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L'Histoire de Marie-Antoinette

Marie-Antoinette au jour le jour … ou presque

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1754

Le 23 août 1754

A six heures vingt-quatre du matin

Naissance à Versailles de Louis-Auguste de France, duc de Berry, futur Louis XVI (1754-1793), fils du Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765) et de Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767).

Louis de France (1754-93) duc de Berry a - François-Hubert Drouais en  reproduction imprimée ou copie peinte à l'huile sur toile
Louis-Auguste , duc de Berry et son petit frère, comte de Provence

1755

Le 2 novembre 1755

A sept heures et demie du soir .

Naissance à la Hofburg, à Vienne, de Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine (en allemand, Maria Antonia Josepha Johanna von Habsburg-Lothringen), quinzième des seize enfants qu’auront  François Ier (1708-1765), Empereur du Saint-Empire et  Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780), Reine de Hongrie et de Bohême.

Maria Theresa of Austria died on this day, November 29th, 1780. She had been in poor health for several years and took a chill several days before her death. On the night of the 29th, she told her distraught family, who urged her to sleep:
“Why do...
Marie-Thérèse d’Autriche par Martin van Meytens

Elle est décrite par le grand maître de Cour comme “fort petite mais tout à fait saine“.

Le 3 novembre 1755

La petite Archiduchesse est portée sur les fonts baptismaux par Son frère et Sa sœur, Joseph (1741–1790, il a quatorze ans) et Marie-Anne ((1738-1789, elle a donc dix-sept ans) , au nom du Roi et de la Reine du Portugal (Joseph Ier, le Réformateur, et Marie-Anne d’Espagne), Ses parrain et marraine, dont ils portent d’ailleurs les prénoms. Elle est baptisée par l’archevêque de Vienne, le cardinal Migazzi sous les noms de Maria Antonia Josépha Johanna de Lorraine. 


L’Archiduchesse Marie-Anne
La famille Impériale par Meytens Meyten10
tiny-librarian:
“ Detail of some of the daughters of Maria Theresa and Francis I, taken from a family portrait done in 1755.
On the right holding pearls is Maria Amalia, and next to her in pink is Maria Johanna Gabriela. On the left is Maria Josepha,...

La petite Madame Antoine et Sa grande sœur, qui est aussi Sa préférée, Charlotte
Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 2 Antoni10
Un portrait de Marie-Antoinette (la petite fille en rose) attribué à Martin Van Meytens ou à son atelier. La petite fille à côté de Marie-Antoinette est probablement Sa sœur Marie-Caroline (aurait-elle été malade pour porter les cheveux courts? ). Ou, autre hypothèse, Son frère Ferdinand, et cela expliquerait la coiffure. Jusqu’à l’âge de 4/5 ans d’âge il n’y avait pas de distinction dans l’habillement des enfants.

Le 17 novembre 1755

Naissance à Versailles de Louis-Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII (1755-1824).

1756

Le 12 février 1756

A l’occasion de l’anniversaire de leur père, tous les Archiducs et Archiduchesses sont déguisés, y compris la plus jeune, Antonia, trois mois. 

Le 1er mai 1756

Signature à Versailles du traité d’alliance entre la France et l’Autriche, mettant fin à plus de deux cent cinquante ans de rivalité entre les deux puissances.

Cet événement sera appelé “Le Renversement des Alliances.”

Dès lors les nouveaux alliés chercheront à marier leur descendance afin de consolider cette alliance.

Trente-six ans plus tard, cette alliance sera caduque avec la déclaration de guerre de la France révolutionnaire contre l’Autriche.

Le 8 décembre 1756

Naissance à la Hofburg à Vienne de l’Archiduc Maximilien François d’Autriche (1756-1801), futur évêque de Münster et archevêque-électeur de Cologne.


Portrait de la famille impériale par Martin Van Meytens, 1756

1757

Le 19 janvier 1757

L’Archiduc Joseph, héritier du trône des Habsbourgs est atteint de petite vérole. On craint pour sa vie et on craint aussi que l’épidémie se répande au sein de la famille impériale.

Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 4 14910210
Marie-Josèphe, Marie-Caroline, Marie-Antoinette et Maximilien

Le 16 février 1757

C’est au tour de l’Archiduchesse Marie-Christine d’être malade.

Fin février 1757

Maladie très grave de l’Archiduchesse Marie-Anne.

Le 9 octobre 1757

Naissance à Versailles de Charles-Philippe de France, comte d’Artois, futur Charles X.

1759

Le 23 septembre 1759

Naissance à Versailles d’Adélaïde Clotilde Xavière de France, dite Madame Clotilde, future reine de Piémont-Sardaigne.

Portrait of Charles Philippe of France ( - François-Hubert Drouais
Le comte d’Artois et sa sœur Madame Clotilde par Drouais
Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 5 Img_4911
Portrait familial (1759), peinture attribuée à Wagenschoen

1760

Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 5 Portra28
Madame Antoine en 1760, aquarelle de Johann Christoph von Reinsperger
Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 5 Meyten11
Les Archiduchesses Marie-Josèphe, Marie-Caroline et Marie-Antoinette et le petit Archiduc Maximilien (1760)
A portrait of Marie Antoinette by Johann Michael Millitz, 18th century.
Madame Antoine en 1760 par Johann Michael Millitz

Octobre 1760

Mariage de Son frère l’Archiduc héritier Joseph avec Isabelle de Bourbon-Parme, petite-fille du Roi de France Louis XV et premier mariage scellant l’alliance de 1756 entre les Bourbons et les Habsbourgs.

Réunion de la famille impériale à l’occasion des fêtes du mariage de l’Archiduc héritier Joseph et d’Isabelle de Parme ; le couple impérial est au centre, entouré par les nouveaux mariés, le marié près de son père, la mariée près de sa belle-mère. Les quatre autres Archiducs se répartissent ensuite, deux par deux, puis les Archiduchesses se divisent en deux groupes de quatre, chaque série commençant par une des aînées, soit Marie-Anne, soit Marie-Christine, suivies ensuite de leurs cadettes par ordre décroissant. Marie-Antoinette est donc une des deux petites Archiduchesses aux extrémités, l’autre étant Marie-Caroline.
Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 5 Img_4913
Portrait de Marie-Antoinette ou de sa soeur, Marie-Josèphe, par Antonio Pencini ou Bencini ?  12_nzb10Miniature de Reisperger en 1760, où la petite Antonia est entourée de ses sœurs Charlotte (Caroline) et Josèphe

Vers ses cinq ans, la petite archiduchesse est confiée à un aya, madame de Brandis.

1761

Le 18 janvier 1761

Mort de l’Archiduc Charles-Joseph (1745-1761), héritier en second des Habsbourg et fils préféré de Marie-Thérèse.


L’Archiduc Charles-Joseph par Johann Christoph von Reinsperger

Le 22 mars 1761

Mort de Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne. Son frère Louis-Auguste, duc de Berry, le futur Louis XVI, devient le successeur potentiel de ses père et grand-père.

Dessin du duc de Bourgogne malade
Louis-Joseph, duc de Bourgogne, malade

1762

Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 4 17159010
Les trois filles les plus jeunes de Marie-Thérèse: Marie-Josèphe, Marie-Caroline et Marie-Antoinette par Martin Van Meytens (détail )
Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 4 17861910

Le 20 mars 1762

Naissance de Marie-Thérèse, fille de l’Archiduc Joseph, héritier du trône des Habsbourg et d’Isabelle de Bourbon-Parme. Elle est la petite-fille aînée de l’Impératrice.


Marie-Thérèse, fille de Joseph II

Juin-Novembre 1762

Le peintre suisse Liotard dessine au pastel tous les membres de la famille impériale.

Fichier:Jean-Étienne Liotard, L'Archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche,  future Reine de France, à l'âge de 7 ans (1762) - 01.jpg — WikipédiaL’Archiduchesse Antonia par Liotard

Le 13 octobre 1762

Concert du jeune Wolgang Gottlieb Mozart, âgé de six ans devant la famille impériale dans un salon du château de Schönbrunn. L’enfant désireux de montrer toute sa fougue tombe sur le sol dans son élan sur son clavier. A cette occasion, la famille impériale aurait ri, sauf la plus jeune des archiduchesses qui l’aurait aidé à se relever. Il lui aurait répondu :  “Je vois que vous êtes bien bonne. Plus tard je vous épouserai !”

tiny-librarian:
“ Maria Theresa receiving Mozart in Vienna, accompanied by her young daughter, Marie Antoinette.
(Antoinette’s attire here, with what looks like a lace veil and flower crown on her head, certainly makes it look like they were playing...
Héliogravure après la peinture d’Eugen Von Blas.

L’anecdote est vraisemblablement apocryphe mais rien n’affirme le contraire non plus.

An illustration of a young Marie Antoinette and Mozart by H.J. Ford for The Book of Princes and Princesses.
source: The Book of Princes and Princesses
Mozart | Compositeurs, Mozart, Musique classique

Plus assurément, le petit prodige n’a pas hésité à courir dans les bras de l’Impératrice.


Images de Melody Eterne (1940) un film italien de Carmine Gallone

En décembre 1762


En 1762, Marie-Christine réalise cette gouache, portrait de la famille impériale dans un intérieur bourgeois.La Saint-Nicolas, d’après une gravure de Jacobus Houbraken
tiny-librarian:
“ An oil on canvas painting, it bears an inscription at the back of the chassis “La Saint Nicolas dans la famille Impériale d'Autriche en 1762.”
It appears to be a copy of an earlier painting done by Archduchess Maria Christina, the...

Le 22 décembre 1762

Mort de Sa sœur Marie-Jeanne-Gabrielle (1750-1762).


L’Archiduchesse Marie-Jeanne-Gabrielle par Pierre Benevaux
tiny-librarian:
“A portrait of Maria Theresa.
”
L’Impératrice Marie-Thérèse

1763

Nuit du 26 au 27 novembre 1763

Mort d’Isabelle de Bourbon-Parme. Chagrin immense de la famille impériale. On ignore quels furent les sentiments de la jeune Antonia à ce sujet. Isabelle n’évoque jamais la plus jeune des Archiduchesses dans sa correspondance avec Marie-Christine.

La famille Impériale par Meytens - Page 2 Zmarie13

1764

Le 3 mai 1764

Naissance à Versailles de Élisabeth Philippe Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth (1764-1794).

Madame Elisabeth, soeur des derniers rois de France - L'envers de l'Histoire
Madame Elisabeth par Drouais

 

1765

Le 25 janvier 1765

Le mariage de Joseph II avec Maria Josepha de Bavière.

Lors de cette cérémonie, les Archiducs et Archiduchesses donnent un spectacle:

Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 6 Marie_66
Détail du tableau peint par Johann Georg Weickert: l’Archiduchesse Antonia

Le 5 août 1765

Mariage de l’Archiduc Léopold avec Marie-Louise d’Espagne à Innsbruck.

Le 18 août 1765

Mort de Son père, l’Empereur François Ier, lors des festivités du mariage de Léopold à Innsbruck.

François-Etienne par Pompeo Batoni, en 1771, qui entoure l’Empereur des figures emblématiques de la Justice, de la Clémence, de la Force et de la Vérité, qu’il lui fait désigner d’un geste auguste.
Résultat de recherche d'images pour "Johann Zoffany"Portrait posthume par Johann Zoffany en 1777

Il avait pris congé en larmes de sa dernière fille, Marie-Antonia, avant de quitter Vienne.

tiny-librarian:
“Detail of a young Marie Antoinette, taken from a family portrait.
”

Marie-Antoinette racontera, en 1790, à  Mesdames de Tourzel, de Fitz-James et de Tarenteaux que l’Empereur François Ier, partant pour l’Italie, d’où il ne devait jamais revenir , rassemble ses enfants pour leur dire adieu :

J’étais la plus jeune de mes sœurs, ajoute Marie-Antoinette, mon père me prit sur ses genoux, m’embrassa à plusieurs reprises, et, toujours les larmes aux yeux, paraissant avoir une peine extrême à me quitter. Cela parut singulier à tous ceux qui étaient présents, et moi-même je ne m’en serais peut-être pas souvenue si ma position actuelle , en me rappelant cette circonstance, ne me faisait voir pour le reste de ma vie une suite de malheurs qu’il n’est que trop facile de prévoir.”

Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 2 Ma_1410

Avènement de Joseph II qui partage le pouvoir avec Marie-Thérèse.

 
1775 Anton von Maron - Joseph II | History of fashion in art & photo |  Roman emperor, Holy roman empire, EmperorJoseph II par Anton von Maron (1775)

Le 20 décembre 1765

Mort du Dauphin, Louis-Ferdinand, à Fontainebleau. Son fils, Louis-Auguste, le futur Louis XVI, devient Dauphin de France.

Fichier:Portrait dauphin louis france hi.jpg — Wikipédia
Le Dauphin Louis-Ferdinand par Anne-Baptiste Nivelon, 1764
Premiers portraits du duc de Berry, futur Louis XVI, vus par Marie-Antoinette Le_dau10
Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo

Marie-Antoinette, par Pierre Pasquier – Museum Liaunig, Neuhaus   (Carinthie, Autriche)

1766


Marie-Antoinette se reflétant dans un miroir, détail du portrait de sept Archiduchesses par Martin van Meytens , 1766

Janvier 1766

Mariage de l’Archiduchesse Marie-Christine (1742-1798) avec  Albert de Saxe-Teschen (1738-1822), frère de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe, mère du duc de Berry.


Marie-Christine et  Albert de Saxe-Teschen, détail d’un tableau de Marie-Christine
Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 5 Img_4912
Marie-Antoinette assistant au Repas des noces de l’Archiduchesse Marie-Christine par Auerbach (en 1773)
A young Marie Antoinette.

Le 1er février 1766

Marie-Antoinette assiste à la cérémonie faisant de sa sœur Marie-Anne l’abbesse du chapitre des Nobles Dames de Prague.


Madame Antoine
Une anecdote qui concerne Marie-Antoinette enfant est reprise dans une lettre de Marie Sidonie Chotek née Clary-Aldringen(1748-1824) :

′′ Hier, après avoir été à la bénédiction à Saint Michel, nous nous sommes rendus chez les princesses Swartzenberg, où nous avons pêché avec beaucoup de chance, dix-neuf poissons. L’arrivée des archiduchesses Carlotta (Maria-Caroline) et Antoinette et des petits archiducs (Ferdinand et Maximilien), a mis fin à notre divertissement ; l’archiduchesse Antoinette a dit à Mademoiselle Drüin (gouvernante des comtesses Clary) en lui serrant la main : ′′ Apportez-moi Christiane et Teresa À Schönbrunn.”

Christiane et Thérèse sont les plus petites sœurs de Marie Sidonie. Les filles ont grandi à la Cour de Maria-Thérèse et sont amies d’enfance de Marie-Antoinette.

Dans la peinture où Marie-Antoinette enfant danse avec Ses frères Ferdinand et Maximilien, Christiane et Thérèse apparaissent aussi, au deuxième rang dans le groupe de quatre bergers, avec leurs frères Joseph et Wenceslas.

Le 3  février 1766

Visite de la famille impériale de la fabrique de laiton à Wiener-Neusdadt.

Le 6 février 1766

Course de traîneaux et carrousel à Schoënbrunn.

Le 8 avril 1766

Mariage de sa sœur Marie-Christine avec Albert de Saxe, duc de Teschen. 

Il s’agit du seul mariage d’amour autorisé par Marie-Thérèse. Etant la première à convoler, on ignore si les autres Archiduchesses espèrent le même traitement.

1767

Le 13 mars 1767

Mort de la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe ( née le 4 novembre 1731), mère du futur Louis XVI

Portrait de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de France en 1747 (1731-1767)  de Jean-Marc Nattier (d'après) - Reproduction d'art haut de gammeMarie-Josèphe de Saxe par Jean-Marc Nattier

En 1767

L’Archiduchesse Marie-Elisabeth (1743-1808) est atteint de petite vérole. Elle s’en sort mais enlaidie, elle ne peut plus prétendre au mariage.


L’Empereur Joseph II et ses sœurs Marie-Anne et Marie-Elisabeth

Le 28 mai 1767

Mort de Marie-Josepha de Bavière, seconde épouse de l’Empereur  Joseph II.

Le 15 octobre 1767

Mort de l’Archiduchesse Marie-Josèphe (1751-1767), sœur de Marie-Antoinette.


L’Archiduchesse Marie-Josèphe

1768

Le 19 janvier 1768

Lors de son retour en Autriche avec les siens, Wolfgang-Amadeus Mozart est à nouveau reçu par Marie-Thérèse et Joseph II, en présence de Marie-Antoinette,  à Schönbrunn.

Le 12 mai 1768

Mariage de l’Archiduchesse Marie-Caroline avec Ferdinand Ier des Deux-Siciles.

Novembre 1768

Arrivée à Vienne de l’abbé de Vermond, précepteur de Marie-Antoinette.

Aucune description disponible.
L’abbé de Vermond
Mystères et portraits de jeunesse - Page 5 9fdc3810
Marie-Antoinette par Antonio Pencini 

1769

Le 22 avril 1769

Mariée et munie d’un nom mieux sonnant que Bécu, Madame la comtesse du Barry, est présentée à la Cour de France .

Jeanne du Barry par Drouais
trait anonyme de Marie-Antoinette, 1768. Prague, château de Hradčany
Portraits de Marie-Antoinette, Dauphine - Page 2 Ma_17610
Portraits de Marie-Antoinette, Dauphine - Page 2 Ma_dau10
Portrait de la petite Antonia (1770) par Hauzinger  Josèphe - Portrait de Marie-Antoinette ou de Marie-Josèphe, par Meytens ? - Page 4 Zi147014

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 13 juin 1769

Louis XV of France
February 15th, 1710 - May 10th, 1774

Louis XV demande officiellement la main de l’Archiduchesse Maria-Antonia pour le Dauphin.

Louis-Auguste being presented a portrait of Archduchess Maria Antonia
Source
Josèphe - Portrait de Marie-Antoinette ou de Marie-Josèphe, par Meytens ? - Page 7 42_nzb11

Réplique du portrait de Marie-Antoinette envoyé à Louis XV :

Le 27 juin 1769

Mariage par procuration de l’Archiduchesse Marie-Amélie avec Ferdinand Ier, duc de Parme.

En septembre 1769

Marie-Antoinette  passe une nuit avec Sa mère et Ses sœurs, Anne et Elizabeth, au château de Goldegg.

File:Schloss Goldegg 02.jpg - Wikimedia Commons

Toutes les quatre se rendent à Mariazell, le sanctuaire dédié à la Vierge, auquel Marie-Thérèse est particulièrement attachée: c’est le lieu de pèlerinage le plus important en Autriche.

Sanctuaire Mariazell - Etoile Notre Dame

Avant le départ de Marie-Antoinette pour la France, l’Impératrice voulait emmener sa fille en pèlerinage et prier pour Son avenir.

1770

Apprenant , par  l’Abbé de Vermond , que les dents de l’Archiduchesse Antonia sont mal plantées et généralement peu satisfaisantes, Mercy-Argenteau trouve un spécialiste français, Laveran, qui assure pouvoir rectifier le tout en trois mois à peine… Arrivé à Vienne, il semble avoir réussi dans sa tâche : alors que les uns et les autres détaillent point par point tous les traits de la Dauphine et Reine , ils ne disent rien de Ses dents


Sont-ce Marie-Antoinette et l’Abbé de Vermond (1735-1806),Son confesseur, puis lecteur ordinaire?
Portraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 2 La_ley10
La leçon d”Histoire de Marie-Antoinette par Anton Telser

Le 23 janvier 1770

Mort de sa nièce Marie-Thérèse, fille de Joseph II.

Le 7 février 1770

A cinq heures et quart du soir, premières règles de Marie-Antoinette : l’Archiduchesse peut donc être mariée !

Le 16 février 1770

Louis XV assure Madame Louise (1737-1787), sa dernière fille, qu’il ne l’empêchera pas de se faire religieuse. Peu après, à la surprise de ses proches, elle entre au Carmel de Saint-Denis, où elle devient sœur Thérèse de Saint-Augustin. Elle entend prier pour le salut de son père.


Madame Louise

Le 2 avril 1770

Le Dauphin Louis-Auguste écrit à l’Archiduchesse Marie-Antoinette :

« Madame ma Sœur et Cousine, je reçois une marque bien touchante de l’estime que l’Impératrice, madame ma Sœur et Cousine, fait paraître de moi, en vous accordant à mes vœux et à ceux du Roi, mon seigneur et grand père. Le consentement que vous voulez bien donne à une union qui met le comble à mon bonheur, me cause la plus sensible joie et me pénètre de reconnaissance. J’attendais avec la plus vive impatience qu’il me fût permis de vous en assurer. J’ai chargé le sieur marquis de Durfort, ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Roi, de vous présenter mon portrait. Je vous prie de le recevoir comme un gage de sentiments qui sont gravés dans mon cœur pour vous et qui dureront autant que ma vie. Je suis, Madame ma Sœur et Cousine,
Votre affectionné Frère et Cousin Louis Auguste
»

Le 3 avril 1770

Marie-Antoinette reçoit solennellement le portrait du Dauphin Louis-Auguste.

Marie-Antoinette portrait par J.E.  Liotard ?  Svzito12Maria-Antonia par Liotard

Semaine sainte du 8 au 13 avril

Retraite de Marie-Antoinette avec Son confesseur afin de se préparer à Ses Pâques et Son mariage.

“ Marie-Antoinette (1975)
”
Pascale Christophe dans Marie-Antoinette (1975) de Guy-André Lefranc
Josèphe - Portrait de Marie-Antoinette ou de Marie-Josèphe, par Meytens ? - Page 4 Wagens10
Marie-Antoinette par Franz-Xavier Wagenschön
Portraits de Marie-Antoinette au clavecin, par Franz Xaver Wagenschön

Le 14 avril 1770

Le contrat du mariage est signé.

Josèphe - Portrait de Marie-Antoinette ou de Marie-Josèphe, par Meytens ? - Page 6 Marie-15

Le 16 avril 1770

L’ambassadeur de France à Vienne, le marquis de Durfort, demande officiellement la main de l’Archiduchesse au nom de Louis XV.

Josèphe - Portrait de Marie-Antoinette ou de Marie-Josèphe, par Meytens ? - Page 4 Forum_25

Le 17 avril 1770

L’Archiduchesse Maria-Antonia renonce officiellement à Ses droits sur l’Autriche

Portrait de Marie-Antoinette ou de sa soeur, Marie-Josèphe, par Antonio Pencini ou Bencini ?  20170910Maria-Antonia par Antonio Pencini (1770)

Le 19  avril 1770

Mariage par procuration de Marie-Antoinette et du Dauphin à l’église des Augustins de Vienne:

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est tumblr_p7dvkldsgf1qiu1coo4_250.jpg.

A six heures après-midi, à la sonnerie des trompettes et au son des tympans, toute la Cour de Marie Thérèse, se rend à l’église des Augustins de Vienne. L’Archiduchesse, toute souriante, porte une robe de drap d’argent. L’Archiduc Ferdinand qui a dix-sept mois de plus que Marie-Antoinette, habillé en soie blanche, avec une bande bleue drapée sur la poitrine, remplace le Dauphin.

L’église des Augustins est une église paroissiale, une vaste structure reliée à l’aile Leopoldina de la Hofburg (les appartements privés de la famille royale) par un long couloir.

Le Leopoldinischer Trakt Léopoldine Aile Du Palais Impérial De La ...

Joseph II conduit le cortège, puis l’Impératrice Marie-Thérèse et derrière elle l’Archiduc Ferdinand qui donne la main à Marie-Antoinette. Pour l’occasion Gluck a créé une composition pour orgue qui résonne dans l’église.

“I have always been motivated by good intentions. I hope that God will be merciful towards me.
”
–Maria Theresa on the night of her death, November 29, 1780 [translation: Margaret Anne Macleod]
L’Impératrice Marie-Thérèse

La messe est dite par le nonce du pape, Monseigneur Visconti, assisté par le curé de la Cour, Briselance. Les prie-Dieu des ” mariés ” sont recouverts de velours rouge brodé d’or ; quand les deux mariés s’agenouillent, ils répondent à la question du nonce, une formule latine: ” Vol et ita promis ” (c’est ce que je veux et promets). Les anneaux, dont l’un sera livré par Marie-Antoinette au Dauphin, sont bénis ; Ferdinand glisse au doigt de sa sœur l’anneau de rubis du Dauphin et la fait ensuite se lever pour l’embrasser sur les joues ; après quoi Briselance s’apprête à prononcer l’acte Nuptial, Kaunitz l’authentifie et Durfort le légalise (en fait, ce dernier acte aurait dû revenir au beau-frère de Marie-Antoinette, Albert de Saxe Teschen, mais Versailles a fait savoir au prince qu’il ne fallait pas qu’il se dérange et qu’il pouvait laisser sa place à l’ambassadeur). Albert n’a pas objecté, mais pour le dîner de mariage, il ne veut pas entendre de raison, donc Durfort n’assiste pas au banquet et reste chez lui. Le comte de San Giuliano, grand maître des cuisines impériales, a accompli des merveilles ce soir-là. Cent cinquante invités sont admis, non pas à dîner, mais à admirer les neuf princes convives qui mangent dans de la vaisselle d’or.

Le 21 avril 1770

Marie-Antoinette au jour le jour … ou presque – Marie-Antoinette  Antoinetthologie
Marianne Faithfull incarne Marie-Thérèse d’Autriche pour Sofia CoppolaPortraits de Marie-Antoinette, enfant et jeune archiduchesse - Page 2 Ma_et_11

Marie-Antoinette part pour la France, au cours d’un voyage qui durera plus de vingt jours et qui comportera un cortège d’une quarantaine de véhicules.

Tout le monde, l’Impératrice, la Dauphine, la famille impériale, la Cour, pleure à chaudes larmes. Marie-Thérèse lui remet ses Instructions à relire tous les 21 du mois.

Épinglé sur MARIE ANTOINETTE _ LOUIS XVI et la Révolution
Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Marie_48

Règlement à lire tous les mois

A votre réveil vous ferez tout de suite, en vous levant, vos prières du matin à genoux et une petite lecture spirituelle, ne fût-ce même que d’un seul demi quart d’heure, sans vous être encore occupée d’autre chose ou avoir parlé à personne. Tout dépend du bon commencement de la journée et de l’intention, dont on la commence, ce qui peut rendre les actions même indifférentes bonnes et méritoires. C’est un point, sur lequel vous serez très exacte, son exécution ne dépend que de vous, et il peut en résulter votre bonheur spirituel et temporel. Il en est de même avec les prières du soir et examen de conscience ; mais je répète encore, celles du matin et la petite lecture spirituelle sont des plus importantes. Vous me marquerez toujours, de quel livre vous vous servez. Vous vous recueillerez pendant le jour le plus souvent que vous pourrez, surtout à la sainte messe. J’espère que ;vous l’entendrez avec édification tous les jours, et même deux les dimanches et les jours de fête, si c’est coutume à votre cour. Autant que je souhaite que vous soyez occupée de la prière et bonne lecture, aussi peu voudrais-je que vous pensiez introduire ou faire autre chose que ce qui est de coutume en France ; il ne faut prétendre rien de particulier, ni citer ce qui est ici d’usage, ni demander qu’on l’imite ; au contraire il faut se prêter absolument à ce que la cour est accoutumée à faire. Allez, s’il se peut, l’après-dînée, et surtout tous les dimanches aux vêpres ou au salut. Je ne sais pas si la coutume est en France de sonner l’angelus, mais recueillez-vous alors, si non en public, du moins dans votre cœur. Répondez agréablement à tout le monde, avec grâce et dignité : vous le pouvez, si vous voulez. Il faut aussi savoir refuser. Dans mes états et dans l’empire vous ne sauriez vous refuser à accepter des placets, mais vous les donnerez tous à Starhemberg, et vous adresserez tout le monde à lui ou à Schaffgotsch, si le premier était empêché, en disant à tout le monde, que vous les enverrez à Vienne, ne pouvant faire rien de plus. Depuis Strasbourg vous n’accepterez plus rien, sans en demander l’avis de M. ou de Mme de Noailles, et vous renverrez à eux tous ceux qui vous parleront de vos affaires, en leur disant honnêtement, qu’étant vous-même étrangère, vous ne sauriez vous charger de recommander quelqu’un au roi. Si vous voulez, vous pouvez ajouter, pour rendre la chose plus énergique : “l’Impératrice, ma mère, m’a expressément défendu de me charger d’aucune recommandation”. N’ayez point de honte de demander conseil à tout le monde, et ne faites rien de votre propre tête. Vous avez un grand avantage, que Starhemberg fera avec vous le voyage de Strasbourg à Compiègne ; il est très aimé en France, il vous est très attaché. Vous pouvez lui tout dire et tout attendre de ses conseils ; il restera encore huit à dix jours à Versailles. Vous pouvez m’écrire sincèrement par son canal ; tous les commencements de mois j’expédierai d’ici à Paris un courrier : en attendant vous pourriez préparer vos lettres pour les faire partir tout de suite à l’arrivée du courrier. Mercy aura l’ordre de l’expédier d’abord. Vous pouvez de même m’écrire par la poste, mais sur peu de choses, et que tout le monde peut savoir. Je ne crois pas que vous deviez écrire à votre famille, hors dans des cas particuliers et à l’empereur, avec qui vous vous arrangerez sur ce point. Je crois que vous pourriez encore écrire à votre oncle et tante de même qu’au prince Albert. La reine de Naples souhaite votre correspondance ; je n’y trouve aucune difficulté. Elle ne vous dira rien que de raisonnable et d’utile ; son exemple doit vous servir de règle et d’encouragement, sa situation ayant été en tout et étant bien plus difficile que la vôtre. Par son esprit et par sa déférence elle a surmonté tous les inconvénients, qui ont été grands ; elle fait ma consolation et a l’approbation générale. Vous pouvez donc lui écrire, mais que tout soit mis en façon à pouvoir être lu par tout le monde. Déchirez mes lettres, ce qui me mettra à même de vous écrire plus ouvertement ; j’en ferai de même avec les vôtres. Ne faites aucun compte sur les affaires domestiques d’ici ; elles ne consistent que dans des faits peu intéressants et ennuyants. Sur votre famille vous vous expliquerez avec vérité et ménagement : quoique je manque souvent d’en être entièrement contente, vous trouverez peut-être que c’est ailleurs encore pis, qu’il n’y a ici que des enfantises et jalousies pour des riens, qu’autre part c’est bien plus soutenu. Il me reste encore un point par rapport aux Jésuites. N’entrez dans aucun discours, ni pour, ni contre eux. Je vous permets de me citer et de dire que j’ai exigé de vous de n’en parler, ni en bien, ni en mal : que vous savez, que je les estime, que dans mes pays ils ont fait grand bien, que je serais fâchée de les perdre, mais que si la cour de Rome croit devoir abolir cet ordre, je n’y mettrais aucun empêchement ; qu’au reste j’en parlais toujours avec distinction, mais que même chez moi je n’aimais pas à entendre parler de ces malheureuses affaires.
Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Maria-10Portrait miniature de l’Impératrice Marie-Thérèse

“Restez bonne Allemande.”

Les adieux dans le film de Sofia Coppola

Le lien entre la mère et la fille sera assuré par Florimond de Mercy-Argenteau (1727-1794) , ambassadeur de Marie-Thérèse en France depuis 1766) qui a , envers sa pupille, un rôle presque paternel…

Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Florim11Le comte de Mercy-Argenteau

Le cortège avance par étapes quotidiennes de huit à neuf heures. Le premier soir, Antonia arrive à l’abbaye baroque de Melk, où Elle retrouve Son frère Joseph.

Résultat de recherche d'images pour "l'abbaye baroque de Melk"L’abbaye de Melk qui domine le Danube

Le 23 avril 1770 

Le temps est maussade. Les trois cent soixante-seize chevaux nécessaires au transport sont relayés toutes les deux heures.

Le 24 avril 1770

Il pleut encore. Après seulement six heures de berline, Marie-Antoinette  pénètre dans Altheim où Elle fait bonne chère et passe une paisible nuit.

Le 25 avril 1770

Marie-Antoinette quitte les terres de l’Archimaison , franchit la Salzach puis l’Inn. La voici dans l’électorat de Bavière, hérissé d’évêchés indépendants et de principautés plus ou moins souveraines, les uns comme les autres convaincus de leur importance grâce à la considération  intéressée  dont, depuis deux siècles, les diplomates accrédités par Paris font preuve à leur égard . Le soir, Altheim, Alt-Oetingen accueille la voyageuse.

Le 26 avril 1770

Louis-Auguste reçoit de sa belle-mère la lettre suivante : 

Votre épouse, mon cher Dauphin, vient de se séparer de moi ; comme elle faisait mes délices, j’espère qu’elle fera votre bonheur ; je l’ai élevée en conséquence parce que , depuis longtemps, je prévoyais qu’elle devrait partager votre destinée. Je lui ai inspiré l’amour de ses devoirs envers vous, un tendre attachement, l’attention à imaginer et à mettre en pratique les moyens de vous plaire ; je lui ai recommandé avec beaucoup de soin une sincère dévotion envers le Maître des Rois, persuadée que l’on fait mal le bonheur du peuple qui nous est confié, quand on manque envers Celui qui brise les sceptres et renverse les rois comme il lui plaît. Aimez donc vos devoirs envers Dieu, je vous le dis, mon cher Dauphin, et je l’ai dit à ma fille. Aimez le bien des peuples sur lesquels vous régnerez toujours trop tôt. Aimez le Roi, votre aïeul, inspirez et renouvelez cet attachement à ma fille ; soyez bon comme lui ! Rendez-vous accessible aux malheureux ; il est impossible qu’en vous conduisant ainsi, vous n’ayez pas le bonheur en partage. Ma fille vous aimera, j’en suis sûre, parce que je la connais ; mais plus je réponds de son amour et de ses soins, plus je vous demande de lui vouer le plus tendre attachement.

Adieu, mon cher Dauphin, soyez heureux, rendez-la heureuse ! Je suis toute baignée de larmes.

  Votre tendre mère, Marie-Thérèse.

L’Impératrice-Reine est plus tendre avec son gendre qu’avec sa fille qu’elle vient de quitter pour toujours…

Les haltes se font ensuite à Enns, Lambach, Altheim, Alt-Oetingen, Nymphenburg, la résidence d’été des électeurs de Bavière près de Munich, Ausbourg, Guntzbourg, Riedlingen, Stockach, Donaueschingen et enfin Fribourg.

A Guntzbourg et à Fribourg il a été prévu des haltes de deux jours pour que Marie-Antoinette se repose des fatigues d’un voyage harassant.

Ce même jour

Halte près de Munich chez l’électeur de Bavière, frère de Sa belle-sœur décédée Josepha, au château de Nymphenburg. La jeune Dauphine a droit à une journée de repos dans le pavillon d’Amalienburg au milieu des jardins.

Le 27 avril 1770

Marie-Antoinette profite de la journée de halte pour admirer les trésors de Nympheenbourg.

Le 27 avril 1770

Il pleut. La route d’Augsbourg présente peu d’attraits. La ville, toutefois procure passablement de satisfactions pour ravir le passage de la Dauphine.

Dimanche 29 avril 1770

La caravane quitte Augsbourg  pour gagner Günsburg où la princesse Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont (1714-1773), attend la fille de son frère. La marche dure neuf heures. Madame la Dauphine, affectée d’un coryza (c’est un rhume ou une rhinopharyngite), commence d’éprouver les fatigues, sinon du voyage, du moins d’une aussi longue représentation.

A Güntzbourg est prévue une halte de deux jours pour que Marie-Antoinette se repose des fatigues d’un voyage harassant.

Elle passe de longs moments avec Sa tante, la princesse Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont.

Anne-Charlotte de Lorraine

Depuis neuf jours, les visites succèdent  aux fêtes et les banquets aux concerts. La sœur de feu l’Empereur veille à fortifier la santé chancelante de la Dauphine et de Ses dames mais prend à cœur de leur apporter des divertissements.

Le 30 avril 1770

Si l’on ne se remet pas en route, on avance un peu. Marie-Antoinette est conviée à visiter  la chapelle de Königinbild, sur la route de Burgau. Au sortir du sanctuaires, douze jeunes filles viennent saluer la princesse les bras chargés de fleurs des champs. L’une des demoiselles se détache pour réciter une ode au sérénissime couple où s’exprime le souhait de les voir vivre centenaire. A peine Madame la Dauphine a-t-Elle pris le temps de remercier que l’abbesse L’incite à  regagner Güntzbourg afin d’y présider une distribution de mangeailles au menu peuple. On bat des mains devant les saucisses et les chapons, puis, les  petits rassasiés, les grands songent  à réparer leurs forces. La voyageuse préside un banquet  de cent-trente-deux couverts.

Le 1er mai 1770

Petite étape car les santés sont encore fragiles. Les carrosses prennent la route d’Ulm et, quittant la Bavière, passent en Souabe.

Marie Antoinette», de Sofia Coppola: on ne naît pas reine, on le devient |  Pop en StockImage du film de Sofia Coppola (2006)

Le prince de Starhemberg écrit , non sans satisfaction, au duc de Choiseul : 

Tout le monde paraît enchanté de la Princesse que je vous amène, et je souhaite seulement qu’elle réussisse aussi bien en France que dans tous les lieux  où nous avons passé jusqu’à présent.

Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Georg_11 Georg Adam von Starhemberg par Alexander Roslin

Le 2 mai 1770

L’étape est marquée à Stockach, grand bourg de quelque deux mille âmes.

Le 4 mai 1770

Marie-Antoinette est à Donaueschingen.

Le 5 mai 1770

Marie-Antoinette et Sa suite arrivent à Fribourg-en-Brisgau.

Le 6 mai 1770

Le cortège de Marie-Antoinette atteint l’abbaye de Schütter près de Kehl puis traverse la Forêt-Noire et parvient sans encombre, l’étape est courte, jusqu’au moutier. Monsieur le comte de Noailles, ambassadeur extraordinaire, vient saluer Madame la Dauphine. 

Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Philip12Philippe de Noailles

Le 7 mai 1770

Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Entrei10Entrée de Marie-Antoinette à Strasbourg, le 7 mai 1770

Marie-Antoinette, comme on L’appelle désormais, est “remise” à la France sur un îlot du Rhin, considéré comme une frontière symbolique.

07 mai 1770: Marie-Antoinette est arrivée à StrasbourgArrivée de Marie-Antoinette à Strasbourg

Elle prend congé de Sa suite autrichienne ainsi que de Son chien, Mops.

Marie-Antoinette est officiellement « échangée » entre la France et l’Autriche sur une île du Rhin près de Kehl. Cette île, encore habitée dans les années précédant la Première Guerre mondiale, est connue sous le nom d’«île de la Commission » (Kommissionsinsel), en référence à la commission d’échange de Marie-Antoinette.

tiny-librarian:
“On neutral ground - and island in the middle of the Rhine - she entered a building newly constructed for the ceremony. Putting on a gown designated for this day (But keeping her Austrian jewels and ornaments), she entered the salle...Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Projet10Projet du frontispice des catalogues des livres de la bibliothèque de Madame la Dauphine
Jacob-Nicolas Moreau et Charles Joseph Dominique Eisen, 1770

La princesse quitte Sa robe de voyage “en gros de Tours” et revêt une “robe et un jupon d’étoffe d’or”.

Elle (la Dauphine) passa ensuite dans le salon commun, suivie de toute sa cou allemande. On y avait dressé une espèce de trône surmondé d’un dais ; une grande table était placée au milieu de la salle, de l’autre côté se trouvaient M. de Noailles et M.M. Bouret et Gérard” nous dit le compte-rendu officiel.

vivelareine:
“ The plan for the structure built for the ‘remise’ or handover ceremony of Marie Antoinette. The structure was designed with two equal Austrian and French rooms on either side of the salon de remise.
[credit: Bibliothèque nationale et...Plan de la structure construite pour la remise ou cérémonie de remise de Marie-Antoinette. La structure est conçue avec deux salles autrichiennes et françaises égales de chaque côté du salon de remise.[crédit: Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg]

Après lecture et signature des actes de remise et de réception

Le commissaire impérial (le prince de Starhemberg) donna la main à Madame la Dauphine pour la conduire du côté de la table où M. le comte de Noailles se tenait. Le commissaire plénipotentiaire du Roi prit alors la main de cette princesse pour la conduire vers la Cour française qui  dans ce moment sortit du Cabinet français où elle s’était tenue jusqu’alors, et entra dans la salle de remise. M. le comte de Noailles présenta à Madame la Dauphine le comte de Saulx-Tavannes son chevalier d’honneur, la comtesse de Noailles sa première damme d’honneur, et celle-ci lui présenta le reste de sa maison et de l’accompagnement. Dès ce moment les fonctions des personnes attachées à Madame la Dauphine commencèrent.”

Elle fait la connaissance de Sa nouvelle suite composée du comte de Saulx-Tavannes, chevalier d’honneur de la Dauphine, du marquis de Granges, maître des cérémonies, du comte de Tessé, premier écuyer, du chevalier de Saint-Sauveur, commandant des gardes du corps de la Dauphine, du maréchal de Contades, commandant de la province, du marquis de Vogüé, commandant en second.

Instructions de Marie-Thérèse à Marie-Antoinette : Règlement à lire tous les mois Anne_d11Anne de Noailles

Suivent les dames désignées pour accompagner la princesse, la comtesse de Noailles (1729-1794) qui sera Sa dame d’honneur jusque 1775 et qu’Elle surnommera très vite “Madame l’Étiquette“, les duchesses de Villars et de Picquigny, la marquise de Duras, les comtesses de Mailly et de Saulx-Tavannes qui avaient toutes fait partie de la maison de feue la Reine Marie Leszczynska.

Marie Antoinette - Publicity still of Judy DavisLa comtesse de Noailles est interprétée par Judy Davis dans le film  Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

En principe, la suite autrichienne de la Dauphine aurait dû se retirer après la remise. Mais contrairement à la coutume observée lors des mariages princiers, deux des personnes qui L’ont accompagnée  depuis Vienne La suivront à Versailles : Starhemberg qui a été invité aux fêtes du mariage, et l’abbé de Vermond. 

Cette dérogation aux usages nous vaut la très intéressante correspondance de Starhemberg avec Marie-Thérèse.

Le 8 mai 1770

Marie-Antoinette repart sur la route de Paris, jusqu’à Saverne.

Elle parcourt tout l’est de la France, par Nancy et Lunéville, Commercy, Châlons, Reims et Soissons

Le 9 mai 1770

Elle s’arrête à Nancy, ex-capitale du Duché de Lorraine devenue française depuis seulement quatre années.  Elle se recueille en l’église des cordeliers, devant les tombeaux de Ses ancêtres paternels, les ducs de Lorraine et de Bar.

COUVENT DES CORDELIERS DE NANCY (Meurthe-et-Moselle) - Tombes Sépultures  dans les cimetières et autres lieux
Portraits de Marie-Antoinette par Joseph NavletL’Arrivée de Marie-Antoinette par Joseph Navlet 

Le 10 mai 1770

Le cortège de Marie-Antoinette fait halte à Bar-le-Duc.

Le 11 mai 1770

Le cortège fait étape à Châlons-sur-Marne (aujourd’hui Châlons-en-Champagne).

1770 - 11 mai 1770: Marie-Antoinette est à Châlons-sur-Marne 1280px10

Pour célébrer le passage de la Dauphine, on édifie une porte monumentale à Elle dédiée, la Porte Dauphine, aussi appelée la Porte Sainte-Croix.

Le 12 mai 1770

La caravane arrive à Soissons où Marie-Antoinette séjourne quarante-huit heures.

Fichier:Marie Antoinette Young3.jpg — WikipédiaMarie-Antoinette par Ducreux

Le 14 mai 1770

Après avoir traversé l’est de la France en liesse, Marie-Antoinette rencontre le Dauphin pour la première fois dans la forêt près de Compiègne

The arrival of Marie-Antoinette in the forest of Compiègne; May 14th, 1770. [ source: gallica.bnf.fr ]

La rencontre entre le Dauphin et sa future épouse a lieu, au pont de Berne, dans la forêt de Compiègne. Le Roi, le Dauphin et la Cour sont là pour accueillir le cortège de Marie-Antoinette.

Le Dauphin Louis-Auguste de France, futur Louis XVI de Louis-Michel Van Loo  (d'après) - Reproduction d'art haut de gamme
Louis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo  –   Wallace Collection , Londres

À Sa descente du carrosse, la Dauphine fait la révérence au Roi et est présentée par lui au duc de Berry, lequel Lui fait un discret baiser sur la joue.

Marie antoinette kirsten dunst GIF - Find on GIFERImage de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
Marie Antoinette | Старинное искусство, Винтажные чаепития, Лошади

“Louis XV fut enchanté de la jeune dauphine ; il n’était question que de ses grâces, de sa vivacité et de la justesse de ses reparties. Elle obtint encore plus de succès auprès de la famille royale, lorsqu’on la vit dépouillée de tout l’éclat des diamants dont elle avait été ornée pendant les premiers jours de son mariage. Vêtue d’une légère robe de gaze ou de taffetas, on la comparait à la Vénus de Médicis, à l’Atalante des jardins de Marly. Les poètes célébrèrent ses charmes, les peintres voulurent rendre ses traits.”

Madame Campan

Ils gagneront ensemble le château de Versailles.

Le 15 mai 1770

Le cortège se rend au château de la Muette où Marie-Antoinette est présentée au comte de Provence et au comte d’Artois, et où Elle fait connaissance avec la nouvelle et dernière favorite du Roi, la comtesse du Barry.

Le 16 mai 1770

vers neuf heures

Marie-Antoinette, coiffée et habillée en très-grand négligé, part pour Versailles, où doit se faire Sa toilette nuptiale .

Le Roi et le Dauphin ont quitté la Muette après le souper, à deux heures du matin, afin de recevoir la Dauphine.

A dix heures du matin

1770 - 13 mai 1770: Marie-Antoinette et Louis XVI se rencontrent enfin à Compiègne.  Capt1191Arrivée de Marie-Antoinette à VersaillesMarie Antoinette - Arriving at Versailles (HQ) - YouTubeSartle Blog — Marie Antoinette Undressed: 5 Things You May Not...

Le cortège de la princesse arrive dans la cour royale du château, devant les haies des gardes françaises et gardes suisses qui présentent les armes à son passage dans un roulement de tambours. On accompagne la princesse jusqu’à un appartement du rez-de-chaussée du corps central, contigu à l’appartement de la Dauphine où habite présentement le Dauphin.

Elle est livrée aux mains de Sa dame d’atours, des dames qu’Elle a rencontrées à Strasbourg et aux femmes de chambres qui La vêt d’un somptueux grand habit à grand panier de brocart blanc brodé d’argent, car en tant que future Dauphine, elle ne peut revêtir du brocart d’or, le manteau royal ou la couronne.

Le Roi passe chez Elle aussitôt Son arrivée, L’entretient longtemps, et Lui amène quelques personnes qu’Elle ne connait point encore qui sont deux enfants : les sœurs de Son époux, Mesdames Clothilde et Elisabeth, qu’Elle peut recevoir sans être coiffée ni habillée.

                                                                                                        Mesdames Clotilde et Elisabeth

Peu de temps avant de monter à l’étage, le Roi Lui présente ensuite le comte de Clermont et la princesse de Conti, absents à la rencontre de Compiègne.

Le Dauphin Louis-Auguste a revêtu un bel habit de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit en réseau d’or enrichi de diamants.

A une heure de l’après midi

Le cortège de la famille royale part du Cabinet du Roi, précède par le marquis de Dreux Brézé, grand maitre des cérémonies et d’un aide des Cérémonies.

Les époux apparaissent et vont devant se donnant la main, escortés d’un page du Roi portant le bas de robe de la Dauphine et de Madame de Noailles, suivant la nouvelle princesse.

Puis marchent les princes du sang entourés de leurs services d’officiers et de gentilshommes, les frères du Roi, le Roi seul, suivi de Madame Clotilde, de Mesdames , des princesses du sang et de soixante-dix dames de la Cour en grand habit.

mariage - Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette  Caramo10

Le coup d’œil est extraordinaire.

Ce sont les plus somptueuses toilettes qu’on porte depuis longtemps et telles qu’on n’en a pas vues porter aux récents mariages de la princesse de Lamballe et de la duchesse de Chartres. Tous les yeux et pensées vont à la mariée qui est éblouissante de grâces et fort souriante. A la chapelle, les suisses forment la haie, frappent leurs tambours et soufflent dans leurs fifres pour annoncer l’entrée du Roi.

Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

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Marie-Antoinette Magà Ettori – MAGÀ ETTORI
Le mariage du dauphin Louis et de Marie-Antoinette | Marie antoinette,  Dauphin, Marie thérèse

Les mariés sont décrits comme gauches et timides.

Résultat de recherche d'images pour " Marie-Antoinette  Sofia Coppola mariage"Le mariage dans le film de Sofia Coppola (2006)

A la chapelle royale, sur les gradins en amphithéâtre de la nef, des galeries des tribunes, tout le monde se lève au moment où l’orgue éclate, annonçant l’entrée du cortège royal.

Le coup d’œil est merveilleux et le soleil descend à flots par les larges baies sur les toilettes étincelantes de pierreries.

Des centaines d’invités attendent.

Les orgues retentissent. Louis XV s’arrête un instant à son prie-Dieu, placé face à l’autel en bas de la chapelle Les mariés vont jusqu’aux marches de l’autel – à l’emplacement fixé par Louis XIV où s’agenouillent depuis plus d’un siècle, les couples royaux et princiers : la cérémonie du mariage va débuter.

“Cradled by the Royal Chapel, bathed in holy light, swaddled in the polyphonic voice of God, we have been joined in marriage and go forth.
”
–Sena Jeter Naslund, Abundance: A Novel of Marie Antoinette
Le saviez-vous ? Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette a fait 132  morts

L’archevêque de Reims présente l’eau bénite à Sa Majesté et monte à l’autel pour commencer la bénédiction par son discours.

mariage - Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette  - Page 6 Antoin10

Au moment de la bénédiction, le Roi, les princes et princesses s’avancent en groupe et se rassemblent autour des époux :l le grand aumônier bénit d’abord treize pièces d’or et un anneau d’or ; il les présente au Dauphin, qui met l’anneau au quatrième doigt de la main gauche de la Dauphine , et Lui donne les treize pièces d’or.

vivelareine:
“ On the morning of his execution, Louis XVI removed his wedding ring and handed it to his valet, Jean-Baptiste Cléry, saying:
“ [Give] this ring to the queen; tell her that I part from it with pain and only at the last moment.
” ”

Après la bénédiction

Le Roi retourne à son prie-Dieu et la messe débute chantée par la Musique du Roi, placée derrière l’autel. “Des gardes du corps, placés à distance dans les tribunes , font observer le silence et même agenouiller ceux qui auraient des distractions”.

A l’offertoire

Les époux vont à l’offrande et à la fin du Pater, le poêle de brocart d’argent est tenu, du côté du Dauphin, par l’évêque de Senlis, du côté de la Dauphine, par l’évêque de Chartres , est étendu – selon l’usage liturgique – au dessus de leur tête.

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

La messe dite

Le curé de la paroisse de la Cour, Notre-Dame de Versailles apporte selon l’usage ce jour , le registre à la chapelle royale. Louis XV signe le premier l’acte de mariage. Après le Dauphin et la Dauphine, signent, dans l’ordre protocolaire, les frères du marié, sa sœur, ses tantes et enfin les deux premiers princes du sang.

Au moment de signer l’acte de mariage

La nouvelle Dauphine commet une maladresse restée célèbre… 

10 mai 1770: 1ère journée des festivités du mariage du dauphin ...

La petite histoire et le registre conservé nous indique que la nouvelle Dauphine, probablement émue et tremblante, a laissé un pâté sur Sa signature :

Extremely salty about ancient dead Kings — vivelareine: Marie ...

Ensuite tandis que le grand aumônier de France et l’humble curé de la paroisse apposent leur signature, le cortège se reforme : le Dauphin passant à son rang immédiatement avant le Roi, la dauphine, venant la première derrière eux.

Le cortège se reforme et traverse à nouveau le Grand appartement où se pressent cinq mille personnes.

Des murmures d’admiration saluent le passage des jeunes mariés.

Il y a encore des milliers de personnes entrées durant la messe dans le grand appartement et la Galerie, mais la porte centrale du salon de la Paix s’est à peine fermée sur la dernière dame de la Dauphine, que les suisses font évacuer toutes les pièces afin de les disposer pour le soir : les tapissiers des menus retirant immédiatement les gradins, plaçant les barrières et dressent les tables pour le jeu.

Le mariage du dauphin Louis et de Marie-Antoinette | Marie antoinette,  Dauphin, Marie thérèse

Retournée dans l’appartement du rez-de-chaussée, la Dauphine reçoit les serments des officiers de Sa maison par un défilé de révérences et d’hommages : ils doivent ” prêter serment” entre ses mains, en présence du comte de Saint-Florentin, ministre de la maison du Roi.

D’abord la dame d’honneur, les douze dames du palais, viennent le chevalier d’honneur, le premier maitre d’hôtel, le premier aumônier, le surintendant des finances de la Maison, les intendants, les trésoriers, l es gentilshommes servants, le secrétaire des commandements, le premier écuyer et les contrôleurs généraux.  Ceux-ci ont eux-mêmes reçus au préalable, le serment des employés subalternes.

Monsieur de Saint-Florentin dit les noms et indique les fonctions à la Dauphine. Ensuite la comtesse de Noailles présente les ambassadeurs et les ministres des cours étrangères.

Les présentations faites

Le duc d’Aumont, premier gentilhomme de la chambre du Roi en exercice, s’avance et donne, au nom de son maître, une clef d’or à la princesse.

La Dauphine ouvre alors un cabinet de velours rouge, brodé d’or, qui contient Sa ” corbeille de mariage” : les présents officiels du Roi sont une parure d’émail bleu avec chaine de diamants, un étui de coté, une boite de poche et un éventail entouré de diamants où l’art parisien s’est surpassé lui même pour la Dauphine. dans les tiroirs du cabinet, la princesse trouve, tout soigneusement étiquetés, des objets de souvenir, montres , étuis ciselés qu’Elle distribue ensuite de Sa main aux personnes présentes, enchantée d’être conviée déjà à faire tant d’heureux.

