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L'Histoire de Marie-AntoinetteLe château de FontainebleauLes théâtres de la vie de Marie-Antoinette

Le château de Fontainebleau

Vue aérienne du château dans sa globalité

Epoque médiévale

Le château de Fontainebleau s’est développé à partir du donjon qui témoigne des origines médiévales du bâtiment. Celles-ci sont probablement antérieures à la présence royale mais c’est bien depuis la chambre du Roi, longtemps située au première étage (actuelles salles Saint-Louis), que s’exerce le pouvoir.

LE PREMIER CHÂTEAU

1137

La première mention du château de Fontainebleau dans une charte royale remonte à 1137, année de l’avènement de Louis VII le Jeune (1120-1137-1180).

Louis VII le Jeune - Histoire de l'Europe
Louis VII le Jeune

De cette époque demeure le donjon, massive construction de forme carrée.

En 1169

Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, alors en exil en France, consacre la chapelle du château de Fontainebleau sous le double vocable de la Vierge et de Saint-Saturnin.

Aux origines du château de Fontainebleau …

(Texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau – la vraie demeure des Rois )

Un haut donjon carré, sans contrefort : tel est le premier Château de Fontainebleau, dont la silhouette se devine encore aujourd’hui, enchâssée dans les constructions de la Renaissance.

Vue de la Cour Ovale avec le Donjon

Caractéristique de l’architecture romane, ce donjon aux murs épais de 3 mètres comportaient en rez-de-chaussée une salle basse de 7,65 sur 7,70 mètres. Au premier étage, aux murs épais de 2,50 mètres se trouvait la Chambre du Roi, salle carrée de 8,70 mètres de côté. Le deuxième étage avait des murs épais d’un mètre. tel quel, le donjon était l’image d’une royauté en pleine expansion.

Le donjon

« Fontaine Belleau (ou Bliaud) » est entrée dans l’histoire en 1137, la première année du règne de Louis VII le Jeune, où pour la première fois une charte royale a été datée de cette résidence.

La salle Saint-Louis, ancienne chambre du Roi, partie la plus ancienne avec des murs de 2,50 mètres d’épaisseurL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Fontainebleau-Les-salles-Saint-Louis-7-1024x678.jpg.

A la fin du XIIe siècle, la famille Royale Capétienne fréquente régulièrement Fontainebleau. Philippe Auguste y passe notamment les fêtes de Noël de 1192, au retour des croisades.

Salle Saint-Louis, ancienne chambre du Roi L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Salle-Saint-Louis-ancienne-chambre-du-Roi-1-1024x678.jpg.

Fontainebleau prend une importance nouvelle sous Louis IX. Pieux et méditatif, le Roi aime à s’y retirer et y chasser. Il fait couvrir en tuile le toit du donjon et de la chapelle.

Chapelle Basse Saint-Saturnin : elle occupe l’emplacement de la chapelle consacrée par Saint Thomas Becket en 1169. Celle-ci ayant disparu sous François Ier elle sera donc reconstruite.

En 1259

Saint Louis, très attaché à son château-fort de Fontainebleau, fonde un couvent-hôpital dont il confie la charge aux moines trinitaires ou Mathurins. De cette disposition originelle subsistent les fondations de leur chapelle et des bâtiments conventuels, alors situés à proximité de l’actuelle chapelle de la Trinité. Philippe IV le Bel (1268-1314), fils de Philippe III et d’Isabelle d’Aragon naît et meurt à Fontainebleau.

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La Cour Ovale

La cour Ovale, au centre du château, tient sa forme singulière de l’ordonnancement de l’ancien château fort, celui-ci délimitant une cour octogonale aux angles arrondis. Elle est en partie délimitée par des façades en grès sur lesquelles court une galerie continue supportée par une rangée de colonnes.

La chapelle Saint-Saturnin

(Texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau – la vraie demeure des Rois )

La chapelle Saint-Saturnin

La chapelle Saint-Saturnin est située entre la Cour Ovale et le Parterre, à l’extrémité de la Salle de Bal. C’est une chapelle double (ou à étage), comprenant en fait deux chapelles : une basse, pour les domestiques et les officiers, et une haute, l’étage noble, réservé au maître de maison et à sa famille.

La chapelle Saint-Saturnin

Construite en pierre de taille et plus dégagée qu’elle ne l’est aujourd’hui, elle apparaissait comme le pendant du portique de Serlio avec lequel elle partageait de nombreux traits : arcs en anse-de-panier, chapiteaux de fantaisie, ici avec le cerf bellifontain.

On situe les débuts des travaux de la chapelle actuelle en 1541, mais le portique est de 1531. Par la suite, elle s’est trouvée enveloppée par l’aile de la Salle de bal, construite sous François Ier et Henri II, et par l’aile construite sous Henri IV entre le pavillon des Dauphins et la Chapelle, avec une façade sur cour imitant celle de la salle de bal. Elle est achevée en 1546.

La chapelle Saint-Saturnin

La chapelle basse occupe l’emplacement d’une ancienne chapelle du XIIe siècle. Celle-ci ayant disparu sous François Ier, elle fut reconstruite puis restaurée sous Louis-Philippe qui y fait poser de grands vitraux réalisés par Émile Wattier. Dans les vitraux, peints sur les dessins de la Princesse Marie, on peut lire cette inscription : « Cette chapelle, bâtie en 1169 par le Roi Louis VII, a été consacrée par Saint Thomas Beckett« .

La chapelle Saint-Saturnin

Dès le règne de François Ier, la chapelle haute aurait dû recevoir un riche décor religieux, mais celui-ci ne fut que partiellement mis en place. Dans ce décor, les douze pilastres de la chapelle devaient être ornés des fameux Apôtres émaillés réalisés par Léonard Limosin, qui furent finalement placés par Philibert Delorme au château d’Anet.

Le tableau «La Sainte Famille de François Ier» par Raphaël ornait le maître-autel avant d’être transféré au Louvre et d’être remplacé par une copie.

La chapelle Saint-Saturnin

La tribune de l’orgue, réalisée sous Henri II, est dessinée par Philibert Delorme et exécutée le menuisier Scibec de Carpi, et a été entièrement refaite au XIXe siècle. Il ne reste de l’ancien ouvrage que deux colonnes ioniques en marbre, taillées par Ambroise Perret en 1554.

La chapelle Saint-Saturnin

En 1612, une commande passée à Ambroise Dubois prévoyait l’exécution de six grandes toiles pour couvrir les fenêtres aveuglées. Leur réalisation fut interrompue par la mort de l’artiste en 1614, mais fut reprise en 1631 par son fils Jean Dubois qui partage alors son travail avec son oncle Claude d’Hoey. L’ensemble est aujourd’hui détruit, à part le décor peint en grisaille d’or en 1639 de la chapelle basse, par Claude d’Hoey.

La chapelle Saint-Saturnin

La chapelle haute fut transformée en bibliothèque sous Napoléon Ier et le resta jusqu’au Second Empire et le déménagement des livres dans la galerie de Diane. La chapelle basse fut dotée sous Louis-Philippe de nouveaux vitraux, d’après les cartons de Marie d’Orléans.

En 1268

Philippe IV le Bel (1268-1314) est le premier Roi de France à naître au château et il y fait aménager des appartements en 1286.

Philippe IV le Bel

Le 29 novembre 1314

Philippe le Bel est également le premier Roi à y mourir des suites d’une chute de cheval, après une longue agonie

En 1323

Isabelle de France, Reine d’Angleterre (1295-1358), vient à Fontainebleau rendre visite à son frère, Charles IV le Bel (1294-1328).

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Geneviève Casile dans le rôle d’Isabelle de France dans Les Rois Maudits (1972) de Claude Barma

En 1332

c’est à Fontainebleau qu’est signé le contrat de mariage de Jean de France, futur Jean II le Bon (1319-1364) et Bonne de Bohème ( 1332-1349).

Jean II le Bon

Charles VII (Roi de France de 1422 à 1461) entreprend des travaux d’agrandissement de l’enceinte castrale dès le début de son règne. Il y séjourne à plusieurs reprises pendant de longues périodes, excédant parfois six mois.

UN CHÂTEAU ET UN MONASTÈRE

C’est en bordure de ce qui constitue aujourd’hui la cour d’Honneur (ou cour du Cheval Blanc ou cour des Adieux) que Saint-Louis fonde un couvent-hôpital. Intégrée au logis principal ouvrant sur cette cour, l’actuelle chapelle de la Trinité (reconstruite au XVIe siècle) occupe l’emplacement de la chapelle conventuelle des religieux de la Sainte-Trinité ou moines Mathurins. Les bâtiments de ce couvent étaient alors construits sur le côté de la cour d’Honneur, comme le rappelle toujours le nom même de la cour ouvrant sur la ville et dite des Mathurins.

A partir de 1528

Le monastère sera racheté par François Ier (1515-1547) lors des agrandissements qu’il ordonne.

Premier étage (first floor), Château de Fontainebleau, France ...
Plan du château de Fontainebleau

LA RENAISSANCE

Sous le règne des Valois, le donjon de saint Louis et l’enceinte médiévale se métamorphosent peu à peu en un véritable palais. Dans la seconde partie de son règne, François Ier marque son attachement particulier au château de Fontainebleau, ce que traduisent et ses travaux et ses fréquents séjours.

Les mystères de la Galerie François Ier
La galerie François Ier

LES ROIS VALOIS EN LEUR PALAIS

La Renaissance imprime les premiers agrandissements notables du château de Fontainebleau. Aux campagnes de construction suivies des grands chantiers d’embellissements conduits par les artistes italiens s’ajoutent les séjours de la cour. François Ier (1494-1547) réside fréquemment à Fontainebleau « où il se plaît tant, que y voulant aller, il dit qu’il va chez soi ». Traquant « bêtes noires et bêtes rousses » dans la forêt.

De retour d’Italie, le jeune Roi transforme le château médiéval en véritable palais. Le souverain installe son appartement dans le donjon, qu’il perce de larges fenêtres et coiffe d’un toit d’ardoises. Et pour loger la cour, des ailes lui sont adjointes, décorées «à l’antique» par les artistes italiens de la première école de Fontainebleau. Le Primatice peint les galeries et dessine un jardin qu’il peuple de statues.

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François Ier par Jean Clouet

Salon «François Ier»

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Salon François Ier

Ce salon fut autrefois la Chambre de Louise de Savoie, puis celle d’Eléonore d’Autriche, seconde femme du Roi et soeur de Charles-Quint.

Salon François Ier

Antichambre de la Reine jusqu’à la Révolution, elle sert de Salle à Manger d’apparat sous Napoléon Ier.

Salon François Ier

La salle avait été décorée par Primatice. Il reste de cette décoration la cheminée ornée au milieu du manteau d’une peinture à fresque Noces de Vénus et d’Adonis, d’après un carton de Jules Romain.

Salon François Ier

Les tapisseries des Gobelins, qui appartiennent à la tenture des Chasses de Maximilien, dite aussi des «Belles Chasses de Guise», y ont été placées en 1865. Elles représentent l’audience de l’Empereur, le Départ pour la chasse, la Halte et le repos et le Cerf au bat-l’eau.

Les consoles en bois d’if, avec bonzes ciselés et dorés et les sièges sont de Jacob.

Salon François Ier

Le 6 janvier 1521, en pleine célébration de l’épiphanie. Par amusement, François Ier décide d’organiser une fausse bataille contre son cousin qui vient de tirer la fève quelques minutes auparavant. Hélas, l’affrontement vire au drame après qu’une bûche enflammée ait atteint le visage du Roi. Le souverain tombe dans le coma et s’en tire avec plusieurs cicatrices sur les joues. En conséquence, le Roi de France décide de se laisser pousser la barbe pour les masquer et par la même occasion lance une mode dans toutes les cours d’Europe.

François Ier confère à Rosso les titres et les bénéfices de l’abbaye de Saint-Martin, en récompense de ses travaux de décoration au palais de Fontainebleau (1865), huile sur toile, Musée de Blois, Isidore Patrois (1815-1884


Lepaute, Horloger de l’Empereur.

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Le pavillon de l’Horloge

Depuis François Ier et la reconstruction de la Chapelle de la Trinité, une horloge aux trois cadrans était visible dans la tour surmontée de son élégant campanile.

Le pavillon de l’Horloge

D’abord création de Jean Legagneur, en 1633, les cloches accompagnant l’horloge, du nom de Louise, Anne et Julie sont baptisées sous Louis XIV.

Un terrible incendie dans le Pavillon des Armes ravage le clocher et fait fondre les cloches.

Le pavillon de l’Horloge

En 1808, une nouvelle horloge est installée, œuvre de «Lepaute, Horloger de l’Empereur», ainsi que de nouvelles cloches.

Le pavillon de l’Horloge

L’antichambre du Col de Cygne

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Cette pièce correspond aux Étuves lorsque François Ier avait son Appartement des Bains à cet emplacement.

L’antichambre du Col de Cygne

Précédent la Salle à manger de Louis XV et de Louis XVI, cette pièce devient la pièce des Buffets en 1784 sous Louis XVI.

