Le procès de Louis XVI

Le 1er août 1792

« Dans l’état actuel des choses, il semble évident que si le roi n’est pas détruit, il deviendra bientôt absolu. » 

Gouverneur Morris à Thomas Jefferson

Le 10 août 1792

La journée du 10 août commence en réalité dans la nuit du 9 au 10 août. En pleine nuit, le tocsin sonne au couvent des Cordeliers. Une heure plus tard, toutes les églises de Paris répondent au signal donné par Danton. Ce sont les quarante-huit sections de Paris, dont les révolutionnaires se sont rendus maîtres. Danton lance alors les sections parisiennes à l’assaut de l’hôtel de Ville, met à la porte la municipalité légale et y installe sa «commune insurrectionnelle», qui s’effondrera le 9 thermidor avec Robespierre.

Geneviève Casile, Marie-Antoinette (1976), observe le ciel rouge de Paris ce matin-là...
Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

Le commandant de la garde Nationale, Galliot de Mandat, favorable à Louis XVI, est convoqué à l’hôtel de ville. C’est un piège. Dès qu’il y pénètre, il est assassiné. Son corps est jeté dans la seine, et sa tête, plantée sur une pique. Santerre, le roi des faubourgs, le remplace.

Les Tuileries constituent le dernier objectif. Pour défendre le palais, le Roi peut compter sur ses mille à mille deux cents gardes Suisses, sur trois cents chevaliers de Saint louis, sur une centaine de nobles et de gentilshommes qui lui sont restés fidèles. La Garde nationale est passée dans le camp adverse. Seul le bataillon royaliste des «filles de Saint Thomas» est demeuré fidèle au souverain.

Image des Années Lumière (1989) de Robert Enrico

 

Roederer, le «procureur syndic du département» convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.


Les Tuileries sont envahies par la foule. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles.

La famille royale juste avant le départ des Tuileries : à l'arrière-plan on devine le combat des soldats contre les émeutiers
Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Le cortège funèbre de la monarchie commence par une haie d'honneur des chevaliers de Saint-Louis qui lèvent leurs épées dans Un peuple et son Roi
Jane Seymour est Marie-Antoinette dans les Années Lumière (1989)

Avant de renoncer à se laisser défendre par les gardes suisses, Louis XVI va passer en revue ses troupes… mais il se fait rabrouer… Il se sait perdu. 

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l'ordre donné aux Suisses «de déposer à l'instant leurs armes».
Image des Années Lumière (1989) de Robert Enrico
Lise Delamare est Marie-Antoinette dans La Marseillaise (1938) de Jean Renoir
Gravure allemande représentant la Famille Royale à l'Assemblée
L'Assemblée Nationale dans Les Années Lumière de Robert Enrico

 

Louis XVI entre dans la salle du manège des Tuileries où siège l’assemblée nationale en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

Louis XVI et sa famille sont conduits jusque dans la loge grillagée du greffier de l’Assemblée nationale (ou loge du logotachygraphe) , où ils restent toute la journée.

Image de Marie-Antoinette (1976) de Guy-André Lefranc

Le Roi est suspendu de ses fonctions.

La Prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, musée du château de Versailles
Images d'Un Peuple et Son Roi (2018)

Le soir du 10 août 1792

La famille royale est logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles: quatre pièces du couvent seulement leur sont dédiées… pendant trois jours.

Le 13 août 1792

La Commune décide de transférer la famille royale au Temple… en passant par la place Louis XV qu’on a déjà rebaptisée Place de la Révolution, on montre au Roi comme la statue de son grand-père est en train d’être déboulonnée pour faire disparaître toutes les marques du régime qui devient dès lors ancien…

Caricature qui montre Louis XVI coiffé du bonnet vert des forçats
Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Arrivée de la famille royale au Temple dans Les Années Terribles de Richard Heffron

Selon Madame de Tourzel, la famille royale, accueillie par Santerre, voit d’abord la cour du palais illuminée de lampions comme s’ils étaient attendus pour une fête ; on retrouve l’ambiance des grands couverts qui rythmaient la vie de Cour à Versailles et aux Tuileries… Après un splendide dîner servi dans l’ancien palais du comte d’Artois ( où la famille royale espère encore être logée) , la messe est dite dans un salon. Après avoir visité les lieux, Louis XVI commence à répartir les logements.

A onze heures du soir 

Alors que le Dauphin est gagné par le sommeil et que madame de Tourzel est surprise d’être emmenée en direction de la Tour, le Roi  comprend qu’il a été joué par la Commune. Pétion, qui estimait que la grande Tour était en trop mauvais état, a résolu de loger la famille royale dans la petite en attendant la fin des travaux ordonnés pour isoler la prison du monde extérieur. La Tour qui tant frémir Marie-  Antoinette, autrefois,  qu’Elle avait demandé à Son beau-frère qu’il la détruise. Était-ce un pressentiment de Sa part? 

La Tour du Temple
A son arrivée au Temple, on retire au Roi tout objet coupant avec lequel il pourrait attenter à ses jours...
Le valet Cléry accueillant Louis XVI au Temple ; il le servira du 13 août 1792 au 21 janvier 1793 (Les Années Terribles, 1989)

Le 20 septembre 1792

Le duc d’Orléans, Philippe Égalité, cousin du Roi, est élu député à la Convention.

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Repas de la famille royale au Temple entre le 13 août 1792 et le 11 décembre 1792 (film Marie-Antoinette de Jean Delannoy, 1956)
Louis XVI, statue de cire du Musée Grévin

« Un maçon fut appelé pour pratiquer des trous dans le mur de l’antichambre de la tour du Temple, afin de placer énormes boulons à la porte massive. Alors que l’homme prenait le petit-déjeuner, le petit prince s’amusait avec ses outils. Le Roi prit alors le marteau et le burin par la main de son fils et lui montra comment les utiliser.
Le maçon, ému de voir le travail du roi, dit à Sa Majesté :
« Quand vous sortirez d’ ici, vous pourrez dire que vous même vous avez travaillé à votre prison« .
« Ah ! dit le roi dit,  Quand et comment je pourrai jamais m’en sortir ?« 
Le petit prince fondit en larmes, le roi laissa tomber le marteau et le burin et rentra dans sa chambre, où il marcha en haut et en bas à pas précipités pour toute la journée…»

 Jean-Baptiste Cléry

Repas de la Famille Royale au Temple dans Marie-Antoinette (1975) de  Guy-André Lefranc
Reconstitution d'une chambre du Temple avec du mobilier provenant de chacune, au musée Carnavalet. Paris
François Gamain, serrurier qui jouissait de la faveur du Roi Louis XVI, le trahit en 1792 devant la Convention nationale


