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Madame Élisabeth de France

Le 3 mai 1764

Naissance d’Élisabeth Philippe Marie Hélène de France, dite  Madame Élisabeth (1764-1794) au château de Versailles.

Elle est la dernière des huit enfants du Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765)  et de son épouse Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767).

                                                                     Louis-Ferdinand                             et                                   Marie-Josèphe de Saxe

La petite est baptisé Élisabeth-Philippine-Marie-Hélène de France le jour de sa naissance par l’archevêque de Reims Monseigneur de La Roche-Aymon dans la chapelle royale du château de Versailles, en présence de son grand-père le Roi Louis XV (1710-1774) – qui pleure encore la mort de sa favorite, la marquise de Pompadour décédée deux semaines plus tôt – de sa grand-mère la Reine Marie Leszczynska (1703-1768) et de la famille royale. Jean-François Allart, curé de l’ église Notre-Dame de Versailles, paroisse où est situé la château rédige l’acte de baptême qui occupe une demi-page du registre et fait signer ses “très hauts et très illustres” paroissiens. Ironie du sort, l’acte suivant mentionne le baptême d’une pauvre enfant naturelle.
Le parrain de la princesse est son oncle par alliance Philippe Ier (1720-1765) , infant d’Espagne ( époux de Madame Elisabeth , fille de Louis XV) , duc de Parme, Plaisance et Guastalla, représenté par le duc de Berry, futur Louis XVI (1754-1793), et sa marraine est sa grand-tante Élisabeth Farnèse (1692-1766), princesse de Parme, Reine douairière d’Espagne, qui lui donne son prénom et est représentée par Madame Adélaïde (1732-1800) , fille de Louis XV.

Philippe Ier d’Espagne                                 et                                   sa mère , Élisabeth Farnèse
Aucune description disponible.Marie-Josèphe de Saxe et ses enfants

 Le 11 août 1765

Le Dauphin Louis-Ferdinand, son père, fait une visite à l’abbaye de Royallieu et revient à Versailles sous la pluie. D’une santé déjà précaire, il est tuberculeux,  et affublé d’un rhume, il est pris d’une violente fièvre.

Il parvient à faire transporter la Cour au château de Fontainebleau pour changer d’air, mais rien n’y fait, son état empire au fil des mois.

Le 20 décembre 1765

Après une agonie de trente-cinq jours, le Dauphin meurt, à l’âge de trente-six ans.

Louis de France (1729-1765), Dauphin, fils de Louis XV, attribué à Anne  Baptiste Nivelon (actif de 1750 à 1764) | Dauphin, Portrait hommes,  Portraits masculins

Le 23 février 1766

L’arrière-grand-père de Madame Élisabeth, Stanislas Leszczynski, Roi de Pologne détrôné placé sur le trône de Lorraine par son gendre Français meurt. La Lorraine perd alors son indépendance et devient une province Française.

Stanislas Leszczynski

En 1767

La princesse de Guéménée est nommée gouvernante des Enfants et petits-enfants de France, alors que Madame Élisabeth n’a que trois ans.

 

Le 8 mars 1767

Marie-Josèphe reçoit les derniers sacrements.

Le 9 mars 1767

Marie-Josèphe fait appeler ses trois fils.

“Elle leur donna sa bénédictions en versant des larmes. Son confesseur (l’abbé Soldini) s’acquittant en son nom de devoir que son attendrissement ne lui permettait pas de remplir, leur dit :

_Monseigneur, Madame la Dauphine m’ordonne de vous dire qu’elle vous donne sa bénédiction de tout son cœur et  qu’elle prie le Seigneur de vous combler de toutes les siennes. Elle vous recommande de marcher devant Dieu dans la droiture de votre cœur, d’honorer le Roi et la Reine, de les consoler en retraçant à leurs yeux les vertus de votre auguste père ; de ne vous écarter jamais des sages avis que vous donnent les personnes qui sont chargées de votre éducation, et de vous souvenir de Dieu pour elle.”

L’abbé Soldini

Les trois enfants sortent en larmes d’auprès de leur mère.

Le 10 mars 1767

Dans l’après-midi, Marie-Josèphe fait ses adieux à ses deux petites filles Madame Clotilde et Madame Elisabeth qui aura trois ans au mois de mai.

Aucune description disponible.

Le 11 mai 1767

Elle revoit ses fils pour la dernière fois.

Le 13 mars 1767

Mort de Marie-Josèphe de Saxe ( née le 4 novembre 1731).

Fichier:Maurice Quentin de La Tour, Marie-Josèphe de Saxe, dauphine  (1749).jpg — WikipédiaMarie-Josèphe de Saxe

Le couple delphinal laisse cinq enfants survivants dont l’aîné, le futur Louis XVI, a treize ans.

Aucune description disponible.Dernier réveillon de Marie Leszczyńska : Une coutume s’était instaurée dans la famille royale : chaque 31 décembre à minuit, Louis XV et son épouse, assis de part et d’autre de la pendule astronomique de Passemant, assistent au changement d’année entourés de leurs enfants et petits-enfants…

Le 24 juin 1768

La Reine Marie Leszczynska, grand-mère de Madame Élisabeth, meurt à Versailles.

Fichier:Jean-marc-nattier-portrait-of-maria-leszczynska-148451.jpg ...Marie Leszczynska

Le Roi qui vient de faire acheter la Corse à la république de Gênes pour affermir la présence française en Méditerranée, trouve également une nouvelle et somptueuse favorite, la comtesse du Barry( 1743-1793).

Résultat de recherche d'images pour "Madame du Barry"

         Louis XV                                   et                                          Jeanne du Barry

Élisabeth de France fait donc ses premiers pas au sein d’une famille divisée et en deuil.

Résultat de recherche d'images pour "Madame Clotilde"La petite Madame Babet avec son carlin, par Drouais, vers 1770

Sa première compagne de jeu est sa sœur de six ans son aînée Madame Clotilde ( 1759-1802), que son embonpoint fait méchamment surnommer par la Cour “gros-Madame“, comportement indigne et indélicat de l’élite française envers une enfant de neuf ans.

Photo: The comte d'Artois and his sister Marie-Clotilde in their youth by François-Hubert Drouais
Shortly after the birth of Charles-Philippe (the comte d'Artois) in 1757, Louis XV asked Charles III of Spain to be the boy’s godfather. He agreed, and...Madame Clotilde et Charles d’Artois par Hubert Drouais
Madame ElisabethMadame Elisabeth , détail du tableau de présentation du portrait de Marie-Antoinette

Le 16 mai 1770

Louis-Auguste épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche.

                

Elle a six ans lorsque son frère Louis-Auguste devenu Dauphin épouse l’Archiduchesse d’Autriche Marie-Antoinette, jeune fille pleine de charme qui sera sa grande sœur.

Le saviez-vous ? Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette a fait 132  morts

Sofia Coppola Maga Ettori – MAGÀ ETTORIImage de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Confiée avec sa sœur Madame Clotilde aux soins de la comtesse de Marsan (1720-1800), Madame Élisabeth reçoit une excellente éducation. Elle se passionnait pour les sciences.

Madame Clotilde par Ducreux (1768)

Sous l’égide de son maître de mathématiques Antoine-René Mauduit , elle met au point une table préparatoire à l’étude des logarithmes dont la précision est telle qu’elle sera utilisée par les astronomes et les navigateurs.
Pour l’art, en particulier le dessin et alors qu’elle est encore enfant, sa gouvernante, la comtesse de Marsan, l’emmène avec sa sœur aînée, aux salons de peinture officiels. Par la suite, la princesse montrera de réelles dispositions pour le dessin et le musée de Versailles conserve quelques-unes de ses œuvres.
La princesse apprend à jouer de la harpe mais il faut avouer qu’elle chante extrêmement faux.

                                                                                                      Mesdames Clotilde et Elisabeth

Connue pour sa grande piété, Madame Élisabeth subit l’influence de ses Mesdames Tantes, filles de Louis XV, qui lui inculquent une grande dévotion, sans altérer en elle une certaine liberté d’esprit, y compris à l’occasion dans le domaine de la religion, ce dont témoigne sa correspondance.

Le 10 septembre 1770

Cérémonie de la prise de voile de Madame Louise (1737-1787) au carmel de Saint Denis , afin de prier pour l’âme de son père, Louis XV.

Proche de sa jeune nièce sur laquelle elle aura une certaine influence, elle y mourra en 1787.

En 1771

Marie-Angélique de Mackau (1723-1801) est nommée sous-gouvernante des enfants de France que sont Elisabeth et Clotilde… Artois étant sous l’égide de son gouverneur, le duc de la Vauguyon ( 1706-1772). La baronne de Mackau est veuve depuis quatre ans ; sans fortune elle envisageait placer sa fille Angélique (1762-1800) dans la Maison de Saint-Cyr, pensionnat pour jeunes filles nobles sans fortune fondé par la marquise de Maintenon. Mais du fait de sa nomination,  elle part à Versailles avec sa fille Angélique, qui est ainsi élevée avec Madame Elisabeth, sa cadette de deux ans. Une profonde amitié lie la petite Angélique à la princesse, qui se « l’attache ». 

Marie-Angélique, baronne de Mackau (1723-1801)

Sa fille, Angélique

Le 14 février 1771

Mariage du comte de Provence, frère du Dauphin et de Marie-Joséphine de Savoie.

Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais -

Le 8 septembre 1772

Vous me reprochez, ma chère Christine, de ne pas t’avoir parlé de mes belles petites sœurs Clotilde et Elisabeth ; c’est vrai que je n’en ai pas eu l’occasion. Leur éducation n’est pas encore finie, elles sont confiées à une dame, Madame de Marsan, et en été, je les vois peu, alors que je les vois souvent quand elles sont à Versailles.

Madame, c’est-à-dire Clotilde, reste ce qu’elle était, une petite fille très gentille, souriante, ouverte, qui veut plaire à tout le monde et peut être aimée par tout le monde. À treize ans, elle est raisonnable comme si elle avait vingt ans. Elisabeth a huit ans et demande beaucoup d’attention à son éducation.

Clotilde a enchanté tout le monde à la fête [il s’agit d’une fête offerte par les deux sœurs] saluant toutes les dames avec un bisou sur la joue l’une après l’autre, alors qu’Elisabeth leur a offert sa main à embrasser.

Au revoir chère sœur, je vous embrasse sur les deux joues.”

Marie-Antoinette à Sa sœur Marie-Christine

On remarque l’attention que Marie-Antoinette porte à Elisabeth.

En juillet 1773

Mesdames Clotilde et Élisabeth découvrent Paris. A cette occasion, la gouvernante et sa fille, la princesse de Rohan-Guéménée, leur font présider dans les jardins des Tuileries une grande distribution de gâteaux aux petits Parisiens riches ou humbles. Pour les princesses, cette visite dans la capitale représente leur premier contact avec l’immensité bigarrée et tapageuse de la foule parisienne.

Le 16 novembre 1773

Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie, sœur de la comtesse de Provence.

Jean-Baptiste-André Gautier d'Agoty, Marie-Antoinette, reine de ...

Le 19 novembre 1773

Bal paré et feu d’artifices au château de Versailles.

Marie-Antoinette qui avait, depuis deux jours, une légère indisposition, assiste à ce divertissement d’une loge accompagnée de Madame Elisabeth.

Madame Elisabeth de France
[original engraving: Gallica.bnf.fr]

Le 10 mai 1774

Louis XV, roi de France, âgé de 64 ans, deux mois avant sa mort, en mars 1774, par Montpetit

Louis XV meurt et Louis-Auguste à l’âge de dix-neuf ans, devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Aucune description disponible.On reconnaît la jeune Elisabeth aux côtés de la nouvelle Reine venant soutenir Louis XVI effrayé par le poids de sa couronne

Résultat de recherche d'images pour "Louis XVI"

Aussitôt après la mort de Louis XV

Le nouveau Roi Louis XVI désigne ses sœurs en leur disant :


“Nous ne nous séparerons pas. Je vous tiendrai lieu de tout
.”

La Cour se réfugie provisoirement au château de Choisy.

C’est à cette occasion que le nouveau Roi prend l’une de ses premières décisions : celle d’inoculer l’ensemble de la Famille Royale contre la variole.

Mai 1774

Séjour de la Cour au château de Compiègne.

Visite du Château impérial de Compiègne

L’éducation de Madame Élisabeth est alors confiée à la baronne de Mackau (1723-1801) qui, depuis trois ans, a su conquérir l’affection de la princesse et dont la fille Marie-Angélique de Mackau est l’amie la plus proche.

Angélique de Mackau

La première éducation de la petite princesse ne s’était pas faite sans difficulté. Orpheline à trois ans , elle n’obéissait à personne. Les témoignages contemporains la montrent à l’âge de six ans comme une petite sauvage, avec un air déterminé et doux en même temps, avec je ne sais quoi d’entier et de rebelle qui ne se laissait pas aisément apprivoiser. Elle offrait des aspérités, des disparates bizarres de caractère; elle passait volontiers d’un extrême à l’autre: tantôt sensible et charmante, tantôt fière et hautaine. Ses inégalités rappelaient le duc de Bourgogne .

La comtesse de Marsan , gouvernante des Enfants de France, eut fort à faire pour mater cette nature indépendante. A l’encontre de Madame Clotilde, sa sœur, âgée de cinq ans, qui s’offrait très souple, désireuse d’apprendre et de se plier à ce qui lui était commandé, Madame Élisabeth se montrait entêtée dans ses caprices, opiniâtre dans ses révoltes, orgueilleuse et hautaine avec ceux qui la servaient; dans l’exagération de sa morgue princière elle ne souffrait pas non seulement qu’on lui tint tête, mais même qu’on pût tarder à exécuter ses désirs. A ses débutantes études, elle n’apportait ni grâce ni bon vouloir et, malgré l’exemple de sa sœur, toujours mis devant ses yeux,—à sa grande jalousie, d’ailleurs,—elle proclamait qu’elle n’avait besoin ni de se fatiguer, ni d’apprendre, «puisqu’il y avait toujours près des princes, des hommes qui étaient chargés de penser pour eux».

Une circonstance fortuite devait amener un premier changement dans l’humeur fantasque de l’enfant. Elle était tombée malade. Clotilde demanda avec instance à la soigner, obtint que son lit fût apporté dans la chambre de sa sœur. S’il ne lui fut pas permis de la veiller la nuit, du moins ne la quitta-t-elle pas dans le jour, et de cette intimité de chaque instant, de ces soins apportés avec touchante affection devaient naître de probants résultats. Clotilde donna d’excellents conseils à sa sœur et, de plus, se fit sa vraie première institutrice; bientôt Élisabeth, qui s’y était refusée jusqu’alors, consentit à épeler ses mots; au bout de peu de temps, elle prenait goût à la lecture.

Le comte de Fleury

Madame Élisabeth est très jeune et totalement soumise à son frère Louis XVI et à sa belle-sœur Marie-Antoinette, qui décident de tout à sa place. Marie-Antoinette fera par exemple nommer le joli Coigny à la charge de premier écuyer de Madame Élisabeth alors qu’il était d’usage, dans le cas des jeunes princesses vierges et célibataires, de nommer des vieillards à ce type de charge.

