Le 15 mai 1748
Mariage de ses parents, Antoine-Adrien-Charles, comte de Gramont (1726-1762) et de Marie-Louise-Sophie de Faoucq, dame de Rupalley (1732-1799) fille unique de Gui-Etienne-Alexandre de Faoucq, marquis de Garnetot († le 16 mai 1734), et de Charlotte-Sophie de Sonning.
Le 13 juillet 1751
Naissance de Geneviève de Gramont, comtesse puis marquise d’Ossun, fille de Antoine, comte de Gramont et de Marie-Louise de Faoucq.
Elle est la nièce d’Etienne-François de Choiseul (1719-1785).
Le 17 août 1755
Naissance de son frère, Antoine-Louis-Marie de Gramont (1755-1836), futur gendre de madame de Polignac.
En 1758
Naissance de son frère, Antoine-François de Gramont, comte d’Aster (1758-1795).
Le 22 septembre 1762
Décès à Bayonne, de son père, Antoine-Adrien-Charles, comte de Gramont (1726-1762), qui fut menin du Dauphin Louis-Ferdinand, père de Louis XVI, et maréchal de camp, en 1758.
Le 10 février 1766
Geneviève de Gramont épouse Charles-Pierre-Hyacinthe, marquis d’Ossun ( 1750-1791).
Le 22 avril 1769
Mariée et munie d’un nom mieux sonnant que Bécu, madame la comtesse du Barry, est présentée à la Cour.
Le clan Choiseul ne désarme pas contre madame du Barry. L’une de ses créatures, Pidansat de Mairobert, publie des Mémoires secrets à l’origine des attaques dont madame du Barry est dès lors constamment l’objet. Il diffuse ou suscite des chansons grivoises, des pamphlets injurieux et même des libelles pornographiques (tels L’Apprentissage d’une fille de modes ou L’Apothéose du roi Pétaud). Par la force des choses, madame du Barry se trouve soutenue par le parti dévot, hostile à Choiseul.
Pour avoir conclu le mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette, le Premier ministre se croit intouchable.
Le 16 mai 1770
Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.
Le 24 décembre 1770
Le duc de Choiseul (1719-1785) , l’un des principaux artisans du mariage franco-autrichien ( il était chef du gouvernement de Louis XV entre 1758 et 1770), est exilé à cause de son orientation libérale dont la pratique politique s’apparente à une cogestion implicite avec les adversaires de la monarchie absolue.
Marie-Antoinette est persuadée que Jeanne du Barry a forcé la décision du Roi.
Geneviève d’Ossun est fidèle à Marie-Antoinette qui soutient son oncle et sa mère contre madame du Barry. Elle ne fréquente plus la Cour jusqu’au moment où son jeune frère, le duc de Guiche , épouse Aglaé de Polignac.
Le 20 janvier 1772
Naissance de sa fille unique, Sophie Pauline d’Ossun (1772-1845).
Le 10 mlai 1774
Décès de Louis XV à l’âge de soixanbte-quatre ans. Son petit-fils, Louis XVI monte sur le trône.
Le 16 avril 1780
Son frère, Antoine de Gramont (1755-1836), reçoit le brevet de duc de Guiche.
Le 11 juillet 1780
Mariage du duc de Gramont et de Guiche (1755-1836), son frère, avec Aglaé de Polignac (1768-1803), fille de l’amie de Marie-Antoinette .
Antoine de Gramont se voit décerner un brevet de capitaine et un an plus tard, une propriété qui rapporte 70.000 ducats de rentes.
Aglaé sera désormais surnommée «Guichette» …
« Madame d’Ossun, dis-je, intéressante, tout près d’être belle, blonde sentimentale qui avait à soutenir une réputation de sagesse. Elle avait épousé un homme probe et estimable, aimé avec raison de Louis XVI qui avait du penchant pour tous les honnêtes gens ; il avait été désigné à la mission de Russie, en remplacement du duc de Ségur (…) »
Alexandre de Tilly
Madame d’Ossun est une charmante femme blonde, «tout près d’être belle», sans prétention particulière et dévouée de cœur et d’âme à Marie-Antoinette.
