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Christoph Willibald von Glück

Gluck - Christoph Willibald von Gluck Joseph10
Christoph Willibald, chevalier von Glück par Joseph-Siffred Duplessis 

Le 2 juillet 1714

Naissance de Christoph Willibald von Glück (1714-1787) .

La famille de Christoph Willibald Gluck est originaire du Haut-Palatinat bavarois. À sa naissance, son père Alexander est militaire au service des princes de Lobkowitz.

En 1717

La famille de Glück quitte Erasbach et s’installe en Bohême, où son père exerce la fonction de maître des Eaux et Forêts – profession traditionnellement exercée dans la famille Glück. Il y travaille au service d’Anne-Marie de Saxe-Lauenbourg, grande-duchesse de Toscane, à Reichstadt.

En 1722

Alexander von Glück travaille au service du comte Kinsky – l’une des plus prestigieuses maisons du royaume de Bohême, à Kreibitz.

Dès son plus jeune âge, Glück montre des dispositions pour la musique. À Kreibitz, il suit ses premières leçons de musique et apprend le violon.

En 1727

Alexander von Glück entre au service du duc de Lobkowitz à Eisenberg. Sa situation matérielle n’est pas précaire : le compositeur a lui-même dit qu’il était le fils d’un « maître des Eaux et Forêts », ce qui constitue sans doute une bonne transposition, et il semble probable que son père meurt dans une situation financière enviable.

L’intérêt pour la musique de Christophe va alors croissant. Pourtant, son père souhaite le voir choisir le même métier que lui et il s’ingénie donc à contrarier les dispositions musicales de son fils. Le jeune Glück apprend alors seul la guimbarde – instrument peu bruyant et qui a donc l’avantage de lui permettre de s’exercer en cachette.

Vers 1730

Plutôt que de se soumettre à la volonté paternelle, Christophe décide de quitter le foyer familial et parcourt le pays gagnant sa vie en chantant et en jouant de la guimbarde.

En 1731

Glück s’inscrit à la faculté de philosophie de Prague. Il poursuit, sans doute également durant cette période, sa formation musicale.

En 1735 ou 1736 

Aidé par la famille Lobkowitz et peut-être également par son père avec lequel il s’est réconcilié, Glück se rend à Vienne avec l’intention de devenir musicien.Il entre au service du prince Lobkowitz en 1736.

À Vienne, l’Empereur Charles VI (1685-1740)  impose alors son goût pour l’opera seria italien,

Illustration.
Charles VI

En 1736

Glück décide donc de se rendre en Italie afin de se perfectionner dans le domaine de la musique ; il y est accompagné par le prince lombard Antonio Maria Melzi, qui l’a remarqué à Vienne. Arrivé à Milan, ce dernier décide de l’attacher à sa chapelle privée ; il le met également en relation avec le compositeur Giovanni Battista Sammartini (1700-1775) sous la direction duquel Glück acquiert de solides bases musicales.

Description de l'image Giovanni Battista Sammartini.gif.
Giovanni Battista Sammartini

Pourtant, alors que son mentor pratique un art essentiellement instrumental (ce qui est somme toute rare pour un Italien de cette époque), Gluck lui, est surtout attiré par l’art dramatique.

Le 26 décembre 1741

Il fait ainsi jouer son premier opéra, Artaserse ( Artaxerxès), à Milan. Plusieurs autres suivent dans différentes villes d’Italie, il donne ainsi successivement : Demetrios, créé le 2 mai 1742 à Venise; Demofoonte, créé le 6 janvier 1743 à Milan ; Il Tigrane , créé le 26 septembre 1743 ( Crema) ; La Sofonisba, créé le 18 janvier 1744 (Milan) ; l’Ipermnestra, créé le 21 novembre 1744 (Venise)  ;  Poro, créé le 26 décembre 1744, à Turin;  Ippolito (Hyppolite), créé le 31 janvier 1745 (Milan). Ces premiers ouvrages ne nous sont parvenus qu’à l’état fragmentaire. Gluck se conforme alors à la forme conventionnelle de l’operia seria et utilise les livrets (souvent de Metastase ) alors à la mode et qui sont, suivant un usage courant à cette époque, utilisés et réutilisés de nombreuses fois par différents compositeurs.

Gluck reste en Italie jusqu’en 1745.