 
Conversation entre Madame Clotilde et Madame Elisabeth, alors âgées de quinze et dix ans. 
“Lors de la venue de l’envoyé du Pacha de Tripoli, les deux princesses se trouvent dans la Galerie des Glaces où passe l’ambassadeur qui va être reçu en audience. Elisabeth le suit des yeux, soupire et paraît troublée.
A quoi pensez-vous ? s’informe Clotilde.
Je pense à son âme.
Pour la fillette, la chrétienne, cet homme qui pratique la religion islamique ne peut-être qu’en danger de perdre son âme : c’est un “païen”.
La miséricorde de Dieu est infinie, répond Clotilde. Ce n’est pas à notre pensée à lui poser des limites. Prions pour cette âme, cela vaudra mieux.
– Vous avez raison, reprend Elisabeth après avoir réfléchi un instant. C’est aux chrétiens de prier pour ceux qui ne le sont pas, comme c’est aux riches de donner pour les pauvres.
 
Extrait de Madame Elisabeth  de Monique de Huertas

Du 17 juin au 1er août 1774

Séjour de la Cour au château de Marly.

Du 10 octobre au 10 novembre 1774

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI est sacré à Reims.

Aucune description disponible.

Le Sacre de Louis XVI (11 juin 1775) - La Galerie de l'Histoire

Le 20 août 1775

Mariage de Madame Clotilde, Gros Madame, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne, frère des comtesses de Provence et d’Artois.

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La princesse Clotilde de France, dite Madame Clotilde, "Gros Madame"Madame Clotilde à Turin

Le 27 août 1775

La princesse Clotilde et la famille royale quittent Versailles pour le château de Choisy.

Le 28 août 1775

C’est à Choisy, le lendemain, que Madame Clotilde quitte les siens pour prendre la route de Chambéry où doit avoir lieu la deuxième phase de son mariage et de nouvelles festivités.

Alexandre Moitte : Marie-Antoinette et Mme Elisabeth s'embrassant ?

Le chroniqueur Bachaumont déclare que “Gros Madame” a beaucoup pleuré et se serait même évanouie !

A Choisy, Madame Elisabeth s’accroche tant à Madame Clotilde au moment du départ, que Marie-Antoinette doit doucement la séparer de sa sœur…
L’âge du mariage ou d’un établissement conforme à son rang approche également pour Élisabeth.

1775 Elisabeth de France by Charles Leclercq | 17th century fashion,  Century clothing, Marie antoinetteÉlisabeth de France par Charles Leclercq (1775)

Du 9 octobre au 16 novembre 1775

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Victoire de Guéménée (1743-1807) est nommée au poste de gouvernante des enfants royaux quand sa tante, la comtesse de Marsan , décide de prendre sa retraite après le mariage de son élève préférée, la princesse Clotilde. À ce stade, Louis XVI et Marie-Antoinette n’ont pas encore d’enfants. La seule charge de Victoire est donc la jeune princesse Élisabeth.

Lillian C. Smythe a écrit:

«La gouvernante royale était la princesse de Guéménée, qui a reçu cette nomination en raison de sa relation avec Madame de Marsan, la fonction d’enseignement étant considérée comme dévolue à la famille de Rohan. Il ne faisait aucun doute que la princesse de Guéménée était capable de donner des instructions sur bien des sujets. Elle aimait beaucoup les petits chiens et apparaissait invariablement entourée d’une multitude d’entre eux. Elle leur a offert une espèce de culte et a fait semblant, par leur intermédiaire, de communiquer avec le monde des esprits

La princesse Elisabeth est plutôt consternée par le changement de gouvernantes. Madame de Marsan était stricte et plutôt désagréable et Élisabeth la détestait de tout cœur. Mais Victoire, qui n’était peut-être pas le meilleur choix, compte tenu de la nature paisible et vertueuse d’Élisabeth et de la façon de se soustraire à toute intrigue qui pourrait s’approcher d’elle, car la princesse de Guéménée est une héroïne dramatique, une Rohan typique, encline à avoir des relations amoureuses désordonnées, à gaspiller une fortune en friperies , laissant une traînée de dettes et elle aime aussi trop le jeu.

Madame Elisabeth qui a un très fort sens de la morale est bien consciente de la réputation capricieuse de sa nouvelle gouvernante et de son comportement extravagant et doit se préparer au pire.

Au final, elles semblent s’être assez bien entendues. Victoire est d’une nature affectueuse et amusante que les jeunes apprécient. Pour sa part, la Princesse trouve que sa tante, Madame de Marsan était trop stricte avec ses accusations et que Madame Élisabeth est trop modeste, pieuse et sérieuse. Ce dont elle a besoin, décide la princesse, c’est de s’amuser plus et elle encourage donc la jeune fille à assister à ses fêtes et à ses bals pour essayer de la rendre plus sophistiquée et frivole. Cela ne fonctionne pas vraiment car Élisabeth est également extrêmement têtue.

Une chose heureuse dans le nouvel arrangement est que Victoire emmène souvent Élisabeth dans sa nouvelle maison à Montreuil, près de Versailles. La princesse, qui préfère un style de vie plus simple à l’ostentation de Versailles, est enchantée par le château et en tombe follement amoureuse.

Le Domaine de Montreuil de Madame Elisabeth

Margaret Trouncer l’a décrite:

«La maison, construite en 1776, était un bâtiment blanc, semi-circulaire, à deux étages, avec les écuries d’un côté et les bureaux de la cuisine de l’autre, assez loin de la salle à manger. Au rez-de-chaussée, une chapelle circulaire occupait le centre. Les pièces principales étaient le boudoir, avec des boiseries et un placard à décor d’arabesques, la bibliothèque avec des bibliothèques vitrées en verre clair, la chaufferie du buffet pavée de marbre blanc, la salle à manger, la salle de billard, la salle de musique, le salon et quelques antichambres. Certains des anciens planchers en petits parquets étaient toujours là. A l’étage, 21 chambres lambrissées. De l’autre côté, les portes-fenêtres donnaient sur un parc. On pouvait sortir directement du salon dans le jardin. A droite, l’allée de tilleuls en haut de la terrasse, dont le mur séparait le domaine de l’avenue de Paris. A gauche, caché par les arbres et assez loin, une orangerie, une laiterie, des étables, des bâtiments de ferme et la maison du jardinier. Il y avait aussi des potagers et des maisons chaudes. »

Elisabeth - Le domaine de Mme Elisabeth à Montreuil Pict8110

Fichier:Louis XVI en costume de sacre - Joseph-Siffred Duplessis ...Louis XVI par Joseph-Siffred Duplessis (1777)

Le 18 avril 1777

Visite de Joseph II en France. Il voyage en Europe sous le nom de comte de Falkenstein.

Pressentie pour épouser ce frère de Marie-Antoinette (deux fois veuf mais sans enfant et de vingt-trois ans son aîné), Élisabeth obtient de Louis XVI de pouvoir rester à Versailles, à l’instar de ses tantes.

  “Nous attendons incessamment l’empereur ici. Reste à savoir quelles seront les suites de cette visite auguste. Le public veut que le mariage de Madame Élisabeth en soit le résultat mais les gens qui croient être dans la bouteille à l’encre assurent qu’il n’en sera rien et alors, son séjour ici ne peut faire qu’un mauvais effet pour cette aimable princesse dont on dira qu’il n’a pas voulu après l’avoir vue …”

Madame de Mackau à Marc de Bombelles

Faute de prince à lui faire épouser, le Roi lui proposa la charge de coadjutrice de la prestigieuse abbaye de Remiremont en succession de leur tante Christine de Saxe ( 1735-1782) mais elle se désintéressera de devenir abbesse, préférant les joies de la Cour et la compagnie de son médecin et ami de cœur, le docteur Dacy avec qui elle aurait vécu un amour platonique.

Je ne puis épouser que le fils d’un roi et le fils d’un roi doit régner sur les Etats de son père (…) Je ne serais plus française et je ne veux pas cesser de l’être. Mieux vaut rester ici, au pied du trône de mon frère, que monter sur un autre.”

                                                                 Madame Élisabeth à Dorothée de Wurtemberg,  devenue Maria Féodorovna par son mariage
 
Portraits de Marie-Antoinette et de la famille royale par Charles Le Clercq ou Leclerq - Page 2 Captur20Madame Elisabeth par Charles Leclercq

En mai 1777

Madame de Mackau dans la correspondance de sa fille et de son mari, le marquis de Bombelles,  :

Je rentre à Versailles demain, où je débuterai la reprise de mon service par l’opéra qu’on donne à l’Empereur. Je voudrais bien pouvoir y céder ma place à votre petite femme qui est très affligée de ne pas y aller. Cela nous satisferait également.
Il faut pourtant, avant de finir, vous dire un mot de l’Empereur car il serait ridicule qu’une lettre partant de Versailles ne parlât pas d’un prince qui, dans ce moment-ci, y fixe toutes les attentions. Sa manière d’être, si peu communes aux personnes de son rang, étonne, mais cette simplicité ne voile pas la majesté, elle n’est qu’adoucie. Son honnêteté, sa bonté, son affabilité lui gagnent tous les cœurs. S’il n’était pas adoré dans son pays, j’en serais bien étonnée. Pour moi qui ai eu l’honneur de le voir chez Madame Élisabeth, j’en étais si contente que je formais en secret des vœux qui vraisemblablement ne seront point exaucés. Mais d’après l’attachement que vous me connaissez pour ma charmante petite princesse, vous pouvez juger qu’il fallait que je crusse voir sur la physionomie de l’Empereur qu’il était fait pour la rendre heureuse. Et, dans le vrai, il ne pourrait faire un choix plus convenable car il est impossible d’être plus aimable que cette jeune princesse. Mais, mon ami, les gens de ce haut parage ne se marient pas pour le bonheur, ils ne sont pas aussi heureux que nous, n’est-ce pas ? Plaignons-les sur cet article et réjouissons-nous de l’usage que nous allons faire de notre bon sens en préférant le bonheur aux grandeurs et à l’opulence.

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 2 Mme_el10

Angélique de Mackau:

Madame Élisabeth me disait encore hier :” Dis bien au marquis que je te donnerai autant de congés qu’il voudra, que je sens le plaisir qu’il doit avoir de t’avoir par celui que j’éprouve.” Depuis que je suis établie dans ma petite chambre, elle vient me voir tous les matins, fait souvent apporter son déjeuner. Nous nous établissons à la fenêtre et nous déjeunons. Ce matin nous avons pris du lait qui était excellent.[…]

On me fait un habit d’amazone. Je monterai à cheval à Marly avec Madame Élisabeth, j’en suis folle de joie.[…]

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 Le 23 janvier 1778

A Versailles, Marie-Angélique de Mackau, épouse par amour Marc-Marie, marquis de Bombelles (1744-1822), qui est ambassadeur de France auprès de la Diète impériale de Ratisbonne. La dot d’Angélique est constituée par la princesse Élisabeth, qui surnommera dès lors, affectueusement son amie «Bombe».

Le couple aura plusieurs enfants dont un fils, Charles-René de Bombelles qui épousera en 1834 Marie-Louise d’Autriche, duchesse de Parme et veuve de Napoléon Ier.

Madame Elisabeth en Vestale par Charles Leclercq

En mars 1778

Louis XVI reçoit à Versailles une délégation américaine avec, à sa tête, Benjamin Franklin.

La folie américaine de Louis XVI - Le Point

Le 3 mai 1778

Madame Elisabeth a quatorze ans .

Le changement de statut pour la jeune Elisabeth nécessite l’établissement d’une nouvelle maison princière dont voici la composition initiale :

Sa dame d’honneur est la comtesse Diane de Polignac ;                                    sa dame d’Atours est la marquise de Serent

Ses dames pour accompagner sont  la marquise de Sorans, la vicomtesse de Bourdeilles, la marquise de Causans, la comtesse de Canillac, la marquise de Chaussincourt de Tilly, la comtesse de Melfort, la marquise de Bombelle, la vicomtesse d’Imecourt

L’abbé Madier est son confesseur.

Son chevalier d’Honneur est le comte de Coigny

Son premier Ecuyer est  le comte d’Adhémar

Son secrétaire des commandements est Monsieur Mesnard de Chouzi, à Paris, rue de Grammont. M. Tourteau d’Orvilliers, en survivance, rue neuve des Petits-Champs, vis-à-vis du duc d’Orléans.

Source : Almanach royal 1779, BNF
Aucune description disponible.Louis XVI dans sa bibliothèque

Parallèlement, de nombreuses autres personnes sont au service de cette princesse. Ces serviteurs de second rang ne sont souvent connus que par quelques mentions d’archives lors de gratification ou versement de pension de retraite comme deux de ses premières femmes de chambres, Suzanne Charlotte Sylvestre et Marie Marguerite Soufflet, des femmes de chambres, Marie Barbe Bénard, Charlotte Jules Marin, Jeanne Thérèse Gœrmans , dame Malivoire, encore une femme de garde-robe, chargée du soin des atours Marguerite Frère.

Du côté hommes, on peut citer un valet de chambre ordinaire Jean de Coste, des valets de chambres dont Jean Bérenger, Charles Cluet, Certains comme Jean Rémi Le Guay cumule les charges d’écuyer, de valet de chambre et de coiffeur, un porte faix ou porte-effets de la chambre, Jean Colignon, le sieur Coquelin, coiffeur, Charles Misaldi dit Carle, feutier de l’appartement de Madame Elisabeth de France.

Source : Pensions sur le trésor royal, archives nationales

L’éducation de Madame Élisabeth avait été très-soignée par sa gouvernante, la princesse de Marsan ; elle la perfectionnait encore elle-même tous les jours. Elle avait des talents pour la musique et la peinture, parlait l’italien, même un peu le latin, et savait les mathématiques à fond. Le professeur Le Blond, connu par plusieurs bons ouvrages, lui donnait des leçons, et il m’a souvent confirmé les connaissances de la princesse dans cette science, même dans ses branches les plus difficiles et les plus abstraites.

Félix d’Hézecques

Le 19 décembre 1778

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant est surnommée “Mousseline” par la Reine.

d'après Clodion | Madame Royale bébé dit l'Enfant aux Coussins ...Madame Royale bébé dit L’Enfant aux coussins par Clodion

Il y a du changement, lorsque Victoire de Guéménée prend en charge la nouvelle petite princesse, Madame Royale, tandis que la détestable et cupide comtesse Diane de Polignac prend en charge Élisabeth…

Aucune description disponible.La princesse de Guéménée
La comtesse Diane de Polignac ( 1746-1818) 

En 1779

La princesse qui a quinze ans obtient l’autorisation d’avoir sa propre maison et des revenus en propre. Avec l’accord du Roi, elle nomme immédiatement Angélique de Bombelles première dame d’honneur. Consciente de son rang et de ses devoirs, pieuse, charitable et dépourvue de coquetterie tout en ayant un fort caractère, Madame Élisabeth s’entoure de personnes réputées pour leur moralité. Jamais les nombreux médisants ne pourront la prendre pour cible.

Le 8 août 1779

Un édit autorise les femmes mariées, les mineurs et les religieux à toucher des pensions sans autorisation (notamment celle du mari en ce qui concerne les femmes mariées).

Il rétablit l’institution du Mont-de-piété.

