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François-Etienne, duc de Lorraine et Empereur du Saint-Empire Romain Germanique

L'empereur François Ier par Pompeo Batoni, en 1771, qui entoure l'Empereur des figures emblématiques de la Justice, de la Clémence, de la Force et de la Vérité, qu'il lui fait désigner d'un geste auguste.
L’Empereur François Ier ; portrait posthume par Johann Zoffany (1777)

Le 8 décembre 1708

Naissance de François-Etienne de Lorraine (1708-1765) à Nancy.
François-Etienne est le fils de Léopold, duc de Lorraine (1679-1729) et de la Princesse Elisabeth-Charlotte d’Orléans (1676-1744).

Illustration.     Illustration.                     Léopold, Duc de Lorraine  et     Elisabeth-Charlotte d’Orléans

À sa naissance, François n’est que troisième dans l’ordre de succession, mais, en mai 1711, la variole, dont meurent l’empereur Joseph Ier et le dauphin de France, emporte également trois enfants du couple ducal, notamment la princesse Charlotte, onze ans, et le prince héritier Louis, sept ans. De leurs dix enfants ne restent au duc et à la duchesse de Lorraine enceinte pour la onzième fois, que leurs deux fils. La succession revient à l’aîné des deux le prince Léopold-Clément (1707-1723), âgé de quatre ans.

La famille ducale de Lorraine et de Bar (vers 1710).
François-Etienne, jeune enfant par Pierre Gobert

Le 15 octobre 1711

Naissance de sa sœur, Élisabeth-Thérèse de Lorraine (1711-1741) à Lunéville

François-Etienne enfant

Le 12 décembre 1712

Naissance de son frère Charles-Alexandre de Lorraine (1712-1780).

Le 17 mai 1714

Naissance de sa sœur,  Anne-Charlotte de Lorraine (1714-1773), au château de Lunéville.

En 1718

Une petite sœur de François-Etienne, quatorzième et dernier enfant du couple ducal, naît mais mourra peu après sa naissance.

Le 25 octobre 1722

 Louis XV (1710-1774) est sacré à Reims.

François, qui a quatorze ans, assiste à Reims avec sa famille au couronnement du jeune Louis XV, son cousin, et y salue sa grand-mère la fameuse Palatine (1652-1722), qui, dans son abondante correspondance, ne tarira pas d’éloges sur la beauté, le bon caractère et les bonnes manières de ses petits-enfants lorrains (ce qui la consolait de ses petits-enfants français, le fils et les filles du Régent).

Le 8 décembre 1722

Décès de sa grand-mère, la princesse Élisabeth-Charlotte du Palatinat, comtesse de Simmern (1652-1722) au château de Saint-Cloud.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLa Princesse Palatine (1713) par Hyacinthe Rigaud

Le 4 juin 1723

Son frère aîné,  le prince Léopold-Clément (1707-1723) contracte la variole et en meurt à l’âge de 16 ans.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLe prince Léopold-Clément

François, âgé de quinze ans est donc le nouvel héritier des trônes ducaux de Lorraine et de Bar (dès lors il est surnommé Ersatzkind), il est envoyé à Vienne, à la Cour de Charles VI (1685-1740).

Illustration.L’Empereur Charles VI

L’Empereur élève François comme son propre fils et prévoit de le marier à l’archiduchesse Marie-Thérèse (1717-1780), sa fille aînée et héritière.

Marie-Thérèse enfant (1727)

La petite Archiduchesse est très vite passionnément amoureuse de son promis et sa forte personnalité résistera à toutes les pressions l’incitant à épouser d’autres prétendants. Cet amour durera au-delà de la mort de l’Empereur.

François de Lorraine par Pierre Gobert (et son atelier) 

Le 27 mars 1729

Décès de son père, Léopold, duc de Lorraine.

François-Etienne accède à son tour au duché.

Il doit rejoindre sa patrie qu’il a quittée à quinze ans. Quittant la cour impériale pour une plus modeste cour, il rentre à Lunéville  mais, affichant une certaine froideur, il devient vite impopulaire.

En 1730

Il confie la régence à sa mère, la duchesse douairière Elisabeth-Charlotte et entreprend un tour d’Europe.

A Versailles, il prête hommage au Roi de France, Louis XV, pour une partie de son duché de Bar conformément aux termes de la reconnaissance de la suzeraineté française qui remonte à 1301.

À Bruxelles, il visite sa tante, la gouvernante Marie-Elisabeth d’Autriche (1680-1741).

En 1731

François-Etienne est nommé vice-Roi de Hongrie par l’Empereur, il ne reverra jamais ses États.

En effet, pour mettre fin à la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), l’Empereur Charles VI, conformément aux propositions du cardinal de Fleury (1653-1743), accepte d’accorder une compensation au vaincu, Stanislas Leszczynski (1677-1766), beau-père de Louis XV, en lui remettant les duchés de Lorraine et de Bar, lesquels, à la mort de l’ex-roi de Pologne, devront devenir français.

En échange de la perte de ces duchés, sur lesquels sa famille régnait depuis sept cents ans, François se voit offrir le grand-duché de Toscane, proposition que François — à contre-cœur — finit par accepter malgré les objurgations de sa mère et de son frère, Charles-Alexandre (1712-1780), et au grand dam de ses sujets lorrains. Cet échange territorial, négocié en secret dès 1735 et effectif en 1737, est formalisé par le traité de Vienne (1738).

En juin 1733

À Berlin, il assiste au mariage du futur Frédéric II de Prusse (1712-1786) .

Le jeune Frédéric de Prusse

C’est alors qu’il est rappelé à Vienne par l’Empereur.

Au cours de son voyage, il est initié à la franc-maçonnerie.

