Marie-Josèphe de Habsbourg-Lorraine

L'Archiduchesse Marie-Josèphe par Martin van Meytens

Le 19 mars 1751

Naissance de  Marie-Josèphe Gabrielle   Jeanne   Antoinette  Anne d’Autriche (1751-1767). Elle est le douzième enfant de François Ier (1708-1765), Empereur du Saint-Empire et  Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Reine de Hongrie et de Bohême.

François-Etienne, Empereur romain germanique
L'Impératrice Marie-Thérèse

Marie-Thérèse aurait préféré s’arrêter au dixième enfant, mort-né.

Lettre sans date mais sûrement de septembre 1748 de l’Impératrice à son amie Antonia de Saxe :

« Je serais assez contente de finir avec dix enfants, car je sens que cela m’affaiblit et me vieillit beaucoup. Ce dont je ne me soucierais pas si cela ne me rendait moins capable pour le travail de la tête.»

Mais les moyens de contraception étant alors inexistants, Marie-Thérèse ne compte pas encore sacrifier sa vie amoureuse avec son mari tendrement chéri.

Les enfants nés par la suite sont donc peu désirés par la mère.

Marie-Josèphe sera élevée avec sa sœur aînée d’un an, Jeanne-Gabrielle.

François-Etienne de Lorraine et Marie-Thérèse d'Autriche, école autrichienne
Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1752 : l'Archiduchesse Marie-Josèphe est donc l'enfant dans le berceau...

Les enfants du couple impérial reçoivent une éducation conforme à leur rang qui se doit d’être avant tout religieuse. Celle-ci commence à leurs trois ans. Très vite, les petits Archiducs et Archiduchesses se doivent d’accompagner leur mère à l’église, aux processions et aux pèlerinages dont Marie-Thérèse est très férue. De part la multiplicité des langues au sein des vastes territoires Habsbourg, ils doivent apprendre l’allemand, en plus du dialecte viennois, le français, la langue maternelle de leur père, l’italien, mais aussi le latin, le hongrois et le tchèque. Les tout-petits, nés à peu d’intervalle sont logés dans ce qu’on appelle la «Kindskammer» («la chambre d’enfant») où ils sont généralement confiés aux soins d’une demoiselle de chambre et de ses assistantes.

Miniature de Marie-Josèphe et Marie-Jeanne d'Autriche

Le 13 août 1752

Naissance de sa sœur Marie-Caroline (1752-1814).

Marie-Thérèse tenant Marie-Caroline dans ses bras par Giuseppe Bonito

De par le peu d’années qui les séparent, cette dernière aurait pu rejoindre Jeanne-Gabrielle et Marie-Josèphe. Mais il a été préféré de la laisser avec les suivants. De part la multiplicité des langues au sein des vastes territoires des Habsbourg, elles doivent apprendre l’allemand, en plus du dialecte viennois, le français, la langue maternelle de leur père, l’italien, mais aussi le latin, le hongrois et le tchèque.
Des rapports quotidiens, sur chacun de ses enfants sont donnés à la souveraine qui répond point par point. Ceci permettant de compenser les absences de la mère, trop occupée par les affaires d’Etat.

Marie-Josèphe d'Autriche par un artiste inconnu

Le 1er juin 1754

Naissance de son frère Ferdinand (1754-1804).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1754, même pose.

Le 2 novembre 1755

Naissance de sa sœur Marie-Antoinette (1755-1793).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1755, même pose.
Miniature des Archiduchesses Marie-Josèphe et Marie- Jeanne Gabrielle d'Autriche, avec un coffret à bijoux

Le 12 février 1756

A l’occasion de l’anniversaire de leur père, tous les archiducs et archiduchesses sont déguisés, y compris la plus jeune, Antonia, trois mois, recouverte de fleurs.

Dès l’âge de cinq ans, chaque enfant se voit attribuer un appartement, composé de plusieurs pièces. En plus de l’Aja (l’Ajo pour les Archiducs), qui est la personne responsable, plusieurs professeurs et un confesseur particulier assument l’éducation des enfants. Une éducation générale leur est donnée, mais ensuite chacun des petits princes et princesses développe avec des professeurs particuliers des spécificités propres, en fonction de ses talents, mais aussi de son avenir envisagé. Outre les langues, on y trouve la lecture et l’écriture, l’histoire, la géographie, la géométrie, les mathématiques, la musique et la danse.

