Du 22 avril au 17 septembre 2023
La Chapelle Expiatoire nous propose une exposition sur Marie-Thérèse Charlotte de France (1778-1851).
Le commissaire d’exposition est Matthieu Mensch.
Les contributeurs scientifiques sont Hélène Becquet, François de Coustin, Annie Duprat, Camille Pascal, Charles-Eloi Vidal et Sylvie Vert. Des conférences de leur part sont aussi proposées. Je tiens à faire une mention spéciale pour le catalogue, peu épais mais complet et offert avec le prix du ticket d’entrée.
L’enfance de la princesse est rapidement retracée, ainsi que son emprisonnement au Temple. Quelques rares objets de cette période nous sont présentés. L’accent est plus largement mis sur sa figure de duchesse d’Angoulême, son mariage, ses différents exils mais surtout sur le lourd symbole qu’elle fut durant la Restauration. De l’Orpheline du Temple que ses oncles Louis XVIII et Charles X lui ont imposé d’incarner, nous voyons une virago de l’Ancien Régime caricaturée par ses détracteurs politiques.
Marie-Thérèse Charlotte de France, premier enfant de Louis XVI et de Marie-Antoinette, surnommée « Madame Royale », est la seule de sa fratrie à sortir vivante de la période révolutionnaire et à atteindre l’âge adulte. Lorsque son oncle, Louis XVIII, devient Roi, il est alors veuf, de même que son autre oncle et beau-père, le futur Charles X. C’est donc elle, la seule descendante de Louis XVI encore en vie, et la seule épouse d’un héritier du trône, qui tient le rôle de reine lorsque cela est nécessaire. Son mari est en effet Louis-Antoine, duc d’Angoulême, fils du comte d’Artois, dernier dauphin de France et même Roi Louis XIX pour les légitimistes, bien qu’il fût contraint à renoncer au trône en faveur de son neveu lors de l’abdication de son père en 1830. Le sort mouvementé de ce couple princier, qui aurait pu régner sur la France, l’amena à terminer sa vie en exil, une seconde fois. Le rôle politique joué par la duchesse d’Angoulême lors des Cent Jours, alors même que le Roi a fui à l’étranger, lui aurait valu d’être qualifiée de « seul homme de la famille » par Napoléon Bonaparte.
Nous découvrons surtout une femme aux idées politiques fortes, peut-être pas si à contre-courant de la première moitié du XIXe siècle et qui aurait certainement bien mieux porter la Couronne que les hommes de sa famille. Le lieu est idéal pour cette évocation car c’est la duchesse d’Angoulême qui a commandé et financé l’édifice dédié au martyr de ses parents inhumés dans cette ancienne fosse commune au milieu de nombreux autres corps.
Cette exposition est recommandée pour ceux voulant découvrir ce personnage historique trop méconnu, au destin tragique, seule survivante de la famille royale. Il n’est nul besoin d’être nostalgique de la monarchie, de la Restauration ou du légitimisme pour accorder un souvenir respectueux à cette princesse qui n’a eu droit au bonheur que les dix premières années de sa vie. Elle présente des dizaines d’œuvres d’art vous sont présentées pour revenir sur les destins exceptionnels et méconnus de la fille unique de Louis XVI et de Marie-Antoinette et du fils de Charles X.
De la nef à l’ancienne sacristie, différents tableaux illustrent la vie de ce couple princier. Fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, la duchesse d’Angoulême a survécu à la Révolution de 1789, et à celle de 1830. Emprisonnée, envoyée en exil, opposante publique au retour de Napoléon, Marie-Thérèse Charlotte a vécu une vie mouvementée, passant à travers les nombreux changements et révolutions politiques du XIXe siècle. Son courage lui vaut l’admiration de Napoléon, qui estime qu’elle est « le seul homme de la famille ».
Contrairement aux femmes de son époque, la duchesse d’Angoulême prend un rôle actif, devenant plus populaire et plus connue que son mari. Son statut de survivante, représentante d’une monarchie défaite, ses tentatives pour remettre sa famille sur le trône de France la rendent très sympathique pour les monarchistes… Et très détestable pour ses opposants.
La duchesse a également laissé sa trace à Paris, puisqu’elle a participé à l’édification de la Chapelle Expiatoire, monument rendant hommage à ses parents.
La Chapelle consacre donc une exposition très riche à cette femme à l’histoire passionnante.
Questionner la singularité de ce couple plutôt que les trajectoires des individus, répond à la nature exceptionnelle de cette union. Le titre volontiers provocateur illustre parfaitement l’originalité de ce ménage presque royal. La princesse, comme Fille de France et donc fille de Roi, prend le pas sur son époux. Et même une fois le duc devenu Dauphin de France, la princesse auréolée du poids de ses malheurs, de son expérience personnelle de la Révolution et de son courage, semble primer sur un époux qui lui laisse volontiers la place. Ménage étrange et pourtant bien assorti, cette union politique entre cousins germains reste stérile. Cela ne remet pas en cause la profonde affection qui unit le duc et la duchesse qui résiste à la Révolution de 1830 et à l’exil.
L’exposition, sous le commissariat de Matthieu Mensch, docteur en histoire, auteur d’une thèse intitulée Construction et réappropriation des figures royales féminines. Les cas de la duchesse d’Angoulême et de la duchesse de Berry (1778-2020), retrace la vie du dernier couple de dauphins de France, où pour la première fois, l’épouse éclipse l’époux. Le lieu de l’exposition, la Chapelle expiatoire est indissociable de la duchesse d’Angoulême celle-ci ayant participé à son édification en mémoire de ses parents sur le lieu de leur inhumation.