Le 30 mars 1757
Naissance d’Eva Sophie von Fersen (1757-1816). Elle est la fille du feld-maréchal Fredrik Axel de Fersen (1719-1794) et de la comtesse, née Hedwige-Catherine de La Gardie (1732-1800), et sœur d’Axel de Fersen et de la comtesse Klinckowström.
Le 7 octobre 1762
Naissance de son frère Fabian Reinhold von Fersen (1762-1818).
Le 12 février 1771
Le Roi Adolphe-Frédéric (1710-1751-1771) meurt d’une indigestion au palais de Stockholm, après un riche dîner composé de caviar, d’une soupe au chou, de hareng, de homard et de choucroute, le tout copieusement arrosé de champagne.
En août 1772
Son fils, Gustave III (1746-1792) fait un coup d’état au moment où la Suède s’apprête à sombrer dans l’anarchie. Soutenu par sa mère, Louise-Ulrique de Prusse (1720-1782) l’armée et le peuple, il fait arrêter les membres du Riksdag (Parlement suédois) et du rad. Il règne dès lors en despote éclairé, en réorganisant la justice et les finances, en abolissant la torture.
Le prince Frédéric-Adolphe de Suède (1750-1803), duc d’Ostrogothie et frère du Roi, demande sa main à Sophie de Fersen, après avoir essuyé le refus de sa cousine Ulrique de Fersen (1749-1810), mais le comte de Fersen refuse, ne voulant pas lier sa famille à celle du Roi, et sa fille elle-même n’en veut pas.
Axel écrit une longue lettre à sa chère Sophie qu’il n’a pas revu depuis quatre ans :
«Ma chère soeur
Il y a bien longtemps que. je n’ai reçu de vos lettres, ma chère soeur, mais j’en conçois maintenant la raison facilement, depuis que je sais que vous êtes dans le grand monde, cela doit vous occuper considérablement et vous laisser peu de temps à vous, d’ailleurs je ne suis pas en droit de vous faire des reproches car je n’ai pas non plus été fort exact à vous donner de mes nouvelles, mais j’espère que ne serez pas moins généreuse que je ne le suis et que vous m’excuserez facilement, car je voyage, et j’ai par conséquent beaucoup à faire et à écrire. Je suis charmé d’apprendre que la robe que j’ai fait faire pour vous sous soit parvenue, je souhaite que vous l’ayez trouvée jolie, au moins c’était mon intention en la faisant faire, j’ai même outrepassé les ordres de ma mère qui m’avait écrit de faire faire une petite robe, mais j’ai pris ce qu’il y avait de plus joli et de plus nouveau, c’est avec une impatience extrême que je désire de vous en voir parée, j’espère que j’aurai ce plaisir à Noël, et je me flatte de ne pas être mal reçu car je suis porteur d’une lettre, devinez de qui ; c’est de mademoiselle Leyel qui est charmante et qui me charge de vous faire un million de compliments, je l’ai vue à Dresde, je les ai laissés il y a neuf jours et je crois qu’elles se mettront bientôt en route pour l’Angleterre. Madame et monsieur de Lövenhielm vous font mille compliments, ils m’ont reçu à merveille, et vous ne sauriez croire ma chère petite soeur tout le bien qu’ils ont dit de vous, que vous étiez grande, jolie, aimable, gaie et que sais-je moi, mille autres jolies choses de façon, m’ont-ils dit, que je ne vous reconnaitrais pas si je vous voyais avec plusieurs autres, mais j’en doute, car mon coeur vous retrouverait toujours. Je suis à Postdam pour voir le roi et c’est demain que je lui serai présenté ensuite je retourne à Berlin pour y rester cinq à six jours, et me mettre en route pour ne plus m’arrêter qu’à Stockholm si Dieu me donne la santé. Je suis en attendant le moment de vous voir votre très affectionné frère
Axel de Fersen. »
A aucune autre femme il n’exprimera autant de sentiments.
