Loading...
L'AlmanachL'EtiquetteLa Cour de FranceLa modeLe XVIIIème siècleMaison de la Reine

Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour

Aucune description disponible.
Jeanne-Antoinette de Pompadour

Le 29 décembre 1721

Naissance, à Paris, de Jeanne-Antoinette Poisson, fille de François Poisson, fils de tisserands, et Madeleine de La Motte qui appartient à une famille plus élevée. 

Le 30 décembre 1721

Baptême de Jeanne-Antoinette célébré à l’église Saint-Eustache:

« Du mercredi 30 décembre 1721, fut baptisée Jeanne-Antoinette Poisson, née d’hier, fille de François Poisson, écuyer de Son Altesse royale Monseigneur le duc d’Orléans, et de Louise-Madeleine de La Motte, son épouse, demeurant rue de Cléry… »

Elle a pour parrain, Jean Pâris de Montmartel (1690-1766), et à la nièce de ce dernier, Antoinette Justine Pâris, pour marraine.

Jean Pâris de Montmartel - 1.jpg
Jean Pâris de Montmartel

Le 15 mai 1724

Naissance de sa sœur, Françoise Louise Poisson, à Paris, rue Thévenot.

Son père, François Poisson, débute comme conducteur dans le service des vivres. Remarqué par les frères Pâris, des financiers liés à la famille de La Motte, il rend de grands services en Provence, au moment de la peste.

Pendant la disette de 1725

Chargé comme commissaire aux vivres du ravitaillement de Paris, François Poisson est accusé de trafics et ventes frauduleuses. Il est contraint de quitter le pays, et s’exile en Allemagne.

Le 18 février 1727

Naissance de son frère, Abel-François Poisson (1727-1781), à Paris. Il s’agit du futur marquis de Marigny.

Le 23 avril 1727

Une commission du Conseil déclare François Poisson débiteur pour la somme de 232 430 livres.

Le 12 août 1727

 Une sentence du Châtelet de Paris décide la séparation de biens avec son épouse, mais leur maison rue Saint-Marc est saisie.

Avant son départ, en 1727

François Poisson confie sa fille Jeanne-Antoinette au couvent des Ursulines à Poissy. Ce couvent est connu pour l’éducation des jeunes filles issues notamment de la bourgeoisie.

La santé de Jeanne-Antoinette est fragile. Mais elle souffre aussi moralement d’une double absence : celle de son père exilé, et celle de sa mère qui mène une vie pour le moins mouvementée. 

En janvier 1730

Madame Poisson reprend sa fille à Paris, rue Neuve des Bons-Enfants. Jeanne-Antoinette reçoit alors une éducation soignée et l’enseignement des arts d’agrément, tels que le dessin, la musique, la peinture, la gravure, la danse, les cours de chant et de déclamation. Dans ce cadre, elle découvre le salon littéraire de Madame de Tencin (1682-1749) , une amie de sa mère. C’est dans ce cercle que la jeune fille va apprendre l’art de la conversation et les valeurs de l’esprit.

Aved Tencin.jpg
Claudine Guérin de Tencin

Pendant l’éloignement de François Poisson

Sa femme Madeleine de La Motte, qu’on dit « belle à miracle », a entre autres amants le riche fermier général Charles François Paul Le Normant de Tournehem (1684-1751), célibataire et amateur d’art. L’infidélité notoire de Madeleine a fait naître l’hypothèse d’une liaison plus précoce avec Le Normant, d’où la suspicion que Jeanne-Antoinette soit leur fille naturelle.

Carlos Francisco Paul Le Normant de Tournehem.jpg
Charles François Paul Le Normant de Tournehem

Une légende raconte qu’à neuf ans, elle est allée consulter avec sa mère une voyante qui se serait exclamée « vous serez la maîtresse du Roi ». Toujours est-il lorsqu’on décachettera le testament de la marquise, on découvre qu’une dame Lebon, voyante parisienne, se voit allouer une pension de six cents livres par an.

Dès lors, sa famille la surnomme “ Reinette ” et sa mère lui rappelle bien souvent qu’elle est un morceau de Roi !

Jeanne Poisson, markýza de Pompadour — Česká televize
Image de Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis

La beauté de Jeanne-Antoinette et son esprit la font connaître et elle devient l’hôtesse des salons cultivés et mondains de Paris. Madame de Tencin la présente à Madame Geoffrin (1699-1777) et à sa fille la marquise de La Ferté-Imbault.

Lecture de l’Orphelin de la Chine de Voltaire, dans le salon de Madame Geoffrin en 1755 (1812) par Anicet-Charles Lemonnier

Le Normant de Tournehem est le tuteur légal des deux enfants de sa maîtresse, Jeanne-Antoinette et Abel-François. Il rapproche la première dès qu’elle a vingt ans à son neveu et héritier Charles-Guillaume Le Normant d’Étiolles (1717-1799), âgé de vingt-quatre ans.

Le 9 mars 1741

Jeanne-Antoinette Poisson épouse, à Saint-Eustache à Paris, Charles-Guillaume Le Normant d’Étiolles.

Charles le Normant du Coudray.jpg
Charles-Guillaume Le Normant d’Étiolles

La jeune Madame d’Etiolles donne des représentations intimes dans le petit théâtre qu’elle a fait construire dans son château d’Etiolles, à côté de Sénart où le couple s’installe.

Pompadour - La marquise de Pompadour Van_lo11
Jeanne-Antoinette par Van Loo

En décembre 1741

Jeanne-Antoinette donne naissance à un garçon qui ne vit pas, qu’on prénomme comme son père, Charles Guillaume Louis Le Normant d’Étiolles.

Durant l’été 1743

Le château d’Étiolles se situe dans la forêt royale et le Roi vient fréquemment chasser aux abords. Madame d’Étiolles a le droit statutairement d’assister à ces chasses en calèche et se fait accompagner par un des lieutenants de la vénerie royale qui l’informent précisément sur les passages du Roi pour qu’elle puisse attirer son attention. C’est au cours de l’une d’elles que Louis XV la remarque.

Pompadour - La marquise de Pompadour Etiole10
Le château d’Étiolles
1952 Fanfan la Tulipe
Jeanne-Antoinette en tenue de chasse sous les traits de Geneviève Page dans Fanfan la Tulipe (1952) de Christian-Jaque
Pompadour - La marquise de Pompadour Etiole11
Le château d’Étiolles

Le 10 août 1744

Naissance de sa fille, Alexandrine Le Normant d’Étiolles (1744-1754), au grand ravissement de son père persuadé que cette enfant sauvera son couple. Il fait dès lors fi des menaces proférées par sa femme en tête-à-tête : 

Je ne te trahirai jamais, sauf avec le Roi.

Jeanne-Antoinette d’Étiolles

Ces avertissements déclenchent malgré tout, pernicieusement, de fortes angoisses qu’il masque par son mécanisme de défense préféré, le rire. Jeanne-Antoinette plus déterminée que jamais, désire rencontrer Louis XV, accepte l’aide de son cousin, valet de chambre au service du Roi, qui l’informe des journées de chasse programmées en forêt de Sénart.Image de Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis

https://television.telerama.fr/sites/tr_master/files/sheet_media/media/cd39d656-ca01-4a2e-8edf-fe7437f0c2fb.jpg
Image de Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis

Ainsi donc croise-t-elle de plus en plus souvent le carrosse royal, se fait signaler à sa Majesté qui est subjuguée par la vision de la belle jeune femme.

Louis XV, le Bien-Aimé Portra10
Louis XV par Maurice Quentin de La Tour

Le Roi est, quant à lui, un homme séduisant, de stature imposante, de onze ans l’aîné de Reinette.

Le 23  février 1745

Le Dauphin Louis-Ferdinand épouse au château de Versailles  sa cousine l’infante Marie-Thérèse de Bourbon (1726-1746), deuxième fille de Philippe V et sœur de l’infant Philippe qui avait épousé, en 1739, Louise-Élisabeth (1727-1759), sa sœur aînée.

Voici comment est alors aménagée la Galerie des Glaces :

La Galerie des Glaces en 1745,
Restitution lors du mariage du Dauphin de France

( Texte de Christophe Duarte, Versailles Passion ; Les restitutions de Philippe Le Pareux de la Galerie des Glaces en 1745 lors du mariage du Dauphin permettent d’en considérer le faste )

Aucune description de photo disponible.
Restitution de Philippe Le Pareux
Aucune description de photo disponible.
Restitution de Philippe Le Pareux

Il s’agit de l’ameublement ordinaire : les torchères de 1695 (qui ne seront remplacées qu’en 1770), les huit tables couvertes de vases de porphyre, les tabourets recouverts de leur housse cramoisie, les rideaux verts, les bustes des douze Césars, auxquels s’ajoutent les cascades de lumière installées en plus dans les angles, telles que la gravure de Cochin permet de les voir.

Aucune description de photo disponible.
Restitution de Philippe Le Pareux

Les tapis dans le style de la galerie du Louvre et la cloison qui fermait l’arcade donnant sur le salon de la Paix terminent cette évocation.

Aucune description de photo disponible.
Restitution de Philippe Le Pareux

Dans les deux vues du Salon de la Guerre, la différence d’intensité d’éclairage est liée à l’éclairage surnuméraire dans la Galerie.

Aucune description de photo disponible.
Restitution de Philippe Le Pareux
Aucune description de photo disponible.
Restitution de Philippe Le Pareux

Cette modélisation rend compte de manière d’un aménagement “extra-ordinaire” de la galerie lors de fêtes.

Aucune description de photo disponible.
Restitution de Philippe Le Pareux

Tel est le décor de l’entrée en scène dans l’Histoire de Jeanne-Antoinette de Pompadour…

Le 25 février 1745

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles Passion)

LE BAL DES IFS - NOIR DE BOUGIE
Le Bal des Ifs

A sept heures du soir

Comme à l’accoutumé, il y a “soirée d’appartement” chez le Roi. Exceptionnellement, elle a lieu dans la Grande Galerie, où l’on a disposé, outre une grande quantité de table de jeux diverses et variées, une grande table rectangulaire destinée à la partie de lansquenet du Roi dans le centre de la Galerie et une autre table, ronde plus petite, devant la porte du Salon de la Paix, réservée au cavagnole de la Reine.

A neuf heures du soir

Le Grand Couvert a lieu comme les autres soirs. Puis chacun se retire chez soi afin de se préparer pour un bal masqué qui doit se dérouler toute la nuit.

Durant cet intermède, les services des Menus Plaisirs et du Garde meuble font disparaître les tables de jeux de la Galerie afin de la préparer pour le bal.

Aucune description de photo disponible.
Reconstitution du costume du Roi

Aucune invitation n’a été lancée : “On y entre, nous dit Barbier, sans distinction, en habit de masque à la main“. Néanmoins, il a été prévu des filtrages aux deux entrées de ce bal : une à l’escalier de Marbre et l’autre à celui de l’Escalier du salon d’Hercule. Des huissiers demandent qu’une personne des groupes qui rentrent se démasque, se nomma et nommait les autres personnes. La foule devient telle et la bousculade si forte que les huissiers abandonnent et laissent tout le monde entrer.

Il y a quatre grands buffets garnis de rafraîchissements de toutes sortes de vins, du saumon frais, des pâtés de truites, des poissons au bleu, des filets de sole et tout ce que l’on pouvait souhaiter la nuit d’un vendredi maigre. Les quantités sont si abondantes qu’on prétend que certains en fourrent plein leurs poches pour les revendre le lendemain au marché.

Peu avant minuit, la Reine apparaît, sans masque revêtue d’une robe constellée de bouquets de perles avec sur sa tête, le Sancy et le Régent, les deux plus beaux diamants de la Couronne. Elle accompagne le couple de mariés, le Dauphin costumé en jardinier et la Dauphine en marchande de fleurs.

Un quadrille débute le bal avec le Dauphin, non masqué menant la Dauphine, le duc et la duchesse de Chartres, Madame d’Andlau et Monsieur de Ségur, tous costumés en bergers et bergères, en robes à paniers enguirlandées de fleurs, une corbeille fleurie à la main, puis on va s’asseoir sur une estrade préparée à leur intention afin de s’amuser à regarder les masques. Mais Louis XV n’est toujours pas là.

La Dauphine, surprise par la liberté et l’aisance des manières de la Cour, accepte de danser avec un bel inconnu masqué, qui se déclare espagnol. Visiblement, il a l’allure d’un Grand d’Espagne et est au fait de tous les secrets de la Cour. Intriguée, elle veut savoir qui est le personnage, mais son danseur ne laisse rien paraître et disparaît brusquement. On apprend le lendemain qu’il ne s’agit que du simple cuisinier espagnol de Monsieur de Tessé. Tout Versailles fait les gorges chaudes et la Dauphine, qui ne sut pas tenir sa langue, est assez mortifiée.

Aucune description de photo disponible.

Un autre incident intervient au souper quand la princesse de Conti, fatiguée d’être restée debout, voulue s’asseoir sans trouver de sièges libres. Discrètement, elle se démasque, persuadée qu’en dévoilant son identité, elle trouvera aussitôt un siège mais personne ne se lève, feignant de ne pas reconnaître une princesse du sang. Furieuse, elle quitte le salon en déclarant haut et fort que de “sa vie qui est longue, elle n’avait vu des gens si malhonnêtes, il faut qu’on soit ici de bien mauvaise compagnie“.

C’est au moment où la Princesse quitte l’Œil-de-Bœuf que l’on peut assister à un surprenant spectacle : sept ifs exactement identiques, taillés en topiaires, s’avancent à la queue leu leu, tandis que la foule s’écarte pour les laisser passer. On a immédiatement deviné que le Roi se trouve parmi ces ifs.

C’est Louis XV qui, semble-t-il, a eu cette idée originale de déguisement, persuadé que personne ne pourrait le reconnaître.

Résultat de recherche d'images pour "Le bal des Ifs"

Beaucoup d’indiscrétions ont couru sur les liaisons du Roi avec une mystérieuse inconnue et l’on sait que “le mouchoir” va être jeté ce soir-là. Beaucoup de dames meurent d’envie d’être la maîtresse du Roi et ce bal est une chance inespérée pour toutes les prétendantes à la succession de la duchesse de Châteauroux décédée le 8 décembre précédent.

Madame d’Etiole, costumée en Diane chasseresse, parle à un if : le règne de Madame de Pompadour (1721-1764)  débute.

Ce fameux bal ne devait s’achever que le lendemain vers les huit heures du matin.

Le 28 février 1745

Au cours du bal offert à l’Hôtel de ville de Paris par le corps municipal, une nouvelle rencontre entre Madame d’Étiolles et Louis XV confirme l’intérêt que lui porte le Roi.

Fichier:Jean-Marc Nattier, Portrait de Louis XV (musée de l ...Louis XV (1745) par Jean-Marc Nattier

Jeanne-Antoinette devient une visiteuse régulière à Versailles.

Si Versailles m'était conté par Sacha Guitry - Page 2 Img00233
Micheline Presle est Madame de Pompadour dans Si Versailles m’était conté (1954) de Sacha GuitrySi Versailles m'était conté par Sacha Guitry - Page 2 Img00712

En mars 1745

Jeanne-Antoinette est faite marquise de Pompadour par le Roi.

En 1745

Madame de Pompadour apporte son soutien indéfectible à Voltaire (1694-1778)et réconcilie l’écrivain et Louis XV. Ce retour en grâce auprès du Roi, permet à Voltaire d’obtenir une charge d’historiographe.

François Marie Arouet dit Voltaire - LAROUSSE
François-Marie Arouet dit Voltaire

Elle elle fait venir à la Cour « Monsieur de Vandières », le jeune provincial, sans titre, sans terre et sans soutien qui s’y attire rapidement les bonnes grâces du Roi. Il s’agit de son frère Abel-François Poisson.

OoO Abel-François Poisson de Vandières marquis De Marigny OoO
Abel-François Poisson

Charles-Antoine Coypel (1694-1752),premier peintre du Roi, est chargé de former le goût du jeune Poisson de Vandières. Avec son aide, celui-ci a notamment à sélectionner des tableaux des collections royales afin de les exposer au palais du Luxembourg, créant ainsi le premier musée de France.

L’appartement de François Quesnay,
médecin de Madame de Pompadour

Issu d’une famille modeste, son père est un petit propriétaire terrien. François Quesnay (1694-1774) a onze frères et sœurs. A onze ans, il ne sait toujours pas lire. Il va alors apprendre avec son jardinier, ce qui va développer chez lui un goût pour la médecine et l’administration rurale. Dès 1711, il apprend le latin et le grec avec le Curé de son village.

Peut être une image de 1 personne
François Quesnay par Heinz Rieter

A treize ans, il se retrouve orphelin de père et décide de se consacrer à la chirurgie. Il étudie la médecine et devient, en 1718, Maître dans la communauté des chirurgiens de Paris. Il commence sa carrière à Mantes et devient Chirurgien Royal en 1723. En 1744, il obtient le titre de Docteur en médecine et devient médecin de Madame de Pompadour en 1749. Louis XV l’anoblit en 1752 à la suite de la guérison du Dauphin de la petite vérole.

Peut être une image de niveau et carte
Plan des entresols. L’Appartement est accolé aux entresols de Madame de Pompadour

En 1745, il obtient un appartement sur la Cour du Roi donnant sur l’Escalier d’Epernon. Il s’agit de deux petites pièces en enfilade et basses de plafonds. Cet appartement, fortement modifié, existe toujours.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Château de Versailles Christophe D.’
Rez-de-chaussée de l’Escalier d’Epernon. L’entrée de l’Appartement se situe au premier palier.

En 1764, il s’installe au Grand Commun dans un appartement plus confortable.

Le 11 mai 1745

Louis XV gagne la bataille de Fontenoy (1745) aux Pays-Bas autrichiens et Madame de Pompadour compose, à sa gloire, ce poème :

Il sait vaincre, il sait plaire
Et ce héros charmant
En amour, à la guerre
Triomphe également
En quittant son tonnerre
Il redevient amant

Pompadour - La marquise de Pompadour Img_1247
Poème autographe de Madame de Pompadour, à la gloire de Louis XV, vainqueur de Fontenoy (musée des lettres et manuscrits, Paris)

Le 24 juin 1745

Le Roi fait don à Madame d’Étiolles du domaine de Pompadour, acquis le 15 juin par la Couronne auprès du prince de Conti, le Roi relevant le titre tombé en déshérence faute d’héritier mâle la créant ainsi marquise, tandis que Jeanne-Antoinette obtient de son mari une séparation légale.

Le 10 septembre 1745

Louis XV installe Madame d’Étiolles au château de Versailles dans un appartement situé juste au-dessus du sien, relié par un escalier secret.

Le 14 septembre 1745

Madame de Pompadour est présentée au Roi sur les six heures. Il y a un monde prodigieux dans l’antichambre et la chambre du Roi, mais assez peu dans le cabinet. La conversation est courte et l’embarras très grand de part et d’autre.

Jeanne-Antoinette Poisson est officiellement présentée à la Cour comme Marquise de Pompadour par la princesse de Conti et la princesse d’Estrades.

