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Mademoiselle Bertin

Aucune description disponible.Marie-Jeanne Bertin

Le 2 juillet 1747

Rose Bertin, ou encore « Mademoiselle Bertin », de son vrai nom Marie-Jeanne Bertin, naît à Bellancourt à côté d’Abbeville, (une rue abbevilloise porte aujourd’hui son nom).

Fille d’un cavalier de la maréchaussée d’origine picarde et de Marie-Marguerite Méquignon qui s’était retrouvée veuve d’un premier mariage avec trois enfants en bas âge, Marie-Jeanne Bertin naît donc dans une famille ordinaire de six enfants, ni pauvre, ni riche. La fillette grandit dans une région dont la spécialité est la draperie et le textile, elle met très vite un pied dans le milieu. Cependant, la particularité de Marie-Jeanne est sa décision de se tourner, non pas vers la confection comme le font toutes les autres, mais vers le commerce.

En 1755

Débutant comme apprentie au magasin d’Abbeville, Marie-Jeanne développe au fil des années un talent incroyable ; la province finit par ne plus lui suffire.

En 1758

Sa demi-sœur, Marguerite-Elisabeth Darras, qui est couturière, se marie à Versailles avec un cuisinier d’origine savoyarde.

«Veuve, elle convole en secondes noces en 1764 à Paris avec Nicolas Doudeuil, un officier de cuisine picard qui s’établira limonadier (cafetier) par la suite. Ainsi Marie-Jeanne bénéficie-t-elle d’un point de chute familial dans la capitale et du possible chaperonnage professionnel de sa sœur.»

Marie-Antoinette, l’Affranchie (2020), de Sylvie Le Bras-Chauvot ; Armand Colin

En 1764

Marie-Jeanne travaille dès seize ans pour une modiste de Paris.

En 1767 (ou avant?)

Marie-Jeanne Bertin est embauchée par Mademoiselle Pagelle “Aux Traits Galants“, une élégante boutique de la rue Saint-Honoré, située au coin de la rue Saint-Thomas-du-Louvre face au Palais Royal. Marie-Jeanne y a pour collègue la ravissante Jeanne Bécu qui sera bientôt la comtesse du Barry (1743-1793). Très attachée à sa réputation vertueuse, Mademoiselle Bertin se gardera de se vanter d’une telle collaboration…

Le 5 avril 1769

Marie-Adélaïde de Penthièvre épouse Louis-Philippe d’Orléans, duc de Chartres, fils de Louis-Philippe d’Orléans, duc d’Orléans, dit « le Gros » (1725-1785), et de Louise-Henriette de Bourbon (1726-1759),  à Versailles.

Marie-Adélaïde de Chartres par Élisabeth Vigée Le Brun (1778)

C’est là l’occasion pour Marie-Jeanne de sortir de sa condition d’ouvrière en composant la corbeille de mariage de la nouvelle duchesse d’Orléans.

«Selon la légende, le licencieux marié aurait eu des vues sur la jeune modiste jusqu’à tenter de l’enlever, ce qui est plausible de la part de ce grand libertin, hardiment envoyé sur les roses par la piquante petite main !»

Marie-Antoinette, l’Affranchie de Sylvie Le Bras-Chauvot

Dès lors Marie-Jeanne entre en faveur auprès de la nouvelle duchesse d’Orléans et de sa belle-sœur, la princesse de Lamballe.

Le 16 mai 1770

Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

Résultat de recherche d'images pour " Marie-Antoinette  Sofia Coppola mariage"Le mariage dans le film de Sofia Coppola (2006)

Le 14 février 1771

Mariage du comte de Provence, frère du Dauphin et de Marie-Joséphine de Savoie.

Résultat de recherche d'images pour "marie-joséphine de savoie"Marie-Joséphine de Savoie

En mars 1773

«Marie-Jeanne est victime d’un vol commis par une de ses ouvrières comportant, entre autres, de “très belles dentelles blondes blanchies” d’une valeur de 4000 livres. Elle dépose plainte assistée de son beau-frère, le sieur Doudeuil.»

Marie-Antoinette, l’Affranchie de Sylvie Le Bras-Chauvot

Forte d’un don certain et d’un perfectionnisme incorruptible, elle est employée dans des maisons de mode très réputées de la capitale, avant d’ouvrir son propre magasin.

Boutique_de_Rose_BertinLa boutique de Mademoisellle Bertin en 1807, rue de la Loi, par Claude-Louis Desrais

Le 15 mai 1773

«Marie-Jeanne achète au sieur et à la dame Quéret de Saint Méry, avec Nicolas Lévesque pour garant masculin et caution solidaire, un fonds de commerce déjà nommé “Le Grand Mogol”. L’acte comprend le mobilier, les marchandises et les sous-baux des locataires pour un montant total de 17 816 livres payables en plusieurs échéances.

Située rue Saint-Honoré vis-à-vis le cloître (au niveau de 151 actuel), l’affaire est immédiatement opérationnelle et déjà conséquemment agencée.

Les locaux répartis sur cinq étages sur cour et sur rue, comportent un appartement privé et plusieurs espaces professionnels à cheminées, équipés d’armoires, cabinets, bureaux, écritoires, étagères, tablettes à préparer les cartons de livraisons, rangements pour les livres de commerce, etc.