A partir de 1781
Geneviève devient dame d’atours de la Reine, en remplacement de madame de Mailly ; elle tente de freiner les dépenses de la souveraine en matière de mode ( l’état de la garde-robe royale comporte alors 170 articles selon Pierre de Nolhac) mais a bien du mal compte tenu du flou entretenu par Mademoiselle Bertin dans son système de facturation.
La comtesse d’Ossun est alors assistée d’un maître de la garde-robe, d’une femme de garde-robe des atours de la Reine, de deux valets de la garde-robe et d’un garçon de la garde-robe, ainsi que d’un secrétaire de la garde-robe chargé de tenir les comptes et de vérifier les paiements. Cette charge de dame d’atours est importante, car c’est elle qui passe commande tant des étoffes que des robes, des habits de cour, et qui paie les fournisseurs. Tout ce qui concerne la garde-robe de la souveraine lui est soumis, et seule sa signature compte, rien ne se faisant sans son approbation.
La gazette des atours de la Reine Marie-Antoinette pour l’année 1782
L’habillement de la souveraine est géré par le service de la Garde-Robe. Il est dirigé à partir de 1781, par Madame d’Ossun, dame d’atours. Celle-ci a sous ses ordres plusieurs femmes de chambres, filles de garde-robes, couturières, lingères et valets. La dame d’atours est chargée de prévoir un nombre défini de toilettes réparties précisément en trois sections de douze : douze « grands habits » pour les grandes circonstances, douze « robes riches sur grand panier », à la française, puis à la turque à la fin du règne, et douze « petites robes de fantaisie », à la polonaises et robes chemises à la mode anglaise, pour le jeu et les petits soupers. Velours l’hiver, satins au printemps, soies légères et gazes l’été, ces tenues sont réformées chaque trimestre. Selon l’usage à la cour de France, les toilettes réformées sont distribuées aux employés selon des attributions bien définies, ce qui explique la rareté des costumes royaux dans les collections françaises.
« Marie-Antoinette » Hélène Delalex, Alexandre Maral, Nicola Milovanovic
Elle participe au lever de la Reine à Son habillement, présentant le jupon et la robe à la souveraine. C’est à Madame d’Ossun qu’il revient de présenter à la Reine la Gazette des atours avec ses échantillons de tissu pour que sa maîtresse choisît le «prêt du jour».
« Madame la comtesse d’Ossun n’avait rien de brillant dans les manières: elle avait peu d’esprit ; mais, en revanche, elle était parfaitement bonne et douce, et douée d’une haute vertu.
Elle était dévouée de cœur et d’âme à la Reine ; jamais personne ne fut plus éloignée qu’elle de l’intrigue ; elle ne recherchait point la faveur de la Reine, et désirait seulement que la Reine se plût chez elle et fût contente d’elle. Sa fortune étant très médiocre et ne lui permettant pas, sans se déranger, de recevoir souvent la Reine chez elle à dîner, ni de donner des soirées où il y avait quelquefois de petits bals ou des concerts, elle le dit franchement à la Reine, en lui demandant que les dépenses de cette espèce fussent faites par les gens du Roi. La Reine, pour l’indemniser, préféra lui offrir un traitement. A la place de Madame d’Ossun, beaucoup de gens auraient profité d’une pareille offre pour demander au-delà de ce qui était nécessaire pour couvrir la dépense : elle n’en fit rien et se borna à demander 6000 livres par mois, ce qui était très modéré ; car, la Reine venant très fréquemment chez elle depuis qu’elle avait la conscience à l’aise à ce point, il en résulta que Madame d’Ossun dépensa bien au-delà de ce qu’elle recevait.»Le comte de La Marck
Les archives nationales conservent un rare volume relié en parchemin vert portant en couverture l’inscription : Madame la comtesse d’Ossun. Garde-robe des atours de la Reine. Gazette pour l’année 1782 :
L’habillement de la souveraine est géré par le service de la Garde-Robe. Il est dirigé à partir de 1781, par Madame d’Ossun, dame d’atours. Celle-ci a sous ses ordres plusieurs femmes de chambres, filles de garde-robes, couturières, lingères et valets. La dame d’atours est chargée de prévoir un nombre défini de toilettes réparties précisément en trois sections de douze : douze «grands habits» pour les grandes circonstances, douze «robes riches sur grand panier», à la française, puis à la turque à la fin du règne, et douze «petites robes de fantaisie», à la polonaises et robes chemises à la mode anglaise, pour le jeu et les petits soupers. Velours l’hiver, satins au printemps, soies légères et gazes l’été, ces tenues sont réformées chaque trimestre. Selon l’usage à la cour de France, les toilettes réformées sont distribuées aux employés selon des attributions bien définies, ce qui explique la rareté des costumes royaux dans les collections françaises.