Du mercredi 15 [septembre 1745] : madame de Luynes, […] croyant que la présentation de Madame d’Étioles serait faite dimanche ou lundi dernier, fut obligée de rester à Versailles jusqu’à sept heures ; elle voulut se trouver chez la Reine dans le moment de la présentation. Madame de Pompadour fut donc présentée au Roi sur les six heures. Il y avait un monde prodigieux dans l’antichambre et la chambre du Roi, mais assez peu dans le cabinet. La conversation fut fort courte et l’embarras très grand de part et d’autre. Madame la princesse de Conty avait avec elle sa dame d’honneur ; d’ailleurs il n’y avait avec elle que Madame de Lachau-Montauban et Madame d’Estrades. Il n’y avait pas moins de monde à la présentation chez la Reine ; et tout Paris était fort occupé de savoir ce que la Reine dirait à Madame de Pompadour. On avait conclu qu’elle ne pourrait lui parler que de son habit, ce qui est un sujet de conversation fort ordinaire aux dames quand elles n’ont rien à dire. La Reine instruite que Paris avait déjà arrangé sa conversation, crut, par cette raison-là même, devoir lui parler d’autre chose. Elle savait qu’elle connaissait beaucoup madame de Saissac. La Reine lui dit qu’elle avait vu madame de Saissac à Paris et qu’elle avait été fort aise de faire connaissance avec elle. Je ne sais si Madame de Pompadour entendit ce qu’elle lui disait, car la Reine parle assez bas ; mais elle profita de ce moment pour assurer la Reine de son respect et du désir qu’elle avait de lui plaire. La Reine parut assez contente du discours de Madame de Pompadour, et le public, attentif jusqu’aux moindres circonstances de cet entretien, a prétendu qu’il avait été fort long et qu’il avait été de douze phrases.”

Le duc de Luyne

L’appartement de Madame de Pompadour (1745 – 1750),
L’Appartement officiel des maîtresses de Louis XV

(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion

Cet appartement se trouve dans l’Attique surplombant le Grand Appartement du Roi, au second étage du corps central du château. Il se situe précisément au-dessus des Salons de Mercure et d’Apollon. On peut y accéder par l’Escalier d’Épernon ou l’escalier semi-circulaire.

Aucune description de photo disponible.
Plan actuel de l’Appartement de Madame de Pompadour

Les quatre pièces principales donnent directement sur le parterre du Nord.

Aucune description de photo disponible.
Première antichambre (1)

L’appartement a d’abord été habité, en 1743 et 1744, par la duchesse de Châteauroux, Marie-Anne de Mailly-Nesle, ainsi que par sa sœur, la duchesse de Lauraguais.

Madame de Pompadour va l’occuper de 1745 à 1750. A cette date, elle cesse peu à peu d’être sa maîtresse, tout en restant son amie, et quitte donc son appartement dédié aux amours pour s’installer au rez-de-chaussée du château, réservé normalement aux membres de la famille royale ou princes du sang.

Aucune description de photo disponible.
Deuxième antichambre (2)

On entre dans l’appartement par une garde-robe depuis laquelle on peut accéder à une chambre entresolée où dort madame du Hausset, la femme de chambre de la marquise.

Aucune description de photo disponible.
Le Grand Cabinet (3)

Aucune description de photo disponible.

L’antichambre et la chambre qui suit ne sont créées qu’en 1748, à l’emplacement d’une unique grande pièce qui était probablement le Grand Cabinet de Madame de Châteauroux.
Aucune description de photo disponible.
Petit cabinet (4)

La chambre à coucher a été installée en 1748 par Gabriel. Le lit est placé dans une alcôve, entourée de deux petits cabinets permettant un accès au lit par derrière.
Aucune description de photo disponible.
La chambre (5)Aucune description de photo disponible.Peut être une image de intérieur

Peut être une image de intérieurLa chambrePeut être une image de intérieur

La chambre de Madame de Pompadour possède un décor lambrissé comportant quatre grands panneaux et onze parcloses, dont six importantes flanquant les grands panneaux et les glaces.
Aucune description de photo disponible.
Photo d’Alain Roger-Ravily

APPARTEMENT DE LA MARQUISE DE POMPADOUR – Les Trésors de Versailles
La chambre

Un balcon disposé au-dessus de l’entablement de l’un des avant-corps de la façade permet d’admirer le jardin.
APPARTEMENT DE LA MARQUISE DE POMPADOUR – Les Trésors de Versailles
La chambre

La cheminée en Campan mélangé à piédroit cannelés et à console à arc chantourné et tablette droite constitue la plus belle cheminée livrée pour Madame de Châteauroux.
En vis-à-vis de la cheminée, sous un trumeau de glace, se trouve la commode en laque rouge.
Versailles Intime, Les appartements privés du Roi @ Château de Versailles |  zest for art - Blog art, culture et patrimoine
La chambre
Appartement de Madame de Pompadour | Chambre | Eos Clio | Flickr | Home,  Interior, Home decor

Il y a également eu deux antichambres qui ont aujourd’hui disparu : l’une des deux constituait alors une salle à manger.
Aucune description de photo disponible.
Garde-robe aux habits (9)

Aucune description de photo disponible.
Couloir (6)

Aucune description de photo disponible.
Chambre de Madame du Hausset (10)

L’appartement possède enfin un cabinet des bains et une chaise percée.
Aucune description de photo disponible.
Ancien Cabinet des bains (11)

Aucune description de photo disponible.
Le cabinet de la chaise (7)

Aucune description de photo disponible.
Pièce de service (8)


(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )
En 1748, alors que Madame de Pompadour est en pleine gloire, elle se fait réaménager son appartement à l’Attique, au-dessus du Grand Appartement du Roi.
Peut être une image de ‎texte qui dit ’‎Escalier Escaliersemi semí circulaire Supprement bibilotheque habits دA Cahiret COUR Salon de com compagnie 20 DES CERFS Appartement de Mme de Hausset (1ere femme de chambre) Appartem Madam Pompat Antichambre Chambre‎’‎
Situation de la chambre de Madame du Hausset

Comme tous les grands personnages de la Cour, Madame de Pompadour a à son service des domestiques et des femmes de chambre.
Peut être une image de intérieur
Escalier menant à la chambre de Madame du Hausset Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’3 Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05 avril2026 2026’

Seul vestige de ce dédale d’entresol dans le Versailles d’aujourd’hui, la chambre de Madame du Hausset, célèbre femme de chambre de Madame de Pompadour pour ses mémoires, présente ce qu’était ces petites pièces au XVIIIe siècle.
Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05 avril2026 2026’
Chambre de Madame du Hausset Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05avril2 2026’

Le mobilier est une reconstitution de ce qu’était cette pièce au siècle des lumières et la paillasse provient de Fontainebleau du règne de Napoléon III.
Peut être une image de ‎intérieur et ‎texte qui dit ’‎د Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05 avril 2026‎’‎‎
Chambre de Madame du Hausset

Peut être une image de chambre et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05 avril 2026’
Chambre de Madame du Hausset

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe Vr D. Versailles 05 toril 2026’
“Paillasse” de la domestique de Madame du Hausset

 Le 14 septembre 1745

La présentation officielle de la nouvelle favorite a lieu à Versailles. Cela nécessite une princesse de sang. Pour cette cérémonie très protocolaire, la princesse de Conti accepte d’être la marraine de Jeanne-Antoinette, en échange de l’extinction de ses dettes.
Doctor Who- The Girl in the Fireplace (2006)
Jessica Atkins est Madame de Pompadour dans un épisode de la série Doctor Who : The Girl in the Fireplace  (2006)This 18th-c. gown has been in multiple costume dramas!

Louis XV, le Bien-Aimé - Page 3 Louis_10
Louis XV par Maurice Quentin de La Tour

Le boudoir de Madame de Pompadour…
Dans l’intimité de la Marquise
Aucune description de photo disponible.

On accède à cette pièce après avoir traversé tout l’Appartement de la Marquise, situé au nord, au-dessus du Grand Appartement du Roi.
Peut être une image de niveau

Cette pièce, d’une superficie de 13m², aux lambris droit à grands panneaux, accompagnent une petite cheminée à tablette droite, simple modénature, en marbre de Campan. Elle fut installée en mars 1743 lorsque Madame de Châteauroux, maitresse de Louis XV, occupait cet appartement.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image-5-1024x678.png.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image-6-678x1024.png.
Aucune description de photo disponible.

Lors de la restauration et la réouverture de cet appartement en 2002, y ont trouvé place trois fauteuils en cabriolet, dont une paire (l’un estampillé Tilliard) a été rechampie en gris vert pour s’harmoniser aux couleurs dominantes du troisième, probablement méridional, relevé de couleurs naturelles et conçu pour être couvert à lacet.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image-8-1024x678.png.

Sur la cheminée, on peut voir une pendule à l’éléphant au mouvement de Jean-Baptiste Baillon, dont le cadran est signé et daté au revers par l’émailleur Martinière en 1742.
Peut être une image de texte qui dit ’I VIII BAILLO BAILLON Versailles Passion Christophe D. Château de Versailles 15 novembre 2020’

Aucune description de photo disponible.

La fontaine à parfum en porcelaine de Meissen, sur la console, est réputée provenir du Château de Bellevue. Cette console porte à la ceinture une tour qui est la pièce d’armes du blason de la marquise. Elle fut acquise en 1960 et a rejoint la petite table-écran d’acajou qui porte une marque de Versailles et fut achetée pour le musée en 1950.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est image-4-678x1024.png.

Un rouet, dont les bronzes sont marqués au C couronné, a pu trouver place sur une petite table plaquée de bois de violette également acquise par l’État en 1992 : elle avait été livrée par Antoine Gaudreau pour l’Appartement de Mesdames Adélaïde et Henriette en 1746.
Aucune description de photo disponible.

Le meuble le plus Pompadour du cabinet intérieur reste assurément le secrétaire en pente estampillé de Carel et qui avait été livré par le Garde-Meuble de la Couronne en aout 1748 pour la Chambre à coucher de la Marquise au château de La Muette.
Aucune description de photo disponible.

Des deux tableaux que l’on peut voir dans cette pièce, l’un est le portrait du frère de la Marquise, le jeune Abel François Poisson de Vandière, futur Marquis de Marigny peint par Jean-François De Troy en 1750.
Portrait de M. Abel-François Poisson de Vandières, marquis de Marigny,  directeur Général des Bâtiments du Roi (1727-1781)
Abel François Poisson de Vandière, futur Marquis de Marigny par Jean-François De Troy

L’autre est une allégorie représentant Diane et Callisto peinte par Noel Halle en 1754 pour les Appartements de Louis XV et de la favorite au Grand Trianon.
Peut être une image de lustre
Diane et Callisto par Noël Halle

Le secrétaire en pente de Madame de Pompadour, de Jacques-Philippe Carel, 1748
Ce secrétaire est livré pour la chambre de Madame de Pompadour au Château de La Muette en 1748.
Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais -
Le secrétaire en pente de Madame de Pompadour

Il a la caisse légèrement galbée en élévation sur les quatre faces et ouvre à deux tiroirs en façade. La ceinture festonnée offre deux lobes latéraux assurant la liaison avec les pieds cambrés.
Il est composé d’une tablette basse, une tablette haute, deux corps latéraux de deux tiroirs et le coffre central.
Peut être une image de mobilier et menuiserie
Le secrétaire en pente de Madame de Pompadour

Le tiroir inférieur droit, contenant l’écritoire, doit être retiré pour actionner une languette qui permet de débloquer la trappe du casier secret.
A l’intérieur, les façades des tiroirs offrent des guirlandes de feuilles d’amarante sur fond de bois satiné.
Peut être une image de menuiserie
Le secrétaire en pente de Madame de Pompadour

Livré en août 1748 au Château de La Muette, il est envoyé en 1786 au château de Saint-Cloud. Acheté en vente publique le 26 juin 1992, lot 167,il est aujourd’hui placé dans le boudoir de l’appartement de Madame de Pompadour.
2006 Jeanne Poisson, marquise de Pompadour
Hélène de Fougerolles incarne Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis, Vincent Pérez est Louis XV
2006 Jeanne Poisson, marquise de Pompadour

Madame de Pompadour s’efforce d’être pour le Roi une amie et une thérapeute, une présence aimante, toujours enjouée (en apparence) et consolatrice qui lui offre le délassement, l’oubli de ses problèmes.
2003 Fanfan la Tulipe
Hélène de Fougerolles avait déjà incarné Jeanne-Antoinette, dans Fanfan la Tulipe (2003) de par Gérard Krawczyk, Vincent Pérez y occupait le rôle titre avant d’être le Louis XV de la série dédiée à la Marquise…

Mais la marquise de Pompadour est détestée par le jeune Dauphin qui, avec ses sœurs, l’appelle par ironie et irrévérence Maman Putain.
2009 Louis XV, le Soleil noir
 Romane Portail est Jeanne-Antoinette de Pompadour dans Louis XV, le Soleil noir (2009) de Thierry Binisti2009 Louis XV, le Soleil noir

Le 25 décembre 1745
Madeleine Poisson (1705-1745), âgée de quarante ans, atteinte d’un cancer depuis plusieurs années, s’éteint.
Fichier:Joseph Ducreux, Portrait d'une femme âgée, dit à tort de Mme  Poisson (années 1780).jpg — Wikipédia
Madeleine Poisson

Le 2 mai 1746
Voltaire est élu à l’Académie française.
1933 Voltaire
Doris Kenyon est Jeanne-Antoinette dans Voltaire (1933) de John G. Adolfi

Le 21 mai 1746
Louis XV, espérant réconforter sa maîtresse, lui offre sa première résidence personnelle. Il achète pour la somme de 750,000 livres à Louis-Alexandre Verjus, marquis de Crécy, son château pour l’offrir à Madame de Pompadour.
Résultat de recherche d'images pour "château de Crécy"Le château de Crécy
Le Château de Crécy et le Moulin de la Bellassiere,
Le domaine des amours de Louis XV et de Madame de Pompadour
( texte et images de Christophe Duarte ; Versailles – passion )
Peut être une image de monument et plein air
Le château de Crécy

Un premier château fut vraisemblablement bâti à Couvé au début du XIIIe siècle, composé en partie d’un corps de logis dominant la vallée de la Blaise et flanqué d’un épais donjon. Les soubassements de ces deux bâtiments sont maintenus par un mur encore en partie visible à gauche du chemin descendant vers la vallée, et passant à côté du chœur de l’église actuelle, à l’emplacement de laquelle fut édifiée à cette époque la chapelle du château. Dans la seconde moitié du XVe siècle est mentionné un moulin. Adossé à cet enclos, le village de Couvé n’était composé que de quelques modestes chaumières.
Peut être une image de texte qui dit ’Côté jardin 5 8 7 11 10 Côté cour DISTRIBUTION DU REZ DE CHAUSSEE DU CHATEAU DE CRECY Au temps de Mme de Pompadour Franck Devedjian, octobre 2016. 0 Escaliers 1 Vestibule (50 m²) 2 Salon ou salle nanger en stuc 100 m²) 3 Antichambre (45 m²) 4 Chambre (45 m²) 5 Cabinet d'assemblée (130 m²) 6 Antichambre de Louis XV (45 m²) Chambre de Louis XV (45 m²) 8 Cabinet de Louis XV "Antichambre de dégagement" 10 Cabinet bibliothèque de Mme de Pompadour 11 Chambre de Mme de Pompadour Emplacements des murs supposés’
Plan du rez-de-chaussée du château de Crécy

Vers 1730, le Marquis de Crécy Louis-Alexandre Verjus, fils de Louis de Verjus Comte de Crécy, abat l’antique château féodal familial, acquiert de nombreux terrains, et projette les plans d’un nouveau château, de style italien, sans toit apparent. Les architectes décident de construire une vaste terrasse, maintenue par un mur de près de 500 mètres de long, destinée à recevoir le futur château et ses jardins dominant la vallée. En même temps, le Marquis Louis-Alexandre Verjus entreprend la canalisation de la vallée de la Blaise sur près de trois kilomètres. Tous ces travaux onéreux le ruinèrent, et il revend son domaine en 1746 à Madame de Pompadour.
Peut être une image de nature, arbre, étendue d’eau et texte qui dit ’T Versailles Passion- Christophe D. Moulin Bellassiere 26s20 septembre’
Le château de Crécy

Pleine de projets, elle agrandit considérablement le château et le décore magnifiquement, redessine les jardins et finit d’aménager la vallée de la Blaise. Elle fait creuser en face du château un long bassin nommé “Le Miroir”. Elle pourra ainsi accueillir dignement, dans sa première demeure, Louis XV qui y viendra vingt-trois fois de 1746 à 1755.
Peut être une image de mobilier et intérieur
Le château de Crécy

Les deux extrémités du domaine sont fermées par deux édifices : au nord, le petit château d’Aunay acheté par Louis XV en 1747, et au sud, par le moulin existant, complété d’une façade aveugle classique, nommé “La Bellassière”, qui sert de buanderie et d’orangerie l’hiver. L’ancien potager dit d’”en-haut”, et le nouveau, créé au pied du château, dit d’”en-bas”, alimentent la seigneurie de Crécy et le village de Couvé.
Aucune description de photo disponible.
Le château de Crécy

L’alimentation en eau et sa distribution, tant du château que du village, est assurée par une machine hydraulique, très novatrice pour l’époque, réalisée par l’ingénieur Antoine Deparcieux en 1751, qui écrit dans ses Mémoires : “Madame la Marquise de Pompadour désirant avoir de l’eau à son château de Créci, beaucoup moins pour y faire des embellissemens que pour prévenir ou pour parer les accidens qui pouvoient arriver pendant les séjours que le Roi y fait, plusieurs personnes présentèrent des projets à cet effet, qui exigeant de trop grandes dépenses, ou ne pouvant pas fournir une quantité d’eau suffisante, furent rejetées”. Grâce à ce dispositif, les bassins et citernes sont généreusement remplis.
Madame de Pompadour acquiert par ailleurs de nombreux terrains et bâtiments dans les environs de Crécy, créant ainsi le domaine de Crécy, élevé au rang de marquisat.
Peut être une image de plein air et texte qui dit ’Versailles Passion- Christophe D. Moulin Bellassiere septembre’
Le château de Crécy

En 1751, pour l’aménagement du château, elle fait réaliser des tapisseries par la Manufacture des Gobelins qui correspondent aux thèmes des sculptures ornant sa laiterie dans les années 1750.
Peut être une image de plein air et texte qui dit ’Versailles VeaillesCs Passion- Christophe Moulin Bellassiere septembre’
Le château de Crécy

Le Roi ne venant plus à Crécy à partir de 1755, et les finances allouées étant considérablement réduites, Madame de Pompadour est contrainte de vendre son “cher Crécy” en 1757 à Louis-Jean-Marie de Bourbon, Duc de Penthièvre. Il le revendra à son tour en 1775 au Prince de Montmorençy.
Survient la Révolution. La veuve du Prince de Montmorency émigre en 1791 et son château est saisi, puis revendu comme bien national à un américain, Daniel Parker. Il le démolit, et en revend les éléments de valeur les plus intéressants. Le reste servira de carrière de pierre.
Peut être une image de arbre, plein air et mur de briques
Le château de Crécy

Depuis la terrasse du Château, Madame de Pompadour pouvait observer la vallée de la Balise et le canal qui à son extrémité nord était fermé par le manoir d’Aunay et au sud par le moulin.
Ayant une vraie vision paysagère, elle fit apposer en 1750 une incroyable façade aveugle en harmonie avec la façade du Château.
Profitant de la présence de l’eau de la Blaise qui passe sous les fondations du moulin pour alimenter le canal de la Bellassière, elle transforma l’usage de ce moulin qui perdit sa vocation de moulin à blé pour devenir la buanderie et le jardin d’hiver du château.
Peut être une image de plein air, arbre, mur de briques et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Moulin de Bellassiere 26 septembre 2020’
Le château de Crécy