En 1780

Marie-Joséphine de Provence désire l’installation d’une petite salle-à-manger et d’un salon en hémicycle contigu pour servir au jeu et au billard nécessaire aux soupers qu’elle offre chaque soir à la famille royale . Cette salle-à-manger destinée aux « soupers des petits cabinets »- soupers intimes sans domestiques dont a parlé Pierre de Nolhac dans ses ouvrages – est installée dans les anciennes pièces de service de la Dauphine détruites situées sous le cabinet doré de la Reine, là on a installé provisoirement un billard avant 1779. Cette salle-à-manger paraît bien étroite car toute la famille royale est conviée par la princesse : à savoir le Roi, la Reine, Monsieur, le comte et la comtesse d’Artois, les trois Mesdames tantes et Madame Elisabeth quand elle sera en âge. Cette petite pièce ouvrant par une fenêtre sur la cour intérieure de la Reine, appelée dès lors « cour de Monsieur », est donc prolongée sur l’appentis, pris sur l’ancien oratoire de la Dauphine, sous la terrasse du cabinet doré de la Reine.

Aucune description disponible.

L’appartement de Madame Elisabeth
Le dernier refuge de la princesse de 1780 à 1789

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

En 1780, Madame Elisabeth quitte l’appartement qu’elle occupait dans l’actuel Pavillon de Provence, pour s’installer dans un appartement situé au premier étage à l’extrémité de l’Aile du Midi.

Peut être une image de niveauPlan légendé de l’ancien appartement du duc et de la duchesse de Chartres en partie aménagé vers 1780 pour Madame Élisabeth au premier étage

Cet appartement se trouve placé juste au dessus de l’appartement des Enfants de France où elle avait été logée depuis sa naissance.

Peut être une image de niveauPlan légendé de l’ancien appartement du duc et de la duchesse de Chartres en partie aménagé vers 1780 pour Madame Élisabeth (entresols).
Peut être une image de monumentLes trois fenêtres du premier étage correspondent à l’Appartement
Peut être une image de monument

Louis XVI en dessine lui-même la distribution :

“L’intention du Roi est que l’entrée de Madame Elisabeth soit en deçà de l’escalier. Le cabinet de Madame la duchesse de Chartres sera son antichambre, l’antichambre lui servira de cabinet particulier et les entresols au dessus de son grand cabinet et de sa chambre pour ses gens”.

Aucune description de photo disponible.Lampas bleu, gris et blanc, à dessin de cariatides et têtes de lion. Bordure. Commandé pour le Salon des jeux du Roi au Château de Fontainebleau. Étoffe qui a été retissée en 1788 pour le Cabinet de Madame Élisabeth à Versailles


Pierre Verlet nous apprend que Madame Elisabeth sollicitera des remises au goût du jour. En juillet 1783, des changements de distributions dans l’étage entresolé au dessus des pièces principales.
Cet appartement se compose de douze pièces principales et quinze en entresol. L’appartement de fonction de Diane de Polignac, sa dame d’Honneur, est intégré à celui de Madame Elisabeth.

Peut être une image de menuiserieCommode dans la chambre par Riesener, aujourd’hui conservée à Waddesdon Manor en Angleterre

Louis-Philippe fera raser totalement cet appartement pour y aménager l’actuelle salle de 1830.

Aucune description de photo disponible.Actuelle Salle de 1830Peut être une image de texte qui dit ’Christophe D. Château de Versailles 3janvier 2019’
  Peut être une image de texte qui dit ’COMMODE DU GRAND CABINET DE MADAME ELISABETH A VERSAILLES par Riesener, 1778 Jadis αu Schloss Museum, Berlin Avant la Seconde Guerre mondiale nous avions relevé au Schloss Museum de Berlin un numero sur une commode d acajou (legs Alfred Cassirer) Ne 947 Le meuble est estampillé de Riesener reste beau malgré son placage refait et plusieurs bronzes, poignées et motir central, qui paraissaient du XIX siecle. Le numero permit son identification Commode de- marqucterie, panacan mulicu reproentant un garmi Bcun, Riesener de Madame Elisabeth’ Commode du grand cabinet, détruite en 1949 par un incendie criminel
Peut être une image de mobilierCommode de Madame Elisabeth, livrée en 1779 par Riesener pour sa salle de bain, acquise par le Château de Versailles, par l’intermédiaire de la Société des Amis de Versailles lors de la vente chez Sotheby’s le 11 avril 2018 pour la somme de 45 000€.

Le 1er juin 1780

Le petit théâtre de Trianon est inauguré avec le Roi et le Fermier et La Gageure imprévue. Illuminations.

Résultat de recherche d'images pour "théâtre Trianon Versailles"

Joseph II , deux fois veuf pense à se remarier et il songe à Madame Elisabeth …

Le 5 janvier 1781

Vienne, le 5 janvier 1781

Si l’on me marie en France comme ici, Madame Elisabeth doit avoir le cœur gros en regardant le calendrier et une petite distance de vingt-deux an.   Vous savez comme on peut penser sur cet état quand on a mon âge et qu’on l’a connu; néanmoins, dites-moi, pour ma curiosité seulement, si elle a grandi beaucoup, engraissé à ce qu’on dit, et enfin si elle trempine toujours à la façon de la famille et ce qu’on dit de son esprit et agrément de société .

Joseph II au comte de Mercy

Le 21 janvier 1781

Paris, le 21 janvier 1781

 

Depuis que V. M. n’a vu Madame Elisabeth , il est survenu peu de changement dans son état physique; elle a grandi et a pris de l’embonpoint qui, sans être démesuré, pourrait faire craindre qu’il n’augmentât trop par la suite. Une fantaisie de cette princesse peut y avoir donné lieu; elle aime passionnément l’exercice du cheval; on lui a représenté qu’il en résulterait l’inconvénient d’engraisser, mais cette remarque ne la touche pas; elle n’a ni souci ni attention à sa figure qui incline à être bien; toute parure lui est égale et ne parait lui faire aucun plaisir; elle a maintenant une assiette plus ferme dans son maintien et a beaucoup perdu de l’habitude de trépigner. D’ailleurs bonne et douce envers ses alentours, un peu timide, mais affable envers ceux qui sont à portée de lui faire leur cour, on n’entend dire que du bien de ses qualités morales. L’éducation de celte princesse n’a pas été des mieux soignée et pourrait avoir laissé un vide du côté de la culture des agréments sociaux; cependant j’observe que, quand les ministres étrangers se présentent chez elle, elle a toujours quelque chose de gracieux et de bien placé à leur dire.

L’ambassadeur Mercy à Joseph II

Été 1781

Seconde visite de Joseph II à Versailles.

Le 31 juillet 1781

L’Empereur écrit à Kaunitz, , au sujet de cet hypothétique éventualité de mariage :

Bien des choses s’opposent encore dans mon âme à ce projet . La princesse Élisabeth n’est certes pas faite pour les combattre; elle est épaissie d’une façon dont vous ne pouvez pas vous faire une idée .

Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François.

Marie-Antoinette accouche enfin d'un premier Dauphin, le 22 ...

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Le 2 mars 1782

Mort de Madame Sophie, sa tante.

Sophie de France, dite Madame Sophie, tante de Louis XVI

La religiosité de Madame Élisabeth, selon sa biographe Anne Bernet, trouverait son origine dans la mort de Madame Sophie, qui l’aurait beaucoup affectée. Elle en aurait conçu une sorte d’obsession de donner un sens à sa vie, à travers Dieu et la religion.

Cette commode a été livrée par Gilles Joubert, fournisseur du Garde-Meuble de la Couronne, le 6 mars 1767 pour la chambre à coucher de l’Appartement de Madame Sophie.

Elle est placée après 1769 dans l’Antichambre des Nobles du nouvel appartement de la Princesse.

A la mort de celle-ci, elle est attribuée à Madame Elisabeth, pour son Appartement de l’Aile du Midi. Puis, à la fin de l’Ancien Régime, l’antichambre des Nobles de l’appartement de Madame Royale au rez-de-chaussée du Corps Central.

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI 03625110Madame Élisabeth par Élisabeth Vigée Le Brun

La hantise de Madame Élisabeth est de mourir comme Madame Sophie, dans l’indifférence générale.

Le 17 septembre 1782 

Imagine-toi que Madame Élisabeth, mercredi dernier, galopant à la chasse, est tombée de cheval. Son corps a roulé sous les pieds du cheval de M. de Menou et j’ai vu le moment où cette bête, en faisant le moindre mouvement, lui fracassait la tête ou quelque membre. Heureusement, j’en ai été quitte pour la peur, et elle ne s’est pas fait le moindre mal. Tu penses bien que j’ai eu subitement sauté à bas de mon cheval et volé à son secours. Lorsqu’elle a vu ma pâleur et mon effroi, elle m’a embrassée en m’assurant qu’elle n’éprouvait pas la plus petite douleur. Nous l’avons remise sur son cheval, j’ai remonté le mien et nous avons couru le reste de la chasse comme si de rien n’était.
L’effort que j’ai fait pour surmonter mon tremblement, pour renfoncer mes larmes, m’a tellement bouleversée que, depuis ce moment-là, j’ai souffert des entrailles, de l’estomac, de la tête, tout ce qu’il est possible de souffrir. Cette petite maladie s’est terminée ce matin par une attaque de nerfs très forte, après laquelle j’ai été à la chasse, et il ne me reste, ce soir, qu’une si grande lassitude qu’après t’avoir écrit, je me coucherai…

Angélique de Bombelles à son mari
Madame Elisabeth joue de la harpe - Le blog de Louis XVIMadame Elisabeth (1783)  par Charles Leclercq

Detail from a portrait of Madame Elisabeth of France, sister of Louis XVI, by Charles Leclercq. 1783.
image: © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

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Le 3 mai 1783

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 6 Dppnb610Madame Elisabeth par Elisabeth-Louise Vigée Le Brun, vers 1782

Pour ses dix-neuf ans, le Roi achète à sœur  le domaine de Montreuil, vendu par les Rohan-Guéménée, lors de leur banqueroute (1782) et situé dans le village de Montreuil non loin du château de Versailles.

En juillet 1783
 
De retour d’une promenade, Marie-Antoinette l’offre à la princesse :
Si vous le voulez, arrêtons-nous un instant à Montreuil ; je sais que vous aimiez y venir avec votre sœur Clotilde.
Volontiers, répond la jeune fille. J’y ai passé de bien bons moments dans mon enfance.
Vous êtes ici chez vous, dit Marie-Antoinette en souriant, quand la voiture s’arrête devant le péristyle soutenu par quatre colonnes. Ce sera votre petit Trianon. Le roi se fait un plaisir de vous offrir ce cadeau, et moi de vous l’annoncer !
On imagine la joie d’Élisabeth ! Si son frère avait été là, elle lui aurait sauté au cou sans nul doute !
 
 Madame Élisabeth  de Monique de Huertas

Château de Montreuil - domaine de Madame Elisabeth

Le Château de Montreuil,
Le domaine de Madame Elisabeth à Versailles

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles-passion )

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Seigneurie dès le XIIe siècle, Montreuil est doté d’une forteresse en 1375. Entré dans le domaine royal, il est cédé aux Célestins de Paris par le roi Charles VI. Puis il est intégré au domaine de Versailles au temps de Louis XV. La source qui alimente à l’époque les étangs aujourd’hui asséchés, en fait un lieu à la mode où les proches de la Cour font construire de belles propriétés d’agrément.

Peut être une image de plein air et arbre

C’est ainsi qu’en 1772, le Prince de Rohan-Guéménée et son épouse acquièrent le domaine de Montreuil, qu’ils agrandissent pour former une propriété de huit hectares. Les transformations, tant de la maison que des jardins sont confiées à l’architecte Alexandre Louis Étable de La Brière.

En 1783, à la suite de la faillite retentissante des Guéménée, Louis XVI achète la demeure pour sa sœur cadette Élisabeth. 

Aucune description de photo disponible.Ancienne chambre de Madame ElisabethAucune description de photo disponible.

Aucune description de photo disponible.

De 1784 à 1789, les bâtiments sont mis au goût du jour, dans le style néo-classique, par l’architecte Jean-Jacques Huvé, futur Maire de Versailles. Celui-ci fait élever des corps de logis à deux niveaux (rez-de-chaussée et étage) en pierre de taille, striés de refends horizontaux et surmontés de combles brisés. L’ensemble comprenait notamment une chapelle sur plan circulaire et éclairage zénithal, ainsi qu’un boudoir turc.

Aucune description de photo disponible.Ancien salon turcAucune description de photo disponible.

Le mobilier est commandé à l’ébéniste Jean-Baptiste-Claude Sené. Des pièces de ce mobilier sont conservées aujourd’hui au Musée du Louvre et au Musée Nissim de Camondo.

Aucune description de photo disponible.Plan de 1787 suite aux modifications voulues par Madame Elisabeth :

 

1 – Portail donnant sur la rue Emard
2 – Cour des écuries
2b – Passage de la cour des écuries
3 – Cour des cuisines
4 – Chapelle
5 – Salle des gardes
6 – 1ère antichambre
7 – 2ème antichambre
8 – salle des buffets
9 – Salle à manger
10 – Salle de billard
11 – Salon de compagnie
12 – Salle du clavecin
13 – Salon turc

Le mur de clôture, le long de l’avenue de Paris, couronné d’une balustrade, servait de terrasse d’où l’on pouvait admirer le parc et le jardin aménagé par Huvé dans ce qu’on appelait le goût anglo-chinois (grotte factice, cours d’eau, cascade, pont, etc…).Aucune description de photo disponible.Aucune description de photo disponible.

Aucune description de photo disponible.Façades sur les jardinsAucune description de photo disponible.Aucune description de photo disponible.Pavillon dans le jardin
Aucune description de photo disponible.

Madame Élisabeth établit à Montreuil un petit dispensaire dans une pièce de la maison pour les pauvres des environs. Ceux-ci sont soignés par le médecin et botaniste Louis Guillaume Le Monnier, qui fait venir des plantes rares dans le potager du domaine. La Révolution met fin à ces occupations.

Aucune description de photo disponible.Intérieur du pavillon

Ayant échappé au morcellement des propriétés lors de la Révolution française, la famille Clausse en devient propriétaire au début du XIXe siècle, Charles Louis Clausse, Maire de Versailles y décède le 10 septembre 1831.

Aucune description de photo disponible.

Les bâtiments sont profondément transformés sous la Restauration pour donner la configuration que l’on connaît actuellement.

Entre les deux dernières guerres, des restaurations importantes sont réalisées par le propriétaire, Jean-Baptiste Chantrell. En 1955, sa fille Lydie vend la propriété à une société immobilière.

La maison de Madame Élisabeth appartient depuis 1984 au Conseil Général des Yvelines. L’Orangerie, acquise par le Département en 1997, sert de lieu d’expositions temporaires.

Elisabeth - Le domaine de Mme Elisabeth à Montreuil Pict8020

La princesse consciente de son rang et voulant se protéger des médisants s’engage à n’y jamais passer la nuit avant sa majorité (vingt-cinq ans à l’époque) et ne s’entoure que de Dames de la plus haute moralité.

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Elisabeth - Le domaine de Mme Elisabeth à Montreuil Dsc07010
Aucune description de photo disponible.
Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 3 Mme_el10         Madame Élisabeth et ses frères Provence et Artois.

De mi-juin au 12 juillet 1783

Séjour de la Cour au château de La Muette.

