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Charles-Philippe, comte d’Artois, Charles X

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Charles d’Artois par Callet

Le 9 octobre 1757

à sept heures du matin

Naissance de Charles-Philippe, cinquième fils du Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765) de France et de Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767).

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                                                         Louis-Ferdinand                      et                         Marie-Josèphe de Saxe

Charles est ondoyé le jour-même par l’abbé de Bouillé

Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 4
Gravure commémorative de la « Naissance de Monseigneur le Comte d’Artois. 1757 »

À sa naissance, Charles est au cinquième rang dans la succession au trône de France après son père, le Dauphin et ses frères, les ducs de Bourgogne, duc de Berry et comte de Provence.

Charles X, dernier Roi de France et de Navarre: 9 octobre 1757 : naissance  de Charles-Philippe, comte d'Artois et fils de France.Naissance du comte d’Artois

Le petit prince est d’abord titré comte d’Artois, en mémoire de Robert de France, comte d’Artois, frère de Saint Louis, mais le choix de ce titre serait également lié aux conséquences de la tentative d’assassinat menée par Damiens contre Louis XV (5 janvier 1757). Damiens était né près d’ Arras, dans l’Artois. Il est donc décidé de lui donner le titre de comte d’Artois pour faire savoir aux habitants qu’on ne leur tiendrait pas rigueur de l’incident.



Baptême du comte d’Artois
Cent portraits pour un siècle. De la cour à la ville sous les règnes de  Louis XV et Louis XVI. – Le Magazine de Proantic
Charles-Philippe par Katherine Read
Portrait Du Comte D'artois Enfant Oil Painting, Jean Martial Fredou Oil  Paintings - NiceArtGallery.com | Childrens portrait, Painting, Tudor history          
Portrait du comte d’Artois enfant par Jean Martial Frédou

Le petit prince grandit dans une Cour en deuil. En effet, l’année 1759 inaugure une décennie de décès pour la maison royale de France. La duchesse de Parme, fille aînée du Roi, meurt à Versailles. En mars 1761, le duc de Bourgogne, âgé de neuf ans, meurt après une chute, l’Archiduchesse Marie-Isabelle, petite-fille de Louis XV meurt en 1763 à Vienne après avoir donné le jour à une fille qui ne survit pas, en 1765, le duc de Parme et le dauphin rendent leur âme à Dieu suivi en 1766 par leur grand-père le Roi Stanislas, en 1767 par la dauphine et en 1768 par la Reine.

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Le 23 septembre 1759

Naissance de sa petite sœur Madame Clotilde (1759-1802) à Versailles.

Portraits de famille de Louis XV sur une tabatière Comte_17
Charles-Philippe de France, comte d’Artois

En 1760

L’éducation de Charles-Philippe est assurée par cinq précepteurs, mais reste quelque peu délaissée du fait de ses maigres chances de régner. On ne lui enseigne pas moins l’histoire, la géographie, l’anglais et l’allemand, langue maternelle de sa mère. Il est d’abord confié à la comtesse de Marsan et en grandissant, quand il a sept ans, le petit-fils du Roi doit passer des jupons de sa gouvernante aux mains d’un gouverneur chargé de l’ensemble des activités éducatives.  Le Dauphin choisit pour ses enfants un homme plus proche des idées monarchiques : le duc de la Vauguyon ( 1706-1772).

Ce dernier appellera ses élèves les « Quatre F » : le Fin (le duc de Bourgogne), le Faible (le duc de Berry), le Faux ( le comte de Provence) et le Franc (le comte d’Artois).

Antoine de Quélen de Stuer de Caussade — Wikipédia 
Le duc de La Vauguyon

En novembre 1760

L’état de santé du duc de Bourgogne, son frère aîné, s’aggrave néanmoins et on lui diagnostique  une double tuberculose (pulmonaire et osseuse). La Cour doit se rendre à l’évidence : la mort du prince est aussi imminente qu’inéluctable. Ses parents se trouvent dans « un accablement de douleur qu’on ne peut se représenter».

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Le duc de Bourgogne, malade

Le 29 novembre 1760

Dans l’urgence, l’enfant est baptisé et il fait sa première communion le lendemain.

Le 16 mars 1761

Le duc de Bourgogne reçoit l’Extrême-onction.

Dans la nuit du 20 au 21 mars 1761

Le duc de Bourgogne meurt, en l’absence de son petit-frère, Louis-Auguste, alité lui aussi par une forte fièvre.
La mort du duc de Bourgogne est vécue comme un drame pour le Dauphin et la Dauphine.

Marie-Josèphe déclarera : « rien ne peut arracher de mon cœur la douleur qui y est gravée à jamais ».

Le 19 octobre 1761

L’enfant est baptisé, le lendemain du baptême du duc de Berry (futur Louis XVI) et comte de Provence (futur Louis XVIII), avec les prénoms Charles Philippe par l’archevêque Charles-Antoine de La Roche-Aymon dans la chapelle royale du château de Versailles, en présence de Jean-François Allart, curé de l’église Notre-Dame de Versailles. Sa marraine est sa tante Madame Sophie, et son parrain le Roi Charles III d’Espagne (ce qui explique le choix de ses prénoms), représenté par son frère Louis-Auguste, duc de Berry.

Fichier:Artois and Clotilde.jpg — Wikipédia
Le comte d’Artois et sa sœur Madame Clotilde par François Hubert Drouais, 1763

Le 3 mai 1764

Naissance de sa petite sœur Madame Élisabeth (1764-1794) au château de Versailles.

Dauphin - Portraits de Louis-Auguste, duc de Berry et dauphin de France (futur Louis XVI) Charle14Marie-Josèphe et Louis-Ferdinand instruisant leurs trois fils, les futurs Louis XVI, Louis XVIII et Charles X
Dauphin - Portraits de Louis-Auguste, duc de Berry et dauphin de France (futur Louis XVI) Captu120
Dessin de Charles Monnet (1732-1816) représentant Louis XV et son fils Louis, le Dauphin, instruisant ses trois enfants – qui seront tous les futurs rois de France: Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Il s’agissait d’une préparation étude pour un tableau qui appartenait au duc de la Vauguyon, gouverneur des enfants de France. La peinture actuelle est maintenant perdue
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Marie-Josèphe de Saxe et ses enfants

 Le 11 août 1765

Le Dauphin Louis-Ferdinand, son père, fait une visite à l’abbaye de Royallieu et revient à Versailles sous la pluie. D’une santé déjà précaire et affublé d’un rhume, il est pris d’une violente fièvre.

Il parvient à faire transporter la Cour au château de Fontainebleau pour changer d’air, mais rien n’y fait, son état empire au fil des mois.

Alexandre Roslin | Le Dauphin Louis de France (1729-1765), fils de Louis XV  | Images d'Art
Le Dauphin Louis-Ferdinand par Roslin

Le 19 octobre 1765

Le duc de Berry est prévenu du danger de mort où se trouve son père : on amène au Dauphin ses trois fils à qui on vient d’annoncer la mort imminente de leur père. En voyant la pâleur du duc de Berry et les larmes qu’il ne peut retenir, le Dauphin se met en devoir de le consoler avec une cruauté qu’on espère inconsciente:

« Dans la conversation, Louis-Ferdinand dit au duc de Berry:
«He bien, mon fils, vous pensiez donc que je n’étais qu’enrhumé? »
Puis en riant et en plaisantant: 
« Sans doute, ajouta-t-il, que quand vous aurez appris mon état, vous aurez dit : tant mieux, il ne m’empêchera plus d’aller à la chasse.»

Marie-Josèphe de Saxe

Le 20 décembre 1765

Après une agonie de trente-cinq jours, le Dauphin , son père, meurt, à l’âge de trente-six ans.

Résultat de recherche d'images pour "Allégorie de la mort du Dauphin de Lagrenée l'Aîné"Allégorie de la mort du Dauphin de Lagrenée l’Aîné (1766): le petit duc de Bourgogne, décédé en 1761, lui présente la couronne de l’immortalité. On le voit entouré dans ses derniers instants par son épouse, Marie-Josèphe de Saxe et par ses fils , le duc de Berry (futur Louis XVI, agenouillé), le comte de Provence (futur Louis XVIII) et le comte d’Artois (futur Charles X).

Le 10 mars 1766

Dans l’après-midi, Marie-Josèphe fait ses adieux à ses deux petites filles Madame Clotilde et Madame Elisabeth qui aura trois ans au mois de mai.

Le 11 mai 1766

Elle revoit ses fils pour la dernière fois.

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Charles-Philippe d’Artois

Le 9 mars 1767

Marie-Josèphe fait appeler ses trois fils.

« Elle leur donna sa bénédictions en versant des larmes. Son confesseur (l’abbé Soldini) s’acquittant en son nom de devoir que son attendrissement ne lui permettait pas de remplir, leur dit :

« Monseigneur, Madame la Dauphine m’ordonne de vous dire qu’elle vous donne sa bénédiction de tout son cœur et  qu’elle prie le Seigneur de vous combler de toutes les siennes. Elle vous recommande de marcher devant Dieu dans la droiture de votre cœur, d’honorer le Roi et la Reine, de les consoler en retraçant à leurs yeux les vertus de votre auguste père ; de ne vous écarter jamais des sages avis que vous donnent les personnes qui sont chargées de votre éducation, et de vous souvenir de Dieu pour elle.»

L’abbé Soldini

Les trois enfants sortent en larmes d’auprès de leur mère.

Le 10 mars 1767

Dans l’après-midi, Marie-Josèphe fait ses adieux à ses deux petites filles Madame Clotilde et Madame Elisabeth qui aura trois ans au mois de mai.

Le 11 mars 1767

Marie-Josèphe revoit ses fils pour la dernière fois.

Le 13 mars 1767

Mort de sa mère, Marie-Josèphe de Saxe ( née le 4 novembre 1731).

Fichier:Maurice Quentin de La Tour, Marie-Josèphe de Saxe, dauphine  (1749).jpg — Wikipédia
Marie-Josèphe de Saxe
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Dernier-reveillon-de-Marie-Leszczynska-1024x680.jpg.Dernier réveillon de Marie Leszczyńska : Une coutume s’était instaurée dans la famille royale : chaque 31 décembre à minuit, Louis XV et son épouse, assis de part et d’autre de la pendule astronomique de Passemant, assistent au changement d’année entourés de leurs enfants et petits-enfants…

Le 24 juin 1768

Mort de sa grand-mère,  la Reine Marie Leszczynska (1703-1768).

Fichier:Jean-marc-nattier-portrait-of-maria-leszczynska-148451.jpg ...Marie Leszczynska par Jean-Marc Nattier
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Thierry-Bourdon-est-le-jeune-comte-dArtois-dans-Marie-Antoinette.jpeg.
Thierry Bourdon est le jeune comte d’Artois dans Marie-Antoinette (1975) de Guy-André Lefranc 

Le 16 mai 1770

Louis-Auguste épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche.

Le saviez-vous ? Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette a fait 132  morts
Mademoiselle Bertin – Marie-Antoinette Antoinetthologie

En 1770

Le comte d’Artois fait édifier un jeu de paume par l’architecte François-Joseph Bélanger entre le boulevard du Temple et la rue de Vendôme (actuelle rue Béranger). C’est ce qui deviendra le théâtre Déjazet.


Hervé Bellon incarne le comte d’Artois
dans L’Été de la Révolution (1988) de Lazare Iglesis
                                                                           . Mesdames Clotilde et Elisabeth

D’octobre à fin novembre 1770

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

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Le 24 décembre 1770

Le duc de Choiseul (1719-1785) est exilé à cause de son orientation libérale  dont la pratique politique s’apparente à une cogestion implicite avec les adversaires de la monarchie absolue.

François-Etienne, comte de Stainville puis duc de Choiseul
Portrait de Choiseul par Louis-Michel Van Loo

Louis XV nomme comme nouveau lieutenant général des Gardes suisse son petit-fils, le comte d’Artois. Il dirige le baron de Besenval (1721-1791) qui fait de lui ce portrait :

« Monsieur le comte d’Artois, à la figure la plus aimable, joint toutes les qualités. Ami solide et chaud, franc , loyal, toujours ému par ce qui est noble et juste, facile, sans hauteur, brave, en un mot la nature a tout fait pour lui et l’éducation rien, tellement la sienne a été négligée par M. de La Vauguyon. Au moyen de quoi il est venu dans la société, pour laquelle il avait un souverain attrait entièrement brut et dénué des notions les plus simples.»

Le 14 février 1771

Mariage du comte de Provence et de Marie-Joséphine de Savoie.

14 mai 1771: Mariage du comte de Provence avec la princesse Marie Josèphe de Savoie 14_mai10

Les 11, 12 et 13 mai 1771

Petit séjour à Fontainebleau pour accueillir Marie-Joséphine de Savoie.

Savoie - Marie-Joséphine de Savoie, comtesse de Provence - Page 4 Image183Marie-Joséphine de Savoie par Gautier d’Agoty

Une éventuelle initiation à la franc-maçonnerie en compagnie de ses frères, dans la loge maçonnique dite des « Trois Frères » à Versailles, a parfois été suggérée mais jamais démontrée…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Pastel-representant-Charles-Philippe-dArtois-812x1024.jpg.Pastel représentant Charles-Philippe d’Artois

« M. le comte d’Artois tenait continuellement la bouche ouverte, ce qui donnait à sa physionomie un air peu spirituel ; mais à part ce défaut, sa tournure était leste et gracieuse, sa figure ouverte et agréable ; tout son extérieur, en un mot, contrastait avec la démarche un peu lourde du roi et celle plus que disgracieuse de Monsieur.»

Félix d’Hézecques

Du 7 octobre au 19 novembre 1771

Séjour de la Cour à Fontainebleau.


Le comte d’Artois en tenue de chasse

Du 6 octobre au 17 novembre 1772

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

En 1773

Pendule dite d'Annibal - vers 1773 - bronze doré et patiné - Corps central  du Chateau - Appartement intérieur du Roi -… | Versailles, Intérieurs du  château, Château
Pendule du comte d’Artois (1773) de Charles-Athanase Pinon

Cette pendule de bronze doré et patiné, au cadran signé Pinon, représente Annibal comptant, après la bataille de Zama, les anneaux d’or des chevaliers romains.
Elle est livrée en 1773 pour le grand appartement du comte d’Artois au premier étage de l’Aile du Midi.

Lors des saisies révolutionnaires, deux pendules au mouvement de Pinon provenant cet appartement seront portées à Paris. C’est ici l’une d’entre elles.
Déposée par le Mobilier national à Versailles en 1991, elle est aujourd’hui exposée sur la cheminée de la chambre privée du Roi.

Du 6 octobre au 14 novembre 1773

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le 16 novembre 1773

Charles d’Artois épouse Marie-Thérèse de Savoie, sœur de Marie-Joséphine, comtesse de Provence.

Paire de pastels, Comte d’Artois et Marie Thérese de Savoie
16 novembre 1773: Mariage du comte d'Artois avec la princesse Marie Thérèse  de Savoie

Aussi joli cœur et avide des plaisirs de la Cour et de la Ville que son épouse est timide et effacée, le futur Charles X montre sa déconvenue avant même la fin des noces. Marie-Thérèse reste muette et lasse durant toutes les fêtes.

Fichier:Callet - Charles-Philippe de France, comte d'Artois (futur ...Charles-Philippe, comte d’Artois par Callet

Le comte et la comtesse d’Artois s’installent au premier étage de l’Aile du Midi en 1773. Ils y font aménager plusieurs cabinets. Ceux-ci comprennent une bibliothèque, un petit cabinet, un supplément de bibliothèque. La bibliothèque communique avec le cabinet intérieur. En 1774, le comte annexe deux pièces contiguës pour aménager une salle à manger.

Le 19 novembre 1773

Bal paré et feu d’artifices au château de Versailles.

Le 23 novembre 1773 

Visite à Madame Louise à Saint-Denis : le Roi, accompagné de Mgr le Dauphin, de Mgr le comte de Provence, de Mgr le comte d’Artois, de Madame la comtesse d’Artois et de Mesdames, se rend au monastère des carmélites de Saint-Denis pour y voir Madame Louise.

 Le 24 novembre 1773 

Bal masqué au château de Versailles 

Dans son portrait officiel que la Cour de Turin envoie à Versailles on remarque que la promise révèle des traits plus harmonieux que ceux de sa sœur, Marie Joséphine de Savoie, comtesse de Provence (1753-1810). Mais certains pronostics pessimistes sont confirmés à l’arrivée de la princesse, une jeune fille brune, de petite taille, le visage étroit et un nez trop long. C’est ce que notait à ce propos Mercy

« le visage maigre, le nez fort allongé et désagréablement terminé, les yeux mal tournés, la bouche grande, ce qui fait en tout une physionomie irrégulière et des plus communes ».

