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Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois

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Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois, par Drouais

Le 31 janvier 1756

Naissance de Marie-Thérèse de Savoie.

Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 175810
Marie-Antoinette d’Espagne et ses filles Marie-Joséphine et Marie-Thérèse

Elle est la petite-fille du Roi Charles-Emmanuel III (1701-1773) qui règne depuis 1730. Son fils aîné Victor-Amédée (1726-1796) est l’héritier du trône avec le titre de prince de Piémont. Il est marié avec l’infante Marie-Antoinette d’Espagne (1729-1785). Ce sont les parents de Marie-Thérèse. Ce couple très uni n’aura pas moins de douze enfants.

                                                            
                                                                Victor-Amédée III                           et                   Marie-Antoinette d’Espagne

Sur l’enfance de Marie-Thérèse, on ne sait pratiquement rien. Cette princesse voit le jour dans l’une des cours les plus fermées d’Europe.

Marie-Thérèse reçoit une éducation assez sévère.

Joséphine - Marie-Joséphine de Savoie, comtesse de Provence - Page 5 Maria_10
Marie-Thérèse de Savoie, enfant, par Giuseppe Duprà, vers 1765 Pavillon de chasse de Stupinigi, Turin
Joséphine - Marie-Joséphine de Savoie, comtesse de Provence - Page 8 Musei-10Marie-Thérèse semble être la plus petite des deux fillettes  à gauche

L’étiquette et les exercices de piété suppléent au naturel. Les enfants royaux sont abandonnés aux mains des gouvernantes. A l’évidence, on ne s’amuse guère… Si l’on copie les manières françaises, on n’a pas une once d’esprit français. Tout est codifié, réglé, minuté à l’extrême. Si l’on a beaucoup d’enfants, on ne les caresse pas beaucoup pour autant.

On peut imaginer le résultat d’une telle éducation vouée uniquement au devoir et à l’obéissance : les petits princes ne s’épanouissent pas et ressemblent à de petites figures de cire.

Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois Mt_art10

En 1771

Sa sœur aînée, Marie-Joséphine est choisie pour épouser le comte de Provence, petit-fils de Louis XV.

Le 14 février 1771

Mariage du comte de Provence ( né le 17 novembre 1755) , frère du Dauphin et de Marie-Joséphine de Savoie.

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“Detail of a print that depicts the marriage ceremony of the Comte and Comtesse de Provence.
”
Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 1778-p10
tiny-librarian:
“ Drawing of Maria Theresa of Savoy, Comtesse D’Artois, done in 1774.
”

Marie-Thérèse conservera des séquelles de cette éducation et sera toute sa vie une jeune fille comprimée, timide. Quant à parler de son aspect physique, les commentaires vont bon train lors de son arrivée en France. Dans son portrait officiel que la Cour de Turin envoie à Versailles on remarque que la promise révèle des traits plus harmonieux que ceux de sa sœur, Marie Joséphine de Savoie, Comtesse de Provence (1753-1810). Mais certains pronostics pessimistes sont confirmés à la venue de la princesse, une jeune fille brune, de petite taille, le visage étroit et un nez trop long. C’est ce que note à ce propos Mercy

« le visage maigre, le nez fort allongé et désagréablement terminé, les yeux mal tournés, la bouche grande, ce qui fait en tout une physionomie irrégulière et des plus communes ».

Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 Dumont10
Marie-Thérèse de Savoie par Dumont

L’ambassadeur zélé de l’impérieuse Impératrice d’Autriche oubliait les beaux yeux noirs et malgré sa petite taille une excellent proportion de la nouvelle Comtesse d’Artois.

« Ma petite sœur, dit le Prince , en lutinant avec quelque excès d’aisance Mme la Dauphine, n’allez pas vous placer trop haut si vous voulez apercevoir ma femme …Quatre pieds six pouces, pas une ligne de plus , une Altesse en miniature…
-Artois, taisez-vous, interrompit Marie-Antoinette…Vous parlez trop légèrement de ma future belle-sœur ; on la dit fort jolie et si l’on doit s’en rapporter à son portrait…»

Le coiffeur Léonard Autier

En 1773

Louis XV sollicite encore une princesse de Savoie pour la main de son dernier petit-fils. Le Roi semblait pencher pour Marie-Anne, la troisième fille de Victor-Amédée III, mais Marie-Joséphine fait pencher la balance en faveur de Marie-Thérèse, la princesse qui arrive juste après elle.

Ses parents estiment sans doute que ce sont des atouts suffisants pour lui faire un mariage avantageux. En bons termes avec Louis XV, fort du premier mariage savoyard, une union est rapidement décidée avec le dernier des petits-fils du Roi de France, le comte d’Artois.

La jeune princesse va donc entrer dans la plus prestigieuse famille royale d’Europe, mais aussi dans un pays et dans une Cour où elle ignore tout des mœurs et des lois. Elle est investie d’une lourde mission… assurer la pérennité de la dynastie des Bourbons, le mariage de sa sœur et de sa belle-sœur se révélant stérile.
Un mariage fastueux pour le plus mal assorti des couples.

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Le 5 novembre 1773

La cérémonie de remise

A huit heures du matin, les gardes du corps, les Cent Suisse et les gardes de la porte du Roi, envoyés pour escorter Madame la comtesse d’Artois, prennent leurs postes. Le régiment de Boccard borde la haie, tandis qu’un détachement de cent dragons de la Légion de Soubise, commandé par la comte de Vargemont, monte à cheval et se met en bataille à la suite de l’infanterie, ainsi qu’un autre détachement de la maréchaussée du Dauphiné, aux ordres du prévôt-général et d’un de ses lieutenants.

A neuf heures trente, le maréchal-comte de la Trinité, commissaire plénipotentiaire du Roi de Sardaigne, remet au marquis de Brancas, commissaire plénipotentiaire du Roi de France, et de toutes les personnes de la suite française. Madame la comtesse d’Artois est salué, au moment de la signature du procès-verbal, d’une triple décharge de six canons.

Le marquis de Brancas a ensuite l’honneur de présenter et de nommer à Mme la comtesse d’Artois les seigneurs et les dames qui doivent l’accompagner et composer sa suite.

Vers onze heures, Madame la comtesse d’Artois se met en marche, précédée du marquis de Brancas, commissaire plénipotentiaire, du marquis de Vintimille, chevalier d’honneur, du marquis de Chabrillant, premier écuyer, et, accompagnée de sa dame d’honneur, de sa dame d’atours et des autres dames de sa suite. Elle trouve, sur le pont qui sépare les deux états, un arc de triomphe élevé par les soins des officiers municipaux de Beauvoisin. Mme la comtesse d’Artois dîne à Bourgoin, dans la maison du marquis de Beffroi. Elle trouve sur son passage cent cinquante hommes du régiment de Boccard, suisse et un détachement de la maréchaussée commandée par un lieutenant. Après le dîner, elle part pour Lyon.

A partir du 5 novembre 1773

Voyage en France jusqu’à la rencontre avec Louis XV et de Mgr le comte d’Artois

Le même jour, vers six heures du soir, Madame la comtesse d’Artois arrive et fait étape à Lyon où la ville donne plusieurs fêtes en son honneur.

Le 8 novembre 1773

au matin

Elle en repart puis arrive à Roanne vers huit heures du soir. Un détachement de dragons du régiment de Jarnac l’escorte jusqu’à l’Hôtel où un appartement a été préparé à son intention. Madame la comtesse d’Artois y reçoit les officiers du Bailliage et de l’élection qui ont l’honneur de la complimenter. Le comte de Tonnerre, le comte de Blot et Pajot de Marcheval ont l’honneur de l’accompagner jusqu’en cette dernière ville et de prendre congés de Madame la comtesse d’Artois.

Le 9 novembre 1773

Marie-Thérèse entend la messe pendant laquelle un motet est exécuté puis elle part pour Moulins en Bourbonnais vers onze heures. Elle arrive à Moulins à huit heures du soir.

The comtesse d'Artois

A Moulins, à la porte de Lyon, le maire et les échevins de la ville ont l’honneur d’être présentés à Madame la comtesse d’Artois et de la complimenter. Depont, intendant de la province et qui était allé à la rencontre de la princesse, avait formé en dehors une avenue d’arbres, par laquelle elle devait passer, Madame la comtesse d’Artois entre dans deux cours également bordées d’arbres. Cet espace est éclairé par des ifs, des lustres, des pyramides de terrines, et par des guirlandes de lanternes. De plus, il est garni de la garde de la ville de Moulins sous les armes, et d’une immense foule, qui faisait retentir les cris de « vive le Roi et la famille royale ». Madame la comtesse d’Artois est escortée par le régiment d’Orléans, dragons, à la tête duquel étaient le marquis de Poyanne, le marquis de Pons Saint-Maurice et le comte de Montboissier. Lorsque Madame la comtesse d’Artois arrive à l’intendance, qui est illuminée, l’intendant a l’honneur de la recevoir et de lui être nommée. Elle entre dans son appartement, où la comtesse de Forcalquier, sa dame d’honneur, lui nomme les dames et les hommes de qualité de la ville de Moulins et de la province. Pendant le souper de Madame la comtesse d’Artois, divers morceaux de symphonie sont joués. Après son souper, elle passe dans une autre pièce d’où elle assiste au feu d’artifice tiré en son honneur et exécuté par M. de Bray, artificier du Roi.Le 10 novembre 1773

vers six heures du soir, Madame la comtesse d’Artois arrive à Nevers sous les acclamations du peuple et descend au château du duc de Nivernais. Sur la place ducale, l’intendant avait fait installer un théâtre sur lequel les principaux acteurs de la comédie italienne jouèrent, avec beaucoup de succès, un prologue mêlés de variétés et de vaudevilles analogues à la fête, et l’opéra comique de Tom-Jones qui est terminé par des couplets faits en l’honneur de la princesse, et qui est apprécié par les spectateurs.

Après la représentation, toujours sur la place ducale, il y eut une illumination représentant le temple de l’hymen. Madame la comtesse d’Artois est placée de manière avoir en face d’elle les acteurs et à sa droite l’illumination. Après ces festivités, elle parcoure la place en carrosse puis se rend à l’évêché où elle soupe. L’évêque de Nevers, le clergé et le corps de la ville de Nevers avaient eu l’honneur de la complimenter à son arrivée.