Portraits de Marie-Antoinette et de la famille royale par Charles Le Clercq ou Leclerq - Page 2 14937310Madame Élisabeth par Charles LeclercqPortraits de Marie-Antoinette et de la famille royale par Charles Le Clercq ou Leclerq - Page 2 Madame13

Du 9 octobre au 24 novembre 1783

Long séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le Château et le Parc de Fontainebleau - UFE-Pérou

Le goût de la campagne et de la solitude rendait le séjour de Fontainebleau très cher à Madame Elisabeth . Là, elle pouvait varier bien davantage ses longues promenades à cheval ou aller herboriser à pied avec le Dr Dassy.  Elle aimait beaucoup le digne patricien. Avant de rentrer à Versailles, elle lui offrit son portrait et un livre de prières.  ” Je sais bien, lui dit-elle, que vous n’êtes pas dévot, mais recevez ce livre pour l’amour de moi… Si M. Le Monnier se retirait, – je ne puis pas l’en prier, il est si vieux-, vous pouvez être sûr que vous le remplaceriez .” ( * )  Quelques années plus tard, elle voulut acheter sur ses économies une petite maison à Fontainebleau. Elle en choisit l’emplacement. Dassy devait lui prêter son nom pour cette acquisition, et la Révolution seule empêcha de réaliser le marché . 

Albert Savines :  Madame Elisabeth et ses amies  (1904)

Il semble que Madame Élisabeth, tout comme Marie-Antoinette d’ailleurs, ait été écœurée par les intrigues de Cour et assommée par l’Étiquette. Tout comme la Reine, elle avait tendance à fuir dans son jardin secret. Elle aime plus que tout chevaucher pendant des heures, loin des hommes et de leurs mesquineries, leur préférant les promenades au grand air et la compagnie de ses chevaux qu’elle adore.

Madame Elisabeth par Ignasi Vidal-Lopez d’après Vigée Le Brun

Le 23 juin 1784

Décollage de la montgolfière Marie-Antoinette de la cour des Ministres du château de Versailles, en présence de la famille royale.

projets spéciaux en montgolfiere | France montgolfières, Vol en montgolfière  en France, val de loire, provence, bourgogne, ile de franceImages du film Jefferson à Paris de James Ivory. A droite, Madame Élisabeth est interprétée par Valérie Tolédano.
jeffersoninparis Instagram posts (photos and videos) - Picuki.com

Le 27 juin 1784

Le contrat de mariage du marquis de Raigecourt et de Mademoiselle de Causans, une de ses dames pour accompagner Madame Élisabeth, est signé par le Roi, la Reine et la famille royale.    Pendant quatre ans, la princesse se prive  des étrennes que le Roi lui donne afin que Mademoiselle de Causans, puisse constituer la dot nécessaire à son mariage.

Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI Dp161610

Le 20 février 1785

Le Roi offre à Marie-Antoinette le château de Saint-Cloud qu’il a acheté au duc d’Orléans.

Peut être une image de 1 personneMadame Elisabeth vers 1785 par Pierre Adolphe Hall (1739 – 1793)
Cloud - Le château de Saint-Cloud Detail10Saint-Cloud (détail) , Etienne Allegrain, vers 1675

Le 27 mars 1785

A sept heures et demie du matin,  naissance de Louis-Charles, duc de Normandie, Dauphin en 1789 et futur Louis XVII.

Louis-Charles, duc de Normandie par Élisabeth Vigée Le Brun
News | Page 4 | TajanMobilier destiné au salon de compagnie de Madame Élisabeth

Le 18 mars 1786

Louis XVI convoque sa sœur, pour la convaincre d’accepter de succéder à Anne-Charlotte de Lorraine, abbesse de Remiremont ( l’un des plus prestigieux bénéfices de Lorraine ). Il se heurte à un non ferme et définitif : Elisabeth ne veut pas de cet abbatiat . Elle explique longuement pourquoi, disant qu’elle ” ne voulait chercher à avoir un état qui la rendît indépendante du roi et de la reine “, insistant sur le relâchement du monastère, explicable puisque les chanoinesses n’étaient pas des religieuses mais des célibataires mises là faute de mieux.  

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 7 Captu467

Le Domaine de Montreuil de Madame Elisabeth - Photo de Parc du Domaine de  Madame Elisabeth, Versailles - TripadvisorMontreuil

Lorsque j’arrivai à Versailles, madame Élisabeth avait vingt-deux ans. La fraîcheur de son teint, sa belle carnation et son embonpoint la faisaient remarquer, moins encore pour sa beauté que pour son air satisfait et la sérénité de son âme qui était imprimée sur sa figure. La force de sa constitution lui rendait l’exercice nécessaire. Elle aimait à jouer au billard, à monter à cheval ; elle se distinguait surtout dans ce dernier exercice par sa grâce, son bon air et sa hardiesse. Mais ces amusements frivoles, nécessaires à sa santé, ne l’empêchaient pas de se livrer aux différents exercices de la religion. Aux devoirs journaliers auxquels la famille royale tout entière se livrait, elle joignait la prière dans la retraite, l’observation de tous les précepte de l’Église et la fréquente réception des sacrements.

Félix d’Hézecques

Peut être une image de arbre et plein air

Le 9 juillet 1786

Naissance de la princesse Sophie-Hélène-Béatrix, dite Madame Sophie, dernier enfant de Marie-Antoinette.

Sophie-Hélène-Béatrix de France par Élisabeth Vigée Le Brun

D’octobre 1786 jusqu’en avril 1788

Bombelles devient ambassadeur du Roi de France près la Cour du Portugal.

Madame Elisabeth, miniature d’après Elisabeth Vigée Le Brun

En 1787, Madame Elisabeth reçoit un singe de la marquise de Bombelles. Les animaux exotiques étaient des animaux familiers communs à Versailles, mais la princesse n’a pas pu garder le singe.

In 1787, Madame Elisabeth (sister of Louis XVI) was gifted a monkey by Marquise de Bombelles. Exotic animals were common pets at Versailles, but the princess was unable to keep the monkey.
Madame Elisabeth to the Marquise de Bombelles, 25 June...

En 1787

Depuis son déménagement, la comtesse de Provence dispose du palier du nouvel escalier de l’ancienne antichambre de la princesse de Lamballe devenue une première antichambre à une fenêtre où se tient sa sentinelle. La seconde salle est l’ancien petit salon où la princesse de Lamballe avait coutume de recevoir la Reine. C’est maintenant une seconde antichambre, plus grande a deux fenêtres, qui sert de salle-à- manger, où elle continue à convier la famille royale à souper «tous les soirs, à huit heures précises ». Les convives se régalent du traditionnel potage aux petits oiseaux, que la princesse prépare elle-même . Chaque membre de la famille fait apporter son dîner, auxquels on met la dernière main dans de petites cuisines à portée de l’appartement de Madame.

« Excepté les jours où il donnait à souper chez lui, le Roi n’y manquait pas un seul jour … »

Mémoire du comte d’Hézecques

Peut être une image de 1 personne

Le 25 juin 1787

Je suis désespérée du sacrifice que tu me fais de ton singe, et d’autant plus que je ne peux pas le garder; ma tante Victoire a peur de ces animaux et serait en colère si j’en avais un. Donc, mon cœur, malgré toutes ses grâces et la main qui me le donne, je dois y renoncer. Si vous le souhaitez, je vous le renverrai; sinon, je le donnerai à M. de Guéménée. Je suis dans le désespoir, je sens que c’est très grossier, que cela vous contrariera beaucoup, et je suis donc d’autant plus désolée. Ce qui me console, c’est que vous auriez dû vous en débarrasser rapidement à cause de vos enfants, car cela pourrait devenir dangereux.

Demain je vais chasser à Rambouillet avec le Roi. La Reine y va souper…”

Madame Élisabeth à Angélique de Bombelles
Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 6 Mme_el10Madame Elisabeth (1787) par Elisabeth Vigée Le Brun (?)

À mon arrivée on ne parlait que du désir de madame Élisabeth d’entrer en religion et de prendre le voile à Saint-Cyr. Le roi, trop attaché à sa sœur pour pouvoir s’en séparer, n’y voulut jamais consentir avant sa majorité. Une voix secrète semblait lui révéler les secours qu’il en tirerait dans ses malheurs et l’engager à la conserver à sa famille comme un ange consolateur qui les aiderait à supporter leurs infortunes, et qui donnerait à sa fille le précepte et l’exemple de la piété.

Félix d’Hézecques

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 6 Captur34

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 7 Captu467

tiny-librarian:
“ A miniature of Madame Elisabeth. She sits next to a bust of her mother, Maria Josepha of Saxony, and is sketching the bust on the papers in her lap.
”Madame Elisabeth veillée par le buste de sa défunte mère, Marie-Josèphe de Saxe

Madame Élisabeth se consolait de l’obstacle que Louis XVI apportait à sa profession religieuse en allant souvent à Saint-Cyr, où elle passait des journées entières au milieu des élèves et des dames de la communauté. Elle se livrait, les autres jours, à son goût pour la solitude, dans un joli jardin et une charmante habitation qu’elle avait dans l’avenue de Paris, près de la butte de Montboron. Là elle s’adonnait à des occupations champêtres et cultivait ses talents naturels pour certaines branches des connaissances humaines.

Félix d’Hézecques

Saint-Cyr,
La Maison Royale Saint-Louis de Madame de Maintenon

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de plein air et monument

L’origine de la Maison royale de Saint-Louis est fortement liée à la jeunesse de Madame de Maintenon. Issue elle-même d’une famille noble, mais ruinée, elle ne connut dans sa jeunesse qu’une instruction limitée, celle dispensée par les couvents qui assuraient l’instruction des jeunes filles nobles. On n’y enseignait qu’un minimum de connaissances en français, latin, calcul et travaux ménagers, l’accent était mis principalement sur la religion et la liturgie, et on n’y donnait aucune ouverture sur le monde réel.

Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, avec sa nièce Charlotte-Amable d'Aubigné, future duchesse de Noailles, par ElleMadame de MaintenonFrançoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, roi de France, d'après Elle

En 1680, Madame de Maintenon remarqua deux religieuse, l’ancienne ursuline Madame de Brinon et sa parente Madame de Saint-Pierre, qui tenaient une petite école destinée aux jeunes filles pauvres afin de les placer comme domestiques.

Peut être une image de monument et plein air

Elle les établit à Rueil en 1681, dans une maison qu’elle avait louée et aménagée, où elle ajouta vingt filles de la noblesse pauvre aux élèves issues du peuple, qui recevaient une instruction différente. Le 3 février 1684, l’école des filles de la noblesse pauvre fut déplacée à Noisy-le-Roi, avec l’aide du roi qui offrit le château de Noisy qu’il venait d’acquérir et d’aménager, pour accueillir plus de cent quatre-vingts pensionnaires.

Peut être une image de plein air

Le 15 août 1684, en Grand Conseil, Louis XIV décréta la fondation “d’une maison et communauté où un nombre considérable de jeunes filles, issues de familles nobles et particulièrement des pères morts dans le service soient entretenues gratuitement et reçoivent toutes les instructions qui peuvent convenir à leur naissance et à leur sexe en sorte qu’après avoir été élevées dans cette communauté, celles qui en sortiront puissent porter dans toutes les provinces de notre royaume des exemples de modestie et de vertu”.

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Le domaine de Saint-Cyr fut attribué en 1685, et le Roi ordonna de grands travaux sur le domaine en bordure de Versailles. Les travaux furent dirigés par Mansart. En juin 1686, après quinze mois de travaux, Louis XIV fit don du domaine à la Maison royale de Saint-Louis, les lettres patentes des 18 et 26 juin 1686 confirment la fondation de l’établissement.

Peut être une image de plein air et texte qui dit ’വ01 Versailles Passion Christophe D. Saint-Cyr 16février 2016’

En concevant les bâtiments de la Maison royale de Saint-Louis, Jules Hardouin-Mansart décida d’un plan en U qu’il utilisait fréquemment, et les bâtiments réservés aux Dames et aux Demoiselles s’inscrivirent dans un H d’imprimerie, auquel il faut ajouter la chapelle de l’école à l’ouest.

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Les salles de classe et les dortoirs des élèves étaient situés respectivement au premier et au deuxième étages, les dortoirs se trouvant juste au-dessus des salles de classe correspondantes. Chaque dortoir contenait 40 lits et était entouré de deux cellules destinées aux maîtresses. Chaque salle de classe était également juxtaposée d’un petit dortoir supplémentaire de vingt lits, bordé lui aussi de deux cellules pour les maîtresses. L’infirmerie était placée à l’écart des dortoirs, ce qui permettait d’assurer l’isolement des malades et donc d’éviter la propagation de maladies contagieuses.

Peut être une image de plein air

Les pièces réservées aux pensionnaires étaient situées à l’est des bâtiments, afin de les éloigner le plus possible de l’entrée des visiteurs, située à l’ouest au niveau de la Cour du dehors.

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A la mort de Louis XIV en 1715, Madame de Maintenon se retira à Saint-Cyr jusqu’à sa mort le 15 avril 1719. Elle fut embaumée et enterrée dans la chapelle de l’école le 18 avril.

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Sous Louis XV, les idées novatrices de la Maison royale s’affaiblirent et l’éducation qui y était donnée fut critiquée, d’abord par Louis XV lui-même dans les années 1730, qui refuse d’envoyer ses filles à Saint-Cyr.

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Dès octobre 1793, les bâtiments furent transformés en hôpital militaire et le restèrent jusqu’en 1798. Plus tard, en 1808, Napoléon Ier y installera son Ecole Spéciale Militaire qui demeura sur place jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale.

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Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les bâtiments de la Maison royale, restaurés, abritent le lycée militaire de Saint-Cyr.

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Le 18 juin 1787

La mort de sa nièce, la petite Madame Sophie avant son premier anniversaire.

A Montreuil, la princesse fait venir de Suisse la promise de son vacher qui se morfondait et fait célébrer leur mariage en l’ église Saint-Symphorien. C’est l’origine de la fameuse comptine “Pauvre Jacques“.
Elle sait montrer sa compassion envers les pauvres, faisant donner du lait de ses vaches aux enfants.

Résultat de recherche d'images pour "Madame Elisabeth"Madame Élisabeth pendant la distribution de lait par F. Fleury-Rich

Madame Elisabeth to the Marquise de Bombelles, on her home of Montreuil after the royal family’s removal to Paris
“ I have not made it a point of courage to refrain from speaking to you of Montreuil. You judge me, my heart, too favourably. Apparently...

Favorable à la variolisation qui permet de se prémunir contre la petite vérole, maladie contagieuse mortelle et fréquente qui touche indifféremment toutes les couches de la population laissant au mieux d’horribles cicatrice sur le visage, elle fait appeler son médecin. Celui-ci est surpris de la trouver entourée de ses dames mais aussi des paysans de ses terres qui peuvent ainsi bénéficier gracieusement des progrès de la médecine.

Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 6 19_mme10

Madame Élisabeth et ses neveux dans L’Enfant Roi de Jean Kemm (1923)

Été 1787

Adélaïde Labille-Guiard - CrotosPortrait au pastel de Madame Elisabeth (1787) par Adélaïde Labille-Guiard
Le Versailles secret de Marie-Antoinette (2018)

On réclame la convocation des États-Généraux…

Madame Élisabeth par Adolf Hall
Domaine de Mme Elisabeth à Versailles - Photos France et Outre-merMontreuil

Le 23 décembre 1787

Mort, au Carmel de Saint-Denis, de Madame Louise (née le 15 juillet 1737), tante de Madame Elisabeth, qui se nommait Sœur Thérèse de Saint-Augustin.

