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L'Histoire de Marie-AntoinetteL'impopularité de la ReineMaison de la ReineMaison du Roi

L’affaire Cahouët

L’affaire Cahouët est une escroquerie qui implique le nom de la reine Marie-Antoinette en 1777.

L’instigatrice de cette affaire est Victoire Wallard, épouse de Pierre Louis René Cahouët de Villers, premier commis des bureaux de la guerre, issu d’une famille de la haute-bourgeoisie de Saumur. Victoire gagne l’amitié de l’Abbé Terray (1715-1778), le dernier contrôleur des finances de Louis XV (de 1769 à 1774), qui fait nommer son mari trésorier-général de la maison du Roi.

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Joseph-Marie Terray, abbé de Molesme, ministre par Alexandre Roslin

Les époux Cahouët mènent grand train et Victoire ne recule devant aucun moyen pour se procurer de l’argent. Elle est l’auteure de plusieurs escroqueries et manigances à l’origine d’un scandale auquel le nom de la Reine Marie-Antoinette va être mêlé. Quelques années avant l’affaire du collier, Victoire Cahouët de Villers, intrigante galante et étourdie, se sert du nom de Marie-Antoinette pour duper et escroquer des sommes importantes à ceux qui croient à son influence.

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Henriette Campan par Joseph Boze

Selon Henriette Campan, madame Cahouët de Villers veut se faire passer, aux yeux de ses amis de Paris, comme étant en faveur à la Cour, où ne l’appelle pas sa naissance.

Louis XV, roi de France, vers 1760, atelier de Van Loo
Louis XV par Van Loo

Pendant les dernières années de la vie de Louis XV

Elle a déjà trouvé le moyen d’obtenir des sommes élevées en se faisant passer pour la maîtresse du Roi. Elle venait régulièrement à Versailles et s’y tenait cachée dans une chambre d’hôtel ; faisant croire aux dupes qu’elle était appelée à la Cour pour des motifs secrets.

Louis XV, roi de France, âgé de 64 ans, deux mois avant sa mort, en mars 1774, par Montpetit
Louis XV, en mars 1774, par Montpetit

Après la mort de Louis XV

Victoire forme le projet d’arriver jusqu’à la jeune Reine. Elle prend pour amant Gabriel de Saint-Charles, intendant des finances du Roi, dont le privilège est d’avoir accès, le dimanche, à la chambre de Marie-Antoinette. Victoire se vante d’avoir de fréquentes audiences de la Reine et elle se procure chez son amant des pièces signées par la Reine qu’elle s’applique alors à imiter. Ainsi madame Cahouët de Villers contracte des emprunts au nom de Marie-Antoinette et contrefait Son écriture à deux reprises en 1777. Elle a imité la signature de la Reine une première fois pour se procurer des vêtements chez Mademoiselle Bertin, la célèbre marchande de Modes. La Reine l’apprend et lui pardonne. Par la suite, Victoire parvient même à se faire écrire par Marie-Antoinette qui, par son intermédiaire, se procure à Paris des objets de fantaisie. Ainsi, madame Cahouët de Villers est chargée de différentes petites affaires et commissions pour la Reine. Sous prétexte de vouloir exécuter plus fidèlement les commissions dont elle est chargée, Victoire montre ces lettres aux marchands. Ainsi, dans beaucoup de maisons, elle se fait passer comme jouissant d’une faveur particulière à la Cour.

Marie-Antoinette au Globe (1775) par Jean-Baptiste Gautier-Dagoty

L’épouse Cahouët récidive en fabriquant une nouvelle lettre signée Marie-Antoinette au moyen de laquelle elle peut emprunter 200 000 livres au fermier général Loiseau de Béranger. Ce dernier exprime le désir de recevoir un mot de la Reine pour être certain que la somme demandée lui est bien destinée. Madame Cahouët de Villers lui rétorque que ce n’est pas l’usage et qu’il doit se contenter d’un signe de tête que lui fera Marie-Antoinette en guise de confirmation. Victoire raconte à la Reine que, le dimanche suivant, deux dames de la Cour doivent assister à la messe au château, coiffées d’une manière extravagante ; elle sera heureuse de connaître, par tel mouvement de tête, l’impression produite sur Sa Majesté. En même temps, ces deux personnes sont informées du désir de la Reine de pouvoir juger de l’effet produit sur elles par certaine coiffure nouvelle dont le dessin leur est remis. Au jour dit, madame Cahouët de Villers se rend à la chapelle, où elle se place à côté de Loiseau de Bérenger. Quand la Reine arrive, Elle cherche du regard les deux dames qui Lui ont été désignées puis les ayant vues, elle porte les yeux vers madame Cahouët de Villers, lui sourit et fait de la tête un signe d‘approbation que Loiseau de Bérenger prend pour lui. Ce dernier, désormais convaincu remet la somme demandée le jour même à madame Cahouët de Villers qui garde le tout pour elle.

L’escroquerie parvient aux oreilles des Ministres. La Reine étant mêlée à l’affaire, les ministres du Roi, en particulier le comte de Maurepas (1701-1781) qui craint que son neveu le duc d’Aiguillon (1720-1788) soit impliqué dans la machination, rejettent l’éventualité d’un procès. Il est alors décidé d’enfermer sans jugement les époux Cahouët à la Bastille, ne pouvant distinguer alors si le mari et la femme ou celle-ci seulement sont coupables. Louis XVI signe une lettre de cachet contresigné par le secrétaire d’État Amelot.

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La Bastille

Le 13 mars 1777

Madame Cahouët de Villers est enfermée dans la tour du Comté, et son époux dans la tour du Trésor.

La Bastille ou « l'Enfer des vivants » ?
Cellule de la Bastille

Le 24 mars 1777

Monsieur Cahouët de Villers est libéré , sur les preuves qu’il n’a en aucune façon pris part aux menées de sa femme.

Après sa libération

Cahouët de Villers est chargé de rembourser discrètement les dettes de son épouse, ce qui le met dans une situation financière difficile. Victoire, même en prison, continue ses manigances. Le banquier de la Fosse, à qui elle doit près de 120 000 livres, se présente pour voir sa débitrice qui se prétend malade et incapable de le recevoir. Le banquier est autorisé à revenir la visiter cinq jours plus tard mais il ne peut obtenir le règlement de sa dette. Son mari qui, à Versailles (il réside rue de l’Orangerie), jouit d‘un poste honnête et lucratif, refuse de venir à son secours. Il ne veut plus entendre parler d‘une femme qui l’a compromis et exposé au danger de perdre sa place.

Le 20 juillet 1778

Le Roi ordonna la mise en liberté de la détenue, ce qui signifie qu’elle doit être conduite au couvent des Filles de la Croix pour y rester jusqu’à nouvel avis. Cette ordre s’explique par la dégradation progressive de la santé de Victoire à la Bastille.

L'ancien couvent des Filles de la Croix
Ancien couvent des Filles de la Croix

Le 21 août 1778

Victoire sort de la Bastille seulement après un an, cinq mois et huit jours d’incarcération. Elle est remise à la supérieure de la communauté sous le nom de Madame de Noyans. De là, elle passe dans le couvent des Filles de Saint-Thomas mais cette nouvelle existence ne convient pas à son humeur enjouée. Elle se met à dépérir et ne tarde pas à mourir, répétant sans cesse

« Cette Bastille m’a tuée ».

Cette manigance donnera des idées à Jeanne de la Motte (1756-1791) qui tramera la sinistrement célèbre Affaire du Collier.

La comtesse Jeanne de La Motte
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