« Il n’est pas nécessaire de vous dire, ma chère et meilleure amie, tout le plaisir que m’a causé votre aimable lettre. C’est un plaisir que je sens plus vivement que je ne saurai l’exprimer et toutes les expressions les plus fortes ne rendraient que faiblement la joie que j’ai ressentie et que je ressens toujours d’apprendre de vos nouvelles. Elles m’intéressent plus que toutes choses au monde. Je ne cesse de faire des vœux pour le bonheur de ma chère Sophie, et j’aimerais mieux être malheureux moi-même que de savoir que vous n’êtes point heureuse. Vous avez raison de croire que mon amitié pour vous égale celle que vous avez pour moi ; oui, ma chère amie, l’amitié que je vous porte sera éternelle. Les liens du sang qui nous tiennent m’en font un devoir bien cher à mon cœur. »
Axel de Fersen à sa sœur Sophie
Le 24 août 1776
Aux yeux d’Axel, la vie de cour suédoise n’a vraiment pas les agréments de la vie parisienne :
« Pardonnez chère Sophie si je n’ai pu vous remercier plutôt de votre petit billet de Stiernsund, mais nous avons tant à faire ici que j’ai n’ai pu vous écrire. Nous montons à cheval le matin et le soir pendant quatre ou cinq heures nous courons les têtes et les bagues tant que nous pouvons, mais malgré cela je m’ennuie très fort je voudrais être loin d’ici, toutes ces figures de cour me paraissent si vieilles, elles me déplaisent toutes, mais il faut pourtant me résoudre à les voir jusqu’au mois de novembre patience… Notre tournoi est fixé au 27 nous serons tous habillés de fer, j’ai une armure de 40 skâlpund (livres) que je dois porter pendant trois jours depuis deux heures après midi jusqu’à ce que je me couche ; nous devons souper avec nos armures, plaignez un peu mon dos et mes épaules.»
En 1777
Sophie de Fersen épouse le comte Adolf Ludwig von Piper (1750-1795), chambellan à la Cour, dont la famille est comme la sienne d’origine germanique. La jeune comtesse se lie aussi d’amitié avec le baron Evert Wilhelm von Taube (1737-1799), cousin de la fameuse comtesse von Hessenstein (1714-1744).
Elle devient maîtresse de la Cour, c’est-à-dire première dame d’honneur, de la duchesse royale, future reine Charlotte (1759-1818), et conquiert son amitié- elle sera Reine de Suède en 1809 et Reine de Norvège en 1814.
Les mémoires de la future Reine de cette époque, écrites sous forme de lettres adressées à la comtesse sont un témoignage de première importance de la société gustavienne d’alors. La duchesse royale considérait que la comtesse Piper était la seule amie qu’elle eût en Suède. Elle écrit d’ailleurs une biographie de la comtesse Piper en 1816.
Le 20 avril 1778
Naissance de son fils unique, Axel Adolph von Piper (1778-1827), à Stockholm.
En juillet 1783
Axel de Fersen à Sophie Piper :
« J’ai peine à croire tant je suis heureux, j’ai plus d’une raison pour cela, que je vous dirai quand nous nous verrons. ( … ) j’ai pris mon parti, je ne veux jamais former le lien conjugal, il est contre nature ( … ) Je ne puis être à la seule personne à qui je voudrais être, à la seule qui m’aime véritablement , ainsi je ne veux être à personne.»
Certains y lisent l’amour proclamé qu’il voue pour Marie-Antoinette… mais il semble évident que c’est de sa sœur qu’il parle là ! Les Fersen ayant déjà fréquenté des couches royales, Axel ne parlerait pas ainsi de la Reine de France…
En 1785
Gustave III offre à Fersen le poste très discret d’envoyé extraordinaire auprès de Louis XVI et Marie-Antoinette personnellement. Il fait explicitement le distinguo entre France le pays révolutionnaire (Staël reste ambassadeur) et la monarchie (Fersen est l’envoyé personnel du Roi de Suède au Roi de France). Fersen touche à une pension diplomatique qui lui permet de rester en France, Gustave explique à son père qu’il a donné à Axel un poste d’une grande importance.
Mais ce poste est bien caché, et pour ne pas nuire à Staël, ni compromettre sa correspondance diplomatique extrêmement secrète pour le Roi et la Reine de France, Fersen doit rester aux yeux du monde un simple gentilhomme suédois. Pas de possibilité, donc, pour Sophie d’échapper à ses malheurs domestiques pour vivre à Paris avec son frère, ni de faire la connaissance de Marie-Antoinette.
Le 25 mars 1788
Dans une lettre à sa sœur Sophie von Piper de Paris Fersen explique qu’il va se faire percer les oreilles pour améliorer ses problèmes de vue :
« J’ai eu il y a huit jours un peu de faiblesse sur les yeux comme j’en ai quelque fois et tout le monde m’a conseillé de me faire percer les oreilles. Je m’y suis décidé. Il faudra voir ce que cela fera – du moins si cela ne fait pas de bien, cela ne fera pas de mal. »
Ce traitement est bien sûr inefficace ! Fersen souffrira pour toute sa vie des problèmes de vue (il y en a plusieurs références dans sa correspondance avec sa sœur). Et de nombreux autres maux…
Il commande ses lunettes chez Dollond à Londres.
Le 14 juillet 1789
En France : prise de la Bastille.
Le 5 octobre 1789
Marie-Antoinette est au Petit Trianon et Louis XVI à la chasse lorsqu’on apprend que des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.
La famille royale se replie dans le château…
Le 6 octobre 1789
Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.