L’ambassadeur zélé de l’impérieuse Impératrice d’Autriche oubliait les beaux yeux noirs et malgré sa petite taille une excellent proportion de la nouvelle comtesse d’Artois.

« Ma petite sœur, dit le Prince , en lutinant avec quelque excès d’aisance Madame la Dauphine, n’allez pas vous placer trop haut si vous voulez apercevoir ma femme …Quatre pieds six pouces, pas une ligne de plus , une Altesse en miniature…
-Artois, taisez-vous, interrompit Marie-Antoinette…Vous parlez trop légèrement de ma future belle-sœur ; on la dit fort jolie et si l’on doit s’en rapporter à son portrait…»

Le coiffeur Léonard Autier
Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 Drouai33Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois, par J.-B. André Gautier d’Agoty (1775)

« Monsieur et madame la comtesse d’Artois occupaient, à Versailles, avec madame Élisabeth, tout le premier étage de l’aile droite du château qui donnait sur l’orangerie, dans la galerie appelée galerie des Princes. Ces appartements, quoique vastes, ne l’étaient pas tant que plusieurs cabinets ne tirassent leur jour de la galerie et ne fussent très-obscurs.»

Mémoires du comte d’Hézecques

La jeune Princesse est, comme le dit spirituellement le comte d’Artois, une beauté en miniature : petits traits, petite taille, petit pied ; petit esprit , ajoutent quelques-uns de ces observateurs qui prétendent juger les gens au premier abord.


La comtesse d’Artois dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Charles-Philippe et Marie-Thérèse s’installent dans un sublime appartement à l’emplacement actuel de la Galerie des Batailles.


Rosalie Duthé

Peu de temps après les festivités, celui-ci part pour Paris rejoindre sa maîtresse Rosalie Duthé (1748-1830). Les courtisans auront alors ce mot :

« Le prince ayant eu une indigestion de gâteau de Savoie s’en va prendre le thé à Paris ».

jeannepompadour:
“ Catherine Rosalie Duthe by Lié Louis Périn-Salbreux
”
Rosalie Duthé par Louis Périn-Salbreux
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La Turque d’Étienne Aubry, portrait présumé de Mademoiselle Duthé

Le 29 avril 1774

Les médecins font savoir que le Roi a contracté la variole. Pour éviter la contagion, le dauphin et ses deux frères sont maintenus à distance de la chambre royale.

Le 10 mai 1774

Louis XV, roi de France, âgé de 64 ans, deux mois avant sa mort, en mars 1774, par Montpetit

Mort de Louis XV.

Allégorie sur la mort de Louis XV : [dessin] | Gallica

« Dans la chambre abandonnée, le cadavre de Louis XV commençait à pourrir, se boursouflant par endroits de grosses cloques jaunes qui éclataient en dégageant une odeur qui avait fait fuir les moines Capucins chargés de veiller le corps. La porte s’ouvre pourtant laissant pénétrer un jeune homme mince et fier. Il s’approche du lit sans détacher ses yeux du masque hideux du souverain défunt, soulève le drap, prend la main droite, la porte à ses lèvres et tombe à genoux. Ainsi rend hommage le Comte d’Artois à son grand père.»

Jean-Paul Clément et Daniel de Montplaisir
Artois - Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 2 Mort_l10

Aussitôt après la mort de Louis XV

La Cour se réfugie provisoirement au château de Choisy.

Domaine Royal - Choisy le roi

C’est à cette occasion que le nouveau Roi prend l’une de ses premières décisions : celle d’inoculer l’ensemble de la Famille Royale contre la variole.

L’enfance puis l’adolescence du comte d’Artois sont une succession d’aventures éphémères, de parties de chasse, de dettes contractées aux jeux d’argent, de courses de chevaux organisées avec son cousin le duc de Chartres, de pièces de théâtre partagées avec Marie-Antoinette dont il est très proche, surtout à la fin dans les années 1770 et 1780.

« M. le comte d’Artois, affable à tout le monde, ayant dans le caractère cette gaieté qui est commune à sa nation, était adoré du peuple. Ses courses fréquentes à Paris, ses dépenses mêmes contribuaient à cette popularité. Seuls les partisans de la saine morale blâmaient ses égarements et ses prodigalités, qu’ils attribuaient à sa jeunesse. »

Mémoires du  comte d’Hézecques

Mai 1774

Séjour de la Cour au château de Compiègne.

Visite du château impérial de Compiègne - Voyager en photos

Du 17 juin au 1er août 1774

Séjour de la Cour au château de Marly.

Le 18 juin 1774

 Le Roi reçoit donc cinq injections et ses frères seulement deux chacun.

Le 26 août 1774

Le comte d’Artois part du château de Compiègne pour aller à l’école militaire d’artillerie à La Fère, puis ira visiter les fortifications de Cambrai, et enfin voir manœuvrer son régiment de dragons.

Le 29 août 1774

Le comte d’Artois est revenu de son voyage à La Fère et de Cambrai.

Il est accompagné du comte de Maillé, premier gentilhomme de sa chambre, du chevalier de Crussol, son capitaine des gardes, du marquis de Polignac, son premier écuyer, du comte d’Affry et de M. Devault.

Du 10 octobre au 10 novembre 1774

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

En 1775

Un premier Cabinet Turc du comte d’Artois est aménagé en 1775 au premier étage.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Plan-de-lAppartement-Artois-en-1775-1024x305.jpg.Plan de l’appartement Artois en 1775

Le 6 août 1775

Naissance de Louis-Antoine, duc d’Angoulême, fils du comte et de la comtesse d’Artois.


Le duc d’Angoulême

Dimanche 11 juin 1775

C’est le jour de la Sainte Trinité

Louis XVI est sacré à Reims.

A six heures du matin

« La cérémonie commence à six heures du matin. Dès quatre heures du matin, on se rend à la grande église. A six heures et demie nos six princes arrivent en cérémonie représentant les trois anciens ducs et les trois anciens comtes du royaume, la couronne en tête. Cela est très beau et très imposant… Les deux frères du Roi représentent les deux premiers ducs, celui de Bourgogne et celui de Normandie, et les quatre princes de sang, les quatre autres. Monsieur et le comte d’Artois (sont) très jolis dans cet habillement qui (va) aussi à merveille au gros duc d’Orléans.»

Le duc de Croÿ

 La cérémonie est présidée par l’archevêque de Reims, Mgr de La Roche-Aymon, celui-là même qui avait baptisé et marié le Dauphin. Les archevêques de Laon et de Beauvais l’assistent. Le chantre et le Grand Maître des Cérémonies les précèdent, lorsqu’ils arrivent devant la porte de la chambre de parade. Le chantre frappant à la porte avec son bâton, le Grand Chambellan répond sans ouvrir :

«Qui demandez-vous?»
L’évêque de Laon répond : « Le Roi».
Le Grand Chambellan dit « Le Roi dort.»

Il évoque alors Louis XV qui demeure Roi même après qu’il est mort tant que le sacre de Louis XVI n’est pas accompli. Deux fois le petit dialogue se répète. A la troisième fois, l’évêque de Laon répond :
« Nous demandons Louis XVI que Dieu nous a donné pour roi.»

Alors la porte s’ouvre à deux battants et Louis XVI apparaît étendu sur le lit de parade, où il figure non pas lui-même, personne distincte et définie, mais l’entité roi  morte, endormie dans le Seigneur par la mort de Louis XV, et sur le point de ressusciter par le sacre. Il est en robe longue d’étoffe d’argent ; sur la tête un chapeau de velours gris garni d’un bouquet de plumes blanches surmontées d’une plume noire de héron, avec au retroussis du chapeau, sous le bouquet de plumes, une agrafe de diamants ; à ses pieds, des mules d’argent. Ses cheveux blonds ne sont pas noués en catogan, épars, tombant en boucles libres sur ses épaules et dans son dos.

L’évêque de Laon lui présente l’eau bénite, puis l’aide à se lever ; alors le rituel de la résurrection  du Roi étant terminé, la procession s’organise et traverse la galerie couverte et la nef de la cathédrale en chantant l’antienne du sacre et le psaume Domine in virtute.

A sept et demie

« Le Roi arriv(e) … cette entrée où l’archevêque et le clergé vont au-devant, et que les fanfares militaires annoncent, est très noble. Le Connétable, que représent(e) le maréchal de Tonnerre, doyen du Tribunal, âgé de quatre-vingt-huit ans, le suit et se place seul, loin et en bas. Derrière lui, le Chancelier représenté par M. de Miromesnil, alors Garde des Sceaux, et le prince de Soubise représentant le Grand Maître, se placent seuls, l’un derrière l’autre. Ils ont leur grand habit et la couronne ; le Chancelier sa toque ou mortier doré. Cela est des plus majestueux. Le duc de Bouillon Grand Chambellan, le maréchal de Duras Premier Gentilhomme de la Chambre, et le duc de Liancourt Grand Maître (de la Garde Robe), ayant aussi la couronne, se placent dans le même rang, derrière vers le milieu du chœur. Cela fait en tout douze couronnes dont trois de ducs et le reste de comtes qui, avec de grands manteaux d’hermine sur la longue veste d’or fait un effet d’autant plus majestueux qu’on ne le voit que ce jour-là. Les capitaines des gardes qui sont en veste et en manteau de réseau d’or se tiennent à côté. De même plusieurs hoquetons, massiers et autres en manteau de satin blanc, et tout ce costume ancien est imposant. L’archevêque de Reims, successeur de Saint Rémi, assisté des évêques de Soissons et d’Amiens, et pour cette fois du coadjuteur, sont assis vis à vis le Roi, tournant le dos à l’autel, et de leurs grandes mitres, ainsi que leurs superbes ornements d’or éclatant, de même que tous les assistants qui les entourent, et la ligne des cardinaux et prélats qui sont tout du long du côté de l’Epître, se montrent là avec plus grand éclat des pompes de l’Eglise. Le Roi est seul, sur un fauteuil à bras, sous le grand dais élevé au milieu du sanctuaire. Chacun est à sa place, en silence. Le fond en rond-point, derrière le chœur, est une colonnade d’or, avec un amphithéâtre cintré , très élevé, qui fai(t) au mieux mais trop en spectacle d’Opéra. La tribune de la Reine en décoration théâtrale des plus brillantes, celle des ambassadeurs vis à vis, toutes les travées et entrecolonnements garnis, en amphithéâtre, de dames couvertes de diamants et de personnes richement habillées, fai(t) l’effet le plus majestueux, et la décoration (est) d’autant plus frappante qu’elle (est) réelle. L’archevêque donn(e) ensuite l’eau bénite, puis entonn(e) le Veni Creator.»

Le duc de Croÿ
tiny-librarian:
“The oath of Louis XVI at his coronation.
”

La procession qui accompagne les quatre barons de la Sainte-Ampoule en satin noir et blanc fait alors son entrée. Les quatre otages sont vêtus d’étoffe d’or « légèrement rayée de noir » qui répondent sur leur vie de la sécurité de la Sainte-Ampoule, et sous son dais de moire d’argent bordée de franges unies aussi d’argent et surmonté de quatre fleurs de lys de cuivre argenté, monté sur une haquenée blanche couverte d’une housse de moire d’argent relevée d’une broderie très riche d’argent avec frange autour« , Dom Debar, Grand Prieur de l’abbaye bénédictine de Saint-Rémi, « en aube, étole pendante et chape« , portant dans un reliquaire suspendu à son cou la Sainte-Ampoule, la petite bouteille en forme de larme que Saint Rémi aurait reçue, d’après la légende de la main d’un ange pour le sacre de Clovis.

Après avoir été la recevoir des mains du Grand Prieur et s’être engagé à la lui remettre aussitôt après la cérémonie, tandis qu’on dit sexte, l’archevêque s’habille pour la messe avec les ornements d’argent dont François Ier (1494-1515-1547) a commandé le dessin à Raphaël (1483-1520). Le duc de Croÿ reprend :

« L’archevêque et tous ses assistants s’approchent du Roi qui est dans son fauteuil ; ils lui font les demandes de sûreté et de protection de l’Eglise. Le Roi prononce tout haut la promesse de continuer et de conserver les privilèges de l’Eglise. Alors les évêques de Laon et de Beauvais soulèvent le Roi qui regarde l’assistance. Ils demandent aux seigneurs assistants et au peuple s’ils acceptent Louis XVI pour leur roi, à quoi on acquiesce par un respectueux silence, le fait est qu’ils ne disent rien. Je les interrogeai ensuite ; ils me dirent que cela n’était pas dans leur instruction, et que ce soulèvement qu’ils font du Roi est ce qui reste de cet ancien usage. Ainsi, voilà le vrai, cette fameuse demande ne se fait plus.»

Selon la tradition, le prélat prononce la formule suivante en posant la couronne de Charlemagne sur la tête du souverain :

« Que Dieu vous couronne de la gloire et de la justice, et vous arriverez à la couronne éternelle »

Le Roi lit le serment haut et ferme, en latin, appuyant sur les mots avec respect et attention, comme s’il disait à chaque mot: Je m’engage à cela de bon cœur ! Et pendant toute la cérémonie, il conserve la même ferveur.

Ensuite, il prononce de même haut et ferme, et comme s’engageant bien, «le serment de l’Ordre du Saint-Esprit.»

Il prête aussi le serment de l’Ordre Militaire de Saint Louis et le serment de l’édit contre les duels.

Sacre de Louis XVI

La Reine n’est qu’assistante lors de cette cérémonie :

Marie Antoinette at the coronation of Louis XVI (close-up)

Pendant que le Roi prêtait le serment 

On a placé sur l’autel tous les ornements royaux. Les évêques de Laon et de Beauvais conduisent le Roi au pied de l’autel, le Premier Gentilhomme de la Chambre lui ôte sa robe, dessous «de satin cramoisi, garnie de petits galons d’or à jour sur toutes les coutures et ouverte, de même que la chemise, aux endroits ménagés pour les onctions, ces ouvertures fermées par des petits cordons d’or et de soie». Le Grand Chambellan lui met les «bottines de satin violet parsemé de fleurs de lys d’or», et les «éperons garnis en or » que Monsieur, représentant le duc de Bourgogne, lui retire aussitôt.

Et c’est la bénédiction de l’épée, dite de Charlemagne, mais en réalité beaucoup plus moderne, en forme de croix dans son fourreau de velours violet parsemé de fleurs de lys d’or.

« L’archevêque lui ceint l’épée de Charlemagne, apportée du trésor de Saint Denis, pour protéger l’Eglise, la veuve et l’orphelin. Le Roi tient l’épée élevée, l’offre à Dieu en la posant sur l’autel. L’archevêque la reprend, le Roi la reçoit à genoux et la remet au connétable qui la tient toujours de même, nue et la pointe haute

Le duc de Croÿ

Les préliminaires étant achevés

« L’archevêque met, sur le milieu de l’autel, la patène d’or de saint Rémi. Le Prieur de Saint Rémi, ayant ouvert la Sainte-Ampoule, la donne à l’archevêque lequel, avec une aiguille d’or, en tire la « grosseur d’un grain de froment, le met sur la patène, puis la remet au Prieur. Ensuite il y mêle le Saint Chrême. Après cela le Roi se prosterne à plat sur un long carreau de velours violet, et l’archevêque, malgré son grand âge et ses infirmités, se prosterne à côté. Les quatre évêques disent des litanies des saints : cette position et ce moment est touchant et imposant… La consécration du Roi se fait ensuite à genoux aux pieds de l’archevêque qui l’oint sur la tête avec ce qui a été mis sur la patène … (la robe et la chemise du Roi) sont ouvertes, et jusqu’à la chair, dans tous les endroits, et l’archevêque lui fait de même six onctions, de sorte que le Roi  reçoit tous les premiers ordres de l’Eglise et les a presque tous hormis la prêtrise, tout cela dans l’esprit de l’Ancien Testament, dont l’origine est du temps de Saül.»

Le duc de Croÿ

A chaque onction, sur le front, sur le sein gauche, à la jointure des bras, l’archevêque répète la formule:

« Je vous sacre roi avec cette huile sanctifiée au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.»

Et les chanoines chantent l’antienne propre :

« Le prêtre Sadoch et le prophète Nathan sacrèrent Salomon dans Sion ; et s’approchant de lui, ils lui dirent avec joie : Vive le Roi éternellement!»

L’onction sur les mains, la plus sainte de toutes, se fait à part, et l’archevêque dit en même temps la prière spéciale :

« Que ces mains soient ointes de l’huile sanctifiée de laquelle les rois et les prophètes ont été oints, et de la même manière que Samuel sacra le roi David, afin que vous soyez béni et établi dans ce royaume que Dieu vous a donné à régir. Que Dieu qui vit et règne aux siècles des siècles vous accorde cette grâce.»

