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Madame Louise de France

Portrait de Madame Louise de France par Jean Étienne Liotard sur ...Madame Louise par Jean-Etienne Liotard

Le 15 juillet 1737

Naissance de Louise-Marie, Madame Septième, qu’on appellera Madame Louise. Elle est la dixième enfant que la Reine, Marie-Leszczynska (1703-1768), âgée de trente-cinq ans, met au monde. Les médecins assurent à la souveraine qu’un autre accouchement pourrait lui être fatal. La Reine qui a peur de perdre les bonnes grâces de son mari, Louis XV (1710-1774), qui n’a que vingt-sept ans et est toujours ardent, préfère taire les mises en garde du médecin mais refuse peu à peu sa porte au Roi.
                                                                                                                                                                                                                        Louis XV                                   et                   Marie Leszczynska
C’est aussi l’époque où Louis XV affiche sa première favorite sous le regard résigné mais indulgent de son « principal ministre » et ancien précepteur le cardinal de Fleury (1653-1743), qui ne connaît que trop les principaux défauts de caractère du Roi : la timidité maladive et la propension à l’ennui.
Image illustrative de l’article André Hercule de FleuryAndré-Hercule cardinal de Fleury
Le Roi délaisse la Reine, et à ceux qui l’interrogent sur une onzième grossesse de la Reine il répond que le nourrisson sera « Madame Dernière ». Louise-Marie de France est appelée Madame Septième puis, à partir de son baptême, Madame Louise.
Aperçu de l’imageImage de Louis XV, le Soleil Noir (2012) de Thierry Binisti

En juin 1738

Le Cardinal de Fleury envoie les princesses parfaire leur éducation dans le couvent lointain de Frontevraud. FONTEVRAUD-L'ABBAYE (49), lieu d'histoire, plus grande cité monastique  d'Europe Louis XV ne contredit pas son ancien précepteur et Marie Leszczynska, tremblante, n’ose pas protester devant le vieux ministre despote. Fleury garde probablement une tenace rancune à la Reine d’avoir naïvement aidé le duc de Bourbon lorsque celui-ci tenta de l’évincer. Il se venge en exilant si cruellement les innocentes fillettes à une telle distance de Versailles, que compte tenu de l’Étiquette, une visite royale aurait été une expédition ruineuse, donc impossible.
Aperçu de l’imageImage de Louis XV, le Soleil Noir (2012) de Thierry Binisti
Madame Louise part donc avec ses grandes sœurs, escortées de leurs domestiques et de leurs sous-gouvernantes pour la lointaine abbaye angevine. Elle y fera un long séjour , qui durera de juin 1738 à mars 1748 . L’abbesse de Fontevraud,  Louise-Françoise de Mortemart-Rochechouart, qui est la propre nièce de Madame de Montespan, sera surintendante de l’éducation des princesses. Ni ses parents, ni des membres de la famille royale n’iront jamais prendre de ses nouvelles. Victoire vit ainsi pendant dix ans., « accoutumée à être peu contrainte », manifestant parfois une humeur impérieuse. On la punit en l’enfermant dans un caveau dit la «lanterne des morts ». La princesse en gardera sa vie entière des terreurs paniques et irraisonnées.
Mozart's Sister Blu-ray Release Date February 14, 2012 (Blu-ray + CD)Images de Nannerl, la Sœur de Mozart de René Féret (2010)All The Days Ordained: Nannerl, la soeur de Mozart
Le train de vie de Mesdames en l’abbaye royale de Fontevraud est toutefois fort convenable :

Malgré les préoccupations parcimonieuses qui ont, dit-on, inspiré au cardinal de Fleury, alors ministre, la résolution de faire élever, par les Bénédictines de Fontevrault, les petites princesses, dont le séjour à Versailles aurait occasionné de plus grands frais en nécessitant un coûteux état de Maison, Mesdames de France ne laissent cependant pas d’être fort convenablement traitées à l’abbaye.