Après un dîner servi en petit couvert dans l’appartement de la Reine, va commencer le jeu de lansquenet dans la grande galerie, le feu d’artifice que l’on espère maintenir car l’orage gronde et le festin royal qui va réunir les vingt-deux convives de la famille royale.

Portraits de Marie-Antoinette, Dauphine - Page 2 Boite_10Tabatière -Paul-Nicolas Ménière,  Musée Cognacq-Jay

A la nuit 

Quand, en peu de temps, on (a) tout illuminé, les habits (sont) beaucoup plus brillants à la lumière… Ce nouvel éclat, joint à celui de l’illumination de la Galerie, (fait) un très grand effet. La table de jeu du Roi surtout , entourée de trois ou quatre rangs de dames superbement habillées, et la masse des diamants (font) un coup d’œil remarquable.

Le duc de Croÿ
Aucune description de photo disponible.Restitution de la Galerie des Glaces en 1745 lors du mariage du Dauphin, par Philippe Le Pareux
Aucune description de photo disponible.

A dix heures

Le Roi passe au festin royal dans la grande salle d’Opéra royal, œuvre d’Ange-Jacques Gabriel, qui est alors inaugurée.

A partir de 1748, Ange-Jacques Gabriel reprend les plans de ses prédécesseurs. Les premiers de travaux de gros œuvre sont exécutés. Les difficultés financières et les atermoiements quant à l’aménagement intérieur conduisent à les interrompre en 1756. Ils reprennent entre 1763 et 1765 avant d’être à nouveau arrêtés. La décision de terminer l’Opéra Royal intervient en 1768, lorsqu’est conclu le mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette.

L'Opéra Royal de Versailles, un joyau de notre patrimoine

Un lieu doit être trouvé pour célébrer les festivités. Assisté du machiniste Blaise-Henri Arnoult, Gabriel met la touche finale aux plans de l’Opéra Royal. Celui-ci est achevé en deux ans au terme d’un chantier pharaonique sur lequel travaillent nuit et jour des centaines d’ouvriers.

Enquête sur le plomb sur un chantier du château de Versailles

Arnoult le conçoit de manière à accueillir soit des spectacles soit des festivités. Lors des grandes réceptions, le plancher de la salle est rehaussé au niveau de la scène par des crics toujours en place, formant un gigantesque plateau d’environ 50 mètres sur 20 mètres. En revanche, dans la configuration spectacles, l’Opéra Royal accueille jusqu’à 1336 spectateurs. Une machinerie répartie sur 35 mètres de hauteur permet d’effectuer des changements de décors spectaculaires à la vue du public. La salle, entièrement exécutée en bois, dispose en outre d’une acoustique exceptionnelle.

mariage - Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette  - Page 6 Salle_10

L’aménagement intérieur combine innovation et classicisme. En remplaçant les loges par des balcons superposés, Gabriel améliore le confort visuel et l’acoustique de la salle. Au dernier étage, des miroirs reflètent des demi-lustres, créant un effet de profondeur et de légèreté. De grands artistes contemporains participent au chantier : Augustin Pajou est chargé du décor sculpté et exécute lui-même les boiseries des loges tandis que Louis-Jacques Durameau supervise le décor peint et réalise le grand plafond, Apollon préparant des couronnes aux hommes illustres dans les Arts.

Opéra royal : programme et réservation • L'Officiel des spectacles

Le 16 mai 1770, la salle est inaugurée lors du festin de mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette.

mariage - Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette  - Page 6 Souper13
Le grand festin du mariage dans l’opéra royal
The seating arrangement plan for the wedding dinner of Louis XVI and Marie Antoinette.

La Dauphine fait la connaissance de la princesse de Lamballe (1749-1792) qui est invitée à la table royale.

1768 La Famille du duc de Penthievre by Jean-Baptiste Charpentier -  princesse de Lamballe au centre | Grand Ladies | gogm
La princesse de Lamballe ( détail de La famille du duc de Penthièvre)

Lors du repas

Le Roi recommande à son petit-fils de ne pas trop se gaver pour la nuit qui l’attend, il reçoit cette répartie qui en dit plus long que le Dauphin l’imaginait :

Pourquoi? je dors toujours mieux quand j’ai bien mangé….

Après le festin a lieu le cérémonial du coucher du nouveau couple delphinal.


Image du film de Van Dyke (1938) 

L’assistance assiste au coucher des époux.

Les jeunes mariés sont conduits dans la chambre nuptiale, celle de Marie-Antoinette. La couche est bénie par l’archevêque de Reims. Le Roi passe sa chemise de nuit au Dauphin et la duchesse de Chartres à la Dauphine. Ils vont au lit en présence de toute la Cour afin de montrer qu’ils partagent bien le même lit.

Comment les rois et reines consommaient-ils leur mariage, par exemple Louis  XVI et Marie-Antoinette ? Les gens les regardaient-ils vraiment faire ? -  Quora

Le mariage ne sera pas consommé cette nuit-là…

Lorsque Marie-Antoinette devient Dauphine, Elle devient la première femme de France…rôle qui incombait depuis deux ans sinon officiellement, du moins dans les fastes de la Cour à Madame du Barry (1743-1793), de trente-trois ans plus jeune que Louis XV, son royal amant à qui elle aurait appris des plaisirs nouveaux…

Fichier:Madame du barry.jpg — Wikipédia
Jeanne du Barry par Drouais

Le 17 mai 1770

La série des fêtes de mariage débute par la présentation générale de toute la Cour à la Dauphine.

Tous les hommes et les femmes de la cour ou qui se dis(ent) tels à la faveur de leurs beaux habits qu’ils avaient faits pour se fourrer là, se rend(ent) à cet appartement où on s’écras(e), et les belles dames en grand habit f(ont) pitié dans la foule. Il (est) décidé qie les hommes passer(ont) devant. On s’écras(e) à la porte, on pass(e) pêle-mêle, mais les titrés reç(oivent) la joue à l’ordinaire, ce qui les distingu(e). On travers(e) par des garde-robes, et on (a) bien de la peine à se tirer des chaises à porteurs.

Le duc de Croÿ

Pour inaugurer l’opéra royal, l’œuvre ′′ Le Persée ′′ de Lully est représentée. L’œuvre a aussi été revisitée, car les goûts musicaux du temps ont changé depuis sa composition. Elle a été raccourcie. Mais l’échec est total : la jeune Marie-Antoinette semble s’être endormie à la moitié du spectacle 

Voici ce qu’en rapporte venimeusement Papillon de la Ferté, responsable des ′′ menus plaisirs ′′ du Roi :

Ce spectacle était bien mieux que nous ne pouvions l’attendre, après tant de préparatifs et avec des machines dont les mouvements étaient encore si peu connus par les ouvriers.  Madame la Dauphine ne semble pas l’avoir prise en sympathie. Il est vrai que c’est une œuvre très sérieuse pour ceux qui ne connaissent pas encore bien le spectacle et n’aiment pas la musique”.

Nous savons pourtant combien ce n’est pas le cas…

Le 18 mai 1770

Ce jour est prévu pour le repos au milieu de toutes ces fêtes. Il n’y a que dîner chez Madame la Dauphine. Elle dîne seule, le Dauphin étant allé à la chasse avec le Roi.

Le 19 mai 1770

A six heures du soir 

Un bal paré est donné en l’honneur du mariage royal.

Ball for the marriage of the dauphin and Marie Antoinette, at the opera of Versailles, May 19th, 1770.
Bal du mariage par Moreau le Jeune

La plupart des duchesses et des “grands d’Espagne femelles” n’y assistent pas. Louis XV a, en effet, consenti, à la demande de Marie-Thérèse, à ce que cette fois seulement  Mademoiselle de Lorraine, la cousine française de la Dauphine, soit admise à danser tout de suite après les princesses du sang. Et les duchesses ont protesté en refusant d’assister au bal paré.

STYLE MARIE ANTOINETTE - Judith Ubenga blogLe mariage vu par Sofia Coppola (2006)

Il y a cependant foule à la salle d’Opéra, illuminée comme le 16 , et le Dauphin et la Dauphine dansent le premier menuet, “tout le monde se tenant debout  ou grimpé sur des banquettes”.

“Marie Antoinette (2006)
”

Madame la Dauphine dans(e) de très bonne grâce et comme bien  habituée à représenter. Monsieur le Dauphin à cause de sa vue ( le duc de Croÿ fait partie des gens qui ont cru le Dauphin myope lors des derniers sacrements de sa mère; la vue obscurcie par les larmes. Il ne tardera  pas à changer d’avis devant l’adresse du jeune prince au tiré.) et qu’il n’est pas dans sa force, ne danse pas si bien. Les jeunes princes dans(ent) de bon cœur sans se gêner.

Le duc de Croÿ

A dix heures

Le Roi se place à la croisée du milieu de la Galerie des Glaces et donne le signal du feu d’artifice.

Versailles
[credit: © EPV / Thomas Garnier]

Un peu d’une heure plus tard

On assiste à la grande illumination du jardin et la fête pour le peuple  qui danse à son tour dans les salles de bal aménagées au Salon de Musique et au Salon des Orangers.

Pendant plus de quinze jours

Bals, représentations théâtrales et fêtes publiques se succèdent.

Le 30 mai 1770

A l’occasion du feu d’artifice tiré à Paris pour célébrer le mariage du Dauphin, une fusée tombe sur le décor et l’enflamme, semant la panique dans la foule : une bousculade meurtrière cause la mort de cent trente-deux personnes.

Feu d'artifice fatal lors du mariage du futur Louis XVI et de Marie- Antoinette - Le Parisien

Les jeunes époux sont atterrés. Le Dauphin écrit aussitôt au lieutenant de police, Sartine :

J’ai appris les malheurs arrivés à mon occasion, j’en suis pénétré. On m’apporte en ce moment ce que le Roi me donne tous les mois pour mes menus plaisirs. Je ne puis disposer que de cela. Je vous l’envoie, secourez les plus malheureux. J’ai beaucoup d’estime pour vous.

Louis-Auguste 

La lettre est accompagnée d’une somme de 6 000 livres.

La Dauphine et Madame Adélaïde suivent cet exemple honorable.


Image du Versailles secret de Marie-Antoinette (2018) de Sylvie Faiveley

Du 27 juin au 7 juillet 1770

Séjour de Marie-Antoinette à Marly.

A young Marie Antoinette
Marie-Antoinette (1770) par Ducreux

Le 16 juillet 1770

Louis-Auguste tombe malade d’un gros rhume, avec une toux violente. Il ne pourra se rendre à Compiègne le lendemain.

Les gazettes prétendent que le Dauphin crache du sang et rappellent les circonstances de la mort de son père, qui a succombé de ce que les contemporains ont pris pour un “rhume négligé”, accompagné de crachements de sang. Il s’agit pourtant d’un rhume banal.

Le 17 juillet 1770

Louis XV est plus inquiet pour son petit-fils et remet son départ pour Compiègne.

Le 18 juillet 1770

Sur l’ordre des médecins, le premier chirurgien du Roi La Martinière saigne le jeune prince qui inscrit sur son agenda cet événement qui ne se reproduira jamais plus:

Mercredi 18. J’ai été saigné.”

Le Dauphin Louis-Auguste

Ce même jour

Marie-Antoinette écrit à Mercy :

Notre malade est assez bien mais pourtant on le saignera ce soir.

Le 19 juillet 1770

Le Roi ordonne à son premier chirurgien La Martinière d’examiner son petit-fils et de lui dire s’il existe chez le jeune homme des obstacles physiques à la consommation de son mariage. A près avoir pratiqué l’examen, La Martinière a pleinement rassuré le Roi.

Le 20 juillet 1770

Rassuré par l’état du Dauphin, Louis XV se rend à Compiègne. Il devait partir le 17. 

Le 23 juillet 1770

Louis XV fait part à l’Infant Ferdinand,

son petit-fils (celui-là même qui a effectivement souffert du phimosis que l’histoire attribue à Louis-Auguste),à la fois de ses inquiétudes et de leur heureux dénouement.

Le 1er août 1770

L’indisposition du Dauphin donne à penser, et je crains qu’il ne vivra pas longtemps.

Marie-Thérèse à Mercy 

Mercy n’a pas informé l’Impératrice au jour le jour comme un événement de cette importance aurait pu le demander. Il ne fait qu’une légère allusion à la maladie du Dauphin le 4 août et sans rien dire de nature à rassurer Marie-Thérèse. On imagine que ses conclusions inquiètes proviennent des gazettes qui ont dû lui parvenir. 

Depuis sa maladie

Le Dauphin ne couche plus dans l’appartement de sa femme comme auparavant, et la consommation de leur mariage reste encore suspendue. Il n’y a aucune cause inquiétante.

Le 2 août 1770

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 8 août 1770

Il y (a) grande chasse à laquelle Madame la Dauphine assist(e) avec Mesdames. Quelques représentations que l’on (a) faites à Monsieur le Dauphin pour se modérer un peu dans cet exercice, il prend ce jour-là par une chaleur excessive une telle fatigue qu’il ne p(eut) se soutenir de lassitude.

Mercy à Marie-Thérèse
Mesdames Victoire, Sophie et Louise de François-Hubert Drouais -  Reproduction d'art haut de gammeMesdames Sophie, Victoire et Louise, cette dernière étant déjà retirée au Carmel

Le 14 août 1770

Marie-Antoinette parle du Dauphin à Mercy en lui disant qu’Elle en est contente, que tous les petits défauts de son extérieur proviennent de l’éducation négligée qu’il a eue, mais que son fond est excellent, qu’il est le meilleur enfant et du meilleur caractère ; rien ne La gêne dans Ses conversations avec le Dauphin, il marque du plaisir à L’entendre et de la confiance, quoiqu’il soit fort réservé sur le chapitre des gens qui l’entourent. Elle est à présent bien assurée que Louis-Auguste connaît bien le duc de La Vauguyon et son fils et qu’il ne les aime ni ne les estime.

Le 27 août 1770

Le voyage de Compiègne s’achève et, après un bref séjour chez le prince de Condé à Chantilly, la Cour regagne Versailles.

Le château de Chantilly

Le 1er septembre 1770

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 10 septembre 1770

Cérémonie de la prise de voile de Madame Louise

Le 20 septembre 1770

Le Dauphin dort avec la Dauphine.

–Marie Antoinette (2006)
Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 1er octobre 1770

Marie-Antoinette a Ses règles.

D’octobre à fin novembre

Séjour de la Cour à Fontainebleau

Qui sommes-nous ? - Château de Fontainebleau

Le 5 octobre 1770

Versailles, 5 octobre 1770

Ma chère bonne Amélie, je vous remercie de ce que vous m´écrivez sur l’état de Monsieur le Dauphin. Son accès de fièvre n’a plus reparu. Cette attention est d´autant plus aimable de votre part, que vous êtes dans un état à songer avant tout à vous-même. J´ai voulu vous en écrire malgré ma lettre d´avant-hier. Nous-avons été bien intéressés, Monsieur le Dauphin et moi avons regardé le beau livre, que nous a remis de votre part le comte d’Argental sur les fêtes de votre mariage. Les estampes sont très bien faites, J´ouvrirai souvent ce livre-là pour me retrouver avec vous. L´Italie, comme le répétait souvent le bon Metastase, est toujours le pays des arts. Notre vie, ici, est le mouvement perpétuel quand il y a ce qu´on appelle appartement et jeu.
Le roi continue a être très-bien avec moi. La petite maladie de Monsieur le Dauphin l´avait d´abord rendu sombre, sa convalescence l´a tout ouvert. Et il s´est montré très affectueux et gai. Nous partons demain avec le Roi, Madame Adélaïde, Madame Victoire et Madame Sophie, pour Choisy, d´où je vous écrirai pour avoir de vos nouvelles et vous dire combien je suis heureuse d´être tante. Je trouve que vous n´entrez pas dans assez de détails sur votre vie à Parme. Faites-moi donc vivre avec vous! Adieu, chère bonne, je vous embrasse de tout mon cœur. Non-seulement je ne trouve pas mauvais que Monsieur le Duc m´embrasse, je le lui rends en bonne sœur. 
J´ai reçu, ce matin une lettre de Christine. La Grande-Duchesse de Toscane et son mari sont à Schoenbrunn avec le Duc de Courland et ne partiront pas avant d´avoir assisté à la fête de notre chère maman. Faites bien mes compliments à Monseigneur le duc de Parme..

Lettre envoyée par Marie-Antoinette à Sa sœur Marie- Amélie 

Marie-Amélie, portrait de la Hofburg d’Innsbruck

Le 10 octobre 1770

Madame la Dauphine dès qu’elle m’a vu, m’a dit de la suivre dans son cabinet. Elle avait le cœur gros et les yeux rouges. Elle m’a avoué qu’elle avait pleuré et a même recommencé en me parlant de Monsieur le Dauphin ; voici l’occasion . Madame la Dauphine n’avait point de chevaux pour sortir ; elle craignait de s’ennuyer , et pour remplir sa journée elle a arrangé la veille qu’elle irait avec des chevaux de poste à Saint Denis où Mesdames devaient aller à cheval et en voiture. Elle a réfléchi qu’elle serait obligée de quitter le Dauphin aussitôt après le dîner, que ce dîner même déplairait au Dauphin parce qu’il serait obligé de dîner avec les dames ; par ces considérations elle a fait le sacrifice de son amusement et rompu son projet. Elle l’a conté à son époux, elle en espérait quelques petits mots de douceur et de remerciements, elle n’y a trouvé que froideur et le laconisme le plus désobligeant. En me contant cette doléance, la Dauphine se rappelait d’autres petits chagrins  et conclue amèrement qu’il est bien dur de vivre avec un homme sans sentiment et qui ne tient aucun compte de ce qu’on fait pour lui. Madame la Dauphine était fort émue, je l’étais moi-même, et de ce que je vois, et de ce que je crains pour cet hiver. Elle a à peine fini de pleurer lorsqu’on vient lui dire que Madame Adélaïde est revenue chez elle ; la Dauphine y est allée en me disant de l’attendre ; un moment après Monsieur le Dauphin est venu chez sa tante ; M. le Dauphin est rentrée chez lui . Madame la Dauphine sans dire un mot a pris son livre et son peignoir et s’est mise entre les mains de ses friseurs ; je me suis retiré.

L’abbé de Vermond à Mercy

Le 20 octobre 1770

Brouille entre le Dauphin et la Dauphine.

Le 27 octobre 1770

Le Dauphin aurait dit à Marie-Antoinette ce qu’il pensait de Ses menins.

Il en résulte que ce jeune prince réfléchit sur ses entours et sait les apprécier. Ce n’est que depuis  bien peu de temps qu’il s’en explique vis à vis de Madame la Dauphine, laquelle maintenant donne à son langage, à ses petites caresses et à la totalité de son maintien la tournure la plus parfaitement   convenable à s’assurer un entier ascendant sur l’esprit de son époux, ce qui journellement lui réussit de plus en plus et avec des progrès très remarquables.

Mercy à Marie-Thérèse

Représentation de l’opéra Les Deux Avares de Grétry (paroles de Falbaire).

Madame la dauphine, alors âgée de quinze ans, éclatante de fraîcheur, parut mieux que belle à tous les yeux. Sa démarche tenait à la fois du maintien imposant des princesses de sa maison, et des grâces françaises ; ses yeux étaient doux, son sourire aimable. Lorsqu’elle se rendait à la chapelle, dès les premiers pas qu’elle avait faits dans la longue galerie, elle avait découvert, jusqu’à l’extrémité de cette pièce, les personnes qu’elle devait saluer avec les égards dus au rang, celles à qui elle accorderait une inclination de tête, celles enfin, qui devaient se contenter d’un sourire, en lisant dans ses yeux un sentiment de bienveillance fait pour consoler de n’avoir pas de droits aux honneurs.”

 Madame Campan

Le 31 octobre 1770

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 1er novembre 1770

Les Archiduchesses Marie-Anne et Marie-Christine offrent chacune à leur sœur Marie-Antoinette un présent : une table réalisée par Marie-Christine et un cadeau resté inconnu par Marie-Anne.

Le 4 novembre 1770

La Dauphine se promène à cheval.

Aucune description disponible.

Le 5 novembre 1770

La Dauphine réitère la promenade à cheval… Elle ne peut plus supporter l’idée de monter sur des ânes.

Le 6 novembre 1770

Depuis longtemps, la Dauphine exhorte Son époux à ne pas rester si tard à la chasse et l’a prié d’en revenir à une heure raisonnable.

Selon Mercy, le Dauphin revient tard, et suivant sa coutume, longtemps après le Roi : il trouve la Dauphine chez Sa Majesté, il s’approche d’Elle, d’un air embarrassé et Lui dit : “Vous voyez, je suis revenu à temps.” Madame la Dauphine répond d’un ton assez sec :” Oui, voilà une belle heure!

Le soir, on se rend au spectacle, Le Mariage fait et rompu, comédie en vers de Fresnay (1721), puis ballet, Aeglé, pastorale héroïque de 1748 sur un poème de P. Laryon et une musique de P. de La Garde, maître de musique des Enfants de France ( soixante-quatre personnes sur scènes ! ) . Le Dauphin est boudé tout le temps au retour du théâtre. Il cherche à avoir une explication. Marie-Antoinette lui fait alors un sermon énergique où Elle lui représente avec vivacité tous les inconvénients de la vie sauvage qu’il mène ; Elle lui fait voir que personne ne peut résister à ce genre de vie d’autant moins que son air et ses manières rudes ne donnent aucun dédommagement à ceux qui lui sont attachés et qu’en suivant cette méthode, il finira par détruire sa santé et par se faire détester.

Le Dauphin reçoit cette leçon avec douceur et soumission, il convient de ses torts, promet de les réparer et demande formellement pardon à sa femme. 

Aucune description disponible.
La Dauphine Marie-Antoinette par Sergio Daricello d’après le buste de Boizot

Le 7 novembre 1770

On s’aperçoit que le Dauphin témoigne à la Dauphine un empressement d’attentions et d’amitié plus vif que de coutume.

L’après-midi il monte à cheval.

Le 8 novembre 1770

Spectacle : Les Carrosses d’Orléans (1680) de Jean de La Chapelle.

Dimanche 11 novembre 1770

Messe, jeu et souper public, c’est le grand couvert.

Le 12 novembre 1770

Grande chasse à laquelle la Dauphine assiste avec Mesdames.

Le 13 novembre 1770

Messe avec le Roi. Théâtre, le soir : L’Amitié à l’épreuve de Favart et Voisenon, c’est une comédie à ariettes sur une musique d’André Grétry (1741-1813).


André Grétry par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 15 novembre 1770

Plusieurs spectacles : Les Plaideurs, de Jean Racine et La Fête de Flore de Razins de Saint-Marc et Jean-Claude Trial.

Le 23 novembre 1770

Retour à Versailles.

Le 24 novembre 1770

Lors d’une chasse du Roi, Marie-Antoinette et Ses tantes voient leur voiture embourbée près de Choisy. Obligées d’en sortir, la princesse perd Son soulier dans la boue et les voilà à faire tout le chemin jusqu’au château sous la pluie. Marie-Antoinette ayant froid souhaite s’approcher du feu mais brûle ses vêtements ! Du coup elle s’enrhume.

De retour à Versailles, Son appartement n’étant pas chauffé, Son rhume empire.

Le 29 novembre 1770

Guérie, Marie-Antoinette peut de nouveau suivre les chasses du Roi. Cette fois-ci, elle est accompagnée de sa jeune belle-sœur Madame Clotilde, appelée par Mercy Madame Marie.

Son postillon tombe et se retrouve écrasé par les quatre chevaux.

La Dauphine prend les choses en main, fait envoyer des chirurgiens et organise le retour du blessé à Versailles dans des conditions qui n’aggraveraient pas son état.

Cet acte de bonté de sa part a beaucoup plu même si certains se sont ingéniés à réduire son geste en lui expliquant que les gens d’écurie n’ont pas de cœur. Cette dernière remarque peu amène envers les gens du peuple a beaucoup déplu à Marie-Antoinette qui considère qu’un pauvre a autant de cœur, sinon plus, qu’un riche.

Ballets le soir.

Le 30 novembre 1770

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 2 décembre 1770

Marie-Thérèse à Marie-Antoinette :

 « J’attends le tableau de Liotard avec empressement, mais dans votre parure, point de négligé, ni dans l’habillement d’homme, vous aimant à voir dans la place qui vous convient.»

Portraits de Marie-Antoinette, Dauphine - Page 2 Portra21
Marie-Antoinette Dauphine (1770) par Philippe Jacob Nicomedo

Le 17 Décembre 1770

Mercy à Marie-Thérèse :

« Liotard travaille au portrait de l’archiduchesse et je compte que votre majesté le recevra dans le courant de janvier prochain.»

Le 24 décembre 1770

Le duc de Choiseul (1719-1785) , l’un des principaux artisans du mariage franco-autrichien ( il était chef du gouvernement de Louis XV entre 1758 et 1770), est exilé à cause de son orientation libérale  dont la pratique politique s’apparente à une cogestion implicite avec les adversaires de la monarchie absolue.


Portrait de Choiseul par Louis-Michel Van Loo
Mercy doit entreprendre une triple action auprès de l’Impératrice : obtenir qu’elle désavoue les conseils qu’elle avait tout d’abord donnés à sa fille de ne se conduire que d’après les avis de Mesdames ; qu’elle les aide, lui et l’abbé de Vermond à combattre leur influence sur Marie-Antoinette lui donner le change sur la colère grandissante de Louis XV contre la Dauphine en attribuant cette colère au refus de la jeune femme de traiter poliment Madame du Barry et les gens de la société du Roi, et aux conseils qu’Elle est supposée donner à Son mari s’imiter Sa conduite à leur égard. lui faire admettre progressivement que les gens du parti dominant ennemis de Choiseul, que la favorite elle-même, sont ses nouveaux alliés pour la Dauphine et contre le Dauphin.
Paul et Pierrette Girault de Coursac

Le 30 décembre 1770

Marie-Antoinette a Ses règles.

1771

En janvier 1771

“Je fus à Versailles, au bal de Madame la Dauphine  et j’y fis événement. Tout le monde m’entoura pour me demander des nouvelles de Chanteloup et tout le monde semblait me savoir gré de mon courage. Je ne jouai de ma vie un plus beau rôle. Madame la Dauphine vint à moi avec cette grâce déjà inséparable de ses actions et me dit :

“Comment se porte Monsieur de Choiseul? Quand vous le reverrez, dites-lui que je n’oublierai jamais ce que je lui dois et que je prendrai toujours pour lui l’intérêt le plus sincère.”

Je retournai à Chanteloup après ma garde pour raconter cela à Monsieur de Choiseul et j’y passai tout le reste du temps où je n’étais pas de service.”

Armand-Louis , duc de Lauzun

Le 6 janvier 1771

Un autre courrier vint nous porter la disgrâce des Choiseul. J’avoue, j’en suis bien affectée… N’oubliez jamais que votre établissement était l’ouvrage des Choiseul, qu’ainsi vous n’oublierez jamais de leur devoir de la reconnaissance… mais ne vous laissez induire dans aucune faction, restez neutre en tout ; faites votre salut, l’agrément du Roi et la volonté de votre époux.

Marie-Thérèse à Marie-Antoinette

Le 23 janvier 1771

Quant aux grâces naturelles , il est impossible de les posséder à un degré plus marqué et d’en faire un meilleur usage : en cela S.A.R. ne s’est jamais oubliée ou démentie un instant. A l’occasion des bals qui se donnent tous les lundis à Versailles, il n’est sorte d’attention ou de bonté que Madame la Dauphine ne fasse éprouver à ceux qui s’y trouvent. Personne n’est oublié, tout le monde sort enchanté de ces petites fêtes.

L’abbé de Vermond à Marie-Thérèse

Le 26 janvier 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 13 février 1771

Il n’est encore rien survenu relativement aux projets que paraissait avoir formé le Dauphin de vivre avec la Dauphine dans l’intimité que comporte leur union. Cette conduite qui ne tient qu’au moral, n’en est pas moins inexplicable et fâcheuse ; je tâche d’employer tous les moyens possibles pour éloigner de l’esprit de Madame l’Archiduchesse toute réflexion sur cet objet, en ne lui présentant que les beaux côtés de sa position, c’est à dire la certitude d’être aimée par le prince son époux et de posséder sa confiance. La santé de S.A.R. est parfaite et s’annonce par la régularité de ses règles qu’elle a eues le 26 de janvier ; toute sa figure embellit, sa taille est bien remise par l’usage des corps de baleines, et Mme la Dauphine observe maintenant avec assez de soin tout ce qui tient à la propreté et à la parure.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 14 février 1771

Mariage du comte de Provence, frère du Dauphin et de Marie-Joséphine de Savoie.

Aucune description disponible.

Le 22 février 1770

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 25 février 1771

Les bals de cour ont été continués tous les lundis du Carnaval, et Madame la Dauphine a rendu ces fêtes charmantes par les grâces dont elle a comblé les dames qui y ont été admises.

Mercy à Marie-Thérèse
Peut être une image de 2 personnesRetissage par la maison Tassinari Et Chatel d’une pièce dessinée par Gondoin en 1771, pour le meuble d’été de la chambre de la Dauphine Marie-Antoinette à Versailles
Peut être une image de mobilier
Paire d’encoignures de la Dauphine Marie-Antoinette ; en marqueterie, bois de rose et amarante, le dessus de marbre brèche d’Alep reposant sur des montants à pan coupé surmontés de rosaces réunis par une frise d’entrelacs, ouvrant à un vantail à décor d’une rosace dans un encadrement à écoinçons et disques ; marque au feu GR / W. Réalisée sous la direction du marchand-mercier Simon-Philippe Poirier.
Aucune description de photo disponible.

Le 17 mars 1771

Quoique le mariage tarde à être consommé, je remarque depuis quelques semaines plus de familiarité et de mystère entre M. le Dauphin et Mme la Dauphine. S.A.R. qui parlait souvent  et même un peu légèrement de sa position, est maintenant silencieuse sur ce chapitre, et j’en augure des suites d’autant plus certaines que M. le Dauphin est réellement amoureux de Mme l’Archiduchesse.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 21 mars 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Dans la nuit du 21 au 22 mars 1771

Monsieur le Dauphin a passé la nuit avec Madame la Dauphine.

Mercy

Le 22 mars 1771

Votre Eminence partagera sûrement ma joie, Monsieur le Dauphin a passé la nuit avec Madame la Dauphine. On a beaucoup parlé et de bonne amitié. Je compte qu’il reviendra ce soirs et les jours suivants. Madame la Dauphine avait promis de ne rien exiger, elle a tenu parole et la tiendra plusieurs jours, elle est dans temps de la générale ( expression conventionnelle pour indiquer la venue des règles ). Quelque besoin que j’ai de voir V.E., je ne crois pas pouvoir quitter dimanche Madame la Dauphine.

L’abbé de Vermond à Mercy

Le 9 avril 1771

Marie-Antoinette a Ses règles huit jours en avance.

Le 16 avril 1771

Mercy annonce enfin que le portrait de Marie-Antoinette par Liotard est sur le point de partir.

Le 4 mai 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 7 mai 1771

L’Impératrice se dit ravie des expéditions de Mercy, mais « du portrait moins, se tient-elle toujours aussi droite, est-elle coiffée ainsi ? J’attends le grand portrait de Liotard avec impatience (…)  Si vous pouvez m’envoyer en attendant son habillement à cheval, chapeau sur la tête, en petit, si cela se peut, même si la ressemblance n’y est pas.» 

A ne pas confondre avec celui de Kranzinger, dont la « ressemblance frappante » est à protéger à tout prix, pour ne pas gâcher le plaisir de la Sacrée Majesté.

Les 11, 12 et 13 mai 1771

Petit séjour à Fontainebleau pour accueillir Marie-Joséphine de Savoie.

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Le 29 mai 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 6 juin 1771

Marie-Thérèse écrit à Mercy :

« J’attends toujours avec impatience le portrait de ma fille, supposant qu’il réussira mieux que celui en petit ; comme il a valu cependant 1800 livres de France à Liotard, je trouve qu’il est toujours le même »

Du 6 au 20 juin 1771

Séjour de Marie-Antoinette à Marly.

Le 22 juin 1771

Depuis quelques semaines, Madame la Dauphine a repris la coutume de jouer avec des enfants, et malheureusement sa première femme de chambre (madame Thierry) en a deux, c’est-à-dire un garçon de six à sept ans et une fille de douze, l’un et l’autre très bruyants, malpropres et remplis d’inconvénients. Madame l’Archiduchesse passe une grande partie de la journée avec ces enfants qui gâtent ses habits, déchirent et cassent les meubles et mettent le plus grand désordre dans l’arrangement des appartements … Lorsque S.A.R. s’est livrée quelques heures de suite à la dissipation, il est impossible de fixer son attention sur rien.”

Mercy à Marie-Thérèse

Le 23 juin 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Les 26, 27 et 28 juin 1771

La Dauphine garde la chambre. Sa maladie semble être la suite de Son imprudence d’être allée se promener à cheval en étant déjà enrhumée et ayant Ses règles.


Kirten Dunst dans Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le Dauphin réprimande sa femme pour les imprudences qu’Elle a prises et le peu de soin qu’Elle prend de Sa santé.

Avant le séjour de Compiègne

Le Dauphin fait signifier à l’abbé de Vermond de sortir lorsqu’il l’entend annoncer ou qu’il le voit entrer chez la Dauphine.

Le 15 juillet 1771

Départ de la Cour pour Compiègne.

Le 18 juillet 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 11 août 1771

Sous l’influence de Sa mère et de Ses tuteurs, Marie-Antoinette se prépare à mettre un terme au silence qu’Elle impose à la maîtresse du Roi, lors d’une mise en scène rigoureusement planifiée. Madame du Barry se rend, comme convenu, au cercle de la Dauphine : la Cour au grand complet guette les deux femmes. Mais alors que Marie-Antoinette s’approche de la favorite pour, enfin, lui adresser un mot, Madame Adélaïde, mise dans la confidence par la jeune Dauphine,  L’en empêche en s’écriant :

Il est temps de s’en aller ! Partons, nous irons attendre le Roi chez ma sœur Victoire !


Mesdames influençant la Dauphine dans la série télévisée Marie-Antoinette (1975) de Guy-André Lefranc

Coupée dans Son élan, Marie-Antoinette lui emboîte le pas, plantant là Madame du Barry humiliée, au milieu de la Cour témoin de ce terrible affront.

                                     Le conflit Dauphine/ favorite vu dans la série télévisée Marie-Antoinette (1975) de Guy-André Lefranc

Elle est encouragée par le clan Choiseul et Mesdames, filles de Louis XV.

Aucune description disponible.

Le 12 août 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 6 septembre 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 1er octobre 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 7 octobre au 19 novembre 1771

Séjour de la Cour à Fontainebleau

                 Le couple delphinal par Martin van Meytens (1771)

Le 14 octobre 1771

Bal à Fontainebleau 

Le 26 octobre 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 28 octobre 1771

Bal à Fontainebleau

Le 3 novembre 1771

Chasse à courre : après avoir suivi en voiture, Marie-Antoinette monte à cheval.  

tiny-librarian:
“ Miniature of Marie Antoinette by Joseph Ducreux.
”
Marie-Antoinette 

Le 4 novembre 1771

Bal à Fontainebleau

Le 9 novembre 1771

Spectacle : Zémire et Azor d’André Grétry

Le 11 novembre 1771

Bal à Fontainebleau

Le 13 novembre 1771

La Dauphine se rend à la chasse du cerf. Elle est tant soit peu enrhumée, et le Dauphin a l’attention d’exiger de sa femme reste dans une voiture fermée et ne monte pas dans les calèches qui servent en de pareilles occasions.

Le 15 novembre 1771

Le Dauphin vient dans l’après-midi dans le cabinet de la Dauphine. L’abbé de Vermont qui était avec Elle se retire dans la pièce voisines où sont les femmes de chambre.

Le 20 novembre 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 15 décembre 1771

Marie-Antoinette a Ses règles.

1772

Le 1er janvier 1772   

                                                                                                           Images colorisées de Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke

Alors que la comtesse Du Barry, entourée de la duchesse d’Aiguillon et de la maréchale de Mirepoix, se présente au lever de la Dauphine au milieu d’une foule nombreuse, Marie-Antoinette prononce les paroles tant attendues, quelques mots restés célèbres :

« Il y a bien du monde aujourd’hui à Versailles »

C’est tout.


Image de Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke

La scène dans la série télévisée Marie-Antoinette (1975) de Guy-André Lefranc

Je lui ai parlé une fois, mais je suis bien décidée à en rester là et cette femme n’entendra plus jamais le son de ma voix.

Elle tiendra parole !

Le 9 janvier 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 23 janvier 1772

Les amusement de cet hiver consistent rn deux spectacles par semaine et un bal. Madame la Dauphine y paraît avec toutes les grâces possibles. Elle danse mieux que par le passé.

Mercy à Marie-Thérèse

Les 25 et 26 janvier 1772

Séjour de Marie-Antoinette à Marly.

Le 3 février 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 28 février 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 24 mars 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.


Kirsten Dunst dans Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 18 avril 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 13 mai 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

En juin 1772

La Dauphine reçoit le duc de Chartres accompagné du duc de Lauzun. Chartres conduit lui-même sa voiture légère à la mode anglaise et nul valet ne les accompagne.

Le 7 juin 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 2 juillet 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 9 août 1772

Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de treize jours.

Le 3 septembre 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 8 septembre 1772

Vous me reprochez, ma chère Christine, de ne pas t’avoir parlé de mes belles petites sœurs Clotilde et Elisabeth ; c’est vrai que je n’en ai pas eu l’occasion. Leur éducation n’est pas encore finie, elles sont confiées à une dame, Madame de Marsan, et en été, je les vois peu, alors que je les vois souvent quand elles sont à Versailles.

Madame, c’est-à-dire Clotilde, reste ce qu’elle était, une petite fille très gentille, souriante, ouverte, qui veut plaire à tout le monde et peut être aimée par tout le monde. À treize ans, elle est raisonnable comme si elle avait vingt ans. Elisabeth a huit ans et demande beaucoup d’attention à son éducation.

Clotilde a enchanté tout le monde à la fête [il s’agit d’une fête offerte par les deux sœurs] saluant toutes les dames avec un bisou sur la joue l’une après l’autre, alors qu’Elisabeth leur a offert sa main à embrasser.

Au revoir chère sœur, je vous embrasse sur les deux joues.”

Marie-Antoinette à Sa sœur Marie-Christine
Marie Antoinette, dauphine of France; engraving by Johann Elias Haid. 18th century. [credit: Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie]
Marie-Antoinette, Dauphine

On remarque l’estime de Marie-Antoinette pour Clotilde mais aussi l’affection pour Sa sœur Marie-Christine. La relation entre Christine et Marie-Antoinette deviendra plus compliquée au fil des ans, mais leur correspondance est restée affectueuse pendant un certain temps. Deux ans seulement avant Sa mort, Marie-Antoinette se réconciliera avec Sa sœur à qui Elle enverra ses bijoux avant la fuite de Varennes

Le 28 septembre 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 6 octobre au 17 novembre 1772

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Portrait of Marie Antoinette by Joseph Diffred Duplessis, 1772. [credit: © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin]
Marie-Antoinette (1972) par Duplessis 

Le 23 octobre 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 3 novembre 1772

Lord et Lady Spencer et leur fille Georgiana, future duchesse de Devonshire sont de visite en France. Celle-ci se lie d’amitié avec Marie-Antoinette. Les deux femmes conserveront une tendre correspondance épistolaire jusqu’à la révolution.

Est-ce lors de cette visite que Georgiana offre un bichon à la Dauphine? 

courtroyale:
“ A dog kennel which had belonged to Marie Antoinette. Made by Claude Sene ca.1775-1780 source:metropolitan museum
”
Niche d’un chien de Marie-Antoinette par Claude Sene ( vers 1775)

Le 3 novembre 1772

Joshua Reynolds - Georgiana, Duchess of Devonshire.jpg
Georgiana Spencer par Joshua Reynolds

Lord et Lady Spencer et leur fille Georgiana, future duchesse de Devonshire sont de visite en France.

Le soir venu, c’est dans le salon de Mars éblouissant de lumières que Marie-Antoinette apparut aux Spencer. Le regard de la jeune Dauphine se posa sur celui de Georgiana séduite par tant de charme et de beauté. Début d’une vive et durable amitié, un penchant soudain attira l’une vers l’autre la jeune Anglaise et la future Reine de France.

G. Castel-Çagarriga
Aucune description disponible.

tingsilike:
“ The duchess/ Marie Antoinette crossover
”

Le 5 novembre 1772

La Dauphine monte à cheval. Elle est vêtue en grand uniforme de chasse.

Par Joseph Krantzinger - Page 2 Huntin10
Marie-Antoinette, en amazone ou habit de chasse, par l’Autrichien Joseph Krantzinger

Le 17 novembre 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 12 décembre 1772

Marie-Antoinette a Ses règles.

1773

En 1773, Marie-Antoinette commande deux portraits tissés, de Sa mère Marie-Thérèse d’Autriche et de Son frère Joseph II, à la Tapisserie des Gobelins et les fait encastrer en haut des miroirs, au-dessus de la cheminée et face à celle-ci. Les portraits sont exécutés par le lissier Michel-Henri Cozette (1744-1822).

Le 6 janvier 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 16 janvier 1773

Madame la Dauphine se montre à ces bals avec toutes les grâces possibles.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 31 janvier 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 11 février 1773

La Dauphine se rend incognito à Paris avec son époux et le comte et la comtesse de Provence au bal masqué de l’Opéra.


Le Bal des Ifs, sous Louis XV par François Nicolas Martinet

Le 25 février 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 22 mars 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 16 avril 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 11 mai 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

A Saint-Hubert, le Dauphin révèle à son grand-père que le mariage est consommé. Marie-Antoinette n’est pas là puisqu’Elle ne va jamais aux petits voyages de chasse du Roi.

Le 12 mai 1773

Le Dauphin a un accès de fièvre.

Le Roi parle à la Dauphine de la nouvelle quant à  la consommation du mariage et , malgré la réticence de la princesse, il la publie. Elle se répand aussitôt “pendant que M. le Dauphin prend médecine“, précise Vermond.

Le 17 mai 1773

Le bruit court ici que Monsieur le Dauphin  est véritablement mon mari, mais il n’en est rien encore, quoique je crois que cette maladie nous a fait grand tort, étant un peu plus avancés qu’à l’ordinaire. Cela aurait pu finir plus tôt, au lieu qu’à cette heure cela sera encore bien reculé.

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

Le 5 juin 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 8 juin 1773

Le Dauphin et la Dauphine font leur entrée officielle à Paris.

Le palais des Tuileries - Page 9 Loadim10L’entrée solennelle à Paris du Dauphin et de la Dauphine

C’est un triomphe populaire.

“[Louis XVI] spoke to his august consort in an infinitely cordial and tender manner, saying among other things that he loved her with all his heart and that he could swear to her he had never had the least feeling or sentiment for any woman, but for...
Image de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Le 30 juin 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 8 juillet 1773

La Cour arrive à Compiègne.

Le 17 juillet 1773

Je puis bien dire à ma chère maman et à elle seule que depuis que nous sommes arrivés ici (à Compiègne), mes affaires sont fort avancées, et je crois le mariage consommé quoique pas dans le cas d’être grosse ; c’est pour cela même que Monsieur le Dauphin ne veut pas qu’on le sache encore. Quel bonheur si j’avais un enfant au mois de mai. Pour mes règles, je les ai toujours fort et bien, vous pouvez bien croire que je ne monte à cheval dans ce temps-là.”

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

J’ai lieu de croire que les tentatives pour la consommation du mariage ont été réitérées, mais avec des succès incomplets. Les médecins ont engagé M. le Dauphin à faire usage d’une préparation de limaille de fer, c’est un corroborant tonique très communément employé, et que l’on croit le plus convenable à l’état du jeune prince.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 31 juillet 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

A partir d’août 1773

Mercy se montre particulièrement scrupuleux dans ses rapports à l’Impératrice quant au danger qu’il y a pour la Dauphine à monter à cheval, maintenat qu’un changement favorable s’est produit dans l’état de Son mariage.

Le 14 août 1773

A une petite fête donnée par Madame de Durfort :

Dans ces sortes de circonstances, il est impossible de déployer plus de grâces et de bonté que n’en marque Madame l’Archiduchesse.

Mercy à Marie-Thérèse

Je suis vivement et profondément blessé du silence que garde avec moi Madame la Dauphine sur les dispositions de Monsieur le Dauphin à mon égard; il est probable que depuis deux ans elle ne lui a pas parlé de moi.

L’abbé de Vermond

Le 25 août 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 16 septembre 1773

Un spectacle est donné chez Madame de Durfort :

Monsieur le Dauphin y paraît fort gai, parlant à tout le monde, et Madame la Dauphine y déploie les grâces qui causent toujours un nouvel enchantement à tous ceux qui ont l’honneur de l’approcher rn semblables occasions.”

Mercy à Marie-Thérèse

Le 26 septembre 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 6 octobre au 14 novembre 1773

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le 21 octobre 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 23 octobre 1773

Comédie, La Rosière de Salency

Le 16 octobre 1773

Accident de Pierre Grimpier, vigneron d’Archères, âgé de trente ans et père de trois enfants, lors d’une chasse du Roi : il est grièvement blessé à la cuisse et au corps par un cerf poursuivi par la meute.

“Madame, il vient d’arriver un malheur affreux ; le cerf a sauté dans le jardin d’un pauvre vigneron, qui a été effrayé ; il a voulu fuir, le cerf l’ a tué. C’est sa malheureuse femme qui vient par ses cris de m’apprendre ce malheur. J’ai envoyé sur-le-champ du monde pour la secourir, et j’ai envoyé au rendez-vous pour avoir le chirurgien. Il n’a que trente ans et trois enfants dont j’aurai soin ; mais la pauvre femme, cela ne lui rendra pas son homme. […]”

Louis XV à Marie-Antoinette

La Dauphine et la comtesse de Provence descendent de voiture pour porter assistance à l’homme et sa famille.

La scène va marquer les esprits.

CHIFFRE DE LA REINE MARIE-ANTOINETTE DE STYLE LOUIS XVI

Le 18 octobre 1773

Spectacle à Fontainebleau.

 

Le 21 octobre 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 24 octobre 1773

Commencement du carnaval … une bonne excuse pour la Dauphine pour dormir seule. Cette fois encore, Elle fait de Son mieux pour éluder la promesse que Son mari Lui a arrachée.

Le 28 octobre 1773

Bal de la Dauphine.

Le 31 octobre 1773

Présentation de l’ambassadrice du Portugal, la comtesse de Souza, née Canillac.

Le 15 novembre 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 16 novembre 1773

Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie, sœur de la comtesse de Provence.

16 novembre 1773: Mariage du comte d'Artois avec la princesse Marie Thérèse  de Savoie

Marie-Thérèse redoute pour sa fille ce renforcement du clan savoyard à la Cour de France.

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Le 19 novembre 1773

Bal paré et feu d’artifices au château de Versailles.

Marie-Antoinette qui avait, depuis deux jours, une légère indisposition, assiste à ce divertissement d’une loge accompagnée de Madame Elisabeth.

LE FORUM DE MARIE-ANTOINETTE
 

Le 24 novembre 1773

Bal masqué au château de Versailles.

Le 10 décembre 1773

Marie-Antoinette a Ses règles.

1774

Le 4 janvier 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 19 janvier 1774

Aux bals données par Madame de Noailles: 

Madame l’Archiduchesse y est toujours remplie de grâces et de bonté et enchante tous ceux qui sont admis à lui faire leur cour.

Mercy à Marie-Thérèse

Mercy insiste de nouveau sur les conséquences pour le Dauphin des fatigues de la chasse.

Le 29 janvier 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 30 janvier 1774

Marie-Antoinette rencontre Axel de Fersen lors d’un bal à l’Opéra.


Emmanuelle Béart et Laurent Le Doyen dans Marie-Antoinette, Reine d’un Seul Amour (1988) de Caroline Huppert 

Michèle Morgan dans le film de Jean Delannoy (1955)

Le 23 février 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 20 mars 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Printemps 1774

On assiste, pendant le carnaval, au début de la faveur de la princesse de Lamballe.

La princesse de Lamballe

Le 4 avril 1774

Le Dauphin a les oreillons.

Le 14 avril 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 19 avril 1774

Iphigénie en Aulide de Gluck triomphe lors de sa création à l’Opéra grâce au soutien de la Dauphine.

Opera Meets Film: How a Rameau Aria Illuminates Subtext in Sofia Coppola's 'Marie  Antoinette' - Opera WireKirsten Dunst incarne la Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

Le 27 avril 1774

Louis XV revient malade de Trianon.

Le 29 avril 1774

On diagnostique la petite vérole du Roi.

Le 30 avril 1774

Tout Paris accourt. Pour ne pas inquiéter le Roi, on ne lui parle que d’une fièvre militaire. Il montre ses boutons d’un air étonné. Ses filles le gardent le jour, Madame du Barry pendant la nuit. Louis XV est dérangé par les soins de ses filles.

Le 1er mai 1774

Le Roi se porte mieux, on continue donc à lui cacher la gravité de son mal.

Le 2 mai 1774

La nuit du Roi est calme ; l’éruption très abondante se continue sans accident.

Le 4 mai 1774

Le Roi congédie madame du Barry et l’envoie à Rueil.

A six heures du soir, il demande à Laborde, son premier valet, d’aller chercher Jeanne du Barry.

Elle est partie à Rueil, Sire!

-Ah! déjà ! 

Le 6 mai 1774

Il faut deux jours au Roi pour décider à se confesser.

Le soir, l’éruption qui a failli s’arrêter passe au pourpre.

Le 7 mai 1774

Le Roi reprend un peu de forces, “sa mine donne toute espérance”. Cependant beaucoup de gens le regardent comme perdu. La conduite extérieure est toujours aussi bonne.

Le 8 mai 1774

L’agonie de Louis XV commence. On dispose une chandelle à la fenêtre de sa chambre. On l’éteindra en même temps que lui.

Vahina - Marie Antoinette, avec Vahina Giocante (Alain Brunard) Zmortx10
Image de Marie-Antoinette (2005) d’Alain Brunard
I love this movie.
Norma Shearer

Le Dauphin et la Dauphine s’attendent à monter bientôt sur le trône…

Dans une conjoncture si critique et si délicate, Madame la Dauphine a tenu la conduite d’un ange, et je ne puis comprimer mon admiation de sa piété, de sa prudence, de sa raison ; tout le public en est enchanté, et certainement à juste titre. S.A.R. s’est tenue dans la plus parfaite retraite même pour les personnes de son service, hors la famille royale. Elle n’a vu que l’abbé de Vermond et moi, c’est à dire pour s’entretenir et parler de suite.”

Mercy à Marie-Thérèse

Le 9 mai 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

L’état du Roi s’aggrave : les croûtes et les boutons séchés deviennent noirs, la filtration se fait en dedans et on remarque des eschares dans la gorge qui l’empêchent d’avaler.

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt à trois heures et quart de l’après-midi..


Louis XV
Gravure montrant la mort de Louis XV dans sa chambre de Versailles

Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Marie-Antoinette (1956)
Marie-Antoinette (1956)

Louis XV à peine mort, les courtisans se ruent vers le nouveau Roi.

Marie-Antoinette de Jean Delannoy
Marie-Antoinette (1956)
michèle morgan | Explore Tumblr Posts and Blogs | Tumgir
Michèle Morgan (1956)

Le petit-fils du défunt Roi, âgé de vingt ans, est tout de suite effrayé par le poids des responsabilités, plus qu’enivré par son nouveau pouvoir.

La nouvelle Reine Marie-Antoinette soupire :

« Mon Dieu, guidez-nous, protégez-nous,nous régnons trop jeunes ! »

image

Aucune description disponible.Louis XVI effrayé auprès de Marie-Antoinette épaulée par Madame ElisabethRésultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Gautier d'Agoty"Marie-Antoinette, portrait Au Globe par Gautier-Dagoty, 1775
“ She is an amiable and honest woman, a little young, thoughtless, but at bottom with feelings of honesty and virtue, an understanding of her position, and really respectable. With all that, she is clever and sees things so clearly that I have often...
               
  Image de Marie Antoinette: La véritable histoire (2006)

Du 10 au 17 mai 1774

Séjour de la Cour au château de Choisy.

Plongée 3D au château de Choisy-le-Roi à l’époque de Louis XV

Le renvoi de Madame du Barry et l’exil du duc d’Aiguillon, ennemis du duc de Choiseul, sont vus comme des triomphes de la nouvelle souveraine.

“La créature est mise au couvent et tout ce qui porte ce nom de scandale est chassé de la Cour!”

Marie-Antoinette à Sa mère
Quand le Duc d'Aiguillon votait la fin des privilèges - petitbleu.fr
Le duc d’Aiguillon

Sur les conseils de Madame Adélaïde, sa tante, Louis XVI fait entrer Maurepas au gouvernement.

Image associée
Madame Adélaïde par Labille-Guiard

Le 12 mai 1774

Madame du Barry reçoit à Rueil la lettre de cachet la reléguant à l’abbaye du Pont-aux-Dames, près de Meaux.

Du 17 mai au 16 juin 1774

Séjour de la Cour au château de La Muette.

La château de la Muette, siège de l'O.C.D.E. à Paris - Le blog de  Jean-Pierre Kosinski.

Le 19 mai 1774

La vérole s’étant déclarée chez Mesdames qui sont restées auprès de leur père jusqu’au bout, la Cour quitte Choisy pour le château de La Muette.

Le 24 mai 1774

Le Roi offre le Petit Trianon à Marie-Antoinette qui souhaite avoir une résidence de campagne où échapper aux contraintes de Son rang. Elle y engage de grands travaux.

Château du Petit Trianon — Wikipédia

Le 3 juin 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 6 juin 1774

Marie-Antoinette pend la crémaillère de Sa nouvelle possession, en compagnie de Madame Clotilde (1759-1802), les Provence et les Artois, Ses belles-sœurs et beaux-frères et son royal époux qui, peu de temps après, lui remet la clef du domaine sertie de 531 diamants, exécutée par le serrurier François Brochois et l’orfèvre-joaillier Michel Maillar.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est tumblr_p3kybiTbE41s207suo2_500.gifv.
Petit Trianon in Chateau de Versailles | Paris DigestI
mages de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 7 juin 1774

 Le Roi dîne avec la Reine au Petit Trianon.