Portrait posthume par Johann Zoffany: l’appartenance à la Franc-Maçonnerie de l’Empereur est révélée dans ce portrait, avec tous les instruments scientifiques et de “signes extérieurs d’érudition”: un globe céleste établit l’astronome, de même qu’une lunette d’observation; des coquillages , un rostre de poisson-scie trahissent le naturaliste; un violon, un jeu d’échec, une intaille suggèrent le mécène raffiné.

Le 12 février 1736

François-Etienne épouse Marie-Thérèse, la fille de l’Empereur Charles VI qui l’a protégé ; il fonde ainsi la branche de Habsbourg-Lorraine.  Le jeune couple prend possession de la Toscane, où ils restent trois mois.

François-Etienne de Lorraine et Marie-Thérèse d’Autriche, école autrichienne

François est fait Feld-maréchal de l’Empire et généralissime de l’armée impériale. Il possède également la Villa Médicis.

Villa Medicis.jpgLa façade de la Villa Médicis à Rome

Malgré les nombreuses infidélités de François-Etienne, l’union est heureuse et le couple aura seize enfants.

Le 5 février 1737

Naissance de Marie-Elisabeth Amélie Antoinette Josèphe Jeanne Agathe d’Autriche à Vienne, premier enfant du grand-duc François-Etienne de Lorraine et de la grande-duchesse de Toscane, Marie-Thérèse d’Autriche.

L’archiduchesse Marie-Elisabeth, première du nom

Si sa naissance est attendue, son sexe est une déception.

Elle reçoit ces prénoms de ses deux grands-mères : Elisabeth-Christine de Brunswick-Wolfenbüttel (1691-1750), impératrice du Saint-Empire romain germanqiue et d’Elisabeth-Charlotte d’Orléans (1676-1744), duchesse de Lorraine, elle-même fille de Monsieur, frère de Louis XIV.

Son grand-père, l’empereur Charles VI, s’il attend plus que tout un héritier mâle qu’il n’a pu lui-même donné, raffole rapidement de sa petite-fille et la surnomme Liesl.

Le père François-Etienne montrera rapidement des sentiments paternels très rares à cette époque envers ses filles.

Le 10 mai 1738

Sa sœur Anne-Charlotte (1714-1773), déjà âgée de vingt-trois ans, est élue Abbesse de la prestigieuse Abbaye de Remiremont (dans les Vosges).

Le 6 octobre 1738

Naissance de Marie-Anne Josèphe Antoinette d’Autriche à la Hofburg, Vienne, deuxième enfant du couple archiducal.

Evidemment son sexe est encore une déception.

Le 18 novembre 1738

Traité de Vienne.

Image associée

François fait transférer les archives ducales à Vienne. Il part du château de Lunéville en prenant avec lui la plupart des meubles.

Le 12 janvier 1740

Naissance de Marie-Caroline (1740-1741), troisième enfant du couple archiducal.

Son sexe est encore plus une déception.

L’archiduchesse Marie-Caroline, première du nom

Le 7 juin 1740

La famille est en villégiature à Laxenburg.

Toute la journée, l’archiduchesse Elisabeth est prise de vomissements. Elle se plaint de crampes à l’estomac.

Marie-Thérèse la veille mais à huit heures du soir le médecin exhorte le père d’éloigner la mère de l’agonie de la petite princesse.

A neuf heures, François-Etienne assiste impuissant à la fin de sa fille.

Le couple est inconsolable.

Le 20 octobre 1740

Décès de l’Empereur Charles VI.

Marie-Thérèse succède à son père de par la Pragmatique Sanction qui lui garantit les couronnes héréditaires des Habsbourgs : l’Autriche, la Hongrie, la Bohême, les Pays-Bas belges pour l’essentiel.

Elle ne peut par contre prétendre à la couronne du Saint-Empire Romain Germanique, toujours dévolue à un homme.

Les puissances étrangères, malgré les promesses tenues, se permettent de lui disputer son héritage, la considérant comme une faible femme de par sa jeunesse et son absence d’héritier mâle. Elle est donc vue comme une proie facile. Commence alors le dépeçage de son héritage.

Le 16 décembre 1740

Frédéric II Roi de Prusse, après des marques publiques d’amitié, lance le coup d’envoi en envahissant  la plus riche province de Marie-Thérèse, la Silésie.

La guerre de Succession d’Autriche est déclarée.

Le 25 janvier 1741

Décès de la petite Marie-Caroline, probablement empoisonnée par du vert-de-gris d’une tasse en argent mal lavée.

Entre une guerre inique, l’absence d’héritiers mâles et les morts à répétition des petites archiduchesses, tout le monde ressent l’impression d’une malédiction contre les Habsbourg.

Marianne sera rapidement considérée comme particulièrement précieuse, car de nature fragile mais aussi seule survivante des trois premières archiduchesses.

Le 13 mars 1741

Naissance de Joseph Benoît, Auguste, Jean, Antoine, Michel, Adam, de Habsbourg-Lorraine, leur premier fils.

Résultat de recherche d'images pour "la Hofburg de Vienne"La Hofburg de Vienne

Le 4 avril 1741

Réapparition publique de Marie-Thérèse après ses couches.

Ce garçon tant espéré, après la naissance de trois filles, dont deux décédées, et d’aucun garçon à la génération précédente, naît au milieu des pires troubles.

Autour de l’Archiduchesse héritière, les hauts fonctionnaires, les grands seigneurs, le personnel politique viennois restent également dubitatifs, ne sachant s’il ne vaut pas mieux rallier tout de suite ses adversaires. Seul le vainqueur pourra leur assurer de conserver leurs grandes propriétés terriennes…

Marie-Thérèse décide de se battre jusqu’au bout, au nom de son fils nouveau-né. Sa naissance assoit le position de la jeune reine en détresse. Personne ne peut remettre en cause les droits de l’enfant. Le petit archiduc légitime sa mère.