Le 11 novembre 1773

à huit heures, Madame la comtesse d’Artois quitte Nevers pour se rendre à Montargis. A la porte de Nevers, elle y trouve un détachement du régiment Orléans, dragons, ayant à leur tête le marquis de Pont Saint-Maurice et le comte de Montboissier. Depont, l’intendant de la province, a eu l’honneur d’accompagner Madame la comtesse d’Artois et en prend congés à Pougues.

Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 12928110

Suivant les premiers ordres du Roi, Madame la comtesse d’Artois devait aller coucher de Nevers à Briare, mais Louis XV étant informé que la petite vérole y règne, change les premières dispositions, et ordonne que la princesse aille se coucher à Montargis. M. de Cypierre, intendant de la généralité d’Orléans, qui a fait tous les préparatifs à Briare, reçoit un contre ordre le 13 octobre. Il fait aussitôt de nouvelles dispositions à Montargis, lesquelles se trouvèrent prêtes le 29 octobre.Le 11 novembre 1773

Madame la comtesse d’Artois arrive à Montargis, après onze heures du soir, et une marche de 36 lieues. M. de Cypierre avait fait placer, à chaque relais, des terrines et des flambeaux pour éclairer le chemin ; mais une pluie continuelle, accompagné d’un vent impétueux, rendit toutes précautions inutiles. Pour y suppléer et surtout pour diriger les postillons, et prévenir le danger qu’entraîne l’obscurité de la nuit la plus affreuse, M. de Cypierre a fait allumer des feux de distance en distance, et tous les habitants des villages voisins secondent son zèle avec une activité incroyable. Les officiers municipaux de Montargis ont l’honneur de complimenter Madame la comtesse d’Artois avant son entrée dans la ville. Sur son passage, toutes les rues sont illuminées et la milice bourgeoise est en arme. M. de Cypierre avait ordonné une illumination de 600 toises, depuis les faubourgs de la ville jusqu’au château. Sur l’esplanade du château, devant l’appartement de Madame la comtesse d’Artois, un arc de triomphe, des pyramides et des girandoles sont illuminés mais le mauvais temps en a détruit l’effet.

Le 12 novembre 1773

Madame la comtesse d’Artois entend la messe à Montargis.  Puis, elle dîne à son grand couvert où tout le monde est admis à la voir. Ensuite, elle se rend dans une salle voisine de son appartement où M. de Cypierre avait fait disposer un théâtre. Les enfants de l’ambigu-comique joue une pièce relative à la circonstance. Mme la comtesse d’Artois témoigne sa satisfaction à M. de Cypierre qui a ordonné cette fête, et à M. Plein-Chesne, auteur du divertissement.

Le même jour, vers trois heures après midi, Madame la comtesse d’Artois part pour Nemours où M. de Cypierre eu l’honneur de prendre congés d’elle.

Le même jour, la future comtesse d’Artois arrive à Nemours où Mgr le comte de Provence et Madame la comtesse de Provence l’y rejoignent le 13 novembre. Ces deux princesses se témoignent, au moment de leur entrevue, une tendre sensibilité. Cela fait présager à la nation française le bonheur que procure la double alliance des Maisons de Bourbon et de Savoie.

Le 14 novembre 1773

Rencontre entre Mgr le comte d’Artois et Madame la comtesse d’Artois en présence de Louis XV et des autres membres de la Famille Royale.
Louis XV, accompagné de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dauphine, de Mgr le comte de Provence, de Madame la comtesse de Provence, de Mgr le comte d’Artois, de Madame Adélaïde, de Mesdames Victoire et Sophie et de ses principaux officiers, va au devant de Madame la comtesse d’Artois jusqu’au bas de la montagne de Bourbon.

Lorsque Madame la comtesse d’Artois aperçoit le Roi, elle descend de son carrosse et marche à sa rencontre. Elle est accompagnée par la comtesse de Forcalquier, sa dame d’honneur ; de la comtesse de Bourbon-Busset, sa dame d’atours, et des dames que le Roi a nommées pour aller la recevoir sur la frontière. Madame la comtesse d’Artois étant arrivée devant Louis XV, qui est descendu de son carrosse, se jette à ses pieds. Louis XV la relève et après l’avoir embrassée, lui présente Mgr le comte d’Artois qui l’embrasse sur la joue à son tour. Mgr le Dauphin, Madame la Dauphine, Mgr le comte de Provence, Madame la comtesse de Provence, Madame Adélaïde et Mesdames Victoire et Sophie l’embrassent aussi.

Après cette entrevue

Louis XV remonte dans son carrosse pour retourner à Fontainebleau, d’où il part, sur les trois heures, avec la Famille Royale, pour se rendre au château de Choisy. Le Roi fait placer Madame la comtesse d’Artois auprès de lui. En arrivant au château de Choisy, Madame la comtesse d’Artois est conduite dans l’appartement qui a été préparé à son intention. Le Roi et Mgr le comte d’Artois lui donnent la main jusqu’à son appartement, où elle rencontre Madame Clotilde et Madame Elisabeth qui se sont rendues en ce lieu pour la recevoir ainsi que les princes et les princesses du sang. Louis XV soupe, le soir, en public, avec les membres de la Famille Royale, les princes et les princesses du sang, et les dames de la Cour qui y sont invitées. Mgr le comte d’Artois loge à Choisy dans le petit château. Louis XV fait apporter à Madame la comtesse d’Artois la magnifique parure de diamants, qui lui est destinée.

Le 15 novembre 1773

Louis XV quitte Choisy pour se rendre à Versailles.

Le 16 novembre 1773

Marie-Thérèse de Savoie épouse Charles Philippe, comte d’Artois, petit-fils de Louis XV.

Marie-Thérèse arrive à Versailles sur les dix heures du matin.

Vers une heure après midi, elle se rend dans l’appartement du Roi d’où l’on part pour la chapelle.

Cérémonie du mariage à la chapelle royale

Paire de pastels, Comte d’Artois et Marie Thérese de Savoie

Par permission spéciale du 14 mai 1773 de Mgr de Beaumont du Repaire, archevêque de Paris, le comte et la comtesse d’Artois ont pu se fiancer le jour de leur mariage.

Tel que décrit par Mademoiselle Alexandre la marchande de mode qui en composa la chamarrure l’habit de la mariée est en en étoffe fond d’argent façonnée en vagues de réseaux d’argent riches et très brillants, garnie de franges d’argent, rebrodée d’une très riche guirlande de fleurs et de feuilles en paillons d’argent, le bas de robe relevé par des gros glands à quatre ganses très riches. Le grand corps est enrichi de diamants, les manches de cour en blonde (fine dentelle de soie). La grande palatine (au cou), les bracelets, les nœuds de manches et de bouquet assortis. Le tout est porté sur un très grand panier et est livré à Versailles dans une « grande Boëte enveloppée de molleton vert ».

16 novembre 1773: Mariage du comte d'Artois avec la princesse Marie Thérèse  de Savoie

Aussi joli cœur et avide des plaisirs de la Cour et de la Ville que son épouse est timide et effacée, le futur Charles X montre sa déconvenue avant même la fin des noces. Marie-Thérèse reste muette et lasse durant toutes les fêtes.

Fichier:Callet - Charles-Philippe de France, comte d'Artois (futur ...Charles-Philippe, comte d’Artois par Callet

La princesse piémontaise arrive à Versailles et déçoit par son aspect : petite, laide, timide, niaise, elle ne peut guère retenir l’attention de son fringant mari. Charles d’Artois est né en 1757, il est grand, mince, agile, séduisant … Il ne se plaint pas de sa nouvelle épouse, et consomme son mariage.

Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 Drouai33

Elle devient ainsi la belle-sœur de sa sœur Marie-Joséphine.

Le comte et la comtesse d’Artois s’installent au premier étage de l’Aile du Midi en 1773. Ils y font aménager plusieurs cabinets. Ceux-ci comprennent une bibliothèque, un petit cabinet, un supplément de bibliothèque. La bibliothèque communique avec le cabinet intérieur. En 1774, le comte annexe deux pièces contiguës pour aménager une salle à manger.

La chambre de la comtesse d’Artois,
Une vue imprenable sur le Parterre du Midi

(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )

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Située au premier étage de l’Aile du Midi, la chambre est la seule pièce de son appartement qui possède encore la voussures et des corniches des plafonds datant de Louis XIV.

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Comme tous les appartements royaux et princiers, elle possède un meuble d’été et d’hiver.

Le meuble d’hiver a été réalisé en 1772 par Jean Charton fils, qui portera en 1776 le titre de fabricant du Roi, pour le meuble d’hiver de la comtesse d’Artois. La même étoffe a été prévue en 1791 pour l’appartement de Madame Élisabeth au Château de Fontainebleau.

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Laize de tenture du meuble d’hiver de la Chambre de la Comtesse d’Artois (Musée des Tissus et des Arts décoratifs)

Cette laize montre un entrecroisement de guirlandes de feuilles de chênes et de laurier, en apparence simple. Néanmoins, en raboutant deux laizes prises dans le même sens et placées côte à côte, le dessin se révèle discontinu, c’est-à-dire que la guirlande de chêne se poursuit, sur la laize voisine, en guirlande de laurier.

Un autre agencement, qui consisterait à positionner en sens inverse une laize sur deux, permettrait d’obtenir le dessin d’un double réseau entrelacé de carrés posés sur la pointe, le premier constitué de guirlandes de chênes et le second, de guirlandes de laurier.

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Les pliants, aujourd’hui dans la chambre de la Reine, appartiennent au meuble d’hiver de la chambre de la comtesse d’Artois à Versailles, livré en 1773. C’est pour la Dauphine Marie-Antoinette en 1769 que Jacques Gondouin, dessinateur du Garde-Meuble de la Couronne mit au point dans le style transition ce prototype de pliant repris avec quelques variantes dans les pièces officielles des appartements princiers. On connaît l’importance de ce type de siège dans l’étiquette de la Cour de France. Les quatre pliants de la comtesse d’Artois sont présentés dans la chambre de la Reine car presque identiques à ceux livrés pour la future Dauphine Marie-Antoinette . Ils sont tous par conséquent couverts en broderie assortie au gros de Tours broché fond blanc à bouquets de fleurs et plumes de paon de la chambre de la Reine tissé par Desfarges à Lyon en 1786.

Paire de ployants de la chambre de la comtesse d’Artois :

Paire de ployants de la chambre de la comtesse d’Artois

Ils font partie du mobilier d’hiver de la chambre à coucher de la comtesse d’Artois au château de Versailles. Chaque «X» est constitué de quatre «cornet», ceux du haut à cannelures torses, ceux du bas à même cannelure torse sur un tiers, puis d’un entourage de lancettes, réunies à la base par un petit culot de feuillages.