Dès son installation à la Cour, Jeanne-Antoinette devient mécène des artistes, disposant à volonté de crédits illimités octroyés par le Roi, engloutissant des montants astronomiques et sa fortune personnelle dans l’achat d’œuvres d’art, de pièces uniques, réalisées sur commande par des Maîtres – Pigalle, Adam, Van Loo, Boucher, Verberckt… –, ces joyaux étant répartis dans des demeures acquises, transformées et revendues aussitôt !
Pompadour - La marquise de Pompadour Pompad10
Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, en diane chasseresse
Par Jean-Marc Nattier, 1746

Le 22 juillet 1746
La Dauphine, née infante, Marie-Thérèse de Bourbon (1726-1746) meurt, à Versailles. Son époux en éprouve un chagrin extrême.
Description de cette image, également commentée ci-après
L’infante Marie-Thérèse de Bourbon (1726-1746)

L’influence politique de Madame de Pompadour croît au point qu’elle favorise le mariage hautement diplomatique entre Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767) et le Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765).
Le 9 février 1747
Résultat de recherche d'images pour "Mariage du Dauphin et Marie-Josèphe de Saxe"

Le Dauphin Louis-Ferdinand de France épouse contre son gré à Versailles Marie-Josèphe de Saxe, qui lui est imposée par une femme qu’il déteste.
Le dauphin Louis (1729-65), fils de Louis XV, père de Louis XVI, Louis XVIII, et Charles X, par François-Hubert Drouais (Madrid, Prado)     Louis Ferdinand de France, dauphin de...
Louis-Ferdinand 

Marie-Josèphe de Saxe, Dauphine de France (1731-1767) de Anne Baptiste  Nivelon - Reproduction d'art haut de gamme
et  Marie-Josèphe de Saxe

Très proche de leur mère, la Reine Marie Leszczyńska (1703-1768), le Dauphin Louis-Ferdinand et ses sœurs souffrent avec elle des adultères du Roi, de la rigidité du protocole, de la bassesse des courtisans.
Résultat de recherche d'images pour "marie leczinska"
Charlotte de Turckheim incarne Marie Leszczyńska dans Jeanne Poisson, Marquise de Pompadour (2006), de Robin Davis,

Quant à la nouvelle Dauphine, intelligente, elle a rapidement compris que son intérêt est de soutenir son époux dans sa lutte contre la favorite, à qui elle doit pourtant son mariage.
L’ascension sociale de la marquise de Pompadour lui vaut d’être critiquée par des pamphlets injurieux, appelés « poissonnades ».
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est tumblr_nt74tgdQ3M1qiu1coo2_500.jpg.
Louis XV (1748) par Louis-Michel van Loo

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 8c6a8810
Chambre de la marquise de Pompadour au rez-de-chaussé qui sera celle de Madame Adélaïde

Louis XV, roi de France, âgé de 37 ans, pendant la campagne de Flandres de 1747, par Carle Van Loo
Louis XV, pendant la campagne de Flandres de 1747, par Carle Van Loo

En 1748
Le Théâtre des Cabinets (1748 – 1749),
Quand l’Escalier des Ambassadeurs se donne en spectacle…
( Texte de Christophe Duarte – Versailles passion ; Source photos : “Architecture de théâtre à Versailles” )
L’Escalier des Ambassadeurs, conçu en 1674, pour conduite au Grand Appartement de Louis XIV, on décide d’utiliser ce volume pour y établir un théâtre.
Aucune description de photo disponible.
L’Escalier des Ambassadeurs

Afin qu’il soit démontable, une utilise une construction légère faite de bois et garnie de toiles.
Aucune description de photo disponible.
Maquette du Théâtre des cabinets

Il se compose de quatre espaces : le vestibule pour l’accueil du Roi et du public, la salle avec l’amphithéâtre, la scène et les loges pour les acteurs.
La salle, en forme de trapèze, est enveloppée d’une haute cloison structurée par seize pilastres ioniques à chapiteaux dorés et une balustrade surmontée de huit groupes d’enfants. Six larges panneaux tendus de damas bleu enrichi de grands cartels.
Aucune description de photo disponible.
Maquette du Théâtre des cabinets

Sur le devant de la salle, s’étend l’amphithéâtre royal et les balcons, bordés d’un garde-corps. Par effet de contracte, les parquets sont revêtus d’une moquette à fleurs rouges.
Aucune description de photo disponible.
Maquette du Théâtre des cabinets

A la fin de l’année 1749, la salle est augmentée d’un second niveau des balcons.
Au début de l’année 1750, le théâtre ayant déjà été démonté à deux reprises afin de restituer l’intégralité du Grand Escalier à l’occasion de cérémonies, on commence à craindre pour la préservation des peintures murales de Louis XIV.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 2NGC_.41953_o2_0.jpg.
La Marquise de Pompadour dans une scène d’Acis et Galatée. Charles Nicolas Cochin (1749)

A l’automne 1750, le théâtre est définitivement supprimé.
En février 1748
La marquise acquiert le château de Celle, à quelques kilomètres de Versailles, pour la somme de 260 000 livres. Elle donne au lieu le nom de « petit château de La Celle-Saint-Cloud ».
Résultat de recherche d'images pour "château de Celle"
Le « petit château de La Celle-Saint-Cloud »
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Pompad16
Dessin de François Guérin, où Jean-Antoinette pose avec sa fille

En 1749
Maurepas (1701-1781), secrétaire d’Etat à la Marine, est disgracié et exilé à quarante lieues (environ 160 km) de Paris pour avoir répété les libelles répandus contre la marquise de Pompadour.
La Reine et le Dauphin, appuyés par les milieux dévots, pressent le Roi de faire cesser cette relation adultérine notoire et finissent par le faire céder après de nombreuses années de résistance. Cependant, bien que la marquise de Pompadour cesse de partager l’intimité du roi, sa carrière connaît une nouvelle promotion : elle obtient le privilège royal de loger dans l’appartement du duc et de la duchesse de Penthièvre au rez-de-chaussée du corps central du château de Versailles alors que Mesdames les filles du Roi le convoitent.
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 62263010
Alexandrine Le Normant d’Étiolles jouant avec un Chardonneret, attribué à François Boucher

En 1749, Alexandrine est mise au couvent des Dames de l’Assomption, rue Saint-Honoré à Paris, où sont élevées les filles de la plus haute noblesse. Elle montre des dispositions précoces et fait de bonnes études. Toujours ambitieuse, sa mère la fait régulièrement venir auprès d’elle pour la montrer à la Cour. 
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 194697.
De gauche à droite :Mesdames Sophie, Victoire et Louise, par Drouais

Le château de Bellevue
( texte et photographies de Christophe Duarte – Versailles-passion )
Madame de Pompadour revend le château à Louis XV le 22 juin 1757 pour la somme de 325 000 livres. Ce dernier fait remanier la distribution et le décor intérieur sous la direction d’Ange-Jacques Gabriel. Celui-ci construit en 1767 deux ailes en retour en rez-de-chaussée, absorbées en 1773 dans une extension qui les relie au bâtiment principal.
Chateau de Bellevue, one of Pompadour's exquisite retreats. Gone ...
Le château de Bellevue

Au décès de Louis XV, en 1774, le château est attribué par Louis XVI et Marie-Antoinette aux filles du Roi défunt, et tantes du nouveau monarque, Mesdames Adélaïde, Sophie et Victoire. Bien que logeant principalement au Château de Versailles, eu égard à leur obligations à la Cour, Mesdames viennent à Bellevue se délasser des rigueurs de l’étiquette. Celles-ci font transformer le décor intérieur par Richard Mique et font agrandir les jardins vers le Sud.
Aucune description de photo disponible.
Reconstitution 3D du Château de Bellevue en 1757

Aucune description de photo disponible.
Porte et porte feinte de Bellevue ( aujourd’hui au Louvre )Aucune description de photo disponible.

Peut être une image de 1 personne
Quatre candélabres en bronze doré pour le Grand Salon de Bellevue

Aucune description de photo disponible.
Fauteuil à la Reine provenant de Bellevue

Le château est vendu à M. Testu-Brissy, qui le fait abattre.
François Boucher 'Madame de Pompadour, Hand on Clavier Keyboard' circa 1750  | I ) A Pintura Francesa no Século XVIII : Boucher, Fragonard e Chardin. |  Marquis…
Madame de Pompadour, la main sur le clavier du clavecin (1750 ?) par François Boucher

Entre décembre 1749 et septembre 1751
Grâce aux lettres de recommandation fournies par sa sœur, Abel-François Poisson séjourne ensuite en Italie pendant vingt-cinq mois, d’abord à l’Académie de France à Rome, au palais Mancini, via del Corso, avant de parfaire sa formation en faisant le voyage en Italie, avec le graveur Charles-Nicolas Cochin (1715-1790), l’architecte Jacques-Germain Soufflot (1713-1780) et le critique d’art l’abbé Leblanc (1707-1781). Ce voyage a d’importantes répercussions sur l’évolution des arts et du goût en France.
En 1750
Fondation de l’École militaire, institution d’enseignement supérieur militaire fondée par Louis XV. C’est également l’ensemble de bâtiments construits pour la recevoir à Paris. Construit au XVIIIe siècle par l’architecte du Roi Ange-Jacques Gabriel (1698-1782).
L'Ecole Militaire à Paris
L’Ecole Militaire

Une operation sous haute surveillance : L'ecole Militaire a Paris
L’Ecole Militaire

Après 1750
Cependant, après les merveilleuses années passées dans l’attique au dessus de chez le Roi, apparaît la pierre d’achoppement de leur relation affective : Jeanne- Antoinette, qui a connu une trêve provenant de son état amoureux, voit réapparaître sa frigidité. Cette résurgence névrotique la plonge dans une réelle inquiétude :
 Je suis troublée de la crainte de perdre le cœur du Roi en cessant de lui être agréable. Les hommes mettent, comme vous le pouvez savoir, beaucoup de prix à certaines choses et j’ai le malheur d’être de tempérament très froid…
Cette reviviscence est provoquée, en fait, par l’instabilité amoureuse de Louis XV. Il apparaît au grand jour qu’il commence à se lasser de la favorite, attiré par de toutes jeunes demoiselles à qui il ne révèle que rarement sa véritable identité.
Si les relations entre le Roi et sa favorite prennent un tour platonique, voire simplement amical, Jeanne-Antoinette ne quitte pas la Cour pour autant et reste dans l’entourage immédiat de la famille royale, alignant sa conduite sur celle qu’avait eue en son temps la marquise de Maintenon (1635-1719). Madame de Pompadour excelle en effet à distraire Louis XV, lui fait découvrir les arts, organise des fêtes, des représentations théâtrales, entretient le goût du souverain pour les bâtiments et les jardins, multiplie ses résidences hors de Versailles. Ce qui explique qu’après avoir été pendant cinq ans sa maîtresse, elle reste la favorite en titre.
Jeanne-Antoinette de Pompadour ne contente plus la sensualité du Roi et elle craint d’être supplantée par une dame de la Cour. Ce rôle dont elle ne peut s’acquitter, Madame de Pompadour le délègue obscurément à des subordonnées. Des jeunes femmes ou jeunes filles, sont donc présentées au souverain et logées dans la maison du Parc-aux-cerfs, l’actuel quartier Saint-Louis, à Versailles
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Captu280
Estampe gravée par Madame de Pompadour d’après Guay, graveur du Roi

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Buste_10
Buste de Madame de Pompadour (1751) par J-B Pigalle

Le Parc-aux-Cerfs
 “Le Roi se fait livrer des petites filles“, notamment par Madame de Pompadour, qui trouve ce moyen pour garder les faveurs du souverain.
Il les installe dans le Parc-aux-Cerfs, un pavillon un peu éloigné du château de Versailles.
Le Parc aux Cerfs, the Gateway to the 'R - French School en ...
Le Parc-aux-cerfs dans les années 1780

On désigne par le terme de « petite maîtresse » ses maîtresses qui ne sont pas présentées à la Cour et qui, contrairement aux maîtresses officielles, ne disposent pas d’un appartement au château. Généralement recrutées par les valets de chambre du Roi dans les milieux de la galanterie ou de la petite bourgeoisie parisienne, elles sont, quand leur liaison avec le souverain ne se limite pas à une nuit, logées dans des maisons acquises par des prête-noms pour le compte du Roi dans le quartier du Parc-aux-cerfs à Versailles.
Il s’agit de jeunes filles de petite noblesse, voire des ouvrières âgées d’une quinzaine d’années, dit-on aujourd’hui, qui y vivent et sont entretenues pour être à disposition du Roi. Aucun des enfants n’est reconnu, et les filles sont vite envoyées se marier en province.
Louis XV ne semble pas effarouché par la jeunesse de ses “maîtresses”, comme Marie Louise O’Murphy (1737-1814), qui est sa maîtresse entre ses quatorze et ses dix-sept ans, de 1752 à 1755 : elle a un enfant de lui à seize ans : Adélaïde de Saint-André (1754-1774).
Ruhendes Mädchen Boucher Alte Pinakothek Munich.jpg
Marie-Louise O’Murphy (1752) par François Boucher

Cela vaudra à madame de Pompadour cette épitaphe :
Ci-gît qui fut vingt ans pucelle,
Quinze ans catin, et sept ans maquerelle. “

Les Mémoires secrets 
Si Jeanne-Antoinette de Pompadour donne l’impression de ne pas souffrir de ces trahisons, il n’empêche qu’elle se ronge intérieurement, malade de jalousie, désirant être et rester la seule et unique détentrice d’un certain pouvoir de séduction.
En juin 1750
Giacomo Casanova (1725-1798) arrive à Paris. Ce sont ses parents qui ont réussi à les intégrer dans le cercle très fermé des comédiens italiens alors en tournée à Paris.
Anton Raphael Mengs ? Ritratto giovanile di Giacomo Casanova | Toile  imprimée, Les arts, Huile sur toile
Giacomo Casanova

Casanova rencontre Madame de Pompadour lorsqu’il se rend à Versailles, elle lui demande alors :
«De Venise? Vous venez vraiment de là-bas? »
Et Casanova:
« Venise n’est pas là-bas, madame, mais là-haut.»
Cette réflexion insolente (dont la marquise se souviendra en 1756, lorsqu’il sortira de la prison des Plombs par les toits) frappe les spectateurs.
Giacomo Casanova nell'arte, al cinema a teatro - Corriere.it
Casanova sous les traits de Stefano Accorsi dans Le Jeune Casanova (2002) , téléfilm de Giacomo Battiato
Il giovane Casanova (film tv)- puntata 2 (II parte) - Video Dailymotion

Il Giovane Casanova (2002) - Programma (2002) - Foto Katja Flint, Stefano  Accorsi | iVID.it - Galleria Fotografica dei film, dei personaggi, delle  serie TV
Stefano Accorsi et Katja Flint (Madame de Pompadour)

En mai 1751
Pourtant, en aucun cas, Madame de Pompadour ne perd de sa superbe, intervenant comme auparavant dans les affaires ministérielles, allouant privilèges et avancements selon son bon gré et continuant à conseiller le Roi sur l’oreiller de sa couche, tout en s’en défendant âprement, persuadant son amant que lui seul est maître à bord. Hors de sa présence, elle développe une attitude de plus en plus mégalomaniaque, complotant contre ses opposants qu’elle s’arrange pour faire ensuite renvoyer de la Cour et exiler.
Les rendez-vous ministériels se déroulent dès lors dans la chambre de la marquise, pièce qu’elle ne quitte pratiquement plus, rejetant la moindre nourriture.
Puis, faisant suite aux problèmes financiers de l’État, Madame de Pompadour doit vendre presque l’ensemble de ses propriétés et bijoux afin de mener à terme son projet d’école militaire.
Alain Laudet

Le lieu du pouvoir : l’appartement de Madame de Pompadour
(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion
Aucune description de photo disponible.
Plan de l’Appartement du Rez-de-chaussée de Madame de Pompadour en 1750

En mai 1751, la faveur éclatante de la marquise de Pompadour se mesure à son installation dans l’appartement princier du rez-de-chaussée, sous les salons du Grand Appartement du Roi, occupé jusqu’alors par le duc de Penthièvre, fils illégitime de Louis XIV.
Aucune description de photo disponible.
Plan des entresols de l’Appartement du Rez-de-chaussée de Madame de Pompadour en 1750

Cet appartement sera occupé pendant quatorze ans par la Marquise et est largement éclairé par neuf fenêtres sur le Parterre du Nord.
La salle des Hoquetons – Les Trésors de Versailles
Etat actuel de la Salle des Hoquetons. Cette salle était divisée en deux pour comporter la première antichambre et la salle à manger de la Marquise de Pompadour
La salle des Hoquetons – Les Trésors de Versailles

En tournant à droite au pied de l’Escalier dit de “Madame Adélaïde”, on accède à une première antichambre. S’ensuit une belle enfilade de quatre pièces s’étendant sous les Salons de Vénus, de Diane et de Mars, et comprenant une Seconde antichambre, un Grand Cabinet, un Chambre et un Cabinet Intérieur.
Aucune description de photo disponible.
Grand Cabinet de Madame de PompadourAucune description de photo disponible.

Au revers de cette dernière petite pièce se trouve un petit Boudoir, tandis qu’un appartement des bains prend jour sur la Cour du Roi, juste derrière la Chambre.
LA CHAMBRE DE MADAME ADELAIDE – Les Trésors de Versailles
Actuelle chambre de Madame Adélaïde qui fut celle de Madame de PompadourLA CHAMBRE DE MADAME ADELAIDE – Les Trésors de Versailles

Comportant un entresol qui permet de loger le service, la première antichambre est chauffée par un poêle placé contre le mur Est.
La seconde Antichambre est intégralement boisée et comprend une cheminée sur le mur ouest en marbre du Languedoc. Longeant le revers des pièces de l’enfilade, un corridor de service est aménagé depuis la Première Antichambre. On apporte un peu clarté à l’entresol de ce couloir en perçant deux petites fenêtres donnant sur la Seconde Antichambre.
Le Grand Cabinet a eu son décor réalisé entre 1750 et 1751 par Verberckt.
Le décor de la Chambre est assez mal connu. L’alcôve est encadrée d’un Cabinet de toilette dont les portes d’accès sont agrémentées d’une glace pour donner du jour.
Dernière pièce de l’enfilade, le Cabinet Intérieur entresolé est chauffé par une cheminée en marbre. Au revers de ce Cabinet, un arrière-cabinet est appelé Boudoir. Sans lumière directe, il est chauffé par une petite cheminée.
LE CABINET INTERIEUR DE MADAME ADELAIDE – Les Trésors de Versailles
Actuel cabinet intérieur de Madame Adélaïde, ancien Cabinet de Madame de PompadourLe cabinet intérieur de Madame Adélaïde, Versailles

Le reste des cabinets et des pièces de service donnent sur la Cour du Roi où l’on retrouve un appartement des bains de deux petites pièces exiguës et sombres. La Salle de bain et la pièce des chaudières sont accompagnées d’un petit cabinet de chaise.
L’entresol de ces trois pièces comprend un seul cabinet dont l’accès se fait par un petit escalier.
Son appartement devient l’antichambre du pouvoir.
Aucune description de photo disponible.
Grand Cabinet de Madame de PompadourPeut être une image de 1 personne

C’est Madame de Pompadour qui donne au Grand Cabinet sa forme actuelle, et la cheminée de marbre sérancolin est posée pour elle.
Les riches boiseries qui l’ornaient ont entièrement disparu, mais les corniches faites pour Madame Adélaïde, qui récupérera ce cabinet, ont pu être rétablies.
Pendule à orgues au concert de singes
Pendule à orgues au concert de singes,
Le thème exotique de la “singerie” a d’abord été élaboré pour les lambris de décors intérieurs. Les premiers orchestres de singes en porcelaine apparaissent peut-être en France à Mennecy après 1740, mais c’est en Allemagne qu’il connaissent leur plus brillant développement. 