François Gamain (1751-1795)  apprit son métier de serrurier en travaillant avec son père et ses oncles à l’entretien des bâtiments du domaine royal qui employait une nombreuse main-d’œuvre. Au cours de ces interventions au château, il eut l’occasion de rencontrer Louis XVI qui montrait un vif intérêt pour tous les travaux de mécanique de précision.
François se marie le 17 février 1776 avec Louise Élisabeth Richard, fille de Claude Richard, jardinier du Roi et de la Reine à Trianon et de Madeleine Joûan, décédée. À cette occasion Louis XVI offre aux époux un terrain d’une superficie de 30 perches carrées soit environ 1000 m², situé dans l’ancien Pré de Clagny. Il dote de plus l’épouse d’une somme de 1200 livres. Rapidement trois enfants naissent de leur union.Grâce à un  don de 3000 livres de Louis XVI, il monte son entreprise de serrurerie au début de l’année 1777, et installe ses ateliers au 7 Boulevard du Roi.
François obtient le 1er janvier 1780 son brevet de serrurier du roi et achète en viager en décembre 1781 aux époux Fouacier, un terrain à l’angle de la rue de Maurepas et du Boulevard de la Reine sur lequel il fait construire l’année suivante une maison d’habitation. Mais rapidement les affaires vont mal, François est obligé de quémander à Louis XVI en avril 1783 une pension pour pouvoir élever ses enfants. Le Roi la lui accorde aussitôt pour un montant de 240 livres. Louis XVI qui s’est pris d’affection pour François et qui compatit à ses malheurs lui accorde une gratification extraordinaire de 3000 livres en février 1784, mais peu après il est obligé de fermer ses ateliers, son entreprise s’avérant peu rentable.
On peut se demander pourquoi François Gamain a dû cesser son activité d’artisan, alors que la renommée des Gamain aurait dû lui attirer une nombreuse clientèle. On sait seulement que François était de santé fragile ; il souffrait depuis longtemps de gastralgie qui le handicapait beaucoup et qui sera certainement la cause de sa mort prématurée.
À court de finances, François quémande à nouveau les faveurs royales, Louis XVI l’emploie par protection dans ses cabinets particuliers pour l’aider dans ses travaux de mécanique, il le rétribue 1600 livres par an qu’il lui paie par trimestre de 400 livres jusqu’en juin 1790, François se déclare pompeusement Maître serrurier des cabinets particuliers du Roi. Louis XVI continue à se montrer généreux, il lui donne en juillet 1785 une pension personnelle de 200 livres. En 1786, pour éponger leurs dettes les époux Gamain sont contraints de vendre le terrain du Pré de Clagny, cadeau de Louis XVI pour leur mariage, pour la somme de 1200 livres.
On voit que, loin de lui avoir appris le métier, Louis XVI n’a employé François Gamain que par pure charité, due très certainement au respect et à l’estime qu’avait le Roi pour son père et son oncle Louis, et par compassion pour François à la santé et au caractère fragiles. Avec l’arrivée de l’époque révolutionnaire, voulant donner des preuves de fidélité au nouveau régime et faire oublier qu’il a été un serviteur dévoué de Louis XVI, François se fait nommer le 7 janvier 1792 membre du conseil général de la commune de Versailles. Après le 10 août 1792, Jean-François Heurtier, qui vient d’être promu inspecteur des bâtiments nationaux par Jean-Marie Roland de la Platière, ministre de l’Intérieur, confie à François Gamain la garde des cabinets particuliers du roi, de leurs outils et du mobilier. Le 24 septembre 1792, il fait partie des commissaires qui sont chargés de faire disparaître de tous les monuments de la commune de Versailles les peintures, sculptures et inscriptions qui pourraient retracer la royauté.
Le 20 novembre 1792, Roland remet à la Convention nationale un ensemble de documents trouvés dans une armoire de fer, cachée sous des lambris dans un corridor des appartements de Louis XVI, au palais des Tuileries. Cette découverte fait site à la révélation que François Gamain a faite à Heurtier, collaborateur direct de Roland, d’avoir fabriqué et installé, sur l’ordre du Roi, cette armoire de fer au mois de mai 1792 dans le couloir qui relie les appartements du Roi à ceux du Dauphin. La grande majorité de ces lettres ne présentaient aucun caractère séditieux et ne pouvait alimenter l’accusation de trahison portée à l’égard de Louis XVI, mais quelques-unes étaient équivoques et la commission des douze les a présentées comme pièces à charge pour discréditer Louis XVI et le faire condamner.
Grâce à sa révélation de l’armoire de fer, Gamain sera nommé le 13 janvier 1793 officier municipal, mais le 30 septembre 1793, le représentant du peuple Crassous, destituera la municipalité de Versailles. Gamain ayant perdu sa fonction municipale, craignant d’être inquiété par le tribunal révolutionnaire et n’ayant ni emploi ni pension, adresse une pétition à la Convention le 24 avril 1794 afin d’obtenir une aide financière, il prétend que Louis XVI a voulu l’éliminer en lui faisant boire un verre de vin empoisonné. La Convention nationale décrète que François Gamain empoisonné par Louis Capet, le 22 mai 1792, jouira d’une pension annuelle et viagère de la somme de 1200 livres, à compter du jour de l’empoisonnement. À la trahison de l’armoire de fer, il a ajouté l’infamie en accusant Louis XVI d’avoir voulu se débarrasser d’un témoin gênant. Il n’a inventé cette histoire d’empoisonnement que dans le but de se faire attribuer une pension. Gamain ne profita pas longtemps de sa pension puisqu’il mourra prématurément à quarante-quatre ans, le 7 mai 1795, dans sa maison de Versailles au 38 de la rue Homère (actuellement 8 rue de Maurepas).


«Les après-midi de Louis XVI», Jean-Dominique Bourzat

Louis XVI et Gamain dans la forge du Roi

Le 20 novembre 1792

Découverte de l’ «armoire de fer» aux Tuileries.

L'Armoire de fer, ouverte par le serrurier Gamain (gravure allégorique). - L'apparition du squelette de Mirabeau rappelle les rapports qu'entretenait l'orateur avec la Cour.
Louis XVI éclairant le serrurier Gamain en train de confectionner l'armoire de fer, illustration extraite de l'"Histoire des Girondins" (1866), de Lamartine

L’armoire de fer des Archives nationales a été réalisée sur ordre de l’Assemblée constituante du 30 novembre 1790 afin d’abriter à l’origine les formes, planches et timbres employés dans la fabrication des assignats, puis l’acte constitutionnel et les minutes des lois et décrets révolutionnaires. Elle est constituée de deux énormes caissons métalliques emboîtés. Trois clefs, qui étaient réparties entre le président de l’Assemblée, son secrétaire et son archiviste,  la commandent.
Son transfert à l’hôtel de Soubise ne fut probablement effectif qu’à partir de 1849. Elle fut d’abord installée dans la salle des gardes, avant de rejoindre le 15 janvier 1866 le centre des Grands Dépôts construits sous Napoléon III. Elle contient aujourd’hui l’ensemble des constitutions de la France, ainsi que les documents de la plus haute valeur historique (journal de Louis XVI, Gazette des Atours de Marie-Antoinette, mètre et kilogramme étalons en platine, Serment du jeu de paume, testament de Louis XIV, testament de Napoléon Ier, etc.).

L’armoire de fer, réalisée en 1790, est un coffre-fort ultra-sécurisé qui se trouve actuellement à l’Hôtel de Soubise, propriété des Archives nationales, rue des Archives à Paris.

Le 3 décembre 1792

Pétion renforce la décision de faire juger Louis XVI par la Convention.

La question qui se pose au gouvernement concerne le sort à réserver à Louis XVI : prison à vie, exil ou condamnation à mort ? Les députés de la Convention sont divisés : les Girondins voudraient lui éviter un procès, mais des preuves irréfutables de sa trahison ont été découvertes ; les Montagnards, eux, militent pour qu’ils soient exécuté. Le 3 décembre 1792, Maximilien Robespierre (1758-1794), figure de proue des Montagnards, prononce un célèbre discours qui influence fortement la décision finale. Il estime en effet que seule la mort du Roi peut assurer la légitimité de la Révolution et lui permettre de continuer. Ce discours d’une grande violence illustre bien le radicalisme de Robespierre, qui s’exprimera ensuite dans les mesures prises par le comité de Salut public (la Terreur) :

« Il n’y a point de procès à faire. Louis n’est point un accusé, vous n’êtes point des juges ; vous êtes, vous ne pouvez être que des hommes d’État et les représentants de la nation. Vous n’avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à prendre, un acte de Providence nationale à exercer. Quel est le parti que la saine politique prescrit pour cimenter la République naissante ? C’est de graver profondément dans les cœurs le mépris de la royauté, et de frapper de stupeur tous les partisans du roi. […] Louis fut roi, et la République est fondée. La question fameuse qui vous occupe est décidée par ces seuls mots : Louis est détrôné par ses crimes ; Louis dénonçait le peuple français comme rebelle ; il a appelé, pour le châtier, les armes des tyrans ses confrères.
La victoire et le peuple ont décidé que lui seul était rebelle. Louis ne peut donc être jugé, il est déjà condamné ; il est condamné, ou la République n’est point absoute. Proposer de faire le procès de Louis XVI, de quelque manière que ce puisse être, c’est rétrograder vers le despotisme royal et constitutionnel ; c’est une idée contre-révolutionnaire car c’est mettre la révolution elle-même en litige. En effet, si Louis peut être encore l’objet d’un procès, Louis peut être absous ; il peut être innocent ; que dis-je ! il est présumé l’être jusqu’à ce qu’il soit jugé. Mais si Louis peut être présumé innocent, que devient la révolution ? N’est-elle pas encore incertaine et douteuse ?
»

Maximilien Robespierre, Discours à la Convention, 1792

Maximilien Robespierre
Louis Garrel en Robespierre dans Un Peuple et son Roi
L'Assemblée Nationale dans Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

« Chacune de ces procédures [décrétées dans le Code criminel de 1791], sauf la dernière, fut violée lors du procès de Louis, et chaque violation fut longuement débattue à la Convention. La majorité des députés estimaient que Louis devait être jugé, puni pour des actes qui auraient envoyé n’importe quel autre Français à la guillotine, mais ils voulaient aussi que son procès soit impeccablement correct. Cela s’est avéré impossible. »

David P. Jordan, Le Procès du Roi

On vient annoncer son jugement à Louis XVI (Jacques Morel, en 1956) son jugement et qu'on va le séparer de sa famille.
Louis XVI préparant son procès avec Malesherbes

Malesherbes avait quitté la France quand éclata la Révolution, mais lorsqu’il apprit que la Convention allait juger le Roi, il rentra au mois de juin 1792, et avec une grande simplicité dans son courage, l’admirable septuagénaire demanda à être le défenseur de son ancien maître.