Paire de ployants de la chambre de la comtesse d’Artois

Les patins sont à riche décor de trois culots d’acanthe et graines. L’axe qui réunit les «X» est à décor d’un culot de feuillage.

Paire de ployants de la chambre de la comtesse d’Artois

La commode du salon des Nobles de la comtesse d’Artois

(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Plan-de-lAppartement-du-Comte-et-de-la-Comtesse-dArtois-en-1789-au-premier-etage-de-lAile-du-Midi-1024x305.jpg. Plan de l’appartement du comte et de la comtesse d’Artois en 1789, au premier étage de l’Aile du Midi.
En rouge : le Salon des Nobles de la comtesse où était la commode.

Si, à Versailles, l’on disposa pour les jeunes mariés de splendides appartements au premier étage de l’Aile du Midi, il ne semble pas que l’on ait exagéré les dépenses concernant le mobilier de la Princesse.

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En se référant à l’inventaire de 1776, on trouve dans son Grand Cabinet, servant aussi de Salon des Nobles, une commode qui avait été en 1740 dans la Chambre à coucher de Monsieur de Fontanieu. On y trouve également deux encoignures livrées le 30 novembre 1773 pour le Comte d’Artois.

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« Il faut attendre le 18 novembre 1779 pour voir commandé à Riesener une commode d’un style nouveau : «Une commode marqueterie à placage bois des Indes à dessus marbre griotte d’Italie ayant 5 tiroirs dont 2 grands et 3 petits fermant pour 3 clés différentes avec panneaux de bois de rose en mosaïque avec médaillon à corbeille de fleurs suspendue plaquée sur fond de bois d’amarante, le fond à frise. Ornée de pieds et culots à palmettes d’ornements, pieds en gaine à moulures et chutes de volutes, à la traverse du devant surmonté d’un cadre de godrons à fleurons. Les encadrements de panneaux à perles et raies de cœur.»

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Dans l’inventaire de 1787 comme dans les suivants, ce meuble resta dans l’Appartement de la Comtesse d’Artois jusqu’à son départ en exil le 15 juillet 1789. La commode fut vendue au moment des ventes révolutionnaires.

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Le château de Versailles la rachète en 1964.

Le 19 novembre 1773

Bal paré et feu d’artifices au château de Versailles.

Le 23 novembre 1773 

Visite à Madame Louise à Saint-Denis : le Roi, accompagné du Dauphin, du comte de Provence, du comte d’Artois, de la comtesse d’Artois et de Mesdames, se rend au monastère des carmélites de Saint-Denis pour y voir Madame Louise.

Louis Marie Lecomte, chanoine de Toul, est l’aumônier de la comtesse d’Artois depuis l’établissement de sa Maison en 1773.

Le 24 novembre 1773  

Bal masqué au château de Versailles  

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est MA-Delannoy-la-comtesse-dArtois.jpg.Au centre, la comtesse d’Artois dans Marie-Antoinette de Jean Delannoy (1956),
le rôle est si petit qu’il n’est même pas crédité au générique…
Sur cette seconde image, la comtesse d’Artois figure tout à droite
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est MA-Delannoy-scene-de-representation-1024x780.jpg.
La comtesse d’Artois figure tout à droite et toute petite …

A la cour de Turin, ces deux princesses se détestaient, mais la Cour de France et Marie-Antoinette vont les faire se rapprocher. Moins brillante que son aînée la comtesse de Provence, la comtesse d’Artois ne manque toutefois pas de charme.

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L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Marie-Therese-de-Savoie-comtesse-dArtois-par-Joseph-Ducreux-1775.jpg.
Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois par Joseph Ducreux, 1775
Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 Captu455

La jeune Princesse est, comme le dit spirituellement le comte d’Artois, une beauté en miniature : petits traits, petite taille, petit pied ; petit esprit, ajoutent quelques-uns de ces observateurs qui prétendent juger les gens au premier abord.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Marie_Therese_de_Savoie_par_Jean-Baptiste_André_Gautier-Dagoty-820x1024.jpg.Marie-Thérèse par Gautier d’Agoty
Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 Comtes25Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois, par François-Hubert Drouais

Mais cette partie du jugement manque d’exactitude : la Princesse , timide, décente dans ses manières, étrangère aux habitudes d’une Cour beaucoup plus expansive que celle de Turin, éprouve l’embarras d’une situation toute nouvelle, au milieu d’une société qui ne l’est pas moins pour elle.

Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 Ca-17810

Réputée laide, fade et timide, Marie-Thérèse fait pâle figure à côté d’un mari brillant et enjoué, et surtout frivole. La comtesse d’Artois, de complexion nerveuse, extrêmement émotive, est naturellement encline à l’humeur noire. Les descriptions péjoratives à son endroit ne manquent pas : revêche, triste, inexpressive, elle est probablement sujette à des maux psychiques qui la contraignent de vivre isolée.

oOo Marie Thérèse de Savoie comtesse d'Artois (2éme belle sooeur) oOo -  Blog de 18 century spirit
Marie-Thérèse de Savoie par Charles Leclercq

Marie-Thérèse, terne et discrète, ne compte guère à la Cour, tant la Reine Marie-Antoinette capte toute l’attention. Les deux belles-sœurs ne se fréquentent guère, en-dehors des occasions officielles. Sa sœur aînée, après s’être occupée d’elle, la délaisse.

Peu de temps après les festivités, le comte d’Artois part pour Paris rejoindre sa maîtresse Rosalie Duthé (1748-1830). Les courtisans auront alors ce mot :

« Le prince ayant eu une indigestion de gâteau de Savoie s’en va prendre le thé à Paris ».


Rosalie Duthé
“Marie Antoinette (2006)
”
Marie-Joséphine et Marie-Thérèse de Savoie dans Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
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Dessin de Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois, réalisé en 1774

Le 10 mai 1774

Mort de Louis XV

Louis XV

En 1775

Un premier Cabinet Turc du comte d’Artois est aménagé en 1775 au premier étage.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Plan-de-lAppartement-Artois-en-1775-1024x305.jpg.Plan de l’Appartement du comte et de la comtesse d’Artois, au premier étage de l’Aile du Midi.

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI est sacré à Reims.

Sacre de Louis XVI
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Louis-XVI-a-Reims.jpg.Louis XVI à Reims

Le 22 juin 1775

Marie-Antoinette écrit à Sa mère :

« La comtesse d’Artois poursuit sa grossesse ; elle est très heureuse et n’a aucune crainte de l’accouchement. Bien sûr, elle est tellement petite qu’elle a suffit qu’ils lui disent qu’ils ne lui laisseraient pas prendre la médecine noire pour qu’elle touche les étoiles de la joie ».
Qu ‘ est-ce que la «médecine noire» Marie-Antoinette ne le précise pas, mais, contrairement à ce qu’on peut penser, il ne devait pas s’agir d’une étrange potion sortie d’un laboratoire de sorcières Au lieu de cela, il s’agissait d’une thérapie très en vogue à l’époque : la saignée par les sangsues, d’où le terme «médecine noire», car les sangsues sont noires. La saignée avec les sangsues a été pendant des siècles la panacée pour toute maladie. De la grippe à la goutte. En remplacement de la saignée, le sang était surtout effectué pour décongestionner des organes internes, pour extraire du sang et des humeurs «corrompus». il semble qu’il était recommandé quand on avait subi une peur, à ceux qui étaient de pression élevée au moment du changement de saison, aux touchés d’attaques cardiaques et aux femmes au neuvième mois de grossesse. Bien sûr, bien sûr, sans douleur, la vue des sangsues visant à sucer le sang ne devait pas être un «beau voir», d’où la joie de la comtesse d’Artois.»

Juillet 1775

Marie-Antoinette fait rétablir pour Madame de Lamballe la charge de Surintendante de la Maison de la Reine, qui avait été abolie par Louis XV en raison de son coût.

Résultat de recherche d'images pour "Princesse de Lamballe"La princesse de Lamballe par Antoine-François Callet en 1776

En juillet 1775

Départ de Monsieur et de Madame autorisés à suivre la nouvelle princesse de Piémont, Madame Clotilde, dans sa patrie d’adoption et le séjour «de quinze jours dans le plus grand incognito à Chambéry».

La Reine écrit «qu’il est affreux pour moi, de ne pouvoir espérer le même bonheur.»

Marie-Antoinette piquée au vif s’enferme dans Ses appartements pour pleurer à Son aise d’autant que le comte et la comtesse de Provence expriment bruyamment leur joie. Elle ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Marie-Joséphine ravie de revoir sa famille, alors que Joseph II tarde à La visiter.

Bien sûr, Marie-Thérèse d’Artois est enceinte… mais, à l’instar de Marie-Antoinette, elle aura peut-être éprouvé de la jalousie vis à vis de sa sœur qui allait revoir les leurs.

Le 6 août 1775

Naissance de Louis-Antoine, duc d’Angoulême, fils du comte et de la comtesse d’Artois.


Le duc d’Angoulême

Immédiatement après avoir donné naissance au bébé, la jeune mère a mis une main sur son front et a crié.
«Oh mon Dieu , je suis tellement heureuse ! »

Les courtisans ont immédiatement été informés de la naissance d’un garçon, et le tollé, les applaudissements et les cris de joie dans les couloirs et les salons où les gens s’attendaient ont été entendus dans

Marie-Antoinette est restée avec Sa belle-sœur jusqu’à ce que cette dernière soit lavée et remise au lit, puis elle est retournée dans Ses appartements où Madame Campan l’attendait et a pleuré amèrement.