Les pièces principales sont de boiseries peintes en jaune pour apporter de la lumière et ornées de nombreux miroirs reflétant des lampes de cristal à bobèches. S’y trouve aussi une vaste salle-à-manger à deux fenêtres sur cour avec sa table et onze chaises pour les personnels , une chambre à coucher pour les demoiselles de boutique, et au dernier étage une autre pour un domestique et un commis. Le tout convenablement équipé.

Au premier étage côté rue “le magasin au travail” fait office d’atelier-boutique. Il s’ouvre sur deux grandes croisées de chêne (fenêtres) à espagnolettes donnant sur un balcon. Les murs sont recouverts de boiseries moulurées aussi peintes en jaune, encastrées de larges miroirs à baguettes dorées et à lampes de cristal. L’espace contient deux grands comptoirs cintrés à montants de chêne et un plus petit, une pendule verte à sonnerie signée Gilles Laisné sur son socle doré en forme de pot de fleurs, une cheminée en chêne à manteau cintré et un poêle en faïence.

A l’extérieur au-dessus du balcon, la façade est habillée d’une boiserie jusqu’au deuxième étage, sur laquelle figure l’enseigne du GRAND MOGOL représentant de grands vases ornés de draperies créées par un artiste de l’Académie Royale de Peinture. La mention “Marchande de Modes” s’inscrit en lettres d’or.»

Marie-Antoinette, l’Affranchie de Sylvie Le Bras-Chauvot

Marie-Jeanne occupera ces lieux pendant dix ans.

Marie-Antoinette, une reine de la mode 81d8ec10

Sa créativité et son sens des affaires font que l’affaire se développe rapidement et emploie bientôt trente salariées et cent-vingt fournisseurs.  Sa clientèle est essentiellement aristocratique.

The garland of flowers by Charles Louis Baugniet, 19th century. [credit: Bonhams]La Guirlande de Fleurs de Charles Louis Baugniet

«La marchande de modes procède à l’ornementation des robes, transformant des pièces basiques formatées en pièces uniques. Sa marge de manœuvre reste étroite puisqu’elle ne peut intervenir sur la coupe des vêtements. Les seuls éléments de garde-robe de sa compétence sont les mantilles de cour, les manteaux, les mantelets et les pelisses. Elle ne peut ni fabriquer, ni sous-traiter, ni vendre, aucun autre habillement.

Dans sa boutique, on trouve des garnitures de robes à la pièce, des fichus, des manchons, des bonnets, des ceintures, des sacs à ouvrage, des nœuds d’épée, etc.

Son statut inclue l’exclusivité des parures de têtes, d’où le terme de modiste.

Lui revient aussi la conception des corbeilles de mariage constituée de toutes ses spécialités desquelles font partie les enjolivements de la robe de mariée.

L’ensemble de sa production constitue ce qu’on appelle “les modes“.»

Marie-Antoinette, l’Affranchie de Sylvie Le Bras-Chauvot

Dans la hiérarchie du magasin, c’est elle qui est au-dessus. Elle invente, elle imagine, confectionne parfois, et fait ensuite réaliser ses projets à son équipe de couturières. Dans le cas de figure de Marie-Jeanne, elle est bien plus que ça : elle se fait aussi redoutable commerçante et tient très bien ses comptes.

Le 16 novembre 1773

Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie, sœur de la comtesse de Provence.

Résultat de recherche d'images pour "marie thérèse de savoie"Marie-Thérèse de Savoie

En décembre 1773

Marie-Jeanne Bertin livre la toute nouvelle comtesse d’Artois.

Voici une robe de Mademoiselle Bertin qui nous est conservée aujourd’hui :
C’est une forme de robe à l’anglaise et il n’y a pas de pièce d’estomac.

Le 10 mai 1774

Mort de Louis XV.

Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI.

La nouvelle Reine Marie-Antoinette soupire :

« Mon Dieu, guidez-nous, protégez-nous, nous régnons trop jeunes ! »

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Gautier d'Agoty"Marie-Antoinette, portrait Au Globe par Gautier-Dagoty, 1775
Gautier - Marie-Antoinette à la harpe, par Jean-Baptiste-André Gautier Dagoty Marie_91Marie-Antoinette à la Harpe dans Sa chambre (1776) par André Gautier d’Agoty Marie-Antoinette à la harpe, par Dagoty | Plume d'histoirela célèbre modiste attitrée de la Reine, les cheveux couverts d’une coiffe noire, présente une boîte remplie de plumes, tandis que les coiffeurs, en second plan à droite, préparent pour leur souveraine une coiffure postiche. Ce genre d’entrevues n’avait pas lieu dans la chambre de Marie-Antoinette mais dans Ses appartements intérieurs.Aucune description disponible.Mademoiselle Bertin et Marie-Antoinette dans le Salon doré 

 

Le 11 mai 1774

Louise Marie Adélaïde de Bourbon (1753-1821), duchesse de Chartres la présente à celle qui est depuis un jour Reine, à Marly, alors que Louis XV vient d’expirer. Elle jouit de la faveur de la Reine de France, Marie-Antoinette, qui trouve en elle Sa « ministre des Modes » ; elle est d’ailleurs jalousée de sa proximité avec la souveraine.

andante grazioso — Windy walk through Versailles' gardens | Marie...Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Elle inscrit très vite “Mademoiselle Bertin, Marchande de modes de la Reine“.