En 1745

Christophe Glück part pour Londres.

Glück arrive à Londres entre 1745 et le début de l’année 1746. Il y entre en relation avec lord Middlesex, directeur de l’Opéra qui se trouve encore actuellement au vieux théâtre de Haymarket.

Le 18 janvier 1746

Glück donne à Londres La Caduta de’ Giganti (La Chute des Géants) sous-titré La Rebellione punita dont le sujet fait allusion à la « prochaine défaite des Écossais » – l’opéra remporte un certain succès.

Le 31 mars 1746

 Il donne son Artamene, démarqué de son Tigrane de 1743.

Lors de ce séjour anglais, Gluck fait notamment la connaissance de Haendel (1685-1759) – à qui l’on chercha peut-être à l’opposer, le prince de Galles, qui protégeait l’Opéra, était en effet en conflit avec son père le Roi George II (1683-1727-1760) qui, lui, protégeait Haendel – et se lie avec le compositeur Thomas Arne (1710-1778).

Description de cette image, également commentée ci-après
Georg Friedrich Haendel

À la fin de l’année 1746

Glück quitte l’Angleterre et retourne en Allemagne. Il se fait engager dans la troupe ambulante d’opéra italien des frères Mingotti, avec laquelle il entame une tournée européenne trois ans durant. À Dresde, la troupe participe aux fêtes données en l’honneur d’un double mariage princier : celui du prince Friedrich-Christian de Saxe (1722-1763) avec la princesse Maria-Antonia-Walpurga de Bavière (1724-1780) et celui du prince-électeur Maximilien III Joseph de Bavière avec la princesse Marie-Anne de Saxe (1728-1797).

Le 29 juin 1747

Glück crée à Pillnitz, résidence d’été de la Cour de Saxe située aux environs de Dresde, Le nozze d’Ercole e d’Ebe (Le Mariage d’Hercule et d’Hébé) ; il s’y ressent l’influence de Johann Adolph Hasse (1699-1783) et de Niccolo Jommelli (1714-1774). Cet opéra marque une étape importante dans l’évolution stylistique de Glück. Il se distingue en effet des précédents par une volonté marquée d’exprimer musicalement les sentiments et les situations dans lesquelles se trouvent les personnages, et notamment au moyen d’une nouvelle utilisation des instruments, par une recherche d’effets pittoresques dans les passages évoquant la nature. C’est à Dresde également que le compositeur rencontre pour la première fois le chorégraphe français Jean-Georges Noverre (1727-1810) avec qui il devait par la suite entamer une fructueuse collaboration.

Description de cette image, également commentée ci-après
Jean-Georges Noverre par J.-B. Perronneau

En 1748

 Glück reçoit la commande d’un opéra pour Vienne – il compose donc La Semiramide riconosciuta qui est jouée le 18 mai 1748 avec succès.

La troupe continue sa tournée à Hambourg puis à Copenhague. C’est dans cette dernière ville qu’est créé devant la Cour son opéra-sérénade La Contesa dei Numi le 9 avril 1749.

Vers la fin de 1749

 A Prague, Glück quitte la troupe des Mingotti pour se faire engager dans celle du nouveau directeur du théâtre de cette ville : J. B. Locatelli. Glück y fait représenter Ezio ( Carnaval de 1750) et Issipile (carnaval de 1752). Ces opéras marquent l’apogée de sa carrière italienne, hors d’Italie.

Le 15 septembre 1750

Christophe Glück épouse Maria Anna Pergin, âgée de dix-huit ans et qui est la fille d’un riche négociant de Vienne. Il ne naîtra aucun enfant de ce mariage mais ils adopteront une fille, Marianne (1759-1776).

Vers la fin de 1752

Glück retourne brièvement en Italie où il fait jouer à Naples, le 4 novembre 1752, La Clémence de Titus qui connaît un grand succès.

À la fin de 1752

Glück revient à Vienne et s’y installe définitivement. Il jouit alors d’une renommée internationale et reçoit nombre de commandes de l’étranger. Il bénéficie en outre de la protection du prince de Saxe-Hildburghausen, favori de l’Impératrice Marie-Thérèse, qui le nomme toujours la même année, chef de son orchestre privé ; il le nommera ensuite maître de chapelle. Il entre également en contact avec la Cour. Au palais Rofrano, résidence du prince, il fait la connaissance de nombreux artistes étrangers alors en vogue.