Un à un, les ornements royaux sont alors bénis, et le Roi en est revêtu :

  • la tunique et la dalmatique «de satin violet, doublées de taffetas couleur de feu, parsemées de fleurs de lys d’or sans nombre», bordées «d’un galon d’or en broderie» ; 
  • le manteau ouvert sur le côté droit, en velours violet de fleurs de lys d’or sans nombre, doublé d’hermine et une agrafe en forme de fleur de lys d’or « chargée de rubis, de diamants et de grosses perles orientales» ; 
  • les gants que l’oraison compare à la peau de chevreau dont Jacob avait couvert ses mains le jour «où ayant offert à son père une nourriture et un breuvage qui lui furent agréables, il en reçut la bénédiction» ;
  • l’anneau « qui est le signe de la foi et de la dignité royale, la marque de la puissance», cet anneau que Louis XVI ne quittera plus jamais, pas  même pour mourir ;
  • le Sceptre d’or de cinq pieds dix pouces, surmonté d’un lys d’or émaillé où est représenté Charlemagne sur son trône ;
  • la main de justice «dont le bâton est d’or et la main faite d’ivoire», « verge de vertu et de justice». 
Les diamants de la Couronne - Louvre-passion
      
Manteau du sacre de Charles X 

Détail du collier de l’Ordre du Saint-Esprit

Le couronnement

Monsieur de Miromesnil, faisant office de Chancelier, monte à l’autel contre l’Evangile, et là, tourné vers l’assemblée, d’une voix très claire et haute, fait l’appel en criant avec emphase:

« Monsieur qui représentez le duc de Bourgogne, présentez-vous à cet acte! Il en dit de même aux cinq autres qui se lèvent  à mesure et s’approchent du Roi. Il appelle ensuite les cinq pairs ecclésiastiques. L’archevêque prend, sur l’autel, la grande couronne de Charlemagne, il la soutient seul à deux mains sur la tête du Roi, en disant:

« Que Dieu vous couronne de la couronne de gloire et de justice.»

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“ The coronation took place at Rheims, with all the accustomed pomp. At this period the people’s love for Louis XVI. burst forth in transports not to be mistaken for party demonstrations or idle curiosity. He replied to this...
Image du film de Sofia Coppola (2007)

Ensuite, il met seul la couronne sur la tête du Roi, les pairs laïques et ecclésiastiques portent tous la main pour la soutenir à un doigt de la tête du Roi, et ce moment superbe fait la plus grande sensation.


Image du film de Sofia Coppola (2007)
Les diamants de la Couronne - Louvre-passionCouronne de Louis XVI (appelée par erreur couronne de Louis XV) : «une couronne d’or enrichies de rubis, de saphirs et d’émeraudes, montée sur un bonnet de satin cramoisi brodé d’or avec quelques perles, doublé de taffetas jaune». Elle n’a rien à voir avec celle de Charlemagne  qui est un bandeau surmontée d’une croix sur le devant , celle du sacre est une couronne fermée à huit branches jaillissant de huit lys en se rejoignant au sommet pour former un lys.

L’archevêque couronne le Roi en disant :

« Recevez la couronne de votre royaume au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, afin que rejetant les prestiges de l’ancien ennemi des hommes, et vous gardant de la contagion de tous les vices, vous soyez si zélé pour la justice, si accessible à la compassion et si équitable dans vos jugements, que vous méritez de recevoir de N.S.J.C. la couronne du royaume éternel dans la société des Saints. Recevez dans cette couronne, et faites qu’elle porte  les marques glorieuses et honorables de votre piété et de votre courage, et sachez que c’est par elle que vous participez à notre ministère ; et que de même qu’on nous regarde  comme les pasteurs et les conducteurs des âmes dans les choses spirituelles, de même vous preniez notre défense contre les ennemis de l’Eglise, que par le ministère de notre bénédiction et tandis que nous faisons en cette partie la fonction des apôtres et de tous les saints, au milieu de nos cantiques, vous vous montriez le protecteur et le ministre fidèle du royaume qui est confié à vos soins ; afin qu’orné de toutes les vertus qui brilleront en vous comme autant de pierres précieuses et couronné comme un vaillant athlète de la récompense du bonheur éternel, vous régniez glorieusement avec Jésus-Christ notre rédempteur et notre sauveur dont vous êtes l’oint et dont vous êtes regardé comme l’intendant.»


Image du film de Sofia Coppola (2007)

L’archevêque, ôtant ensuite sa mitre,  dit au Roi toujours à genoux , plusieurs prières et bénédictions.

L’intronisation

« L’archevêque prend le Roi par le bras droit… et il est mené ainsi majestueusement sur le beau trône qui est très élevé sur la décoration du jubé, où est un fauteuil semé de fleurs de lys, entre les quatre grandes colonnes qui supportent le grand pavillon royal, et d’où il peut être vu de partout. On ouvre la grande porte, le peuple entre en foule, on lâche les oiseaux, toutes les trompettes annoncent le Maître par leurs sons éclatants.»

Le duc de Croÿ
“I know I will never forget, even if I live to be one hundred, the day of the coronation.
”
–Marie Antoinette to Maria Theresa, 22 June 1775 [translation: Olivier Bernier, Secrets of Marie Antoinette; image: allegory of Louis XVI and Marie Antoinette...

C’est à ce moment où l’émotion qui étreint le Roi est à son comble, où il est présenté à son peuple ayant reçu l’onction qui fait de lui, suivant  l’expression du pape Grégoire IX, «l’évêque du dehors»

Detail from The Coronation of Louis XVI, 11 June, 1775 by Jean-Michel Moreau, 1775.

« Je sais que je n’ai jamais connu autant d’enthousiasme avant. J’ai été totalement surpris de me retrouver en larmes et de voir tous les autres dans le même état… Le Roi semblait vraiment ému par ce beau moment… Notre Roi habillé avec toute la brillance de la royauté, sur le vrai trône, était une vue Tellement impressionnant qu’il est difficile à décrire.»

Le duc de Croÿ
Louis XVI à Reims

Charles-Philippe assiste au sacre de son frère, où il « tient lieu de duc de Normandie », pair du Royaume et est apanagé par lui du comté de Poitou et des duchés d’Angoulême et de Mercœur . Il est déjà à cette époque considéré comme le trublion de la famille royale et son attitude lors du sacre est très vivement critiquée ; il perd même sa couronne après la cérémonie et avant le banquet.

Le 12 juin 1775

Jour de repos pour le Roi qui n’assiste même pas à la revue du régiment d’Esterhazy.

Le 13 juin 1775

Après son sacre, Louis XVI reçoit à Reims l’hommage des chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit. À leur baptême, les fils de France (et même les infants d’Espagne) recevaient le cordon et la plaque de l’ordre, mais n’étaient reçus chevaliers qu’après leur première communion. Chef et souverain, grand maître des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, le Roi n’avait le droit de conférer le Saint-Esprit qu’après son sacre, mais Henri IV, Louis XIV et Louis XV, ainsi que Louis XVIII passèrent outre .

Louis XVI et les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit par Gabriel-François DoyenRésultat de recherche d'images pour "Louis XVI et les chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit par Gabriel-François Doyen"

« Le matin, le roi portait un habit gris jusqu’à l’heure de son lever ou de sa toilette. Alors, il prenait un habit habillé de drap uni, avec une épée d’acier ou d’argent.»

La marquise de La Tour du Pin décrit ainsi le nouveau Roi :

« Il était très magnifique dans ses habits, dont à vrai dire il ne s’occupait guère, car il prenait celui qu’on lui donnait sans seulement le regarder.»

La marquise poursuit son descriptif en lui trouvant mauvaise tournure, rien de royal dans le maintien, myope comme une taupe, embarrassé de son épée et de son chapeau, marchant comme un paysan…

A portrait of Louis XVI in profile, circa 1775.
source: paris.fr collections

Le 14 juin 1775

Spectacle de cavalcade : les mousquetaires noirs, dont les chevaux sont beaux, puis les gris, les chevau-légers à cheval, les gardes de la Prévôté à pied, à part monsieur de Tourzel (Grand Prévôt de France) à cheval, très peu de seigneurs à cheval, parce qu’on n’a pas été avertis, sans quoi il aurait dû y en avoir davantage, quatre chevaux de main du Roi, superbement caparaçonnés, douze pages à cheval, les trompettes, les Cent-Suisses de garde à pied, ayant le duc de Cossé à cheval, en habit de Cent-Suisse, d’argent avec un manteau, quelques chevaliers de l’Ordre pêle-mêle_ et pas assez, n’ayant pas été avertis_ les maréchaux du Muy, de Broglie et de Nicolaï, sans garder le rang et en uniformes de lieutenants-généraux, mais brodés de même sur toutes les tailles, le Grand Ecuyer Monsieur de Lambesc, le Roi, superbement habillé, en bas de soie comme les autres et sur un magnifique cheval où il est fort bien, les deux capitaines des gardes à ses côtés, des écuyers à pied, les six gardes écossais en hoqueton, à pied, sur les ailes, tout cela faisant très bien mais un peu trop serré et confondu, comme dans toutes les cérémonies. Derrière le Grand Chambellan, le Premier Gentilhomme de la Chambre et le Premier Ecuyer de front, les deux frères du Roi, puis les princes du sang. Leurs habits, chevaux et harnais sont des plus beaux. On remarque surtout le cheval de Monsieur qui a coûté quatre mille francs, celui du duc de Chartres avec un grand panache, et le harnais de beaux diamants du comte d’Artois. Viennent ensuite les officiers des gardes du corps et les gendarmes de la garde ferment la marche. Le Roi ôte son chapeau, il est mieux à cheval qu’à pied, s’y tenant mieux et menant bien son cheval.

Une fois arrivé

Le Roi va près de la sacristie prendre le manteau et le petit habit de l’Ordre du Saint Esprit, pour suivre à la lettre les statuts qui prescrivent de l’avoir quand on fait ses dévotions. Le Roi doit être en état de grâce pour toucher les malades. Il communie encore. Il entend ensuite une seconde messe basse. Après la seconde messe, le Roi, toujours en petit habit, va dans le parc devant l’église, à droite, toucher les malades. Les malades, dont beaucoup sont jeunes, sont en deux rangées, à genoux, sous les arbres. Il y en a plus de deux mille quatre cents, tous écrouelleux vérifiés et qui en montrent bien les marques. A cause de la chaleur, tout cela pue et est d’une infection très marquée, de sorte qu’il faut du courage et de la force d’âme au jeune Roi pour se prêter à cette cérémonie. 

Le Roi, dans le petit manteau de l’Ordre et couvert du chapeau à plumes, touche réellement chaque malade, avec les doigts et la main ouverte, sur les joues, puis de l’autre sens du front au menton, en disant:

« Dieu te guérisse, le Roi te touche!»

Cela va assez vite, il touche chacun rapidement, mais avec attention et un air de bonté remarquables. Le premier médecin met , par derrière, la main sur la tête de chacun  pour la tenir ferme, et Monsieur de Beauvau, le capitaines des gardes de quartiers, prend des gants, pour la sûreté, entre ses deux mains les mains jointes de chacun.

Quand le Roi a fini

Ses deux frères et le duc d’Orléans lui donnent à laver, suivant l’usage, d’abord avec du vinaigre, puis de l’au, puis de l’eau de fleur d’oranger.

Après cette cérémonie

Le Roi va à Saint Rémi reprendre son habit riche, voir la Sainte Ampoule et le trésor. Puis il remonte à cheval, et la cavalcade repasse dans le même ordre. Il salue de bonne grâce.
Le soir, le Roi va se promener sur le Mail.

Le 20 août 1775

Mariage de Madame Clotilde (1759-1802), Gros Madame, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne (1751-1819), frère des comtesses de Provence et d’Artois.

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Du reste, cette réputation sulfureuse fait de lui un coureur de jupons pour les courtisans. Bon vivant et léger, il entraîne dans un tourbillon de fêtes mondaines sa belle-sœur, la Reine Marie-Antoinette. Il est considéré comme un prince frivole, futile, surnommé « Galaor » par la cour, en référence au personnage d’Amadis de Gaule, archétype du chevalier à la prestance remarquable.

« Un jour, pour éviter d’avoir à assister à une cérémonie ennuyeuse mais importante de la Cour, Artois dit qu’il a un mal de tête insupportable et qu’il est donc obligé de se retirer dans ses appartements privées. Il s’esquive, en fait, en calèche à Paris, où une fête l’attend.

À L’entrée de la capitale, le comte est surpris par un coup de canon d’un coup de canon dont il demande la motivation aux gardes de tour :
« Monsieur, le canon annonce, par ordre du roi, l’entrée à Paris du comte d’Artois !».
En somme, il est démasqué !

Obligé de renoncer à l’agréable programme, le prince revient donc à Versailles, où  l’attend un Louis XVI plus ironique et souriant que jamais, qui lui dit :
« Je vois avec plaisir que le mal de tête vous est passé. Ne suis-je pas un bon médecin, moi ?»


Gwen Lebret est le Comte d’Artois, dans La comtesse de Charny (1989) de Marion Sarraut 

Le 6 juin 1776

Le comte d’Artois souffre de la rougeole.

« On nous a gâché nos charmantes et innocentes nuits de la terrasse de Versailles. Nous écoutions des conversations, nous faisions et essuyions des méprises.  Je donnais le bras à la Reine. Elle était d’une gaieté charmante. Nous avions quelquefois de la musique dans les bosquets et à l’Orangerie où il y a, pas bien haut, dans une niche,  un buste de Louis XIV.  M. le comte d’Artois lui disait quelquefois :

« Bonjour, Grand-Papa ! »

Un soir, de concert avec la Reine, je devais me placer derrière la statue pour lui répondre, mais la crainte que l’on ne me donnât point d’échelle pour redescendre et qu’on m’y laissât toute la nuit, me fit abandonner le projet .»

Le prince de Ligne
Jean Warin | Statue de Louis XIV (1638-1715) placé dans le salon de Vénus  dans les Grands Appartements | Images d'Art
Louis XIV
Charles X, Charles-Philippe de France, Roi – Aline-Voinot
Charles d’Artois en colonel général des Suisses par Frédou
Ce tableau de Heinrich Lossow me fait songer à la poésie fantasque d’Artois …

Le 5 août 1776

Naissance de Sophie, dite Mademoiselle d’Artois, fille du comte et de la comtesse d’Artois.

Sophie de Bourbon (1776-1783) - Photo de Famille de Louis XVI, Louis XVIII  et Charles X - L'envers de l'Histoire
Sophie de Bourbon (1776-1783), dite Mademoiselle d’Artois

En janvier 1777

Artois - Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 3 Bel_ha11

Le 26 avril 1777

Joseph II participe à une course de chevaux donnée par le comte d’Artois.

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Charles est le prince pour lequel l’Empereur témoigne le plus de penchant. Il lui dit :

« Vous avez de l’esprit, des grâce et de la figure. Si l’amitié que je me sens pour vous ne m’aveugle pas, je crois apercevoir en vous tout ce qu’il faut pour devenir un grand homme ; mais permettez-moi de vous le dire, mon amitié, le bien que je vous veux, mon âge, et même mon expérience déjà bien exercée, m’en donnent le droit, avec tant de qualités brillantes, il vous faudrait peu de travail pour en acquérir de plus solides. Si mes affaires me permettaient de rester plus longtemps avec vous, je crois pouvoir me flatter que je ne tarderais pas à obtenir toute votre confiance ; nous nous aiderions réciproquement pour devenir des hommes vraiment grands.»

Artois est sensible à cette effusion de cœur et il a beaucoup d’empressement à se trouver en présence de l’Empereur.

En octobre 1777

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Marie-Antoinette

Sa belle-sœur, la Reine Marie-Antoinette, le met au défi de réaliser  un pavillon de plaisance, ou  «folie» (ou folia , c‘est-à-dire maison dans les feuilles )  en soixante-quatre jours, pour le retour de la cour à Fontainebleau, Artois fait construire Bagatelle … 

Grille de Bagatelle

Le château de Bagatelle est , construit par l’architecte François-Joseph Bélanger dans le bois de Boulogne.

Image associée

Neuf cents ouvriers travaillent jour et nuit et les Parisiens suivent avec curiosité l’évolution du chantier du «palais des fées»

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Réussira-t-il à faire construire La Bagatelle en deux mois? Le pari entre le comte d’Artois et Marie-Antoinette de 100 000 écus est tenu.

Un soir, Artois se lance dans une longue diatribe contre ces vieilles bâtisses qui se désagrègent de toutes parts. Les mœurs ont changé, affirme-t-il et on ne rêve plus que de petits châteaux faciles à chauffer, confortables et gracieux. Par plaisanterie, la Reine suggère :

Construisez donc votre propre Trianon, je viendrai volontiers y souper à l’automne.
Vous y souperez, Madame – assure Artois d’un ton léger –, je vais faire commencer les travaux dès la semaine prochaine. Le vieux rendez-vous de chasse de Bagatelle sera détruit et mon castelet vous attendra.
Vous être un fanfaron, monsieur mon beau-frère ! – se moque la Reine.
Seriez-vous prête à prendre un pari de cent mille écus, Madame ?