Marie-Antoinette Hélène Delalex, Alexandre Maral, Nicola Milovanovic
« La préférence que la Reine témoignait à Madame d’Ossun ne pouvait pas manquer de déplaire à la société de Madame de Polignac : cela eut de plus l’inconvénient de placer Madame d’Ossun dans une situation délicate envers les Polignac, avec lesquels elle avait des relations de parenté ; son frère, le duc de Guiche, depuis duc de Gramont, avait épousé la fille de la duchesse de Polignac, et c’est par là qu’il avait obtenu la survivance de la compagnie des gardes du corps que commandait le duc de Villeroy. Madame d’Ossun se tira cependant très bien de cette difficulté ; jamais elle ne laissa échapper un mot qui pût faire du tort aux Polignac dans l’esprit de la Reine : elle se tint dans la plus extrême réserve à cet égard et se borna à faire tous ses efforts pour plaire à la Reine, sans nuire à personne, et aussi, je dois le dire, sans chercher à tirer parti de sa faveur pour obtenir des grâces, soit pour elle-même, soit pour sa famille ou ses amis. »
Le comte de La Marck
« La dame d’atours était chargée du soin de commander les étoffes, les robes, les habits de cour ; de régler, de payer les mémoires ; tous lui étaient soumis et n’étaient acquittés que sur sa signature et ses ordres, depuis les souliers, jusqu’aux habits brodés à Lyon.
La dame d’atours avait aussi, sous ses ordres, une première femme des atours chargée du soin et de l’entretien de tous les habillements de la reine ; deux femmes pour plier et repasser les objets qui en étaient susceptibles ; deux valets de garde-robe et un garçon de garde-robe : ce dernier était chargé de transporter à l’appartement, tous les matins, des corbeilles, couvertes en taffetas, qui contenaient tout ce que la reine devait porter dans le jour, et de grandes toilettes, en taffetas vert, qui enveloppaient les grands habits et les robes.
Rien n’était rangé, rien n’était soigné par les femmes de la reine. Aussitôt la toilette terminée, on faisait entrer les valets et garçons de garde-robe qui emportaient le tout pêle-mêle dans ces mêmes toilettes de taffetas, à la garde-robe des atours, où tout était reployé, suspendu, revu, nettoyé avec un ordre et un soin si étonnants, que les robes même réformées avaient tout l’éclat de la fraîcheur : la garde-robe des atours consistait en trois grandes pièces environnées d’armoires, les unes à coulisses, les autres à porte-manteau ; de grandes tables, dans chacune de ces pièces, servaient à étendre les robes, les habits, et à les reployer.»
