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L'AlmanachLa Cour de FranceMaison de la Reine

Adélaïde Auguié

Aucune description disponible.Adélaïde Auguié par Wertmüller

 Le 10 septembre 1758

Naissance de Adélaïde-Henriette Genêt (1758-1794), fille de Jacques Edmond Genet (1726-1781), premier commis aux Affaires étrangères, et de Jeanne Louise Henriette Cardon (1724-1782), marchande lingère, à Paris.

Lise Cardon        et        Edme Genet

Elle est la sœur de Jeanne-Louise-Henriette, plus connue sous le nom de Madame Campan (1752-1822) , la fidèle femme de chambre auprès de Marie-Antoinette qui laissera de célèbres mémoires.

Le 8 janvier 1763

Naissance de son frère, Edme-Charles Genêt (1763-1834).

Le père de famille, Edmé-Jacques Genêt occupe une fonction importante. Il est Premier Commis des Affaires Etrangères et fait ainsi partie de cette bourgeoisie influente qui se transmet les postes par filiation.

En octobre 1768

Henriette Genêt, sa sœur aînée, célèbre dans tout Versailles pour son excellente éducation, est admise à la Cour en devenant lectrice de Mesdames, les filles du Roi Louis XV (1710-1774), à tout juste quinze ans . Outre ses talents littéraires, Mesdames, très mélomanes, apprécient également ses dons de musicienne.

Le 16 mai 1770

Le mariage de Marie-Antoinette (1755-1793) et du Dauphin Louis-Auguste (1754-1793) est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

Le mariage dans le film de Sofia Coppola (2006)
 Marie-Antoinette Dauphine par  vers 1773 par Joseph Hickel

La jeune Dauphine, souffrant de solitude, arrachée à son pays et à sa famille, se rapproche des tantes de son mari Celles-ci lui offrent la clé de leurs appartements, permettant à la princesse de se rendre par des corridors dérobés aussi souvent qu’elle le souhaite chez ses tantes.

C’est là qu’elle y rencontre Henriette Genêt avec qui elle partage le goût de la musique.

Les mois passant Marie-Antoinette se détache de ses tantes mais continue néanmoins ses visites, par pure politesse, mais aussi parce qu’appréciant beaucoup leur lectrice.

Le 17 novembre 1771

Sa sœur, Julie-Françoise Genêt (1753-1829), épouse Augustin Rousseau (1748-1794), maître d’Armes des Enfants de France.

Madame Rousseau et sa fille par Louise-Elisabeth Vigéé-Lebrun

Le 10 mai 1774

Mort de Louis XV.

Gravure montrant la mort de Louis XV dans sa chambre de Versailles

Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Gautier d'Agoty"Marie-Antoinette, portrait Au Globe par Gautier-Dagoty, 1775

Le 11 mai 1774

le lendemain de la mort de Louis XV… le premier jour du règne de Louis XVI

Henriette épouse Pierre Dominique François Berthollet  (1749-1797) dit Campan, maître de la garde-robe de la comtesse d’Artois et officier de la chambre de la Dauphine et son secrétaire particulier, chargé entre autres de sa bibliothèque. C’est un homme d’un certain âge en qui la jeune femme a une entière confiance, malgré une grande rivalité avec l’abbé de Vermond, lecteur de Marie-Antoinette et son ancien instituteur.

Henriette devient dès lors la femme de chambre de Marie-Antoinette, en survivance de sa belle-mère, et rapidement Sa confidente.

Mais Marie-Antoinette ne souhaite pas en rester là. Elle décide également de faire le bonheur de toutes les autres filles Genêt en s’occupant de leur établissement.

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI par Duplessis

Louis XVI est sacré à Reims.

1776

Antoinette Genêt, sœur puînée de madame Campan, devient à son tour femme de chambre de Marie-Antoinette. Mais pour peu de temps car après son mariage, elle devient…

Le 19 décembre 1778

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant est surnommée “Mousseline” par la Reine.

Julie Rousseau, troisième sœur Genêt est nommé remueuse des Enfants de France. C’est elle qui est en charge de changer les langes des nourrissons royaux et de les bercer.

Encore une place de confiance accordée par Marie-Antoinette à un membre de la fratrie Genêt.

En 1779

Adélaïde entre à son tour au service de la Reine dans d’aimables circonstances. Un jour qu’elle rend visite à sa sœur, elle a l’honneur d’être distinguée par Marie-Antoinette. La jeune personne est en effet aussi charmante que modeste. Madame Vigée Le Brun (1755-1842) a gardé d’elle un souvenir ému.

J’ai peu connu de femmes aussi belles et aussi aimables que Madame Auguié. Elle était grande et bien faite ; son visage était d’une fraîcheur remarquable, son teint blanc et rose et ses jolis yeux exprimaient sa douceur et sa bonté.

Marie-Antoinette s’attache rapidement à cette jeune femme avenante.

Fin mars 1779

Marie-Antoinette attrape une rougeole très douloureuse, cause de violents maux de gorge et d’aphtes. Elle se retire donc à Trianon afin de préserver Sa petite fille et Son mari de tout risque de contagion.