Aperçu de l’imageLisa Féret (la troisième) interprète la jeune Madame Louise dans Nannerl, la Sœur de Mozart de René Féret (2010)Nannerl la soeur de Mozart - René Féret
Ainsi l’abbesse, la seconde madame de Mortemart, fille du maréchal duc de Vivonne, a été créée duchesse par brevet personnel afin d’avoir ses entrées et son tabouret chez les princesses ; elle-même, et, après elle, (l’Abbesse) madame Louise-Claire de Montmorin Saint-Hérem, les servent debout à table. Le monastère touche de la Cour quinze mille livres de pension pour chacune de Mesdames, et chacune d’elles reçoit deux mille livres comme argent de poche ; elles ont à leur service dix femmes de chambre, un écuyer de bouche, un maître d’hôtel, douze gardes-du-corps payés extraordinairement dix sols par jour, un exempt, M. d’Autichamps, payé cinq livres par jour, un professeur de musique, M. de Caix, et un professeur de danse qui leur apprend le Menuet couleur de rose, un piqueur de la petite écurie, deux carrosses et une voiture légère appelée gondole, avec cochers, postillons, palefreniers, valets de pied, trente-deux chevaux et quatre ânes harnachés pour les promenades… mais elles n’ont pas de médecin !
Résultat de recherche d'images pour "Lisa Féret Nannerl"Lisa Féret interprète Madame Louise dans Nannerl, la Sœur de Mozart de René Féret (2010)
Madame Louise s’y fait remarquer par son esprit, mais aussi par son orgueil. Encore enfant, elle n’hésite pas à réclamer que les personnes à son service se lèvent quand elle entre dans une pièce parce qu’elle est, dit-elle, « la fille de votre Roi ». À quoi il lui est répondu par sa préceptrice : « Et moi, Madame, je suis la fille de votre Dieu. » Louise de France (Lisa Féret) and Nannerl Mozart (Marie Féret) in Mozart's  Sister. Film Still courtesy of Music Box - Independent Ethos
Nannerl la soeur de Mozart - René Féret

Le 28 septembre 1744

Mort de Thérèse-Félicité, Madame Sixième

Le 23  février 1745

Louis-Ferdinand épouse au château de Versailles  sa cousine l’infante Marie-Thérèse, deuxième fille de Philippe V et sœur de l’infant Philippe qui avait épousé en 1739 Louise-Élisabeth (1727-1759), sa sœur aînée. C’est au cours des festivités du mariage que le Roi prend comme maîtresse Madame d’Étiolles (qu’il fait bientôt marquise de Pompadour).
Bal masqué donné par le roi Louis XV dans la Grande Galerie à l’occasion du mariage de Louis, Dauphin de France, avec Marie-Thérèse, infante d’Espagne, du 25 au 26 février 1745
Jeanne-Antoinette de Pompadour par Boucher
La marquise de Pompadour (1721-1764) est détestée par le jeune Dauphin qui, avec ses sœurs, l’appelle par ironie et irrévérence Maman Putain.
Portraits de famille de Louis XV sur une tabatière Madame12Madame Victoire et Madame Sophie par Jean-Etienne Liotard

Le 22 juillet 1746

La Dauphine meurt, à Versailles. Son époux en éprouve un chagrin extrême.

Le 9 février 1747

Résultat de recherche d'images pour "Mariage du Dauphin et Marie-Josèphe de Saxe" Le Dauphin Louis-Ferdinand de France épouse à Versailles Marie-Josèphe de Saxe
Allégorie du mariage du dauphin et de la princesse Marie-Josèphe de Saxe,  célébré à Paris le 13 février 1747 | Paris MuséesAllégorie du mariage du Dauphin et de la princesse Marie-Josèphe de Saxe

En 1748

Alors que Louise, âgée de 11 ans, est toujours à Fontevraud, la rumeur prétend que son père lui destine le prince Charles Edouard, prétendant Stuart au trône anglais. Madame Louise déclare alors :
« N’ai-je pas sujet d’être bien inquiète puisqu’on me destine un époux, moi qui n’en veux d’autre que Jésus-Christ ? »

Le 21 novembre 1748

Première communion de Madame Louise, fixée  le jour de la Présentation de la Vierge.
Sophie de France, dite Madame Sophie, tante de Louis XVI Iccd4110Madame Sophie par Jean-Etienne Liotard (1749)