Henriette Campan
C’est Chantal Thomas, auteure du roman originel, qui incarne la marquise d’Ossun dans Les Adieux à la Reine (2012) de Benoît Jacquot
En 1781
Seize employés sont intégrés au service de la garde-robe et donc de la dame d’Atours :
- une femme chargée du détail de la garde-robe
- une couturière ordinaire
- un tailleur de corps de robe
- un tailleur pour les habits d’amazone
- une blanchisseuse de linge fin
- une monteuse de bonnets
- une empeseuse de manches de cour
- une faiseuse de collerettes
- une enfileuse de diamants
- un chargé d’entretien des diamants
- un garçon de garde-robe
- quatre valets de garde-robe
- un secrétaire
auxquels s’ajoutent un grand nombre d’ouvrières et d’ouvriers spécialisés extérieurs au château.
Dans les années 1770, on ne compte qu’une vingtaine de marchandes de modes.
La principale fournisseuse de la Reine est Marie-Jeanne Bertin (1747-1813), la déesse du Grand Mogol, mais on s’adresse également à Mademoiselle Pagelle, qui dirige Les Traits Galants, un autre magasin de modes, jusqu’en 1780. Adélaïde-Henriette Éloffe (1759-1806) sera, à la fin du règne, jusque pendant la révolution, la principale concurrente de celle dont on se souvient sous le nom de Rose Bertin.
L’établissement de madame Pompey fournit le service de garde-robe en enjolivements et petites pièces de toutes sortes destinées à des habits majoritairement préexistants.
La mercerie de Barbe Liévine Buffault, née Pieters gagne beaucoup en accueillant la Reine dans sa clientèle.
Pour la création des costumes et des décors du théâtre de Trianon, Elle s’adresse à Louis-René Boquet (1717-1817).
Le 24 octobre 1782
Selon l’idée du baron de Besenval, la Reine donne à madame de Polignac la place de gouvernante des enfants de France en remplacement de madame de Guéménée, victime de la faillite de son mari ( d’un passif de trente-trois millions de livres).
« Indépendamment de ce que madame de Polignac a toutes les qualités nécessaires pour avoir la préférence, je crois que V[otre] M[ajesté] dégraderait son sentiment aux yeux du public, si elle ne donnait pas cette marque de confiance à son amie, quand bien même elle serait sûre d’en être refusée.»
Le baron de Besenval
Paris, 28 octobre 1782
« Sire
Madame la Duchesse de Polignac a été nommée Gouvernante des Enfants de France. Cette dame qui a toujours avec une modération rare joui de la haute faveur où elle est a peut-être beaucoup d’envieux mais pas un ennemi. Elle prêtera dimanche serment.»
Le comte de Creutz, ambassadeur de Suède à la cour de France
En 1783
Madame d’Ossun occupe l’ancien appartement de la duchesse de Polignac, relogée dans l’aile des princes suite à sa nomination comme gouvernante des enfants de France. Proche des appartements de la Reine, ce confortable logis d’une dizaine de pièces situé dans la vieille aile du château , donne d’un côté sur la cour de marbre, de l’autre sur la cour des princes.
« Elle est l’une des rares personnes à assister à la naissance du Dauphin. C’est qu’elle est appréciée de Marie-Antoinette pour laquelle elle organise, avec sa fille, Pauline de Caumont La Force _bientôt récompensée par un tabouret de duchesse_, de petits concerts et des fêtes.»
Le comte de La Marck
Son intérieur sert de lieu de ralliement au cercle Polignac au temps où la comtesse Jules ne tenait pas encore salon à Versailles … d’où la division de la société courtisane entre Lamballistes et Guéménistes , ces derniers étant les amis et partisans de Yolande. Puis son salon s’oppose a celui du clan Polignac. Ce qui est étrange, car madame d’Ossun est la sœur du duc de Guiche, gendre de la duchesse de Polignac.