Du 17 juin au 1er août 1774

Hubert Robert et la fabrique des jardins – Le Magazine de Proantic

Séjour de la Cour au château de Marly… durant lequel, Marie-Jeanne Bertin (1747-1813) est présentée à la Reine par la duchesse de Chartres (1769-1821), belle-sœur de la princesse de Lamballe…


Mademoiselle Bertin

Très vite, la célèbre Mademoiselle Bertin devient la marchande de Mode attitrée de Marie-Antoinette.

Louis XVI, ses frères et la comtesse d’Artois se font inoculer.

tiny-librarian:
“ Marie Antoinette had already had the disease, but the King, his brothers and the Comtesse d’Artois now submitted to the new treatment with serum from a mild case of smallpox; the modern vaccine taken from cow-pox was not discovered...
Gabriel Dufay est Louis XVI dans le film de Thierry Binisti (2011)

Marie-Antoinette et la comtesse de Provence sont déjà immunisées contre la maladie.

Mesdames Clotilde et Elisabeth sont jugées trop jeunes.

Le 28 juin 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 23 juillet 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Louis XVI et Marie-Antoinette reçoivent à dîner à Versailles

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de intérieur

Les soupers, qui ont lieu une à deux fois par semaine dans la Salle-à-Manger du premier étage, ont été institués à l’instigation de Marie-Antoinette.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion -ChristopheD. D. Château Versailles 22 juin 2021’

Écoutant Sa mère et redoutant comme Elle la reprise des soupers de chasse, Elle avait devancé la menace en allumant un contre-feu :

“Les soupers de société devaient présenter bien avantages : celui de rapprocher les gens considérables et de mérité de la personne du Roi, d’en éloigner les sociétés de jeunes gens, de ne jamais séparer la Reine de son auguste époux” .

Mercy-Argenteau

Ils nécessitent un véritable bouleversement de l’Etiquette : l’abolition de la règle qui interdit aux Reines et aux Princesses de manger à la même table que des hommes qui n’appartiennent pas à la Famille Royale.

Peut être une image de intérieur

Dans un premier temps, Louis XVI dresse la liste des hommes conviés et la Reine, celle des femmes. Plus tard, ce sera le Roi qui la dressera le matin, la faisant porter à la Reine qui enverra à Paris Ses pages inviter les épouses de ceux qu’il aura choisis.

Peut être une image de intérieur
Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Talo Versailles Passion- Christophe Château Versailles 22 juin 2021’

Les Dames, suivies des hommes, traversent les cabinets, puis la Salle-à-Manger et la Salle des Buffet et viennent se tenir un court instant dans le Salon. Le Contrôleur de la Bouche annonce que Leurs Majestés sont servies, et tous les invités refluent vers la Salle-à-Manger.

Peut être une image de mobilier, intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe Château Versailles 2juin 2021’

Dans les premiers temps, tous les convives sont assis autour de la table. Mais leur nombre augmentant jusqu’à plus de cinquante, même la table à rallonges de plus de six mètres, ne suffira pas. Les Seigneurs se disputent la place à une seconde petite table pour ne pas devoir se contenter de manger un morceau, debout, au buffet.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion -ChristopheD. Château Versailles 22 juin 2021’

Du 1er août au 1er septembre 1774

Séjour de la Cour au château de Compiègne.

Compiegne Palace

Le 1er septembre 1774

Marie-Antoinette a Ses règles avec quinze jours de retard.

Le 26 septembre 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 5 au 10 octobre 1774

Séjour de la Cour au château de Choisy.

Du 10 octobre au 10 novembre 1774

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Billets d'entrée Château de Fontainebleau | musement

Tous les matins, la Reine reçoit une leçon de harpe d’une heure et demi voire deux heures.

Le 17 novembre 1774

A l’occasion des soupers dans les Cabinets:

Cet établissement (des soupers) est devenu une nouvelle occasion pour la Reine à déployer les grâces vraiment charmantes qu’elle sait marquer à ceux qu’elle veut bien traiter.

L’abbé de Vermond à Marie-Thérèse

Le 21 octobre 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 2 novembre 1774

Chasse en calèche.

Les 11 et 12 novembre 1774

Séjour de Louis XVI à La Muette.

Le 12 novembre 1774

Retour au château de Versailles.

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Louis XVI rappelle les parlements.

Roslin - Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) - Page 3 Roslin11Louis XVI par Roslin

Le 15 novembre 1774

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 27 novembre 1774

La jeune Reine se promène en traîneau… Le cocher tombe, le cheval s’emballe  mais Marie-Antoinette parvient à prendre les rênes et à conduire sans difficulté le traîneau sans dommage.

Les fantaisies de la jeune Reine ne vont pas tarder à se transformer en “affaires”.  On n’avait encore jamais vu pareille extravagance !

Le 28 novembre 1774

Malgré les frayeurs que la Cour a pu avoir la veille, Marie-Antoinette repart de plus belle en promenade en traîneau !

                     
 Louis XVI et Marie-Antoinette par J.-J. Bernard

Le 18 décembre 1774

A propos des soupers dans les Cabinets :

La Reine sait tellement bien mettre ces occasions à profit que tout le monde est plus enchanté que jamais de ses grâces ; elles forment le sujet des conversations journalières dans Paris, et on y relève sans cesse quelque nouveau trait de bonté et de charme de la Reine.”

Mercy à Marie-Thérèse

Après le 18 décembre 1774

Marie-Antoinette a Ses règles : le retard est inconnu mais on le sait supérieur à huit jours.

1775

Le 9 janvier 1775

Bal chez la Reine.

Le 23 janvier 1775

Mercy donne un bal auquel assiste le Roi.

Le 6 février 1775

Bal chez la Reine.

Le 7 février 1775

L’Archiduc Maximilien (1756-1801) rend visite à sa sœur. Il voyage sous le pseudonyme de comte de Burgau. Voilà bientôt cinq ans que Marie-Antoinette n’a pas vu Son petit frère. Il apporte bien quelques recommandations et conseils de leur mère, qui risquent fort d’être désagréables à entendre, mais quelle joie de se revoir après si longtemps ! Marie-Antoinette entraîne l’Archiduc dans le tourbillon des fêtes de Versailles sans se soucier, une fois de plus, des règles protocolaires. Il en résultera quelques difficultés avec les princes du sang, quelques bévues qui entameront encore un peu plus le crédit de la Reine auprès de la Cour.

Josèphe - Portrait de Marie-Antoinette ou de Marie-Josèphe, par Meytens ? - Page 5 Projet11

Une telle insouciance ne peut qu’exaspérer un peu plus le pauvre Mercy qui doit déployer des trésors d’imagination et de patience pour essayer de convaincre la Reine que Sa vie est auprès de son époux. Marie-Antoinette écoute, fait mine d’entendre pour oublier aussitôt et retourner à Ses distractions sans lesquelles, avoue-t-Elle, Elle mourrait d’ennui !…

Hauzinger - Portraits de Marie Antoinette par Josef Hauzinger Josef_12
Marie-Antoinette, le Roi Louis XVI de France et l’Archiduc Maximilien, huile sur toile de Joseph Hauzinger :  le tableau est réalisé un an après l’événement ; Hauzinger, l’un des peintres de la cour de Marie-Thérèse, pour dépeindre la Reine, utilisa comme modèle l’une de Ses sœurs. On ne sait pas qui des trois présentes à la Cour de Marie-Anne, de Marie-Elizabeth ou de Marie-Christine. Celle-ci, même si elle était mariée, revenait pratiquement toujours aux côtés de sa mère et c’est sans doute celle à laquelle ont été demandées les séances. Selon, en effet, une dame de Marie-Thérèse qui avait eu l’occasion de revoir Marie-Antoinette, Marie-Christine était la sœur qui Lui ressemblait le plus.
Hauzinger - Portraits de Marie Antoinette par Josef Hauzinger Img_9338

C’est un échec en termes de relations publiques et le jeune homme est rapidement surnommé “l’Archibête“.

Le 20 février 1775

Bal de nuit dans le salon d’Hercule.

Le 23 février 1775

Souper et bal la nuit chez la comtesse de Noailles.

Le 27 février 1775

Bal et fête de nuit à la Grande Ecurie.

Le 17 mars 1775

Quoique le Carnaval m’ait bien amusée, je conviens qu’il était temps qu’il finît. Nous sommes remis à cette heure dans notre train ordinaire, et j’en profiterai pour causer davantage avec le Roi qui est toujours de très bonne amitié avec moi.

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

De fin mars à mai 1775

Les émeutes connues sous le nom de “guerre des farines” témoignent de la crainte de manquer de pain…

Le 1er avril 1775

Je doute qu’on voudra accorder à la Reine la distinction d’être sacrée en même temps que le Roi. Vous faites très bien de vous tenir à l’écart, de même que ma fille, dans la poursuite de cette affaire.

Marie-Thérèse à Mercy

Le 20 avril 1775

Pendant huit jours, un rhume fort léger a interrompu les promenades à cheval ou en voiture que (la Dauphine) a coutume de faire quand le temps le permet.

La Reine a toujours regardé avec la même indifférence l’idée de participer au sacre du Roi ; il a gardé le manuscrit qui lui avait été remis par le duc de Duras, et on n’en a plus parlé. Il paraît un autre livre sur les cérémonies de sacre des rois et des reines de France ; j’en ai joint un exemplaire aux autres brochures que j’adresse au baron de Neny.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 9 mai 1775

Le Roi est revenu coucher chez la Reine ; il y avait six semaines qu’il s’en abstenait, cet éloignement faisait tenir beaucoup de propos ; j’en ai importuné la Reine pendant trois semaines sans lui faire impression ; la certitude qu’elle avait des dispositions du Roi lui faisait hausser les épaules lorsque je lui disais qu’on persuadait au public diminution de confiance et d’affection.

L’abbé de Vermond à Mercy

Du 7 au 10 juin 1775

Séjour de la Cour au château de Compiègne.

Forêt de Compiègne : Amour quand tu nous tiens !

Les 8 et 9 juin 1775

Louis XVI et Marie-Antoinette sont au château de Fismes.

Du 9 au 16 juin 1775

Le Roi et la Reine séjournent à Reims.

Dimanche 11 juin 1775

Fichier:Louis XVI en costume de sacre - Joseph-Siffred Duplessis.jpg —  WikipédiaLouis XVI par Duplessis

Louis XVI est sacré à Reims.

Sacre de Louis XVI
Marie Antoinette at the coronation of Louis XVI (close-up)
Peut être une image de monument

La Reine n’est que spectatrice des cérémonies.

« Le sacre a été parfait […]. Les cérémonies de l’Église [furent] interrompues au moment du couronnement par les acclamations les plus touchantes. Je n’ai pu y tenir, mes larmes ont coulé malgré moi, et on m’en a su gré […]. C’est une chose étonnante et bien heureuse en même temps d’être si bien reçu deux mois après la révolte, et malgré la cherté du pain, qui malheureusement continue »

Marie-Antoinette à Sa mère
Les couronnes des Rois de France : d'Henri IV à Louis-Philippe - Le blog de  La Couronne
      
Manteau du sacre de Charles X et réplique de la couronne de celui de Louis XV

Détail du collier de l’Ordre du Saint-Esprit

Louis XVI et Marie-Antoinette couronnés par l’Amour, 1775 (craie avec encre et peinture à l’eau), par Gabriel Jacques de Saint-Aubin
Detail from The Coronation of Louis XVI, 11 June, 1775 by Jean-Michel Moreau, 1775.
A portrait of Marie Antoinette by an unknown artist, 18th century.  [credit: Galerie Bassenge, via Invaluable]
Aucune description disponible.
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Du 16 au 19 juin 1775

Louis XVI et Marie-Antoinette repassent par le château de Compiègne.

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Le 22 juin 1775

Marie-Antoinette écrit à Sa mère :

La comtesse d’Artois poursuit sa grossesse ; elle est très heureuse et n’a aucune crainte de l’accouchement. Bien sûr, elle est tellement petite qu’elle a suffit qu’ils lui disent qu’ils ne lui laisseraient pas prendre la médecine noire pour qu’elle touche les étoiles de la joie “.
Qu ‘ est-ce que la “médecine noire” Marie-Antoinette ne le précise pas, mais, contrairement à ce qu’on peut penser, il ne devait pas s’agir d’une étrange potion sortie d’un laboratoire de sorcières Au lieu de cela, il s’agissait d’une thérapie très en vogue à l’époque : la saignée par les sangsues, d’où le terme “médecine noire”, car les sangsues sont noires. La saignée avec les sangsues a été pendant des siècles la panacée pour toute maladie. De la grippe à la goutte. En remplacement de la saignée, le sang était surtout extrait pour décongestionner des organes internes, pour extraire du sang et des humeurs “corrompus”. il semble qu’il était recommandé quand on avait subi une peur, à ceux qui étaient de pression élevée au moment du changement de saison, aux touchés d’attaques cardiaques et aux femmes au neuvième mois de grossesse. Bien sûr, bien sûr, sans douleur, la vue des sangsues visant à sucer le sang ne devait pas être “beau à voir”, d’où la joie de la comtesse d’Artois.

 

En juillet 1775

Départ de Monsieur et de Madame autorisés à suivre la nouvelle princesse de Piémont dans sa patrie d’adoption et le séjour “de quinze jours dans le plus grand incognito à Chambéry“.

La Reine écrit “qu’il est affreux pour moi, de ne pouvoir espérer le même bonheur.”

Marie-Antoinette piquée au vif s’enferme dans Ses appartements pour pleurer à Son aise d’autant que le comte et la comtesse de Provence expriment bruyamment leur joie. Elle ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Marie-Joséphine ravie de revoir sa famille, alors que Joseph II tarde à La visiter…

     
Miniature sur ivoire. Marie-Christine est à l’extrême gauche, en compagnie de son époux Albert de Saxe, duc de Teschen… Maximilien, Marie-Elisabeth, Marie-Anne et Joseph II  autour de Marie-Thérèse… L’œuvre est de Marie-Christine !

Le 28 juillet 1775

Chasse au sanglier avec la Reine, dans la forêt de Marly. Dîné à quatre heures à Marly. La Reine a chassé et soupé.

Marie-Antoinette nage en plein bonheur. Elle a totalement oublié la morosité qui régnait à Versailles dans les premiers mois qui avaient suivi son arrivée en France. Ce sont tous Ses rêves d’enfant qui se réalisent. Pour Elle, être Reine, c’est avoir le loisir de faire tout ce qu’Elle souhaite quand Elle le souhaite. Elle peut maintenant donner libre cours à toutes Ses fantaisies et ne va pas s’en priver.

La jeune Reine garde, de Sa vie de Dauphine, la fâcheuse habitude de se moquer des vieilles gens qu’Elle appelle les “siècles”…

« ….. Passé trente ans, je ne comprends pas comment on ose paraître à la Cour… »

                                                                                                                      Images de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Cela est devenu si coutumier que l’on chantonne à Paris : 

Petite Reine de vingt ans,
Qui traitez aussi mal les gens,
Vous repasserez en Bavière.

    Aujourd’hui, la petite Reine de vingt ans est heureuse et Elle ne se soucie guère de ce que l’on peut dire ou écrire à Son sujet ! Elle a l’impression d’être revenue à la Cour de Vienne ; Elle a retrouvé Son insouciance de petite fille. Forte de ce sentiment de liberté, Marie-Antoinette brave de plus en plus souvent l’Étiquette afin de donner libre cours à Ses désirs.

Elle parcourt Versailles et Paris et se moque des usages parce que les usages L’ennuient. Et bien sûr, tout cela n’est pas du goût de tout le monde. Mesdames tantes du Roi, les Orléans, les Provence, et une bonne partie des courtisans estiment que la Reine, en se livrant à ces plaisirs inhabituels, ne tient pas son rang. Certains prétendent même qu’Elle fait offense à la noblesse du Roi de France.

 Marie-Antoinette n’a que faire de leurs remarques ni même de leurs sarcasmes ou de leurs perfidies : le peuple L’aime. Elle en reçoit la démonstration chaque fois qu’Elle se montre en public. Ainsi, lorsqu’en Janvier elle se rend à l’Opéra de Paris pour entendre, une nouvelle fois, son maître Gluck, les Parisiens lui font un tel triomphe que des larmes de joie coulent sur ses joues. Que sont les remarques ironiques des courtisans à côté de ces témoignages d’affection qui viennent du peuple ?

La Reine est heureuse. Heureuse d’être aimée, heureuse d’avoir un mari qui La comble de bienfaits, heureuse de vivre ! C’est aussi que Louis XVI n’est pas mécontent de La voir s’occuper d’autre chose que de politique et il se sert de madame de Polignac pour La confiner dans ces préoccupations futiles…

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Le 6 août 1775

Naissance de Louis-Antoine, duc d’Angoulême, fils du comte et de la comtesse d’Artois.

La stérilité du couple royal fait jaser…

                                                                                                                                                         Images de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 20 août 1775

Mariage de Madame Clotilde, Gros Madame, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, frère des comtesses de Provence et d’Artois.

Aucune description disponible.

Comme pour les mariages des frères de Clotilde les années précédentes, la réception du Grand Appartement accueille les courtisans dans les salons de parade du château. La fureur du jeu s’empare bientôt des invités. Le grand public est admis à défiler dans la Galerie des Glaces, heureux de saisir un instant la tête d’un illustre personnage. Ensuite, toujours sous l’œil attentif de la foule, la famille royale se réunit dans la soirée à l’Opéra de Versailles pour le souper du Grand Couvert sous les airs de la musique du surintendant Dauvergne.

Le lendemain, 22 août 1775

Les festivités publiques reprennent, Madame Clotilde n’a plus un moment de répit !

Ainsi, malgré ce splendide bal paré donné pour elle, Madame Clotilde paraît bien éclipsée par sa belle-sœur…  Comme en témoigne Horace Walpole :

 “On ne pouvait avoir des yeux que pour la reine. Les Hébé et les Flores, les Hélène et les Grâces ne sont que des coureuses de rue à coté d’elle. Quand elle est debout ou assise, c’est la statue de la beauté ; quand elle se meut, c’est la grâce en personne. Elle avait une robe d’argent semée de laurier-roses, peu de diamants et de grandes plumes. On dit qu’elle ne danse pas en mesure, mais alors c’est la musique qui a tort.”

Ni son charme juvénile, ni ses doux yeux candides, ni la splendeur de ses atours ne peuvent rivaliser avec la majesté innée de Marie-Antoinette.

Le 25 août 1775

L’ambassadeur de Sardaigne, le comte de Viry (1736-1813), donne une grande fête à Paris au Vauxhall à la barrière de Vaugirard. Un feu d’artifice et un bal masqué accueillent “l’univers entier”, 6000 personnes !

Le 26 août 1775

La représentation d’une tragédie “Le Connétable de Bourbon” de M. de Guibert clôture les fêtes.

La comtesse de Noailles a donné sa démission. Le roi m’accorde Madame de Lamballe pour surintendante, Mme de Chimay qui était Dame d’atours, pour Dame d’honneur, et Madame de Mailly, qui était Dame à moi, pour Dame d’atours.
 Le Mercure en septembre 1779

Le 19 septembre 1775

Marie-Antoinette octroie à la princesse de Lamballe le titre très lucratif de « surintendante de la Maison de la Reine », dont la charge consiste à organiser les plaisirs de celle-ci. Ce titre avait été aboli par Louis XV en raison de son coût.

Peut être une image de 1 personne
La princesse de Lamballe par Antoine Callet

Du 3 au 9 octobre 1775

La Cour est au château de Choisy.

Le 6 octobre 1775

Une course de chevaux aux Sablons oppose Lauzun  à Artois, Chartres, Guéménée, au marquis de Conflans et de Voyer, pour les plus prestigieux… La foule est énorme. La Reine a tant insisté pour être présente que le Roi a cédé. La course commence à une heure de l’après-midi. Elle ne dure que six minutes mais elle est âprement disputée puisqu’il faut faire trois fois le tour de la plaine des Sablons. Lauzun l’emporte sur ses adversaires. La Reine prend le plus grand plaisir à ce spectacle pendant lequel on trépigne, on crie, on siffle, on applaudit au milieu d’un vacarme enfiévré.

Charles-Philippe, comte d'Artois, Charles X – Marie-Antoinette  Antoinetthologie
Course de chevaux sous le Premier Empire par Debucourt

Dès lors le succès des courses est tel qu’il y en aura presque chaque semaine, parfois en fonction des déplacements de la Cour, aux Sablons, à Vincennes, à La Muette, à Fontainebleau ou  même à Rambouillet.

Du 9 octobre au 16 novembre 1775

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Automne 1775

Marie-Antoinette se lie d’amitié avec la comtesse de Polignac, une jeune femme de peu de moyens mais dont elle apprécie la gaieté d’esprit. La Reine se montrera généreuse envers cette amie et tout son entourage…

L'autrichienne (1990) - Ute Lemper as Marrie Antoinette. | 18th century  fashion, Historical dresses, 18th century costume
Ute Lemper dans L’Autrichienne de Pierre Granier-Deferre (1990)

C’est à cette époque aussi que Marie-Antoinette subit une cour appuyée du duc de Lauzun (1747-1793) qui Lui offre une plume de héron qu’Elle portera en Sa coiffure, ce qu’il aura la prétention de considérer comme une marque de faveur.

En novembre 1775

Marie-Thérèse prévoit un voyage à Goritz  pour connaître les enfants de son fils Léopold, grand duc de Toscane.

Le 4 novembre 1775

Courses de chevaux anglais.

Le 10 novembre 1775

Opéra, La Tragédie Menzikoff, pour lequel le Roi tient à payer les costumes.

Gautier - Marie-Antoinette à la harpe, par Jean-Baptiste-André Gautier Dagoty Marie_91
Marie-Antoinette à la harpe (1775), par Gauthier-Dagoty

Madame de Polignac présente un feuillet à la souveraine.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est partition-musique-dagoty.png.

On pourrait croire qu’une partition de musique ou les paroles d’une chanson y sont inscrites En réalité, il s’agit d’une supplique que le peintre s’est permis d’insérer, de façon très discrète, dans le portait :

A la Reine.
Madame,
Monsieur, J.B.G Dagoty ayant eut l’honneur de peindre Votre majesté et de lui faire plusieurs portraits la supplie humblement de vouloir bien lui permettre de porter le titre de son peintre.

En effet, il vient de devenir officiellement Peintre de la Reine ! Visiblement très heureux de la tournure prise par sa carrière d’artiste, Dagoty ne résista pas à l’auto célébration de son succès…

tiny-librarian:
“Detail of a portrait of Marie Antoinette, playing the harp in her bedroom at Versailles.
”

Simon-Louis Boizot, 1775
Buste de Marie-Antoinette en Diane chasseresse, coiffée d’une longue tresse torsadée, vêtue d’une tunique de chasseresse et couverte de la peau d’un fauve.

Le 12 novembre 1775

Le Roi paraît redoubler d’amitié et de confiance pour moi, et je n’ai rien à désirer de ce côté-là. Pour l’objet important qui inquiète la tendresse de ma chère maman, je suis bien fâchée de ne pouvoir rien lui apprendre de nouveau ; la nonchalance n’est sûrement pas de mon côté. Je sens plus que jamais combien cet article est intéressant pour mon sort ; mais ma chère maman doit juger que ma situation est embarrassante et que je n’ai guère d’autres moyens que la patience et la douceur. J’ai toujours bonne raison d’espérer, et le Roi couche habituellement chez moi.”

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

1776

En janvier 1776

L’Impératrice a l’intention de venir à Bruxelles. De là, elle viendrait à la frontière belge  où Marie-Antoinette et Louis XVI viendraient la retrouver. La joie de revoir Sa mère après six ans de séparation est peut-être mitigée  dans le cœur de la Reine par la crainte que la vieille souveraine vienne Lui faire le reproche de l’état de Son mariage. Elle n’en est pas moins “extraordinairement émue” !

En février 1776

La Reine organise, dans la Galerie des Glaces, un bal masqué pour le carnaval dont le thème est le règne d’Henri IV.

Le 14 janvier 1776

Nous avons ici une quantité de neige si grande qu’on en a point vu tant depuis des années aussi va-t-on en traîneaux comme à Vienne. Nous y avons été hier ici.

Marie-Antoinette à Sa mère

Le 31 mars 1776

Pour l’opération à faire au Roi, j’en souhaite le meilleur succès ; mais je n’y compte guère sans en voir l’effet.

Marie-Thérèse

Le 10 avril 1776

Je suis bien touchée de tout ce que ma chère maman pense sur les enfants que j’aurais pu avoir ; j’ai toujours plus d’espérance, et je suis convaincue que l’opération n’est plus nécessaire.

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Avant le 23 avril 1776

Au début de l’année, Pierre-Charles Bonnefoy du Plan (1732-1824) est nommé concierge et intendant du garde-meuble du Petit Trianon.


Pierre-Charles Bonnefoy du Plan par Joseph Boze

Le 10 mai 1776

La nouvelle parvient à Versailles que le voyage de Goritz n’aura pas lieu. Marie-Antoinette en est d’abord très inquiète, puis Elle se rassure de savoir que la santé de Sa mère n’est pas en jeu dans cette décision.

C’est ainsi que se prépare la seconde visite en France de Joseph II, l’année suivante …

Le 16 mai 1776

Je dois croire _et tout semble l’indiquer_ que la Reine se trouve en position à devenir grosse, mais elle seule peut et doit sur cet article important en dire davantage à V.M..”

Mercy à Marie-Thérèse

Cette fois la question des obstacles physiques est bien réglée et ne sera plus jamais soulevée sinon par des historiens modernes.

Du 8 juin au 11 juillet 1776

Séjour à Marly

Les comtes de Provence et d’Artois restent à Versailles atteints de rougeole.

Le 11 juillet 1776

Souper à Trianon

Le 23 juillet 1776

Souper et spectacle à Trianon.

Les coiffures extravagantes en vogue au début du règne de Marie-Antoinette sont appelées des “poufs”, parfois agrémentés de fruits, bibelots, oiseaux. C’est notamment Léonard Autier, coiffeur de la Reine, qui introduit de telles coiffures. L’une d’elles est si haute qu’elle est appelée “monte-au-ciel“.

Raphaëlle Agogué as Marie Antoinette, in Louis XVI, l'homme qui ne voulait  pas être roi. | Versailles, Marie antoinette, Girl quizzes
Raphaëlle Agogué est Marie-Antoinette dans Louis XVI, L’homme qui ne voulait pas être Roi
L'Autrichienne (1990)Ute Lemper dans L’Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre

Le 5 août 1776

Naissance de Sophie, dite Mademoiselle d’Artois, fille du comte et de la comtesse d’Artois.


Sophie de Bourbon (1776-1783), dite Mademoiselle d’Artois

En août 1776

Construction du jeu de bague.

La rivière du Hameau est creusée.

L’orangerie de Trianon est aménagée en théâtre.

Le 10 août 1776

Souper à Trianon

Le 13 août 1776

Souper à Trianon.

Audioguide VERSAILLES - Trianon - Guide Touristique | MyWoWo

Le 17 août 1776

Mercy écrit :

Le duc de Coigny, premier écuyer du Roi, qui passe pour être beaucoup trop intimement lié avec la princesse de Guéménée, est maintenant celui des courtisans qui a le plus de crédit auprès de la Reine, et il vient en conséquence d’obtenir une demande contre laquelle je me suis inutilement récrié . Le fils de ce duc avait été très mal de la petite vérole, et il en est guéri sous les yeux plutôt que par les soins d’un médecin nommé Richard . Cet homme a demandé par la voie du duc de Coigny une place de fermier général des postes pour son fils; la Reine a fait créer cette place, n’y en ayant point de vacante, et elle a été donnée au fils du médecin .

En août 1776

La Reine est souffrante, Elle a la migraine, la fièvre et il est même question d’annuler Fontainebleau.

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Images de Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick avec Marisa Berenson dans le rôle de Lady Honoria  Lyndon

Les 16 et 17 septembre 1776

Séjour du Roi au château de Choisy.

Le 26 septembre 1776

Souper et spectacle à Trianon.

Du 4 au 9 octobre 1776

Le Roi et la Reine sont à Choisy.

Histoire du château de Choisy-le-Roi et reconstitution en 3D du domaine  royal. - YouTube

Le 6 octobre 1776

Le Roi et la Reine se rendent au château de Brunoy où Monsieur organise une fête magnifique en l’honneur de Marie-Antoinette.

Maison des arts - Site officiel de la ville de Brunoy

Le 9 octobre 1776

La ménagerie est aménagée pour les acteurs.

Du 9 octobre au 16 novembre 1776

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Les 30 octobre et 1er novembre 1776

Louis XVI ayant concédé à sa femme le droit d’organiser une séance de jeu, celle-ci s’arrange pour la faire durer trois jours. La Reine laisse de fortes sommes sur le tapis vert.

Marie Antoinette, reine d'un seul amour de Caroline Huppert, avec Emmanuelle  Béart - Page 2 | Emmanuelle béart, Fictional characters, Targaryen
Emmanuelle Béart est Marie-Antoinette pour Caroline Huppert, en 1988. Léa Gabrielle est Madame de Lamballe et Isabelle Gélinas Madame de Polignac
6 Essential Cinematography Tips in Stanley Kubrick's Barry Lyndon -  Frontrunner Magazine
Image de Barry Lyndon de Stanley Kubrick (1975)

Ce jeu de trois jours se déroule chez Madame de Guéménée…


Kirsten Dunst dans Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

 

1777

La Reine fait placer dans un trumeau de glace entre-fenêtres  le portrait du Roi Louis XVI d’après Louis-Joseph Duplessis.

Le 18 février 1777

Louis XVI note :

“J’ai payé à la reine 24000 en acompte sur les 162000 qu’elle doit à Boehmer pour les bracelets de diamant.”

Deux bracelets appartenant à la reine Marie-Antoinette présentés à Genève, le 6 septembre 2021, avant une mise aux enchères publiques par Christie's en novembre
Ces deux bracelets ayant appartenu à Marie-Antoinette, tous deux couverts d’une centaine de diamants, vont pour la première fois être mis aux enchères publiques par Christie’s le 9 novembre 2021 à Genève.

Le 26 février 1777

Richard Mique propose à Marie-Antoinette son projet finalisé d’aménagement du jardin. Elle en écarte l’ermitage à cloche, le parc de moutons à la chinoise, le salon de colonnes d’eau jaillissante et la fausse ruine. Les autres fabriques sont confirmées, la réalisation de maquettes est engagée et les travaux de terrassement se poursuivent.

Le coût est estimé à 300 000 livres, ce qui provoque des tensions entre Mique, l’architecte, le comte d’Angiviller, l’ordonnateur des bâtiments du Roi et Necker, le directeur du Trésor, auxquelles seul le Roi parvient à mettre un terme.

Le Versailles secret de Marie-Antoinette (Arte) - Portrait d'une reine  injustement honnieImage du Versailles Secret de Marie-Antoinette

Le 10 mars 1777

L’ambassadeur de Tunisie Souleyman Agha est envoyé à Versailles par le Bey Ali II (règne de 1759 à 1782), il y rencontre les monarques français.

Après avoir été reçu en audience par Louis XVI, Souleyman Agha et sa suite sont présentés à la Reine dans la galerie des glaces. Ministres, hauts dignitaires, ainsi qu’une multitude de courtisans, assistent à cette entrevue.

10 mars 1777: L'ambassade tunisienne arriva au château de Versailles

Pour anecdote, Marie-Antoinette, qui répond aimablement aux révérences et compliments de l’ambassadeur, est très impressionnée par les turbans de la délégation tunisienne. Souleyman Agha porte à cette occasion un habit somptueux, garni d’agrafes et de brandebourgs en or

Le 28 mars 1777

Louis XVI note :

J’ai donné à la reine 14 400 pour le second paiement des boucles de Boehmer.

Au printemps 1777

Le jeu de bague chinois est inauguré à proximité du petit château; c’est  un manège surmonté d’une immense ombrelle de six mètres de diamètre tournant sur un pivot. Le mât est soutenu par trois sculptures de Chinois, en chêne des Vosges et de Hollande, et au sommet tournait une girouette ornée de deux dragons dorés. Les joueurs prennent place sur quatre chimères à cornes de cuivre, les joueuses sur des paons, (Certains ont pu prendre les paons pour des autruches, car on avait diminué leurs queues, peut être à cause des robes …) et s’amusent à décrocher, avec des lances de cinquante centimètres de longueur, les anneaux de métal suspendus (les douze lances de bois garnies de pointes de cuivre et les quatre-vingt-quatre anneaux de laiton sont conservés dans deux coffrets de peau noire à l’extérieur et rouge à l’intérieur, les dragons sont protégés par des housses de toile garnie de frange, gland, filet, houppe et jasmin et les paons sont recouverts de drap écarlate et blanc). Le mécanisme, mû par deux serviteurs, a été installé dans une fosse et son entretien délicat a été confié à l’ingénieur royal Jean-Tobie Mercklein.

A portrait of Marie Antoinette in 1777 by Jean Marie Ribou
Marie-Antoinette en 1777 par  Jean-Marie Ribou

Le 18 avril 1777

Visite de Joseph II en France. Il voyage en Europe sous le nom de comte de Falkenstein. A la requête de l’Impératrice , il rend visite à sa sœur pour tenter de comprendre la stérilité du couple royal.

Joseph arrive à neuf heure et demie. Sur sa demande, la Reine a envoyé l’abbé de Vermond pour l’accueillir dans la cour du château, car l’Empereur veut se rendre directement dans les petits cabinets de sa sœur, sans rencontrer âme qui vive. Fidèle à sa consigne, l’abbé, évitant les antichambres remplies de monde, lui fait emprunter corridors et escaliers dérobés qui  le conduisent jusqu’à Marie-Antoinette encore revêtue d’un déshabillé et à peine coiffée.

                                                                                                            Images du film Amadeus (1984) de Milos Forman  :  Jeffrey Jones y campe un Joseph II plus vrai que nature ! 

“Le premier moment entre lui et la reine fut des plus touchants; ils s’embrassèrent et restèrent longtemps dans l’attendrissement et le silence“, raconte Mercy qui tient la confidence de Vermond.


Philippe Laudenbach incarne Joseph II dans la série Marie-Antoinette (1975) de Guy-André Lefranc avec Geneviève Casile

Marie-Antoinette prend Son frère par-dessous le bras pour le conduire chez le Roi et de là chez les princesses.

Puis l’Empereur va chez Maurepas avec le comte de Belgiojoso. Ils ont à attendre neuf ou dix minutes, car le comte s’est seulement nommé au valet de chambre, sans annoncer le comte de Falkenstein. On les prie donc d’attendre car Maurepas est en entretien avec Monsieur Taboureau. Le prince d’Havré survient et fait signe au valet, qui, tout confus, ouvre la porte du cabinet. Monsieur de Maurepas se répand en excuses que l’Empereur fait cesser en disant :

“Monsieur, les affaires d’Etat doivent aller avant les visites des particuliers.”

Après les visites, le Roi, la Reine et l’Empereur dînent en trio. Joseph est fort en retenue, fort content et affecte presque du respect.

Au sortir de table, Joseph retourne à Paris.

Il fait très bonne impression sur Marie-Antoinette et Louis XVI ainsi que sur l’entourage par l’intérêt qu’il témoigne à la culture française.


Joseph II par Joseph Hickel

Lorsque l’Empereur arrive la première fois chez la Reine, Elle dit à Sa nombreuse Cour : 

“Je ne vous présente point à mon frère, mais je vous présente mon frère

voulant faire sentir l’incognito qu’il a résolu de garder. 

Il sera si émerveillé su bâtiment des Invalides, et surtout du dôme qu’il dit au Roi :

” Vous possédez le plus bel édifice de l’Europe. _Lequel donc? _Les Invalides _ On le dit . _ Comment, est-ce que vous n’avez pas encore examiné cet édifice? _ Ma foi non. _ Ni moi non plus, reprend la Reine. _ Ah! pour vous, ma sœur, dit l’Empereur en souriant, je n’en suis pas étonné, car vous avez tant d’affaires!

Le 22 avril 1777

Le matin

La Reine redoute de laisser Son frère en tête à tête avec Son mari.

Marie-Antoinette conduit Son frère à Trianon. ils y dînent sans autre suite que celle de madame de Mailly, dame d’atours et de madame de Duras, dame du palais.

Après le dîner

L’Empereur et la Reine se promènent seuls dans les jardins où ils ont une longue conversation. Joseph y aborde les négligences (supposées) de sa sœur à l’endroit du Roi, Son époux. Elle lui fait des aveux  plus étendus sur Louis XVI et ses entours ; Elle convient des raisons de l’Empereur, en mettant cette restriction qu’il viendra un temps où Elle suivra de si bons avis.

Le 23 avril 1777

L’Empereur arrive à Versailles, l’abbé de Vermond l’attendait à la porte de l’appartement, l’introduit jusqu’au cabinet. On s’embrasse avec une tendresse marquée par les larmes, puis tous les deux rient. La Reine ne parle qu’allemand, et au bout d’une demi-heure, Elle prend Son frère par-dessous le bras pour le conduire chez le Roi et de là chez les princesses.

Puis l’Empereur va chez Maurepas avec le comte de Belgiojoso. Ils ont à attendre neuf ou dix minutes, car le comte s’est seulement nommé au valet de chambre, sans annoncer le comte de Falkenstein. On les prie donc d’attendre car Maurepas est en entretien avec Monsieur Taboureau. Le prince d’Havré survient et fait signe au valet, qui, tout confus, ouvre la porte du cabinet. Monsieur de Maurepas se répand en excuses que l’Empereur fait cesser en disant :

“Monsieur, les affaires d’Etat doivent aller avant les visites des particuliers.”

Après les visites, le Roi, la Reine et l’Empereur dînent en trio. Joseph est fort en retenue, fort content et affecte presque du respect.

Au sortir de table, il retourne à Paris.

Le 24 avril 1777

L’Empereur évite avec soin ce qui ressemble au cérémonial et garde l’incognito jusqu’à ne pas se faire scrupule d’aller visiter les ministres et les grands seigneurs. Il loge à Paris où la Reine va incognito souper avec lui chez le comte de Mercy.

Le 26 avril 1777

Joseph II participe à une course de chevaux donnée par le comte d’Artois.

L’équitation est un sport que la jeune Reine apprécie particulièrement…

Fière et royale, Marie-Antoinette apparaît sur les peintures comme une cavalière aguerrie. Elle apprécie ce sport qu’Elle pratique notamment avec de Sa belle-sœur, Madame Elisabeth. Mais ce qui marque réellement les esprits ce n’est pas tant qu’une femme monte à cheval mais plutôt que cette dernière pratique l’équitation à la manière d’un homme c’est-à-dire à califourchon. En effet il est d’usage que le sexe féminin monte en amazone permettant ainsi à la cavalière de porter sa jupe. Toutefois Marie-Antoinette, peu encline à respecter au pied de la lettre la tradition, préfère la monte à califourchon, habituellement réservée aux hommes et strictement défendue aux femmes. 

Auguste Brun - Louis-Auguste Brun, portraits de Marie-Antoinette en tenue de chasse Imagep24Marie-Antoinette par Auguste Brun (1781)

 Il est possible d’expliquer de deux façons cette interdiction. Tout d’abord pour des questions de mœurs: il semblait inconcevable qu’une femme puisse adopter une telle position, connotée sexuellement et nécessitant surtout de porter non plus une jupe mais un pantalon ( un loi interdisant le port du pantalon par une femme n’a été abrogée qu’en … 2013 ! ) , travestissement irrecevable à la Cour mais qui n’a pourtant pas arrêté la Reine. Avec l’avènement des Lumières et le développement de la médecine on estime qu’il n’est pas raisonnable pour une femme de monter ainsi, pour des raisons d’hygiènes et de santé. Bien sûr ces arguments ne sont en rien un frein pour Marie-Antoinette qui est bien décidée à se faire une place dans cet espace masculin et qui fait par la même montre de son émancipation, attitude que beaucoup lui reprocheront par la suite. 

Force est de constater que ces reproches ne viendront pas uniquement des hommes de la Cour mais bel et bien des femmes, voyant d’un mauvais œil le goût de la Reine pour le monde équestre habituellement réservé au « sexe fort ».  En réponse à leurs plaintes il est décidé ceci:

« Une nouvelle étiquette exige que les jours de chasse royale, la reine, les princesses de sang et les dames invitées se rendent en calèche à l’endroit où le cerf doit être forcé »

Cette nouveauté est ainsi un moyen d’interdire à la Reine de jouir de ses sorties à cheval auprès des hommes, mais c’était sans connaître le tempérament de cette dernière qui a écrit par la suite

« Qu’ai-je promis ? De ne pas suivre la chasse ! Eh bien, je vais aller au-devant d’elle ! De cette façon je tiendrai ma parole et j’éviterai de me faire voiturer dans cette maudite calèche.». 

Sa mère, Marie-Thérèse d’Autriche elle-même, ne manque pas d’intimer à sa fille de monter avec davantage de modération, sans pour autant renoncer à Sa passion mordante pour l’équitation. 

Ainsi chaque jour, Marie-Antoinette se rend au manège de Versailles une heure durant afin de s’adonner à ce sport, montant tantôt en amazone, tantôt à califourchon et faisant ainsi un réel pied-de-nez aux réactionnaires de la Cour. 

Le 27 avril 1777

Mercy, sortant de la maladie, se rend dans l’appartement de l’Empereur auquel il expose les points qui concernent le voyage de Joseph II :

  • les motifs sur lesquels se fonde l’ascendant de la Reine sur Son époux. Il fait savoir que celui-ci se glorifie des charmes et des qualités de la Reine qu’il aime autant qu’il est capable d’aimer, mais qu’il La craint au moins autant qu’il L’aime, ce dont il cite des preuves.
  • Il analyse les vrais sentiments de la Reine pour le Roi, observe qu’Elle le néglige trop et l’intimide souvent.
  • Il prouve que les princes de la maison de Bourbon ne se sont tenus que par l’habitude, et surtout par celle qui les accoutume à parler d’affaires…
  • Nécessité pour la Reine de songer avec le temps de former un ministère qui Lui soit dévoué…
  • Il parle des fantaisies de la Reine, de Son goût pour les diamants, de Ses dettes, de la complaisance du Roi en facilitant les moyens de les payer…
  • Il s’étend enfin beaucoup sur la passion du jeu et ses conséquences.

Le 29 avril 1777

Joseph se rend à Versailles, où il reste le soir. Ce n’est que deux  semaines après son arrivée, que la Reine se résout à le laisser seul avec Son mari. Le Roi parle naturellement de sa position dans l’état de mariage, et avoue que jusqu’à présent ses forces physiques ne sont pas développées, mais qu’il s’aperçoit de leurs progrès journaliers ( ce qui implique des rapports quotidiens…)  et qu’il espère d’avoir bientôt des enfants. L’Empereur se borne à le confirmer dans cet espoir et ne lui fait aucune autre question sur cette matière, la Reine ne lui en ayant rien laissé ignorer. Le Roi parle ensuite de quelques objets de gouvernement intérieur. Il reste vague ; l’Empereur ne veut l’embarrasser ni lui sembler trop curieux, il s’en tient à l’écouter et à ne parler que de manière à entretenir la conversation.

En mai 1777

L’événement dépeint concerne Antoine-Denis Dubois de Bellegarde (1734-1825), un officier des garde du corps du Roi, reconnu coupable d’avoir vendu frauduleusement des armes destinées à la réforme en 1767 et condamné par un conseil de guerre en 1770.

“The practice of social virtues touches the very heart with the love of humanity; by doing good we become good; and I know no surer way to this end.
”
–Jean-Jacques Rousseau, Emile; Or, On Education
[image: Charitable Nature of Marie Antoinette]


Grâce l’intervention de la Reine qui fit réviser son procès, il fut gracié en 1777 après que l’avocat Linguet eut pris son cas en main.

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Gravure réalisée en 1779 par Antoine-Jean Duclos d’après un pastel  de Charles-Henri Desfossés de 1777

C’est l’annonce de cette grâce à son épouse, venue à Versailles , que retranscrit cette gravure. M. de Bellegarde obtiendra par la suite le poste de capitaine des chasses du comte d’Artois dans l’Angoumois. Au demeurant, ce militaire ne se montrera guère reconnaissant puisqu’acquis aux idées révolutionnaires et devenu député de la Charente, il votera la mort de Louis XVI. 

A painting by an unknown artist depicting Marie Antoinette giving alms; circa 19th century. [credit: kinyogo on ebay]
Ce tableau semble illustrer ce même épisode…

Le 5 mai 1777

Les modèles du Temple de l’Amour sont terminés.

Le 9 mai 1777

L’Empereur va à la chasse avec le Roi : ils montent en voiture ensemble. Ils peuvent alors poursuivre leurs conversations particulières. Au retour, Joseph détermine avec quelque peine la Reine à aller trouver le Roi dans son appartement. Elle s’y rend cependant et le ramène chez Elle où l’on joue au billard jusqu’au moment du souper chez Madame. 

Pour la première fois depuis son arrivée, l’Empereur abandonne le ton d’affectueuse galanterie  qu’il avait jusqu’alors adopté vis à vis de Marie-Antoinette : il L’envoie sèchement  trouver le Roi et ne perd pas une occasion de Lui faire des réflexions désagréables devant des gens qui ne manquent pas de le rapporter au Roi.

Le 11 mai 1777

L’Empereur a une conversation fort affectueuse avec sa sœur : le ton de l’amitié et de la gaieté rétablit la confiance et la bonne volonté de la Reine. Si bien qu’Elle lui demande d’Elle-même des points par écrit pour Lui servir de règle sur Sa conduite à venir.

II résume ainsi la situation :

Le Roi est mal élevé, il a l’extérieur contre lui , mais il est honnête, point sans quelques connaissances, mais faible pour ceux qui savent l’intimider, et par conséquent mené à la baguette, sans curiosité, sans élévation , dans une apathie continuelle, d’une vie très uniforme. Il est fort au reste, et paraît qu’il devrait pouvoir devenir père ; là-dessus il y a des mystères inconcevables ; il bande à ce que l’on dit, très ferme, il l’introduit même, mais il ne remue pas et se retire ensuite sans avoir déchargé. Nous ne faisons pas comme cela, et c’est être un “souffleur” d’un haras (cf l’étalon qui prépare les juments pour la saillie, qu’il ne pratique pas lui-même) qui est un fichu métier. La Reine est une très jolie et très aimable femme par tous les pays du monde, mais elle est ivre de la dissipation de ce pays, et bref, elle ne remplit ni les fonctions de femme ni celles de reine comme elle le devrait, car comme femme elle néglige absolument le Roi, elle le fait marcher plus d’autorité que par tous les autres moyens, elle ne se soucie ni de jour ni de nuit de sa société.

Joseph II à son frère Léopold, grand-duc de Toscane

Le 13 mai 1777

Dîner à Trianon offert à Joseph II, souper et spectacle.

Le Roi est au château de Choisy.

Le 14 mai 1777

L’Empereur a passé la nuit à Versailles, il a logé dans la petite chambre d’une femme de chambre de la Reine attenante à la sienne. Il va voir le matin la grande et la petite Ecurie, la machine de Marly et le pavillon de Louveciennes, la comtesse du Barry  s’y trouve alors. Il la rencontre dans les jardins et fait avec elle quelques moments de conversation. A son retour à Versailles, il a un entretien avec le Roi qui lui fait de nouvelles confidences sur son état de mariage.

Apprenant qu’il a visité la maison de Madame du Barry dont il connaît le passif avec Elle, Marie-Antoinette le boude. Une autre chamaillerie fraternelle a des origines plus frivoles : 

Joseph est à la toilette de sa sœur , lui montrant les plumes en quantité et les fleurs qu’Elle porte sur la tête, Elle lui en demande son avis. Il lui répond sèchement qu’il trouve cette coiffure bien légère pour coiffer une couronne…

Le 15 mai 1777

L’empereur alla dîner à Choisy où toute la famille royale l’attendait ; il communiqua à la Reine la lettre écrite par V.M. qui devait partir le lendemain par le courrier ; la Reine fut frappée d’un passage de cette lettre où l’empereur marque qu’il présume que son auguste sœur a senti la force de ses avis, l’empereur, pour ne pas paraître avoir cédé à sa manière de voir et de penser : la Reine avec franchise avoua à son auguste frère qu’il l’avait devinée dans ce point et qu’elle s’était proposée de lui dire la même chose un moment avant qu’il ne partît.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 18 mai 1777

Joseph est présent à la cérémonie de l’Ordre du Saint-Esprit. Il y rencontre Choiseul revenu de ses terres pour l’occasion, qu’il traite avec bonté. Il lui parle longuement mais d’objets indifférents. Le duc sera mécontent d’avoir tiré si peu parti du séjour de l’Empereur.

Joseph rapporte le fait au Roi et à la Reine l’après-midi. Il rapporte que si Choiseul avait été en place, sa tête inquiète et turbulente aurait pu jeter le royaume dans de grands embarras. Le Roi applaudit à cette observation, mais cela déplaît à la Reine.

Le 23 mai 1777

Il y a encore des vivacités entre l’Empereur et la Reine. Ils vont ensemble à la Comédie de la ville de Versailles, au retour, Marie-Antoinette évoque l’idée de se rendre le lendemain à la Comédie Italienne à Paris. Joseph observe que c’est un jour de jeûne, que le Roi ne dîne pas et qu’il serait mal de lui faire attendre trop tard son souper. Il ajoute à cela quelques raisons qui déplaisent à la Reine parce qu’elles sont dites en présence de deux dames du palais.

Le 27 mai 1777

La Reine participe à la chasse au sanglier du Roi dans la forêt de Marly.

Il y a encore une petite dispute entre le frère et la sœur en présence de Mercy ; il s’agit d’une bagatelle que la Reine désire et que Joseph conteste avec beaucoup de rigidité. Cette bagatelle entraîne une autre proposition  de la part de l’Empereur : s’il avait été le mari de sa sœur, il aurait su diriger Ses volontés et les faire naître dans la forme où il les aurait voulu. Le vrai sens de ce propos n’est pas compris par la Reine. Elle y voit le projet de La dominer et cela La mortifie. Mercy apporte de la gaieté dans la conversation afin d’apaiser le ton de l’échange , puis il reste seul avec la Reine pour lui expliquer les paroles de Joseph, ce qui La calme.

Puis Joseph discute près de deux heures avec Louis XVI à propos du gouvernement de la France, du génie de la nation. Le Roi parle ensuite de son grand désir d’avoir des enfants et s’étend sur les conséquences importantes attachées à ce bonheur. Il s’exprime sur la Reine avec un épanchement de tendresse et relève avec satisfaction toutes Ses qualités charmantes.

Le 30 mai 1777

L’Empereur part ce soir, vraisemblablement au regret de tous les Français capables de sentir ses vertus et ses rares qualités personnelles.

Les adieux entre l’Empereur, le Roi et sa famille sont des plus tendres, mais ceux entre le frère et la sœur font verser des larmes. Joseph II passe un quart d’heure dans le cabinet de la Reine, seul avec Elle, et en le reconduisant, Marie-Antoinette sanglote, et lui fait des efforts pour cacher son émotion, non moins vive. Louis XVI lui a fait de superbes présents de tapisseries des Gobelins, de porcelaines…

Monsieur par le 10 juin  et trouvera l’Empereur à Toulon. Ces deux princes ont d’abord été réservés l’un pour l’autre, mais depuis peu ils se sont rapprochés. Monsieur a de grandes qualités plus analogues au caractère de l’Empereur, que celles plus brillantes qu’heureuses du comte d’Artois.

En partant, Joseph promet à la famille royale qu’il reviendrait lui faire une visite l’année prochaine…

En Juin 1777

Fouilles de terrain sur l’emplacement du Temple de l’Amour.

Le 1er juin 1777

La Reine passe la journée à Trianon accompagnée des seules Mesdames de Lamballe et de Polignac.

Le 2 juin 1777

Départ de Versailles de Joseph II qui va visiter la France.

Le 4 juin 1777

L’empereur, un moment avant son départ, m’a dit qu’il avait prié la Reine de me montrer les conseils qu’il lui a laissés par écrit. La Reine m’en a parlé le même jour et m’a paru frappée de l’instance avec laquelle son frère lui avait recommandé de me (les) communiquer. Elle ne m’en a pas reparlé depuis, et je n’en ai encore vu que la partie que l’empereur m’a montrée.

Vermond à Mercy 

Le 9 juin 1777

Avec cela sa situation avec le Roi est singulière, il n’est son mari qu’à deux tiers, et puis, quoiqu’il l’aime, il la craint davantage, et notre sœur a plus le crédit d’une maîtresse que celui qu’une épouse devrait avoir, car elle le mène de force à des choses qu’il ne voudrait pas même. Cet homme est un peu faible, mais point imbécile, il a des notions, il a du jugement, mais c’est une apathie de corps comme d’esprit. Il fait des conversations raisonnables, il n’a aucun goût de s’instruire ni curiosité, enfin il n’est impuissant ni de corps ni d’esprit, mais le fiat lux n’est pas venu, la matière est encore en globe. Imaginez que dans son lit conjugal voici le secret : il a des érections fortes, bien conditionnées ; il introduit le membre, reste là sans se remuer deux minutes peut-être, se retire sans jamais décharger, toujours bandant, et souhaite le bonsoir. Cela ne se comprend pas, car avec cela il a parfois des pollutions nocturnes, mais en place ni en faisant l’œuvre jamais ; et il est content, disant tout bonnement qu’il ne faisait cela que par devoir et qu’il n’y avait aucun goût. Ah ! si j’aurais pu être présent une fois, je l’aurais bien arrangé ! Il faudrait le fouetter pour le faire décharger de colère comme les ânes. Ma sœur avec cela a peu de tempérament, et ils sont là deux francs maladroits ensemble. Voilà à peu près la situation des choses.

Joseph II à son frère Léopold, grand-duc de Toscane

Le 18  juin 1777

Souper et spectacle à Trianon.

Le 29 juin 1777

Marie-Antoinette a Ses règles.

Necker devient directeur général des Finances.