Le 24 septembre 1754

 Grâce à l’appui de son protecteur, est créé au château de Schlosshof son opéra-sérénade Les Chinoises au cours d’une fête champêtre en l’honneur du couple impérial. L’œuvre séduit l’Empereur François Ier (1708-1765) qui en ordonne la reprise l’année suivante au Burgtheater où elle connaît le succès. Ce succès marque la carrière du musicien – il incite en effet le directeur du Théâtre de la Cour Giacomo Durazzo (1717-1794)  à le nommer comme compositeur.

Le clavecin de Marie-Antoinette Martin10
François Ier et trois de ses enfants (1763) : les Archiduchesses Marie-Elisabeth et Marie-Anne et le futur Joseph II

À partir des années 1757/1758 

Glück – à la demande de Durazzo – arrange des comédies-vaudevilles françaises pour le théâtre de la Cour. Ces ouvrages joués à l’origine aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent à Paris et qui sont à l’origine de l’opéra comique, circulent en effet à Vienne où ils rencontrent les faveurs du public. Glück s’intéresse alors beaucoup à ce genre – il le traite librement, à la manière française y ajoute ouverture et airs. Il compose dans ce genre : La Fausse Esclave, créé le 8 janvier 1758 (Vienne) ; L’Île de Merlin, créé le 3 octobre 1758  (Vienne)  ; Cythère assiégée en 1759 (Vienne) ; Le Diable à quatre, créé le 28 mai 1759 (Laxenbourg) ; L’Arbre enchanté, créé la même année ; L’Ivrogne corrigé, créé en avril 1760 (Vienne) et Le Cadi dupé, créé le 8 décembre 1761. Sa dernière mais non pas moindre composition dans le genre est La Rencontre Imprévue ou Les Pèlerins de La Mecque créé le 7 janvier 1764 : cette œuvre – qui est en fait un véritable opéra-comique – ne contient en effet plus de vaudevilles et la musique en est donc entièrement originale. Son incursion dans le genre de l’opéra-comique qui est un genre spécifiquement français, lui permet de se familiariser avec la prosodie française ; son style évolue également vers plus de simplicité et de naturel dans le but d’obtenir une expression des sentiments toujours plus authentique : deux points dont l’importance se révélera par la suite fondamentale.

De cette période date également la sérénade  Tetide  créée le 10 octobre 1760, toujours à Vienne. C’est vers cette époque que ses amis tentent – d’abord sans succès – de lui obtenir un poste à la cour au théâtre ; poste auquel il est finalement nommé en 1759, avant de se voir peu après accorder une pension.

Depuis plusieurs années

Glück médite une nouvelle conception du drame. Durazzo, en mettant le compositeur en relation avec le poète Ranieri de’ Calzabigi (1714-1795) va largement contribuer à la concrétisation de ce projet. Le poète italien partage en effet les idées de réformes de l’opéra soutenues à Paris notamment par les philosophes tels que Diderot, Rousseau, Grimm ou Voltaire et encourage le compositeur dans cette voie. Il est en outre l’auteur de plusieurs ouvrages théoriques consacrés à l’opéra et dans lesquels, il prône notamment une « régénérescence de l’opera seria » italien. Gluck adhère largement aux conceptions du poète. C’est de cette collaboration que va se concrétiser une réforme radicale de l’opéra ; il en découlera plusieurs des œuvres majeures du compositeur.

Calzabigi souhaite ainsi de l’opéra français, particulièrement l’idée d’une plus grande fluidité entre l’air et le récitatif pour donner une plus grande continuité au drame. Il préconise également l’introduction de grandes pages chorales ainsi que l’emploi de la pantomime dansée, suivant les nouvelles idées chorégraphiques théorisées par Jean-Georges Noverre ou Gasparo Angiolini (1731-1803). Enfin il propose de substituer au drame métastasien généralement fondé sur une intrigue complexe, une action qui s’appuie sur un mythe et qui est basée sur une idée morale dont le protagoniste est le symbole vivant.

Le 5 octobre 1762

La première œuvre à naître de cette collaboration et qui marque donc le point initial de la « réforme » est Orphée et Eurydice créé à Vienne.