Madame d’Ossun participe à la réduction des dépenses en surveillant de près les irrégularités des fournisseurs. Elle demande souvent à mademoiselle Bertin de détailler davantage ses mémoires de fournitures et autres robes, que l’on estime trop coûteux, ce à quoi la marchande de modes s’est toujours obstinément refusée (Nolhac, 1925, p. 858. Ibid.) Les économies ne viennent pas tout de suite, l’année 1785 étant même la plus dépensière pour la garde-robe. Toutefois les comptes sont à la baisse pour les années 1787 et 1788.
Dans la deuxième et la troisième salle de la garde-robe des atours à l’entresol de la Reine, se trouvent des armoires à coulisse et de grands portemanteaux, ainsi que de vastes tables pour étendre, repasser et plier les vêtements de la souveraine.
Le 11 mai 1784
Sa fille Sophie d’Ossun épouse Louis Joseph de Caumont, duc de La Force (1768-1838), grand d’Espagne, officier de marine, maréchal de camp, fils de Bertrand de Caumont La Force (1724-1773) et d’Adélaïde Luce de Galard de Brassac de Béarn (1739-1829), qui a été dame d’Atours de la comtesse de Provence et qui est désormais la gouvernante des enfants du comte d’Artois.
En 1785
« La reine… s’éloigna insensiblement du salon de Mme de Polignac et prit l’habitude d’aller souvent et familièrement chez la comtesse d’Ossun, sa dame d’atour, dont le logement était très prés de l’appartement de la reine, elle y venait dîner avec quatre ou cinq personnes ; elle y arrangeait de petits concerts, dans lesquels elle chantait ; enfin elle montrait là plus d’aisance et de gaieté qu’elle n’en avait jamais laissé apercevoir chez Madame de Polignac.»
Le comte de La Marck
Le clan Polignac voit d’un mauvais œil ces faveurs accordées à la famille d’Ossun, ne supportant pas le partage des faveurs, s’est tout de suite opposé a la Comtesse d’Ossun, sans s’apercevoir que Marie-Antoinette commencent à s’apercevoir des travers et intrigues de ce clan et se rapproche dans le même temps de Madame d’Ossun, dont Elle apprécie la simplicité de grand dame, et surtout que la Comtesse ne demande jamais rien malgré les grands frais de représentation qu’inclue la charge de Première Dame d’Atours. Vivant contraste avec le clan Polignac, la comtesse d’Ossun effectue économie sur économie dans la garde robe de la Reine.
En mai 1785
« Mais il est huit heures du soir, il faut que je vous quitte, je suis à Versailles depuis hier, ne dites pas que je vous écris d’ici, car je date mes autres lettres de Paris. Adieu, il faut que j’aille au jeu de la Reine. Adieu.
Axel de Fersen à sa sœur Sophie Piper
A neuf heures du soir le même jour.
Je sors dans le moment du jeu de la Reine et n’ai que le temps de finir ma lettre, car je dois aller dans le moment souper chez Madame d’Ossun, dame du Palais, la Reine y sera; au sortir du souper à une heure je retourne à Paris, et cette lettre part demain matin à huit heures Adieu, je vous quitte… »
Le 5 mai 1789
Ouverture des États-Généraux.
Le 4 juin 1789
Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.
Le 14 juillet 1789
Prise de la Bastille.
Le 16 juillet 1789
Fuite en exil de Yolande de Polignac et sa famille, dont sa belle-sœur, la comtesse Diane de Polignac.
Le 17 juillet 1789
Réception de Louis XVI à l’Hôtel de Ville de Paris.
La nuit du 4 août 1789
Abolition des privilèges.
Le 26 août 1789
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Le 5 octobre 1789
Des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.
La famille royale se replie dans le château…
Le 6 octobre 1789
Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Marie-Antoinette emprunte le passage du Roi, pour rejoindre, tout en restant prudemment en entresol, un escalier, accompagnée de Sa fille, elle rejoint la chambre du Roi où est réunie toute la famille royale. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.
La famille royale est ramenée de force à Paris.
Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.
Après octobre 1789, Geneviève d’Ossun suit la Reine à Paris, s’installant à l’hôtel de Caumont, au 6 rue de Grenelle.