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Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 7 Delpec12

1788

Dès le début de l’année, on note une nette aggravation de la santé du Dauphin. Il a de la fièvre et des douleurs articulaires. Au fil des mois, son état empire encore.

Jefferson in Paris, avec Charlotte de Turckheim (Ivory) - Page 3 1144_o10A droite: Valérie Tolédano interprète Madame  Élisabeth dans Jefferson à Paris de James Ivory (1996)

Fin 1788

Parallèlement à l’état de cessation des paiements et de banqueroute du royaume, le climat de l’année 1788 est calamiteux : à un été pourri ravageant les récoltes, l’hiver glacial donne des températures de moins 20 °C qui paralysent les moulins, gèlent les fleuves et défoncent les routes. Le blé manque et le peuple a faim.

Louis XVI distribuant des aumônes aux pauvres de Versailles pendant l'hiver  de 1788 de Louis Hersent - Reproduction d'art haut de gamme

Adélaïde Labille-Guiard | Elisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite  "Madame Elisabeth", soeur du roi Louis XVI (1764-1794) | Images d'ArtMadame Elisabeth (1788) par Adélaïde Labille-Guiard 

Au début de l’année 1789

La Maison de Savoie est occupée par le mariage de Victor-Emmanuel, duc d’Aoste (1759-1824). Pour marier son fils cadet, Victor-Amédée III a fixé son choix sur une Archiduchesse d’Autriche, Marie-Thérèse d’Autriche-Este (1773-1832), fille de Ferdinand d’Autriche-Este (1754-1806) et après les trois alliances françaises de la décennie 1770, le souverain opère un rapprochement avec la Maison de Habsbourg, démentant ainsi les rumeurs qui ont courues sur un projet d’union entre le prince Victor-Emmanuel et Madame Élisabeth.

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En effet, si cette idée avait peut-être germé dans l’esprit de la princesse Clotilde et des ambassadeurs de Sardaigne à Versailles, Madame Élisabeth marqua semble-t-il peu d’enthousiasme à cette éventualité et d’autre part la sœur de Clotilde n’aurait eut droit qu’à la seconde place à la Cour de Turin.

Le projet tomba à l’eau.

Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

Aucune description disponible.

Le 29 mai 1789

Madame Élisabeth écrit dans une lettre :

« Pour moi, j’ai juré de ne jamais abandonner mon frère, et je tiendrai mon serment.
Je ne dissimule point que la Monarchie ne pourrait reprendre son éclat que par un coup de vigueur ; mon frère ne le fera pas, et sûrement, je ne me permettrais pas de le lui conseiller. »

Le 4 juin 1789

Mort de son neveu le Dauphin Louis-Joseph, à Meudon.

04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph Xavier - Le blog de Louis XVIMort du Dauphin dans les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le Roi et la Reine se retirent à Marly pour le pleurer. Il est enterré avec un cérémonial réduit à Saint-Denis compte tenu le contexte économique difficile.

Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 5 Tealea10Peinture d’Adélaïde Labille-Guiard

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Reproduction du Tableau LE SERMENT DU JEU DE PAUME de Jean Louis DAVID | Jeu  de paume, Le serment, Jean louis davidTableau de Jacques-Louis David

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

La-Révolution-française-Un-texte-Un-jour

Le 16 juillet 1789

Fuite en exil de Yolande de Polignac et sa famille, dont sa belle-sœur, la comtesse Diane de Polignac et du comte d’Artois, son bien aimé frère.

Le comte Charles-Philippe d'Artois, futur Charles X - Page 5 Danlou11Charles d’Artois

 

Le 17 juillet 1789

Réception de Louis XVI à l’Hôtel de Ville de Paris.

Peinture monumentale de Jean-Paul Laurens (vers 1887)

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

4 août 1789 : abolition des privilèges et droits féodaux | RetroNews - Le  site de presse de la BnFLa Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Le 17 septembre 1789

Sur la route de l’exil, Vaudreuil écrit à Artois   :

Vous avez de bien adorables sœurs et sûrement vous en sentez bien le prix . C’est un genre de sentiment bien doux que celui de la fraternité, quand on s’y livre avec abandon .  C’est une ressource assurée pour toutes les circonstances de la vie et les épanchements du cœur entre frère et sœur sont d’un charme inexprimable . Les intérêts sont presque toujours les mêmes . La gloire des uns fait la gloire des autres . Même sang les anime et une tendre union entre frère et sœur les honore tous . Voyez toutes les marques de tendresse que vous avez reçues de Madame Elisabeth depuis vos malheurs, on voit que la vertu approuve toutes les impulsions de son âme, quand elle s’abandonne à sa tendresse pour vous et que cette âme aimante est enchantée de trouver à la fois son devoir réuni au charme d’aimer son frère . Telle sera pour vous Mme la princesse de Piémont ( Vaudreuil est à Turin ).  Ses vertus et sa sensibilité vous en sont garants . Rappelez-vous, Monseigneur, ce que ma tendre amitié pour vous m’a inspiré cent fois de vous dire; que je vous répétais sans cesse que vous ne saviez pas jouir du bonheur d’avoir une sœur comme Madame Elisabeth . Le malheur a été pour vous une leçon plus sûre que le conseil d’un ami, et j’ai été témoin comme vous jouissez depuis votre départ de Versailles, des procédés touchants et de la tendresse de cette sœur adorable . Je voudrais bien qu’elle vous rejoignît et qu’elle fût dehors de cette terrible bagarre .  Méditez sur mon éloge de l’amitié fraternelle et votre cœur en saisira les précieux avantages et en goûtera les divines ressources .

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 — Wikipédia

Le 5 octobre 1789

Des milliers de femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

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Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

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Madame Élisabeth est la dernière à s’éveiller à sept heures et demi du matin… Elle rejoint toute la famille royale réfugiée dans la chambre d’apparat de son frère.

Gabriel Dufay est Louis XVI dans le docu fiction Louis XVI l'homme qui ne  voulais pas etre roi | Louis xvi, Louis

C’est Anne Letourneau qui interprète Madame Élisabeth dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

La famille royale est ramenée de force à Paris. 

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zparis10Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet
Le Domaine de Madame Elisabeth à Montreuil at Versailles Tourisme ...Le château de Montreuil

Lorsque le convoi de la monarchie passe près de son domaine, alors que Madame Élisabeth le regarde, Louis XVI lui demande : ” Vous saluez Montreuil?” et elle de lui répondre : ” Sire, je lui dis Adieu.

Aucune description disponible.Les Tuileries

La famille royale s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Madame Elisabeth est au rez-de-chaussée du côté cour du pavillon de Flore. Mais pendant plusieurs jours, la multitude ne cesse d’encombrer les cours des Tuileries. Son indiscrétion atteint un tel point que plusieurs femmes des halles se permettent de sauter dans l’appartement de la princesse qui se voit contrainte de déménager au premier étage du même pavillon afin d’être à l’abri des regards importuns ou de l’invasion des poissardes.

En octobre 1789

Marc-Marie de Bombelles est nommé Ambassadeur à Venise.

Le 16 octobre 1789

La Reine, qui a eu un courage incroyable, commence à être mieux vue par le peuple. J’espère qu’avec le temps et une conduite soutenue, nous pourrons regagner l’amour des Parisiens, qui n’ont été que trompés. Mais les gens de Versailles, monsieur ! avez-vous jamais vu une ingratitude plus affreuse? Non, je crois que le ciel, dans sa colère, a peuplé cette ville de monstres sortis des enfers. Qu’il faudra du temps pour leur faire sentir leurs torts! Et si j’étais roi, qu’il m’en faudrait pour croire à leur repentir! Que d’ingrats pour un honnête homme! Croiriez-vous bien, monsieur, que tous nos malheurs, loin de me ramener à Dieu, me donne un véritable dégoût pour tout ce qui est prière. Demandez au ciel pour moi la grâce de ne pas tout abandonner… Demandez aussi que tous les revers de la France fassent rentrer en eux-mêmes ceux qui pourraient y avoir contribué par leur irréligion.”

Madame Elisabeth à l’abbé de Lubersac

Marie-Antoinette et Madame Élisabeth continuent à avoir des frictions  aux Tuileries, lorsque Madame Élisabeth entretient une correspondance secrète avec Artois, correspondance que Marie-Antoinette désapprouve (la Reine craint plus que tout, l’intervention des émigrés français).

Angélique de Bombelles est encore aux côtés de son amie. Son mari et elle n’émigreront qu’après la chute de la monarchie…

Été 1790

La famille royale est autorisée à séjourner à Saint-Cloud.

Film 3D faisant le tour du Château de Saint-Cloud - YouTube

LOUIS XVI Médaille d'hommage à la famille royale fme_460286 MédaillesMédaille arborant les profils de Louis XVI, Marie-Antoinette et, plus rarement représentée, Madame Elisabeth

Des bruits courent selon lesquels Elle projette de s’évader…

tiny-librarian:
“ After signing each page of the Proces, Mme Elizabeth was taken back to her prison. She had no delusions as to her coming fate, and thought only of preparing for death. She knew she could expect no spiritual help, as none but a...Le 12 juillet 1790

Constitution civile du clergé.

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération.

Lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles Al710La Fête de la Fédération dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1988)

Courant novembre jusqu’au 8 décembre 1790

Séjour de la famille royale au château de Saint-Cloud.

Photographies du Château | Château, Chateau ile de france, Saint cloud

Le 26 décembre 1790

Le Roi sanctionne le décret sur la Constitution civile du clergé.

A ce propos, la lucidité d’Elisabeth reste entière: à la différence de tant d’autres, elle a compris dès les prémices de la Révolution que ce mouvement s’opérait d’abord contre Dieu et l’Eglise, accessoirement contre la monarchie, dans la mesure où celle-ci se voudrait garante de la sûreté des autels. 

Le 1er janvier 1791

Projet d’évasion de la famille royale (plan de Fersen, Bouillé et Breteuil) …

J’ai parlé de son goût pour la peinture. Le dernier tableau à l’huile que je lui ai vu faire à Paris, était une grande toile représentant un paysage avec une grande chute d’eau.

Félix d’Hézecques

Le 7 janvier 1791

A Madame de Raigecourt, Élisabeth écrit :

« … Je n’ai point de goût pour les martyres ; mais je sens que je serais heureuse d’avoir la certitude de le souffrir, plutôt que d’abandonner le moindre article de ma foi. J’espère que j’y suis destinée, Dieu m’en donnera la force. Il est si bon ! si bon ! C’est un Père si occupé du véritable bonheur de ses enfants, que nous devons avoir toute confiance en lui. As-tu été touchée, le jour des Rois, de la bonté de Dieu, qui appela les Gentils à Lui dans ce moment ? Les Gentils, c’étaient nous. Remercions-le donc bien ; soyons fidèles à notre foi ; ranimons-là ; ne perdons jamais de vue ce que nous lui devons et, sur tout le reste, abandonnons-nous avec une confiance vraiment filiale. »

Le 20 février 1791

Départ de Mesdames Adélaïde et Victoire qui partent pour Rome.

Le Roi doit intervenir pour qu’elles soient autorisées à quitter le territoire français.

A miniature of Madame Elisabeth, circa 19th century. [credit: oldcellar12/ebay]

  Le 13 mars 1791

Madame Élisabeth écrit à sa chère Bombelles:

« Au reste, mon cœur, j’ai cru voir par tes lettres et par d’autres que j’ai reçues, que l’on était étonné que je n’ai pas pris le même parti qu’Elles (ses tantes). Je n’ai pas cru voir mon devoir attaché à cette démarche. Voilà ce qui a dicté ma conduite. Mais crois que jamais je ne serai capable de trahir ni mes devoirs, ni ma Religion, ni mon sentiment pour les personnes qui le méritent seules, et avec qui je voudrais vivre, pour tout au monde. »

The dauphin and Madame Elisabeth in a park by Antoine-Louis-Francois Sergent-Marceau
Madame Elisabeth was the sister of Louis XVI, and was imprisoned along with Marie Antoinette, the king and their two children in the Temple.Madame Élisabeth et le Dauphin Louis-Charles dans les jardins des Tuileries par  Antoine-Louis-Francois Sergent-Marceau

Le 17 mars 1791

Après le départ de l’abbé Madier, le 19 février 1791, avec Mesdames, qui la confessait depuis l’âge de neuf ans, Madame Elisabeth a choisi l’abbé Edgeworth de Firmont. Leur première rencontre pour une confession a lieu ce jour.

Le 18 avril 1791

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph15Tableau de Joseph Navlet

La Famille Royale est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.

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Les projets d’évasion se concrétisent grâce, en particulier, à l’entremise d’Axel de Fersen (1755-1810).

Le 5 mai 1791

Madame Elisabeth écrit à la comtesse de Provence, sa belle-sœur :

«Vous este bien aimable ma chère sœur de m’avoir donné de vos nouvelles, et d’avoir toujours un peu d’amitiés pour moi; je ne puis pas croire ce que vous me mandés de votre santé, vous n’este pas encore d’age a éprouver les incommodités de la vieillesse, j’espère que le printemps vous fera du bien, irez-vous à la campagne cette année, je ne sais si on nous permettra d’aller a St Cloud, étant fort soumis a nos maîtres il n’est pas possible de former de projet, l’abandon a la providence est la vertu la plus nécessaire dans ce moment-ci, elle seule peut prévoir la fin de la constitution, on la désir beaucoup espérant que chaque individus y trouvera le calme si heureux et la paix, devenue si rare».


Elle ajoute:
 

«Avignon appartient encore au pape, cela a été décidé hier, Mr de Clermont a pensé être pendu pour avoir bien parlés sur cela.
Adieu ma chère sœur, je n’ai pas le temps de vous écrire plus longuement, j’espère que vous ne jugerez pas de mes sentiments par la taille de cette épître »

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 5 Unknow40Lettre d’Elisabeth à Madame
 

Le 20 juin 1791

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Évasion de la famille royale. Le Roi part avec la Reine, le Dauphin, Madame Royale, Madame Élisabeth et Madame de Tourzel. Madame Elisabeth est mise au courant au dernier moment tant on craint qu’elle fasse échouer le plan par son indiscrétion…

La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

Départ de Monsieur et Madame ( le comte et la comtesse de Provence) qui prennent la route de Gand.

Le 21 juin 1791

Sur la route de Montmédy – Marie-Antoinette AntoinetthologieImage de L’Evasion de Louis XVI (2009) d’Arnaud Sélignac

Le Roi et la famille royale sont arrêtés à Varennes.

akg-images - Arrestation de Louis XVI.Chez l’épicier Sauce à Varennes, par Prieur
enfant -roi - L'Enfant-Roi de Jean Kemm (1923) Enfant15L’attente chez Sauce vue par Jean Kemm dans l’Enfant-Roi (1923)

Les Provence passent la frontière.

Le 25 juin 1791

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zzztem10

La famille royale rentre à Paris sous escorte. Dans la berline, les voyageurs sont accompagnés de Barnave et de Pétion, qui pensera avoir séduit la sœur du Roi …

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Le Roi est suspendu.

