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Le parfumeur Jean-Louis Fargeon

Le 11 août 1748

Jean-Louis Fargeon, futur parfumeur de Marie-Antoinette, naît à Montpellier, capitale de la parfumerie française, où il acquiert un savoir-faire . Il appartient à une lignée de maîtres apothicaires : dès 1653, Maître Jean Fargeon tient boutique à Montpellier, déjà, à l’enseigne « le Vase d’Or » dans la rue principale de la ville.
Son père, Jean-Louis Fargeon,

Résultat de recherche d'images pour "le parfum film"Image du Parfum de Tom Tykwer (2006)

Le 29 juillet 1760

Mort de son père Jean-Louis Fargeon père.

Le 22 avril 1769

Mariée et munie d’un nom mieux sonnant que Bécu, Madame la comtesse du Barry, est présentée à la Cour de France, à Versailles.

Le 16 mai 1770

Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

Sofia Coppola Maga Ettori – MAGÀ ETTORILe mariage dans le film de Sofia Coppola (2006)

Lorsque Marie-Antoinette arrive à Versailles, Elle adopte la “toilette de Flore” : Elle prend des bains parfumés, s’enduit de pommades et se farde très peu, pour ne pas abîmer Son visage avec des composés nocifs tels que la céruse ou les sels de mercure. Elle raffole de soins naturels. »

Début 1773

Jean-Louis Fargeon, âgé de vingt-cinq ans, quitte Montpellier pour s’installer à Paris. 

En mars 1774

Jean-Louis Fargeon monte à Paris pour parachever sa maîtrise chez la veuve Vigier. Il en fera un art. Il est domicilié 11 rue du Roule (près du palais du Louvre), y ouvre son magasin et devient le temple des élégantes, son laboratoire le repaire des savants et curieux.

 

Il compte parmi ses clientes Madame du Barry et la princesse de Guéménée, la future gouvernante des Enfants du Roi (1778-1782) , qui le présente à la Reine Marie-Antoinette pour qui il confectionne  une eau , une poudre et une pommade à la Reine, en utilisant les fleurs qu’Elle affectionne. Il prépare des parfums pour Ses gants, des essences nobles pour Son bain et Ses cassolettes , et crée pour Elle des eaux de senteurs concentrées, des “esprits ardents“, qu’Elle s’amuse à rebaptiser Ses “esprits perçants“.

«Le parfumeur livre à la Maison de la Reine plusieurs douzaines de gants blancs, des paires de mitaines en peau de chien, des bouteilles de lavande, des litres d’esprit-de-vin, des pots de pommade à la fleur d’orange et de pâte d’amande, de la poudre à la fleur d’orange et des corbeilles de senteur en taffetas parfumé à la poudre de violette et au chypre, sans compter moult accessoires»

«La grande histoire du parfum» d’Elisabeth de Feydeau

Marie-Antoinette, pour qui il crée «un vinaigre radical ou esprit de Vénus», apprécie aussi, parmi les produits que Lui procure Son parfumeur officiel, les «pommades au citron, à la fleur d’orange double, au concombre, les bâtons aux mille parfums, ou encore les eaux spiritueuses de lavande, les pommades au jasmin, les eaux de Cologne et les sachets parfumés». Il existe plus de dix formules de crèmes pour les mains de la Reine. Elle se purifie le teint avec de l’eau d’ange et se nettoie la peau avec de l’eau de pigeon. La lotion est extraite à partir de morceaux de pigeon, pain blanc, noyaux de pêche et blanc d’œuf. Pour le parfum, Elle affectionne l’eau de la Reine de Hongrie.

 « Le romarin est purifiant, antioxydant et il stimule l’éclat du teint Cette eau était aussi utilisée pour désinfecter les plaies. On pense même qu’elle est devenue l’eau de Cologne lorsqu’elle est tombée aux mains des parfumeurs outre-Rhin. »

Charles Cracco, pharmacien cosmétique
Kristen Dunst incarne la frivole Marie-Antoinette dans le film éponyme de Sofia Coppola en 2006Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Parfumeur de Marie-Antoinette, Fargeon sera aussi celui des Enfants de France. Pendant la Révolution, il leur fournira des poudres, pommades, eaux de lavande, peignes et gants…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est MA-Campan.jpg.