L’antichambre du Col de Cygne

C’est à cette date que la fontaine en plomb doré représentant un enfant jouant avec un cygne au milieu des roseaux, portée sur une coquille de marbre a été réalisée.

L’antichambre du Col de Cygne

En actionnant le col du cygne vers la gauche, on faisait couler l’eau dans la vasque pour rafraichir les bouteilles de vin.

A partir de 1528

La porte dorée du château de Fontainebleau (1528)

Le Roi séjourne surtout en hiver, date des premiers travaux qu’il ordonne.

Galerie François Ier
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Aile des Ministres (1530)

En décembre 1536

Il accueille son futur gendre, Jacques V, Roi d’Ecosse (1512-1542).

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Charles V d’Ecosse
François Ier, aux côtés de Léonard de Vinci, reçoit une toile du peintre Raphaël à Fontainebleau. Peinture de Anicet-Gabriel Lemonnier

L’Appartement des Bains de François Ier :
Des thermes antiques au cœur du château de Fontainebleau 

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )


Imaginé par François Ier sur le modèle des thermes romains antiques, l’ensemble occupait le rez-de-chaussée du bâtiment sous la Galerie François Ier.

L’Appartement des Bains de François Ier

L’Appartement des bains se composait d’une enfilade de sept salles, que l’on parcourait d’ouest, où se situait l’entrée, en est où se trouvait l’appartement du Roi.
La première salle servait à se laver et à s’épiler.
La deuxième, désignée comme «sudatorium», servait à provoquer les sueurs.

La troisième pièce était celle du bain froid. Elle était décorée de fresques de Primatice.

Venaient ensuite trois pièces de repos dont les murs étaient décorés de lambris marquetés et dorés, sur une hauteur de deux mètres environ. On s’y délassait après le bain, des portes menant au jardin pour se rafraîchir, des cabinets servant de salles à manger.

Plan de l’Appartement des Bains :

1) Étuves chaudes et barbiers,
2) Études tièdes,
3) Bains,
4 – 5 – 6) Salles de repos,
7) Vestibule

La sixième pièce, affectée à des fonctions publiques, était la plus vaste. C’est là que se déroula, le 4 mai 1600, la Conférence de Fontainebleau entre catholiques et protestants.

Enfin, l’enfilade des bains s’achevait par un vestibule, donnant sur un escalier à vis par lequel on pouvait accéder à la Galerie François Ier.

Aile donnant sur le Jardin de la Reine (actuel Jardin de Diane) où se situait l’Appartement des Bains. La façade que nous voyons aujourd’hui date de Louis XVI au moment du doublement de l’Aile.

Les quatre dernières pièces de l’appartement étaient décorées de peintures de chevalet, insérées dans des encadrements en stuc, comparables à ceux qui entourent les fresques de Rosso, à l’étage, dans la Galerie François Ier.

C’est dans ces pièces que François Ier avait rassemblé sa collection de peintures comme Le Grand Saint-Michel de Raphael ou La Joconde de Léonard de Vinci.

Le Grand Saint-Michel de Raphael

Sous le règne d’Henri IV, le décor original de l’Appartement des Bains est modifié. A l’occasion de ces travaux, les œuvres qui étaient conservées dans les salles chaudes et humides des bains depuis les années 1540, quand François Ier les y avait fait accrocher, sont transférées dans le cabinet des peintures pour y être conservées. Des copies remplacent les originaux.

La Joconde de Léonard de Vinci

L’aile sera finalement profondément remaniée sous Louis XIV, en 1697, afin d’y créer de nouveaux logements

Du 24 au 30 décembre 1539

C’est le fameux séjour de l’Empereur Charles Quint (1500-1558) que François Ier reçoit au pavillon des Poêles.

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François Ier et Charles Quint

Une invitation «diplomatique» que Martin du Bellay rapporte dans ses Mémoires :

«Le Roi le festoya et lui donna tous les plaisirs qui se peuvent inventer, chasses, tournois, escarmouches et toutes sortes d’esbattements.»

Martin du Bellay
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Charles Quint

De 1541 à 1544

Réalisation des appartements de la duchesse d’Étampes, Anne de Pisseleu (1508-1580), favorite de François Ier. Le décor de stuc et de fresques, réalisé par Le Primatice, illustre la vie d’Alexandre le Grand.

Sous Louis XV

Cet appartement est remanié et devient l’escalier du Roi .

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L’escalier du Roi à FontainebleauRésultat de recherche d'images pour "L'escalier du Roi à Fontainebleau"
Château de Fontainebleau, l'Escalier du roi

Henri II (1519-1547-1559), son fils y séjourne tout aussi régulièrement, poursuivant les travaux. Au château de Fontainebleau naissent d’ailleurs six des enfants que lui donne Catherine de Médicis (1519-1589).

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Henri II et Catherine de Médicis

Le 19 janvier 1544

Naissance du futur François II (1544-1560) ; il est baptisé à Fontainebleau le 10 février de la même année).

Le 2 avril 1546

Naissance d’Elisabeth, future Reine d’Espagne (1545-1568).

Le 12 novembre 1547

Naissance de Claude de France (1547-1575), future duchesse de Lorraine.

Henri II et la Salle de Bal

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Destinée à accueillir avec faste une cour toujours plus nombreuse, la Salle de Bal fait l’objet de tous les soins de Henri II, alors au début de son règne.

La salle de bal

Dès 1548, le Monarque reprend le projet de son père François Ier, qui souhaitait ériger une loggia à l’italienne au sud de la Cour Ovale, mais il en modifie le partir, mal adapté au climat français.

La salle de bal

De la loggia, dont les très hautes arcades ouvertes sur la cour et le jardin constituent le seul vestige, l’espace est transformé afin de devenir une grande salle susceptible d’impressionner courtisans et visiteurs et par la monumentalité de son architecture, par la subtilité de son décor, et enfin par les divertissements qui y sont donnés, notamment grâce à une tribune destinée aux musiciens.

La salle de bal

La magnificence de la salle repose sur l’alliance du décor peint à fresque par Niccolo dell’Abate d’après des dessins du Primatice, qui met en scène les dieux de la mythologie gréco-romaine, et du bois sculpté des emblèmes d’Henri II par le menuisier italien Scibec de Carpi, qui vient recouvrir la partie inférieure des murs.

Plafond a caissons en bois sculpté et peint par Philibert Delorme

L’architecte Philibert Delorme décide en 1550 d’y associer un plafond a caissons en bois sculpté et peint, ainsi qu’un riche parquet de marqueterie aujourd’hui disparu.

La salle de bal

La cheminée monumentale, occupant toute la hauteur du mur occidental, contribue à la somptuosité du décor, qui n’est cependant achevé qu’en 1556, soit trois ans avant la mort du Roi.

La salle de bal
La salle de bal

Le chantier de la Salle de Bal couvre ainsi l’ensemble du règne d’Henri II.

La salle de bal

Le 19 septembre 1551

Naissance d’Edouard-Alexandre ( 1551-1589), futur Henri III (1574-1589) .

Le 18 mars 1555

Naissance de François (Hercule) , futur duc d’Anjou (1555-1584).

Le 24 juin 1556

Naissance de Victoire (Château de Fontainebleau, 24 juin 1556-Château d’Amboise, 17 août 1556) et de Jeanne qui meurt à la naissance.

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Louis d’Orléans et ses sœurs jumelles, Victoire et Jeanne de France

Henri II et Catherine de Médicis poursuivent l’œuvre de leur devancier. Le palais est encore agrandi par le maître maçon Gilles Le Breton. Veuve et régente de leur fils aîné, François II, en 1559, la reine Catherine accentue encore le caractère italien de la décoration confiée à son compatriote florentin le Rosso. Elle donne encore à Fontainebleau des fêtes mémorables, après les couronnements de ses fils cadets, Charles IX et Henri III.

En 1560

Charles IX (1550-1559-1574) réunit l’assemblée des notables afin de pacifier les troubles religieux et c’est donc à Fontainebleau qu’est décidée la convocation des Etats généraux.

Fichier:Bemberg Fondation Toulouse - Portrait de Charles IX - François  Clouet - Inv.1012.jpg — Wikipédia
Charles IX par François Clouet
Charles IX par François Clouet

La galerie d’Ulysse

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Située dans l’aile sud du château, longue de plus de cent cinquante mètres, la galerie d’Ulysse formait une grande promenade menant de la terrasse du pavillon des Poêles au jardin de l’étang et aboutissait à un escalier ouvrant directement sur la grotte des Pins.

La galerie d’Ulysse

La réalisation de son décor prend plus de trente ans, commencée sous le règne de François Ier et terminée sous celui de Charles IX en 1571.

La galerie d’Ulysse
La galerie d’Ulysse

Primatice en livra les dessins et c’est Nicolo dell’Abate qui les interpréta et les mit en couleur sur les murs de la galerie. La voûte était occupée par un décor mythologique sur fond de grotesques, tandis que les parois étaient ornées de cinquante- huit scènes tirées de l’Odyssée d’Homère.

La galerie d’Ulysse

François Ier, comme Henri II, s’identifiait volontiers à Ulysse, héros téméraire mais prudent dont la ruse lui permit, malgré de nombreux dangers et errances, de retrouver Ithaque et Pénélope.

La galerie d’Ulysse

La galerie d’Ulysse sera détruite en 1738, sur ordre de Louis XV pour y créer de nouveaux appartements.

La galerie d’Ulysse

La salle des gardes

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

La salle des gardes

Aménagée sous le règne de Charles IX, elle précédait l’Appartement Royal et des gardes assurant la sécurité du Souverain s’y tenaient en permanence.

La salle des gardes

Du décor d’origine, datant des années 1570, subsiste le plafond à poutres et solives et une frise à décor de trophées d’armes attribuée à Ruggiero de Ruggieri.

La salle des gardes
La salle des gardes

Le reste du décor a été réalisé sous Louis-Philippe, notamment le parquet de bois variés qui reprend le dessin du plafond, lorsque la pièce fut transformée en salon de réception. Napoléon III s’en servira de salle à manger ordinaire.

La salle des gardes

La cheminée, créée en 1836, intègre des éléments du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle : un buste d’Henri IV attribué à Mathieu Jacquet, deux figures provenant de la Belle Cheminée également par Jacquet, et un encadrement provenant de l’ancienne chambre de Henri II, dû à Pierre Bontemps.

La salle des gardes
La salle des gardes

Le grand vase en porcelaine de Sèvre, de style Renaissance, date de 1832. Il illustre des scène que la légende situait à Fontainebleau : Léonard de Vinci peignant la Joconde devant François Ier (Léonard de Vinci n’est jamais venu à Fontainebleau).

La salle des gardes

Lors du carnaval de 1564

Catherine de Médicis ordonne des fêtes somptueuses pour Charles IX, son fils, auxquelles assiste Ronsard.

Charles IX par Clouet (1570)
Henri III par Clouet

En 1593

Henri IV (1553-1589-1610) reconstitue sa Cour à Fontainebleau, avant d’entrer dans Paris encore en proie aux Ligueurs.

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Henri IV

Du 14 au 21 décembre 1599

Réception de Charles-Emmanuel, duc de Savoie (1562-1630).

Illustration.
Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie

LE XVIIe SIÈCLE

La dernière campagne de travaux d’agrandissements du château date du règne d’Henri IV qui fit de Fontainebleau sa résidence favorite après le Louvre. Tout au long du XVIIe siècle les séjours de la cour sont jalonnés d’événements décisifs.

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Vue générale du palais côté jardins, avec la partie Henri IV en restauration

LA FAMILLE ROYALE À FONTAINEBLEAU

Le 4 mai 1600

Alors que les conflits entre Catholiques et Protestants font rage, Henri IV (Roi de France de 1589 à 1610) assiste, à Fontainebleau, à la conférence contradictoire organisée entre Monseigneur Du Perron, évêque d’Evreux et le théologien protestant Duplessis-Mornay, portant sur les propositions avancées par ce dernier dans son Traité de l’Eucharistie.
Le premier Roi Bourbon fréquente assidûment le château qu’il dote d’une nouvelle cour des Offices et d’une entrée monumentale sur la ville ,ainsi que de nombreux bâtiments. Le canal est creusé et de nouveaux jardins sont créés.

Lors de ses séjours à Fontainebleau, la famille royale vit des moments importants.

La galerie des Cerfs

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

La galerie des Cerfs

Edifiée sous Henri IV, la galerie est ornée vers 1602 de vues cavalières des principales maisons royales et de leurs forêts, peintes à l’huile sur plâtre par Louis Poisson.

La galerie des Cerfs

On découvre, par exemple, les domaines de Chambord, de Saint-Germain en Laye, d’Amboise, de Fontainebleau ou encore le grand projet d’Henri IV pour relier le Louvre au palais des Tuileries.

La galerie des Cerfs

Entre chaque panneau, délimité par un cadre feint, est placé un trophée : la tête de cerf, réalisée en plâtre peint, porte des bois véritables.

