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L'appartement de la Reine et ses cabinets intérieursMaison de la ReineSa famille de France

Marie Leszczyńska

Aucune description disponible.Marie Leszczyńska

Le 23 juin 1703

Naissance de Maria Karolina Zofia Felicja (Marie Caroline Sophie Félicité) Leszczyńska (1703-1768), à Trzebnica en Silésie. Elle est la  fille du Roi de Pologne Stanislas Leszczyński (1677-1766) et de Catherine Opalinska (1680-1747). Son père occupe alors le trône de Pologne de 1704 à 1709 où il a été placé par les armées de Charles XII de Suède. Il régnera à nouveau sur la Pologne de 1733 à 1736.

                           Stanislas Leszczyński                  et                       Marie Opalinska

Elle reçoit pour parrain Alexandre Benoît Sobieski ( fils de Jean III Sobieski (1629-1696), Roi de Pologne de 1674 à sa mort) et pour marraine Edwige-Sophie de Suède (1681-1708), fille de Charles IX (1655-1697), Roi de Suède de 1660 à sa mort, duchesse douairière de Schleswig-Holstein-Gottorp.

En 1704

Stanislas Ier est chassé du trône de Pologne. S’ouvre alors une longue période d’exil pour la famille de Marie Leszczyńska.

Elle confiera à Voltaire (1694-1778) qu’elle avait failli être oubliée par les femmes chargées de préparer la fuite du Roi, son père : au moment de partir, l’une d’elles avisa un tas de linges qui gisait dans la cour et alla le ramasser – c’était la petite Marie dans ses langes.

«Une autre fois, toujours sur le chemin de l’exil, un domestique la confie à une paysanne. Pour que l’enfant soit en sécurité tant que l’ennemi terrorise et fouille le village, elle la cache dans un four à pain».

Le 15 février 1710

Naissance de Louis (futur Louis XV) à Versailles, titré duc d’Anjou.

Il est le troisième fils de Louis de France, duc de Bourgogne (1682-1712), surnommé le Petit Dauphin, et de Marie-Adélaïde de Savoie (1685-1712).

Le 14 avril 1711

Mort de Louis, Grand Dauphin (né en 1661), au château de Meudon. Fils aîné de Louis XIV (1638-1715) et de Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683).

Le duc de Bourgogne devient Dauphin.

Le 12 février 1712

Mort de la duchesse de Bourgogne à vingt-sept ans, d’une rougeole épidémique.

Le 18 février 1712

Mort prématurée du duc de Bourgogne, emporté au château de Marly, par la rougeole  qui avait tué son épouse six jours plus tôt (on croit à tort qu’il a été empoisonné).

Le 8 mars 1712

Mort de Louis, duc de Bretagne, frère aîné du futur Louis XV, qui à la mort de son père, était devenu  héritier du trône de France. Il ne lui survit que peu de temps, emporté comme lui et sa mère par la rougeole.

Son frère Louis (futur Louis XV) lui succède comme Dauphin de France.

 
Marie Leszczyńska (1712) par Johan Starbus

Le 1er septembre 1715

Mort de Louis XIV au château de Versailles.

Inspiré par Hyacinthe Rigaud, Portrait de Louis XV, enfant ...Louis XV en costume de sacre par Rigaud

Le Dauphin devient le Roi Louis XV.

Tableaux et Dessins anciens et du 19e siècle, Sculptures, Miniatures |  Vente n°2674 | Lot n°243 | Artcurial

Son cousin, Philippe d’Orléans (1674-1723), le Régent, dirige les affaires jusqu’en 1723.

Encyclopédie Larousse en ligne - la Régence

Louis XV, roi de France, âgé de 13 ans, en costume de sacre, en 1723, par BelleLouis XV par Alexis-Simon Belle

En 1716

Marie suit son père dans ses exils après avoir connu les ors du trône de Pologne.

Ecole française de la première partie du XVIIIe siècle  Portrait de Louis XV et Portrait de Marie Leszczynska Deux huiles sur toiles...Marie Leszczyńska- école française du XVIIIe siècle

Exilée d’abord dans la principauté de Deux-Ponts (Zweibrücken) , propriété du Roi de Suède, puis dans la ville alsacienne de Wissembourg, dans le plus grand dénuement matériel.

Le 20 juin 1717

Décès de sa seule sœur aînée, Anne Leszczyńska (1699-1717), morte d’une pneumonie.

Anne Leszczyńska

Ses parents reportent alors leur tendresse sur Marie, qui entre dans sa quinzième année et poursuit son éducation accomplie : elle parle six langues (polonais et français, allemand, italien, anglais et elle maîtrise le latin), possède “des clartés sur tout”, sachant danser avec grâce et se tenir à merveille.

À partir de 1720

A la suite de nombreuses tractations politiques, elle est d’abord pressentie pour épouser un jeune officier français. Mais, le prétendant n’étant pas au moins duc, le père de Marie refuse le mariage.

On songe alors au prince de Schwarzenberg, noble de Bohême, mais celui-ci préfère une candidate plus argentée. La jeune femme est alors convoitée par le marquis de Courtanvaux (1718-1781), petit-fils de Louvois (1741-1791), mais le Roi Stanislas refuse à nouveau un prétendant qui n’est pas duc.

Le 9 janvier 1722

Arrivée en France de Marie-Anne-Victoire d’Espagne (1718-1781), fille de Philippe V, future Reine du Portugal, qui est fiancée à Louis XV.

Louis XV, roi de France, âgé de 13 ans, en 1723, avec sa fiancée Marie-Anne-Victoire de Bourbon, infante d'Espagne, par De TroyLouis XV et sa première fiancée, l’infante Marie-Anne

Le 25 octobre 1722

 Louis XV est sacré à Reims.

Louis XV, roi de France, âgé de 11 ans, en costume royal, en 1721, par RigaudLouis XV, en costume royal, en 1721, par Rigaud

Le 2 décembre 1723

Mort du Régent, Philippe d’Orléans (1674-1723), à Versailles.

Un projet de mariage bien plus brillant pour l’ex-Roi Stanislas est enfin envisagé pour Marie Leszczyńska, avec le duc de Bourbon (1640-1710), prince du sang alors Premier ministre du royaume de France.

Louis IV Henri de Bourbon-Condé, duc de Bourbon

Cette idée n’était pas du duc de Bourbon mais de sa maîtresse, la marquise de Prie (1698-1727). Ambitieuse, la jolie marquise pensait qu’une princesse sans influence ne lui porterait pas ombrage.

Jeanne-Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie

En 1725

Le duc de Bourbon rompt les fiançailles du Roi Louis XV (1710-1774) avec Marie-Anne-Victoire (1718-1781) qui retourne en Espagne. Elle épousera le 19 janvier 1729, Joseph Ier (1714-1777), Roi du Portugal. Ils seront tous deux la future marraine et le futur parrain de Marie-Antoinette.

Juliane Lepoureau interprète la petite Marie-Anne d’Espagne dans L’Echange des Princesses (2017)  de Marc Dugain

 La recherche d’une autre fiancée parmi les princesses d’Europe est dictée par la santé fragile du Roi, qui nécessite une rapide descendance.

Résultat de recherche d'images pour "marie leczinska"

Le duc de Bourbon prend alors conscience qu’en cas de décès du Roi, le trône échouerait au duc d’Orléans, son rival. Pour éviter un tel scénario, il est impératif de marier Louis XV au plus vite. Dans ce but, une liste de cent princesses d’Europe à marier est dressée entre le duc de Bourbon et sa maîtresse. Marie Leszczyńska qui remplit les conditions requises – catholique, en âge d’enfanter – figure en tête de liste. Contre toute attente, le Roi, orphelin à peine âgé de quinze ans, et son précepteur, le cardinal de Fleury pourtant rival du duc de Bourbon, acceptent cette alliance sans avantage avec une princesse âgée de vingt-deux ans, soit sept de plus que son futur mari !

Louis XV, roi de France, âgé de 10 ans, en 1720, esquisse, par Rosalba Carriera

Pour Stanislas et sa fille, il s’agit d’un miracle. A la Cour de Louis XV, au contraire, la consternation est générale. Non seulement, la princesse de Pologne n’appartient à aucune des grandes dynasties d’Occident, mais elle est polonaise et plus âgée que le Roi. Dès lors, les rumeurs les plus folles circulent : on dit la future Reine laide, épileptique, stérile…

Le 2 avril 1725

Le duc de Bourbon demande à Stanislas sa fille en mariage au nom de Louis XV.

Résultat de recherche d'images pour "marie leszczynska"Marie Leszczyńska par Carle Van Loo

Le 15 août 1725

En la cathédrale de Strasbourg, le duc d’Orléans, en sa qualité de premier prince de sang, épouse Marie par procuration.

Dès le lendemain

Le cortège prend la direction de Fontainebleau.

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Le 4 septembre 1725

Après trois semaines d’un périple ralenti par l’état catastrophique des routes détrempées, Marie découvre enfin son royal époux.

Louis XV, roi de France, atelier de Jean-Baptiste Van Loo

Le 5 septembre 1725

Louis XV épouse Marie Leszczyńska

Mariage par procuration de Marie Leczinska, à Strasbourg, le 15 août 1725 (Louis, duc d'Orléans, représentant Louis XV), béni par le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg

Marie, parée d’un manteau de velours violet semé de fleurs de lys et de pierreries, embellie d’une traîne de près de dix mètres, porte une couronne sertie de diamants. Louis, vêtu d’un habit de brocart et d’un riche manteau, arbore un chapeau à plumes blanches agrémenté d’un imposant diamant.

Résultat de recherche d'images pour "mariage de Louis XV"

Après une cérémonie de plusieurs heures…

Résultat de recherche d'images pour "marie leszczynska"

…la journée se poursuit autour d’un festin ponctué par la représentation du « Médecin malgré lui » de Molière, et d’éblouissantes illuminations.

Marie Leczinska, reine de France, à 23 ans, en 1726, par GobertMarie Leszczyńska (1726) par Gobert 
École FRANCAISE du XVIIIe siècle,atelier de Jean Baptiste vaLouis XV- école française du XVIIIe siècle
Résultat de recherche d'images pour "marie leszczynska"Marie Leszczyńska Louis-Michel Van Loo

A dix heures

Le couple royal peut enfin jouir d’une relative intimité…

Jeton de la Reine Marie Leszczyńska. Le revers de ce jeton fait référence au couple royal, l’étoile représentant Marie Leszczyńska et le soleil Louis XV
Marie Leczinska, reine de France, en 1727, 'ricordo' avec variantes de Jean-Baptiste Van LooMarie Leszczyńska par Jean-Baptiste van Loo, vers 1725

Marie Leczinska, reine de France, par Belle

Le 6 septembre 1725

Le duc de Bourbon savoure sa victoire lorsque le Roi avoue avoir accordé à la Reine « sept preuves de tendresses » au cours de la nuit.

