Le château se trouve à Hietzing, à l’ouest du centre-ville de Vienne.
Façade principale en hiver
Du XIVe au XVIIe siècle
Plusieurs édifices se sont dressés sur ce site. Auparavant se trouvait à cet emplacement le Katterburg, propriété du maire de Vienne
Le Katterburg
En 1569
Maximilien II du Saint-Empire (1527-1576) achète le terrain où se trouvent aujourd’hui les parcs et différents bâtiments. Il montre un certain intérêt pour le zoo qui vient d’être créé, et essaya d’y apporter en plus des plantations d’espèces végétales rares. Le nom Schönbrunn est attribué par l’Empereur Matthias (1557-1619) qui aurait découvert lors d’une excursion à la chasse une source particulièrement belle (en allemand schöner Brunnen, « belle fontaine »).
Au cours du XVII siècle
La famille impériale s’en sert comme résidence d’été, mais les invasions turques entraînent sa quasi-destruction.
En 1683
La défaite ottomane ouvre une période de paix propice aux grands travaux. L’Empereur Léopold Ier confie à l’architecte Johann Bernhard Fischer von Erlach (1656-1723) la conception d’un nouveau château qui se veut le château de Versailles autrichien. L’intention de l’architecte était de créer un deuxième Versailles, de style baroque. Un budget limité fit échouer le projet.
L'Empereur Léopold Ier
Le château de Schönbrunn vu depuis les jardins
Le palais du Belvédère
Le palais du Belvédère
Le palais du Belvédère
Le palais du Belvédère a été construit entre 1712 et 1723 pour le prince Eugène de Savoie, par Lukas von Hildebrand. Il s’agit d’un complexe palatial comprenant les deux palais baroques appelés Belvédère supérieur et inférieur, l’Orangerie et les Écuries du palais. Dans le parc baroque se trouvent des fontaines et des cascades décoratives à plusieurs niveaux et des sculptures baroques. En 1752, le domaine est acheté par l’Impératrice Marie-Thérèse. En 1770, un grand bal eut lieu au château pour marquer le futur mariage de l’Archiduchesse Marie-Antoinette, avec le Dauphin, qui deviendra Louis XVI. La première galerie du Belvédère supérieur a ouvert ses portes en 1781, ce qui en fait l’un des premiers musées publics au monde. Des travaux de reconstruction ont été réalisés au XXe siècle. Les magnifiques salles d’apparat baroques – la galerie de marbre, la salle d’Or et la Salle des Grotesques – sont restées inchangées. Aujourd’hui, le complexe est un musée proposant des expositions permanentes et temporaires.
La salle du trône
En 1693
Le premier projet livré , trop utopique et excessivement cher, n’est pas retenu. Puis vient une idée plus petite et réaliste.
En 1696
La construction débute vingt-deux ans après les premiers travaux entrepris à Versailles par Le Vau.
En 1699
Trois ans après, les premières festivités se tiennent dans la partie centrale du palais.
Malheureusement, peu de parties du château survécurent car au cours du siècle suivant, chaque Empereur modifie partiellement le bâtiment.
En 1743
Sur les ordres de l’Impératrice Marie-Thérèse (1717-1780), l’architecte Nikolauss Paccassi (1716-1790) redessine le château dans un style rococo. L’édifice baroque ne compte pas moins de 1 441 chambres. Aujourd’hui encore, l’esprit desHabsbourg y est omniprésent.
Au cœur du château se trouve la grande galerie, l’une des plus imposantes salles d’apparat au monde. Décorée dans le style rococo, elle accueille les bals, banquets et autres réceptions de prestige à la cour. Chaque salon, chaque pièce de Schönbrunnraconte à sa façon le quotidien, la splendeur et la façon de vivre à l’époque impériale. Depuis le milieu du XIXe siècle, les façades du château et ses dépendances arborent un enduit ocre. Cette couleur, appelée « jaune Marie-Thérèse », est désormais intimement associée à la double monarchie austro-hongroise.
La salle de concert impériale
Marie-Thérèse par Martin van Meytens
Le cabinet chinois, où Marie-Thérèse tenait ses entretiens secrets
Le 13 octobre 1762
Concert du jeune Wolgang Gottlieb Mozart, âgé de six ans devant la famille impériale dans un salon du château de Schönbrunn. L’enfant désireux de montrer toute sa fougue tombe sur le sol dans son élan sur son clavier. A cette occasion, la famille impériale aurait ri, sauf la plus jeune des archiduchesses, Antonia, qui l’aurait aidé à se relever. Il lui aurait répondu : «Je vois que vous êtes bien bonne. Plus tard je vous épouserai !»
L’anecdote est vraisemblablement apocryphe mais rien n’affirme le contraire non plus.
La salle des glaces, où Mozart fit un concert à l'âge de six ans.
La famille Mozart
Plus assurément, le petit prodige n’a pas hésité à courir dans les bras de l’Impératrice.
Images de Melody Eterne (1940) un film italien de Carmine Gallone
L'Archiduchesse Antonia par Liotard
Trompe-l'oeil des appartements de Marie-Thérèse exécutées par Johann Wendell Bergl en 1766
Le salon Vieux-Laque
Le salon de Porcelaines
Le 21 avril 1770
Marie-Antoinette part pour la France, au cours d’un voyage qui durera plus de vingt jours et qui comportera un cortège d’une quarantaine de véhicules.