« La comtesse d’Artois a joyeusement accouché le 6 à trois heures trois quarts ; il y a eu trois moments très douloureux, mais globalement le travail n’a pas duré plus de deux heures. « J’étais toujours dans sa chambre : il ne me sert à rien de dire à ma chère mère combien j’ai souffert en voyant un héritier pas le mien ; cependant à la fin, j’ai décidé que ni la mère ni le bébé ne me manqueraient aucune attention nécessaire. »

Marie-Antoinette à l’Impératrice Marie-Thérèse
Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 Comtes24
Gravure de mode à l’effigie de la comtesse d’Artois
18thcenturyladies:
“ Portrait of Princess Maria Thérèse of Savoy (1756-1805) by Lié Louis Périn-Salbreux
Circa 1780
”
Marie-Thérèse par Lié Louis Périn-Salbreux

Le 20 août 1775

Mariage de sa belle-sœur, Madame Clotilde (1759-1802), dite Gros Madame, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne (1751-1819), son frère.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Mariage-Clotilde.jpg.
tiny-librarian:
“ Marie Thérèse de Savoie, Comtesse d'Artois, as Flora, wearing loose white robes and pink shawl, her powdered hair dressed with ears of corn and blue flowers, she holds in her right hand a posy of pink and blue flowers and ears of...
La comtesse d’Artois en Flore

Le 5 août 1776

Naissance de Sophie, dite Mlle d’Artois, fille du comte et de la comtesse d’Artois.

Sophie de Bourbon (1776-1783) - Photo de Famille de Louis XVI, Louis XVIII  et Charles X - L'envers de l'Histoire
Sophie de Bourbon (1776-1783), dite Mademoiselle d’Artois
Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 Comtes10
La comtesse d’Artois, ses enfants et sa sœur , la comtesse de Provence.
Fichier:Marie Josephine de Savoie.png — WikipédiaLa comtesse de Provence, par Jean-Baptiste André Gautier-Dagoty, 1777

Le 15 septembre 1775

Voici une lettre de Marie-Antoinette à Marie-Thérèse par laquelle la Reine informe Sa mère de la santé de la comtesse :

« La Comtesse d’Artois est toujours merveilleuse, elle était à la chapelle dimanche dernier, le jour où les cinq semaines étaient passées. Le roi a fait don de mille Louis pour sa naissance, et son mari des bracelets à paillettes avec une étui aussi ornée de paillettes et un portrait du fils.»

Le 24 janvier 1778

Naissance du duc de Berry, Charles-Ferdinand, second fils du comte et de la comtesse d’Artois.

Artois - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 037l1811
La comtesse d’Artois et ses enfants, Louis Antoine duc D’Angoulême, Sophie
et Charles Ferdinand duc de Berry par Ignazio Pie Victorien Cloche, 1779
An engraving depicting the children of the comte and comtesse d'Artois and two governesses, 18th century. [credit: Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie]
Marie-Thérèse d’Artois, ses enfants et leur gouvernante
The children of the comte d'Artois (Charles, Sophie and Louis) by Rosalie Filleul, 1781
Les enfants du comte d’Artois (Charles, Sophie and Louis) par Rosalie Filleul, en 1781
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Miniature-Portrait-de-Marie-Therese-dArtois-signe-Vestier-1778-708x1024.jpg.
Miniature ovale dans son cadre en argent et or bordé de « cailloux du Rhin » taillés à facettes. Marie Thérèse de Savoie comtesse d’Artois autrefois identifié comme portrait de Marie Antoinette et signé Vestier, 1778. 
Copie d’après une miniature de François Dumont au musée national de Cracovie.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Une-gravure-representant-les-enfants-du-comte-et-de-la-comtesse-dArtois-et-de-deux-gouvernantes.jpg.
Gravure représentant la comtesse d’Artois, ses trois enfants et leur gouvernante
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est La-comtesse-dArtois-et-ses-enfants-en-1779.jpg.
La comtesse d’Artois et ses enfants en 1779
Reconstitution de la chambre de la Comtesse d’Artois à Versailles d’après la gravure de François-Joseph Bélanger 
par Lucas Lazzetta
Promenade nocturne de la Reine, Madame et la comtesse d’Artois sur la terrasse de Versailles par Benjamin Warlop

En 1780

Marie-Joséphine de Provence désire l’installation d’une petite salle-à-manger et d’un salon en hémicycle contigu pour servir au jeu et au billard nécessaire aux soupers qu’elle offre chaque soir à la famille royale . Cette salle-à-manger destinée aux « soupers des petits cabinets »- soupers intimes sans domestiques dont a parlé Pierre de Nolhac dans ses ouvrages – est installée dans les anciennes pièces de service de la Dauphine détruites situées sous le cabinet doré de la Reine, là on a installé provisoirement un billard avant 1779. Cette salle-à-manger paraît bien étroite car toute la famille royale est conviée par la princesse : à savoir le Roi, la Reine, Monsieur, le comte et la comtesse d’Artois, les trois Mesdames tantes et Madame Elisabeth quand elle sera en âge. Cette petite pièce ouvrant par une fenêtre sur la cour intérieure de la Reine, appelée dès lors « cour de Monsieur », est donc prolongée sur l’appentis, pris sur l’ancien oratoire de la Dauphine, sous la terrasse du cabinet doré de la Reine.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est salle-a-manger-de-la-comtesse-de-Provence-1024x723.jpg.
Dîner familial chez la comtesse de Provence par Benjamin Warlop

Chacun, sauf le Roi, apporte son repas qui est placé par le service sur des plats posés sur une grande table ovale dressée dans la seconde chambre de Madame. Les serviteurs se retirent alors et chaque convive compose son repas en se servant soi-même et en prenant assiettes et argenterie qui ont été placées sur des servantes.

En 1780

« Louis XVI propose à la marquise de Tourzel (1749-1832) la charge de dame «pour accompagner» la comtesse d’Artois : il essaie de donner à sa belle-sœur un entourage qui lui convienne, car lors de son mariage, la comtesse du Barry avait fait nommer auprès de la jeune princesse des créatures à sa merci qui ne conviennent pas à un souverain aussi pieux que Louis XVI. Quand ces indésirables sont enfin écartées, le Roi les remplace par des personnes plus convenables. Une telle offre ne se refuse pas. Elle a pour avantage de fournir à l’intéressée une position à la Cour, indépendamment de son mari.»

Jacques Bernot, Madame de Tourzel, gouvernante des enfants de Louis XVI (2022) ; Nouvelles Editions Latines
Louise-Élisabeth de Tourzel

Le 25 août 1780

Louise-Elisabeth de Tourzel est officiellement nommée à la charge de dame «pour accompagner» la comtesse d’Artois. Elle restera neuf années aux côtés de cette princesse effacée, dans cet emploi un peu terne qu’elle partage avec une quinzaine d’autres dames, parmi :lesquelles on compte la marquise d’Argenteuil, née Catherine Barjot de Roncé.

Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François.

Marie-Antoinette accouche enfin d'un premier Dauphin, le 22 ...
Naissance du Dauphin par Jean-Michel Moreau, le jeune

Le 25 août 1780

Louise-Elisabeth de Tourzel est officiellement nommée à la charge de dame «pour accompagner» la comtesse d’Artois.

En 1781

Le second Cabinet Turc du comte d’Artois 

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion ) 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-3-678x1024.jpg.

Il prend la place de la bibliothèque et du cabinet intérieur aménagés en 1773 dans les entresols. Il est éclairé par deux fenêtres. La pièce est doublée sur deux côtés d’un couloir où sont les armoires pour les livres. Une niche, recouverte de glaces, est encadrée de fausses portes de bibliothèque menant au couloir.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Plan-des-entresols-de-lAppartement-du-Comte-dArtois.-Second-Boudoir-Turc.-1024x366.jpg.Plan des appartements Artois en 1775

Le reste du décor se compose de «turquerie». Quatre portes et fausses portes sont peintes. 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-5-678x1024.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-4-678x1024.jpg.

Le meuble est un lampas bleu broché. Jacob livre une paire de guéridons, un écran de cheminée, une grande sultane pour l’alcôve, deux lits de repos, deux bergères, quatre fauteuils, six chaises et une console. Des candélabres et une pendule se trouvent sur les consoles.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-console-de-Jacob.jpg.
Console du Cabinet Turc (aujourd’hui au Louvre)L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-console-de-Jacob-2-1024x678.jpg.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-console-de-Jacob-3-1024x678.jpg.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-console-de-Jacob-4-1024x678.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-mobilier-1-1024x678.jpg.Deuxième salon de l’Impératrice à Fontainebleau : mobilier du Cabinet TurcL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-mobilier-4-1024x678.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-mobilier-5-678x1024.jpg.

Ce décor luxueux est aujourd’hui dispersé dans plusieurs lieux :
– Les boiseries, longtemps conservées à Versailles, sont aujourd’hui au Louvre,
– Les fauteuils, les bergères et les chaises, qui ont meublé pendant des années le Cabinet de la Méridienne de la Reine à Versailles, sont à Fontainebleau,
– Les candélabres sont à Buckingham Palace,
– La console est au Louvre,
– Enfin, la pendule dans le Salon des Nobles de la Reine à Versailles.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-Pendule-au-Sultan.jpg.
Pendule aux sultanes et les deux candélabres aux autruches aujourd’hui dans le Salon des nobles de la Reine à Versailles.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-candelabre.jpg.
Candélabre actuellement a Buckingham Palace
Paire de candélabres aux autruches de François Rémond ; bronze ciselé et doré ; 1782.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-canape.jpg.

On y retrouve le luxe de la Reine dans Son cabinet doré :

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Le-second-Cabinet-Turc-du-comte-dArtois-fauteuil-de-Jacob.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est MA-hameau-amies-1024x682.jpg.Mesdames d’Artois, de Provence, de Polignac, de Lamballe, Vigée Le Brun et de Bourbon au hameau de Trianon
Charles-Ferdinand, duc de Berry par Joseph Boze

En 1782

Une grossesse de la comtesse d’Artois paraît suspecte. Les rapports entre les époux sont de longue date inexistants.

« Madame la comtesse d’Artois, petite, douce, ingénue, généreuse, est pleine des plus admirables qualités. Elle avait un fort beau teint, mais le nez un peu long.»

Mémoires de la baronne d’Oberkirch concernant l’année 1782
Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 3
Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois, par Antoine Vestier

L’on suspecte un garde du corps que Louis XVI envoie servir aux colonies, ce à quoi Madame Adélaïde rétorque qu’« il faudrait y envoyer toutes les compagnies ». Pardonnée par son époux mais encore davantage discréditée, la comtesse d’Artois met au monde à huit mois de grossesse une fille, Mademoiselle d’Angoulême, qui ne vivra que six mois.

Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 Franco15

A la fin de l’année 1782

Dans la correspondance d’Angélique de Bombelles (1762-1800) avec son mari,  Marc-Marie, marquis de Bombelles (1744-1822), nous apprenons que la comtesse d’Artois est très malade, au point d’alerter toute la Cour, jusqu’à son volage époux.  La comtesse de Provence, dans cette circonstance, apparaît comme une sœur très aimante.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Portrait-de-Louis-Antoine-de-Bourbon-duc-dAngouleme.jpg.Portrait de Louis Antoine de Bourbon (1755-1884), duc d’Angoulême
La comtesse d’Artois par le chevalier Delorge

Le 27 décembre 1782

« Adieu toutes les fêtes, mon petit chat, Madame la comtesse d’Artois est au plus mal d’une fièvre qui d’abord avait si peu inquiété que je ne t’en avais pas parlé, mais qui est devenue des plus graves, puisque les médecins disent qu’elle est maligne. Ils craignent aussi que le sang ne soit gangrené, elle a des cloches qu’on appelle des phlyctènes qui l’annoncent. Elle a été administrée, hier, à minuit. Cette pauvre petite princesse dans les moments où elle a sa tête dit qu’elle sent bien qu’elle va mourir, tout le monde en est persuadé et très affligé, parce que c’était la bonté même, tout ce qui l’entoure se désespère. M. le comte d’Artois, ne la quitte pas. Madame, apprenant hier, après dîner, que sa sœur allait plus mal et craignant qu’on ne l’empêchât de la voir davantage, s’est mise à courir de toutes ses forces, pour aller chez elle. Elle est tombée en montant l’escalier, s’est évanouie, et il lui a pris des convulsions affreuses qui ont duré deux grandes heures. Il n’est pas encore sûr qu’elle ne fasse pas une fausse couche. Pendant ce temps-là, Mme la comtesse d’Artois, ne voyant pas venir Madame, s’est mise à faire des cris, des hurlements affreux, disant qu’elle avait quelque chose à lui dire, qu’elle voulait la voir absolument. On a été chercher Monsieur qui est arrivé chez elle et on a été obligé de lui dire que Madame avait fait un chute, qu’elle allait être soignée et qu’elle ne pouvait pas sortir de son lit. Madame Élisabeth est si affligée de l’état de Mme la comtesse d’Artois que je n’ai pas voulu la quitter, hier, de la journée. Elle a été, avec la Reine, chez Madame pendant son évanouissement et ses convulsions. La Reine s’est conduite parfaitement: elle lui a donné tous les soins, toutes les marques d’amitié, qu’elle lui devait. Si cette catastrophe pouvait les raccommoder ensemble, ce serait au moins un dédommagement. J’espère encore que Mme la comtesse d’Artois n’en mourra pas, elle est si jeune, elle a toujours eu l’air si sain que les médecins doivent trouver beaucoup de ressources pour la tirer de là. Il est certain qu’elle est bien mal, et ce qui est un bien mauvais signe, c’est qu’elle tire les draps avec les mains, elle a toujours l’air de chercher quelque chose; tous les gens qui sont à la mort ont la même manie, c’est une espèce de convulsion. Enfin, il fallait que cette pauvre petite princesse mourût pour qu’on parlât d’elle, mais aussi n’est-ce qu’en bien, les regrets sont généraux, et, si elle pouvait en revenir, l’alarme qu’elle aurait donnée ferait qu’on l’aimerait beaucoup. Je t’avouerai que j’ai un peu de regrets à ne pas mettre mon habit, ni ma robe; si sa maladie tournait à bien, les fêtes ne seraient reculées que de quinze jours; mais, si elle meurt, je ne crois pas qu’il y en ait de sitôt. Si ce malheur arrivait, tu ne pourrais pas, non plus donner la tienne, cela serait piquant . M. de Louvois m’a assuré hier que ta sœur serait heureuse avec lui, cela m’a fait plaisir.»

Angélique de Bombelles

Le 29 décembre 1782

« la comtesse d’Artois est hors d’affaire, Madame ne fera pas de fausse couche et tout le monde est content »

Angélique de Bombelles
 

Le 6 janvier 1783

Naissance de  Mademoiselle d’Angoulême. La petite fille paraît très chétive dès sa naissance…

The comtesse d’Artois and her children in 1779. [credtI: Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie]
Marie-Thérèse et ses enfants, estampe

Malgré le rythme soutenue des naissances successives, de celle du duc d’Angoulême, puis de Sophie (Mademoiselle d’Artois), celle de Charles Ferdinand duc de Berry, et enfin de la princesse Marie-Thérèse, la comtesse d’Artois sait très bien que son couple n’incarne en rien les vertus familiales. Le comte d’Artois continue d’honorer sa femme mais aussi les nombreuses autres. Lorsque la Comtesse d’Artois est enceinte et en pleine maternité, il est libre de faire ce que bon lui semble. L’Étiquette interdisant tout rapport dès le sixième mois et jusqu’au sixième mois après accouchement, il en profite allègrement pour courir les ballets, les fêtes, les demoiselles de l’Opéra, les actrices et les grandes dames de la bourgeoisie et de la Cour.

Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 2 18838910
La comtesse d’Artois par Jean-Martial Fredou (1783)

Souffrant de cette situation et de cet abandon, elle entretient dès 1780 une liaison avec un homme attaché a son service… un garde-chasse, Pierre Desgranges . Le mari volage mais offensé prit des sanctions si disproportionnées pour châtier l’imprudent qu’elles choquèrent l’opinion. Pourtant il était dans son bon droit à cette époque. Si les princes pouvaient entretenir de multiples relations, les princesses, elles, ne devaient en aucune façon s’oublier et oublier leur rang et ce qu’elles représentaient. Le scandale de sa sœur s’affichant avec une maîtresse, s’il portait atteinte à la morale de l’époque ne portait aucunement atteinte au principe de légitimité. La comtesse d’Artois avait pris le risque de donner naissance à un potentiel bâtard et cela ne se pouvait. Recluse qu’elle était, elle était désormais finie à la Cour de France, sous étroite surveillance, cantonnée à son rôle de mère et d’épouse.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Marie-Therese-de-Savoie-Comtesse-dArtois.jpg.
Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d’Artois
Seau à bouteille du service de la comtesse d’Artois
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est miniature-de-la-Comtesse-dArtois.png.
Miniature de la comtesse d’Artois
Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois Capt1231
Marie-Thérèse d’Artois par Boze

En 1783, le peintre Charles Leclercq (1753-1821) réalise un admirable tableau de la famille du comte d’Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X. Cette représentation met en avant les sentiments familiaux entre la comtesse d’Artois et ses enfants. Marie-Thérèse de Savoie est ainsi peinte au centre du tableau en mère douce et aimante. Sur ses genoux aurait dû figurer sa deuxième fille, Mademoiselle d’Angoulême née en janvier de cette année mais décédée au mois de juin. Dans ses bras, Marie-Thérèse soulève son second fils le petit Charles-Ferdinand duc de Berry né en 1778. C’est à cette époque un enfant joyeux et plein de vie. Accoudé au sofa, le premier-né du couple d’Artois : Louis-Antoine duc d’Angoulême. Né en 1775, sa naissance fut très acclamée. En effet il était le premier enfant royal de sa génération. Cela ravit surtout son père le comte d’Artois, fier d’avoir eu un héritier avant son frère Louis XVI qui était pourtant marié depuis cinq ans alors que lui n’avait épousé Marie-Thérèse de Savoie qu’en novembre 1773. La comtesse tient la main de sa fille aînée et depuis peu unique, Sophie dite «Mademoiselle». Celle-ci est née en 1776, 364 jours après Louis-Antoine, signe évident de la grande capacité de Marie-Thérèse à avoir des enfants.

Maria Theresa of Savoy, comtesse d'Artois, wife of the future Charles X of France; the dukes of Angoulême and Berry are with their sister Sophie ca 1783
Charles Emmanuel Leclerq
La comtesse d’Artois et ses enfants par Charles Leclercq

La famille du futur Charles X apparaît ici dans un cadre bourgeois et chaleureux : celui de la famille soudée. Pourtant la réalité est toute autre. Marie-Thérèse de Savoie est avant tout fière de sa progéniture, mais fidèle à son enfance et à son éducation elle n’a jamais vraiment eu d’affection pour ses enfants, dans le sens où on l’entend aujourd’hui. Lors du décès de la petite Marie-Thérèse-Louise-Sophie à l’âge de six mois en 1783, la comtesse ne versa pas une larme alors que Marie-Antoinette sera fort attristée de la perte de Sa fille Sophie-Béatrice morte dans les premiers mois.

Assez étrangement, tous les personnages présents sur ce tableau auront un bien triste destin. La première victime fut la jeune Mademoiselle qui trépassa le 5 décembre 1783 juste après l’achèvement du tableau. Si son père Charles d’Artois montra un profond chagrin face à la disparition de sa fille, la comtesse ne parue pas affligée de cette perte. Voit-on vraiment là la mère aimante représentée par Leclercq ? Cet exemple illustre bien le peu de considération qu’avait Marie-Thérèse pour ses enfants.

« Madame la comtesse d’Artois était encore beaucoup plus laide ( que sa sœur ) et parfaitement sotte, maussade et disgracieuse . C’est auprès des gardes du corps qu’elle allait chercher des consolations des légèretés de son mari . Une grossesse qui parut un peu suspecte, et dont le résultat fut une fille qui mourut en bas âge, décida M. le comte d’Artois à ne plus donner prétexte à l’augmentation de sa famille déjà composée de deux princes .»

La comtesse de Boigne
Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 7510

Les très officiels Mémoires Secrets qui ne le sont pas, déclarent que « Le Roi et M. le Comte d’Artois redoublent d’attentions envers elle (la comtesse d’Artois) depuis ces bruits infâmes

Le 22 juin 1783

Mort de la dernière née de la comtesse d’Artois ( oserait-on désigner le comte comme le père?), Mademoiselle d’Angoulême,  qui avait six mois.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Famille-Royale-en-1783-1024x677.jpg.

Le mardi 2 décembre 1783

A huit heures du soir

Desgranges, escorté de trois inspecteurs de police est incarcéré à la Bastille.

Desgranges ne reste que quelques mois à la Bastille, son emprisonnement se termina au plus tard au début de l’été 1784 : ce premier constat souligne le fait que si le garde du corps du frère du Roi s’était rendu coupable d’une faute qui avait imposé l’injonction d’une lettre de cachet, force est de reconnaître que son emprisonnement fut court.

Le 5 décembre 1783

Décès de «Mademoiselle» Sophie d’Artois, née en 1776.

Marie-Antoinette écrit à Son frère Joseph II, le 20 décembre 1783 :

« Pour la comtesse d’Artois, qui ne sent rien, elle n’a pas été plus affligée de la mort de sa fille, que de tout autre chose.»

