Loading...
L'AlmanachL'entourage de Marie-AntoinetteL'Histoire de Marie-AntoinetteLa Cour de FranceLa RévolutionLe XVIIIème siècleLouis XVIMaison du RoiMaison militaire du RoiPersonnel politique de Louis XVISa famille de France

Louis XVI

Fichier:Duplessis - Louis XVI of France, oval, Versailles.jpg — WikipédiaLouis XVI par Duplessis

Louis XVI est le dernier Roi de France de l ‘Ancien Régime, il est le fils du Dauphin Louis-Ferdinand (1729-1765) et de Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767).

                                             Louis-Ferdinand    et       Marie-Josèphe de Saxe

Le 23 août 1754

Naissance de Louis-Auguste.

De nombreuses personnes sont là pour constater la venue du nouveau-né : l’accoucheur de la famille royale Jard ; le chancelier Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil, le garde des Sceaux Jean-Baptiste de Machault d’Arnouville et le contrôleur des Finances Jean Moreau de Séchelles, des porteurs, gardes du corps et la sentinelle. Le Dauphin, en robe de chambre, accueille chacun en disant : « Entrez, mon ami, entrez vite, pour voir accoucher ma femme. »

Les appartements du Dauphin et de la Dauphine | Château de VersaillesLa chambre de Marie-Josèphe de Saxe

L’enfant naît à six heures vingt-quatre minutes du matin.

Suivant le calcul qu’on avait fait, on ne comptait pas que la Dauphine accouchât avant le 1er septembre, et le Roi Très Chrétien avait arrangé ses voyages de façon à venir fixer son séjour à Versailles le 28 août ; ainsi il n’est arrivé ici que deux heures et un quart après les couches, ayant fallu tout ce temps pour lui faire savoir la nouvelle à Choisy où il était. Le Chancelier, le Garde des Sceaux, le Contrôleur général et M. de Puysieux sont les seuls ministres qui se sont trouvés présents à la naissance du prince. Ce fut à quatre heures du matin, la nuit du 22 au 23, que Madame la Dauphine sentant quelques petites tranchées, se leva doucement toute seule sans réveiller Monsieur le Dauphin et sans appeler personne … Après quoi, voulant se recoucher sans faire de bruit, Monsieur le Dauphin se réveilla ; il appela du monde, et comme les douleurs augmentaient, on fit chercher l’accoucheur, et à six heures et trois quarts, elle mit au jour Mgr le duc de Berry.

Le comte de Bellegarde, ministre de Saxe

Aujourd’hui (23 août) Madame la Dauphine est accouchée un peu avant six heures du matin… A la première douleur qu’elle sentit, Monsieur Binet, premier valet de chambre de Monsieur le Dauphin, a écrit par son ordre un petit mot au Roi et l’a fait partir sur-le-champ par un piqueur de la petite Ecurie ; il était quatre heures et demie ; le piqueur a fait une une chute en chemin qui l’a empêché d’aller plus loin. Aussitôt que Madame  la Dauphine a été accouchée. Monsieur le Dauphin a fait partir Monsieur de Montfaucon, l’un de ses écuyers, pour aller rendre compte au Roi. Monsieur de Montfaucon a trouvé le piqueur, a pris le billet et l’a été porter au Roi à Choisy, de sorte que le Roi a appris en même temps le travail et l’accouchement … Le Roi a donné 10 louis (240 livres) de pension sur sa cassette au piqueur qui est allé à Choisy.

Journal du duc de Luynes

Immédiatement après sa naissance, le bébé est ondoyé à l’église Notre-Dame de Versailles par Sylvain-Léonard de Chabannes (1718-1812), aumônier du Roi.

Monsieur Rouillé, ministre et secrétaire d’Etat, Grand trésorier de l’Ordre du Saint-Esprit, apporte le cordon de cet Ordre et a l’honneur de le passer au cou du prince.

Quand le Roi entre dans la chambre, il saisit le nouveau-né et le prénomme Louis-Auguste avant de le nommer immédiatement duc de Berry. Le bébé est aussitôt confié à Madame de Marsan, gouvernante des Enfants de France, avant d’être conduit dans son appartement par le duc de Villeroy, capitaine des gardes du corps du Roi.