De fait, le duc peut être rassuré : Louis XV sera, en 1727, père à dix sept ans et demi, et le sera neuf autres fois au cours des dix années suivantes.

Marie Leszczyńska en habit de sacre par Louis Tocqué

Lorsque Marie arrive à Versailles, cela fait plus de quarante ans que le château n’a pas connu de Reine – la mort de Marie-Thérèse remonte à 1683 – et, d’une certaine manière, la monarchie semble avoir appris à s’accommoder de cette absence. Désormais, la Reine n’exerce plus un contre-pouvoir – qu’il soit effectif comme celui de la régente, ou de conseil comme celui de la Reine mère –, car

« en réservant au roi seul le devant de la scène politique, l’absolutisme relègue la reine à des fonctions familiales et domestiques qui ne lui permettent plus de mobiliser tous les acquis de la souveraineté ; […] Elle tend à redevenir une princesse ordinaire. »

Fanny Cosandey, La reine de France : symbole et pouvoir (2000)
Marie Leczinska, reine de France, par GobertMarie Leszczyńska par Gobert

Le 31 décembre 1725

Marie visite la maison de Saint-Cyr.

Résultat de recherche d'images pour "La maison de Saint-Cyr Maintenon"La Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr est un  pensionnat  pour jeunes filles créé en 1686 à Saint-Cyr  par Louis XIV à la demande de Madame de Maintenon

Dès 1726

La Reine Marie commence à s’aliéner son époux dès le début de son mariage en se mêlant de politique, malgré les mises en garde de son père. 

Marie est sous l’influence de Madame de Prie (qu’elle a accepté comme dame d’honneur) et soutient le duc de Bourbon, qui ne commet que des bourdes. Dans l’ombre, Fleury, ancien précepteur de Louis XV, manœuvre pour faire renvoyer le premier Ministre. Marie se fait bien involontairement l’auxiliaire de Bourbon, en organisant une entrevue entre le Roi et son premier Ministre, hors de la présence de Fleury. N’étant pas née à la Cour, ne connaissant pas encore tout à fait les usages ni l’étiquette de Versailles, Marie « convoque » le Roi dans ses appartements pour lui demander de conserver le ministère à son bienfaiteur, l’impopulaire duc de Bourbon qui risquait alors la disgrâce.                                                                Celui-ci l’apprend, quitte la Cour, plongeant Louis XV dans l’abattement le plus total. Le Roi oblige Bourbon à le faire revenir, et en juin 1726 une lettre de cachet oblige le descendant du Grand Condé à se retirer à Chantilly, et Madame de Prie doit se retirer en Normandie.

Aucune description disponible.Agnès de Prie sous les traits de Charlotte Rampling dans La Dernière Fête (1996) de Pierre Granier-Deferre d’après Stefan Zweig

Dès cet instant, elle perd toute influence politique sur son mari.

Résultat de recherche d'images pour "Louis XV par Maurice Quentin de La Tour"Louis XV par Maurice Quentin de La Tour

Physiquement, Louis XV est beau, grand (1,77 mètre  selon ses médecins), d’une constitution athlétique, la taille cambrée et le maintien droit ; il émane de sa personne une autorité naturelle qui impressionne fortement ceux qui le voient pour la première fois.  Louis XV est malheureusement rongé par la mélancolie et même la dépression.

LOUIS XV, LE SOLEIL NOIR – (TV MOVIE 2009) | Facebook | Soleil noir, Louis  xv, FictionStanley Weber dans “Louis XV, le soleil noir” de Thierry Binisti (2009)

En réalité, Marie demeurera très attachée à son époux et profondément respectueuse de la fonction royale. Aussi prend-elle son rôle de Reine avec le plus grand sérieux. Elle se plie volontiers aux questions de cérémonial et d’étiquette et assume parfaitement ses devoirs de représentation tout en se ménageant une grande liberté, fait très nouveau pour une Reine de France. Elle réussit d’ailleurs à obtenir de Louis XV un grand appartement privé où elle mène une vie calme, peu tournée vers l’apparat. En fait, la Reine est une femme cultivée qui lit beaucoup, parle et lit six langues dont le latin. Elle est également une grande amatrice de musique et de peinture. Chaque matin, elle consacre plusieurs heures à la peinture et s’est choisie comme maître Jean-Baptiste Oudry. Un des autres plaisirs de la Reine est de rassembler autour d’elle un cercle restreint d’amis avec lesquels elle parle politique, art… et peut-être même cuisine ! Et oui, Marie aime la bonne chère. C’est à elle d’ailleurs que l’on doit les « bouchées à la reine », résultat de son goût immodéré pour les tourtes.

Comme elle n’a aucune influence, les ambitieux ne la recherchent pas.

MADAME POMPADOUR | Motion Pictures Entertainment SLVincent Pérez est Louis XV dans Jeanne Poisson, Marquise de Pompadour Robert Davis (2006)

Une Reine de France se doit de passer la plupart de son temps en représentation avec ses dames du palais et les courtisans. Consciencieusement, Marie Leszczyńska se soumet au cérémonial de la cour qui attend d’elle une vie entièrement publique. C’est donc dans les pièces de son grand appartement que la Reine passe ses journées, acceptant d’évoluer parmi tous ceux qui y sont présents par le droit qu’ils ont d’entrer.

Elle ne se déroba pas à ses obligations d’apparat […] elle se fit instruire avec minutie des usages de l’ancienne cour, se pénétra des honneurs qui lui étaient dus et posséda bientôt à fond les subtilités du cérémonial, au point d’en être quelque peu prisonnière [si bien qu’elle] sut forcer le respect par sa dignité de vie et par sa piété.

Michel Antoine, Louis XV, 1989
Marie Leczinska, reine de France, chassant au faucon dans le parc de Fontainebleau, par Jean-Baptiste MartinMarie Leszczynska par Jean-Baptiste Martin, l’Ancien

La chambre de la Reine sous Marie Leszczynka

( texte et images de Christophe Duarte ; Versailles – passion

Aucune description disponible.Reconstitution du meuble d’hiver de la chambre de la Reine par Dimitri Lointhier

Cette chambre est la pièce la plus importante du Grand Appartement de la Reine. La Souveraine y passait la majeure partie de son temps : chaque matin, à son lever, elle y recevait les Dames de la Cour; elle y accordait ses audiences privées; et surtout elle y mettait au monde l’Héritier du Trône.

Deux Reines, Marie-Thérèse et Marie Leszcynska, deux Dauphines, Marie-Anne de Bavière et Marie-Adélaïde de Savoie y sont mortes. Dix-huit Enfants de France y sont nés dont Louis XV et Louis XVII.

Aucune description disponible.Reconstitution du meuble d’hiver de la chambre de la Reine par Dimitri Lointhier
Aucune description disponible.

Le décor actuel est exécuté pour Marie Leszczynska, de 1730 à 1735, sous la direction de Robert de Cotte et de Jacques Gabriel. Les boiseries sont de Verberckt.

Aucune description disponible.Reconstitution du meuble d’hiver de la chambre de la Reine par Dimitri Lointhier Aucune description disponible.

Marie Leszczynska a souhaité avoir constamment sous les yeux les portraits de ses enfants, alors au nombre de cinq.

Le plafond, dont les divisions sont encore celles du temps de Marie-Thérèse, est orné de grisailles d’or au chiffre entrelacés du Roi et de la Reine.

Aucune description de photo disponible.Élévation de la moitié du plafond

Le mobilier est très riche. On trouve deux fauteuils, douze pliants et un écran de cheminée. Les bois de menuiserie des sièges sont de Foliot et de Tilliard. Le lit est à la duchesse.

Le brocard “fond cramoisi à fleurs, feuillages et compartiments d’or” utilisé est aujourd’hui conservé au Mobilier National.

Peut être un gros plan de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion ChristopheD Mobilier National 17 septembre 2017’Brocard “fond cramoisi à fleurs, feuillages et compartiments d’or”, aujourd’hui conservé au Mobilier National.

La cheminée sera changée en 1786 par Marie-Antoinette. La cheminée de Marie Leszczynska est aujourd’hui présentée dans la chambre de la Dauphine au rez-de-chaussée du Corps Central à titre d’équivalence.

Peut être une image de foyer et intérieur

Le quotidien de la Reine

Vers huit heures du matin

La Reine se lève. Elle reçoit aussitôt la visite de son premier médecin et de son chirurgien.

Après avoir endossé une robe de chambre, elle se dirige accompagnée de son aumônier en quartier vers le petit oratoire qu’elle a fait aménager dans sa chambre en attendant de posséder un véritable sanctuaire.

Après avoir récité ses prières, elle s’assoit dans un fauteuil et la première femme de chambre lui apporte son déjeuner. Il est frugal et consiste en une simple tasse de chocolat ou de café.

Le petit lever

Entrent sa dame d’honneur et la surintendante qui assistent la Reine dans ses ablutions qui seront plus longues et plus complètes quand Marie disposera d’un “salon de bains”.

Le grand lever

Sont présentes les dames du palais.

La Reine s’habille ; celle qui est en quartier lui tend sa chemise, mais il faut veiller aux préséances ! Si une princesse du sang survient à l’instant, c’est à elle qu’incombe cet honneur. La princesse du sang salue la Reine, ôte ses gants, prend la chemise. Mais si , par malchance, la duchesse douairière de Bourbon fait son apparition, même jeu de scène: révérence, gant enlevé et chemise déployée.

Le protocole est respecté. Marie Leszczyńska supportera toutes ces incommodités tout le temps de son règne.

On ne peut-là que penser au témoignage que fera de ce même protocole Madame Campan à l’époque de Marie-Antoinette… qui sera moins patiente et enverra tout promener, décidant que la première dame présente Lui donnera la chemise…

La “toilette”

Marie se rassied. Toutes les dames du palais, on en voit parfois une douzaine, s’empressent autour d’elle. On lui met le rouge sur les joues. La Reine choisit sa perruque (qu’elle couvrira d’une mantille, d’un fanchon ou d’une marmotte, pour se protéger du froid…).

Après avoir revêtu une robe à queue, la Reine traverse tous les grands appartements et va saluer le Roi, escortée de son chevalier d’honneur, de son écuyer ou de deux dames qui portent la traîne.

L’entretien avec son époux est bref.

La Reine revient dans ses appartements ; elle change à nouveau de robe.