Films et auteurs prêtent à Axel de Fersen une attitude héroïque en ces jours-là… En réalité, il était parti se coucher fort tard le 5 lorsque le Roi avait sonné le coucher !!!! Il est arrivé par le grand appartement directement dans le salon du conseil, puis dans la chambre du Roi…. il n’était pas présent dans la chambre de la Reine au moment de l’assaut.
La famille royale est ramenée de force à Paris.
Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.
« J’ai été témoin de tout et je suis revenu à Paris dans une des voitures de la suite du Roi; nous avons été 6 h 1/2 en chemin. Dieu me préserve de jamais voir un spectacle aussi affligeant que celui de ces deux journées. Le peuple paraît enchanté de voir le roi et sa famille. La reine est fort applaudie, et elle ne peut manquer de l’être quand on la connaîtra, et qu’on rendra justice à son désir du bien et à la bonté de son cœur.»
Axel de Fersen
Pas de fougueux destrier précédant à bride abattue son aimée, donc, mais le train des courtisans de Versailles, comme tout le monde…
Le 4 avril 1790
« Je vous remercie bien aussi de tout ce que vous me dîtes sur le compte de mon amie. Croyez, ma chère Sophie, qu’elle mérite tous les sentiments que vous pouvez avoir pour elle. C’est la créature la plus parfaite que je connaisse, et sa conduite, qui l’est aussi, lui a gagné tout le monde et j’entends partout faire son éloge. Jugez combien j’en jouis.»
Axel de Fersen à Sophie von Piper
Le 10 avril 1790
« Je commence à être un peu plus heureux, car je vois de temps en temps mon amie librement chez elle et cela nous console un peu de tous les maux qu’elle éprouve, pauvre femme . C’est un ange pour la conduite, le courage et la sensibilité, jamais on n’a su aimer comme cela. Elle est infiniment sensible à tout ce que vous m’avez dit pour elle; elle en a bien pleuré et elle me charge de vous dire combien elle en a été touchée. Elle serait si heureuse de vous voir quelquefois . Elle s’imagine que si notre projet réussissait, vous pourrez alors venir ici et cette idée la rend bien heureuse. En effet cela serait peut-être possible alors. »
Axel de Fersen à Sophie von Piper
Le 7 mai 1790
« Nous ne cessons de faire des vœux pour votre bonheur, ma chère amie, et elle pense bien à vous. Elle a été touchée jusqu’aux larmes de tout ce que vous me dîtes pour elle. Quand on est malheureux on est plus aisément affecté, surtout quand on a une aussi belle âme.»
Axel de Fersen à Sophie von Piper
Le 31 mai 1790
« Tout va de même ici, ma chère amie, c’est à dire mal, et vous verrez dans les gazettes les horreurs et les cruautés qui se commettent dans les provinces et dans Paris ( … ) Elle est extrêmement malheureuse mais très courageuse. C’est un ange. Je lui ai dit de votre part tout ce dont vous m’avez chargé et cela lui a fait plaisir. Je tâche de la consoler le plus que je puis, je le lui dois, elle est si parfaite pour moi .»
Axel de Fersen à Sophie von Piper
L’Assemblée nationale permet à la famille royale de passer l’été au château de Saint-Cloud, domaine de Marie-Antoinette, Fersen écrit à Sophie :
Le 28 juin 1790
« Elle est bien sensible à tout ce que vous dites pour elle. Jamais on ne l’a mieux mérité et jamais on n’a été plus parfaite. Mon seul chagrin, c’est de ne pas pouvoir la consoler entièrement de tous ses malheurs et de ne pas la rendre aussi heureuse qu’elle mérite de l’être. C’est de chez elle à la campagne que je vous écris. »
Se peut-il que Fersen parle encore de Marie-Antoinette alors qu’il dit être chez elle à la campagne?
Ou alors Trianon est la campagne par rapport au château de Versailles… ou Saint-Cloud la campagne par rapport aux Tuileries !
Le 31 juillet 1790
« Depuis quelques temps je suis beaucoup à la campagne comme je vous l’ai mandé, chez le comte d’Esterhazy, et demain je vais passer huit jours chez la duchesse de Fitz-James.»
Axel de Fersen à Sophie von Piper
Le 8 août 1790, au sujet de cette visite :
« Nous n’étions que sept personnes mais nous nous convenions fort et j’y ai été heureux. Elle manquait cependant à mon bonheur et sans cela il n’y en a pas de parfait pour moi.»
