Le 11 novembre 1773, à huit heures
La comtesse d’Artois quitte Nevers pour se rendre à Montargis. A la porte de Nevers, elle trouve un détachement du régiment Orléans, dragons, conduit par le marquis de Pont Saint-Maurice et le comte de Montboissier. Depont, l’intendant de la province, l’accompagne. Il en prend congé à Pougues.
Suivant les premiers ordres du Roi, la comtesse d’Artois devait aller coucher de Nevers à Briare, mais Louis XV étant informé que la petite vérole y régnait, changea les premières dispositions, et ordonna que la princesse aille se coucher à Montargis.
M. de Cypierre, intendant de la généralité d’Orléans, qui avait fait tous les préparatifs à Briare, reçut un contre ordre le 13 octobre 1773. Il fit aussitôt de nouvelles dispositions à Montargis, lesquelles se trouvèrent prêtes le 29 octobre 1773.
La comtesse d’Artois arrive à Montargis après onze heures du soir, et une marche de trente-six lieues. M. de Cypierre avait fait placer, à chaque relais, des terrines et des flambeaux pour éclairer le chemin ; mais une pluie continuelle, accompagné d’un vent impétueux, rend toutes précautions inutiles. Pour y suppléer et surtout pour diriger les postillons, et prévenir le danger qu’entraîne l’obscurité de la nuit la plus affreuse, M. de Cypierre fait allumer des feux de distance en distance, et tous les habitants des villages voisins secondent son zèle avec une activité incroyable. Les officiers municipaux de Montargis complimentent Marie-Thérèse avant son entrée dans la ville. Sur son passage, toutes les rues sont illuminées et la milice bourgeoise est en arme. M. de Cypierre a ordonné une illumination de six cents toises, depuis les faubourgs de la ville jusqu’au château. Sur l’esplanade du château, devant l’appartement de la comtesse d’Artois, un arc de triomphe, des pyramides et des girandoles sont illuminés mais le mauvais temps en a détruit l’effet.
Un détachement du régiment de la Reine, dragons, ayant à sa tête le marquis de Poyanne et le marquis de Briffe, se trouve au château, la reçoit à la descente de son carrosse.