Le 9 juillet 1777

Marie-Antoinette est malade.  Mercy note que “la Reine, par un temps froid et humide, ayant voulu se promener à cheval, rentr(e) peu de temps après avec un frisson qui (est) suivi de mal de tête qui dur(e) neuf heures, et qui marqu(e) l’existence d’une fièvre tierce dont cependant les symptômes n’ont rien d’inquiétant.

Mercy ajoute que “depuis que la Reine a été menacée de la fièvre, le Roi n’a plus passé les nuits chez elle, mais il y va les après-midi, et je sais à n’en pouvoir douter que la consommation du mariage a été plus avancée que dans aucun autre temps. Malgré cela, il est de la plus grande conséquence que la Reine ne laisse pas prendre au Roi l’habitude de faire lit à part. J’ai insinué là-dessus tout ce qu’il m’était permis de lire, et j’ai engagé le premier médecin Lassonne, ainsi que l’abbé de Vermond, à parler de cet article avec toute la force nécessaire à persuader la Reine.”

Le 24 juillet 1777

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 27 juillet au 3 août 1777

La Cour est au château de Choisy.

“We shall get through this together somehow.
”
–Kathryn Lasky, Marie Antoinette, Princess of Versailles

Le 15 août 1777

Marie-Antoinette s’est remise des menaces réitérées d’une fièvre tierce. Il faut cependant qu’Elle s’asujettit à une régime car quelques indices d’obstruction à la rate et une tendance à engendrer des humeurs glaireuses ont décidé Son premier médecin à Lui prescrire l’usage de certaines pilules d’ipécacuanha, et des bains. Il Lui autorise toujours les promenades et Ses amusements ordinaires. Le Roi revient passer la nuit chez la Reine mais ce n’est pas sans interruption, et avec cette habitude constante sur laquelle Mercy insiste toujours comme point le plus essentiel à maintenir.

Le 18 août 1777

Plus de sept ans après la célébration de leurs noces, le Roi et la Reine de France consomment enfin leur mariage (entre dix et onze heures du matin, après le bain de la Reine).

Le docteur Lassone, d’abord, l’ambassadeur Mercy, l’abbé de Vermond et l’Impératrice Marie-Thérèse ensuite sont tenus au courant par Marie-Antoinette Elle-même de ce grand événement dans Sa vie de couple.

En août 1777

“La Reine donne toujours les preuves d’une familiarité que certains esprits chagrins réprouvent. L’autre jour , à Choisy, ayant admiré les plumes qui ornaient la tête d’une danseuse, elle en a accepté une dont elle s’est parée sans façons.

Madame Campan

Septembre 1777

Commencement de la construction du Temple de l’Amour.

Le 3 septembre 1777

Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de seize jours.

Souper, illumination et spectacle à Trianon.

Schloss Versailles

Les 24 et 25 septembre 1777

La Cour est au château de Choisy.

Plongée 3D au château de Choisy-le-Roi à l'époque de Louis XV | 94 ...

Le 28 septembre 1777

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 3 au 9 octobre 1777

La Cour est au château de Choisy.

Le 5 octobre 1777

Louis XVI note :

“J’ai donné à la reine pour le quatrième paiement de Boehmer : 15 580.”

Du 9 octobre au 15 novembre 1777

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le Château et le Parc de Fontainebleau - UFE-Pérou

Le 23 octobre 1777

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 15 au 17 novembre 1777

Le Roi est au château de Choisy.

Plongée 3D au château de Choisy-le-Roi à l'époque de Louis XV | 94 Citoyens

Le 17 novembre 1777

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 18 novembre 1777

Louis XVI et Marie-Antoinette inaugurent le théâtre Montansier de Versailles.

Theatre Montansier à Versailles | Achat Places & Programmation ...

Le 18 décembre 1777

Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de huit jours.

1778

Le 14 janvier 1778

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 24 janvier 1778

Naissance du duc de Berry, second fils du comte et de la comtesse d’Artois.

Le 6 février 1778

La France reconnaît les États-Unis d’Amérique.

Le 8 février 1778

Marie-Antoinette a Ses règles.

En mars 1778

Commencement de la construction du Belvédère de Trianon.

Louis XVI reçoit à Versailles une délégation américaine avec, à sa tête, Benjamin Franklin.

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Le 3 mars 1778

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 19 mars 1778

Conception de Madame Royale à Fontainebleau en fin de matinée, après le bain de Marie-Antoinette.

“ [Louis XVI] spoke to his august consort in an infinitely cordial and tender manner, saying among other things that he loved her with all his heart and that he could swear to her he had never had the least feeling or sentiment for any woman, but for...

Du 17 mai au 6 juin 1778

Séjour de Marie-Antoinette à Marly :

Un matin, à Marly, j’ai rencontré la reine Marie-Antoinette qui se promenait avec plusieurs dames de sa Cour. Toutes étaient en robes blanches, et si jeunes, si jolies, qu’elles me firent l’effet d’une apparition .

Mémoires d’Elisabeth Vigée Le Brun
Vigée - Dessin de Marie-Antoinette dans le parc de Versailles, par Elisabeth Vigée Le Brun Vlbmac10

Fêtes offertes par Louis XVI pour la grossesse de la Reine au château de Marly.

Durant le séjour de la Cour à Marly , Marie-Antoinette fait une nouvelle dérogation à l’Étiquette. Elle a reçu à souper trois épouses de ministres : la comtesse de Maurepas, Madame de Sartines et Madame Amelot. La comtesse de Maurepas est si enchantée de cet honneur, refusé jusqu’ici, aux femmes de ministres, qu’elle a mangé tout ce qui lui a occasionné une violente indigestion.

Marly - 17 mai 1778: Marly 180px-14

Juin 1778

Fouilles de terrain sur l’emplacement de la nouvelle salle de comédie de Trianon.

L’été de 1778 fut extrêmement chaud : juillet et août se passèrent sans que l’air eût été rafraîchi par un seul orage. La Reine, incommodée par sa grossesse, passait les jours entiers dans ses appartements fermés et ne pouvait s’endormir qu’après avoir respiré l’air frais de la nuit, en se promenant, avec les princesses et ses frères, sur la terrasse au-dessous de son appartement. Ces promenades ne firent d’abord aucune sensation ; mais on eut l’idée de jouir, pendant ces belles nuits d’été, de l’effet d’une musique à vent. Les musiciens de la chapelle eurent l’ordre d’exécuter des morceaux de ce genre, sur un gradin que l’on fit construire au milieu du parterre. La Reine, assise sur un des bancs de la terrasse, avec la totalité de la famille royale, à l’exception du Roi qui n’y parut que deux fois, n’aimant point à déranger l’heure de son coucher, jouissait de l’effet de cette musique. Rien de plus innocent que ces promenades, dont bientôt Paris, la France, et même l’Europe, furent occupés de la manière la plus offensante pour Marie-Antoinette.

Des habitants de Versailles et des soldats voulurent jouir de ces sérénades et il y eut foule depuis onze heures du soir jusqu’à deux et trois heures du matin. Des hommes s’adressèrent à la Reine et leurs “conversations” furent révélées, déformées et calomniées. Quelques femmes inconsidérées osèrent s’éloigner et descendre dans le bas du parc mais la Reine, Madame et madame la comtesse d’Artois se tenaient par le bras et ne quittaient jamais la terrasse. Vêtues de robes de percale blanche avec de grands chapeaux de paille et des voiles de mousseline, lorsque les princesses étaient assises sur les bancs, on les remarquait difficilement ; debout, leurs tailles différentes les faisaient toujours reconnaître et l’on se rangeait pour les laisser passer.

Le 13 juillet 1778

Le Temple de l’Amour est achevé.

Temple de l'amour

Le 31 juillet à dix heures et demie du soir

L’enfant royal donne son premier mouvement dans le ventre de sa mère…

Le 25 août 1778

Retour de Fersen à Versailles après un long séjour en Angleterre et en Scandinavie. La Reine le reçoit à la Cour:

C’est une vieille connaissance!

Aucune description disponible.Richard Todd et Michèle Morgan dans le film de Jean Delannoy (1956)

Du 20 au 27 septembre 1778

Séjour de la Cour au château de Choisy

Histoire du château de Choisy-le-Roi et reconstitution en 3D du domaine  royal. - YouTube

Les 5 et 6 octobre 1778

La Cour est à Fontainebleau.

Visite guidée Château de Fontainebleau - visite du château avec ...

Du 7 au 28 octobre 1778

Séjour de la Cour au château de Marly où ont lieu de nombreuses fêtes offertes par Louis XVI pour la grossesse de la Reine.

Marly - 17 mai 1778: Marly 180px-14

Madame Elisabeth est de tous les voyages.

Mesdames Tantes ne sont plus mentionnées lors des séjours pour Marly, préférant leur château de Bellevue.

Pendant ce séjour, un rouleau de louis faux a été substitué à un rouleau de louis véritable lors du jeu. Quelques dames de la Cour sont soupçonnées. Madame dit aux deux banquiers de la Reine, Messieurs de Chalabre et Poinsot, qu’on les « friponne ». Ils lui répondent qu’ils ne s’en sont pas aperçus, alors que ce n’est pas le cas mais ils n’osent pas le manifester.

Les 28 et 29 octobre 1778

Louis XVI et Marie-Antoinette sont à Fontainebleau.

Les 4 et 5 novembre 1778

Louis XVI et Marie-Antoinette reviennent à Fontainebleau.

Choses à faire près de Château de Fontainebleau à Fontainebleau, France -  Tripadvisor

Le 18 décembre 1778, vers minuit

La Reine ressent les premières douleurs et fait appeler Son mari à une heure et demie. Pendant ce temps, Madame de Lamballe, surintendante de Sa maison, court avertir la famille royale. Lorsque les douleurs La reprennent, avec violence, Marie-Antoinette s’installe dans un petit lit de travail dressé exprès près de la cheminée.

Les courtisans, massés dans l’antichambre de la Reine et le cabinet du Roi, sont si nombreux qu’ils se répandent jusque dans la Galerie des Glaces. Tous trépignent d’impatience. Lorsqu’on ouvre enfin les portes, ils s’élancent dans les appartements de la Reine et s’agglutinent jusqu’à Son lit. Même du temps de Louis XIV, on n’avait jamais vu une foule si dense ! La pauvre souveraine croit mourir, et serre les dents pour ne pas donner à ces yeux scrutateurs le spectacle de Sa souffrance.

La naissance est un supplice. Un instant, on croit que l’enfant est mort, mais des vagissements se font entendre : il vit. La Reine n’a pas le temps de s’en réjouir. Elle n’en peut plus. La tension, l’émotion, l’atmosphère confinée et étouffante, le vacarme des courtisans, le travail éreintant de douze heures… Elle est prise d’une convulsion et s’évanouit. Terreur du médecin. Il faut La saigner pour La réanimer et reprendre les suites naturelles de l’accouchement !

Marie-Antoinette n’apprend que plus tard qu’elle a donné le jour à une fille, et pleure abondamment.

Le 19 décembre 1778

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola 

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant est surnommée “Mousseline” par la Reine.

Fichier:Marie Antoinette Adult1.jpgCroquis de Saint-Aubin
Images de Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

Si elle n’est pas le Dauphin désiré, elle rassure sur la fertilité du couple royal et elle est très aimée de ses parents.

1779

Le 15 janvier 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 7 au 9 février 1779

La Cour est au château de La Muette.

Le 5 mars 1779

Louis XVI et Marie-Antoinette se rendent à Notre-Dame de Paris pour une messe célébrant la naissance de Madame Royale ( vingt-huit carrosses y amènent le gotha de la Cour).

Le 9 février 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 6 mars 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

Fin mars 1779

Marie-Antoinette attrape une rougeole très douloureuse, cause de violents maux de gorge et d’aphtes. Elle se retire donc à Trianon afin de préserver Sa petite fille et Son mari de tout risque de contagion.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Coppola Trianon"

Elle est alors veillée par le comte d’Esterházy (1740-1805), le baron de Besenval (1721-1791) et les ducs de Coigny (1737-1821) et de Guînes (1735-1806).

Le baron de Besenval

“Les trois semaines que nous passâmes à Trianon furent très agréables, uniquement occupés de la santé et de l’amusement de la reine, de petites fêtes simples dans un lieu charmant , des promenades en calèches ou sur l’eau. Point d’intrigues, point d’affaires, points de gros jeux. Seule la magnificence qui y régnait pouvait faire soupçonner qu’on était à la cour.”

Valentin Ladislas, comte d’Esterházy
 
Valentin d’Esterházy
Des hommes en tant que garde-malades étaient alors indispensables puisque la rougeole pouvait entraîner de graves conséquences sur les dames potentiellement enceintes. Les moyens de contraception n’existaient pas encore et donc toutes ses dames du palais en âge de procréer pouvaient être enceintes.
De plus, dans ces situations de maladies contagieuses à risque pour les femmes, Marie Leszczynska agissait de même et personne ne trouvait rien à redire…
Le duc de Guînes
Le duc de Coigny

Le 31 mars 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 12 au 21 avril 1779

Séjour de la Reine à Trianon.

Du 25 avril au 22 mai 1779

Séjour à Marly.

Les dames de la Cour sont jalouses de la duchesse de Villequier (1732-1799): Marie Antoinette n’ayant pu manger deux fois avec Louis XVI, pour occuper la place de cette dernière à côté de lui, il a nommé la duchesse de Villequier.

Marly - 25 avril 1779: Marly Actu11

Préville, pseudonyme de Pierre-Louis Dubus

Louis XVI, dans un divertissement, ayant désiré voir le sieur Préville (1721-1799), comédien à la Comédie Française, celui-ci qui n’est pas dans cette habitude, a fait des efforts extraordinaires et s’est fait une entorse.

Le 21 avril 1779

Marie-Antoinette est guérie de Sa rougeole et Elle retourne au château.

Le 25 avril 1779

La Cour est au château de Marly.

Le 26 avril 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 17 au 19 mai 1779

Fêtes au château de Marly.

Le 21 mai 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 27 mai 1779

La Reine participe à la chasse au sanglier du Roi dans la forêt de Marly.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette par Auguste Brun (1781)"

Les 1er, 11, 15 et 21 juin 1779

Souper à Trianon

Mi-juin 1779

Marie-Antoinette fait une fausse-couche.

Renaissance du Domaine Royal de Marly, dans les Yvelines | Magazine Belles  DemeuresLe pavillon royal de la résidence de Marly

Le 14 juillet 1779

Marie-Antoinette a Ses règles peu abondantes et décolorées, (comme cela arrive parfois au premier terme d’une grossesse)avec un retard de vingt-neuf jours.

Le 8 août 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 2 août 1779

Commencement de la construction du Rocher.

Fin août 1779

La nouvelle salle de comédie est achevée.

https://www.olyrix.com/files/picture/photos/SocialImage/13088/petit-theatre-de-la-reine-a-versailles.jpgThéâtre de la Reine par Christian Milet

Le 9 septembre 1779

La Reine a bien voulu se trouver au feu d’artifice exécuté par Griel dans la salle de bal. Elle s’y est rendue en simple particulière, y a assisté de même, et l’on a admiré sa bonté de souffrir qu’une foule de femmes et d’hommes vînt se mettre debout devant elle et lui masquer le spectacle, sans que l’avertissement plusieurs fois répété à ces indiscrets, qu’ils empêchaient Sa Majesté de voir, les ait engagés à se déranger.

Bachaumont

Le 16 septembre 1779

Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de quatorze jours.

Du 5 au 10 octobre 1779

La Cour est au château de Choisy.

Château de Choisy-le-Roi — Wikipédia

Le 11 octobre 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 15 au 31 octobre 1779

Séjour à Marly.

Le domaine de Marly aujourd'hui

Le 23 octobre 1779

Madame Elisabeth part pour Choisy où elle doit se faire inoculer.

Ex-château de Choisy : découvrez la chambre du roi ! | 94 Citoyens

Le 5 novembre 1779

Dîner à Trianon.

Le 18 novembre 1779

Marie-Antoinette a Ses règles avec un retard de treize jours. On évoque une fausse couche…

Le 13 décembre 1779

Marie-Antoinette a Ses règles.

1780

En 1780

Marie-Joséphine de Provence désire l’installation d’une petite salle-à-manger et d’un salon en hémicycle contigu pour servir au jeu et au billard nécessaire aux soupers qu’elle offre chaque soir à la famille royale . Cette salle-à-manger destinée aux « soupers des petits cabinets »- soupers intimes sans domestiques dont a parlé Pierre de Nolhac dans ses ouvrages – est installée dans les anciennes pièces de service de la Dauphine détruites situées sous le cabinet doré de la Reine, là on a installé provisoirement un billard avant 1779. Cette salle-à-manger paraît bien étroite car toute la famille royale est conviée par la princesse : à savoir le Roi, la Reine, Monsieur, le comte et la comtesse d’Artois, les trois Mesdames tantes et Madame Elisabeth quand elle sera en âge. Cette petite pièce ouvrant par une fenêtre sur la cour intérieure de la Reine, appelée dès lors « cour de Monsieur », est donc prolongée sur l’appentis, pris sur l’ancien oratoire de la Dauphine, sous la terrasse du cabinet doré de la Reine.

Aucune description disponible.

Le 7 janvier 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 7 au 9 février 1780

La Cour est au château de La Muette.

A portrait of Marie Antoinette by Auguste-Louis-Jean Baptiste Riviere, 1780. [source: Osenat, via Auction.fr]
Marie-Antoinette (1780) par Auguste-Louis Rivière

Le 13 février 1780

Présentation à la Cour de Versailles du prince héréditaire Georges Guillaume de Hesse Darmstadt, frère du landgrave Louis IX de Hesse, voyageant incognito en France sous le nom de comte d’Epstein.

Le séjour est ponctué de réceptions quasi officielles malgré l’anonymat des illustres visiteurs et d’invitations plus ou moins privées, notamment à Trianon chez la Reine.


Image de Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)
Mode de style Louis XVI des femmes en 1775-1785 – HiSoUR Art ...

La Reine a la joie de recevoir la visite des princes de Hesse : Elle avait grandi avec les princesses Louise et Charlotte:

« Nous avons ici un grand nombre de princes de Hesse, écrit la reine à sa mère, le 15  février. Le prince Georges y est avec tout sa famille : sa femme ( née princesse Louise de Leiningen ), son second fils (le prince Georges) , son gendre ( le prince héréditaire de Hesse futur landgrave Louis X de Hesse ), ses deux filles ( la princesse Louise Gabrielle de Hesse, future landgravine de Hesse Darmstadt et la princesse Charlotte Wilhemine de Hesse, princesse de Mecklembourg Streliz ) et sa belle-sœur. Je compte que les quatre femmes viendront à un de mes jours de cette semaine, me voir, pour les deux princes ils sont déjà venus. Le fils du prince Georges surtout réussit très bien ici. Il est très aimable. Pour le pauvre père, il est malade depuis qu’il est à Paris. »

Lettres conservées dans les archives de la famille de Hesse, publiées  par Evelyne Lever

La princesse Louise de Hesse-Darmstadt par Carmontelle, vers 1780

Le 26 février 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Au printemps de 1780

Marie-Antoinette ordonne des agrandissements dans les communs du Petit Trianon. L’enceinte de ces dépendances, sous Louis XV a la même étendue qu’aujourd’hui, mais les bâtiments n’en occupent que la moitié. Les cuisines et offices donnent du côté du jardin ; et, sur le devant, il n’existe qu’un corps de logis destiné au logement du Suisse, à gauche de la porte cochère qui donne entrée dans la cour des cuisines ; tout le reste, vers le salon frais, est occupé par des potagers. Mique propose de supprimer ces derniers et d’élever des constructions à la place. D’après son plan les communs se trouvent divisés en trois parties :

1. Un premier groupe près du château, comprenant la chapelle, la sacristie, le corps de garde des ouvriers pompiers, et le logement du suisse ;

2. Les cuisines et offices dans une cour allongée avec le garde-meuble et l’appartement du concierge ;

3. Dans la portion la plus éloignée de l’habitation, des écuries pour les chevaux de la Reine et des remises.

« Petit Trianon, histoire et description » Gustave Desjardins

Le 22 mars 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 15 avril 1780

Fin du séjour des princes de Hesse
Pendant ces mois, Marie-Antoinette, en excellente hôtesse et amie sincère, multipliera pour divertir Ses invitées, des bals, des réceptions, plusieurs promenades, des visites à Trianon et à Marly, les accompagne pour faire des courses dans les magasins à la mode de Paris, les conseille, en femme élégante au gout assuré, par des billets – qui sont conservés les archives de la Maison de Hesse – dans leurs achats de toilettes et le choix de leurs tenues .

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Fête à Versailles avec Louis XVI et Marie-Antoinette , aquarelle et gouache, 33 x 69 cm

Le 16 avril 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Du 25 avril au 22 mai 1780

La Cour est au château de Marly.

Le 29 avril 1780

Dîner à Trianon pour la famille de Darmstadt.

En mai 1780

Quelques spectacles intimes.

Le 11 mai 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 1er juin 1780

Le petit théâtre de Trianon est inauguré avec le Roi et le Fermier et La Gageure imprévue de Michel-Jean Sedaine (1719-1797). Illuminations.

Natacha Régnier, le grand théâtre de Marie-Antoinette
Natacha Régnier dans C’était Marie-Antoinette de Jean-Paul Scarpitta (2009)
C'était Marie Antoinette avec Natacha Régnier

C’est le début des représentations privées dans lesquelles la Reine joue souvent  l’un des premiers rôles.

Le 5 juin 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Fin juin 1780

La pièce située au-dessus du boudoir de Trianon devient une bibliothèque.

Le 30 juin 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 1er juillet 1780

Le Versailles secret de Marie-Antoinette (Arte) - Portrait d'une reine  injustement honnieImages du Versailles de Marie-AntoinetteL’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est MA-et-Mique-Versailles-Secret-826x1024.jpg.

Début de la construction de la grotte, œuvre de l’architecte Richard Mique (1728-1794),probablement achevée à la fin du mois d’août.

Le jardin anglais | Château de Versailles

En août 1780

L’Archiduc Maximilien, frère de Marie-Antoinette, devient archevêque de Münster et prince électeur de Cologne grâce en partie à l’appui de la France.

La Reine se réjouit de cette union entre Ses deux patries.

Aucune description disponible.
Marie-Antoinette par Gauthier d’Agoty

Le 1er août 1780

Spectacle à Trianon : La Gageure imprévue de Sedaine et Le Roi et le Fermier de Sedaine et Monsigny.

Le 9 août 1780

Marie-Antoinette a Ses règles avec quinze jours de retard.

Le 10  août 1780

Spectacle à Trianon : On ne s’avise jamais de tout  de Sedaine et Monsigny et les Fausses Infidélités de Barthe.

Septembre-octobre 1780

Construction du corridor de tentes reliant le Jeu de Bague à la salle de comédie. Il sert pour la première fois pour le spectacle du 12 octobre.

Le 3 septembre 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 6 septembre 1780

Spectacle à Trianon : L’Anglais à Bordeaux de Farvart et Le Sorcier de Poinsinet et Philidor. 

Le 13 septembre 1780

Marie antoinette film kirsten dunst GIF - Find on GIFER

Promenade de deux heures de Marie-Antoinette à Marly.

Du 10 au 20 septembre 1780

Séjour de la Reine à Trianon.


Richard Todd et Michèle Morgan dans le film de Jean Delannoy (1956)D

 Le 19 septembre 1780

Spectacle à Trianon : Rose et Colas de Sedaine et Monsigny puis Marie-Antoinette joue en costume Le Devin du Village de Jean-Jacques Rousseau pour une poignée d’intimes sélectionnés avec soin.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est ob_e4073c_vigeelebrun-marieantoinette-versailles-1.jpg.
La Reine croquée par Elisabeth Vigée Le Brun dans le costume qu’Elle portait, selon madame Campan, pour la représentation de Rose et Colas
Le 20 septembre 1780
 

Jules de Polignac est élevé au rang de duc héréditaire de Polignac. La comtesse de Polignac devient ainsi duchesse.

Le 28 septembre 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 12 octobre 1780

Spectacle à Trianon : Le Devin du village et Le Roi et le Fermier.

Du 13 au 31 octobre 1780

Séjour de la Cour à Marly.

Marly - 13 octobre 1780: La Cour se rend à Marly 31950410

Le comte de Maurepas, chef du conseil royal des finances, étant fort tourmenté par la goutte, n’est pas du voyage de Marly ; son séjour à Paris y conduit quelques fois Louis XVI.

Le 23 octobre 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 17 novembre 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 29 novembre 1780

Mort de l’Impératrice Marie-Thérèse après une courte maladie.

C’est pour Marie-Antoinette, “le plus affreux malheur“.

29 novembre 1780: Mort de Marie-Thérèse d'Autriche à 63 ans

tiny-librarian:
“ During those two last days she sent everyone away as much as possible to spare them, but to Joseph she talked a great deal. Sitting up in her chair she signed many documents, wrote letters too, and made the alteration in her will...
Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Joseph II est désormais seul à la tête de l’Empire.

Nicolas Dupin, Sébastien-Jacques Leclerc | Dame de qualité portant une  lévite de deuil | Images d'Art
Tenue de deuil de la Cour à l’occasion de la mort de Marie-Thérèse que l’on retrouve dans le film de Sofia Coppola
260 idées de Marie Antoinette | marie antoinette, film de marie antoinette,  marie
Detail from an engraving depicting Marie Antoinette with a portrait of her mother, Maria Theresa. 1780. [credit: Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie]

Du 10 au 12 octobre 1780

Séjour de la Reine à Trianon.

Les Fées Tisseuses :: Connexion | Petit trianon, Film de marie antoinette, Marie  antoinette

Le 10 décembre 1780

La Reine de France écrit à l’Empereur, en lui demandant de prendre soin de Ses sœurs restées en Autriche, les Archiduchesses Marie-Anne, Marie-Christine et Marie-Elisabeth :

“Il ne me reste qu’à vous recommander mes sœurs. Elles ont encore plus perdu que moi. Elles seraient bien malheureuses.”

Marie-Antoinette

Le 12 décembre 1780

Marie-Antoinette a Ses règles.

1781

Le jeu de bague chinois aux XVIIe et XVIIIe siècles – André Le Nôtre

Augmentation des communs et construction du corridor du Jeu de Bague:  on complète l’ensemble par une petite galerie semi-circulaire en treillage, surmontée d’un toit de pagode chinoise en écailles de poissons, avec des dragons aux angles, des dauphins sur les arêtes, des girouettes au sommet. Des guirlandes, des glands, des clochettes pendent de toutes parts. Les couleurs sont les plus éclatantes et dont le salon central ovale est meublé de douze bancs de bois peint avec des dossiers à entrelacs chinois, pour le confort des spectateurs.

Aucune description de photo disponible.
Coupe technique qui montre le mécanisme d’un jeu de bague

Lors de travaux réalisés dans le château de Gabriel l’année suivante, on crée en sous-sol une galerie qui permet un accès direct, sous le perron menant au jeu de bague, à une porte placée sur le demi-palier de l’escalier central.

Ce divertissement a des détracteurs, qui critiquent sa frivolité et reprochent l’opposition de style avec le château tout proche. C’est sans doute aussi ce jeu qui participera aux reproches faits à la Reine lors de sa disgrâce.

Aucune description de photo disponible.Reconstitution du Jeu de bague

Le 6 janvier 1781

Marie-Antoinette a Ses règles. 

Le 20 janvier 1781

Conception de Louis-Joseph.

Le 4 avril 1781

Promenade à Marly de Marie-Antoinette en compagnie de madame Elisabeth pour se rendre compte de l’état d’avancement des travaux de ses appartements.

Du 22 avril au 20 mai 1781

Séjour à Marly.

Le 31 mai 1781

Le Belvédère est achevé.

Le Belvédère - Petit Trianon - Domaine de Versailles

Été 1781

Seconde visite de Joseph II à Versailles.

Du 25 au 30 juin 1781

Séjour de la Reine à Trianon.

happy sofia coppola GIF by O&O, Inc

Le 27 juin 1781

Spectacle à Trianon : La Fête d’amour de Favart et Chevalier et Jérôme et Fanchonnette  de Vadé.

Le 29 juin 1781

Spectacle à Trianon.

Du 15 juillet au 2 août 1781

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 16 juillet 1781

Spectacle à Trianon : L’aveugle de Palmyre de Desfontaines et Rodolphe et La Matinée et la veillée villageoises, ou le Sabot perdu de Piis et Barré. 

Le 18 juillet 1781

Concert nocturne dans le jardin français.

Le 20 juillet 1781

Spectacle à Trianon : La Petite Iphigénie de Favart et Voisenon. 

Le 26 juillet 1781

Spectacle à Trianon : Les Deux Porteurs de chaise de Piis, Barré et Chardin et illumination en l’honneur de Monsieur, frère du Roi.

Du 29  juillet au 5 août 1781

Nouveau séjour de Joseph II à Versailles.

Joseph - L'empereur Joseph II Joseph14

Il arrive de très bon matin à l’ambassade d’Autriche, Mercy le conduit à l’hôtel de Valois où il logera. Les matelas, les lits de plume, les coussins qu’ont avaient préparés pour lui sont bientôt retirés par son ordre. Après trois heures de repos, il se drape de son incognito et accompagné d’une seule personne, il monte dans un carrosse de place pour aller visiter l’église Sainte-Geneviève, dont il a vu avec plaisir les progrès, autant qu’il a désapprouvé la destruction du jardin du Luxembourg où il s’est ensuite fait conduire.

Aucune description disponible.

En fin d’après-midi

Il change d’habit et de carrosse pour se rendre à Versailles, où il a considéré la tendresse du cœur de sa sœur  si réjouie de le revoir.

Les deux premiers jours du séjours de l’Empereur se passent à l’intérieur du château, où le Roi et la Reine partagent avec lui tous les plaisirs réservés à une famille unie par les liens de l’amitié autant que par ceux du sang.

Le 31 juillet 1781

Le Roi part à midi pour Saint-Hubert.  L’Empereur et sa sœur vont à Trianon d’où ils reviennent pour le retour du Roi.

Utilisant Trianon comme lieu de retraite, Marie-Antoinette ouvre parfois Son domaine à l’occasion de fêtes qu’Elle donne à Ses hôtes de passage. C’est le cas en 1781, lorsqu’Elle reçoit Son frère, l’Empereur Joseph II, de passage à Versailles. Au programme de cette fête du 1er août, une représentation d’Iphigénie en Tauride de Gluck sur la scène du théâtre que la Reine a inauguré l’année précédente, un souper et une illumination des jardins, agrémentée d’un concert champêtre. L’illumination est une reprise (avec un certain nombre d’améliorations) de celle que Marie-Antoinette avait offerte quelques jours plus tôt (le 26 juillet) à son beau-frère, le comte de Provence.
Le tableau de Châtelet illustre l’une ou l’autre de ces illuminations

Illumination du Belvédère du Petit Trianon - Claude-Louis Châtelet ...Illumination du Belvédère du Petit Trianon en 1781 par Claude-Louis Châtelet

Lors de ce séjour, Joseph II aurait contracté une union morganatique avec une jeune comtesse qui mourut en couches. Sa sœur aurait fait élever l’enfant du mariage, Whilhemine , à Versailles, dans une petite maison du parc où la comtesse de Gramont avait logé auparavant ; la baronne d’Oberkirch qui en parle, dit que la fille de l’Empereur est le portrait même de sa tante… est-ce elle qu’on appellera la Comtesse des Ténèbres

Le 1er août 1781

Fête donnée en l’honneur du comte de Falkenstein, souper, spectacle et illumination à Trianon.

Aperçu de l’image
Reconstitution des illuminations dans Le Gerfaut ( 1987 ) de Marion SarrautAperçu de l’image

Du 5 au 16 septembre 1781

Séjour de la Cour au château de La Muette.

marie antoinette GIF

Lorsqu’il apprend que Marie-Antoinette attend un nouvel enfant, le Roi se souvient de l’enfer lors de la naissance de Madame Royale, et il refuse de Lui faire subir le même supplice. Il prend des libertés avec le protocole.

Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François.

La Reine a très bien passé la nuit, Elle sent quelques douleurs en s’éveillant, mais Elle se baigne malgré tout. Les douleurs reprennent à dix heures et demie.

Seuls les membres de la famille royale, quelques dames de la Maison de la Reine et le garde des Sceaux sont autorisés à pénétrer dans la chambre de la Reine. Que les autres patientent dans le salon voisin ! Louis XVI accepte de les laisser entrer au tout dernier moment, et encore, ils restent bloqués au fond de la pièce, pour que l’air puisse circuler correctement.

« La reine est accouchée d’un dauphin aujourd’hui à une heure vingt-cinq minutes après midi… On avertit Mme la duchesse de Polignac à onze heures et demie. Le roi était au moment de partir pour la chasse avec Monsieur et M. le comte d’Artois. Les carrosses étaient déjà montés, et plusieurs personnes parties. Le roi passa chez la reine ; il la trouva souffrante, quoiqu’elle n’en voulut pas convenir. Sa majesté contre-manda aussitôt la chasse. Les carrosses s’en allèrent. Ce fut le signal pour tout le monde de courir chez la reine, — les dames, la plupart dans le plus grand négligé, les hommes comme on était. Le roi cependant s’était habillé. Les portes des antichambres furent fermées, contre l’usage, pour ne pas embarrasser le service, ce qui a produit un bien infini. J’allai chez la duchesse de Polignac, elle était chez la reine ; mais j’y trouvai Mme la duchesse de Guiche, Mme de Polastron, Mme la comtesse de Grammont la jeune, Mme de Deux-Ponts et M. de Châlons. — Après un cruel quart d’heure, une femme de la reine tout échevelée, tout hors d’elle, entre et nous crie : « Un dauphin ! mais défense d’en parler encore. » Notre joie était trop grande pour être contenue. Nous nous précipitons hors de l’appartement, qui donne dans la salle des gardes de la reine. La première personne que j’y rencontre est Madame, qui courait chez la reine au grand galop. Je lui crie : « Un dauphin, madame ! quel bonheur ! » Ce n’était que l’effet du hasard et de mon excessive joie ; mais cela parut plaisant, et on le raconte de tant de manières que je crains bien que cela ne servira pas à me faire aimer par Madame…

« L’antichambre de la reine était charmante à voir. La joie était au comble, toutes les têtes en étaient tournées. On voyait rire, pleurer alternativement des gens qui ne se connaissaient presque pas. Hommes et femmes sautaient au cou les uns des autres, et les gens les moins attachés à la reine étaient entraînés par la joie générale ; mais ce fut bien autre chose quand, une demi-heure après la naissance, les deux battants de la chambre de la reine s’ouvrirent, et qu’on annonça M. le dauphin. Mme de Guéménée, toute rayonnante de joie, le tint dans ses bras, et traversa dans son fauteuil les appartements pour le porter chez elle. Ce furent des acclamations et des battements de mains qui pénétrèrent dans la chambre de la reine et certainement jusque dans son cœur. C’était à qui toucherait l’enfant, la chaise même. On l’adorait, on la suivait en foule. Arrivé dans son appartement, un archevêque voulut qu’on le décorât d’abord du cordon bleu, mais le roi dit qu’il fallait qu’il fût chrétien premièrement. Le baptême s’est fait à trois heures après midi…

 Stedingk, ambassadeur de Suède en France, à Gustave III

La Reine se met sur Son lit de travail à une heure et un quart (juste à la montre de Louis XVI ) . L’accouchement ne dure que cinq quarts d’heure.

Marie-Antoinette accouche enfin d'un premier Dauphin, le 22 ...
Naissance du Dauphin par Jean-Michel Moreau, le jeune

« On n’avait pas osé dire d’abord à la reine que c’était un dauphin, pour ne pas lui causer une émotion trop vive. Tout ce qui l’entourait se composait si bien que la reine, ne voyant autour d’elle que de la contrainte, crut que c’était une fille. Elle dit : « Vous voyez comme je suis raisonnable, je ne vous demande rien. » Le roi, voyant ses inquiétudes, crût qu’il était temps de l’en tirer. Il lui dit, les larmes aux yeux : « M. le dauphin demande d’entrer. » On lui apporta l’enfant, et ceux-qui ont été témoins de cette scène disent qu’ils n’ont jamais rien vu de plus touchant. Elle dit à Mme de Guéménée, qui prit l’enfant : « Prenez-le, il est à l’état ; mais aussi je reprends ma fille. » Il est temps que je finisse ce bulletin ; je demande très humblement pardon à votre majesté du désordre qui y règne. On me dit que le courrier part, et je n’ai pas le temps de le mettre au net. »

 Stedingk, ambassadeur de Suède en France, à Gustave III
tiny-librarian:
“Detail of Marie Antoinette lying in bed, from a print that shows the birth of her eldest son, Louis Joseph.
”

Les corps de métiers défilent à Versailles pour offrir des cadeaux au nouveau-né.

Des célébrations sont données dans tout le royaume.


Médaille célébrant la naissance du Dauphin


Jubilé pour la naissance du Dauphin                             
Fichier:Allegorical painting of the birth of Louis Joseph, Dauphin ...
Allégorie de la naissance du Dauphin Louis-Joseph

Marie-Antoinette présentant le Dauphin à la France par Gérard Gautier (1723 – 1795). Groupe en terre cuite.
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette présentant le Dauphin à la France par Gérard Gautier (1723 - 1795). Groupe en terre cuite."
Detail from an engraving of Marie Antoinette and the dauphin, Louis Joseph.
[source: French Revolution Digital Archive]
Marie-Antoinette et Louis-Joseph
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La naissance de Dauphin assoie Marie-Antoinette dans Sa situation  pour laquelle on L’a mariée. Elle n’est plus seulement l’épouse du Roi (actuel), Elle est aussi la mère du prochain Roi.

Le 30 octobre 1781

Le Dauphin est venu au monde voici huit jours…

Il pèse 13 livres et mesure 22 pouces de long.

Sa nourrice est une simple paysanne, bien fraîche, bien portante, nommée Geneviève Poitrine, et qui a eu le bonheur de l’emporter sur des femmes d’une naissance plus distinguée.

Détail d’une gravure qui représente Marie-Antoinette à Notre-Dame de Paris pour remercier pour la naissance de Son premier fils, Louis-Joseph de France


En novembre 1781


Les mémoires des fournisseurs témoignent que trente-et-un habits pour monter à cheval sont livrés à la Reine (Marguerite Jallut).


Décembre 1781


Commencement des travaux du corridor du jeu de bague.

1782

Du 20 au 23 janvier 1782

La Cour est au château de La Muette.

Fin janvier 1782

Portraits de Marie-Antoinette en habit de cavalière

Marie-Antoinette tombe de cheval ce qui provoque une fausse couche. La Reine souffre d’une jambe… Elle déclare un érysipèle qui rend une de Ses joues quelque temps cramoisie…

Cette mauvaise jambe La fera toujours boiter…

Le 2 mars 1782

Mort de Madame Sophie, tante de Louis XVI

Madame Sophie de France (1734–1782), 1762 by François Hubert ...

Du 3 au 6 mars 1782

Séjour à Marly de Mesdames Tantes, en deuil de leur sœur, Madame Sophie.

La famille royale vient régulièrement leur rendre visite.

Début d’année 1782

La Reine se coince le pouce droit dans une porte ce qui L’empêche d’écrire pendant plusieurs jours.

En 1782

 Fontaine à parfum, paire de perroquets et paire d’aiguières de Marie-Antoinette ( aujourd’hui au Louvre)

( texte et photographies de Christophe Duarte – Versailles passion

Fontaine à parfum ; paire de perroquets ; paire d'aiguières | Images d'Art

Achetés en 1782 par la Reine pour Sa collection personnelle, cet ensemble orne le Cabinet Doré.                                      La fontaine à parfum de Marie-Antoinette est un objet d’art composite associant cinq pièces en porcelaine de Chine turquoise d’époque Kangxi (1662-1722). Une petite urne couverte gaufrée d’un léger motif de fleurs et fruits, transformée en fontaine avec un robinet, est soutenue sur un brancard par deux lions bouddhiques muselés ou “chiens de Fô“, dont le mâle a perdu sa boule de brocard et reçu en remplacement une boule d’agate.

Fontaine à parfum ; paire de perroquets ; paire d'aiguières | Images d'Art

Le tout est posé, comme la petite cuvette sur trépied, sur un plateau rond probablement plus grand à l’origine, agrémenté d’une bordure en bronze à motifs de congélations et pattes de lion.

Fontaine à parfum ; paire de perroquets ; paire d'aiguières | Images d'Art


Les couleurs profondes mais lumineuses de la porcelaine émaillée contrastent subtilement avec le bronze ciselé et doré, pour faire de cette fontaine un objet d’art unique empreint de charme et d’exotisme.

Fontaine à parfum ; paire de perroquets ; paire d'aiguières | Images d'Art

Le 17 mars 1782

La baronnie de Fenestrange est accordée au duc Jules de Polignac …

En avril 1782

Madame Campan, dans ses Mémoires, raconte qu’elle a lu à Louis XVI et Marie-Antoinette Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais … Catastrophe ! Elle rapporte les paroles du couple royal :

« C’est détestable, ce ne sera jamais joué, il faudrait détruire la Bastille pour que la représentation de cette pièce ne soit pas une inconvenance dangereuse. Cet homme se joue de tout ce qu’il faut respecter dans un gouvernement.

On ne la jouera donc point ? dit la Reine.

Non, certainement, répondit Louis XVI, vous pouvez en être sûre. »

Aucune description disponible.La famille royale posant pour Madame Vigée Le Brun dans le film de Jean Delannoy (1956)Aucune description disponible.

Le 9 avril 1782

Marie-Antoinette inaugure la salle du théâtre de l’Odéon ( à Paris )  dans lequel la troupe de la Comédie-Française s’est installée le 16 février 1782.

Résultat de recherche d'images pour "théâtre de l'Odéon"

Le 11 avril 1782

Spectacle à Trianon : La Matinée et la veillée villageoises, ou le Sabot perdu de Piis et Barré et Le Sage étourdi de Boissy.

Du 7 au 18 mai 1782

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 15 mai 1782

Le Roi chasse le chevreuil aux Costeaux-de-Jouy. Il soupe à Trianon.

Le 16 mai 1782

Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 17 mai 1782

Le comte et de la comtesse du Nord arrivent à Fontainebleau, où les attendent les envoyés du Roi, et leur ambassadeur, le prince Baradinsky.

Samedi 18 mai 1782

Souper à Trianon.

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“ Portrait of Marie Antoinette and her children by Charles Leclercq. This painting was owned by the Comtesse de Provence.
”
Marie-Antoinette, Madame Royale et Louis-Joseph par Charles Leclercq

Le 19 mai 1782

Le comte se rend incognito à Versailles pour assister à la procession des chevaliers des Ordres du Roi.

Le 20 mai 1782

Le comte et la comtesse du Nord font leur arrivée, cette fois-ci officielle, à Versailles.

As Marie Antoinette grew older, she began to turn from the excitements which her mother so frowned upon (such as horse racing and high stakes gambling) to simpler enjoyments, like taking walks around the chateau grounds. It became a habit to take...

Le 22 mai 1782

Décès en couche de la princesse Louise de Hesse, duchesse de Mecklembourg Strelitz ( à l’âge de vingt-neuf ans), qui était une amie de la Marie-Antoinette, fort peinée de cette disparition, qui La marquera au point de L’inquiéter quant à Ses grossesses futures…

Le 23 mai 1782

Au soir, grand spectacle à l’opéra du château de Versailles. On y donne l’Aline ou la Reine de Golconde, livret du chevalier de Boufflers et musique de M. de Monsigny.

Le 26 mai 1782

M. de Beaumarchais lit devant le comte et la comtesse du Nord le manuscrit du Mariage de Figaro, encore interdit à la scène.

Le 1er Juin 1782

La comtesse du Nord se rend à Bagatelle où le comte d’Artois lui fait les honneurs.

Aucune description disponible.Le Récital de Carl Schweninger le Jeune

Le 2 juin 1782

Le couple impérial et la Reine assistent au bal de l’Opéra. Dans la salle de l’opéra animée par une centaines de musiciens, deux mille femmes coiffées de plumes rivalisent de splendeur.

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Le spectacle de cette foule en grande parure est “magnifique par la quantité et l’éclat des bijoux“. Ouvrant le bal avec le comte d’Artois, la Reine est habillée à la Gabrielle d’Estrées :

Une chapeau noir à plumes blanches, une masse de plumes de héron, rattachées par quatre diamants et une ganse de diamants, ayant pour bouton le diamant nommé Pitt, valant deux millions ; un devant de corps tout en diamants, une ceinture de diamants sur une robe de gaze d’argent, blanche, semée de paillettes, avec des bouillons en or rattachés par des diamants.

Souvenirs du vicomte de Valfons
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Images colorisées de Marie-Antoinette (1938)

Au centre on reconnaît le couple royal : 

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Le 6 juin 1782

Fête à Trianon en l’honneur du comte et de la comtesse du Nord, souper, spectacle, Les Sabots de Cazotte et Duni, Isabelle et Gertrude de Favart et Les Deux Chasseurs et la Laitière d’Anseaume et Duni, et illumination.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet 53518510
Tableau de Joseph Navlet

La Reine donne une représentation à Trianon pour la comtesse du Nord. Elle y chante Zémire et Azor de Grétry, la Jeune Française au sérail de Gardel.

                                                                                                                                                            Le Grand Duc Paul de Russie (1754-1796-1801) et son épouse,  Maria Féodorovna, née   Sophie-Dorothée de Wurtemberg-Montbéliard (1759-1828), alias le comte et la comtesse du Nord.

Après le dîner de trois cents couvert, Trianon est illuminé.

Le 8 juin 1782

Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Grand bal en l’honneur du comte et de la comtesse du Nord puis souper chez la princesse de Lamballe, “où le  respect ne gêne pas le plaisir“.  On y joue au loto, la Reine danse quelques contre-danses.


Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico
les années lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles Al111

Le 10 juin 1782

Départ pour Chantilly, où tout est splendide et enchanteur.


L’Hallali au cerf dans le parc de Chantilly, offert au comte et à la comtesse du Nord.     ( le 12 juin 1782)
Copie du tableau de Jean-Baptiste Le Paon, Musée Condé – Chantilly

Le comte du Nord et le prince de Condé  forment une véritable amitié.

Le 15 juin 1782

Le Roi et la Reine accompagnent les “Nord” en promenade à Marly.

Musée-Promenade de Marly-le-Roi • Louveciennes • L'Officiel des spectacles

Les 18 et 19 juin 1782

La Cour est au château de Choisy.

Le 19 juin 1782

La “cour russe” reprend son chemin. La famille royale fait ses adieux lors du dîner, à Choisy. On leur montre la table mouvante.

Les “Nord” se rendent à Orléans, Ménars, Blois, Amboise, Tours, Angers, Nantes, Lorient, Rouen …. pour finalement quitter Strasbourg et la France le 16 septembre.

Le 22 juin 1782

Le Rocher de Trianon est achevé.

Grand rocher, jardin du Petit Trianon : vue d'ensemble sur un ciel blanc –  André Le Nôtre

Le 21 juin 1782

Décès de Georges-Guillaume de Hesse-Darmstadt (1722-1782).

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Georges-Guillaume de Hesse-Darmstadt

Du 7 au 21 juillet 1782

Séjour de la Reine à Trianon.

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Marie-Antoinette et Madame Royale sur la terrasse du Petit Trianon

Le 8 juillet 1782

Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 10 juillet 1782

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 11 juillet 1782

Le Roi dîne à Bellevue et chasse le chevreuil à la Porte-Dauphine. Il soupe à Trianon.

Le 12 juillet 1782

Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 14 juillet 1782

Le Roi soupe à Trianon.

Le 16 juillet 1782

Le Roi tire au Butard. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 17 juillet 1782

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 18 juillet 1782

Louis XVI chasse le cerf au Moulin-Neuf de Saint-Arnoul . Il dîne à Saint-Hubert et soupe à Trianon.

Le 19 juillet 1782

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 20 juillet 1782

Louis XVI chasse le cerf aux Costeaux-de-Jouy et soupe à Trianon.

Le 13 août 1782

Grand’messe, vêpres, salut et procession au dehors. Le Roi soupe à Trianon.

Du 15 au 24 août 1782

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 21 août 1782

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 22 août 1782

Louis XVI chasse à la plaine de Chambourcy et tue cent soixante-cinq pièces. Il soupe à Trianon.

The Tea Garden by George Morland, circa 1790.
The Tea Garden de George Morland (vers 1790)
Raphaëlle Agogué as Marie Antoinette in “Louis XVI, lhomme qui ne voulait pas être roi” (Louis XVI, the man who did not want to be king). #Raphaëlle Agogué#marie antoinette#raphaelle agogue#18th century#period drama #long live the queue
Raphaëlle Agogué est Marie-Antoinette (2011) pour Thierry Binisti

Le 24 août 1782

Louis XVI chasse aux Fours-à-Chaux, il tue quatre-vingt-six-huit pièces et dîne puis soupe à Trianon.

Du 1er au 9 septembre 1782

Séjour de la Cour à Compiègne.

Le 7 septembre 1782

Mort de Madame de Dillon, l’une des Dames du palais de la Reine.

Du 9 septembre au 3 novembre 1782

Séjour au château de la Muette pour l’inoculation de Madame Royale. Le Dauphin reste à Versailles avec ses sous-gouvernantes puisque Madame de Guéménée a accompagné sa sœur.

Le 10 septembre 1782

Quand Madame Royale eut quatre ans, la Reine se plut à la conduire voir, sa tante, et au retour de chaque visite on avait quelque trait touchant ou intéressant à raconter. Ainsi une fois, la Reine avait conduit la jeune princesse au monastère, et, comme elle était à la veille d’être inoculée, on ne lui avait fait servir qu’une très-légère collation. Madame Royale, qui avait encore faim, ne fit aucune observation, et se contenta de ramasser jusqu’aux moindres miettes de pain. L’une des religieuses fit alors l’observation que la soumission et la sobriété de la jeune princesse semblaient annoncer chez elle quelque vocation pour la vie des Carmélites, et elle demanda à la Reine si, la chose étant, elle en ressentirait quelque déplaisir. « Loin de là, répondit celle-ci , j’en serais au contraire très flattée. » Marie-Antoinette, ayant désiré que toutes les religieuses vissent sa fille, demanda à celle-ci , quand toute la communauté fut réunie, si elle n’avait rien à leur dire : «Mesdames, répondit la petite princesse, qui n’avait alors que quatre ans, priez pour moi à la messe. » Son bon ange lui disait-il dès lors combien elle aurait besoin du secours de Dieu pour traverser tant d’infortunes, cachées encore dans les ténèbres de l’avenir?

Souvenirs de Quarante ans 1789-1830. Récits d’une Dame de la Dauphine de Comtesse Pauline de  Galard de Béarn
Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis

 Le 27 septembre 1782

La Reine revient tout particulièrement à Compiègne pour donner ses ordres à l’établissement de son nouvel appartement dans “l’aile de la reine”, ceux de ses enfants à côté, mettant au point la distribution des appartements et le choix des décorations. Elle demande, comme à Versailles, de relier les deux chambres des souverains, un passage secret en sous sol.

Bâtiments et décors achevés attendirent en vain ceux à qui ils étaient destinés. Ni Louis XVI ni Marie-Antoinette ne virent leurs appartements achevés et meublés”

écrira J.M. Moulin
Forêt de Compiègne : Amour quand tu nous tiens !

Le 1er octobre 1782

Banqueroute des Guéménée.

Le 20 octobre 1782

Démission de la princesse de Guéménée dans sa charge de gouvernante des Enfants de France.

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La princesse de Guéménée

Le 24 octobre 1782

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Yolande de Polignac

La Reine donne à Madame de Polignac la place de Gouvernante des Enfants de France en remplacement de Madame de Guéménée.

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Madame de Polignac par Jean-Laurent Mosnier, Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d’Alençon, 1780Aucune description disponible.

Cela accroît la jalousie de certains courtisans envers le clan Polignac.

Marie-Antoinette, qui a passé de nombreuses heures ruineuses à jouer aux fameuses fêtes de cartes de la Princesse où il était dit que les jeunes n’ont pas émergé pendant des jours, fait de son mieux pour aider le couple. Elle et la princesse n’ont jamais été les meilleures amies – Victoire est plus âgée que Marie-Antoinette et plutôt trop sophistiquée à Ses goûts – mais elles s’entendent assez bien pour qu’Elle veuille l’aider d’une manière ou d’une autre, ce qu’elle a fait en obtenant un prêt pour le prince et organiser également pour Louis XVI l’achat de leur propriété à Montreuil pour la Princesse Élisabeth.

Du 4 au 6 novembre 1782

La Cour séjourne à Fontainebleau.

1783

Commencement de la construction du Hameau de Trianon.

“Ai-je besoin de parler des aumônes que Marie-Antoinette a faites? parlerai-je des années 1776, 1783, 1788, 1789?

“Jamais dépense”, ne fut plus agréable à mon cœur” disait Marie-Antoinette.

Une autre fois elle répond :

“Sans doute nous faisons souvent l’aumône : mais il y a peu de gens de notre état qui sachent la faire.”

Que de bienfaits n’a-t6elle pas enfouis dans cette classe, qui sans être indigente avait sans cesse des besoins! Que d’ingrats elle a faits! Quel est le service qu’elle ait refusé! la fondation qu’elle n’ait pas protégée! la recommandation qu’elle n’ait pas répétée! Pour qui étaient-elles donc ces sollicitations continuelles, ces grâces, ces emplois? N’était-ce pas pour faire des heureux, et pour en multiplier le nombre?”

Le Chevalier de Maistre

Du 20 au 23 janvier 1783

Séjour de la Cour au château de La Muette.

      

Le 3 mai 1783

Madame Élisabeth (1764-1794) a dix-neuf ans. Le Roi, son frère, lui offre le domaine de Montreuil à Versailles.

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI 03625110
Madame Élisabeth par Élisabeth Vigée Le Brun
Le Domaine de Montreuil de Madame Elisabeth - Photo de Parc du Domaine de  Madame Elisabeth, Versailles - Tripadvisor

Le 29 mai 1783

La Reine qui se proposait de représenter aujourd’hui sur le théâtre du Petit Trianon l’opéra-comique du  ” Tonnelier “, dans lequel Elle tient le rôle de Fanchette, n’a pu se procurer cet amusement parce que hier à la répétition Elle s’est foulé le pied et que pendant la nuit l’enflure est augmentée .
Quelques personnes croient que cet accident n’a pas été assez considérable pour empêcher la Reine de donner son spectacle, mais qu’on L’a avertie que ce genre d’amusement, le jour de l’Ascension, serait un nouvel objet de critique, surtout dans le moment où les chansons satiriques paraissent en grand nombre malgré les soins que se donne la police pur en découvrir les auteurs .