Au XVIIIe siècle, on se parfume de plusieurs façons : en se lavant avec des vinaigres odoriférants ou autres lotions, en parfumant les gants… L’une d’entre elles est de porter sur soi de petits objets spécifiques et raffinés contenant des substances odorantes : des boîtes, des étuis, des bijoux, des flacons, des sachets de senteurs …
L’étui-nécessaire (avec flacons et entonnoir pour mélanger les parfums, et nécessaire à écrire).

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette par Heinrich Lossow"Marie-Antoinette par Heinrich Lossow

Parallèlement on voit éclore un raffinement esthétique sur la toilette, sur un petit meuble recouvert d’une toile, on dispose les ustensiles, et précieux nécessaires composés de peignes d’ivoire et de nacre, de boites d’agate, d’or ou d’argent émaillé pour les poudres, les fards, les pommades, les savonnettes, les mouches, et de flacons de cristal de roche pour les eaux de senteur.

Une Dame à sa toilette par Jollain

Les coiffures sont, quant à elles sont poudrées, parfois colorées afin de donner une teinte aux cheveux puis parfumées. Collaborant avec Léonard Autié, Fargeon lui fournit «des pommades parfumées au jasmin pour les cheveux, ainsi que des huiles aux senteurs florales». Et il va jusqu’à parfumer les roses en tissu qui ornent les robes de Marie-Antoinette, conçues par sa marchande de modes, Mademoiselle Bertin.

Le parfum tient une place essentielle dans le rituel de beauté.

LES NÉCESSAIRES

Les nécessaires de poche (ou étuis-nécessaires) recèlent de petits articles : boîte à mouches, brosse à dent, couteau pliant, crayon, cuillère, cure-oreille, entonnoir (servant à mélanger les parfums se trouvant dans les flacons), flacons, gratte-langue, passe-lacet, peigne, pince à épiler, porte-crayon, racloir pour les dents, tablettes pour écrire des messages, inscrire son emploi-du-temps ou s’en servir comme carnet-de-bal. L’intérieur est doublé de velours ou de soie.

LES FLACONS

Au XVIIIe siècle on utilise des flacons à parfum qui gardent des essences et des eaux de senteurs, de même que des huiles et des vinaigres parfumés avec des fleurs ou autres. Les eaux spiritueuses sont de l’esprit-de-vin (de l’alcool, terme qui n’apparaît dans les manuels de parfumerie semble-t-il qu’au XIXe siècle) chargé par la distillation du principe de l’odeur des substances.
Parmi les eaux spiritueuses il y en a de simples. On les qualifie d’«esprits ». D’autres sont composées, car plusieurs matières aromatiques entrent dans leur combinaison. On les nomme eaux spiritueuses ou cosmétiques.

Le Parfum - Histoire d'un meurtrier - Tom Tykwer - Metropolitan ...Image du Parfum de Tom Tykwer (2006)

Certaines prennent le nom de « bouquets ». A cela s’ajoutent les extraits et les esprits « persans » particulièrement chers étant donné leur fabrication (les doses sont augmentées et les distillations nombreuses).
Les flacons à parfum sont munis d’un bouchon et d’une chaînette. Certains sont des flacons-pendentifs dans lesquels on dépose des senteurs liquides, et qui, hermétiquement fermés, se suspendent autour du cou, attachés à un ruban de velours ou une chaîne, portés à la taille au dessus d’une jupe élargie par un vertugadin (variante du panier).

Résultat de recherche d'images pour "le parfum film"Image du Parfum de Tom Tykwer (2006)

Les parfums liquides sont conservés dans des flacons en cristal de roche, eux même mis dans des caves à parfum ou cabinets à parfum ou cassettes ou nécessaires à parfum qui sont des petits coffrets dans lesquels sont disposés des flacons, un entonnoir et un gobelet (une timbale) pour les mélanges, de même que parfois une coupelle et un rince-œil.