Marie-Antoinette hésite. Ce diable d’Artois est capable de tout, mais comment reculer ?

Pari tenu ! – lance-t-Elle.

Bagatelle,
La «folie d’Artois»

( texte de Christophe Duarte  ;  photographies de Matthieu Nègre  – Versailles passion )

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Plan de Bagatelle
Arrière du bâtiment
Arrière du bâtiment
Arrière du bâtiment

Autour de 1716, un petit domaine composé de deux pavillons fut attribué à Louis-Paul Bellanger, avocat à la Cour des Aides, par le Roi. Il le cède en 1720 au duc d’Estrées, Maréchal de France, qui en fit alors cadeau après l’avoir fait transformer et amélioré le bâtiment d’origine, à son épouse, amie de Louise-Anne de Bourbon, dite Mademoiselle de Charolais, fille naturelle légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan, les deux femmes utilisèrent le pavillon pour des réunions galantes destinées au Régent, puis au jeune Louis XV. Pour cette raison, le domaine aurait alors été surnommé «Bagatelle».

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A sa mort, Bagatelle passe entre plusieurs mains et finalement, le 20 août 1775, Charles-Philippe, comte d’Artois, acquiert l’usufruit de la propriété, afin de disposer d’une retraite tranquille pour recevoir ses conquêtes.

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En 1777 cette maison délabrée est jugée peu digne des fêtes que le Comte projette d’y organiser. Sa belle-sœur, la Reine Marie -Antoinette, le met alors au défi de réaliser cette construction en cent jours pour le retour de la cour à Fontainebleau. Le pari consiste pour le jeune prince à faire raser l’ ancienne construction du maréchal d’Estrées et de faire rebâtir, achever et meubler un pavillon de fantaisie, que l’on appelle alors une folie.

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Le comte d’Artois relève le défi et parie la somme de 100 000 livres. Commencé le 21 septembre 1777, le chantier, qui emploie pendant soixante-quatre jours et nuits près de neuf cents ouvriers, est achevé à temps pour l’inauguration le 26 novembre 1777, le prix de la construction de la décoration et du mobilier s’élevant à environ trois millions et le nouveau château est alors surnommé «la Folie d’Artois». Prévue initialement pour la fin 1777, la fête d’inauguration n’a finalement lieu que le 23 mai 1778 en raison d’un deuil à la Cour d’Autriche.

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En dépit de la difficulté de l’entreprise, en trente-cinq jours, le gros œuvre est terminé et le pavillon achevé le 26 novembre, soit soixante-quatre jours après le pari du prince. La décoration intérieure et l’ameublement ne sont toutefois achevés que plusieurs mois plus tard.

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A la Révolution, le domaine est confisqué et la Convention décide qu’il sera conservé. Bagatelle devient alors un bal musette mais tout son mobilier est vendu.

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Mis en location par Louis-Philippe, Bagatelle est acheté en 1835 par Lord Hertford qui accueille la Reine Victoria en 1855. Il remet en état le jardin, fait construire une fruiterie et une orangerie et place sur l’une des pelouses un pavillon chinois.

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Enfin, dans les années 1860, Hetford charge l’architecte De Sange de la restauration de Bagatelle, car il souhaite convertir le premier étage en appartement confortable. De ces travaux résulte la surélévation du pavillon, changeant la silhouette du bâtiment ainsi que le décor où l’architecte ajoute des ornements historicistes et éclectiques.

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En 1870 Sir Richard Wallace lègue toutes ses biens à sa femme, née française, Lady Wallace. En 1894, par testament, elle lègue tout à John Murray Scott mais elle vit à Hertford House jusqu’à 1897. Sir John Murray Scott, baron depuis 1899, vend Bagatelle à la ville de Paris en 1904.

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Dessin aquarellé de Dugourc (un des décorateurs du château et beau-frère de Bélanger) qui représente le comte d’Artois en pied, devant son régiment qui manœuvre dans la plaine de Bagatelle, avec le château dans le fond, parfait souvenir de l’époque de sa création.

En 1777

Il acquiert le château de Maisons où il s’en va chasser en galante compagnie, dont la jeune vicomtesse de Beauharnais (1763-1814), la future Impératrice Joséphine …

Joséphine at Malmaison: Acclimatizing Self and Other in the Garden –  Journal18: a journal of eighteenth-century art and culture
Joséphine de Beauharnais par Prud’hon
Château de Maisons-Laffitte — WikipédiaLe château de Maisons
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Le 24 janvier 1778

Naissance du duc de Berry, Charles-Ferdinand, second fils du comte et de la comtesse d’Artois. C’est lui qui aura la préférence de son père car il lui ressemblera beaucoup, au physique comme au moral.

Marie Antoinette (2006)
Al Weaver (à droite puis à gauche) est le comte d’Artois dans Marie-Antoinette (2006) de Sofia CoppolaMarie Antoinette (2006)
Artois - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 037l1811
La comtesse d’Artois et ses enfants, Louis Antoine duc D’Angoulême, Sophie
et Charles Ferdinand duc de Berry par Ignazio Pie Victorien Cloche, 1779

Le 19 décembre 1778

La Reine met au monde Son premier enfant : Marie-Thérèse-Charlotte qu’on appelle Madame Royale.

En 1779

Au cours d’un bal, une altercation oppose la duchesse Bathilde d’Orléans au comte d’Artois.

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Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon

Le comte d’Artois écrase son masque sur la figure de la dame qui avait arraché le masque du prince, vexée qu’il se présentât à l’ opéra de Paris en compagnie d’une femme qu’elle haïssait, Madame de Canillac.  Au mépris du scandale et de l’autorité du Roi, les deux jeunes princes du sang, Charles-Philippe et le duc de Bourbon,  se battent en duel, ce qui n’empêcha pas l’épouse bafouée d’écrire et de faire représenter deux ans plus tard une pièce dans laquelle elle se moque ouvertement de sa belle-famille.

Duel dans La Grande Cabriole (1I989) de Nina Companeez L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-Grande-Cabriole-duel-2-1024x661.png.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-Grande-Cabriole-duel-3-1024x661.png.

L’adultère de son mari éclate au grand jour en 1781, le scandale est immense et retombe entièrement sur la duchesse. Le duc demande la séparation de corps. Le duel s’était terminé en une sympathique embrassade.

Louis-Antoine de Bourbon, Duc d'Angouleme, 1785, by Joseph Boze. The Duc d"Angouleme became Louis XIX for about 10 minutes in 1830.
Louis Antoine de Bourbon (1775-1844), duc d’Angoulême

Composition de la Maison du comte d’Artois dans les années 1770-80 :

Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 1153
Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 291
Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 346
Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 433
Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 530
Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 625
Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 720
Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 818
Artois - 1er janvier 1789: Maison de Monseigneur le Comte d'Artois 1154
Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 5 Reauni10Charles Philippe de France, comte d’Artois, frère du Roi, colonel général des Suisses et Grisons.
Réunion de gardes suisses et gardes françaises de 1780 par Nicolaus Hoffmann (graveur)

En 1780

Marie-Joséphine de Provence désire l’installation d’une petite salle-à-manger et d’un salon en hémicycle contigu pour servir au jeu et au billard nécessaire aux soupers qu’elle offre chaque soir à la famille royale . Cette salle-à-manger destinée aux « soupers des petits cabinets »- soupers intimes sans domestiques dont a parlé Pierre de Nolhac dans ses ouvrages – est installée dans les anciennes pièces de service de la Dauphine détruites situées sous le cabinet doré de la Reine, là on a installé provisoirement un billard avant 1779. Cette salle-à-manger paraît bien étroite car toute la famille royale est conviée par la princesse : à savoir le Roi, la Reine, Monsieur, le comte et la comtesse d’Artois, les trois Mesdames tantes et Madame Elisabeth quand elle sera en âge. Cette petite pièce ouvrant par une fenêtre sur la cour intérieure de la Reine, appelée dès lors « cour de Monsieur », est donc prolongée sur l’appentis, pris sur l’ancien oratoire de la Dauphine, sous la terrasse du cabinet doré de la Reine.

Dîner familial chez la comtesse de Provence par Benjamin Warlop

Chacun, sauf le Roi, apporte son repas qui est placé par le service sur des plats posés sur une grande table ovale dressée dans la seconde chambre de Madame. Les serviteurs se retirent alors et chaque convive compose son repas en se servant soi-même et en prenant assiettes et argenterie qui ont été placées sur des servantes.

Le 8 juin 1780

Le comte d’Artois nomme, à la place de sous-gouvernante de ses enfants, la marquise de Sanzillon, qui faisait précédemment le service en qualité de surnuméraire.

Artois - 08 juin 1780: M. le comte d’Artois D8l9im11
Marie Green de Saint-Marsault, marquise de Sanzillon

À la fin de l’été 1780

Louise de Polastron tombe malade à tel point que l’on craint pour sa vie, et les présentations doivent être reportées. Marie-Antoinette, inquiète, vient souvent prendre de ses nouvelles. Le père de Louise écrit à son frère le comte de Lussan :

« La Reine a pris le plus tendre intérêt à elle, et quoiqu’elle fut logée hors du château, elle a été plusieurs fois passer des heures entières auprès de son lit avec le comte d’Artois.

On remarque que le jeune frère du Roi Louis XVI se montre déjà soucieux de sa santé…

Le dimanche 3 décembre 1780

Louise de Polastron est présentée à la Cour . Vêtue d’une robe de drap d’or, elle porte des diamants que Marie-Antoinette lui a prêtés pour l’occasion !

En 1781

Le second Cabinet Turc du comte d’Artois 

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion ) 

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Il prend la place de la bibliothèque et du cabinet intérieur aménagés en 1773 dans les entresols. Il est éclairé par deux fenêtres. La pièce est doublée sur deux côtés d’un couloir où sont les armoires pour les livres. Une niche, recouverte de glaces, est encadrée de fausses portes de bibliothèque menant au couloir.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Plan-des-entresols-de-lAppartement-du-Comte-dArtois.-Second-Boudoir-Turc.-1024x366.jpg.Plan des appartements Artois en 1775

Le reste du décor se compose de «turquerie ». Quatre portes et fausses portes sont peintes. 

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-4-678x1024.jpg.

Le meuble est un lampas bleu broché. Jacob livre une paire de guéridons, un écran de cheminée, une grande sultane pour l’alcôve, deux lits de repos, deux bergères, quatre fauteuils, six chaises et une console. Des candélabres et une pendule se trouvent sur les consoles.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-console-de-Jacob.jpg.
Console du Cabinet Turc (aujourd’hui au Louvre)L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-console-de-Jacob-2-1024x678.jpg.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-console-de-Jacob-3-1024x678.jpg.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-console-de-Jacob-4-1024x678.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-mobilier-1-1024x678.jpg.Deuxième salon de l’Impératrice à Fontainebleau : mobilier du Cabinet TurcL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-mobilier-4-1024x678.jpg.
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Ce décor luxueux est aujourd’hui dispersé dans plusieurs lieux :
– Les boiseries, longtemps conservées à Versailles, sont aujourd’hui au Louvre,
– Les fauteuils, les bergères et les chaises, qui ont meublé pendant des années le Cabinet de la Méridienne de la Reine à Versailles, sont à Fontainebleau,
– Les candélabres sont à Buckingham Palace,
– La console est au Louvre,
– Enfin, la pendule dans le Salon des Nobles de la Reine à Versailles.

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Pendule aux sultanes et les deux candélabres aux autruches aujourd’hui dans le Salon des nobles de la Reine à Versailles.
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Candélabre actuellement a Buckingham Palace
Paire de candélabres aux autruches de François Rémond ; bronze ciselé et doré ; 1782.
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On y retrouve le luxe de la Reine dans Son cabinet doré :

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Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François (1781-1789).

Marie-Antoinette accouche enfin d'un premier Dauphin, le 22 ...
Naissance du Dauphin par Jean-Michel Moreau, le jeune
Marie-Antoinette et le dauphin Louis-Joseph par Benjamin Warlop

L’arrivée du Dauphin éloigne davantage encore les frères du Roi du trône…  ils ignorent l’un et l’autre qu’il l’occuperont pourtant un jour…


Joël Felzines (à droite) incarne Artois dans la série Marie-Antoinette (1976) de G.-A. Lefranc
The children of the comte d'Artois (Charles, Sophie and Louis) by Rosalie Filleul, 1781
Les enfants du comte d’Artois (Charles, Sophie and Louis) par Rosalie Filleul, en 1781

Le 11 Novembre 1781

« Les frères du Roi et les princesses leurs épouses ont eu une bonne contenance à la naissance du Dauphin; depuis cet événement on ne parle plus de la grossesse réelle ou non de Madame; cette circonstance devient indifférente. On présume qu’au bout d’un certain temps Monsieur et Madame songeront à s’établira Paris. Le Roi inclinerait fort à cette séparation, mais elle ne pourrait guère avoir lieu sans que M. le comte d’Artois ne prît le même parti, et l’affection que lui porte la Reine en retardera sans doute l’époque; rien n’est décidé encore pour le payement des dettes de ce prince.

Mercy à Joseph II
Louis XVI et ses frères par Benjamin Warlop d’après Roslin

« Plus amateur de plaisirs que d’études, il avait pourtant, selon le bruit général, cette aisance de grand monde, cette amabilité légère qui plaît aux femmes. Aussi, s’il en faut croire la chronique, peu de beautés lui furent cruelles.

Mémoires du comte d’Hézecques

La bibliothèque du comte d’Artois

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )

Cette bibliothèque est aménagée au-dessus de la chambre à coucher du comte.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Plan-de-lentresol-du-lAppartement-du-Comte-dArtois.-1024x320.jpg.Plan de l’entresol du l’Appartement du Comte d’Artois. La bibliothèque (D) et la Cabinet (DD).

La bibliothèque et le Cabinet Intérieur sont conçus et décorés ensemble.

On connait peut de chose de ces deux pièces. Aucune élévation n’existe.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-bibliotheque-du-comte-dArtois-1-1024x678.jpg.

Cependant, l’Inspecteur Lécyer prévoyait 30 000 livres pour l’aménagement de ces deux pièces. La somme de 10 000 livres revenait à Dutems pour la peinture et la dorure.
Quant aux glaces, elles consistaient en une glace au tain pour la cheminée, deux pour le côté de la niche, une grande glace blanche pour le fond de la niche, les armoires de bibliothèque au nombre de dix étaient sur deux registres avec une glace de plus grande hauteur sous une glace carrée.
Grâce au plan conservé aux Archives Nationales et à la livraison des glaces, on peut se figurer la pièce avec précision : une niche face à la fenêtre, la cheminée en griotte d’Italie surmontée d’un trumeau de glace.
Dix armoires de bibliothèques et deux autres portes de communication rythmaient la pièce.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-bibliotheque-du-comte-dArtois-2.jpg.

Du mobilier de cette pièce, nous est parvenu le fauteuil de bureau livré par Jean-René Nadal.
Surmonté d’une couronne de fleurs et d’instruments de musique, le dossier cintré à médaillon ovale est sculpté d’un faisceau de baguettes feuillagées. La traverse supérieure se prolonge jusqu’aux accotoirs qui sont terminés par des feuilles d’acanthe.

Fauteuil de bureau Attribué à Jean-René Nadal l'aîné, maître en ...

L’assise, le dossier, les joues et l’arrière du fauteuil sont couverts de quatre cuirs différents.  Il porte la marque au feu «CDT » comme provenant du Garde-Meuble du comte d’Artois. Il est aujourd’hui conservé au Musée Nissim de Camondo à Paris.

En 1782

Une grossesse de la comtesse d’Artois paraît suspecte. Les rapports entre les époux sont de longue date inexistants.

L’on suspecte un garde du corps que Louis XVI envoie servir aux colonies, ce à quoi Madame Adélaïde rétorque qu’« il faudrait y envoyer toutes les compagnies ». Pardonnée par son époux mais encore davantage discréditée, la comtesse d’Artois met au monde à huit mois de grossesse une fille, Mademoiselle d’Angoulême, qui ne vivra que six mois.