Valentin Esterházy Vlcsna11Image du film de Sofia Coppola (2006)

Elle est alors veillée par le comte d’Esterházy (1740-1805), le baron de Besenval (1721-1791) et les ducs de Coigny (1737-1821) et de Guînes (1735-1806).

Du 12 au 21 avril 1779

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 11 juillet 1779

Adélaïde épouse Pierre-César Auguié (1738-1815) et  la Reine le fait nommer Receveur Général des Finances de Lorraine.

Rapidement enceinte, la jeune femme reçoit le droit de ne pas effectuer sa charge le temps nécessaire.

Pendant ce temps, sa sœur Henriette prend de plus en plus d’importance dans le service de la Reine. Sans en avoir le titre, elle remplace de plus en plus madame de Misery trop âgée, comme Première Femme de Chambre de la Reine. Elle est également chargée de la garde des bijoux personnels de la Reine.

Le 28 avril 1780

Naissance de sa fille Antoinette Louise Auguié (1780-1833), dont le Roi et la Reine sont Parrain et Marraine.

Du 10 au 20 septembre 1780

Séjour de la Reine à Trianon.

Du 10 au 12 octobre 1780

Séjour de la Reine à Trianon.

 Le 29 novembre 1780

Mort de l’Impératrice Marie-Thérèse (1717-1780) après une courte maladie.

1781

(mois indéterminé)

Adélaïde reprend sa charge auprès de Marie-Antoinette.

César Auguié, son mari, est nommé receveur des finances pour la Lorraine.

Du 25 au 30 juin 1781

Séjour de la Reine à Trianon.

Du 15 juillet au 2 août 1781

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 11 septembre 1781

Décès de son père, Jacques Edmond Genet (1726-1781) à Versailles.

Le 12 septembre 1781

Obsèques de son père, Edme Genêt.

Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François (1781-1789).

Naissance du Dauphin par Jean-Michel Moreau, le jeune

Madame Rousseau sera particulièrement attachée au petit prince.

Madame Vigée Le Brun parle d’ailleurs d’elle :

Madame Auguié, outre Madame Campan, avait une autre sœur, nommé Madame Rousseau [Julie-Françoise Genêt (1753-1829)], fort aimable femme, que la Reine avait attachée au service du premier dauphin, et qui m’a souvent donné l’hospitalité, lorsque j’avais des séances à la cour. Elle était devenue si chère au jeune prince qu’elle soignait, que l’aimable enfant lui disait, deux jours avant de mourir : “Je t’aime tant, Rousseau, que je t’aimerai encore après la mort”. Le mari de Madame Rousseau était maître d’armes des enfants de France. Aussi, comme attaché à double titre à la famille royale, ne put-il échapper à la mort ; il fut pris et guillotiné. On m’a dit que, son jugement rendu, un juge avait eu l’atrocité de lui crier : “Pare celle-ci, Rousseau !”.

Louis-Joseph par Elisabeth Vigée Le Brun (détail)

Le 24 mars 1782

Naissance de sa fille, Aglaé Louise Auguié (1782-1854), dite Eglé, qui épousera le maréchal Ney (1769-1815)  en 1802.

Du 7 au 18 mai 1782

Séjour de la Reine à Trianon.

Du 7 au 21 juillet 1782

Séjour de la Reine à Trianon.

 Du 15 au 24 août 1782

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 1er octobre 1782

Banqueroute des Guéménée.

Le 20 octobre 1782

Démission de la princesse de Guéménée dans sa charge de gouvernante des Enfants de France.

La princesse de Guéménée

 Le 24 octobre 1782

La Reine donne à Madame de Polignac la place de Gouvernante des Enfants de France en remplacement de Madame de Guéménée, victime de la faillite de son mari ( d’un passif de 33 millions de livres).

Yolande de Polignac Au chapeau de paille par Élisabeth Vigée Le Brun (1783)

Le 11 janvier 1784

Naissance de sa troisième et dernière fille, Adélaïde Henriette Joséphine Auguié (1784-1813) dite Adèle.

Voici un portrait de Madame Auguié qui montre sa grâce et son épaisse chevelure, véritable crinière qui lui valut sans doute son surnom de Ma Lionne que lui donne affectueusement la Reine:

Madame Auguié par Wermüller

Le 27 mars 1785

A 7 heures et demi du matin,  naissance de Louis-Charles, duc de Normandie, surnommé “Chou d’Amour” par Marie-Antoinette, Dauphin en 1789 et déclaré Roi de France en 1793 par les princes émigrés sous le nom de Louis XVII.

Louis-Charles, duc de Normandie par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 26 mai 1785

Séjour de la Reine à Trianon pour quelques jours.

Du 19 juin au 12 juillet 1785

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 13 juillet 1786

Henriette Campan est nommée  “Première femme de chambre” (en survivance de Madame de Misery) de la Reine.

Du 1er au 24 août 1786

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 9 juillet 1786

Naissance de la princesse Sophie-Hélène-Béatrix, dite Madame Sophie, dernier enfant de Marie-Antoinette. Selon les usages le bébé est immédiatement baptisé.