Louis XVI préparant sa défense avec Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, à la prison du Temple.

Le 11 décembre 1792

Louis XVI est ramené de la prison du Temple pour se présenter devant la Convention nationale. Il est conduit par Santerre. Le procès a commencé huit jours auparavant et l’acte d’accusation contre lui a été présenté le deuxième jour. Il a été convoqué pour entendre cet acte d’accusation, qui l’accusait de haute trahison et de crimes contre l’État. Louis comparaît devant la Convention pour la première fois. On lui autorise des avocats : il demande l’aide de Tronchet (1726-1806), de Sèze et de Guy-Jean Target (1733-1806). Celui-ci refuse. Il se trouve trop vieux et en mauvaise santé. C’est donc Raymond de Sèze qui le remplace. 

Jean-François Balmer dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron

Avec son imposante silhouette enveloppée dans une simple redingote de drap noisette ouverte sur un gilet blanc, son visage plombé couvert d’une barbe de plusieurs jours parce qu’on lui a interdit l’usage du rasoir, et ses yeux myopes qui se plissent pour tenter de mieux voir, Louis XVI a l’apparence d’un bourgeois malade qu’on a tiré du lit.

Dès que Malesherbes a la permission d’entrer dans la chambre du Roi, il y court. A peine l’aperçoit-il, qu’il quitte un Tacite ouvert devant lui sur une petite table ; il le serra dans ses bras ; ses yeux deviennent humides, et il lui dit :
« Votre sacrifice est d’autant plus généreux que vous exposez votre vie, et que vous ne sauverez pas la mienne. »
Malesherbes lui représente qu’il n’y a pas de danger pour lui ; que d’ailleurs il remplit le devoir le plus sacré, en même temps qu’il se livre au dévouement de son cœur, et qu’il espère qu’en le défendant victorieusement, ils le sauveront. Il reprend :
« J’en suis sûr, ils me feront périr, ils en ont le pouvoir et la volonté. N’importe, occupons-nous de mon procès comme si je devais le gagner ; et je le gagnerai en effet, puisque la mémoire que je laisserai sera sans tache. Mais, quand viendront les deux avocats ? »
Raymond de Sèze
Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes
Chaque jour Louis XVI travaille avec ses avocats à l’analyse des pièces, à l’exposition des moyens, à la réfutation des griefs, avec une présence d’esprit et une sécurité que ses défenseurs admirent ; ils en profitent pour prendre des notes et éclairer leur ouvrage. Ses conseils se croient fondés à espérer la déportation : ils lui font part de cette idée : elle sert à adoucir ses peines. Il s’en occupe pendant quelques jours, mais la lecture des papiers publics la lui enlève, et il leur prouve qu’il faut y renoncer. Quand Desèze a fini son plaidoyer, il le lut ; Malesherbes n’a rien entendu de plus pathétique que sa péroraison ; tous en sont touchés jusqu’aux larmes ; le Roi lui dit :
« Il faut la supprimer, je ne veux point les attendrir »
Une autre fois, que Malesherbes est seul avec le Roi, ce prince dit :
« J’ai une grande peine ; Desèze et Tronchet ne me doivent rien; ils me donnent leur temps, leur travail, et peut-être leur vie. Comment reconnaître un tel service ? Je n’ai plus rien ; quand je leur ferais un legs, il ne serait pas acquitté ; d’ailleurs, ce n’est pas la fortune qui acquitte une telle dette.
-Sire, lui dit l’ancien ministre, leur conscience et la postérité se chargeront de leur récompense. Mais vous pouvez déjà leur en accorder une qui les comblera.
– Laquelle ?
– Embrassez-les, serrez-les, Sire.»
Le lendemain, le Roi les presse contre son sein, et tous deux fondent en larmes en se précipitant sur ses mains.
Jean-François Balmer est Louis XVI dans Les Années Terribles (1990) de Richard Heffron

 

C’est Bertrand Barère (1755-1841) qui préside la Convention nationale. Il fait lire l’acte énonciatif d’accusation qui fut rédigé sur la base du Rapport sur les crimes imputés à Louis Capet de Robert Lindet (1746-1825) . Il procèdera personnellement à l’interrogatoire de Louis XVI.

 

Louis XVI fait son entrée dans la salle de la Convention nationale. Barère prend la parole :

« Louis, la Nation française vous accuse, l’Assemblée nationale a décrété, le 3 décembre 1792, que vous seriez jugé par elle ; le 6 décembre 1792, elle a décrété que vous seriez traduit à sa barre. On va vous lire l’acte énonciatif des délits qui vous sont imputés… Vous pouvez vous asseoir. »

Bertrand Barère
C'est dans la salle du Manège des Tuileries que se réunit la Convention nationale et qu'a donc lieu le procès du Roi

« Ils le savent : Louis XVI pendant dix-neuf ans de règne, a écrit bien des lettres de grâce, il n’a pas signé la mort d’un seul homme ; et ce n’est pas là le règne d’un tyran.(…)Ils le savent, Louis XVI n’a aucun de ces vices onéreux aux nations ; il est religieux, ennemi de tout faste; il est compatissant, généreux pour le pauvre : ils l’ont vu ouvrir tous ses trésors pour rechausser, vêtir, nourrir l’indigence, et lui porter lui-même les secours dans les chaumières. »

Abbé Augustin Barruel (1741-1820)

Marcel Maréchal est Louis XVI lors du procès mis en scène par Yves Mourousi en 1988 pour TF1

Parmi les trente-trois chefs d’accusation, on peut retenir :

  • 1. Avoir tenté de dissoudre l’ Assemblée nationale constituante le 20 juin 1789 ;
  • 4. Avoir refusé de contresigner l’abolition des privilèges, votée le 4 août 1789, et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, votée le 26 août 1789 ;
  • 5. Avoir tenté de corrompre certains députés de l’Assemblée constituante, notamment Mirabeau (1749-1791) ;
  • 7. Avoir fui à Varennes le 21 juin 1791, et avoir ordonné le massacre du peuple demandant la fin de la monarchie réuni au Champs-de-Mars le 17 juillet 1791 ;
  • 8. Avoir accepté tacitement (par le silence) la convention de Pilnitz d’août 1791, prévoyant le retour de la monarchie absolue en France par intervention militaire des autres puissances européennes ;
  • 15. Avoir accepté de même l’existence de l’armée des émigrés postée à Coblentz, et destinée à marcher sur Paris – et avoir lié intelligence avec celle-ci ;
  • 18. Avoir tenu un double-jeu diplomatique envers les puissances européennes, et avoir formé des alliances secrètes avec elles ;
  • 25. Avoir usé du veto royal contre le décret visant les prêtres réfractaires ;
  • 33. Avoir donné l’ordre de tirer sur le peuple, et avoir fait « couler le sang des Français ».

Impassible, Louis XVI écoute les chefs d’accusation assis dans le fauteuil où il avait accepté la Constitution. Après que le secrétaire lui a donné lecture de l’acte énonciatif d’accusation, qui n’est autre que le rapport rédigé par le député Lindet au nom de la commission chargée d’instruire le procès, le président Bertrand Barère reprend ensuite chaque article de l’accusation et questionne Louis XVI.