Marie-Thérèse multiplie alors les représentations de son fils.

L’Archiduc Joseph d’Habsbourg-Lorraine, prince royal d’Hongrie, Bohême, Slovénie et Croatie, par Martin van Meytens. L’enfant tient le collier de l’Ordre de la Toison d’Or, symbole de la dynastie des Habsbourg

Le 10 avril 1741

Défaite à Mollwitz qui consomme la perte de la Silésie.

Le 3 juillet 1741

Décès de sa sœur, Élisabeth-Thérèse de Lorraine (1711-1741),  Reine de Sardaigne par son mariage avec Charles-Emmanuel III de Sardaigne (1701-1773), des suites de son troisième accouchement, à Turin.

Illustration.Sa sœur, Élisabeth-Thérèse de Lorraine

Le 11 septembre 1741

Marie-Thérèse convoque la diète de Hongrie à Presbourg (aujourd’hui Bratislava) où coiffée de la couronne du Roi de Hongrie, elle présente son fils et tient un discours exalté, mêlant courage et désespoir, pour l’avenir de ses enfants. Les Hongrois sont désormais tout à elle au cri de :

Vitam et sanguinem!” 

(” Notre vie et notre sang! “).

Marie-Thérèse en Roi de Hongrie

L’enfant étant l’unique mâle de la dynastie et donc l’espoir de la nation, il est particulièrement choyé et gâté par toute la Cour.

Le 19 décembre 1741

L’Électeur de Bavière se fait couronner Roi de Bohême à Prague. Une véritable insulte pour Marie-Thérèse car ce prétendant, soutenu par la France, est son plus sérieux concurrent. En effet, il refuse la Pragmatique Sanction, en tant qu’époux de la fille de Joseph Ier, frère aîné de l’empereur Charles VI. Il estime ses droits supérieurs à ceux de Marie-Thérèse.

En 1742

Résultat de recherche d'images pour "mariage de Marie-Thérèse d'Autriche et François-Etienne de Lorraine"Marie-Thérèse par Martin van Meytens

Le 24 janvier 1742

Election de l’Électeur de Bavière comme empereur du Saint-Empire Romain Germanique sous le nom de Charles VII (1697-1745). Depuis 1438, il s’agit du premier empereur non Habsbourg.

C’est un nouveau coup dur pour Marie-Thérèse, qui ne désire pas être elle-même couronnée mais le souhaite ardemment pour son époux adoré François-Etienne. Et que cette couronne revienne par la suite à son fils.

Mais elle ne se laisse pas pour autant abattre. Si ses armées ne réussissent pas à vaincre la Prusse de Frédéric II (1712-1786), elles battent les Français à plusieurs reprises.

Marie-Thérèse et son fils entourée de ses différentes couronnes, aquarelle anonyme

Le 13 mai 1742

Naissance de sa fille Marie-Christine (1742-1798), le même jour que sa mère.

François-Etienne la surnommera “Madame Mimi.”

Le 17 mai 1742

Défaite à Chotusitz en Bohême.

Le 2 janvier 1743

Marie-Thérèse organise un grand carrousel au Manège espagnol du palais de la Hofburg afin de célébrer ses victoires (et malgré les défaites qu’on tente d’oublier). On distingue un enfant au coin de la loge au fond, certainement l’héritier du trône, auprès de son père et de sa grand-mère, assistant à la célébration de sa mère :

Le carrousel des dames dans l’école d’équitation d’hiver, Martin Van Meytens et son atelier

Le  

Naissance de sa fille Marie-Elisabeth (1743-1808).

Marie-Thérèse et François-Etienne veulent développer le plus possible chez chacun de leurs enfants des talents artistiques. Chaque garçon devra savoir jouer d’un instrument.

En tant qu’héritier du trône et comme tout garçon de la noblesse, le jeune Joseph reçoit une éducation militaire.

Le 7 janvier 1744

Mariage de son frère Charles-Alexandre de Lorraine avec Marie-Anne d’Autriche (1718-1744),  sœur cadette de l’impératrice Marie-Thérèse.

Le 16 décembre 1744

Suite à un accouchement difficile, sa belle-sœur Marie-Anne d’Autriche succombe à l’âge de 26 ans

L’Archiduchesse Marie-Anne

Le 23 décembre 1744

Décès de sa mère Elisabeth-Charlotte d’Orléans, duchesse de Lorraine, à Commercy.

La duchesse de Lorraine et son fils François-Etienne (vers 1723)

Le 20 janvier 1745

Décès de l’électeur Charles Albert de Bavière, couronné empereur du Saint-Empire romain germanique.

Une nouvelle élection en sa faveur peut de nouveau être envisagée.

Le 1er février 1745

Naissance de son fils Charles-Joseph (1745-1761).

Le 20 février 1745

François-Etienne donne au chambellan de sa soeur cet avis vis-à-vis de Marianne :

“La fille est gentille.”

BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 81

Le 28 février 1745

Marianne, Joseph et Christine jouent une petite pièce écrite par la princesse Trautson devant un public restreint.

Le 13 septembre 1745

François-Etienne est élu Empereur du Saint-Empire Romain Germanique sous le nom de François Ier.

L’empereur François Ier par Martin van Meytens

Le 4 octobre 1745

Couronnement à Francfort de François-Etienne. Marie-Thérèse ne vient qu’en tant que simple spectatrice, refusant la couronne.

Le 20 février 1746

François-Etienne confie à O’Hara, chambellan de sa soeur Anne-Charlotte de Lorraine à propos de l’archiduc Joseph :

“Le garçon est méchant.”

Correspondance de madame Graffigny, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 92

Le 26 février 1746

Naissance de sa fille Marie-Amélie (1746-1804).

Etude du visage de Marie-Amélie par Martin Van Meytens

Le 27 mars 1747

A six ans révolu, on pense au passage aux hommes de l’archiduc Joseph et donc du choix de son futur ayo.