Sophie-Hélène-Béatrix de France par Élisabeth Vigée Le Brun

Sa santé sera toujours fragile…

Du 29 août au 24 septembre 1786

Séjour de la Reine à Trianon.

 Le 18 juin 1787

La mort de Madame Sophie avant son premier anniversaire, éprouve la Reine qui s’inquiète aussi pour la santé de Son fils aîné.

Madame Sophie par Élisabeth Vigée Le Brun
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette et ses enfants"Portrait de Marie-Antoinette et Ses enfants (1787) par Élisabeth Vigée Le Brun, Madame Sophie devait figurer dans le berceau mais le deuil l’a laissé vide…

Le 24 juin 1787

Séjour de la Reine à Trianon pour quelques jours (?).

Diane Krüger dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Du 1er au 25 août 1787

Séjour de la Reine à Trianon.

Du 15 juillet au 14 août 1788

Séjour de la Reine à Trianon.

Diane Krüger est Marie-Antoinette dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

 Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

Procession des trois ordres, du Roi et de la Reine qui se rendent dans la Salle des Menus Plaisirs de Versailles.

Résultat de recherche d'images pour "Ouverture des états généraux"

On compte 1 214 députés, dont 308 du Clergé, 285 de la Noblesse et 621 du Tiers-État.
La Reine se rend à la salle escortée par les Gardes du Corps du Roi, et accompagnée dans sa voiture par la comtesse de Provence, Madame Elisabeth, Mesdames Adélaïde et Victoire et par la princesse de Chimay sa Dame d’Honneur.

Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

 Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Tableau de Jacques-Louis David

Le 11 juillet 1789

Renvoi de Necker

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

La Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 — Wikipédia

Le 5 octobre 1789

Des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

La famille royale se replie dans le château…

Le 6 octobre 1789

A deux heures du matin

La Reine me fit dire à 2 heures du matin qu’elle allait se coucher et qu’elle me conseillait d’en faire autant.

Madame de Tourzel

Tout le monde décide d’aller se coucher… Le château s’assoupit pour quelques heures…

Vers cinq heures du matin

Marie-Antoinette dort. Le bruit que font des gens sous Ses fenêtres La réveille. Elle sonne, Madame Thibault, Sa première femme de chambre en quartier :

Que se passe-t-il?

Ce  sont-là des femmes de Paris qui n’ont pas dû trouver à se coucher, répond Madame Thibault.

Marie-Antoinette cherche à se rendormir…

A six heures du matin

Comme mus par un signal convenu, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes se rassemblent en rangs serrés. Menaçante, la foule s’approche du château et un groupe s’engouffre dans la cour par la grille de la chapelle, restée mystérieusement ouverte. Les gardes du corps sont débordés. La meute se dirige vers les appartements de la Reine ( comment en connaissent-ils la voie? On dit que le duc d’Orléans faisait partie de la foule pour la leur indiquer…) en hurlant.

Assaut du château en haut de l’escalier de la Reine dans Les Années Lumières (1989)

Les femmes de la suite de la Reine, Mesdames de Jarjayes, Thibault et Auguié, qui ont veillé toute la nuit, ferment à double tour les portes de la Salle des Gardes et des deux Antichambres.  La Lionne se montre alors à la hauteur de cette distinction, puisque c’est elle qui a la présence d’esprit de verrouiller les issues, permettant ainsi à Marie-Antoinette d’échapper à la foule. Elles réveillent la Reine qu’elles arrachent à demi-vêtue (Madame Thibault Lui passe une jupe et Elle se trouve dans l’appartement du Roi en tenue du matin très modeste… Elle se changera pour partir vers Paris) et Lui font emprunter, en toute hâte, le passage secret à la tête du lit de Sa chambre officielle qui conduit chez le Roi.

Jane Seymour dans Les Années Lumière (1989)
Karine Vanasse (2007)

Aucune description disponible.

Les appartements privés sont envahis.  La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée.

Jane Seymour est Marie-Antoinette dans Les Années Lumières de R. Enrico (1989)

A sept heures du matin

Toute la Famille Royale finit enfin par se retrouver dans la chambre de parade du Roi, qui donne sur la cour de marbre envahie par la populace…

Les 5 et 6 octobre 1789 6_oct_10

Arrive La Fayette _ qu’il a fallu réveillé, ce qui lui vaudra le surnom de Général Morphée…_ qui conseille au Roi de se présenter au balcon. Sans hésiter, alors que quelques balles viennent encore de frapper, Louis XVI fait ouvrir les fenêtres et se montre. Il est acclamé mais perçoit des cris : ” A Paris! A Paris!

Le peuple dans la cour de marbre dans Les Années Lumières (1988)
Image de Louis XVI, l’Homme qui ne voulait pas être Roi (2011) de Thierry Binisti

Le Roi est contraint d’accepter et il rentre.