Le 27 novembre 1751
Charles-François Le Normant de Tournehem (1684-1751), directeur général des bâtiments du Roi, académies et manufactures depuis, décède. Il est probablement le père biologique de Jeanne-Antoinette et Abel François.
Abel-François Poisson est alors rappelé d’Italie et prend ses fonctions de directeur général des Bâtiments du Roi. Il reste à ce poste jusqu’à sa démission en 1773, établissant un record de longévité dans ces fonctions au XVIIIe siècle. Il encourage la peinture d’histoire et, dans l’architecture, le mouvement de retour à l’Antiquité qui devait engendrer le néoclassicisme.
Le 7 février 1752
Un arrêté du Conseil du Roi Louis XV interdit l’impression et la diffusion des deux premiers volumes de l’Encyclopédie
Le 10 février 1752
Décès de Madame Henriette, la fille préférée du Roi, à l’âge de vingt-quatre ans.
Madame Henriette de France, fille de Louis XV (1727-1752) de Jean-Marc  Nattier - Reproduction d'art haut de gamme
Madame Henriette par Jean-Marc Nattier

Le Roi est anéanti comme toute la famille royale. Le peuple maugrée que le décès de la jeune princesse est une punition divine.
Davis-2006-Jeanne Poisson, marquise de Pompadour
Image de Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis

Dès le mois de mai 1752
Le Conseil du Roi reconnaît « l’utilité de l’Encyclopédie pour les Sciences et les Arts », Madame de Pompadour et quelques ministres peuvent ainsi solliciter d’Alembert et Diderot de se redonner au travail de l’Encyclopédie.
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Pompad11
Madame de Pompadour par Maurice-Quentin De La Tour
La marquise ne porte pas de bijoux, sa coiffure est très simple mais la robe est magnifique.
Tous les objets représentés ont une signification : les livres avec l’Encyclopédie (elle fréquente les philosophes et les nouveaux penseurs, Diderot est un critique dur, admirateur de La Tour), la référence au théâtre, aux sciences naturelles et politiques , la partition (elle chante), une guitare sur le canapé (elle joue de la musique), un recueil de gravures (elle grave), le carton à dessin etc…
Pas d’allusion à l’architecture ou aux arts décoratifs à cause des critiques pour ses dépenses dans ces domaines.

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Tete_p10
Dessin préparatoire: La Tour a trouvé la bonne position de tête, il éclaire bien le menton qui mange la moitié du cou, remarquable intelligence du regard.
Le traitement des disgrâces est spécialement intéressant :
– pour les seins, la marquise utilise un truc de femme : un gros nœud ( le parfait contentement!) devant.
– A la différence de presque tous ses portraits, La Tour ne lui laisse porter ni faveur, ni ruban de chapeau qui cache son cou. Il lui tourne la tête. Le menton occupe la moitié du cou, avec le grand trucage classique de La Tour : le reflet lumineux sous le menton.
– La robe est une merveille et en même temps dissimule bien une cuisse lourde qui au contraire devient un vaste espace ou joue sensuellement la soie, le motif d’acanthe chamois qui passe en deux volutes sur le galbe de la cuisse, tout en l’affinant, comme une caresse, est superbissime.
– à l’opposé les grâces sont mises en lumière : les mains superbes, les doigts déliés, les pieds, la peau.

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Captu275
Estampe gravée par Madame de Pompadour d’après Guay, graveur du Roi

En août 1752
La marquise de Pompadour songe à marier sa fille Alexandrine dès qu’elle atteint l’âge de huit ans. Elle envisage tout d’abord un mariage avec le marquis du Luc (1741-1814) , fils naturel de Louis XV et de la comtesse de Vintimille (1712-1741), mais le Roi montre peu d’intérêt pour ce projet.
Elle songe alors à se rabattre sur le duc de Fronsac (1736-1791), fils du maréchal de Richelieu (1715-1788), mais ce dernier se récuse, excipant de la nécessité d’obtenir l’accord de la famille de Lorraine-Harcourt, à laquelle appartient son épouse et à travers elle du chef de la maison de Lorraine, à savoir l’Empereur François Ier du Saint-Empire (1708-1765).
Madame de Pompadour finit par obtenir du duc de Chaulnes (1714-1769) la promesse que son fils, le duc de Picquigny (1741-1792), épousera Alexandrine lorsqu’elle aura treize ans ; en échange, le duc de Chaulnes sera nommé gouverneur du duc de Bourgogne, fils aîné du dauphin Louis-Ferdinand, et la duchesse deviendra gouvernante des enfants de France.
1938 Let's Go Up the Champs-Élysées
Jeanne Boitel est Madame de Pompadour dans Remontons les Champs-Élysées (1938) de Sacha Guitry 1938 Let's Go Up the Champs-Élysées

En 1753
Louis XV achète l’hôtel d’Évreux (aujourd’hui, Palais présidentiel de l’Élysée) et l’offre à Madame de Pompadour pour en faire sa résidence parisienne.
Façade de l'hôtel d'Evreux, Palais de l'Elysée, 55 faubourg Saint-Honoré,  actuel 8ème arrondissement. | Paris Musées
L’hôtel d’Évreux

Le 25 juin 1754
Sa fille Alexandrine meurt à l’âge de neuf ans, d’une foudroyante crise d’appendicite et probablement d’une péritonite aiguë au couvent des Dames de l’Assomption, rue Saint-Honoré à Paris, où elle recevait son éducation.
Madame de Pompadour, retenue à Versailles, n’est pas présente. Lorsque la nouvelle lui parvient, Louis XV dépêche en urgence deux de ses médecins personnels au chevet de l’enfant, mais ils arrivent trop tard. La jeune Alexandrine, âgée de neuf ans, a déjà succombé.
La disparition de sa fille finit d’anéantir la marquise. Ses somatisations s’accentuent : pertes de mémoire, maux de tête, sensations d’étouffement, palpitations, crises d’asthme, difficulté à se mouvoir, maux de gorge doublés de grandes fièvres et insomnies constituent désormais son quotidien.
Absolument désespérée, elle prétend attendre la vieillesse et la mort entourée d’animaux de compagnie, qui doivent l’aider à surmonter son manque affectif et l’accompagner jusqu’au bout de sa phase mélancolique.
Essence du tabac de Pompadour pour corriger la mémoire … - Esprit ...
La sultane buvant du café, (vers 1754) par Carle Van Loo ; Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage

Susceptible, orgueilleux, ombrageux, sans cesse occupé de ses origines roturières qu’il craint de se voir reprocher, Abel-François Poisson est un administrateur intelligent et actif, pénétré de l’importance de sa mission.
Ayant hérité de son père, François Poisson, le château de Marigny-en-Orxois, près de Château-Thierry, il est créé marquis de Marigny.
Abel François Poisson de Vandières, 1er. Marquis de Marigny, 2ème. Marquis de Ménars & Pair de France (1727-1781), Directeur-Général des Bâtiments du Roi, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit. / By Louis Tocqué.
Abel François Poisson de Vandières, marquis de Marigny, marquis de Ménars et Pair de France, Directeur-Général des Bâtiments du Roi, Chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit par Louis Tocqué

Le 23 août 1754
Naissance de Louis-Auguste, futur Louis XVI.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Louis-Auguste-par-Fr%C3%A9dou-253x300.jpg.
Louis-Auguste par Frédou

L’oratoire de Madame de Pompadour
( Texte et illustrations de Christophe Duarte- Versailles passion )

La Marquise fait la demande au Roi d’un oratoire qui lui permette de prier sans être vue.
Peut être une image de intérieur
L’oratoire de Madame de PompadourPeut être une image de niveau et texte qui dit ’GALERIE HAUTE DE L'AILE NORD COUR DELA CHAPELLE COUR BASSE CHAPELLE ROYALE CHAPELLE COUR L'OPERA OPERA ROYAL’

Au mois d’octobre 1754, les travaux débutent dans un petit local donnant sur le palier d’un entresol à l’angle nord-est de la cour basse de la Chapelle.
Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion- Christophe Château Versailles 4septe 2016’
L’oratoire de Madame de PompadourPeut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe Château Versailles 4spmbe2016’
Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Châteaude Versailles 4septembre 2016’

Cette petite pièce est éclairée par une fenêtre sur cette cour et donne sur le bas coté de la chapelle par une ouverture percée dans un vitrail existant au dessus d’un confessionnal qui a disparu à la Révolution.
Peut être une image de monument, intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion ChristopheD. Châteaud Versailles septembre2016’
L’oratoire de Madame de PompadourPeut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion -ChristopheD. Château Versailles 4septembre 2016’

Cette ouverture permet à la marquise de voir la chapelle et de suivre les offices sans être aperçue.
Peut être une image de intérieur
L’oratoire de Madame de Pompadour

Cet oratoire est meublé par le Garde-Meuble de la Couronne : il y a des rideaux de mousseline, du velours d’Utrecht, une genouillère de velours, un tapis d’ours doublé de toile, un poêle pour chauffer la pièce, des stores de taffetas et un prie-Dieu de velours ciselé cramoisi. Ses murs sont alors simplement peints.
Aucune description de photo disponible.
L’oratoire de Madame de Pompadour

Pompadour - La marquise de Pompadour Pompad18
Madame de Pompadour en belle jardinière (vers 1755) par Charles André Van Loo

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Captu277
Estampe gravée par Madame de Pompadour d’après Guay, graveur du Roi

Madame de POmpadour appuie la carrière du cardinal de Bernis, du duc de Choiseul et soutient le renversement des alliances de la Prusse vers l’Autriche qui se concrétise par la guerre de Sept Ans et la perte de la Nouvelle-France. La légende veut que la marquise, pour consoler le Roi très affecté par la déroute de Rossbach, l’aurait exhorté à ne pas s’affliger outre mesure, concluant par ces mots :
«Il ne faut point s’affliger : vous tomberiez malade. Après nous, le déluge !».
Le 17 mars 1755
Madame de Pompadour écrit à Choiseul la présente lettre :
« Je ne puis m’empecher de vous faire part de la très grande passion qui vient de me prendre pour S.S. [Sa Sainteté] Elle a ecrit au roy une lettre digne du prince de l’Eglise, du chef de la religion, d’un bon français et d’un père tendre, je l’aime à la folie. [il s’agit de la bulle Unigenitus et des billets de confession]. Je voudrais bien que nous fussions aussy bon sujets icy, dans tous les genres, il s’en faut malheureusement beaucoup, nous sommes aux fanatiques, pour toute nouriture, et de tous les cotés. Plaignés nous et loués le St Père. Je suis fort aise que sa lettre, et la réponse passe par vous, c’est un moyen de plus d’estre utile, vous scaves touttes les raisons qui me le fonts désirer, M. Vouillé sy prête de tres bonne grace ».
pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Pompad10

Le 23 août 1755
Naissance de Louis-Marie (1755-1813), futur comte de Narbonne, fils d’une dame d’honneur de la duchesse de Parme, Elisabeth de France (1727-1759), fille aînée du Roi…. et de Louis XV qui le reconnaît publiquement.
Cela en est trop pour Jeanne-Antoinette qui, craignant de perdre sa place, décide dans un ultime délire de se réfugier du côté d’une intemporalité pathologique jusqu’à être prise d’un profond malaise qui la laisse inanimée. Inquiet, Louis XV, malgré l’interdiction faite à toute personne étrangère à la famille royale de mourir à Versailles, permet qu’elle demeure à la Cour.
Alain Laudet
François Boucher. Portrait de la marquise de Pompadour (1756)
Madame de Pompadour (1756) par François Boucher

Le samedi 7 février 1756
Le Roi annonce la nomination de Madame de Pompadour, Dame du palais de la Reine.
2015 Casanova
Bojana Novakovic est la marquise de Pompadour dans Casanova (2015) de Stu Zicherman

Le dimanche 8 février 1756
La présentation de Madame de Pompadour en tant que Dame du palais de la Reine a lieu, après les vêpres.
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 0_f54510
La marquise de Pompadour par Boucher (1756)
Le portrait de 1756 n’a pas la présence de celui de La Tour et encore moins la ressemblance. La manière est toute autre les rubans, la faveur qui cache le cou, les bijoux, la débauche de fleurs, dans le fond les livres évocateurs, un fouillis de gravures près de son chien.
Boucher lui allonge la jambe, mais la position de la tête est la même que celle choisie par La Tour (elle n’a pas oublié). Boucher comme La Tour lui donne une présence, ce qui n’est pas facile avec la robe qu’elle porte. La marquise écrit dans son carnet, le regard vague.
L’horloge (bien en évidence) est vue dans le miroir et indique donc les heures à l’envers, un écoulement du temps va vers comme vers le passé…
Il est huit heures moins vingt, (sans doute pas par hasard), elle va passer la soirée seule. A ses pieds deux roses nouées : sa fidélité à Louis XV. Émouvante constance, délicatesse de la peine.

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Pompad12
Portrait de Mimi, le King Charles de Madame de Pompadour par Christophe Huet

1928 Marquis d'Eon, der Spion der Pompadour
Agnes Esterhazy est Madame de Pompadour dans Marquis d’Eon, der Spion der Pompadour (1928) de Karl Grune

En 1756
Abel-François de Marigny est nommé greffier de l’ordre du Saint-Esprit, ce qui lui permet d’avoir un « cordon bleu » qu’il n’aurait pu avoir autrement. Parmi les nombreuses plaisanteries, on dit qu’il était « un bien petit Poisson pour être mis au bleu ».
le Marquis de Marigny - Simil'Art Gallery
Abel-François de Marigny par Alexander Roslin

Le 5 janvier 1757
Attentat de Damiens contre le Roi.
En ce 5 janvier 1757, un carrosse attend le Roi dans le passage couvert qui va de la cour royale au parterre nord. Vers six heures du soir, le souverain descend son escalier intérieur et traverse la salle des gardes du corps. Il est accompagné du Dauphin, du capitaine des Gardes du roi, des Grand et Petit écuyers et du colonel des Gardes suisses. Il fait nuit. Au sortir de la pièce, éclairée par des torches, le Roi est assailli par un individu qui le frappe violemment. Ayant conservé son chapeau, le forcené est maîtrisé, car il aurait dû se découvrir devant le Roi.
Portant la main au côté droit, le Roi pense qu’on lui a donné un coup de coude ou de poing, selon les sources. Mais sa main est ensanglantée. Le couteau a pénétré entre la quatrième et la cinquième côte, causant une blessure longue, mais superficielle. On transporte Louis XV dans sa chambre. Il saigne abondamment. Choqué, il finit par s’évanouir. Revenu à lui, il croit qu’il va mourir. Il réclame un prêtre, confie le royaume au Dauphin et demande pardon à la Reine des peines qu’il lui a infligées.
L'Attentat de Damiens - 2. L'iconographie - Presses universitaires de Lyon

Depuis le début, le Roi sait qu’il s’agit d’un acte isolé. Quoique remis de sa blessure au bout de huit jours, il est toujours commotionné. L’attentat a laissé des séquelles. Devant l’émoi général, Louis XV entend changer d’attitude. Il veut regagner la confiance de ses sujets, renoncer à ses maîtresses et préparer le Dauphin à sa succession. Sages décisions… qui ne dureront qu’un temps : Madame de Pompadour, un temps inquiétée, reprend bien vite sa place et régnera sur l’esprit du Roi jusqu’à sa mort…
1975 L'attentat de Damiens
Myriam Colombi est Madame de Pompadour dans L’Attentat de Damiens (1975) de Pierre Cavalissas

Du 12 février au 26 mars 1757
Procès de Robert-François Damiens(1715-1757). Il a quarante-deux ans et a servi plusieurs conseillers au Parlement, très critiques envers le Roi et la marquise de Pompadour. Ces critiques régulières sont montées à la tête de Damiens, au caractère influençable et exalté.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Robert-damiens-237x300.jpg.
Robert-François Damiens

Le 28 mars 1757
Damiens est exécuté Place de Grève. Son supplice, à l’instar de celui de Ravaillac, compte de nombreuses tortures, avant qu’il soit écartelé et brûlé. Damiens s’est rendu coupable du crime suprême : celui de « parricide commis sur la personne du Roi » et donc de lèse-majesté.
Résultat de recherche d'images pour "attentat de damiens"
Supplice de Damiens

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Captu278
Estampe gravée par Madame de Pompadour d’après Guay, graveur du Roi

Aucune description disponible.
Katja Flint est Madame de Pompadour dans Le jeune Casanova de Giacomo Battiato (2002)
Katja Flint in 'Il giovane Casanova' | Madame de Pompadour |  eighteenth-century French period makeups | themakeupgallery

La marquise de Pompadour, une multipropriétaire
Portrait de Madame de Pompadour (1758) par François Boucher

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 2014gy12



Dans Les Liaisons Dangereuses (1989) de Stephen Frears, la marquise de Merteuil qu’incarne Glenn Close revêt les atours de la marquise de Pompadour. Voyons donc comment on devient Marquise grâce au superbe travail du costumier du film, James Acheson :
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est tumblr_ppcjgbKV3j1xt0hkso5_500.gifv.
Images des Les Liaisons Dangereuses (1989)

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Marqui10
Madame de Pompadour (1759) par François Boucher, The Wallace Collection, Londres

Pendant son « règne » de vingt ans, elle maintient des rapports cordiaux avec la Reine :
Puisqu’il en faut une ; J’aime autant celle-ci qu’une autre“.
Marie Leszczyńska
Résultat de recherche d'images pour "marie leczinska"
Charlotte de Turckheim est Marie Leszczyńska dans Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis

En 1759
Plateau et service à thé de Madame de Pompadour
( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )
Un “déjeuner” est un petit service à thé qui comprend des tasses et des soucoupes et parfois d’autres articles utilisés pour le petit déjeuner sur un plateau.
Aucune description de photo disponible.
Plateau et service à thé de Madame de Pompadour

Ici deux tasses et soucoupes “gobelets et soucoupes Hébert” et un sucrier “pot à sucre bouret” sont associés à un plateau “plateau de Courteille”.
Aucune description de photo disponible.
Service à thé de Madame de Pompadour

Le modèle du plateau porte le nom du Marquis de Courteille, représentant du Roi chargé de la Sèvres – Manufacture et Musée, à qui le premier exemplaire de ce plateau est présenté en décembre 1753.
Toutes les pièces sont décorées d’un bleu sous glaçure et d’un fond vert sur glaçure, une combinaison qui a été principalement utilisée entre 1758 et 1760 et techniquement très difficile à réaliser.
Le bleu est recouvert d’un motif doré élaboré appelé “œil de perdrix”. Encadrées de fleurs, les charmantes scènes figuratives montrent des enfants engagés dans des activités rustiques telles que la pêche, la collecte de fleurs et le barattage du beurre. Peint par André-Vincent Vielliard, ils sont basés sur des estampes d’après François Boucher dont les compositions furent fréquemment reprises à la Manufacture de Sèvres.
Aucune description de photo disponible.
Plateau à thé de Madame de Pompadour

Le service a été acheté par Madame de Pompadour lors de la grande vente annuelle de décembre 1759.
Une théière et un pot à lait pourraient manquer à ce service.
Aucune description de photo disponible.
Service à thé de Madame de Pompadour

Abel François Poisson marquis de Marigny et son épouse, marquise de Marigny,  née Filleul
Jeanne-Antoinette de Pompadour et Abel-François de Marigny

La marquise de Pompadour fait l’acquisition du château et du marquisat de Menars
( texte et illustration de Christophe Duarte – Versailles passion )
Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.
Aucune description de photo disponible.