Le plafond «à la française», avec ses poutres et solives apparentes, est peint vers 1639-1640 de trophées de chasse groupant hures de sangliers, têtes de loups, filets, épieux et fusils.

La galerie des Cerfs

C’est ici que le petit Louis XIII, encore enfant, vient jouer.

La galerie des Cerfs

Transformée en appartements au XVIIIe siècle, la galerie a retrouvé son état originel grâce aux travaux de restaurations entrepris par Napoléon III.

Le 12 juin 1601

Image illustrative de l’article Concino Concini
Concino Concini

Mariage de Concino Concini (1569-1617) et Leonora Dori, dite Galigaï (1568-1617).

Leonora Dori

Le 27 septembre 1601

Naissance du dauphin, futur Louis XIII (1601-1610-1643) .

Quelques impressions du Château Royal de Blois | Galerie de la ...
Marie de Médicis et le Dauphin, futur Louis XIII

La galerie des Chevreuils

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Plan actuel avec localisation de la Galerie détruite

La galerie des Chevreuils, élevée en 1601, disparut en 1833 lors des travaux menés par Louis-Philippe.

Reconstitution 3D de la Galerie des Chevreuils

Son décor intérieur est connu par les dessins d’Antoine Laurent Castellan, juste avant la démolition.

La galerie des Chevreuils

La galerie était ornée de têtes de chevreuils sous lesquelles se trouvaient peintes diverses scènes de chasse d’Henri IV.

La galerie des Chevreuils

L’ordonnance de la façade sur le jardin, avec ses arcades séparées par des piles de maçonnerie, était répercutée sur les autres murs.

Le 14 juin 1602

Sur le plan politique, c’est à Fontainebleau que sont arrêtés, , le maréchal de Biron et le comte d’Auvergne, convaincus de trahison (le premier sera décapité à Paris, le 29 juillet).

Le 22 novembre 1602

Naissance d’Élisabeth (1602-1644), future Reine d’Espagne.

Le 25 avril 1608

Naissance du duc d’Anjou, futur Gaston (1608-1660), duc d’Orléans.

La Cour Ovale est considérablement modifiée sous  Henri IV qui la fait agrandir à l’est et fermer par la porte du Baptistère :

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La cour ovaleRésultat de recherche d'images pour "Fontainebleau la cour ovale"

Le 14 septembre 1606

Dans la cour Ovale, a lieu le baptême du Dauphin, futur Louis XIII, et de ses sœurs Élisabeth et Chrétienne.

Louis XIII passe une enfance heureuse à Fontainebleau, rythmées par les parties de chasse, de paume et les cours de dessin que lui prodigue Martin Fréminet. Plus tard, il vient y prendre les eaux.

Fontainebleau - Le château de Fontainebleau Photo_18

Louis XIII, devenu majeur, poursuit les travaux. La cour des Princes est créée, et le fameux escalier « en fer à cheval » devient le nouveau fleuron architectural de la cour du Cheval blanc.

Fontainebleau - Le château de Fontainebleau Dsc_3111

Le 7 juillet 1609

Mariage de César (1594-1665), duc de Vendôme, fils légitimé d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées avec Henriette de Lorraine, fille du duc de Mercœur.

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César, duc de Mercœur

La chapelle de la Trinité

( photographies de Christophe Duarte – Fontainebleau – La vraie demeure des Rois, la maison des siècles )

Ancienne église conventuelle des religieux Trinitaires installés ici par Saint Louis en 1259, celle-ci a été rattachée au château sous François Ier.

La chapelle de la Trinité
François Ier, roi de France, jeune homme, vers 1520, en grand costume royal
François Ier, vers 1520, en grand costume royal
La chapelle de la Trinité
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Reconstruite à partir de ce règne et sous celui d’Henri II, elle reçoit la voûte actuelle sous Henri IV et fut terminée par Louis XIII puis enrichie par Louis XIV, Louis XV et Louis XVI.
On doit au peintre Martin Fréminet (1567-1619) des scènes du mystère de la Rédemption de l’homme (les Trinitaires étant un ordre rédempteur) : L’Apparition de Dieu à Noé au-dessus de la tribune, L’Annonciation derrière le maître-autel, Le Christ du Jugement dernier entouré des sept premières intelligences au centre, ainsi que des personnages de l’ancienne Loi (rois de Juda, prophètes, vertus), peints sur la voûte entre 1608 et 1619.

Château de Fontainebleau on Twitter: "[ Zoom 🔍 ] La voûte de la chapelle  de la Trinité, peinte par Martin Fréminet… "
Voûte de Martin Fréminet (1608-1619)

Le maître-autel, réalisé par le sculpteur italien Francesco Bordoni (1580-1654) en 1633, lequel est aussi l’auteur du dallage en marbre multicolore du sol, est entouré de statues de souverains (saint Louis à droite de l’autel avec les traits de Louis XIII, et Charlemagne à gauche avec les traits de Henri IV).

Maître-autel (1633) de Bordoni
Maître-autel

L’autel et le tabernacle d’origine se trouvent à l’église paroissiale de Fontainebleau où ils furent transférés à la Révolution.

La chapelle de la Trinité

Le tableau d’autel a quant à lui été peint par Jean Dubois le Vieux en 1642 et représente la Sainte Trinité au moment de la déposition de croix. La tribune, portée par des colonnes de marbre, est l’œuvre de Scibec de Carpi, tout comme la clôture du chœur datant de 1554. Philibert Delorme avait présidé à la création de deux oratoires : l’un pour Henri II réalisé en 1557, l’autre pour Diane de Poitiers.

Chapelle de la Trinité au Château de Fontainebleau - #passionchateau
Fenêtres hautes de la chapelle de la TrinitéChapelle de la Trinité au Château de Fontainebleau - #passionchateau

Les deux sont détruits en 1605. Les boiseries et les grilles des chapelles sont l’œuvre du menuisier Jean Maujan, qui sous-traite avec Robert Andry en 1629. Barthélémy du Tremblay quant à lui avait commencé les peintures décoratives, terminées par son gendre Germain Gissey, associé à Jean Bertrand et Robert Cammel. 

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La tribune royale
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La chapelle de la Trinité

Le Plafond des Planètes,
Les reliques de la Chambre d’Henri II

( photographies de Christophe Duarte – Fontainebleau – La vraie demeure des Rois, la maison des siècles )

En 1556, l’architecte Philibert Delorme projette d’aménager un nouvel appartement pour Henri II, plus vaste et plus digne de la personne royale.

Le plafond des Planètes

La chambre située au premier étage du Pavillon des Poêles, aujourd’hui détruit, devait en constituer le point d’orgue.

La réalisation de son plafond est confiée à Ambroise Perret en 1558.

Le plafond des Planètes
La chambre d’Henri II

Il est finalement transféré à son emplacement actuel en 1664 à l’occasion de l’aménagement de l’Appartement de la Reine-Mère Anne d’Autriche.

Le plafond des Planètes

Ce plafond, délicatement sculpté et doré, est organisé en compartiments ornés de représentations des Dieux de l’Antiquité, chacun incarnant une planète.

Le plafond des Planètes
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Le plafond des Planètes

Au centre, Apollon personnifie ainsi le Soleil. La symbolique des planètes, dont Henri II constituerait l’épicentre, rencontre ici l’un de ses premiers avatars, avant d’atteindre son apogée sous le règne de Louis XIV.

Le plafond des Planètes

Les armoiries et chiffres qui décorent le plafond, adjonctions du XVIIe siècle, sont en revanche ceux d’Anne d’Autriche.

Le plafond des Planètes

Un autre vestige témoigne de la splendeur passée de la Chambre d’Henri II : il s’agit du cadre de marbre blanc de la cheminée qui l’ornait, œuvre du sculpteur Pierre Bontemps, aujourd’hui remontée dans la Salle des Gardes, et qui entourait à la l’origine une peinture de Niccolo dell’Abate figurant Mars et Vénus.

La chambre d’Henri II

Le 4 mai 1626

Pour trahisons, Louis XIII fait arrêter le maréchal d’Ornano, gouverneur de son frère Gaston.

L’Appartement d’Anne d’Autriche

( photographies de Christophe Duarte – Fontainebleau – La vraie demeure des Rois, la maison des siècles )

A – Vestibule ; B – Galerie François 1er ; C – Terrasse ; D – Salle ; E- Antichambre ; F – Chambre de Parade ; G – Grand Cabinet ; H- Petit Cabinet ; I – Chambre à alcôve ; J – Terrasse ; K – Vestibule ; L – Galerie d’Ulysse ; M – Cour du Cheval Blanc ; N – Cour des Fontaines ; O – Jardin de l’Etang ; P – Canal ; Q – Jardin des Pins

Cet appartement est devenu celui des Ancien Reines-Mères depuis que Anne d’Autriche devenue veuve s’y était retirée, sa partie ancienne est aménagée dans l’aile du XVIe siècle.

Sa partie neuve est déployée dans les espaces contigus du Gros Pavillon construit par Gabriel en 1750.

Depuis les deux séjours qu’y effectue Pie VII en 1804 et 1812-1814, il conserve l’appellation d’Appartement du Pape que seul le portrait de ce pontife par David exposé dans un cabinet rappelle aujourd’hui.

La somptuosité de ses décors, jointe à la qualité de son ameublement témoignent du grand goût éclectique de Napoléon III et d’Eugénie qui le firent redécorer dans les années 1860 en conservant les exceptionnels plafonds de l’ancienne chambre d’Henri II et de celle d’Anne d’Autriche.

La chambre :

Cette pièce est la chambre d’Anne d’Autriche qui la fait décorer par les peintres Charles Errard et Gilbert de Sève ver 1660.

La chambre d’Anne d’Autriche

Le premier réalise le décor du plafond et les lambris. Le second exécute pour les dessus de portes les portraits de la Reine sous les traits de Minerve et de sa bru Marie-Thérèse d’Espagne, sous les traits de l’Abondance.

Le mobilier en noyer sculpté de style Renaissance, comportant un lit à colonnes, deux tables de nuit, deux commodes, une console, un canapé, six fauteuils, six chaises, deux tabourets de pieds, a été livré en 1860 par la Maison Fourdinois.

La chambre d’Anne d’Autriche

Les deux tapisseries Le Triomphe de Mars et Le Triomphe de la religion appartiennent à la tenture des Triomphes des Dieux.

La chambre d’Anne d’Autriche

Le guéridon a été offert par le Pape Pie IX à son filleul le Prince Impérial. Son plateau est constitué d’une mosaïque de marbres.

La chambre d’Anne d’Autriche

L’Antichambre :

Dans ce qui est son antichambre, Anne d’Autriche fait installer le plafond de la chambre du Roi Henri II dit « aux Planètes », sculpté par le menuisier Amboise Perret en 1558. Il comporte neuf compartiments dont sept sont ornés de figures personnifiant les planètes.

L’antichambre d’Anne d’Autriche

Anne d’Autriche y fait ajouter son chiffre et celui de son fils, «AL», ainsi que ses armes.

L’antichambre d’Anne d’Autriche

Les grandes consoles en bois doré à figures égyptiennes ont été exécutées en 1787 par le menuisier Trompette et le sculpteur Butteaux.

L’antichambre d’Anne d’Autriche

Les tapisseries appartiennent à la tenture de La vie d’Alexandre Le Grand.

Le 16 septembre 1629

La ratification du traité de paix entre la France et l’Angleterre est signée.

L’aile de l’escalier du Fer-à-cheval. (1632-1634)

Les 14 et 15 mai 1633

Promotion de quarante-neuf chevaliers du Saint-Esprit, dont celle du cardinal de Richelieu (1585-1642).

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Le cardinal de Richelieu

Le 25 septembre 1645

Dans la chambre du Roi, le contrat de mariage entre Ladislas IV, Roi de Pologne, et Marie de Gonzague est signé.

Du 19 au 23 août 1646

Henriette-Marie de France (1609-1669), Reine d’Angleterre et son fils le prince de Galles (1630-1685), futur Charles II (1660-1685) sont reçus à Fontainebleau.

Description de cette image, également commentée ci-après
Henriette-Marie de France

A l’automne 1656 et à l’automne 1657

La Reine Christine de Suède (1626-1689) effectue deux séjours à Fontainebleau.

Illustration.
Christine de Suède

Le 10 novembre 1657

La Reine Christine fait assassiner Giovanni, marquis Monaldeschi (1626-1657), son grand écuyer, dans la galerie des Cerfs.

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Galerie des Cerfs (1602)

En 1660

Louis XIV, comme son père, apprécie les jardins qu’il fait redessiner par André Le Nôtre (1613-1700). 

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Le 17 août 1661

Se rendant depuis Fontainebleau à la fête donnée par Nicolas Fouquet (1615-1680) en son honneur au château de Vaux-le-Vicomte, Louis XIV (1638-1715) décide de faire emprisonner le surintendant.

Nicolas Fouquet, usurier de l'État et mécène de Molière - Le Point
Nicolas Fouquet

Le 1er novembre 1661

Naissance du Dauphin Louis (1661-1711), fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683).

Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, reine de France, avec son fils le Grand Dauphin, par Beaubrun (souvent attribué à tort à Mignard)
Marie-Thérèse d’Autriche et son fils le Grand Dauphin, par Beaubrun
Le château de Fontainebleau - Page 4
Construit en 1662, ce salon sur l’eau de forme octogonale fut érigé, à la demande de Louis XIV, par Louis Le Vau en contrepoint du grand parterre d’André Le Nôtre. Trônant fièrement en surplomb des jardins, ce havre de paix et de fraîcheur accessible seulement par les eaux offre une vue intime et éblouissante du château.

En juillet 1664

La chambre de justice chargée de juger Nicolas Fouquet tient séance à la chancellerie de Fontainebleau.

Le 29 juillet 1664

Le cardinal Chigi, légat du pape Alexandre VII, vient présenter au jeune Louis XIV les excuses du souverain pontife, à la suite de l’échauffourée survenue à Rome en 1662 entre les gardes corses du pape et les domestiques de l’ambassadeur de France. A l’occasion de cette visite, Molière reçoit l’approbation du légat pour son Tartuffe.

Louis XIV, roi de France, à 24 ans, en 1662, par Le Brun
Louis XIV, en 1662, par Le Brun

Le 31 août 1679

Le mariage par procuration de Charles II, Roi d’Espagne (1661-1700), et Marie-Louise d’Orléans (1662-1689), dite Mademoiselle, fille de Monsieur et d’Henriette d’Angleterre, est célébré dans la chapelle de la Trinité.

Illustration.
Marie-Louise d’Orléans

Le 2 septembre 1679

Au cours du même séjour , est signé le traité entre la France et la Suède d’une part, le Danemark et le duc de Holstein-Gottorp d’autre part.

Le 17 octobre 1685

Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, d'après Elle
Françoise de Maintenon

L’Édit de Fontainebleau, ou Révocation de l’Édit de Nantes, est signé dans le cabinet de Madame de Maintenon (1635-1719).

Appartements de Madame de Maintenon | Castles interior, Palace ...
Appartement de Madame de Maintenon

Le 9 novembre 1685

Décès de Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti (1661-1685), gendre du Roi. Il avait épousé, en 1680, Marie Anne de Bourbon, dite « Mademoiselle de Blois » (1666-1739) , fille légitimée du Roi et de Mademoiselle de La Vallière (1644-1710).

Le 11 décembre 1686

Décès à Fontainebleau de Louis de Bourbon, prince de Condé, dit Monsieur le Prince, le Grand Condé (1621-1686).

Le Grand Condé par Coysevox

Entre l’automne 1690 et l’automne 1700

Jacques II Stuart, ex-Roi d’Angleterre et sa femme Marie de Modène, effectuent dix séjours consécutifs à Fontainebleau, à l’invitation de Louis XIV.

Le 5 novembre 1696

Arrivée de Marie-Adélaïde de Savoie (1685-1712), future duchesse de Bourgogne.

Marie-Adélaïde de Savoie par Santerre

Le 13 octobre 1698

Mariage par procuration de Léopold, duc de Lorraine (1679-1729) et d’Élisabeth-Charlotte d’Orléans, dite Mademoiselle (1676-1744), fille de Monsieur (1644-1701) et d’Élisabeth-Charlotte, princesse Palatine (1652-1722).

Du 9 au 11 novembre 1700

Louis XIV tient plusieurs conseils chez Madame de Maintenon au terme desquels il prend la décision d’accepter le testament du Roi d’Espagne faisant du duc d’Anjou son héritier.

Au cours du séjour du 21 au 24 août 1712

Les négociations menées avec l’envoyé de la Reine Anne, Lord Bolingbroke, organisent la paix entre la France et l’Angleterre et mettent fin à la guerre de succession d’Espagne.


Le 26 septembre 1714

Frédéric-Auguste, prince électeur de Saxe, futur roi Auguste III de Pologne, est reçu sous le nom de comte de Lusace.

Visite du comte de Lusace, présenté au Roi par sa cousine la duchesse douairière d’Orléans.

LE XVIIIe SIÈCLE

Les cérémonies du mariage de Louis XV (1710-1774) et de Marie Leszczynska (1703-1768), célébré dans la chapelle de la Trinité du château de Fontainebleau, constituent sans nul doute l’événement le plus important du XVIIIe siècle.

Au Siècle des Lumières, Fontainebleau demeure ce château dans lequel se déroulent, à l’automne, les séjours de chasse. Les Rois de France profitent de ce que l’étiquette y est un peu plus relâchée qu’à Versailles pour y recevoir certaines visites diplomatiques de souverains étrangers ou encore, juste avant les mariages, profiter du voyage à Fontainebleau pour aller au devant de nouvelles princesses à accueillir.

Les 30 et 31 mai 1717

Pendant la minorité du Roi, le Tsar Pierre le Grand est reçu à Fontainebleau par le Régent. En un geste spontané qui a marqué l’Histoire, il saisit le jeune Louis XV dans ses bras, manifestant une affection quasi-paternelle. Séduit par « l’enfant roi », il aurait souhaité lui offrir sa fille en mariage, mais le projet échoue.

Louis XV, roi de France, enfant, porté dans les bras de Pierre le Grand, tsar de Russie, en visite en France en 1717, par Hersent
Louis XV, enfant, porté dans les bras de Pierre le Grand, Tsar de Russie, en visite en France en 1717, par Hersent

En 1724

Louis XV, roi de France, âgé de 13 ans, en 1723, avec sa fiancée Marie-Anne-Victoire de Bourbon, infante d'Espagne, par De Troy
Louis XV et sa première fiancée, l’infante Marie-Anne par de Troy

Au cours du premier séjour qu’entreprend le jeune Roi – avec l’infante Marie-Anne-Victoire – commencent les travaux d’aménagement du nouveau théâtre, dans l’aile de la Belle-Cheminée ; la salle verra la création et la reprise de forts beaux spectacles tout au long du siècle.
Mais finalement, l’année suivante, le Roi revient à Fontainebleau pour y épouser une princesse polonaise.

Le 5 septembre 1725

Mariage par procuration de Marie Leczinska, à Strasbourg, le 15 août 1725 (Louis, duc d'Orléans, représentant Louis XV), béni par le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg
Mariage par procuration de Marie Leszczynska, à Strasbourg, le 15 août 1725 (Louis, duc d’Orléans, représentant Louis XV), béni par le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg

Louis XV épouse Marie Leszczynska (1703-1768) : c’est unique mariage royal jamais célébré au château. Les mémorialistes rapportent que la Reine, parée comme une châsse, manque s’évanouir sous le poids de ses ornements sertis des joyaux de la couronne. Un festin est donné dans son antichambre, des comédies de Molière dans la salle de la Belle-Cheminé, un souper dans la salle de Bal. Les trois jours de festivités ordonnées, auxquelles assiste le jeune Voltaire, s’achèvent par un feu d’artifice, imaginé par Berrain.

Fontainebleau - Le château de Fontainebleau Dsc_3410
Aile Louis XV

Le 27 octobre 1743

Un traité d’alliance secret est signé entre la France et l’Espagne.

Le 18 octobre 1752

La première représentation du Devin de village de Jean-Jacques Rousseau a lieu en présence de l’auteur.

Salle du Trône ,
L’ancienne Chambre des Rois

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

L’ancienne Chambre des Rois

De Henri IV à Louis XVI, tous les souverains ont dormi dans cette pièce.

L’ancienne Chambre des Rois

Du règne de Louis XIII datent l’essentiel du plafond, une partie des lambris bas et les portes à fronton, les bas-reliefs à motifs guerriers et les médaillons situés sur le mur de la cheminée.

L’ancienne Chambre des Rois

Verberckt et Magnonais complètent le décor de boiseries entre 1752 et 1754 et réalisent les lambris du mur situé face au Trône.

L’ancienne Chambre des Rois

En 1808, Napoléon Ier transforme la chambre en Salle du Trône, soulignant ainsi la continuité du pouvoir.

A l’emplacement qu’occupait le lit prend place le dais, les deux enseignes sommées du « N » et l’estrade qui ont été réalisés par Jacob-Desmalter pour Saint-Cloud en 1804 sur les dessins de Percier et Fontaine.

La salle du Trône

Le fauteuil provient de la Salle du Trône de Saint-Cloud.

La salle du Trône

Sur la cheminée, en remplacement du portrait de Louis XIII peint par Philippe de Champaigne brûlé en 1793, l’Empereur fait placer sa propre image par Robert Lefèvre. En 1834, l’œuvre fut ôtée et remplacée par celle que nous voyons aujourd’hui, toile de l’école de Champaigne.

La salle du Trône

En 1754

La salle de théâtre est rénovée. Elle participe des grands travaux d’embellissement et de mise au goût du jours des décors du château.

Les salles Saint-Louis,
Au cœur du premier Château de Fontainebleau 

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Fontainebleau, la vraie demeure des Rois )


Situées au cœur du donjon, elles abritaient la salle et la chambre du logis royal au le XVIe siècle.

Les salles Saint-Louis

– Première salle :

Première antichambre de l’Appartement du Roi, on l’appelait également Salle du Buffet. C’est ici que l’on dressait les buffets aux XVIIe et XVIIIe siècle lorsque le Roi prenait seul son repas en public dans la salle suivante.

Les salles Saint-Louis

Louis XV fait ouvrir la grande arcade qui relie cette salle et la suivante, afin de faciliter la circulation dans ses appartements.

Cinq des tableaux encastrés dans les boiseries sont dus au peintre Ambroise Dubois. Ils seront installés sous le règne de Louis-Philippe ainsi que le plafond en carton-pâte doré.

Les salles Saint-Louis

La pièce est meublée dans son état Second Empire avec des meubles de style Louis XIV.

– Deuxième salle :

Cette pièce est peut-être la plus vénérable du Château.

Les salles Saint-Louis

Située dans l’ancien donjon, seule partie du Moyen Âge conservée jusqu’à nos jour, elle fut la Chambre du Roi jusqu’à Henri IV, puis servit d’antichambre.

Les salles Saint-Louis

Son décor ancien disparaît sous Louis XV.

Les salles Saint-Louis

Les tableaux où figurent des enfants proviennent du Château de Marly. D’autres peintures illustrent des épisodes de la vie d’Henri IV.

Les salles Saint-Louis

Celui-ci est également représenté à cheval par Matthieu Jacquet sur le grand bas-relief de la cheminée, provenant de l’ancienne «Belle-Cheminée», aujourd’hui disparue.

La chambre de Louis XV

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Fontainebleau, la vraie demeure des Rois )

« L’Appartement du Roi à Fontainebleau est aujourd’hui plus beau qu’à Versailles.»

Le marquis d’Argenson
Plan du château de Fontainebleau autour de la cour ovale

La livraison, en 1754, des deux commodes de Joubert à Fontainebleau est liée aux travaux d’embellissement de la Chambre du Roi (actuelle salle du Trône) entrepris la même année par l’architecte Ange-Jacques Gabriel pour Louis XV.

Dans la pièce, celles-ci étaient destinées à prendre place devant les trumeaux d’entrefenêtre, ce qui explique leur relative petitesse.

« Du 20 septembre, livré par le Sr joubert ébéniste, pour servir dans la chambre du roy à Fontainebleau, deux commodes de bois violet et bois de rose à placages, bombées et chantournées à dessus de marbre brèche violette, l’une ayant pardevant deux grands tiroirs fermans à clef, l’autre à deux guichets aussi fermans à clef imitant les tiroirs à l’extérieur, le tout orné de compartiments, mains fixes et griffes de lion servant de pieds, longues de 3 pieds 8 pouces sur 2 pieds de large et 30 pouces de haut».

Journal du Garde-Meuble
La chambre de Louis XV

La commode de la Chambre de Louis XV

( texte de Christophe Duarte – Fontainebleau, la vraie demeure des Rois et photographies d’Alexandre Lafore)

La commode fut livrée au Garde-Meuble en 1754, accompagnée d’une autre (disparue) presque identique, comme l’atteste le Journal tenu par cette administration :

« Du 20 septembre [1754], livré par le Sr Joubert ébéniste, pour servir dans la chambre du roy à Fontainebleau, n°1951, deux commodes de bois violet et bois de rose à placages, bombées et chantournées à dessus de marbre brèche violette, l’une ayant pardevant deux grands tiroirs fermans à clef, l’autre à deux guichets aussi fermans à clef imitanz les tiroirs à l’extérieur, le tout orné de compartimens, mains fixes et griffes de lion servant de pieds, longues de 3 pieds 8 pouces sur 2 pieds de large et 30 pouces de haut».

La commode de Louis XV

Le numéro d’enregistrement au Garde-Meuble (n°1951) est porté sur le bâti et le marbre de la commode conservée, qui correspond à la première citée comportant deux tiroirs.