Axel de Fersen à Sophie von Piper
Fabian de Fersen à sa sœur Sophie :
Le 30 novembre 1790
« La nouvelle du jour est que l’Assemblée nationale veut que le roi se sépare de la reine, que l’on fasse à elle un procès en adultère, que l’on déclare les enfants bâtards et que l’on punisse la reine très sévèrement. »
Ce n’est qu’une rumeur dont on n’a rien entendu même lors du procès…
Le 15 octobre 1790
« Ce que Taube vous a dit d’elle m’a fait grand plaisir. Elle le mérite, c’est un ange de conduite. Elle m’étonne et je voudrais que tout le monde l’aimât autant qu’elle le mérite et lui rendît justice. Je suis toujours établi à Auteuil et j’y suis très content et heureux.»
Axel de Fersen à Sophie von Piper
Sophie souffre de ce que Gustave III veut envoyer Taube, blessé pendant la guerre de Russie, en mission à Moscou. Fersen la console du mieux qu’il peut et Marie-Antoinette lui offre une mèche de ses cheveux et une bague.
Le 19 décembre 1790
« Ma chère amie ( … ) je ferai votre commission pour les cheveux et ce serait pour elle une grande jouissance de le savoir .»
Axel de Fersen à Marie-Antoinette
Le 3 janvier 1791
« Voici les cheveux que vous m’avez demandés. S’il n’y en avait pas assez je vous en enverrais encore. C’est elle qui vous les donne et elle a été vivement touchée de ce désir de votre part. Elle est si bonne et si parfaite et il me semble que je l’aime encore plus depuis qu’elle vous aime. Elle me charge de vous dire combien elle sent vos peines et combien elle les partage. Ah, je ne mourrai content que lorsque vous l’aurez vue.»
Axel de Fersen à Sophie von Piper
Le 1er janvier 1791
Projet d’évasion de la famille royale de France (plan de Fersen, Bouillé et Breteuil) …
Le 17 janvier 1791
« Ma chère et tendre Sophie ( … ) Ah, comme je sens et partage vos peines. Elles augmentent toutes les miennes. Elles étaient adoucies autrefois par la certitude de votre bonheur, de votre tranquillité. J’étais heureux de vous voir heureuse; à présent je n’ai même plus cette consolation et vos chagrins me pénètrent l’âme ( … ). Elle vous dit mille choses et partage bien tendrement vos peines. Elle en pleure souvent avec moi, jugez si je dois l’aimer. Si vous avez un moyen pour qu’il soit simple que la bague que vous voulez soit faite ici, mandez-le moi et comment vous la voulez. Je la ferai faire. C’est elle qui le veut et qui veut vous la donner. Répondez-moi au plus tôt . »
Axel de Fersen à Sophie von Piper
Le 6 février 1791
« Votre santé m’a donné de l’inquiétude, ma chère amie. Elle l’a vivement partagée, cela l’a un peu adoucie. Dieu merci, notre ami me mande que cela va mieux. ( … ) Ma santé est bonne, la sienne l’est assez, malgré tous les chagrins qu’elle a.»
Axel de Fersen à Sophie Piper
Le 18 avril 1791
La famille royale de France est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.
Les projets d’évasion se concrétisent grâce, en particulier, à l’entremise d’Axel de Fersen.
Le 20 juin 1791
Évasion de la famille royale.
Fersen, déguisé en cocher, escorte lui-même la famille royale jusqu’à Bondy, mais Louis XVI refusera qu’il les accompagne plus loin. L’objectif du Roi étant d’atteindre Montmédy qui se situe en France, au contraire de ce qu’on supposera, il valait mieux qu’il ne soit alors escorté que par des gentilshommes français… selon Fersen lui-même…
Madame Royale parlera, elle, de fuite …
Le 21 juin 1791
Le Roi et la Reine sont arrêtés à Varennes.
Le 25 juin 1791
La famille royale rentre à Paris sous escorte.
En décembre 1791
Sophie sermonne son frère et lui fait craindre que la Reine n’éprouve beaucoup de peine si des bruits Lui parvenaient sur sa liaison entre Axel de Fersen et Éléonore Sullivan depuis 1789…
Sophie gronde alors son frère, avec tact mais fermeté :
«Tout le monde vous observe et parle de vous ; songez à la malheureuse Elle ( Marie-Antoinette ) , épargnez-lui de toutes les douleurs la plus mortelle ».
Le 13 février 1792
Visite clandestine de Fersen aux Tuileries.
Le 29 mars 1792
Gustave III de Suède (1746-1792) est assassiné et, comme tous ses anciens favoris, Fersen se trouve en disgrâce pendant la régence de Charles de Södermanland, futur Charles XIII, frère du feu roi, de 1792 à 1796.
Le 20 juin 1792
La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.
Le Roi refuse.
Le 10 août 1792
Sac des Tuileries.
La famille royale quitte les Tuileries pour se réfugier auprès de l’Assemblée Nationale qui siège dans la Salle du Manège.
Le Roi est suspendu de ses fonctions.
C’est l’insurrection. Les Tuileries sont envahies et les gardes massacrés.