Soudain une clameur s’écrit ” La Reine au balcon! “… la rumeur de Sa fuite envahit la populace… Marie-Antoinette prend le Dauphin dans Ses bras et Sa fille par la main, et majestueuse , Elle s’avance devant l’adversité …

marie antoinette michele morgan gif | WiffleGif

Les 5 et 6 octobre 1789 - Page 6 14568210

Un cri jaillit : “Point d’enfants!“, d’un geste Elle repousse Louis-Charles et Marie-Thérèse… Elle voit se braquer les fusils. Imperturbable, Elle plonge en une révérence dont Elle a le secret…

Michèle Morgan dans le film de Jean Delannoy (1956)

Marie Antoinette (1956)
source: cinema.de

On La tire vers l’intérieur, La Fayette, qu’Elle n’aime guère _ et c’est réciproque_ ose La questionner :                                                                               – Quelle est l’intention de Votre Majesté?                                                                  -Je sais le sort qui m’attend, mais mon devoir est de mourir au pied du Roi, et dans les bras de mes enfants.                                                                                       -Eh bien, Madame, venez avec moi.                                                                            -Dussé-je aller au supplice, j’y vais.

La fille des Césars se retrouve sur la scène que forme le balcon avec Gilles César qui apostrophe la foule :                                                                                   – La Reine reconnaît qu’Elle a été trompée, mais déclare qu’Elle ne le sera plus, qu’Elle aimera Son peuple et lui sera attachée comme Jésus-Christ à son Église.

Guy Tréjean et Michèle Morgan dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

En signe de probation la Reine lève deux fois la main… mais ne lui pardonnera jamais!

Voici le récit de Madame Campan qui n’était pas de service ce jour-là mais dont la sœur fut un des premiers témoins :

La reine se coucha à deux heures du matin et s’endormit, fatiguée par une journée aussi pénible. Elle avait ordonné à ses deux femmes de se mettre au lit, pensant toujours qu’il n’y avait rien à craindre, du moins pour cette nuit ; mais l’infortunée princesse dut la vie au sentiment d’attachement qui les empêcha de lui obéir. Ma sœur, qui était l’une de ses dames, m’apprit le lendemain tout ce que je vais en citer.
Au sortir de la chambre de la reine, ces dames (Mme Thibault et Mme Auguié) appelèrent leurs femmes de chambre et se réunirent toutes quatre, assises contre la porte de Sa Majesté. Vers quatre heures et demie du matin, elles entendirent des cris horribles et quelques coups de fusils ; l’une d’elles entra chez la reine pour la réveiller et la faire sortir de son lit ; ma sœur vola vers l’endroit où lui paraissait être le tumulte ; elle ouvrit la porte de l’antichambre qui donne dans la grande salle des gardes et vit un garde-du-corps, tenant son fusil en travers de la porte et qui était assailli par une multitude qui lui portait des coups ; son visage était déjà couvert de sang ; il se retourna et lui cria : Madame, sauvez la reine ; on vient pour l’assassiner.” Elle ferma soudain la porte sur cette malheureuse victime de son devoir, poussa le grand verrou et prit la même précaution en sortant de la pièce suivante, et, après être arrivée à la chambre de la reine, elle lui cria : “Sortez du lit, Madame ; ne vous habillez pas ; sauvez-vous chez le roi.” La reine épouvantée se jette hors du lit, on lui passe un jupon, sans le nouer, et ces deux dames la conduisent vers l’Œil-de-Bœuf. Une porte de cabinet de toilette de la reine, qui tenait à cette pièce, n’était jamais fermée que de son côté. Quel moment affreux ! elle se trouva fermée de l’autre côté. On frappe à coup redoublés ; un domestique d’un valet de chambre du roi vient ouvrir ; la reine entre dans la chambre de Louis XVI..

Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette Proxy110

Aucune description disponible.

La famille royale est ramenée de force à Paris.

Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Adélaïde Auguié fait partie de ceux qui accompagnent la Famille Royale aux Tuileries où sa fidélité de se dément pas.

Aucune description disponible.Adélaïde Auguié par Anne Vallayer-Coster

Son frère Edmond Genêt applaudit aux nouvelles idées et sa carrière de diplomate en font un de tout premier ordre du nouveau régime.

Quant à Henriette, son cœur est partagé entre les nouvelles idées et son attachement sincère envers la famille royale.

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération.

Jean-François Balmer dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le 20 février 1791

Départ de Mesdames Adélaïde et Victoire qui partent pour Rome.

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale.

La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

Le 21 juin 1791

La famille royale est arrêtée à Varennes.

Le 25 juin 1791

 La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette Retour10Le retour de Varennes

Après l’arrestation à Varennes, Madame Auguié met tout en oeuvre pour pouvoir reprendre son service auprès de la Reine.