Le 14 octobre 1750

Louise revient à la Cour. à l’âge de 13 ans, avec sa sœur Madame Sophie où le Roi la surnomme affectueusement « Chiffe ».
Portrait of Madame Louise de France at Fontevrault, 1748' Giclee Print -  Jean-Marc Nattier | AllPosters.com | Portrait, Woman painting, ArtMadame Louise par Jean-Marc Nattier (1748)
Madame Louise est blonde et douce, avec de grands yeux tendres, et sa joliesse est délicieusement enfantine. La couleur rose de  la robe, à grand panier, sous le tablier de dentelle, avive à peine le teint délicat et blanc. Des dentelles couvrent  à moitié ses bras fluets; une des mains présente une fleur d’un geste gentiment maniéré; l’autre retient la corbeille pleine où elle vient de puiser. Dans ses cheveux nuagés de poudre sont des perles et un pâle œillet. Toute la paix du couvent se reflète en cette petite princesse, parée bien artificiellement de l’habit de cour, qu’elle quittera plus tard pour la robe de bure des carmélites.
Pierre de Nolhac
Très proche de sa mère, la Reine Marie Leszczinska, de son frère, le Dauphin Louis et de ses sœurs, elle souffre avec eux des adultères du Roi, de la rigidité du protocole, de la bassesse des courtisans et se retire peu à peu comme le font également ses proches, de la vie mondaine de la Cour.
Image associéeMadame Louise par Nattier
Légèrement bossue, elle reste toujours une princesse à part, fuyant le monde, cherchant réconfort et courage dans la religion. On raconte aussi que, ne manquant pas de caractère, la princesse n’hésite pas à exagérer sa déformation physique quand elle croise un ambassadeur, afin de faire tourner court tout projet matrimonial. Louise apprend comme son frère et ses sœurs à jouer de divers instruments de musique.
Résultat de recherche d'images pour "Madame Louise par Drouais"Madame Louise par Drouais
Madame Louise supporte mal la Cour avec ses intrigues, ses jalousies et son cérémonial, elle doit, entre autres, faire sa toilette et manger en public, changer plusieurs fois de robes, endurer le Grand habit de Cour, « faire sa cour » au Roi et à la Reine, à se précipiter sans courir d’un endroit à l’autre du château, tel est le quotidien monotone d’une princesse de France. Cette Étiquette est vécue comme un esclavage !
Pastel Louise De France Fille De Louis XV Pastel représentant Madame Louise

Le 13 septembre 1751

Naissance de son neveu, Louis-Joseph-Xavier, duc de Bourgogne à Versailles.

Le 10 février 1752

Décès de Madame Henriette, sa douce sœur, à l’âge de vingt-quatre ans.
Madame Henriette par Jean-Marc Nattier
Le Roi, dont Henriette était la fille préférée, est anéanti comme toute la famille royale. Le peuple maugrée que le décès de la jeune princesse est une punition divine.

En 1753

Sa sœur aînée, Elisabeth, mariée dès 1739 à un infant d’Espagne, souhaitait en 1753 que Victoire épouse son beau-frère, le Roi Ferdinand VI d’Espagne (1713-1746-1759). Mais la Reine d’Espagne, bien qu’affligée d’une santé des plus médiocres, ne meurt que cinq ans plus tard. Le Roi étant lui-même à la dernière extrémité, le mariage ne se fait pas.
Résultat de recherche d'images pour "Madame Louise"Madame Louise (1753) par Liotard
Elle est maintenant la fille préférée de Louis XV, la plus jeune et la plus rapprochée de lui par certains goûts communs, comme le cheval et les exercices violents. Sa physionomie virile vaut bien la beauté fanée de sa sœur Adélaïde ou l’insignifiante régularité de traits de Victoire. Son caractère impérieux et violent a été dompté par l’humilité, et sa dévotion instruite lui donne dans la famille une autorité assez grande pour les choses de la religion.

Le 23 août 1754

Naissance de son neveu, Louis-Auguste, futur Louis XVI.
Louis-Auguste par Frédou

Le 17 novembre 1755

Naissance de son neveu, Louis-Stanislas Xavier de France, comte de Provence, futur Louis XVIII.
Louis-Stanislas par Maurice Quentin de la Tour
Les princesses vont parfois prendre les eaux à Plombières dans le Duché de Lorraine sur lequel règne à titre nominal et viager leur grand-père Stanislas Leszczynski (1677-1766) qu’elles peuvent ainsi visiter.
Illustration.Stanislas Leszczynski

Le 5 janvier 1757

Attentat de Damiens (1715-1757) contre le Roi.

Le 9 octobre 1757

Naissance de son neveu,  Charles-Philippe, comte d’Artois, futur Charles X.