Le Président : Vous êtes accusé d’avoir attenté à la souveraineté du peuple, le 20 juin 1789.
Louis : Aucune loi ne me défendait alors de faire ce que je fis à cette époque.
Le Président : Le 14 juillet 1789, la veille de la prise de la Bastille, vous avez fait marcher des troupes contre Paris ; vous avez fait répandre le sang des citoyens.
Louis : J’étais le maître de faire marcher des troupes où je voulais. Jamais mon intention n’a été de faire couler le sang.
Le Président : Vous avez longtemps éludé de faire exécuter les décrets du 4 août. Vous avez permis que, dans des orgies faites sous vos yeux, la cocarde tricolore ait été foulée aux pieds.
Louis : J’ai fait les observations que j’ai cru justes et nécessaires sur les décrets qui m’ont été présentés. Le fait est faux pour la cocarde ; jamais il ne s’est passé devant moi.
Le Président : Vous avez répandu de l’argent parmi les ouvriers du faubourg Saint-Antoine, pour les mettre dans votre parti.
Louis : Je n’avais pas de plus grand plaisir que celui de donner à ceux qui avaient besoin ; il n’y avait rien en cela qui tînt à quelque projet.
Le Président : Vous avez feint une indisposition pour aller à Saint-Cloud ou à Rambouillet, sous le prétexte de rétablir votre santé.
Louis : Cette accusation est absurde.
Le Président : Le 17 juillet, vous avez fait verser le sang des citoyens au Champ-de-Mars.
Louis : Ce qui s’est passé le 17 juillet ne peut m’être imputé.
Le Président : Vous avez payé vos gardes du corps à Coblentz ; les registres de Septeuil en font foi.
Louis : Dès que j’ai su que les gardes du corps se formaient de l’autre côté du Rhin, j’ai défendu qu’ils reçussent aucun paiement.
Le Président : Vous vous êtes tu sur le traité de Pilnitz, par lequel des rois étrangers s’étaient engagés à rétablir en France la monarchie absolue.
Louis : Je l’ai fait connaître sitôt qu’il est venu à ma connaissance. Au reste, c’est une affaire qui, d’après la constitution, regarde les ministres.
Le Président : Vous avez fait couler le sang au 10 août.
Louis : Non, monsieur ; ce n’est pas moi, je me défendrai jusqu’à la fin, ce n’est pas moi !

Le Roi déchu prononce ces mots avec une véhémente indignation.

Bas relief érigé dans la salle des Pas-Perdus (1826) à la Cour d'appel de Paris représentant Chrétien-Guillaume Lamoignon de Malesherbes et Louis XVI

Après la séance où ses défenseurs et lui ont été entendus à la barre, Louis XVI dit à Malesherbes :

« Vous voyez à présent que, dès le premier moment, je ne m’étais pas trompé, et que ma condamnation était prononcée avant que j’eusse été entendu. »

Transmission de messages du Roi à sa femme et sa soeur dans Les Années Terribles (1990) ;
en réalité le Roi demeure à l’étage inférieur….

L’interrogatoire est terminé.

 « Louis, avez-vous quelque chose à ajouter ? », lui demande le Président.
« Je demande communication des accusations que je viens d’entendre et des pièces qui y sont jointes et la facilité de choisir un conseil pour me défendre ».

On lui présente les pièces produites à l’appui de l’acte énonciatif d’accusation.

Louis dit : « Je ne les reconnais pas ». Il ne reconnaît pas davantage sa signature et son cachet aux armes de France au bas d’une lettre à l’évêque de Clermont, et affirme ignorer l’existence de « l’armoire de fer » aux Tuileries.

L’audience est terminée.

Marcel Maréchal est Louis XVI lors du procès mis en scène par Yves Mourousi en 1988 pour TF1, Au nom du peuple français
Louis Garrel est Robespierre dans Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Image de Révolution ! (France 2)

Le 25 décembre 1792

Louis XVI rédige son testament :

« Au nom de la très Sainte Trinité du Père du Fils et du St Esprit. Aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze. Moi Louis XVIe du nom Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel J.C. les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchire l’Eglise de J.C., mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Eglise suivie depuis J.C. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J.C. suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution ou je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du Sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux; je lui recommande surtout d’en faire de bons chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de Mère, s’ils avoient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrois lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyoit avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur Mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. je les prie de regarder ma sœur comme une seconde Mère.
Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roy de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Loys, mais en même temps qu’un Roy ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étoient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie M. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers a ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait double à la Tour du Temple le 25 Décembre 1792.»
Louis.

Le 26 décembre 1792

Seconde comparution de Louis XVI devant la Convention.

La défense est prête le 26 décembre. Desèze fait valoir la thèse de l’inviolabilité. Il discute les faits de l’acte énonciatif. Il demande, si Louis XVI est jugé comme un simple citoyen, qu’il soit, selon la loi, constitué deux jurys, l’un d’accusation, l’autre de jugement; que le prévenu ait la faculté de récusation; que la majorité des deux tiers soit requise pour la sentence; que le vote soit secret et non motivé par les juges. C’est dans cette partie de son plaidoyer que Desèze prononce le mot célèbre :

« Je cherche en vous des juges, et je ne trouve que des accusateurs. »

C’est le dernier jour du procès de Louis XVI, devenu pour ses juges simplement Louis Capet. Son avocat, Raymond de Sèze prononce sa plaidoirie appelée à marquer.

« Citoyens représentants de la Nation, il est donc enfin arrivé ce moment où Louis accusé au nom du peuple français, peut se faire entendre au milieu de ce peuple lui-même ! Il est arrivé ce moment où entouré des conseils que l’humanité et la loi lui ont donnés, il peut présenter à la Nation une défense et développer devant elle les intentions qui l’ont toujours animé ! Citoyens je vous parlerai avec la franchise d’un homme libre : je cherche parmi vous des juges, et je n’y vois que des accusateurs ! Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et c’est vous mêmes qui l’accusez ! Vous voulez et vous avez déjà émis votre vœu ! Vous voulez prononcer sur le sort de Louis et vos opinions parcourent l’Europe ! Louis sera donc le seul Français pour lequel il n’existe aucune loi, ni aucune forme ! Il ne jouira ni de son ancienne condition ni de la nouvelle ! Quelle étrange et inconcevable destinée ! Français, la révolution qui vous régénère a développé en vous de grandes vertus ; mais craignez, qu’elle n’ait affaibli dans vos âmes le sentiment de l’humanité, sans lequel il ne peut y en avoir que de fausses ! Entendez d’avance l’Histoire, qui redira à la renommée : « Louis était monté sur le trône à vingt ans, et à vingt ans il donna l’exemple des mœurs : il n’y porta aucune faiblesse coupable ni aucune passion corruptrice ; il fut économe, juste et sévère ; il s’y montra toujours l’ami constant du peuple. Le peuple désirait la destruction d’un impôt désastreux qui pesait sur lui, il le détruisit ; le peuple demandait l’abolition de la servitude, il commença par l’abolir lui-même dans ses domaines ; le peuple sollicitait des réformes dans la législation criminelle pour l’adoucissement du sort des accusés, il fit ces réformes ; le peuple voulait que des milliers de Français que la rigueur de nos usages avait privés jusqu’alors des droits qui appartiennent aux citoyens, acquissent ces droits ou les recouvrassent, il les en fit jouir par ses lois. Le peuple voulut la liberté, il la lui donna ! Il vint même au-devant de lui par ses sacrifices, et cependant c’est au nom de ce même peuple qu’on demande aujourd’hui… » Citoyens, je n’achève pas… Je m’arrête devant l’Histoire : songez qu’elle jugera votre jugement et que le sien sera celui des siècles. »

Plaidoirie de Raymond Romain de Sèze

Après ce long plaidoyer, Raymond de Sèze s’assoit, épuisé, tandis que Louis XVI réclame pour son défenseur une chemise propre, la sienne étant trempée de sueur.

Marcel Maréchal était Louis XVI dans le procès du Roi proposé au vote des téléspectateurs de TF1, dans Au Nom du Peuple Français (1988)
Louis XVI pendant son procès... on lui refuse l'usage du rasoir ...

En venant à la réfutation des chefs d’accusation, Romain de Sèze les divise adroitement : tenant pour nuls ceux qui sont antérieurs à la Constitution ou qui ont été amnistiés par elle, et ceux qui lui sont postérieurs mais dont les ministres assument légalement, la responsabilité, il nie l’appel à l’étranger et déclare Louis XVI irresponsable des tractations menées par ses frères avec l’Autriche. Il nie pareillement l’envoi des subsides aux émigrés, l’accusation manquant à vrai dire de preuves formelles. C’est la partie la moins solide de la défense, ce qui importe d’ailleurs assez peu, les députés de la Convention ayant la conviction que Louis XVI a pactisé avec l’ennemi.