Marie-Jeanne Bertin

mode-dame:
“Fashion Plate “Fashionable Dresses in the Rooms in Weymouth”, c. 1774 (printed)
“from the Victoria and Albert Museum
” ”
Sa boutique “Au Grand Mogol“, se situe au N°13 de la rue de Richelieu, paroisse Saint-Eustache, dont elle est locataire… A partir du mois d’avril 1789, elle deviendra propriétaire du N°26 de cette même rue…

Rose Bertin, couturière et “ministre de la mode” de Marie-Antoinette, aide la Reine à affirmer Ses goûts vestimentaires. Ensemble, elles inventent la haute couture.

Aucune description disponible.

 

Marie-Antoinette et Marie-Jeanne Bertin entretiennent une relation qui va au-delà du simple échange commercial ; la marchande de modes est personnellement invitée dans les petits salons intimes de la Reine, parfois pendant des heures, ce qui ne manque pas d’irriter les aristocrates de la Cour qui cherchent désespérément à se faire une place dans le cercle de cette dernière. Une bourgeoise aux origines médiocres qui prend leur place ! On aura tout vu. De son côté, Rose n’hésite pas à exhiber son rôle de favorite de la couronne, faisant notamment graver « Marchandes de modes de la Reine » sur le frontispice du Grand Mogol. Comble de son succès, on l’appelle « Ministre des modes » à la Cour ; adieu la concurrence, le monopole de la garde-robe de la souveraine est assuré pour quinze ans.

Le 26 rue de Richelieu

Mademoiselle Bertin propose les nouveautés, la Reine les adopte, et dès lors la Cour aussi. Même à Paris, dans le milieu populaire, on n’hésite pas à arborer des vêtements qui se rapprochent le plus de ce que Marie-Jeanne peut faire !

Fichier:Rose Bertin Vigée-Lebrun.png — WikipédiaPortrait de Rose Bertin, par Élisabeth Vigée Le Brun


Fait inédit, cette jeune femme qui vient du bas-peuple peut être considérée comme une entrepreneuse avant l’heure, ne devant sa réussite qu’à son talent ; en outre, les métiers de conception de mode sont surtout à l’époque une affaire d’hommes : Rose Bertin inaugure ainsi avant l’heure  l’ère des couturières, qui prendra son essor le siècle suivant.

A confirmation of payment written by Rose Bertin. The note reads:
“I have received from Madame la Comtesse du Barry through the hands of Mr. Gadot the sum of 600 livres as part payment for her account in Paris.
”
[source: RR Auctions, 2017]Facture confirmant un paiement de Madame du Barry à Mademoiselle Bertin

Deux à trois fois par semaine, la Modiste sera reçue par sa souveraine et se fera dès lors surnommer la “Ministre de la Mode”…

Aucune description disponible.Marie-Antoinette

N’empêche que ce ministère aura des répercussions dans l’ensemble de l’Europe jusqu’en Russie…

                                                                          Images de Marie-Antoinette, la véritable histoire (2006) de Francis Leclerc et Yves Simonneau

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI est sacré à Reims. La cérémonie est présidée par l’archevêque de Reims. Marie-Jeanne Bertin est du voyage pour procéder aux derniers ajustements de la “robe d’argent couverte de saphirs” qu’elle Lui a conçue pour l’occasion. Elle réclame un véhicule spécial pour transporter son œuvre jusqu’à Reims. La prétention d’une telle exigence horrifie la dame d’atours, la duchesse de Cossé-Brissac, qui refuse en lui ordonnant de l’emporter dans ses malles. La grande mademoiselle ne se désarme pas : elle part en carrosse avec sa précieuse marchandise, tous frais payés sur ordre de la Reine.

Duplessis - Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) 178910

En 1776

L’activité de marchande de modes est officialisée comme profession autonome, indépendante et on peut conjecturer que la Reine n’y est pas étrangère…

“I will send my dear mother drawings of my different hairstyles with the next courier; you may find them ridiculous, but here people are so used to them that they are no longer noticed, because everyone has similar hairstyles.
”
–Marie Antoinette to...

Marie-Jeanne est désormais libre de multiplier ses fournisseurs en étoffes et matières premières, de les styliser elle-même, et de traiter avec tous les artisans qualifiés nécessaires à ses créations.

Mademoiselle Bertin

Elle achève la révolution opérée dans les modes par Madame de Pompadour et Madame du Barry. Elle se voit bientôt réclamée dans toutes les cours d’Europe. Les modes explosent de diversité et d’invention

Elle confectionne des poupées habillées de ses créations afin de vanter l’élégance de la cour de France et ainsi s’attacher la plus prestigieuse des clientèles . Elle inventera également des robes légères ( Fichu croisé sur la poitrine comme une robe de campagne ) pour la Reine .

Fichier:Rose Bertin Van Loo.png — WikipédiaPortrait de Mademoiselle Bertin par Louis-Amadée Van Loo

“Nous entrâmes d’abord dans une antichambre où se tenaient deux commis aux écritures ; puis ce fut le grand salon de réception où officie Rose Bertin. Ses prix sont élevés. Il est vrai qu’elle a la manière d’arranger les paniers de cinq mètres de tour, couverts de nœuds, de coques, de bouquets, de bouillons de gaze, de guirlandes, de perles et de pierreries.