14.Xavier, duc d'Aquitaine, frère de Louis XVI - Histoire et Secrets

Le nouveau-né souffre d’une santé assez fragile durant les premiers mois de sa vie. On dit de lui qu’il a un « tempérament faible et valétudinaire ».

Sa nourrice, la maîtresse du marquis de la Vrillière, ne donne pas assez de lait. Sur l’insistance de la Dauphine, elle est remplacée par Madame Mallard.

Aucune description de photo disponible.

Le 2 septembre 1755

Mort de sa sœur Marie-Zéphyrine : à l’âge de cinq ans, elle est atteinte d’une péritonite aiguë qui lui cause des convulsions. Elle est baptisée à la hâte Marie-Zéphyrine, du nom du Saint de son jour de naissance, avant de mourir. Enfant joyeuse, vive et douée pour la danse, elle était la compagne de jeux de son petit frère Louis-Joseph-Xavier, qui se montre très affecté par son décès.

Marie Zéphyrine de France, the first daughter of the dauphin Louis and dauphine Maria Josepha of Saxony, was born on August 26th, 1750. She would die at the age of 5 on September 2nd, 1755, just days after her baptism.
image: A portrait of Marie...Marie-Zéphyrine par Nattier

Le 17 novembre 1755

Naissance de son frère, Louis Stanislas Xavier, comte de Provence. Le même jour il est ondoyé par le cardinal de Soubise.

Du 17 mai au 27 septembre 1756

Louis-Auguste et son frère aîné sont envoyés au château de Bellevue sur les conseils du médecin Tronchin, afin d’y respirer un air plus pur qu’à Versailles.

Louis-Auguste a pour gouvernante Madame de Marsan. Cette dernière favorise, d’une part, le duc de Bourgogne en tant qu’héritier du trône, et d’autre part le comte de Provence, qu’elle préfère à ses frères. Se sentant délaissé, le duc de Berry ne la portera jamais vraiment dans son cœur et, une fois sacré Roi, il refusera toujours d’assister aux fêtes qu’elle organisera pour la famille royale. La gouvernante est notamment chargée d’apprendre aux enfants la lecture, l’écriture et l’histoire sainte.

Leurs parents surveillent de près cette éducation, la Dauphine leur enseignant l’histoire des religions et le Dauphin les langues et les leçons de morale.

En tant que petit-fils du Roi, Louis-Auguste est tenu comme ses frères à un certain nombre d’obligations et de rituels : ils assistent tant aux enterrements royaux qu’aux mariages importants, et reçoivent la visite de souverains étrangers et d’hommes d’Église notamment.

                                        Louis-Auguste par François-Hubert Drouais

En mai 1756

Trois nouveaux cardinaux leur rendent visite :

« Bourgogne (âgé de cinq ans) les reçut, écouta leurs discours et les harangua, tandis que Berry (vingt-deux mois) et Provence (six mois), gravement assis sur des fauteuils, avec leur robe et leur petit bonnet, imitaient les gestes de leurs aînés ».

Aucune description disponible.Le duc de Berry à droite et le comte de Provence

Le 9 octobre 1757

Naissance de son frère, Charles-Philippe, comte d’Artois (1757-1835).

 En 1758

En grandissant, les petits-fils du Roi doivent passer des jupons de leur gouvernante aux mains d’un gouverneur chargé de l’ensemble des activités éducatives.  Le Dauphin choisit pour ses enfants un homme plus proche des idées monarchiques : son ami, le duc de la Vauguyon ( 1706-1772).

Selon une légende construite au XIXe siècle, ce dernier aurait appelé ses élèves les « Quatre F » : le Fin (le duc de Bourgogne), le Faible (le duc de Berry), le Faux ( le comte de Provence) et le Franc (le comte d’Artois).

Antoine de Quélen de Stuer de CaussadeLe duc de La Vauguyon

Le Dauphin demande à La Vauguyon de s’appuyer sur les Saintes Écritures et le modèle d’Idoménée, héros du Télémaque de Fénelon: 

« Vous y trouverez tout ce qui convient à la direction d’un roi qui veut remplir parfaitement tous les devoirs de la royauté ».

Ce dernier aspect est privilégié car le futur Louis XVI est tenu à l’écart des affaires, on ne lui apprend pas à gouverner.

L’usage de la Cour était que les enfants royaux passassent de leur gouvernante au gouverneur à l’âge de sept ans.