L’Empereur d’Autriche, Joseph II dira crûment qu’elle était «imbécile»…

« Mademoiselle est morte hier, à dix heures du soir. M. le comte d’Artois en est dans le plus grand chagrin. Elle a souffert pour mourir autant qu’une grande personne et avec un courage étonnant; c’est ce qui la fait regretter encore davantage. Tout le château est dans une tristesse mortelle. La petite Madame a la fièvre tierce et hier le roi a été incommodé toute la journée. Comme c’est une chose qui ne lui est pas encore arrivée, on a craint qu’il ne tombât malade; mais ce matin il est très bien et ne souffre plus. Tu vois, ma chère, que tout était éclopé, sauf les personnes auxquelles tu t’intéresses le plus et qui se portent à merveille.
Je crois que les soupers de ma sœur  vont commencer mardi; tu serais charmante d’y venir pendant ton séjour à Saint-Germain.
»

Madame de Polastron à Madame de Laage de Volude

Le 19 février 1785

Quelques temps après l’achat du château de Saint Cloud par Marie-Antoinette, la comtesse d’Artois manifeste, selon ses propres mots, le «désir et le besoin d’une maison de campagne où elle puisse prendre l’air et se procurer quelques distractions»…

Le 27 mars 1785

Naissance de Louis-Charles, duc de Normandie, qui deviendra , en 1789, à la mort de son frère aîné, le Dauphin et que l’on connaîtra sous le nom de Louis XVII.

Le 28 août 1785

On célèbre la cérémonie de baptême du duc d’Angoulême, dix ans, et du duc de Berry, qui a sept ans et demi. Le Roi et la Reine sont les parrains du duc d’Angoulême. Les parrains du petit-duc de Berry sont Carlos III, Roi d’Espagne (représenté par le comte Provence) et sa marraine, Marie Antoinette d’Espagne, Reine de Sardaigne (représentée par la comtesse de Provence).

Savoie - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 037l1810
La comtesse d’Artois et trois enfants du duc d’Angoulême (1775), Mademoiselle d’Artois (1776) et le duc de Berry (1778)

A la chapelle royale de Versailles, la cérémonie est précédée par Armand de Roquelaure, évêque de Senlis. Aucun prince n’a le ruban bleu sur son costume. Les cent gardes suisses sont en grande tenue.

Le 2 août 1786

 « J’ai réellement pitié de la vie ennuyeuse que mène notre Princesse. Elle est la seule qui n’aie pas un petit coin pour diriger sa promenade. Aussi reste-t-telle comme en prison à Versailles. » Il poursuit : « Il faut convenir qu’elle est devenue bien raisonnable et que son dévouement aux volontés de Monseigneur et, l’on peut dire, de son administration mérite quelque chose».

Bourboulon, intendant de la comtesse d’Artois, à M. de Verdun, trésorier du comte d’Artois

Le 16 août 1786

 Un courrier de M. de Verdun rapporte au comte d’Artois que c’est «une pitié que de voir Madame la comtesse d’Artois seule, abandonnée à Versailles, livrée à l’ennui et aux dégoûts.» et que «Depuis longtemps elle se conduit d’une manière édifiante» .

Le comte d’Artois accepte finalement que la comtesse loue la maison dite de l’Électeur à Chalut, pour un loyer annuel de 18 000 livres.
Mais la dépense sera, de facto, bien plus considérable.
Voici le compte des frais engagés en 1786 et 1787 pour le «Trianon» de la comtesse d’Artois à Saint-Cloud  :

Le "Trianon" de la comtesse d'Artois à Saint-Cloud Captur74

« Le Pavillon de St Cloud, fut loué en partie meublé. Tous les meubles du propriétaire furent numérotés « afin que s’ils sont transportés d’une pièce à l’autre, on puisse les suivre et les reconnaître».
La princesse se servit, en effet, d’une partie du mobilier du propriétaire, comme celui des principales pièces de réception, celui des logements et des chambres de service. Le garde meuble privé du comte d’Artois y envoya donc quelques meubles d’acajou antérieurement livrés par l’ébéniste Mathieu Guillaume Cramer.

Sur les meubles apportés ou commandés par la comtesse d’Artois, le garde meuble du prince apposa une marque composée de lettres entrelacées SC ( St Cloud ) au centre d’un cartouche ovale dentelé ( écu de la province d’Artois ). Les lettres GM, apposées sous les cartouches devaient signifier probablement la marque du garde meuble, non en tant que réserve de meubles, mais, en tant qu’administration du garde meuble princier.

Les ébénistes et menuisiers Jacob et Lelarge fournissent les sièges. Daguerre, le célèbre marchand-mercier du temps, livra des girandoles. Le doreur Rémond, le marchand de flambeaux Jousse , l’ébéniste Mauter complétèrent l’ameublement, L’ébéniste JH Riesener fut chargé de l’exécution d’ouvrages plus précieux en partie réservé à l’usage exclusif de la princesse. De nombreux sièges peints en blanc vernis, des paravents, des voyeuses, des canapés, plusieurs petites tables seront commandés à Jacob, Lelarge. En 1788, 1 000 livres étaient dues à ce fournisseur qui livra plusieurs autres meubles dont les archives privées de la princesse n’ont gardé trace. Un vide-poche, une table tric-trac, une commode, une table de salle à manger estampillées ou attribuées à ce maître existent dans des collections privées ou portent les marques du garde-meuble de la princesse. Nous pouvons aujourd’hui admirer de très belles pièces d’ébénisterie, comme, par exemple , le secrétaire du boudoir retrouvé grâce à la marque spéciale du S et C entrelacés dont fut revêtu chaque meuble fabriqué pour le pavillon .»

La princesse ne fera pas de grands travaux dans son «Trianon», elle n’en profitera que trois ans de 1786 à 1789 se contentant toutefois de le meubler somptueusement et comme sa sœur de Provence par les ébénistes les plus célèbres.

En 1787

Depuis son déménagement, la comtesse de Provence dispose du palier du nouvel escalier de l’ancienne antichambre de la princesse de Lamballe devenue une première antichambre à une fenêtre où se tient sa sentinelle. La seconde salle est l’ancien petit salon où la princesse de Lamballe avait coutume de recevoir la Reine. C’est maintenant une seconde antichambre, plus grande a deux fenêtres, qui sert de salle-à- manger, où elle continue à convier la famille royale à souper «tous les soirs, à huit heures précises ». Les convives se régalent du traditionnel potage aux petits oiseaux, que la princesse prépare elle-même . Chaque membre de la famille fait apporter son dîner, auxquels on met la dernière main dans de petites cuisines à portée de l’appartement de Madame.

« Excepté les jours où il donnait à souper chez lui, le Roi n’y manquait pas un seul jour … »

Mémoire du comte d’Hézecques

Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

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La Reine et les princesses ne sauraient manquer à leur premier devoir en matière de représentation, soigner leur parure. Lorsque la Reine est souffletée par le cri de «Vive le duc d’Orléans», la souveraine vacille. On craint un malaise. Marie-Joséphine ne se précipite pas pour La secourir. Ce sont Madame Elisabeth et la princesse de Lamballe qui se sont offertes. Satisfaction éphémère de Marie-Joséphine. Décidément ces deux femmes ne s’aiment pas. 

Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph Xavier - Le blog de Louis XVI Mort du Dauphin dans les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le 14 juillet 1789

Comment la prise de la Bastille est-elle racontée par Jules Michelet ? – Un  Texte Un Jour

 Ce n’est pas tant la prise de la Bastille qui effraie, c’est avant tout la fureur du peuple qui dans son insurrection à publié la fameuse liste noire, la liste où sont inscrits toutes les personnes qu’il faut abattre. La Reine est un tête de la liste suivie de son beau-frère Artois.

Le 16 juillet 1789

Le comte d’Artois émigre avec ses deux fils, les ducs d’Angoulême et de Berry. Marie-Thérèse quitte la France dans ce premier fourgon d’émigrés, emportant le nécessaire, pensant surtout revenir. Pour preuve, elle avait commandé un service de porcelaine à Sèvres, identique à celui Riche en Or et en Couleur de Marie-Antoinette qui venait à peine de lui être livré et qu’elle laissa en France pensant le retrouver assez vite. Elle se réfugie à Turin, au sein de sa famille, où elle loge un temps avec son époux.

En trois jours Versailles et la Cour de France ne sont plus qu’un souvenir.

Voici le « laissez-passer » pour les bagages de la comtesse d’Artois, signé par le Roi le 2 septembre 1789:

Artois - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 Exil_a10

Le 20 septembre 1789

La famille royale de Sardaigne accueille la comtesse d’Artois visiblement submergée d’émotion de retrouver ses parents après seize ans de séparation :

« Elle se précipita comme elle put, n’ayant plus ni jambes, ni voix, dans l’excès de sa joie. Elle embrassait tout le monde, sans les connaitre distinctement.»

Princesse à la santé physique et psychologique fragile, elle sollicite les conseils de Clotilde et puise chez sa belle-sœur la force qui lui manque dans une confiance sans malice.

Le 5 octobre 1789

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est MA-Delannoy-octobre-01.png.

Des milliers de femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

Marie-Joséphine se tient aux cotés de Marie-Antoinette et de Madame Elisabeth pendant la soirée du 5.

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Matin-du-6-octobre-1789.jpg.

Les Provence rejoignent la famille royale dans la chambre d’apparat du Roi à huit heures et demie, après tous les événements face à la populace… Leurs appartements à l’extrémité de l’aile du Midi où ils logent depuis 1787 ne se trouvent pas dans le point de mire des émeutiers. De plus , ils ne sont pas impopulaires…

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est MA-Delannoy-Les-Tuileries-1024x747-1.jpg.Image de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Fuyant devant les troupes républicaines, Marie-Thérèse est arrachée à sa famille lors de la Révolution française et se réfugie à Graz en Autriche avec son époux.

Devant cette épouse effacée et morose, Charles préfère la compagnie distrayante de Louise de Polastron (1764-1804) et quitte sa femme pour ne plus la revoir qu’en de rares occasions.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Louise-dEsparbes-de-Lussan-comtesse-de-Polastron-par-Kucharski-1789-765x1024.jpg.
Louise d’Esparbès de Lussan, comtesse de Polastronpar Alexandre Kucharski

Prétextant son devoir de rejoindre l’armée des Princes, il fausse compagnie à sa femme et à ses fils. Loin de son époux, c’est la Comtesse d’Artois qui va prendre en charge, aidée de sa famille, l’éducation de ses fils.

