l’homme de justice le plus pédant, le plus risiblement coquet et le plus ennuyeux. Il avait l’air d’un squelette à qui l’on aurait mis du rouge de blonde et des habits de taffetas lilas. Il pinçait de la mandoline en se pinçant la bouche et jouant des prunelles. Il avait la prétention d’avoir composé la musique et les paroles d’un opéra tragique, mais par habitude il ne fabriquait que des pièces fugitives, et c’était de la poésie, d’autant plus légère qu’il n’y avait rien dedans.
Voilà M. de Richelieu qui s’amuse à faire courir le bruit d’un mariage entre Mme de Chaulnes et M. de Giac qui ne se connaissaient point du tout. C’est un bruit qui se répand dans tout Paris : on leur en parle ; Mme de Chaulnes se fait désigner l’équipage, la loge et la personne de M. de Giac, et vice versa de la part du Conseiller pour la Duchesse ; on s’observe, on s’approche, on fait connaissance, on s’admire, et finalement on s’épouse. Mme de Chaulnes en a donné deux cent mille livres de rente à son second mari, et voilà M. de Richelieu bien récompensé ! — Je dois vous annoncer, lui vint-elle dire, au pavillon d’Hanovre, en prenant des airs de mineure, je viens vous annoncer que je vais me donner un tuteur…. — Madame, lui répondit-il en s’inclinant jusqu’à terre, (ce qui préludait toujours à quelque perfidie), j’aurais cru que vous aviez perdu le droit de le choisir vous-même ; et quelle est donc, s’il vous plaît, cette heureuse et prudente personne qui va diriger votre minorité ? Elle répondit en minaudant que c’était un jeune magistrat qui avait l’honneur d’appartenir aux Lefèvre de Caumartin ; mais elle ne voulut ou n’osa jamais le nommer, ce qui priva M. de Richelieu du plaisir de lui répondre qu’on n’était plus jeune à cinquante-deux ans, parce que c’était précisément l’âge de la Duchesse et celui de son Conseiller des enquêtes. Ce qu’il y eut de charmant, c’est qu’elle alla disait partout que le Maréchal de Richelieu l’avait complimentée de la manière la plus aimable, et qu’il avait eu la galanterie de l’appeler Pupille dilatée.
Pour apprendre à M. de Giac à compromettre sa dignité parlementaire en épousant une folle à cause de son argent, le Parlement de Paris l’obligea de quitter la magistrature, et le Roi l’exila du côté de Barèges où nous l’avons vu se promenant le long des ruisseaux, costumé comme un berger d’Opéra, sous un parasol orné d’églantines, et la houlette à la main. tout donne à penser qu’il aura fini raisonnablement, car il a légué toute sa fortune à l’hôtel-Dieu de Bordeaux.

Souvenirs  de Madame de Créqui

A la mi-novembre 1781

On dit à la duchesse de Chaulnes, mourante et séparée de son mari:

« Les sacrements sont là. — Un petit moment. — M. le duc de Chaulnes voudrait vous revoir. — Est-il là ? — Oui. — Qu’il attende : il entrera avec les sacrements. »

Le 17 novembre 1781

Marie-Paule de Pecquigny meurt  à Paris.

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