« M. le comte d’Artois, affable à tout le monde, ayant dans le caractère cette gaieté qui est commune à sa nation, était adoré du peuple. Ses courses fréquentes à Paris, ses dépenses mêmes contribuaient à cette popularité. Seuls les partisans de la saine morale blâmaient ses égarements et ses prodigalités, qu’ils attribuaient à sa jeunesse. Je sais que ce prince n’a point reçu l’éducation nécessaire pour vivre dans des temps difficiles ; et toutes les fautes qu’on peut lui reprocher depuis sa sortie de France, sont la suite d’une qualité innée à toute la famille des Bourbons, d’une trop grande bonté, d’où provient une extrême facilité à se laisser conduire, et trop peu de discernement pour choisir ses conseillers. La conduite de M. le comte d’Artois, en Angleterre et en Allemagne, en est la preuve ; mais, jouet malheureux des puissances européennes, il n’a pu avoir de volonté.

Mémoires du comte d’Hézecques
Charles-Ferdinand, duc de Berry par Joseph Boze

Le 6 janvier 1783

Naissance de  Mademoiselle d’Angoulême. La petite fille paraît très chétive dès sa naissance…

Malgré le rythme soutenue des naissances successives, de celle du duc d’Angoulême, puis de Sophie (Mademoiselle d’Artois), celle de Charles Ferdinand duc de Berry, et enfin de la princesse Marie-Thérèse, la comtesse d’Artois sait très bien que son couple n’incarne en rien les vertus familiales. Le comte d’Artois continue d’honorer sa femme mais aussi les nombreuses autres. Lorsque la Comtesse d’Artois est enceinte et en pleine maternité, il est libre de faire ce que bon lui semble. L’Étiquette interdisant tout rapport dès le sixième mois et jusqu’au sixième mois après accouchement, il en profite allègrement pour courir les ballets, les fêtes, les demoiselles de l’Opéra, les actrices et les grandes dames de la bourgeoisie et de la Cour.

Souffrant de cette situation et de cet abandon, elle entretient dès 1780 une liaison avec un homme attaché a son service… un garde-chasse, Pierre Desgranges . Le mari volage mais offensé prit des sanctions si disproportionnées pour châtier l’imprudent qu’elles choquèrent l’opinion. Pourtant il était dans son bon droit à cette époque. Si les princes pouvaient entretenir de multiples relations, les princesses, elles, ne devaient en aucune façon s’oublier et oublier leur rang et ce qu’elles représentaient. Le scandale de sa sœur s’affichant avec une maîtresse, s’il portait atteinte à la morale de l’époque ne portait aucunement atteinte au principe de légitimité. La comtesse d’Artois avait pris le risque de donner naissance à un potentiel bâtard et cela ne se pouvait. Recluse qu’elle était, elle était désormais finie à la Cour de France, sous étroite surveillance, cantonnée à son rôle de mère et d’épouse.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Portrait-de-Louis-Antoine-de-Bourbon-duc-dAngouleme.jpg.Portrait de Louis Antoine de Bourbon (1755-1884), duc d’Angoulême

De mi-juin au 12 juillet 1783

Séjour de la Cour au château de La Muette.

Le 22 juin 1783

Mort de la dernière née de la comtesse d’Artois ( oserait-on désigner le comte comme le père?), Mademoiselle d’Angoulême,  qui avait six mois.

Du 9 octobre au 24 novembre 1783

Long séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le mardi 2 décembre 1783

Desgranges, escorté de trois inspecteurs de police est incarcéré à la Bastille.

Desgranges ne reste que quelques mois à la Bastille, son emprisonnement se termina au plus tard au début de l’été 1784 : ce premier constat souligne le fait que si le garde du corps du frère du Roi s’était rendu coupable d’une faute qui avait imposé l’injonction d’une lettre de cachet, force est de reconnaître que son emprisonnement fut court.

La comtesse d'Artois et ses enfants - Histoire et Secrets
Marie-Thérèse , comtesse d’Artois et ses enfants : les ducs d’Angoulême et de Berry
et la petite Sophie d’Artois (1783) par Charles Leclercq
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Famille-Royale-en-1783-1024x677.jpg.La famille royale en 1783

Le 5 décembre 1783

Décès de «Mademoiselle » Sophie d’Artois, née en 1776.

« Mademoiselle est morte hier, à dix heures du soir. M. le comte d’Artois en est dans le plus grand chagrin. Elle a souffert pour mourir autant qu’une grande personne et avec un courage étonnant; c’est ce qui la fait regretter encore davantage. Tout le château est dans une tristesse mortelle. La petite Madame a la fièvre tierce et hier le roi a été incommodé toute la journée. Comme c’est une chose qui ne lui est pas encore arrivée, on a craint qu’il ne tombât malade; mais ce matin il est très bien et ne souffre plus. Tu vois, ma chère, que tout était éclopé, sauf les personnes auxquelles tu t’intéresses le plus et qui se portent à merveille.
Je crois que les soupers de ma sœur  vont commencer mardi; tu serais charmante d’y venir pendant ton séjour à Saint-Germain.

Madame de Polastron à Madame de Laage de Volude

Le 27 mars 1785

Naissance de Louis-Charles, duc de Normandie, surnommé «Chou d’Amour » par Marie-Antoinette, Dauphin en 1789 et déclaré Roi de France en 1793 par les princes émigrés sous le nom de Louis XVII.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Louis-Charles-768x1024.jpg.
Le duc de Normandie par Elisabeth Vigée Le Brun

Le 28 août 1785

On célèbre la cérémonie de baptême du duc d’Angoulême, dix ans, et du duc de Berry, qui a sept ans et demi. Le Roi et la Reine sont les parrains du duc d’Angoulême. Les parrains du petit-duc de Berry sont Carlos III, Roi d’Espagne (représenté par le comte Provence) et sa marraine, Marie Antoinette d’Espagne, Reine de Sardaigne (représentée par la comtesse de Provence).

Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4
La comtesse d’Artois et ses trois enfants : le duc d’Angoulême (1775),
Mademoiselle d’Artois (1776) et le duc de Berry (1778)

A la chapelle royale de Versailles, la cérémonie est précédée par Armand de Roquelaure, évêque de Senlis. Aucun prince n’a le ruban bleu sur son costume. Les cent gardes suisses sont en grande tenue.

« Les deux enfants de M. le comte d’Artois étaient élevés sous les yeux du duc de Sérent, dans le château de Beauregard, situé au milieu des bois, du côté de Marly, et appartenant alors au marquis de Montaigu. Ces deux princes ne présentaient point de grands moyens ; et leur vie, depuis le renversement de leur dynastie, a toujours été assez obscure.

Félix d’Hézecques
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Gravure représentant la comtesse d’Artois, ses trois enfants et leur gouvernante

Appartement commun des ducs d’Angoulême et de Berry,
Premier étage de l’Aile du nord (1785-1789)

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )

– Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême :

Né le 6 août 1775 à Versailles, il est le fils aîné du comte d’Artois et de Marie-Thérèse de Savoie.

Il est titré à sa naissance duc d’Angoulême par Louis XVI. Louis Antoine d’Artois est baptisé tardivement le 28 août 1785, le même jour que son frère. Son parrain est Louis XVI et sa marraine Marie-Antoinette.

 Charles-Ferdinand d’Artois, Duc de Berry :

Charles-Ferdinand d’Artois est né le 24 janvier 1778 à Versailles. Il est le fils du comte d’Artois, frère de Louis XVI, futur Charles X, et de Marie-Thérèse de Savoie.

Le 28 août 1785, Charles-Ferdinand d’Artois et son frère Louis-Antoine sont baptisés à la Chapelle du Château de Versailles en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

Le comte d’Artois confie l’éducation de ses deux fils au duc de Serent, qui occupe l’appartement à l’extrémité de l’Appartement commun des deux frères.

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– Description de l’Appartement :

Après leur baptême, le duc de Berry et le duc d’Angoulême emménagent dans un appartement double au premier étage de l’Aile du Nord, donnant sur les jardins. Cet appartement était précédemment occupé par la duchesse de Civrac, dame d’Atour de Mesdames et la duchesse de Narbonne, dame d’Honneur de Madame Adélaïde.

Cet appartement se compose de neuf pièces à l’étage noble, dont cinq à cheminées et onze pièces en entresols dont cinq à cheminées.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Plan-du-premier-etage-de-lAppartement-des-enfants-Artois-1024x292.jpg.Plan du premier étage de l’appartement

L’Appartement se compose d’une salle des gardes ouvrant dans la Galerie de Pierre, d’un cabinet des Nobles, de la chambre du duc d’Angoulême, d’un cabinet de travail et de la chambre du duc de Berry. Les pièces à l’entresol sont occupées par les valets de Chambre.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Plan-de-lentresol-des-enfaqnts-du-comte-dArtois-1024x268.jpg.Plan de l’entresol de l’appartement

Le duc de Serent, Gouverneur des Ducs, occupe l’extrémité de cet appartement.
Il est composé de trois pièces à l’étage Noble (antichambre, salle à manger et d’un salon). Par un escalier, on accède à l’entresol où l’on trouve la chambre, un cabinet et une garde-robe.

Le 16 juillet 1789, les deux Princes quitteront Versailles pour partir en exil avec leur père.

Les enfants du comte d'Artois, gravés par Dup...
Les enfants du comte d’Artois avec leur mère et leur gouvernante par Dupin

Dans Le Barbier de Séville du sulfureux Beaumarchais, lors de la représentation du  à laquelle assista l’auteur, Charles d’Artois tient le rôle de Figaro, aux côtés de la Reine qui interprète Rosine. .La comédie Le Mariage de Figaro avait pourtant été interdite jusqu’en 1784. 

Al Weaver
Al Weaver est Artois dans Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

La curiosité d’un Prince,
Le Cabinet de Curiosité du comte d’Artois

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Entre 1785 et 1789, Charles-Philippe de France, comte d’Artois, acquiert divers fonds privés dans le but de constituer une bibliothèque et un cabinet de spécimens naturalistes et d’objets exotiques susceptibles de servir à l’éducation de ses fils, suivant une pratique répandue dans les familles royales et aristocratiques sous l’Ancien Régime.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-Cabinet-de-Curiosite-du-comte-dArtois-1-1024x711.jpg.L’hôtel de Sérent

La garde en est confiée à Denis-Jacques Fayolle, ancien commis au Bureau des Colonies d’Amérique et grand amateur de sciences naturelles.

Considérablement enrichie, la collection est installée peu de temps avant la Révolution à Versailles, dans l’Hôtel du Marquis de Sérent, gouverneur depuis 1780 des jeunes ducs d’Angoulême et de Berry, au 8 rue des réservoirs.

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Le marquis Armand-louis de Sérent (Anonyme)

Le cabinet est saisi en 1791 et son contenu inventorié l’année suivante par Fayolle : l’ensemble est d’une envergure impressionnante, comprenant 14 538 spécimens naturalistes issus en partie de sa collection personnelle.

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Globe terrestreL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Globe-terrestre-2-1024x678.jpg.

Le château de Versailles qui le jouxte devient le dépôt des saisies de la Commission Temporaire des Arts chargée de superviser l’inventaire et la sauvegarde des objets d’arts et du mobilier d’intérêt public dans le département de Seine-et-Oise. Ce dépôt est transformé en musée central des Arts en 1796, puis en musée spécial de l’Ecole française en 1797, institution dédiée à la peinture et la sculpture française.

L’hôtel de Sérent est aujourd’hui la bibliothèque municipale de Versailles.

En 1786

Artois commence à s’intéresser à la politique à l’âge de vingt-neuf ans avec la première grande crise de la monarchie après laquelle il prend la tête de la faction réactionnaire à la cour de Louis XVI. Le comte d’Artois devient le chef de file des réformateurs de ce que Jean-Christian Petitfils appelle la « révolution royale », c’est-à-dire le projet radical de Calonne. Le comte d’Artois coûte un certain prix à l’État : ses menus plaisirs (2 400 000 de francs), ses achats de domaines et de propriétés (7 231 372 livres), ses écuries (1 million de livres), ses vêtements et ses dettes représentent un important coût dans le trésor de l’État.

Marie Antoinette (2006)
Al Weaver est Artois dans Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
Al Weaver

En 1787

Depuis son déménagement, Madame dispose du palier du nouvel escalier de l’ancienne antichambre de la princesse de Lamballe devenue une première antichambre à une fenêtre où se tient sa sentinelle. La seconde salle est l’ancien petit salon où la princesse de Lamballe avait coutume de recevoir la Reine. C’est maintenant une seconde antichambre, plus grande a deux fenêtres, qui sert de salle-à- manger, où elle continue à convier la famille royale à souper «tous les soirs, à huit heures précises ». Les convives se régalent du traditionnel potage aux petits oiseaux, que la princesse prépare elle-même . Chaque membre de la famille fait apporter son dîner, auxquels on met la dernière main dans de petites cuisines à portée de l’appartement de Madame.

« Excepté les jours où il donnait à souper chez lui, le Roi n’y manquait pas un seul jour … »

Mémoire du comte d’Hézecques

Du 10 octobre au 16 novembre 1787

Dernier séjour de la Cour de Louis XVI à Fontainebleau.

Calonne se heurte donc aux notables réunis en assemblée : Charles accepte la suppression des privilèges financiers de l’aristocratie, mais non la réduction des privilèges sociaux dont jouissent l’Église et la noblesse. Il pense qu’on peut réformer les finances de la France sans renverser la monarchie. Selon ses propres mots, « le temps est venu de réparer mais non de démolir ». Il suscite la colère du tiers état en s’opposant à toute initiative d’accroître son droit de vote en 1789.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Lete-de-la-revolution-Artois-1024x780.jpg.
Le comte d’Artois est interprété par Hervé Bellon dans L’été de la Révolution de Lazare Iglésis

Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Ouverture-des-Etats-Generaux-1024x568.jpg.

Les souvenirs du marquis de Ferrières nous éclairent sur le rôle tenu par le salon de la duchesse de Polignac entre le moment où les Etats généraux se sont réunis et les événements du 14 juillet. On y perçoit la manœuvre qui s’y joue pour rallier à leurs idées l’ensemble des députés du second ordre et notamment les provinciaux moins acclimatés aux méandres de la politique parisienne et à ses intrigues de Cour :

« Les grands ont soin d’entretenir notre résolution de ne point consentir au votement par tête. Ils disent ouvertement que la noblesse de province sauvera l’état.« 

Si, dans ses activités de lobbying, la duchesse semble se cantonner à son rôle d’hôtesse aimable , mais assez passive, si le duc, à son habitude, s’y montre absent, on y voit par contre déployer tous leurs talents le comte d’Artois, Diane de Polignac et le comte de Vaudreuil.

Le 22 mai 1789

« Je dinai chez la duchesse de Polignac. Le comte d’Artois y vint dîner. Libre, familier, causant avec l’un, causant avec l’autre, de manières engageantes, il se mit à table. On me plaça entre la comtesse Diane de Polignac et le fameux comte de Vaudreuil. Grâce aux ressources que j’ai dans l’esprit, la conversation se soutint sans langueur entre nous trois. Ce fut même au point que je n’eus pas le temps de manger, quoique le dîner fût magnifique et délicat. Le comte et moi sommes devenus amis. Il est charmant, simple, rempli d’esprit et de finesse ; il aime les arts, cultive les lettres. Je ne suis point étonné de son succès ; c’est l’homme le plus aimable de la cour. La comtesse Diane a de l’esprit. C’est elle qui gouverne sa famille. Elle me fit un compliment fort honnête au sortir de la table et je m’aperçus bientôt qu’elle avait rendu un témoignage avantageux de moi. La duchesse m’adressa la parole et M. le comte d’Artois vint directement à moi et causa un moment […]. C’est une maison où l’on est libre, on y parle et comme le dit la duchesse, c’est l’Hôtel de la liberté

Le marquis de Ferrières

Le 29 mai 1789

« J’étais entre la comtesse Diane et le comte de Vaudreuil. La comtesse est, dit-on, l’esprit de la famille ; elle en a effectivement. Le comte est charmant ; je n’ai point vu d’homme plus aimable. […] La duchesse de Polignac ne parle pas et a l’air ennuyée. Sa jolie fille, la duchesse de Guiche ne dit pas non plus grand chose.»

Le marquis de Ferrières

Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

Mort du Dauphin dans les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le 11 juillet 1789

En liaison avec le baron de Breteuil, Artois noue des alliances politiques pour chasser Necker. Ce plan échoue quand Charles essaie de le faire renvoyer, sans que Breteuil soit au courant, beaucoup plus tôt que prévu à l’origine. C’est le début d’une brouille qui se change en haine réciproque. Artois rencontre Talleyrand à la demande de ce dernier, qui propose de dissoudre l’assemblée et de convoquer de nouvelles élections avec un autre mode de scrutin. Si l’évêque d’Autun n’est pas suivi sur cette mesure, il semble avoir fait effet puisque Louis XVI rassemble des troupes dans et autour de Paris. Pour le comte d’Artois, il s’agit avant tout d’une démonstration de force plus que d’une nécessité…


Romain Sandère incarne Charles d’Artois
dans Louis XVI, l’Homme qui ne voulait pas être Roi (2011) de Thierry Binisti

Le 11 juillet 1789

Le comte d’Artois se trouve chez la duchesse de Polignac. Il aperçoit le comte des Cars sur la terrasse de l’Orangerie, il l’appelle et lui confie : 

« Si tu promets le secret, je te dirai quelque chose qui te fera plaisir. Eh bien ce soir, il ne sera plus à ses fenêtres (me montrant celle de la Surintendance [où se trouvent installés les bureaux de Necker]). C’est enfin décidé entre le roi et la reine.»