En fin de matinée

La Reine demeure dans sa chambre qui, grâce à une nuée de chambrières, a retrouvé son aspect solennel. Elle accorde des audiences particulières. Si elle n’a aucune obligation, elle écrit souvent à son père, bavarde avec les dames du palais ou elle travaille avec un peintre qui tient le rôle d’assistant et qu’elle surnomme son « teinturier ». Il lui prépare sa palette, dessine au crayon les personnages sur la toile et parfois même peint leur visage, ne laissant à la Reine que les morceaux de draperies.

Là, on trouve des ouvrages de tous les genres, de la tapisserie, des métiers de toutes sortes ; et pendant qu’elle travaille, elle a la bonté de raconter ses lectures.

Le président Hénault (1685-1770), ami intime de la Reine

Un peu avant midi

Un petit cortège se forme pour accompagner la Reine qui se rend à la chapelle. Elle s’installe dans la tribune où le Roi la rejoint. En présence de tous les courtisans, ils entendent la messe.

La Reine et son escorte reviennent soit dans sa chambre, soit dans l’antichambre ou dans le cabinet.

Tout est préparé pour le repas. Marie dîne seule, entourée d’un demi-cercle de dames et de gentilshommes qui l’observent manger.

La Reine a un vigoureux appétit…

Elle se lave les mains avec une aiguière, se lève de table .

Tout le monde s’éclipse. Les dames du palais vont à leur tour se restaurer.

La Reine se repose.

C’est un autre climat ; ce n’est plus la Reine, c’est une particulière.

Après midi

Si son emploi du temps ne comprend ni audience solennelle ni cérémonie, Marie sort volontiers. Elle marche bon train.

Vers quatre ou cinq heures

De retour dans ses appartements, Marie consacre le temps qui précède le souper à ses distractions favorites : la musique ou les cartes dans un cabinet appelé le « laboratoire ».

 A huit heures du soir

Le souper en grand couvert dure près de deux heures, il est mortellement ennuyeux. Louis XV simplifiera ce rituel.

Vers dix heures du soir

On retourne dans le salon des jeux. Comme le Roi, la Reine se couche assez tôt.

Le balcon de Marie Leszczynska,
Un bol d’air au cœur de Versailles

(texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )

A Versailles, les cabinets privés du Roi et de la Reine ouvrent sur des cours intérieures.

Aucune description de photo disponible.On reconnaît la cour de marbre à droite en bas et la toiture de la galerie des glaces et du salon de la paix en haut.

Lors de son arrivée au château, Marie Leszczynska ne peut jouir que d’un nombre très réduit de cabinets privés qui, tous, regardent sur la Cour de “Monseigneur”, actuelle Cour de la Reine, appelée ainsi car l’appartement du fils de Louis XIV donnait en partie dans cet espace.

Aucune description de photo disponible.Plan de 1732, on observe le balcon tout autour de la cour avec même une fontaine dans l’angle sud-est

Dès 1726, un balcon extérieur est posé sur des consoles ouvragées permettant à la Reine de sortir et, éventuellement, aux personnes de services de circuler le long des cabinets sans déranger.

Peut être une image de texte qui dit ’9 30 30 30 our. 39 1 30 our. 30 30’Plan de 1753 : les pièces au sud ont été élargies, le balcon est repoussé. A l’est (en bas de la cour, sur le plan), le balcon est devenu une terrasse
Aucune description de photo disponible.Plan de 1785 : le balcon ne passe pas devant la Méridienne, ni devant la deuxième fenêtre de la bibliothèque.
Aucune description de photo disponible.Fenêtres du cabinet intérieur de la Reine ou du cabinet doré ainsi que celui du supplément de bibliothèque à droite qui est bien entresolé.
Aucune description de photo disponible.Détails de la double porte fenêtre qui donne sur le vide actuellement.

Ce balcon est agrémenté d’un décor mal connu qui se compose d’une grotte ornée de rocailles et de sculptures de plomb réalisées par Hardy, également auteur de cuvettes en plomb destinées à recevoir de l’eau.

Aucune description de photo disponible.Un reste du fameux balcon. La petite porte donne dans le cabinet des poètes, la grande à petits carreau donne dans l’antichambre du grand couvert de l’appartement du Roi.
Un treillage en bois peint et des fleurs et plantes en pots, sont installés pour donner encore plus de gaieté à cet univers minéral.

La pose d’une volière complète cet univers avant tout conçu pour l’agrément visuel de la Reine.

Une dizaine d’années plus tard, des travaux supplémentaires seront entrepris, consistant à élargir le balcon en créant en hors œuvre une sorte de caisse le longeant sur toute sa longueur. Dans cette caisse seront plantés des fleurs et des petits arbustes si l’on se fie aux détails des deux élévations.

En complément, un treillage d’environ deux mètres et demi de haut est mis en place au pourtour de cet agrandissement, isolant encore plus les Cabinets de la Reine.

Aucune description de photo disponible.Un reste du fameux balcon. La petite porte donne dans le cabinet des poètes, la grande à petits carreau donne dans l’antichambre du grand couvert de l’appartement du Roi.

Par cette astuce disposée vis-à-vis des fenêtres, le château disparaît au profit d’une décoration bucolique. Bien qu’occultant encore plus la lumière, cette ornementation dont on ne connaît exactement la longévité, doit particulièrement égayer cet endroit qui n’est assurément pas le plus attrayant de Versailles.

Le 14 février 1727

Naissance de Mesdames Elisabeth et Henriette (Mesdames Première et Seconde)

File:Marie Leszczynska by François Albert Stiemart, 1726, Versailles.jpgMarie, Reine de France, par François Stiémart

En 1728

Marie Leszczynska décide l’agrandissement de ses appartements privés en y adjoignant une pièce intime qui dispose d’une baignoire individuelle amovible.

Illustration du bain à Versailles au XVIIIèmeIllustration du bain à Versailles au XVIIIe siècle

Le 28 juillet 1728

Naissance de Madame Louise , Madame Troisième

Portrait de Marie-Louise de France par Pierre Gobert

On désespère de voir la succession au trône assurée, cependant Louis XV accepte très bien la déconvenue et dit à la Reine : « Prenez parole avec Payrat [c’est l’accoucheur] pour un garçon. »

Marie Leczinska, reine de France, par BelleMarie Leszczynska, Reine de France, par Alexis Belle
 
Le 19 Février 1728
 

Mort à Versailles de Marie-Louise de France dite Madame Troisième.

Âgée de quatre ans et demi, Madame Troisième contracta un mauvais rhume. Un certain Bouillac, un gueux débarqué de nulle part, qui avait à la Cour la protection d’un grand personnage, obtint la charge de Médecin des Enfants de France.

La fièvre de Madame Troisième montait en flèche ; après une saignée au bras, trois saignées au pied, des ventouses et des vomitifs, le “traitement” du “médecin” accomplit son œuvre ; la petite Marie-Louise expira à quatre heure du matin.

 Mesdames de France de Bruno Cortequisse

 

Restauré, le Grand Appartement de la Reine au château de Versailles dévoile  sa splendeurChambre de la Reine au château de Versailles

Le 4 septembre 1729

Naissance du Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765), futur père de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Marie Leczinska, reine de France, à 26 ans, avec son fils Louis, dauphin de France, en 1729, par BelleMarie Leszczynska, Reine de France, et le Dauphin Louis-Ferdinand par Alexis Belle

Le 30 août 1730

Naissance de Philippe, duc d’Anjou, second fils de Louis XV et Marie Lesczczyńska.

Marie Leczinska, reine de France, vers 1730, par BelleMarie Leszczyńska vers 1730, par Alexis Belle (1674-1734)

Sur ce portrait, Marie Leszczyńska tient une branche de lys, suivie d’une servante vêtue à la polonaise portant sa traîne, au bas un chien portant un collier sur lequel on lit “Je suis à la Reine” .

Marie Lesczczyńska entretient une riche vie intérieure. Elle y puise la force d’affronter le poids de la vie de Cour. Mais elle aime aussi la compagnie. La libre conversation dans un cercle érudit est pour elle le plus doux des plaisirs. Son salon réunit de beaux esprits, dont le président Hénault, jurisconsulte, historien et correspondant de Voltaire, le ministre Maurepas, à la verve piquante, Paradis de Moncrif, lecteur de la Reine, écrivain, philosophe. Parmi ses amis, le duc et la duchesse de Luynes ont sa pleine confiance. Elle passe chez eux de nombreuses soirées, soupant ou faisant des parties de cavagnole, le jeu étant la seule passion avérée de la Reine.

          Le salon de la Paix est le salon de jeux de la Reine

Le 23 mars 1732

Naissance de Madame Adélaïde, Madame Quatrième.

Le 19 février 1733

Décès de de Madame Louise , Madame Troisième

Le 7 avril 1733

Décès de Philippe, duc d’Anjou.

Philippe de France par Barrière

En 1733

Les sœurs de Nesle sont les cinq filles de Louis de Mailly-Nesle, marquis de Nesle et de Mailly, prince d’Orange (1689-1767) et de son épouse Armande de la Porte Mazarin (1691-1729), elle-même arrière-petite-nièce de Mazarin (1602-1661).

Les Trois Grâces sous les traits des Sœurs Mailly Nesle par Van Loo

Quatre d’entre elles furent les maîtresses successives de Louis XV :

Louise de Mailly-Nesle par Nattier

Le 11 mai 1733

Naissance de Madame Victoire, cinquième fille de Louis XV et de Marie Leszczyńska ( elle sera appelée Madame Quatrième) , dans la chambre de la Reine du château de Versailles.

Restauré, le Grand Appartement de la Reine au château de Versailles dévoile  sa splendeur

Durant tout son règne, Marie Leszczyńska se plie aux impératifs du cérémonial dans le Grand Appartement de la Reine, s’appliquant à toujours mener une vie exemplaire dénuée d’intrigues. En ce qui concerne l’aménagement même du Château, elle souhaite, dès 1725, mettre sa chambre au goût du jour : des boiseries, exécutées par Vassé, prennent place au-dessus de la cheminée dont on renouvelle le marbre par le choix d’un sarrancolin. Quant aux virtuoses Verbeckt, Dugoulon et Le Goupil, ils sculptent le décor entre les fenêtres. Les dessus-de-porte, toujours en place aujourd’hui, sont commandés pour la Reine en 1734 : par Jean-François de Troy, La Gloire des princes s’empare des Enfants de France, figurant le Dauphin et ses deux sœurs aînées, et par Charles-Joseph Natoire, La Jeunesse et la Vertu présentent les deux princesses à la France.

Peut être une image de 1 personne

Le 27  juillet 1734

Naissance de Madame Sophie (Madame Cinquième), sixième fille de Louis XV et de Marie Leszczyńska, qu’on appellera Madame Sophie.