Madame Élisabeth refusera toujours, même après Varennes, d’émigrer, alors que l’Assemblée ne se serait sans doute pas opposée à son départ (à l’instar de ce qui s’est passé par Mesdames Tantes, autorisées à quitter le territoire).

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Le 14 septembre 1791

Le Roi prête serment à la Constitution.

Louis XVI en roi citoyen | Histoire et analyse d'images et oeuvresLouis XVI, roi de France en roi citoyen (1791), par Jean-Baptiste-François Carteaux (1751 – 1813)

Le 9 novembre 1791

Le comte de Provence est sommé de rentrer en France.

Le 11 novembre 1791

Le Roi oppose son veto aux décrets des 31 octobre et 9 novembre.

Le 14 novembre 1791

Pétion est élu maire de Paris.

Le 29 novembre 1791

Décret faisant des prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé des “suspects”.

Le 19 décembre 1791

Le Roi oppose son veto au décret sur les prêtres insermentés.

Le 9 février 1792

Décret sur la confiscation des biens des émigrés.

Le 23 février 1792

Elle écrit au comte d’Artois  :

« (La Reine) n’a pas les défauts qu’on lui reproche. Je crois qu’elle a pu écouter des conseils suspects, mais elle supporte les maux qui l’accablent, avec un courage fort, et il faut encore plus la plaindre que la blâmer, car elle a de bonnes intentions…
Je ne sais si Dieu 
voudra que je me trompe, mais je crains bien qu’elle ne soit une des premières victimes de tout ce qui se passe, et j’ai le cœur trop serré à ce pressentiment, pour avoir encore du blâme…
… Vous savez la différence d’habitudes et de sociétés que votre sœur a toujours eue avec la Reine. Malgré cela, on se sentirait du rapprochement pour elle quand on la voit injustement accusée et quand on regarde en face l’avenir. »

Le 27 mai 1792

Décret sur la déportation des prêtres réfractaires.

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Le 29 mai 1792

Décret supprimant la garde constitutionnelle du Roi.

Le 8 juin 1792

Décret de formation d’un camp de fédérés à Paris.

Le 11 juin 1792

Louis XVI oppose son veto aux décrets des 27 mai et 8 juin.

Lui et la Reine sont désormais surnommés “Monsieur et Madame Veto”.

Le 20 juin 1792

Le peuple des faubourgs, encadré par des gardes nationaux et ses représentants, comme le brasseur Santerre (10 à 20 000 manifestants selon Roederer), pénètre dans l’assemblée, où Huguenin lit une pétition. Puis elle envahit le palais des Tuileries.

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-13Le peuple de Paris pénétrant dans le palais des Tuileries le 20 juin 1792
Jan Bulthuis, vers 1800
Escalier monumental des Tuileries (avant sa destruction)

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-15

« Avec le courage passif qui est le sien », selon Michel Vovelle, le Roi subit sans faiblir pendant deux heures le défilé de la foule, accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation pour faire passer les paroles de Legendre :

« Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore », mais refuse de retirer son veto comme de rappeler les ministres girondins, invoquant la loi et la constitution.

 

La Reine n’a pu parvenir jusqu’au Roi ; elle est dans la salle du conseil et on avait eu de même l’idée de la placer derrière la grande table, pour la garantir autant que possible de l’approche de ces barbares …  les révolutionnaires passent devant Elle afin de L’observer :

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  Ivr11_10

Elle avait attaché à sa tête une cocarde aux trois couleurs qu’un garde national lui avait donnée. Le pauvre petit dauphin était, ainsi que le roi, affublé d’un énorme bonnet rouge. La horde défila devant cette table ; les espèces d’étendards qu’elle portait étaient des symboles de la plus atroce barbarie. Il y en avait un qui représentait une potence à laquelle une méchante poupée était suspendue ; ces mots étaient écrits au bas : Marie Antoinette à la lanterne. Un autre était une planche sur laquelle on avait fixé un cœur de bœuf, autour duquel était écrit : cœur de Louis XVI. Enfin un troisième offrait les cornes d’un bœuf avec une légende obscène.
L’une des plus furieuses jacobines qui défilaient avec ces misérables s’arrêta pour vomir mille imprécations contre la reine.
Sa Majesté lui demanda si elle l’avait jamais vue : elle lui répondit que non ; si elle lui avait fait quelque mal personnel : sa réponse fut la même mais elle ajouta : “c’est vous qui faites le malheur de la nation.
– On vous l’a dit, reprit la reine ; on vous a trompée. Épouse d’un roi de France, mère du dauphin, je suis française, jamais je ne reverrai mon pays, je ne puis être heureuse ou malheureuse qu’en France ; j’étais heureuse quand vous m’aimiez”.
Cette mégère se mit à pleurer, à lui demander pardon, à lui dire : “c’est que je ne vous connaissais pas ; je vois que vous êtes bien bonne”.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  20_jui10

Mesdames de Lamballe, de Tarente, de La Roche-Aymon, de Mackau entourent alors la Reine, ainsi que Madame de Tourzel qui souligne dans ses Mémoires :

La Reine était toujours dans la chambre du Roi, lorsqu’un valet de chambre de Mgr le Dauphin accourut tout hors de lui avertir cette princesse que la salle était prise, la garde désarmée, les portes de l’appartement forcées, cassées et enfoncées, et qu’on le suivait.
On se décida à faire entrer la Reine dans la salle du Conseil, par laquelle Santerre faisait défiler sa troupe pour lui faire quitter le château. Elle se présenta à ces factieux au milieu de ses enfants, avec ce courage et cette grandeur d’âme qu’elle avait montrés les 5 et 6 octobre, et qu’elle opposa toujours à leurs injures et à leurs violences.
Sa Majesté s’assit, ayant une table devant elle, Mgr le Dauphin à sa droite et Madame à sa gauche, entourée du bataillon des Filles-Saint-Thomas, qui ne cessa d’opposer un mur inébranlable au peuple rugissant, qui l’invectivait continuellement.
Plusieurs députés s’étaient aussi réunis auprès d’elle.
Santerre fait écarter les grenadiers qui masquaient la Reine, pour lui adresser ces paroles : ” On vous égare, on vous trompe, Madame, le peuple vous aime mieux que vous le pensez, ainsi que le Roi ; ne craignez rien “.
-” Je ne suis ni égarée ni trompée, répondit la Reine, avec cette dignité qu’on admirait si souvent dans sa personne, et je sais (montrant les grenadiers qui l’entouraient) que je n’ai rien à craindre au milieu de la garde nationale “.
Santerre continua de faire défiler sa horde en lui montrant la Reine. Une femme lui présente un bonnet de laine ; Sa Majesté l’accepte, mais sans en couvrir son auguste front. On le met sur la tête de Mgr le Dauphin, et Santerre, voyant qu’il l’étouffait, le lui fait ôter et porter à la main.
Des femmes armées adressent la parole à la Reine et lui présentent les sans-culottes ; d’autres la menacent, sans que son visage perde un moment de son calme et de sa dignité.
Les cris de “Vivent la Nation, les sans-culottes, la liberté ! à bas le veto !” continuent.
Cette horde s’écoule enfin par les instances amicales et parfois assez brusques de Santerre, et le défilé ne finit qu’à huit heures du soir.
Madame Elisabeth, après avoir quitté le Roi, vint rejoindre la Reine, et lui donner de ses nouvelles.
Ce prince revint peu après dans sa chambre, et la Reine, qui en fut avertie, y entra immédiatement avec ses enfants.

Vers dix heures du soir

Pétion et les officiers municipaux font évacuer le château.

Même s’il a subi une humiliation, Louis XVI a fait échouer la manifestation, par son obstination imprévue et sa fermeté tranquille, et il se tient désormais sur ses gardes.
Surtout, elle renforce l’opposition royaliste, le déchaînement de la foule et le courage du Roi suscitant un courant d’opinion en sa faveur. Des départements parviennent à Paris adresses et pétitions pour dénoncer la manifestation, même si de nombreux clubs envoient des pétitions hostiles au Roi.
Pétion est suspendu de ses fonctions de maire.

Louis XVI conserve sa détermination à défendre la Constitution en espérant un sursaut de l’opinion en sa faveur, ce qui se manifeste le 14 juillet, troisième fête de la fédération, étant l’objet de manifestations de sympathie.

““I am the queen.” A depiction of assault on the Tuileries of June 20th, 1792; several people in the mob allegedly believed Madame Elisabeth to be Marie Antoinette and Elisabeth, to protect the queen, stepped forward and attempted to stop a man from...

Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

Fichier:Château de Chambord - La Reine, c'est moi.JPGLa Reine c’est moi, le 20 juin 1792. Madame Elisabeth prête à se sacrifier (château de Chambord)
Le 11 juillet 1792

“La patrie en danger”.

Le 25 juillet 1792

Signature du manifeste de Brunswick

Le 3 août 1792

Une majorité de sections de Paris demande la déchéance de Louis XVI.

Le 10 août 1792

En pleine nuit, le tocsin sonne au couvent des Cordeliers. Danton lance alors les sections parisiennes à l’assaut de l’hôtel de Ville, met à la porte la municipalité légale et y installe sa “commune insurrectionnelle”, qui s’effondrera le 9 thermidor avec Robespierre.

Le commandant de la garde Nationale, Galliot de Mandat, favorable à Louis XVI, est convoqué à l’hôtel de ville. C’est un piège. Dès qu’il y pénètre, il est assassiné. Son corps est jeté dans la seine, et sa tête, plantée sur une pique. Santerre, le roi des faubourgs, le remplace.

Les Tuileries constituent le dernier objectif. Pour défendre le palais, le Roi peut compter sur ses mille à mille deux cents gardes Suisses, sur trois cents chevaliers de Saint louis, sur une centaine de nobles et de gentilshommes qui lui sont restés fidèles. La Garde nationale est passée dans le camp adverse. Seul le bataillon royaliste des “filles de Saint Thomas” est demeuré fidèle au souverain.

On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide alors de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles.

Image des Années Lumière (1989) de Robert Enrico
Aucune description disponible.La famille royale juste avant le départ des Tuileries : à l’arrière-plan on devine le combat des soldats contre les émeutiers…

Roederer, le “procureur syndic du département” convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.

Image du film “Un Roi et son peuple”.

Traversant le jardin des Tuileries, et marchant sur des feuilles tombées des arbres, Louis XVI aurait dit : « L’hiver arrive vite, cette année ».     

Lise Delamare est Marie-Antoinette dans La Marseillaise (1938) de Jean Renoir

Across the courtyard we went, stumbling over the uneven cobblestones, and through a low wicket gate in the flank of the Tower. A twisting staircase made of thick slabs of stone rose up into the darkness above us. A guard bearing a torch climbed up...

 Louis XVI et sa famille sont conduits jusque dans la loge du greffier de l’Assemblée nationale (ou loge du logographe) , où la famille royale reste toute la journée. Louis XVI. en proie à la plus vive anxiété, se réfugie avec sa famille au sein de l’assemblée, où il entre en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

Film - La Révolution Française : les années lumière, les années ...Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Dans ses mémoires, Madame de Tourzel raconte ainsi la scène :

« Nous traversâmes tristement les Tuileries pour gagner l’Assemblée. MM. de Poix, d’Hervilly, de Fleurieu, de Bachmann, major des Suisses, le duc de Choiseul, mon fils et plusieurs autres se mirent à la suite de Sa Majesté mais on ne les laissa pas entrer ».

Dernier ordre de Louis XVI, le 10 août 1792 | Paris Musées

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses “de déposer à l’instant leurs armes“.

Jane Seymour est Marie-Antoinette dans les Années Lumières (1989)
           
 Images d’Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Louis XVI. en proie à la plus vive anxiété, se réfugie avec sa famille au sein de l’assemblée, où il entre en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

La foule envahit la cour du château et cherche à gagner les étages supérieurs.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph14La Prise des Tuileries , par Joseph Navlet

Revenu dans le château, Bachmann demande un ordre précis du roi, et cet ordre ne venant pas, il organise la défense des Gardes suisses qui font face à l’envahissement des émeutiers.

Journée du 10 août 1792 — Wikipédia

Image du film “Un Roi et son peuple”

Le Roi est suspendu de ses fonctions.

On August 10, 1792: The royal family taking refuge after the storming of the Tuileries Palace.
Gérard François Pascal Simon, baron (1770-1837)

“Still kept on the box at the Assembly, we witnessed the horrors of all kinds which there took place. Sometimes they assailed my father and all his family with [the basest and most atrocious] insults, triumphing over him with cruel joy; sometimes...

Le soir du 10 août 1792

La famille royale est logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles: quatre pièces du couvent seulement leur sont dédiées… pendant trois jours.

Le 13 août 1792

La prison du Temple 1792-1795 : l'épreuve de la famille royaleCaricature qui montre Louis XVI coiffé du bonnet vert des forçats

“At the barrier of Paris we found an immense crowd assembled on the road along which our unfortunate King had to pass. Everybody had his head covered, by order of M. de la Fayette, who had, moreover, enjoined the most absolute silence, in order, he...

La Commune décide de transférer la famille royale au Temple… en passant par la place Louis XV qu’on a déjà rebaptisée Place de la Révolution, on montre au Roi comme la statue de son grand-père est en train d’être déboulonnée pour faire disparaître toutes les marques du régime qui devient dès lors ancien…

tiny-librarian:
“  The carriage was not allowed to take the shortest road, but was conducted some miles round, that it might be led in triumph down the Champs Élysées, where a vast mob was waiting to feast their eyes on the spectacle, whose display...

Selon Madame de Tourzel, la famille royale, accueillie par Santerre, voit d’abord la cour du palais illuminée de lampions comme s’ils étaient attendus pour une fête ; on retrouve l’ambiance des grands couverts qui rythmaient la vie de Cour à Versailles et aux Tuileries…

Charles-Eloi Vial

Après un splendide dîner servi dans l’ancien palais du comte d’Artois ( où la famille royale espère encore être logée) , la messe est dite dans un salon. Après avoir visité les lieux, Louis XVI commence à répartir les logements.

“[After 1791] Their Majesties did not perform their Easter devotions in public, because they could neither declare for the constitutional clergy, nor act so as to show that they were against them.
The Queen did perform her Easter devotions in 1792;...

A onze heures du soir 

Alors que le Dauphin est gagné par le sommeil et que madame de Tourzel est surprise d’être emmenée en direction de la Tour, le Roi  comprend qu’il a été joué par la Commune.

Pétion, qui estimait que la grande Tour était en trop mauvais état, a résolu de loger la famille royale dans la petite en attendant la fin des travaux ordonnés pour isoler la prison du monde extérieur.

Charles-Eloi Vial

La Tour qui tant frémir Marie-Antoinette, autrefois,  qu’Elle avait demandé à Son beau-frère qu’il la détruise. Était-ce un pressentiment de Sa part? 

Temple - Plans et aménagements du donjon du Temple : la grande tour, la petite tour - Page 2 Le_don10La Tour du Temple

Quittant les magnifiques salons du comte d’Artois, la famille royale est emmenée dans la petite tour pour être logés dans les appartements de Jacques-Albert Berthélemy, ancien avocat archiviste de l’ordre de Malte, détenteur de cette charge depuis 1774. Il avait obtenu ce logement de fonction en 1782, où il vivait , en vieux célibataire et il n’y avait véritablement de la place chez lui que pour loger un seul maître de maison. Pour des raisons de sécurité, les domestiques héritent des pièces du bas, les plus confortables, tandis que la famille royale loge dans les parties hautes de la tour, dans des pièces à l’abandon depuis des années. Du mobilier est apporté du Garde-Meuble et du palais du Temple afin de compléter celui de l’archiviste.