Nous lui demandâmes ce qu’était un “pouf”. Elle nous répondit : “J’appelle cette coiffure un pouf à cause de la confusion d’objets qu’elle peut contenir, et je le nomme “au sentiment” parce que ces objets doivent être relatifs à ce qu’on aime le plus”. C’est ainsi qu’elle créa récemment pour la duchesse de Chartres le pouf le plus étrange : on y voit le perroquet préféré de la duchesse, le bébé de la duchesse dans les bras de sa nourrice et des cheveux appartenant au duc de Chartres, au duc de Penthièvre et au duc d’Orléans.

Voulez-vous des poufs ? Voyez le pouf à l’inoculation, le pouf de la consolation dans la douleur, le bonnet attristé, le bonnet des sentiments repliés, le bonnet de l’esclavage brisé… Voulez-vous des robes ? Voyez la “robe des soupirs étouffés” en satin broché orné de “regrets superflus” ou de “plaintes indiscrètes”… Voyez le pet-en-l’air du matin avec son caraco “à l’innocence reconnue” dont les basques courtes retombent sur de petits paniers dits “considération”. Sur les cheveux, portez un joli bonnet de linon et dentelle, le fameux “bonnet des sentiments repliés”. Pour l’après-dînée, la polonaise s’impose, avec sa jupe retroussée sur le jupon grâce à deux coulisses qui, partant de la taille, forment trois grosses coques. Sur le devant du caraco, un détail piquant : le “nœud du parfait consentement”. Le soir, vous triompherez dans la grande robe à la “Française”, avec des flottants et paniers de cinq mètres de tour. Prévoyez trois sièges pour vous asseoir.”

La baronne ajoute : “Le jargon de cette demoiselle est fort divertissant ; c’est un singulier mélange de hauteur et de bassesse qui frise l’impertinence quand on ne le tient pas de très court, et qui devient insolent pour peu qu’on ne la cloue pas à sa place”.

Baronne d’Oberkirch : Mémoires
Mademoiselle Marie-Jeanne Bertin, dite Rose Bertin - Page 3Portrait de Mademoiselle Bertin par Joseph-Siffred Duplessis

“Toute la boutique travaillait pour elle; on ne voyait de tous côtés que des damas, des dauphines, des satins bruches, des brocards et des dentelles. Les dames de la cour se les faisaient montrer par curiosité ; mais jusqu’à ce que la princesse les eût portées, il était défendu d’en donner les modèles. Mademoiselle Bertin me sembla une singulière personne , gonflée de son importance, traitant d’égale à égale avec les princesses.

Images de Marie-Antoinette (2006) de Francis Leclerc et Yves Simonneau

On raconte qu’une dame de province vint un jour lui demander une coiffure pour sa présentation; elle   voulait du nouveau. La marchande la toisa des pieds
à la tête, et, satisfaite sans doute de cet examen, elle
se retourna d’un air majestueux vers une de ses demoiselles en disant :

— Montrez à madame, dit-elle, le résultat de mon
dernier travail avec Sa Majesté.”

Baronne d’Oberkirch : Mémoires
 Catherine Jacob incarne Mademoiselle Bertin dans Marie-Antoinette, Reine d’un seul Amour (1988) de Caroline HuppertMarie Antoinette, reine d'un seul amour de Caroline Huppert, avec Emmanuelle  Béart - Page 2 | Emmanuelle béart, Marie antoinette, Isabelle gelinasEmmanuelle Béart est Marie-Antoinette pour Caroline Huppert, en 1988. Léa Gabrielle est Madame de Lamballe et Isabelle Gélinas Madame de Polignac

«Des visiteurs britanniques renvoient l’image d’une Marie-Antoinette “élégante sans être somptueusement vêtue”-“encore plus jolie de jour que de nuit bien que vêtue avec une grande simplicité”- ” richement habillée, tout à fait dans l’esprit d’une dame de qualité en Angleterre , mais en mieux“, ce qui n’est pas le moindres des compliments de la part d’Anglais souvent critiques envers la France et remarquablement chauvins.»

Marie-Antoinette, l’Affranchie, Sylvie Le Bras-Chauvot
Image de Marie Antoinette: The Color of Flesh Acting Edition by Joel Gross (2008)

Au printemps 1779

«Il y a foule, ce jour-là, pour voir passer le cortège royal rue Saint-Honoré ; au balcon du Grand Mogol se tient Mademoiselle Bertin avec toute son équipe. L’apercevant, le Roi lui fait un signe de la main, elle répond par une révérence et voilà que le Roi se lève pour l’applaudir, et de révérence en révérence toute la famille royale et les courtisans s’inclinent devant elle.»

Marie-Antoinette, l’Affranchie de Sylvie Le Bras-Chauvot

Quelle meilleure publicité que celle-là? 

“Gallerie des Modes et Costumes Français: Chapeau à la Montgolfier surmonté d’un panache, Chapeau à la Malborough ajusté et orné de panaches, Chapeau négligé dit à la Malborough, Chapeau au Ballon aërostatique. 1783.
”
[image: Museum of Fine Arts...