Journal  du marquis de Bombelles

Le 31 mai 1783

Elisabeth Vigée Le Brun est reçue à l’Académie royale de peinture par ordre du Roi et grâce à la faveur de la Reine dont elle est devenue la portraitiste attitrée.

Élisabeth Vigée Le Brun — WikipédiaÉlisabeth Vigée Le Brun par elle-même

Son tableau de la Reine en “Robe en chemise” exposé au Salon de l’Académie cette même année, est source de critiques nombreuses: la tenue de Marie-Antoinette est considérée comme indécente.

gaulle - Portraits de Marie-Antoinette vêtue d'une robe en chemise, dite en gaulle, par Elisabeth Vigée Le Brun (1783) 6a00d810Portrait de Marie-Antoinette en gaulle (1783)

Le tableau fait scandale. Le public s’offusque de voir sa Reine apparaître en chemise, au lieu de resplendir dans tous les atours de sa fonction. On La dit habillée comme une femme de chambre et des satiristes rebaptisent le tableau La France sous les traits de l’Autriche réduite à se couvrir d’une pane. L’affaire prend même, comme toujours, un tour politique quand certains persiflent que l’Autrichienne veut couler les soyeux de Lyon au profit des drapiers de Flandre… à l’époque région administrée par l’Autriche. A la hâte, ce portrait sera remplacé par le fameux portrait de « Marie-Antoinette à la rose » où la Reine arbore une robe de cour plus classique, en soie couleur “suie des cheminées de Londres“.

Marie-Antoinette à la rose

Jane Seymour est Marie-Antoinette dans Les Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Juin 1783

Absent de France depuis 1779, le comte de Fersen rentre d’Amérique où il a soutenu la cause des Insurgents.

Du 2 au 7 juin 1783

Premier séjour de la Reine à Trianon avec Madame Royale.


Ute Lemper dans L’Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre
L'Autrichienne, avec Ute Lemper (Granier-Deferre) - Page 11

Le 2 juin 1783

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 5 juin 1783

Louis XVI chasse à Bellevue, chasse le chevreuil à l’avenue de Trivaux, puis il soupe à Trianon où il y a spectacle.

Le 6 juin 1783

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon où il y a petite comédie.

Les 18 et 19 juin 1783

Séjour de la Cour au château de Choisy.

De mi-juin au 12 juillet 1783

Séjour de la Cour au château de La Muette.

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Durant l’été 1783

Les princesses de Hesse-Darmstadt reviennent à Versailles. Pierre de Nolhac nous informe que les princesses logent durant ce séjour dans l’ancien logement de Madame de Polignac au premier étage de l’aile vieille n° 26, prêté par le grand chambellan de France, le prince de Bouillon:

  «un des plus beaux de Versailles »

( Newton – Espace du Roi – p.107 )

Le Chevalier d’Isle écrit dans ses lettres à propos de ce second séjour:

« La Reine a pour son été les trois princesses de Hesse Darmstadt qu’elle aime fort et qu’elle loge ici dans l’ancien appartement de Madame de Polignac, elles sont accompagnés de leur frère, le prince Georges ».

Louise de Hesse-Darmstadt
Louise de Hesse-Darmstadt

Ces trois princesses sont donc Louise de Hesse (1721-1829),  Louise de Leiningen (1729-1818) et la princesse Charlotte Wilhemine de Hesse (1755-1785), princesse de Mecklembourg Streliz ).

Le 9 août 1783

Fête et illumination à Trianon en l’honneur de la femme de l’ambassadeur d’Angleterre, la duchesse de Manchester.

Illuminations du Belvédère du Petit Trianon de Claude-Louis ...
Illumination du belvédère et de la grotte au Petit Trianon par Châtelet, 1785

Le 25 août 1783

La Cour apprend une nouvelle grossesse de Marie-Antoinette. La Reine en est mécontente et s’enferme dans ses appartements ; ses dames trouvent porte close.

Marie-Antoinette fait un ébranlement de fruit pour lequel Elle reste au lit ou sur une chaise longue pendant neuf jours ( selon Son accoucheur M. de Vermond, frère de l’abbé ).

Le marquis de Bombelles dans son Journal

Du 1er au 9 septembre 1783

Séjour de la Cour au château de Compiègne.

Le 19 septembre 1783

Face à la place d’Armes, Le Martial d’Etienne de Montgolfier s’élève dans le ciel .

Histoire de France on Twitter: "Le 19 septembre 1783, à Versailles, Étienne  de Montgolfier lâche pour la première fois un ballon à air chaud.… "

De toile de coton encollée de papier sur les deux faces, le ballon mesure 18,47 mètres de haut sur 13,28 de large et pèse 400 kg. Il se nomme Le Réveillon, du nom de son ami Jean-Baptiste Réveillon, directeur de la Manufacture royale de papiers peints. Celui-ci a réalisé un décor à fond bleu azur aux chiffres du Roi – deux L entrelacés – reliés par divers ornements, le tout doré.

Jefferson in Paris, avec Charlotte de Turckheim (Ivory) - Page 3

La démonstration a lieu devant Louis XVI et la famille royale, dans l’avant-cour du Château, noire de monde.

Annonay et les frères Montgolfier | Montgolfiere, Versailles, Mongolfier

Des animaux, par précaution, ont été retenus pour le vol. Annoncés par un coup de canon, un mouton, un canard et un coq embarquent à une heure après midi dans le panier rond en osier, accroché au ballon par une corde.

Jefferson in Paris, avec Charlotte de Turckheim (Ivory) Bal10
La famille royale dans le film Jefferson à Paris (1995) de James Ivory

Onze minutes plus tard, un second coup retentit, annonçant que le panier est prêt à partir.

projets spéciaux en montgolfiere | France montgolfières, Vol en montgolfière  en France, val de loire, provence, bourgogne, ile de france

Le ballon s’élève, à la stupéfaction et sous les acclamations du public. Il monte à 500 mètres. Endommagé par une déchirure, il descend lentement huit minutes plus tard, après avoir parcouru 3,5 km. Il atterrit dans le bois de Vaucresson.

1783, le premier vol de l'homme (vidéo-documentaire)

A l’atterrissage les animaux sont retrouvés vivants et bien portants. L’expérience est un succès.

1783, le premier vol de l'homme (vidéo-documentaire)

En guise de récompense, les animaux, véritables héros des airs, sont recueillis par Louis XVI à la Ménagerie de Versailles.

Jefferson in Paris, avec Charlotte de Turckheim (Ivory) Ballon10
La famille royale dans le film Jefferson à Paris (1995) de James Ivory

Pilâtre de Rozier devient le premier homme d’un vol habité.

Le 26 septembre 1783

Une première officieuse du Mariage de Figaro a lieu à Gennevilliers , chez le comte de Vaudreuil. La Reine y était attendue. On ne sait si Elle a pu s’y rendre : les témoignages divergent.

Du 9 octobre au 24 novembre 1783

Long séjour de la Cour à Fontainebleau.

Ce séjour compte de nombreuses courses de chevaux.

La reine Marie-Antoinette à cheval

Le 20 octobre 1783

Soirée chez Diane de Polignac.


Diane de Polignac par H.P. Danloux

En novembre 1783

Présence de Giacomo Casanova (1725-1798) à Fontainebleau.


Casanova par Raphaël Mengs

Le 3 novembre 1783

Marie-Antoinette fait une fausse-couche. On ignore depuis combien de temps Elle était enceinte.

Le 4 novembre 1783

Louis XVI nomme Charles-Alexandre de Calonne ( 1734-1802) contrôleur général des Finances sous la pression de la Reine.

Le 18 novembre 1783

Louis XVI nomme le baron de Breteuil (1730-1807) secrétaire d’État de la Maison du Roi , ministre d’État; il remplace M. Amelot de Chaillou.


Le baron de Breteuil par Ménageot

Le 18 novembre 1783

Chimène ou le Cid de Sacchini est un échec au grand désarroi de Marie-Antoinette.

Le 21 novembre 1783

Mort du comte de Maurepas ( né en 1701).

Louis XVI est ému de perdre son mentor.

19 septembre 1783 : le premier vol habité de l'histoire

L’expérience du vol du ballon d’Etienne de Mongolfier est renouvelée, avec des hommes cette fois, devant le Dauphin au château de La Muette.

Le premier vol habité en montgolfière | Un jour de plus à Paris

Le 1er décembre 1783

Marie-Antoinette assiste aux Tuileries au premier vol d’une montgolfière à hydrogène réalisé par Jacques-Alexandre César (1746-1823) et son collaborateur Marie-Noël Robert (1760-1820).

Le 5 décembre 1783

Mort de Mademoiselle d’Artois, la fille du comte et de la comtesse d’Artois.

Le 29 décembre 1783

Le Roi achète le domaine de Rambouillet au duc de Penthièvre pour y chasser.

Réservez, Visitez, le Château de Rambouillet, Yvelines - Patrivia

Le château de Rambouillet rouvre ses portes après restauration

Il y fait construire une Laiterie pour la Reine.

Visitez la Laiterie de la reine Marie-Antoinette et la Chaumière aux  coquillages
Marie-Antoinette et le château de Rambouillet

La Laiterie de la Reine, parc du château de Rambouillet - Ô Mon Château

1784

Au début de l’année, les maisons du Hameau sont couvertes.

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Au château, le petit salon du premier étage est transformé en billard.

En 1784

La Reine conduisait ses enfants, deux fois l’An, au Carmel de Saint-Denis. Une fois, Madame Royale, âgée alors de cinq à six ans, laissa tomber son mouchoir; la Reine, par un regard, lui témoigne le désir qu’elle a de le lui voir ramasser elle-même ; et comme les religieuses se baissaient pour lui épargner ce soin : « Non, non, ma tante, dit la « Reine à Madame Louise, je ne le permettrai  pas : c’est ici la maison de l’humilité ; je veux « que ma fille, tout enfant qu’elle est, y reçoive « une leçon d’obéissance et de modestie ».

Les Bourbons martyrs, ou, Les augustes victimes(1821)

Le 19 mars 1784

Spectacle à Trianon : L’Amitié sur le trône  de Linières  et Les On-dit (du chevalier de Boufflers.

                                                                          Calendrier de l’année 1784

Le 27 avril 1784

La première officielle du Mariage de Figaro a lieu à la Comédie-Italienne.

Le 17 mai 1784

Marie-Antoinette vient pour la première fois à Rambouillet… qu’Elle n’aime pas ! 

Le 28 mai 1784

Chasse au sanglier avec la Reine, dans la forêt de Marly. Dîné à quatre heures.    La Reine a chassé et soupé.


 

Le 3 juin 1784

La Reine revient à Rambouillet… pour la journée.

Le 7 juin 1784

Le comte de Haga, alias le Roi Gustave III de Suède (1746-1792), arrive à la Cour incognito et à l’improviste.

Le roi Gustave III de Suède
Gustave III de Suède

Le comte de Haga était tombé à la cour comme une bombe. Le roi était à la chasse à Rambouillet, la reine le fit prévenir en toute hâte. (…) Les valets de chambres ne se rencontrèrent point là quand il le fallut ; ils avaient emporté les clefs, on ne savait où les prendre. Le comte de Haga était déjà chez la reine ; le roi dans sa bonté ne voulait pas le remettre ; des gens de la cour aidèrent Sa Majesté à s’habiller tant bien que mal… On était si pressés que tout fut fait de travers sans qu’on s’en aperçût. Il avait une de ses boucles de souliers en or et l’autre blanche, une veste en velours au mois de juin ! et ses ordres tout à rebours (ses emblèmes royaux à l’envers), il n’était bien poudré que d’un côté et le nœud de son épée ne tenait pas. La reine en fut frappée et se contraria. Quant au roi, au contraire, il en rit beaucoup, et fit rire le comte de Haga.

La baronne d’Oberkirch
Gustave III, roi de Suède, par PaschGustave III, Roi de Suède, par Pasch

 Le Roi de Suède a accepté l’invitation que Louis XVI lui avait adressée en février.

 On joue Le Dormeur éveillé de Marmontel et Piccini.

Gustave III ne repartira que le 20 juillet.

Le 11 juin 1784

Dernières règles de Marie-Antoinette avant Sa troisième grossesse.

Le 21 juin 1784

Fête donnée en l’honneur du comte de Haga (Gustave III), souper, spectacle et illumination à Trianon.

C’est une soirée fastueuse. Les invités, tout de blanc vêtus selon le désir de la souveraine, commencent par assister au Dormeur éveillé de Marmontel, puis ils se rendent par le parc illuminé jusqu’au temple de l’Amour. Là, une foule est massée, car la Reine a permis “à toutes les personnes honnêtes” d’entrer dans le parc à condition qu’elles aient un habit blanc.

Raphaëlle Agogué as Marie Antoinette in “Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être roi” (Louis XVI, the man who did not want to be king). #Raphaëlle Agogué#raphaelle agogue#marie antoinette#period drama#18th century #long live the queue
Raphaëlle Agogué est Marie-Antoinette (2011) pour Thierry Binisti

Derrière le Temple de l’Amour, en vue de son illumination pour cette fête mémorable entre toutes ( la plus belle de toutes celles que Marie-Antoinette donna à Trianon ) , une tranchée avait été creusée dans laquelle un grand feu consuma le nombre prodigieux de 6400 fagots de bois !

Le roi Gustave III  de Suède - Page 4 Petit-10

Soudain, une flamme s’éleva derrière le Temple et, en quelques secondes, le parc entier parut brûler. Des colonnes d’étincelles montaient vers la cime des arbres et les nuages s’empourprèrent.

Le roi Gustave III  de Suède - Page 4 Fyte_d11 Après l’embrasement du Temple, on servit un souper dans les pavillons du jardin français. Au petit matin, Gustave III, ravi par cette fête grandiose, remercia Marie-Antoinette. Il ignorait, le pauvre, que, sans l’amour, la France, n’eût certainement pas fait tant d’honneur à son pays.

Illumination du Belvédère du Petit Trianon - Claude-Louis Châtelet ...Illumination du belvédère et de la grotte au Petit Trianon par Châtelet, 1785

A la table du Roi, on a servi quatre-vingts entrées et quarante-huit entremets. A la grande table d’honneur quarante-huit entrées et soixante-quatre entremets .  
Menu : oreilles d’agneau à la Provençale, esturgeon à la broche, sauce à la glace, rôt de bif de chevreuil, d’un chevreuil tué par le Roi lui-même, compote de faisans …

Journal du secrétaire Franc, cité par Félix Moeschlin dans  Le beau Fersen

La Reine ne danse point … Elle a l’esprit ailleurs …

Gustave III fait le compte-rendu de cette réception :

On a joué sur le petit théâtre le “Dormeur réveillé”, par M. de Marmontel, musique de Grétry (c’est “le Dormeur éveillé” de Piccini) avec tout l’appareil des ballets de l’Opéra réunis à la Comédie Italienne. La décoration de diamants termina le spectacle. On soupa dans les pavillons des jardins et, après souper, le jardin anglais fut illuminé. C’était un enchantement parfait. La Reine avait permis de se promener aux personnes honnêtes qui n’étaient pas du souper et on avait prévenu qu’il fallait être habillé en blanc ce qui formait vraiment le spectacle des Champs-Élysées. La Reine ne voulut pas se mettre à table, mais fit les honneurs comme aurait pu faire la maîtresse de la Maison la plus honnête. Elle parla à tous les suédois, et s’occupa d’eux avec un soin et une attention extrêmes. Toute la famille royale y était, les charges de la cour, leurs femmes, les capitaines des gardes du corps, les chefs des autres troupes de la Maison du Roi les ministres et l’ambassadeur de Suède (M. de Staël). La princesse de Lamballe fut la seule des princesses de sang qui y était. La Reine avait exclu tous les princes, le Roi ayant été mécontent d’eux.

Aucune description disponible.
Images du Gerfaut (1988) de Marion Sarraut
Aucune description disponible.

Le 23 juin 1784

Décollage de la montgolfière Marie-Antoinette de la cour des Ministres du château de Versailles, en présence de la famille royale.

21 novembre 1783 - Premier vol habité en montgolfière - Herodote.net
Ascension de la mongolfière Marie-Antoinette,musée Mandet

La Reine a donné Son patronage à l’aéronaute, Pilâtre de Rozier (1754-1785).

Jefferson in Paris, avec Charlotte de Turckheim (Ivory) Ballon10

Le 25 juin 1784

Conception de Louis-Charles, duc de Normandie, selon Paul et Pierrette Girault de Coursac.

Le 27 juin 1784

Marie-Antoinette joue sur la scène de Trianon le rôle de Rosine du Barbier de Séville de Beaumarchais devant un public choisi comprenant le Roi de Suède.

Joelly Richardson est Marie-Antoinette dans The Affair of the Necklace de Charles Shyer (2001)
Louis XVI l'homme qui ne voulait pas être roi (Raphaëlle Agogué) - Page 9
Raphaëlle Agogué est Marie-Antoinette en Rosine dans Louis XVI, L’Homme qui ne voulait pas être Roi (2011) de Thierry Binisti

Le 7 juillet 1784

Marie-Antoinette et le comte d’Artois donnent à dîner au comte de Haga (Gustave III) au château de Marly.

Du 20 juillet au 8 août 1784

Séjour de la Reine à Trianon.

Marie-Victoire Jaquotot | Portrait de Marie-Antoinette | Images d'Art
Marie-Antoinette par Marie-Victoire Jacquotot ( vers 1818)

Le 18 juillet 1784

Un bal en l’honneur du Roi Gustave III est donné dans l’Opéra royal.

Le 20 juillet 1784

Louis XVI chasse le chevreuil au Butard, puis soupe à Trianon. 

Le docu-fiction de David Grubin  Tumblr_mgluj6T7XN1qatfdco1_500
Image du docu-fiction de David Grubin 

Le 23 juillet 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il visite la Muette et soupe à Trianon.

Le 24 juillet 1784

Louis XVI chasse le chevreuil au pavillon d’Orsine, puis soupe à Trianon. 

Dimanche 25 juillet 1784

Vêpres et salut. Louis dîne et soupe à Trianon.

Le 27 juillet 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il visite la Muette et soupe à Trianon.

Le 28 juillet 1784

Louis XVI visite Bellevue et la Muette, chasse le chevreuil au Butard, puis soupe à Trianon. 

Le 29 juillet 1784

Le Roi soupe à Trianon.

Le 31 juillet 1784

Spectacle à Trianon : Le Comédien bourgeois de Carmontelle, Les Amours d’été de Piis et Barré  et Berlingue de Despréaux. 

En août 1784

Marie-Antoinette, en signe d’estime, offre à Georgiana une chemise décorée de dentelles légères et, profitant de la chaleur estivale, la duchesse l’exhibe triomphalement au bal du prince de Galles, soulignant qu’elle porte ce que  la Reine de France lui a donné. De cette façon, elle attribue manifestement à Marie-Antoinette la propagation (sinon l’invention) de cet article, la légitimant à nos yeux et surtout aux yeux de Ses contemporains, en tant que grande inspiratrice de tendances et créatrice d’image (rôle auquel l’auteure tenait grand plus long que sa propre couronne). Les jours suivants, le Lady ‘ s Magazine a enregistré que – désormais tout le gentil sexe, de quinze à cinquante ans et plus … apparaît dans des robes de mousseline blanche avec de larges bandes – : sur la vague de son succès mondain, Georgiana a réussi à introduire la chemise à la reine en Angleterre et elle aurait inexorablement pris pied, caractérisant la mode des prochaines années.

Fabrizio Casu

Dimanche 1er août 1784

Le Roi dîne avec ses tantes et soupe à Trianon.

Le 2 août 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 4 août 1784

Le Roi tire à la plaine de Poissy et soupe à Trianon.

Le 5 août 1784

Le Roi visite la Muette, dîne à Bellevue et soupe à Trianon.

Le 8 août 1784

Le Roi tire à la plaine de Chambourcy, et soupe à Trianon.

Le 11 août 1784 à minuit

Le cardinal de Rohan croit rencontrer la Reine dans le Bosquet de Vénus du parc de Versailles… c’est en fait Nicole Leguay, modiste (?), costumée comme la Reine…et voilée !

Du 28 août au 19 septembre 1784

Séjour de la Reine à Trianon.

Marie-Antoinette » de Sofia Coppola (Spécial « Histoire d'une ...
Kirsten Dunst ( 2006) 
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Marie-Antoinette et Ses enfants par Wertmüller
A portrait of Marie-Thérèse-Charlotte and Louis-Joseph in 1784 by Elisabeth Louise Vigée-Le Brun
Marie-Thérèse et Louis-Joseph (1784) par Elisabeth Vigée Le Brun

Le 2 septembre 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 3 septembre 1784

Le Roi chasse le cerf à Port-Royal. Il soupe à Trianon.

Le 8 septembre 1784

Louis XVI dîne et soupe à Trianon.

Le 9 septembre 1784

Le Roi chasse au Petit-Saclé et soupe à Trianon.

Le 10 septembre 1784

Le Roi chasse le cerf à Port-Royal. Il soupe à Trianon.

Le 11 septembre 1784

Louis XVI tire à la plaine de Velisy, et soupe à Trianon.

Dimanche 12 septembre 1784

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 13 septembre 1784

Louis XVI visite Trianon pour le Dauphin, il tire à la plaine de Saclé, et soupe à Trianon.

L'Autrichienne, avec Ute Lemper (Granier-Deferre) - Page 11
Ute Lemper dans L’Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre

Le 14 septembre 1784

Le Roi chasse le cerf à Marcoussy. Il soupe à Trianon.

Le 15 septembre 1784

Spectacle à Trianon : Le Barbier de Séville de Paisiello. 

Le 16 septembre 1784

Le Roi tire à la plaine d’Arcueil. Il soupe à Trianon.

Le 17 septembre 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il soupe à Trianon.

Le 18 septembre 1784

Spectacle à Trianon : Dardanus de Sacchini.

Automne 1784

A la requête de Son frère Joseph II, la Reine intervient pour influencer l’attitude de la France dans l’affaire dite des Bouches de l’Escaut.

Du 11 au 13 octobre 1784

La Cour fait un court séjour à Fontainebleau.

Le 21 octobre 1784

Dîner avec Mesdames Tantes.

Du 8 au 10 novembre 1784

La Cour fait à nouveau un court séjour à Fontainebleau.

Le 21 novembre 1784

Mort de Claude Richard père ( né le 13 août 1705), jardinier du Petit Trianon.

1785

Achèvement des maisons du Hameau de la Reine.

La Maison de la Reine restaurée - photo Château de Versailles

Construction d’un yacht pour la Reine exclusivement réservé aux voyages à Fontainebleau ( ce cadeau coûtera 60 000 livres ), qui témoigne de Son intention d’y venir fréquemment.

La Sirène : le bateau ou yacht royal de Marie-Antoinette

Mais le yacht ne sera utilisé que deux fois.

En 1785

Marie-Antoinette acquiert cet automate de “joueuse de dulcimer” ou tympanon, avec – dit-on – une robe et des cheveux qui viennent de la Reine. Il est réalisé par le fabriquant d’horloges Pierre Kintzing et l’ébéniste de la Cour David Roentgen (1743 – 1807). La Reine l’offre à l’Académie des Sciences.

File:La joueuse de tympanon (musée des arts et métiers, Paris)  (14243165890).jpg - Wikimedia Commons
La joueuse de tympanon
La joueuse de tympanon | Blogs de la Licence Humanités
La joueuse de tympanon

Le fauteuil pivotant de Marie-Antoinette
1785
de Claude Sené
Chiffre de la Reine “Garde Meuble de la Reine”
Numéro d’inventaire : 467

(Source texte et photos : Hillwood Museum)

Claude I Sené (1724-1792), reçu maître le 20 juillet 1743

Ce fauteuil a été conçu comme une chaise de coiffeuse. Son dossier bas et son assise enveloppante facilite le poudrage des cheveux.

La chaise porte la marque du fabricant Claude Sené, ainsi que le cachet du “Garde meuble de la Reine”.    La forme incurvée en forme de tonneau de cette chaise pivotante permet de combiner le dossier et les bras en une seule section.

Claude I Sené (1724-1792), reçu maître le 20 juillet 1743 Img_5311

Les accoudoirs courbes ont une volute audacieuse en haut sculptée d’un motif d’acanthe et en bas reposant sur un triglyphe.

Claude I Sené (1724-1792), reçu maître le 20 juillet 1743 Img_5310

Une bande de feuilles et de perles sert de décoration entre les deux zones ainsi que sur le dossier de la chaise.

Le siège circulaire, tapissé de cuir et tournant sur un axe central, est orné d’une bande similaire de feuilles stylisées. Sa base est sculptée de bandes de perles et de feuilles d’acanthe.

Les quatre pieds de la console comportent une grande feuille d’acanthe à chaque genou et des perles descendent jusqu’à chaque pied.

Le 1er février 1785

Le “collier de l’affaire” est livré au cardinal de Rohan (1734-1803) qui le remet à Jeanne de La Motte (1756-1791), s’attendant à ce qu’il soit donné à Marie-Antoinette.

collier de la reine. Is this another picture of the Marie Antionettte  necklace? I think it looks like it. Gorgeous and beyond d… | Collier  diamant, Collier, Diamond
Réplique du collier de Bœhmer et Bassenge

Madame de La Motte et ses complices le font démonter et les diamants sont vendus à la pièce.

Le 20 février 1785

Le Roi offre à Marie-Antoinette le château de Saint-Cloud qu’il a acheté au duc d’Orléans.

Fichier:Detail of the Château de Saint-Cloud, 1675 (painting by Étienne  Allegrain).jpg — WikipédiaLe château de Saint-Cloud

Elle souhaite pouvoir y résider avec Ses enfants; l’air y est jugé très sain.

Que les ordres y soient donnés “De par la Reine” engendre de nombreuses critiques…

Pour la naissance de Son second fils, Louis-Charles, Marie-Antoinette recourt à un subterfuge qui, sans abolir la pratique intrusive de l’accouchement public, Lui permet d’en limiter la pénibilité.

Le 27 mars 1785 au petit matin

La Reine sent que le travail est imminent. Elle ne met dans la confidence que Son amie la duchesse de Polignac, et donne le change face aux courtisans pour dissiper leurs soupçons. Elle se fait ainsi violence pour repousser jusqu’à l’extrême limite le moment d’en faire l’annonce officielle.

Le Mercure de France rapporte que la Reine a accouché « après un travail fort court » et que de tous les princes du sang, seul le duc de Chartres se trouvait au baptême de l’enfant, « les autres princes et princesses n’ayant pu se rendre assez tôt pour s’y trouver ».

La ruse de la souveraine a parfaitement fonctionné !

Le 27 mars 1785 à sept heures et demie du matin

Naissance de Louis-Charles, duc de Normandie, surnommé “Chou d’Amour” par Marie-Antoinette, Dauphin en 1789 et déclaré Roi de France en 1793 par les princes émigrés sous le nom de Louis XVII. Son parrain est Monsieur, comte de Provence et sa marraine Marie-Caroline, Reine de Naples.


Louis-Charles, duc de Normandie par Élisabeth Vigée Le Brun

L’enfant est plus robuste que son frère aîné. La Reine l’aime passionnément.

Le 6 mai 1785

Florens-Louis Heidsieck présente ses vins à Marie-Antoinette.

Le tableau situe la scène dans la chambre de la Reine.

https://vin-champagne.ouest-france.fr/wp-content/uploads/2021/06/Piper-Heidsiek.jpg-%C2%A9-Photo-_-Piper-Heidsiek-thegem-blog-timeline-large.jpg

Le 24 mai 1785

Lors de Sa visite de Relevailles à Paris, Marie-Antoinette constate que Sa popularité a diminué…

Le 26 mai 1785

Séjour de la Reine à Trianon pour quelques jours.

Les Adieux à la Reine, avec Diane Kruger (Benoît Jacquot) - Page 2
Diane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Le 8 juin 1785

Marie-Antoinette est choquée par le peu d’empressement que Lui marquent les parisiens:

Mais que leur ai-je donc fait?” s’exclame-t-Elle en rentrant aux Tuileries devant ce premier signe d’impopularité…

                                                                                                                  Images de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Du 19 juin au 12 juillet 1785

Séjour de la Reine à Trianon.

les années lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles - Page 2 10968410
La princesse de Lamballe (Gabrielle Lazure), la duchesse de Polignac ( Claudia Cardinale) et Marie-Antoinette (Jane Seymour) au hameau de Trianon dans Les Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Le 20 juin 1785

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 22 juin 1785

Le Roi dîne et soupe à Trianon. Service de la Reine à la chapelle.

Le 23 juin 1785

Le Roi chasse le chevreuil au pavillon de Trivaux. Il dîne à Trianon. Service de la Reine à Notre-Dame.

Les 24, 26 et 29 juin 1785

Bals à Trianon , dans une tente dressée dans le jardin français.

Le 27 juin 1785

Le Roi dîne et soupe à Trianon. Promenade  à la ménagerie.

Le 28 juin 1785

Le Roi chasse le chevreuil au Butard, il en prend un et tue vingt-trois pièces. Il soupe à Trianon. 

Le 1er juillet 1785

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 2 juillet 1785

Le Roi chasse le chevreuil dans la forêt de Marly et soupe à Trianon.

Le 8 juillet 1785

La Reine se rend à Rambouillet.

Le 12 juillet 1785

La Reine reçoit une lettre des bijoutiers de la Cour à propos du collier acquis en Son nom par le cardinal de Rohan. Elle n’y comprend rien et brûle le document en présence de Madame Campan.


Henriette Campan par Joseph Boze

Le 25 juillet 1785

Marie-Antoinette revient à Rambouillet.

Le 29 juillet 1785

Baptême du duc d’Angoulême, fils aîné du comte et de la comtesse d’Artois.

Du 1er au 24 août 1785

Séjour de la Reine à Trianon.


Diane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Le 1er août 1785

‘Versailles’ by natalie929 on Flickr

Ne voyant rien venir, Böhmer interroge Madame Campan qui l’informe que le billet est détruit. Böhmer s’écrie alors :

« Ah ! Madame, cela n’est pas possible, la Reine sait qu’elle a de l’argent à me donner ! »

Le bijoutier annonce à Madame Campan que la commande a été passée par Rohan sur ordre de la reine. N’en croyant rien, la femme de chambre lui conseille d’en parler directement à la Reine.

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 2 août 1785

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 4 août 1785

Le Roi ne peut tirer à Meudon à cause de la pluie. Il soupe à Trianon.

Le 5 août 1785

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 7 août 1785

Vêpres et salut . Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 8 août 1785

Le Roi tire à la plaine de Chambourcy et soupe à Trianon.

Marie Antoinette par Sicardi Img_5010
Marie-Antoinette par Sicardi (1785)

Le 9 août 1785

Böhmer est reçu par Marie-Antoinette qui, entendant le récit, tombe des nues. Elle lui avoue ne rien avoir commandé et avoir brûlé le billet. Furieux, Böhmer rétorque :

« Madame, daignez avouer que vous avez mon collier et faites-moi donner des secours ou une banqueroute aura bientôt tout dévoilé ».

La Reine en parle alors au Roi et au baron de Breteuil, ministre de la Maison du Roi.

Le 11 août 1785

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 12 août 1785

Le Roi tire à la plaine de Gournay et soupe à Trianon.

Dimanche 14 août 1785

Vêpres et salut. Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 15 août 1785


Le cardinal de Rohan

Le cardinal de Rohan est convoqué par le Roi : il avoue son imprudence mais nie être l’instigateur de l’affaire, faute qu’il rejette sur Madame de La Motte. Il est arrêté le jour même en habits liturgiques dans la Galerie des Glaces devant toute la Cour, alors qu’il se rend à la chapelle du château pour célébrer la Messe de l’Assomption : on le soupçonne d’avoir voulu flétrir l’honneur de Marie-Antoinette. Les proches des Rohan et les ecclésiastiques sont outrés.

Navlet - Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zb101010
Tableau de Joseph Navlet

Le 18 août 1785

Le Roi tire à la plaine de Montrouge et soupe à Trianon.

Le 19 août 1785

Spectacle à Trianon. Le Barbier de Séville de Beaumarchais (joué à la Comédie-Française dès 1775) est donné à Trianon dans le théâtre privé de Marie-Antoinette : le comte d’Artois joue encore Figaro, le comte de Vaudreuil (amant de Madame de Polignac) interprète Almaviva et… Marie-Antoinette Rosine.

Louis XVI l'homme qui ne voulait pas être roi (Raphaëlle Agogué) - Page 9
Raphaëlle Agogué est Marie-Antoinette en Rosine dans Louis XVI, L’homme qui ne voulait pas être Roi, de Thierry Binisti (2011)Louis XVI l'homme qui ne voulait pas être roi (Raphaëlle Agogué) - Page 9

C’est le dernier spectacle représenté dans le théâtre de la Reine sous l’Ancien Régime ( on y rejouera sous Louis-Philippe).

Le 28 août 1785

On célèbre la cérémonie de baptême du duc d’Angoulême, dix ans, et du duc de Berry, qui a sept ans et demi. Le Roi et la Reine sont les parrains du duc d’Angoulême. Les parrains du petit-duc de Berry sont Carlos III, Roi d’Espagne (représenté par le comte Provence) et sa marraine, Marie Antoinette d’Espagne, Reine de Sardaigne (représentée par la comtesse de Provence).

Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4
La comtesse d’Artois et ses trois enfants : le duc d’Angoulême (1775), Mademoiselle d’Artois (1776) et le duc de Berry (1778)

A la chapelle royale de Versailles, la cérémonie est précédée par Armand de Roquelaure, évêque de Senlis. Aucun prince n’a le ruban bleu sur son costume. Les cent gardes suisses sont en grande tenue.

A partir du 4 septembre 1785

Séjour d’un mois de la Cour au château de Saint-Cloud, pendant lequel le Dauphin Louis-Joseph est inoculé.

Le 23 septembre 1785

Dernières règles de Marie-Antoinette avant Sa quatrième grossesse.

Le 7 octobre 1785

Conception de la petite Madame Sophie.

Du 10 octobre au 16 novembre 1785

Séjour de la Cour à Fontainebleau où Marie-Antoinette se rend en yacht par la Seine.

Madame Royale est, pour la seconde fois, du séjour à Fontainebleau. Durant ce séjour, elle est insupportable. Marie Antoinette lui passe tout.

Le 2 novembre 1785

Opéra : Pénélope de Niccolò Piccini (1728-1800)

Le 17 novembre 1785

Mort du duc d’Orléans. Son fils, le duc de Chartres, le futur Philippe Égalité, succède au titre.

Le 27 décembre 1785

Axel de Fersen écrit à Gustave III :

Madame de Polignac se soutient toujours elle est toujours aussi bien qu’elle était, mais depuis le départ de M. Calonne les individus de sa société ne sont plus rien et n’ont aucun crédit. La Reine est assez généralement détestée, on lui attribue tout le mal qui se fait et on ne lui sait pas gré du bien.
Le choix de M. Necker serait fort bon et l’Archevêque se serait fait beaucoup d’honneur s’il l’avait appelé quand il a été fait ministre principal. On a une grande idée, et avec raison, de l’honnêteté et des talents de cet homme… Le Roi est toujours faible et méfiant, il n’a de confiance qu’en la Reine, aussi il paraît que c’est elle qui fait tout, les ministres y vont beaucoup et l’informent de toutes les affaires, on a beaucoup dit dans le public que le Roi commençait à boire que la Reine entretenait cette passion et profitait de son état pour lui faire signer tout ce qu’elle voulait, rien n’est plus faux il n’a pas le penchant pour la boisson et dans la supposition qu’on fait ce serait un vice trop dangereux pour les suites qu’il, pourrait avoir, car une autre pourrait surprendre au Roi une signature aussi bien que la Reine.
Depuis que l’anglomanie s’est glissée dans tous les esprits, Versailles a été plus désert qu’a 1 ‘ordinaire, pour y ramener du monde on dit, qu’il va y avoir des soupers trois fois par semaine chez la Reine, on doit s’assembler à 9’h. jusqu’à 11h. Je crois que cela n’est pas encore décidé, il y a jeu les samedis et dimanches.

1786

Construction du boudoir Turc de Marie-Antoinette à Fontainebleau

Le Boudoir turc du Château de Fontainebleau - LA MESURE DE L'EXCELLENCE
Le boudoir Turc - Château de Fontainebleau

Le 26 avril 1786

Le Roi est allé à la forêt de Marly voir les animaux enfermés au lieu d’aller chasser le chevreuil.

Le 11 mai 1786

Visite de Ferdinand, duc de Modène (1754-1806) et son épouse, frère et belle-sœur de Marie-Antoinette, qui restent jusqu’au 17 juin. Ils voyagent sous le nom de comte et comtesse de Nellembourg selon la coutume des grands qui cherchent une sorte d’anonymat qui ne dure jamais longtemps.

Ferdinand d’Autriche, gouverneur du Milanais

Ferdinand et Marie-Béatrice visitent en famille Marie-Antoinette à Versailles. A la Cour comme à la ville, tous les yeux sont fixés sur Ferdinand et son épouse.

L’Archiduc et l’Archiduchesse de Milan ont extrêmement plu par leur affabilité charmante.  Mais leur arrivée a encore répandu quelque froideur au milieu de la famille royale.  Ils se sont dispensés des visites de prévenance pour les princes du sang. Monsieur et Madame ont résolu de ne point se trouver aux fêtes qui leur étaient destinées, et sont allés passer le temps au Luxembourg. M. le comte d’Artois est de son côté parti pour Cherbourg. L’Archiduc et le prince de Condé se trouvèrent ensemble dimanche dans la chambre du Roi. Sa Majesté dit au premier :

-Connaissez-vous le prince de Condé?

L’Archiduc répondit qu’il ne l’avait jamais vu.  

-Eh bien, le voilà !… 

Cette brusque apostrophe embarrassa l’Archiduc, qui se vit forcé d’approcher M. le prince de Condé. Celui-ci l’attendit et le reçut avec dignité et froideur.

Le 17 mai 1786

Dîner offert à Trianon à l’Archiduc Ferdinand et sa femme.

Le 18 mai 1786

 Marie-Antoinette s’ennuie maintenant avec Son frère et sa femme, Elle les souhaite tous les deux dans le fond de l’Italie. Ils restent au moins trois semaines encore .

Le duc de Dorset à Georgiana du Devonshire

Du 22 au 29 mai 1786

Séjour de la Reine à Trianon.

Diane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Verseailles-Secret-MA-enfants-826x1024.jpg.Image du Versailles Secret de Marie-Antoinette

Le 31 mai 1786

Le Parlement acquitte le cardinal de Rohan dans l’Affaire du Collier mais madame de La Motte est condamnée à être marquée au fer rouge et détenue à perpétuité.

La comtesse Jeanne de La Motte - Page 2

La réputation de Marie-Antoinette est ternie par l’événement.

Elle est effondrée, à Madame de Polignac, Elle confie:

« Le jugement qui vient d’être prononcé est une insulte affreuse [mais] je triompherai des méchants en triplant le bien que j’ai toujours tâché de faire ».


Diane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Juin 1786

Voyage de Louis XVI à Cherbourg… Il visite les travaux du port de Cherbourg le 23 juin 1786.

Pendant le voyage du Roi à Cherbourg - Page 2 Zzz19

Le voyage de Louis XVI en Normandie

Le 9 juillet 1786

Le matin, la Reine commence à se sentir mal. Tout d’abord, Elle nie que cela puisse être des douleurs de travail. Elle poursuit Sa propre routine, qui comprend la messe dans la chapelle royale. Ce n’est qu’à quatre heures et demie de l’après-midi que les ministres dont la présence est obligatoire sont convoqués.

à sept heures et demie du soir

Naissance de la princesse Sophie-Hélène-Béatrix, dite Madame Sophie, dernier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette. Selon les usages le bébé est immédiatement baptisé.


Sophie-Hélène-Béatrix de France par Élisabeth Vigée Le Brun

Mesdames Tantes ont été consultées sur le choix du prénom; cela ressusciterait-il des souvenirs douloureux de leur sœur bien-aimée? Mesdames Adélaïde et Victoire ont répondu qu’elles n’avaient absolument aucune objection; au contraire, elles aimeraient plus que jamais leur nouvelle petite- nièce.

Sa santé sera toujours fragile…

A portrait of Marie Antoinette by an unknown artist, 19th century. [credit: Delon-Hoebanx, via Auction.fr]
Marie-Antoinette, portrait anonyme du XIXe siècle

Le 17 juillet 1786

Dîner offert à Trianon au comte et à la comtesse de Nellembourg, alias l’Archiduc Ferdinand (1754-1806) et sa femme, Marie-Béatrice d’Este.

Le 4 août 1786

Fêtes au Petit Trianon pour le voyage de l’Archiduchesse Marie-Christine (1742-1798), gouvernante des Pays-Bas et sœur de Marie-Antoinette.

L'archiduchesse Marie-Christine, duchesse de Saxe Teschen - Page 2

Marie-Antoinette prévient Mercy très nettement qu’Elle n’a pas envie de supporter la présence de Sa sœur au quotidien et qu’il a à s’arranger pour prévoir un emploi du temps qui La débarrasse de Marie-Christine le plus souvent possible. De fait, si Louis XVI et son beau-frère s’entendent très bien (rappelons qu’Albert était le dernier frère de Marie-Josèphe de Saxe, la propre mère de Louis XVI), les rapports entre Marie-Christine et Marie-Antoinette sont d’une froideur glaciale, et Marie-Antoinette, contrairement à l’usage, ne fait organiser pour Sa sœur ni réception à Trianon, ni aucune soirée de gala particulière.

Du 29 août au 24 septembre 1786

Séjour de la Reine à Trianon.

A portrait of Marie Antoinette by Adolf Ulrik Wertmüller, 1788.Marie-Antoinette en amazone par Wertmüller

« A la fin de 1786, à Fontainebleau, la Reine eut prise avec Madame de Polignac, et celle-ci fut assez injustement maltraitée ; il s’agissait d’un médecin donné au duc de Normandie, depuis Louis XVII, à l’insu de sa mère, dans l’objet de lui épargner de l’inquiétude. Ce soin fut pris de travers et des reproches sur des bienfaits vinrent à la suite. Madame de Polignac fut outrée, elle voulut se retirer. Grande alarme de sa société, grand embarras de la Reine. On engagea le Roi à retenir la gouvernante de ses enfants, en lui permettant un voyage en Angleterre au printemps, et acceptant sa démission en attendant, sauf à la lui rendre au retour, ce qui fut exécuté. »

Le comte de  Saint-Priest  dans ses Mémoires

Le 29 août 1786

Louis XVI tire au Petit-Saclé et soupe à Trianon.

Le 30 août 1786

En partant à six heures un quart du matin, le Roi se promène à Fontainebleau et y dîne. Il chasse en revenant dans la plaine de Chailly et soupe à Trianon.

Le 31 août 1786

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Vienne, ce 31 août 1786( … ) J’ai été charmé du voyage que le Roi a fait et de la façon qu’il a réussi. Je désirerais bien qu’une autre fois la Reine pût être de la partie, sans y mettre trop d’apprêt ni de gêne, pour l’éloigner un peu de la race Polignac

Joseph II à Mercy

Le 2 septembre 1786

Le Roi chasse à la plaine de Saint-Nom. Il soupe à Trianon.

Dimanche 3 septembre 1786

Louis XVI dîne et soupe à Trianon.

Le 4 septembre 1786

Le Roi ne peut chasser aux Loges à cause de la pluie. Il soupe à Trianon.

Le 5 septembre 1786

Festivités pour les relevailles de la Reine qui se rend à Notre-Dame et à l’église Sainte-Geneviève … pas d’opéra cette fois. En revanche, Elle se rend au Jardin des Plantes pour en découvrir le cabinet d’histoire naturelle.

Le 6 septembre 1786

Le Roi chasse à la plaine de Villepreux et tue trois cent soixante-dix-neuf pièces. Il soupe à Trianon.

Le 7 septembre 1786

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 8 septembre 1786

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 9 septembre 1786

Le Roi chasse le cerf au poteau de la Ville-Dieu, il en prend deux et soupe à Trianon.

Du 10 au 13 septembre 1786

La Cour est à Compiègne.

Le 13 septembre 1786

Louis XVI tire à neuf heures à la plaine de Compiègne, dîne à deux heures trois quart et revient par Trianon.

Le 14 septembre 1786

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 15 septembre 1786

Louis XVI tire à la plaine d’Arcueil et dîne à Trianon.

Le 16 septembre 1786

Le Roi déjeune à Saint-Hubert, chasse le cerf aux Plein-Vaux et soupe à Trianon.

Dimanche 17 septembre 1786

“Vêpres et salut”; Louis XVI dîne et soupe à Trianon.

Le 18 septembre 1786

Louis XVI tire à la plaine de Saclé, tue trois cent trente-neuf pièces et soupe à Trianon.

Le 19 septembre 1786

Le Roi déjeune à Saint-Hubert, chasse le cerf à la Loge-Porée et soupe à Trianon.

Le 20 septembre 1786

Louis XVI tire à la plaine de Rungis, tue trois cent quatre-vingt-quatre pièces et soupe à Trianon.

Le 21 septembre 1786

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne au hameau et soupe à Trianon.

Le 22 septembre 1786

Louis XVI tire à la plaine de Chevilly et soupe à Trianon.

Le 23 septembre 1786

Le Roi chasse le cerf à Saint-Hubert, il en prend un et soupe à Trianon.

Dimanche 24 septembre 1786

Le Roi dîne à Trianon.

Du 10 octobre au 16 novembre 1786

Marie-Antoinette, soucieuse de préserver l’intimité de Ses nouveaux appartements de Fontainebleau, n’autorise l’accès à personne.

“La Demoiselle Contat, que tout Paris adore pour son talent et pour sa beauté, était curieuse de voir le jolie cabinet que la Reine s’est fait faire à Fontainebleau.
Elle pria le Maréchal de Duras de lui procurer cette satisfaction. Nos deux curieux arrivent dans le Boudoir. La Reine, que l’on croyait occupée ailleurs, entre tout à coup. Nos amateurs, surpris et confus, ne purent éviter le mépris dont le juste courroux de la Souveraine les accabla”.

Château de Fontainebleau on Twitter: "#CeJourLà, le 21 janvier ...

Désormais, Marie-Antoinette ferme la porte lorsqu’Elle sort et prend la clé avec Elle ce qui fait que personne ne peut entrer en Son absence.

Le 29 décembre 1786

Louis XVI convoque une Assemblée de Notables qui se tiendra en février 1787.

1787

 

Depuis son déménagement, la comtesse de Provence dispose du palier du nouvel escalier de l’ancienne antichambre de la princesse de Lamballe devenue une première antichambre à une fenêtre où se tient sa sentinelle. La seconde salle est l’ancien petit salon où la princesse de Lamballe avait coutume de recevoir la Reine. C’est maintenant une seconde antichambre, plus grande à deux fenêtres, qui sert de salle-à-manger, où elle continue à convier la famille royale à souper «tous les soirs, à huit heures précises ». Les convives se régalent du traditionnel potage aux petits oiseaux, que la princesse prépare elle-même . Chaque membre de la famille fait apporter son dîner, auxquels on met la dernière main dans de petites cuisines à portée de l’appartement de Madame.

« Excepté les jours où il donnait à souper chez lui, le Roi n’y manquait pas un seul jour … »

Mémoire du comte d’Hézecques

Le 8 avril 1787

Renvoi de Calonne. Marie-Antoinette intervient pour faire nommer Loménie de Brienne (1727-1794), proche de Son lecteur, l’abbé de Vermond.


Le Cardinal Loménie de Brienne, Huile sur toile, École Française (vers 1770)

En avril 1787

Le duc et la duchesse de Polignac (1749-1793) passent deux mois en Angleterre dont six semaines à Bath. Ils semblent également missionnés d’aller trouver Madame de La Motte à Londres pour calmer les bruits qu’elle y fait courir contre Marie-Antoinette. Il est faux que Madame de La Motte ait en son pouvoir des lettres qui puissent compromettre la Reine, “mais toute calomnie répandue contre (Elle) exerce sur les esprits prévenus plus d’empire que la vérité“.

En mai 1787

A portrait of Marie Antoinette and her children by Adolf Ulrik Wertmüller, 1785.
Marie-Antoinette et Ses enfants par Wertmüller

La Reine ayant eu le bonheur de conserver la tendre amitié de Madame Louise, venait, deux fois l’année, à Saint-Denis, pour rendre ses devoirs à Sa tante. Elle lui amenait Ses jolis enfants, dont toutes ces bonnes Religieuses se montraient idolâtres; et la visite du jour de l’An était plus particulièrement consacrée aux cadeaux.  Lorsque le duc de Normandie fut en sevrage, on le transporta chez la Fille de Louis XV, qui brûlait d’impatience de le voir. La Communauté, réunie en cercle, admira tout à son aise ce beau petit garçon, dont la physionomie, déjà distinguée comme celle de sa mère, promettait un si brillant avenir.


La Reine accompagnée de Louis-Charles de visite à l’hôpital des enfants abandonnés

Comme on allait se séparer pour remonter dans les voitures, la Prieure bienveillante articula ces mots: Nos quatre Novices, que retiennent en ce moment les travaux de la Buanderie, vont être bien affligées de n’avoir pas vu ce que nous voyons!… Mais ce sera pour une autrefois.
— « Non, non, ma chère Tante, s’écria la Reine aussitôt : Je comprends la privation de ces saintes filles. Allons toutes, de ce pas, à la Buanderie, que « je n’ai pas encore remarquée. Mon Fils voyagera dans votre monastère, et ne s’en portera que mieux. »
On se transporta gaiement jusqu’aux verdures où coule la jolie rivière intérieure. Les quatre Novices et les Sœurs Converses eurent la satisfaction de voir la Reine, et de baiser la main de son cher Enfant.

L. Lafont d’Aussonne dans des Mémoires secrets et universels des Malheurs et de la Mort de la Reine de France

Cloître du carmel de Saint-Denis

Le 1er mai 1787

Le Dauphin est remis “entre les mains des hommes

Le 25 mai 1787

Dissolution de l’Assemblée des Notables qui s’était ouverte le 22 février.

Le 25 juin 1787

“Demain je vais chasser à Rambouillet avec le Roi. La Reine y va souper…”

Madame Élisabeth

Le 11 juin 1787

Louis XVI se promène à pied dans le jardin et à Trianon.

Le 18 juin 1787

La mort de Madame Sophie avant son premier anniversaire éprouve la Reine qui s’inquiète aussi pour la santé de Son fils aîné.


Madame Sophie par Élisabeth Vigée Le Brun
le grand Trianon - Le Grand Trianon: le Cabinet du Levant 17831610
Le Cabinet du Levant du Grand Trianon est la Chambre de Marie-Antoinette, qui n’y couche jamais, dans laquelle meurt Madame Sophie.
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Coppola"Image de Marie-Antoinette de Sofia Coppola

Le 21 juin 1787

Marie-Antoinette s’enferme seule au Petit Trianon avec Madame Élisabeth, sans suite, pour pleurer Sa fille.

Œuvres commentées d'Élisabeth : Marie-Antoinette et ses enfants | RMN -  Grand Palais Œuvres commentées d'Élisabeth : Marie-Antoinette et ses enfantsPortrait de Marie-Antoinette et Ses enfants (1787) par Élisabeth Vigée Le Brun, Madame Sophie devait figurer dans le berceau mais le deuil l’a laissé vide…

Polignac reviennent précipitamment de Londres à Versailles.

Le 24 juin 1787

Séjour de la Reine à Trianon pour quelques jours (?).

Diane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Le 1er juillet 1787

La Reine préside un bal donné à Trianon.

Actus Blu-Ray/DVD « Marie-Antoinette, reine de France » : Michèle Morgan  royale…Michèle Morgan dans le film de Jean  Delannoy (1956)

Quiconque sera “vêtu honnêtement” pourra entrer à Trianon a décidé Marie-Antoinette en annonçant les portes ouvertes de Son domaine le dimanche.

Le Versailles secret de Marie-Antoinette - Documentaire (2018)

Le 1er août 1787

Louis XVI chasse le chevreuil à la forêt de Marly. La Reine couche à Trianon.

Du 1er au 25 août 1787

Séjour de la Reine à Trianon.

Diane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Le 2 août 1787

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 4 août 1787

Le Roi chasse et revient bredouille, il dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 5 août 1787

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Les 5, 7 et 11 août 1787

Bals à Trianon.

Dimanche 5 août 1787

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon. Le Roi  dîne et soupe à Trianon.

Le 7 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, il dîne et soupe à Trianon.

Le 9 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, il dîne et soupe à Trianon.

Le 10 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, il dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 12 août 1787

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon. Le Roi  dîne et soupe à Trianon.

Le 14 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, premières vêpres, Louis XVI doit se purger, il dîne à Trianon.

Le 16 août 1787

Louis XVI chasse le cerf au Pont de la Ville-Dieu. Il soupe à Trianon.

Le 17 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, il dîne et soupe à Trianon.

Le 18 août 1787

Louis XVI chasse le chevreuil aux Côtreaux-de-Jouy. Il soupe à Trianon.

Dimanche 19 août 1787

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon. Le Roi  dîne et soupe à Trianon.

Le 20 août 1787

Louis XVI chasse le cerf au Pont de la Ville-Dieu. Il soupe à Trianon.

Le 21 août 1787

Louis XVI soupe à Trianon.

Le 22 août 1787

Le Roi tire aux Fours-à-chaux. Il soupe au Hameau de Trianon.

Le 23 août 1787

Louis XVI chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 24 août 1787

Le Roi chasse le cerf à Dampierre et il  soupe à Trianon.

Du 10 octobre au 16 novembre 1787

Dernier séjour de la Cour de Louis XVI à Fontainebleau.

Les jeux de hasards sont prescrits par le Roi.

Marie Antoinette, reine de France et de Navarre : [estampe] / dessiné par  Le Barbier l'aîné 1787 ; gravé par Cazenave | GallicaMarie-Antoinette. gravure. 1787

La Reine s’ennuie pendant ce séjour qui comporte dix-sept spectacles répartis sur douze soirées.