 

Les appartements de la Reine

Fig. 3 : Jean-François Blondel, Plan du premier étage et de l’avant-cour du château de Versailles dans lequel sont compris les appartements du Roi et ceux de la Reine (détail), vers 1735, in C.-N. Cochin (graveur) et J. F. Blondel, Architecture françoise […], Paris, C. A. Jombert, 1752-1756 (plan coloré et numéroté par l’auteur).Jean-François Blondel, Plan du premier étage et de l’avant-cour du château de Versailles dans lequel sont compris les appartements du Roi et ceux de la Reine (détail), vers 1735.

29 Escalier de la Reine

30 Salle des gardes de la Reine

31 Antichambre

32 Grand cabinet

33 Chambre à coucher de la Reine

34 Salon de la Paix servant au Jeu de la Reine

En 1735

Marie Brûlart de La Borde ( 1684 – 1763), duchesse de Luynes par son second mariage, devient dame d’honneur de Marie Leszczyńska. Elle sera sa confidente et meilleure amie…

Marie Brûlart de La Borde, duchesse de Luynes par Louis Tocqué

L’appartement de la duchesse de Luynes,
Des confidences de Marie Leszczinska aux pâtisseries d’Angelina…

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Marie Brûlart, duchesse de Luynes est Dame d’Honneur de Marie Leszczyńska. A ce titre, elle possède un appartement au château de 1735 à 1763.

Peut être une image de niveau et texte qui dit ’2 Appartement de la Duchesse de Luynes 1815 5 6 7 3 1) Marches donnant sur l'Escalier des Princes 2) Antichambre avec escalier donnant à l'entresol 3) Grand Cabinet 4) Petit Cabinet 5) Chambre 6) Cabinet Intérieur 7) Garde-robe 8) Cabinet de chaise 9) Chambre de la Femme de chambre 10) Corridor’Pour y accéder, il faut franchir quelques marches depuis l’Escalier des Princes.

Peut être une image de bâtimentsAncienne Cour Intérieure aujourd’hui Escalier d’OrléansPeut être une image de menuiserie

Cet appartement se compose de neuf pièces et donne sur la Cour des Princes et une petite cour intérieure : une antichambre, un grand cabinet, un petit cabinet, une chambre, un cabinet intérieur, une garde-robe, un cabinet de chaise et une chambre pour la femme de chambre.

Peut être une image de lustreAncien Grand CabinetPeut être une image de menuiserie

Marie Leszczyńska vient en fin de journée passer quelques heures. Elle y retrouve de vieux courtisans ou parfois ses enfants avec qui, loin des contraintes de l’étiquette, elle discute ou joue aux cartes, activités dont témoignent les vingt-cinq sièges et les sept tables de jeux qui figurent dans le salon.

Aucune description de photo disponible.Ancien Grand CabinetPeut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion- Christophe Chau Versailles 22 septembre 2020’

Aucune description de photo disponible.

En 1780, le duc de Chartres, devenu duc d’Orléans en 1785 (futur Philippe Egalité), son épouse et leurs enfants occuperont cet appartement appelé depuis Pavillon d’Orléans.

Peut être une image de bâtimentsLe pavillon d’Orléans

Cet appartement est aujourd’hui occupé par le Café Angelina où subsiste quelques pièces qui ont conservées leurs boiserie datant de 1733 pour la duchesse de Boufflers qui occupa cet appartement au début du règne de Louis XV.

Peut être une image de monument, porte et texte qui dit ’aoA% Christophe D. Château de Versailles 30 juin 2015 201’Entrée de l’Appartement

Selon le rapport d’activité du Château de Versailles 2019, les restaurants du Pavillon d’Orléans rejoindraient l’Aile Nord des Ministres et ces espaces seraient consacrés aux expositions temporaires, aujourd’hui dans l’Appartement de Madame de Maintenon.

Aucune description de photo disponible.Ancien petit cabinetPeut être une image de lustre

En 1735, le plafond est repeint : Apollon au milieu des Heures par Gilbert de Sève disparaît au profit d’un décor géométrique orné des chiffres entrelacés du couple royal. Au même moment, la Direction des Bâtiments du Roi, sur ordre de Louis XV, demande à François Boucher d’orner les voussures de quatre grisailles représentant des Vertus : La PrudenceLa PiétéLa Charité et La Libéralité.

Derrière son appartement de parade, la Reine qui aspire à vivre, ne serait-ce que quelques heures par jour, en simple particulière, fait aménager des cabinets privés où elle se retirait plusieurs heures chaque jour pour prier, méditer, lire et recevoir son cercle le plus intime.

Le 16 mai 1736

Naissance de sa fille, Thérèse-Félicité, qui mourra le 28 septembre 1744.

Marie Leszczyńska a reçu l’éducation d’une princesse. Elle pratique la danse, le chant, joue du clavecin, de la guitare et de la vielle. Elle organise des concerts dans les salons de la Paix, de Mars, à Trianon et à la Ménagerie. Campra, Rameau, Colin de Blamont… les compositeurs français ont sa préférence. Mais l’histoire retient aussi qu’en 1737, elle fait venir à la cour le castrat Farinelli (1705-1782).

Cantare Farinelli, oggi | Il giornale della musicaFarinelli par Bartolomeo Nazari
Résultat de recherche d'images pour "Farinelli"Stefano Dionisi est Farinelli dans le film éponyme de Gérard Corbiau (1994)

Le 

 Son père, Stanislas Leszczyński, quitte Königsberg (en Prusse).

Le 4 juin 1736

 Stanislas Leszczyński s’installe au château de Meudon.

Le Bâtiment: Fiche Historique, les Châteaux. Le Château de MeudonRestitution virtuelle du Château Vieux de Meudon (partie aujourd’hui détruite)

En mars 1737

Stanislas Leszczyński et sa femme visitent leur fille à Versailles.

Le 3 avril 1737

Stanislas Leszczyński arrive à Lunéville (en Meurthe-et-Moselle).

Le 27 avril 1737

Baptême des princesses jumelles, de Madame Troisième et du Dauphin Louis-Ferdinand

Marie Leczinska, reine de France

Le 15 juillet 1737

Naissance de sa fille, Louise-Marie, Madame Septième, qu’on appellera Madame Louise.

Reine polyglotte et cultivée, Marie Leszczyńska goûte les occupations de l’esprit, les lettres, la musique et les arts, et tout particulièrement la peinture.  L’une des pièces de son appartement intérieur a d’ailleurs été aménagée en atelier. Son pinceau est alors guidé pendant une quinzaine d’années par son “teinturier”, Etienne Jeaurat, tandis qu’elle est conseillée par Jean-Baptiste Oudry. Entre autres œuvres, est attribuée à la souveraine, la copie fidèle d’un tableau de ce maître, intitulé Une Ferme.

Leszczynska Marie, d'après Jean Baptiste Oudry | La ferme | Images d'ArtUne Ferme par Marie Leszczynska

En juin 1738

Le Cardinal de Fleury envoie les princesses parfaire leur éducation dans le couvent lointain de Fontevraud.

L'ABBAYE ROYALE DE FONTEVRAULT - Avis de voyageurs sur L'Abbaye Royale de  Fontevraud, Fontevraud-l'Abbaye - Tripadvisor

Louis XV ne contredit pas son ancien précepteur et Marie Leszczyńska, tremblante, n’ose pas protester devant le vieux ministre despote. Fleury garde probablement une tenace rancune à la Reine d’avoir naïvement aidé le Duc de Bourbon lorsque celui ci tenta de l’évincer. Il se venge en exilant si cruellement les innocentes fillettes à une telle distance de Versailles, que compte tenu de l’Étiquette, une visite royale aurait été une expédition ruineuse, donc impossible.

Image illustrative de l’article André Hercule de FleuryLe Cardinal André-Hercule Fleury par Hyacinthe Rigaud

Madame Victoire part donc avec ses petites sœurs, escortées de leurs domestiques et de leurs sous-gouvernantes pour la lointaine abbaye angevine. Elle y fera un long séjour , qui durera de juin 1738 à mars 1748. L’abbesse de Fontevraud,  Louise-Françoise de Mortemart-Rochechouart, qui est la propre nièce de Madame de Montespan, sera surintendante de l’éducation des princesses. Ni ses parents, ni des membres de la famille royale n’iront jamais prendre de ses nouvelles. Victoire vit ainsi pendant dix ans., « accoutumée à être peu contrainte », manifestant parfois une humeur impérieuse. On la punissait en l’enfermant dans un caveau dit la « lanterne des morts ». La princesse en gardera sa vie entière des terreurs paniques et irraisonnées.

Nannerl la soeur de Mozart - René FéretMesdames Victoire (à gauche), Louise et Sophie (à droite) dans Nannerl, la Sœur de Mozart de René Féret (2010)

Le train de vie de Mesdames en l’abbaye royale de Fontevraud est toutefois fort convenable.

En 1739

Louise de Mailly est supplantée par sa sœur Pauline (1712-1741), comtesse de Vintimille.

Pauline de Vintimille par Nattier

Afin de se réconcilier avec l’Espagne outrée par la rupture des fiançailles du Roi avec l’infante Marie-Anne-Victoire en 1725, Louis XV promet sa chère Babette (Madame Elisabeth) à l’infant Philippe d’Espagne (1720-1765) , un des fils cadets de Philippe V d’Espagne (1683-1746), tandis que le Dauphin doit épouser une sœur de l’infant.

Madame Élisabeth de France, duchesse de Parme, en habit de chasse, par Nattier

 Fin février 1739

Louis XV annonce officiellement la nouvelle. La cour est surprise de cette alliance, car l’infant n’a guère de chance de monter sur le trône espagnol.

Louis XV, roi de France, âgé de 35 ans, en 1745, par NattierLouis XV par Nattier

Le 26 août 1739

La jeune Élisabeth, qui a tout juste douze ans, se marie par procuration.

Par ce mariage, elle prend le nom de « Madame Infante ». Les cérémonies fastueuses qui ont lieu pour l’occasion sont passées à la postérité.

Résultat de recherche d'images pour "madame Elisabeth"Madame Élisabeth

Madame Henriette est désormais nommée uniquement  « Madame » pour souligner le fait qu’après le mariage de sa sœur jumelle, elle était l’aînée des filles du Roi encore célibataire.

Résultat de recherche d'images pour "madame Henriette"Madame Henriette

Le 30 août 1739

Madame Élisabeth doit quitter Versailles. Les adieux d’Élisabeth à sa famille sont déchirants. En larmes, elle quitte sa sœur jumelle, Madame Henriette, sur ces mots :

« C’est pour toujours, mon Dieu, c’est pour toujours ! »

En 1741

Louise de Mailly rentre en grâce.

Diane Adélaïde de Mailly-Nesle (1713-1760), duchesse de Lauraguais est remarquée par le Roi, qui en fait sa maîtresse après ses deux sœurs aînées.