Le 1er mai 1758

Le duc de Bourgogne est remis au duc de La Vauguyon, peu avant son septième anniversaire, quittant ainsi les robes d’enfant pour les habits masculins. Cette séparation d’avec sa gouvernante est difficile pour elle comme pour lui, et le duc de Berry se trouve lui aussi attristé par ce déchirement soudain. Le duc de Bourgogne est admiré par ses parents et par la Cour. Intelligent et sûr de lui, il n’en demeure pas moins capricieux et convaincu de sa supériorité. Il questionne un jour ses proches en leur disant « Pourquoi ne suis-je pas né Dieu ? ». Tout semble montrer qu’il sera un grand roi.

 Le duc de Bourgogne, grand frère du duc de Berry, par Frédou

Un manuscrit de Saint-Cyr permet de se faire une idée des jeux du duc de Berry, et aussi de son attitude à l’égard des autres enfants , en l’occurrence les petites “demoiselles” :

Le duc de Berry … gras et bien portant, annonçait jusque dans ses petits jeux ce qu’il devait être un jour. Tout est présage dans un enfant de ce rang. Son plaisir, quand il venait ici, et apparemment ailleurs, était d’amasser avec ses pieds de petites mottes de terre sur lesquelles il montait pour les ébouler avec un air de vainqueur, comme s’il eût abattu toutes les nations sous ses pieds. Il ne se faisait point prier pour donner sa main à baiser. de son plein gré, il allait à toutes les demoiselles, lorsqu’elles étaient assemblées au jardin, les inviter par un air insinuant à lui rendre ce légitime hommage.”

Louis -Auguste tient de Marie-Josèphe de Saxe des cheveux d’un blond argenté, un teint très clair, des yeux d’un bleu limpide et lumineux entre des cils foncés, un visage carré aux pommettes hautes et écartées, une bouche aux lèvres fraîches et charnues au dessin ferme et gracieux.

La Dauphine est assez fière de la beauté exceptionnelle du petit garçon. Alors qu’elle ne s’intéresse guère à lui.

 Le 23 septembre 1759

Naissance de sa petite sœur Madame Clotilde (1759-1802) à Versailles.

Jean Martial Fredou | Louis-Auguste, duc de Berry (1754-1793), futur roi Louis  XVI | Images d'Art | Portrait de mariée, Portraits, Louis xviLouis-Auguste par Frédou

Au printemps 1760

Le duc de Bourgogne tombe du haut d’un cheval en carton qu’on lui avait offert quelque temps plus tôt. Il se met à boiter et les médecins lui découvrent une grosseur à la hanche. L’opération qu’il subit n’y fait rien. Le prince est alors condamné à rester dans sa chambre et ses études sont interrompues. Il souhaite pour être consolé retrouver son petit frère, le duc de Berry.

Dessin du duc de Bourgogne maladeLe duc de Bourgogne, malade

Le 23 août 1760

Pour l’anniversaire des six ans de Louis-Auguste de Berry, La Vauguyon organise un feu d’artifice mais c’est Bourgogne qui a la prérogative de l’allumer.

Portraits de famille de Louis XV sur une tabatière Louis_22

Le 2 septembre 1760

Monsieur de Saint-Florentin, ministre de la Maison du Roi, remet à Louis-Auguste de la part de Louis XV les boucles de souliers en diamants qui ont servi jusqu’à présent au duc de Bourgogne qui en reçoit de plus grandes. On lui fait quitter ses robes de Cour pour lui mettre un habit d’homme “à la française”, et sa mère un peu inquiète à l’idée de perdre sa poupée observe le 4 septembre, avec satisfaction , que cet habit “lui sied très bien”.

Le 8 septembre 1760

Le futur Roi passe exceptionnellement aux mains du gouverneur avant d’atteindre l’âge de sept ans. La Vauguyon recrute pour lui un second sous-précepteur. Les deux frères sont dès lors éduqués ensemble, le duc de Bourgogne se distrayant en collaborant à l’éducation de son jeune frère, et ce dernier s’intéressant davantage à la géographie et aux arts mécaniques.

Le duc de Bourgogne est ravi de retrouver son petit frère et le compagnon de jeux perdu deux ans et tant regretté.