Le 13 août 1792
La famille royale est transférée au Temple après avoir été logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles: quatre pièces du couvent seulement leur étaient dédiées… pendant trois jours.
Le 3 septembre 1792
Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.
Massacres dans les prisons de Paris.
Le 8 novembre 1792
Décès de sa sœur, Hedvig Eleonora (née en 1753) , comtesse Klinckowström.
Le 21 janvier 1793
Exécution de Louis XVI.
Dans la nuit du 2 au 3 août 1793
Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.
Le 3 octobre 1793
La Reine est déférée au Tribunal révolutionnaire.
Le 14 octobre 1793
Marie-Antoinette comparaît devant le président Herman(1759-1795).
Le 16 octobre 1793
Exécution de Marie-Antoinette, place de la Révolution .
Axel écrit à sa soeur, Sophie :
« J’ai maintenant perdu tout ce que j’avais au monde. Toi seule me reste. Elle pour qui je vivais, qui faisait mon bonheur, pour qui je vivais, oui ma chère Sophie, je n’ai jamais cessé de l’aimer et j’aurai tout sacrifié pour Elle. Elle que j’aimais tant, pour qui j’aurai donné mille fois ma vie, n’existe plus. (…) J’aurai toujours son image devant les yeux, en moi, le souvenir de ce qu’elle était pour moi me fera la pleurer éternellement. Tout est fini pour moi. Pourquoi n’ai-je pu mourir à ses côtés, verser mon sang pour Elle, pour eux ? »
Le 9 décembre 1793
Décès à Vienne de Yolande de Polignac (née le 8 septembre 1749), «morte de douleur».
Le 24 avril 1794
Décès de son père Fredrick von Fersen (1719-1794), à l’âge de soixante-quinze ans, à Stockholm.
Le 17 mai 1795
Décès de son mari, Adolf Ludwig Piper, né en 1750.
En 1795
Devenue veuve en 1795, la comtesse Piper suit son ancien amant, le baron von Taube, et se rend avec lui en Allemagne en 1798. Mais il meurt à Carlsbad en 1799 et la comtesse retourne en Suède.
Le 8 juin 1795
Mort de Louis XVII à l’âge de dix ans. Il était atteint de tuberculose osseuse.
Quand Gustave IV monte sur le trône, Axel de Fersen retrouve ses offices et dignités.
Le 10 juillet 1795
« En voyant la manière charmante dont Sophie et Taube vivent (à la station thermale de Medevi où il les retrouve), j’enviai leur sort : il doit être agréable.»
Journal d’Axel de Fersen
En 1797
Son frère Fabian épouse sa belle-sœur, Louise Piper (1777-1849)
Le 15 août 1799
Evert, baron von Taube, rend l’âme à Karlsbad, laissant ses amis dans la plus grande douleur. Rapprochés par leur chagrin, Sophie et Axel seront désormais inséparables.
Le 24 avril 1800
Décès de sa mère, Hedvig von Fersen, née de La Guardie, à l’âge de soixante-huit ans.
En 1801
Sophie fait un voyage en Italie avec Axel. ils se rendent à Parme, où son frère est fort bien reçu par Marie-Amélie, la soeur de Marie-Antoinette. Elle lui exprime à plusieurs reprises « sa reconnaissance pour tout ce qu’il a fait pour sa pauvre soeur. »
En 1801
Elle prend en charge la maison de son frère, le comte Axel de Fersen, dont elle est la proche confidente …
En 1804
Gustave IV Adolphe refuse de reconnaître Napoléon Ier, qu’il considère comme « le monstre de l’Apocalypse » et renvoie l’Aigle Noir au Roi de Prusse, parce que celui-ci a accepté la Légion d’honneur.
La famille Fersen est l’alliée du parti gustavien lorsque le Roi Gustave IV Adolphe est déposé en 1809 et soutient la cause du fils de ce dernier comme héritier du trône. Quand Gustave IV est chassé par un coup d’État militaire, Fersen ne prend pas parti, mais tout le monde soupçonne ses sympathies pour le jeune prince Gustave, fils de Gustave IV.
En 1805
La Suède ouvre les portes de la Poméranie suédoise aux troupes de l’Angleterre, de la Russie et de l’Autriche alliées contre la France. Mais la troisième coalition est écrasée à Austerlitz le 2 décembre 1805 et les armées prussiennes sont anéanties à Iéna et Auerstaede le 14 octobre 1806. Chargé des négociations avec les envoyés des cours étrangères, Fersen conseille vainement à Gustave IV Adolphe de ne pas poursuivre la guerre ; le Roi, qui est fort entêté, en éprouve du ressentiment et prie le maréchal d’accompagner la Reine en Scanie et de rester auprès d’elle. C’est une demi-disgrâce.