Diane Adélaïde de Mailly-Nesle par Nattier

En 1742

Louise de Mailly est supplantée dans le cœur du Roi par sa sœur Marie-Anne (1717-1744), marquise de La Tournelle puis , duchesse de Châteauroux. qui demande son renvoi de la cour en 1742.

Jean-Marc Nattier. poster-marie-anne-de-mailly-nesle-als-eos-1470443.jpg  (371×500) | SimboloMarie-Anne de Châteauroux par Nattier

Évoquer Marie Leszczyńska, c’est aussi évoquer la religion : Reine de France et polonaise, Marie prend à cœur sa mission de Reine Très Chrétienne. Chaque jour, elle assiste au moins à deux offices et n’abandonne pas la coutume polonaise qui consiste à prier debout, les bras en croix. Elle respecte à la lettre les jeûnes et abstinences, fréquente régulièrement les couvents, n’hésite pas à s’endetter pour secourir les pauvres… Ce n’est pas pour autant que la reine incarne un parti dévot, loin de là. Son souhait serait plutôt d’incarner la piété. Toujours est-il que ce fort sentiment religieux de la Reine dénote dans l’entourage libertin de Louis XV qui ne voit en Marie qu’une bigote égarée à la Cour.

File:La reine Marie Leszczynska en costume de religieuse devant la Maison Royale de Saint-Cyr par Santerre.jpgMarie Leszczynska en costume de religieuse devant la Maison Royale de Saint-Cyr par Jean-Baptiste Santerre

Marie Leszczyńska dispose alors d’une cassette de 96 000 livres, somme assez médiocre pour une Reine, à affecter à son divertissement, à ses aumônes et à son jeu. Cette passion pour le jeu (surtout pour le cavagnole, un jeu de hasard pur ) lui vaut d’ailleurs quelques dettes, qui sont épongées par le Roi, ou par son père Stanislas.

Le 29 janvier 1743

Mort du cardinal de Fleury.

Le Roi, suivant finalement l’exemple de son prédécesseur, décide alors de gouverner sans Premier ministre. Débute le gouvernement personnel de Louis XV, âgé alors de trente-trois ans, que l’on commence à appeler « Louis le Bien-Aimé ».

Louis XV a connu des années heureuses avec la Reine qui l’adule et lui est entièrement dévouée. Un enfant naît presque chaque année. Cependant, la Reine finit par se fatiguer de ces grossesses à répétition

  « Eh quoitoujours couchertoujours grossetoujours accoucher ! »

autant que le Roi se lasse de l’amour inconditionnel de son épouse. De plus, la plupart de leurs enfants sont de sexe féminin, ce qui finit par indisposer le Roi. Sur leurs dix enfants, ils n’ont que deux garçons dont un seul a survécu, le Dauphin.

Le 28 septembre 1744

Mort de Thérèse-Félicité, Madame Sixième

Karine Pinoteau est Marie Leszczyńska dans Louis XV le soleil noir (2009) de Thierry Binisti

Le 23  février 1745

Louis-Ferdinand épouse au château de Versailles  sa cousine l’infante Marie-Thérèse, deuxième fille de Philippe V et sœur de l’infant Philippe qui avait épousé, en 1739, Louise-Élisabeth (1727-1759), sa sœur aînée.

C’est au cours des festivités du mariage que le Roi prend comme maîtresse Madame d’Étiolles (qu’il fait bientôt marquise de Pompadour) qu’il découvre dans le costume de Diane chasseresse. Le Roi et ses plus proches courtisans sont costumés en ifs et la cour observe que l’un d’entre eux s’entretient longuement avec cette belle inconnue.

Versailles-galerie-des-glaces-Bal-des_Ifs.jpgBal masqué donné par le roi Louis XV dans la Grande Galerie à l’occasion du mariage de Louis, Dauphin de France, avec Marie-Thérèse, infante d’Espagne, du 25 au 26 février 1745
Jeanne-Antoinette de Pompadour par Boucher

Le 28 février 1745

Au cours du bal offert à l’Hôtel de ville de Paris par le corps municipal, une nouvelle rencontre entre Madame d’Étiolles et Louis XV confirme l’intérêt que lui porte le Roi.

Jeanne-Antoinette devient une visiteuse régulière à Versailles.

C’est une chose sotte que d’être reine ! Pour peu que les troubles continuent, on nous dépouillera bientôt de cette incommodité.

Marie Leszczyńska

Le 10 septembre 1745

Louis XV installe Madame d’Étiolles au château de Versailles dans un appartement situé juste au-dessus du sien, relié par un escalier secret.

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Le 24 juin 1745

Le Roi fait don à Madame d’Étiolles du domaine de Pompadour.

Pompadour - La marquise de Pompadour - Page 2 0_f54510La marquise de Pompadour par Boucher (1756)

“Je n’ai pas besoin de robes quand les pauvres n’ont pas de chemises.”

Marie Leszczyńska

Parmi les peintres favoris de Marie figure sans conteste Jean-Marc Nattier, qui la portraiture en 1748 en « habit de ville ». Mais celui qu’elle distingue entre tous est Charles-Antoine Coypel. Ce dernier exécute pas moins de trente-quatre tableaux religieux pour les cabinets privés de la souveraine. Ils révèlent la dévotion de Marie Leszczyńska pour les saintes martyres des premiers temps de la chrétienté, comme sainte Thaïs. Elle voue encore un culte aux saints jésuites, tel François-Xavier. Une commande à Joseph-Marie Vien en témoigne.

 Le 14 septembre 1745

La présentation officielle de la nouvelle favorite a lieu à Versailles. Cela nécessite une princesse de sang. Pour cette cérémonie très protocolaire, la princesse de Conti accepte d’être la marraine de Jeanne-Antoinette, en échange de l’extinction de ses dettes.

Charlotte de Turckheim incarne Marie Leszczyńska dans Jeanne Poisson, marquise de Pompadour (2006) de Robin Davis

Madame de Pompadour (1721-1764) s’efforcera d’être pour le Roi une amie et une thérapeute, une présence aimante, toujours enjouée (en apparence) et consolatrice qui lui offre le délassement, l’oubli de ses problèmes.

Mais la marquise de Pompadour est détestée par le jeune Dauphin qui, avec ses sœurs, l’appelle par ironie et irrévérence Maman Putain.

Le 22 juillet 1746

La Dauphine meurt, à Versailles. Son époux en éprouve un chagrin extrême.

L’influence politique de Madame de Pompadour croît au point qu’elle favorise le mariage hautement diplomatique entre Marie-Josèphe de Saxe et le Dauphin Louis-Ferdinand.

Marie Leszczyńska éprouve une attirance particulière pour la Chine. En 1747, elle installe un Cabinet chinois dans son « laboratoire », au cœur de son appartement intérieur. Elle décide, dès 1761, de le remplacer par un ensemble de toiles dit Cabinet des Chinois. Les tableaux sont exécutés par cinq peintres du Cabinet du roi : Coqueret, Frédou, de La Roche, Prévost et Jeaurat, ainsi que par la reine elle-même. Ces toiles montrent une Chine pittoresque, inspirée des recueils de voyageurs au pays de Cathay. Préparation du thé, évangélisation des Chinois par les Jésuites, foire à Nankin… sont autant de thèmes abordés par ces représentations. Architectures, costumes et paysages y sont décrits avec minutie ; la perspective à vue d’oiseau s’inspire de la peinture chinoise.

Quand la Reine rêvait de Chine | Les carnets de VersaillesLa foire de la ville de Nankin
Marie Leczinska, reine de France, à 44 ans, en 1747, par Carle Van LooMarie Leszczyńska par Van Loo (1747)

Le 9 février 1747

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Le Dauphin Louis-Ferdinand de France épouse à Versailles Marie-Josèphe de Saxe

                                              Louis-Ferdinand                   et                 Marie-Josèphe de Saxe

Le 19 mars 1747

Décès de sa mère, Marie Opalinska (1680-1747) à Lunéville. Elle est inhumée à Nancy.

Résultat de recherche d'images pour "Catherine Opalinska"Marie Opalinska par Lemercier

En mars 1748

Madame Victoire revient à la Cour.

Madame Victoire par Nattier

Très proche de leur mère, la Reine Marie Leszczyńska, le Dauphin Louis-Ferdinand et ses sœurs souffrent avec elle des adultères du Roi, de la rigidité du protocole, de la bassesse des courtisans.

Épinglé sur Costumes de Cinéma / Femmes Part 5 : 2000s - 2010sCharlotte de Turckheim incarne Marie Leszczyńska dans Jeanne Poisson, Marquise de Pompadour (2006), de Robin Davis

Après avoir réalisé des portraits très réussis des plus jeunes filles de Louis XV et Marie Leszczyńska, alors élevées à l’abbaye de Fontevraud, Jean-Marc Nattier (1685-1766) est rappelé à Versailles des années plus tard pour le même travail.

Intraitable, le peintre refuse de travailler avec des prêts et veut toujours que ses modèles posent. Séances accordées. Cependant l’artiste renonce rapidement, exaspéré par la volatilité des jeunes filles, peu assidues à se présenter aux séances de pose et incapable de rester en place. Il se dispense d’achever les portraits, remplacé par Franz Bernard Frey (1716-1806).

Peu rancunière, la Reine Marie Leszczyńska lui demande un jour de bien vouloir revenir pour la peindre. L’artiste accepte à condition de ne pas être dérangé pendant la séance de pose. La souveraine accepte de lui accorder le temps qu’il désire. Le jour dit, la souveraine s’installe, prête à demeurer immobile pendant plusieurs heures. À peine Nattier a-t-il le temps d’attraper son pinceau que Louis XV ouvre la porte. On raconte que, furieux d’être ainsi interrompu, le peintre colérique remballe ses affaires et quitte la pièce !

La reine Marie Leszczynska Marie_21Marie Leszczyńska par Jean-Marc Nattier

Vêtue d’une robe rouge brodée d’hermine et rehaussée par des manchettes en dentelle, Marie Leszczyńska est assise dans un fauteuil dont le tissu brodé de fleurs de lis rappelle discrètement le statut du modèle. La Reine porte un bonnet de dentelle blanche retenu par une mantille de dentelle noire, symbole d’une félicité domestique étrangère à un portrait d’apparat.

Les regalia habituels, éléments indispensables au portrait d’une reine, ne sont pas présents. Seule la draperie bleue tendue derrière la reine confère une majesté certaine à l’arrière-plan, rythmé par des pilastres doriques ; d’autres objets discrets, tels les bijoux (boucles d’oreilles, collier en pierres précieuses orné d’une miniature représentant saint Jean Népomucène, le saint favori de la Reine), apportent de l’élégance et de la grâce au modèle. Marie Leszczyńska semble être tirée de sa lecture des évangiles par l’arrivée d’un de ses proches ; le sourire qu’elle esquisse à son approche détermine une certaine intimité et laisse apparaître le portrait d’une femme charmante.