Petit pot en faïence, au nom du célèbre parfumeur

Les flaconniers comportent flacons et entonnoirs. Quant aux nécessaires de toilette, ce sont de petits coffres assez grands pour contenir divers objets de toilette.

LES SACHETS DE SENTEUR

On fabrique aussi des coussinets odorants en soie que l’on porte sur soi. Ils sont généralement remplis de coton parfumé. Ils ont pour noms : sachets de senteur, poches de senteur, des déshabillés de senteur, sachets d’Angleterre …

Quelques éléments du nécessaire conservé au Louvre :

Marie-Antoinette adorait le parfum. En fait, le parfum était très populaire auprès de la royauté française, avant même que la future reine ne passe le seuil de Versailles. Ramenons-nous donc, bien avant, du temps de Catherine de Médicis. À l’époque, le monde de la parfumerie italienne, soudainement pris d’assaut par de nouvelles fragrances d’herbes, de plantes et de fleurs, était en plein essor. Un réputé fabriquant de poisons pour la Cour italienne, arriva en France via les bagages de la grande Catherine, venue pour marier Henri II, en 1533. Malgré ses antécédents d’empoisonneur, celui-ci sembla avoir assez de versatilité pour changer quelques notes à ses concoctions et faire carrière dans la parfumerie royale. Mais pour les Bourbons, le parfum n’était toujours pas considéré un art, mais plutôt une nécessité médicale, parce que malgré l’opulence des palais français, ceux-ci comptaient quelques lacunes, pour le moins qu’on puisse dire, au niveau de leur plomberie. Une façon pour les narines royales de survivre à un tel environnement, était de régulièrement s’appliquer quelques gouttes de parfum sous le nez. Au moment où la peste frappa la France, en 1347, on avait d’ailleurs cru que le parfum protégerait les privilégiés qui pouvaient se le payer. Cette idée de masquer l’odeur de la maladie, s’était rapidement transformée en fabrication de gants parfumés. Pendant plusieurs années, les aristocrates français portèrent des gants imbibés de parfum, afin de n’avoir qu’à lever le doigt à leur nez pour se préserver des assauts olfactifs qui les entouraient. Aussi, la ganterie et la parfumerie françaises sont encore de nos jours, des arts tout à fait reliés. Lorsque Marie-Antoinette entre en scène, les parfums floraux font rage, et bien qu’ils aient longtemps été réservés à la famille royale, ils furent tout aussi hors de prix lorsque plus largement distribués. Les historiens relatent que Marie-Antoinette aurait étroitement collaboré avec le parfumeur royal, à la création d’un parfum dont la formule documentée, pourrait éventuellement refaire surface un jour. Mais si la maison Houbigant n’a toujours pas relancé le fameux parfum de Marie-Antoinette, peut-être est-ce parce que la légende veut que la Reine du «règne de la terreur» ait été démasquée lors de sa tentative d’évasion un soir de juin 1791, justement en raison de son parfum; on raconte même, qu’elle en aurait glissé un flacon dans son décolleté, quelques temps avant de monter sur l’échafaud: mortel slogan, non?

On sait que tout n’est pas vrai…notamment ce qui concerne Varennes et le 16 octobre… mais certaines informations sont intéressantes.

Peut être une image de 1 personne et intérieurDécor du film  Le Parfum de Tom Tykwer (2006)

Le parfum tient une place essentielle dans le rituel de beauté.

Jean-Louis Fargeon, « maître gantier parfumeur » de la Reine, élabore pour Marie-Antoinette des compositions florales adaptées à Son goût et Ses humeurs.

Le parfum devient cosmétique et non thérapeutique puis un art.

Une palette de myrrhe, musc, d’ambre gris, aloès, santal, tubéreuse, bergamote, jacinthe, jonquille, la fleur d’oranger, le jasmin, la lavande, la violette et la rose.