En 1760, la Marquise charge Ange-Jacques Gabriel de construire deux nouvelles ailes de part et d’autre des pavillons, pour remplacer celles éditées au XVIIe siècle.
Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.

Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.Aucune description de photo disponible.

Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.

Pour briser l’uniformité de la façade, Gabriel couvre ces deux ailes de toits plats “à l’italienne”.
Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

De chaque côté de la cour d’honneur, il bâtit deux pavillons : le pavillon de l’Horloge à droite, qui renferme les cuisines, reliées au château par un souterrain, et le pavillon du Méridien à gauche, où se trouve la conciergerie.
Il dirige également d’importants travaux d’aménagement intérieur.
Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

En 1764, à la mort de la Marquise, le domaine passe à son frère, Abel-François Poisson de Vandière, marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi. De nouveaux travaux sont réalisés sous la direction de Jacques-Germain Soufflot (1713-1780), qui fait creuser une longue pièce d’eau en bas du parc, surnommée les bains Pompadour, ainsi qu’une grotte et une orangerie et une rotonde qui abrite une statue de déesse en marbre, en plus des dizaines de statues qui jalonnent les jardins.
Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.

Côté cour, le corps de logis est doublé par un corps en rez-de-chaussée couvert “à l’italienne”, tandis que les ailes édifiées par Gabriel sont dotées de combles dits “à la française”.
Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

Le Roi érige le marquisat de Menars en duché, ce qui permet à Madame de Pompadour d’accéder au titre de duchesse et donc de pouvoir s’asseoir auprès des membres de la famille royale.
Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

Pendant son « règne » de vingt ans, elle maintient des rapports cordiaux avec la Reine (“J’aime autant celle-ci qu’une autre“). Madame de Pompadour entretient aussi des relations avec les ministres qu’elle invite parfois dans ses appartements.
Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

En 1762
Sous l’impulsion de la marquise, Louis XV ordonne la construction d’un nouveau Trianon dans le parc de Versailles. Madame de Pompadour supervise elle-même les plans et la construction de ce qui allait devenir « le Petit Trianon » et devait être sa future résidence à la Cour.
Audioguide VERSAILLES - Trianon - Guide Touristique | MyWoWo
Le Petit Trianon

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Jean-j10
Inès, chien de madame de Pompadour (1762) par Jean-Jacques Bachelier

En 1763
Connaissant encore de grandes contrariétés causées, entre autres, par les revers et les défaites de l’armée, qui finit par perdre la “ Guerre de Sept Ans ” (1756-1763), Madame de Pompadour reçoit cette capitulation comme un échec personnel.
En 1764
Sa respiration lui interdisant la position couchée, Jeanne-Antoinette s’installe dans un ravissant fauteuil rappelant un trône, fait entériner son testament, présente ses adieux au Roi et meurt en compagnie du prêtre qui l’a confessée.
Alain Laudet
DROUAIS François-Hubert, d'après - Portrait de Madame de Pompadour - XIXe  siècle - N.81103

Épuisée par vingt années de vie, de travail et d’intrigues à la cour, sa santé chancelle, Madame de Pompadour contracte la tuberculose. À Versailles, elle se plaint constamment de l’air froid et humide de ses grands appartements, regrettant le petit appartement de l’attique nord, plus facile à chauffer, qu’elle a occupé les cinq premières années de son installation.
Elle meurt avec un courage rare à tout sexe. Son mal est la poitrine qui se remplit d’eau ou de pus et le cœur engorgé ou dilaté. C’est une de ces fins les plus douloureuses et les plus cruelles qu’on puisse imaginer. Que vous dirais-je de son âme? Elle désirait, dès Choisy, de s’en aller mourir à Paris… Le roi ne l’a pas vue depuis hier : elle a été administrée cette nuit. Le curé de la Magdeleine de La-Ville-l’Evesque ne la quitte pas. Voilà des sujets d’espérer de la miséricorde pour elle.
Le Dauphin à Mgr Nicolay, évêque de Verdun
Pompadour - La marquise de Pompadour Franco22
Madame de Pompadour à son métier à broder (vers 1763-64) par François-Hubert Drouais


Le 15 avril 1764
La marquise de Pompadour meurt d’une congestion pulmonaire, à l’âge de quarante-deux ans, à Versailles, ultime privilège, puisqu’il est interdit à un courtisan de mourir dans le lieu où résident le Roi et sa Cour.
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Jeanne10
Madame de Pompadour par Drouais

Nous avons perdu la pauvre marquise. Les miséricordes de Dieu sont infinies et il faut espérer qu’elle les a éprouvées, puisqu’Il lui a fait la grâce de communier et de recevoir l’extrême-onction. Il ne nous reste plus qu’à prier pour elle. Le roi est fort affligé… Il se contraint avec tout le monde et avec nous. Notre plus grand désir est qu’il puisse se plaire avec nous. Le moment exige un redoublement de prières. Adieu ; ne me répondez pas ; ne me parlez même pas de la marquise que par des voies sûres.
Marie-Josèphe à Mgr Nicolay, évêque de Verdun
Madame de Pompadour est emmenée sur une civière à son Hôtel des Réservoirs, où elle est veillée deux jours et deux nuits dans sa chambre, transformée en chapelle ardente du voisinage, pour être deux jours plus tard enterré dans une petite église de la place Vendôme, aujourd’hui disparue, aux côtés d’Alexandrine.
Résultat de recherche d'images pour "Hôtel des Réservoirs"
L’Hôtel des Réservoirs à l’extrémité de l’Aile du Nord à Versailles

Le mardi 17 avril 1764 en fin d’après-midi
Le premier service funèbre de la marquise de Pompadour se déroule à l’église Notre-Dame de Versailles.
« L’an mil sept cent soixante et quatre le dix sept d’avril,très haute et très puissante dame Madame Jeanne Antoinette Poisson,
duchesse marquise de Pompadour et de Menar,
dame de St Oüen près Paris et autres lieux,
l’une des dames du palais de la Reyne,
décédée d’avant hier, âgée de quarante trois ans,
a été transportée par nous soussigné curé
aux Capucines de Paris lieu de sa sépulture,
en présence de pierre Benoist prêtre et de Sébastien Lefebvre
qui ont signé. Allart curé, Benoist prêtre, S. Lefebvre  »

On raconte que, considérant le mauvais temps alors que le convoi funéraire de Jeanne-Antoinette quittait Versailles pour Paris, Louis XV aurait fait cette remarque :
« La marquise n’aura pas beau temps pour son voyage »
et voyant le cortège s’éloigner sans avoir pu rendre officiellement hommage à c elle qui avait été si longtemps sa confidente :
« Voilà les seuls devoirs que j’aie pu lui rendre ! »
Aperçu de l’image
Images de Louis XV, le Soleil Noir (2009) de Thierry Binisti Aperçu de l’image


Dans ses dispositions testamentaires et faute de descendance ,   Madame de Pompadour offre une partie de ses résidences au Roi.
” On doit bien s’attendre que le tombeau de madame de Pompadour sera un objet d’hommages et de satires. L’épitaphe suivante remplit l’un et l’autre objet. On la suppose écrite au bas de son buste ; à côté sont l’Hymen et l’Amour en larmes, avec leurs flambeaux renversés.
Ci-gît Poisson de Pompadour,
Qui charmait la ville et la cour :
Femme infidèle, et maîtresse accomplie.
L’Hymen et l’Amour n’ont pas tort,
Le premier de pleurer sa vie,
Le second de pleurer sa mort.
   ”  
Mémoires secrets
Sources:
ANTOINE, Michel, Louis XV, Fayard, Paris, 1989, 1 058 p.
BERTIERE, Simone, Les Reines de France au temps des Bourbons, tome 3 : La Reine et la favorite, éditions de Fallois, Paris, 2000, 559 p. + 32 p. de planches illustrées
CORTEQUISSE, Bruno, Mesdames de France , Perrin, Paris, 1989, 315 p.
DUARTE, Christophe, Versailles passion, groupe FB https://www.facebook.com/groups/345409295656055
GROUCHY, Emmanuel-Henri, vicomte de, Les châteaux de Meudon et le château de Bellevue : Album de quarante-cinq photographies, Meudon, 1865, 32 p. et 45 pl. de photographies
HOURS Bernard, Louis XV et sa cour, (2002) Presses Universitaires de France
LAUDET, Alain, “Jeanne-Antoinette Poisson, une hystérique nommée Marquise de Pompadour”, Signes et Sens, le portait du bien-être, https://www.signesetsens.com/psychobiographie-marquise-de-pompadour-jeanne-antoinette-poisson-hysterique.html
LEVER, Evelyne, Madame de Pompadour, Perrin, Paris, 2006, 407 p.
LEVRON, Jacques, Louis XV, Perrin, Paris, 1977, 480 p.
LEVRON, Jacques, Trois Sœurs pour un Roi ou la Cour de Versailles au début du règne de Louis XV, Perrin, Paris, 1982, 282 p.
LEVRON, Jacques, Madame de Pompadour, Perrin, Paris, 1985, 353 p.
LEVRON, Jacques, Madame Louis XV ,Marie Leszczynska, Perrin, Paris, 1987, 264 p.
NICOLLE, Jean, Madame de Pompadour et la société de son temps, Albatros, Aix-en-Provence, 1980, 367 p.
NOLHAC, Pierre, Louis XV et Madame de Pompadour, Flammarion, Paris, 1903
NOLAHC, Pierre, Madame de Pompadour et la politique,  coll. « Versailles et la cour de France », L. Conard, Paris, 1930, 341 p.
PETITFILS, Jean-Christian, Louis XV, Perrin, Paris, 900 p.
SALMON, Xavier, (sous la direction de), Madame de Pompadour et les arts, catalogue d’exposition, Réunion des Musées Nationaux, Paris, 2002, 543 p.
SEGUR, Pierre de, Le royaume de la rue Saint-Honoré : Madame Geoffrin et sa fille, Calmann Lévy, Paris, 1897, 503 p.
TINAYRE, Marcelle, La vie amoureuse de madame de Pompadour, Flammarion, Paris, 1908
Pleasure for treasure, Marie-Antoinette et plus, Vive la Reine,
https://vivelareine.tumblr.com/




Ouvrir les réglages du document

Ouvrir le panneau de publication
Document
Image




Aucune description de photo disponible.
Le Grand Cabinet (3)

On passe ensuite dans le Grand cabinet qui est jusqu’en 1745 la chambre de Madame de Pompadour. Ce n’est que vers 1747-1748 qu’il devient un Grand Cabinet. Ce dernier donne accès au Petit cabinet (au-dessus du salon d’Apollon), mais mène également à l’antichambre.

L’antichambre et la chambre qui suit ne sont créées qu’en 1748, à l’emplacement d’une unique grande pièce qui était probablement le Grand Cabinet de Madame de Châteauroux.

Peut être une image de intérieur
Petit cabinet (4)

La chambre à coucher a été installée en 1748 par Gabriel. Le lit est placé dans une alcôve, entourée de deux petits cabinets permettant un accès au lit par derrière.

Peut être une image de ‎intérieur et ‎texte qui dit ’‎Versailles ۔n- Christophe V D. Versailles 14s2018 eptembre‎’‎‎
La chambre (5)Peut être une image de intérieur
Peut être une image de intérieur
La chambrePeut être une image de intérieur

La chambre de Madame de Pompadour possède un décor lambrissé comportant quatre grands panneaux et onze parcloses, dont six importantes flanquant les grands panneaux et les glaces.

Aucune description de photo disponible.
Photo d’Alain Roger-Ravily
APPARTEMENT DE LA MARQUISE DE POMPADOUR – Les Trésors de Versailles
La chambre

Un balcon disposé au-dessus de l’entablement de l’un des avant-corps de la façade permet d’admirer le jardin.

APPARTEMENT DE LA MARQUISE DE POMPADOUR – Les Trésors de Versailles
La chambre

La cheminée en Campan mélangé à piédroit cannelés et à console à arc chantourné et tablette droite constitue la plus belle cheminée livrée pour Madame de Châteauroux.

En vis-à-vis de la cheminée, sous un trumeau de glace, se trouve la commode en laque rouge.

Versailles Intime, Les appartements privés du Roi @ Château de Versailles |  zest for art - Blog art, culture et patrimoine
La chambre
Appartement de Madame de Pompadour | Chambre | Eos Clio | Flickr | Home,  Interior, Home decor

Il y a également eu deux antichambres qui ont aujourd’hui disparu : l’une des deux constituait alors une salle à manger.

Peut être une image de intérieur
Garde-robe aux habits (9)
Peut être une image de couloir et intérieur
Couloir (6)
Peut être une image de intérieur
Chambre de Madame du Hausset (10)

L’appartement possède enfin un cabinet des bains et une chaise percée.

Peut être une image de intérieur
Ancien Cabinet des bains (11)
Peut être une image de intérieur
Le cabinet de la chaise (7)
Peut être une image de intérieur
Pièce de service (8)

(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )

En 1748, alors que Madame de Pompadour est en pleine gloire, elle se fait réaménager son appartement à l’Attique, au-dessus du Grand Appartement du Roi.

Peut être une image de ‎texte qui dit ’‎Escalier Escaliersemi semí circulaire Supprement bibilotheque habits دA Cahiret COUR Salon de com compagnie 20 DES CERFS Appartement de Mme de Hausset (1ere femme de chambre) Appartem Madam Pompat Antichambre Chambre‎’‎
Situation de la chambre de Madame du Hausset

Comme tous les grands personnages de la Cour, Madame de Pompadour a à son service des domestiques et des femmes de chambre.

Peut être une image de intérieur
Escalier menant à la chambre de Madame du Hausset Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’3 Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05 avril2026 2026’

Seul vestige de ce dédale d’entresol dans le Versailles d’aujourd’hui, la chambre de Madame du Hausset, célèbre femme de chambre de Madame de Pompadour pour ses mémoires, présente ce qu’était ces petites pièces au XVIIIe siècle.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05 avril2026 2026’
Chambre de Madame du Hausset Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05avril2 2026’

Le mobilier est une reconstitution de ce qu’était cette pièce au siècle des lumières et la paillasse provient de Fontainebleau du règne de Napoléon III.

Peut être une image de ‎intérieur et ‎texte qui dit ’‎د Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05 avril 2026‎’‎‎
Chambre de Madame du Hausset
Peut être une image de chambre et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 05 avril 2026’
Chambre de Madame du Hausset
Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe Vr D. Versailles 05 toril 2026’
“Paillasse” de la domestique de Madame du Hausset

 Le 14 septembre 1745

La présentation officielle de la nouvelle favorite a lieu à Versailles. Cela nécessite une princesse de sang. Pour cette cérémonie très protocolaire, la princesse de Conti accepte d’être la marraine de Jeanne-Antoinette, en échange de l’extinction de ses dettes.

Doctor Who- The Girl in the Fireplace (2006)
Jessica Atkins est Madame de Pompadour dans un épisode de la série Doctor Who : The Girl in the Fireplace  (2006)This 18th-c. gown has been in multiple costume dramas!
Louis XV, le Bien-Aimé - Page 3 Louis_10
Louis XV par Maurice Quentin de La Tour

Le boudoir de Madame de Pompadour…
Dans l’intimité de la Marquise

Aucune description de photo disponible.

On accède à cette pièce après avoir traversé tout l’Appartement de la Marquise, situé au nord, au-dessus du Grand Appartement du Roi.

Peut être une image de niveau

Cette pièce, d’une superficie de 13m², aux lambris droit à grands panneaux, accompagnent une petite cheminée à tablette droite, simple modénature, en marbre de Campan. Elle fut installée en mars 1743 lorsque Madame de Châteauroux, maitresse de Louis XV, occupait cet appartement.

Aucune description de photo disponible.

Lors de la restauration et la réouverture de cet appartement en 2002, y ont trouvé place trois fauteuils en cabriolet, dont une paire (l’un estampillé Tilliard) a été rechampie en gris vert pour s’harmoniser aux couleurs dominantes du troisième, probablement méridional, relevé de couleurs naturelles et conçu pour être couvert à lacet.

Sur la cheminée, on peut voir une pendule à l’éléphant au mouvement de Jean-Baptiste Baillon, dont le cadran est signé et daté au revers par l’émailleur Martinière en 1742.

Peut être une image de texte qui dit ’I VIII BAILLO BAILLON Versailles Passion Christophe D. Château de Versailles 15 novembre 2020’
Aucune description de photo disponible.

La fontaine à parfum en porcelaine de Meissen, sur la console, est réputée provenir du Château de Bellevue. Cette console porte à la ceinture une tour qui est la pièce d’armes du blason de la marquise. Elle fut acquise en 1960 et a rejoint la petite table-écran d’acajou qui porte une marque de Versailles et fut achetée pour le musée en 1950.

Un rouet, dont les bronzes sont marqués au C couronné, a pu trouver place sur une petite table plaquée de bois de violette également acquise par l’État en 1992 : elle avait été livrée par Antoine Gaudreau pour l’Appartement de Mesdames Adélaïde et Henriette en 1746.

Aucune description de photo disponible.

Le meuble le plus Pompadour du cabinet intérieur reste assurément le secrétaire en pente estampillé de Carel et qui avait été livré par le Garde-Meuble de la Couronne en aout 1748 pour la Chambre à coucher de la Marquise au château de La Muette.

Aucune description de photo disponible.

Des deux tableaux que l’on peut voir dans cette pièce, l’un est le portrait du frère de la Marquise, le jeune Abel François Poisson de Vandière, futur Marquis de Marigny peint par Jean-François De Troy en 1750.

Portrait de M. Abel-François Poisson de Vandières, marquis de Marigny,  directeur Général des Bâtiments du Roi (1727-1781)
Abel François Poisson de Vandière, futur Marquis de Marigny par Jean-François De Troy

L’autre est une allégorie représentant Diane et Callisto peinte par Noel Halle en 1754 pour les Appartements de Louis XV et de la favorite au Grand Trianon.

Peut être une image de lustre
Diane et Callisto par Noël Halle

Le secrétaire en pente de Madame de Pompadour, de Jacques-Philippe Carel, 1748

Ce secrétaire est livré pour la chambre de Madame de Pompadour au Château de La Muette en 1748.

Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais -
Le secrétaire en pente de Madame de Pompadour

Il a la caisse légèrement galbée en élévation sur les quatre faces et ouvre à deux tiroirs en façade. La ceinture festonnée offre deux lobes latéraux assurant la liaison avec les pieds cambrés.