L’empereur a toute confiance en son chambellan J. J. Khevenhüller qui se récuse, préférant rester auprès du père et arguant qu’il ne se sent pas capable d’assumer une telle charge dont dépend l’avenir de l’état.

Khevenhüller propose alors le comte Ferdinand Bonaventura Harrach, sans succès.

Le 5 mai 1747

Naissance de son fils Léopold (1747-1792).

A l’occasion de la fête de leur père, les petits archiducs et archiduchesses montent sur scène à Schönbrunn sur un petit théâtre inauguré pour l’occasion.

De telles représentations dont raffolent les parents deviendront très courantes.

tiny-librarian:
“Maria Theresa and Francis I, with their eldest son, the future Joseph II, who is dressed in a hussar’s uniform. Joseph was born on this day, March 13th, in 1741, a long awaited male heir after the birth of three daughters.
”L’Empereur François Ier, son épouse Marie-Thérèse et l’héritier du trône l’Archiduc Joseph par Franz Xaver Karl Palko

Le 11 septembre 1747

L’Impératrice rejoint son mari à Holitsch, aujourd’hui en Slovaquie.

Le 7 décembre 1747

Pour l’anniversaire de leur père, les trois enfants aînés jouent L’Heureuse Epreuve de Saint-Foix.

18 avril 1748

Signature du traité d’Aix-la-Chapelle qui met fin à la Guerre de Succession d’Autriche.

Marie-Thérèse et François-Etienne sont reconnus dans leurs droits mais perdent définitivement la Silésie.

Le 17 septembre 1748

Naissance et mort de sa fille Marie-Caroline.

Joseph, au centre, facilement reconnaissable parmi ses nombreux frères et sœurs par Martin van Meytens

Le père dorlote énormément ses enfants tout en tentant de réduire leurs idées de hauteurs, surtout chez Joseph.

François-Etienne est très rapidement méprisé par son fils, qui le trouve peu brillant militairement et parce qu’il accepte de laisser sa femme gouverner, se préoccupant plus de tâches d’intérieur (finances, sciences, décoration de leurs différentes résidences, réunions familiales…). Il a le malheur aussi aux yeux de son fils de n’avoir été qu’un duc de Lorraine, ce qui n’est rien face à la grandeur des Habsbourg et qui en plus a été obligé d’abdiquer.

François-Etienne se contente d’être un simple grand-duc de Toscane, après avoir laissé les puissances européennes le dépouiller de son duché de Lorraine. Sans le long combat mené par Marie-Thérèse, il n’aurait jamais été élu empereur. Couronne qui d’ailleurs en ce XVIIIe siècle n’est plus qu’une coquille vide.

L’Empereur entouré des savants Gerard van Swieten, Johann Ritter vob Baillou, Valentin Jamerai-Duval et Johann Marcy, ses conseillers en sciences naturelles   par Franz Messmer et Jakob Kohl

En 1749

Marie-Thérèse se tourne également vers son directeur de la Chancellerie d’Etat  Johann Christoph von Bartenstein, un de ses conseillers les plus écoutés depuis le début de son règne, afin de l’aider dans l’éducation de l’héritier. Elle lui doit son mari adoré, l’élection de celui-ci en tant qu’Empereur et les tractations de la fin de la guerre de Succession.

Johann Christoph von Bartenstein par Martin van Meytens

Le 4 février 1750

Naissance de sa fille Marie-Jeanne-Gabrielle (1750-1762).

Dans cette lettre, l’Empereur annonce la naissance de sa fille Marie-Jeanne-Gabrielle : 

Ce 3 mars 1750
(…)

Pour ici, je vous donne part que ma femme vient d’accoucher, c’est-à-dire, il y a quatre semaines de la huitième fille, mais dont elle se porte à merveille. Voilà mon onzième jeune, et Dieu sait combien il en viendra encore, ce qui me rend bien vieux, car cela grandit à vue d’œil (…)

Ce bonheur tout relatif exprimé par le père n’évoque en rien le sentiment de la mère qui n’en peut plus d’accoucher et qui craint toujours ce moment, cause du décès de sa soeur. Elle aurait préféré s’arrêter au dixième mort-né.

Mais les moyens de contraception étant alors inexistants, Marie-Thérèse ne compte pas encore sacrifier sa vie amoureuse avec son mari tendrement chéri.

Les enfants nés par la suite sont donc peu désirés par la mère.

Le 18 août 1750

Le numismate Valentin Dumerey-Duval, directeur du cabinet impérial des médailles des monnaies, proche de François-Etienne, est proposé comme vice-ayo d’histoire. Lui aussi refuse.

Il faut croire que l’éducation de l’héritier, loin d’être vue comme un honneur, paraît plutôt comme une charge trop difficile à assumer.

Le 17 juillet 1750

Lors d’une maladie de l’archiduchesse Marie-Christine, l’envoyé de la cour de Saxe écrit :

“On doit être en peine de cette princesse, surtout Sa Majesté l’empereur qui a une espèce de prédilection pour elle.”

Du secrétaire de légation Otto au premier ministre Brülh, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 94

Or adultes cette préférence ira à Marianne.

Le 19 mars 1751

Naissance de sa fille Marie-Josèphe (1751-1767).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1752 : Joseph se trouve auprès de sa mère, presqu’au centre, en rouge, de façon à être distingué tout de suite au milieu de tous ses frères et sœurs.

Le 13 août 1752

Naissance de sa fille Marie-Caroline (1752-1814).

Marie-Thérèse et Marie-Caroline

En 1753

Départ de Bartenstein, remplacé par Wenceslas Antoine, comte de Kaunitz (1711-1794), jusque-là ambassadeur en France.