Marie-Thérèse et François-Etienne veulent développer le plus possible chez chacun de leurs enfants des talents artistiques. Des rapports quotidiens, sur chacun de ses enfants sont donnés à la souveraine qui répond point par point. Ceci permettant de compenser les absences de la mère, trop occupée par les affaires d’Etat. Si Marie-Thérèse s’occupe de chaque détail de l’éducation de ses enfants, elle n’en est pas moins une mère terrible.

Une miniature qui représente le régime disciplinaire de Marie-Thérèse :

Artiste inconnu (1750) - Musée National de Varsovie

Les enfants sont soumis à un strict emploi du temps, rédigé de la main de l’Impératrice :

Huit heures du matin, réveil et prière «élévation à Dieu» et se lever du lit.
Neuf heures, prière du matin, toilettes et petit déjeuner.
Neuf heures et demie : la kammerfrau (la femme de chambre) fait répéter et apprendre par cœur le catéchisme
De neuf heures et demie à dix heures, permission de jouer.
Onze heures : une demi-heure d’écriture et de nouveau récréation
De onze heures à onze heures et demie: confession
Midi : heure du déjeuner et de la liberté
A deux heures après midi :  de nouveau récréation
A quatre heures après midi : cours de français
A cinq heures du soir : amusement avec les jeux de cartes, livres et enseignement des mots français par des images ou danse.
A six heures du soir : réciter le Noster Pater pour rappeler toujours la présence de Dieu.
A sept heures et demie du soir : dîner
A huit heures et demie du soir : nettoyage du soir et lit.
« Quand le temps le permettra, nous modifierons les horaires afin qu’on puisse sortir en calèche en hiver et se promener dans le jardin en été.»

Les heures d’études sont complétées par les professeurs de musique, de dessin et de langues. Chaque matin, l’impératrice reçoit le rapport médical du Dr Van Swieten, qui lui rapporte l’état de santé de ses enfants. L’Impératrice voit les enfants tous les huit ou dix jours.
La demoiselle de chambre (rang en dessous de l’aya) est autorisée à punir et à fouetter les jeunes princesses.

Le 1er mai 1756

Signature à Versailles du traité d’alliance entre la France et l’Autriche, mettant fin à plus de deux cent cinquante ans de rivalité entre les deux puissances.

Le 25 mai 1756

Ratification du traité à Vienne.

Début de la guerre de Sept ans.

Le 1er juillet 1756

Nomination de la comtesse Maria Walburga Lerchenfed (1710-1770), née Trauttmansdorff comme aya des Archiduchesses Jeanne-Gabrielle et Marie-Josèphe. Marie-Thérèse lui recommande d’assurer à ses filles avant tout les devoirs religieux. Et à l’occasion, lors des dimanches et jours fériés de lire un livre ou deux, des fables, d’étudier quelques cartes de géographie, des traductions, des activités manuelles ou similaires.

Novembre 1756

Instructions de l’Impératrice pour ses deux filles Jeanne et Josèphe, qui valent pour toutes les autres archiduchesses :

« Elles sont nées pour obéir et c’est avec le temps qu’elles devront s’y habituer. Je crains fort que Jeanne n’ait une tête solide (entêtée), bien que par ailleurs elle possède assez de qualités.
(…) La Josepha semble être encore un bon enfant, mais pas si capable que sa soeur. La moindre peur de quoi que ce soit n’est pas permise, qu’il en soit de la foudre, du feu, des fantômes, des sorcières ou d’autres enfantillages (…). Elles ne doivent pas être intimidées par la maladie mais qu’elles puissent en parler avec vous (…) qu’il en soit de la variole comme de la mort, car il est toujours bon de les faire confronter à leur époque. Il ne sera non plus autorisé la moindre aversion contre quoi que ce soit et encore moins contre une personne. (…) Il ne sera pas non plus autorisé qu’un jeu donnât lieu à la moindre marque de violence et de vulgarité (…). 
J’ai toute confiance en vous. Vous pourrez venir me voir à n’importe quelle heure que vous souhaitez. Je vous soutiendrai en tout ce que vous entreprendrez.»

Instructions à la comtesse Lerchenfeld, BADINTER, Elisabeth

Marie-Antoinette qui a connu les mêmes règles dans son enfance, prendra l’exact contre-pied de sa mère concernant les peurs et aversions de ses enfants :

« La délicatesse de ses nerfs fait qu’un bruit auquel il n’est pas accoutumé lui fait toujours peur ; il a peur, par exemple, des chiens parce qu’il en a entendu aboyer près de lui. Je ne l’ai jamais forcé à en voir, parce que je crois qu’à mesure que sa raison viendra, ses craintes passeront.»