Charles-Eloi Vial

Louis XVI gets disarmed in the Temple tower. “From me one has nothing to fear”.A son arrivée au Temple, on retire au Roi tout objet coupant avec lequel il pourrait attenter à ses jours…

Le 20 août 1792

On vient chercher tous ceux qui n’appartiennent pas à la Famille Royale stricto sensu. Madame de Lamballe, Madame de Tourzel et sa fille Pauline sont transférées dans l’affreuse prison de la Petite Force, les trois dames sont réunies dans une seule cellule assez spacieuse.

Le 3 septembre 1792

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Les débuts de la Terreur (avec images) | Histoire de la peinture ...

Massacres dans les prisons.

Le 15 septembre 1792

Le duc d’Orléans, rebaptisé Philippe Égalité, cousin du Roi, est élu député à la Convention.

Le 20 septembre 1792

La bataille de Valmy est remportée par l’armée française commandée par Dumouriez et Kellermann sur l’armée coalisée commandée par le duc de Brunswick.

Fidèle au Roi Louis XVI, les Bombelles émigrent en Suisse après la bataille de Valmy. Il loge alors au château de Wartegg à Rorschach dans le canton de Saint-Gall, puis s’installent à Ratisbonne.

I received La Revolution Francaise (from Larousse publishing) in the mail today. This was my second attempt to get this book! I originally purchased a copy from a seller on Abebooks but got a refund because it was 2 months since I ordered, and a...
   Promenade de la famille royale dans le jardin du Temple dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron
tiny-librarian:
“ Miniature of Madame Elisabeth, the youngest sister of Louis XVI.
Source
”Madame Elisabeth

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Aperçu de l’imageRepas de la Famille Royale au Temple dans le film de Jean Delannoy. C’est Suzy Carrier qui interprète la princesse Élisabeth
Et en 1976 dans la série de Guy-André Lefranc, avec Dominique Borg dans le rôle de la princesse Elisabeth

C’est à ce moment que la famille de Bombelles choisit d’émigrer en Suisse…

Reconstitution d’une chambre du Temple avec du mobilier provenant de chacune, au musée Carnavalet. Paris

Peu à peu la Famille Royale adopte un rythme de vie régulier :

6 h : lever du Roi. Prière. Le reste de la famille se lève un peu plus tard.
9 h : petit-déjeuner, assez copieux, du moins au début puis instruction des enfants
12 h : promenade sur le chemin de ronde
13 h : retour dans les appartements
14 h : déjeuner puis jeux du type échecs et broderie
16 h : sieste du Roi puis, de nouveau, instruction des enfants
20 h : dîner et coucher des enfants
21 h : dîner des adultes
Vers minuit : coucher

Michèle Morgan in Marie Antoinette (1956)
It seems this is one of the few films that includes Madame Elisabeth with the royal family in their imprisonment.Image de Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy 
Louis XVI and his family in the Temple, after a painting by Edward Ward. 19th century.
[credit: AKG Images]Louis XVI et sa famille à la prison du Temple par Edward Ward
La famille royale en promenade dans l’enclos du Temple

Le 11 décembre 1792

Louis XVI comparaît devant la Convention pour la première fois. Il est autorisé à choisir un avocat. Il demandera l’aide de Tronchet, de Monsieur de Sèze et de Target. Celui-ci refuse. Monsieur de Malesherbes (1721-1794) se porte volontaire.

“Say to the queen, to my dear children, to my sister, that although I promised to see them this morning, I wish to spare them the pain of so cruel a separation.–How much it costs me to go without receiving their last embraces!
”
–Louis XVI to...Marie-Antoinette, Ses enfants et Sa belle-sœur tentent d’entendre l’évolution du procès du Roi par ce qu’en disent les bruits de la rue… notamment les crieurs

Le 26 décembre 1792

Seconde comparution de Louis XVI devant la Convention.

Activité : le procès de Louis XVI, un événement politique majeur de la  Révolution française | Clio Lycée

Du 16 au 18 janvier 1793

La Convention vote la mort du Roi. Philippe Égalité est l’un de ceux qui ont donné leur voix pour la peine capitale.

Une semaine, une médaille ! - N° 24.

Aucune description disponible.

Detail from an engraving depicting Louis XVI bidding farewell to his family, circa late 18th century.  [credit: AuctionArt - Rémy Le Fur & Associés]

Thème N°2 : - Histoire/géographie/Condorcet

 

Le 21 janvier 1793

Dix heures vingt-deux minutes

Exécution de Louis XVI qui a pu prendre congé de sa famille la veille et être accompagné à l’échafaud par un prêtre insermenté, l’abbé Edgeworth de Firmont (1745-1807).

Louis XVI et l'Abbé Edgeworth au pied de l'échafaud le 21 Janvier 1793 /  Auteur : Charles Benazech en 1793. | Art historique, Louis xvi, Révolution  française

“The morning of that terrible day [of the king’s death] we rose at six o'clock. The evening before my mother had scarcely strength enough to undress my brother and put him to bed; she then threw herself, dressed as she was, upon her bed, and we heard...Norma Shearer (1938)

Le 24 janvier 1793

Madame Royale est soignée par le Docteur Brunier:

Gouache de Jean-Baptiste Mallet:                                                                                                          Au centre, assise sur une chaise, se tient Marie-Antoinette, à Sa gauche, Madame Royale, vêtue de blanc sur un fauteuil, et le jeune Louis XVII qui se tient debout. Entre eux Madame Elisabeth. A droite de la composition, deux ” municipaux ” surveillent la scène.

En Mars 1793

Début de l’insurrection en Vendée.

Le 10 mars 1793

Formation du Tribunal révolutionnaire.

Le 20 mars 1793

Après l’exécution du Roi, Marie-Antoinette demeure au Temple avec ses deux enfants et sa belle-sœur Élisabeth.Quelques fidèles tentent de les faire évader.

Jane Seymour et Anne Letourneau dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron

D’abord un officier municipal, nommé Toulan, Méridional au cœur chaud qui, muni d’un billet de la Reine, entre en rapport avec Jarjayes et lui soumet un plan hasardeux. Des habits d’officiers municipaux seront cachés dans la Tour, la Reine et Madame Élisabeth les revêtiront le jour où Toulan sera de garde avec son collègue Lepitre, comme lui royaliste de cœur.

Un faux lampiste viendra allumer les réverbères, les enfants déguisés lui seront remis, ils passeront pour les siens.

Tout paraît d’abord succéder.

Adroit, Toulan fait pénétrer au Temple Jarjayes qui, ayant parlé à la Reine, fournit les fonds nécessaires.On se procure des voitures et des passeports; les fugitifs doivent gagner la Normandie puis l’Angleterre.

Mais Toulan est dénoncé a la Commune et le projet avorte. Marie-Antoinette pourrait s’enfuir seule, elle refuse, veut partager le sort de ses enfants :« Nous avons fait un beau rêve, voilà tout… »

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Geneviève Casile""Dominique Borg interprète Madame Élisabeth dans la série  de Guy-André Lefranc de 1976

Le 6 avril 1793

Formation du Comité de Salut public.

Le 22 juin 1793

Le baron de Batz, singulier personnage au cerveau débordant d’idées, royaliste fougueux, financier sans vergogne, s’il n’a pu sauver Louis XVI le 21 janvier, n’a pas renoncé a sauver sa famille.

A son tour, ce diable d’homme, aidé de l’officier municipal Mîchonis et d’un épicier appelé Cortey, capitaine dans la garde nationale, s’introduit au Temple, le jour où Michonis est de service à la Tour.

Les princesses, revêtues de capotes d’uniforme, doivent sortir l’arme au bras avec le dauphin dans une patrouille conduite par Cortey.

A onze heures du soir

Le moment parait venu.

Mais, avertie par une lettre anonyme (provenant sans doute des Tison, espions qu’elle a placés au Temple), la Commune envoie l’un de ses membres, le cordonnier Simon, inviter Michonis a lui remettre ses pouvoirs et a se rendre à l’Hôtel de ville.

Michonis ne peut qu’obéir, Batz s’enfuit; une fois de plus le complot a avorté.

Elisabeth - Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 6 17425010Miniature représentant Madame Élisabeth (Auteur inconnu)

Le 29 juin 1793

Prise de remords terribles, Madame Tison sombre bientôt dans la folie . Il faut la retirer de la tour du Temple.

Le 3 juillet 1793

Louis-Charles, Louis XVII, est enlevé à sa mère et confié au cordonnier Antoine Simon (1736-1794).

Exposition "Heurs et malheurs de Louis XVII", musée de la … | Flickr

Detail of Madame Elisabeth from The Last Parting of Marie Antoinette and her Son by Edward Matthew Ward, 1856.Madame Elisabeth détail de  La Séparation de Marie Antoinette et Son Fils (1856)  par Edward Matthew Ward

Detail from The Last Parting of Marie Antoinette and her Son by Edward Matthew Ward, 1856.

Pendant une heure, la Reine lutte pour convaincre les cinq municipaux de Lui laisser Son fils… en vain…

Portraits de Marie-Antoinette dans les prisons du Temple et de la Conciergerie Tumblr10

Ce n’est que lorsque les envoyés du Comité de salut public La menacent de s’en prendre à la vie de Ses enfants que Marie-Antoinette les laissent emmener Son Chou d’amour qui logera dans l’ancien “appartement” de Louis XVI, un étage en dessous…

Le 2 août 1793 à deux heures quarante du matin

Aucune description disponible.

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

Août 1793

 Grâce à Michonis Marie-Antoinette obtient qu’on Lui envoie du Temple un colis de la part de Madame Élisabeth contenant des chemises, deux paires de bas de soie noire, une cape et une paire de chaussures à la “Saint-Huberty”, dont Elle avait besoin d’urgence, car les Siennes étaient pourries par l’humidité…

Le 5 septembre 1793

La Terreur est mise à l’ordre du jour.

Le 17 septembre 1793

Loi des suspects

Le 3 octobre 1793

La Reine est déférée au Tribunal révolutionnaire.

Hébert prépare son ignoble accusation d’inceste. On fait signer un aveu au petit Louis-Charles, qui y révèle des choses affreuses , notamment que sa mère et sa tante le faisaient souvent coucher entre elles… Lorsqu’Élisabeth est confrontée à son neveu elle ne peut relâcher :

Le petit monstre !!!

Le 16 octobre 1793

Marie-Antoinette est condamnée à mort, en rentrant dans Sa cellule, Elle adresse à Madame Élisabeth cette ultime lettre qui ne lui parviendra jamais :

ce 16 8bre à 4 h ½ du matin

C’est à vous, ma Sœur, que j’écris pour la dernière fois. Je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère ; comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien, j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n’existais que pour eux, et vous, ma bonne et tendre Sœur : vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous ; dans quelle position je vous laisse ! J’ai appris par le plaidoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra, recevez pour eux deux ici, ma bénédiction. J’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer, que les principes, et l’exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle, en feront le bonheur ; que ma fille sente qu’à l’âge qu’elle a, elle doit toujours aider son frère pour les conseils que [rature] l’expérience qu’elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils à son tour, rende à sa sœur, tous les soins, les services que l’amitié peut inspirer ; qu’ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu’ils prennent exemple de nous, combien dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolations, et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu’il ne cherche jamais à venger notre mort. J’ai à vous parler d’une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant, doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère Sœur ; pensez à l’âge qu’il a, et combien il est facile de faire dire a[sic]un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas, un jour viendra, j’espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J’aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais, outre qu’on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide, que je n’en aurais réellement pas eu le temps.

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée, n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop, si ils y entraient une fois. Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que dans sa bonté il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu’il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tout ceux que je connais, et à vous, ma Sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aura pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes [rature] et à tous mes frères et sœurs. J’avais des amis, l’idée d’en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j’emporte en mourant, qu’ils sachent, du moins, que jusqu’à mon dernier moment, j’ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre Sœur ; puisse cette lettre vous arriver ! pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants ; mon Dieu ! qu’il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu ! je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être, un prêtre, mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.

Le 9  mai 1794 au soir

Madame Elisabeth en son domaine – Héritages

Marie-Thérèse Charlotte on her aunt, Madame Elisabeth, being removed from the Temple
“ Until May 9th nothing remarkable happened. On that day, just as we were going to bed the bolts were withdrawn and some one knocked at our door. My aunt replied...

On extirpe Madame Élisabeth du Temple, on la conduit à la Conciergerie où à son arrivée personne ne lui dit ce qu’il est advenu de la Reine… elle pense être mise en cellule avec Elle, mais devant la gêne et le silence elle pense que Marie-Antoinette en tant que reine déchue est mise au secret…

En fait, ce n’est que pour la présenter au Tribunal Révolutionnaire …  D’ailleurs son procès est un bel exemple de mascarade révolutionnaire à son apogée … très certainement le procès de trop.

Ce fut la section du Panthéon français qui demanda officiellement son procès et sa mort…

il est temps que la terre de la liberté cesse de nourrir ses plus mortels ennemis”…

en fait la terre de la liberté préférait s’arroser du sang de victimes innocentes…

“ My aunt kissed me and told me to be calm for she would soon return. “No, citoyenne, you will not return,” they said to her; “take your cap and come down.” They loaded her then with insults and coarse speeches; she bore it all with patience, took...

The parting of Madame Elisabeth from Marie Therese Charlotte in the Temple Prison (Paul Delaroche, 1854)

Robespierre et le comité du salut public n’ont pas eu un rôle simple…  D’une part satisfaire les exigences de la nation… et d’autre part trouver les moyens de discréditer la “sainte du Temple” comme dit Monique de Huertas. Rien ne peut être prouvé et articulé contre elle, d’autant que personne n’y croirait… Madame Élisabeth n’est pas Marie-Antoinette aux yeux des français.

A painting depicting Madame Elisabeth, sister of Louis XVI, in the Temple by an unknown artist. Circa 19th century. [credit: Coutau-Begarie, Souvenirs Historiques auction, November 18 2020. Image via Invaluable.]Madame Elisabeth esseulée à la Conciergerie

Par contre, on lui fait un premier interrogatoire proche de celui de la Reine… elle réfute tout et surtout le vol des diamants de la Couronne intervenu alors qu’elle était en détention … et c’est Chauveau-Lagarde qui est nommé pour conseil pour Madame Élisabeth…

Madame Élisabeth, sœur  de Louis XVI - Page 6 45236410Madame Elisabeth à la Conciergerie

Chauveau-Lagarde ne peut s’entretenir avec elle… on lui avait menti sur les dates… et est surpris de retrouver le jour même Madame Élisabeth dans la salle du tribunal positionnée de façon à ce que l’on ne voit qu’elle… d’ailleurs sur vingt-cinq prévenus, l’attention du procès ne porte que sur elle. Une fille de France c’est rare dans ce temple de justice déraisonnable où les accusés ne peuvent même plus se défendre…

Comme Fouquier-Tinville la qualifie de “sœur du tyran” , elle a le front de lui rétorquer:

-“Si mon frère avait été ce que vous dites, vous ne seriez pas là où vous êtes, ni moi, là où je suis !”