En janvier 1807
La Suède est obligée d’évacuer toute la Poméranie, sauf Stralsund.
En 1808
La Suède perd la Finlande, brusquemenbt envahie par les Russes.
Le 13 mars 1809
Gustave IV Adolphe, qui a mécontenté l’armée et la population par des mesures maladroites ou blessantes, est arrêté au château de Stockholm et déposé; Exilé avec sa famille, il se retire en Suisse, où il mourra en 1837, sous le nom de colonel Gustavason.
Le 29 juin 1809
Couronnement de Charles XIII (1748-1818) , fils du Roi Adolphe-Frédéric de Suède, frère cadet de Gustave III (1771-1792) et oncle de Gustave IV (1792-1809) auquel il succéda au détriment des enfants de ce dernier. Il est le dernier Roi de Suède de la dynastie d’Holstein-Gottorp. Il est l’époux de l’amie de Sophie Piper, Hedwige de Schleswig-Holstein-Gottorp (1759-1818), qui devient donc Reine de Suède.
Le 7 janvier 1810
Le prince Christian-Auguste, frère cadet de Frédéric-Christian II, duc de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg (1768-1810), de la branche cadette des souverains du Danemark, est finalement choisi par Charles XIII comme successeur .
Le 17 février 1810
Naissance de son petit-fils, Axel Maurice von Piper (1810-1866). C’est le fils de son fils, Axel Adolph von Piper (1778-1827) et de Maria Magdalena (von) Armfelt (1786- ?) dont on ignore la date de mariage.
Le 28 mai 1810
Le prince Christian-Auguste meurt d’une attaque quelques mois plus tard. Sa mort accidentelle est due à une chute de cheval. Aussitôt les partisans de Charles-Auguste accusent certaines familles de la haute noblesse d’avoir comploté contre lui et de l’avoir fait empoisonner. Les Fersen sont les premiers visés.
La rumeur accuse Axel de Fersen de l’avoir empoisonné.
Les Stockholmois sont persuadés qu’Axel de Fersen et sa sœur Sophie Piper sont à l’origine de l’empoisonnement du prince héritier, en fait décédé des suites d’une mauvaise chute de cheval en Scanie.
Axel de Fersen reçoit cette lettre de menaces :
« A Axel Fersen !
Misérable, lis cette lettre et tremble ! Croyez-vous, toi et ta ligue, que deux millions d’hommes permettent à quelques aristocrates de commettre n’importe quelle horreur sans être punis et qu’ils se laissent piétiner par quelques traitres conspirateurs? Ce pays malheureux sera-t-il pour toujours sous la pressionde quelques malfaiteurs audacieux? Crois-tu que la nation ne sait pas tout, tout ? L’heure de la vengeance viendra ! Quoique ton père infâme, l’ristocrate orgueilleux, ait réussi dans son jeu, quoiqu’il ait volé des richesses immenses par les moyens les plus indignes aux dépens de la patrie, quoique ton long cou qui porte un petit ciboulot sans cervelle ait échappé à la guillotine en France ; quoique ta soeur l’empoisonneuse ait jusqu’à ce jour échappé à la hache de la justice ; quoique votre orgueil sans bornes n’ait pas encore été étouffé, sachez, misérable, que ce qui devait advenir et n’est pas encore advenu peut advenir. C’est affreux une nation en rage et en détresse ! Chez les paysans, on s’est déjà demandé si l’on voulait mettre le feu à Löfstad et Ljung, car chaque connaît l’infamie des cabales et la vengeance des autres. Monstre cruel, est-ce que le sentiment de la patrie a disparu chez vous? Est-ce que ce vieux royaume doit perdre son indépendance et son existence parmi les nations de l’Europe par l’infidélité, l’infamie et la trahison de la noblesse ? _ Peut-être Napoléon, autrefois si méprisé par toi, connaît-il ta cabale et un mot peut t’écraser, animal aux jambes fines ! _ Créature méprisable, quand tu arrives en ville dans ta grandeur et ta pompe, sache que le dernier des paysans crache devant toi et se sent plus grand et meilleur homme que toi , misérble orgueilleux ! Tremple sur tes grandes jambes fines et sache que cette lettre est la voix de toute la République – et cela devrait être la plus grande vengeance de te voir méprisé par une nation entière pour des canailleries et des plans infirmes d’assassinat. Crois-moi, misérale Axel Fersen, vous serez hantés un jour, toi et ta soeur infâme, quand l’ombre de l’assassiné rôdera autour de vos châteaux isolés. Et si vous n’avez pas perdu tout sentiment de religion et de moralité, vos consciences seules seront vos bourreaux – mais vous en avez besoin d’autre, Charles-Auguste sera vengé.»