En 1754

Le 1er juin 1754

Naissance de son fils Ferdinand (1754-1804).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1754, même pose.

Si Marie-Thérèse adore ses enfants, elle ne leur accorde que peu de temps, peu de place dans sa vie. Les affaires d’état passent avant tout. Et ensuite, son mari. Après viennent les enfants. Et selon ses prédilections marquées.

Image associéeMarie-Thérèse d’Autriche par Martin van Meytens

Le 2 novembre 1755

Naissance de sa fille Marie-Antoinette (1755-1793).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1755, même pose.

En 1756

La petite Madame Antoine et Sa grande sœur Charlotte

Le 12 février 1756

A l’occasion de l’anniversaire de leur père, tous les archiducs et archiduchesses sont déguisés, y compris la plus jeune, Antonia, trois mois, recouverte de fleurs.

Le 1er mai 1756

Signature à Versailles du traité d’alliance entre la France et l’Autriche, mettant fin à plus de deux cent cinquante ans de rivalité entre les deux puissances.

L’archiduchesse Marie-Anne

François-Etienne sera un excellent père, très tendre et attentif à ses enfants. S’il laisse l’essentiel de l’éducation de ses fils est confiée aux ayos, notamment en matière militaire pour lequel son talent est médiocre, Marie-Thérèse demande l’accord à son mari pour tout ce qui concerne les archiducs.

Il y a peu de témoignages concernant ses relations avec ses cadets mais Joseph II n’a pas caché son mépris envers ce père trop faible devant sa femme et nul sur un champ de bataille. Toute son admiration de jeune garçon se porte vers Frédéric II, pour lui plus viril, et surtout ennemi de ses parents.

L’empereur est beaucoup plus proche de ses filles. Il leur apporte une éducation artistique et scientifique importante qui portera ses fruits notamment chez Marianne et Marie-Christine, ses deux préférées.

Le 25 mai 1756

Ratification à Vienne du traité.

A cette occasion, on évoque le mariage entre l’archiduc et la petite-fille aînée du Roi de France Louis XV, Isabelle de Bourbon-Parme (1741-1763).

Isabelle de Bourbon-Parme par Jean-Marc Nattier

Début de la Guerre de Sept ans.

Frédéric II envahit la Saxe, avec l’idée d’attaquer ensuite l’Autriche. L’hiver vient stopper son offensive.

Du fait des événements, le mariage doit attendre.

Le 8 décembre 1756

Naissance de son fils Maximilien (1756-1801).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1756, même pose.

En 1757

Le 19 janvier 1757

Joseph, héritier du trône, est atteint de petite vérole. On craint pour sa vie et on craint que l’épidémie se répande au sein de la famille impériale.

On parle de petite vérole “copieuse”. Joseph s’en sort très amaigri et le visage grêlé.

Malgré l’épidémie, Marie-Thérèse ne perd alors aucun de ses enfants.

Réunion intime de la famille impériale, par Martin van Meytens (?) : L’héritier du trône est reconnaissable car habillé de rouge au premier rang. Il joue du violoncelle.

Février 1757

Séjour de quelques mois à Vienne du prince Louis-Eugène de Wurtemberg (1731-1795).

Marie-Christine en tombe amoureuse.

Louis-Eugène de Wurtemberg par Philipp Friedrich von Hetsch

Mai 1757

Refus du couple impérial de voir leur fille chérie épouser un prince d’un rang inférieur au sien, cadet de surcroît, et pour ne rien arranger libertin.

Dans une lettre de 1757, Marie-Thérèse évoque Marie-Christine comme “la fille chérie de l’empereur.”

BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 94

Le 6 mai 1757

Frédéric II envahit Prague.

Le 18 juin 1757

Bataille de Kolin. Les Autrichiens obtiennent la victoire contre les Prussiens.

Les Autrichiens sont en passe de reconquérir la Silésie.

A ce moment, l’adolescent qu’est l’Archiduc Joseph se prend de passion pour Frédéric II, l’ennemi de sa mère, modèle plus admirable à ses yeux que son père.

Frédéric II par Anton Graff

Il incarne pour l’adolescent le héros militaire qu’il rêve de devenir lui-même. Il décide de ne plus quitter l’habit militaire, le seul à ses yeux digne de ses rêves de gloire.

En 1758

Les Autrichiens continuent à battre la Prusse qui réussit à vaincre de son côté l’armée française qui se fait également battre par l’Angleterre.

Le 14 août 1758

Marie-Christine prend de plus en plus une place importante auprès de ses parents :

“S. M. I. me semble avoir de la répugnance à donner une de ses filles au roi catholique en cas qu’il désirât en épouser une. Il n’y en a qu’une qui puisse être dans ce cas, qui est la seconde, mais aussi c’est celle que Leurs Majestés Impériales aiment le mieux, parce qu’elle est aussi aimable de caractère que de figure et que sa société leur est infiniment agréable.”

Lettre du duc de Choiseul au cardinal de Bernis, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, 97 p.

Le 14 octobre 1758

L’Autriche bat de nouveau la Prusse à la bataille de Hochkirch. Malgré sa victoire écrasante, le maréchal Daun (1705-1766) laisse repartir l’armée prussienne reprendre ses forces durant ses quartiers d’hiver.

En 1759

Alternant victoires et défaites, mais en majorité des victoires, Marie-Thérèse peut envisager avec soulagement la fin prochaine de son ennemi Frédéric II. Et donc le mariage de son fils aîné afin de célébrer l’alliance avec la France.

Portrait posthume de François Ier par Pompeo Batoni, en 1771, qui entoure l’Empereur des figures emblématiques de la Justice, de la Clémence, de la Force et de la Vérité, qu’il lui fait désigner d’un geste auguste.