Le 23 septembre 1759

Naissance de sa nièce, Marie-Clotilde de France, qu’on appellera Madame Clotilde, ou plus trivialement Gros Madame, future Reine de Sardaigne.
Photo: The comte d'Artois and his sister Marie-Clotilde in their youth by François-Hubert Drouais
Shortly after the birth of Charles-Philippe (the comte d'Artois) in 1757, Louis XV asked Charles III of Spain to be the boy’s godfather. He agreed, and...
Charles-Philippe et Clotilde par Drouais

Le 6 décembre 1759

Mort de sa sœur, Madame Elisabeth , duchesse de Parme
Louise-Elisabeth, duchesse de Parme par Adélaïde Labille-Guiard

Le 22 mars 1761

Mort de son neveu, Louis-Joseph.

Le 15 avril 1764

Mort de la marquise de Pompadour, emportée par la tuberculose.

Le 3 mai 1764

Naissance de Madame Élisabeth, future martyre de la révolution.
Madame Elisabeth par Drouais
Suppression de l’ordre des Jésuites en France.
Madame Louise par Franz Berhard Frey

 Le 20 décembre 1765

Après une agonie de trente-cinq jours, le Dauphin, Louis-Ferdinand, son frère,  meurt, à l’âge de 36 ans.
Alexandre Roslin, Louis de France, dauphinLe Dauphin par Roslin
Fichier:Lagrenee, Louis Jean - Allegory on the Death of the Dauphin -  1765.jpg — WikipédiaAllégorie de la mort du Dauphin de Lagrenée l’Aîné

En 1766

Louis XV a plusieurs projets de mariage pour elle, notamment avec l’empereur Joseph II du Saint-Empire, le frère de Marie-Antoinette, mais aucun ne voit le jour. La princesse ne soutient guère les démarches du Roi et de ses diplomates.
Madame Louise de France par François-Hubert Drouais (1763)
La princesse  se dépeindra avec un humour teinté de cruauté :
« Votre servante est fort petite, grosse tête, grand front, sourcils noirs, yeux bleu-gris-brun, nez long et crochu, menton fourchu, grasse comme une boule et bossue ».
Fig. 12 : Jean-Martial Frédou, d’après François-Hubert Drouais, Louise-Marie de France, dite Madame Louise (1737-1787), huile sur toile, 1,09 × 1,52 m. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 2183.

Le 13 mars 1767

Mort de sa belle-sœur, Marie-Josèphe de Saxe ( née le 4 novembre 1731). Fichier:Maurice Quentin de La Tour, Marie-Josèphe de Saxe, dauphine  (1749).jpg — Wikipédia
Aucune description disponible.Dernier réveillon de Marie Leszczyńska : Une coutume s’était instaurée dans la famille royale : chaque 31 décembre à minuit, Louis XV et son épouse, assis de part et d’autre de la pendule astronomique de Passemant, assistent au changement d’année entourés de leurs enfants et petits-enfants…

Le 24 juin 1768

Mort de la Reine Marie Leszczynska, sa mère.
Portrait of Maria Leszczynska (1703-1768) — Jean Marc NattierMarie Leszczynska par Jean-Marc Nattier
Madame Louise vit avec ses sœurs dans une union apparente, sans les laisser pénétrer le moins du monde dans une pensée qu’elles n’ont pas comprise. Charitable discrètement, réservant aux pauvres, sans qu’on le sache, sa pension tout entière, adonnée à de secrètes mortifications, elle n’a jamais rien montré aux siens du projet qui grandissait en elle.
Madame Louise en Vestale
Un tableau de Drouais rappelle son intérêt pour la musique. Réalisé entre 1770 et 1774, ce portrait figure Sophie, Victoire et Louise, assises sur des nuages, têtes nues. Victoire déroule gracieusement une partition sur ses genoux, tandis que Louise tient dans ses mains une lyre ainsi qu’une couronne de laurier.
De gauche à droite : Adélaide, Victoire et Sophie, par Drouais - Collections du château de VersaillesDe gauche à droite : Mesdames Sophie, Victoire et Louise, par Drouais –château de Versailles
La commode de la chambre de Madame Louise
( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )
Aucune description de photo disponible. Gilles Joubert a quatre-vingts ans lorsqu’il livre cette commode.
Aucune description de photo disponible.Plan de l’appartement de Madame Louise en 1768

Elle fait partie d’une paire livrée pour la chambre de Madame Louise, à Versailles.