En juillet 1792

Le comte d’Artois quitte Turin pour Coblence.

A la Cour de Turin les mœurs étaient rigides et simples. Le comte d’Artois, habitué au laisser-aller de la Cour de Versailles, s’était  difficilement accommodé d’une existence sévère et monotone. Le Roi, son beau-père, par crainte des complications diplomatiques, est loin de le seconder dans ses entreprises contre la France Révolutionnaire.

Plus souvent à cheval qu’à l’étude, les fils de Marie-Thérèse se forment aux armes et à l’exercice dans l’espoir de rejoindre la vie trépidante de leur père, de l’armée et de quitter la sinistre ambiance de la Cour de Turin. La princesse de Piémont assiste dans son exil la comtesse d’Artois. Installée à Turin dès 1789, elle assiste dans la douleur aux départs de son mari et de ses enfants à Coblence.

Bonne par nature, mais sans esprit et peu liante, elle vit depuis longtemps une existence étriquée à travers de graves alertes de santé. Elle est fragile sur tous les points. Toutefois, une grande piété la soutient, mais le goût de vivre la quittant, elle fait part de se retirer de toute vie publique. Elle est parvenue assez loin dans ce projet pour que son frère Charles-Félix confie :

« Elle nous a dit qu’elle avait pris la résolution de ne plus retourner en France quand même les choses se seraient accommodées en France et qu’elle se retirerait dans un couvent.»

Curieusement, Clotilde qui mène par bien des égards la vie d’une carmélite, convainc sa belle-sœur de ne pas entrer en religion, lui démontrant que sa famille la désire près d’elle et que mère de deux fils, ces derniers sont trop jeunes pour la voir derrière la clôture.
Mais en religion ou pas, la comtesse d’Artois continue à broyer du noir en confiant un jour à sa dame d’honneur, la duchesse de Lorge :

« Je deviens d’une sauvagerie terrible, je suis prête à tomber dans le découragement et l’apathie...».

D’ailleurs leur grand-père maternel, Victor Amédée III, Roi de Sardaigne, est las des émigrés français. Leur insolence les rend insupportables, et surtout leur manque de moyen les rend indésirables. Il pousse donc ses petits-fils à voler de leurs propres ailes et les envoie à Coblence rejoindre leur père.

Marie-Thérèse est séparée également de sa dame d’Honneur, la Duchesse de Lorge, exilée de son côté. Elles entretiennent une correspondance d’une extrême richesse éclairant d’un jour nouveau la comtesse d’Artois. Ces lettres de la Comtesse d’Artois débordent de sentimentalité et éclairent cette princesse qui n’était guère sortie de l’ombre jusqu’ici.

Les lettres de Marie-Thérèse fourmillent de fautes d’orthographe et d’incorrection de style. Il ne faut pas oublier que la Comtesse qui est italienne n’écrit pas dans sa langue maternelle. Elle ne signe pas : les temps sont troubles et elle ne veut pas livrer son nom au hasard des courriers. Elle n’ose même pas nommer son médecin Crémone qu’elle désigne par la lettre C.

Le 13 août 1792

Abolition de la Monarchie française.

Le 3 septembre 1792

Massacre de la princesse de Lamballe (1749-1792), sa cousine, dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

3 septembre 1792, L'effroyable dépeçage de la princesse de Lamballe par les  égorgeurs sans-culottes.

Massacres dans les prisons.

Le 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI.

Louis XVI guillotiné | Histoire et analyse d'images et oeuvres

Le 2 août 1793 à deux heures quarante du matin

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette.

Marie-Thérèse voit dans ces horreurs des signes avant coureurs de la fin des temps.

Le 10 mai 1794

Madame Elisabeth est guillotinée à son tour.

“ … Madame Élisabeth was placed nearest the steps to the scaffold, but she was the last of the twenty-five called to ascend them; she was to see and hear the killing of them all before her turn should come. During that time she never ceased to say...

Le 22 juillet 1795

Le Roi d’Espagne Charles IV (1748-1819), à l’instigation de son ministre, l’intrigant Godoy (1767-1851), négocie avec la république française le traité qui est signé à Bâle et par lequel la France, en échange de l’Île de Saint-Domingue, rend à l’Espagne toutes les conquêtes faites sur son territoire.

La Comtesse d’Artois considère avec effroi cette paix de la France républicaine avec l’Espagne. Elle recevait comme Mesdames Adélaïde et Victoire une pension de Charles IV.

En 1796

La campagne du Piémont aboutit à la défaite de Mondovi. Victor-Amédée conclut avec Bonaparte le traité du 15 Mai 1796 par lequel il cède la plus belle moitié de son royaume.

Dans le trouble de la défaite , la comtesse d’Artois quitte Turin pour se réfugier à Novare avec sa sœur, la comtesse de Provence . Elle semble avoir eu encore à souffrir des exigences de sont père, toujours ombrageux

Le chagrin l’oblige à renvoyer son chevalier d’Honneur, le comte de Vintimille (1765-1806).

Le 16 octobre 1796

Mort de son père,  Victor-Amédée III (1726-1796).

Le frère de la Comtesse d’Artois, Charles-Emmanuel (qui est aussi l’époux de Madame Clotilde de France) , qui s’était vu dépossédé de tout son royaume à l’exception de la Sardaigne estime qu’il est de sa dignité de ne pas rester à Turin. Il se retire en Sardaigne avec sa famille le 2 novembre 1798. La comtesse d’Artois ne voulait pas suivre son frère mais, devant l’invasion des troupes Français , elle s’éloigne aussi.

Début 1799

Après un départ précipité de Turin, Marie-Thérèse s’installe en territoire autrichien.

Le 10 juin 1799

Son fils, Louis-Antoine, duc d’Angoulême épouse au palais de Mittau en Russie sa cousine germaine Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI. Le couple n’aura pas d’enfants.

De fait Marie-Thérèse est absente au mariage de son fils.


Marie-Thérèse et Louis-Antoine d’Angoulême

Le 7 mars 1802

Mort de la Reine de Sardaigne,  Clotilde de France, qui sera reconnue «vénérable» par l’Eglise catholique en 1808.

145 – MARIE-CLOTILDE DE BOURBON (1759-1802) – Princesses de Savoie
La Reine Clotilde en prière. Éloignée du trône et de sa famille,
la Reine se réfugie dans la piété en attendant de se retirer de la vie officielle.

Veuf, Charles-Emmanuel abdique en faveur de son frère, Victor-Emmanuel Ier (1759-1824) et entre comme simple religieux dans la Compagnie de Jésus  en 1815.


L’ex-Roi vers la fin de sa vie

Le 2 octobre 1804

La comtesse quitte Klagenfurt ; elle s’installe dans la ville de Gratz en Autriche où elle arrive le 14 octobre 1804.

Le séjour à Gratz permet à la comtesse de correspondre plus rapidement avec Mittau où réside son fils, le duc d’Angoulême, et le prétendant au trône de France, le comte de Provence.

Le 2 juin 1805

Après une quasi-inexistence à la Cour, elle s’éteint à l’âge de quarante-neuf ans. Elle est enterrée à Graz, dans le mausolée impérial sis à côté de la cathédrale de la ville.

Le 23 septembre 1803

Alors qu’elle était encore en pleine possessions de ses faculté, la comtesse d’Artois a rédigé son testament.
Marie-Thérèse l’écrivit entièrement de sa main.

« Mon testament fait et écrit de ma propre main à Klagenfurt en Carinthie, le 23 du mois de septembre de l’an de grâce 1803.