Berry n’aime ni le jeu ni les cartes, et ne joue que par complaisance. Un jour qu’il joue avec Bourgogne, il perd toutes les parties_ il a trois ans de moins que son aîné_ et en montre du “chagrin”. Le duc de Bourgogne ne peut  laisser échapper une si belle occasion de moraliser à la façon de son père et de faire sentir son autorité : “Il l’en reprend en particulier, mais avec la gravité d’un prince qui a le droit de donner des conseils, et qui donnera un jour des ordres.”

1760-1761 Portrait of Marie-Josephe de Saxe, Dauphine of France and her son  Louis Joseph Xavier de France, 1751-61 Duke of Burgundy by Maurice-Quentin  de la Tour (location unknown to gogm) | GrandMarie-Josèphe et son fils le duc de Bourgogne (1760) par Maurice Quentin de La Tour

En novembre 1760

L’état de santé du duc de Bourgogne s’aggrave néanmoins et on lui diagnostique  une double tuberculose (pulmonaire et osseuse). La Cour doit se rendre à l’évidence : la mort du prince est aussi imminente qu’inéluctable. Ses parents se trouvent dans « un accablement de douleur qu’on ne peut se représenter».

Le 29 novembre 1760

Dans l’urgence, l’enfant est baptisé et il fait sa première communion le lendemain.

Le 16 mars 1761

Le duc de Bourgogne reçoit l’extrême-onction.

Berry est absent : il est souffrant, et comme toujours quand il ne voit pas son petit frère, le duc de Bourgogne s’agite, se désole et s’inquiète. 

Monseigneur le duc de Berry s’étant trouvé très incommodé le soir du Vendredi Saint, et d’une manière à inquiéter, Monseigneur le duc de Bourgogne, tranquille dans les bras de la mort, semble avoir oublié le danger où il était pour ne s’occuper que de celui de son petit frère qui lui était cher ; il ne cessait d’en demander des nouvelles, et il se fit rendre comte par les médecins à trois reprises dans la journées, de l’état où il se trouvait.

Le duc de la Vauguyon

Dans la nuit du 20 au 21 mars 1761

Le duc de Bourgogne meurt, en l’absence de son petit-frère, Louis-Auguste, alité lui aussi par une forte fièvre.

La mort du duc de Bourgogne est vécue comme un drame pour le Dauphin et la Dauphine.

Marie-Josèphe déclarera : « rien ne peut arracher de mon cœur la douleur qui y est gravée à jamais ».

 Après la mort de son frère aîné, on installe le duc de Berry dans la même chambre, au rez-de-chaussée, de l’Aile des Princes, donnant sur le parterre du Midi. Il avait déjà le même gouverneur ; les mêmes gentilshommes et les mêmes valets qui servaient son frère le servent, comme s’ils l’avaient toujours servi.

Le 18 octobre 1761

Le même jour que son frère Louis-Stanislas-Xavier ( Provence), Louis-Auguste est baptisé par l’archevêque de La Roche-Aymon dans la chapelle royale du château de Versailles. Son parrain est son grand-père, Auguste III, électeur de Saxe et Roi de Pologne (1696-1763), représenté par le duc d’Orléans, et sa marraine est sa tante, Madame Adélaïde (1732-1800).

Louis-Auguste se distingue déjà par une grande timidité ; certains y voient un manque de caractère:

 « Nous remarquâmes que des trois Enfants de France, il n’y avait que Monsieur de Provence qui montrât de l’esprit et un ton résolu. Monsieur de Berry, qui était l’aîné et le seul entre les mains des hommes, paraissait bien engoncé. »

Le duc de Croÿ en 1762
 

Il se montre néanmoins parfois à son aise devant les historiens et philosophes se présentant à la Cour. Il fait également preuve d’humour et de répartie. La Vauguyon et le prédicateur Charles Frey de Neuville remarquent même chez le jeune garçon d’assez grandes qualités pour en faire un bon Roi.