Peut être une image de intérieur

Le Journal du Garde-meubles enregistre sa livraison le 28 août 1769 avec le nom de son auteur, ses dimensions, une description détaillée et son numéro d’inventaire 2556.2.

Aucune description de photo disponible.

Cette commode est en chêne, les montures sont en bronze doré.

Livrée pour la chambre de Madame Louise en 1769, elle passe par la chambre Madame Victoire en 1776 pour terminer dans l’appartement du duc de Duras, Maréchal de France, à Fontainebleau en 1785. Elle sera vendue à la Révolution.

Aucune description de photo disponible.

Achetée par la famille Rothschild, elle intègre les collections du Getty Museum en 1955. La seconde est aujourd’hui dans une collection particulière.
Le 22 avril 1769
Madame la comtesse du Barry, est présentée à la Cour.
Madame du Barry par Drouais

Le 30 janvier 1770

Alors que la cour prépare le mariage du nouveau Dauphin et de Marie-Antoinette, à la stupéfaction générale, Louise sollicite de son père l’autorisation de se faire carmélite. Elle fait appel à Christophe de Beaumont, archevêque de Paris pour intercéder en sa faveur auprès de son père.

Le 16 février 1770

Le Roi, bien qu’affligé par cette décision, donne son accord écrit:
« Si c’est pour Dieu seul, je ne puis m’opposer à sa volonté ni à votre détermination. Depuis dix-huit ans, vous devez avoir fait vos réflexions ; ainsi je n’ai plus à vous en demander. Il paraît même que vos arrangements sont faits. Vous pouvez en parler à vos sœurs quand vous le jugerez à propos. Compiègne n’est pas possible ; partout ailleurs, c’est à vous de décider, et je serais bien fâché de vous rien prescrire là-dessus… Je vous embrasse de tout mon cœur, ma chère fille, et vous donne ma bénédiction. »
La phrase de Madame Louise : « Moi carmélite, et le roi tout à Dieu », témoigne de sa foi sincère et de sa volonté de racheter par ce sacrifice en accord avec sa vocation l’âme de son père, en vue d’expier les péchés de ce dernier.
Madame Louise de France – Marie-Antoinette AntoinetthologieLisa Féret dans Nannerl, la Sœur de Mozart de René Féret (2010)
Avant même son entrée au Carmel, elle commence, en cachette, à porter l’habit de religieuse au palais, et vivre, comme elle le peut une vie monacale.

Le 16 mai 1770

Le Dauphin Louis-Auguste, son neveu, épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche.

Le saviez-vous ? Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette a fait 132  morts Gravure du mariage de Marie-Antoinette avec le Dauphin, le 16 mai 1770

Prévenue contre Madame du Barry dès son arrivée en France, la très jeune Dauphine, au caractère entier, lui voue d’emblée une vive antipathie. Encouragée par le clan Choiseul et Mesdames, filles de Louis XV, Elle la traite avec un mépris affiché, en refusant de lui adresser la parole, ce qui constitue une grave offense, indispose le Roi et jusqu’aux chancelleries, puisqu’il faut que l’impératrice elle-même impose de Vienne à sa fille un comportement plus diplomatique.

Le 10 septembre 1770

Cérémonie de la prise de voile de Madame Louise.
Aucune description de photo disponible.Couvent des Carmélites de Saint-Denis, vue de l’intérieur de la chapelle
tiny-librarian:
“ A portrait of Louise of France, youngest daughter of Louis XV and Marie Leszczyńska. She took the name of Thérèse of Saint Augustine when she entered the religious life in 1770.
She was declared venerable by Pope Pius IX in 1873,...Sœur Thérèse de Saint-Augustin
Elle choisit d’entrer au carmel de Saint-Denis, le « plus pauvre carmel de France » où, d’après la rumeur, la règle passe pour être très rude. Ce Carmel, qui menaçait de fermer à cause de ses trop faibles moyens financiers, se trouve ainsi sauvé par l’arrivée d’une carmélite apportant une forte dot et susceptible d’attirer d’importantes oboles. Comme nom de religieuse, elle choisit « Thérèse de Saint-Augustin » en hommage à sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), mystique et réformatrice de l’Ordre du Carmel.
Marie-Antoinette peinte vers 1770 par Drouais
C’est la jeune Dauphine, qui vient d’épouser le futur Louis XVI qui lui remet son voile, et elle reçoit en cadeau “la pièce d’estomac” de la robe de la princesse.
Peut être une image de 1 personneMadame Louise (1763) par François-Hubert Drouet
Aucune description de photo disponible. Aucune description de photo disponible. Aucune description de photo disponible. Aucune description de photo disponible. Aucune description de photo disponible.
Manuscrit « Cérémonies observées à la prise d’habit de Madame Louise de France chés les Carmélites de St-Denis, en 1770 »
À peine entrée au Carmel, elle se voit confier la charge de maîtresse des novices. Ce n’est pas moins de treize jeunes novices qu’elle doit diriger, guider et parfois modérer dans leur enthousiasme.
« Tout ce qui ne vient pas de Dieu ne saurait être bon et les scrupules ne sont pas de lui. Faisons-nous non une conscience large, mais une conscience paisible. » (Mère Thérèse de Saint-Augustin, conseils à ses novices)
Ses sœurs, qui n’ont appris qu’après son départ sa décision, viennent la visiter.
Peut être une image de 1 personneMère Thérèse de Saint-Augustin, Huile sur toile, vers 1771
Aucune description de photo disponible.Couvent des Carmélites de Saint-Denis, vue de la façade de la chapelle

