Je ne croyais pas, aimable Milady, en recevant la vôtre du 10 de ce mois, que ma réponse aurait à vous annoncer une nouvelle aussi affligeante pour mon cœur . Vous savez sans doute déjà que la Reine de France, le modèle des Reines et des femmes n’est plus. C’est le 16, à 11 heures du matin, que ce crime a été consommé . Il fait frémir la nature et l’humanité, et mon cœur est cruellement déchiré. Le vôtre est trop sensible pour ne pas partager ma douleur. Elle n’est allégée que par l’idée que, du moins, cette princesse infortunée est délivrée des maux et des chagrins affreux qu’elle éprouvait depuis quatre ans et auxquels sont courage seul pouvait résister. Mme de Fitz-James est extrêmement affligée, nous pleurons ensemble notre perte commune . Je tâche de la consoler, mais hélas j’ai trop besoin moi-même de consolation pour pouvoir lui en donner. Je n’ai pas la force de vous donner aucun détail sur ce triste événement, d’ailleurs ceux que nous avons sont peu exacts.
Adieu, ma chère amie, plaignez-moi, donnez-moi de vos nouvelles et croyez à la tendre amitié que je vous ai vouée.
Mille choses à notre bonne et aimable duchesse.