Il est composé d’une tablette basse, une tablette haute, deux corps latéraux de deux tiroirs et le coffre central.

Peut être une image de mobilier et menuiserie
Le secrétaire en pente de Madame de Pompadour

Le tiroir inférieur droit, contenant l’écritoire, doit être retiré pour actionner une languette qui permet de débloquer la trappe du casier secret.

A l’intérieur, les façades des tiroirs offrent des guirlandes de feuilles d’amarante sur fond de bois satiné.

Peut être une image de menuiserie
Le secrétaire en pente de Madame de Pompadour

Livré en août 1748 au Château de La Muette, il est envoyé en 1786 au château de Saint-Cloud. Acheté en vente publique le 26 juin 1992, lot 167,il est aujourd’hui placé dans le boudoir de l’appartement de Madame de Pompadour.

2006 Jeanne Poisson, marquise de Pompadour
Hélène de Fougerolles incarne Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis, Vincent Pérez est Louis XV
2006 Jeanne Poisson, marquise de Pompadour

Madame de Pompadour s’efforce d’être pour le Roi une amie et une thérapeute, une présence aimante, toujours enjouée (en apparence) et consolatrice qui lui offre le délassement, l’oubli de ses problèmes.

2003 Fanfan la Tulipe
Hélène de Fougerolles avait déjà incarné Jeanne-Antoinette, dans Fanfan la Tulipe (2003) de par Gérard Krawczyk, Vincent Pérez y occupait le rôle titre avant d’être le Louis XV de la série dédiée à la Marquise…

Mais la marquise de Pompadour est détestée par le jeune Dauphin qui, avec ses sœurs, l’appelle par ironie et irrévérence Maman Putain.

2009 Louis XV, le Soleil noir
 Romane Portail est Jeanne-Antoinette de Pompadour dans Louis XV, le Soleil noir (2009) de Thierry Binisti2009 Louis XV, le Soleil noir

Le 25 décembre 1745

Madeleine Poisson (1705-1745), âgée de quarante ans, atteinte d’un cancer depuis plusieurs années, s’éteint.

Fichier:Joseph Ducreux, Portrait d'une femme âgée, dit à tort de Mme  Poisson (années 1780).jpg — Wikipédia
Madeleine Poisson

Le 2 mai 1746

Voltaire est élu à l’Académie française.

1933 Voltaire
Doris Kenyon est Jeanne-Antoinette dans Voltaire (1933) de John G. Adolfi

Le 21 mai 1746

Louis XV, espérant réconforter sa maîtresse, lui offre sa première résidence personnelle. Il achète pour la somme de 750,000 livres à Louis-Alexandre Verjus, marquis de Crécy, son château pour l’offrir à Madame de Pompadour.

Résultat de recherche d'images pour "château de Crécy"Le château de Crécy

Le Château de Crécy et le Moulin de la Bellassiere,
Le domaine des amours de Louis XV et de Madame de Pompadour

( texte et images de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de monument et plein air
Le château de Crécy

Un premier château fut vraisemblablement bâti à Couvé au début du XIIIe siècle, composé en partie d’un corps de logis dominant la vallée de la Blaise et flanqué d’un épais donjon. Les soubassements de ces deux bâtiments sont maintenus par un mur encore en partie visible à gauche du chemin descendant vers la vallée, et passant à côté du chœur de l’église actuelle, à l’emplacement de laquelle fut édifiée à cette époque la chapelle du château. Dans la seconde moitié du XVe siècle est mentionné un moulin. Adossé à cet enclos, le village de Couvé n’était composé que de quelques modestes chaumières.

Peut être une image de texte qui dit ’Côté jardin 5 8 7 11 10 Côté cour DISTRIBUTION DU REZ DE CHAUSSEE DU CHATEAU DE CRECY Au temps de Mme de Pompadour Franck Devedjian, octobre 2016. 0 Escaliers 1 Vestibule (50 m²) 2 Salon ou salle nanger en stuc 100 m²) 3 Antichambre (45 m²) 4 Chambre (45 m²) 5 Cabinet d'assemblée (130 m²) 6 Antichambre de Louis XV (45 m²) Chambre de Louis XV (45 m²) 8 Cabinet de Louis XV "Antichambre de dégagement" 10 Cabinet bibliothèque de Mme de Pompadour 11 Chambre de Mme de Pompadour Emplacements des murs supposés’
Plan du rez-de-chaussée du château de Crécy

Vers 1730, le Marquis de Crécy Louis-Alexandre Verjus, fils de Louis de Verjus Comte de Crécy, abat l’antique château féodal familial, acquiert de nombreux terrains, et projette les plans d’un nouveau château, de style italien, sans toit apparent. Les architectes décident de construire une vaste terrasse, maintenue par un mur de près de 500 mètres de long, destinée à recevoir le futur château et ses jardins dominant la vallée. En même temps, le Marquis Louis-Alexandre Verjus entreprend la canalisation de la vallée de la Blaise sur près de trois kilomètres. Tous ces travaux onéreux le ruinèrent, et il revend son domaine en 1746 à Madame de Pompadour.

Peut être une image de nature, arbre, étendue d’eau et texte qui dit ’T Versailles Passion- Christophe D. Moulin Bellassiere 26s20 septembre’
Le château de Crécy

Pleine de projets, elle agrandit considérablement le château et le décore magnifiquement, redessine les jardins et finit d’aménager la vallée de la Blaise. Elle fait creuser en face du château un long bassin nommé “Le Miroir”. Elle pourra ainsi accueillir dignement, dans sa première demeure, Louis XV qui y viendra vingt-trois fois de 1746 à 1755.

Peut être une image de mobilier et intérieur
Le château de Crécy

Les deux extrémités du domaine sont fermées par deux édifices : au nord, le petit château d’Aunay acheté par Louis XV en 1747, et au sud, par le moulin existant, complété d’une façade aveugle classique, nommé “La Bellassière”, qui sert de buanderie et d’orangerie l’hiver. L’ancien potager dit d’”en-haut”, et le nouveau, créé au pied du château, dit d’”en-bas”, alimentent la seigneurie de Crécy et le village de Couvé.

Aucune description de photo disponible.
Le château de Crécy

L’alimentation en eau et sa distribution, tant du château que du village, est assurée par une machine hydraulique, très novatrice pour l’époque, réalisée par l’ingénieur Antoine Deparcieux en 1751, qui écrit dans ses Mémoires : “Madame la Marquise de Pompadour désirant avoir de l’eau à son château de Créci, beaucoup moins pour y faire des embellissemens que pour prévenir ou pour parer les accidens qui pouvoient arriver pendant les séjours que le Roi y fait, plusieurs personnes présentèrent des projets à cet effet, qui exigeant de trop grandes dépenses, ou ne pouvant pas fournir une quantité d’eau suffisante, furent rejetées”. Grâce à ce dispositif, les bassins et citernes sont généreusement remplis.

Madame de Pompadour acquiert par ailleurs de nombreux terrains et bâtiments dans les environs de Crécy, créant ainsi le domaine de Crécy, élevé au rang de marquisat.

Peut être une image de plein air et texte qui dit ’Versailles Passion- Christophe D. Moulin Bellassiere septembre’
Le château de Crécy

En 1751, pour l’aménagement du château, elle fait réaliser des tapisseries par la Manufacture des Gobelins qui correspondent aux thèmes des sculptures ornant sa laiterie dans les années 1750.

Peut être une image de plein air et texte qui dit ’Versailles VeaillesCs Passion- Christophe Moulin Bellassiere septembre’
Le château de Crécy

Le Roi ne venant plus à Crécy à partir de 1755, et les finances allouées étant considérablement réduites, Madame de Pompadour est contrainte de vendre son “cher Crécy” en 1757 à Louis-Jean-Marie de Bourbon, Duc de Penthièvre. Il le revendra à son tour en 1775 au Prince de Montmorençy.

Survient la Révolution. La veuve du Prince de Montmorency émigre en 1791 et son château est saisi, puis revendu comme bien national à un américain, Daniel Parker. Il le démolit, et en revend les éléments de valeur les plus intéressants. Le reste servira de carrière de pierre.

Peut être une image de arbre, plein air et mur de briques
Le château de Crécy

Depuis la terrasse du Château, Madame de Pompadour pouvait observer la vallée de la Balise et le canal qui à son extrémité nord était fermé par le manoir d’Aunay et au sud par le moulin.

Ayant une vraie vision paysagère, elle fit apposer en 1750 une incroyable façade aveugle en harmonie avec la façade du Château.

Profitant de la présence de l’eau de la Blaise qui passe sous les fondations du moulin pour alimenter le canal de la Bellassière, elle transforma l’usage de ce moulin qui perdit sa vocation de moulin à blé pour devenir la buanderie et le jardin d’hiver du château.

Peut être une image de plein air, arbre, mur de briques et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Moulin de Bellassiere 26 septembre 2020’
Le château de Crécy

Dès son installation à la Cour, Jeanne-Antoinette devient mécène des artistes, disposant à volonté de crédits illimités octroyés par le Roi, engloutissant des montants astronomiques et sa fortune personnelle dans l’achat d’œuvres d’art, de pièces uniques, réalisées sur commande par des Maîtres – Pigalle, Adam, Van Loo, Boucher, Verberckt… –, ces joyaux étant répartis dans des demeures acquises, transformées et revendues aussitôt !

Pompadour - La marquise de Pompadour Pompad10
Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, en diane chasseresse
Par Jean-Marc Nattier, 1746

Le 22 juillet 1746

La Dauphine, née infante, Marie-Thérèse de Bourbon (1726-1746) meurt, à Versailles. Son époux en éprouve un chagrin extrême.

Description de cette image, également commentée ci-après
L’infante Marie-Thérèse de Bourbon (1726-1746)

L’influence politique de Madame de Pompadour croît au point qu’elle favorise le mariage hautement diplomatique entre Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767) et le Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765).

Le 9 février 1747

Résultat de recherche d'images pour "Mariage du Dauphin et Marie-Josèphe de Saxe"

Le Dauphin Louis-Ferdinand de France épouse contre son gré à Versailles Marie-Josèphe de Saxe, qui lui est imposée par une femme qu’il déteste.

Le dauphin Louis (1729-65), fils de Louis XV, père de Louis XVI, Louis XVIII, et Charles X, par François-Hubert Drouais (Madrid, Prado)     Louis Ferdinand de France, dauphin de...
Louis-Ferdinand 
Marie-Josèphe de Saxe, Dauphine de France (1731-1767) de Anne Baptiste  Nivelon - Reproduction d'art haut de gamme
et  Marie-Josèphe de Saxe

Très proche de leur mère, la Reine Marie Leszczyńska (1703-1768), le Dauphin Louis-Ferdinand et ses sœurs souffrent avec elle des adultères du Roi, de la rigidité du protocole, de la bassesse des courtisans.

Résultat de recherche d'images pour "marie leczinska"
Charlotte de Turckheim incarne Marie Leszczyńska dans Jeanne Poisson, Marquise de Pompadour (2006), de Robin Davis,

Quant à la nouvelle Dauphine, intelligente, elle a rapidement compris que son intérêt est de soutenir son époux dans sa lutte contre la favorite, à qui elle doit pourtant son mariage.

L’ascension sociale de la marquise de Pompadour lui vaut d’être critiquée par des pamphlets injurieux, appelés « poissonnades ».

Louis XV (1748) par Louis-Michel van Loo
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 8c6a8810
Chambre de la marquise de Pompadour au rez-de-chaussé qui sera celle de Madame Adélaïde
Louis XV, roi de France, âgé de 37 ans, pendant la campagne de Flandres de 1747, par Carle Van Loo
Louis XV, pendant la campagne de Flandres de 1747, par Carle Van Loo

En 1748

Le Théâtre des Cabinets (1748 – 1749),
Quand l’Escalier des Ambassadeurs se donne en spectacle…

( Texte de Christophe Duarte – Versailles passion ; Source photos : “Architecture de théâtre à Versailles” )

L’Escalier des Ambassadeurs, conçu en 1674, pour conduite au Grand Appartement de Louis XIV, on décide d’utiliser ce volume pour y établir un théâtre.

Aucune description de photo disponible.
L’Escalier des Ambassadeurs

Afin qu’il soit démontable, une utilise une construction légère faite de bois et garnie de toiles.

Aucune description de photo disponible.
Maquette du Théâtre des cabinets

Il se compose de quatre espaces : le vestibule pour l’accueil du Roi et du public, la salle avec l’amphithéâtre, la scène et les loges pour les acteurs.

La salle, en forme de trapèze, est enveloppée d’une haute cloison structurée par seize pilastres ioniques à chapiteaux dorés et une balustrade surmontée de huit groupes d’enfants. Six larges panneaux tendus de damas bleu enrichi de grands cartels.

Aucune description de photo disponible.
Maquette du Théâtre des cabinets

Sur le devant de la salle, s’étend l’amphithéâtre royal et les balcons, bordés d’un garde-corps. Par effet de contracte, les parquets sont revêtus d’une moquette à fleurs rouges.

Aucune description de photo disponible.
Maquette du Théâtre des cabinets

A la fin de l’année 1749, la salle est augmentée d’un second niveau des balcons.

Au début de l’année 1750, le théâtre ayant déjà été démonté à deux reprises afin de restituer l’intégralité du Grand Escalier à l’occasion de cérémonies, on commence à craindre pour la préservation des peintures murales de Louis XIV.

La Marquise de Pompadour dans une scène d’Acis et Galatée. Charles Nicolas Cochin (1749)

A l’automne 1750, le théâtre est définitivement supprimé.

En février 1748

La marquise acquiert le château de Celle, à quelques kilomètres de Versailles, pour la somme de 260 000 livres. Elle donne au lieu le nom de « petit château de La Celle-Saint-Cloud ».

Résultat de recherche d'images pour "château de Celle"
Le « petit château de La Celle-Saint-Cloud »
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Pompad16
Dessin de François Guérin, où Jean-Antoinette pose avec sa fille

En 1749

Maurepas (1701-1781), secrétaire d’Etat à la Marine, est disgracié et exilé à quarante lieues (environ 160 km) de Paris pour avoir répété les libelles répandus contre la marquise de Pompadour.

La Reine et le Dauphin, appuyés par les milieux dévots, pressent le Roi de faire cesser cette relation adultérine notoire et finissent par le faire céder après de nombreuses années de résistance. Cependant, bien que la marquise de Pompadour cesse de partager l’intimité du roi, sa carrière connaît une nouvelle promotion : elle obtient le privilège royal de loger dans l’appartement du duc et de la duchesse de Penthièvre au rez-de-chaussée du corps central du château de Versailles alors que Mesdames les filles du Roi le convoitent.

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 62263010
Alexandrine Le Normant d’Étiolles jouant avec un Chardonneret, attribué à François Boucher

En 1749, Alexandrine est mise au couvent des Dames de l’Assomption, rue Saint-Honoré à Paris, où sont élevées les filles de la plus haute noblesse. Elle montre des dispositions précoces et fait de bonnes études. Toujours ambitieuse, sa mère la fait régulièrement venir auprès d’elle pour la montrer à la Cour. 

De gauche à droite :Mesdames Sophie, Victoire et Louise, par Drouais

Le château de Bellevue

( texte et photographies de Christophe Duarte – Versailles-passion )

Madame de Pompadour revend le château à Louis XV le 22 juin 1757 pour la somme de 325 000 livres. Ce dernier fait remanier la distribution et le décor intérieur sous la direction d’Ange-Jacques Gabriel. Celui-ci construit en 1767 deux ailes en retour en rez-de-chaussée, absorbées en 1773 dans une extension qui les relie au bâtiment principal.

Chateau de Bellevue, one of Pompadour's exquisite retreats. Gone ...
Le château de Bellevue

Au décès de Louis XV, en 1774, le château est attribué par Louis XVI et Marie-Antoinette aux filles du Roi défunt, et tantes du nouveau monarque, Mesdames Adélaïde, Sophie et Victoire. Bien que logeant principalement au Château de Versailles, eu égard à leur obligations à la Cour, Mesdames viennent à Bellevue se délasser des rigueurs de l’étiquette. Celles-ci font transformer le décor intérieur par Richard Mique et font agrandir les jardins vers le Sud.

Aucune description de photo disponible.
Reconstitution 3D du Château de Bellevue en 1757
Aucune description de photo disponible.
Porte et porte feinte de Bellevue ( aujourd’hui au Louvre )Aucune description de photo disponible.
Peut être une image de 1 personne
Quatre candélabres en bronze doré pour le Grand Salon de Bellevue
Aucune description de photo disponible.
Fauteuil à la Reine provenant de Bellevue

Le château est vendu à M. Testu-Brissy, qui le fait abattre.

François Boucher 'Madame de Pompadour, Hand on Clavier Keyboard' circa 1750  | I ) A Pintura Francesa no Século XVIII : Boucher, Fragonard e Chardin. |  Marquis…
Madame de Pompadour, la main sur le clavier du clavecin (1750 ?) par François Boucher

Entre décembre 1749 et septembre 1751

Grâce aux lettres de recommandation fournies par sa sœur, Abel-François Poisson séjourne ensuite en Italie pendant vingt-cinq mois, d’abord à l’Académie de France à Rome, au palais Mancini, via del Corso, avant de parfaire sa formation en faisant le voyage en Italie, avec le graveur Charles-Nicolas Cochin (1715-1790), l’architecte Jacques-Germain Soufflot (1713-1780) et le critique d’art l’abbé Leblanc (1707-1781). Ce voyage a d’importantes répercussions sur l’évolution des arts et du goût en France.

En 1750

Fondation de l’École militaire, institution d’enseignement supérieur militaire fondée par Louis XV. C’est également l’ensemble de bâtiments construits pour la recevoir à Paris. Construit au XVIIIe siècle par l’architecte du Roi Ange-Jacques Gabriel (1698-1782).

L'Ecole Militaire à Paris
L’Ecole Militaire
Une operation sous haute surveillance : L'ecole Militaire a Paris
L’Ecole Militaire

Après 1750

Cependant, après les merveilleuses années passées dans l’attique au dessus de chez le Roi, apparaît la pierre d’achoppement de leur relation affective : Jeanne- Antoinette, qui a connu une trêve provenant de son état amoureux, voit réapparaître sa frigidité. Cette résurgence névrotique la plonge dans une réelle inquiétude :

 Je suis troublée de la crainte de perdre le cœur du Roi en cessant de lui être agréable. Les hommes mettent, comme vous le pouvez savoir, beaucoup de prix à certaines choses et j’ai le malheur d’être de tempérament très froid…

Cette reviviscence est provoquée, en fait, par l’instabilité amoureuse de Louis XV. Il apparaît au grand jour qu’il commence à se lasser de la favorite, attiré par de toutes jeunes demoiselles à qui il ne révèle que rarement sa véritable identité.

Si les relations entre le Roi et sa favorite prennent un tour platonique, voire simplement amical, Jeanne-Antoinette ne quitte pas la Cour pour autant et reste dans l’entourage immédiat de la famille royale, alignant sa conduite sur celle qu’avait eue en son temps la marquise de Maintenon (1635-1719). Madame de Pompadour excelle en effet à distraire Louis XV, lui fait découvrir les arts, organise des fêtes, des représentations théâtrales, entretient le goût du souverain pour les bâtiments et les jardins, multiplie ses résidences hors de Versailles. Ce qui explique qu’après avoir été pendant cinq ans sa maîtresse, elle reste la favorite en titre.