Mémoires du duc des Cars

Le 13 juillet 1789

« J’avais cédé, mon cher frère, à vos sollicitations, aux représentations de quelques sujets fidèles; mais j’ai fait d’utiles réflexions. Résister en ce moment, ce serait s’exposer à perdre la monarchie; c’est nous perdre tous. J’ai rétracté les ordres que j’avais données ; mes troupes quitteront Paris ; j’emploierais des moyens plus doux. Ne me parlez plus d’un coup d’autorité, d’un acte de pouvoir ; je crois plus prudent de temporiser, de céder à l’orage, et de tout attendre du temps, du réveil des gens de bien, et de l’amour des français pour leur roi.
Louis »

Louis XVI au comte d’Artois

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

Comment la prise de la Bastille est-elle racontée par Jules Michelet ? – Un  Texte Un Jour

Ce n’est pas tant la prise de la Bastille qui effraie, c’est avant tout la fureur du peuple qui dans son insurrection à publié la fameuse liste noire, la liste où sont inscrits toutes les personnes qu’il faut abattre. La Reine est un tête de la liste suivie de son beau-frère Artois.


A droite , Francis Leplay incarne le comte d’Artois dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)
Francis Leplay incarne le comte d’Artois
dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Le 16 juillet 1789

Le comte et la comtesse d’Artois émigrent. Marie-Thérèse quitte la France dans ce premier fourgon d’émigrés, emportant le nécessaire, pensant surtout revenir. Pour preuve, elle avait commandé un service de porcelaine à Sèvres, identique à celui Riche en Or et en Couleur de Marie-Antoinette qui venait à peine de lui être livré et qu’elle laissa en France pensant le retrouver assez vite.

En trois jours Versailles et la Cour de France ne sont plus qu’un souvenir.

Artois parcourt les diverses cours de l’Europe pour chercher des défenseurs à la cause royale.

« Quand le roi vint à Paris, le 17 juillet 1789, le comte d’Artois voulait absolument y aller à sa place, quoiqu’il connût bien les dangers que la faction d’Orléans lui préparait. Mais il est dans la nature de l’homme généreux de braver un péril pour le détourner d’une tête chérie. C’est un des beaux traits de la vie du prince. Le roi s’opposa à son dessein, et fut si convaincu dans ce voyage des projets homicides des factieux, qu’il obligea son frère à quitter la France.»

Mémoires du comte d’Hézecques

Les dettes du comte d’Artois s’élèvent alors à 21 850 000 livres…

De septembre 1789 à juillet 1791

Artois se trouve à Turin— chez son beau-père et son beau-frère — , où il porte alors le titre de « marquis de Maisons » (et où il crée le Comité de Turin qui a pour vocation essentielle d’organiser la contre-révolution depuis l’étranger), ainsi qu’à Bruxelles, résidence de son oncle maternel l’archevêque-électeur de Trêves et Liège.

A son épouse effacée et morose, Charles préfère la compagnie distrayante de Louise de Polastron (1764-1804) et quitte sa femme pour ne plus la revoir qu’en de rares occasions.

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Louise d’Esparbès de Lussan, comtesse de Polastron par Alexandre Kucharski

Prétextant son devoir de rejoindre l’armée des Princes, il fausse compagnie à sa femme et à ses fils. Loin de son époux, c’est la comtesse d’Artois qui va prendre en charge, aidée de sa famille, l’éducation de ses fils.

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

4 août 1789 : abolition des privilèges et droits féodaux | RetroNews - Le  site de presse de la BnFLa Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 — Wikipédia

Le 14 septembre 1789

Le comte d’Artois est reçu officiellement au château de Moncalieri, résidence estivale de la Maison de Savoie.

Le prince Charles-Felix a observé la scène des retrouvailles de Clotilde et de son frère :

« Le Roi le conduisit chez la princesse de Piémont et nous l’y avons suivi. Elle attendait dans son cabinet avec la duchesse d’Aoste et Madame Félicité, parce qu’elle ne se sentait pas la force de soutenir cette entrevue en présence de tout le monde. D’abord qu’elle l’aperçut, elle se jeta à son col et s’écria « Ha ! mon frère !». Ils restèrent tous les deux fort longtemps embrassés et se donnèrent les marques de la plus grande tendresse. » tandis que le prince Joseph-Benoit, comte de Maurienne, ajoutait :                                                                                                       « Ils s’embrassèrent si serrés qu’ils en devinrent cramoisis.» !

Louise de Polastron quitte la France avec son fils, ses parents, mesdames de Poulpry et de Laage. Elle est Installée à Berne, puis à Rome…

Parcourant les Cours européennes, loin de sa bien aimée, le comte d’Artois ne cesse de solliciter son ami le comte de Vaudreuil, qui doit lui raconter en détail les journées de Louise, et le tenir informé de ses moindres soucis de santé.

Il meurt d’envie de la rejoindre, mais ne faut pas qu’il paraisse dominé par ses passions amoureuses en ces temps troublés. Vaudreuil lui tient ce langage :

« Il faut que l’amour soit la récompense et le dédommagement des grandes peines ; mais il ne faut pas que quelques jours de bonheur et de jouissance l’emportent sur les devoirs les plus importants.»

Elle et Artois continuent, malgré tout, à vivre ensemble en exil

Le 20 septembre 1789

La famille royale de Sardaigne accueille la comtesse d’Artois visiblement submergée d’émotion de retrouver ses parents après seize ans de séparation :

« Elle se précipita comme elle put, n’ayant plus ni jambes, ni voix, dans l’excès de sa joie. Elle embrassait tout le monde, sans les connaitre distinctement

Princesse à la santé physique et psychologique fragile, elle sollicite les conseils de Clotilde et puise chez sa belle-sœur la force qui lui manque dans une confiance sans malice.

Dès le 26 septembre 1789

Le prince héritier du trône de Sardaigne se plaint «de la trop grande familiarité du comte d’Artois » tandis que le duc de Genevois reconnaît «s’être horriblement emporté sur l’impertinence des Français« !

La Maison de Savoie supporte mal le ton et les manières du frère de Louis XVI qu’elle considère comme désinvolte, hautain, «étourdi et insolent. » D’ailleurs, la présence de sa maîtresse, la comtesse de Polastron, pose d’insolubles problèmes et le comte d’Espinchal prévient que

« le prince doit user de beaucoup de ménagements. Il se trouve au milieu d’une Cour très sévère sur le chapitre des mœurs. Le séjour de Madame de Polastron ferait un mauvais effet s’il se prolongeait trop longtemps. Tout cela est très embarrassant.»

Le 5 octobre 1789

Des milliers de femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Matin-du-6-octobre-1789.jpg.

L’entourage du comte d’Artois ne pense pas s’éterniser à Turin, mais malgré tout Victor-Amédée III se montre très généreux envers son gendre en lui assurant une pension, la disposition du palais Cavaglia, des serviteurs, des voitures et des chevaux.

Le 20 février 1791

Départ de Mesdames Adélaïde et Victoire qui partent pour Rome.

Le 20 mars 1791

Marie-Antoinette écrit à Artois : 

« J’espère, mon cher frère, que mes tantes vous ont parlé de moi et vous ont dit et bien prouvé que ce n’est ni manque d’amitié, ni manque de confiance, qui fait que nous avons été si longtemps sans vous écrire. Ma sœur a dû vous parler aussi pour moi du voyage que vous vouliez faire à Vienne. Si vous m’aviez consultée, je vous en aurais dissuadé. Mais, croyez que jamais je n’eusse écrit à d’autres que vous pour vous en empêcher. Votre frère, quoique se portant mieux, n’est pas encore en état de vous écrire (…)»

Au printemps 1791

Le comte d’Artois prend définitivement congé de sa belle-famille, ce prince ne disposant plus des moyens politiques qu’il juge nécessaires dans ses visées contre-révolutionnaires. Il part s’installer à Coblence en Allemagne Rhénane, chez son oncle maternel, le prince Clément-Wencesclas de Saxe, Électeur de Trèves.

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale.

La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

Départ de Monsieur et Madame ( le comte et la comtesse de Provence) qui prennent la route de Gand.

Le 21 juin 1791

 Le Roi et la Reine sont arrêtés à Varennes.

Chez l’épicier Sauce à Varennes, par Prieur

Les Provence passent la frontière.

Le 25 juin 1791

La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Le Roi est suspendu

En juillet 1791

Le comte d’Artois gagne la Grande-Bretagne.

Du 24 au 27 août 1791

Une entrevue est décidée d’abord entre Frédéric-Guillaume II (1744-1797), Roi de Prusse, et Léopold II (1747-1792), Empereur des Romains ; elle a lieu le 24 août, au château électoral de Pillnitz, dans le Duché de Saxe. Là se rend aussi le marquis de Bouillé, avec un plan d’opérations des armées étrangères sur les différentes frontières de la France. On y voit également l’ex-ministre Calonne, présent partout où il y avait des intrigues à conduire.

Le comte d’Artois prend également contact avec les souverains ; mais il a beau les presser de tirer l’épée du fourreau, Bouillé a beau leur développer son plan d’invasion, Calonne a beau se montrer souple, hardi, persuasif : la perspective d’une guerre avec la France, d’une guerre avec un peuple révolutionnaire, une guerre de ce caractère ne plaît que médiocrement à l’Empereur Léopold II, dont l’esprit circonspect en redoute les suites. Aussi, les résolutions qui sont adoptées se ressentent de ces dispositions.

En dernière minute, le comte d’Artois, non invité, arrache la déclaration des deux monarques, après la fuite manquée de son frère Louis XVI arrêté à Varennes et ramené de force à Paris (juin 1791). Les souverains demandent le rétablissement du Roi sur son trône et de ne pas porter atteinte à ses droits. Ils attirent l’attention de tous les souverains européens et les invitant à « agir d’urgence au cas où ils sont prêts ». L’empereur Léopold menace, à titre personnel, la France d’une guerre.

Tout ce que purent obtenir le comte d’Artois, Bouillé et Calonne, dans cette conférence fameuse, est la déclaration suivante, datée de Pillnitz, 27 août 1791 et signée par l’Empereur Léopold II et Frédéric-Guillaume II :

« Sa Majesté l’empereur et Sa Majesté le roi de Prusse, ayant entendu les désirs et les représentations de Monsieur et de M. le comte d’Artois, déclarent conjointement qu’elles regardent la situation où se trouve actuellement Sa Majesté le roi de France comme un objet d’un intérêt commun à tous les souverains de l’Europe. Elles espèrent que cet intérêt ne peut manquer d’être reconnu par les puissances dont le secours est réclamé, et qu’en conséquence elles ne refuseront pas, conjointement avec leursdites Majestés, les moyens les plus efficaces relativement à leurs forces, pour mettre le roi de France en état d’affermir, dans la plus parfaite liberté, les bases d’un gouvernement monarchique également convenable aux droits des souverains et au bien-être des Français. Alors, et dans ce cas, leursdites Majestés sont décidées à agir promptement et d’un commun accord, avec les forces nécessaires pour obtenir le but proposé et commun. En attendant, elles donneront à leurs troupes les ordres convenables pour qu’elles soient à portée de se mettre en activité. »

Cette déclaration, assimilée à un traité, sera reprochée à Louis XVI, au cours de son procès dans la séance du 11 décembre 1792.

Charles et Louise de Polarstron ne peuvent résister bien longtemps, et lorsque le comte d’Artois et toute sa petite Cour se transportent à Coblence, devenue la capitale de l’émigration, madame de Polastron s’installe avec son fils dans une maison louée pour elle.

En juillet 1792

Le comte d’Artois quitte Turin pour Coblence.

A la Cour de Turin les mœurs étaient rigides et simples. Le comte d’Artois, habitué au laisser-aller de la Cour de Versailles, s’était  difficilement accommodé d’une existence sévère et monotone.

Le Roi, son beau-père, par crainte des complications diplomatiques, était loin de le seconder dans ses entreprises contre la France Révolutionnaire.

Plus souvent à cheval qu’à l’étude, les fils de Charles et Marie-Thérèse se forment aux armes et à l’exercice dans l’espoir de rejoindre la vie trépidante de leur père, de l’armée et de quitter la sinistre ambiance de la Cour de Turin.

D’ailleurs leur grand-père maternel, Victor Amédée III, Roi de Sardaigne, est las des émigrés français. Leur insolence les rend insupportables, et surtout leur manque de moyen les rend indésirables. Il pousse donc ses petits-fils à voler de leurs propres ailes et les envoie à Coblence rejoindre leur père.

Pour l’invasion de la France afin d’opérer une contre-révolution, on découpe l’armée en trois groupes. Celle de Provence et d’Artois prend le nom d’« armée des Princes ».

Le 10 août 1792

Abolition de la Monarchie française.

Le 2 septembre 1792

Massacre de la princesse de Lamballe, sa cousine par alliance.

Massacres dans les prisons.

En septembre 1792

Il tente de rentrer en France à la tête d’une armée de 14 000 hommes mais doit rebrousser chemin après la bataille de Valmy (20 septembre) et se réfugie à Hamm en Westphalie.

À cela s’ajoute une autre mésaventure : l’empereur François arrête de financer l’armée, et ils ne sont sauvés que par les donations de Metternich (1773-1859), de Catherine II de Russie ( 1729-1769) et Frédéric-Guillaume de Prusse. Ce dernier accepte d’héberger le comte d’Artois à Hamm en Westphalie, où le jeune prince français apprend la décapitation de son frère Louis XVI.

Le 21 janvier 1793

Exécution de son frère, Louis XVI.

Louis XVI et l'Abbé Edgeworth au pied de l'échafaud le 21 Janvier 1793 /  Auteur : Charles Benazech en 1793. | Art historique, Louis xvi, Révolution  française

Louis-Stanislas se proclame « régent » pour le Dauphin, lequel demeure prisonnier des révolutionnaires à Paris, et le proclame Roi de France sous le nom de jure de Louis XVII.

En mars et avril 1793

 Artois reste six semaines à Saint-Petersbourg, en Russie, où il est reçu avec tous les honneurs par Catherine II. L’impératrice propose une alliance avec l’Angleterre à la condition qu’elle forme un corps de 12 000 hommes pour se jeter sur la Vendée et reprendre le pays en main. Mais Charles-Philippe n’est pas reçu par le roi George III (1738-1820) et n’a pu mettre les pieds à terre faute de ses dettes contractées à Coblence. Il est donc contraint de rentrer à Hamm.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1793

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette, place de la Révolution.

L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 Maacha10

Le 10 mai 1794

Madame Elisabeth est guillotinée à son tour.

“ … Madame Élisabeth was placed nearest the steps to the scaffold, but she was the last of the twenty-five called to ascend them; she was to see and hear the killing of them all before her turn should come. During that time she never ceased to say...

Le 5 juin 1794

« Une députation de la commune de Sens annonce que les corps des père et mère de Capet ont été exhumés du temple où ils étaient déposés et rappelés, après leur mort, à une égalité qu’ils n’avaient pas pu connaître pendant leur vie ; la députation a présenté les plaques qui étaient sur les cercueil qui, converties en balles, serviront à détruire nos ennemis.»

Moniteur du septidi 17 prairial an II

Les pauvres restes ne sont heureusement pas dispersés. La commune de Sens les fait enfouir au cimetière.

En août 1794

Artois quitte Hamm comme « comte de Ponthieu ».

Le 8 juin 1795

Louis XVII agonisant

L’annonce de la mort en prison du fils du défunt Roi Louis XVI âgé de dix ans, Louis XVII pour les royalistes, permet au comte de Provence de devenir le dépositaire légitime de la couronne de France et de se proclamer Roi sous le nom de Louis XVIII.

Artois est désormais appelé Monsieur.

En 1795

Charles veut opérer, avec le secours des Anglais, un débarquement à l’Île d’Yeu sur les côtes de la Vendée afin d’aider les insurgés vendéens, mais il n’y peut réussir. L’Angleterre se dit prête à envoyer 20 000 hommes en Vendée, demandant en contrepartie les cinq comptoirs des Indes et Saint-Domingue. Artois met les voiles sur les côtes françaises avec une flotte de 60 navires. L’expédition espère mettre le pied à Noirmoutier, mais la folle canonnade de la petite garnison républicaine du général Cambray les pousse à descendre plus bas, pour débarquer à l’Île d’yeu. Et là, l’armada reste bloquée. Elle perd ses communications avec Charette (1763-1796), elle doit aussi affronter les marées et les tempêtes, et dans le même temps les troupes meurent de faim. Le gouvernement anglais finit par demander le retour de la flotte, au grand dam de Provence qui nourrissait l’espoir de pouvoir régner sur son nouveau royaume depuis la mort de Louis XVII.