En 1781

Mademoiselle Picot, ancienne ouvrière talentueuse du Grand Mogol établie “A la Corbeille Galante” est en déplacement au château de Versailles. Elle avait répandu des ragots infects sur son ancienne patronne en détournant sa clientèle… et elle se trouve sur le passage de Mademoiselle Bertin dans la grande Galerie jusqu’aux portes du grand appartement de la Reine. Furieuse d’y trouver l’intrigante, Marie-Jeanne l’aurait injuriée en lui crachant au visage.

Le 20 mai 1782

Le comte et la comtesse du Nord font leur arrivée à Versailles.

Sophie-Dorothée de Wurtemberg - MinizupSophie-Dorothée de Wurtemberg, comtesse du Nord, future Tsarine

Sophie-Dorothée de Wurtemberg-Montbéliard (1759-1828), alias la comtesse du Nord, visite le Grand Mogol où elle fait une razzia. Elle restera cliente de Mademoiselle Bertin pendant dix ans.

Marie-Jeanne participe au déclin des dessous contraignants, suivant le relâchement de l’étiquette à la cour, tout en continuant à proposer des Grands Habits somptueux aux plus prestigieuses cours d’Europe.

gaulle - Portraits de Marie-Antoinette vêtue d'une robe en chemise, dite en gaulle, par Elisabeth Vigée Le Brun (1783) 6a00d810Portrait de Marie-Antoinette en gaulle (1783)

Le tableau de la Reine en “robe de gaulle” exposé au Salon de l’Académie cette même année, 1783, est source de critiques nombreuses: la tenue de Marie-Antoinette est considérée comme indécente.

Too lovely not to share! A 1780s chemise style dress designed by Raoul Pene Du Bois and worn by Paulette Goddard as “Kitty” in the film Kitty, a broad take on Pygmalion.

Disposant de peu de temps, l’artiste substitue donc à l’œuvre jugée indécente un nouveau portrait où Marie-Antoinette paraît avec le même visage, dans la même attitude, cette fois-ci au devant d’un paysage, mais surtout vêtue d’une robe couleur “suie des cheminées de Londres” dont le taffetas de soie garni de dentelles et la façon à la française ne pouvait que satisfaire les soyeux lyonnais, qui commençaient déjà à prétendre que la Reine voulait leur ruine…

Marie-Antoinette à la Rose (1783). La Reine porte une robe de cour en taffetas de soie couleur “suie des cheminée de Londres”.

En 1785

A l’occasion du mariage des infantes Charlotte-Joachim d’Espagne et Marie-Anne du Portugal, les cours espagnole et portugaise commandent à Mademoiselle Bertin deux cent quatre-vingts robes, dont l’avancement de la création est suivi par des admirateurs du ministre de la mode.

« L’après-midi, nous accompagnâmes madame Dauphin, la plus célèbre marchande de mode en Allemagne, chez mademoiselle Bertin, elle-même la plus renommée et la plus estimée modiste de Paris, qui fait toutes les robes de la reine et les principales dames de la cour et qui confectionne en ce moment, pour les cours espagnole et portugaise, tout le nécessaire destiné au double mariage des deux Infantes.*
La Bertin reçoit, pour deux cent quatre-vingt robes différentes, une somme de cinq cent mille livres. Beaucoup ont déjà été expédiées, mais nous avons la permission de venir tous les jours voir les nouvelles robes.
Toute la scène me parut mémorable. La maison est vaste et vraiment splendide, encore qu’elle soit très négligée en ce qui concerne la propreté. Par un bel escalier on entre dans une antichambre où, d’un côté deux commis étaient occupés aux écritures et où, de l’autre, deux vendeuses étaient en train de mesurer des rubans et du crêpe. Ensuite succède une grande salle où le plomb doré aux fenêtres, la cheminée en marbre et le stuc au plafond sont superbes.
Là, une vingtaine de jeunes ouvrières étaient assises à trois tables le long des murs, chacune d’elles occupée à des tâches différentes et parées chacune différemment, mais ne portant pas de chapeau. En travers de la salle se trouve la table de la maîtresse qui était assise, seule, dans un fauteuil un peu surélevé, et qui ne se lève pour personne, ce qui est son droit, car cela lui prendrait beaucoup de temps. Il y avait devant elle de grand tas de blondes**, de franges argentées, de guirlandes florales, de crêpe et de rubans. En face de la table, des chaises de modiste où venaient d’être posées deux jolies jupes pour la princesse des Asturies, sur lesquelles on cousait les garnitures.
Madame Dauphin nous introduisit et déclina nos noms. Mademoiselle Bertin fut courtoise ; sa robe était modeste mais précieuse car c’était un négligé en fine mousseline brodée, garnie de larges dentelles de Bruxelles.
Nous admirâmes vraiment la beauté des robes : l’une était blanche, brodée de paillettes d’or et d’argent, de feuilles de métal vertes et rouges, surpiquée de falbalas de crêpe avec des fils d’argent, ainsi que de franges de lamé ; au milieu, une bande de plumes de cormoran rendait la jupe étincelante de luxe grâce aux teintes jaunes les plus variées des plumes, allant de l’or jusqu’au brun, et à leur éclat extraordinaire. L’autre était bleu pâle, également brodée de petits carrés de lamelles de métal et de lamé d’argent et était garnie de dentelles argentées et de cordons sertis de pierres vertes et rouges, grandes d’un demi-pouce, ce qui produisait aussi un très bel effet.
J’étais contente de voir la personne qui ordonne à toutes les cours d’Europe ce qu’elles doivent considérer comme beau et de bon goût. Ses milliers d’inventions méritent d’être appréciées, tant en raison de la peine qu’elle se donne que des formes souvent fort agréables qu’elles produisent.
Madame Dauphin la qualifia de Voltaire des marchandes de mode, et Bertin raconta qu’elle occupait deux mille personnes qui exécutent pour elle tous ces rubans, crêpes, tissus, blondes et fleurs en métal, d’après les modèles qu’elle a élaborés, et qu’elle mettait en circulation à Paris plus d’un million de livres par an. Ces modèles pleins de fantaisie, qui assurent leur subsistance à deux mille personnes, confèrent aussi à la personne qui les invente une utilité certaine dont on doit lui être reconnaissant. On dit qu’elle a quarante mille livres de rente qu’elle a léguées aux enfants de ses frères et sœurs car elle ne veut pas se marier.
Une éloquence qui lui est propre donne à son langage des tournures élégantes et correspond ainsi à sa façon de donner au crêpe et aux fleurs de jolies courbes.
Il y a toujours devant sa maison des voitures avec de coquettes jeunes femmes qui sont heureuses de pouvoir se parer de quelque chose sortant des mains de mademoiselle Bertin.
Quand elle élève la voix pour dire : « Mesdemoiselles », les visages de toutes les jeunes ouvrières manifestent une attention respectueuse. Ces opérations de couture, de torsion et de pliage de ces centaines de matériaux en fil de métal, en paille et en soie, et tous les tours de main qui y sont nécessaires étaient très intéressantes à observer.
»

