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Marie-Jeanne de Habsbourg-Lorraine

Marie-Jeanne Gabrielle d'Autriche — WikipédiaMarie-Jeanne par Liotard (1762)

Le 4 février 1750

Naissance à la Hofburg, à Vienne, de l’Archiduchesse Marie-Jeanne Gabrielle (1750-1762). Elle est le onzième des seize enfants qu’auront  François Ier (1708-1765), Empereur du Saint-Empire et  Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Reine de Hongrie et de Bohême. Dans cette lettre, l’Empereur annonce la naissance de sa fille Marie-Jeanne-Gabrielle : 
Ce 3 mars 1750 (…) Pour ici, je vous donne part que ma femme vient d’accoucher, c’est-à-dire, il y a quatre semaines de la 8ème fille, mais dont elle se porte à merveille. Voilà mon 11ème jeune, et Dieu sait combien il en viendra encore, ce qui me rend bien vieux, car cela grandit à vue d’œil (…)
Ce bonheur tout relatif exprimé par le père n’évoque en rien le sentiment de la mère qui n’en peut plus d’accoucher et qui craint toujours ce moment, cause du décès de sa soeur. Elle aurait préféré s’arrêter au dixième mort-né. Lettre sans date mais sûrement de septembre 1748 de l’Impératrice à son amie Antonia de Saxe :
“Je serais assez contente de finir avec dix enfants, car je sens que cela m’affaiblit et me vieillit beaucoup. Ce dont je ne me soucierais pas si cela ne me rendait moins capable pour le travail de la tête.” Correspondance entre l’impératrice Marie-Thérèse et l’électrice Maria-Antonia de Saxe, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 78.
Mais les moyens de contraception étant alors inexistants, Marie-Thérèse ne compte pas encore sacrifier sa vie amoureuse avec son mari tendrement chéri. Les enfants nés par la suite sont donc peu désirés par la mère.

En 1751

Le 19 mars 1751

Naissance de sa sœur l’Archiduchesse Marie-Josèphe (1751-1767). Ce sera la soeur avec qui elle partagera son éducation.
Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1752 : Marie-Jeanne se trouve au côté du berceau de sa sœur Marie-Josèphe au milieu de tous ses frères et sœurs.
Les enfants du couple impérial reçoivent une éducation conforme à leur rang qui se doit d’être avant tout religieuse. Celle-ci commence à leurs trois ans. Très vite, les petits Archiducs et Archiduchesses se doivent d’accompagner leur mère à l’église, aux processions et aux pèlerinages dont Marie-Thérèse est très férue. De part la multiplicité des langues au sein des vastes territoires Habsbourg, ils doivent apprendre l’allemand, en plus du dialecte viennois, le français, la langue maternelle de leur père, l’italien, mais aussi le latin, le hongrois et le tchèque. Les touts-petits, nés à peu d’intervalle sont logés dans ce qu’on appelle la “Kindskammer” (“la chambre d’enfant”) où ils sont généralement confiés aux soins d’une demoiselle de chambre et de ses assistantes.

En 1752

Le 13 août 1752

Naissance de sa sœur l’Archiduchesse Marie-Caroline (1752-1814). De par le peu d’années qui les séparent, cette dernière aurait pu rejoindre Jeanne-Gabrielle et Marie-Josèphe. Mais il a été préféré de la laisser avec les suivants. De part la multiplicité des langues au sein des vastes territoires des Habsbourg, elles doivent apprendre l’allemand, en plus du dialecte viennois, le français, la langue maternelle de leur père, l’italien, mais aussi le latin, le hongrois et le tchèque. Des rapports quotidiens, sur chacun de ses enfants sont donnés à la souveraine qui répond point par point. Ceci permettant de compenser les absences de la mère, trop occupée par les affaires d’Etat.