Le 17 octobre 1761

Le ballet-pantomime Don Juan ou le Festin de Pierre également créé à Vienne et à la création duquel participe le chorégraphe Gasparo Angiolini. Cette œuvre est le premier véritable ballet d’action dans l’histoire de la musique.

En 1764

 Il donne un opéra-comique, La Rencontre Imprévue, et l’année suivante deux ballets, puis deux nouveaux opéras, également sur des livrets de Calzabigi : Alceste (1767) et Pâris et Hélène (1770). Même si, contrairement à Orfeo et Alceste, Gluck ne jugera pas utile d’adapter cet ouvrage pour la scène parisienne, il y puisera abondamment airs et ballets pour ses ouvrages parisiens. Par ailleurs, l’ouverture de Pâris reprend l’idée de la sinfonia à l’italienne avec ses trois mouvements, à cette différence près que chacun d’eux s’enchaîne directement au suivant sans transition. Gluck a ainsi pu influencer le jeune Mozart (1756-1791), qui, quelques mois plus tard, allait faire créer son oratorio Betulia liberata (1771), dont l’ouverture reprend le même concept. Mentionnons en outre que Paride esquisse déjà l’idée du leitmotiv, puisque la plupart des thèmes de l’ouverture sont entendus dans l’acte final, associés chaque fois à un élément dramatique (notamment la colère de Pallade).

Gluck est également professeur de clavecin de l’Archiduchesse d’Autriche Marie-Antoinette, future Reine de France. Elle lui accordera sa protection quelques années plus tard lorsqu’il sera à Paris…

Le clavecin de Marie-Antoinette Ma24510
Marie-Antoinette au Clavecin (1769) par X. Wagenschoen
“ Marie-Antoinette (1975)
”
Pascale Christophe dans Marie-Antoinette (1975) de Guy-André Lefranc
La Joueuse de tympanon : automate à l’effigie de Marie-Antoinette

C’est sur sa musique que la petite Archiduchesse Antonia danse, à l’âge de neuf ans, dans un ballet composé par Noverre, Il parnasso confuso, lors des fêtes familiales en l’honneur de l’Empereur Joseph II et de sa seconde épouse.

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Marie-Antoinette dansant Le Triomphe de l’Amour (1765) par Georges Weikert

En 1774

Le 16 mai 1770

Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

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Le mariage dans le film de Sofia Coppola (2006)
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Gluck arrive à Paris à la suite du mariage de la Dauphine qui ne lui ménage pas Ses encouragements : La Rencontre imprévue ou les Pèlerins de La Mecque est montée pour la première fois à Paris grâce à Elle et Elle a imposé le compositeur à l’intendant des Menus Plaisirs, Papillon de la Ferté.

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Le 19 avril 1774

Image de Marie-Antoinette ( 2006) de Sofia Coppola

Gluck compose en français, pour l’Opéra, Iphigénie en Aulide sur un livret de Du Roullet. La réussite de la première avec Sophie Arnould dans le rôle-titre, est due en grande partie au soutien de la Dauphine : en dépit des habitudes parisiennes, Elle applaudit dès le lever de rideau.

Marie Antoinette GIF | Gfycat
Kirsten Dunst est Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Par la suite, lors du chœur “Chantez, célébrez votre Reine” (qu’Elle ne sera que vingt-et-un jours plus tard ), les chanteurs se tournent tous vers Marie-Antoinette dans Sa loge et le public L’ovationne.

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Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Les spectateurs sont conquis par ce renouveau de l’opéra français. Rousseau, fin musicologue à ses heures, est enthousiaste.

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
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Marie-Antoinette recevant le chevalier von Glück lors de la représentation de son Iphigénie en Aulide

Moins de six mois plus tard, Orphée et Eurydice, version française d’Orfeo (1762) crée le succès de Glück à Paris.

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Orphée et Eurydice

Le 19 avril 1774

Iphigénie en Aulide de Gluck triomphe lors de sa création à l’Opéra grâce au soutien de la Dauphine.

Kirsten Dunst incarne la Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

Le 10 mai 1774

Mort de Louis XV.

Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI.

La nouvelle Reine Marie-Antoinette soupire :

« Mon Dieu, guidez-nous, protégez-nous, nous régnons trop jeunes ! »

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Marie-Antoinette, portrait Au Globe par Jean-Baptiste Gautier-Dagoty, 1775

Du 10 octobre au 10 novembre 1774

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Tous les matins, la Reine reçoit une leçon de harpe d’une heure et demi voire deux heures.