Le 14 février 1771

Mariage du comte de Provence, frère du Dauphin et de Marie-Joséphine de Savoie.

Le 12 septembre 1771

Madame Louise prononce ses vœux monastiques perpétuels. et c’est une autre de ses nièces, la comtesse de Provence, dans une cérémonie très officielle, qui lui remet le voile noir de carmélite.
Résultat de recherche d'images pour "Madame Louise et Louis XV"Visite de Louis XV à Madame Louise de France par Maxime Le Boucher (1882)
Elle est nommée à la charge d’économe du monastère. Elle fait effectuer plusieurs travaux qu’elle suit avec soin.
Dans les secrets du Carmel d'Albi. Dialogues des Carmélites de l'Immaculée  et des Saints Anges - www.dedans-dehors.comCarmélites d’aujourd’hui
Peut être une image de plein air et monumentCloître de l’ancien couvent des Carmélites, au centre la chapelle de l’hôtel-Dieu

Le 16 novembre 1773

Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie, sœur de la comtesse de Provence. Elle est élue prieure en 1773.  Elle refuse d’user de son statut de fille de Roi pour en tirer des privilèges ou intervenir auprès d’autres personnes en faisant jouer son statut. Cependant, lorsque la défense de la pureté de la foi, ou l’intérêt de l’Ordre du Carmel est en jeu, elle se démène sans compter, établissant une correspondance importante. Elle est même en contact avec Benoît Labre, considéré comme un mystique. Canonisé en 1881, il est liturgiquement commémoré le 16 avril. Image illustrative de l’article Benoît Labre

 Le 29 avril 1774

Les médecins font savoir que le Roi a contracté la variole. Pour éviter la contagion, le Dauphin et ses deux frères sont maintenus à distance de la chambre royale. Mesdames Victoire, Adélaïde et Sophie restent au chevet de leur père.

Le 30 avril 1774

Le visage du Roi est couvert de pustules.

Dans la nuit du 7 mai 1774

Ne se faisant plus guère d’illusions sur son état de santé, il fait venir son confesseur, l’abbé Louis Maudoux. Jeanne du Barry quitte Versailles . 

Le 9 mai 1774 au soir

L’Extrême-Onction est administrée à Louis XV.

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt de la petite vérole à Versailles vers quatre heures de l’après-midi. Il avait soixante-quatre ans. Louis XV, roi de France, âgé de 64 ans, deux mois avant sa mort, en mars 1774, par Montpetit Gravure montrant la mort de Louis XV dans sa chambre de Versailles Le Dauphin Louis-Auguste devient Roi sous le nom de Louis XVI.

En 1774

Louis XVI fait don à ses sœurs, Madame Adélaïde, Madame Victoire et Madame Sophie, du domaines de Bellevue à Meudon. Chateau de Bellevue, one of Pompadour's exquisite retreats. Gone ... Bien que logeant principalement au château de Versailles, eu égard à leur obligations à la Cour, Mesdames Adélaïde, Victoire et Sophie viendront à Bellevue se délasser des rigueurs de l’étiquette.