Dernier tableau pour lequel Marie Leszczyńska accepte de poser et qui est présenté au Salon de 1748, l’œuvre reçut des critiques enthousiastes tant pour la ressemblance du portrait que pour la « noble simplicité » qui émane de la figure.

Louis XV, roi de France, âgé de 35 ans, en 1745, par La TourLouis XV par Maurice Quentin de La Tour

En 1749

Maurepas (1701-1781), secrétaire d’Etat à la Marine, est disgracié en 1749 et exilé à quarante lieues (environ 160 km) de Paris pour avoir répété les libelles répandus contre la marquise de Pompadour.

Louis XV, roi de France, âgé de 37 ans, pendant la campagne de Flandres de 1747, par Carle Van LooLouis XV, pendant la campagne de Flandres de 1747, par Carle Van Loo

La Reine et le Dauphin, appuyés par les milieux dévots, pressent le Roi de faire cesser cette relation adultérine notoire et finissent par le faire céder après de nombreuses années de résistance. Cependant, bien que la marquise de Pompadour cesse de partager l’intimité du roi, sa carrière connaît une nouvelle promotion : elle obtient le privilège royal de loger dans l’appartement du duc et de la duchesse de Penthièvre au rez-de-chaussée du corps central du château de Versailles alors que Mesdames les filles du Roi le convoitent.

De gauche à droite : Adélaide, Victoire et Sophie, par Drouais - Collections du château de VersaillesDe gauche à droite : Mesdames Sophie, Victoire et Louise, par Drouais –château de Versailles

Le 5 mars 1749

Marie Leszczyńska demande au Roi de lui permettre, en son absence, d’assister à la messe en robe de chambre et non en grand habit, puisqu’elle se place alors dans la tribune et non au rez-de-chaussée de la Chapelle. Le Roi accepte, la Reine assiste bien à la messe dans la tribune.

La tribune royale de la chapelle du château de Versailles. | Версаль,  Картинки

Le costume de cour entre alors dans un cycle tourmenté entre le costume de représentation et le costume citadin à la mode. Plus confortable, témoin du goût du moment. Le remplacement du grand habit par la robe de chambre est particulièrement prisé lors des déplacements de la Cour de Versailles vers les autres résidences royales.

            Les concerts chez Marie Leszczyńska

 

Les concerts de Marie Leszczyńska représentent la plus importante des activités musicales de la Cour. Les séances commencent dès l’arrivée de la Reine à Versailles en 1725 et se maintiennent tout au long de son règne.

A la différence de soirées d’appartement, qui se déroulaient de novembre à mars uniquement, les concerts de la Reine ont lieu tout au long de l’année.

Il y a deux concerts par semaine, composés de deux actes d’opéra et d’une cantate. La séance dure environ une heure.

 
Carmontelle | Mademoiselle d'Avenart, virtuose de la plus grande force,  jouant au concert de la reine | Images d'ArtMademoiselle d’Avenart, jouant au concert de la Reine par Carmontelle

La Reine arrive au salon à six heures. La musique commence. Pendant que les musiciens jouent, on ne prend pas congé.

A Versailles comme à Fontainebleau, la Reine entend souvent les concerts depuis sa chambre car, si elle était dans la même pièce ou se fait la musique, il faudrait qu’elle soit en grand habit.

D’autres lieux sont utilisés pour les concerts, comme le Salon d’Hercule. L’été, le parc et ses bosquets servent à des “impromptus”.

Christophe Duarte – Versailles Passion

Après 1750

Si les relations entre le Roi et sa favorite prennent un tour platonique, voire simplement amical, Jeanne-Antoinette ne quitte pas la cour pour autant et reste dans l’entourage immédiat de la famille royale, ce qui explique qu’après avoir été pendant cinq ans sa maîtresse, elle reste la favorite en titre.

Résultat de recherche d'images pour "Madame Victoire par Nattier"Les quatre Eléments (1751) par Jean-Marc Nattier : La Terre  a les traits de Madame Elisabeth, l’Air ceux de Madame Adélaïde, le Feu  ceux de Madame Henriette et L’Eau ceux de Madame Victoire 

Le 13 septembre 1751

Naissance de son petit-fils, Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne à Versailles.

Le 10 février 1752

Décès de Madame Henriette, sa douce fille, à l’âge de vingt-quatre ans.

Madame Henriette par Jean-Marc Nattier

Le Roi, dont Henriette était la fille préférée, est anéanti comme toute la famille royale. Le peuple maugrée que le décès de la jeune princesse est une punition divine.

Davis-2006-Jeanne Poisson, marquise de PompadourImage de Jeanne Poisson, Marquise de Pompadour (2006), de Robin Davis
Louis XV, roi de France, miniature attribuée à RouquetLouis XV, miniature de Rouquet

Dès le mois de mai 1752

Le Conseil du Roi reconnaît « l’utilité de l’Encyclopédie pour les Sciences et les Arts », Madame de Pompadour et quelques ministres peuvent ainsi solliciter d’Alembert et Diderot de se redonner au travail de l’Encyclopédie.

Marie Leszczyńska (1753) par Jean-Marc Nattier

Durant les quinze dernières années de son règne, se développe en France un nouveau courant artistique, connu dès le XVIIIe siècle sous le nom de goût « à la grecque ». Ce courant qui constitue la première phase du mouvement néoclassique se fonde sur le rejet des formes de la rocaille jugées démodées, sur un retour affiché à la simplicité de l’antique et sur l’usage d’un répertoire décoratif et de thèmes puisés dans l’art grec. La Reine participe à sa manière à ce mouvement.

En 1753

Marie commande à celui qui doit devenir le chef de file de ce style dans le domaine de la peinture, Joseph Marie Vien (1716-1809), un dessus-de-porte pour son cabinet, représentant Saint François-Xavier arrivant en Chine.

Résultat de recherche d'images pour "Le président Hénault"Le président Hénault. D’après Gabriel-Jacques de Saint-Aubin.

Charles-Jean-François Hénault d’Armorezan (1685-1770), dit le « président Hénault » exerce, de 1753 à 1768, la charge de surintendant de la Maison de la Reine Marie Leszczyńska, qui a pour lui une particulière amitié et contribue à le tourner vers la religion dont une grave maladie, contractée vers 1735, l’avait déjà rapproché. Il se convertit en 1765 et fait une confession générale, déclarant :

« On n’est jamais si riche que quand on déménage ».

Sa dévotion lui vaut des traits satiriques de Madame du Deffand et de Voltaire qui lui reproche sa passion de plaire à tout le monde, dans laquelle il voit la cause de ses palinodies, et le juge désormais « l’esprit faible et le cœur dur ».

Le 23 août 1754

Naissance de son petit-fils, Louis-Auguste, futur Louis XVI.

Louis-Auguste par Frédou
Lettre de Marie Leszczyńska au duc de Penthièvre. à 2 heures [1754?]. Cachet armorié de la reine sur cire rouge.

« Je sais toute l’horreur de ce que je fais, il est affreux pour moi d’adjouter a votre peine mais je ne puis faire autrement, on m’a priée de demander au Roy le Pavillion des thuilleries bien entendu si vous ne voulez pas le garder. je devais vous en faire la question, mais j’étais trop ocuppée de votre malheur je puis meme dire du mien, je l’ay oubliée, et comme d’auttres pourrait le demander je ne veux pas leur en laisser le temps. Ne vous tourmentez pas a me faire d’autre reponse que oui ou non, ce que je vous demande c’est de compter pour ma vie sur ma tendre amitié pour vous ».

Signature de Marie LeszczyńskaSignature de Marie Leszczyńska

Le 17 novembre 1755

Naissance de son petit-fils, Louis-Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII.

Louis-Stanislas par Maurice Quentin de la Tour

Les princesses vont parfois prendre les eaux à Plombières dans le Duché de Lorraine sur lequel règne à titre nominal et viager leur grand-père Stanislas Leszczyński (1677-1766) qu’elles peuvent ainsi visiter.

Stanislas Leszczynski — WikipédiaStanislas Leszczyński
Peut être une image de natureLa place Stanislas de Nancy

Le samedi 7 février 1756

Le Roi annonce la nomination de Madame de Pompadour, Dame du palais de la Reine.

Louise Conte de la Comédie Française est la Reine Marie dans la  fiction télévisée Madame Quinze (1973) de Jean Roger Cadet

Le dimanche 8 février 1756

La présentation de Madame de Pompadour en tant que Dame du palais de la Reine a lieu, après les vêpres.

De 1756 à 1763

La guerre de Sept Ans, que les Anglais dénomment « French and Indian War » (la guerre contre les Français et les Indiens), est la principale guerre du XVIIIe siècle. C’est aussi, d’une certaine manière, la première guerre mondiale !

La miséricorde des rois est de rendre la justice, mais la justice des reines est d’exercer la miséricorde.

Marie Leszczyńska à Louis XV, pour demander la grâce d’un déserteur.

Le 5 janvier 1757

Attentat de Damiens contre le Roi.

En ce 5 janvier 1757, un carrosse attend le Roi dans le passage couvert qui va de la cour royale au parterre nord. Vers 6h du soir, le souverain descend son escalier intérieur et traverse la salle des gardes du corps. Il est accompagné du Dauphin, du capitaine des Gardes du roi, des Grand et Petit écuyers et du colonel des Gardes suisses. Il fait nuit. Au sortir de la pièce, éclairée par des torches, le Roi est assailli par un individu qui le frappe violemment. Ayant conservé son chapeau, le forcené est maîtrisé, car il aurait dû se découvrir devant le Roi.

Portant la main au côté droit, le Roi pense qu’on lui a donné un coup de coude ou de poing, selon les sources. Mais sa main est ensanglantée. Le couteau a pénétré entre la quatrième et la cinquième côte, causant une blessure longue, mais superficielle. On transporte Louis XV dans sa chambre. Il saigne abondamment. Choqué, il finit par s’évanouir. Revenu à lui, il croit qu’il va mourir. Il réclame un prêtre, confie le royaume au Dauphin et demande pardon à la Reine des peines qu’il lui a infligées.

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Depuis le début, le Roi sait qu’il s’agit d’un acte isolé. Quoique remis de sa blessure au bout de huit jours, il est toujours commotionné. L’attentat a laissé des séquelles. Devant l’émoi général, Louis XV entend changer d’attitude. Il veut regagner la confiance de ses sujets, renoncer à ses maîtresses et préparer le Dauphin à sa succession. Sages décisions… qui ne dureront qu’un temps : Madame de Pompadour, un temps inquiétée, reprend bien vite sa place et régnera sur l’esprit du Roi jusqu’à sa mort…

Du 12 février au 26 mars 1757

Procès de Robert-François Damiens (1715-1757) qui a quarante-deux ans et a servi plusieurs conseillers au Parlement, très critiques envers le Roi et la marquise de Pompadour. Ces critiques régulières sont montées à la tête de Damiens, au caractère influençable et exalté.