En 1791
Le duc de Guiche, son frère, est placée à la tête de la Maison du Roi réunie à Coblentz.
Geneviève est citée avec d’autres femmes royalistes dans l’affaire du 18 avril 1791 qui se solde par l’arrestation momentanée de royalistes réunis rue du faubourg saint-Honoré dans l’hôtel d’Esclignac et accusés d’avoir voulu organiser la fuite du Roi lors de ses Pâques à Saint-Cloud.
Le 20 juin 1791
La Reine prend la peine de faire parvenir à Son amie un billet, lui annonçant son prochain départ pour Montmédy. Elle ne laissera aucune archive personnelle, brûlant alors précipitamment ses papiers.
Madame d’Ossun quitte Paris pour son château. Elle est a nouveau arrêtée avec madame de Gougenot le 20 juin 1791 pour complicité dans l’affaire de Varennes. Elle est suspectée d’avoir été mise au courant du projet de fuite de la famille royale. C’est effectivement elle qui introduisit aux Tuileries l’agent principal de Calonne, le Suisse Christin, pour faire approuver à la Reine un plan de contre révolution. (AD XXIX bis carton 38 dossier 389 pièces 14 : pièces adressées par la municipalité de Versailles et le proc général syndic de Seine et Ose (p. 17-20 sur madame de Gougenot et p 21-22 sur la comtesse d’Ossun qui fait valoir une lettre de la Reine l’informant de son départ). Mais elle produit la lettre de Marie-Antoinette pour se défendre.
Elle est alors relâchée.
Elle sert plusieurs mois d’intermédiaire entre la Reine et l’extérieur après l’émigration temporaire de la princesse de Lamballe.
En juillet 1792
« La reine était si mal gardée et il était si facile de forcer son appartement que je lui demandai avec instance de venir coucher dans la chambre de Mgr le Dauphin. Elle eut bien de la peine à se décider (…) Elle finit par y consentir mais seulement les jours où il y aurait du bruit dans Paris.»
Madame de Tourzel
A partir de ce moment, la Reine, la gouvernante et le Dauphin cohabitent dans cette chambre pendant les nuits.
« Mgr le Dauphin, qui aim(e) beaucoup la reine, enchanté de la voir coucher dans sa chambre, cour(t) à son lit dès qu’elle (est) éveillée, la ser(t) dans ses petits bras en lui disant les choses les plus tendres et les plus aimables.»
Madame de Tourzel
Le 10 août 1792
A sept heures du matin, les Tuileries sont envahies par la foule. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide de gagner l’Assemblée nationale, qui siège dans la salle du Manège, qui se trouve le long du jardin (à l’emplacement de l’actuel carrefour entre les rues de Rivoli et de Castiglione).
On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide alors de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles.
Roederer, le «procureur syndic du département» convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.
Traversant le jardin des Tuileries, le petit cortège royal pénètre dans la salle où se réunit l’Assemblée, d’ailleurs fort clairsemée. La présidence est occupée ce jour-là par Vergniaud. Louis XVI s’adresse à lui en disant :
« Je suis venu ici pour éviter un grand crime et je pense que je ne saurai être plus en sûreté qu’au milieu de vous. Vergniaud lui répond en ces termes : Sire, vous pouvez compter sur la fermeté de l’Assemblée nationale ; ses membres ont juré de mourir en soutenant les droits du peuple et les autorités constituées.»
Louis XVI et sa famille sont conduits jusque dans la loge grillagée du greffier de l’Assemblée nationale (ou loge du logotachygraphe) , où ils restent toute la journée. La famille s’entasse dans cet antre : Louis XVI, Marie-Antoinette qui prend son fils sur ses genoux, Madame Élisabeth et Madame Royale. Elle y étouffera jusqu’au soir.