Au nom du père, du fils, du saint esprit. Ainsi soit-il .
Le triste état de ma santé qui dépérit tous les jours me menace d’une fin prochaine .
Il est de mon devoir de m’occuper sans délais de tout ce qui peut contribuer à la réparation de mes fautes , à la tranquillité de ma conscience, à la paix de ma famille et de ma Maison et au salut de mon âme.
C’est en même temps une douce consolation pour moi d’exprimer à tous mes parents et à toutes personne avec qui j’ai vécu les juste sentiments d’estime, de reconnaissance et d’attachement qui m’animent à leur égard .
Je veux vivre et mourir dans le sein et communion de la sainte Catholique Apostolique et Romaine , église à laquelle j’ai toujours été fermement attachée d’esprit et de cœur, la seule véritable Eglise de Jésus-Christ, Hors de laquelle il n’y a point de salut.
Je recommande mon âme à DIEU, mon créateur et rédempteur et le supplie humblement de ne pas me juger selon la sévérité de sa justice, ni selon le nombre et l’énormité de mes péchés, mais selon son infinie miséricorde et les mérites de Sainte Marie et passion.
Je me soumets à sa Sainte volonté pour tout ce qu’il voudra ordonner de moi pendant le reste de ma vie et pour le temps et lieu de mon trépas et le genre de mort qu’il lui plaira de me décerner.
Je remercie, Monsieur, cher époux, le Roy, la Reine de France ma sœur, le Rois et la Reine de Sardaigne, mes autres frères et sœur, tous les princes et autre personnes avec qui je vivais jusqu’à mon dernier décès, de toutes leurs bonté pour moi, de tous les services qu’ils m’ont rendus et surtout de m’avoir supportée malgré mes imperfections et mes défauts .
Je leur demande pardon à tous des scandales, injustices et autres torts dont je me serais rendue coupable envers eux, les priant de tout oublier comme si quelqu’un avait jamais eu quelque tort envers moi, je les assure que depuis longtemps j’ai tout oublié et je me souviens que de leurs bons procédés envers moi.
Je les supplie tous de m’accorder les suffrages de leurs prières et autres bonnes œuvres pour ma rédemption de mon âme. Je fais la même demande …. à toutes les personnes qui ont composé ma Maison et à celles qui la composent encore et à celles qui la composeront du temps de mon décès, à celles qui ont été à mon service et à celles qui y sont encore ou y seront tant que je vivrai, à toutes celles enfin avec qui j’aurai eu quelque rapport pendant tout ma vie.
Je leur fais de mon côté et de tous mon cœur les mêmes assurances d’oubli et de pardon de ce qu’ils pourraient avoir à ce reprocher envers moi.
Je leur recommande à tous de vivre en bon Chrétien, de prier pour moi et se souvenir que nous sommes sur la terre que pour mourir.
Je recommande à mes chers enfants de rester inviolablement attachés à la religion Catholique et d’en pratiquer fidèlement les devoirs ; elle seule peut les soutenir dans les peines de cette vie et faire leur véritable honneur.
Je regrette de ne leur avoir pas donné dans leur jeunesse tous les bon exemples et tous les soins que je leur devais. La bonne opinion que j’ai d’eux me fait espérer qu’ils continueront de vivre parfaitement soumis à leur père, intimement unis entre eux et qu’il se rendront dignes des bontés du Roy, de la Reine de France, du Rois et la Reine de Sardaigne et de tous les Princes et Princesses de nos deux familles royales où ils trouveront les exemples de toutes les vertus qu’ils ont à cultiver et toute la protection qui leur deviendra nécessaire dans l’infortune où ils se trouvent réduits.
Je veux qu’après mon trépas on me laisse au moins 24 heures dans mon lit en mon état naturel, qu’ensuite l’on m’ouvre pour plusieurs raison :
Pour voir le genre de maladie dont je serai morte, qu’on m’embaume en commençant l’ouverture par la plante des pieds, qu’on sépare mon cœur de mon corps, que pendant l’intervalle de mon décès et de ma sépulture il y ait toujours dans ma chambre quelque pieux ecclésiastique ou religieux occupé à prier pour le repos de mon âme……Quant au lieu de ma sépulture, je veux que le cadavre de mon corps, sans le cœur , soit enseveli dans le pays où je serai décédée et je désire très vivement et veux absolument que mon cœur en soit séparé et envoyé à Caserte pour être enterré dans la même église que le corps de Marie Adélaïde Clotilde Navière de France, Reine de Sardaigne, ma belle-sœur. Quant au reste de ce qui regarde la sépulture de mon corps et choix de l’église du lieu où je mourrai, on le fixera ou on jugera à propos, eu égard de l’endroit où je décéderai et aux autres circonstances qui pourront survenir, mais je recommande la simplicité et la modestie dans les obsèques et veux qu’on préfère aux dépense d’un appareil extérieur celles qui me procureront aussitôt après ma mort un plus grand nombre de messes et apporteront un plus grand soulagement aux pauvres du lieu où je décéderai.
Je confie l’exécution de mon testament et de cet article spécialement à Mr l’abbé de Paris et Mr Croiset qui prendront l’avis du Père Charles Paul ancien supérieur des Chartreux, mon confesseur, que je charge de veiller à ce que mes intentions soient remplies…
Je lègue ma bibliothèque à mon fils, le Duc d’Angoulême.
Je laisse à mon fils, le Duc d’Angoulême, en sa qualité de mon fils aîné un capital du rapport de 20.000Fr par an à prélever sur mon héritage…
Je laisse à mes deux enfants… tout ce que je possède …. Tout à tous les deux en conservant la prérogative du droit d’aînesse de mon fils, le Duc d’Angoulême.
Dans le cas que les arrérages qui sont dus des bien appartenant à la famille royale de France soient rendu en compensés, j’entends que l’on paye les arrérages dus aux personnes qui me sont attachées dans la même proportion qu’on les aurait rendus à moi même ou bien qu’on les rendrait à la réclamation de mes enfants après ma mort.
Bon regret est de ne pas avoir de quoi laisser à chacun ce que mon affection m’inspirerait de leur donner et qui pourrait leur devenir d’un grand secours dans les tristes conjonctures où je les laisse.
Je prie mon mari, mes enfants, le Roy et la Reine de France, le Rois et la Reine de Sardaigne de leur accorder à tous bien vaillance et protection, regardant comme fait à moi même tout le bien qu’ils daigneront leur faire.
Je charge mes enfants d’adresser aussitôt après ma mort en mon nom et aux leurs des remerciement à leurs Majestés le Roy et la Reine d’Espagne de leurs bontés pour moi depuis ma sortie de France jusqu’à mon décès.
Je charge Mr l’abbé de Paris et Mr Croiset d’envoyer aussitôt après mon décès copie du présent testament à mon époux, à mes enfants, au Roy et à la Reine de France, aux Rois et la Reine de Sardaigne .
Apres avoir écrit le présent testament de ma main, l’avoir lu attentivement et relu, je déclare persister dans son contenu.
Daigne le Dieu de bonté me recevoir dans sont paradis et ma faire la grâce de m’y voir réunie à mes ancêtres, à mes enfants, à toute ma famille et Maison.
                             Signé : Marie-Thérèse Comtesse d’Artois

Le nouveau testament qui est le bon, a été lu deux jours avant la mort de Madame, déjà trop faible pour signer, en sa présence, à in des docteur de Sartorius, médecin en chef de l’Hôpital de Gratz et Bernard de Fabry, conseiller et médecin du corps de S.M Impériale et Royale. Dans ce second document Mr Croiset n’est plus mentionné, les personne attachées à la personne de Madame n’ont plus le droit qu’à la « générosité et la justice des héritiers. » Il est permis de supposer que l’intervention de Mr Berger ne fut pas étrangère à cette modification . Mr Croiset, en raison de la confiance que lui témoignait la Comtesse d’Artois, était en but à la jalousie de Mr Berger qui intrigua. Un fait plus important ressort de la comparaison des deux testament . Dans le premier le Duc d’Angoulême était avantagé, Madame voulait lui conserver les ‘’ prérogatives du droit d’aînesse.’’ Dans le second les deux frères sont traités pour le partage sur un pied d’égalité, il est vraisemblable que ce changement est pour effet des recommandations faites au nom de la famille royale par l’évêque de Nancy.
Voici les parties essentielles du second testament :

Testament du 1er Juin 1805

1- 1- « Je nomme et institue par la présent testament pour mes héritiers universels de tout ce que je pourrai avoir en ma possession et généralement de tout ce qui pourrait m’appartenir au moment de mon décès, Louis Antoine Duc d’Angoulême et Charles Ferdinand duc de Berry, mes deux fils, pour tout, attendu la modicité, être partagé entre eux par égale portions, aux restrictions ci-après exprimées ; dans le cas où l’un de mes héritiers ci-dessus institués viendrait à me précéder, je lui substitut mes enfants en légitime mariage pour la part et portion seulement qui aurait dû appartenir au prémourant et à défaut d’enfant le survivant des deux pour le tous et si j’avais le malheur de survivre à mes deux enfants morts sans postérité (ce que Dieu ne plaise) je leur substitue ma très chère et bien-aimée belle-fille, Madame Duchesse d’Angoulême que je nome et qu j’institue au dit cas pour mon héritière universelle et , à son défaut, sa Majesté le Roy de Sardaigne, Victoire Emmanuel, aux conditions ci-après exprimées :
2- 2- J’autorise mon cher fils Louis Antoine, Duc d’Angoulême, à prendre avant partage, la bibliothèque de France, s’il peut la revoir, et à condition d’en brûler les mauvais livres.
3- 3- Je charge mes héritiers universels ci-devant institués d’assigner dans une église à leur choix un fond suffisant dont le produit annuel puisse équivalez à la rétribution de cinquante messes basses que je désire être annuellement et à perpétuité célébrées pour le repos de mon âme. Je les charge aussi de se conformer au contenu de la lettre qui sera jointe au présent pour n’être ouverte et lue que par eux.
4- 4- Je prie toutes les personne qui ont ci-devant composé ma Maison de recevoir les expressions de ma reconnaissance pour l’attachement qu’elles m’ont toujours témoigné et à l’égard de celles que leur dévouement a déterminé à me suivre et qui se trouvèrent avec moi le jour de mon décès. Je m’en rapporte à la générosité et à la justice de mes héritiers pour les récompenser chacune à raison de son rang, de ses services et de son ancienneté et, attendu le malheur des temps, je les recommande en outre aux bontés de Monsieur.
5- 5- Je prie également Mr le Comte de Welsberg de recevoir tous mes remerciement pour le zèle , qu’il voudra bien m’en donner encore une dernière après ma mort en s’employant pour faire exécuter ponctuellement le présent testament, exécution que je confie aux soins de la personne qui sera désignée par les Princes, mes fils….
Madame a déclaré ne pouvoir signer, attendu sa grande faiblesse
Daté du Samedi 1er Juin 1805 »

Le 4 août 1805

Suivant le désir qu ‘avait exprimé la Comtesse, son corps est ouvert. Le fait est prouvé par cette lettre de Mgr de la Fare :

« J’ai été chargé, écrit-il à Mr Croiset, par les derniers ordres que j’ai reçu du Rois, de vous demander le procès verbal de l’ouverture du corps de Madame. Envoyez-le moi le plus promptement possible afin que je puisse le réexpédier aussitôt à Mittau. Ce n’est point entre les main de Mgr le Duc d’Angoulême pour qui ces tristes détails seraient trop déchirants, mais entre celles du Roi que cet acte doit être remis . »

Le 15 août 1805 

Mgr de la Fare écrit à Mr Croiset :

« J’ai à vous communiquer les dernière intention du Roi relativement à la sépulture de Madame S.M. qui conserve toujours l’espérance de réunir un jour ses cendre à celle des Rois ses aïeux veut aussi pouvoir faire déposer dans le tombeau de sa Maison la dépouille mortelle de Madame.
Pour cela, le Roi désir qu’il en soit usé pour Madame Adélaïde et Victoire, et que le cercueil demeure comme en dépôt dans l’honorable lieu où il a été mis. Personne ne peut mieux que vous , Monsieur, qui avez été témoin et agent de tout ce qui a été fait relativement à Mesdames, traiter cet objet avec le Comte de Welsberg et de le faire conclure au gré de S.M. et de la famille Royale.
Je me repose donc sur vous de ce soin, vous priant de m’instruire de tous ce que vous avez pu faire et terminer à cette égard. »

Marie-Thérèse repose au mausolée impérial de Graz, ville où elle est décédée :

Artois - Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4 66849293_130000409027

« Ici est le cœur de Très haute, très illustre et très puissante Princesse Marie-Thérèse de Savoie, Comtesse d’Artois, morte à Graz le 2 juin 1805»

En 1839

L’urne se trouve nichée dans un mur situé en face du tombeau de la Reine Marie-Clotilde.
Elle y sera placée par le duc d’Angoulême en 1839 seulement.

Clotilde de France
Le tombeau de Clotilde de France à Naples
Par Jean-Pierre Franque, XIXe siècle
Commande du Roi Louis XVIII en 1818 pour les collections royales

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