Le 20 juin 1810
En vertu de ses fonctions de riksmarskalk, Fersen est chargé d’escorter le corps du prince dans Stockholm. Une émeute se forme et Fersen meurt lapidé et piétiné par la foule, en présence de nombreuses troupes qui n’interviennent pas.
Il est probable que Charles XIII ait saisi l’occasion de se débarrasser aisément de l’un des leaders gustaviens.
La comtesse von Piper réussit à s’enfuir de Stockholm déguisée en domestique et se réfugie au château de Rydboholm :
«Je commence actuellement, ma chère amie, à revenir un peu de l’amertume de mon esprit, qui jusqu’à ce moment a été dans une espèce d’engourdissement et incapable de rien entreprendre pendant tous ces jours passés. Jamais, non jamais ma chère amie, mon âme n’a été accablée comme elle l’a été dans cette occasion, jamais regrets n’ont été pour moi aussi vifs que ceux que j’ai ressentis à la perte de notre digne ami Axel. Son image ne me quitte pas, et même j’en suis aise car cela me prouve à moi-même combien je lui étais attaché, et c’est un juste tribut que je paie à sa mémoire. … maintenant on lui rend justice, mais hélas trop tard pour lui et pour nous, et l’on sait à présent que tout n’était que calomnie.»
Fabian de Fersen à sa sœur Sophie von Piper
… et quelques jours plus tard, elle est placée sous protection royale au château de Vaxholm, forteresse royale entourée d’eau, jusqu’en novembre.
Le professeur Lodin évoque l’empoisonnement lent. Le Collège des médecins donne le résultat de son enquête dans un long rapport daté du 16 juillet 1810. Ses conclusions sont catégoriques : il n’y a pas eu d’empoisonnement, on n’en trouve aucune trace, rien ne justifie donc un quelconque soupçon. Et le Collège de flétrir avec énergie l’attitude du professeur.
Stockholm, 13 août 1810
« La perte d’un frère et ami n’était pas suffisante pour mettre mes regrets à son comble; l’envie et la méchanceté nous ont encore frappés, mais une justice sûre peut-être tardive restaurera la vertu. C’est l’espoir qui me reste et qui met quelque tranquillité dans mon âme. Il est cruel de voir un frère en butte à des soupçons atroces… qui toute sa vie n’a cherché qu’à rester tranquille et a eu les principes les plus stricts de loyauté et d’équité.»
Fabian de Fersen à sa sœur Sophie von Piper
Ce 23 août 1810
« Je trouve, ma chère amie, que mon frère n’a besoin d’aucune justification. Sa vie entière est une suite de principes d’honneur et loyauté … Toutes les personnes qui réfléchissent n’ont jamais donné dans les fausses opinions qui ont cours chez le public moins pensant et qui ne connaissaient pas mon frère autrement que de nom, et qui toujours jugent les soi-disant grands seigneurs capables de toutes les horreurs uniquement par la raison qu’ils sont d’une classe supérieure à eux et parce qu’ils approchent de la Cour où ils pensent que rien ne se traite que par intrigues; d’autres n’ont jamais été séduits et rendent justice parfaite à notre infortuné frère, et j’ose dire que l’opinion publique même n’a été séduite qu’un instant, mais malheureusement ce seul moment nous a été fatal par la perte du chef de la famille, qui par ses qualités et ses vertus en faisait un si bel ornement.»
Fabian de Fersen à sa sœur Sophie von Piper
Le 5 novembre 1810
Jean-Baptiste Bernadotte (1768-1844) est adopté par le Roi Charles XIII, il prend le nom de Charles-Jean. Il consent d’abord à seconder la politique de l’Empereur Napoléon Ier, participe au blocus continental et déclare la guerre à l’Angleterre, mais sans entreprendre aucune action concrète. Il sera couronné Roi le 11 mai 1818 à Stockholm.
Le 9 novembre 1810
Dans une proclamation au peuple, le Roi Charles XIII confirme les conclusions du Collège cdes médecins de la manière la plus nette, lavant de tout reproche Axel de Fersen et sa soeur la comtesse von Piper.
Ce 4 décembre 1810
« Dans ce moment, je reviens de l’église et de l’enterrement de notre digne frère et ami. Tout a été avec la plus grande décence et tranquillité, et la cérémonie finie, la bière a été transportée dans le tombeau où la procession l’a suivie. Ainsi finissent les grandeurs de ce monde, ma bonne amie. A nous il reste les regrets, à lui la tranquillité.»
Fabian de Fersen à sa sœur Sophie von Piper
Entretemps la comtesse demande à la Cour d’examiner son cas et obtient la levée de toute accusation à la fin de l’année. Elle reçoit de nombreuses propositions de mariage pendant sa réclusion à Vaxholm, dont celle du célèbre général-baron von Döbeln (1758-1820) à qui elle refuse sa main, mais avec qui elle entretient une correspondance suivie.