Voici le récit de Madame Campan:

Le jour que l’on attendait le retour des infortunés voyageurs, les voitures ne circulaient pas dans les rues de Paris. Cinq ou six femmes de la reine, après avoir été refusées à toutes les portes, se trouvaient à celle des Feuillants avec une de mes sœurs qui avait l’honneur d’être attachée à Sa Majesté, (Madame Auguié) insistant avec force pour que la sentinelle leur permît d’entrer. Les poissardes les attaquèrent sur l’audace qu’elles avaient de résister à une consigne. Une d’elles va saisir ma sœur par le bras en l’appelant esclave de l’Autrichienne. ” Ecoutez, lui dit ma sœur d’une voix forte et avec le véritable accent du sentiment qui l’inspirait, je suis attachée à la reine depuis l’âge de quinze ans ; elle m’a dotée et mariée ; je l’ai servie puissante et heureuse. Elle est infortunée en ce moment : dois-je l’abandonner ? – Elle a raison, s’écrièrent ces furies, elle ne doit pas abandonner sa maîtresse ; faisons-les entrer.” A l’instant elles entourent la sentinelle, forcent le passage et introduisent les femmes de la reine, en les accompagnant jusque sur la terrasse des Feuillants. 

 Henriette Campan par Boze

Le 14 septembre 1791

Le Roi prête serment à la Constitution.

File:Louis XVI, roi citoyen.PNG — Wikimedia CommonsLouis XVI, roi de France en roi citoyen (1791), par Jean-Baptiste-François Carteaux (1751 – 1813)

Le 20 juin 1792

Le peuple des faubourgs, encadré par des gardes nationaux et ses représentants, comme le brasseur Santerre (10 à 20 000 manifestants selon Roederer), pénètre dans l’assemblée, où Huguenin lit une pétition. Puis elle envahit le palais des Tuileries.

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-13Le peuple de Paris pénétrant dans le palais des Tuileries le 20 juin 1792
Jan Bulthuis, vers 1800
Escalier monumental des Tuileries (avant sa destruction)

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-15

« Avec le courage passif qui est le sien », selon Michel Vovelle, le Roi subit sans faiblir pendant deux heures le défilé de la foule, accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation pour faire passer les paroles de Legendre :

« Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore », mais refuse de retirer son veto comme de rappeler les ministres girondins, invoquant la loi et la constitution.

20 juin - La journée du 20 juin 1792  20_jui10Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

La Reine n’a pu parvenir jusqu’au Roi ; elle est dans la salle du conseil et on avait eu de même l’idée de la placer derrière la grande table, pour la garantir autant que possible de l’approche de ces barbares …  les révolutionnaires passent devant Elle afin de L’observer :

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  Ivr11_10

Elle avait attaché à sa tête une cocarde aux trois couleurs qu’un garde national lui avait donnée. Le pauvre petit dauphin était, ainsi que le roi, affublé d’un énorme bonnet rouge. La horde défila devant cette table ; les espèces d’étendards qu’elle portait étaient des symboles de la plus atroce barbarie. Il y en avait un qui représentait une potence à laquelle une méchante poupée était suspendue ; ces mots étaient écrits au bas : Marie Antoinette à la lanterne. Un autre était une planche sur laquelle on avait fixé un coeur de boeuf, autour duquel était écrit : coeur de Louis XVI. Enfin un troisième offrait les cornes d’un boeuf avec une légende obscène.
L’une des plus furieuses jacobines qui défilaient avec ces misérables s’arrêta pour vomir mille imprécations contre la reine.
Sa Majesté lui demanda si elle l’avait jamais vue : elle lui répondit que non ; si elle lui avait fait quelque mal personnel : sa réponse fut la même mais elle ajouta : “c’est vous qui faites le malheur de la nation.
– On vous l’a dit, reprit la reine ; on vous a trompée. Epouse d’un roi de France, mère du dauphin, je suis française, jamais je ne reverrai mon pays, je ne puis être heureuse ou malheureuse qu’en France ; j’étais heureuse quand vous m’aimiez”.
Cette mégère se mit à pleurer, à lui demander pardon, à lui dire : “c’est que je ne vous connaissais pas ; je vois que vous êtes bien bonne”.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  20_jui10

Mesdames de Lamballe, de Tarente, de La Roche-Aymon, de Mackau entourent alors la Reine, ainsi que Madame de Tourzel qui souligne dans ses Mémoires :

La Reine était toujours dans la chambre du Roi, lorsqu’un valet de chambre de Mgr le Dauphin accourut tout hors de lui avertir cette princesse que la salle était prise, la garde désarmée, les portes de l’appartement forcées, cassées et enfoncées, et qu’on le suivait.
On se décida à faire entrer la Reine dans la salle du Conseil, par laquelle Santerre faisait défiler sa troupe pour lui faire quitter le château. Elle se présenta à ces factieux au milieu de ses enfants, avec ce courage et cette grandeur d’âme qu’elle avait montrés les 5 et 6 octobre, et qu’elle opposa toujours à leurs injures et à leurs violences.
Sa Majesté s’assit, ayant une table devant elle, Mgr le Dauphin à sa droite et Madame à sa gauche, entourée du bataillon des Filles-Saint-Thomas, qui ne cessa d’opposer un mur inébranlable au peuple rugissant, qui l’invectivait continuellement.
Plusieurs députés s’étaient aussi réunis auprès d’elle.
Santerre fait écarter les grenadiers qui masquaient la Reine, pour lui adresser ces paroles : ” On vous égare, on vous trompe, Madame, le peuple vous aime mieux que vous le pensez, ainsi que le Roi ; ne craignez rien “.
-” Je ne suis ni égarée ni trompée, répondit la Reine, avec cette dignité qu’on admirait si souvent dans sa personne, et je sais (montrant les grenadiers qui l’entouraient) que je n’ai rien à craindre au milieu de la garde nationale “.
Santerre continua de faire défiler sa horde en lui montrant la Reine. Une femme lui présente un bonnet de laine ; Sa Majesté l’accepte, mais sans en couvrir son auguste front. On le met sur la tête de Mgr le Dauphin, et Santerre, voyant qu’il l’étouffait, le lui fait ôter et porter à la main.
Des femmes armées adressent la parole à la Reine et lui présentent les sans-culottes ; d’autres la menacent, sans que son visage perde un moment de son calme et de sa dignité.
Les cris de “Vivent la Nation, les sans-culottes, la liberté ! à bas le veto !” continuent.
Cette horde s’écoule enfin par les instances amicales et parfois assez brusques de Santerre, et le défilé ne finit qu’à huit heures du soir.
Madame Elisabeth, après avoir quitté le Roi, vint rejoindre la Reine, et lui donner de ses nouvelles.
Ce prince revint peu après dans sa chambre, et la Reine, qui en fut avertie, y entra immédiatement avec ses enfants.