Marie-Antoinette par Gautier d’Agoty (détail)

Dimanche 11 juin 1775

Fichier:Louis XVI en costume de sacre - Joseph-Siffred Duplessis ...
Louis XVI par Duplessis

Louis XVI est sacré à Reims.

En 1776

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L’Alceste vaut un nouveau triomphe à Gluck.

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 Entrevue à Trianon entre Marie Antoinette et Gluck

Ces deux opéras remportent chacun également un franc succès mais sont aussi le point de départ d’une controverse entre les tenants de Gluck et ceux de la musique italienne qui acceptent mal cette francisation de l’opéra italien. Ces derniers se choisissent alors comme champion le compositeur  Niccolo Piccinni (1728-1800) qui était occupé à travailler sur le même livret.

Niccolo Piccinni

La guerre entre gluckistes et piccinnistes attriste les deux compositeurs mais engage l’énergie de leurs partisans.

Marie-Antoinette recevant Glück : on reconnaît la princesse de Lamballe et l’abbé de Vermond… et le portrait du Roi par Callet


La Reine réussit à imposer Son protégé, que défendent également Arnaud, Voltaire ou Suard, et la musique allemande connaît un essor extraordinaire en France.
Gluck compose Armide en 1777 et Iphigénie en Tauride en 1778.

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Marie-Antoinette et la princesse de Lamballe avec Gluck et Salieri

En 1777

 Création d’ Armide qui reprend le livret de Philippe Ouinault, déjà mis en musique en 1685 par Jean-Baptiste Lully. C’est à cette occasion qu’éclate la querelle.

Buste de Glück en terre cuite par Jean-Antoine Houdon
A portrait of Marie Antoinette by an unknown artist
source: gallica.bnf.fr
Marie-Antoinette au clavecin

En 1779

La querelle entre gluckistes et piccinnistes prend fin avec le succès d’Iphigénie en Tauride. Mais quelques mois plus tard, la création de Echo et Narcisse se solde par un échec. Gluck quitte alors définitivement Paris.

Glück, Lithographie de F. E. Feller


Il rentre ensuite à Vienne, ayant exercé une influence durable sur la musique française. Affecté par cet échec, bien qu’admiré par ses contemporains Gluck met un terme à sa carrière.

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Il révise Iphigénie en Tauride pour en donner une version allemande et compose quelques lieder mais renonce à se rendre à Londres.

Le 15 novembre 1787

Christophe Glück meurt à Vienne.

La sépulture de Glück au cimetière central de Vienne

Pour la Baronne d’Oberkirch, “Gluck est l’harmonie et la puissance“. Le compositeur a réussi à mener à bien une véritable réforme de la tragédie lyrique française après avoir poussé à un rare point de perfection l’opéra italien.

Glück laisse derrière lui une abondante production lyrique, mais surtout deux réformes (italienne et française) qui ouvrent la voie aux théâtres rossinien et weberien.

Sources :

  • BERTIERE, Simone, Les Reines de France au temps des Bourbons, tome 4 : Marie-Antoinette L’insoumise, éditions de Fallois, Paris, 2002, 735 p. + 32 p. de planches illustrées
  • CAMPAN, Henriette, Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette, reine de France et de Navarre, suivis de souvenirs et anecdotes historiques sur les règnes de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI, 3 volumes, deuxième édition, Bauduin frères, Paris, 1823, 402 p. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2050396.texteImage
  • CASTELOT, André, Marie-Antoinette, Perrin, Paris, 1953, 588 p.
  • CHALON, Jean, Chère Marie-Antoinette, librairie académique Perrin, Paris, 1988, 475 p.
  • CHANTERANNE, David, Marie-Antoinette – Reine des Arts, Château de Versailles (magazine) Hors série N°25 ; avril 2017, 82 p.
  • LEVER, Evelyne, Marie-Antoinette, Fayard, Paris, 1991, 746 p.
  • Larousse encyclopédie
  • https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Christoph_Willibald_chevalier_von_Gluck/121619
  • Symphozik, site dédié à la musique classique.
  • https://www.symphozik.info/christoph_willibald+gluck,68.html

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