Robert-François Damiens

Le 28 mars 1757

Damiens est exécuté Place de Grève. Son supplice, à l’instar de celui de Ravaillac, compte de nombreuses tortures, avant qu’il soit écartelé et brûlé. Damiens s’est rendu coupable du crime suprême : celui de « parricide commis sur la personne du Roi » et donc de lèse-majesté.

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Le 9 octobre 1757

Naissance de son petit-fils, Charles-Philippe, comte d’Artois, futur Charles X.

Le 23 septembre 1759

Naissance de sa petite-fille, Marie-Clotilde de France, qu’on appellera Madame Clotilde, ou plus trivialement Gros Madame, future Reine de Sardaigne.

Photo: The comte d'Artois and his sister Marie-Clotilde in their youth by François-Hubert Drouais
Shortly after the birth of Charles-Philippe (the comte d'Artois) in 1757, Louis XV asked Charles III of Spain to be the boy’s godfather. He agreed, and...Charles-Philippe et Clotilde par Drouais

Le 6 décembre 1759

Mort de sa fille, Madame Elisabeth , duchesse de Parme

Louise-Elisabeth, duchesse de Parme par Adélaïde Labille-Guiard
Tania Fédor est Marie Leszczyńska dans Si Versailles m’était conté (1954), de Sacha Guitry

Dès le début des années 1760

La manufacture royale de porcelaine de Sèvres adopte le nouveau style dans le domaine des pièces de service comme dans celui des vases et de la sculpture. Étienne- Maurice Falconet (1716-1791), responsable de l’atelier de sculpture de 1757 jusqu’en 1766, donne de très nombreux modèles de biscuits et de vases, d’allure néoclassique.

Par ses aménagements architecturaux, ses goûts et par dessus tout sa façon d’être Reine, Marie Leszczyńska aura opéré, à sa manière, une révolution discrète.

Le 30 juin 1760

La marquise de Pompadour fait l’acquisition du château et du marquisat de Menars.

Le château de Ménars et son parc - - 28401Le château de Menars
Marie Leszczyńska est interprétée par Nathalie Roussel dans la série Nicolas Le Floch

À la fin de sa vie, l’étiquette qui règle l’existence de Marie Leszczyńska s’assouplit. La Reine se trouve libérée de certaines obligations publiques, notamment les repas. Elle les prend en effet chez la duchesse de Luynes, sa dame d’honneur. A l’instar de Marie-Antoinette, plus tard, Marie Leszczyńska semble vouloir oublier sa couronne lorsqu’elle se rend chez sa dame d’honneur, comme l’écrit à plusieurs reprises le duc de Luynes :

« La Reine vint souper chez moi avant-hier mercredi. Depuis quelques temps elle nous fait cet honneur deux fois la semaine ; elle veut bien que l’on ne fasse point de préparatifs » ;

ou :

« Elle a la bonté de nous dire souvent que dans ce moment elle n’est point reine. »

Le cérémonial de la Cour se trouve donc bouleversé par les nouvelles habitudes de la Reine :

« Depuis que Sa Majesté ne mange plus chez elle avec les dames, il est d’usage que d’avoir l’honneur de souper chez Madame de Luynes avec Sa Majesté est la même chose. »

Néanmoins, lorsque la duchesse reçoit la reine, l’étiquette n’est pas totalement oubliée puisque la reine et les dames sont assises à table, tandis que les hommes font leur cour debout et mangent dans une pièce voisine.

A l’inverse de Louis XV qui rappelle toujours à ses convives que le Roi est là lors des soupers de ses petits appartements, Marie Leszczyńska souhaite oublier sa couronne sur le seuil de l’appartement des Luynes : “Elle a la bonté de nous dire souvent que dans ce moment elle n’est plus reine“.

Marie-Antoinette aura la même attitude, chez Elle, au Petit Trianon…

Presumed portrait of Marie Brûlart de La Borde duchesse de Luynes (vers 1684-1763)Marie Brûlart de La Borde duchesse de Luynes

En 1761

Le cabinet de Marie Leszczyńska,
Le goût chinois de la Reine

(Texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles Passion )

Comme le changement à la Cour a toujours été de mode, je m’y suis mise aussi et vous trouverez mes cabinets changés, un du moins, car les autres sont de même“.

écrit Marie Leszczyńska à son ami Hénault, le 22 septembre 1758

En 1761

Marie Leszczyńska décide de remplacer son premier Cabinet chinois, installé en 1747, par un nouvel ensemble dit, cette fois, Cabinet des Chinois.

Peut être une image de niveau et texte qui dit ’1753 Y’

Huit tableaux sont exécutés par cinq peintres du Cabinet du Roi, Coqueret, Frédou, de La Roche, Prévost, Jeaurat, ainsi que par la Reine elle-même.

Aucune description de photo disponible.Plan préparatoire des travaux a mener dans le Cabinet.

Au cœur de ses cabinets intérieurs, dans cet espace que Marie Leszczyńska appelle son “laboratoire”, les toiles sont encastrées dans des lambris.

Peut être une image de mobilierReconstitution des boiseries avec incrustation des tableaux peints par Marie Leszczynska

A sa mort, le Cabinet des Chinois sera légué à sa Dame d’Honneur, la comtesse de Noailles. L’ensemble est alors remonté à l’hôtel de Noailles-Mouchy, puis, au milieu du XIXe siècle, au Château de Mouchy.

Peut être une image en noir et blanc de intérieur et texte qui dit ’Fig. 133 The C'abinel chinois of Queen Marie Leszczyńska as it was when installed in the château de Mouchy before the Second World War.’Boiseries du Cabinet des Chinois au Château de Mouchy au XIXe siècle

C’est d’ailleurs probablement à cette époque que trois des tableaux connus par le Mémoire des peintres, sans doute trop endommagés pour être déplacés, sont remplacés par trois autres qui font désormais partie de l’ensemble : “Le Passage de la rivière”, “La Marchande de fruits”, “La Pêche”.

Peut être une image de 2 personnesDessus de porte gauche : “La pêche”

Ce cabinet révèle le goût chinois de la Souveraine, qui s’intéresse particulièrement aux missions d’Extrême-Orient et possède des porcelaines ornées de décors chinois. A la cour, cette inclination est largement partagée, notamment par Marie-Josèphe de Saxe et Madame de Pompadour, dont la prédilection pour les porcelaines et les ornements chinois est manifeste.

Peut être une image de 4 personnesDessus de porte droite : “Le marchand de fruits”

Le Cabinet des Chinois décrit une Chine pittoresque, inspirée des recueils de voyageurs au Cathay. On y découvre notamment la préparation du thé, la rencontre d’un jésuite et d’un mandarin, une foire à Nankin. Architectures, costumes, paysages y sont représentés avec minutie.

Aucune description de photo disponible.Reconstitution des boiseries avec incrustation des tableaux peints par Marie Leszczynska
Peut être une illustrationA gauche de la porte : “Des Chinois préparant le thé”
Peut être de l’artA droite de la porte : “Un Chinois s’inclinant devant un grand seigneur”

Le Cabinet est meublé de la manière suivante :
– Un canapé de damas vert,
– Un grand fauteuil de moire jaune, un autre de Perse et un de moire,
– Quatre chaises et un fauteuil de pékin,
– Deux rideaux des deux croisées en quatre parties de pékin,
– Un guéridon à deux étages façon de laque travaillé à la grecque,
– Un chiffonnière de laque,
– Une table de bois de palissandre couverte de maroquin vert.

Aucune description de photo disponible.Reconstitution des boiseries avec incrustation des tableaux peints par Marie Leszczynska
Aucune description de photo disponible.A gauche du miroir : “Des marchands faisant des ballots, un jésuite et un mandarin conversant ensemble”
Peut être une illustrationA droite du miroir : “Des esclaves descendant une barque de marchandises et plusieurs Chinois fumant et prenant le thé”
Peut être de l’artAu-dessus du miroir : “Le passage de la rivière”
Aucune description de photo disponible.Au-dessus du miroir : “La foire de la ville de Nankin”

L’espace de ce cabinet est actuellement occupé par la Bibliothèque de Marie-Antoinette.

Le 22 mars 1761

Mort de son petit-fils, Louis-Joseph.

Le Roi érige le marquisat de Menars en duché, ce qui permet à Madame de Pompadour d’accéder au titre de duchesse.

Pendant son « règne » de vingt ans, elle maintient des rapports cordiaux avec la Reine :

Puisqu’il en faut une ; J’aime autant celle-ci qu’une autre“.

Madame de Pompadour entretient aussi des relations avec les ministres qu’elle invite parfois dans ses appartements.

En 1762

Sous l’impulsion de la marquise, Louis XV ordonne la construction d’un nouveau Trianon dans le parc de Versailles. Madame de Pompadour supervise elle-même les plans et la construction de ce qui allait devenir « le Petit Tranon » et devait être sa future résidence à la Cour.

Le 11 septembre 1763

Décès de sa meilleure amie, Marie Brûlart de La Borde ( 1684 – 1763),  duchesse de Luynes.

Au Nouvel An de 1764

Marie converse en allemand avec le jeune Mozart (1756-1791).

Portrait de Wolfgang Amadeus Mozart jouant à Paris avec son père Jean-Georg- Léopold et sa sœur Maria-AnnaLouis (Carrogis Carmontelle, 1763, Chantilly,  musée Condé)Wolfgang Mozart au clavecin, entouré de son père Léopold et de sa sœur Marie-Anne

En 1764

Marie Leszczyńska aura attendu près de trente ans pour que la dorure de sa chambre, si fanée, soit restaurée sous la direction de François Vernet.

Début  1764

 Madame de Pompadour contracte la tuberculose.

Le 15 avril 1764

La marquise de Pompadour meurt d’une congestion pulmonaire, à l’âge de quarante-deux ans, à Versailles, ultime privilège, puisqu’il est interdit à un courtisan de mourir dans le lieu où résident le Roi et sa Cour.

Jeanne-Antoinette de Pompadour par Boucher
Marie, gouache peinte sur verre

La Reine est très pieuse et a pour confesseur le capucin Ambroise de Lombez (1708-1778 et pour page et confident Raoul IV de La Barre de Nanteuil (1743-1833). Les capucins sont reçus à la Cour. Initiée à cette dévotion pour le Sacré-Cœur dans le couvent de la Visitation à Varsovie elle en répand la fête et les Offices dans toute la France. Elle fait ériger un autel du Sacré-Cœur dans la chapelle du château de Versailles.