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI est sacré à Reims Aucune description disponible. Lorsque Joseph II chasse de son empire tous les religieux contemplatifs, Sœur Thérèse de Saint-Augustin organise leur arrivée en France, accueille dans son couvent les carmélites qui arrivent de leurs différents carmels, avant de leur trouver une place dans d’autres Carmels.

Le 20 août 1775

Mariage de Madame Clotilde, Gros Madame, sa nièce, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, frère des comtesses de Provence et d’Artois. Aucune description disponible.

Le 19 décembre 1778

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant est surnommée “Mousseline” par la Reine.
d'après Clodion | Madame Royale bébé dit l'Enfant aux Coussins ...Madame Royale bébé dit L’Enfant aux coussins par Clodion
Aucune description de photo disponible.Les carmélites au chauffoir”. (Seule pièce chauffée du carmel de Saint-Denis ; à gauche Madame Louise et l’une de ses compagnes, en robes de cour peu après leur entrée au couvent en 1770). Peinture de Guillot

En 1779

Sœur Thérèse de Saint-Augustin fait reconstruire l’église (délabrée) par Richard Mique (1728-1794) qui a déjà travaillé pour ses sœurs à Bellevue.

Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François premier Dauphin Louis Joseph, une mort inévitable? - et si marie antoinette...
Résultat de recherche d'images pour "Madame Louise lavant la vaisselle"Madame Louise lavant la vaisselle

Le 2 mars 1782

Mort de Madame Sophie, sa sœur.
Madame Sophie de France vue par Liotard – Musée d'art et d'histoireMadame Sophie par Liotard
Court historique du Carmel - Congrégation des Soeurs de la Providence

Le 10 septembre 1782

Quand Madame Royale eut quatre ans, la Reine se plut à la conduire voir, sa tante, et au retour de chaque visite on avait quelque trait touchant ou intéressant à raconter. Ainsi une fois, la Reine avait conduit la jeune princesse au monastère, et, comme elle était à la veille d’être inoculée, on ne lui avait fait servir qu’une très-légère collation. Madame Royale, qui avait encore faim, ne fit aucune observation, et se contenta de ramasser jusqu’aux moindres miettes de pain. L’une des religieuses fit alors l’observation que la soumission et la sobriété de la jeune princesse semblaient annoncer chez elle quelque vocation pour la vie des Carmélites, et elle demanda à la Reine si, la chose étant, elle en ressentirait quelque déplaisir. « Loin de là, répondit celle-ci , j’en serais au contraire très flattée. » Marie-Antoinette, ayant désiré que toutes les religieuses vissent sa fille, demanda à celle-ci , quand toute la communauté fut réunie, si elle n’avait rien à leur dire : «Mesdames, répondit la petite princesse, qui n’avait alors que quatre ans, priez pour moi à la messe. » Son bon ange lui disait-il dès lors combien elle aurait besoin du secours de Dieu pour traverser tant d’infortunes, cachées encore dans les ténèbres de l’avenir?
Souvenirs de Quarante ans 1789-1830. Récits d’une Dame de la Dauphine de Comtesse Pauline de  Galard de Béarn
Peut être une image de intérieurReconstitution de la cellule de Louise de France

En juin 1783

Sœur Thérèse de Saint-Augustin accueille treize religieuses carmélites chassées du carmel de Bruxelles. Les religieuses s’entassent donc, durant un certain temps, à cinquante-huit dans leur carmel de Saint-Denis. Quelques années plus tard, avec la révolution, les persécutions et la fermeture des couvents, le flux de carmélites repart dans l’autre sens.
“The seclusion of Madame Louise was attributed to various motives; some were unkind enough to suppose it to have been occasioned by her mortification at being, in point of rank, the last of the Princesses. I think I penetrated the true cause. Her...Sœur Thérèse de Saint-Augustin par Anne-Baptiste Nivelon

En 1784

La Reine conduisait ses enfants, deux fois l’An, au Carmel de Saint-Denis. Une fois, Madame Royale, âgée alors de cinq à six ans, laissa tomber son mouchoir; la Reine, par un regard, lui témoigne le désir qu’elle a de le lui voir ramasser elle-même ; et comme les religieuses se baissaient pour lui épargner ce soin : « Non, non, ma tante, dit la « Reine à Madame Louise, je ne le permettrai  pas : c’est ici la maison de l’humilité ; je veux « que ma fille, tout enfant qu’elle est, y reçoive « une leçon d’obéissance et de modestie ».