Été 1787

Fronde du Parlement de Paris contre les réformes de Loménie de Brienne.

On réclame la convocation des États généraux…

Du 3 au 9 novembre 1787

La Cour est à Fontainebleau.

Le 19 novembre 1787

Louis XVI impose l’enregistrement des édits au Parlement.

Le duc d’Orléans est exilé en raison de son comportement rebelle.

Le 23 décembre 1787

Mort, au Carmel de Saint-Denis, de Madame Louise ( née le 15 juillet 1737), tante de Louis XVI, qui se nomme désormais Sœur Thérèse de Saint-Augustin.

Sœur Thérèse de Saint-Augustin

1788

Dès le début de l’année, on note une nette aggravation de la santé du Dauphin. Il a de la fièvre et des douleurs articulaires. Au fil des mois, son état empire encore.

Marie-Antoinette au chevet de Son fils, dans le film de W.S. Van Dyke (1938)

Le 3 mai 1788

Publication par le Parlement de Paris de la Déclaration des Lois fondamentales du Royaume.

Fichier:MarieAntoinette1788.jpg — WikipédiaMarie-Antoinette au Livre par Elisabeth Vigée Le Brun, 1788

Cette composition a des vues politiques. On craint alors pour la santé du Roi, et si Louis-Joseph venait à lui succéder, Marie-Antoinette devrait être nommée régente. C’est à cette aptitude que vise ce tableau, qui est rempli de symboles. On peut noter la trilogie de couleurs : bleu, blanc et rouge. Comme c’est le 17 juillet 1789 qu’on présente la cocarde tricolore au Roi, on ne peut voir en la Reine qu’une inspiratrice du nouveau drapeau français…  Accusée d’avoir trompé Louis XVI, de nombreux pamphlets affirment que ses enfants sont illégitimes. Pour leur répondre, Marie-Antoinette porte Ses quatre rangs de perles, un rang par enfant, montrant bel et bien leur légitimité. Elle rappelle également son lien avec la nature, le langage des fleurs. Dans le bouquet se trouve une branche de lilas, symbole de la fertilité. La branche de lilas posée sur la table symbolise encore la mort de la petite Sophie-Béatrice, décédée en 1787. Enfin, Marie-Antoinette tient dans sa main un livre. Accusée d’être peu attentive à ce qu’Elle fait, incapable de se concentrer longtemps, et de peu se cultiver, Elle montre sur ce tableau qu’elle peut arrêter son activité pour se consacrer au peintre, et on peut noter qu’Elle est arrivée à la fin de Son livre.

Charlotte de Turckheim as Marie Antoinette in Jefferson in Paris (1995)Charlotte de Turckheim est Marie-Antoinette dans Jefferson à Paris (1995) de James Ivory

Du 14 mai au 15 juin 1788

Séjour de la Cour au château de Saint-Cloud.

Fichier:Alexander Kucharski, La Reine Marie-Antoinette (années 1790).jpg —  WikipédiaMarie-Antoinette d’après Kucharski

Le 13 juillet 1788

Louis XVI dîne à Bellevue. En y allant, il visite à Meudon le Dauphin. La Reine couche à Trianon.

Du 15 juillet au 14 août 1788

Séjour de la Reine à Trianon.

7 - Les adieux à la reine.jpgDiane Krüger est Marie-Antoinette dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Le 17 juillet 1788

Départ de Rambouillet à huit heures, après la messe, le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 19 juillet 1788

Louis XVI rend visite à son fils à Meudon. Il chasse le chevreuil au pavillon de Trivaux , il soupe à Trianon.

Image de L’Evasion de Louis XVI (2009) d’Arnaud Sélignac

Dimanche 20 juillet 1788

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 22 juillet 1788

Départ à sept heures et demie de Rambouillet avant la messe, Louis XVI dîne et soupe à Trianon.

Le 23 juillet 1788

Une fluxion empêche Louis-Auguste de chasser le chevreuil. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 24 juillet 1788

Louis XVI chasse mais revient sans rien. Il dîne avec ses tantes, à Bellevue,  et soupe à Trianon. Voici le menu  :

QUATRE POTAGES
Le riz
Le Scheiber
Les croutons aux laitues
Les croutons unis pour Madame.

DEUX GRANDES ENTRÉES
La pièce de bœuf aux choux
La longe de veau à la broche.

SEIZE ENTRÉES
Les pâtés à l’espagnol
Les côtelettes de mouton grillées
Les hâtelets de lapereaux
Les ailes de poulardes à la maréchale
Les abatis de dindon au consommé
Les carrés de mouton piqués à la chicorée
Le dindon poêlé à la ravigote
Le ris de veau au papillote,
La tête de veau sauce pointue
Les poulets à la tartare
Le cochon de lait à la broche
La poule de Caux au consommé
Le caneton de Rouen à l’orange
Les filets de poularde en casserole au riz
Le poulet froid
La blanquette de poularde aux concombres.

QUATRE HORS-D’ŒUVRE
Les filets de lapereaux
Le carré de veau à la broche
Le jarret de veau au consommé
Le dindonneau froid.

SIX PLATS DE ROTS
Les poulets
Le chapon pané
Le levraut
Le dindonneau
Les perdreaux,
Les lapreaux

SEIZE PETITS ENTREMETS

Le 25 juillet 1788

Louis XVI chasse mais revient bredouille. Il dîne  et soupe à Trianon.

Dimanche 27 juillet 1788

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne au Hameau.

Le 29 juillet 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient par Trianon pour voir le Dauphin, il y dîne et y soupe.

Images des Années Lumières (1989)

Le 30 juillet 1788

Louis XVI  dîne et soupe à Trianon.

Le 2 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient après dîner par Meudon pour voir le Dauphin, il dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 3 août 1788

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne à Trianon.

Le 4 août 1788

Louis XVI chasse mais revient bredouille. Il dîne  et soupe à Trianon.

Le 6 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient après dîner par Meudon pour voir le Dauphin, il dîne et rend visite le soir à Trianon.

Images de Louis XVI, L’homme qui ne voulait pas être Roi (2011) de Therry Binisti

Le 7 août 1788

Louis XVI est ausculté par son médecin, il suit la messe chez lui et soupe à Trianon.

Le 8 août 1788

Louis XVI chasse mais revient bredouille. Il dîne au Hameau  et soupe à Trianon.

Convocation des États-Généraux pour le 1er mai 1789.

Dimanche 10 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe à la paroisse. Audience des ambassadeurs indiens ; “Vêpres et salut”. 

Réception à Versailles des trois ambassadeurs du sultan de Mysore Tipû Sâhib, dans le Salon d’Hercule, venus demander de l’aide à Louis XVI contre les prétentions colonialistes anglaises.

Réception par Louis XVI des ambassadeurs Tipû Sâhib, XIXe siècle
Louis XVI and Marie Antoinette receiving the Embassy of Tippoo-Saib at Versailles, August 10, 1788.

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 11 août 1788

Louis XVI tire aux Fours-à-Chaux. Il va visiter Trianon où il dîne et soupe.

Le 12 août 1788

Louis XVI dîne à Bellevue et soupe à Trianon.

centuriespast:
“ GUTTENBRUNN, Ludwig
Marie Antoinette as Erato
1788
Oil on canvas
Palazzo Coronini Cronberg, Gorizia
”Marie-Antoinette en Erato, la Muse de la poésie lyrique et érotique
(1788), par Ludwig Guttenbrunn

Le 14 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe. Il rend visite à Trianon à une heure et  à Meudon à trois heures et demi. Premières vêpres. Il soupe à Trianon et la Reine revient après. 

Le 25 août 1788

Renvoi de Loménie de Brienne et rappel de Necker (1732-1804) dont la popularité est considérable dans tous les milieux.

Jacques Necker par Duplessis

Le garde des sceaux Barentin dit de Marie-Antoinette qu’Elle garde “le plus profond silence ; il était cependant aisé de démêler qu’elle ne désapprouvait pas le doublement du tiers.”

Marie Antoinette au Diadème" de 1788 - Page 2Marie-Antoinette au Diadème (1788) par Alexander Kucharsky

1789

Le jeudi 9 avril 1789

Louis XVI préside la cérémonie du lavement des pieds dans la grande salle des gardes. Après avoir entendu une prédication prononcée par son Grand Aumônier Montmorency-Laval, il s’agenouille pour laver lui même les pieds de treize enfants pauvres, à qui il sert ensuite un repas composé de treize plats. Pour le service des treize plats il est aidé des membres de la Famille Royale. Une cérémonie identique est accomplie par la Reine, qui lave les pieds de treize jeunes filles pauvres.

Un peuple et son roi, Pierre Schoeller - DébordementsImage d’Un Peuple et son Roi  (2017) réalisé par Pierre Schoeller

Le dimanche de Pâques, le 12 avril 1789

Les Souverains prennent les repas de midi au Grand Couvert.

marie antoinette movie photos | Marie Antoinette: A Vision of Spring | www.castlesandcarriages ...Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola 

A la date du 13 avril 1789

Le Roi écrit dans son journal : “mes Pâques à la paroisse, vêpres dans la petite tribune, j’étais enrhumé“. Ce qui signifie qu’il est allé à l’Église Notre Dame de Versailles, paroisse du Château pour assister à la messe et y communier. Seule la communion pascale étant de précepte pour les fidèles et devant être reçue dans la paroisse de leur résidence. L’après-midi, il assiste aux Vêpres célébrées dans la Chapelle du Château depuis un des oratoires vitrés.

En mai 1789

Jeanne de La Motte, qui avait été payée pour ne pas écrire ses “souvenirs” publie ses mémoires complétés par la prétendue correspondance échangée entre la Reine et le cardinal…

Le 4 mai 1789

Procession à Versailles de la cour et des nouveaux députés des états-généraux arrivés dans la ville royale entre l’église de Notre-Dame et l’église Saint-Louis.

Tandis que le duc d’Orléans est acclamé par la foule, la Reine est huée. La princesse de Lamballe soutient Marie-Antoinette de crainte qu’elle ne tombe par tant d’émotions.

Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux à l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles.

On compte 1 214 députés, dont 308 du Clergé, 285 de la Noblesse et 621 du Tiers-État.

Etats Généraux 1789 - CONSEIL DU ROI

La Reine se rend à la salle escortée par les Gardes du Corps du Roi, et accompagnée dans sa voiture par la comtesse de Provence, Madame Elisabeth, Mesdames Adélaïde et Victoire et par la princesse de Chimay sa Dame d’Honneur. La duchesse d’Orléans, la duchesse de Bourbon, la princesse de Conti et la princesse de Lamballe, en robes de Cour et somptueusement parées, se rendent à la salle de l’assemblée dans leurs voitures et prennent place dans les tribunes derrière le Roi. Les fastes de l’Ancien régime vivent là leurs dernières heures.

Résultat de recherche d'images pour "Charlotte de Turckheim en Marie Antoinette"Charlotte de Turckheim est Marie-Antoinette dans Jefferson à Paris (1995) de James Ivory 

Louis XVI fait un discours dans lequel il fait preuve d’excellentes intentions et donne de bonnes promesses.

Lettre du 29 juillet 1791 de Marie Antoinette à Monsieur
Aucune description disponible.Ouverture des États généraux à Versailles

Y sont réunis tous les protagonistes de la révolution future…


Jane Seymour dans Les Années Lumière (1989)

Pour Sa dernière représentation en majesté, la Reine est revêtue d’une robe de cour mauve et Sa coiffure est garnie de couronnes impériales. Au soleil, les diamants et la robe en tissu argenté de Marie Antoinette brillent d’une splendeur incomparable. Bien que le costume ait été calculé pour effacer Son image de la dame de Trianon vêtue d’une chemise, elle a en fait simplement montré la “richesse et la grandeur” que, selon La Fare, elle a continué à apprécier au détriment du peuple.

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05 mai 1789: Ouverture des état généraux salle des Menus-Plaisir - Le blog  de Louis XVI

Elle est pâle et a les traits tirés : Elle s’inquiète pour la santé de Son fils aîné atteint de tuberculose osseuse.

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Le Salon de la Paix

Vue intérieure, Grands Appartements, le salon de la Paix | Images ...

L’appartement de la Reine s’ouvre par le salon de la Paix. Le salon ne forme, à vrai dire, qu’un prolongement de la Galerie de Louis XIV. Sous Louis XVI, une porte mobile et une tenture l’en séparaient, qu’on enlevait les jours de grandes réceptions. C’était le salon des concerts et surtout des jeux de la Reine. C’est là d’ordinaire que les étrangers de distinction lui étaient présentés et recevaient d’elle cet accueil dont le souvenir leur restait si doux. Ces réunions sont celles qui montrent le mieux la familiarité de l’ancien Versailles. Au moment des États Généraux, il y eut plusieurs fois « grand appartement » à la Cour et jeu public de la Reine, en l’honneur des députés ; ils y vinrent en grand nombre, et l’on vit un bon curé de campagne, en vieille soutane suivre la partie de Sa Majesté, accoudé sans façon sur le dossier du fauteuil royal. C’est aussi la pièce que traversait Marie-Antoinette pour se rendre à la chapelle.

Marie-Antoinette de Pierre de Nolhac

Fin mai 1789

La Reine se couchait très-tard, ou plutôt cette infortunée princesse commençait à ne plus goûter de repos. Vers la fin de mai, un soir qu’elle était assise au milieu de la chambre ( verte du rez-de-chaussée), elle racontait plusieurs choses remarquables qui avaient eu lieu au cours de la journée ; quatre bougies étaient placées sur sa toilette; la première s’éteignit d’elle-même, je la rallumai ; bientôt la seconde, puis la troisième s’éteignirent aussi ; alors la reine, me serrant la main avec un mouvement d’effroi me dit : Le malheur peut rendre superstitieuse. Si la quatrième bougie de ce chandelier s’éteint à son tour, rien ne pourra m’empêcher de regarder cela comme un sinistre présage !La quatrième bougie s’éteignit. fit observer à la reine que les chandelles avaient probablement été coulées dans le même et qu’un défaut à la mèche s’était naturellement trouvé au même endroit puisque les bougies s’étaient éteintes dans l’ordre où on les avait allumées.

Mémoires de Madame Campan


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Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph Xavier - Le blog de Louis XVIMort du Dauphin dans le film Les Années Lumières (1989)
04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph Xavier - Le blog de Louis XVI

Ses parents se retirent à Marly pour le pleurer. Il est enterré avec un cérémonial réduit à Saint-Denis compte tenu le contexte économique difficile.


Image de Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick

Louis XVI et Marie-Antoinette au chevet de Louis Joseph à Meudon
04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph Xavier - Le blog de Louis XVI
La Cour doit porter le deuil à Versailles, selon des règles bien précises.
                    Images de Louis XVI, l’Homme qui ne voulait pas être Roi ( 2011) de Thierry Binisti
 

Il ne suffit pas de s’habiller de noir. A Versailles, lorsque la Cour prend le deuil du prince Louis-Joseph, décédé à l’âge de sept ans et trois mois dans la nuit du 3 au 4 juin 1789, hommes et femmes durent se conformer à un dress code des plus précis.

La Revolution Francaise (1989)
source: my screencap

 Ce deuil connaîtra plusieurs périodes successives. «la première, du 7 juin au 11 juillet inclusivement, les hommes prendront l’habit de drap noir complet avec les boutons, manchettes et effilés (sorte de franges, NDLR) unis, boucles et épées bronzées, chapeaux sans plumes, les femmes prendront pour douze jours la robe de laine, la coiffe en crêpe, les bas, les gants, l’éventail et les pierres noires, les boucles bronzées, le 19 juin elles quitteront la coiffe et conserveront jusqu’au 11 juillet inclusivement le reste de l’étiquette ci-dessus». La seconde période s’étalera du 12 juillet au 15 août inclus, date de la fin du deuil. Cette fois, «les messieurs prendront l’habit de soie noire, manchettes effilés de mousseline brodée, ou entoilages, boucles blanches, épées d’argent, chapeaux à plume», écrit-il. Quant aux dames, elles porteront, du 12 juillet jusqu’au 1er août, «la robe de soie noire et les diamants», puis du 1er au 15 août «les robes noires et blanches sans rubans de couleur».

Le bailli de Virieu, ministre du duc de Parme Ferdinand IV
It is after midnight, and my child has just died. I look at his tortured body and am glad his spirit is with God. 4 June 1789.
At the same time, my heart is broken.
I run to the window, throw it open to the darkness, look down into the neglected...

Le 7 juin 1789

La Reine doit recevoir les révérences de deuil de plusieurs centaines de dames toutes de noir vêtues. Le deuil solennel s’ouvre pour deux mois et demi .

Du 14 au 21 juin 1789

Dernier séjour de la famille royale au château de Marly, toute à son deuil. Mesdames Tantes sont présentes.

Marly - Le domaine et château de Marly - Page 3 87667d10

« Le lendemain des funérailles [du dauphin Louis-Joseph], le roi et la reine quittent Versailles et se rendent à Marly. Ce fut leur dernier séjour dans ce château. Après leur immense chagrin il leur est doux, loin de la cour et loin des États-Généraux, de goûter quelques instants de vrai repos. Les nobles perspectives des bosquets et des eaux, l’horizon calme et bleu qu’on découvre de la terrasse, la demi-solitude, les appartements plus intimes conviennent mieux que l’imposant Versailles à une grande tristesse.
M. d’Angivilliers, présageant que Louis XVI irait peut-être à Marly, a, dès les derniers jours d’avril, fait mettre en état les bâtiments.
Les réparations, qui s’élèvent à 24000 livres, furent peu nombreuses et localisées au corps du château, la chapelle et les pavillons ayant été tout récemment remis à neuf, ainsi que les corps de garde et les écuries. Aussi se borne-t-on en juin à réparer les fourneaux de la cuisine-bouche, les tables, les planches, les porte-manteaux et le jeu des croisées. Le Garde-Meuble remplace les tabourets et les banquettes qui ont été apportés à Versailles.
On sable le jardin, mais, hélas ! les grandes eaux ne pourront pas fonctionner avant la Pentecôte, car il n’y a plus que cinq pieds d’eau dans le grand réservoir. Le duc du Châtelet ordonne d’aménager avec soin les chambres des officiers de la garde du roi, ces messieurs étant fort difficiles. Enfin, on entoure d’un palis à lapins les bosquets de Marly et de Luciennes. M. Thierry de Ville-d’Avray depuis quinze jours prépare les logements.
Deux ameublements complets destinés à Madame, fille du roi, et au duc de Normandie sont arrivés de Saint-Cloud le 18 mai. Le 21, le Garde-Meuble apporte soixante-quatorze tables à écrire, vingt-trois commodes de bois de noyer, six chaises d’affaire “en pot à l’œil” et deux coffres garnis de flambeaux d’argent. On tend aux fenêtres de la chambre de la reine et de la chambre du roi des rideaux de vitrage en mousseline brodée et on déploie, au-dessus des lits, d’immenses moustiquaires.
De nombreux sièges sont tapissés de damas cramoisi ou bleu. On accroche dans la chambre de Mme d’Artois quatre portières de rideaux en gros de Tours cramoisi à galon d’or, et l’on recouvre de drap vert Sedan les tables de jeux.
Le prince de Poix fait nettoyer les lanternes à réverbère qui éclairent les cours, les escaliers, les corridors, les avenues, les bosquets et les grilles. On prévoit également la dépense journalière de quatre-vingt-quatorze bougies pour illuminer les escaliers intérieurs, les entresols du cabinet des tours et du cabinet chinois, le salon de jeux et la salle à manger et enfin trente-deux bougies pour les quatre girandoles de la table et les flambeaux ambulants.
Dernier détail, les lingères préparent les draps qui sont seulement fournis aux invités à l’occasion des petits séjours de Leurs Majestés. Chaque chose sera à leur place pour l’arrivée du roi et de la reine. Le voyage, à cause du deuil, sera très simple, la suite de Leurs Majestés très restreinte ; elle comprend : un écuyer cavaldacour, deux écuyers de main, les officiers des cent suisses, le porte-manteau, le porte-malle, un contrôleur ordinaire, le premier médecin, le premier valet de chambre de Louis XVI, les dames d’honneur et les femmes de Marie-Antoinette.
La famille royale se réunira pour souper. Seuls, le dauphin et Madame, fille du roi, prendront leurs repas dans leurs appartements. Une table de huit à dix couverts sera préparée pour les dames d’honneurs « sans aucune division dans les chambres sous quelque prétexte que ce soit ».
Ces recommandations impérieuses n’empêchent pas les courtisans de laisser leurs serviteurs faire la cuisine dans les antichambres boisées des pavillons, au grand désespoir du sieur Boutherone-Desmarais, inspecteur du domaine de Marly, qui, après en avoir rendu compte au prince de Poix, écrit, le 17 juin, au directeur général des bâtiments que « les menuiseries sont à présent si engraissées qu’il faut les gratter et les imprimer à l’huile pour les rendre habitables ». Le dommage est si grand que le gouverneur de Marly décide même d’écrire au concierge du domaine une lettre bien motivée et ostensible afin que de pareils dégâts ne se renouvellent pas.
Ces quelques jours de repos passent rapidement. Le 15, Sa Majesté va chasser le cerf à Port-Royal. Plusieurs fois, le roi retourne à Versailles. La reine, toute à sa douleur, fait célébrer en dix jours soixante-dix messes pour le repos de l’âme du premier dauphin.
On imagine les promenades des courtisans dans le parc que l’été rend si beau et dans le grand salon, après souper, le cercle autour de la reine. Peu à peu, le souverain reprend son insouciance. Écartant de sa pensée tous les ennuis du pouvoir, il dit souvent, en parlant des membres des États-Généraux : « Qu’ils me laissent ce qu’ils veulent : je ne désire que de les rendre heureux. ».
Bientôt les parties de cartes interrompues reprennent. Le 15 juin, Sa Majesté joue avec le comte de Luxembourg, le marquis de Belsunce, le prince de Vaudémont, le comte de Lorges, le marquis de Cinas et Monsieur. A la lumière des bougies, les louis d’or brillent sur le tapis vert de la table. La soirée se termine par un reversi.
 (…) »

Vicomte Fleury, Les derniers jours de Versailles
, 1929

Michèle Morgan (1956)

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Le serment du Jeu de Paume, l'original et le remake socialisteTableau de Jacques-Louis David

Le 27 juin 1789

A Versailles, la nouvelle de l’acceptation par le Roi de la réunion des Trois Ordres en Assemblée nationale amène le peuple fou de joie, à envahir les cours du château où, sur la terrasse de Midi la Reine présente le nouveau Dauphin, Louis-Charles.

Le 11 juillet 1789

Renvoi de Necker

Le 14 juillet 1789

La-Révolution-française-Un-texte-Un-jour

Prise de la Bastille.

Prise de la Bastille : 2 fous, 4 faussaires et un pervers libérés ...
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Le Roi est à la chasse.

marie antoinette l'ã©vasion de louis xvi GIF

Il rentre bredouille et note “Rien” dans son journal…

Réveillé dans la nuit par le duc de la Rochefoucault  qui l’informe de la situation, il interroge:

_C’est une révolte?

_Non, sire! C’est une révolution!

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Le 15 juillet 1789

Rappel de Necker sous la pression populaire.

Le 16 juillet 1789

Les Polignac émigrent sous les conseils de la Reine: la duchesse est très impopulaire; on la juge débauchée et intéressée.

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A minuit, Madame de Polignac et sa famille montent en carrosse pour s’enfuir. On apporte à la duchesse un billet de la Reine:

“Adieu la plus tendre des amies, le mot est affreux ; voilà l’ordre pour les chevaux. Adieux. Je n’ai que la force de vous embrasser.


Départ des Polignac dans Les Années Lumières (1989)

Madame de Polignac quitte Versailles et la France parce que c’est que le Roi le lui ordonne. Et en s’éloignant de Marie-Antoinette qui lui donne une bourse de 500 louis, elle croit sincèrement que les esprits échauffés contre la Reine vont se calmer.
Par ailleurs, elle n’a pas le choix, son mari et sa belle-sœur décident (toujours) pour elle, en l’occurrence il s’agit de sauver sa tête mise à prix .
Et puis, et ce n’est pas la moindre des raisons : Madame de Polignac est mère. Elle se doit à ses enfants. Jules et Melchior sont encore très jeunes et à sa charge .

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Yolande Folliot / de Polignac quittant Versailles

Jane Seymour est Marie-Antoinette dans Les Années Lumière (1989)

La princesse de Lamballe ( interprétée par Gabrielle Lazure) reste aux côtés de la Reine

Le 17 juillet 1789

Enfin les Polignac, quittant Versailles, s’imaginent s’éloigner quelques mois, puis rentrer paisiblement une fois le calme revenu .
Ils n’imaginent pas qu’ils partent pour toujours ! Du reste n’emportent-ils rien, ou pas grand-chose .

Les Polignac quittent la France

Madame de Tourzel  (1749-1832) devient Gouvernante des Enfants de France.


Louise Élisabeth princesse de Croy Havré, marquise et duchesse de Tourzel

Le 17 juillet 1789

                                                                                                                  Départ du Roi de Versailles dans Les Adieux à la Reine (2012) de Benoît Jacquot

Réception de Louis XVI à l’Hôtel de Ville de Paris.


Peinture monumentale de Jean-Paul Laurens (vers 1887)

Le 4 août 1789

Abolition des privilèges.

4 août 1789 - Abolition des privilèges et des droits féodaux ...
La Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

 Le 25 août 1789

Versailles. Venus, comme chaque année, souhaiter une bonne fête au Roi en ce jour de la Saint-Louis, les représentants de la ville repartent bien mécontents. Marie-Antoinette les a reçus, couverte de bijoux et entourée de Sa Maison. Mais irritée de ce que Bailly, le maire de Paris, ne s’était pas agenouillé devant Elle, Elle lui a répondu dédaigneusement et s’est contentée de balbutier quelques mots peu aimables à La Fayette qui Lui présentait la garde nationale. Puis Elle les a tous congédiés d’un signe de tête, sans dissimuler Sa mauvaise humeur.

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 — Wikipédia

Le 1er octobre 1789

Fête des gardes du corps du Roi en l’honneur du régiment de Flandres à l’Opéra de Versailles en présence de la famille royale.

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1er octobre 1789: Le banquet des gardes du corps

Le 1er octobre 1789 dans Les Années Lumières (1989)

Le peuple croit à une orgie antidémocratique…

Les journées du 5 et 6 octobre 1789

L’air “Ô Richard, ô mon Roi, l’univers t’abandonne“, tiré d’un opéra de Grétry, est chanté par les soldats. Il devient un signe de ralliement royaliste.

Orgie des Gardes du Corps dans la salle de l'Opéra de Versailles, le 1er  octobre 1789 - 2011060235 - Expertissim

Le 5 octobre 1789

Les adieux à la reine Tumblr posts - Tumbral.comDiane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Marie-Antoinette est au Petit Trianon et le Roi à la chasse lorsqu’on apprend que des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.Aucune description disponible.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 5-octobre-hameau-secret-MA-826x1024.jpg.Image du Versailles Secret de Marie-Antoinette
LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

La famille royale se replie dans le château…

Les Années Lumière (1989) de Robert Enrico 

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. Aucune description disponible.La Reine s’échappe en jupon par la porte dérobée à la tête de Son lit de la chambre d’apparat.Aucune description disponible.

Aucune description disponible.
Matin du 6 octobre 1789

Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

marie antoinette michele morgan gif | WiffleGif

Elle s’avance sur le devant du balcon en tenant Ses enfants par la main.

La foule hurle : ” Pas d’enfant !!!“. D’un geste , Elle les repousse vers l’intérieur, et, seule, affronte l’ennemi qui grouille dans la cour de marbre … 

La famille royale est ramenée de force à Paris.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zparis10
Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet

Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

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Image de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy
The king’s arrival in Paris, October 6th, 1789.
L’arrivée de la famille royale à Paris le soir du 6 octobre 1789

Deux des gardes royaux qui ont survécu à l’attaque parisienne du château trouvent refuge à Louveciennes chez Madame du Barry. Ayant pris connaissance du secours que Jeanne leur apporte, Marie-Antoinette lui écrit une lettre de remerciement…

Le 8 octobre 1789

Les députés Fréteau et Mirabeau proposent  d’instaurer le titre de Roi des Français à la place de celui de Roi de France.

Le 10 octobre 1789

L’Assemblée adopte cette nouvelle titulature.

Le 16 octobre 1789

La Reine, qui a eu un courage incroyable, commence à être mieux vue par le peuple. J’espère qu’avec le temps et une conduite soutenue, nous pourrons regagner l’amour des Parisiens, qui n’ont été que trompés. Mais les gens de Versailles, monsieur ! avez-vous jamais vu une ingratitude plus affreuse? Non, je crois que le ciel, dans sa colère, a peuplé cette ville de monstres sortis des enfers. Qu’il faudra du temps pour leur faire sentir leurs torts! Et si j’étais roi, qu’il m’en faudrait pour croire à leur repentir! Que d’ingrats pour un honnête homme! Croiriez-vous bien, monsieur, que tous nos malheurs, loin de me ramener à Dieu, me donne un véritable dégoût pour tout ce qui est prière. Demandez au ciel pour moi la grâce de ne pas tout abandonner… Demandez aussi que tous les revers de la France fassent rentrer en eux-mêmes ceux qui pourraient y avoir contribué par leur irréligion.”

Madame Elisabeth à l’abbé de Lubersac

Le 19 octobre 1789

A regret, la Reine renonce à un projet de fuite que Lui proposait Son secrétaire des commandements, Augeard, marquis de Buzancy (1732-1805). Déguisée en gouvernante, Elle devait gagner l’Autriche avec Ses deux enfants pour demander asile à Son frère.

Mais le plan prévoyant que Louis XVI ne serait pas averti de Sa fuite, la Reine ne put y consentir.

Mon devoir, a-t-Elle tristement déclaré à Augeard, est de mourir aux pieds du Roi.”

Peu après l’installation de la Famille Royale à Paris

La Reine, effrayée par une rumeur, s’adresse à madame de Mackau :

Ah ! mon Dieu, Mackau, les paysans de Vaucresson viennent de se révolter contre les dragons de Lorraine, et il y a eu un massacre affreux ! »

C’est à Vaucresson que se trouvent les terres familiales de Hanet, qu’il gère, et où la veille il était encore.

« Empressé de tranquilliser la Reine, je crus devoir faire observer que le mal n’était peut-être pas aussi grand qu’on paraissait l’avoir dit. La reine me jeta un regard plein de courroux, et s’écria :

Comment, Monsieur, pas si grand ! Lorsque le sang des Français coule de toutes parts, et que… ».

La Reine se retire aussitôt ; Hanet demande à Madame de Mackau de rassurer la Reine sur la situation exacte de Vaucresson ; il rentre chez lui et y reste 24 heures, victime d’une fièvre qui le retient au lit. « Ce ne fut que le lendemain à la messe que, placé par mes fonctions derrière le siège de Madame Royale, je pus apercevoir dans les yeux de la reine qu’elle était totalement revenue de sa prévention de la veille, et au sortir de la chapelle elle poussa la bonté jusqu’à me dire :
Vous aviez bien raison, Hanet, le mal n’était pas aussi grand »
Et le roi, qui se trouvait tout près, ajouta :
Oui, l’on m’avait bien trompé ! »
Je ne sais quel vertige s’empara de moi en entendant parler ainsi Leurs
Majestés ; mais cette subite transition du chagrin le plus amer à la satisfaction la plus complète exalta tellement mes esprits, que je me permis de dire tout haut au roi :
Oui, Sire, on vous a trompé, on vous trompe, et l’on vous trompera toujours. »

Pierre-Louis Hanet, frère de Cléry

Novembre 1789

Les pages de la Reine reçoivent leur congé pour le 1er janvier 1790.

Marie Antoinette commence à se porter mieux ; mais Elle ne sort encore qu’en chaise. On assure que Son indisposition est la suite de l’effroi dont Elle fut saisie, lorsque le 5 octobre, Elle fut obligée de se sauver, en chemise, dans la chambre du Roi.

Saint-Just: lieux de mémoire                  
Les Tuileries

C’est souvent un petit bourgeois, et moins encore, qui fait près du Roi les fonctions de capitaine des gardes.

Service de la garde nationale au château des Tuileries auprès de la Famille Royale

Le Roi est toujours suivi, lorsqu’il sort, même pour aller à la Chapelle, d’un chef de division de la garde nationale.
La Reine et M. le Dauphin sont suivis aussi, chacun, par un commandant de bataillon ; Madame Royale et Madame Elisabeth par des capitaines.
Devant les portes des chambres du Roi et de la Reine, les gardes nationaux, qui veillent la nuit comme le jour, mettent des matelas pour y passer la nuit.

“After the royal family was forced to Paris in October of 1789, Louis XVI and Marie Antoinette resumed preparing their son, Louis Charles, for his role as the future king. One day, the royal family visited a hospital for abandoned children. Marie...

Le service au château des Tuileries

Chaque bataillon de la garde nationale de Paris monte la garde aux Tuileries pendant vingt-quatre heures.
Chaque commandant de service, auprès du Roi, de la Reine et du Dauphin, vient prendre l’ordre en arrivant, dans le cas où ils voudraient sortir. Les capitaines en font de même auprès des autres membres de la Famille Royale.

La Reine et le Dauphin en visite dans un orphelinat parisien

Le 5 novembre 1789

Toute la noblesse, restée à Paris, se fait un devoir de se présenter assidûment chez le Roi. il y a donc une forte affluence, dans les semaines qui suivent l’installation du Roi, aux Tuileries.

Les jeunes nobles ne portent pas la cocarde tricolore, alors que Louis XVI la porte.
Les femmes portes d’énormes bouquets de lys à leur côté et sur la tête, et dans des nœuds de rubans blancs.

Le 19 novembre 1789

Mort de l’Archiduchesse Marie-Anne, abbesse du Chapitre de Prague et sœur de la Reine, à Klagenfurt.


L’Archiduchesse Marie-Anne

Le 7 décembre 1789

La Cour prend le deuil pour deux mois suite au décès de l’Archiduchesse Marie-Anne, sœur de la Reine.

1790

La présence du Roi et de la Reine à Paris, et leur grande bonté produisent un excellent effet sur le peuple, et font perdre du terrain au parti du duc d’Orléans.

louis philippe De joseph ( 1747–1793 ) , duc d orléans , `Philippe ...Philippe d’Orléans

Jeudi 7 janvier 1790

Début ce jour et jusqu’au 22 janvier, de la deuxième époque pour le deuil de Marie-Anne d’Autriche, abbesse du Chapitre de Prague et sœur de la Reine.

Mardi 9 février 1790

Le Roi, la Reine et le Dauphin sont venus à la cathédrale, sans gardes et sans aucune suite. Ils sont descendus de voiture à la porte de l’église. Louis XVI et Marie Antoinette tiennent la main de M. le Dauphin. Le peuple, attendri et plein de joie, répète mille fois : « Vive le Roi, vive la Reine, vive M. le Dauphin. » Louis XVI contemple son peuple, et des larmes se sont échappées. Le peuple crie une seconde fois : « vive la Reine ». Alors  le Dauphin se met à claquer des mains. Le Roi et la Reine entendent ensuite la messe à l’autel de la vierge.
Après la messe, le Roi, la Reine et le Dauphin se sont rendus aux Enfants Trouvés ; ils se sont ensuite retirés, à douze heures, accompagnés de Monsieur Bailly et du marquis de La Fayette.

Samedi 13 février 1790

La Cour a été très nombreuse, l’après-midi, et très brillante chez la Reine. On a joué, jusqu’au soir, un jeu plus que modéré, uniquement pour occuper l’assemblée. Après le jeu, chacun s’est retiré très bourgeoisement chez soi.

Marie-Antoinette d'Autriche-Lorraine, Reine de France et de ...
Marie-Antoinette par Kucharski

Le 19 février 1790

 Reconnu coupable d’avoir projeté de faire évader le Roi Louis XVI et sa famille du palais des Tuileries, Thomas de Mahy, marquis de Favras (1744-1790), est pendu en place de Grève, à Paris.

Il meurt courageusement, sans avoir impliqué quiconque.

Le 20 février 1790

La mort à Vienne de Joseph II constitue une perte affective et politique pour Marie-Antoinette. Léopold II (1747-1792), leur frère, devient Empereur des Romains.


Miniature représentant Marie-Antoinette par François Dumont (1790)
Illustration.
Portrait de Léopold II, vers 1790.

Le 7 avril 1790

Première communion de Madame Royale en l’église de Saint-Germain l’Auxerrois, paroisse des Tuileries.


Saint-Germain-l’Auxerrois, paroisse de la famille royale à Paris
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Été 1790

La famille royale est autorisée à séjourner à Saint-Cloud.

Le 11 juin 1790

La Cour s’installe au château de Saint-Cloud, chacun occupe son logement ordinaire: les Enfants de France et la marquise de Tourzel, Gouvernante des Enfants de France, au rez de chaussée du corps central donnant sur le jardin de l’orangerie; Madame Elisabeth, au rez de chaussée donnant sur le jardin, à proximité du vestibule; Louis XVI, au premier étage, donnant sur le bassin du fer à cheval; et Marie-Antoinette, au premier étage, donnant sur la cour d’honneur.

Cette répartition fait suite aux travaux engagés par Richard Mique, premier architecte de la Reine.

Le duc de Villequier, premier gentilhomme de la chambre, le duc de Brissac, capitaine-colonel des Cent Suisses, et le comte Esterhazy disposent aussi d’un logement. Mademoiselle de Tourzel dispose d’une simple chambre.

Le marquis de La Fayette dispose aussi d’un logement, mais ne l’occupe pas et retourne coucher chaque soir à Paris.

Marie-Antoinette médite alors sur le passé, regarde le présent en face, interroge l’avenir. Elle passe en revue les diverses périodes de Sa destinée déjà si féconde en contrastes. Elle évoque tous les souvenirs de la Burg et de Schoenbrunn, du château de Versailles et du Petit Trianon.
Un jour, Elle se promène avec Madame de Tourzel, la Duchesse de Fitz-James et la Princesse de Tarente. Se voyant entourée de gardes nationaux, dont une partie se compose de soldats déserteurs des gardes françaises, Elle dit, les larmes aux yeux :

Que ma mère serait étonnée , si elle voyait sa fille, femme et mère de Rois, ou du moins d’un destiné à le devenir, entourée d’une pareille garde! Il semblait que mon père eût un esprit prophétique , le jour où je le vis pour la dernière fois.

L’impression que ces  paroles de la Reine font éprouver à Mesdames de Fitz-James, de Tarente et de Tourzel est si vive que toutes trois fondent en larmes.

Des bruits courent selon lesquels la famille royale projette de s’évader…

Un après-midi de l’été 1790

Le château de Saint-Cloud est presque vide. Madame Campan fait la lecture à Marie-Antoinette, qui travaille à Son métier dans l’une des pièces de Son appartement, dont un balcon donne sur la cour d’honneur. Elles entendent un bruit sourd causé par des voix. Sur ordre de Marie-Antoinette, Madame Campan, s’approche de la fenêtre, et aperçoit sous le balcon plus de cinquante personnes : des femmes jeunes ou âgées, de vieux chevaliers de Saint-Louis, de jeunes chevaliers de Malte et quelques ecclésiastiques. Marie-Antoinette se lève, ouvre la fenêtre et paraît sur le balcon. L’une des femmes dit:  « Ayez du courage, Madame, les bons français souffrent pour vous et avec vous ; ils prient pour vous, le Ciel les exaucera ; nous vous aimons, nous vous respectons, nous vénérons notre vertueux Roi. »

Marie-Antoinette fond en larmes. Madame Campan fait signe au groupe que, par prudence, il faut s’éloigner. La petite troupe s’éloigne en envoyant des baisers à la Reine.

Le dimanche 20 juin 1790

La Cour quitte le château de Saint-Cloud.

A son retour au château de Tuileries, à la descente de Sa voiture, Marie Antoinette entend le peuple crier:

 « Vive la Reine »

Le 3 juillet 1790

Dans les jardins du château de Saint-Cloud, Marie-Antoinette rencontre le marquis de Mirabeau qui Lui expose son plan pour sauver la monarchie.


L’entrevue de Saint-Cloud, image des Années Lumières (1989),avec Peter Ustinov et Jane Seymour
Les Années Lumières (Enrico) et Les Années Terribles (Heffron), avec Jane Seymour - Page 4 Zmir410

Elle est bien grande, bien noble et bien malheureuse. Mais je La sauverai. Rien ne m’arrêtera. Je périrai plutôt!” a-t-il déclaré en revenant.

Le 12 juillet 1790

Constitution civile du clergé.

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération

Lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles Al710
Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le Roi prête serment de fidélité aux lois nouvelles :

 «Moi, roi des Français, je jure d’employer le pouvoir qui m’est délégué par la loi constitutionnelle de l’État, à maintenir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois».

La Reine, se levant et montrant le Dauphin :

«Voilà mon fils, il s’unit, ainsi que moi, aux mêmes sentiments».

Du 5 au 11 août 1790

Louis XVI a un abcès à la joue. Il s’est formé à la gencive. On lui fait prendre du petit lait. L’Assemblée nationale se fait envoyer régulièrement, de Saint-Cloud, des bulletins de santé rédigés par les médecins du Roi. Chaque compte rendu est lu, en début de séance, par l’un des secrétaires de l’Assemblée nationale.                                                                                    Pendant l’indisposition du Roi, Marie Antoinette reçoit et accueille tous ceux qui se présentent pour s’informer de la santé de Son époux.

Le 27 août 1790

Baptême du fils du boulanger François tué lors des émeutes du 21 octobre 1789. Louis XVI et Marie-Antoinette en sont parrain et marraine. Les souverains se sont fait représenter à l’église de la Madeleine.

Le 31 août 1790

Bouillé réprime une révolte de la garnison contre les officiers à Nancy.

Mardi 31 août 1790

Madame Eloffe, marchande de modes de la Reine, livre deux bonnets de nuit de taffetas blanc doublé. A cette époque, Marie Antoinette a pris de l’embonpoint, ce qui nécessite l’élargissement des poignets de trois douzaines de Ses chemises par madame Eloffe.

Le 4 septembre 1790

Démission de Necker.

Dimanche 12 septembre 1790

L’affluence est considérable au château de Saint-Cloud. Les personnes présentes paraissent chercher la présence du Roi et de la Reine qui caractérise l’amour du peuple pour leurs souverains.

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Louis XVI et Marie-Antoinette se promènent, le soir, dans le parc, et sont accueillis par des applaudissements. On se presse autour de leur voiture.

Le 16 septembre 1790

Marie-Antoinette, par une suite de sa bienfaisance envers les prisonnières, ou poursuivies pour dettes de mois de nourrice, envoie 100 000 livres qui ont procuré la liberté à soixante-seize pères et mères de famille.

Septembre 1790

La Cour est fort mécontente des décrets, de l’Assemblée nationale, sur la chasse, de la nécessité où le Roi s’est trouvé de supprimer sa Vénerie. Marie Antoinette a pris Son époux par son seul endroit sensible, en le persuadant qu’on voulait le priver du plaisir de la chasse. Louis XVI a eu l’humeur, et l’a même laissé entrevoir à la députation de l’Assemblée nationale, en lui disant qu’il n’avait pas le cœur content.

On assure que les braconniers répandus dans le parc de Versailles sont une ruse de la Reine, qui a fait courir le bruit qu’on pouvait chasser librement sur les plaisirs du Roi.

Fin septembre 1790

Louis XVI est toujours sombre et rêveur.

Marie Antoinette, au contraire, est gaie. Elle donne des concerts comme Elle le faisait l’année dernière, à pareille époque et dans les mêmes circonstances.

Le 22 octobre 1790

Le Roi songe à quitter la capitale considérant qu’on l’a contraint à sanctionner le décret de la Constitution civile du clergé.

Le 23 octobre 1790

La Reine est offensée à l’Opéra.

Courant novembre jusqu’au 8 décembre 1790

Séjour de la famille royale au château de Saint-Cloud.

Photographies du Château | Château, Chateau ile de france, Saint cloud

La Reine informée de la détresse où se trouvait l’école royale gratuite de dessin, Marie-Antoinette, fondatrice de cet établissement, s’est empressée suivant les mouvements habituels de sa bienfaitrice, d’envoyer à cette école une somme de 1 200 livres pour que le nombre des prix destinés à exciter l’émulation des mille cinq cents élèves qu’elle instruit ne soit pas diminuée.

Cette faveur et cette grâce inattendue viennent d’être annoncées dans les douze classes de l’école ; elles ont été reçues avec un sentiment profond que devait inspirer l’intérêt que Marie-Antoinette a daigné prendre à l’éducation de cette jeunesse laborieuse.

Le 26 décembre 1790

Le Roi sanctionne le décret sur la Constitution civile du clergé.

1791

Le 1er janvier 1791

Louis XVI et Marie-Antoinette reçoivent les hommages de la Famille Royale, de la Cour, de la municipalité de Paris et de la garde nationale de Paris. La députation de la municipalité, accompagnée de celle de la garde nationale, est conduite chez le Roi et chez la Reine par les officiers des Cérémonies.

Vers midi, le Roi, accompagné de Monsieur, et précédé des chevaliers, commandeurs et officiers de l’Ordre du Saint-Esprit, marchant processionnellement, et portant, ainsi que Louis XVI, l’habit de l’Ordre, se rend à la Chapelle du château des Tuileries, où il entend la grand’messe chantée par sa Musique, et célébrée par Mgr de Roquelaure, évêque de Senlis et premier aumônier du Roi. La Reine et la Famille Royale y assistent dans la tribune. Madame Stanislas de Clermont-Tonnerre a fait la quête.

C’est la dernière fois que les chevaliers du Saint-Esprit s’assemblent, et que Louis XVI revêt le costume et le collier de l’Ordre.

Louis XVI et Marie Antoinette soupent au Grand Couvert.

M. Pétion de Villeneuve, maire de Paris, refuse de faire le compliment du nouvel an à Marie-Antoinette.

Le duc d’Orléans ne paraît pas à la procession de l’Ordre du Saint-Esprit ; il y envoie ses deux fils le duc de Chartres et le duc de Montpensier. On remarque qu’eux seuls, avec le comte d’Estaing, portent la cocarde tricolore au lieu de la cocarde verte de l’Ordre du Saint-Esprit.

A l’occasion du nouvel an, l’usage est de donner l’aubade sous les fenêtres du Roi.  La Musique du Roi se rend au château des Tuileries, et interprète plusieurs reprises, en allusion à la liquidation des dettes de l’Etat décidée par l’Assemblée nationale, l’air de l’opéra-comique « des dettes ».

Louis XVI dispose, à cette date, dans sa caisse de 280 926 livres, et reçoit 12 000 livres.

Des vainqueurs de la Bastille viennent présenter, pour étrennes, à Monsieur le Dauphin, un domino fait de pierre et de marbre de cette prison d’Etat.

Sur le couvercle sont gravés des vers :

« Des pierres et des murailles, qui renfermaient d’innocentes victimes de pouvoir arbitraire, ont été transformés en jouet pour être offert, Monseigneur, comme un hommage de l’amour du peuple et pour vous apprendre qu’elle est sa puissance. »

Projet d’évasion de la famille royale (plan de Fersen, Bouillé et Breteuil) …

Le 5 janvier 1791

A l’occasion d’une audience avec Monsieur Fevan Nunez, ambassadeur d’Espagne en France, Marie Antoinette lui livre Ses sentiments. Elle lui confie qu’Elle se méfie, par-dessous tout, des actions entreprises par les princes émigrés et qu’Elle place tous Ses espoirs dans l’influence que peut avoir, sur l’Assemblée nationale, une coalition étrangère composée de l’Autriche, de l’Espagne, de la Sardaigne et de la Suisse.

Le 11 février 1791

La famille royale se promène au Jardin du Roi (aujourd’hui Jardin des Plantes). Elle y reçoit les honneurs des forts du port au charbon.

Le 14 février 1791

Le ministre de la Marine Claret de Fleurieu déclare officiellement l’expédition La Pérouse perdue. Ce qui n’empêche pas d’envoyer des recherches.

Dans la semaine du 14 au 20 février 1791

Marie Antoinette va voir Madame au Luxembourg, malgré l’antipathie qui a toujours régné entre elles deux, et qu’elles n’ont pas cherché à cacher. Elles ont ensemble et seules un entretien de deux heures.

Joséphine - Marie-Joséphine de Savoie, comtesse de Provence - Page 6 Image184Marie-Joséphine de Savoie, comtesse de Provence par Joseph Boze

 

Le 15 février 1791

On a retrouvé les bijoux de Madame du Barry . Les voleurs avaient dérobé chez elle pour plusieurs millions de joyaux quatre jours plus tôt.

Le 20 février 1791

Départ de Mesdames Adélaïde et Victoire qui partent pour Rome.

Madame Victoire

Le Roi doit intervenir pour qu’elles soient autorisées à quitter le territoire français.

Le 22 février 1791

La foule envahit le palais du Luxembourg, résidence du comte de Provence pour empêcher tout départ du frère du Roi. 

Le 1er mars 1791

Mesdames Tantes sont autorisées à se rendre à Rome. 

Le 7 mars 1791

Illustration from “The Day of Love, or the last pleasures of [Marie Antoinette]; Comedy in Three Acts, in Prose, Represented for the First Time at the Temple, August 20th, 1792.”  This was an obscene pamphlet published very shortly after the royal...

La Reine entretient une correspondance avec Son frère l’Empereur, Léopold II,  où Elle lui demande de menacer la France de ses armes.

Une lettre envoyée de Bruxelles par Mercy-Argenteau vient d’être interceptée et transmise à l’Assemblée.

Florimond de Mercy-Argenteau — Wikipédia
Florimond de Mercy-Argenteau

Le 20 mars 1791

Marie-Antoinette écrit à Artois : 

“J’espère, mon cher frère, que mes tantes vous ont parlé de moi et vous ont dit et bien prouvé que ce n’est ni manque d’amitié, ni manque de confiance, qui fait que nous avons été si longtemps sans vous écrire. Ma sœur a dû vous parler aussi pour moi du voyage que vous vouliez faire à Vienne. Si vous m’aviez consultée, je vous en aurais dissuadé. Mais, croyez que jamais je n’eusse écrit à d’autres que vous pour vous en empêcher. Votre frère, quoique se portant mieux, n’est pas encore en état de vous écrire (…)”

Le 22 mars 1791

L’assemblée constituante décrète que les reines ne seront plus régentes. Seul un prince obtiendra ce droit. La garde du souverain mineur restera néanmoins confiée à sa mère.

Le 26 mars 1791

Loménie de Brienne renvoie son chapeau de cardinal au pape après avoir accepté la constitution civile du clergé.

Le 28 mars 1791

Mirabeau tombe malade.

Avril 1791

Pour tenter de récupérer ses chers bijoux, Madame du Barry se rend à nouveau à Londres…alors qu’elle est étroitement surveillée par un certain Blache, agent de la police française, qui envoie régulièrement à Paris un rapport sur ses activités.

Le 2 avril 1791

Mort de Mirabeau ( né le 9 mars 1749); il est inhumé au Panthéon.


Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau

On ne découvre que plus tard qu’il avait entretenu des liens avec le Roi et la Reine. Il sera alors dépanthéonisé

Le 17 avril 1791

Louis XVI reçoit la communion du cardinal de Montmorency, prêtre réfractaire.

Louis XVI, pastel d’Olivier Jarraud

Le 18 avril 1791

La famille royale est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph15
Tableau de Joseph Navlet

Les projets d’évasion se concrétisent grâce, en particulier, à l’entremise d’Axel de Fersen.

Actus Blu-Ray/DVD « Marie-Antoinette, reine de France » : Michèle Morgan  royale…
Michèle Morgan et Richard Todd dans le film de Jean Delannoy ( 1956)

Le 24 avril 1791

La famille royal est obligée d’entendre la messe pascale à l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois célébrée par l’abbé Corpet, prêtre jureur.

Le 26 mai 1791

L’Etat alloue au Roi et sa famille une liste civile de vingt-cinq millions de francs chaque année.    En cas de veuvage, la Reine recevra un douaire de quatre millions.

Madame Eloffe, Sa marchande de modes, raccommode, pour Marie-Antoinette, un volant de mousseline brodée qui était déchiré.

Le 20 juin 1791


Image du docu-fiction de David Grubin (2005)

Évasion de la famille royale.

La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

Départ de Monsieur et Madame ( le comte et la comtesse de Provence) qui prennent la route de Gand.

Aucune description disponible.

Le 21 juin 1791

 Le Roi et la Reine sont arrêtés à Varennes.

Marie Antoinette (1938) - Coins in Movies
Comment Louis XVI s'est enfui à Varennes pendant la Révolution ? - Ça  m'intéresse
akg-images - Arrestation de Louis XVI.Chez l’épicier Sauce à Varennes, par Prieur

Les Provence passent la frontière.

enfant -roi - L'Enfant-Roi de Jean Kemm (1923) Enfant15
L’attente chez Sauce vue par Jean Kemm dans l’Enfant-Roi (1923)

Le 25 juin 1791

La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zzztem10Le passage de la berline royale devant l’Hôtel de ville de Châlons , par Joseph Navlet

Pendant le voyage du retour, Marie-Antoinette converti Barnave (1761-1793) à Sa cause.

Aucune description disponible.
La Reine, le Dauphin, Barnave et le Roi dans la berline du retour de Varennes
Aucune description disponible.
Madame Elisabeth , Pétion, Madame de Tourzel et Madame Royale leur faisant face…

Ils entameront une correspondance clandestine.


Antoine Barnave

Le Roi est suspendu.

En rentrant aux Tuileries, Marie-Antoinette se rafraîchit de ce voyage épuisant et si angoissant et en se regardant dans le miroir, Elle s’aperçoit que Sa chevelure blond cendré est devenue aussi blanche que celle d’une femme de soixante-dix ans…

Fichier:Kucharski's Marie Antoinette.jpg
Marie-Antoinette par Alexander Kucharski

Marie-Antoinette entame avec Antoine Barnave une correspondance secrète par l’intermédiaire du chevaliers de Jarjayes (1745-1822).
Antoine Barnave entre alors en correspondance suivie avec la souveraine et La rencontre à plusieurs reprises.
Malgré un échange de lettres quasi quotidien pendant de nombreux mois, les différents projets ne se concrétisent pas.