Vers dix heures du soir

Pétion et les officiers municipaux font évacuer le château.

Même s’il a subi une humiliation, Louis XVI a fait échouer la manifestation, par son obstination imprévue et sa fermeté tranquille, et il se tient désormais sur ses gardes.
Surtout, elle renforce l’opposition royaliste, le déchaînement de la foule et le courage du Roi suscitant un courant d’opinion en sa faveur. Des départements parviennent à Paris adresses et pétitions pour dénoncer la manifestation, même si de nombreux clubs envoient des pétitions hostiles au Roi.
Pétion est suspendu de ses fonctions de maire.

Louis XVI conserve sa détermination à défendre la Constitution en espérant un sursaut de l’opinion en sa faveur, ce qui se manifeste le 14 juillet, troisième fête de la fédération, étant l’objet de manifestations de sympathie.

Le 10 août 1792

La journée du 10 août commence en réalité dans la nuit du 9 au 10 août. En pleine nuit, le tocsin sonne au couvent des Cordeliers. Une heure plus tard, toutes les églises de Paris répondent au signal donné par Danton. Ce sont les quarante-huit sections de Paris, dont les révolutionnaires se sont rendus maîtres. Danton lance alors les sections parisiennes à l’assaut de l’hôtel de Ville, met à la porte la municipalité légale et y installe sa “commune insurrectionnelle”, qui s’effondrera le 9 thermidor avec Robespierre.

Geneviève Casile, Marie-Antoinette (1976), observe le ciel rouge de Paris ce matin-là…

Les Tuileries constituent le dernier objectif. Pour défendre le palais, le Roi peut compter sur ses mille à mille deux cents gardes Suisses, sur trois cents chevaliers de Saint louis, sur une centaine de nobles et de gentilshommes qui lui sont restés fidèles. La Garde nationale est passée dans le camp adverse. Seul le bataillon royaliste des “filles de Saint Thomas” est demeuré fidèle au souverain.

Roederer, le “procureur syndic du département” convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.

Jane Seymour est Marie-Antoinette dans les Années Lumières (1989)
LOUIS XVI : TRISTE CHRONOLOGIE 3/4 : 20 JANVIER 1793 - Les Rois ...La famille royale juste avant le départ des Tuileries : à l’arrière-plan on devine le combat des soldats contre les émeutiers…
             Images d’Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Images des Années Lumières (1989) de Robert Enrico
Film Révolution française : les années lumière - Éléphant ...

On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide alors de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles.

Image du film “Un Roi et son peuple”.

Traversant le jardin des Tuileries, et marchant sur des feuilles tombées des arbres, Louis XVI aurait dit : « L’hiver arrive vite, cette année ».

Lise Delamare est Marie-Antoinette dans La Marseillaise (1938) de Jean Renoir

Louis XVI et sa famille sont conduits jusque dans la loge du greffier de l’Assemblée nationale (ou loge du logographe) , où la famille royale reste toute la journée. Louis XVI. en proie à la plus vive anxiété, se réfugie avec sa famille au sein de l’assemblée, où il entre en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

Film - La Révolution Française : les années lumière, les années ...Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Dans ses mémoires, Madame de Tourzel raconte ainsi la scène :

« Nous traversâmes tristement les Tuileries pour gagner l’Assemblée. MM. de Poix, d’Hervilly, de Fleurieu, de Bachmann, major des Suisses, le duc de Choiseul, mon fils et plusieurs autres se mirent à la suite de Sa Majesté mais on ne les laissa pas entrer ».

La foule envahit la cour du château et cherche à gagner les étages supérieurs. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide de gagner l’Assemblée nationale.

Revenu dans le château, Bachmann demande un ordre précis du Roi, et cet ordre ne venant pas, il organise la défense des Gardes suisses qui font face à l’envahissement des émeutiers.

Journée du 10 août 1792 — Wikipédia

Image du film “Un Roi et son peuple”.

Le Roi est suspendu de ses fonctions.