Marie-Josèphe et Louis-Ferdinand instruisant leurs trois fils, les futurs Louis XVI, Louis XVIII et Charles X
A drawing by Charles Monnet (1732-1816) depicting Louis XV and his son Louis, the Dauphin, instructing his three children–all of whom would be future kings of France: Louis XVI, Louis XVIII, and Charles X. This was a preparatory study for a painting...Un dessin de Charles Monnet (1732-1816) représentant Louis XV et son fils Louis, le Dauphin, instruisant ses trois enfants – qui seront tous les futurs rois de France: Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Il s’agissait d’une préparation étude pour un tableau qui appartenait au duc de la Vauguyon, gouverneur des enfants de France. La peinture actuelle est maintenant perdue

Sur le plan intellectuel, Berry est un élève doué et consciencieux. Il excelle dans les matières suivantes : géographie, physique, écriture, morale, droit public, histoire, danse, dessin, escrime, religion et mathématiques. Il apprend plusieurs langues (latin, allemand, italien et anglais) et savoure quelques grands classiques de la littérature.

« Louis XVI a reçu l’éducation d’un « prince des Lumières » — C’était un monarque éclairé ». Les professeurs d’histoire Philippe Bleuzé et Muriel Rzeszutek précisent que : « Louis XVI connaissait le latin, l’allemand, l’espagnol, maîtrisait l’anglais parfaitement, pratiquait la logique, la grammaire, la rhétorique, la géométrie, l’astronomie. Il avait une culture historique et géographique incontestable et des compétences en économie ». Ils estiment qu’« il est très influencé par Montesquieu, qui lui inspire une conception moderne de la monarchie détachée du droit divin ».

Ran Halévi, 2005

L’éducation de Louis XVI avait été entièrement négligée après la mort de son père ; mais il l’avait perfectionnée lui-même. Exempt de grandes passions, il se délassait d’un exercice violent par quelques heures d’étude. Il lisait prodigieusement. On sait que peu de jours avant sa mort, récapitulant le nombre de volumes qu’il avait lus pendant quatre mois de captivité, il en compta plus de deux cent cinquante. C’est à force de travail qu’il était parvenu à connaître à fond les lois du royaume et l’histoire des différents peuples, à posséder la géographie au plus haut degré de perfection, et à devenir même, par l’étude de plusieurs langues étrangères, un assez bon littérateur. On connaît sa traduction de l’anglais de Richard III. par Horace Walpole; et cet ouvrage n’est pas sans mérite. C’était à lui seul qu’il devait tous ses talents. Et voilà pourtant le prince qu’on nous a toujours représenté comme un ignorant, un brutal et un homme adonné à l’ivrognerie!

J’ai passé près de six ans à la cour; dans aucune circonstance je n’ai vu le roi se conduire grossièrement à l’égard du plus mince de ses serviteurs. La force de sa constitution rendait, il est vrai, ses mouvements un peu brusques. Ce qui était de sa part une simple plaisanterie laissait souvent un souvenir quelque peu douloureux; mais s’il avait cru faire le moindre mal, il se serait interdit la plus légère gaieté.

Le comte d’Hézecques
saxe - Marie-Josèphe de Saxe Marie-13Marie-Josèphe de Saxe

Voici comment La Vauguyon voit son élève : 

  • Trempe d’esprit supérieure, discernement et justesse d’esprit. réflexion. secret.
  • Caractère : fier, fermé, subordonné, équitable, bon par raison et non par faiblesse, économe, solide, ne s’amusant point d’enfantillage.
  • Religion : éclairé, point dévot de complexion. né pour aimer vingt millions d’hommes et non cinq ou six personnes.

Le 3 mai 1764

Naissance de sa petite sœur Madame Élisabeth (1764-1794) au château de Versailles.

Aucune description disponible.Marie-Josèphe de Saxe et ses enfants

 Le 11 août 1765

Le Dauphin Louis-Ferdinand, son père, fait une visite à l’abbaye de Royallieu et revient à Versailles sous la pluie. D’une santé déjà précaire et affublé d’un rhume, il est pris d’une violente fièvre.

Il parvient à faire transporter la Cour au château de Fontainebleau pour changer d’air, mais rien n’y fait, son état empire au fil des mois.

Le 19 octobre 1765

Le duc de Berry est prévenu du danger de mort où se trouve son père : on amène au Dauphin ses trois fils à qui on vient d’annoncer la mort imminente de leur père. En voyant la pâleur du duc de Berry et les larmes qu’il ne peut retenir, le Dauphin se met en devoir de le consoler avec une cruauté qu’on espère inconsciente:

“Dans la conversation, Louis-Ferdinand dit au duc de Berry:

He bien, mon fils, vous pensiez donc que je n’étais qu’enrhumé?