Pour des raisons de prudence, c’est Jarjayes qui écrit à la place de Barnave , soit sous sa dictée, soit en recopiant un texte préparé.

Barnave rejoint alors les monarchistes constitutionnels du club des Feuillants, ce qui lui vaut la haine du peuple parisien et des jacobins lesquels dénoncent « Barnave noir derrière, et blanc devant ».

 Caricature de Barnave en politicien jouant double jeu.

La comtesse de Jarjayes permet d’acheminer cette correspondance, du moins dans les premiers temps, quand la Reine est sous étroite surveillance aux Tuileries, après le retour de Varennes, c’est-à-dire pendant environ trois mois. Femme de chambre de Marie-Antoinette, jouissant d’une entière confiance, elle donne à son mari les lettres destinées à Barnave, et remet à la Reine les lettres en réponse de Barnave, apportées par le comte.

Table à écrire de Marie-Antoinette à Waddesdon Manor
Table à écrire de Marie-Antoinette, œuvre de Riesener

Marie-Antoinette écrit la lettre sur une table placée près de Son lit, et la cache sous un livre. Sur un signe convenu, la comtesse s’approche , fait semblant d’effectuer un rangement ; elle s’empare de la lettre en tournant le dos à la porte et la glisse dans son corsage.

JANE SEYMOUR
Jane Seymour dans Les Années Lumière (1989)

Quand son mari vient, elle se jette dans ses bras et, pendant qu’ils s’étreignent, elle place la lettre dans la poche du comte. Celui-ci, dès qu’il le peut, se rend auprès de Barnave à qui il remet la missive royale. Ce dernier, après en avoir pris connaissance, dicte sa réponse au comte de Jarjayes, qui l’apporte à sa femme, laquelle la remet discrètement à Marie-Antoinette.

Marisa Berenson- 'Barry Lyndon' – 1975 | Costume drama, Lady, Movie costumesImage de Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick : Marisa Berenson est Lady Lyndon

Il existe, bien sûr des variantes à ce scénario, toutes les façons d’agir ont pour but de déjouer la surveillance. 

Aperçu de l’image
Michèle Morgan est Marie-Antoinette (1956) pour Jean Delannoy

Dans certains cas, Marie-Antoinette donne des instructions précises à Son agent :

Je désire, par l’attachement que je vous connais pour ma personne et pour le bien public, que vous cherchiez à voir M. Barnave et que vous lui disiez que …”

Le 26 juin 1791

Suite au départ réussi de Monsieur, le duc d’Orléans refuse d’être candidat à la régence.

A la fin juin 1791

La Reine peut voir tous les jours à volonté les dames de Sa Maison. Au début, les dames doivent se faire inscrire chez le commandant du château pour y être admis. Après deux semaines, le marquis de La Fayette se détermine à donner des cartes qu’il ne signe pas car il a déjà beaucoup dépassé les ordres de l’Assemblée.

Les cartes sont de différentes couleurs. Chaque prince a la sienne, et elles sont signées de la principale personne de la Maison et du chef de la garde.

Marie-Antoinette obtient que la marquise de Tourzel reste auprès du Dauphin, grâce à l’influence de la duchesse de Luynes sur quelques députés de l’Assemblée nationale. Elle reste consigner dans la chambre du Dauphin, sous la surveillance d’un aide de camp du marquis de La Fayette.

Le 6 juillet 1791

De Padoue, l’Empereur Léopold II invite les souverains d’Europe à exiger avec lui la liberté du Roi de France.

Le 15 juillet 1791

Les clubs des Jacobins et des Cordeliers réclament l’abdication de Louis XVI.

Le 16 juillet 1791

Scission au club des Jacobins entre ceux voulant garder le Roi et ceux réclamant sa déchéance. Les modérés forment le club des Feuillants.

Le 17 juillet 1791

Fusillade du Champ-de-Mars, rebaptisé Champ-de-la-Fédération.

Fusillade du Champ-de-Mars : 17 juillet 1791 | La culture générale

Le 18 juillet 1791

Drouet reçoit 30 000 francs de récompense pour avoir reconnu le Roi.

200 000 francs à répartir sont promis à toute personne pouvant donner des informations sur le départ de la famille royale.

Le 3 septembre 1791

Une garde constitutionnelle est offerte au Roi.

Le 14 septembre 1791

Le Roi prête serment à la Constitution.

File:Louis XVI, roi citoyen.PNG — Wikimedia CommonsLouis XVI, roi de France en roi citoyen (1791),  par  Jean-Baptiste-François  Carteaux  (1751 – 1813)

Le 20 septembre 1791

En fin d’après-midi, la famille royale assiste à la représentation de Psyché à l’opéra. 

Le carrosse de la famille royale circule ensuite le long des Champs-Elysées où elle est acclamée.

Le 30 septembre 1791

Dernière séance de l’assemblée constituante. Aucun député ne pourra être réélu pour la prochaine assemblée.

Une amnistie générale est décrétée pour tout fait d’émeute depuis 1788.

Le 1er octobre 1791

Première séance de l’Assemblée législative comprenant 745 députés : 264 Feuillants, 136 Jacobins et 345 non-inscrits.

Le 5 octobre 1791

Entrevue secrète avec Barnave.

Le 31 octobre 1791

Décret contre les émigrés, invités à revenir en France sous peine de confiscation de leurs biens.

Le 9 novembre 1791

Le comte de Provence est sommé de rentrer en France.

Le 11 novembre 1791

Le Roi oppose son veto aux décrets des 31 octobre et 9 novembre.

Le 14 novembre 1791

Pétion est élu maire de Paris.

Le 29 novembre 1791

Décret faisant des prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé des “suspects”.

Le 19 décembre 1791

Le Roi oppose son veto au décret sur les prêtres insermentés.

1792

Le 9 février 1792

Décret sur la confiscation des biens des émigrés.

Le 13 février 1792

Visite clandestine de Fersen aux Tuileries.

Le 20 février 1792

La Reine paraît à la Comédie-Italienne pour la dernière fois.


Michèle Morgan (1956)

Elle est saluée par Madame Dugazon qui chante : ” Ah! que j’aime ma maîtresse” dans Les Événements Impromptus.

Louise-Rosalie Lefèbvre, Mme Dugazon (1755-1821)
Rosalie Dugazon

Le 1er mars 1792

Léopold II, le frère de Marie-Antoinette, meurt.

Avènement de Son neveu François II, qui sera couronné Empereur le 19 juillet.

L’assemblée législative adopte le principe de la “décollation mécanique” pour rendre la peine de mort la moins douloureuse possible à l’aide d’une machine proposée depuis 1789 par le docteur Guillotin qui se bat contre la peine de mort.

Louis XVI y apporté des conseils techniques.

Le 25 mars 1792

Ultimatum de la France sur l’Autriche.

Le 29 mars 1792

Mort du Roi Gustave III de Suède, qui avait beaucoup d’amitié pour Marie-Antoinette.

Au cours du bal masqué de l’Opéra royal de Stockholm, le Roi est assassiné d’un coup de pistolet par Jacob Johan Anckarström.

Le roi Gustave III  de Suède - Page 5 Gustav10

Le 20 avril 1792

Déclaration de guerre au Roi de Bohême et de Hongrie, François II.

Le 27 mai 1792

Décret sur la déportation des prêtres réfractaires.

Le 29 mai 1792

Décret supprimant la garde constitutionnelle du Roi.

Le 1er juin 1792

L’actrice Rosalie Dugazon a été remerciée. Sa trop grande fidélité à la Reine l’oblige à une retraite forcée.


L’actrice Rosalie Dugazon dans son rôle de Nina, par Elisabeth Vigée-Lebrun, 1787

Le 8 juin 1792

Décret de formation d’un camp de fédérés à Paris.

Le 11 juin 1792

Louis XVI oppose son veto aux décrets des 27 mai et 8 juin.

Lui et la Reine sont désormais surnommés “Monsieur et Madame Veto”.

Le 14 juin 1792

Danton propose que Louis XVI répudie Marie-Antoinette afin de mettre fin à la soi-disant influence autrichienne.

Le 20 juin 1792

Le peuple des faubourgs, encadré par des gardes nationaux et ses représentants, comme le brasseur Santerre (10 à 20 000 manifestants selon Roederer), pénètre dans l’assemblée, où Huguenin lit une pétition. Puis elle envahit le palais des Tuileries.

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-13
Le peuple de Paris pénétrant dans le palais des Tuileries le 20 juin 1792 par Jan Bulthuis, vers 1800

Escalier monumental des Tuileries (avant sa destruction)
20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-15

« Avec le courage passif qui est le sien », selon Michel Vovelle, le Roi subit sans faiblir pendant deux heures le défilé de la foule, accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation pour faire passer les paroles de Legendre :

« Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore », mais refuse de retirer son veto comme de rappeler les ministres girondins, invoquant la loi et la constitution.

““I am the queen.” A depiction of assault on the Tuileries of June 20th, 1792; several people in the mob allegedly believed Madame Elisabeth to be Marie Antoinette and Elisabeth, to protect the queen, stepped forward and attempted to stop a man from...                     
Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

La Reine n’a pu parvenir jusqu’au Roi ; elle est dans la salle du conseil et on avait eu de même l’idée de la placer derrière la grande table, pour la garantir autant que possible de l’approche de ces barbares …  les révolutionnaires passent devant Elle afin de L’observer :

“At the same instant, the other doors were forced in. In this crisis my mother hastily ordered the third door opened and passed into the Council Chamber, where there were, already, a number of the National Guard and a crowd of wretches.
My mother...
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20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  222ff210
On voit bien que l’auteur de cette peinture s’est inspiré d’un buste de Marie-Antoinette (celui de Lecomte) pour La représenter

Elle avait attaché à sa tête une cocarde aux trois couleurs qu’un garde national lui avait donnée. Le pauvre petit dauphin était, ainsi que le roi, affublé d’un énorme bonnet rouge. La horde défila devant cette table ; les espèces d’étendards qu’elle portait étaient des symboles de la plus atroce barbarie. Il y en avait un qui représentait une potence à laquelle une méchante poupée était suspendue ; ces mots étaient écrits au bas : Marie Antoinette à la lanterne. Un autre était une planche sur laquelle on avait fixé un cœur de bœuf, autour duquel était écrit : cœur de Louis XVI. Enfin un troisième offrait les cornes d’un bœuf avec une légende obscène.
L’une des plus furieuses jacobines qui défilaient avec ces misérables s’arrêta pour vomir mille imprécations contre la reine.
Sa Majesté lui demanda si elle l’avait jamais vue : elle lui répondit que non ; si elle lui avait fait quelque mal personnel : sa réponse fut la même mais elle ajouta : “c’est vous qui faites le malheur de la nation.
– On vous l’a dit, reprit la reine ; on vous a trompée. Epouse d’un roi de France, mère du dauphin, je suis française, jamais je ne reverrai mon pays, je ne puis être heureuse ou malheureuse qu’en France ; j’étais heureuse quand vous m’aimiez”.
Cette mégère se mit à pleurer, à lui demander pardon, à lui dire : “c’est que je ne vous connaissais pas ; je vois que vous êtes bien bonne”.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  20_jui10

Mesdames de Lamballe, de Tarente, de La Roche-Aymon, de Mackau entourent alors la Reine, ainsi que Madame de Tourzel qui souligne dans ses Mémoires :

La Reine était toujours dans la chambre du Roi, lorsqu’un valet de chambre de Mgr le Dauphin accourut tout hors de lui avertir cette princesse que la salle était prise, la garde désarmée, les portes de l’appartement forcées, cassées et enfoncées, et qu’on le suivait.
On se décida à faire entrer la Reine dans la salle du Conseil, par laquelle Santerre faisait défiler sa troupe pour lui faire quitter le château. Elle se présenta à ces factieux au milieu de ses enfants, avec ce courage et cette grandeur d’âme qu’elle avait montrés les 5 et 6 octobre, et qu’elle opposa toujours à leurs injures et à leurs violences.
Sa Majesté s’assit, ayant une table devant elle, Mgr le Dauphin à sa droite et Madame à sa gauche, entourée du bataillon des Filles-Saint-Thomas, qui ne cessa d’opposer un mur inébranlable au peuple rugissant, qui l’invectivait continuellement.
Plusieurs députés s’étaient aussi réunis auprès d’elle.
Santerre fait écarter les grenadiers qui masquaient la Reine, pour lui adresser ces paroles : ” On vous égare, on vous trompe, Madame, le peuple vous aime mieux que vous le pensez, ainsi que le Roi ; ne craignez rien “.
-” Je ne suis ni égarée ni trompée, répondit la Reine, avec cette dignité qu’on admirait si souvent dans sa personne, et je sais (montrant les grenadiers qui l’entouraient) que je n’ai rien à craindre au milieu de la garde nationale “.
Santerre continua de faire défiler sa horde en lui montrant la Reine. Une femme lui présente un bonnet de laine ; Sa Majesté l’accepte, mais sans en couvrir son auguste front. On le met sur la tête de Mgr le Dauphin, et Santerre, voyant qu’il l’étouffait, le lui fait ôter et porter à la main.
Des femmes armées adressent la parole à la Reine et lui présentent les sans-culottes ; d’autres la menacent, sans que son visage perde un moment de son calme et de sa dignité.
Les cris de “Vivent la Nation, les sans-culottes, la liberté ! à bas le veto !” continuent.
Cette horde s’écoule enfin par les instances amicales et parfois assez brusques de Santerre, et le défilé ne finit qu’à huit heures du soir.
Madame Elisabeth, après avoir quitté le Roi, vint rejoindre la Reine, et lui donner de ses nouvelles.
Ce prince revint peu après dans sa chambre, et la Reine, qui en fut avertie, y entra immédiatement avec ses enfants.

Marie Antoinette (1938)
Image de Marie-Antoinette (1938)

Vers dix heures du soir

Pétion et les officiers municipaux font évacuer le château.

Même s’il a subi une humiliation, Louis XVI a fait échouer la manifestation, par son obstination imprévue et sa fermeté tranquille, et il se tient désormais sur ses gardes.
Surtout, elle renforce l’opposition royaliste, le déchaînement de la foule et le courage du Roi suscitant un courant d’opinion en sa faveur. Des départements parviennent à Paris adresses et pétitions pour dénoncer la manifestation, même si de nombreux clubs envoient des pétitions hostiles au Roi.
Pétion est suspendu de ses fonctions de maire.

Louis XVI conserve sa détermination à défendre la Constitution en espérant un sursaut de l’opinion en sa faveur, ce qui se manifeste le 14 juillet, troisième fête de la fédération, étant l’objet de manifestations de sympathie.

En juillet 1792

La Landgrave Louise engage son frère Georges de Hesse (1754-1830) à se rendre à Paris pour chercher avec quelques amis dévoués, à enlever des Tuileries, la Reine est Ses enfants.

En apprenant cela, Marie-Antoinette écrit à Louise de Hesse-Darmstadt:

Votre amitié vos soins, Madame, m’ont touchée jusqu’au fond de l’âme. La personne qui repart pourra vous dire les raisons qui l’ont retenue si longtemps ; il vous dira que même à présent je n’ose pas le voir chez moi ; il m’aurait pourtant été bien doux de parler avec lui de vous, à qui je suis tendrement attachée ; non, ma Princesse, en sentant tout le prix de vos offres, je ne puis les accepter.
Je suis vouée pour la vie à mes devoirs et aux personnes chères dont je partage les malheurs, et qui, quoi qu’on en dise, méritent tout intérêt par le courage avec lequel elles soutiennent leur position.
Le porteur de cette lettre pourra vous donner des détails sur ce moment-ci et sur l’esprit du lieu que nous habitons : on dit qu’il a beaucoup vu et juste. Puisse un jour tout ce que nous faisons et souffrons rendre heureux nos enfants, c’est le seul vœu que je me permette. 
Adieu, ma Princesse, ils m’ont tut ôté, hors mon cœur que me restera toujours pour vous aimer, n’en doutez jamais ; c’est le seul malheur que je pourrois supporter .
Je vous embrasse tendrement. Mille compliments à tous les vôtres.
Je me sens plus que jamais enorgueillie d’être née Allemande.”

Cette lettre fait allusion à ce projet, qui ne put être exécuté, car la Reine de peur de se compromettre, ne veut pas même voir le Prince Georges. Marie-Antoinette refuse donc en redisant Son affection pour Sa famille mais aussi Son devoir face à la France.

Le 11 juillet 1792

“La patrie en danger”.

Le 20 juillet 1792

La sentence prononcée en 1786 contre madame de La Motte_qui vient de mourir à Londres_est cassée.

Il s’agit d’une mise en accusation indirecte de la Reine.

L’image contient peut-être : 1 personne, gros plan

Le 25 juillet 1792

Signature du manifeste de Brunswick, une mise en demeure de la France, sommée de respecter la famille royale. Les Parisiens sont outrés par le ton belliqueux du texte lorsqu’il est connu en France quelques jours plus tard.

Le 3 août 1792

Une majorité de sections de Paris demande la déchéance de Louis XVI.

Le 10 août 1792

La journée du 10 août commence en réalité dans la nuit du 9 au 10 août. En pleine nuit, le tocsin sonne au couvent des Cordeliers. Une heure plus tard, toutes les églises de Paris répondent au signal donné par Danton. Ce sont les quarante-huit sections de Paris, dont les révolutionnaires se sont rendus maîtres. Danton lance alors les sections parisiennes à l’assaut de l’hôtel de Ville, met à la porte la municipalité légale et y installe sa “commune insurrectionnelle”, qui s’effondrera le 9 thermidor avec Robespierre.


Geneviève Casile, Marie-Antoinette (1976), observe le ciel rouge de Paris ce matin-là…

Le deuxième acte se joue alors. Le commandant de la garde Nationale, Galliot de Mandat, favorable à Louis XVI, est convoqué à l’hôtel de ville. C’est un piège. Dès qu’il y pénètre, il est assassiné. Son corps est jeté dans la seine, et sa tête, plantée sur une pique. Antoine Santerre (1752-1809), le roi des faubourgs, le remplace.


Antoine Santerre

Les Tuileries constituent le dernier objectif. Pour défendre le palais, le Roi peut compter sur ses mille à mille deux cents gardes Suisses, sur trois cents chevaliers de Saint louis, sur une centaine de nobles et de gentilshommes qui lui sont restés fidèles. La Garde nationale est passée dans le camp adverse. Seul le bataillon royaliste des “filles de Saint Thomas” est demeuré fidèle au souverain.

On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide alors de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles.


Image des Années Lumière (1989) de Robert Enrico
Les adieux de Louis XVI à sa famille by Jean-Jacques Hauer on artnet
La famille royale juste avant le départ des Tuileries : à l’arrière-plan on devine le combat des soldats contre les émeutiers…

Roederer, le “procureur syndic du département” convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.


Image du film “Un Roi et son peuple”.

Traversant le jardin des Tuileries, et marchant sur des feuilles tombées des arbres, Louis XVI aurait dit : « L’hiver arrive vite, cette année ».     


Lise Delamare est Marie-Antoinette dans La Marseillaise (1938) de Jean Renoir
Across the courtyard we went, stumbling over the uneven cobblestones, and through a low wicket gate in the flank of the Tower. A twisting staircase made of thick slabs of stone rose up into the darkness above us. A guard bearing a torch climbed up...
Gravure allemande représentant la Famille Royale à l’Assemblée

Dernier ordre de Louis XVI, le 10 août 1792 | Paris Musées

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses “de déposer à l’instant leurs armes“.

           
 Images d’Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller

Louis XVI et sa famille sont conduits jusque dans la loge du greffier de l’Assemblée nationale (ou loge du logographe) , où la famille royale reste toute la journée. Louis XVI. en proie à la plus vive anxiété, se réfugie avec sa famille au sein de l’assemblée, où il entre en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

Film - La Révolution Française : les années lumière, les années ...
Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Dans ses mémoires, Madame de Tourzel raconte ainsi la scène :

« Nous traversâmes tristement les Tuileries pour gagner l’Assemblée. MM. de Poix, d’Hervilly, de Fleurieu, de Bachmann, major des Suisses, le duc de Choiseul, mon fils et plusieurs autres se mirent à la suite de Sa Majesté mais on ne les laissa pas entrer ».


Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Jane Seymour est Marie-Antoinette dans les Années Lumières (1989)

La foule envahit la cour du château et cherche à gagner les étages supérieurs.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph14
La Prise des Tuileries , par Joseph Navlet

Revenu dans le château, Bachmann demande un ordre précis du roi, et cet ordre ne venant pas, il organise la défense des Gardes suisses qui font face à l’envahissement des émeutiers.

Journée du 10 août 1792 — Wikipédia

Image du film “Un Roi et son peuple”
The bedroom of Marie Antoinette at the Tuileries on August 10th, 1792.
Saccage de la chambre de la Reine aux Tuileries

Le Roi est suspendu de ses fonctions.

On August 10, 1792: The royal family taking refuge after the storming of the Tuileries Palace.
Gérard François Pascal Simon, baron (1770-1837)

“Still kept on the box at the Assembly, we witnessed the horrors of all kinds which there took place. Sometimes they assailed my father and all his family with [the basest and most atrocious] insults, triumphing over him with cruel joy; sometimes...

Le soir du 10 août 1792

La famille royale est logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles: quatre pièces du couvent seulement leur sont dédiées… pendant trois jours.

Le 13 août 1792

La prison du Temple 1792-1795 : l'épreuve de la famille royaleCaricature qui montre Louis XVI coiffé du bonnet vert des forçats
“At the barrier of Paris we found an immense crowd assembled on the road along which our unfortunate King had to pass. Everybody had his head covered, by order of M. de la Fayette, who had, moreover, enjoined the most absolute silence, in order, he...

La Commune décide de transférer la famille royale au Temple… en passant par la place Louis XV qu’on a déjà rebaptisée Place de la Révolution, on montre au Roi comme la statue de son grand-père est en train d’être déboulonnée pour faire disparaître toutes les marques du régime qui devient dès lors ancien…

tiny-librarian:
“  The carriage was not allowed to take the shortest road, but was conducted some miles round, that it might be led in triumph down the Champs Élysées, where a vast mob was waiting to feast their eyes on the spectacle, whose display...

Selon Madame de Tourzel, la famille royale, accueillie par Santerre, voit d’abord la cour du palais illuminée de lampions comme s’ils étaient attendus pour une fête ; on retrouve l’ambiance des grands couverts qui rythmaient la vie de Cour à Versailles et aux Tuileries…

Charles-Eloi Vial

Après un splendide dîner servi dans l’ancien palais du comte d’Artois ( où la famille royale espère encore être logée) , la messe est dite dans un salon. Après avoir visité les lieux, Louis XVI commence à répartir les logements.

Le palais des Tuileries - Page 9 Messe_10
“[After 1791] Their Majesties did not perform their Easter devotions in public, because they could neither declare for the constitutional clergy, nor act so as to show that they were against them.
The Queen did perform her Easter devotions in 1792;...

A onze heures du soir 

Alors que le Dauphin est gagné par le sommeil et que madame de Tourzel est surprise d’être emmenée en direction de la Tour, le Roi  comprend qu’il a été joué par la Commune.
Pétion, qui estimait que la grande Tour était en trop mauvais état, a résolu de loger la famille royale dans la petite en attendant la fin des travaux ordonnés pour isoler la prison du monde extérieur.

Charles-Eloi Vial

La Tour qui faisait tant frémir Marie-Antoinette, autrefois,  qu’Elle avait demandé à Son beau-frère qu’il la détruise. Était-ce un pressentiment de Sa part? 

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La Tour du Temple

Quittant les magnifiques salons du comte d’Artois, la famille royale est emmenée dans la petite tour pour être logés dans les appartements de Jacques-Albert Berthélemy, ancien avocat archiviste de l’ordre de Malte, détenteur de cette charge depuis 1774. Il avait obtenu ce logement de fonction en 1782, où il vivait , en vieux célibataire et il n’y avait véritablement de la place chez lui que pour loger un seul maître de maison. Pour des raisons de sécurité, les domestiques héritent des pièces du bas, les plus confortables, tandis que la famille royale loge dans les parties hautes de la tour, dans des pièces à l’abandon depuis des années. Du mobilier est apporté du Garde-Meuble et du palais du Temple afin de compléter celui de l’archiviste.

Charles-Eloi Vial

Le second étage est attribué à la Reine et Sa fille, Marie-Thérèse . Elles couchent dans l’ancienne chambre de Barthélémy. Au même étage, la princesse de Lamballe dort dans l’antichambre, la marquise de Tourzel et le Dauphin partagent à nouveau la même chambre.

Tour du Temple en 1785
La Tour du Temple

Le 20 août 1792

On vient chercher tous ceux qui n’appartiennent pas à la Famille Royale stricto sensu. Le Roi tente en vain de rappeler que la princesse de Lamballe est sa cousine. Madame de Lamballe, Madame de Tourzel et sa fille Pauline sont transférées dans l’affreuse prison de la Petite Force, les trois dames sont réunies dans une seule cellule assez spacieuse.


Départ du Temple de la princesse de Lamballe  ( Anita Louise) dans Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke

Robert Morlay ( Louis XVI) et Norma Shearer ( Marie-Antoinette) dans ce même film

Le 3 septembre 1792

Massacres dans les prisons: une foule armée de barres de fer, de piques et de bûches encercle les prisons de Paris, voulant y tuer les royalistes qu’une rumeur accuse d’y avoir caché des armes pour fomenter une contre-révolution.

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Les débuts de la Terreur (avec images) | Histoire de la peinture ...
Massacre de la princesse de Lamballe
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“ …they had raised the victim’s head so that it could not escape her sight; it was that of the Princesse de Lamballe. Though bloody, it was not disfigured; her blond hair, still curling, floated around the pike.
”
–the journal of Jean-Baptiste Cléry...

Norma Shearer est Marie-Antoinette ( 1938)

L’effroi de la Reine apprenant la mort de Son amie, au musée Grévin 

Madame de Tourzel et sa fille Pauline, future comtesse de Béarn, en réchappent.

Le 9 septembre 1792

Mort de Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac (1734-1792), ancien gouverneur de Paris et commandant de la garde constitutionnelle du Roi. Sa tête ensanglantée est lancée de l’extérieur dans le salon de la comtesse du Barry, sa maîtresse.


Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac

Le 20 septembre 1792

Le duc d’Orléans, Philippe Égalité, cousin du Roi, est élu député à la Convention.

Victoire de Valmy, considérée comme l’acte de naissance de la République.

I received La Revolution Francaise (from Larousse publishing) in the mail today. This was my second attempt to get this book! I originally purchased a copy from a seller on Abebooks but got a refund because it was 2 months since I ordered, and a...
Promenade de la famille royale dans le jardin du Temple dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Aperçu de l’image
Repas de la Famille Royale au Temple dans le film de Jean Delannoy (1956)

Et en 1976 dans la série de Guy-André Lefranc
image

Reconstitution d’une chambre du Temple avec du mobilier provenant de chacune, au musée Carnavalet. Paris

Peu à peu la Famille Royale adopte un rythme de vie régulier :

6 h : lever du Roi. Prière. Le reste de la famille se lève un peu plus tard.
9 h : petit-déjeuner, assez copieux, du moins au début puis instruction des enfants
12 h : promenade sur le chemin de ronde
13 h : retour dans les appartements
14 h : déjeuner puis jeux du type échecs et broderie
16 h : sieste du Roi puis, de nouveau, instruction des enfants
20 h : dîner et coucher des enfants
21 h : dîner des adultes
Vers minuit : coucher

Michèle Morgan in Marie Antoinette (1956)
It seems this is one of the few films that includes Madame Elisabeth with the royal family in their imprisonment.
Image de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy 
Louis XVI and his family in the Temple, after a painting by Edward Ward. 19th century.
[credit: AKG Images]
Louis XVI et sa famille à la prison du Temple par Edward Ward

Le 6 novembre 1792

Victoire de Jemappes.

Le 14 novembre 1792

Les troupe françaises entrent à Bruxelles.

Le 20 novembre 1792

Découverte de l’ “armoire de fer” aux Tuileries.

The royal family in the Temple tower.

Le 27 novembre 1792

Décret qui annexe la Savoie, patrie des comtesses de Provence et d’Artois, à la France.


La famille royale en promenade dans l’enclos du Temple
Louis XVI apprend à la Reine qu’on a décidé de le juger

Le 3 décembre 1792

Pétion renforce la décision de faire juger Louis XVI par la Convention.

Le 11 décembre 1792

Louis XVI  comparaît devant la Convention pour la première fois. Il est autorisé à choisir un avocat. Il demandera l’aide de Tronchet, de De Sèze et de Target. Celui-ci refusera. Monsieur de Malesherbes (1721-1794) se portera volontaire.

Activité : le procès de Louis XVI, un événement politique majeur de la  Révolution française | Clio Lycée

Le 26 décembre 1792

Seconde comparution de Louis XVI devant la Convention.

                      “Say to the queen, to my dear children, to my sister, that although I promised to see them this morning, I wish to spare them the pain of so cruel a separation.–How much it costs me to go without receiving their last embraces!
”
–Louis XVI to...
Marie-Antoinette, Ses enfants et Sa belle-sœur tentent d’entendre l’évolution du procès du Roi par ce qu’en disent les bruits de la rue… notamment les crieurs.

1793

Le 4 janvier 1793

Le député Barère, s’appuyant sur une pétition du Mâconnais demande de traduire Marie-Antoinette devant la justice.

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Le 13 janvier 1793

Les commissaires de service au Temple informent le Conseil général que la fille de Marie-Antoinette, étant malade depuis quinze jours, et ses jambes commençant à s’engorger, par l’effet d’une incommodité naturelle à son sexe, demande que le médecin Brunier vienne la voir .
Le conseil arrête que le docteur Brunier pourra voir et soigner la malade, mais qu’il ne pourra communiquer avec Marie-Antoinette qu’en présence des commissaires de service et que toutes les drogues seront dégustées par l’apothicaire. 

Du 16 au 18 janvier 1793

La Convention vote la mort du Roi. Philippe Égalité est l’un de ceux qui ont donné leur voix pour la peine capitale.

Une semaine, une médaille ! - N° 24.
Adieux -  Les adieux de Louis XVI à sa famille, 20 janvier 1793 Louis_26

Aucune description disponible.
Detail from an engraving depicting Louis XVI bidding farewell to his family, circa late 18th century.  [credit: AuctionArt - Rémy Le Fur & Associés]

Norma Shearer et Robert Morlay dans Marie-Antoinette (1938)

Le 21 janvier 1793

A dix heures vingt-deux minutes

Exécution de Louis XVI qui a pu prendre congé de sa famille la veille et être accompagné à l’échafaud par un prêtre insermenté, l’abbé Edgeworth de Firmont (1745-1807), que lui a recommandé Madame Elisabeth.

Louis XVI et l'Abbé Edgeworth au pied de l'échafaud le 21 Janvier 1793 /  Auteur : Charles Benazech en 1793. | Art historique, Louis xvi, Révolution  française

An illustration of Marie Antoinette and her two children imprisoned in the Temple from “Scenes of the Revolution in France,” published in 1802.

         

“The morning of that terrible day [of the king’s death] we rose at six o'clock. The evening before my mother had scarcely strength enough to undress my brother and put him to bed; she then threw herself, dressed as she was, upon her bed, and we heard...
Norma Shearer (1938)

Le 24 janvier 1793

Madame Royale est soignée par le Docteur Brunier:

  Gouache de Jean-Baptiste Mallet:                                                                                                       
 Au centre, assise sur une chaise, se tient Marie-Antoinette, à Sa gauche, Madame Royale, vêtue de blanc sur un fauteuil, et le jeune Louis XVII qui se tient debout. Entre eux Madame Elisabeth. A droite de la composition, deux ” municipaux ” surveillent la scène.

Le 1er février 1793

Déclaration de guerre à l’Angleterre et à la Hollande.

Marie-Christine, sœur de Marie-Antoinette, et Albert, gouverneurs des Pays-Bas autrichiens, chassés par les armées de la Révolution française, se retirent dans la capitale autrichienne.

Le 2 février 1793

Anéanti par la journée du 21 janvier 1793, Jarjayes est chez lui lorsqu’un inconnu (Toulan, commissaire chargé de surveiller la famille royale au Temple) vient frapper à sa porte  et lui remet ce billet de la Reine :

Vous pouvez prendre confiance en l’homme qui vous parlera de ma part, en vous remettant ce billet. Ses sentiments me sont connus ; depuis cinq mois il n’a pas varié. Ne vous fiez pas trop à la femme de l’homme qui est enfermé ici avec nous : je ne me fie ni à elle, ni à son mari.”

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Img_6614

Le 28 février 1793

Le valet de chambre Cléry  (1759-1809) est renvoyé du Temple


Jean-Baptiste Hanet, dit Cléry

Mars 1793

Début de l’insurrection en Vendée.

                                                 Henri de la Rochejaquelein    et      Jacques Cathelineau

Le 7 mars 1793

Déclaration de guerre à l’Espagne.

Le 10 mars 1793

Formation du Tribunal révolutionnaire.

Le 20 mars 1793

Après l’exécution du Roi, Marie-Antoinette demeure au Temple avec Ses deux enfants et Sa belle-sœur Élisabeth. Quelques fidèles ont tenté de les faire évader.


Croquis de Madame Elisabeth représentant Marie-Antoinette au Temple

D’abord un officier municipal, nommé Toulan, Méridional au cœur chaud qui, muni d’un billet de la Reine, entre en rapport avec Jarjayes et lui soumet un plan hasardeux. Des habits d’officiers municipaux seront cachés dans la Tour, la Reine et Madame Élisabeth les revêtiront le jour où Toulan sera de garde avec son collègue Lepitre, comme lui royaliste de cœur.

Un faux lampiste viendra allumer les réverbères, les enfants déguisés lui seront remis, ils passeront pour les siens.

Tout paraît d’abord succéder.

Jarjayes demande alors à Toulan de l’aider à s’introduire au Temple, pour rencontrer la Reine. Toulan souhaite que Jarjayes en demande tout d’abord la permission à la Reine, ce qu’il fait.

Marie-Antoinette répond alors à Jarjayes :

Maintenant si vous êtes décidé à venir ici il serait mieux que ce fût bientôt. Mais mon dieu prenez bien garde d’être reconnu, surtout de la femme qui est enfermée ici avec nous.”

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Captur19

La Reine évoque madame Tison qu’on a placée auprès de la famille royale avec son mari pour la surveiller.

Adroit, Toulan fait pénétrer au Temple Jarjayes qui, ayant parlé à la Reine, fournit les fonds nécessaires. On se procure des voitures et des passeports; les fugitifs doivent gagner la Normandie puis l’Angleterre.

Marie-Antoinette poursuit dans un troisième message :

Prenez garde à Madame Archi. Elle me paraît bien liée avec l’homme et la femme dont je vous parle dans l’autre billet. Tâchez de voir Madame Th.; on vous expliquera pourquoi. Comment est votre femme, elle a le cœur trop bon pour n’être pas bien malade.”

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Captur21

Toulan transmet à Jarjayes ce message de la Reine :

Votre billet m’a fait bien du bien. Je n avais aucun doute sur le Nivernais (il s’agit de Goguelat) mais j’étais au désespoir qu’on pût seulement en penser du mal. Ecoutez bien les idées qu’on vous proposera; examinez-les bien dans votre prudence. Pour nous, nous livrons avec une confiance entière. Mon dieu, que je serais heureuse et surtout de pouvoir vous compter au nombre de ceux qui peuvent nous être utiles! Vous verrez le nouveau personnage : son extérieur ne prévient pas , mais il est absolument nécessaire et il faut l’avoir. T… (Toulan) vous dira ce qu’il faut faire pour cela. Tâchez de vous le procurer et de finir avec lui avant qu’il revienne ici. Si vous ne le pouvez pas voyez M. de la Borde de ma part, si vous n’y trouvez pas de l’inconvénient. Vous savez qu’il a de l’argent à moi.”

Voici le cinquième message de la Reine à Jarjayes :

En effet je crois qu’il est impossible de faire aucune démarche dans ce moment près de Monsieur de la B… toutes auraient de l’inconvénient. Il vaut mieux que ce soit vous qui finissiez cette affaire par vous-même si vous pouvez. J’avais pensé à lui pour vous éviter l’avance d’une somme si forte pour vous.”

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Img_6616

Les plans de Toulan et Jarjayes suscitent l’espoir de la Reine : 

T… m’a dit ce matin que vous aviez fini avec le comm… Combien un ami tel que vous m’est précieux !“.

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Img_6617

Je serais bien aise que vous pussiez aussi faire quelque chose pour T… ; il se conduit trop bien avec nous pour ne pas le reconnaître.

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Captur22

Finalement, Marie-Antoinette refuse le projet de La faire évader seule du Temple:

Nous avons fait un beau rêve, voilà tout ; mais nous y avons beaucoup gagné, en trouvant encore dans cette occasion une nouvelle preuve de votre entier dévouement pour moi. Ma confiance en vous est sans bornes ; vous trouverez dans toutes les occasions en moi du caractère et du courage ; mais l’intérêt de mon fils est le seul qui me guide, et quelque bonheur que j’eusse éprouvé à être hors d’ici je ne peux pas consentir à me séparer de lui. Au reste je reconnais bien votre attachement dans tout ce que vous m’avez détaillé hier. Comptez que je sens la bonté de vos raisons pour mon propre intérêt, et que cette occasion peut ne plus se rencontrer, mais je ne pourrais jouir de rien en laissant les enfants, et cette idée ne me laisse pas envie de regret.”

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Img_6611

Marie-Antoinette adresse encore un dernier message à Jarjayes :

Dites-moi ce que vous pensez de ce qui se passe ici.”, griffonne-t-Elle dans la marge.

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Img_6619

e… vous remettra les choses convenues pour ha… l’empreinte que je joins ici est toutte autre chose je desire que vous la remettiez a la personne que vous savez etre venu me voir de Bruxelles l’hiver dernier, et que vous lui disiez en meme temps que la devise n’a jamais été plus vraie.                          ( l’ “empreinte” est celle d’un pigeon volant, avec une devise “Tutto a te mi guida” [“tout me conduit vers toi”] destinée à Axel de Fersen)
Si vous n’etes pas content de h.. allez trouver mon neveu de ma part, vous pourrez aussi si vous voulez voir (septime) qui est ma ton dit a Londres depuis le mois d aoust et lui demander ce que vous avez payé ia pour nous si vous en avez besoin il connoit ma confiance aussi mais s’il est nécessaire vous pourrez lui faire voir ceci et lui dire ce que vous avez fait pour nous il nous est trop attaché pour ne pas en sentir le prix. au reste je m’engage a lui faire tenir compte de ce qu’il vous remettera et j’en fais meme s’il le faut mon affaire prop.
Dites moi ce que vous pansez de ce qui se passe ici

Toulan remet à Jarjayes le legs que Cléry a caché après la mort du Roi : son anneau de mariage, son cachet ainsi que des cheveux de la Reine et des enfants devront être transmis à Monsieur, qui est à Hamm, en Westphalie.

Jane Seymour et Anne Letourneau dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron

Marie-Antoinette conseille à Jarjayes d’aller voir Son neveu, François II ou Septeuil , toujours tracassée par les sommes considérables que Jarjayes a dû payer pour l’organisation de l’évasion manquée. Elle se sent responsable de leur remboursement.

 Toulan est dénoncé a la Commune et le projet avorte. Marie-Antoinette pourrait s’enfuir seule, elle refuse, veut partager le sort de ses enfants :         « Nous avons fait un beau rêve, voilà tout… »

Le 6 avril 1793

Formation du Comité de Salut public.

Le 22 juin 1793

Le baron de Batz, singulier personnage au cerveau débordant d’idées, royaliste fougueux, financier sans vergogne, s’il n’a pu sauver Louis XVI le 21 janvier, n’a pas renoncé a sauver sa famille.

A son tour, ce diable d’homme, aidé de l’officier municipal Mîchonis et d’un épicier appelé Cortey, capitaine dans la garde nationale, s’introduit au Temple, le jour où Michonis est de service à la Tour.

Les princesses, revêtues de capotes d’uniforme, doivent sortir l’arme au bras avec le dauphin dans une patrouille conduite par Cortey.

A onze heures du soir

Le moment paraît venu.

Mais, avertie par une lettre anonyme (provenant sans doute des Tison, espions qu’elle a placés au Temple), la Commune envoie l’un de ses membres, le cordonnier Simon, inviter Michonis a lui remettre ses pouvoirs et a se rendre à l’Hôtel de ville.

Michonis ne peut qu’obéir, Batz s’enfuit; une fois de plus le complot a avorté.

Image de L’Enfant Roi (1923) de Jean Kemm

Le 29 juin 1793

Prise de remords terribles, madame Tison sombre bientôt dans la folie . Il faut la retirer de la tour du Temple.

Le 3 juillet 1793 à dix heures du soir

Louis-Charles, Louis XVII, est enlevé à sa mère et confié au cordonnier Antoine Simon (1736-1794).


Norma Shearer (1938)
Images de Marie-Antoinette de Van Dyke (1938)
Exposition "Heurs et malheurs de Louis XVII", musée de la … | Flickr

Pendant une heure, la Reine lutte pour convaincre les cinq municipaux de Lui laisser Son fils… en vain…

Portraits de Marie-Antoinette dans les prisons du Temple et de la Conciergerie Tumblr10

Ce n’est que lorsque les envoyés du Comité de salut public La menacent de s’en prendre à la vie de Ses enfants que Marie-Antoinette les laissent emmener Son Chou d’amour qui logera dans l’ancien “appartement” de Louis XVI, un étage en dessous…

tiny-librarian:
“Detail from “The Goodbye of Marie Antoinette to her son, Louis Charles, on July 3rd, 1793″.
”
“ The poor little boy kissed us all very tenderly and went away in tears with the municipals. My mother charged them to ask permission of the Council general to let her see her son, if only at meals, and they promised her to do so. She was overcome...

tiny-librarian:
“   But very soon a fresh blow was struck at the hapless queen which made her indifferent to all else that could happen, and even to her own fate, of which it may be regarded as the precursor. At ten o'clock on the 3rd of July, when...

Le savetier Simon, ivrogne qui sait à peine lire, sera son nouvel instituteur.

Antoine Simon

La Reine reste avec Sa fille et Sa belle-sœur. Elle guette les passages de Son fils dans l’escalier du Temple.

Portraits de Marie-Antoinette dans les prisons du Temple et de la Conciergerie - Page 3 20181110

Le 13 juillet 1793

L’assassinat de Marat (1743-1793) par Charlotte Corday (1768-1793) conduit à une méfiance accrue à l’égard du rôle politique possible des femmes.

Dans la nuit du 1er au 2 août 1793,

à deux heures quarante du matin

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.

Aucune description disponible.

Elle s’arrête au bas de la Tour parce que les municipaux y font un procès-verbal pour décharger le concierge de Sa personne. En sortant, Elle se frappe la tête à un guichet, ne pensant pas à se baisser ; on Lui  demande si Elle s’est fait du mal : 

Oh non ! dit-Elle, rien à présent ne peut me faire du mal“.

On L’emmène en voiture dans les rues de Paris. Elle laissera Sa place ensanglantée, de par les pertes dont Elle souffre déjà depuis quelque temps… dont on sait aujourd’hui qu’il s’agit probablement d’un cancer de l’utérus.

En arrivant à la Conciergerie, le guichetier Lui demande de décliner Son identité, Elle répond froidement :

Regardez-moi.”

Elle devient la prisonnière n°280.  Elle est traitée avec une certaine bienveillance par une partie du personnel de la prison dirigée par la couple Richard, dont surtout Rosalie Lamorlière (1768-1848), leur servante.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

The parting of Marie Antoinette from her family.
source: le boudoir de marie antoinette

Arrivée de Marie-Antoinette à la Conciergerie
The Persecuted Queen hurried at the Dead of Night into a common prison : The Queen is here delivered up to the keeper of the Conciergerie. Not a sword is drawn in the defence of this descendant of so many Princes ; But though surrounded with enemies...
Aucune description disponible.
Marie-Antoinette en habit de veuve par Kucharskl

Marie-Antoinette est accueillie par Madame Richard et sa cuisinière, Rosalie Lamorlière.

Août 1793

Marie Antoinette au cachot by an unknown artist, 19th century. [source: Jean Havin auctions, via auction.fr]

Grâce à Michonis Marie-Antoinette obtient qu’on Lui envoie du Temple un colis de la part de Madame Élisabeth contenant des chemises, deux paires de bas de soie noire, une cape et une paire de chaussures à la “Saint-Huberty”, dont Elle avait besoin d’urgence, car les Siennes étaient pourries par l’humidité…

A note for a prescription given to the Marie Antoinette, here designated as the “widow Capet,” in September of 1793. The prescription included: two bottles with smelling salts; a calming potion made with linden water, orange blossom, Hofman’s liqueur...

Le 3 septembre 1793

Révélation du complot de l’Œillet par le gendarme Gilbert :

Un royaliste, le chevalier de Rougeville ( 1761-1814) introduit dans la cellule de la Reine avec Michonis (1735-1794), un membre de la Commune, y avait laissé un message secret dissimulé au cœur d’un œillet.

Elle y peut lire ces mots :

« J’ai des hommes et de l’argent »

Elle répond avec la pointe d’une épingle:

« Je suis gardée à vue, je ne parle à personne; je me fie à vous; je viendrai »

A 19th century engraving of Marie Antoinette in the Conciergerie
source: ebay

A portrait of Marie Antoinette in the Temple by Alexander Kucharski. 1815.
© Musée Carnavalet / Roger-Viollet
source: paris.fr collections

L’affaire est tout près de réussir.

A l’heure fixée

Sans doute accompagnée de Michonis et Rougeville, la Reine sort de Son cachot, Elle traverse la pièce où sont les gendarmes, pénètre dans la loge du concierge, passe par deux guichets.    Hélas, à ce moment, pris de peur ou voulant faire payer plus cher sa complicité, Gilbert arrête la fugitive.

Malgré Ses supplications, les promesses des deux sauveteurs, chuchotées dans la nuit, car le poste de garde est à deux pas, il se refuse obstinément à Lui laisser passer la grille.

La malheureuse voit s’effondrer ainsi Sa dernière chance de salut.

Le complot de l’œillet  prévoyait que la Reine rejoigne Madame de Jarjayes au Grand Berceau, propriété de Hérault de Séchelles (sur le territoire de Livry-Gargan), avant de partir avec elle pour l’Allemagne. Ce plan a, comme les précédents, échoué.

“Marie Antoinette (Guy Lefranc, 1975-1976)
”
Geneviève Casile dans Marie-Antoinette  (1976) de Guy Lefranc

Les concierges Richard, la femme de chambre Marie Harel sont dans le secret.

L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 Captur10
La Veuve Capet par Jean-Louis Prieur
Le transfert de Marie-Antoinette à la Conciergerie  Ma_con10

Le 5 septembre 1793

La Terreur est mise à l’ordre du jour.

Le lendemain de cette incarcération, le 3 août, M. Emery est, à son tour, transféré à la Conciergerie, venant des Carmes ; tout de suite, il apprend la présence de Marie-Antoinette et ne tarde pas à pouvoir correspondre avec elle : s’il ne trouve pas le moyen de l’approcher, il parvient du moins à lui faire remettre un billet laconique, ainsi conçu :

«Préparez-vous à recevoir l’absolution ; aujourd’hui, à minuit, je serai devant votre porte et je prononcerai sur vous les paroles sacramentelles…»

tiny-librarian:
“ Marie Antoinette late Queen of France in the prison of the Conciergerie at Paris : during the interval between her sentence and execution.
Source
”

À l’heure dite, en effet, le prêtre peut descendre de sa chambre, située à l’étage supérieur, s’approcher du cachot de la Reine et, à travers la porte, l’entendre soupirer, s’entretenir quelques instants avec elle, lui donner enfin l’absolution, — après quoi il s’éloigne, sans être inquiété.

La scène fut idéalisée par Michel-Martin Drolling:
The last Communion of Marie Antoinette in prison by Michel-Martin Drolling, hanging in the Expiatory Chapel for Marie-Antoinette at the Conciergerie in Paris.
source: nobility.org

Comme on sait que les gendarmes Lamarche et Prudhomme reçurent tous deux la communion de l’abbé Magnin lorsqu’il l’administra à la Reine, cela s’est passé après le 5 septembre, puisque c’est la date à laquelle ces deux gendarmes succédèrent à Gilbert et Dufresne.

Le 9 septembre 1793

Les gendarmes Gilbert et Dufresne quittent la cellule de Marie-Antoinette.

Le 11 septembre 1793

C’est au tour de Marie Harel de quitter la Reine. Elle aura été sa dernière femme de chambre et celle qui aura le plus longtemps connu son intimité.

Marie-Antoinette est désormais totalement seule dans sa cellule, complètement mise au secret, jusqu’à l’ouverture de son procès.

Le couple Richard et leur fils, compromis dans l’affaire de l’oeillet, sont incarcérés.

Seuls y pénétrent le nouveau concierge Bault, sa fille, la servante des cuisines Rosalie Lamorlière et le préposé aux pots de chambre de la prison Barassin qui vient aussi y passer un coup de balai régulièrement.

Malgré un témoignage de madame Bault en 1816, opportunément royaliste et se disant la complice de Rougeville, il est certain que le nouveau concierge est moins complaisant avec sa prisonnière. Le sort de ses prédécesseurs a de quoi faire réfléchir.

Notons que madame Bault restera concierge à la prison de La Force et ne verra donc jamais Marie-Antoinette prisonnière.

Des travaux sont commenccés dans l’ancienne pharmacie de la prison pour y installer plus au secret la Reine mais il semble qu’elle ne verra jamais la fin des travaux.

Le 17 septembre 1793

Loi des suspects.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est F54E85EB-EC92-416E-A271-B2C47245F663.png.
BNF Gallica

Le 3 octobre 1793

La Reine est déférée au Tribunal révolutionnaire.

Le 12 octobre 1793 
à six heures du matin

Marie-Antoinette subit un interrogatoire secret destiné à préparer l’audience devant débuter le surlendemain. Entourée de deux gendarmes et d’un huissier, Elle traverse la cour des hommes puis, par l’escalier Bonbec, pénètre dans la salle d’audience du Tribunal révolutionnaire. Cette “salle de la Liberté” (Grand’chambre) est la salle dans laquelle les Rois tenaient jadis leurs lits de justice.

La Reine est invitée à s’asseoir sur une banquette, devant le bureau du jeune président du tribunal, Martial Joseph Armand Herman (1759-1795) qui fait office de juge d’instruction, et en présence de l’accusateur public Fouquier-Tinville (1746-1795).

Marie Antoinette at the Tribunal in the play Madame Capet.
image source: my scan
Image de la pièce Madame Capet (1941), avec Cécile Sorel. Théâtre du Gymnase, d’après le livret de Marcelle Maurette 

Le Président Herman demande d’abord à la Reine Ses nom, âge, profession, pays, et demeure.

La Reine répond : “Je m’appelais Marie-Antoinette de Lorraine d’Autriche, âgée de 38 ans, veuve du roi de France.

Puis, il articule son instruction autour de quelques thèmes majeurs :

  • ses relations coupables avec l’Autriche
  • ses dépenses excessives ;
  • son influence néfaste sur Louis XVI ;
  • son rôle dans plusieurs épisodes controversés de la Révolution 
“Her reception of me, at once majestic and kind put me at my ease and caused me to feel, as I spoke and she listened, that she was honoring me with her confidence.
”
–from the Notes of Chauveau-Lagarde on the Trial of Marie Antoinette; he was one of...
C’est Chauveau-Lagarde qui défendra la Reine
Unlike Louis XVI, who had been given several months to prepare his case with his lawyers, Marie Antoinette and the two men who were chosen to defend her–Troncon Ducoudray and Chauveau Lagarde–were given only a few hours on the evening before the...
Image de Marie-Antoinette, la véritable histoire (2006)

Le 14 octobre 1793

Marie-Antoinette comparaît devant le président Herman(1759-1795)


Herman dans L’Interrogatoire de Marie-Antoinette par Pierre Bouillon (détail)

Ute Lemper dans L’Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre

Une série de témoins défile sans apporter de preuves convaincantes de Sa culpabilité, et pour cause.


Jane Seymour dans Les Années Terribles de Richard Heffron (1989)
La Revolution Francaise (1989)
source: my screencap
"Je m'appelais Marie Antoinette" (Robert Hossein) Tumblr86
Caroline Sihol dans Je m’appelais Marie-Antoinette de Robert Hossein (1993)
Ils ont jugé la reine (TV Movie 2018) - IMDb
Les jurés dans Ils ont jugé la Reine (2018) et Marie-Antoinette (Maud Wyler) qui leur fait face
Tumblr
“It is the French nation which accuses Antoinette…
”
–from the closing speech of Fouquier-Tinville at the trial of Marie Antoinette

Hébert accuse Marie-Antoinette d’avoir conspiré jusque dans sa prison. Il insiste sur la dépravation du petit Capet.

“Fouquier-Tinville. It was you who taught Louis Capet that art of profound dissimulation by which he had too long deceived the king French nation, who did not suppose that perfidy and villainy could be carried to such a degree.
Marie Antoinette. Yes,...

Michèle Morgan (1956)

Calme, elle écoute les mots de mensonge et d’ordure qui veulent La souiller.

Dégoûté sans doute, le président Herman n’ose relever l’imputation d’immoralité.

Detail from La Veuve Capet au tribunal révolutionnaire, 1793. [credit: Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie]

Un juré ( Pierre-Antoine Antonelle?)  La rappelle :

– Citoyen président, je vous invite à vouloir bien observer à l’accusée qu’elle n’a pas répondu sur le fait dont a parlé le citoyen Hébert, à l’égard de ce qui s’est passé entre elle et son fils.

La Reine alors se lève et, le bras tendu vers l’auditoire, Elle dit d’une voix plus haute et qui frappe les murs avant de frapper les cœurs :

– Si je n’ai pas répondu, c’est que la nature se refuse à répondre à une pareille question faite à une mère… J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici.