La comtesse est louée pour sa beauté, mais on la craint aussi pour ses remarques acerbes et son ambition. Elle vit pendant ses vieux jours au château de Löfstad, près de Norrköping.
Autant le bâtiment en U inspire indéniablement le respect, autant l’intérieur est, toutes proportions gardées, modeste.
Au premier étage, les appartements, classiquement en enfilade, sont meublés avec élégance de mobiliers de différentes époques dont certains estampillés par de grands ébénistes et notamment Georg Haupt pour les meubles de style gustavien ; les salons Louis XV succèdent aux boudoirs et à des cabinets de travail à l’ameublement empire, de lourdes armoires allemandes des XVIe et XVIIe siècles, surchargées de moulures, occupent couloirs et vestibules… un accessit particulier à la bibliothèque de style aux cinq mille volumes classés suivant le coloris de leurs reliures sur tranches ! Également une mention particulière pour un bahut d’appui deux portes et tiroirs en marqueterie, probablement de facture allemande, aux scènes guerrières, ainsi qu’à une armoire-bibliothèque de type marqueterie Boulle avec superposition de décors d’écaille de tortue et de laiton. La galerie de portraits avec une belle collection de toiles du 18e siècle sert de Bottin mondain aux lignées qui se sont succédées. Quelques peintures d’un certain duc de Pienne, émigrant français qui a passé quelques hivers au manoir du temps de Sophie Piper, née de Fersen, ainsi que des silhouettes découpées représentant quelques-uns uns de ses contemporains, valent le coup d’œil.
Un petit cabinet est consacré au comte Hans Axel de Fersen ( 1755-1810) avec son clavecin de voyage, quelques tableaux de Marie-Antoinette, des aquarelles en médaillon signées Sergel, des lettres, des objets… ce contemporain de Voltaire, proche de Gustav III.
Sophie Piper, très proche d’Axel, se remet difficilement de la perte de son frère. Elle s’enferme à Löfstad en recluse et fait ériger un petit monument dans le parc du manoir à la mémoire du cher disparu.
Le médaillon en profil par Johan Tobias Sergel (1740-1814). On y lit :
«Dans ces lieux où jadis il a connu les douceurs de l’amitié et de la paix, puisse son ombre être l’objet de la bénédiction et des larmes d’un frère inoubliable. Son énergie virile dans ses dernières heures (20 juin 1810) témoigne de ses vertus et de son calme»
La chambre en angle d’Émilie Piper, au mobilier hétéroclite, lit à barreaux en laiton, bureau empire, paravent art nouveau, est certainement l’une des plus belles du manoir avec sa vue sur le lac en contre-bas et le parc.
Le 6 avril 1814
En France, Louis-Stanislas, comte de Provence, est proclamé Roi sous le nom de Louis XVIII le Désiré.
Le 1er mars 1815
La Restauration ne dure pas en France.
Napoléon quitte son exil de l’île d’Elbe et débarque à Golfe-Juan.
Le 18 juin 1815
La défaite de Waterloo réinstalle Louis-Stanislas sur le trône de France.
Le 2 février 1816
Décès de Sophie von Piper au château de Löfstad.
Elle avait cinquante-neuf ans.
Sources :
- Antoinetthologie
- ARISTIDE-HASTIR Isabelle Marie-Antoinette et Axel de Fersen – Correspondance secrète, Michel Lafon (2021)
- FARR Evelyn, Marie-Antoinette et le comte de Fersen – La correspondance secrète (2016) ; L’Archipel
- KERMINA Françoise, Hans-Axel de Fersen, Librairie Académique Perrin (1992)
- LEVER Evelyne, Marie-Antoinette, Fayard (1991)
- LEVER Evelyne, Marie-Antoinette Correspondance (1770-1793) ; Tallandier (2005)
- LEVER Evelyne, Le Grand Amour de Marie-Antoinette, lettres secrètes de la Reine et du comte de Fersen (2020) , Tallandier
- VALLOTON Henry, Marie-Antoinette et Fersen (1952) ; La Palatine
- WAGENER Françoise, L’Enigme Fersen (2016) , Albin Michel
Bonjour, Pourriez-vous me dire où est conservée la lettre que Fersen adresse à sa soeur Sophie le 25 mars 1788 ?
Un très grand merci
bien cordialement
Sophie Join-Lambert
06 82 33 85 43
Bonjour,
J’ignore si j’ai su un jour où cette lettre est conservée, j’ai cité là des propos trouvés sur internet…. mais qui reprennent une idée médicale que j’avais déjà lue à l’époque. Pour l’heure, je ne saurais vous répondre et j’en suis désolé.
Bien à vous.
Benjamin Warlop