La commode de Louis XV

Installées dans la chambre du Roi à Fontainebleau, les deux commodes passèrent, à une date non précisée, au château de Choisy, autre résidence de Louis XV aujourd’hui détruite. En 1764, elles se trouvent dans l’appartement du Roi, localisées dans son salon de compagnie. En 1788, elles sont envoyées au château de Marly (le n° « MN° 162 » porté sur l’œuvre l’atteste) et placées dans la chambre du Roi, où elles demeurent jusqu’à la Révolution.

La commode de Louis XV

On constate que, pendant tout leur parcours, les deux commodes sont toujours considérées comme des meubles de premier plan réservés au Roi. Leur sort ultérieur est inconnu, jusqu’à ce que l’une d’elles entre en possession, avant 1936, du comte Adolphe Niel.

La commode de Louis XV

A cette occasion, tout le mobilier de la pièce, qui remontait à Louis XIV, est renouvelé somptueusement. Les deux commodes de Joubert sont destinées à prendre place sous les trumeaux d’entrefenêtre.

Parallèlement, un exceptionnel «brocart fond bleu à fleurs, feuillages et compartiments d’or, partie glacé et partie frisé», tissé à Lyon dès 1731 sur un dessin de Lallié, fut remis au tapissier Lequeustre pour la garniture du lit, des deux fauteuils, des deux carreaux, des douze pliants, de l’écran et du paravent, ainsi que pour les étoffes de tenture et les rideaux de fenêtre.

Une commode d'une chambre royale sur le point de quitter la France ...
«Brocart fond bleu à fleurs, feuillages et compartiments d’or, partie glacé et partie frisé»
Etat actuel de la Chambre, aujourd’hui Salle du Trône

De son côté, l’administration des Menus Plaisirs commande au fondeur Gallien, associé au doreur Gobert et à l’horloger Martinot, une riche pendule glorifiant Louis XIV à poser sur la cheminée (château de Versailles). En 1752, Claude de La Roue avait déjà livré pour l’éclairement de la pièce un superbe lustre de cuivre argenté et de cristal de Bohême à douze branches.

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La chambre du Roi
Les appartements royaux - Château de Fontainebleau

La commode de la Chambre de Marie Lesczcynska


En septembre 1755, cette commode est livrée à Fontainebleau pour l’usage de Marie Lesczcynska.

Celle de la The Wallace Collection fait partie d’une série de deux placées entre les fenêtres de sa chambre.

Ils témoignent de l’intérêt de la reine pour l’Orient, qu’elle exprime à travers une collection de porcelaine chinoise et de petits objets en laque et à travers des chinoiseries qu’elle choisit de peindre.

La commode témoigne également du savoir-faire de l’ébéniste Marchand, dont le cachet du fabricant est visible au dos, ainsi que la marque d’inventaire du palais.

La commode de la Chambre de Marie Lesczcynska

De tels objets étaient destinés à évoquer le monde exotique de l’Orient mais ils ont également été conçus pour fonctionner dans un intérieur français contemporain, et la forme de cette commode et les montures en bronze doré auraient fait en sorte qu’elle s’intègre harmonieusement dans le reste du décor de la chambre.

Le 20 décembre 1765

Décès du Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765), fils unique de Louis XV meurt de la tuberculose dans son appartement, en bordure de la cour Ovale.

Le Dauphin Louis-Ferdinand par Roslin

A l’automne 1768

Le Roi Christian VII de Danemark (1749-1808) y séjourne.

Illustration.
Christian VII de Danemark

L’Escalier de la Reine,
Le cadre majestueux pour les tableaux d’Oudry

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau, la vraie demeure des Rois )

L’Escalier de la Reine

Louis XV a cherché à donner davantage d’espace et d’aise pour lui, sa famille et la Cour en remodelant Fontainebleau.

L’Escalier de la Reine

De nombreux percements améliorent la circulation dans les appartements. La création de l’Escalier du Roi dans l’ancienne chambre de la Duchesse d’Étampes, de l’Escalier de la Reine à l’autre extrémité s’accompagnent d’un redéploiement des appartements des souverains.

L’Escalier de la Reine

Construit en 1768 pour remplacer un ancien escalier du XVIe siècle logé dans le portique, cet espace fut successivement Salle des Gardes de Monsieur, frère de Louis XIV et Première Antichambre de la Dauphine en 1745.

L’Escalier de la Reine

Datant de cette campagne, les encadrements de porte et la rampe de fer forgé sont au chiffre de M.A.

L’Escalier de la Reine

En 1838, Louis-Philippe changera l’aspect de cet escalier en faisant poser un plafond à compartiments peints et dorés, fait encastrer des tableaux autour de la cage et peindre les murs en faux marbre.

L’Escalier de la Reine

Les peintures choisies évoquent la chasse avec des tableaux de François Desportes et de Jean-Baptiste Oudry.

L’Escalier de la Reine

L’exécution de la commande de d’Oudry s’échelonne de 1733 à 1746. Elle devait servir de modèles pour des tapisseries tissées à la manufacture des Gobelins. Une tenture ornait les Appartements du Roi à Compiègne. Louis XVI fit réaliser des miniatures de ces mêmes compositions pour Versailles.

D’octobre à fin novembre 1770

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Fontainebleau vu du ciel

Le 12 mai 1771

Accueil de Marie-Joséphine de Savoie (1753-1810), qui vient épouser le comte de Provence, futur Louis XVIII (1755-1824).

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Marie-Joséphine de Savoie par Gautier d’Agoty

Du 7 octobre au 19 novembre 1771

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Quatre bals : les 14 et 28 octobre et les 4 et 11 novembre 1771

Du 6 octobre au 17 novembre 1772

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Du 6 octobre au 14 novembre 1773

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le 23 octobre 1773

Comédie, La Rosière de Salency

Le 16 octobre 1773

Accident de Pierre Grimpier, vigneron d’Archères, âgé de trente ans et père de trois enfants, lors d’une chasse du Roi : il est grièvement blessé à la cuisse et au corps par un cerf poursuivi par la meute.

La scène relatée par Gauthier d’Agoty

La Dauphine et la comtesse de Provence descendent de voiture pour porter assistance à l’homme et sa famille.

…et par Moreau le Jeune qui est plus fiable vis à vis de la mode du moment…

La scène va marquer les esprits.

Le 18 octobre 1773

Spectacle pour la Cour à Fontainebleau.

Le 28 octobre 1773

Bal de la Dauphine.

Le 31 octobre 1773

Présentation de l’ambassadrice du Portugal, la comtesse de Souza, née Canillac.

Le 14 novembre 1773

Accueil de Marie-Thérèse de Savoie (1756-1805), sa sœur, qui vient épouser le comte d’Artois (1757-1836) , futur Charles X.

Jean-Baptiste-André Gautier d'Agoty, Marie-Antoinette, reine de ...
Marie-Thérèse de Savoie par Gautier d’Agoty

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt de la petite vérole à Versailles vers trois heures un quart de l’après-midi. Il avait soixante-quatre ans.

Louis XV par Montpetit

Le Dauphin Louis-Auguste devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Du 10 octobre au 10 novembre 1774

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Tous les matins, la Reine reçoit une leçon de harpe d’une heure et demi voire deux heures.

Marie-Antoinette, une reine bien musicale
Détail du tableau de André Gauthier d’Agoty

Du 9 octobre au 16 novembre 1775

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Automne 1775

Marie-Antoinette se lie d’amitié avec la comtesse de Polignac, une jeune femme de peu de moyens mais dont elle apprécie la gaieté d’esprit. La Reine se montrera généreuse envers cette amie et tout son entourage…

courtroyale:
“ Details from a window paneling from Marie Antoinette’s apartment in Fontainebleau Chateau
source:© RMN (Château de Fontainebleau) / Georges Fessy
”
Détail d’une fenêtre de l’appartement de Marie-Antoinette

Du 9 octobre au 16 novembre 1776

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

En 1777

Le Boudoir Turc

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau, la vraie demeure des Rois )

Vestibule
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Escalier menant aux entresols
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Niché dans les hauteurs du Château, le boudoir Turc est le dernier témoignage de décors de «turqueries royales» en vogue au XVIIIe siècle.

Les relations diplomatiques nouées entre la France et l’Empire Ottoman depuis Louis XV sont à l’origine de cette mode orientalisante dans les arts.

Plan de l’entresol en 1776 par Jérôme-Charles Bellicard (Archives Nationales)

En 1777, Marie-Antoinette confie la conception de cet espace qui Lui servait de retraite, loin de la Cour, à l’architecte Richard Mique, également maître d’œuvre du théâtre et du hameau du Petit Trianon à Versailles.

Le Boudoir Turc
Le Boudoir Turc

Les frères Rousseau exécutent le décor de lambris sculptés et peints, semés d’arabesques et de symboles de l’Empire Ottoman, comme le croissant ou les personnages coiffés d’un turban. Des miroirs mobiles, innovations de l’époque, permettent d’occulter la fenêtre et de créer une atmosphère de reflets.

Le cabinet de toilette
Le cabinet de la Chaise

A partir de 1806, l’Impératrice Joséphine remeuble le boudoir, dont les meubles choisis par Marie-Antoinette ont été vendus sous la Révolution, et y installe sa «petite chambre à coucher». Elle commande à Jacob-Desmalter un mobilier garni d’un velours scintillant rappelant le fameux goût «à la turque» et orne la pièce de précieuses étoffes : mousselines brodées, taffetas ou encore festons lamés or à motifs vermiculés.

Le Boudoir Turc
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Cheminée du Boudoir Turc
Paire de chenets « aux dromadaires » présents dans ce boudoir en 1777, aujourd’hui au Louvre.

Du 9 octobre au 15 novembre 1777

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Du 9 octobre au 24 novembre 1783

Long séjour de la Cour à Fontainebleau.

L’Appartement de Madame Elisabeth se situe au rez-de-chaussée du bâtiment construit sous Louis XVI afin de doubler la Galerie François Ier.

Chambre de Madame ElisabethL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Fontainebleau-Chambre-de-Madame-Elisabeth-1.jpg.

C’est sous le Premier Empire que retournèrent à Fontainebleau une paire de fauteuils et le lit exécutés pour la «chambre boisée» de l’Appartement de Madame Élisabeth, mais qu’elle n’aura pas l’occasion de connaître, ayant tous été placés en 1791.

La paire de fauteuils est constituée d’un fauteuil d’époque transition venant du fonds du Garde-Meuble mais dont l’origine et l’auteur sont inconnus, et de sa copie réalisée par Sené et Laurent. Bien que relativement ancien, le modèle avait été qualifié de moderne et très riche dans son genre.

Fauteuils de la chambre de Madame Elisabeth

Les mêmes artisans sont les auteurs du lit dont les ornements sont plus modernes et inspirés du vocabulaire classique.

Lit de la chambre de Madame Elisabeth

Ces trois meubles auxquels il faut ajouter des pliants cohabitèrent dans la chambre de la Princesse, unifiés par un «satin broché chenilles et soie, dessin à mosaïque», provenant de la récupération d’une étoffe tissée en 1772 pour la chambre de la comtesse d’Artois à Versailles.

Emplacement de la chambre de Madame Elisabeth, aujourd’hui chambre de Napoléon Ier

Même si le temps des dépenses somptuaires était révolu, la manière dont la chambre de la sœur de Louis XVI est meublée est révélatrice de la considération que Thierry de Ville d’Avray lui porte et des économies qu’il estime pouvoir faire avec son appartement, puisqu’une partie des sièges et l’étoffe sont des remplois.

« Jamais je ne vis rien de si brillant que les voyages de Fontainebleau de 1783 et 1784. La reine, qui était alors dans tout l’éclat de sa jeunesse, se voyait entourée dans son intérieur d’amis de son choix ; elle recevait d’une foule d’étrangers distingués, comme de tous les Français, des hommages sincères ; on la regardait comme le plus doux ornement des fêtes qui embellissaient sa cour. Encourageant les lettres, protégeant les arts, répandant beaucoup de bienfaits, et ne désobligeant personne, elle ne connaissait encore d’une couronne que ses fleurs, et ne prévoyait pas qu’elle dût sitôt en sentir le terrible poids. »

Souvenirs du comte de Ségur, publiés par Alexis Eymery, Libraire-Éditeur, Paris, 1826

En 1785

Construction d’un yacht pour la Reine exclusivement réservé aux voyages à Fontainebleau ( ce cadeau coûtera 60 000 livres ), qui témoigne de Son intention d’y venir fréquemment.

Le yacht de la Reine

Mais le yacht ne sera utilisé que deux fois.

Il a été construit exclusivement pour les voyages à Fontainebleau. Il a coûté la somme de 60 000 livres.

Le bateau est un magnifique coche d’eau doté d’un mât pour être halé à partir de la berge par des chevaux.

Au-dessus des cabines vitrées qui constituent les appartements de la Reine, se trouve un second pont d’où les passager peuvent observer le paysage.

La proue est constituée d’une sirène tenant devant elle, dans ses bras, un crustacé.

L’intérieur était composé de neuf pièces dont une chauffée à l’aide d’une cheminée surmontée d’une glace.