Puis en riant et en plaisantant: 

Sans doute, ajouta-t-il, que quand vous aurez appris mon état, vous aurez dit : tant mieux, il ne m’empêchera plus d’aller à la chasse.

Marie-Josèphe de Saxe

Un autre jour, pendant la conversation, le propos tomba sur la rapidité avec laquelle le temps passe ; le duc de Berry dit que le temps de la journée qui lui passait le plus promptement était celui de l’étude. Monsieur le Dauphin, transporté de joie, lui dit:

-Ah que vous me faites de plaisir ! Car puisque le temps de l’étude vous passe vite, cela me prouve que vous vous y appliquez.

Je le fis approcher de son lit ; il l’embrassa tendrement… Le duc de Berry lui avoua pourtant que quand l’étude n’allait pas si bien, le temps lui passait plus lentement. Monsieur le Dauphin prit là l’occasion de peindre l’avantage et le bonheur d’un homme qui sait faire un bon usage de son temps et au contraire le malheur de ceux qui aiment l’oisiveté ou qui ne savent pas s’occuper eux-mêmes. Après que les enfants furent sortis, il me répéta encore le plaisir qu’il ressentait de ce que le duc de Berry lui avait dit.

Marie-Josèphe de Saxe

Le 20 décembre 1765

Après une agonie de trente-cinq jours, le Dauphin meurt, à l’âge de trente-six ans.

Résultat de recherche d'images pour "Allégorie de la mort du Dauphin de Lagrenée l'Aîné"Allégorie de la mort du Dauphin de Lagrenée l’Aîné (1766): le petit duc de Bourgogne, décédé en 1761, lui présente la couronne de l’immortalité. On le voit entouré dans ses derniers instants par son épouse, Marie-Josèphe de Saxe et par ses fils , le duc de Berry (futur Louis XVI, agenouillé), le comte de Provence (futur Louis XVIII) et le comte d’Artois (futur Charles X).

À la mort de son père, le duc de Berry devient donc Dauphin de France.

Monseigneur le Dauphin (le nouveau titre du duc de Berry) a paru sentir toute l’étendue de la perte immense qu’il fait.”

La Vauguyon à Xavier de Saxe

Il a onze ans et a vocation à succéder immédiatement au Roi, son grand-père, qui en a cinquante-six.

Peut être une image de 1 personneMiniature sur ivoire, datée de 1800, attribuée à Jean-Pierre Thiboust : certains y voient Robespierre, d’autres Louis XVI

Marie-Josèphe en épouse -trop- parfaite languit dans la dépression ce qui n’aidera pas Louis-Auguste à se relever de ce deuil pesant pour lui.

En 1766

Le sculpteur Guillaume Coustou (1716-1777) exécute, pour le tombeau du Dauphin et de la Dauphine, dans la cathédrale de Sens, une statue représentant l’amour conjugal “sous les traits du duc de Berry” alors âgé de douze ans, ainsi que le signale le Mercure de France. Le jeune prince est représenté nu, avec un drapé autour des reins ; de la main droite il tient une torche éteinte, et de la gauche il essaie d’arrêter le Temps de sa faux. Un bandeau devait ceindre ses cheveux, coupés à l’antique, mais il a dû être perdu pendant la révolution, alors que la statue était cachée dans la crypte.

Aperçu de l’imageLouis-Auguste par Guillaume Coustou (1766)
LOUIS FERDINAND DE FRANCE, dauphin - Tombes Sépultures dans les cimetières  et autres lieux

Le 1er mars 1766

Service solennel célébré à Notre-Dame de Paris pour le repos de l’âme de Louis-Ferdinand, avec messe de Requiem “chantée en musique à grande symphonie” et oraison funèbre. Louis-Auguste représente le Roi son grand-père à cette solennité si cruelle pour lui. De retour à Versailles, Monsieur de La Vauguyon conduit le Dauphin devant le portrait de son père:

La triste cérémonie à laquelle vous venez d’assister a renouvelé toutes vos douleurs ; mes yeux noyés de larmes ont vu couler les vôtres. Nous avons donc rendu les derniers devoirs à Monseigneur le Dauphin ; il n’est plus, mais pourrions-nous jamais l’oublier? … je le pleurerai sans cesse ; nous le pleurerons ensemble.