A l’époque le parfum ne s’applique guère sur la peau, ni même sur les vêtements : ce sont les mouchoirs, gants de senteurs ou éventails qui dispersent les fragrances.

Marie-Antoinette ne sortait jamais sans Ses gants parfumés au jasmin ou aux œillets : Sa femme de chambre les Lui présentait, accompagnés de Son mouchoir, sur une précieuse salve de vermeil.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette par Ludwig Guttenbrunn, représentée sur un fond de paysage et tenant une lyre (1788)"Marie-Antoinette par Ludwig Guttenbrunn, représentée sur un fond de paysage et tenant une lyre (1788)

Le 12 janvier 1779

Bien que la Reine paye régulièrement ses commandes, Fargeon doit se déclarer en faillite  à hauteur de 304 000 livres et de nombreuses clientes décident de solder leurs comptes afin de ne pas perdre ce précieux parfumeur.

Peut être une représentation artistique de 1 personneLouise de Tourzel garda une bouteille de jade noire qui lui a été donnée par la Reine, contenant un parfum que la Souveraine avait commandé dans les années 1780. La bouteille en jade protégeait le parfum délicat des rayons du soleil, ayant le désir de souveraine de s’asperger fréquemment avec un parfum qui Lui était très bienvenu, qu’elle avait habituellement apporté avec elle en toute occasion.
Quelques années plus tard, la commission du ′′ Bouquet du Trianon ′′ (inspirée des senteurs du lieu qu’Elle aimait tant), Marie-Antoinette s’est avérée obstinée en commandant une fragrance qui avait de fortes senteurs orientales, complice la tendance de la mode ′′ à la turque ′′ avec le période historique.
Les notes prédominantes du parfum sont très aromatiques. Il y a la bergamote et la cardamome, la cannelle, la rose timide de Grasse, le jasmin Sambac, la teinture de Vanille, des senteurs solennelles d’encens et de bois, sur une voluptueuse base d’ambre grise. Une goutte de patchouli, dont l’essence protège les délicates étoffes pendant les longs déplacements navals.

Avant et pendant la Révolution

Il a de nombreux apprentis, dont Pierre-François Lubin (1774–1853) . Associé à l’image, alors négative, de la Reine, Jean-Louis s’arrange pour vendre son affaire à Mouchet, Moulinet & Cie.

En 1788

Les livraisons de Fargeon à la maison de la Reine comportent plus d’ “eaux apaisantes” que d'”élixirs de beauté”. 

Le 20 juin 1791

La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

Sur le chemin de Montmédy, la berline emporte de la “poudre à la Fargeon”, du “Parfum du Trianon”, des pots de pommade, de l’eau de lavande, de l’ “eau souveraine” pour les frictions, de l’ “eau de fleurs d’orange” et de l’ “esprit de lavande”, réputés apaisants, divers vinaigres toniques et antispasmodiques, ainsi que des sels revigorants et des sachets de “bain de modestie“, de l’essence de bergamote, des pommades à l’héliotrope et au citron, et diverses eaux cosmétiques.

Les nécessaires de voyage de Marie-Antoinette 07-52810

Les nécessaires de voyage de Marie-Antoinette 07-52410Nécessaire de voyage de Marie-Antoinette (au Louvre)Les nécessaires de voyage de Marie-Antoinette 07-52813

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Les nécessaires de voyage de Marie-Antoinette 07-52818

Voici l’inventaire d’un nécessaire de la Reine :
– 2 boîtes à poudre de fer blanc, avec leurs houppes de cygne.
– 4 flacons à bouchons de cristal doré.
– 1 verre.
– 1 entonnoir.
– 1 plateau de cristal doré.
– 1 pot à pâte et 2 pots à pommade en porcelaine de Sèvres blanche et -paire de ciseaux.
– 1 petit couteau à lame d’acier, manche de nacre et virole d’argent.
– 1 pince en acier.
– 1 paire de ciseaux.
– 1 gratte-langue.
– 1 peigne à sourcils.
– 1 cure-oreilles.
– 2 petits étuis d’ivoire.
– 1 petite brosse à dents.