En 1754

Le 1er juin 1754

Naissance de son frère l’Archiduc Ferdinand (1754-1804).
Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1754, même pose. Marie-Jeanne est cette fois derrière le berceau de son petit frère Ferdinand…

En 1755

Dès l’âge de cinq ans, chaque enfant se voit attribuer un appartement, composé de plusieurs pièces. En plus de l’Aja (l’Ajo pour les Archiducs), qui est la personne responsable, plusieurs professeurs et un confesseur particulier assument l’éducation des enfants. Une éducation générale leur est donnée, mais ensuite chacun des petits princes et princesses développe avec des professeurs particuliers des spécificités propres, en fonction de ses talents, mais aussi de son avenir envisagé. Outre les langues, on y trouve la lecture et l’écriture, l’histoire, la géographie, la géométrie, les mathématiques, la musique et la danse. Marie-Thérèse et François-Etienne veulent développer le plus possible chez chacun de leurs enfants des talents artistiques. Des rapports quotidiens, sur chacun de ses enfants sont donnés à la souveraine qui répond point par point. Ceci permettant de compenser les absences de la mère, trop occupée par les affaires d’Etat. Si Marie-Thérèse s’occupe de chaque détail de l’éducation de ses enfants, elle n’en est pas moins une mère terrible. Une miniature qui représente le régime disciplinaire de Marie-Thérèse :
Artiste inconnu (1750) – Musée National de Varsovie.
Les enfants sont soumis à un strict emploi du temps, rédigé de la main de l’Impératrice : –Huit heures du matin, réveil et prière “élévation à Dieu” et se lever du lit. –Neuf heures, prière du matin, toilettes et petit déjeuner. –Neuf heures et demie : la kammerfrau (la femme de chambre) fait répéter et apprendre par cœur le catéchisme –De neuf heures et demie à dix heures, permission de jouer. –Onze heures : une demi-heure d’écriture et de nouveau récréation –De onze heures à onze heures et demie: confession –Midi : heure du déjeuner et de la liberté –A deux heures après midi :  de nouveau récréation –A quatre heures après midi : cours de français –A cinq heures du soir : amusement avec les jeux de cartes, livres et enseignement des mots français par des images ou danse. –A six heures du soir : réciter le Noster Pater pour rappeler toujours la présence de Dieu. –A sept heures et demie du soir : dîner –A huit heures et demie du soir : nettoyage du soir et lit. Quand le temps le permettra, nous modifierons les horaires afin qu’on puisse sortir en calèche en hiver et se promener dans le jardin en été.” Les heures d’études sont complétées par les professeurs de musique, de dessin et de langues. Chaque matin, l’impératrice reçoit le rapport médical du Dr Van Swieten, qui lui rapportel’état de santé de ses enfants. L’Impératrice voit les enfants tous les huit ou dix jours. La demoiselle de chambre (rang en dessous de l’aya) est autorisée à punir et à fouetter les jeunes princesses.

Le 2 novembre 1755

Naissance de sa sœur l’Archiduchesse Marie-Antoinette (1755-1793).
Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1755, même pose. Marie-Jeanne est au même endroit du tableau que la version précédente…

En 1756

Le 12 février 1756

A l’occasion de l’anniversaire de leur père, tous les archiducs et archiduchesses sont déguisés, y compris la plus jeune, Antonia, trois mois, recouverte de fleurs.

Le 1er mai 1756

Signature à Versailles du traité d’alliance entre la France et l’Autriche, mettant fin à plus de deux cent cinquante ans de rivalité entre les deux puissances.

Le 25 mai 1756

Ratification du traité à Vienne. Début de la guerre de Sept ans.

Le 1er juillet 1756

Nomination de la comtesse Maria Walburga Lerchenfed (1710-1770), née Trauttmansdorff comme aya des archiduchesses Jeanne-Gabrielle et Marie-Josèphe. Marie-Thérèse lui recommande d’assurer à ses filles avant tout les devoirs religieux. Et à l’occasion, lors des dimanches et jours fériés de lire un livre ou deux, des fables, d’étudier quelques cartes de géographie, des traductions, des activités manuelles ou similaires.