Visite du 6 avril 1785, Sophie von La Roche
Mademoiselle Marie-Jeanne Bertin, dite Rose Bertin - Page 3 A1239b10Mademoiselle Bertin par Joseph Boze

Mademoiselle Marie-Jeanne Bertin, dite Rose Bertin - Page 3 Bertin10

Movie still from Sofia Coppolas Marie Antoinette (2006). | Coppola ...Images de Marie-Antoinette de Sofia costumes marie antoinette kirsten dunst | Kirsten Dunst Marie ...

 

Le 16 avril 1785

Madame Sophie von La Roche retourne voir Mademoiselle Bertin :

« Encore une visite chez Mademoiselle Bertin et de nouvelles surprises devant ces merveilleuses inventions de milliers de parures, destinées à ne briller qu’un instant. Mais lorsque je me rappelle que cette personne gère un commerce de plus de deux millions et procure leur subsistance à des centaines d’ouvriers, elle me paraît à nouveau très estimable.
Pourquoi toute l’Europe s’incline-t-elle devant le sceptre d’une mode aussi fantaisiste ? Pourquoi maintenons-nous en tout domaine notre opinion première, alors que nous sommes incroyablement dociles quand il s’agit de nous habiller ? Avec les robes pour les deux Infantes, Mademoiselle Bertin renvoie en Espagne une bonne partie de cet argent qui est venu en France sous forme de lingots, car les grandes fleurs et les feuilles de couleurs variées sont toutes faites d’argent martelé, comme le sont les pompons de lamé, les paillettes et les montures des grands cabochons de verre.

Ma conversation avec cette personne fut très instructive : elle me parla de ses discussions avec la reine, de sa correspondance avec la grande-duchesse de Russie, de ses nuits sans sommeil pendant lesquelles elle invente de nouvelles combinaisons de couleur pour le crêpe et les rubans, de nouvelles formes de coiffes et de chapeaux, de robes et de garnitures dont elle fait faire ensuite des dessins destinés aux fabricants et aux dentellières de blondes ; elle leur trouve des noms, puis donne des instructions à ses secrétaires qui doivent notifier cela à des correspondants lointains. Ses explications m’intéressèrent énormément. (…)
Devant la porte, une duchesse attendait dans sa voiture qu’on terminât son nouveau chapeau de crêpe rose aux plumes violettes qui devait lui aller très bien, blonde comme elle l’était. J’admirai la rapidité et l’habileté des deux filles qui travaillaient cet objet ; de même, j’eus plaisir à observer l’essayage des jupes sur les mannequins, car on leur apporte une retouche tantôt à droite, tantôt à gauche selon le regard critique de la Bertin, et quand elle dit : « bien » ou « pas bien », les têtes des vingt ouvrières se tournent toujours du côté inspecté par la maîtresse. Leur goût est formé par elle, et elles sont certaines d’être engagées partout, comme femme de chambre ou comme vendeuse, en sortant de cette école avec de bonnes notes. »

Anne Benoît as Rose Bertin, Les adieux à la reine 2012.Mademoiselle Bertin revit sous les traits d’Anne Benoît dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Tout le monde n’est pas en mesure de s’offrir les services de Mademoiselle Bertin …