Résultat de recherche d'images pour "L'archiduc Ferdinand et Marie-Caroline"

Le 6 septembre 1759

Elisabeth de France, infante de Parme et fille aînée de Louis XV négocie le mariage de sa fille Isabelle avec l’héritier du trône, un mariage bien plus prestigieux que ne fut le sien avec un infant cadet d’Espagne.

Le mariage est alors assuré. Marie-Thérèse n’aura de cesse de marier la plupart de ses enfants à des Bourbons.

Isabelle de Bourbon-Parme par Jean-Marc Nattier

Le 21 novembre 1759

La Prusse est au bord de l’effondrement après la bataille de Maxen et Frédéric II envisage le suicide.

Néanmoins, il existe trop de tensions entre les armées russes et autrichiennes et de son côté la France n’obtient pas de victoire définitive contre l’Angleterre, sur terre comme sur les mers.

Frédéric II parle alors de  “miracle de la maison de Brandebourg“.

Le 9  décembre 1759

Décès d’Elisabeth de France, duchesse de Parme. La période de deuil oblige à repousser encore le mariage.

La famille ducale de Parme par Giuseppe Baldrighi. Isabelle apparaît en princesse accomplie.

Le 7 septembre 1760

Mariage par procuration à Parme. Marie-Thérèse envoie le prince de Liechtenstein épouser la princesse au nom de l’archiduc Joseph.

Marie-Thérèse a fait élever son fils de manière à ce qu’il ignore tout du sexe avant son mariage. Elle n’admet aucune prostituée sur ses territoires, aucun couple adultère à sa cour.

François-Etienne est beaucoup moins bégueule et entretient une maîtresse, la princesse Auesperg relativement tolérée par l’impératrice qui s’est trop fatiguée à lui donner seize enfants. Mais les relations sont difficiles entre le père et le fils.

La princesse von Auersperg, maîtresse de l’Empereur François Ier, artiste inconnu

On ne connaît pas la réaction de Joseph devant son père entretenant une maîtresse. Ses sœurs Marie-Anne, Marie-Elisabeth et Marie-Amélie l’ont acceptée, se rendant même chez elle avec leur mère au petit château de Laxembourg pour y dîner.

 

Le 28 septembre 1760

François-Etienne finit par lui donner les conseils nécessaires pour le mariage. Le jeune homme déjà profondément inquiet est encore plus terrifié :

“J’ai une certaine peur de me marier, plus que je n’aurai d’aller dans une bataille. […] Ayant toutes les instructions de S. M. l’Empereur, qui me font horreur et qui m’ont extrêmement surpris, je suis extrêmement en peine de mon bonheur futur ; je n’entre certainement dans cet état par aucune curiosité ou avidité de bête ; la pensée seule de devoir me porter à cela me coûte infiniment et me dégoûte. […] Victime de l’Etat, je me sacrifie, espérant que Dieu voudra m’en récompenser, si pas dans ce monde, au moins dans l’autre.”

(Ibid)

Le 1er octobre 1760

Accueil de la princesse par l’empereur.

Le 2 octobre 1760

L’Impératrice et l’Archiduc rencontrent Isabelle au petit château de Laxembourg, près de Vienne.

Le couple royal aimera cette belle-fille encore plus que n’importe laquelle de leurs filles.

Isabelle de Bourbon-Parme et l’archiduc Joseph au moment de leur mariage, d’après Martin van Meytens

Le 6 octobre 1760

Célébration du mariage à Vienne en grandes pompes.

Marie-Thérèse souhaite les fêtes les plus extraordinaires ,  à la hauteur de l’événement, et décide de les faire immortaliser par son peintre préféré Martin van Meytens aidé de son atelier.

L’artiste n’achèvera l’ensemble qu’en 1765.

Résultat de recherche d'images pour "L'entrée d'Isabelle de Bourbon-Parme dans Vienne,"L’entrée d’Isabelle de Bourbon-Parme dans Vienne, par Martin van Meytens et son atelier

Banquet dans la grande antichambre du palais de la Hofburg de Vienne, par Martin van Meytens et son atelier
Souper dans la salle de la Redoute à la Hofburg, Martin van Meytens et son atelier
Détail du tableau précédent : l’Empereur et l’Impératrice à la table d’honneur
Sérénade dans la salle de la Redoute, Martin van Meytens et son atelier. Le couple impérial est au centre, entouré par les nouveaux mariés, Joseph près de son père, Isabelle près de sa belle-mère. Les quatre autres archiducs se répartissent ensuite, deux par deux, puis les archiduchesses se divisent en deux groupes de quatre de part et d’autre, en ordre décroissant.

Pour cette dernière composition, Marie-Thérèse demande à l’artiste de rajouter ses derniers enfants qui n’avaient pu assister aux cérémonies car alors trop jeunes : les Archiducs Ferdinand, Maximilien et leurs sœurs Marie-Caroline et Marie-Antoinette.

Portrait de François Ier réalisé par Antonia à la sanguine

Contre toute attente Joseph devient follement amoureux de sa femme. Il n’aimera qu’elle.

Malheureusement pour lui ces sentiments ne sont pas du tout réciproques même si en apparence Isabelle joue à la plus parfaite des épouses.

Elle a très vite cerné sa psychologie, comprit les angoisses et complexes du jeune homme. Bien plus supérieure à lui intellectuellement, elle lui fait croire à chaque instant que c’est lui le maître, comblant ainsi sa misogynie exacerbée.

Elle voue par contre très rapidement une passion dévorante pour sa belle-sœur Marie-Christine.

tiny-librarian:
“Portrait of Francis I, Holy Roman Emperor.
”

Le 9 octobre 1760

Les troupes autrichiennes et russes occupent Berlin. De quoi renforcer les fêtes nuptiales.

Le 22 décembre 1760

Fausse couche d’Isabelle ou simple “petite incommodité” selon Marie-Thérèse.

Le 26 décembre 1760

Nouvelle épidémie de variole au sein de la famille impériale.