Marie-Antoinette, ils ont jugé la reine
Public du tribunal révolutionnaire dans Ils ont jugé la Reine (2018)

Sans l’avoir cherché, Elle a atteint le sublime.

procès - Le procès de la reine Marie-Antoinette - Page 2 33748-10

Sous couleur de résumer le procès, Hermann prononce un nouveau et violent réquisitoire.

“Chateau and Tronson du Coudray, officially appointed by the Tribunal to defend Antoinette, acquitted themselves of that duty, and solicited the clemency of the Tribunal. They were heard with the most profound silence.
”
–the trial report of Marie...
L’Autrichienne (1990)

A trois heures du matin

Puis Hermann énonce les questions soumises aux jurés, qui entrent en délibération.

Les hommes chargés de rendre un si grave verdict en sont bien incapables. Nulle pensée haute, nulle idée générale n’atteindra jamais leurs cerveaux. Ils sont possédés par des passions étroites, dures et stériles. Pour savoir, pour comprendre, ils manquent du reste par trop de recul.

Marie-Antoinette est sans doute coupable … mais beaucoup moins des crimes qu’on Lui impute que de fautes qui tiennent d’abord à Son origine et à Son tempérament.

Pour des républicains la question est tout autre: ils devraient ne pas oublier que sans la Reine, la République n’eût pu être proclamée.

Ce que devrait faire le jury dans ce matin d’automne 1793, s’il avait le moindre instinct de grandeur ou d’humanité, c’est, puisque Marie-Antoinette a déjà tant souffert, avec un tel courage, La renvoyer à Vienne comme certains l’ont proposé naguère à la Convention.

Quelqu’un y a-t-il seulement pensé?

 Nous ne le saurons jamais. La délibération, tenue secrète, dure une heure, ce qui indique qu’il a dû se produire au moins une ébauche de discussion.

After Marie Antoinette’s sentence was delivered by the jury, the President of the Tribunal addressed the court before the queen was returned to the room:
If the citizens who compose this audience were not liberal men … I ought perhaps to recall to...

A quatre heures du matin

 L’audience enfin est reprise.

 – Antoinette, dit Hermann, voilà la déclaration du jury.

Marie-Antoinette, ils ont jugé la reine
Maud Wyler dans Ils ont jugé la Reine (2018)

Elle est unanime et affirmative sur toutes les questions. Fouquier-Tinville requiert alors la peine capitale.

La Revolution Francaise (1989)
source: my screencap
Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron

Marie-Antoinette ne peut réprimer un léger mouvement et reste un instant « comme anéantie par la surprise ». Après avoir consulté les juges, le président annonce la condamnation.

Le procès de Marie-Antoinette illustré par Paul Delaroche Delaro10

Marie-Antoinette qui a peine à voir dans l’obscurité de l’escalier demande de l’aide au lieutenant de Busne :

Ute Lemper dans L’Autrichienne

Le 16 octobre 1793

De retour dans Sa cellule, Elle demande du papier, de l’encre et une bougie pour écrire une sublime lettre d’adieu à Madame Elisabeth qui ne la recevra jamais. 

Marie-Antoinette : Le feuilleton en DVD - Série - Le Quotidien du CinémaGeneviève Casile (1976)

Ce 16 8bre, 4heures ½ du matin

C’est à vous, ma sœur, que j’écris pour la dernière fois ; je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien ; j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n’existais que pour eux, et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J’ai appris par le plaidoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n’ose lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra, recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront grands, ils pourront se réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer : que les principes et l’exécution exacte de leurs devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur ; que ma fille sente à l’âge qu’elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que son [mot rayé dans l’original] l’expérience qu’elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services, que l’amitié peut inspirer ; qu’ils entent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union, qu’ils prennent exemple de nous : combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolations, et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n’oublie jamais les dernier mots de son père que je lui répète expressément : qu’il ne cherche pas à venger notre mort. J’ai à vous parler d’une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l’âge qu’il a, et combien il et facile de faire dire à un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas ; un jour viendra, j’espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J’aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais outre qu’on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide, que je n’en aurais réellement pas eu le temps. Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée, n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s’ils y entraient une fois. Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que, dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu’il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tout (sic) ceux que je connais et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis adieu à mes tantes et (un mot rayé] et à tous mes frères et sœurs. J’avais des amis, l’idée d’en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j’emporte en mourant, qu’ils sachent au moins que, jusqu’au dernier moment, j’ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre sœur; puisse cette lettre vous arriver ! Pensez toujours à moi, je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants : mon Dieu ! qu’il est déchirant de les quitter pour toujours ! Adieu, adieu ! Je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre, mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.


Geneviève Casile (1976) 

Puis Elle s’allonge toute habillée sur Son lit. 


Image du docu-fiction de David Grubin (2005)
“ The Widow Capet was brought back to her cell. They gave her a pen, ink, and paper. She wrote a letter to Madame Elizabeth. Then she slept for a short time, and when she woke she remembered she had once been Queen of France.
”
–F.W. Kenyon, Marie...

Au petit matin, Rosalie Lui apporte un bol de bouillon qu’Elle accepte de prendre par égard à l’attention qu’y a mise la petite servante. 


Anne Doat et Michèle Morgan

Avant le jour on bat le rappel dans les sanctions: à cinq heures la force armée est sur pied. On place des canons sur les ponts, les places, les carrefours, depuis le palais de justice jusqu’à la place Louis XV.

Depuis sept heures

Trente mille hommes des gardes nationales sont sur pied et forment une double haie le long du parcours que doit emprunter la charrette. On a placé des canons aux extrémités des ponts, sur les places et aux carrefours.

A huit heures

Puis vient le moment où Elle désire changer de linge. On Lui a demandé de ne pas aller à la mort en deuil du Roi, ce qui serait provocateur… Alors, Elle sera en blanc, la couleur du deuil des Reines et revêtira le déshabillé qu’Elle porte habituellement le matin, une jupe blanche au dessus d’un jupon noir.

Il lui a fallu recourir à la femme du geôlier pour avoir des vêtements un peu convenables, car ses abjects précurseurs, épuisant sur elle les raffinements de la haine et de la barbarie, n’oubliaient aucune persécution de détail. Elle est vêtue toute de blanc, un bonnet de mousseline ordinaire, une camisole de coton, un jupon de la même étoffe. 

Elle veut se changer sans témoin, mais le garde n’y consent pas : il doit avoir le regard sur tous Ses faits et gestes…. Alors Rosalie s’impose en paravent de la Reine pour Sa dernière toilette de représentation ultime.

Images des Années Terribles (1989)L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est tumblr_mbz0uddrh51qatfdco2_250.jpg.
vivelareine:
“ “ She unfolded a chemise that had probably been brought to her in my absence, and having signed to me to stand in front of her bed so as to hide her from the gendarme, she stooped down behind the bed, and slipped off her dress in order...
Michèle Morgan (1956)
Ute Lemper as Marie Antoinette with Géraldine Danon as Rosalie Lamorliére  in the 1990 film 'L'Autrichienne'. | Film, Evolution, Cinema
Ute Lemper et Géraldine Danon L'Autrichienne : quand Pierre Granier-Deferre raconte les dernières heures  de Marie-Antoinette

Marie-Antoinette quitte la chemise ensanglantée qu’Elle tente de dissimuler dans un recoin du mur qui jouxte le lit. Elle est prête.

Rosalie La quitte pour toujours….

A neuf heures

Bault entre :

-Madame, il y a là un curé de Paris qui demande si vous voulez vous confesser.

-Un curé de Paris? Il n’y en a guère…

Le prêtre s’avance , vêtu en laïque, il s’incline et se présente:

-Madame, je suis l’abbé Girard, curé de Saint-Landry, dans la Cité, et je suis venu vous offrir l’aide de mon ministère…

La Reine secoue la tête :

-Je vous remercie, je n’ai besoin de personne…

Mais que dira-t-on, Madame, lorsqu’on saura que vous avez refusé les secours de la religion dans ces suprêmes moments? 

Vous direz à ceux qui vous en parleront que Dieu y a pourvu dans Sa miséricorde.


L’abbé Girard

L’Abbé insiste encore :

-Ne voulez-vous pas que je vous accompagne? 

-Comme vous voudrez…

Et sans plus se préoccuper de l’abbé, Elle retourne à Ses pensées et à Ses prières… L’abbé Girard constate que Marie-Antoinette grelotte… Elle a surtout froid aux pieds… Le prêtre assermenté Lui couvre donc les pieds avec  Son traversin.

Ils ont jugé la reine - Les derniers jours de Marie-Antoinette -  Herodote.net
Le dernier matin de la Reine par Louis Marie Baader

A dix heures


Ute Lemper

Ce sont d’abord les juges qui arrivent et lisent à la Reine la sentence, en présence de Louis Larivière, le porte-clefs de la Conciergerie.


La lecture de la sentence par Edward Ward

Cette lecture est inutile , je ne connais que trop cette sentence.

-Il n’importe, il faut qu’elle vous soit lue une seconde fois

Aucune description disponible.

Les pesantes formules n’en tombent pas moins de la bouche du greffier. Mais à peine a-t-Elle subi ce premier supplice d’un homme jeune et athlétique fait son entrée. C’est Henri Sanson, le fils de l’exécuteur qui, neuf mois plus tôt, a guillotiné Louis XVI. A lui revient aujourd’hui d’exercer l’office de bourreau. Il voudrait se montrer courtois, mais Hermann le rappelle à l’ordre :

– Fais ton devoir !

Il s’incline, demande à la condamnée de présenter ses mains.

– Oh ! mon Dieu ! Voulez-vous les lier ? On ne les a point liées à mon mari…
J’y suis obligé.

vivelareine:
“ “ I had friends. The idea of being forever separated from them and from all their troubles is one of the greatest sorrows that I suffer in dying. Let them at least know that to my latest moment I thought of them.
”
–excerpt from the...

-Fais ton devoir , bourreau.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est c5338ddfd87b1d68feba0b8d534ffd6b0d359b83.gifv.

Alors, comme elle esquisse une résistance, il lui saisit les deux bras qu’il attache fortement derrière le dos, à la hauteur des coudes. Il sert si fort que Marie-Antoinette ne peut réprimer Sa douleur. Puis il sort de gros ciseaux. Elle blêmit… Va-t-il L’achever ici dans la prison? Puis, Sanson qui domine Marie-Antoinette de sa haute taille Lui enlève brusquement Son bonnet qu’Elle a mis tant de soin à arranger et armé d’une grosse paire de ciseaux, taille à grands coups les cheveux devenus blancs, mais où se devinent encore des reflets blond cendré.


Ute Lemper

Caroline Sihol
Jane Seymour

Rosalie raconte que la Reine se rend à l’échafaud avec des chaussures couleur prune à la Saint-Huberty (du nom de l’actrice qui avait lancé le modèle).  La couleur actuelle n’est pas vraiment “Prune” mais ce doit être à cause du temps…


Une des chaussures que la Reine portait le jour de Son exécution. Elle est conservée au musée des beaux-Arts de Caen. D’après le récit d’un témoin oculaire, la Reine monta les escaliers de l’échafaud avec beaucoup de précipitation “à la bravade” , a perdu une de Ses chaussures et marcha sur le pied du bourreau. Elle demande excuse au bourreau… Ce sont Ses derniers mots… La chaussure a été récupérée par un individu qui l’a vendue le jour même, pour un louis, au comte de Guernon-Ranville, qui la garda comme une relique.

Ute Lemper dans L’Autrichienne (1990)

La Reine croit qu’on va L’exécuter là à la hache… Sanson enfouit Sa chevelure dans sa poche, elle sera brûlé tout à l’heure… pour ne pas créer de reliques royales…

De ses grosses mains, le bourreau replace le bonnet très haut sur la tête de la Reine. Des mèches coupées irrégulièrement encadrent la nuque dégagée.


Les ultimes échanges de Rosalie (Véronique Leblanc) et Marie-Antoinette (Jane Seymour) dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron
Résultat de recherche d'images pour "Ils ont jugé la Reine"Maud Wyler (Marie-Antoinette) et Sophie Breyer (Rosalie) dans Marie-Antoinette, ils ont jugé la Reine (2018) d’Alain Brunard

Le départ de la Reine pour mourir dans Les Années Terribles de Richard Heffron

Rosalie quitte Marie-Antoinette sans oser Lui faire des adieux, ni une seule révérence, de peur de La compromettre et de L’affliger. Elle s’en va pleurer dans son cabinet et prier Dieu pour Elle.

Elle passe devant le porte-clefs :

-Larivière, vous savez qu’on va me faire mourir?

Vers onze heures

La Reine sort de la Conciergerie.

Ses augustes mains augustes, nous dit le gendarme Léger, lui avaient déjà été attachées dans le dos, lorsqu’elle se plaignit d’un besoin pressant qui obligea de les lui délier, et qu’elle satisfit dans un réduit obscur nommé “la souricière”, dont l’entrée se trouve à l’angle gauche du greffe, après quoi ses mains, qu’elle tendit encore une fois, furent liées à nouveau.

Sanson tient un bout de la corde qui lie les poignets de la Reine. Marie-Antoinette semble ainsi tenue en laisse comme une  chienne…

tiny-librarian:
“ Sorrow had blanched the Queen’s once beautiful hair; but her features and air still commanded the admiration of all who beheld her; her cheeks, pale and emaciated, were occasionally tinged with a vivid colour at the mention of those...

Elle monte les marche de la Conciergerie… Et c’est là que Marie-Antoinette ne peut réprimer une nouveau sursaut d’épouvante.

16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 - Page 5 Captu423
16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 - Page 5 Van_cu11

Elle s’était imaginée qu’Elle serait transportée dans un carrosse semblable à celui qui avait emmené le Roi le matin du 21 janvier. Or c’est une grossière charrette qu’Elle aperçoit, une charrette destinée à véhiculer des ordures, crottée jusqu’à l’essieu et tirée par un cheval de laboure.

L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 Dup2_h10
La Sortie de la Conciergerie de William Hamilton

Elle est saisie d’une faiblesse à la vue de la charrette…

Lorsque la Reine est sortie de la Conciergerie, le premier huissier du tribunal, accompagné de trois ou quatre personnes de son même emploi, vient quérir Rosalie chez le concierge et lui ordonne de le suivre dans le cachot. Il la laisse reprendre le miroir et le carton. Quant aux autres objets qui ont appartenu à Marie-Antoinette ils lui commandent de les serrer dans un drap de lit et ils emportent cette misérable dépouille.

16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 - Page 5 12ed2110

“Ses mains augustes lui avaient déjà été attachées derrière le dos, lorsqu’elle se plaignit d’un besoin pressant qui obligea de les lui délier, et qu’elle satisfit dans un réduit obscur nommé la Souricière, dont l’entrée se trouve à l’angle gauche du greffe, après quoi ses mains, qu’elle tendit encore une fois, furent liées à nouveau.”

Le gendarme Léger
16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 - Page 5 14591610

A onze heures un quart

Marie Antoinette conducted to the scaffold. 1793 engraving.
Film "L'Autrichienne" de Pierre Granier Deferre - YouTube
16 octobre - Le trajet de la charrette le 16 octobre 1793 2e038f10

Ute Lemper redonne vie au croquis de David dans L’Autrichienne de P. Granier-Deferre
16 octobre 1793: Exécution de Marie-Antoinette d'Autriche - Le ...

Rufus interprète l’abbé Girard dans L’Autrichienne (1990)  

Le cortège funèbre se met en route… Assise du côté opposé au sens de la marche, Marie-Antoinette est flanquée à Sa gauche de l’abbé Girard qui ne dit mot, et à Sa droite du bourreau, tenant d’une main son tricorne, de l’autre la corde qui lie les bras de la Reine.

-Madame, Lui dit l’abbé Girard, voilà le moment de vous armer de courage.

-Du courage, il y a si longtemps que j’en fais l’apprentissage qu’il n’est pas à craindre que j’en manque aujourd’hui ! 

Le curé n’entendra plus la voix de la Reine..


Le trajet commence par la sortie Cour du Mai, puis rue de la Barillerie.
Pour certains, la charrette emprunte le pont au Change, puis le quai de la Mégisserie, pour d’autres, le quai de l’Horloge, puis le Pont Neuf…

16 octobre - Le trajet de la charrette le 16 octobre 1793 7d0fcc10

Caroline Sihol
16 octobre - Le trajet de la charrette le 16 octobre 1793 Ad911010

A l’angle de la rue du Roule et de la rue St Honoré : le fameux balcon où David dessine le profil de la Reine, profitant du ralentissement de la charrette, qui tourne à gauche pour emprunter la rue St Honoré :

16 octobre - Le trajet de la charrette le 16 octobre 1793 6a51d010

Fichier:David dessinant Marie-Antoinette--van den Büssche-IMG 2388.JPG
Le peintre David dessinant Marie-Antoinette conduite au supplice, par Joseph-Emmanuel van den Büssche

La fontaine publique de La Croix du Trahoir, construite par Soufflot, près du site de l’ancien gibet ( l’arbre sec…):

trajet - Le trajet de la charrette le 16 octobre 1793 D779d310

16 octobre - Le trajet de la charrette le 16 octobre 1793 70549f10
Passage devant le Grand Mogol, la boutique de Mademoiselle Bertin, aujourd’hui détruit, puis le Palais Royal :

16 octobre - Le trajet de la charrette le 16 octobre 1793 1779a410
16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 M_morgan_marie_antoinette-05
Michèle Morgan
16 octobre - Le trajet de la charrette le 16 octobre 1793 D54fde10

Arrêt de la charrette devant St Roch: la Reine doit subir une harangue des «femmes du 6 octobre », toutes debout sur les marches de l’église :

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16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 Ft1_2710

Rue du Marché St Honoré. Au fond, se trouvait le club des Jacobins. Des bannières flottent: « Atelier d’armes républicaines pour foudroyer les tyrans ». Aujourd’hui, seule subsiste une porte, qu’a souvent empruntée Robespierre :

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MARIE-ANTOINETTE, MÉTAMORPHOSE D'UNE IMAGE – arty-scope
Marie Antoinette avec Norma Shearer (Van Dyke) - Page 9 Zzzzim12

La charrette passe tout près de la Place des Piques (Place Vendôme) :

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16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 - Page 4 _5710

L’infortunée semble voir avec indifférence la force armée faisant une double haie; elle paraît affaissée sous le poids de ses douleurs; ses regards sont fixes, ses pommettes sont colorées d’une vive rougeur.

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Passage devant la chapelle de l’Assomption ( une arche enjambait alors la rue) :

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Elle passe devant la maison du menuisier Duplay, où réside Robespierre. S’est-il levé pour voir passer la Reine ?

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Passage devant le célèbre café du Saint Esprit, et prend (sans doute) la rue St Florentin, pour rejoindre la Place de la Révolution :

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Jane Seymour

Une des principales attributions du comédien Grammont consistait à assurer l’escorte qui accompagnait à l’échafaud la charrette des condamnés à mort. Il se réservait le commandement de l’escorte lorsque les condamnés en valaient la peine ; pour les gens du commun, il passait la main à son fils. Ils conduisent, tous les deux, Marie-Antoinette au supplice.

On sait l’attitude odieuse du père en cette circonstance. Monté sur un cheval noir, à la tête de ses troupes, il chante la carmagnole et excite la foule contre la Reine, oubliant qu’il avait été Son protégé.


Jane Seymour

Quand le cortège arrive devant les Jacobins, la Reine aperçoit sur la porte cette inscription : “Atelier d’armes républicaines pour foudroyer les tyrans“. Grammont crie au peuple, en lui montrant la Reine :

La voilà, l’infâme Antoinette ! … elle est f…, mes amis !”

ou

Alors ! Ce ne sont plus tes coussins de Trianon !“…

Alexandre Grammont rivalise d’outrages et de grossièretés avec son père. On dit même qu’il menace la Reine du poing et que, lorsque la tête de celle-ci fut tombée, il s’élança vers l’échafaud pour tremper son mouchoir dans le sang.

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Le convoi parvient à la place de la Révolution, que Marie-Antoinette a connue sous le nom de place Louis XV , qui est noire de monde : deux cent mille personnes diront certains….

Navlet - Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph15
Marie-Antoinette dans une charrette sur le Pont Neuf  partant pour l’échafaud, par Joseph Navlet
16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 - Page 2 Akg31011
16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 Captur12

Elle arrive sur l’échafaud à midi quelques minutes


Jane Seymour
Aucune description disponible.
Michèle Morgan (1956)

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Norma Shearer

Peu après Midi

La charrette arrive au pied de l’échafaud. Marie-Antoinette en monte les marche “à la bravade”, avec légèreté et promptitude… dans Sa hâte, Elle marche sur le pied du bourreau …


Jane Seymour

Faites excuses, Monsieur le bourreau, je ne l’ai pas fait exprès…

Marie Antoinette (2 November, 1755 - 16 October, 1793)
“Upon mounting the scaffold, Antoinette inadvertently walked on the foot of the executioner; she turned to him and said, “Monsieur, I beg your pardon, I did not do it on purpose.“
”

A douze heures et quart

Exécution de Marie-Antoinette, place de la Révolution .

16 octobre - L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 Maacha10


Jane Seymour

Sa contenance est la même; seulement, lorsque l’exécuteur lui ôte violemment le fichu de mousseline commune qui recouvre son sein, lorsqu’il rabat le haut de sa camisole, l’auguste victime secoue fortement la tête et l’indignation anime ses traits. Sa tête tombe sous la hache.

The Massacre of the Queen (engraving detail)
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Cette lame de guillotine est celle qui a décapité Marie Antoinette. 1793:  france
Couperet qui décapita Marie Antoinette récupéré par la famille du bourreau et acheté plus tard par le musée Tussaud de Londres
 
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Madame Tussaud aurait moulé le visage de Marie-Antoinette à peine suppliciée…
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Les bourreaux déposent le corps de la Reine suppliciée au cimetière de la Madeleine, à même le sol, la tête entre les jambes… et faute d’ordres, ou par négligence, il a été oublié dans l’herbe pendant une quinzaine de jours. 

La tombe de Louis-Joseph, premier Dauphin, à Saint-Denis est profanée.

1793, les exhumations de Saint Denis ou l'encombrant cadavre de la monarchie
Violation des tombes de Saint-Denis par Hubert Robert

Madame Royale et sa tante restent dans l’ignorance du sort de Marie-Antoinette.

Le 17 octobre 1793

Le citoyen Bault, concierge de la maison de justice de la Conciergerie, comparaît, accompagné de deux gendarmes et de l’officier du poste, lequel a déclaré que dans que dans la chambre ci-devant occupée par la veuve de Louis Capet, décédée le jour d’hier, se sont trouvés les effets dont la description suit :
– Quinze chemises de toile fine, garnies de petite dentelle.
– Un mantelet de raz de Saint Maur.
– Deux déshabillés complets, de pareille étoffe.
– Un fourreau à collet et un jupon de bazin des Indes à grandes rayes (rayures).
– Deux jupons de bazin à petites rayes.
– Cinq corsets de toile fine.
– Une robe à collet en toile de coton.
– Une camisole aussi à collet de pareille toile.

Linge à blanchir
– Quatre mouchoirs de baptiste.
– Un jupon de bazin à petites rayes.
– Une serviette.
– Et onze chauffoirs (linges pour les menstrues)
——————————–
– Une paire de draps.
– Deux paires de poches de coton.
– Une serviette de toile de coton grise.
– Vingt-quatre mouchoirs de baptiste.
– Six fichus de linon.
– Une coiffe de linon.
– Deux paires de bas de soie noire.
– Une paire de gant aussi de soie noire.
– Deux paires de bas de filoselle (soie grossière )  noire.
– Une paire de bas de fil.
– Une paire de chausson.
– Une ceinture de crêpe.
– Un petit fichu de mousseline.
– Un autre fichu de crêpe.
– Six serviettes de baptiste.
– Une grosse éponge fine.
– Une petite corbeille d’osier.
– Une paire de souliers neufs.
– Et deux paires de vieux.
– Une boite à poudre de bois.
– Et une houppe de cygne.
– Une petite boîte de pommade, de fer blanc.

Le 1er novembre 1793

Le fossoyeur Joly se décide -enfin ! – à faire creuser une tombe, à L’y enterrer, à Le recouvrir de chaux vive et à présenter la facture aux autorités compétentes : 

-La veuve Capet, pour la bière ………………6 livres

-Pour la fosse et les fossoyeurs…………….15 livres 35 s.

C’est grâce à cet oubli que le cadavre a été enterré avec tous Ses vêtements au lieu d’être dépouillé auparavant comme c’était devenu la règle, et c’est grâce aux débris de ces vêtements, assez bien conservés par la chaux, qu’on reconnaîtra la Reine en 1815, lors de l’exhumation ordonnée par Louis XVIII.

Le 6 novembre 1793

Exécution du duc d’Orléans qu’on appelait alors Philippe Égalité.

Le 29 novembre 1793

Exécution d’Antoine Barnave ( né le 22 octobre 1761).

Le 8 décembre 1793

Exécution de Jeanne du Barry (née le 19 août 1743).


Madame du Barry par Elisabeth Vigée Le Brun

Le 9 décembre 1793

Décès à Vienne de Yolande de Polignac (née le 8 septembre 1749), “morte de douleur“.


Profil de Yolande de Polignac par Elisabeth Vigée Le Brun

1794

Le 10 mai 1794

Madame Élisabeth est exécutée à son tour, après un procès bâclé et joué d’avance…

“ … Madame Élisabeth was placed nearest the steps to the scaffold, but she was the last of the twenty-five called to ascend them; she was to see and hear the killing of them all before her turn should come. During that time she never ceased to say...
Exécution de Madame Élisabeth

Madame Royale reste seule au Temple.


Madame Royale balayant sa cellule au Temple

Le 27 juillet 1794

Chute de Maximilien de Robespierre ( né le 6 mai 1758), il est guillotiné le lendemain.

1795

Le 8 juin 1795

Mort de Louis XVII à l’âge de 10 ans. Il était atteint de tuberculose osseuse.

Le 24 juin 1795

Monsieur, toujours en émigration , est proclamé Roi sous le nom de Louis XVIII.

Le 18 décembre 1795

Madame Royale quitte la prison du Temple pour être remise  à sa famille autrichienne… en échange des commissaires français livrés aux Autrichiens par Dumouriez, dont fait partie Jean-Baptiste Drouet (1763-1824), le sinistre responsable de l’arrestation de la famille royale à Varennes…

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1799

Le 7 juin 1799

Mort de Madame Victoire ( née le 11 mai 1733) à Trieste, d’un cancer du sein.

Fichier:Madame Victoire de France by E.Vigee-Lebrun (1791, Phoenix ...Madame Victoire par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 10 juin 1799

Madame Royale épouse son cousin germain le duc d’Angoulême, suivant en cela les vœux de sa défunte mère.

1800

Le 27 février 1800

Mort de Madame Adélaïde ( née le 27 avril 1737), à Trieste.

Fichier:Élisabeth Louise Vigée Le Brun - Madame Adélaïde de France ...Madame Adélaïde par Élisabeth Vigée Le brun

1810

Le 20 juin 1810

Axel de Fersen ( né le 4 septembre 1755) est massacré à Stockholm par une foule en furie qui l’accuse d’avoir assassiné le prince Christian-Auguste.

1814

Le 8 septembre 1814

Mort de Marie-Caroline de Naples ( née le 13 août 1752 ), sœur de Marie-Antoinette.

1815

Le 21 janvier 1815

Les restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette sont transférées à Saint-Denis.


Orants de Louis XVI et Marie-Antoinette.Commandés en 1816 par Louis XVIII à Edmé Gaulle et à Pierre Petitot et réalisés en 1830.
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“ Marie Antoinette
Saint Denis, Paris
”

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“ Marie Antoinette
Saint Denis, Paris
”

Sources :

  • Étrennes historiques et géographiques, ou Almanach de Versailles... contenant une description de cette ville, la maison du roi… le gouvernement de la ville, une notice des principaux marchands et négociants qui y sont établis, etc…, Paris-Versailles, Valade-Blaizot, (1773, 1774).
  • Barnave, le Conseiller Secret de Marie-Antoinette (2000) de Pierre d’Amarzit éditions Le Sémaphore
  • Marie-Antoinette – Pièces à Conviction, Les Archives Nationales, exposition , 11 octobre 2006-8 janvier 2008
  • L’Album de Marie-Antoinette : Vues et plans du Petit Trianon à Versailles de Pierre Arizzoli-Clémentel
  • Louis XVI – Un Roi dans la tourmente ( octobre 2009) ; Collection Les Rois de France des Editions Atlas
  • Marie-Antoinette – La Dernière Reine (février 2009) ; Collection Les Rois de France des Editions Atlas
  • Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image
    Monographie sous la direction de Antoine de Baecque
    Editions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux (Octobre 2019)
  • L’Emprisonnement de la Famille Royale au Temple  (1804) d’Hélène Becquet ( Hypothèses, Essai d’Histoire politique)
  • Les Soixante-Seize Jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie : Tome 1, La conjuration de l’œillet (2006) de Paul Belaiche-Daninos
  • Les Soixante-Seize Jours de Marie-Antoinette à la Conciergerie : Tome 2, Un procès en infamie (2006) de Paul Belaiche-Daninos
  • Marie-Antoinette (1932) de Hilaire Belloc ( Payot, Paris)
  • Marie-Antoinette (1940), de René Benjamin ; Les Editions de France
  • Les Dames de Trianon (juin 2012) de Jérémie Benoît ; chez BERG international
  • MARIE-ANTOINETTE (2010) de Cécile Berly et Jean-Clément Martin chez Citadelles et Mazenod
  • La Reine Scandaleuse,  Idées reçues sur Marie-Antoinette (2012) de Cécile Berly, éditions Le Cavalier Bleu
  • Le Versailles de Marie-Antoinette (2013) de Cécile Berly , éditions art lys
  • Madame Elisabeth , Sœur de Louis XVI (2013) d’Anne Bernet , aux éditions Tallandier
  • Les Reines de France au temps des Bourbons, tome 4 : Marie-Antoinette L’insoumise (2002) de Simone Bertière
  • Mémoires du baron de Besenval sur la cour de France de Pierre-Joseph-Victor, baron de Besenval présentées par Ghislain de Diesbach ; Mercure de France (20 janvier 2011)
  • Portraits de femmes :  Artistes et modèles à l’époque de Marie-Antoinette, d’Olivier Blanc
  • Les Après-Midi de Louis XVI de Jean-Dominique Bourzat ; La Compagnie Littéraire
  • Autour de Marie-Antoinette de Maurice Boutry ; Emi le-Paul éditeur (Paris)
  • Dans l’Ombre de Marie-Antoinette ; Le Journal de Madame Brunyer 1783-1792 (2003) de Antoinette Brunyer, née Chappuis (1734-1794) édité par Danielle Gallet                                                                        Documents inédits des Archives Nationales
  • Mémoires de Madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette d’Henriette Campan
  • Le Boudoir de Marie-Antoinette à Fontainebleau d’Yves Carlier
  • Marie-Antoinette – Le Destin d’une Reine (mai 2006) de Jean des Cars ; Les Spectacles du Monde
  • Le Hameau de la Reine, le monde rêvé de Marie-Antoinette (2018) , de Jean des Cars ; chez Flammarion
  • La Princesse de Lamballe (1956), de Jacques Castelnau ; Librairie Hachette
  • Marie-Antoinette  (1953) d’ André Castelot
  • Octobre 1789 – Les parisiennes à l’assaut de Versailles, par André Castelot ; Historama N°239 , octobre 1971
  • La Veuve Capet  (1968) d’André Castelot

Les Derniers Bijoux de Marie-Antoinette, par André Castelot ; Historama N°294, mai 1976

  • Marie-Antoinette écrit à Madame Elisabeth, par André Castelot , Histoire Magazine N°1, 1980
  • La Révolution Française (1987) d’André Castelot aux Éditions Perrin, Paris
  • MARIE-ANTOINETTE  (1989) d’André Castelot, album richement illustré

Histoire de la France et des Français, d’André Castelot et Alain Decaux :

  • N°18: Louis XV et Marie Leszczynska
  • N°19: Le siècle des Lumières
  • N°20: Les années Pompadour
  • N°21: Louis XV – le roi contesté
  • N°22: La dernière passion du roi
  • N°23: Louis XVI et Marie-Antoinette
  • N°24: Le temps des savants
  • N°26: La fin de la monarchie
  • N°27: La mort du roi
  • N°28: La Terreur
  • Chère Marie-Antoinette (1988) de Jean Chalon
  • Marie-Antoinette and the Petit Trianon at Versailles, de Martin Chapman
  • Louis XVII (2007), de Jean Charles-Roux, aux Editions du Cerf
  • Marie-Antoinette, Archiduchesse, Dauphine et Reine, 16 mai-2 novembre 1955 ; Château de Versailles; (Paris) : éditions des musées nationaux
  • Les Paradis Secrets de Marie-Antoinette et le Petit Trianon (2017) de Christophe Fouin, Thomas Garnier,Christian Milet et Didier Saulnier pour le Château de Versailles ; Préface de Catherine Pégard ; chez Albin Michel
  • Marie-Antoinette – Dans l’intimité d’une Reine, Château de Versailles (magazine) Hors série N°1, Novembre 2013
  • L’Affaire du Collier de la Reine, Château de Versailles (magazine) N°2 ; juillet 2011
  • Le Théâtre de Marie-Antoinette à Trianon, Château de Versailles (magazine) N°3 ; octobre 2011
  • Le hameau de Marie-Antoinette, Château de Versailles (magazine) N°6 ; septembre 2012
  • Le Mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Château de Versailles (magazine) Hors série N°7
  • Madame de Polignac, Amie intime de Marie-Antoinette , Château de Versailles (magazine) Hors série N°12 ; février-mars 2014
  • La Jeunesse de Louise XVI, Château de Versailles (magazine) Hors série N°15 ; décembre 2014
  • Marie-Antoinette – Reine des Arts, Château de Versailles (magazine) Hors série N°25 ; avril 2017
  • Louis XVI , Le Prince , de Jean-François Chiappe, aux éditions académiques Perrin, août 1987
  • Madame de Polignac et Marie-Antoinette : Une amitié fatale (2008) de Nathalie Colas des Francs
  • Colloque Marie-Antoinette face à l’Histoire qui avait eu lieu à la Sorbonne (2008) ; Éditeur: François-Xavier de Guibert (éditions)
  • La Reine de France, de Fanny Cosandey, Paris, Gallimard, 2000, 241 pages
  • Alain Decaux raconte l’Histoire de France aux enfants                     (1987 réédité en 1995) ; Perrin
  • Alain Decaux raconte la Révolution française aux enfants    (1989) ; Perrin
  • La Princesse de Lamballe – Mourir pour la Reine (1979), de Michel de Decker ; chez Perrin
  • Marie-Antoinette (2013) d’Hélène Delalex
  • Un Jour avec Marie-Antoinette (2015) d’Hélène Delalex ; Flammarion
  • Marie-Antoinette aux Tuileries (septembre 2008), de Thierry Deslot ; La Bibliothèque de l’Histoire
  • Elisabeth Vigée-Lebrun portraitiste … mais aussi mémorialiste , par Jacques Dindreville ; Histoire pour Tous N°206 , juin 1977
  • Dossier de l’Art, N°150, Marie-Antoinette – Exposition au Grand Palais, mars 2008
  • Dossier de l’Art N° 232. Madame Vigée Le Brun
  • Trianon : le Domaine privé de MARIE-ANTOINETTE (2008) de Christian Duvernois / photographies de François Halard (2008) ; chez Actes Sud
  • Louis XVI et Marie-Antoinette, un Couple en Politique (2006) de Joël Félix ; Payot
  • Jean-Louis Fargeon, Parfumeur de Marie-Antoinette (2004) d’Élisabeth de Feydeau , chez Perrin
  • L’Herbier de Marie-Antoinette (2012) d’ Élisabeth de Feydeau et Alain Baraton
  • L’Eau de Rose de Marie-Antoinette et autres parfums voluptueux (2017) d’Élisabeth de Feydeau aux Editions Prisma
  • Louis XVI – L’Incompris (2018);Le Figaro Histoire N°38
  • Barnave et Marie-Antoinette (1995) de René Fonvieille chez Glénat
  • Marie-Antoinette (2006) d’Antonia Fraser
  • MARIAGE FORCE ou Marie-Antoinette humiliée (avril 2015), de Jean-Pierre Fiquet ; chez Tallandier
  • L’Affaire du Collier  (1901) de Frantz Funck-Brentano chez Hachette (Paris)
  • La Mort de la Reine ; Les suites de l’Affaire du Collier (1901) de Frantz Funck-Brentano chez Hachette (Paris)
  • Les Derniers Jours de Marie-Antoinette (1933) de Frantz Funck-Brentano de l’Institut chez Flammarion
  • La Révolution française (1928), de Pierre Gaxotte, chez Fayard
  • Gazette des Atours de Marie-Antoinette de l’année 1782
  • Marie-Antoinette et le scandale de Guînes, de Paul et Pierrette Girault de Coursac, chez Gallimard (1962)
  • L’éducation d’un Roi, Louis XVI, de Paul et Pierrette Girault de Coursac, chez Gallimard (1972), puis chez F.X. de Guibert (1995)
  • Louis XVI, Roi Martyr. de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; chez Tequi (1976)
  • Enquête sur le procès du Roi Louis XVI. de Paul et Pierre Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1982), puis chez F.X. de Guibert (1992)
  • Sur la Route de Varennes, de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1984), puis chez F.X. de Guibert (2000), (2007)
  • Le Voyage de Louis XVI autour du monde.  Expédition La Pérouse, de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1985), puis chez F.X. de Guibert (2000)
  • La dernière année de Marie-Antoinette (1993) de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; chez F.X. de Guibert (1993)
  • Mémoires du baron de Goguelat (1823) de François, baron de Goguelat ; Hachette BnF
  • Marie-Antoinette (1858) d’Edmond et Jules de Goncourt
  • La Vie Mouvementée d’Henriette Campan (2017) de Geneviève Haroche-Bouzinac ; chez Flammarion
  • Grands Personnages de l’Histoire de France N°5 , La Fayette
  • Grands Personnages de l’Histoire de France N°14, Marie-Antoinette
  • Grands Personnages de l’Histoire de France N°17, Louis XVIII
  • La vérité sur l’affaire du collier (1971) de Louis Hastier ; Le cercle du Bibliophile
  • Les années Trianon de Catherine Hermary-Vieille
  • Marie-Antoinette, une jeune fille dans l’arène (mars 2008), conçu par Gilles Heuré ; Télérama, 80 pages
  • Souvenirs d’un Page de la Cour de Louis XVI de Félix, comte de France d’Hézecques, présenté par Gérard Montfort (1983)
  • Versailles – Le pouvoir et la pierre ; Les collections de L’Histoire N°2:
  • Marie-Antoinette – La Dernière Reine de France ; Histoire Junior N°36 – Décembre 2014
  • Dossier Marie-Antoinette, Histoire Magazine N°1, août-septembre 2018
  • Marie-Antoinette trahissait-Elle?, par André Castelot ; Histoire magazine N°48, février 1984
  • Marie-Antoinette pouvait-Elle s’évader du Temple? , par Jules Bertaut, Historia N°71, octobre 1952
  • Le destin de la princesse de Lamballe, par Albert Flament, Historia N°137, avril 1958
  • Marie-Antoinette : on ne savait pas tout – Historia N°350 – de janvier 1976
  • Destin de Reine (1968), roman de Victoria Holt ; aux Presses de la Cité
  • Fersen, Conseiller de Marie-Antoinette, par Françoise Kermina ; Historia N°468, décembre 1985
  • A la Recherche du Roi Perdu (Louis XVII) , par Jean Silve de Ventavon ; Historia N°476, août 1986
  • L’âge d’Or des Cosmétiques, par Philippe Perrot ; L’Histoire N°64 , février 1984
  • L’étonnante amitié de Marie-Antoinette et Madame de Polignac, par Philippe Erlanger ; Historia N°34, mars 1979

Marie-Antoinette pouvait-Elle s’évader du Temple? , par Jules Bertaut, Historia N°71, octobre 1952

  • Historia N°106, septembre 1955:
  • Une journée de Marie-Antoinette, par Charles Kunstler ; Historia N°150, mai 1959
  • Une amie de Marie-Antoinette, par Hedwige de Polignac ; Historia N°160, mars 1960
  • La duchesse de Polignac est morte de douleur, par Edmond Giscard d’Estaing ; Historia N°369 ; août 1977
  • Pour ou contre Marie-Antoinette ? , par André Castelot ; Historia N°445
  • Fersen, Conseiller de Marie-Antoinette, par Françoise Kermina ; Historia N°468, décembre 1985
  • Marie-Antoinette – La Reine Guillotinée, par André Castelot, Alain Decaux, Jean Chalon et Isabelle, comtesse de Paris ; Historia N°562, octobre 1993
  • Marie Antoinette, Madame Deficit ( 2011 ) de Liz Hockinson
  • Je M’appelais Marie-Antoinette, programme du spectacle théâtral de Robert Hossein, joué au Palais des Sports, en 1993
  • Madame Royale : L’énigmatique destinée de la fille de Louis XVI (7 octobre 1999) de Monique de Huertas chez Pygmalion
  • L’Humanité Dimanche N°103, Marie-Antoinette – Le mépris du peuple ( mars 2008)
  • La Révolution Française à l’écran, de Roger Icart (1988), chez Milan
  • Les dernières années du règne de Louis XV, d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu,
  • Les beaux jours de Marie-Antoinette (1885), d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu,
  • Marie-Antoinette aux Tuileries (1913), d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez P. Letrielleux, Librairie-Éditeur, Paris VI
  • La dernière année de Marie-Antoinette, d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu
  • L’Agonie de la Royauté (1918), d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez P. Letrielleux, Librairie-Éditeur, Paris VI
  • Le Hameau du Petit Trianon sous l’Empire, de Marguerite Jallut
  • Château de Versailles, cabinets intérieurs et petits appartements de Marie-Antoinette de Marguerite Jallut
  • Marie-Antoinette et ses peintres de Marguerite Jallut
  • Marie-Antoinette L’impossible Bonheur (1970) de Marguerite Jallut et Philippe Huisman ; chez Edita, Lausanne
  • Marie-Antoinette – Aux côtés de Louis XVI dans la tourmente révolutionnaire (2014) ; Collection Reines, Maîtresses et Favorites chez Hachettes
  • Marie-Antoinette était-elle coupable ? par Jean-François Kahn, article dans Historama N°858 daté de juin 2016
  • Hans-Axel de Fersen (1985) de Françoise Kermina ; chez Perrin
  • La Vie Privée de MARIE-ANTOINETTE (1943) de Charles Kunstler ; chez Hachette
  • Fersen et son secret (1947) de Charles Kunstler ; chez Hachette
  • Marie-Antoinette (1943) de Charles Kunstler ; chez FLOURY
  • Marie-Antoinette et Fersen (1961) de Charles Kunstler ; chez Hachette
  • Les Atours de Marie-Antoinette: De la toilette à la Garde-robe (2005) d’ Alexandra Kuril
  • Mémoires Secrets et Universels des Malheurs et de la Mort de la Reine de France (1824) de L’abbé Gaspard-Louis Lafont d’Aussonne ; aux Editions Petit, Paris : Une référence !
  • La Tragédie de Marie-Antoinette – Les complots pour sa délivrance (1965) , de Pierre Lafue, chez Del DUCA, Paris
  • Marie-Antoinette l’Affranchie – Portrait inédit d’une icone de mode (février 2020), de Sylvie Le Bras-Chauvot, chez Armand Colin.
  • Cinéma et Révolution (novembre 1988), de Raymond Lefebvre ; chez Edilig
  • La Captivité et la mort de Marie-Antoinette  (1897) de Gosselin Lenôtre (1855-1935) chez Perrin, Paris
  • Varennes (1904), pièce de Gosselin Lenôtre (en collaboration avec Henri Lavedan ) : Sarah Bernhard y est Marie-Antoinette
  • Le Drame de Varennes (1905) de Gosselin Lenôtre
  • Les Massacres de Septembre (1905) de Gosselin Lenôtre
  • Les Grands Jours du Tribunal Révolutionnaire (1933) de Gosselin Lenôtre ; chez Flammarion
  • Etude complète sur Maie-Antoinette – Pour ou contre la dernière Reine de France , collectif de Les Cahiers de l’Histoire N°4 (1960)
  • Marie-Antoinette et Sa Famille (1879) de Maurice de Lescure ; Edité par Ducrocq, Paris
  • Louis XVI (1985) d’Evelyne Lever ; chez Fayard
  • Marie-Antoinette (1991) d’Evelyne Lever; chez Fayard
  • L’affaire du Collier (2004) d’Evelyne Lever
  • Marie-Antoinette : la naissance d’une reine : Lettres choisies 1770-1793 (2005) d’Evelyne Lever
  • Marie-Antoinette, une maîtresse royale, par Evelyne Lever, article de Historia N°99
  • Marie-Antoinette   Un Destin Brisé (2007), par Evelyne Lever ; Réunion des Musées Nationaux
  • Axel von Fersen (mai 1995), de Herman Lindqvist, au Grand Livre du Mois
  • Marie-Antoinette du Temple à la Conciergerie (1989) de François Macé de Lépinay et Jacques Charles ; Guides Historia Tallandier
  • La Laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet, Un temple pastorel pour le plaisir de la reine (2016) d’Antoine Maës ; chez Gourcuff Gradenigo
  • Un Prince Allemand sur le Trône de France : Louis XVI, par Claude Manceron ; Historama N°263 , octobre 1973
  • Louis XVI et Marie-Antoinette : La fin d’un monde, tome 5, d’Alexandre Maral
  • Louis XVI, L’incompris (2013) d’Alexandre Maral ; aux Editions OUEST-FRANCE
  • Les coulisses de Versailles – Marie-Antoinette fait ses débuts de Reine de France (juillet 1958), par Jules Mazé, aux éditions L.E.P. (Monaco)
  • Mellerio, dits Meller – Joaillier des Reines (octobre 2013) , par Vincent Meylan ; chez les Editions SW Télémaque
  • Marie-Antoinette Intime, collectif dans Miroir de l’Histoire, Numéro Spécial de janvier 1962
  • Rosalie Lamorlière, Dernière Servante de Marie-Antoinette (2010) de Ludovic Miserole ; Les Editions du Préau
  • Marie-Antoinette – Reine condamnée,Femme adulée, Le Monde Histoire N°12 , 2018
  • La Vie Joyeuse et Tragique de Marie-Antoinette (1933) de Pierre Nezelof ; chez Albin Michel
  • Le Trianon de Marie-Antoinette  (1914) de Pierre de Nolhac
  • Le Château de Versailles au temps de Marie-Antoinette (1889) de Pierre de Nolhac
  • La Reine Marie-Antoinette (1889) de Pierre de Nolhac
  • Les Consignes de Marie-Antoinette au Petit Trianon (1890) de Pierre de Nolhac
  • Marie-Antoinette à Trianon (1893) de Pierre de Nolhac
  • Le Trianon de Marie-Antoinette (1914) de Pierre de Nolhac
  • Versailles au XVIIIe siècle (1918) de Pierre de Nolhac
  • Autour de la Reine (1929) de Pierre de Nolhac
  • L’OEIL – revue d’art- N°308 , Marie-Antoinette et Vigée Le Brun , mars 1981
  • L’OEIL N°682 , Vigée Le Brun – Une vision inédite de la portraitiste de la Reine, septembre 2015
  • Marie-Antoinette, mère de famille par Pierre de Nolhac, de l’Académie française, Historia spécial 110 ans, daté du 11 mars 2019 
  • L’Objet d’Art N°433, Marie-Antoinette au Grand Palais, mars 2008
  • Varennes – La mort de la royauté (2006), de Mona Ozouf ; chez Gallimard
  • Le Château de Schönbrunn, Les Passeports de l’Art, février 1984
  • Magazine PASSION-L’Express N°1, Marie-Antoinette – Une vie en rose et noir ; printemps 2008
  • Incomprise et décapitée – Marie-Antoinette – Le remords français, Le Point N°1757, mai 2006
  • Les Derniers Secrets de Versailles (2012) Le Point Historia Hors Série
  • Marie-Antoinette – La Fin d’une Reine – Le spectacle de Robert Hossein ; Point de Vue , 12 octobre 1993
  • Marie-Antoinette par Robert Hossein, Point de vue N°2357, octobre 1993
  • La Lettre cachée de Marie-Antoinette, Point de Vue Images du Monde N°2419, décembre 1994
  • Secrète – La chambre de Marie-Antoinette à Versailles, Point de Vue N°2947, janvier 2005
  • 250 ans après LA FASCINATION, Marie-Antoinette , Elle inspire encore stars, historiens et artistes, Point de Vue N°2989, novembre 2005
  • Marie-Antoinette – Un tournage sous haute surveillance (le film de Sofia Coppola), Point de Vue Images du Monde N°2968, juin 2005
  • Marie-Antoinette – Elle inspire encore stars, historiens et artistes – Sa vie, Son style, Son univers ; un dossier spécial de 30 pages, Point de Vue N°2989, 2 novembre 2005
  • Mémoires sur la Vie et le Caractère de Madame la Duchesse de Polignac (1796) de Diane de Polignac
  • La Révolution Française, Les Années Lumières / Les Années Terribles , octobre 1989, Production Les Films Ariane, chez Larousse
  • Marie-Antoinette    Reine de la Mode et du Goût (2018) de Françoise Ravelle ; Parigramme – Carnet de Style
  • Modes et Usages au Temps de Marie-Antoinette , deux tomes (1885) par le comte de Reiset
  • La Revue de l’Au-Delà N°158, Numéro spécial, Marie-Antoinette et le Petit Trianon, juin 2011
  • Le Petit Trianon et le Hameau de Marie-Antoinette (1936) de Léon Rey ; Librairie Ernest Leroux
  • Le Petit Trianon et Marie-Antoinette (2010) d’Elisabeth Reynaud
  • La nuit de Varennes de Catherine Rihoit
  • Louis XVI et Marie-Antoinette à Compiègne, catalogue de l’exposition, Réunion des Musées Nationaux, 2006.
  • Histoire de Marie-Antoinette (1895) de Just-Jean-Etienne Roy (1794-1870)
  • Les Belles Années de Marie-Antoinette (XIXe siècle), Oeuvre de Saint-Charles (Belgique)
  • Marie-Antoinette : Images d’un destin (2005) de Xavier Salmon
  • Marie-Antoinette, catalogue de l’exposition au Grand-Palais de Paris      (mars 2008) Ouvrage collectif sous la direction de Xavier Salmon ; RMN Editions
  • Elisabeth Vigée Le Brun, catalogue de l’exposition du Grand Palais (2016) sous la direction de Xavier Salmon et Joseph Baillio
  • Marie-Antoinette : carnets secrets d’une reine, par Mathilde Sambre dans Historia N°818 de février 2015 – 
  • La désinformation autour de Marie-Antoinette, d’Alain Sanders (2006) ; L’étoile du berger
  • Rose Bertin : Ministre des modes de Marie-Antoinette (2003) de Michelle Sapori ; Paris, Institut français de la Mode  et Éditions du Regard (distribution Seuil), 2003
  • Rose Bertin, couturière de Marie Antoinette (2010) de Michelle Sapori ; chez Paris, Perrin (2010)
  • Rougeville de Marie-Antoinette à Alexandre Dumas, Le vrai chevalier de Maison-Rouge (2016) de Michelle Sapori
  • Les Jours de Trianon (1908), d’Albert Savine et François Bournand ; chez Louis-Michaud éditeur
  • Un prince méconnu, le dauphin Louis-Joseph fils aîné de Louis XVI de Reynald Secher et Yves Murat ; collection Portrait d’Hommes
  • Marie-Antoinette – Le plus tragique destin ( été 2016) : Secrets d’Histoire magazine
  • Marie-Antoinette  L’insoumise (2016) de Henri-Jean Servat et Mathieu Banq ; chez Larousse
  • Marie-Antoinette Anthologie de Catriona Seth
  • Les Soixante Derniers Jours de Marie-Antoinette (1993) de Pierre Sipriot ; chez Plon
  • Fersen et Marie-Antoinette      Journal intime et Correspondance du Comte Axel de Fersen (1930) d’Alma Söderhjelm ; aux Editions Bernard Grasset
  • La Reine scélérate (1989) de Chantal Thomas
  • La lectrice adjointe (2001) une courte pièce de Chantal Thomas, suivie de Marie-Antoinette et le théâtre, Mercure de France
  • Les Adieux à la Reine (2002) de Chantal Thomas
  • Les Favoris de la Reine. Dans l’intimité de Marie-Antoinette (mai 2019), c’Emmanuel de Valicourt , chez Taillandier
  • La Famille Royale au Temple  Le remords de la Révolution 1792-1795 (2018) de Charles-Éloi Vial ; aux Editions Perrin
  • La Mode de la Cour de Marie-Antoinette (2014), Versailles ( Château de) ; chez Gallimard
  • Versailles (1991) ; éditions Mengès
  • Louis XVI – Le Premier Révolutionnaire, par Jean de Viguerie, Historama N°67, septembre 1989
  • Louis XVI   le Roi bienfaisant (2003) de Jean de Viguerie ; aux Editions du Rocher
  • La Princesse de Lamballe – L’Ange de Marie-Antoinette (octobre 2005), d’Alain Vircondelet ; chez Flammarion
  • Vive la Reine, treasure for your pleasure : Marie-Antoinette and more, blog très riche en images de films, de documentaires , de portraits
  • L’énigme Fersen (2016) de Françoise Wagener ; chez Albin Michel
  • Marie-Antoinette (1948) de Gérard Walter (1896-1974) ; Les éditions du Bateau Ivre
  • Juger la reine (2016) d’ Emmanuel de Waresquiel
  • Les Journées d’octobre (1898), de Joseph Weber frère de lait de Marie-Antoinette
  • Marie-Antoinette, Reine de France et de Navarre (1855) de Joseph Weber frère de lait de Marie-Antoinette
  • Marie-Antoinette Intime (1981) de Nesta Webster ; La Table Ronde
  • Mousseline la Sérieuse – Ainsi l’appelait Marie-Antoinette (2016), de Sylvie Yvert, Editions Héloïse d’Ormesson
  • Marie-Antoinette La Fuite en Belgique (2003) de Dominique Zachary ; Les Racines de l’Histoire
  • Marie-Antoinette (1933) de Stefan Zweig

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