La demoiselle Berlin, célèbre marchande de modes, avait été appelée en Espagne, où la cour a exercé ses talents. Lorsqu’elle a présenté son mémoire au ministre des finances, celui-ci, qui n’avait pas la moindre idée des détails d’un art aussi important, s’est récrié sur la somme qu’elle demandait. Le compte ne se montait cependant qu’à huit mille louis d’or. Le Roi, aussi étonné que le ministre, s’est hâté de congédier la faiseuse de modes, donnant ordre à son chargé d’affaires à Paris de faire régler le mémoire. La demoiselle Berlin est arrivée ici, et jette les hauts cris, disant que son compte n’est susceptible d’aucun rabais, et que I’Espagne est bien loin d’être policée, puisqu’elle chicane sur un objet aussi essentiel.
Il serait plaisant qu’on vit naître un procès entre la cour d’Espagne et la demoiselle Berlin.; mais on assure que cela n’aura pas lieu, la Reine daignant intervenir en laveur de sa marchande de modes. On se rappelle qu’avant son départ pour l’Espagne, mademoiselle Bertin disait gravement aux femmes qui la consultaient:
“Cet ajustement a été décidé dans mon dernier travail avec la Reine. “

Aucune description disponible.Ajustement royal avec Marie-Antoinette dans le film de Jean Delannoy (1956)

La Révolution signe sa ruine et, menacée par sa proximité avec la souveraine, elle est accusée d’entretenir les passions dispendieuses de l’ancienne souveraine, dont elle livre les tenues de deuil  au Temple. La Reine est alors indiquée comme “Marie-Antoinette” d’abord, puis “la femme de Louis XVI”, “Antoinette” et enfin “femme Capet” dans ses livres de compte.

Mademoiselle Marie-Jeanne Bertin, dite Rose Bertin - Page 5 Grand_10Devanture du magasin acheté avec l’immeuble de 1789, il n’en reste rien aujourd’hui
Echantillons de textiles de la fin du XVIIIe siècle de François Debray et Cie
Aucune description disponible.Marie-Antoinette

Dès lors, on associe le nom de Mademoiselle Bertin à la Reine et à Sa décadence ; elle serait à l’origine des dépenses folles de l’Autrichienne, elles auraient entretenu des passions infamantes… Marie-Jeanne se retrouve obligée de faire disparaître tous documents la liant à la monarchie.

Le 1er juillet 1792

«Mademoiselle Bertin quitte Paris pour chercher la clientèle qu’elle ne trouve plus en France. Rejoignant Francfort avec quatre ouvrières, quelques caisses de marchandises suivies par un réassort de plumes et de rubans, elle continue à exercer son commerce coûte que coûte.

Précédée par sa réputation, elle trouve sans mal une nouvelle clientèle.

Bien que sortie avec un passeport régulier, ses biens personnels sont mis sous scellés. Désormais fichée comme émigrée, il lui est impossible de rentrer . Pour démontrer sa bonne foi, son neveu Nicolas constitue un dossier justifiait  les fonds importants qu’elle envoie à Paris comportant la liste impressionnante des paiements effectués aux prestataires et ouvriers auxquels elle reste redevable.»

Marie-Antoinette, l’Affranchie de Sylvie Le Bras-Chauvot

En octobre 1792

Nicolas obtient gain de cause : Mademoiselle Bertin rentre en France pour quelques mois.

En février 1793

Se sachant menacée, Marie-Jeanne quitte la France pour l’Angleterre. Avant de partir, elle envoie à la Reine quatre paies de bas de soie noire et deux en filoselle.

A Londres, elle poursuit ses affaires en  croisant la drôle de concurrence d’anciennes clientes improvisées marchandes de modes pour survivre en émigration.

Pendant la Terreur

Mademoiselle Bertin détruit tous ses livres de caisse et ses factures. Elle continue à travailler et n’émigre qu’au dernier moment en Angleterre. en 1793.    

800px-20120526_Beatus_Rose_Bertin-001“Le pavillon Béatus
La maison de Rose Bertin à Epinay sur Seine

En 1794

Elle revient  et récupère ses biens, dont sa maison d’Épinay-sur-Seine (qu’elle surnomme le « pavillon Béatus » ; il est classé aux monuments historiques en 1933) où elle décide de rester un an plus tard, mais le Premier Empire ne lui permet pas de retrouver son succès d’antan. Située au bord du fleuve à Épinay-sur-Seine, la maison peut être aperçue depuis l’île Saint-Denis, à la droite de la mairie d’Épinay.

Le 22 septembre 1822

Marie-Jeanne Bertin meurt dans sa maison d’Épinay-sur-Seine, sans jamais avoir retrouvé le succès du temps de Marie-Antoinette.

Mademoiselle Bertin est incarnée par Sophie Desmarets dans Si Paris nous était conté de Sacha Guitry (1956)

En guise d’épitaphe de portrait, on peut retenir cette phrase de Marie-Jeanne Bertin qui est une manière de guider l’inspiration à jamais :

Il n’y a de nouveau que ce qui est oublié.