Jeanne-Antoinette de Pompadour ne contente plus la sensualité du Roi et elle craint d’être supplantée par une dame de la Cour. Ce rôle dont elle ne peut s’acquitter, Madame de Pompadour le délègue obscurément à des subordonnées. Des jeunes femmes ou jeunes filles, sont donc présentées au souverain et logées dans la maison du Parc-aux-cerfs, l’actuel quartier Saint-Louis, à Versailles

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Captu280
Estampe gravée par Madame de Pompadour d’après Guay, graveur du Roi
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Buste_10
Buste de Madame de Pompadour (1751) par J-B Pigalle

Le Parc-aux-Cerfs

 “Le Roi se fait livrer des petites filles“, notamment par Madame de Pompadour, qui trouve ce moyen pour garder les faveurs du souverain.

Il les installe dans le Parc-aux-Cerfs, un pavillon un peu éloigné du château de Versailles.

Le Parc aux Cerfs, the Gateway to the 'R - French School en ...
Le Parc-aux-cerfs dans les années 1780

On désigne par le terme de « petite maîtresse » ses maîtresses qui ne sont pas présentées à la Cour et qui, contrairement aux maîtresses officielles, ne disposent pas d’un appartement au château. Généralement recrutées par les valets de chambre du Roi dans les milieux de la galanterie ou de la petite bourgeoisie parisienne, elles sont, quand leur liaison avec le souverain ne se limite pas à une nuit, logées dans des maisons acquises par des prête-noms pour le compte du Roi dans le quartier du Parc-aux-cerfs à Versailles.

Il s’agit de jeunes filles de petite noblesse, voire des ouvrières âgées d’une quinzaine d’années, dit-on aujourd’hui, qui y vivent et sont entretenues pour être à disposition du Roi. Aucun des enfants n’est reconnu, et les filles sont vite envoyées se marier en province.

Louis XV ne semble pas effarouché par la jeunesse de ses “maîtresses”, comme Marie Louise O’Murphy (1737-1814), qui est sa maîtresse entre ses quatorze et ses dix-sept ans, de 1752 à 1755 : elle a un enfant de lui à seize ans : Adélaïde de Saint-André (1754-1774).

Ruhendes Mädchen Boucher Alte Pinakothek Munich.jpg
Marie-Louise O’Murphy (1752) par François Boucher

Cela vaudra à madame de Pompadour cette épitaphe :

Ci-gît qui fut vingt ans pucelle,
Quinze ans catin, et sept ans maquerelle. “

Les Mémoires secrets 

Si Jeanne-Antoinette de Pompadour donne l’impression de ne pas souffrir de ces trahisons, il n’empêche qu’elle se ronge intérieurement, malade de jalousie, désirant être et rester la seule et unique détentrice d’un certain pouvoir de séduction.

En juin 1750

Giacomo Casanova (1725-1798) arrive à Paris. Ce sont ses parents qui ont réussi à les intégrer dans le cercle très fermé des comédiens italiens alors en tournée à Paris.

Anton Raphael Mengs ? Ritratto giovanile di Giacomo Casanova | Toile  imprimée, Les arts, Huile sur toile
Giacomo Casanova

Casanova rencontre Madame de Pompadour lorsqu’il se rend à Versailles, elle lui demande alors :

«De Venise? Vous venez vraiment de là-bas? »

Et Casanova:

« Venise n’est pas là-bas, madame, mais là-haut.»

Cette réflexion insolente (dont la marquise se souviendra en 1756, lorsqu’il sortira de la prison des Plombs par les toits) frappe les spectateurs.

Giacomo Casanova nell'arte, al cinema a teatro - Corriere.it
Casanova sous les traits de Stefano Accorsi dans Le Jeune Casanova (2002) , téléfilm de Giacomo Battiato
Il giovane Casanova (film tv)- puntata 2 (II parte) - Video Dailymotion
Il Giovane Casanova (2002) - Programma (2002) - Foto Katja Flint, Stefano  Accorsi | iVID.it - Galleria Fotografica dei film, dei personaggi, delle  serie TV
Stefano Accorsi et Katja Flint (Madame de Pompadour)

En mai 1751

Pourtant, en aucun cas, Madame de Pompadour ne perd de sa superbe, intervenant comme auparavant dans les affaires ministérielles, allouant privilèges et avancements selon son bon gré et continuant à conseiller le Roi sur l’oreiller de sa couche, tout en s’en défendant âprement, persuadant son amant que lui seul est maître à bord. Hors de sa présence, elle développe une attitude de plus en plus mégalomaniaque, complotant contre ses opposants qu’elle s’arrange pour faire ensuite renvoyer de la Cour et exiler.

Les rendez-vous ministériels se déroulent dès lors dans la chambre de la marquise, pièce qu’elle ne quitte pratiquement plus, rejetant la moindre nourriture.

Puis, faisant suite aux problèmes financiers de l’État, Madame de Pompadour doit vendre presque l’ensemble de ses propriétés et bijoux afin de mener à terme son projet d’école militaire.

Alain Laudet


Le lieu du pouvoir : l’appartement de Madame de Pompadour

(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion

Aucune description de photo disponible.
Plan de l’Appartement du Rez-de-chaussée de Madame de Pompadour en 1750

En mai 1751, la faveur éclatante de la marquise de Pompadour se mesure à son installation dans l’appartement princier du rez-de-chaussée, sous les salons du Grand Appartement du Roi, occupé jusqu’alors par le duc de Penthièvre, fils illégitime de Louis XIV.

Aucune description de photo disponible.
Plan des entresols de l’Appartement du Rez-de-chaussée de Madame de Pompadour en 1750

Cet appartement sera occupé pendant quatorze ans par la Marquise et est largement éclairé par neuf fenêtres sur le Parterre du Nord.

La salle des Hoquetons – Les Trésors de Versailles
Etat actuel de la Salle des Hoquetons. Cette salle était divisée en deux pour comporter la première antichambre et la salle à manger de la Marquise de Pompadour
La salle des Hoquetons – Les Trésors de Versailles

En tournant à droite au pied de l’Escalier dit de “Madame Adélaïde”, on accède à une première antichambre. S’ensuit une belle enfilade de quatre pièces s’étendant sous les Salons de Vénus, de Diane et de Mars, et comprenant une Seconde antichambre, un Grand Cabinet, un Chambre et un Cabinet Intérieur.

Aucune description de photo disponible.
Grand Cabinet de Madame de PompadourAucune description de photo disponible.

Au revers de cette dernière petite pièce se trouve un petit Boudoir, tandis qu’un appartement des bains prend jour sur la Cour du Roi, juste derrière la Chambre.

LA CHAMBRE DE MADAME ADELAIDE – Les Trésors de Versailles
Actuelle chambre de Madame Adélaïde qui fut celle de Madame de PompadourLA CHAMBRE DE MADAME ADELAIDE – Les Trésors de Versailles

Comportant un entresol qui permet de loger le service, la première antichambre est chauffée par un poêle placé contre le mur Est.

La seconde Antichambre est intégralement boisée et comprend une cheminée sur le mur ouest en marbre du Languedoc. Longeant le revers des pièces de l’enfilade, un corridor de service est aménagé depuis la Première Antichambre. On apporte un peu clarté à l’entresol de ce couloir en perçant deux petites fenêtres donnant sur la Seconde Antichambre.

Le Grand Cabinet a eu son décor réalisé entre 1750 et 1751 par Verberckt.

Le décor de la Chambre est assez mal connu. L’alcôve est encadrée d’un Cabinet de toilette dont les portes d’accès sont agrémentées d’une glace pour donner du jour.

Dernière pièce de l’enfilade, le Cabinet Intérieur entresolé est chauffé par une cheminée en marbre. Au revers de ce Cabinet, un arrière-cabinet est appelé Boudoir. Sans lumière directe, il est chauffé par une petite cheminée.

LE CABINET INTERIEUR DE MADAME ADELAIDE – Les Trésors de Versailles
Actuel cabinet intérieur de Madame Adélaïde, ancien Cabinet de Madame de PompadourLe cabinet intérieur de Madame Adélaïde, Versailles

Le reste des cabinets et des pièces de service donnent sur la Cour du Roi où l’on retrouve un appartement des bains de deux petites pièces exiguës et sombres. La Salle de bain et la pièce des chaudières sont accompagnées d’un petit cabinet de chaise.

L’entresol de ces trois pièces comprend un seul cabinet dont l’accès se fait par un petit escalier.

Son appartement devient l’antichambre du pouvoir.

Aucune description de photo disponible.
Grand Cabinet de Madame de PompadourPeut être une image de 1 personne

C’est Madame de Pompadour qui donne au Grand Cabinet sa forme actuelle, et la cheminée de marbre sérancolin est posée pour elle.

Les riches boiseries qui l’ornaient ont entièrement disparu, mais les corniches faites pour Madame Adélaïde, qui récupérera ce cabinet, ont pu être rétablies.

Pendule à orgues au concert de singes
Pendule à orgues au concert de singes,
Le thème exotique de la “singerie” a d’abord été élaboré pour les lambris de décors intérieurs. Les premiers orchestres de singes en porcelaine apparaissent peut-être en France à Mennecy après 1740, mais c’est en Allemagne qu’il connaissent leur plus brillant développement. 

Le 27 novembre 1751

Charles-François Le Normant de Tournehem (1684-1751), directeur général des bâtiments du Roi, académies et manufactures depuis, décède. Il est probablement le père biologique de Jeanne-Antoinette et Abel François.

Abel-François Poisson est alors rappelé d’Italie et prend ses fonctions de directeur général des Bâtiments du Roi. Il reste à ce poste jusqu’à sa démission en 1773, établissant un record de longévité dans ces fonctions au XVIIIe siècle. Il encourage la peinture d’histoire et, dans l’architecture, le mouvement de retour à l’Antiquité qui devait engendrer le néoclassicisme.

Le 7 février 1752

Un arrêté du Conseil du Roi Louis XV interdit l’impression et la diffusion des deux premiers volumes de l’Encyclopédie

Le 10 février 1752

Décès de Madame Henriette, la fille préférée du Roi, à l’âge de vingt-quatre ans.

Madame Henriette de France, fille de Louis XV (1727-1752) de Jean-Marc  Nattier - Reproduction d'art haut de gamme
Madame Henriette par Jean-Marc Nattier

Le Roi est anéanti comme toute la famille royale. Le peuple maugrée que le décès de la jeune princesse est une punition divine.

Davis-2006-Jeanne Poisson, marquise de Pompadour
Image de Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis

Dès le mois de mai 1752

Le Conseil du Roi reconnaît « l’utilité de l’Encyclopédie pour les Sciences et les Arts », Madame de Pompadour et quelques ministres peuvent ainsi solliciter d’Alembert et Diderot de se redonner au travail de l’Encyclopédie.

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Pompad11
Madame de Pompadour par Maurice-Quentin De La Tour
La marquise ne porte pas de bijoux, sa coiffure est très simple mais la robe est magnifique.
Tous les objets représentés ont une signification : les livres avec l’Encyclopédie (elle fréquente les philosophes et les nouveaux penseurs, Diderot est un critique dur, admirateur de La Tour), la référence au théâtre, aux sciences naturelles et politiques , la partition (elle chante), une guitare sur le canapé (elle joue de la musique), un recueil de gravures (elle grave), le carton à dessin etc…
Pas d’allusion à l’architecture ou aux arts décoratifs à cause des critiques pour ses dépenses dans ces domaines.
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Tete_p10
Dessin préparatoire: La Tour a trouvé la bonne position de tête, il éclaire bien le menton qui mange la moitié du cou, remarquable intelligence du regard.
Le traitement des disgrâces est spécialement intéressant :
– pour les seins, la marquise utilise un truc de femme : un gros nœud ( le parfait contentement!) devant.
– A la différence de presque tous ses portraits, La Tour ne lui laisse porter ni faveur, ni ruban de chapeau qui cache son cou. Il lui tourne la tête. Le menton occupe la moitié du cou, avec le grand trucage classique de La Tour : le reflet lumineux sous le menton.
– La robe est une merveille et en même temps dissimule bien une cuisse lourde qui au contraire devient un vaste espace ou joue sensuellement la soie, le motif d’acanthe chamois qui passe en deux volutes sur le galbe de la cuisse, tout en l’affinant, comme une caresse, est superbissime.
– à l’opposé les grâces sont mises en lumière : les mains superbes, les doigts déliés, les pieds, la peau.
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Captu275
Estampe gravée par Madame de Pompadour d’après Guay, graveur du Roi

En août 1752

La marquise de Pompadour songe à marier sa fille Alexandrine dès qu’elle atteint l’âge de huit ans. Elle envisage tout d’abord un mariage avec le marquis du Luc (1741-1814) , fils naturel de Louis XV et de la comtesse de Vintimille (1712-1741), mais le Roi montre peu d’intérêt pour ce projet.

Elle songe alors à se rabattre sur le duc de Fronsac (1736-1791), fils du maréchal de Richelieu (1715-1788), mais ce dernier se récuse, excipant de la nécessité d’obtenir l’accord de la famille de Lorraine-Harcourt, à laquelle appartient son épouse et à travers elle du chef de la maison de Lorraine, à savoir l’Empereur François Ier du Saint-Empire (1708-1765).

Madame de Pompadour finit par obtenir du duc de Chaulnes (1714-1769) la promesse que son fils, le duc de Picquigny (1741-1792), épousera Alexandrine lorsqu’elle aura treize ans ; en échange, le duc de Chaulnes sera nommé gouverneur du duc de Bourgogne, fils aîné du dauphin Louis-Ferdinand, et la duchesse deviendra gouvernante des enfants de France.

1938 Let's Go Up the Champs-Élysées
Jeanne Boitel est Madame de Pompadour dans Remontons les Champs-Élysées (1938) de Sacha Guitry 1938 Let's Go Up the Champs-Élysées

En 1753

Louis XV achète l’hôtel d’Évreux (aujourd’hui, Palais présidentiel de l’Élysée) et l’offre à Madame de Pompadour pour en faire sa résidence parisienne.

Façade de l'hôtel d'Evreux, Palais de l'Elysée, 55 faubourg Saint-Honoré,  actuel 8ème arrondissement. | Paris Musées
L’hôtel d’Évreux

Le 25 juin 1754

Sa fille Alexandrine meurt à l’âge de neuf ans, d’une foudroyante crise d’appendicite et probablement d’une péritonite aiguë au couvent des Dames de l’Assomption, rue Saint-Honoré à Paris, où elle recevait son éducation.

Madame de Pompadour, retenue à Versailles, n’est pas présente. Lorsque la nouvelle lui parvient, Louis XV dépêche en urgence deux de ses médecins personnels au chevet de l’enfant, mais ils arrivent trop tard. La jeune Alexandrine, âgée de neuf ans, a déjà succombé.

La disparition de sa fille finit d’anéantir la marquise. Ses somatisations s’accentuent : pertes de mémoire, maux de tête, sensations d’étouffement, palpitations, crises d’asthme, difficulté à se mouvoir, maux de gorge doublés de grandes fièvres et insomnies constituent désormais son quotidien.

Absolument désespérée, elle prétend attendre la vieillesse et la mort entourée d’animaux de compagnie, qui doivent l’aider à surmonter son manque affectif et l’accompagner jusqu’au bout de sa phase mélancolique.

Essence du tabac de Pompadour pour corriger la mémoire … - Esprit ...
La sultane buvant du café, (vers 1754) par Carle Van Loo ; Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage

Susceptible, orgueilleux, ombrageux, sans cesse occupé de ses origines roturières qu’il craint de se voir reprocher, Abel-François Poisson est un administrateur intelligent et actif, pénétré de l’importance de sa mission.

Ayant hérité de son père, François Poisson, le château de Marigny-en-Orxois, près de Château-Thierry, il est créé marquis de Marigny.

Abel François Poisson de Vandières, 1er. Marquis de Marigny, 2ème. Marquis de Ménars & Pair de France (1727-1781), Directeur-Général des Bâtiments du Roi, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit. / By Louis Tocqué.
Abel François Poisson de Vandières, marquis de Marigny, marquis de Ménars et Pair de France, Directeur-Général des Bâtiments du Roi, Chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit par Louis Tocqué

Le 23 août 1754

Naissance de Louis-Auguste, futur Louis XVI.

Louis-Auguste par Frédou

L’oratoire de Madame de Pompadour

( Texte et illustrations de Christophe Duarte- Versailles passion )

La Marquise fait la demande au Roi d’un oratoire qui lui permette de prier sans être vue.

Peut être une image de intérieur
L’oratoire de Madame de PompadourPeut être une image de niveau et texte qui dit ’GALERIE HAUTE DE L'AILE NORD COUR DELA CHAPELLE COUR BASSE CHAPELLE ROYALE CHAPELLE COUR L'OPERA OPERA ROYAL’

Au mois d’octobre 1754, les travaux débutent dans un petit local donnant sur le palier d’un entresol à l’angle nord-est de la cour basse de la Chapelle.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion- Christophe Château Versailles 4septe 2016’
L’oratoire de Madame de PompadourPeut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe Château Versailles 4spmbe2016’
Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Châteaude Versailles 4septembre 2016’

Cette petite pièce est éclairée par une fenêtre sur cette cour et donne sur le bas coté de la chapelle par une ouverture percée dans un vitrail existant au dessus d’un confessionnal qui a disparu à la Révolution.

Peut être une image de monument, intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion ChristopheD. Châteaud Versailles septembre2016’
L’oratoire de Madame de PompadourPeut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion -ChristopheD. Château Versailles 4septembre 2016’

Cette ouverture permet à la marquise de voir la chapelle et de suivre les offices sans être aperçue.

Peut être une image de intérieur
L’oratoire de Madame de Pompadour

Cet oratoire est meublé par le Garde-Meuble de la Couronne : il y a des rideaux de mousseline, du velours d’Utrecht, une genouillère de velours, un tapis d’ours doublé de toile, un poêle pour chauffer la pièce, des stores de taffetas et un prie-Dieu de velours ciselé cramoisi. Ses murs sont alors simplement peints.

Aucune description de photo disponible.
L’oratoire de Madame de Pompadour
Pompadour - La marquise de Pompadour Pompad18
Madame de Pompadour en belle jardinière (vers 1755) par Charles André Van Loo
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Captu277
Estampe gravée par Madame de Pompadour d’après Guay, graveur du Roi

Madame de POmpadour appuie la carrière du cardinal de Bernis, du duc de Choiseul et soutient le renversement des alliances de la Prusse vers l’Autriche qui se concrétise par la guerre de Sept Ans et la perte de la Nouvelle-France. La légende veut que la marquise, pour consoler le Roi très affecté par la déroute de Rossbach, l’aurait exhorté à ne pas s’affliger outre mesure, concluant par ces mots :

«Il ne faut point s’affliger : vous tomberiez malade. Après nous, le déluge !».