Les Bourbon martyrs, ou, Les augustes victimes(1821)

En mai 1787

Fichier:Adolf Ulrik Wertmüller - Queen Marie Antoinette of France and two  of her Children Walking in The Park of Trianon - Google Art Project.jpg —  WikipédiaMarie-Antoinette et Ses enfants par Wertmüller

La Reine ayant eu le bonheur de conserver la tendre amitié de Madame Louise, venait, deux fois l’année, à Saint-Denis, pour rendre ses devoirs à Sa tante. Elle lui amenait Ses jolis enfants, dont toutes ces bonnes Religieuses se montraient idolâtres; et la visite du jour de l’An était plus particulièrement consacrée aux cadeaux.  Lorsque le duc de Normandie fut en sevrage, on le transporta chez la Fille de Louis XV, qui brûlait d’impatience de le voir. La Communauté, réunie en cercle, admira tout à son aise ce beau petit garçon, dont la physionomie, déjà distinguée comme celle de sa mère, promettait un si brillant avenir. Comme on allait se séparer pour remonter dans les voitures, la Prieure bienveillante articula ces mots: Nos quatre Novices, que retiennent en ce moment les travaux de la Buanderie, vont être bien affligées de n’avoir pas vu ce que nous voyons!… Mais ce sera pour une autrefois. — « Non, non, ma chère Tante, s’écria la Reine « aussitôt : Je comprends la privation de ces saintes « filles. Allons toutes, de ce pas, à la Buanderie, que « je n’ai pas encore remarquée. Mon Fils voyagera « dans votre monastère, et ne s’en portera que mieux. » On se transporta gaiement jusqu’aux verdures où coule la jolie rivière intérieure. Les quatre Novices et les Sœurs Converses eurent la satisfaction de voir la Reine, et de baiser la main de son cher Enfant.

L. Lafont d’Aussonne dans des Mémoires secrets et universels des malheurs et de la mort de la reine de France
Cloître du carmel
Aperçu de l’imageMère Thérèse de Saint-Augustin a un tempérament auquel fait penser l’abbesse incarnée par Jacqueline Doyen dans Chouans ! (1988) de Philippe de Broca Aperçu de l’image

Le 23 décembre 1787

Mort, au Carmel de Saint-Denis, de  Sœur Thérèse de Saint-Augustin, née Madame Louise, tante de Louis XVI, à Saint-Denis, brutalement frappée par la maladie. Ses derniers mots sont :
« Au paradis ! Vite ! Au grand galop ! »
En 1793, les révolutionnaires qui profanent les tombes des rois de France dans la basilique Saint-Denis viennent également dans le cimetière de son Carmel, situé autour du cloître, pour déterrer son corps et le jeter dans la fosse commune, avec les restes de la famille royale.

Madame Louise est déclarée vénérable en 1873.

Le procès ordinaire a lieu de 1855 à 1867. Le pape Pie IX (1792-1878) introduit son procès en béatification le 19 juin 1873. Cette même année il déclare Mère Thérèse de Saint-Augustin comme « Vénérable ». Le procès (nécessaire à l’époque) de non-culte a lieu en 1885-1886. Le procès de sainteté se déroule en 1891-1892. Le procès des vertus a lieu de 1896 à 1904. Le décret validant ces procès est publié le . La béatification de Mère Thérèse de Saint-Augustin est reprise à Rome le 13 décembre 1985, comme cause historique de canonisation selon la nouvelle procédure. Une association est fondée en janvier 1986 pour soutenir cette cause de béatification. Les décrets sur les vertus héroïques de Thérèse de Saint-Augustin ont été publiés le 18 décembre 1997. À ce jour, il ne manque qu’un miracle officiellement reconnu et attribué à Mère Thérèse de Saint-Augustin pour que l’Église la déclare officiellement «Bienheureuse». Sources:
  • Louis XV (1989) de Michel Antoine, chez Fayard
  • Mesdames de France (1989) de Bruno Cortequisse, aux éditions Perrin, Paris
  • Versailles passion, groupe FB de Christophe Duarte
  • Madame Louise, Princesse au Carmel (1987) de Bernard Hours ; Paris, Cerf
  • Louis XV (1984) de Jacques Levron, aux éditions Perrin, Paris
  • Madame Louis XV (1987) de Jacques Levron, aux éditions Perrin, Paris
  • Louis XV (2014) de Jean-Christian Petitfils, aux éditions Perrin, Paris
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