Déclaration de Louis XVI pour sa défense :

« On vient de vous exposer mes moyens de défense, je ne les renouvellerai point ! En vous parlant peut-être pour la dernière fois, je vous déclare que ma conscience ne me reproche rien, et que mes défenseurs ne vous ont dit que la vérité.
Je n’ai jamais craint que ma conduite fût examinée publiquement, mais mon cœur est déchiré de trouver dans l’acte d’accusation l’imputation d’avoir voulu répandre le sang du peuple, et surtout que les malheurs du 10 août me soient attribués.
J’avoue que les preuves multipliées que j’avais données dans tous les temps de mon amour pour le peuple, et la manière dont je m’étais toujours conduit, me paraissaient devoir prouver que je craignais peu de m’exposer pour épargner son sang, et éloigner à jamais de moi une pareille imputation
. »

Discours prononcé par Louis XVI devant la Convention nationale après la lecture de sa défense par Romain de Sèze

Ni le plaidoyer de Sèze, ni la déclaration du Roi ne paraissent convaincre les députés qui reprennent leurs discussions après le départ de Louis XVI. Beaucoup s’offusquent qu’on ait fait l’apologie de l’accusé et que celui-ci ose d’absoudre de tous les crimes qu’on lui reproche.

Dessin anonyme du procès de Louis XVI

« Le roi devait bientôt paraître pour la seconde fois à la barre de la convention. Il n’avait pu se faire la barbe depuis qu’on avait enlevé ses rasoirs, et il en souffrait beaucoup, ce qui le forçait de se laver le visage plusieurs fois le jour avec de l’eau fraîche. Le roi me dit de me procurer des ciseaux ou un rasoir, mais qu’il ne voulait pas en parler lui-même aux municipaux. Je pris la liberté de lui observer que, s’il paraissait ainsi à l’assemblée, le peuple verrait au moins avec quelle barbarie en agissait le conseil général.
« Je ne dois pas, me répondit sa majesté, chercher à intéresser sur mon sort».
Je m’adressai aux commissaires, et la commune décida le lendemain qu’on rendrait les rasoirs du roi, mais qu’il ne pourrait s’en servir qu’en présence de deux municipaux.
»

Journal de Cléry

Le 27 décembre 1792

Antoine Saint-Just (1767-1794) démasque dans Louis le tyran souple et modeste, qui a opprimé avec souplesse, qui se défend avec modestie : dans l’incohérence de ses actes, il ne voit – sincèrement – que perfidie forte et calculée.

Le 28 décembre 1792

Le ministre des Affaires étrangères, Lebrun, intervient à la Convention pour signaler que la neutralité de l’Espagne dépendra du sort réservé à Louis XVI.

François-Denis Tronchet, avocat de Louis XVI
Louis XVI et ses deux avocats
Pierre Dux est Malheserbes lors du procès mis en scène par Yves Mourousi en 1988 pour TF1, Au nom du peuple français

« Lorsque je revins de l’assemblée où nous avions demandé l’appel au peuple, et où nous avions parlé tous trois, je rapportai (au roi) qu’en sortant j’avais été entouré d’un grand nombre de personnes qui m’avaient assuré qu’il ne périrait pas, ou au moins que ce ne serait qu’après eux et leurs amis. »

Il me dit :

« Les connaissez-vous ? Retournez à l’assemblée, tâchez de les rejoindre, d’en découvrir quelques-uns ; dites-leur que je ne leur pardonnerais pas, s’il y avait une seule goutte de sang versé pour moi ; je n’ai pas voulu qu’il en fût répandu, quand peut-être il aurait conservé le trône et ma vie : je ne m’en repens pas. »

Malesherbes

Le 4 janvier 1793

Par la voix de Barère, le représentant des Hautes-Pyrénées, les modérés de la Plaine se prononcent contre l’appel au peuple préconisé par les Girondins. Sans être convancus par le plaidoyer de Sèze, la plupart des députés de ce groupe répugnent à prononcer une sentence de mort contre un homme qui a exercé le pouvoir suprême pendant de longues années et que, au fond des consciences, on considère encore comme un personnage inviolable et sacré. Le régicide semble couvert d’opprobre bien que personne n’ose l’avouer. Considérant qu’il serait plus glorieux d’épargner le Roi parjure, les Girondins ont proposé, dès le 27 décembre 1792, de recourir à l’appel au peuple pour statuer définitivement sur son sort.
Alléguant la souveraineté de la nation, Pierre-Victurnien Vergniaud (1753-1793) a affirmé qu’elle seule pouvait déterminer la peine à infliger au monarque déchu et qu’il convient de consulter les assemblées primaires à cet effet. Si l’on a recours à cette procédure, et que l’on azboutisse à un verdict de clémence, comme cela est fort possible, la République risque bien d’être mise en péril et les Conventionnels avec elle. En effet, envoyées de tous les départements, pétitions et adresses fvorables au Roi s’accumulent à la Convention. Conscient du danger, Robespierre s’est levé, dès le 28 décembre, contre les recours à l’appel au peuple : 

Pierre-Victurnien Vergniaud
Bertrand Barère
Maximilien de Robespierre

Hérault de Séchelles est absent, ce 13 janvier 1793, aussi écrit-il au nom des quatre commissaires envoyés en Savoie :

« J’ai senti chanceler dans mon coeur la nature républicaine en présence du coupable humilié devant la puissance souveraine. Mais, citoyens, la dernière preuve du dévouement due à la patrie, c’est d’immoler ces premiers mouvements de la sensibilité naturelle au salut d’un grand peuple et de l’humanité opprimée …. La clémence qui compose avec la tyrannie est barbare.»

Pour lui, comme pour les Montagnards, l’appel au peuple n’est qu’«un moyen de ramener le despotisme par l’anarchie». Dans un discours, d’une extrême rigueur, Barère expose, de façon magistrale, tous les arguments qui, sur les plans juridique et politique, exigent que le pouvoir souverain soit maintenu à la Convention, et l’appel au peuple rejeté. Il reprend les idées de Robespierre, en insistant toutefois sur le fait que l’on peut soumlettre une loi, mais pas un procès, à la sanction du peuple. Cette intervention est décisive et entrîne la Plaine du côté des Montagnards.

Après le discours de Barère à la Convention, une pétition de Mâconnais demande la mise en accusation de Marie-Antoinette.

Le 12 janvier 1793

A Rouen, la signature d’une pétition pour l’appel au peuple du jugement de Louis XVI provoque de violents affrontements entre royalistes et Jacobins.

Le 13 janvier 1793

« Nous apprenons par les papiers publics que la Convention Nationale doit prononcer demain sur Louis Capet. Privés de prendre part à vos délibérations, mais instruits par une lecture réfléchie des pièces imprimées et par la connaissance que chacun d’entre nous avait acquise depuis longtemps des trahisons non interrompues de ce roi parjure, nous croyons que c’est un devoir pour tous les députés d’annoncer leur opinion publiquement et que ce serait une lâcheté de profiter de notre éloignement pour nous soustraire à cette obligation. Nous déclarons donc que notre voeu est pour la condamnation de Louis Capet par la Convention Nationale, sans appel au peuple. Nous proférons ce voeu dans la plus intime conviction, à distance des agitations, où la vérité se montre sans mélange, et dans le voisinage du tyran piémontais.»

Hérault de Séchelles

Hérault et ses collègues Grégoire, Simond et Jagot, restent sur une prudente réserve : ils ne se prononcent pas sur la peine à appliquer. Cette tiédeur leur vaut d’être violemment dénoncés au club des Jacobins :

« Grégoire prétend dans ses mémoires qu’une première rédaction de la lettre lui fut présentée par ses collègues et qu’elle contenait les mots « à mort »; mais il ne consentit à la signer qu’après les avoir fait effacer. M. Aulard déclare à ce sujet n’avoir pas trouvé aux Archives l’original de la lettre. La minute existe cependant, à sa date, dans le cahier de correspondance de Hérault de Séchelles. Elle est toute entière de son écriture et ne contient aucune rature : Hérault de Séchelles ne fut donc pas régicide.»

Emile Dard : Hérault de Séchelles

Procès mis en scène par Yves Mourousi en 1988 pour TF1, Au nom du peuple français

Le 15 janvier 1793

VOTES SUR LA MORT DE LOUIS XVI

Les votes sur la mort de Louis XVI ont lieu à la Convention nationale à la suite de son procès.

Le premier des cinq appels nominaux, au terme du procès de Louis XVI par la Convention, a lieu le mardi 15 janvier 1793, à la Convention nationale. Il s’agit de l’appel nominal sur les deux premières questions ainsi conçues :

1° « Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d’attentats contre la sûreté générale de l’État, oui ou non ? »

Absents pour cause de maladie 8
par commission  20
Voix non comptées 27
Omis ou s’étant abstenus  3
Ont répondu Oui (dont 10 par écrit) 691
Total égal au nombre des membres 749

2° « Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple, oui ou non ? »
Chaque département est appelé successivement en commençant par la lettre G, et les membres prononcent leur vœu à la tribune.