On parle de dépenses, de “mauvaise vie”, de ses diamants qu’elle fit passer à l’étranger, des mauvais traitements sur Louis XVII, de son art elle aussi de dissimulation… bref on cherche avant tout à la supprimer.

Chauveau-Lagarde , au regard de cette mascarade de procès aura une superbe plaidoirie…

Au lieu d’une défense je n’ai plus à présenter pour la citoyenne Elisabeth que son apologie

… ce à quoi Dumas rétorque

“Vous corrompez la morale publique”  

… on le voit juger et condamner Madame Élisabeth était très dangereux car il n’y avait rien à articuler contre elle.

Quoiqu’il en soit, elle est condamnée avec ses vingt-cinq compagnons de procès, parmi lesquels on compte Calixte de Montmorin (22 ans), madame de Montmorin sa mère, Charles de Lémonie, Charlotte de Lémonie, La marquise de l’Aigle, madame de Lamoignon, Georges Folappe, Marcel Letelliet . Elle impressionne par son calme, sa douceur…

On lui refuse le secours d’un prêtre :

Fouquier-Tinville a un geste de dérision en s’exclamant: “Bah! Bah! Elle mourra bien sans la bénédiction d’un capucin!”

D’après ce qu’il confiera à la princesse de Tarente, l’abbé Magnin, confesseur de Marie-Antoinette, put aussi donner à la princesse la dernière absolution. Une nouvelle fois, Elisabeth prie le concierge de bien vouloir présenter ses compliments à sa sœur. C’est alors qu’elle apprend enfin par une accusée le destin de Marie-Antoinette…

Je vois que vous ignorez encore que Madame votre sœur a subi le sort que nous allons subir à notre tour.

Le 10 mai 1794

Jour de l’exécution de Madame Élisabeth:

Detail from a preparatory sketch titled Madame Elisabeth conducted to the scaffold by Paul Delaroche. Circa 1856.

La dernière toilette de Madame Elisabeth

Elle encourage ses compagnons à la mort, à cette dure fatalité, elle rassure, elle écoute, elle conseille … en un mot elle est le pilier psychologique de cette fournée pour l’échafaud.

Un gardien nommé Geoffroy relate que tous, comme attirés par une force surnaturelle, viennent se grouper autour d’Elisabeth. A chacun elle dit un mot, une phrase, qui vient du plus profond de son cœur :

Ayez confiance en Dieu, qui récompense tous les sacrifices maintenant accomplis… Je vous conjure d’offrir votre vie pour le salut de votre âme, et aussi pour celui de la France…

Au comte Loménie de Brienne, ancien ministre de Louis XVI, qui gémit n’avoir cessé de faire le bien dans son domaine:

Ah! Monsieur, s’il est beau de mériter l’estime de ses concitoyens, croyez qu’il est encore plus beau de mériter la clémence de Dieu. Vous avez montré à vos compatriotes comment faire le bien, vous leur montrerez comment on meurt quand on a la conscience en paix.

  Madame de Montmorin pleure, non pas sur elle, mais pour son fils, si jeune, qui tente en vain de la consoler : Je veux bien mourir, mais je ne puis le voir mourir, lui…

Vous aimez votre fils et vous ne voulez pas qu’il vous accompagne! s’étonne Elisabeth.Vous allez trouver les félicités du Ciel, et vous voulez qu’il demeure sur cette terre où il n’y a aujourd’hui que tourments et douleurs!

-Viens, viens, mon enfant, nous monterons ensemble! s’exclame la malheureuse mère, transfigurée

propos recueillis par Marguerite, une domestique de Madame de Montmorin

Madame de Lamoignon offre sans regret ce qui lui reste de vie, ainsi que la marquise de Crussol d’Amboise, âgée de soixante-quatre ans.

Voyez mes amis, il faut nous réjouir: on n’exige point de nous, comme des anciens martyrs, le sacrifice de nos croyances, on ne nous demande que l’abandon de notre misérable vie !  Faisons à Dieu ce faible sacrifice avec résignation.

On vient procéder à la toilette funèbre des condamnés. Elisabeth sent sur son cou délicat la lame froide des ciseaux. La chevelure tombe à ses pieds… Elle sera vendue un bon prix avec toutes les autres.

Un roulement sourd retentit dans la cour de Mai. Ce sont les charrettes, ces véhicules que Barère de Vieuzac appelle “les bières des vivants”, qui viennent chercher ceux qui doivent mourir.

La princesse, peut-être en un dernier geste de coquetterie ou par respect des convenances, recouvre ses mèches inégales d’un grand mouchoir blanc.

Avant de partir, elle conjure la comtesse de Sérilly de faire l’aveu de sa grossesse.

A quoi bon? répète la jeune veuve, pourquoi prolonger mes souffrances?

Elisabeth la résonne, lui fait comprendre que c’est un devoir sacré envers l’enfant qu’elle porte et en souvenir de son mari. Madame Sérilly finit par s’incliner et sera sauvée par la chute de Robespierre.

 Le ciel est radieusement bleu en ce 20 floréal, an II de la République.

C’est son médecin et ami, Dassy, le compagnon des promenades à Fontainebleau, qui en la voyant dans la charrette parlera d’ange qu’on mène à l’échafaud … Le docteur Dassy se sent défaillir. Suffoqué de chagrin, il peut à peine se traîner vers son domicile et dire à son épouse: J’ai reçu un coup de mort.   Il lui faudra plusieurs jours pour se remettre.

pour tout dire personne ne savait qu’elle allait mourir et un silence s’impose lorsque la charrette passe. Les gens qui crient, en reconnaissant la condamnée se taisent car ils sont consternés.

“le peuple l’admire et ne l’insulte point“…“comme si la vue de la martyre arrêtait sur ses lèvres tout blasphème et toute injure

Moelle, membre de la Commune

L’abbé de Sambucy, devenu tourneur chez un quincaillier en face de la cour de Mai, accompagne longtemps du regard la fine silhouette blanche; avec son fichu de mousseline qui couvre ses épaules.

Moelle, qui a souvent vu Elisabeth au Temple, se trouve à la descente du Pont-Neuf, du côté du quai de l’Ecole. Il remarque à ce moment que le grand mouchoir blanc qui couvrait la tête de la princesse vient de glisser et tomber à ses pieds. Le bourreau, debout à ses côtés, propose de le lui replacer, et, sur le refus d’Elisabeth, il met le mouchoir dans sa poche. Le réflexe bien naturel de dissimuler l’horrible coupe de cheveux est dépassé et plutôt que d’être touchée par cet homme dont les mains ont été rougies par le sang des siens, elle préfère rester tête nue.

Madame Élisabeth récite à haute voix le De Profundis, Calixte de Montmorin criant “Vive le Roi” à chaque cris de Vive la république… suivi en cela par de jeunes co condamnés domestiques.

Descendue du véhicule, elle s’assied sur un banc avec “sa cour”, le dos à l’échafaud. Chaque condamné s’incline devant la princesse qui donne le baiser de paix à chacune des dames gravissant les marches fatales…

Fouquier-Tinville et Dumas, selon un usage cruellement raffiné, l’ont désignée comme la dernière à passer sous le couperet. Claude-Louise-Angélique Bersin, marquise de Crussol d’Amboise (1730-1794), appelée la première s’incline profondément devant la princesse et lui demande la grâce de pouvoir l’embrasser.

Elisabeth se souvient-elle de la petite fille qui refusait d’embrasser ceux qui n’appartenaient pas à sa famille?   Elle sourit:

« Bien volontiers, et de tout mon cœur ».

Chez elle, ce n’est pas un vain mot. Toutes les femmes reçoivent ce baiser, baiser de paix, communion spirituelle avec elle.

Les hommes ploient le genou : “Elle préside ainsi, en vraie princesse du sang, sa dernière réception, entourée des égards, du respect et de l’amour de ses compagnons“.

Chaque fois que le bourreau accomplit sa sinistre besogne, la foule hurle: “Vive la Nation! Vive la République!

Acclamations auxquelles Calixte de Montmorin répond par un vibrant “Vive le Roi!” répété aussitôt par le brave Baptiste Dubois, domestique de son état, peut-être secrètement fier de se trouver en compagnie d’aussi beau monde pour mourir.

Enfin l’abbé Chambertrand monte à son tour les marches raides. « Courage et foi en la miséricorde de Dieu », murmure Elisabeth en guise d’adieu.

La voici seule…

-Elisabeth Capet!

Elle se lève sans hésiter. D’un pas ferme, elle gravit les degrés.

“ … Madame Élisabeth was placed nearest the steps to the scaffold, but she was the last of the twenty-five called to ascend them; she was to see and hear the killing of them all before her turn should come. During that time she never ceased to say...

On note le silence de la foule durant sa montée des marches et sa mort… même pas de tambours le temps semble s’être arrêté… Tandis qu’on l’attache sur la planche , son fichu de mousseline glisse, découvrant ses épaules.

Au nom de la pudeur, couvrez-moi., monsieur” demande-t-elle au bourreau.

Avec douceur, le bourreau lui rajuste son fichu.

Ce sont ses dernières paroles.

Le capitaine Macé devant donner le signal exécution tombe paralysé et en transe… et le peuple quittera la place en silence…

La légende veut qu’une odeur de roses se dégageait après que le couperet avait séparé la tête du corps de Madame Élisabeth. Légende répandue sans nul doute pour que Madame Élisabeth soit classée rapidement parmi les Saintes Martyres de la Religion…

Si j’étais peintre, a écrit Ernest Daudet, et si j’avais à fixer le portrait de cette boucherie sur la toile, je montrerais, au moment où la princesse reçoit le coup de mort, une blanche colombe s’élançant de son corps mutilé… Cette image de légende symboliserait une chose admirable: une âme de martyre allant au ciel, non pour lui demander vengeance contre ceux qui l’on fait périr, mais pour supplier de leur pardonner“.

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Comme saisie de stupeur, la foule s’écoule en silence.

Au moment où j’ai aperçu la charrette sur laquelle on place les cadavres et les têtes des victimes, relate la femme Baudet, concierge de l’hospice de Devillars, rue du Regard, je suis partie comme le vent!

Elle est morte comme un héros, avec une telle patience et une telle tranquillité que sa mort a produit, même parmi les monstres qui l’ont égorgée, un tel étonnement que, le soir même du 10, il fut porté chez tous les imprimeurs et journalistes un ordre du Comité du salut public, qui défendait de parler d’aucun détail de cet événement“.

Derrière la guillotine stationne un tombereau attelé de deux chevaux. A l’intérieur, deux paniers: l’un relativement grand pour les corps, l’autre plus petit pour les têtes des suppliciés.  Escorté par la gendarmerie, le funèbre véhicule se met en marche en grinçant.

Quelques rares cris isolés de “Vive la République!” s’élèvent, poussés par des irréductibles.

Lentement, le convoi suit les rues de la Madeleine, de l’Arcade, de la Pologne, de Saint-Lazare et gravit la rue du Rocher. Nulle manifestation ne se produit sur le parcours, parfois, derrière la vitre d’une fenêtre, on devine un visage à demi dissimulé par les rideaux. Quelques passants se signent furtivement.

Au haut de la montée, la rue du Rocher dont le tracé est resté le même, prend alors le nom de rue des Errancis, un simple chemin de terre qui conduit à la barrière de Mousseau (aujourd’hui Monceau).

Depuis deux mois, cet enclos, où l’on remarque encore des traces de culture, sert de cimetière, celui de la Madeleine n’ayant plus suffisamment de terre pour recouvrir les trépassés. Dans l’enclos, une tranchée de douze à quinze pieds a déjà été préparée.

Le corps de Madame Elisabeth est aisément reconnaissable. Exécutée en dernier, elle repose sur la pile de cadavres et, de ce fait, ses vêtements blancs sont à peine tâchés de sang. Celle dont les derniers mots ont été un appel à la pudeur est alors dépouillée de ses effets qui seront remis à l’Hôtel-Dieu, avec tous les autres. Les cadavres peut-être encore tièdes sont descendus et rangés dans la fosse, mais (détail atroce) les têtes sont mises au petit bonheur.  De sorte que si le fossoyeur déclarera plus tard que la princesse a été couchée “face contre terre, dans le fond de la fosse, du côté le plus rapproché du mur”, il ne put préciser où se trouvait la tête… 

Le fond de la tombe une fois rempli, on recouvre de terres les suppliciés, et ainsi de suite jusqu’à la troisième rangée sur une hauteur de trois pieds de terre.   Au 97 rue de Monceau, presque à l’angle que cette rue forme avec la rue du Rocher, on peut lire sur une plaque: “Emplacement de l’ancien cimetière des Errancis où furent inhumés, du 24 mars 1794 au mois de mai 1795, les corps de 1119 personnes guillotinées place de la Révolution“.

Quand le commis de l’exécuteur, le citoyen Desmouret, fouille dans les poches de Madame Elisabeth, il trouve les précieux trésors qu’elle a voulu conserver jusqu’au dernier instant: un mini-crucifix enfermé dans un médaillon en verre cerclé d’or; un cachet en or en trois parties représentant les armes de France et de Navarre “de l’Ancien Régime”, l’autre une colombe et la dernière une tête d’homme; une chaîne en or où se trouve attaché un cœur contenant des cheveux et une petite croix en or; une médaille d’argent représentant une immaculée conception de la ci-devant Vierge et une petite clé de portefeuille…

La statue de la  Reine à la Chapelle Expiatoire inaugurée le 21 janvier 1815 par Louis XVIII, rend hommage à sa sœur aussi.

Marie-Antoinette semble abattue par la douleur et implore l’aide de la Religion. Cette dernière drapée et voilée soutient la Reine Lui montrant la croix a les traits de Madame Elisabeth, dont le corps, jamais retrouvé, fut jeté dans une fosse commune du cimetière Monceaux

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Petit mémorial en mémoire de Madame Elisabeth à l’entrée du cachot de Marie-Antoinette à la Conciergerie

En 1953

Le pape Pie XII (1876-1958) reconnaît par décret le caractère héroïque des vertus de Madame Elisabeth simplement à cause de son martyre pendant la Révolution française. La princesse a été déclarée Servante de Dieu et la cause de béatification a été officiellement présentée le 23 décembre 1953 par le cardinal Maurice Feltin, archevêque de Paris.

En 2016

Le cardinal André Vingt-Trois (1942-2007), archevêque de Paris, a réactivé la cause de sa béatification. Le Père Xavier Snoëk (1920-1990), curé de la paroisse de Sainte-Élisabeth-de-Hongrie, a été nommé postulateur de la cause. L’église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie est située à quelques pas de l’ancienne prison du Temple, aujourd’hui un parc.

En mai 2017

Le cardinal André Vingt-Trois a reconnu le contenu du dossier présenté par une association de fidèles initiateurs qui se sont engagés dans cette canonisation comme valide.

Le 15 novembre 2017

Après consultation de la Conférence épiscopale française et après approbation totale, le cardinal Vingt-Trois a officiellement annoncé au soi-disant nihil obstat de la Congrégation pour les affaires des saints à Rome qu’il espère sincèrement que le processus engagé la canonisation de Madame Elisabeth.

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