Le 8 décembre 1756

Naissance de son frère Maximilien (1756-1801).

Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1756, même pose.
L'Archiduchesse Marie-Josèphe par  Martin van Meytens

Le 19 janvier 1757

Joseph, héritier du trône, est atteint de petite vérole. On craint pour sa vie et on craint que l’épidémie se répande au sein de la famille impériale. On parle de petite vérole «copieuse». Joseph s’en sort très amaigri et le visage grêlé.

Miniature représentant l'Archiduchesse Marie-Josèphe

Malgré l’épidémie, Marie-Thérèse ne perd alors aucun de ses enfants.

Réunion intime de la famille impériale, par Martin van Meytens (?) L'héritier du trône est reconnaissable car habillé de rouge au premier rang. Il joue du violoncelle. Marie-Josèphe doit faire partie du petit groupe d'Archiduchesses au premier plan...

Mars 1757

Scarlatine de Marie-Josèphe. Le dévouement de son aya la comtesse Lerchenfeld lui octroie de la part de Marie-Thérèse une tabatière d’écaille et des boucles d’oreilles de coques entourées de diamants.

Les Archiduchesses Marie-Josèphe, Marie-Caroline et Marie-Antoinette et le petit Archiduc Maximilien (1760) par Liotard

Le 2 septembre 1758

Marie-Thérèse marque sa satisfaction à la comtesse Lerchenfeld lors de l’examen des deux Archiduchesses qu’elle a en charge.

Le 7 septembre 1760

Mariage par procuration à Parme. Marie-Thérèse envoie le prince de Liechtenstein épouser la princesse au nom de l’Archiduc Joseph.

 Isabelle de Bourbon-Parme et l'Archiduc Joseph au moment de leur mariage, d'après Martin van Meytens

Le 6 octobre 1760

Célébration du mariage à Vienne en grandes pompes. Marie-Thérèse souhaite les fêtes les plus extraordinaires, à la hauteur de l’événement, et décide de les faire immortaliser par son peintre préféré Martin van Meytens aidé de son atelier.

L’artiste n’achèvera l’ensemble qu’en 1765.

L'entrée d'Isabelle de Bourbon-Parme dans Vienne, par Martin van Meytens et son atelier
Banquet dans la grande antichambre du palais de la Hofburg de Vienne, par Martin van Meytens et son atelier
Souper dans la salle de la Redoute à la Hofburg, Martin van Meytens et son atelier
Sérénade dans la salle de la Redoute, Martin van Meytens et son atelier. Le couple impérial est au centre, entouré par les nouveaux mariés, Joseph près de son père, Isabelle près de sa belle-mère. Les quatre autres archiducs se répartissent ensuite, deux par deux, puis les archiduchesses se divisent en deux groupes de quatre de part et d'autre, en ordre décroissant.

L’artiste place aussi le jeune prodige Wolgang Gottlieb Mozart que l’on peut repérer dans la foule. Il n’était au moment des faits qu’un simple bambin de quatre ans parfaitement inconnu mais qui était depuis devenu une célébrité internationale.

Détail montrant le jeune Mozart devenu en quelques années une véritable «star».
Miniature de Reisperger en 1760, où la petite Antonia est entourée de ses sœurs Charlotte (Caroline) et Josèphe

 Le 22 décembre 1760

Fausse couche d’Isabelle ou simple «petite incommodité» selon Marie-Thérèse.

Le 26 décembre 1760

Nouvelle épidémie de variole au sein de la famille impériale.

L’Archiduc Charles-Joseph tombe malade.

Le 18 janvier 1761

Mort de son frère Charles-Joseph.

L'Archiduc Charles-Joseph par Johann Christoph von Reinsperger

Les conseils d’Isabelle paraissent avoir porté leurs fruits. En effet, des années plus tard, alors que Joseph exile ses sœurs Marie-Anne et Marie-Elisabeth dans des couvents de province suite à la mort de leur mère, il éloigne également Marie-Christine, mais avec la charge prestigieuse de gouvernante des Pays-Bas autrichiens.