« Le jugement de la Convention nationale sera-t-il soumis à la ratification du peuple?» il faut compter :

Absents par maladie 9 38
par commission  20
Abstentions et voix non comptées 9
Ont répondu Oui 287 711
Ont répondu Non 424
Total    749
Ces chiffres, qui ne sont pas conformes à la lettre du procès-verbal de la Convention, sont le résultat du travail critique de Belhomme, les Régicides.

Les deux premiers appels portent sur la culpabilité de Louis et sur la ratification (ou non) du verdict par le Peuple: oui pour la première question; Non pour la seconde.

Les 14 et 15 janvier 1793, le verdict du procès de Louis XVI est rendu

« En vrai républicain, je considère les rois plutôt comme des obhjets de mépris que comme des objets de vengeance. Je ne croirai jamais que nous avons reçu le pouvoir de prononcer la sentence de mort d’un homme.»

Thomas Paine (1737-1809), député du Pas-de-Calais

Thomas Paine
Harvey Keitel incarne Thomas Paine dans La Nuit de Varennes (1982) d'Ettore Scola

Bien rares sont ceux qui osent affirmer publiquement leur soutien à Louis XVI. André Chénier (1762-1794) est de ceux-là. Alors que son frère, Marie-Joseph (1764-1811) vote la mort du Roi , lui choisit de se placer du côté de ses défenseurs. Bien plus, à la demandes des avocats de Louis XVI, Malesherbes et Sèze, il compose une lettre pathétique que le souverain lirait en son nom en cas de vote favorable à la mort, afin d’émouvoir l’Assemblée. En alliant l’éloquencrà l’émotion , le poète espère encore la convaincre : cela le condamnera (il sera guillotiné le 25 juillet 1794).

Monsieur de Malesherbes me rendit un message du Roi, par lequel cet infortuné monarque me proposait de l’assister à la mort, si l’atrocité des hommes le conduisait jusque-là. Forcé de prendre un parti sur-le-champ, je résolus d’obéir à ce qui me semblait être alors la voix de Dieu, et mettant tout le reste entre les mains de sa divine Providence, je répondis au meilleur et au plus infortuné des rois, qu’à la vie et à la mort je ne cesserais jamais de remplir mes devoirs, et que mon cœur me les rendait bien chers.
Le trajet des Tuileries au Temple se passe dans le plus morne silence. Deux ou trois fois cependant le ministre de la justice essaie de le rompre.
« Grand Dieu ! » s’écria-t-il, après avoir levé les glaces de la voiture, « de quelle affreuse commission je me vois chargé ! « Quel homme ! » ajouta-t-il en parlant du Roi, « Quelle résignation ! Quel courage ! Non, la nature toute seule ne saurait donner tant de force. Il y a quelque chose de surhumain. »
 
L’abbé Edgeworth de Firmont, dernier confesseur de Louis XVI

Du mercredi 16 janvier 1793 à six heures du soir au jeudi 17 janvier à sept heures du soir

Sans interruption, en commençant par le département de la Haute-Garonne, a lieu l’appel nominal sur la troisième question :

3°  « Quelle peine sera infligée à Louis ? »
C’est alors que Mailhe, le premier à s’exprimer, déclare :

« Par une conséquence naturelle de l’opinion que j’ai déjà émise sur la première question, je vote pour la mort de Louis. Je ferai une seule observation. Si la mort a la majorité, je pense qu’il serait digne de la Convention nationale d’examiner s’il ne serait pas politique et utile de presser ou de retarder le moment de l’exécution. Cette proposition est indépendante de mon vote. Je reviens à la première question et je vote pour la mort. »

« Le soir du 16 janvier, M. de Malesherbes entra et annonça au Roi que l’appel nominal n’était pas encore terminé . Le feu prit dans ce moment dans la cheminée d’une chambre où logeait le porteur de bois au Palais du Temple. Un rassemblement de peuple assez considérable entra dans la cour. Un municipal vint tout effrayé dire à M. de Malesherbes de se retirer sur-le-champ. Il sortit après avoir promis au Roi de revenir l’instruire de son jugement .  » Quelle est la cause de votre frayeur  » demandai-je à ce commissaire ?
« On a mis le feu au Temple, me dit-il, on l’a mis exprès pour sauver Capet dans le tumulte, mais je viens de faire environner les murs par une forte garde. »
Bientôt on appris que le feu était éteint, et que c’était un simple accident.
»

Journal de Cléry

Du 16 au 18 janvier 1793

La Convention vote la mort du Roi, le sursis temporaire à l’exécution de la peine n’étant pas retenu.

Le 17 janvier 1793

Le procès s’achève sur le vote des députés. À la première question, « Louis est-il coupable ? », 694 députés sur 721 répondent oui. « Le peuple doit-il voter pour décider du sort de l’ex-roi ? » : 423 voix répondent non, contre 281 oui. Enfin, à la question « Quelle peine sera infligée à Louis ? », 361 députés sur 721 répondent la mort, soit une voix de majorité ; il faut cependant ajouter 26 députés qui se prononcent pour la mort tout en demandant si la Convention doit ou non faire différer l’exécution. Cette position entraîne un quatrième vote sur le sursis, qui est repoussé par 380 voix contre 310.

La question du sursis est posée, d’autant plus que, sur demande de Garrau, Mailhe réitère ses observations.

Le samedi 19 janvier 1793

Malgré une opposition farouche de Marat rejetée, sur la motion de Choudieu, la Convention décrète qu’elle discutera immédiatement la question du sursis du jugement de Louis Capet, et décrète que la question sera ainsi posée :

4° « Y aura-t-il un sursis à l’exécution du jugement de Louis Capet ? » et qu’il sera répondu par oui ou par non.

L’appel nominal a lieu par ordre alphabétique de département en commençant par le Gers.

Klaus-Maria Brandauer est Danton dans Les Années Terribles de Richard Heffron
Robespierre (Andrzej Seweryn) et Desmoulins (François Cluzet) dans le même film

Philippe Égalité est l’un de ceux qui ont donné leur voix pour la peine capitale.

Gérald Cesbron est Philippe Egalité dans Un Peuple et Son Roi de Pierre Schoeller (2018)
Denis Lavant est Marat dans Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

Troisième appel nominal : sur la peine

L’assemblée se compose de………………………………….. 745 votants
Décédé……………………………………………………………………. 1

Reste :                                          744 membres

Non votants :

Malades……………………………………………………………………. 6
Absents sans cause et censuré……………………………….. 2
Absents par commission………………………………………… 11
Se sont dispensés de voter………………………………………. 4

Reste :                                       721 membres

Pour la peine de mort, avec réserve de la
commutation ou de la fixation du délai………………….. 1

Pour la peine de mort avec demande d’une
discussion sur l’époque d’exécution………………………… 23

Pour la mort, avec sursis jusqu’à l’expulsion
des Bourbons………………………………………………………………. 8

Pour la peine de mort avec sursis jusqu’à la paix
avec la faculté de consommer l’exécution dans
les 24h de l’invasion du territoire, si elle a lieu………… 2

Pour la mort………………………………………………………………… 366

Pour la détention jusqu’à la fin de la guerre et
le bannissement aussitôt la conclusion de la paix…… 319

Pour la prison……………………………………………………………… 2

Quatrième appel nominal de contrôle, et résultat rectifié du scrutin

L’Assemblée est composée de…………………………………….. 749 membres

Il s’est trouvé :
15 membres sont absents par commision
7 membres sont absents pour maladie
1 membre est absent sans cause (le mort probablement )
5 membres sont non votants
Total : 28

Restent ………………………………………………………………………. 721 votants
La majorité absolue est de……………………………………….. 361

Sur quoi,

La prison……………………………………………………………………. 2

La détention ou le bannissement à la paix, ou le bannissement immédiat, ou
pour la réclusion, et quelques-uns y ont ajouté la peine de mort conditionnelle,si le territoire était envahi……………… 286

La mort avec sursis soit après l’expulsion des Bourbons, soit à la paix, soit à la ratification de la Constitution……………………………… 46

Total : 334

La mort…………………………………………………………………….. 361

La mort en demandant une discussion sur point de savoir s’il conviendrait à l’intérêt public qu’elle fût ou non différée et en déclarant leur vœu indépendant de cette demande………………………………. 26

Total : …………………………………………………………………………387

Résumé :

387 : pour la mort sans condition
334 : pour la détention ou la mort condionnelle
28  :  absents ou non votants

Total : 749

À l’issue d’un long procès, le citoyen Capet est reconnu coupable de «conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l’État» et condamné à la peine de mort le 18 janvier 1893 par 361 votes sur 721 votants. Le dernier recours est rejeté le 19 janvier 1793. Pendant les quatre nuits et les trois jours pleins qui séparent la sentence de mort du 17 janvier du jour de l’exécution, les royalistes ne font aucun effort sérieux et concerté pour sauver le prince : la Commune a d’ailleurs pris de minutieuses précautions; et, malgré la pitié croissante dont les gardiens et familiers du Temple se sentent pris pour le père de famille séparé peut-être inutilement des siens, la surveillance devient de plus en plus rigoureuse.