Le 17 mars 1755

Madame de Pompadour écrit à Choiseul la présente lettre :

« Je ne puis m’empecher de vous faire part de la très grande passion qui vient de me prendre pour S.S. [Sa Sainteté] Elle a ecrit au roy une lettre digne du prince de l’Eglise, du chef de la religion, d’un bon français et d’un père tendre, je l’aime à la folie. [il s’agit de la bulle Unigenitus et des billets de confession]. Je voudrais bien que nous fussions aussy bon sujets icy, dans tous les genres, il s’en faut malheureusement beaucoup, nous sommes aux fanatiques, pour toute nouriture, et de tous les cotés. Plaignés nous et loués le St Père. Je suis fort aise que sa lettre, et la réponse passe par vous, c’est un moyen de plus d’estre utile, vous scaves touttes les raisons qui me le fonts désirer, M. Vouillé sy prête de tres bonne grace ».

pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Pompad10

Le 23 août 1755

Naissance de Louis-Marie (1755-1813), futur comte de Narbonne, fils d’une dame d’honneur de la duchesse de Parme, Elisabeth de France (1727-1759), fille aînée du Roi…. et de Louis XV qui le reconnaît publiquement.

Cela en est trop pour Jeanne-Antoinette qui, craignant de perdre sa place, décide dans un ultime délire de se réfugier du côté d’une intemporalité pathologique jusqu’à être prise d’un profond malaise qui la laisse inanimée. Inquiet, Louis XV, malgré l’interdiction faite à toute personne étrangère à la famille royale de mourir à Versailles, permet qu’elle demeure à la Cour.

Alain Laudet
François Boucher. Portrait de la marquise de Pompadour (1756)
Madame de Pompadour (1756) par François Boucher

Le samedi 7 février 1756

Le Roi annonce la nomination de Madame de Pompadour, Dame du palais de la Reine.

2015 Casanova
Bojana Novakovic est la marquise de Pompadour dans Casanova (2015) de Stu Zicherman

Le dimanche 8 février 1756

La présentation de Madame de Pompadour en tant que Dame du palais de la Reine a lieu, après les vêpres.

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 0_f54510
La marquise de Pompadour par Boucher (1756)
Le portrait de 1756 n’a pas la présence de celui de La Tour et encore moins la ressemblance. La manière est toute autre les rubans, la faveur qui cache le cou, les bijoux, la débauche de fleurs, dans le fond les livres évocateurs, un fouillis de gravures près de son chien.
Boucher lui allonge la jambe, mais la position de la tête est la même que celle choisie par La Tour (elle n’a pas oublié). Boucher comme La Tour lui donne une présence, ce qui n’est pas facile avec la robe qu’elle porte. La marquise écrit dans son carnet, le regard vague.
L’horloge (bien en évidence) est vue dans le miroir et indique donc les heures à l’envers, un écoulement du temps va vers comme vers le passé…
Il est huit heures moins vingt, (sans doute pas par hasard), elle va passer la soirée seule. A ses pieds deux roses nouées : sa fidélité à Louis XV. Émouvante constance, délicatesse de la peine.
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Pompad12
Portrait de Mimi, le King Charles de Madame de Pompadour par Christophe Huet
1928 Marquis d'Eon, der Spion der Pompadour
Agnes Esterhazy est Madame de Pompadour dans Marquis d’Eon, der Spion der Pompadour (1928) de Karl Grune

En 1756

Abel-François de Marigny est nommé greffier de l’ordre du Saint-Esprit, ce qui lui permet d’avoir un « cordon bleu » qu’il n’aurait pu avoir autrement. Parmi les nombreuses plaisanteries, on dit qu’il était « un bien petit Poisson pour être mis au bleu ».

le Marquis de Marigny - Simil'Art Gallery
Abel-François de Marigny par Alexander Roslin

Le 5 janvier 1757

Attentat de Damiens contre le Roi.

En ce 5 janvier 1757, un carrosse attend le Roi dans le passage couvert qui va de la cour royale au parterre nord. Vers six heures du soir, le souverain descend son escalier intérieur et traverse la salle des gardes du corps. Il est accompagné du Dauphin, du capitaine des Gardes du roi, des Grand et Petit écuyers et du colonel des Gardes suisses. Il fait nuit. Au sortir de la pièce, éclairée par des torches, le Roi est assailli par un individu qui le frappe violemment. Ayant conservé son chapeau, le forcené est maîtrisé, car il aurait dû se découvrir devant le Roi.

Portant la main au côté droit, le Roi pense qu’on lui a donné un coup de coude ou de poing, selon les sources. Mais sa main est ensanglantée. Le couteau a pénétré entre la quatrième et la cinquième côte, causant une blessure longue, mais superficielle. On transporte Louis XV dans sa chambre. Il saigne abondamment. Choqué, il finit par s’évanouir. Revenu à lui, il croit qu’il va mourir. Il réclame un prêtre, confie le royaume au Dauphin et demande pardon à la Reine des peines qu’il lui a infligées.

L'Attentat de Damiens - 2. L'iconographie - Presses universitaires de Lyon

Depuis le début, le Roi sait qu’il s’agit d’un acte isolé. Quoique remis de sa blessure au bout de huit jours, il est toujours commotionné. L’attentat a laissé des séquelles. Devant l’émoi général, Louis XV entend changer d’attitude. Il veut regagner la confiance de ses sujets, renoncer à ses maîtresses et préparer le Dauphin à sa succession. Sages décisions… qui ne dureront qu’un temps : Madame de Pompadour, un temps inquiétée, reprend bien vite sa place et régnera sur l’esprit du Roi jusqu’à sa mort…

1975 L'attentat de Damiens
Myriam Colombi est Madame de Pompadour dans L’Attentat de Damiens (1975) de Pierre Cavalissas

Du 12 février au 26 mars 1757

Procès de Robert-François Damiens(1715-1757). Il a quarante-deux ans et a servi plusieurs conseillers au Parlement, très critiques envers le Roi et la marquise de Pompadour. Ces critiques régulières sont montées à la tête de Damiens, au caractère influençable et exalté.

Robert-François Damiens

Le 28 mars 1757

Damiens est exécuté Place de Grève. Son supplice, à l’instar de celui de Ravaillac, compte de nombreuses tortures, avant qu’il soit écartelé et brûlé. Damiens s’est rendu coupable du crime suprême : celui de « parricide commis sur la personne du Roi » et donc de lèse-majesté.

Résultat de recherche d'images pour "attentat de damiens"
Supplice de Damiens
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Captu278
Estampe gravée par Madame de Pompadour d’après Guay, graveur du Roi
Aucune description disponible.
Katja Flint est Madame de Pompadour dans Le jeune Casanova de Giacomo Battiato (2002)
Katja Flint in 'Il giovane Casanova' | Madame de Pompadour |  eighteenth-century French period makeups | themakeupgallery
La marquise de Pompadour, une multipropriétaire
Portrait de Madame de Pompadour (1758) par François Boucher
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 2014gy12

Dans Les Liaisons Dangereuses (1989) de Stephen Frears, la marquise de Merteuil qu’incarne Glenn Close revêt les atours de la marquise de Pompadour. Voyons donc comment on devient Marquise grâce au superbe travail du costumier du film, James Acheson :

Images des Les Liaisons Dangereuses (1989)
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Marqui10
Madame de Pompadour (1759) par François Boucher, The Wallace Collection, Londres

Pendant son « règne » de vingt ans, elle maintient des rapports cordiaux avec la Reine :

Puisqu’il en faut une ; J’aime autant celle-ci qu’une autre“.

Marie Leszczyńska
Résultat de recherche d'images pour "marie leczinska"
Charlotte de Turckheim est Marie Leszczyńska dans Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis

En 1759

Plateau et service à thé de Madame de Pompadour

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Un “déjeuner” est un petit service à thé qui comprend des tasses et des soucoupes et parfois d’autres articles utilisés pour le petit déjeuner sur un plateau.

Aucune description de photo disponible.
Plateau et service à thé de Madame de Pompadour

Ici deux tasses et soucoupes “gobelets et soucoupes Hébert” et un sucrier “pot à sucre bouret” sont associés à un plateau “plateau de Courteille”.

Aucune description de photo disponible.
Service à thé de Madame de Pompadour

Le modèle du plateau porte le nom du Marquis de Courteille, représentant du Roi chargé de la Sèvres – Manufacture et Musée, à qui le premier exemplaire de ce plateau est présenté en décembre 1753.

Toutes les pièces sont décorées d’un bleu sous glaçure et d’un fond vert sur glaçure, une combinaison qui a été principalement utilisée entre 1758 et 1760 et techniquement très difficile à réaliser.

Le bleu est recouvert d’un motif doré élaboré appelé “œil de perdrix”. Encadrées de fleurs, les charmantes scènes figuratives montrent des enfants engagés dans des activités rustiques telles que la pêche, la collecte de fleurs et le barattage du beurre. Peint par André-Vincent Vielliard, ils sont basés sur des estampes d’après François Boucher dont les compositions furent fréquemment reprises à la Manufacture de Sèvres.

Aucune description de photo disponible.
Plateau à thé de Madame de Pompadour

Le service a été acheté par Madame de Pompadour lors de la grande vente annuelle de décembre 1759.

Une théière et un pot à lait pourraient manquer à ce service.

Aucune description de photo disponible.
Service à thé de Madame de Pompadour
Abel François Poisson marquis de Marigny et son épouse, marquise de Marigny,  née Filleul
Jeanne-Antoinette de Pompadour et Abel-François de Marigny

La marquise de Pompadour fait l’acquisition du château et du marquisat de Menars

( texte et illustration de Christophe Duarte – Versailles passion )

Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.
Aucune description de photo disponible.

En 1760, la Marquise charge Ange-Jacques Gabriel de construire deux nouvelles ailes de part et d’autre des pavillons, pour remplacer celles éditées au XVIIe siècle.

Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars
Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.
Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.Aucune description de photo disponible.
Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.

Pour briser l’uniformité de la façade, Gabriel couvre ces deux ailes de toits plats “à l’italienne”.

Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

De chaque côté de la cour d’honneur, il bâtit deux pavillons : le pavillon de l’Horloge à droite, qui renferme les cuisines, reliées au château par un souterrain, et le pavillon du Méridien à gauche, où se trouve la conciergerie.

Il dirige également d’importants travaux d’aménagement intérieur.

Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

En 1764, à la mort de la Marquise, le domaine passe à son frère, Abel-François Poisson de Vandière, marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi. De nouveaux travaux sont réalisés sous la direction de Jacques-Germain Soufflot (1713-1780), qui fait creuser une longue pièce d’eau en bas du parc, surnommée les bains Pompadour, ainsi qu’une grotte et une orangerie et une rotonde qui abrite une statue de déesse en marbre, en plus des dizaines de statues qui jalonnent les jardins.

Aucune description de photo disponible.
Le château de MenarsAucune description de photo disponible.

Côté cour, le corps de logis est doublé par un corps en rez-de-chaussée couvert “à l’italienne”, tandis que les ailes édifiées par Gabriel sont dotées de combles dits “à la française”.

Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

Le Roi érige le marquisat de Menars en duché, ce qui permet à Madame de Pompadour d’accéder au titre de duchesse et donc de pouvoir s’asseoir auprès des membres de la famille royale.

Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

Pendant son « règne » de vingt ans, elle maintient des rapports cordiaux avec la Reine (“J’aime autant celle-ci qu’une autre“). Madame de Pompadour entretient aussi des relations avec les ministres qu’elle invite parfois dans ses appartements.

Aucune description de photo disponible.
Le château de Menars

En 1762

Sous l’impulsion de la marquise, Louis XV ordonne la construction d’un nouveau Trianon dans le parc de Versailles. Madame de Pompadour supervise elle-même les plans et la construction de ce qui allait devenir « le Petit Trianon » et devait être sa future résidence à la Cour.

Audioguide VERSAILLES - Trianon - Guide Touristique | MyWoWo
Le Petit Trianon
Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 Jean-j10
Inès, chien de madame de Pompadour (1762) par Jean-Jacques Bachelier

En 1763

Connaissant encore de grandes contrariétés causées, entre autres, par les revers et les défaites de l’armée, qui finit par perdre la “ Guerre de Sept Ans ” (1756-1763), Madame de Pompadour reçoit cette capitulation comme un échec personnel.

En 1764

Sa respiration lui interdisant la position couchée, Jeanne-Antoinette s’installe dans un ravissant fauteuil rappelant un trône, fait entériner son testament, présente ses adieux au Roi et meurt en compagnie du prêtre qui l’a confessée.

Alain Laudet
DROUAIS François-Hubert, d'après - Portrait de Madame de Pompadour - XIXe  siècle - N.81103

Épuisée par vingt années de vie, de travail et d’intrigues à la cour, sa santé chancelle, Madame de Pompadour contracte la tuberculose. À Versailles, elle se plaint constamment de l’air froid et humide de ses grands appartements, regrettant le petit appartement de l’attique nord, plus facile à chauffer, qu’elle a occupé les cinq premières années de son installation.

Elle meurt avec un courage rare à tout sexe. Son mal est la poitrine qui se remplit d’eau ou de pus et le cœur engorgé ou dilaté. C’est une de ces fins les plus douloureuses et les plus cruelles qu’on puisse imaginer. Que vous dirais-je de son âme? Elle désirait, dès Choisy, de s’en aller mourir à Paris… Le roi ne l’a pas vue depuis hier : elle a été administrée cette nuit. Le curé de la Magdeleine de La-Ville-l’Evesque ne la quitte pas. Voilà des sujets d’espérer de la miséricorde pour elle.

Le Dauphin à Mgr Nicolay, évêque de Verdun
Pompadour - La marquise de Pompadour Franco22
Madame de Pompadour à son métier à broder (vers 1763-64) par François-Hubert Drouais

Le 15 avril 1764

La marquise de Pompadour meurt d’une congestion pulmonaire, à l’âge de quarante-deux ans, à Versailles, ultime privilège, puisqu’il est interdit à un courtisan de mourir dans le lieu où résident le Roi et sa Cour.

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 3 Jeanne10
Madame de Pompadour par Drouais

Nous avons perdu la pauvre marquise. Les miséricordes de Dieu sont infinies et il faut espérer qu’elle les a éprouvées, puisqu’Il lui a fait la grâce de communier et de recevoir l’extrême-onction. Il ne nous reste plus qu’à prier pour elle. Le roi est fort affligé… Il se contraint avec tout le monde et avec nous. Notre plus grand désir est qu’il puisse se plaire avec nous. Le moment exige un redoublement de prières. Adieu ; ne me répondez pas ; ne me parlez même pas de la marquise que par des voies sûres.

Marie-Josèphe à Mgr Nicolay, évêque de Verdun

Madame de Pompadour est emmenée sur une civière à son Hôtel des Réservoirs, où elle est veillée deux jours et deux nuits dans sa chambre, transformée en chapelle ardente du voisinage, pour être deux jours plus tard enterré dans une petite église de la place Vendôme, aujourd’hui disparue, aux côtés d’Alexandrine.

Résultat de recherche d'images pour "Hôtel des Réservoirs"
L’Hôtel des Réservoirs à l’extrémité de l’Aile du Nord à Versailles

Le mardi 17 avril 1764 en fin d’après-midi

Le premier service funèbre de la marquise de Pompadour se déroule à l’église Notre-Dame de Versailles.

« L’an mil sept cent soixante et quatre le dix sept d’avril,très haute et très puissante dame Madame Jeanne Antoinette Poisson,
duchesse marquise de Pompadour et de Menar,
dame de St Oüen près Paris et autres lieux,
l’une des dames du palais de la Reyne,
décédée d’avant hier, âgée de quarante trois ans,
a été transportée par nous soussigné curé
aux Capucines de Paris lieu de sa sépulture,
en présence de pierre Benoist prêtre et de Sébastien Lefebvre
qui ont signé. Allart curé, Benoist prêtre, S. Lefebvr
e  »

On raconte que, considérant le mauvais temps alors que le convoi funéraire de Jeanne-Antoinette quittait Versailles pour Paris, Louis XV aurait fait cette remarque :

« La marquise n’aura pas beau temps pour son voyage »

et voyant le cortège s’éloigner sans avoir pu rendre officiellement hommage à c elle qui avait été si longtemps sa confidente :

« Voilà les seuls devoirs que j’aie pu lui rendre ! »

Aperçu de l’image
Images de Louis XV, le Soleil Noir (2009) de Thierry Binisti Aperçu de l’image

Dans ses dispositions testamentaires et faute de descendance ,   Madame de Pompadour offre une partie de ses résidences au Roi.

” On doit bien s’attendre que le tombeau de madame de Pompadour sera un objet d’hommages et de satires. L’épitaphe suivante remplit l’un et l’autre objet. On la suppose écrite au bas de son buste ; à côté sont l’Hymen et l’Amour en larmes, avec leurs flambeaux renversés.

Ci-gît Poisson de Pompadour,
Qui charmait la ville et la cour :
Femme infidèle, et maîtresse accomplie.
L’Hymen et l’Amour n’ont pas tort,
Le premier de pleurer sa vie,
Le second de pleurer sa mort.
   ”  

Mémoires secrets

Sources:

  • ANTOINE, Michel, Louis XV, Fayard, Paris, 1989, 1 058 p.
  • BERTIERE, Simone, Les Reines de France au temps des Bourbons, tome 3 : La Reine et la favorite, éditions de Fallois, Paris, 2000, 559 p. + 32 p. de planches illustrées
  • CORTEQUISSE, Bruno, Mesdames de France , Perrin, Paris, 1989, 315 p.
  • DUARTE, Christophe, Versailles passion, groupe FB https://www.facebook.com/groups/345409295656055
  • GROUCHY, Emmanuel-Henri, vicomte de, Les châteaux de Meudon et le château de Bellevue : Album de quarante-cinq photographies, Meudon, 1865, 32 p. et 45 pl. de photographies
  • HOURS Bernard, Louis XV et sa cour, (2002) Presses Universitaires de France
  • LAUDET, Alain, “Jeanne-Antoinette Poisson, une hystérique nommée Marquise de Pompadour”, Signes et Sens, le portait du bien-être, https://www.signesetsens.com/psychobiographie-marquise-de-pompadour-jeanne-antoinette-poisson-hysterique.html
  • LEVER, Evelyne, Madame de Pompadour, Perrin, Paris, 2006, 407 p.
  • LEVRON, Jacques, Louis XV, Perrin, Paris, 1977, 480 p.
  • LEVRON, Jacques, Trois Sœurs pour un Roi ou la Cour de Versailles au début du règne de Louis XV, Perrin, Paris, 1982, 282 p.
  • LEVRON, Jacques, Madame de Pompadour, Perrin, Paris, 1985, 353 p.
  • LEVRON, Jacques, Madame Louis XV ,Marie Leszczynska, Perrin, Paris, 1987, 264 p.
  • NICOLLE, Jean, Madame de Pompadour et la société de son temps, Albatros, Aix-en-Provence, 1980, 367 p.
  • NOLHAC, Pierre, Louis XV et Madame de Pompadour, Flammarion, Paris, 1903
  • NOLAHC, Pierre, Madame de Pompadour et la politique,  coll. « Versailles et la cour de France », L. Conard, Paris, 1930, 341 p.
  • PETITFILS, Jean-Christian, Louis XV, Perrin, Paris, 900 p.
  • SALMON, Xavier, (sous la direction de), Madame de Pompadour et les arts, catalogue d’exposition, Réunion des Musées Nationaux, Paris, 2002, 543 p.
  • SEGUR, Pierre de, Le royaume de la rue Saint-Honoré : Madame Geoffrin et sa fille, Calmann Lévy, Paris, 1897, 503 p.
  • TINAYRE, Marcelle, La vie amoureuse de madame de Pompadour, Flammarion, Paris, 1908
  • Pleasure for treasure, Marie-Antoinette et plus, Vive la Reine,

https://vivelareine.tumblr.com/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!