Sources :

  • La Mécanique des Dessous – Une histoire indiscrète de la silhouette (2010) catalogue de l’exposition des Arts Décoratifs
  • L’Emprisonnement de la Famille Royale au Temple  (1804) d’Hélène Becquet ( Hypothèses, Essai d’Histoire politique)
  • Les Reines de France au temps des Bourbons, tome 4 : Marie-Antoinette L’insoumise (2002) de Simone Bertière
  • Rose Bertin, Couturière de Marie-Antoinette (Les métiers de Versailles) de Patricia Bouchenot-Déchin
  • Histoire du Costume – En Occident de l’Antiquité à nos Jours (1965) , de François Boucher ; chez Flammarion
  • Marie-Antoinette : Fashion Victim par Jean-Michel Bourdin ; dans Historia du 17 octobre 2018
  • Dans l’Ombre de Marie-Antoinette ; Le Journal de Madame Brunyer 1783-1792 (2003) de Antoinette Brunyer, née Chappuis (1734-1794)
  • Mémoires de Madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette d’Henriette Campan
  • MARIE-ANTOINETTE  (1989) d’André Castelot, album
  • Marie-Antoinette – Dans l’intimité d’une Reine, Château de Versailles (magazine) Hors série N°1, Novembre 2013
  • Marie-Antoinette – Reine des Arts, Château de Versailles (magazine) Hors série N°25 ; avril 2017
  • Fashion Victims : Dress at the Court of Louis XVI and Marie Antoinette (2015) de Kimberly Chrisman-Campbell
  • Ciné Live N°101 , magazine, Marie-Antoinette par Sofia Coppola, mai 2006
  • La Famille Royale au Temple – Journal de la Captivité par Cléry ; Modern-Collection historique et anecdotique, Arthème , Fayard
  • La Princesse de Lamballe – Mourir pour la Reine (1979), de Michel de Decker ; chez Perrin
  • La Veuve Egalité (1981), de Michel de Decker ; chez Perrin
  • Marie-Antoinette (2013) d’Hélène Delalex
  • Jefferson à Paris, de James Ivory ; “Je suis une Marie-Antoinette au nez Bourbon” par Charlotte de Turckheim, magazine FEMME N°96, décembre 1994
  • Portraits de Cour (2012) de Franck Ferrand et Stéphane Bern
  • L’Eau de Rose de Marie-Antoinette et autres parfums voluptueux (2017) d’Élisabeth de Feydeau aux Editions Prisma
  • Modes & Révolutions (1989) , catalogue d’exposition au Musée Galliera
  • Gazette des Atours de Marie-Antoinette de l’année 1782
  • Une journée de Marie-Antoinette, par Charles Kunstler ; Historia N°150, mai 1959
  • La Vie Privée de MARIE-ANTOINETTE (1943) de Charles Kunstler ; chez Hachette
  • Les Atours de Marie-Antoinette: De la toilette à la Garde-robe (2005) d’ Alexandra Kuril
  • Encyclopédie illustrée du Costume et de la Mode (1980), de Ludmila Kybalova, Olga Herbenova et Milena Lamarova
  • FASHION Une Histoire de la Mode du XVIIIe au XXe Siècle, Les Collections du Kyoto Costume Institute, chez Taschen
  • Mémoires Secrets et Universels des Malheurs et de la Mort de la Reine de France (1824) de L’abbé Gaspard-Louis Lafont d’Aussonne
  • Marie-Antoinette l’Affranchie – Portrait inédit d’une icone de mode (février 2020), de Sylvie Le Bras-Chauvot, chez Armand Colin.
  • Cinéma et Révolution (novembre 1988), de Raymond Lefebvre ; chez Edilig
  • La Captivité et la mort de Marie-Antoinette  (1897) de Gosselin Lenôtre (1855-1935) chez Perrin, Paris
  • Marie-Antoinette (1991) d’Evelyne Lever; chez Fayard
  • Rosalie Lamorlière, Dernière Servante de Marie-Antoinette (2010) de Ludovic Miserole ; Les Editions du Préau
  • La Reine Marie-Antoinette (1889) de Pierre de Nolhac
  • Mémoires de la baronne d’Oberkirch
  • Marie-Antoinette    Reine de la Mode et du Goût (2018) de Françoise Ravelle ; Parigramme – Carnet de Style
  • Modes et Usages au Temps de Marie-Antoinette , deux tomes (1885) par le comte de Reiset : Livre-journal de madame Éloffe, marchande de mode
  • Journal de Sophie von La Roche
  • Marie-Antoinette : Images d’un destin (2005) de Xavier Salmon
  • Marie-Antoinette, catalogue de l’exposition au Grand-Palais de Paris      (mars 2008) Ouvrage collectif sous la direction de Xavier Salmon ; RMN Editions
  • Rose Bertin : Ministre des modes de Marie-Antoinette (2003) de Michelle Sapori ; Paris, Institut français de la Mode  et Éditions du Regard (distribution Seuil), 2003
  • Rose Bertin, couturière de Marie Antoinette (2010) de Michelle Sapori ; chez Paris, Perrin (2010) ; édition Le Grand Livre du Mois 2010, édition France Loisirs automne 2011
  • Marie-Antoinette  L’insoumise (2016) de Henri-Jean Servat et Mathieu Banq ; chez Larousse
  • Le Costume Français, Tout l’Art encyclopédie (1990 – 1996) ; chez Flammarion
  • Le Costume Français, Tout l’Art encyclopédie (1990 – 1996) ; chez Flammarion
  • La Mode de la Cour de Marie-Antoinette (2014), Versailles ( Château de) ; chez Gallimard
  • Queen of Fashion – What Marie Antoinette wore to the revolution (2007) , de Caroline Weber; chez Picador
  • Dessous – Imaginaire de la Lingerie (novembre 2009), d’Anne Zazzo ; Solar éditions
  • Marie-Antoinette (1933) de Stefan Zweig
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