Canapé du salon du yacht de Marie-Antoinette

Il se compose d’un salon, une pièce de passage, un boudoir, une garde-robe pour la Reine, une garde-robe pour les Dames de la Reine, une salle à manger, un office, une salle des gardes et un hall d’accueil. Dans les cales, une cuisine possédant une cheminée permettait à la Reine de se restaurer.

Le mobilier en acajou est de Jacob.

Du 10 octobre au 16 novembre 1785

Séjour de la Cour à Fontainebleau où Marie-Antoinette se rend en yacht par la Seine. Parti de Corbeil le 30 septembre puis amarré à Saint-Cloud, le yacht est acheminé le 9 octobre au ponton à l’entrée de la plaine d’Ivry.

Du 9 octobre au 16 novembre 1786

Le dernier voyage à Fontainebleau de l’Ancien Régime a lieu . Il offre aux souverains l’occasion de découvrir les nouveaux aménagements qu’ils avaient ordonné l’automne précédent – en particulier le boudoir argent de Marie-Antoinette – et la création du ballet pantomime de Grétry – Le Déserteur – donné le 21 octobre fut particulièrement appréciée.

Marie-Antoinette, soucieuse de préserver l’intimité de Ses nouveaux appartements de Fontainebleau n’autorise l’accès à personne.

Boudoir Turc de la Reine
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Chaque automne à l’époque de la chasse, Louis XVI, la Reine et la cour séjournent à Fontainebleau. C’est dans le cadre de ces séjours que Marie-Antoinette fait aménager Son boudoir en 1786. Conçu par Pierre Rousseau, il se distingue par la préciosité de ses décors, ses motifs naturalistes et floraux, son harmonie chromatique et ornementale : une table en auge et un bureau à cylindre parés de nacre signés par le grand ébéniste Jean-Henri Riesener.

Fontainebleau - Le château de Fontainebleau Dsc_3312
Boudoir de la Reine L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Boudoir-turc-de-la-Reine-3.jpg.

A cette occasion, l’ouvrage entraîne le lecteur dans l’intimité de la Reine, et dévoile une femme raffinée éprise de style antique, très éloignée de sa traditionnelle image de superficialité.

Cheminée du Boudoir turc de la Reine

La cheminée du Boudoir Turc

Dès le mois d’août 1776, Marie-Antoinette ordonne le réaménagement, dans un goût turc, de l’un de Ses cabinets situé à l’entresol. Initialement, la cheminée de l’ancien cabinet devait être conservée. C’est le Chef du Garde-Meuble de la Reine, Pierre-Charles Bonnefoy du Plan, qui préconise son renouvellement. Marie-Antoinette valide le dessin de Sa nouvelle cheminée. D’une finesse et d’une préciosité inégalées, les bronzes ciselés et dorés par Gouthère sont de vrais trésors. Les arabesques, les étoiles et les croissants de bronze répondent aux décors des boiseries sculptées et peintes par l’atelier des frères Rousseau. De tels décors étaient destinés à piquer la curiosité et à distraire la Reine en La transportant dans un orient fantasmé.

Cheminée du Boudoir turc de la Reine L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Boudoir-Turc-de-la-Reine-Fontainebleau-cheminee-3.jpg.
Fontainebleau - Le château de Fontainebleau - Page 3 Marie_18
La commode de Guillaume Beneman, réalisée en 1786
Parquet au chiffre de Marie-Antoinette
Le secrétaire à cylindre marqueté de cuivre et nacreL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Boudoir-turc-de-la-Reine-5.jpg.
Le Boudoir Turc de la Reine

Pour le salon des Jeux de Marie-Antoinette, l’ébéniste Beneman livra en 1786 deux commodes exécutées sous la direction d’Hauré à partir d’un meuble de Stöckel.

Salon des jeux de la Reine à FontainebleauL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Salon-des-jeux-de-la-Reine-a-Fontainebleau-3-1024x678.jpg.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Salon-des-jeux-de-la-Reine-a-Fontainebleau-2-1024x678.jpg.

Avec leur riche décor d’entrelacs végétaux et de plaques en porcelaine de Sèvres à figures antiques, elles complétaient le décor des murs de la pièce peint en style arabesque par Michel-Hubert Bourgois et Jacques-Louis-François Touzé d’après les dessins de l’architecte Pierre Rousseau.

Ce boudoir servira de Cabinet de toilette à l’Impératrice Eugénie qui fera aménager en arrière une salle-de-bain.

Le 10 novembre 1786

Marquant le terme de la guerre d’Indépendance américaine, c’est à Fontainebleau que , Louis XVI signe le traité de commerce avec l’Angleterre.

En novembre 1786

Pour prévenir les convulsions que le Dauphin, Louis-Joseph, fait, la Faculté juge à propos la pose de ventouses derrière l’oreille. Madame de Polignac, sa gouvernante, craignant que cette opération assez répugnante n’impressionne vivement Marie-Antoinette veut la Lui cacher et écrit au Roi pour avoir son agrément . Il le donne et tient à être présent lors de l’application qui a lieu à Fontainebleau.

« A la fin de 1786, à Fontainebleau, la Reine eut prise avec Madame de Polignac, et celle-ci fut assez injustement maltraitée ; il s’agissait d’un médecin donné au duc de Normandie, depuis Louis XVII, à l’insu de sa mère, dans l’objet de lui épargner de l’inquiétude. Ce soin fut pris de travers et des reproches sur des bienfaits vinrent à la suite. Madame de Polignac fut outrée, elle voulut se retirer. Grande alarme de sa société, grand embarras de la Reine. On engagea le Roi à retenir la gouvernante de ses enfants, en lui permettant un voyage en Angleterre au printemps, et acceptant sa démission en attendant, sauf à la lui rendre au retour, ce qui fut exécuté. »

Mémoires du comte de  Saint-Priest

Le 30 octobre 1787

Livré après le dernier séjour de Marie-Antoinette à Fontainebleau, le lit réalisé pour Marie-Antoinette.

Sa structure, invisible, est plutôt ordinaire, mais la partie supérieure en bois sculpté est recouverte de feuilles d’or. Ce sont les textiles qui lui donnent tout son éclat. Fournis par le soyeux lyonnais Prelle, ils sont ornés de décors floraux qui célèbrent l’amour et le repos.

Chambre de la Reine Marie-Antoinette | Chateau de fontainebleau, Intérieurs  du château, Fontainebleau
La chambre de la Reine
Plafond de la chambre de la Reine
Château de Fontainebleau - montjoye.net
La chambre de la Reine
Fichier:Lit de la chambre de l'Impératrice (Château de Fontainebleau).jpg —  Wikipédia
La chambre de la Reine
LA MAISON DES ROIS ET DES REINES - Fontainebleau - Ambassade Mag.

A l’extrémité du ciel de lit, un enfant représentant le silence est entouré de fleurs de pavot, symbole du sommeil.

Détail du chiffre de Marie-Antoinette

Ce meuble d’apparat est détesté par la Reine. Elle préfère des lits « à la polonaise » ou « à la turque » . Le meuble n’est, de toute façon, nullement destiné à abriter Son sommeil, mais seulement à l’apparat du lever et du coucher.

Les appartements royaux - Château de Fontainebleau
La chambre de la Reine
Les soieries de la chambre de l'Impératrice
Soierie du meuble de la chambre de la Reine
Les soieries de la chambre de l'Impératrice

En 1805, décision est prise de le mettre à disposition de l’Impératrice Joséphine (1763-1814).

L’Impératrice Joséphine

A cette occasion on enrichit les bois d’un tissu broché et chenillé en soie dont le tissage avait été engagé par le fabriquant Gaudin, achevé par Savournin et acquis par le garde-meuble royal en 1790.

Tout au long du XVIIIe siècle, la vie de cour à Fontainebleau, connaît une apogée que justifie pleinement la célèbre phrase de Talleyrand à Guizot :

« Qui n’a pas vécu dans les années voisines de 1789, ne sait pas ce que c’est que la douceur de vivre »

A l’époque de l’Impératrice Eugénie des poteaux restent en permanence afin de donner à ce lit duchesse l’apparat d’un lit à la française

Le Salon Vert ou Deuxième Salon de l’Empereur

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Le salon vert

Cette pièce est le Second Salon de Madame de Lamballe en 1786 puis Salon des Nobles de Madame Elisabeth en 1791. Le Cardinal Fesch en fera son Salon en 1804.

Le salon vert

C’est en 1810 qu’est installé le très riche ensemble en bois doré par le menuisier Pierre Brion, couvert de son velours vert.

Le salon vert

Cet ensemble est complété par un guéridon en acajou de Jacob-Desmalter.

Le salon vert

LE PREMIER EMPIRE

Trois séjours de la Cour Impériale semblent renouer avec le faste des voyages de l’Ancien Régime. Pourtant, s’il ne fallait retenir qu’une image du règne de Napoléon Ier, ne serait-ce pas celle des Adieux à la garde, au pied du célèbre escalier en Fer-à-Cheval ?

UN PALAIS, SUR LA ROUTE DE L’ITALIE

La vie au château de Fontainebleau sous le Premier Empire est étroitement liée à l’ascension et à la chute de l’Aigle. Il imprime sa propre marque dans « la vraie demeure des Rois ». Napoléon (1769-1821) est en effet le grand restaurateur du château de Fontainebleau qu’il remeuble intégralement au lendemain de la Révolution durant laquelle cette ancienne résidence des souverains a connu dépeçages et ventes des collections, comme les autres propriétés de la Couronne.


Le 20 novembre 1803

Napoléon vient pour la première fois au château de Fontainebleau inspecter l’École spéciale militaire installée en juin de la même année. Une seconde inspection l’y conduit à nouveau dès le 28 juin 1804. Le 29 juin, il visite le château en compagnie de l’architecte Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853) à qui il indique les premiers travaux à effectuer pour en faire une seconde résidence de campagne, après Saint-Cloud, pour les jours d’automne.

Napoléon Ier consacre douze millions de francs à restaurer « la vraie demeure des rois« . L’architecte Pierre-François-Léonard Fontaine rend tout son lustre au domaine.

En 1804

A la veille de son sacre en 1804, Napoléon Bonaparte décide de faire du château de Fontainebleau l’une de ses résidences. Il ordonne alors la rénovation du palais pour y accueillir le Pape Pie VII venu le couronner : le château est remeublé en dix-neuf jours seulement. Il poursuivra l’aménagement de ce fleuron des biens de la Couronne jusqu’à la fin de son règne.

Dans les petits Appartements du rez-de-chaussée se dévoile la vie privée de l’Empereur et de ses deux épouses, Joséphine et Marie-Louise.

Le bureau de l’Empereur

Mais c’est aussi l’infatigable travailleur que l’on rencontre à Fontainebleau. L’administration de l’Empire occupe sans cesse Napoléon Ier, au point qu’il fait installer un lit dans son bureau.

Dès le 22 novembre 1804

Image illustrative de l’article Pie VII
Pie VII

Fontainebleau est une étape vers Paris pour le pape Pie VII (1742-1823), venu sacrer l’Empereur à Notre-Dame. Napoléon et Joséphine (1763-1814) viennent l’y accueillir.

Le 28 novembre 1804

Ils repartent pour Paris.

Le 2 décembre 1804

Le sacre a lieu à Notre-Dame de Paris.

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Détail du tableau de David

Du 31 mars au 2 avril 1805

En route vers l’Italie Napoléon fait halte à Fontainebleau.

La salle du trône de Napoléon est installée en 1805 dans l’ancienne chambre du Roi

Le trône occupe l’emplacement du lit du Roi, sous l’alcôve.

La salle du trône


On peut encore y trouver quelques Lys de l’ancienne royauté dans les dorures du plafond, bien que l’abeille était un symbole de l’empire Napoléonien (ainsi que l’aigle et le N sur chacune des deux enseignes). L’abeille fait référence au roi mérovingien Childéric, tandis que l’aigle se rapporte à la Rome impériale. La chambre de l’empereur à Constantinople était elle aussi de couleur pourpre. Ainsi, Napoléon peut s’inscrire dans l’Histoire.

La salle du trône
Le trône

La chambre de l’Empereur

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

La première chambre de Napoléon

La chambre de l’Empereur en 1804.

La première chambre de l’Empereur

L’ensemble du mobilier de la Chambre de Napoléon à Fontainebleau en 1804 a pu être regroupé.

La chambre de l’EmpereurL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Fontainebleau-La-premiere-chambre-de-lEmpereur-4-1024x678.jpg.

Du 12 au 17 juillet 1805

A son retour de campagne Napoléon fait à nouveau halte à Fontainebleau.

Les trois séjours de la Cour impériale

Du 21 septembre au 16 novembre 1807

Mille personnes sont logées dans le château, quatre mille dans la ville.

Les invités ont en général une chambre et un salon, un tub pour se laver
Le tub est une large cuvette circulaire en métal – zinc, tôle émaillée, cuivre, argent – ou en céramique. Il est portable, doté d’un bec entonnoir qui permet de le vider plus aisément, et vient d’Angleterre. Dans le tub, on se lave à l’éponge.

Le 28 septembre 1807

Au cours de ce premier séjour est signé le décret impérial organisant la cour des Comptes.