Marianne Faithfull incarne Marie-Thérèse d’Autriche pour Sofia Coppola
Le lien entre la mère et la fille sera assuré par Florimond de Mercy-Argenteau (1727-1794) , ambassadeur de Marie-Thérèse en France depuis 1766) qui a , envers sa pupille, un rôle presque paternel…
Image de Marie-Thérèse d'Autriche (2021) de Robert Dornhelm
Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
En 1809
Après la victoire de Napoléon à la bataille de Wagram, un traité entre l’empire français et l’empire d’Autriche est signé dans le château. Consacrant la défaite autrichienne, le traité de Schönbrunn ôte à l’Autriche d’importants territoires au profit des alliés de la France ainsi que l’accès à la mer, impose à l’Autriche l’alliance française et l’adhésion au blocus continental et envisage le mariage du souverain français, Napoléon Ier (1769-1821) avec la fille aînée de l’Empereur, Marie-Louise d’Autriche (1791-1847) introduisant la famille Bonaparte au cœur des grandes dynasties européennes.
Marie-Louise d'Autriche
Mariage de Marie-Louise et Napoléon Ier par Georges Rouget
L'Impératrice Marie-Louise et le Roi de Rome par Joseph Franque
Du 18 septembre 1814 au 9 juin 1815
Le congrès de Vienne est une réunion des vainqueurs de Napoléon après la défaite de ce dernier au printemps 1814. Il a lieu à Vienne, en Autriche. Les pays vainqueurs redessinent la carte politique de l’Europe sans tenir compte des souhaits des peuples en particulier sur leur régime politique et le pays auquel ils seront rattachés.
La grande galerie, où se tint le congrès de Vienne (1815)
Les représentants des grandes puissances réunies au congrès de Vienne, gravure de Jean Godefroy.
Napoléon à Fontainebleau, le 31 mars 1814 par Delaroche
Après la chute de Napoléon Ier, l’Archiduchesse Marie-Louise et son fils, le Roi de Rome (1811-1832), partent pour Vienne. L’enfant vit dans un certain isolement au château de Schönbrunn où il meurt en 1832, à l’âge de vingt-et-un ans, dans une pièce connue sous le nom de chambre de Napoléon.
Au XIXe siècle
L’Empereur François-Joseph Ier (1830-1916) laisse sa marque sur Schönbrunn. Il y passe la majeure partie de sa vie et y meurt. Le château est sa résidence d’été.
Pendant le règne de l’Empereur François-Joseph
Schönbrunn est considéré comme Gesamtkunstwerk (chef-d’œuvre accompli) et remodelé en accord avec son histoire.
Le salon de l'Impératrice Elisabeth
Le château de Schönbrunn la chambre de l'Empreur François-Joseph
La chambre de François-Joseph
Son aménagement est volontairement modeste. Deux tableaux de Franz von Matsch ornent les murs de la pièce, l’hommage rendu à François-Joseph par les princes allemands à l’occasion de l’anniversaire de ses soixante ans de règne (toute la tradition et la gloire du Saint Empire se résument dans la personne du vieil Empereur) et l’Empereur sur son lit de mort. Franz von Matsch a choisi de représenter l’hommage à l’Empereur devant Marie-Antoinette et Ses enfants par Elisabeth Vigée Le Brun.
La salle-à-manger
L'opéra impérial
Les jardins à la française du parc sont dessinés en 1695 par un élève de Le Nôtre, Jean Tréhet. Le parc comprend de fausses ruines romaines et une orangerie, apanage des palais de grand luxe de cette époque.
Petit jardin privé de l'Empereur
Le sommet du parc est occupé par la Gloriette, édifice de style néo-classique, dessinée par Ferdinand de Hohenberg, d’où l’on dispose d’une vue panoramique sur le château et sur la ville de Vienne.
La fontaine de Neptune et la Gloriette, sur la colline
Visible de loin, sur la colline de Schönbrunn, la Gloriette compte parmi les monuments les plus impressionnants du site. Sa silhouette scelle la magie de Schönbrunn, reliant parfaitement l’architecture du château et le parc paysager.
Réalisées en 1775, ces arcades ouvertes et leur arc de triomphe central symbolisent la bataille de Kolin, près de Prague, que l’Autriche remporta sur la Prusse en 1756. L’ensemble renvoie aux aspirations impérialistes des Habsbourg.
Son véritable attrait, la Gloriette le doit toutefois à sa vue imprenable sur Vienne, depuis la colline et au-dessus du château. C’est d’ailleurs là que la résidence devait être construite au départ. Peu avant sa mort, Marie-Thérèse fait vitrer la partie centrale de la Gloriette pour en faire une salle de réception. Aujourd’hui, le petit train de Schönbrunn conduit les visiteurs au café de la butte.
Ruine romaine du parc de Schönbrunn
La Palmenhaus (palmeraie) érigée en 1882 abrite une collection variée de plantes tropicales et subtropicales.
Panorama du château de Schönbrunn depuis l'entrée municipale