Novembre 1756

Instructions de l’Impératrice pour ses deux filles Jeanne et Josèphe, qui valent pour toutes les autres archiduchesses :
“Elles sont nées pour obéir et c’est avec le temps qu’elles devront s’y habituer. Je crains fort que Jeanne n’ait une tête solide (entêtée), bien que par ailleurs elle possède assez de qualités. (…) La Josepha semble être encore un bon enfant, mais pas si capable que sa soeur. La moindre peur de quoi que ce soit n’est pas permise, qu’il en soit de la foudre, du feu, des fantômes, des sorcières ou d’autres enfantillages (…). Elles ne doivent pas être intimidées par la maladie mais qu’elles puissent en parler avec vous (…) qu’il en soit de la variole comme de la mort, car il est toujours bon de les faire confronter à leur époque. Il ne sera non plus autorisé la moindre aversion contre quoi que ce soit et encore moins contre une personne. (…) Il ne sera pas non plus autorisé qu’un jeu donnât lieu à la moindre marque de violence et de vulgarité (…).  J’ai toute confiance en vous. Vous pourrez venir me voir à n’importe quelle heure que vous souhaitez. Je vous soutiendrai en tout ce que vous entreprendrez.”
Instructions à la comtesse Lerchenfeld, BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, p. 73
On y apprend aussi que la princesse déteste le poisson, ainsi que tous ses frères et soeurs. Malgré leur dégoût, ils ont tous été obligés d’en manger. Marie-Thérèse ne transige pas avec “les enfantillages”. Marie-Antoinette qui a connu les mêmes règles dans son enfance, prendra l’exact contre-pied de sa mère concernant les peurs et aversions de ses enfants :
La délicatesse de ses nerfs fait qu’un bruit auquel il n’est pas accoutumé lui fait toujours peur ; il a peur, par exemple, des chiens parce qu’il en a entendu aboyer près de lui. Je ne l’ai jamais forcé à en voir, parce que je crois qu’à mesure que sa raison viendra, ses craintes passeront.”
Lettre à madame de Tourzel

Le 8 décembre 1756

Naissance à la Hofburg à Vienne de l’Archiduc Maximilien François d’Autriche (1756-1801), futur évêque de Münster et archevêque-électeur de Cologne.
Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1756, même pose.

En  1757

Le 19 janvier 1757

L’Archiduc Joseph, héritier du trône des Habsbourg est atteint de petite vérole. On craint pour sa vie et on craint aussi que l’épidémie se répande au sein de la famille impériale. Malgré l’épidémie, Marie-Thérèse ne perd alors aucun de ses enfants.
                            Réunion intime de la famille impériale, par Martin van Meytens (?)                           L’héritier du trône est reconnaissable car habillé de rouge au premier rang. Il joue du violoncelle.
Dans le cadre du rapprochement entre la Maison de Habsbourg-Lorraine et la Maison de Bourbon, son frère aîné Joseph épouse en 1760 la  princesse Marie-Isabelle de Bourbon-Parme et malgré son jeune âge, Marie-Jeanne est fiancée à Ferdinand IV (1751-1825), Roi de Naples, son cadet d’un an.
Ferdinand IV de Naples par Giusepe Bonito
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Jeanne Gabrielle d'Autriche"L’Archiduchesse Marie-Jeanne Gabrielle (vers 1760) par Martin van Meytens
A portrait of Maria Johanna of Austria, daughter of Maria Theresa, by Martin van Meytens, circa 1760-1762. Maria Johanna died of smallpox shortly before her marriage to Ferdinand III of Sicily.