Le 10 octobre 1807

Un traité fixant les frontières entre l’Autriche et le royaume d’Italie est ratifié .

Te traité de Fontainebleau

Le 15 octobre 1807

Un traité entre la France et le Danemark est conclu.

Le 27 octobre 1807

Une alliance secrète avec l’Espagne visant à démanteler le Portugal est conclue .

Le 6 novembre 1807

Réception du comte Tolstoï, nouvel ambassadeur de Russie.

La chambre de l’Empereur

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Cette salle et les suivantes sont situées dans le bâtiment construit sous Louis XVI le long de la Galerie François Ier

Napoléon fait de cette pièce, ancien « Cabinet de la poudre » (lieu servant à la toilette du Roi), sa chambre à coucher.

La chambre de l’Empereur

Les boiseries, la cheminée et les tableaux en dessus de porte ont été créés pour Louis XVI. L’Empereur les conserve mais les fait enrichir par des peintures en grisaille d’or du peintre Moench.

La chambre de l’Empereur

Le mobilier est installé en 1808. Il est recouvert d’un velours chiné tissé et rebrodé à l’identique de 1988 à 1995.
Le tapis orné de trophées militaires a été tissé à Aubusson en 1809.

La chambre de l’Empereur

Cette chambre devient la chambre à coucher des souverains de Napoléon Ier à Napoléon III.

La petite chambre de repos de Napoléon Ier,
Un nouveau cabinet pour l’Empereur

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

La petite chambre de repos de Napoléon Ier

« Cette pièce ne sera plus un cabinet, mais elle est transformée en boudoir ou en seconde chambre à coucher. A cet effet, on ôtera la bibliothèque et on le décorera suivant sa nouvelle destination. On remplacera le canapé qui est au fond par un petit lit et le bureau par un joli petit meuble pour écrire. On donnera à cette pièce l’arrangement convenable pour sa nouvelle destination».

Napoléon à Duroc, le 14 novembre 1810
La petite chambre de repos de Napoléon Ier

Début octobre 1807, pendant son séjour à Fontainebleau, Napoléon réorganise son appartement au Premier Etage. L’entrée se fera par la Galerie François Ier.

La petite chambre de repos de Napoléon Ier

Le Cabinet topographique descend au rez-de-chaussée. La quatrième pièce est le cabinet.

Il est construit un petit escalier qui descend directement dans le Cabinet du rez-de-chaussée.

Bibliothèque de Napoléon Ier

Le changement d’affectation et la création de cet escalier imposent de bâtir un hémicycle dans lequel viennent se loger des rayonnages de bibliothèque, car Napoléon ne travaille qu’entouré de livres.

Pour une grande part, ce projet est réalisé. Un rideau dans l’axe de la pièce, des draperies à la romaine dans le haut des murs et un trumeau de glacent en face de la cheminée meublent la pièce.

La chambre de l’Impératrice

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

La chambre de l’Impératrice

Cette chambre est un hymne à la grâce féminine.

Le tapis déploie ses motifs de festons de fruits, de généraux rinceaux, d’instruments de musiques.

Sur la cheminée, une pendule aux figures de Terpsichore et Erato, soit La danseuse de charme et l’Aimable.

La chambre de l’Impératrice

Au fond de la pièce, le lit à l’orientale coiffé d’une impériale à quatre archivoltes.

La chambre de l’Impératrice

Le mobilier de la chambre de l’Impératrice est installé pour Joséphine : le brocart des sièges et du lit dont les couleurs sont très fanées est d’origine. Seule transformation, la couchette a été agrandie pour deux personnes sous Louis-Philippe.

La chambre de l’Impératrice

Le passé consulaire proche est rappelé à l’Impératrice par une commode en acajou dont les bronzes ornaient une commode de l’Hôtel que le couple Bonaparte possédait rue Chantereine.

La chambre de l’Impératrice
La chambre de l’Impératrice

Le boudoir de l’Impératrice

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Le Boudoir turc de l’Impératrice

Utilisé comme Cabinet de retraite par les Impératrices Joséphine puis Marie-Louise, l’ancien boudoir de Marie-Antoinette traverse sans dommage l’ère impériale.

Le Boudoir turc de l’Impératrice

Le château n’ayant pas été entretenu pendant presque deux décennies, quelques raccords de peinture et de dorure sont nécessaires.

Le Boudoir turc de l’ImpératriceL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-boudoir-de-lImperatrice-5-768x1024.jpg.

Pièce privée des souveraines au XIXe siècle, l’ancien boudoir est remeublé dès 1804. Il y a une réelle intention d’en faire une pièce raffinée, ce que montrent les inventaires.

Le Boudoir turc de l’Impératrice

Cependant, aucun ameublement n’atteint le degré d’excellence de celui réalisé pour Marie-Antoinette. Les meubles qui figurent dans la pièce n’ont pas la qualité supérieure d’exécution de ceux de l’époque de Louis XVI.

Le Boudoir turc de l’Impératrice

Le salon d’étude de l’Impératrice

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Fontainebleau , la vraie demeure des Rois )

Salon d’étude de l’Impératrice

Les dimensions actuelle de la pièce remontent à l’avancement la façade sur le Jardin de Diane en 1751 et la création de la rotonde en 1773.

Salon d’étude de l’Impératrice

Elle fut d’abord la Salle à Manger du Roi en 1737. Madame Adélaïde en fit sa chambre en 1752 avant de devenir son Grand Cabinet en 1776. Louis XVI en fit son Salon des Jeux en 1783 et Madame Royale sa Pièce des Nobles en 1786.

Salon d’étude de l’Impératrice

Les boiseries datent de Louis XV et la corniche de 1773. Les dessus-de-porte sont de Hubert en 1859.

Salon d’étude de l’Impératrice

Ce salon a conservé de nombreux meubles installés pour Marie-Louise en 1810. Il évoque ses principales activités : table à écrire, boîte à lettre, métier à brider et chevalet.

Salon d’étude de l’Impératrice

Le piano-forte a appartenu à Hortense de Beauharnais. Les consoles en demi-lune et les chaises en acajou à dossier ajouré, de Jacob-Frères, proviennent de la Bibliothèque de l’Impératrice aux Tuileries et son installés en 1808 dans cette pièce.

Salon d’étude de l’Impératrice

Le 16 novembre 1807

L’Empereur repart pour l’Italie.

Le 1er janvier 1808

Au retour, Napoléon s’arrête à Fontainebleau seulement trois quart d’heure.

La bibliothèque de Napoléon Ier

La bibliothèque, installée en 1808 dans l’ancien Salon des Jeux du Petit Appartement de Louis XVI, dont les boiseries et les dessus-de-portes de Sauvage en sont les deniers témoignages, communique avec l’Appartement Intérieur de l’Empereur au premier étage par un escalier à vis.

La bibliothèque de Napoléon Ier

Le mobilier est constitué en dehors des grands corps de bibliothèque, d’un grand bureau plat, d’un tabouret formant marchepied de Jacob Frères, provenant du mobilier du Général Moreau, acquis par l’Administration Impériale après la condamnation à l’exil de celui-ci.

Jacob-Desmalter fournit les chaises à incrustation d’ébène et étain, le pupitre à écrire debout, la table rognon et l’échelle de bibliothèque ainsi que le canapé de bois doré couvert de satin broché de la fin du XVIIIème siècle. Ce siège conçu pour la chambre de parade de l’Impératrice sera finalement installé dans cette pièce pour l’Empereur.

La bibliothèque de Napoléon Ier

Les livres sont encore pour la plupart encore en place. Ils sont classés par thème, et selon un ordre commun à toutes les résidences impériales.

Du 23 mai aux premier jours de juin 1808

Le Roi d’Espagne, Charles IV et la Reine Marie-Louise séjournent à Fontainebleau, accompagnés du ministre Godoy.

Du 26 octobre au 14 novembre 1808

C’est au terme du deuxième séjour de la cour, que le divorce devenu inéluctable est annoncé à Joséphine.

Du 25 septembre au 16 novembre 1810

Troisième séjour au cours duquel la nouvelle Impératrice Marie-Louise, petite-nièce de Marie-Antoinette, découvre le château.

Le 4 novembre 1810

Dans la chapelle de la Trinité, le prince Charles-Louis Bonaparte, fils du roi Louis et de la reine Hortense (le futur Napoléon III), est baptisé.

Vers la fin de l’Empire…

Le 19 juin 1812

Alors que le pape a été arrêté et ses États saisis, marque le début de la captivité de Pie VII à Fontainebleau, dans l’ancien appartement des Reines-Mères (aujourd’hui l’appartement du Pape), celui-là même qui avait été aménagé spécialement à son intention pour le sacre, en 1804.

Le 19 janvier 1813

L’arrivée inopinée de l’Empereur et de l’Impératrice, de retour d’une chasse à Grosbois, précipitent les choses.

Chasseurs à cheval de la Garde impériale — Wikipédia
Napoléon en habit de colonel des chasseurs à cheval de la Garde, à Wagram

Le 25 janvier 1813

L’Empereur obtient de Pie VII un concordat mais…

Le 24 mars 1813

Le pape se rétracte. Face à la colère de Napoléon, il ne quittera sa geôle du château de Fontainebleau que l’année suivante, le 23 janvier 1814.

… Et l’abdication de Fontainebleau

Le 24 janvier 1814

Napoléon embrasse Marie-Louise et le Roi de Rome pour la dernière fois, il ne les reverra jamais. C’est la Campagne de France. Napoléon tient tête aux coalisés mais plie finalement face au nombre.

Le 30 mars 1814

Paris est pris. Le 31 mars Napoléon se réfugie à Fontainebleau

Le 2 avril 1814

Le Sénat vote la déchéance de Napoléon.

Le 5 avril 1814

La première abdication en faveur du Roi de Rome est annoncée.

Le 6 avril 1814

L’Empereur abdique une seconde fois et renonce au trône pour lui et sa famille. L’Empereur déchu signe à Fontainebleau son acte d’abdication, avant de tenter de se suicider…

Abdication de Napoléon Ier à Fontainebleau 

Cet acte a lieu dans le Salon que l’on dit aujourd’hui « de l’abdication« 

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau – la vraie demeure des Rois )

Napoléon signe son abdication à Fontainebleau le 4 avril 1814. Tableau de François Bouchot (1843)

C’est sur le guéridon situé au milieu de la salle que Napoléon semble signer son acte d’abdication le 6 avril 1814, avant de faire ses adieux à ses troupes dans la Cour du Château.

Le salon de l’Abdication

Le brocard rouge et or à motif de lyres et de rosaces garnissant les murs et les sièges a été retissé à l’identique en 1986 et 1994.

Le mobilier Empire, mis en place en 1808, se compose notamment d’un guéridon et d’un ensemble de chaises, fauteuils et tabourets de pieds en bois dorés tendus de brocart rouge et or à motif de lyres et de rosaces, réalisés par Marcion, Jacob-Desmalter, et Thomire

La tableau de Paul Delaroche, conservé au Musée de l’Armée à Paris, représentant Napoléon dans ce salon, exprime la solitude et la détresse de l’Empereur à quelques jours de sa chute.

Napoléon Ier à Fontainebleau le 31 mars 1814 - napoleon.org
Napoléon Ier par Paul Delaroche

Le tableau illustre un extrait des Mémoires de Bourienne : 

« Après avoir passé une partie de la nuit à Froidmanteau, l’Empereur se dirigea vers Fontainebleau où il arriva à six heures du matin. Il ne fit pas ouvrir les grands appartements, et se campa plutôt qu’il ne se logea dans le petit appartement qu’il affectionnait. Napoléon s’enferma dans son cabinet et y resta seul pendant la journée du 31 mars 1814».

Le salon de l’Abdication

Dans la nuit du 12 au 13 avril 1814

Napoléon tente de s’empoisonner.

Le 20 avril 1814

Napoléon fait ses célèbres Adieux à la garde.

Adieux de Napoléon à la Garde Impériale – Antoine Alphonse Montfort

Le 20 mars 1815

Napoléon ne repasse à Fontainebleau qu’une seule fois, dans la cour du Cheval blanc, pour passer ses grenadiers en revue de retour de l’île d’Elbe, en marche pour les Cent-Jours ; il s’y arrête de 10h à 14h.

Fontainebleau - Le château de Fontainebleau Dsc_3412

Un intermède de cent jours…

La cour d’Honneur

Fermée sur trois côtés et regardant à l’ouest sur la ville depuis la destruction de la quatrième aile et la création d’une grille en 1809-1810, cette cour est devenue cour d’Honneur au cours du XVIIIe siècle.

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Elle est bordée au nord par l’aile des Ministres (vers 1530), à l’est par le jeu de Paume (XVIIe et XVIIIe siècles) et l’aile de l’escalier en fer à cheval rythmée par cinq pavillons (pavillon des Armes, tour de l’Horloge, pavillon des Orgues, pavillon central et pavillon dit des Poêles) dont la construction s’étale du XVIe au XIXe siècle.
Au sud, le Gros Pavillon de Gabriel (1750) se prolonge par l’aile Louis XV (1739-1740 et 1773-1774) de la même agence.
La cour est fermée par le pavillon Renaissance en pendant de celui de l’aile qui lui fait face.