Raymond de Sèze

 

« Citoyens, je n’achève pas… Je m’arrête devant l’Histoire : songez qu’elle jugera votre jugement et que le sien sera celui des siècles. »

Paroles prononcées le 26 décembre 1792 par Raymond de Sèze, à l’entente de la condamnation à mort du Roi.

Le 20 janvier 1793

Vers deux heures de l’après-midi

La Convention envoie à la maison du Temple une délégation chargée de notifier le verdict au condamné. Ladite délégation est conduite par Dominiqure Garat (1749-1833), ministre de la Justice. Il est dans sa tâche assisté de Jacques-René Hébert (1757-1794), substitut du procureur de la Commune, et de Malesherbes.

Les voyant arriver, le Roi déchu remarque les sanglots de son avocat. Avant même l’énoncé du verdict, il lui déclare :

 « Je m’attendais à ce que vos larmes m’apprennent ; remettez-vous, mon cher Malesherbes.  La mort ne m’effraie point : j’ai la plus grande confiance dans la miséricorde de Dieu .»

Garat lui annonce alors l’énoncé du verdict puis lui précise aussitôt que la sentence sera mise en œuvre dans les vingt-quatre heures. À la surprise de tous, l’ancien Roi reste impassible. Hébert, l’ayant jusqu’alors toujours méprisé et insulté dans ses articles parus dans Le Père Duchesne, écrira : 

« Il écouta avec un sang-froid rare la lecture du jugement. Il eut tant d’onction, de dignité, de noblesse, de grandeur dans son maintien et ses paroles, que je ne pus y tenir. Des pleurs de rage vinrent mouiller mes paupières. Il avait dans ses regards et dans ses manières quelque chose de visiblement surnaturel à l’homme. Je me retirai, voulant retenir des larmes qui coulaient malgré moi et bien résolu de finir là mon ministère.»

Jacques-René Hébert

Louis XVI écrit alors cette dernière lettre à la Convention Nationale :

Lettre de Louis XVI à la Convention Nationale

« Je demande un délai de trois jours pour pouvoir me préparer à paraître devant Dieu. Je demande pour cela de pourvoir voir la personne que j’indiquerai aux commissaires de la Commune et que cette personne soit à l’abri de toute inquiétude et de toute crainte pour cet acte de charité qu’elle remplira auprès de moi. Je demande d’être délivré de la surveillance perpétuelle que le Conseil Général a établi depuis plusieurs jours.
Je demande dans cet intervalle à pouvoir voir ma famille quand je le demanderai et sans témoins. Je désirerais bien que la Convention Nationale s’occupât tout de suite du sort de ma famille, et qu’elle lui permit de se retirer librement et convenablement où elle le juge utile et à propos.
Je recommande à la bienfaisance de la Nation toutes les personnes qui m’étaient attachées. Il y en a beaucoup qui avaient mis toute leur fortune dans leurs charges, et qui n’aient plus d’appointements doivent être dans le besoin et même de celles qui ne vivaient que de leurs appointements. Dans les pensionnaires il y a beaucoup de vieillards, de femmes et d’enfants qui n’avoient que cela pour vivre.
À la Tour du Temple le 20 janvier 1793.»
Louis

La délégation se retire puis revient donner la réponse de la Convention à ces différentes requêtes : celles-ci sont toutes accordées, hormis le délai supplémentaire de trois jours. L’exécution aura donc lieu comme prévu le lendemain.

La délégation se retire définitivement. Il est six heures en cette soirée du 20 janvier 1793.

Le délai demandé est refusé mais Louis pourra faire ses adieux à sa famille et se confesser avant que mort ne s’en suive le lendemain.

Le 20 janvier 1793 au soir 

Louis XVI passe la soirée avec sa femme, ses enfants et sa sœur .

Il promet à la Reine de La voir le lendemain matin. Il ne le fera pas pour Lui épargner cette peine.

Les adieux de Louis XVI à sa famille par Benjamin Warlop
Images de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

 

 
 
Images de Marie-Antoinette, la véritable histoire (2006) de Francis Leclerc et Yves Simoneau
Le roi Louis XVI embrassant la reine Marie-Antoinette pour la dernière fois et faisant ses adieux à ses enfants sous les yeux des gardes.

Le lundi 21 janvier 1793

Vers six heures du matin

L’abbé Henri-Edgeworth de Firmont (1745-1807), un prêtre insermenté, recommandé par Madame Élisabeth, célèbre l’ultime messe de Louis XVI.

Il utilise ce calice qui se trouve dans l’église romane de Saint-Urcize, au cœur de l’Aubrac, qui fut transmis de prêtre en prêtre. Au début du XIXe siècle , l’abbé Saint-Pée d’Amont l’offrit à un parent Pierre-Jean Ipcher, futur curé de Saint-Urcize, pour la célébration de sa première messe.

L'abbé Edgeworth de Firmont
« À la tour du Temple, la scène devint affreuse, au-delà de tout ce qu’il m’est possible d’exprimer. La porte de la tour, quoique très-petite et très-basse, s’ouvrit avec un fracas horrible, tant elle était chargée de verroux et de barres de fer. Nous passâmes à travers une salle remplie de gardes, dans une salle plus vaste encore, et qui, à sa forme, me parut avoir été autrefois une chapelle. Là, les commissaires de la commune, chargés de la garde du Roi se trouvaient assemblés. Ils étaient à peu près douze, et la plupart en costume jacobin ; leur air, leurs manières, leur sang-froid, tout annonçait des âmes atroces, que la vue du plus grand des crimes n’épouvantait pas. Ils me conduisirent par un escalier tournant, et si étroit, que deux personnes avaient peine à se croiser ; de distance en distance, cet escalier était coupé par des barrières ; à chaque barrière on voyait une sentinelle en faction. Ces sentinelles étaient de vrais sans-culottes, presque tous ivres ; et les cris affreux qu’ils poussaient, répétés par les voûtes du Temple, avaient quelque chose de vraiment effrayant. Parvenu à l’appartement du Roi, dont toutes les portes étaient ouvertes, j’aperçus le Prince au milieu d’un groupe de huit à dix personnes. C’était le ministre de la justice, accompagné de quelques membres de la commune, qui venaient de lui lire le fatal décret qui fixait irrévocablement sa mort au lendemain.»
 
L’abbé Edgeworth de Firmont, dernier confesseur de Louis XVI

À sept heures

Louis XVI confie ses dernières volontés à l’abbé. Il transmet à Cléry son cachet aux armes de France pour le Dauphin et son alliance pour la Reine. A propos de l’anneau, il confie à son valet à l’intention de la Reine :

 « Dites-lui bien que je le quitte avec peine. »

Il conserve au doigt l’anneau du sacre.

En ce matin du 21 janvier, la température extérieure est basse : il fait 3 °C. Un brouillard épais enveloppe Paris.

À neuf heures

Le bruit augmente, les portes s’ouvrent avec fracas, Santerre, accompagné de sept à huit municipaux, entre à la tête de dix gendarmes et les range sur deux lignes. À ce mouvement le Roi sort de son cabinet : « Vous venez me chercher ? dit-il à Santerre.
Oui

Le Roi tient à la main son testament et s’adressant à un municipal nommé Jacques Roux, prêtre jureur :

« Je vous prie de remettre ce papier à la reine, à ma femme.
Cela ne me regarde point, répond ce prêtre en refusant de prendre l’écrit.»

Sa Majesté s’adressant ensuite à Gobeau, autre municipal : « Remettez ce papier, je vous prie, à ma femme ; vous pouvez en prendre lecture, il y a des dispositions que je désire que la commune connaisse. »…
Puis regardant Santerre : « Partons »

Dans la seconde cour de la maison du Temple, la voiture verte du maire de Paris Nicolas Chambon (1748-1826) attend, ce dernier ayant obtenu que le Roi ne soit pas conduit dans la charrette des condamnés.