St Cloud. Une vie de château de Florence Austine Montenay

Les nécessaires de voyage de Marie-Antoinette 13-50110

Les nécessaires de voyage de Marie-Antoinette 07-52820

Les nécessaires de voyage de Marie-Antoinette 07-52828Service à thé au chiffre de Marie-Antoinette

Le 4 janvier 1794

Fargeon est arrêté par le Comité de sûreté générale, accusé d’être le complice de faux-monnayeurs.

Le 9-Thermidor (27 juillet 1794)

Fargeon est libéré.

Jusqu’aux premières années 1800

Il est qualifié de ‘’Parfumeur du Roi et de la Cour’’.

Le 16 juin 1795

Il est nommé maire de Montpellier au titre de représentant de la ville. Puis, bien qu’épuisé, il reprend son affaire. Il ouvre alors d’autres succursales : à Londres, Nantes et Bordeaux.

En 1801

Il publie ‘’L’Art du Parfumeur’’ ou ‘’ Traité complet de la préparation des parfums’’, et devient le fournisseur attitré de Napoléon Ier.

Le 9 novembre 1806

Jean-Louis Fargeon meurt  à Paris.

Après sa mort, le fonds est repris par Fargeon jeune, un descendant de Jean-Louis, qui, notamment, revendra en quelques formules à Jean-Baptiste et Augustin Gellé.

En 1826

Sa Maison deviendra la Maison ‘’ Gellé Frères’’, 6 Avenue de l’Opéra.

En 2011

Une descendante de Madame de Tourzel a décidé à reprendre le parfum de Lubin “Jardin Secret” nommé par Fargeon dans ses archives ” Bouquet Trianon“.
Madame de Tourzel  au moment de la séparation du Temple en compagnie de Madame de Lamballe aurait reçu un petit flacon noir de la part de la Reine.

L’auteur de la renaissance de ce parfum est Français.

Étant une petite société , il a été décidé de ne fabriquer qu’un millier de flacons en vente en cinq endroits aux USA et chez Harrods à Londres – le stock a été vendu en quatre jours !

Le nom “Black Jade” en anglais ou Jade Noir dans notre langue a été conféré par la famille qui conserve le flacon original, le considérant comme un porte bonheur.

Vintage perfume ad for “Bouquet Versailles.” [source: vannhaddock/ebay]
Un parfum anglais créé en hommage à Marie-Antoinette

En 2016

Un pharmacien a fait le pari fou de fabriquer des crèmes inspirées des secrets de beauté de Marie-Antoinette. Des soins au romarin et au concombre dont la production provient exclusivement du Potager du roi, à Versailles. Une première !

Pendant des mois, Charles Cracco est parti à la recherche de la pharmacopée de Marie-Antoinette. Le pharmacien de 29 ans, féru d’histoire, s’est plongé dans les archives royales et les ouvrages de bibliothèques pour dénicher les crèmes naturelles de la reine. « Avant elle, on pratiquait la “toilette sèche” : pas de bain mais du parfum pour camoufler les odeurs, explique Charles Cracco.

Charles Cracco dans le Potager du roi, qu’il visite chaque semaine.
Charles Cracco dans le Potager du roi

Né à Lille, le pharmacien-créateur est installé à Versailles depuis sept ans. Avec sa marque, Mademoiselle Saint Germain, il veut révolutionner la cosmétique. Ses crèmes sont confidentielles, conçues à partir d’extraits végétaux cultivés au Potager du roi : romarin, thym, concombre blanc. Charles a réussi à convaincre la direction grâce à des lettres, des formules et des dessins inspirés de l’époque. Il vante une production respectueuse de l’environnement. Versailles lui ouvre ses grilles. Il signe son contrat en 2016. Pour retrouver les secrets d’autrefois, le passionné a lu les écrits de Jean-Louis Fargeon, le parfumeur de la cour. Il a aussi décortiqué le manuel de préparations pharmaceutiques de Pierre-Joseph Buc’hoz, le médecin botaniste de Marie-Antoinette.

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