Isabelle de Bourbon-Parme peint selon la tradition par l'Archiduchesse Marie-Christine
L 'Archiduchesse Marie-Christine par Marcello Bacciarelli, 1766. Kunsthistorisches Museum

Le 5 août 1761

Grossesse d’Isabelle déclarée officiellement.

En 1762

Les trois filles les plus jeunes de Marie-Thérèse: Marie-Josèphe, Marie-Caroline et Marie-Antoinette par Martin Van Meytens

Le 20 mars 1762

Naissance de Marie-Thérèse, fille de Joseph et d’Isabelle.

Naissance de la petite Marie-Thérèse. Gouache signée et datée de Marie-Christine

Malgré la déception du sexe de l’enfant, les parents, les grands-parents, les nombreux oncles et tantes sont tous heureux, persuadés que la petite Archiduchesse est annonciatrice de nombreux frères et sœurs. L’Impératrice devient la marraine de l’enfant. Désormais, toutes ses petites-filles aînées de chacun de ses enfants seront ses filleules.

Le 13 octobre 1762

Visite de la famille Mozart à Schönbrunn.

La famille Mozart

La famille impériale est très férue de musique.

L'Archiduchesse Marie-Josèphe

Le 22 décembre 1762

Mort de sa sœur Marie-Jeanne-Gabrielle, née en 1750.

L'Archiduchesse Marie-Jeanne-Gabrielle par Pierre Benevaux

L’Archiduchesse Marie-Josèphe lui succède comme future fiancée de Ferdinand IV, Roi de Naples et de Sicile (1751-1825). Voilà ce qu’écrit alors Marie-Thérèse  :

« Je considère la pauvre Josèphe comme une victime de la politique. Si seulement elle remplissait ses devoirs envers Dieu et son mari, en veillant au salut de son âme, je serais contente, même si elle devait être malheureuse. »

Lettre tirée de la biographie d’Elfriede Iby, spécialiste de Marie-Thérèse et Schönbrunn

La famille impériale en 1764

Le 25 janvier 1765

Mariage de Joseph II avec Maria Josepha de Bavière.

Lors de cette cérémonie, les Archiducs et Archiduchesses donnent un spectacle :

Détail du tableau peint par Johann Georg Weickert : l’Archiduchesse Antonia
Tableau de Johann Franz Greipel représentant la première de l'opéra « Il Parnaso Confusa », composé par Christoph Willibald Gluck et créé le 24 janvier 1765 au château de Schönbrunn à l'occasion des secondes noces de l'archiduc Joseph et de sa seconde épouse, Marie-Josèphe de Bavière. Au premier rang figurent Marie-Thérèse, François-Étienne et leur fils aîné, l'archiduc Joseph, futur Joseph II. Un autre de leurs fils, l'archiduc Pierre-Léopold, futur Léopold II, est visible dans la fosse d'orchestre, dirigeant au clavecin. Quatre des filles du couple impérial chantent sur scène, toutes des rôles de soprano, incarnant des personnages de la mythologie grecque.
Il Parnaso Confuso de Glück au palais de Schonbrunn par Johann Georg Weikert
Marie-Josèphe est vêtue de rouge et d'or, incarnant Euterpe, la Muse de la Musique
L'Archiduchesse Marie-Josèphe

Le 5 août 1765

Mariage de l’Archiduc Léopold avec Marie-Louise d’Espagne (1745-1792) à Innsbruck.

L'Archiduc Léopold
L'Infante Marie-Louise par Mengs (1765)
Léopold II et Marie-Louise d'Espagne
L'Archiduchesse Marie-Josèphe

Le 18 août 1765

Mort de l’Empereur François Ier, lors des festivités du mariage de Léopold à Innsbruck.

Portrait posthume par Johann Zoffany en 1777

 Le 9 novembre 1765

Son oraison funèbre est prononcée par Corneille-François de Nélis dans l’église Sainte-Gudule; Il est inhumé à Vienne dans le caveau familial des Capucins.

Marie-Thérèse ne quittera plus le deuil…

Portrait posthume de François Ier par Pompeo Batoni, en 1771, qui entoure l'Empereur des figures emblématiques de la Justice, de la Clémence, de la Force et de la Vérité, qu'il lui fait désigner d'un geste auguste.

Avènement de Joseph II qui partage le pouvoir avec Marie-Thérèse.