L’Archiduc Charles-Joseph tombe malade.

En 1761

Le 18 janvier 1761

Mort de son fils Charles-Joseph.

L’Archiduc Charles-Joseph par Johann Christoph von Reinsperger
 
Isabelle de Bourbon-Parme peint selon la tradition par l’archiduchesse Marie-Christine

Les conseils d’Isabelle paraissent avoir porté leurs fruits. En effet, des années plus tard, alors que Joseph exile ses sœurs Marie-Anne et Marie-Elisabeth dans des couvents de province suite à la mort de leur mère, il éloigne également Marie-Christine, mais avec la charge prestigieuse de gouvernante des Pays-Bas autrichiens.

Le 9 mars 1761

La princesse ne laisse rien paraître en public de son malheur d’être mariée _au contraire_, encore moins dans ses lettres à son père ou à son grand-père. Néanmoins, Louis XV écrit à son gendre le duc de Parme :

“Je suis enchanté que votre fille vous ait mandé qu’elle est heureuse. […] Notre gendre me paraît despotique.”

(Archives d’Etat de Parme, carteggio Borbonico Estero, 50, 12)

Le 5 août 1761

Grossesse d’Isabelle déclarée officiellement.

Joseph qui exulte écrit à son beau-père :

“Je ne doute plus que ma femme soit grosse. […] Je suis au comble de la joie de voir que la grossesse de ma femme avance si heureusement et sans l’incommoder beaucoup. Elle m’en paraît même contente et je crois que cela lui fait plaisir. Pour moi, cela m’en fait beaucoup de même qu’à Leurs Majestés et à tout le public qui commence à s’en douter. Ainsi, pourvu qu’elle accouche heureusement, tout sera enchanté, mais c’est un moment auquel je n’ose penser sans trembler.”

(Lettere Famigliari dell’imperator Giuseppe II a Don Filippo e Don Ferdinando)

Le 1er octobre 1761

Prise par les Autrichiens de la forteresse prussienne de Schweidnitz (aujourd’hui Świdnica en Pologne). Malheureusement, les nombreuses disputes avec les Russes ne permettent pas aux Autrichiens de conforter leurs positions. Pour les Russes, la Silésie n’est pas une priorité stratégique. Pour Marie-Thérèse, c’est la raison essentielle de son entrée en guerre. Et du renversement des alliances.

Frédéric II se bat désormais en mode défensif. Les Autrichiens, les Russes et les Français pensent que la victoire contre la Prusse ne peut plus faire de doute pour l’année suivante.

           

En 1762

Le 5 janvier 1762

La Tsarine Elisabeth meurt. Elle était une alliée de poids auprès de Louis XV et de Marie-Thérèse.

Son héritier Pierre III décide sur le champ de signer un traité de paix avec Frédéric II qu’il admire depuis toujours. L’Autriche se retrouve isolée. Toutes ses victoires contre la Prusse n’auront servi à rien.

Le Tsar Pierre III et son épouse Catherine

Cette fois-ci ce sont les historiens qui emploient le terme de “miracle de la maison de Brandebourg” pour ce décès inopiné.

Si l’on sait que Marie-Thérèse vit très mal ce coup du sort, on ignore les sentiments de Joseph à cet égard.

Lui aussi est un héritier du trône qui admire Frédéric II …

Le 20 mars 1762

Naissance de Marie-Thérèse, fille de Joseph et d’Isabelle.

Naissance de la petite Marie-Thérèse. Gouache signée et datée de Marie-Christine

Malgré la déception du sexe de l’enfant, les parents, les grands-parents, les nombreux oncles et tantes sont tous heureux, persuadés que la petite Archiduchesse est annonciatrice de nombreux frères et sœurs.

L’Impératrice devient la marraine de l’enfant. Désormais, toutes ses petites-filles aînées de chacun de ses enfants seront ses filleules.

Le 21 juillet 1762

Revigoré par sa nouvelle alliance avec la Russie, Frédéric II bat les Autrichiens à Burkersdorf .

Le 9 octobre 1762

Schweidnitz est reprise par les Prussiens.

Le 13 octobre 1762

Visite de la famille Mozart à Schönbrunn.

La famille impériale est très férue de musique et au grand bonheur du couple impérial et de Joseph, Isabelle joue merveilleusement bien du violon.

Le 29 octobre 1762

Lors de la bataille de Freiberg, l’armée de Frédéric II repousse les Autrichiens de Silésie.

Marie-Thérèse sait qu’elle a perdu.

En 1762, Marie-Christine réalise cette gouache, portrait de la famille impériale dans un intérieur bourgeois.La Saint-Nicolas, d’après une gravure de Jacobus Houbraken

Marie-Thérèse s’oppose à son mari qui souhaite voir Marie-Christine épouser le duc de Chablais, fils du roi de Sardaigne et de sa soeur décédée Elisabeth.

Le 22 décembre 1762

Mort de sa fille Marie-Jeanne-Gabrielle.

L’Archiduchesse Marie-Jeanne-Gabrielle par Pierre Benevaux

1763

En prévision du mariage de l’archiduc Pierre-Léopold avec Maria-Luisa de Bourbon, fille du roi d’Espagne, l’empereur mande à son envoyé Rosenberg de rassurer la fiancée qu’il veut voir comme une nouvelle fille :

“Elle trouvera toujours en moi sûrement un tendre père. (…)Je travaille à lui former un époux qui lui convient. (…) Vous savez comme j’aime mes enfants et je la regarde comme telle.”

Archives de la province de Carinthie, famille Orsini-Rosenberg, 8 juin 1763

Et un  peu plus tard :

“Je vous recommande particulièrement de vous employer à bien lui inspirer qu’elle mette en moi toute sa confiance et en toute occasion puisque je me ferai un plaisir de l’aider en tout. (…) Ma belle-fille ayant ainsi fait s’en est bien trouvée et j’ose espérer que je ne l’embarrasserai pas.”