De 1795 à 1814

Artois se rend en Grande-Bretagne où il passe le reste de la révolution et du Premier Empire.

Le 19 décembre 1795

Marie-Thérèse, l’Orpheline du Temple, sa nièce, quitte sa prison vers quatre heures du matin le jour de ses dix-sept ans, escortée d’un détachement de cavalerie afin de se rendre à Bâle, où elle est remise aux envoyés de l’empereur François II.

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Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 5

Le 16 octobre 1796

Mort de son beau-frère, le Roi Victor-Amédée III.

Le frère de la comtesse d’Artois, Charles-Emmanuel ( 1751-1819), qui est aussi l’époux de Madame Clotilde de France, qui s’était vu dépossédé de tout son royaume à l’exception de la Sardaigne estime qu’il est de sa dignité de ne pas rester à Turin.

Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 5 Danlou11Le comte d’Artois à son bureau durant son exil au d’Holyrood (1797)  par DanlouxLe comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 5 Capt1604
Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 5 Comte_19Charles Philippe de France, comte d’Artois par Pierre-Henri Danloux, huile sur toile montée sur carton, 1798Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 5 097l1810

A partir de 1799

Artois réside à Londres au 46 Baker Street.

Le 7 juin 1799

Sa tante Madame Victoire meurt à Trieste, d’un cancer du sein.

Elisabeth Louise Vigée Le Brun | Madame Victoire de France | The  Metropolitan Museum of Art
Madame Victoire par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 10 juin 1799

Son fils, Louis-Antoine, duc d’Angoulême épouse au palais de Mittau en Russie sa cousine germaine Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI, en présence du comte de Provence et de son épouse. La cérémonie est célébrée par l’évêque de Metz, grand aumônier de France. Le couple n’aura pas d’enfants.

Description de cette image, également commentée ci-après

Marie-Thérèse et Louis-Antoine d’Angoulême

A partir de la fin de l’année 1799

Napoléon Bonaparte (1769-1821) dirige la France.

Viddy Well » Qui pour jouer le Napoléon de Spielberg ?
Bonaparte par Antoine-Jean Gros

Du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804

Bonaparte est Premier consul.

Tableau reproduction Bonaparte Premier Consul - Jean-Auguste-Dominique  Ingres - ReproductionsBonaparte Premier consul d’après Jean-Auguste-Dominique Ingres

Après le coup d’Etat du 18 Brumaire ( 9 novembre 1799)  et la mise en place du Consulat, Louis XVIII entre en négociations avec Napoléon Bonaparte en vue du rétablissement de la monarchie.

Napoléon Bonaparte, Premier Consul / Musée de la Ville de Bruxelles -  Maison du Roi – Inventaire du patrimoine mobilier

Le 27 février 1800

Madame Adélaïde meurt  à l’âge de soixante-huit ans, à Trieste.

Fichier:Élisabeth Louise Vigée Le Brun - Madame Adélaïde de France 1791.jpg  — Wikipédia
Madame Adélaïde par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 24 décembre 1800

Image illustrative de l’article Attentat de la rue Saint-Nicaise

Explosion de la machine infernale rue Saint-Nicaise ( visant à assassiner Bonaparte…)  dont on découvre la culpabilité des royalistes : le Premier consul rompt définitivement toute négociation et adresse une réponse sans ambages au prétendant :

« Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France ; il vous faudrait marcher sur cent mille cadavres… »

Le 7 mars 1802

Mort de sa sœur,  la Reine de Sardaigne,  Clotilde de France, qui sera reconnue « vénérable » par l’Eglise catholique en 1808.

145 – MARIE-CLOTILDE DE BOURBON (1759-1802) – Princesses de Savoie
La Reine Clotilde en prière
Éloignée du trône et de sa famille, la Reine se réfugie
dans la piété en attendant de se retirer de la vie officielle.

En 1804

Il œuvre au retour du Comte de Provence (futur Louis XVIII). Il fut accusé par Napoléon dans son testament d’avoir entretenu les hommes qui cherchèrent à l’assassiner, tentative qui fut l’origine de la mise à mort du duc d’Enghien (21 mars 1804).

Le 27 mars 1804

Louise de Polastron ( née d’Esparbès de Lussan) meurt précocement de la tuberculose à l’âge de trente-neufans.

Image associée

Après cette mort, Charles d’Artois se tourne intensément vers la religion, un trait de caractère qui ne le quitte plus jusqu’à sa propre mort. Louise lui fait promettre en outre de lui rester fidèle.

Du 18 mai 1804 au 11 avril 1814

Napoléon Ier règne sur la France en tant qu’Empereur.

Le 2 décembre 1804

Sacre de Napoléon Ier à Notre-Dame de Paris.

Le sacre de Napoléon et sa signification prophétique | Le Monde de DemainSacre de Napoléon Ier par Jacques David

De 1805 à 1814

Artois emménage au 72 South Audley Street à Londres, toujours.

File:Former home of Charles X in South Audley Street - geograph.org.uk -  1089874.jpg - Wikimedia Commons
File:Charles X - 72 South Audley Street Mayfair London W1K 1JB.jpg -  Wikimedia Commons

Le 2 juin 1805

Après une quasi-inexistence à la Cour, Marie-Thérèse, comtesse d’Artois s’éteint à l’âge de quarante-neuf ans. Elle est enterrée à Graz, dans le mausolée impérial sis à côté de la cathédrale de la ville.

Joseph Boze | Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois (1756-1805),  représentée en 1785 | Images d'Art
Marie-Thérèse d’Artois par Boze, à l’époque de Versailles

Le 13 novembre 1810

Marie-Joséphine, comtesse de Provence, décède en 1810 à Hartwell House dans le Buckinghamshire en Grande-Bretagne.

Joséphine - Marie-Joséphine de Savoie, comtesse de Provence - Page 2 Comtes43

Le 6 avril 1814

Vaincu par les alliances étrangères, Napoléon abdique.

Louis-Stanislas, comte de Provence, est proclamé Roi sous le nom de Louis XVIII le Désiré.

Louis XVIII — Wikipédia

Artois donne clairement le ton : reconnu par les « ultras », c’est-à-dire les royalistes les plus ardents, il approuve le rétablissement des anciennes mœurs et du précédent système (notamment les gardes suisses ), et s’oppose à la politique de pardon et d’oubli prônée par Louis XVIII, ce qui devient source de conflit entre les deux frères.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Retour-de-Louis-XVIII-en-1814.png.

Pour cultiver le sentiment monarchiste, le comte d’Artois et ses fils se livrent à une tournée dans la France des provinces, parcourant les grandes villes où ils peuvent mesurer la diversité régnante des courants et la division profonde des pro- et anti-royalistes.

En 1814

Sous Louis XVIII, leurs corps sont ramenés à la cathédrale de Sens, où l’abbé de La Tour, vicaire général du diocèse de Troyes, prononce l’éloge du prince et de la princesse en présence de Monsieur, comte d’Artois, leur dernier fils.

Le 20 décembre 1814

Le comte d’Artois vient assister au service anniversaire de la mort du Dauphin , son père.

« Monsieur l’évêque, puisqu’il y a tout lieu de croire, comme vous l’avez dit, que mes parents n’ont plus besoin de prières et qu’ils jouissent maintenant de la récompense qui était due à leurs grandes vertus, il est également doux de penser que c’est à leur protection et à leur intercession dans le ciel que nous devons tous les miracles dont nous avons été témoins, rétablissement de la monarchie, retour de l’ordre et de la paix, et la cessation de tous les maux qui affligeaient la France. N’oublions jamais que nous ne parviendrons au bonheur que nous désirons que quand nous nous montrerons bons Français et bons chrétiens. »

Charles d’Artois

Le 1er mars 1815

La Restauration ne dure pas.

Napoléon quitte son exil de l’île d’Elbe et débarque à Golfe-Juan.

Lorsque Napoléon Bonaparte débarque dans le Sud de la France, prêt à remonter jusqu’à Paris pour recouvrer son pouvoir, Louis XVIII envoie des membres de sa famille pour mener les troupes et bloquer l’avancée.

Le comte d’Artois se rend à Lyon, seconde ville du Royaume, pour y préparer la résistance, mais il n’y trouve aucune munition alors que l’ex-Empereur a pu se procurer des armes à Grenoble. À l’approche de l’Aigle, Artois envoie des troupes à sa rencontre mais elles sympathisent avec l’ennemi, contraignant Artois à fuir comme le duc d’Orléans (Louis-Philippe) peu de temps auparavant.

Avant l’entrée de Napoléon à Paris, les Bourbons n’ont plus d’autres choix que de fuir les Tuileries :

Le 19 mars 1815

Napoléon est aux portes de Paris. Louis XVIII et sa cour prennent la fuite pour Gand.

tiny-librarian:
“ The Duc d'Angoulême at the Château de Saint-Germain-en-Laye.
”
Le duc d’Angoulême au château de Saint-Germain-en-Laye

Le 18 juin 1815

Bataille de Waterloo, la fin d'un grand homme - Le Point

La défaite de Waterloo réinstalle Louis XVIII sur le trône de France.

Fichier:Lefèvre - Louis XVIII of France in Coronation Robes.jpg — Wikipédia

Après le second retour de Louis XVIII, Artois affecte de se tenir éloigné des affaires et d’employer tout son temps soit à la chasse — qui est pour lui une passion —, soit à la religion. Il oublie la guerre. Mais, au-delà des apparences, sa résidence du pavillon de Marsan ( élément du palais du Louvre qui fait partie des Tuileries)  devient le centre de l’opposition ultraroyaliste à la politique conciliante de son frère.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-famille-royale-avec-les-deux-enfants-de-la-duchesse-de-Berry-le-duc-de-Bordeaux-dans-les-bras-de-son-grand-pere-futur-Charles-X.jpg.
La famille royale avec les deux enfants de la duchesse de Berry : le duc de Bordeaux dans les bras de son grand père futur Charles X
Anthony Francois Callet - - - Louis XVIII (1755 - 1824) 1814c. | Royal  portraits painting, Portrait, Historical art

Le 17 juin 1816

Mariage de son fils cadet, Charles-Ferdinand, duc de Berry (1778-1820), avec Marie-Caroline de Bourbon-Sicile (1798-1870) à Notre-Dame de Paris.

Description de cette image, également commentée ci-après
Charles-Ferdinand, duc de Berry

Marie-Caroline de Bourbon-Sicile
Charles-Ferdinand d’Artois (1778-1820), duc de Berry
par François Gérard
La duchesse de Berry et ses enfants
Gérard François Pascal Simon, baron (1770-1837)

Le 21 décembre 1819

Naissance de la fille des Berry,  Louise Marie Thérèse d’Artois (1819-1864), future duchesse de Parme et de Plaisance, par son mariage en 1845.

A portrait of Charles X by Charles Duchesne. 1818.
[credit: © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Hervé Lewandowski]
Charles d’Artois (1818) par Charles Duchesne

Le 13 février 1820

Assassinat du duc de Berry, son fils préféré.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Mort-du-duc-de-Berry.jpg.
Les derniers moments du duc de Berry dans le foyer de la salle de l'Opéra -  MENJAUD, Alexandre (1773-1832), cliché DNC Léonard de Serres — Google Arts  & CultureLes derniers moments du duc de Berry, par Alexandre Menjaud HISTOIRE DU JOUR - ASTROL'AB

Le 14 février 1820

Mort du duc de Berry.

Le 29 septembre 1820

Charles Nicolas Lafond | La duchesse de Berry présentant son fils le duc de  Bordeaux au peuple et à l'armée | Images d'Art
La duchesse de Berry présente le duc de Bordeaux aux gardes ; toute la cour est là 
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Marie-Caroline-duchesse-de-Berry-en-deuil.jpg.
Marie-Caroline de Berry en deuil

Naissance de Henri d’Artois  (1820-1883), petit-fils de France, duc de Bordeaux, plus connu sous son titre de courtoisie, comte de Chambord. De 1844 à sa mort, il sera prétendant à la couronne de France, sous le nom d’Henri V.

Naissance du comte de Chambord

La duchesse de Berry et ses deux enfants après la mort de son époux.
A portrait of Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry wearing mourning with her daughter Louise-Marie-Thérèse and a bust of her husband, the duc de Berry. By Joseph Kinson François. 19th century.
[credit: © RMN-Grand Palais (Château de...

Le 1er mai 1821

Le duc de Bordeaux est baptisé.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-bapteme-du-duc-de-Bordeaux-702x1024.jpg.
Le baptême du duc de BordeauxBaptême du duc de Bordeaux à Notre-Dame] : [dessin] / [Jean-Henri Marlet] |  Gallica

Le 16 septembre 1824

Louis XVIII (1755-1824) meurt à Paris.

La mort de Louis XVIII | RetroNews - Le site de presse de la BnF

Charles X monte sur le trône et décide de renouer avec la tradition du sacre ; Louis XVIII avait annoncé publiquement son intention de se faire sacrer mais on peut présumer qu’il y renonça pour des raisons physiques, sa mauvaise santé ne lui permettant pas d’en supporter les rites.

Charles X par Gérard
style Charles X
Charles X en costume de sacre par François Gérard
L’épée du sacre de Charles X.
Elle a été volée dans la galerie d’Apollon du Louvre en 1976 et n’a jamais été retrouvée.

Cette peinture documente la vie artistique sous le Roi Charles X commanditaire du tableau. Heim représente le moment où le Roi remet au sculpteur Cartellier sa récompense, le cordon de l’ordre de Saint Michel. La scène qui se passe dans le Salon carré, au premier étage du Louvre rassemble le monde artistique et littéraire de l’époque. La cérémonie officielle et mondaine rappelle l’importance du Salon et le rôle de l’Etat dans  la carrière des artistes.

Le 15 janvier 1825

Charles X distribuant des récompenses aux artistes exposants du salon de 1824 au Louvre, le 15 janvier 1825 par Antony Béraud

Le retour à la monarchie en 1815 impose de refaire le lieu symbolique du pouvoir royal. Une commande est bientôt passée pour disposer d’un vaste ensemble : le trône (détruit lors de la Révolution de 1848), deux grands trophées d’armes, deux fauteuils (au Mobilier national, mutilés en 1848), deux tabourets de pieds (Musée de Versailles), quarante-huit pliants (détruits en 1871), un paravent (Mobilier national) et un écran. La salle du trône est habillée en outre de quatre grandes torchères en bois dorés surmontés de girandoles de Thomire (Mobilier national), ce tapis de la Savonnerie (partie centrale au Mobilier national, partie latérales aujourd’hui à Fontainebleau). Le programme magnifiant royauté et l’histoire des Capétiens et Bourbon prévoyait enfin la création de tapisseries des Gobelins à la gloire des grands rois de la dynastie. La conception de l’extraordinaire mobilier est l’œuvre de Jean-Démosthène Dugourc, Jacob-Desmalter réalisa les bois, Jean-François Lèbe leur dorure. Les tissus sont tissés à Lyon chez Grand frère.

Épinglé par Luan sur Second Empire Elegance | Palais des tuileries, Salle  du trône, Le palais

La salle du trône est habillée en outre de quatre grandes torchères en bois dorés surmontés de girandoles de Thomire (Mobilier national), ce tapis de la Savonnerie (partie centrale au Mobilier national, partie latérales aujourd’hui à Fontainebleau). Le programme magnifiant royauté et l’histoire des Capétiens et Bourbon prévoyait enfin la création de tapisseries des Gobelins à la gloire des grands rois de la dynastie. La conception de l’extraordinaire mobilier est l’œuvre de Jean-Démosthène Dugourc, Jacob-Desmalter réalisa les bois, Jean-François Lèbe leur dorure. Les tissus sont tissés à Lyon chez Grand frère.

Galaor

Le 29 mai 1825

Le sacre se tient en la cathédrale de Reims et marque le retour d’une cérémonie caractéristique de la logique d’Ancien Régime, ce qui peut être perçu comme une volonté d’ignorer les changements de la société française depuis la révolution française et l’empire napoléonien. Ce sacre reprend les phases principales du cérémonial traditionnel comme les sept onctions ou les serments sur les Évangiles.

Fichier:Charles X of France in his coronation robes by Paulin Guerin.png —  Wikipédia

Dans la Galerie des Carrosses :
Le Carrosse du sacre de Charles X

A peine commencée pour Louis XVIII, la construction de ce carrosse avait été abandonnée lorsque le Roi, prudent politiquement, avait renoncé à se faire sacrer.