En octobre 1760

Mariage de son frère l’Archiduc héritier Joseph (1742-1790) avec Isabelle de Bourbon-Parme (1741-1763), petite-fille du Roi de France Louis XV et premier mariage scellant l’alliance de 1756 entre les Bourbons et les Habsbourgs.
Réunion de la famille impériale à l’occasion des fêtes du mariage de l’archiduc héritier Joseph et d’Isabelle de Parme ; le couple impérial est au centre, entouré par les nouveaux mariés, Joseph près de son père, Isabelle près de sa belle-mère. Les quatre autres archiducs se répartissent ensuite, deux par deux, puis les archiduchesses se divisent en deux groupes de quatre, chaque série commençant par une des aînées, soit Marie-Anne, soit Marie-Christine, suivies ensuite de leurs cadettes par ordre décroissant.
L’artiste place aussi le jeune prodige Wolgang Gottlieb Mozart que l’on peut repérer dans la foule. Il n’était au moment des faits qu’un simple bambin de quatre ans parfaitement inconnu mais qui était depuis devenu une célébrité internationale.
Détail montrant le jeune Mozart devenu en quelques années une véritable “star”.

Le 26 décembre 1760

Nouvelle épidémie de variole au sein de la famille impériale. L’archiduc Charles-Joseph tombe malade.

Le 18 janvier 1761

Mort de son frère l’Archiduc Charles-Joseph, héritier en second et fils préféré de Marie-Thérèse , de la variole.
L’Archiduc Charles-Joseph par Johann Christoph von Reinsperger
Marie-Josèphe, Ferdinand et Marie-Amélie par Martin Van Meytens

En 1762

Le 20 mars 1762

Naissance de Marie-Thérèse, fille de l’Archiduc Joseph, héritier du trône des Habsbourg et d’Isabelle de Bourbon-Parme. Elle est la petite-fille aînée de l’Impératrice.
Marie-Thérèse, fille de Joseph II

De juin à novembre 1762

Le peintre suisse Liotard dessine au pastel tous les membres de la famille impériale.
L’Archiduchesse Marie-Jeanne par Liotard
Marie-Jeanne est née à la fin de la guerre de Succession d’Autriche, qui est une vaine tentative autrichienne pour reconquérir la Silésie, et influera sur le destin de la jeune Archiduchesse et de ses frères et sœurs. Alors que le pouvoir de Marie-Thérèse est affermi, son prestige affirmé et qu’enfin son père a été couronné Empereur, Marie-Jeanne est élevée avec ses sœurs promises à de brillants destins, comme la future Reine de Naples…

Le 23 décembre 1762

Mort de l’Archiduchesse Marie-Jeanne-Gabrielle, de la variole.
L’Archiduchesse Marie-Jeanne-Gabrielle par Pierre Benevaux
Son sarcophage dans la crypte impériale des Capucins, Vienne.
Sa sœur, l’Archiduchesse Marie-Josèphe, est alors pressentie pour devenir la future Reine de Naples.
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Jeanne Gabrielle d'Autriche"L’Archiduchesse Marie-Josèphe
Mais elle meurt le 15 octobre 1767. C’est à la mort prématurée de deux de ses sœurs, Marie-Jeanne (1750-1762) et Marie-Josèphe (1751-1767) que l’Archiduchesse Charlotte doit son mariage avec Ferdinand IV de Naples (1751-1825). Le souverain est très grand, fort laid et de plus doté d’un caractère brutal. Sources : _BADINTER, Elisabeth, Le pouvoir au féminin, Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Paris, Flammarion, 2016, 800 p. _BADINTER, Elisabeth, Les conflits d’une mère, Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants, Paris, Flammarion, 2020, 270 p. _BLED, Jean-Paul, Marie-Thérèse d’Autriche, Paris, Fayard, 2001, 448 p. _BOURBON-PARME, Isabelle, Je meurs d’amour pour toi, lettres à l’archiduchesse Marie-Christine 1760-1763, édition établie par Elisabeth Badinter, Paris, Tallandier, 2008, 206 p.
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