Jean-François Balmer dans Les Années Terribles (1989)

Louis XVI y prend place avec l’abbé . Deux personnes de la milice s’installent face à eux. Avant de monter, le Roi se tourne vers l’un des concierges de la prison et lui déclare :

« J’ai eu un peu de vivacité avec vous avant-hier soir, ne m’en veuillez pas ! »

La voiture quitte le Temple au son de tambours et de trompettes. Des canons sont postés à chaque endroit stratégique. Le convoi est précédé d’environ deux cents gendarmes à cheval. Les Parisiens sont venus en nombre assister à l’exécution, tant sur le trajet qu’à l’emplacement de la guillotine. Les volets sont clos et les boutiques fermées. La plupart des personnes sont silencieuses.

Pendant cet ultime voyage qui l’amène à la mort, entre deux prières, Louis XVI interpelle ceux qui l’accompagnent : 

« A-t-on des nouvelles de monsieur de La Pérouse? »

C’est assez formidable de songer qu’en ces derniers instants, le Roi aura pensé à son explorateur, celui qui aura réalisé tout ce que lui avait conçu en théorie.

Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Image des Années Terribles de Richard Heffron

Vers dix heures et quart

Le cortège arrive place de la Révolution et s’arrête au pied de l’échafaud. Accueilli par le bourreau Charles-Henri Sanson (1739-1806) à sa descente du carrosse, le monarque désigne son confesseur à l’un des bourreaux et lui dit :

« Je vous recommande le prêtre que voici. Ayez soin qu’après ma mort il ne lui soit fait aucune insulte».

Calme, il ôte ensuite lui-même sa redingote brune et sa cravate. À la demande de Sanson, il ouvre le col de sa chemise.

Image de Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke
L'exécution de Louis XVI dans Marie Antoinette (1938). La scène, bien qu'elle ait été filmée, a été coupée au montage final.
Images des Années Terribles de Richard Heffron

Voyant qu’on veut lui lier les mains, le Roi refuse :

« Me lier ! Non, je n’y consentirai jamais. Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas, renoncez à ce projet. »

Contre toute attente, Louis XVI s’avance sur le bord gauche de l’estrade. Il fait signe aux tambours de s’arrêter et déclare d’une voix forte :

« Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. »

Image de Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke
Le dernier regard de Louis XVI, 1793 gravure suédoise
Affiche de Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

Il veut poursuivre mais Santerre (1752-1809) donne l’ordre de faire battre à nouveau les tambours pour couvrir sa voix. L’abbé de Firmont lui crie alors :

« Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »

Laurent Lafitte est Louis XVI dans Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

A dix heures vingt-deux minutes

Sa planche bascule, la lunette de bois se referme sur sa tête et le bourreau Sanson actionne le couperet.

Gros, un assesseur du bourreau, saisit la tête sanguinolente et la présente au peuple. Quelques Parisiens crient

« Vive la Nation ! Vive la République ! Vive la liberté ! »

Jacques Roux, commissaire de la Commune de Paris, rédige le procès-verbal de l’exécution ; il précise que des citoyens recueillent sur l’échafaud ensanglanté le sang du Roi avec leurs mouchoirs, leurs piques ou leurs sabres.

Masque mortuaire de Louis XVI
Image d'Un peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

Le canon tonne et prévient la famille du Roi restée à la Tour du Temple que l’exécution a eu lieu.

Image de Marie-Antoinette de Van Dyke
Marie-Antoinette reconnaît alors Son fils comme le nouveau Roi Louis XVII (Jane Seymour et Sean Flynn) dans Les Années Terribles (1989)

En 1815

La Restauration considère comme régicides quatre catégories de conventionnels les 361 qui ont voté la mort ; les 26 qui ont voté la mort avec l’amendement Mailhe ; les 46 qui ont voté la mort avec sursis; et ceux qui, en dehors des catégories précédentes, ont voté contre le sursis; total : 455.

Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du droit de Joyeux avènement, impôt perçu à chaque changement de règne.
> Louis XVI créa le corps des pompiers.
> Louis XVI autorisa l’installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.
> Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens.
> Louis XVI abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises qui lui était réservé en temps de guerre.
> Louis XVI décida d’aider l’abbé de l’Épée dans son œuvre pour l’éducation des « sourds-muets sans fortune» auquel il enseignait un langage par signes de son invention. Le Roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l’avis de l’archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.
> Louis XVI dota l’école de Valentin Hauy pour les aveugles.
> Louis XVI donna l’ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs Anglais et obtint la réciproque pour les pêcheurs Français.
> Louis XVI donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux même leur pensions sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur (il faudra de nouveau attendre 1965 car le code Napoléon s’est empressé d’abolir cette mesure !).
> Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi » 90 ans avant la première convention de Genève !
> Louis XVI décida d’abolir le servage et la main morte dans le domaine royal et le droit de suite qui permettait aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.
> Louis XVI ordonna l’abolition de la question préparatoire et préalable (torture)
> Louis XVI accorda le premier, le droit de vote aux femmes dans le cadre de l’élection des députés à l’assemblée des états généraux.
> Louis XVI décida de faire construire à ses frais, des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons.
> Louis XVI s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant le procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès (sujet d’une étonnante actualité) !
> Louis XVI supprima de très nombreuses charges de la maison de Roi (plus du tiers).
> Louis XVI permit aux femmes d’accéder à toutes les maîtrises.
Louis XVI finança tous les aménagements, de l’hôtel-Dieu pour que chaque malades ait son propre lit individuel.
Louis XVI employa le premier, l’expression « Justice sociale ».
Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd’hui nommé : « Hôpital des enfants malades »
> Louis XVI créa le Musée des Sciences et Techniques, futur Centre National des Arts et Métiers.
> Louis XVI fonda l’école des mines.
> Louis XVI finança sur ses propres fonds, les expériences d’aérostation des frères Montgolfier.
> Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.
> Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants.
> Louis XVI accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.
> Louis XVI accorda des pensions de retraites, à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.
> Louis XVI demanda l’établissement annuel de la balance du commerce.
> Louis XVI créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.
> Louis XVI accorda l’état-civil aux non-catholiques.
> Louis XVI créa l’Ecole de musique et de danse de l’Opéra de Paris et le musée du Louvre.

Et malgré ça, on l’a guillotiné !

Louis XVI a la parole de Paul et Pierrette Girault de Coursac

Malesherbes se sacrifia pour le Roi.

Après le procès et la mort du Roi, il resta à Paris ; Malesherbes est arrêté au mois de décembre 1793, il est emprisonné à Port-Libre.

Le 22 avril 1794

L’avocat et courageux défenseur du Roi Louis XVI, Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (1721-1794), meurt décapité à Paris ainsi que, ce jour-là, sa fille et sa petite-fille. Traversant la cour de la Conciergerie pour monter dans la charrette qui doit le conduire à l’échafaud, il trébuche sur une pierre.

« Oh, dit-il, voilà qui s’appelle un mauvais présage ; un Romain, à ma place, serait rentré ».

La famille de Malesherbes est en grande partie exterminée par la révolution. Il fut secrétaire d’État à la Maison du Roi et membre du ministère avec Turgot. Il lui revient la gloire d’avoir été l’avocat de Louis XVI devant le Tribunal révolutionnaire, auquel il se présenta volontairement pour prendre la défense du Roi, qui lui dit :

« Votre sacrifice est d’autant plus généreux que vous exposez votre vie et que vous ne sauverez pas la mienne ».

Malesherbes était né le 6 décembre 1721 à Paris, le fils de Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil, Premier président de la Cour des aides.

On a placé sa statue au Palais de Justice à Paris.

Guillaume-Chrétien de Malesherbes

Sources :

  • Antoinetthologie
  • Edmé-Etienne Belhomme, ancien inspecteur d’Académie, Les Régicides (1893) Paris, au siège de la Société, 3, rue de Furstenberg
  • Paul et Pierrette Girault de Coursac, Enquête sur le Procès du Roi (1992), Editions François-Xavier de Guibert 
  • Louis XVI a la parole de Paul et Pierrette Girault de Coursac, éditions de L’ŒIL
  • Le procès de Louis XVI, Au nom du peuple français, mis en scène par Yves Mourousi sur TF1 en 1988 :
    https://www.youtube.com/watch?v=_TMlDULO0pY
    https://www.youtube.com/watch?v=-HqxopORPP4

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