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Detail-de-lentree-de-Charles-X-a-Paris-apres-son-sacre-a-Reims..png. 
Visibles dans la voiture sont le Roi, son fils aîné Louis-Antoine et la femme de son fils, Marie-Thérèse.

Dès l’avènement de Charles X, le Marquis de Vernon, Ecuyer commandant les écuries, le remet en chantier. En moins de six mois, il est achevé sous la direction de Daldringen, carrossier virtuose.
Afin d’épargner ses magnifiques roues de gala, le carrosse fait le voyage Paris/Reims sur de puissantes et robustes roues en bois bandés d’acier. La voiture est partiellement démontée et soigneusement enveloppée dans une housse de toile qui la protège et la dissimule aux yeux des badauds massés sur son passage.

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Charles X arrive le 28 mai à Tinqueux où l’attend le carrosse, remonté pour l’entrée en ville du Souverain. Le Roi monte dans la voiture en compagnie des Princes, du Dauphin, le duc d’Orléans et le duc de Bourbon.

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Le carrosse ressert le lendemain pour le cortège se rendant à la cathédrale où est célébré le sacre, puis de nouveau le 6 juin 1825 pour l’entrée de Charles X dans Paris.

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Il est réutilisé en 1856 pour le baptême du Prince Impérial, fils de Napoléon III : pour lors, le décor est modifié et les insignes royaux remplacés par les emblèmes impériaux.

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Pour tout l'or de Charles X - Le ParisienCarrosse du sacre de Charles X
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Tapis-du-sacre-de-Charles-X-1825.jpg.Le tapis le plus incroyable est commandé  pour l’avènement de Charles X et offert à Notre Dame .
Il se compose d’une énorme croix juchée sur un édicule gothico-corinthien dans l’esprit romantique à la mode à cette époque.
31 idées de Charles X | charles x, roi de france, philippe de france
Charles X en costume de sacre par François Gérard
 Résultat de recherche d'images pour "sacre de Charles X"La cérémonie de l’intronisation lors du sacre de Charles X par François GérardLa cathédrale de Reims, un lieu hautement historique et symbolique
Robert LEFÈVRE (Bayeux 1755-Paris 1830). Portrait en buste de Charles X en  costume [...] | lot 36 | Collection d'un Palais en Espagne et à Divers  Première Partie – Vente de Prestige

Le 6 juin 1825

Retour de Charles X à Paris après son couronnement.

Detail of The entry of Charles X into Paris after his coronation on June 6, 1825 - The royal carriage at the gate de la Villette.
Le cortège royal à la Porte de la Villette

Le règne de Charles X débute par quelques mesures libérales comme l’abolition de la censure des journaux, mais le Roi ne tarde pas à se jeter dans les bras des ultraroyalistes, et il s’aliène l’opinion par la loi sur le sacrilège, la concession d’indemnités aux émigrés, le licenciement de la garde nationale, le rétablissement de la censure (1825-1827). Son règne est marqué par la domination des « ultras », la frange revancharde des royalistes opposée à la Charte de 1814.


Charles X par Théophile Bra ( Musée des Beaux-Arts de Lille )
Boutique de vente de monnaies Charles X 1824-1830 - Monnaies d'antan

Des lois ou des projets de lois, votés ou discutés sous son règne, accentuent dans l’opinion l’impression d’une volonté de retour à l’Ancien Régime.

Charles X | Château de Versailles

Son catholicisme dévot indispose une partie du peuple de Paris, volontiers anticlérical sinon anticatholique. Comme à l’enterrement de Louis XVIII, il est habillé de violet, couleur de deuil des rois de France, le bruit court qu’il est évêque ; des caricatures le montrent en train de célébrer la messe devant les membres de sa famille.

Charles X of France - Alchetron, The Free Social Encyclopedia
Charles X par Sir Thomas Lawrence.  1825
Charles X, portrait au crayon

Charles X est un Roi mécène ; une aide importante, aux alentours de 30 % du budget, est absorbée par l’achèvement des constructions publiques engagées sous le Premier Empire. La part consacrée aux commandes de tableaux et d’œuvres d’art, aux pensions et subventions aux artistes, savants, écrivains est de l’ordre de 1 à 1,5 million. La maison du Roi encourage les arts, de même que le Ministère de l’Intérieur ; cette politique de mécénat n’implique pas le contrôle des œuvres littéraires.

Marie-Thérèse de France (1778-1851) — WikipédiaLa duchesse d’Angoulême, Dauphine de France

Le Roi s’investit personnellement pour enrichir le jardin des plantes de nombreuses espèces nouvelles, il fait pensionner de nombreux artistes. Les artistes œuvrent aux Tuileries ou dans les autres palais royaux et vivent un long moment en harmonie avec la Restauration.

tiny-librarian:
“Miniature of Charles X.
”

La période de la Restauration est une période riche de musique et d’opéra ; la vie intellectuelle, littéraire et artistique est animée de nombreux débats beaucoup plus libres que sous les régimes précédents.

A medallion bearing a portrait in profile of Charles X, also known as the comte d'Artois. 19th century.
source: Coutau-Begarie Auctions

Charles X aime chasser à Rambouillet.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Tableau-de-Zinaida-Volkonskaia-Charles-X-a-Rambouillet.jpeg.
Tableau de Zinaïda Volkonskaïa (1792-1862)

En 1826

Charles X est intéressé par les Antiquités et veut créer un musée royal. Le Roi décide de créer une division égyptienne au Louvre confiée à Champollion (1790-1832), qui parvient à l’installer au rez-de-chaussée de la cour carrée.

Charles X | Biography, Reign, Abdication, & Facts | Britannica

Le 23 octobre 1826

Arrivée à Marseille de la girafe, cadeau de Méhémet Ali d’Egypte qui a appris que Charles X cherchait à peupler la Ménagerie royale,  et qui décide de lui offrir un animal exotique pour entrer dans ses bonnes grâces.

La traversée de la girafe, par Jacques Raymond Brascassat (1827, Musée des Beaux-Arts de Beaune)

Arrivé sous le règne du dernier Bourbon Charles X, le premier spécimen vivant de girafe foulant le sol français sera la star du pays pendant près de vingt ans. Dans l’histoire de France, cet animal fait figure d’exception : aucun cadeau diplomatique ne provoqua autant d’enthousiasme !

  Le 30 juin 1827

La belle girafe arrive enfin à Paris.

Le 9 juillet 1826

La girafe, logée dans l’Orangerie, avec plusieurs autres animaux égyptiens envoyés avec elle, est présentée à Charles X à Saint-Cloud  en présence des professeurs du Museum.

Morte le 12 janvier 1845, celle que l’on nommera bien plus tard Zarafa était appelée, du temps de Charles X, « le bel animal du Roi ».

Sir Thomas Lawrence. King Charles X of France. Detail. 1825. Oil on canvas.  169 x 179 cm. The Royal Collection, UK | Charles x, Royaume de france,  Portraits

En 1827

La Rochefoucauld décide que le salon des Beaux-Arts, événement majeur où les œuvres sont présentées au roi après une sélection sévère d’un jury, aurait lieu tous les ans. La maison du Roi, sur proposition du directeur des Musées, favorise deux catégories d’artiste : ceux dont la réputation est établie depuis l’Empire, et ceux qui débutent avec succès.

En janvier 1828

Pour calmer les mécontents, il forme un ministère modéré.


Maurice Teynac est Charles X dans Le Diable Boiteux de Sacha Guitry – 1948

Fin 1828

Une des dernières soirées données à Trianon est gâchée par le Dauphin duc d’Angoulême totalement ivre, ce qui accentue officiellement sa «profonde médiocrité» et joue en sa défaveur pour la succession au trône…..

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En 1829

La politique étrangère de Charles X vise à la restauration du prestige international et de la puissance de la France, l’armée russe marche sur Andrinople (Turquie), car il est envisagé d’étendre la France dans le cadre d’une réorganisation européenne consécutive à l’effondrement de l’Empire ottoman.

Le 8 août 1829

Le ministère réparateur est brusquement congédié et remplacé par le ministère de Jules de Polignac (1780-1847) qui fait renaître toutes les défiances.

Illustration.
Jules, prince de Polignac

Jules de Polignac est le fils de la célèbre Yolande de Polignac (1749-1793), favorite de la Marie-Antoinette. Aide de camp du comte d’Artois. Il fut pair de France et ambassadeur de France à Londres. Ministre des Affaires étrangères et président du Conseil des ministres du 8 août 1729 au 3  juillet 1830, impopulaire, il joue un rôle crucial dans le déclenchement de la révolution de juillet 1830.

Mai 1830

Le duc d’Angoulême est nommé grand amiral de France par Charles X pour diriger les opérations en Algérie. Si la population y voit l’espérance d’acquérir de la gloire, la Dauphine quant à elle y voit un mauvais présage…

Le duc d’Angoulême

Le 7 juillet 1830

Charles X ne veut plus avoir la Dauphine dans ses pattes et lui demande de partir à Vichy.

Marie-Thérèse d’Angoulême

La Dauphine a un pressentiment et demande au Roi de ne rien faire d’important pendant son absence…Le même jour, le conseil valide les ordonnances qui mèneront à la révolution de juillet et à la chute de la monarchie.

Cure de Vichy

Le 25 juillet 1830

Charles X promulgue les « ordonnances de Saint-Cloud » qui dissolvent les chambres, convoquent les collèges électoraux en changeant de mode d’élection, et suspendent la liberté de la presse.

Sous le règne de Charles X, la France, vaincue sous Napoléon et pansant ses plaies sous Louis XVIII, reprend pleinement sa place dans le concert des nations, jouant après la campagne victorieuse en Espagne de 1823 un rôle décisif dans l’indépendance de la Grèce et mettant fin, par la prise d’Alger à la piraterie barbaresque et à la traite des Blancs qui sévissaient depuis des siècles. La politique étrangère du Roi suscite l’admiration de Metternich et son incompréhension face aux événements de 1830.

Les 27, 28 et 29 juillet 1830

Les opposants aux ordonnances de Saint-Cloud soulèvent Paris : ce sont les Trois Glorieuses de 1830, ou « révolution de Juillet », qui renversent finalement Charles X.

ImageLa Liberté guidant le Peuple d’Eugène Delacroix (1830)

Le 30 juillet 1830

 Louis-Philippe duc d’Orléans, est nommé lieutenant général du Royaume par les députés insurgés

Le 31 juillet 1830

 Charles X  préside son dernier conseil des ministres le 31 juillet 1830 dans le Cabinet Frais du Grand Trianon.

Le cabinet Frais
Le Salon Frais – Les Trésors de Versailles

Louis-Philippe accepte ce poste. Il s’enveloppe alors d’un drapeau tricolore avec La Fayette et paraît ainsi à son balcon.

Louis-Philippe Ier (1773 - 1850) - Le « roi-bourgeois » - Herodote.net
Louis-Philippe Ier , Roi des Français
Louis-Philippe Ier - LAROUSSE

Le 2 août 1830

Charles X, retiré à Rambouillet, abdique et convainc son fils aîné le Dauphin Louis-Antoine de contresigner l’abdication.

Il confie à son cousin le duc d’Orléans la tâche d’annoncer que son abdication se fait au profit de son petit-fils Henri, duc de Bordeaux, âgé de neuf ans, faisant du duc d’Orléans le régent.

Charles X présentant le comte de Chambord après son abdication

Leur résolution est annoncée dans une lettre du Roi déchu au duc d’Orléans :

« Rambouillet, ce 2 août 1830.

Mon cousin, je suis trop profondément peiné des maux qui affligent ou qui pourraient menacer mes peuples pour n’avoir pas cherché un moyen de les prévenir. J’ai donc pris la résolution d’abdiquer la couronne en faveur de mon petit-fils le Duc de Bordeaux. Le Dauphin, qui partage mes sentimens, renonce aussi à ses droits en faveur de son neveu.
Vous aurez donc, en votre qualité de lieutenant général du Royaume, à faire proclamer l’avènement de Henri V à la couronne. Vous prendrez d’ailleurs toutes les mesures qui vous concernent pour régler les formes du gouvernement pendant la minorité du nouveau Roi. Ici je me borne à faire connaître ces dispositions ; c’est un moyen d’éviter encore bien des maux.
Vous communiquerez mes intentions au corps diplomatique, et vous me ferez connaître le plus tôt possible la proclamation par laquelle mon petit-fils sera reconnu Roi sous le nom d’Henri V.
Je charge le lieutenant général vicomte de Foissac-Latour de vous remettre cette lettre. Il a ordre de s’entendre avec vous pour les arrangemens à prendre en faveur des personnes qui m’ont accompagné, ainsi que pour les arrangemens convenables pour ce qui me concerne et le reste de ma famille.
Nous réglerons ensuite les autres mesures qui seront la conséquence du changement de règne.

Je vous renouvelle, mon cousin, l’assurance des sentimens avec lesquels je suis votre affectionné cousin,

Charles

Louis Antoine »

Charles X ayant abdiqué quitte la France avec sa famille et embarque à Cherbourg

Le 9 août 1830

Alors que la Cour de Charles X est en route vers l’exil en direction de Maintenon, Le duc D’orléans devient roi des français.

Cherbourg, la famille royale, autour de l’ex Roi Charles X, embarque sur le Great Britain pour un exil sans retour.

La Dauphine s’écrit : « Ah qu’il est cruel de quitter la France !»

En exil

Charles X porte le titre de courtoisie de « comte de Ponthieu ».

Le 23 août 1830 

Charles X et la cour s’installent au château féodal de Lulworth près de Plymouth.

Résultat de recherche d'images pour "Le château de Lulworth"Le château de Lulworth

En octobre 1830

Le Roi et sa Cour sont accueillis à nouveau au château d’Holyrood en Ecosse mais à la condition de s’y installer en tant que simple particuliers. Ainsi, Charles X devient le Comte de Ponthieu, le duc et la duchesse d’Angoulême prennent le titre de Comte et Comtesse de Marnes

Le château d’Holyrood qu’habita Marie Stuart au XVIe siècle

La cour d’Holyrood est gouvernée par l’austère et peu aimé duc de Blacas (1771-1839), ancien favori de Louis XVIII ( il a obtenu les charges de grand maître de la garde-robe et d’intendant général des bâtiments de la Couronne en 1814) et confident de Charles X. Il est le grand défenseur du musée du Louvre et de Champollion.

Le duc de Blacas
Le château d’Holyrood
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Grâce à ses bonnes relations avec les Habsbourg-Lorraine, il s’installe au château de Prague, où il reçoit des visites de Chateaubriand.

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Il part ensuite à Budweis (actuelle république Tchèque) puis doit fuir une épidémie de choléra et arrive enfin à Görz (alors en Autriche ), actuelle Gorizia qui est désormais italienne et Nova Gorica en Slovénie (ville qui sera divisée en 1947 par la ligne militaire Morgan).

Le 6 novembre 1835


Chambre du château de Görz dans laquelle est mort Charles X

Charles X meurt à Görz du choléra après s’être confessé et avoir pardonné « de grand cœur » à ses ennemis.

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Il est inhumé à Kostanjevica (Nova Gorica, Slovénie) aux côtés de son fils Louis XIX ( il a été Roi pendant quelques instants…) et de sa bru Marie-Thérèse, fille aînée de Louis XVI et de Marie-Antoinette.


Tombeaux de Charles X et de « Louis XIX » au couvent de Kostanjevica (Nova Gorica)

« […] Madame Adélaïde [sœur de Louis-Philippe] mande à M. de Talleyrand que la Cour ne prendra pas le deuil à l’occasion de la mort de Charles X, faute de notification […] (la mort) divise, à Paris, sur tous les points. Chacun y porte le deuil à sa façon, depuis la couleur jusqu’à la laine noire, avec des gradations infinies, et des aigreurs nouvelles à chaque aune de crêpe en moins. Puis, les uns disent le comte de Marnes et Henri V, les autres Louis XIX. Enfin, c’est la tour de Babel ; on n’est même pas d’accord sur la maladie dont Charles X est mort ! […] Il y a eu division sur la question du deuil jusque dans la famille royale actuelle : la Reine, qui l’avait pris spontanément le premier jour, a été très peinée que le Ministère le lui ait fait quitter. Le Cabinet a craint la controverse des journaux […]. »

Duchesse de Dino, de Rochecotte, dans Chronique de 1831 à 1862, Plon, 1909

À la mort de Charles X, une partie des légitimistes reconnaît pour « roi » son fils le « comte de Marnes », sous le nom de « Louis XIX », mais les henriquinquistes, en contradiction avec les lois fondamentales, continuent de soutenir le « comte de Chambord », sous le nom d’« Henri V », se basant sur l’abdication du 2 août 1830

Talleyrand dira de Charles d’Artois :

L’homme le plus loyal et le meilleur que j’ai connu .

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