Joseph II par Anton von Maron (1775)
L'Impératrice Marie-Thérèse

La mort inopinée de son père plongeant l’impératrice Marie-Thérèse dans une dépression profonde, Marie-Christine profite de cette faiblesse momentanée pour arracher à sa mère l’autorisation de se marier par amour plutôt que par raison d’État. Marie-Christine est ainsi la seule à être épargnée par la politique de mariage de sa mère et à pouvoir, avec l’aide de Marie-Thérèse, épouser l’homme de son choix, à savoir Albert de Saxe-Teschen.

Janvier 1766

Mariage de sa sœur  l’Archiduchesse Marie-Christine (1742-1798) avec  Albert de Saxe-Teschen (1738-1822), frère de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, mère du duc de Berry.

Marie-Christine et Albert de Saxe-Teschen

Le 1er février 1766

Marie-Josèphe assiste à la cérémonie faisant de sa sœur Marie-Anne l’abbesse du chapitre des Nobles Dames de Prague.

L'Archiduchesse Marie-Anne
L'Archiduchesse Marie-Anne, abbesse du Chapitre de Prague
L'Archiduchesse Marie-Josèphe par Meytens

Le 3  février 1766

Visite de la famille impériale de la fabrique de laiton à Wiener-Neusdadt.

Le 6 février 1766

Course de traîneaux et carrousel à Schoënbrunn.

Le 8 avril 1766

Mariage de Marie-Christine avec  Albert de Saxe-Teschen (1738-1822), frère de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, mère du duc de Berry, au château de Hof.

Marie-Christine et  Albert de Saxe-Teschen, détail d'un tableau de Marie-Christine elle-même

Le 28 mai 1767

Mort de Maria-Josepha de Bavière, seconde épouse de l’Empereur  Joseph II.

En octobre 1767

Dans un élan de piété filiale, Marie-Thérèse demande à Marie-Josèphe de se recueillir devant le tombeau de sa belle-sœur morte prématurément quelques mois plus tôt. Cette pauvre princesse doit avant de partir pour Naples rendre ses derniers devoirs à sa famille en entrant aux Capucins, crypte des Habsbourgs où est inhumée tout récemment la seconde femme de Joseph II emportée par la variole.

Marie-Josèphe d'Autriche, 1767 Anton Raphael Mengs
La crypte des Habsbourgs dans l'Eglise Saint-Augustin  de Vienne

L’Impératrice ne peut ignorer les conséquences ! Mais les devoirs passent avant tout !

 
Image de Marie-Thérèse d'Autriche (2021) téléfilm de Robert Dornhelm

On ne savait pas alors que le sarcophage de Maria Josepha de Bavière, décédée de la variole ce printemps-là (son cadavre non embaumé avait été placé dans la crypte deux heures après sa mort), était toujours descellé. Le concept d’une période d’incubation prolongée entre l’acquisition de l’infection et l’apparition de l’éruption commence alors tout juste à être apprécié dans les cercles médicaux européens, en partie grâce à l’inoculation. Puisqu’il faut au moins une semaine, et généralement deux semaines, pour que l’éruption de la variole apparaisse après qu’une personne est infectée.

Images de Marie-Thérèse d’Autriche (2021) téléfilm de Robert Dornhelm

Lorsque l’éruption de variole de Marie-Josèphe est apparue deux jours plus tard, il est conclu qu’elle a été infectée alors qu’elle se trouvait au tombeau royal, et Marie-Thérèse a cru pour le reste de sa vie qu’elle avait été responsable de l’infection mortelle de sa fille.                                                                                                                                                                                                                                                             Et pour cause !

Marie-Josèphe (détail d'un portrait de la famille impériale)
Gravure de Marie-Josèphe d'Autriche, vers 1767
L'Archiduchesse Marie-Josèphe par Mengs

Le 15 octobre 1767

Mort de l’Archiduchesse Marie-Josèphe (1751-1767).

Image de Marie-Thérèse d'Autriche (2021) téléfilm de Robert Dornhelm

Sources :

  • Antoinetthologie
  • BADINTER, Elisabeth, Le pouvoir au féminin, Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Paris, Flammarion, 2016, 800 p.

  • BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, 270 p.

  • BLED, Jean-Paul, Marie-Thérèse d’Autriche, Paris, Fayard, 2001, 448 p.

  • BOURBON-PARME, Isabelle, Je meurs d’amour pour toi, lettres à l’archiduchesse Marie-Christine 1760-1763, édition établie par Elisabeth Badinter, Paris, Tallandier, 2008, 206 p.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!
Retour en haut