On August 10, 1792: The royal family taking refuge after the storming of the Tuileries Palace.
Gérard François Pascal Simon, baron (1770-1837)

“Still kept on the box at the Assembly, we witnessed the horrors of all kinds which there took place. Sometimes they assailed my father and all his family with [the basest and most atrocious] insults, triumphing over him with cruel joy; sometimes...

Il est à noter que le 10 août 1792, Madame Campan semble n’être pas aux Tuileries, n’étant pas de service, c’est sa sœur Adélaïde Auguié qui est présente lors de l’assaut final des Tuileries.

Image du film “Un Roi et son peuple“.

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses “de déposer à l’instant leurs armes“.

La position de la Garde devient de plus en plus difficile à tenir, leurs munitions diminuant tandis que les pertes augmentent. La note du Roi est alors exécutée et l’on ordonne aux défenseurs de se désengager. Le Roi sacrifie les Suisses en leur ordonnant de rendre les armes en plein combat.

Image du film “Un Roi et son peuple”.
Image du film “Un Roi et son peuple”.

Henriette  échappera de peu à la mort lors de l’assaut donné au château.

Voici un extrait des mémoires de madame Campan:

Je cours vers l’escalier, suivie de nos femmes. Les assassins quittent l’Heyduque pour venir à moi. Ces femmes se jettent à leurs pieds et saisissent les sabres. Le peu de largeur de l’escalier gênait les assassins ; mais j’avais déjà senti une main terrible s’enfoncer dans mon dos pour me saisir par mes vêtements, lorsqu’on cria au bas de l’escalier : que faites-vous là-haut ? L’horrible Marseillais qui allait me massacrer répondit un heim, dont le son ne sortira jamais de ma mémoire. L’autre voix répondit ses seuls mots : “on ne tue pas les femmes”. J’étais à genoux, mon bourreau me lâcha et me dit Lève toi coquine, la nation te fait grâce.”

La position de la Garde devient de plus en plus difficile à tenir, leurs munitions diminuant tandis que les pertes augmentent. La note du Roi est alors exécutée et l’on ordonne aux défenseurs de se désengager. Le Roi sacrifie les Suisses en leur ordonnant de rendre les armes en plein combat.

Image du film “Un Roi et son peuple”.

Lors du transfert de la Famille Royale à l’Assemblée, le 10 Août 1792, la bourse de la Reine ayant été dérobée, Madame Auguié lui fait passer 25 louis pour les premières nécessités.

Le soir du 10 août 1792

La famille royale est logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles: quatre pièces du couvent seulement leur sont dédiées… pendant trois jours.

Le 13 août 1792

La prison du Temple 1792-1795 : l'épreuve de la famille royaleCaricature qui montre Louis XVI coiffé du bonnet vert des forçats

“At the barrier of Paris we found an immense crowd assembled on the road along which our unfortunate King had to pass. Everybody had his head covered, by order of M. de la Fayette, who had, moreover, enjoined the most absolute silence, in order, he...

La Commune décide de transférer la famille royale au Temple… en passant par la place Louis XV qu’on a déjà rebaptisée Place de la Révolution, on montre au Roi comme la statue de son grand-père est en train d’être déboulonnée pour faire disparaître toutes les marques du régime qui devient dès lors ancien…

tiny-librarian:
“  The carriage was not allowed to take the shortest road, but was conducted some miles round, that it might be led in triumph down the Champs Élysées, where a vast mob was waiting to feast their eyes on the spectacle, whose display...

Lorsque la Famille Royale est emmenée au Temple, Madame Auguié veut les suivre mais, rapporte Madame de Tourzel, cela lui est refusé.

Comme on permit un moment à la Reine d’emmener une seconde femme, madame Auguié demanda à suivre Sa Majesté et arriva même aux Feuillants; mais cette permission ayant été promptement révoquée, elle fut obligée, à son grand regret, de retourner chez elle, car elle était fort attachée à la Reine.

Cet attachement non dissimulé lui coûtera la vie. Son nom est mentionné pendant le procès de Marie-Antoinette où elle est accusée de lui avoir donné de l’argent et détruit des papiers compromettants.

Après un splendide dîner servi dans l’ancien palais du comte d’Artois ( où la famille royale espère encore être logée) , la messe est dite dans un salon. Après avoir visité les lieux, Louis XVI commence à répartir les logements.

“[After 1791] Their Majesties did not perform their Easter devotions in public, because they could neither declare for the constitutional clergy, nor act so as to show that they were against them.
The Queen did perform her Easter devotions in 1792;...

A onze heures du soir 

Alors que le Dauphin est gagné par le sommeil et que madame de Tourzel est surprise d’être emmenée en direction de la Tour, le Roi  comprend qu’il a été joué par la Commune.

Pétion, qui estimait que la grande Tour était en trop mauvais état, a résolu de loger la famille royale dans la petite en attendant la fin des travaux ordonnés pour isoler la prison du monde extérieur.

Charles-Eloi Vial

La Tour qui faisait tant frémir Marie-Antoinette, autrefois,  qu’Elle avait demandé à Son beau-frère qu’il la détruise. Était-ce un pressentiment de Sa part?