Archives de la province de Carinthie, famille Orsini-Rosenberg, 12 novembre 1763

Le souci principal de François-Etienne est d’établir une vie familiale heureuse.

En 1765

Le 25 janvier 1765

Mariage de Joseph II avec Maria Josepha de Bavière.

Lors de cette cérémonie, les archiducs et archiduchesses donnent un spectacle :

Détail du tableau peint par Johann Georg Weickert: l’Archiduchesse Antonia

L’archiduc Joseph encore amoureux de sa défunte épouse a accepté ce mariage pour raisons politiques mais refuse tout engagement conjugal. Très peu gracieuse, ni son époux, ni sa fratrie ne font l’effort de bien l’accueillir et se moque rapidement d’elle. L’impératrice ne fait pas plus d’efforts, ne pouvant s’empêcher elle aussi de faire la comparaison avec la première épouse de son fils.

Seul François-Etienne, pourtant lui aussi tout aussi malheureux par la perte encore proche d’Isabelle, lui fait bon accueil.

Josepha trouvera en lui un second père.

Le 5 août 1765

Mariage à Innsbruck de l’archiduc Pierre Léopold avec une infante d’Espagne.

A cette occasion, Marie-Thérèse décide de réaménager la galerie du palais de la Hofburg d’Innsbruck avec les portraits de tous ses enfants, auxquels on rajoutera en fonction conjoints et petits-enfants.

Le 18 août 1765

Mort de l’Empereur François Ier, lors des festivités du mariage de Léopold à Innsbruck.

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Portrait posthume par Johann Zoffany en 1777

Marie-Antoinette racontera, en 1790, à  Mesdames de Tourzel, de Fitz-James et de Tarenteaux que l’Empereur François Ier, partant pour l’Italie, d’où il ne devait jamais revenir , rassemble ses enfants pour leur dire adieu :

J’étais la plus jeune de mes sœursmon père me prit sur ses genoux, m’embrassa à plusieurs reprises, et, toujours les larmes aux yeux, paraissant avoir une peine extrême à me quitter. Cela parut singulier à tous ceux qui étaient présents, et moi-même je ne m’en serais peut-être pas souvenue si ma position actuelle , en me rappelant cette circonstance, ne me faisait voir pour le reste de ma vie une suite de malheurs qu’il n’est que trop facile de prévoir.”

Quelques jours après sa mort, la comtesse Léopoldine Kaunitz alors ambassadrice à Naples écrira à sa soeur la princesse Eléonore du Liechtenstein :

“L’empereur pour lui-même doit être bien regretté ; on n’a jamais vu un meilleur maître, un si bon père, un si honnête homme, vraiment ami quand il s’intéressait pour quelqu’un, obligeant pour tout le monde.”

Naples, 31 août 1765, archives d’état de la République Tchèque, famille Lobkowitz

Au contraire de Maria-Luisa qui n’a pas eu le temps de connaître son beau-père qui lui avait promis depuis longtemps son affection, la nouvelle impératrice Josepha souffre pratiquement à l’égal de sa belle-mère :

“La douleur de la perte que je viens de faire m’occupe tellement. (…) (Comment) puis-je recevoir les compliments que vous me faites sur ce que me voilà impératrice ? Je la deviens à un prix trop précieux, j’aurais cent fois mieux aimé mourir reine (des Romains) que de survivre à un père si respectable qui me comblait de bontés et ne me regardait pas seulement comme belle-fille, mais comme vraie amie.

Je puis dire qu’il s’est montré toujours tel, aussi mon attachement égalait son amitié. (…)Il n’a jamais fait de différence entre ses enfants et moi. Aussi l’ai-je aimé et respecté comme mon propre père.”

Lettre de Josepha de Bavière à Maria Antonia de Saxe, 4 septembre 1765, archives de la princesse Maria Antonia de Saxe.

Avec sa mort, le ciment de la vie familiale disparaît. Marie-Thérèse sera désormais une veuve éplorée, dépressive, encore plus effrayante pour ses enfants, notamment pour les cadets. Et les tensions larvées entre les aînés ne seront plus apaisées par ce père qui avait fait de la vie privée et familiale une priorité pour le bien-être de tous.

Elle n’est pas la seule à endurer affreusement de cette perte : Marianne l’aînée des archiduchesses perd le seul membre de la famille à lui porter une réelle affection.

On peut supposer que d’autres enfants de la fratrie vont également en souffrir : Marie-Thérèse perdant toute joie en ce monde avec la disparition de son mari adoré, elle sera de moins en moins la mère de ses enfants que l’Impératrice.

par Pompeo Batoni, en 1771, qui entoure l’Empereur des figures emblématiques de la Justice, de la Clémence, de la Force et de la Vérité, qu’il lui fait désigner d’un geste auguste.

Le 9 novembre 1765

L’impressionnant sarcophage de Marie-Thérèse et de son époux 

Son oraison funèbre est prononcée par Corneille-François de Nélis dans l’église Sainte-Gudule. Il est inhumé à Vienne dans le caveau familial des Capucins.

Résultat de recherche d'images pour "Johann Zoffany"Portrait posthume par Johann Zoffany en 1777

Sources :

_BADINTER, Elisabeth, Le pouvoir au féminin, Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Paris, Flammarion, 2016, 800 p.

_BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, 270 p.

_BLED, Jean-Paul, Marie-Thérèse d’Autriche, Paris, Fayard, 2001, 448 p.

_BOURBON-PARME, Isabelle, Je meurs d’amour pour toi, lettres à l’archiduchesse Marie-Christine 1760-1763, édition établie par Elisabeth Badinter, Paris, Tallandier, 2008, 206 p.

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