De retour au château des Tuileries, Henriette Campan, dont le sort doit ressembler à celui de la marquise d’Ossun, raconte :
Je n’ai vu [dans l’entresol] que nos deux femmes de chambre et un des deux valets de la reine, un homme de grande taille et d’aspect militaire. Je vis qu’il était pâle et assis sur un lit. Je lui ai crié :
« Fuyez ! les valets de pied et notre peuple sont déjà en sécurité.
– Je ne peux pas, me dit l’homme ; Je meurs de peur.»
Pendant qu’il parlait, j’entendis un certain nombre d’hommes se précipiter dans l’escalier; ils se jetèrent sur lui, et je le vis assassiner.
L’étroitesse de l’escalier gênait les assassins ; mais j’avais déjà senti une affreuse main enfoncée dans mon dos pour me saisir par mes vêtements, quand quelqu’un cria du bas de l’escalier : « Que faites-vous là-haut ? Nous ne tuons pas les femmes. j’étais à genoux; mon bourreau m’a lâchée et m’a dit : « Levez-vous, la nation vous pardonne.
La brutalité de ces paroles ne m’empêcha pas d’éprouver soudain un sentiment indescriptible qui tenait presque également de la joie de vivre et de l’idée que j’allais revoir mon fils et tout ce qui m’était cher. L’instant d’avant, j’avais moins pensé à la mort qu’à la douleur que me causerait le fer suspendu au-dessus de ma tête. La mort est rarement vue d’aussi près sans porter son coup. J’ai entendu chaque syllabe prononcée par les assassins, comme si j’avais été calme.»
Mémoires de Madame Campan, sur les événements du 10 août 1792
La position de la Garde devient de plus en plus difficile à tenir, leurs munitions diminuant tandis que les pertes augmentent. La note du Roi est alors exécutée et l’on ordonne aux défenseurs de se désengager. Le Roi sacrifie les Suisses en leur ordonnant de rendre les armes en plein combat. Des 950 Gardes Suisses présents aux Tuileries, environ 300 sont tués au combat ou massacrés en tentant de se rendre aux attaquants après avoir reçu l’ordre du Roi de rendre les armes en plein combat.
Durant la révolution, Geneviève vit avec sa mère au château neuf de Noisy-le-Roi près de Versailles, jusqu’à son arrestation :
En 1794
Elle est encore arrêtée et détenue quelques mois au couvent des Oiseaux rue de Sévres, avant d’être appelée au Tribunal révolutionnaire.
Quotidien en prison dans Joséphine ou la comédie des ambitions (1979) de Robert Mazoyer
Emprisonné sous la Terreur, Monsieur d’Hornoy, prisonnier à la prison des Oiseaux, raconte l’appel dont il a été le témoin le 7 thermidor an II (25 juillet 1794) :
«L’huissier appelle Grammont d’Orsan. Madame d’Ossun se lève : «ce ne peut être que moi», dit-elle,
et d’un pas ferme elle s’avance. Agée de quarante-quatre ans née et domiciliée à Paris, veuve de d’Ossun, ex noble et maréchal de camp, ex dame d’atour de la femme Capet, condamnée à mort le 8 thermidor an 2, par le tribunal révolutionnaire de Paris, comme conspiratrice.»
Ce même jour, la duchesse de Maillé, traduite aussi devant le tribunal révolutionnaire, échappe à la mort en relevant une erreur de patronyme dans l’acte d’accusation, suspendant ainsi son exécution.
Geneviève d’Ossun aurait donc dû relevé l’erreur apportée à son nom au lieu de se résigner…
Images de La Grande Cabriole (1989) de Nina Companeez
Le 26 juillet 1794 (8 thermidor de l’An II )
Geneviève d’Ossun périt sur l’échafaud, la veille de la chute de Robespierre.
Pauvre femme … Elle est exécutée sous un prétexte fallacieux, car la lettre que lui laissa la Reine avant de partir pour Montmédy prouve bien qu’elle n’avait pas été mise dans la confidence.