Résultat de recherche d'images pour "la prison du Temple"La Tour du Temple

Quittant les magnifiques salons du comte d’Artois, la famille royale est emmenée dans la petite tour pour être logés dans les appartements de Jacques-Albert Berthélemy, ancien avocat archiviste de l’ordre de Malte, détenteur de cette charge depuis 1774. Il avait obtenu ce logement de fonction en 1782, où il vivait , en vieux célibataire et il n’y avait véritablement de la place chez lui que pour loger un seul maître de maison. Pour des raisons de sécurité, les domestiques héritent des pièces du bas, les plus confortables, tandis que la famille royale loge dans les parties hautes de la tour, dans des pièces à l’abandon depuis des années. Du mobilier est apporté du Garde-Meuble et du palais du Temple afin de compléter celui de l’archiviste.

Charles-Eloi Vial

Le second étage est attribué à la Reine et Sa fille, Marie-Thérèse . Elles couchent dans l’ancienne chambre de Barthélémy. Au même étage, la princesse de Lamballe dort dans l’antichambre, la marquise de Tourzel et le Dauphin partagent à nouveau la même chambre.

Le 20 août 1792

On vient chercher tous ceux qui n’appartiennent pas à la Famille Royale stricto sensu. Le Roi tente en vain de rappeler que la princesse de Lamballe est sa cousine. Madame de Lamballe, Madame de Tourzel et sa fille Pauline sont transférées dans l’affreuse prison de la Petite Force, les trois dames sont réunies dans une seule cellule assez spacieuse.

Le 3 septembre 1792

Massacres dans les prisons.

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Massacre de la princesse de Lamballe

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

En 1793

Son frère, Edmond Genêt est nommé premier ambassadeur de France aux États-Unis, envoyé par les Girondins.

Edmond Genêt par Adolf Ulrik Wetmüller (1784)

Il élabore un projet d’exil de la famille royale vers les Etats-Unis, mais sans succès…

Le lundi 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI

Louis XVI ascending the scaffold by Charles Benzanech, 1793.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1793

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie. Elle y est traitée avec une certaine bienveillance par une partie du personnel de la prison, dont surtout Rosalie Lamorlière (1768-1848).

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

Le 3 octobre 1793

La Reine est déférée au Tribunal révolutionnaire.

Le 14 octobre 1793

Marie-Antoinette comparaît devant le président Herman(1759-1795)

Herman dans L’Interrogatoire de Marie-Antoinette par Pierre Bouillon (détail)

Lors de Son procès, Marie-Antoinette croit devoir déclarer que ces 25 louis qu’Elle avait pour seul argent de poche devaient être rendus à Madame Auguié qui les Lui avait prêtés lorsqu’Elle était prisonnière à l’Assemblée Nationale. Le secrétaire du tribunal écrit Angul au lieu de Auguié, avec l’intention de sauver une victime aussi innocemment désignée, car la Reine ne peut supposer, en sortant d’un lieu où Elle est privée de toute sorte de communication avec les hommes, qu’ils sont devenus assez féroces pour qu’un fait aussi simple soit transformé en crime.

Une série de témoins défile sans apporter de preuves convaincantes de Sa culpabilité, et pour cause.

Jane Seymour dans Les Années Terribles de Richard Heffron (1989)

Hébert lance l’accusation d’inceste qui vaut à la Reine une réplique mémorable :

J’en appelle à toutes les mères.

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette.

tiny-librarian:
“ Sorrow had blanched the Queen’s once beautiful hair; but her features and air still commanded the admiration of all who beheld her; her cheeks, pale and emaciated, were occasionally tinged with a vivid colour at the mention of those...

Monsieur Auguié, devenu entre temps administrateur général de la Loterie Nationale, considéré comme son complice, est arrêté et incarcéré à la prison du Mont-Blanc.

Son beau-frère, Augustin Rousseau, est lui aussi appréhendé : il sera guillotiné le 13 juillet 1794.

Neuf mois après la mort de la Reine,  un homme de Robespierre fait une note qu’il adresse au Comité de Salut Public :

« J’ai parcouru toutes les prisons de Paris, je m’étonne de ne point y trouver Mme Augié, désignée par erreur dans le procès de Marie-Antoinette sous le nom de Augal; elle et sa sœur Mme Campan devraient être en prison depuis longtemps« .

Le 26 Juillet 1794

vingt-quatre heures avant la chute de Robespierre.

Alors qu’elle allait à son tour être arrêtée (après son mari et son beau-frère), prise de panique, Adélaïde se sauve du château de Coubertin pour échapper aux recherches, et vient se cacher à Paris à l’hôtel de Bordeaux au 273 de la rue de la Loi, actuelle rue de Richelieu, au coin de la rue Menars. Là, dans une crise de folie soudaine, La Lionne se jette par une fenêtre du sixième étage et expire. Avant cet acte fatal, elle était allée confier ses trois filles à sa sœur Henriette Campan.

Portrait d’Eglé Auguié (future maréchale Ney) et d’Hortense de Beauharnais (1802)
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