L’Empire a vécu et les Bourbons reprennent leurs marques dans l’antique demeure, sans y apporter de modification.

LA RESTAURATION ET LA MONARCHIE DE JUILLET

Sous les règnes de Louis XVIII et Charles X, la Cour séjourne peu à Fontainebleau. Sous Louis-Philippe a lieu une campagne de restauration générale du château, à l’occasion du mariage du duc d’Orléans avec la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin.

Le 15 juin 1816

Marie-Caroline, princesse de Bourbon-Siciles, venue en France épouser le duc de Berry, fils du comte d’Artois (futur Charles X) arrive, à Fontainebleau.

Marie-Caroline, princesse de Bourbon-Siciles, arrive, à Fontainebleau.

Renouant avec son prestigieux passé cynégétique, le château de Fontainebleau est le lieu de brefs mais fréquents séjours de chasse des princes de la maison de France.
Cette tradition se perpétue avec les fils de Louis-Philippe qui s’installent dans l’appartement des Chasses, ouvrant sur la cour Ovale et pour lequel sont envoyés les grands tableaux du XVIIIer siècle, œuvres d’Oudry, de Desportes, de Bachelier… avec la volonté de réinscrire le château dans son histoire. D’autres aménagements « historicistes » témoignent de cette volonté.

Le 5 mai 1821

Décès de Napoléon sur l’Île de Sainte Hélène.

Le 30 mai 1837

Mariage à Fontainebleau de Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans et fils aîné de Louis-Philippe, avec la princesse allemande Hélène de Mecklembourg-Schwerin. Les deux cérémonies des mariages catholique et protestant, tout comme les festivités qui sont organisées donnent lieu à d’importantes restaurations (chapelle de la Trinité, Salle de Bal…) et aménagements (salle des fêtes, dite Louis-Philippe – actuelle salle des Colonnes – appartement du Pape attribué au duc et à la duchesse…).

Une salle magistrale peu utilisée mais qui a accueilli des événements prestigieux
La salle des colonnes

Pour accéder à la salle des Colonnes, il faut passer par la Cour Ovale, dans une aile construite sous François Ier et son fils Henri II. On découvre une salle aux dimensions impressionnantes, que le public ne peut pas voir dans le circuit de visite habituel. Le décor de cette salle, que l’on doit à l’architecte Eugène Dubreuil est de style néo-renaissance, avec de nombreux décors feints tels que les colonnes ajoutées sous Louis-Philippe, qui ne sont pas de marbre mais peintes ! Elles ne servent pas de support et sont en bois, contrairement aux apparences.

Salle des Colonnes
La salle des colonnes

On y trouve vingt-quatre colonnes et un mélange entre le style classique et le style historique, et particulièrement un hommage à la Renaissance avec ses caissons qui font penser à ceux de la salle de bal. On la surnommait la « galerie Louis-Philippe », ce qui explique pourquoi on trouve un buste à son effigie.

Louis-Philippe à Fontainebleau, l'exposition au Château de Fontainebleau -  Sortiraparis.com
Buste de Louis-Philippe

La chambre de la Grande-Duchesse de Bade

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau – la vraie demeure des Rois )

La chambre de la Grande-Duchesse de Bade

Chambre à coucher depuis 1770, elle est réaménagée en 1837 pour la Duchesse d’Orléans avec sa tenture en soie rouge et le lit en bois doré à montants en faisceaux qui fut créé en 1787 par Hauré et Sené pour Louis XVI à Saint-Cloud et fut utilisé par Napoléon aux Tuileries.

La chambre de la Grande-Duchesse de Bade

Deux fauteuils de même provenance sont déposés sous le Second Empire et servent de modèle au menuisier Cruchet pour augmenter le nombre sièges. Il livre aussi le dais du lit, la console et le pare-feu.

La chambre de la Grande-Duchesse de Bade

La commode a trophée militaires de Stöckel et Benneman, saisie dans le Cabinet du Conseil du Château de Compiègne sous la Révolution, a inspiré Fourdinois pour la réalisation des deux chevets en 1859.

La chambre de la Grande-Duchesse de Bade

La Grande-Duchesse de Bade, cousine de Napoléon III, est la dernière à utiliser la pièce.

La chambre de la Grande-Duchesse de Bade

Les 20 et 21 novembre 1840

Visite de Marie-Christine (1806-1878), l’ex-reine d’Espagne (1829-1833).

Marie-Christine de Bourbon Siciles

Le 16 avril 1846

Pierre Lecomte, ancien garde de la forêt, tente d’assassiner Louis-Philippe (1773-1850).

Louis-Philippe Ier

Les 15 et 16 décembre 1846

Le bey de Tunis Sidi Achmet est reçu à Fontainebleau.

LE SECOND EMPIRE

Renouant avec les voyages de l’Ancien Régime et les séjours de son célèbre oncle, Napoléon III (1808-1873) organise la fête impériale au château de Fontainebleau.

VISITES ET CADEAUX DIPLOMATIQUES

Alors que se développent à la fois l’idée de villégiature et les prémices du tourisme, l’Empereur et l’Impératrice aménagent au château de Fontainebleau des appartements disposant d’un certain confort.

Napoléon III


Les séjours, dont les invités sont issus à la fois du monde des arts, des lettres, de la politique, se déroulent avec régularité et sont de plus en plus longs. Toutefois, la diplomatie n’est jamais totalement absente, même si la société du couple impérial se veut plus détendue que la cour des précédents souverains.

L’Impératrice Eugénie

En 1853

Napoléon III et Eugénie décident de la création d’un nouveau théâtre en 1853 dès leur premier séjour à Fontainebleau ! Inspiré de celui de Marie-Antoinette dont l’Impératrice était une grande admiratrice, ce théâtre de quatre cents places est le dernier exemple d’un théâtre de Cour. 

Le théâtre impérial
Le théâtre impérial de Fontainebleau restauré côté scène
Le théâtre impérial
Abu Dhabi soutient la phase finale de restauration du théâtre impérial de  Fontainebleau | Connaissance des Arts
Le théâtre impérial
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Le théâtre impérial
A photograph of the empress Eugenie as Marie Antoinette at a costume ball held at the Tuileries .[source: Gogmsite]
L’Impératrice Eugénie en Marie-Antoinette pour un bal

Le fumoir de Napoléon III
Le cercle privé réservé aux hommes

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Fontainebleau – la vraie demeure des Rois )

Le fumoir de Napoléon III

La création du fumoir est significative de l’influence britannique qui s’exerçait sur la Cour de Napoléon III.

Durand son long exil en Angleterre, l’Empereur a pris le vice de la cigarette. L’Impératrice, au contraire, ne peut souffrir la fumée et l’odeur du tabac.

Le fumoir de Napoléon III

De là vient l’installation au rez-de-chaussée d’un fumoir, pièce réservée aux hommes, qui s’y retiraient après le repas, tandis que les dames passaient au salon.

Plan du rez-de-chaussée du château de Fontainebleau

Un plafond à la française ayant été découvert en cours des travaux, cet espace fut décoré dans le style du XVIIème siècle, considéré comme plus viril : lambris d’appui, tapisseries de « L’Histoire d’Artémise tendues au murs, chaises en cuir gaufré.

Le fumoir de Napoléon III

Mais cette pièce n’aura jamais grand succès, car la forme de sociabilité qu’elle implique est en rupture avec la tradition française, qui veut que les soirées soient consacrées à des conversations où se mêlent les personnes des deux sexes.

Le fumoir de Napoléon III

Les 15 et 16 décembre 1856

Le prince royal de Prusse (futur Empereur Guillaume Ier) est reçu à Fontainebleau.

Du 17 au 24 mai 1857

Le château accueille le Roi de Bavière Maximilien II. La même année sont reçus le Tsar et le grand-duc de Russie. A cette occasion la nouvelle salle du théâtre impérial, aménagé par Hector Lefuel dans l’aile Louis XV construite par Gabriel au siècle précédent, est inaugurée.

le Roi de Bavière Maximilien II

En 1856

La signature d’un traité franco-siamois a permis la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. Un ministre plénipotentiaire est envoyé par Napoléon III au Roi de Siam, Rama IV Mongkut. Aux présents de l’Empereur répondent ceux du Roi.

les Petits Appartements de Napoléon Ier et de l'impératrice Joséphine – Le  Magazine de Proantic
La salle de bains de l’Impératrice Eugénie

Le 2 juin 1861

L’ambassade envoyée en France en 1860 arrive à Toulon .

Le 27 juin 1861

Réplique de l’ambassade de Phra Naraï reçue le 1er septembre 1686 par Louis XIV dans la galerie des Glaces, l’ambassade du Roi de Siam est reçue par Napoléon III dans la salle de Bal du château de Fontainebleau. De somptueux cadeaux diplomatiques sont offerts aux souverains.
Avec les prises de guerre provenant du Sac du Palais d’Été de Pékin, ils constitueront l’embryon des collections extrême-orientales exposées dans le musée Chinois de l’Impératrice, inauguré le 14 juin 1863.
La cour séjourne à Fontainebleau jusqu’en 1869.

Le 10 juillet 1914

L’Impératrice Eugénie (1826-1920) revient une ultime fois à Fontainebleau .

L’Impératrice Eugénie de Montijo

Le dernier voyage de l’Impératrice à Fontainebleau

« Une vieille dame élégante parcourt les jardins du château de Fontainebleau. Elle s’appelle Eugénie de Montijo. Rares sont ceux qui l’ont reconnue quand elle est arrivée en France. Aux Tuileries, un gardien qui n’a pas reconnu l’ancienne propriétaire des lieux, l’a grondée parce qu’elle a cueilli une fleur pour se souvenir. Elle est à Fontainebleau, pour revoir le musée chinois qu’elle a inauguré en grandes pompes en 1864.

Cinquante ans plus tôt, elle était sublime, noble, gracieuse, et surtout ces yeux bleus magnifiques qui ont fait chavirer les cœurs des français autant que celui de son mari Napoléon III.

A Fontainebleau, elle a connu les magnifiques bals parés que la Cour aimait donner. Avec un sourire, l’Impératrice déchue se souvient. Il a fallu plus de deux ans à Louis Napoléon Bonaparte pour qu’elle accepte enfin de l’épouser. C’est lors d’un séjour à Paris qu’elle a rencontré en 1849 à l’Elysée celui qui n’était encore que le Prince Président. Neveu de Napoléon Ier, il venait d’être élu Président de la République. La Cour n’était pas aveugle et savait bien l’Empereur amoureux, quand bien même il collectionnait les maîtresses. Certains la mettaient à ce niveau, notamment la femme d’un ministre qui l’a même traitée en public d’aventurière.

Prête à partir pour l’Espagne, elle a été retenue par celui qui entre temps est devenu Empereur des Français sous le nom de Napoléon III. Ils ont régné ensemble jusqu’à la défaite de 1870.

Contrainte à l’exil en Angleterre, elle y devient veuve. Et elle apprend l’indicible : la mort de son fils unique, lui qui a tant couru dans les allées de Fontainebleau. Juste avant, il a dit à sa mère «lorsqu’on appartient à une race de soldats ce n’est que par le fer qu’on se fait connaître !» et il est parti combattre en Afrique du Sud. Il y est mort tué par des zoulous. «C’était un lion» ont-ils dit en rendant son corps «parce que c’est l’animal le plus courageux que nous connaissions».

Eugénie quitte le château des souvenirs. Elle n’y reviendra plus jamais. Elle est mourra le 11 juillet 1920 à Madrid les yeux fixés sur le portrait de son fils. On peut n’être plus impératrice. On est à jamais une mère.»

Etienne Chilot «La dernière visite»


 Sous l’occupation…

« Les allemands commencent à déménager de Fontainebleau. Le soir, les bureaux de l’Aile Louis XV sont évacués (…) Je fais ouvrir les fenêtre de l’Aile Louis XV à cause d’explosions possibles (…) Dans la nuit, des nouvelles explosions ont lieux à 2 heures, 4 heures et 7 heures. Encore des carreaux cassés à l’Aile Louis XV, au théâtre (côté jardin) et dans le musée (côté étang) (…) A 10 heures, je fais hisser le pavillon national sur le Pavillon du Fer à Cheval.»

Extrait du journal d’Albert Bray, Conservateur du Palais de Fontainebleau
Fontainebleau sous l’Occupation

Pendant la seconde guerre mondiale (1939-1945)

Le château est emballé comme pour une période de longue absence…

La salle François Ier
La salle du trône
La chambre de la Reine
La chapelle

Mais on se sert de l’édifice, pour accueillir l’armée allemande.

La salle de bal devient le restaurant militaire :

La salle de bal

Mai 2022

Soirée d’inauguration de l’escalier en fer à cheval après deux ans de rénovation.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Fointainebleau-soiree-dinauguration-de-lescalier-en-fer-a-cheval-apres-2-ans-de-renovation..jpg.
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