“Tout le bien d’une mère n’appartient-il pas à ses enfants ?

Marie Leszczynska à son trésorier, qui jugeait ses aumônes excessives.
 
Marie Leczinska, reine de France, en vestale, peinte par son père Stanislas Leczinski, roi de PologneMarie Leszczynska en vestale, peinte par son père Stanislas Leszczynski

Le 3 mai 1764

Naissance de Madame Élisabeth, future martyre de la révolution.

Madame Elisabeth par Drouais
Aucune description disponible.Marie-Josèphe de Saxe et ses enfants

Suppression de l’ordre des Jésuites en France.

 Le 14 août 1765

La demande de Marie aux évêques de l’assemblée générale du clergé de France à Paris d’établir dans leurs diocèses la fête du Sacré-Cœur est approuvée par un courrier.

Marie Leczinska, reine de FranceMarie Leszczynska

Le 20 décembre 1765

Après une agonie de trente-cinq jours, le Dauphin, Louis-Ferdinand, son frère,  meurt, à l’âge de 36 ans.

Dauphin Louis De France Son of King Louis Xv' Giclee Print - Alexandre  Roslin | AllPosters.comLe Dauphin par Roslin
Fichier:Lagrenee, Louis Jean - Allegory on the Death of the Dauphin -  1765.jpg — WikipédiaAllégorie de la mort du Dauphin de Lagrenée l’Aîné
Aperçu de l’imageKarine Pinoteau est Marie dans Louis XV, le Soleil Noir (2009) de Thierry Binisti 

Le 5 février 1766

Son père Stanislas Leszczyński trébuche, lorsque sa robe de chambre  que lui a offerte Marie, prend feu accidentellement, au moment où il veut raviver la braise et il tombe dans la cheminée de sa chambre du château de Lunéville. Grièvement brûlé, le duc de Lorraine de quatre-vingt-sept ans va souffrir une douloureuse agonie de dix-huit jours.

Le 23 février 1766

Décès de Stanislas Leszczyński.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Stanislas-1-300x169.jpg.Stanislas Leszczyński

Le lendemain, on embaume le corps. Conformément à son vœu, ses entrailles et son cœur sont aussitôt transportés en un cénotaphe de l’église Saint-Jacques de Lunéville où ils reposent jusqu’à la Révolution. Son corps est inhumé à l’église Notre-Dame de Bonsecours de Nancy.

JEAN-MARC NATTIER, MARIE LESZCZYNSKA, QUEEN OF FRANCE, READING THE BIBLE,  1748 | Portrait, Photo, Woman painting

En 1766

La chapelle du Lycée Hoche,
Le couvent de Marie Leszczyńska

(      texte  et  photos de Christophe Duarte     –     Versailles Passion      )

Marie Leszczyńska désire, à la mort de son père associer son nom à une fondation pieuse. Sans doute aussi pense-t-elle à s’aménager un lieu de retraite si elle doit connaître le veuvage. L’héritage de Stanislas lui en donne les moyens.

Aucune description de photo disponible.

Louis XV donne à la Reine une partie de l’ancien domaine que possédait Madame de Montespan à Clagny, un quartier de Versailles. La Reine veut faire de ce couvent une maison d’éducation, et ce sont donc les chanoinesses de Saint-Augustin de la congrégation de Notre-Dame que la Reine appelle de Compiègne à Versailles. Depuis leur création un siècle plus tôt, ces religieuses se chargent de cette mission avec zèle et humilité dans une France où l’enseignement public n’existe pas encore.

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Jusqu’à la Révolution, le couvent (actuel lycée Hoche) se consacre, selon les règles de la congrégation et la volonté de la fondatrice, à l’éducation des jeunes filles issues de la petite noblesse de cour. C’est donc un instrument de secours et de promotion sociale, qui doit éviter aux familles des serviteurs de la Cour de tomber dans la misère ou de connaître des destinées avilissantes.

Aucune description de photo disponible.

La chapelle forme le cœur de l’ancien couvent de la Reine. Cet ensemble monumental est construit sous la direction de l’architecte Richard Mique (1728-1794) de 1767 à 1772, alors que la Reine est morte depuis plusieurs années.

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Le plan choisi pour la chapelle du couvent est celui d’une croix grecque, inscrite dans un carré précédé d’un portail d’entrée, orné d’un péristyle à colonnes ioniques, surmonté d’un fronton triangulaire.

Peut être une image de 1 personneFronton triangulairePeut être une image de 1 personne

La chapelle reçoit à l’exécution un soin extrême et est décorée avec beaucoup de prodigalité que seule explique sa fondation royale.

Peut être une image de 1 personne

Un programme iconographique important est retranscrit à la fois en sculpture et en peinture.

Aucune description de photo disponible.

Ainsi, les reliefs sculptés sur les façades intérieures et extérieures, relatant la vie de la Sainte Famille (Marie et Joseph) sont confiés à Joseph Deschamps.

La coupole centrale et ses pendentifs sont peints par Gabriel Briard et Jean-Jacques Lagrenée.

Aucune description de photo disponible.

Aucune description de photo disponible.

Les pendentifs représentent les quatre Pères de l’Eglise (Saint-Grégoire, Saint-Augustin, Saint-Jean Chrisostome et Saint-Jérôme) tandis que la coupole illustre, entre autres, l’acte de fondation de l’établissement religieux par la Reine.

Aucune description de photo disponible.

La chapelle est achevée après la mort de la Reine grâce à la détermination de sa fille, Madame Adélaïde.

Aucune description de photo disponible.

Le 13 mars 1767

Mort de sa bru, Marie-Josèphe de Saxe ( née le 4 novembre 1731).

Marie-Josèphe de Saxe
Marie Leczinska, reine de France, par Quentin de La TourMarie Leszczyńska par Maurice-Quentin de La Tour

Durant l’automne 1767

Un rhume négligé donne à Marie de fréquents accès de fièvre qui l’affaiblissent rapidement. Son état devient préoccupant. Le Roi revient à son chevet, suivant les progrès des langueurs et de la tuberculose.

JEAN-MARC NATTIER, MARIE LESZCZYNSKA, QUEEN OF FRANCE, READING THE BIBLE,  1748 | Portrait, Photo, Woman painting
Aperçu de l’imageKarine Pinoteau est Marie dans Louis XV, le Soleil Noir (2009) de Thierry Binisti 
 
Aucune description disponible.Dernier réveillon de Marie Leszczyńska : Une coutume s’était instaurée dans la famille royale : chaque 31 décembre à minuit, Louis XV et son épouse, assis de part et d’autre de la pendule astronomique de Passemant, assistent au changement d’année entourés de leurs enfants et petits-enfants…

Mi-juin 1768

Marie montre une fatigue de vivre à laquelle le docteur Lassonne ne trouve pas de remède… elle n’a pourtant que soixante-quatre ans…

Marie Leczinska | Classique News

Le 24 juin 1768

A dix heures du soir

Fichier:Jean-marc-nattier-portrait-of-maria-leszczynska-148451.jpg ...

La Reine Marie Leszczyńska meurt de tuberculose dans la chambre de son appartement de Versailles, au milieu des siens. Elle est la dernière Reine de France à mourir avec sa couronne.

Aperçu de l’imageMort de Marie Leszczyńska dans Louis XV, le Soleil Noir (2009) de Thierry Binisti 
Chambre de la Reine — Wikipédia

Pendant une semaine

On voit le défilé incessant de petites gens venant prier pour elle :

“Voyez, comme elle est aimée”…

dit le Roi à ses filles.

Mais si la voûte céleste s’ouvre infailliblement aux âmes pures, si la phalange des bienheureux se grossit de toutes les vertus de la terre, Marie Leszczyńska prit son vol vers le trône du Très-Haut le 24 juin, à dix heures du soir. 
Jamais existence ne fut plus triste que celle de la reine ; 
jamais un cœur plus candide, plus doux, ne fut abreuvé d’autant d’amertumes. Vieillie dans les privations, dans les chagrins de toute nature, n’ayant pour consolateur que son crucifix aux pieds duquel toutes ses calamités étaient déposées, l’épouse de Louis XV vit approcher la mort avec sérénité : c’était le terme d’une route couverte de ronces, le port entrevu après une longue tourmente. 

On a trouvé les entrailles de la reine gangrenées : les médecins voient la cause de cette maladie dans l’usage immodéré des épices dont les cuisiniers polonais de Sa Majesté relevaient les ragoûts qu’ils lui servaient. Mais les ennemis de M. le duc de Choiseul ont saisi avec ardeur cette occasion pour renouveler les accusations portées contre lui à la mort de la Dauphine.

Les Chroniques de l’ Œil-de-Bœuf

Le cœur de Marie Leszczyńska est conservé dans l’Eglise Notre Dame de Bonsecours de Nancy.

Marie Leszczyńska, fille de Stanislas et reine de France, pour marquer son affection à Nancy, avait souhaité que son cœur repose à Nancy.

Elle décède le 24 juin 1768 et son cœur est transporté dans le caveau le 23 septembre de la même année. Sur demande de Louis XV le monument est commandé à Claude-Louis Vassé. Le monument de Marie Leszczyńska est de petite dimension, un médaillon de marbre blanc que découvrent deux génies en pleurs, dont l’un présente le cœur en sa main, donne le profil du visage de la reine. Texte traduit :

« Au Dieu très bon, très grand : Marie-Sophie épouse du roi Louis XV, fille de Stanislas (…) Versailles 24 juin 1768 ».

La reine Marie Leszczynska 800px-18

Sources:

  • Louis XV (1989) de Michel Antoine, chez Fayard
  • Mesdames de France (1989) de Bruno Cortequisse, aux éditions Perrin, Paris
  • Versailles passion, groupe FB de Christophe Duarte
  • Louis XVlibertin malgré lui (2001) de Maurice Lever
  • Madame de Pompadour (2006) d’Evelyne Lever, aux éditions Perrin, Paris
  • Trois Sœurs pour un Roi (1982) de Jacques Levron, aux éditions Perrin, Paris
  • Louis XV (1984) de Jacques Levron, aux éditions Perrin, Paris
  • Madame de Pompadour (1985) de Jacques Levron, aux éditions Perrin, Paris
  • Madame Louis XV (1987) de Jacques Levron, aux éditions Perrin, Paris
  • Louis XV et Madame de Pompadour (1903) de Pierre de Nolhac, chez Flammarion
  • Madame de Pompadour et la Politique (1930) de Pierre de Nolhac,  coll. « Versailles et la cour de France » 
  • Louis XV (2014) de Jean-Christian Petitfils, aux éditions Perrin, Paris

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