En un véritable acte d’adoption, La Vauguyon annonce qu’il remplacera ce père si aimé, si regretté :

Il daigna m’honorer de son amitié et de sa confiance, et m’en donna la plus grande preuve en me chargeant de tenir sa place auprès de vous et de vous apprendre à devenir digne de lui.

Il le rassure sur l’amour de son père en lui laissant entendre que sa sévérité était une preuve de tendresse :

Il vous aimait tendrement ; il vous eût formé lui-même … sans il était occupé de vous, et surtout dans les derniers temps de sa vie. Il prévoyait notre malheur ; nous lui paraissiez plus précieux. Combien de fois ne m’a-t-il pas dit : _ Mon fils saura-t-il qu’élevé au-dessus des hommes il est homme lui-même? Aimera-t-il à soulager les infortunes? Saura-t-il jouir du plus grand plaisir de la grandeur, le plaisir si doux de faire des heureux? _ J’ai été le dépositaire de ses dernières instructions pour vous.

Louis-Auguste se jette alors en pleurant dans les bras de celui qui depuis 1760 est un vrai père pour lui . La Vauguyon lui demande une promesse qui engage tout l’avenir : 

Vous vous attendrissez, Monseigneur, vous êtes sensible, vous serez vertueux. Promettez-moi que vous l’imiterez un jour, que vous y travaillerez dès à présent, ou plutôt faîtes-vous pour un instant illusion : vous voyez son portrait ; figurez-vous  qu’il respire encore ; venez méditer devant son image ; proposez-vous tous les jours une de ses vertus à imiter , et faites que dans mes vieux ans je puisse m’écrier avec attendrissement : Dieu m’avait enlever le plus vertueux des hommes, il avait enlevé à la France le plus grand des princes ; il l’a rendu à la nation en la personne de son fils.

Et pour que le Dauphin puisse trouver plus facilement “tous les jours une de ses vertus à imiter” Monsieur de La Vauguyon lui fournit un Recueil dirigé des vertus de feu Mgr le Dauphin sous le modèle du Recueil des vertus de Mgr le duc de Bourgogne.

L’attitude du gouverneur provoquera une certaine jalousie chez Marie-Josèphe qui se sent supplantée dans son rôle légitime. 

Dès 1766

Le mariage du Dauphin est envisagé par  Choiseul (1719-1785) alors que le futur Roi n’a que douze ans.

Les négociations durent plusieurs années, et l’image donnée par le Dauphin n’est pas toujours reluisante : Mercy-Argenteau, l’ambassadeur d’Autriche à Paris, signale à Marie-Thérèse d’Autriche :

la « nature semble avoir refusé tout don à Monsieur le Dauphin, […], par sa contenance et ses propos ce prince n’annonce qu’un sens très borné, beaucoup de disgrâce et nulle sensibilité ».

Le 21 août 1766

Le Dauphin monte pour la première fois à cheval au Puy dauphin.

Le 23 août 1766

Le jour de son douzième anniversaire, Louis-Auguste suit pour la première fois la chasse du Roi en calèche.

Fin de l’éducation

Louis-Auguste est désormais Dauphin, mais ce changement de statut ne l’exonère pas de poursuivre son éducation, bien au contraire. La Vauguyon recrute un adjoint supplémentaire pour enseigner au Dauphin la morale et le droit public : le père Berthier. Le gouverneur incite le duc de Berry à penser par lui-même en lui appliquant la méthode du libre-examen.

Sa mère tempère cet élan libéral en lui inculquant plus encore les préceptes de la religion catholique.

                              Marie-Josèphe de Saxe par Maurice Quentin de La Tour

Elle se rêve en Blanche de Castille, mère d’un nouveau saint Louis…

Le 20 décembre 1766

Services du bout de l’an de mon père à Saint-Denis.

Le Dauphin Louis-Auguste

Le 21 décembre 1766

Le Dauphin reçoit le sacrement de confirmation.

Jacques Boehli est le Dauphin Louis-Auguste dans la fiction télévisée Madame Quinze de Jean Roger Cadet (1973)

Le 24 décembre 1766

Louis-Auguste fait sa première communion.

Fichier:Van Loo, Louis-Michel - The Dauphin Louis Auguste, later Louis XVI.jpg  — WikipédiaLouis-Auguste par Van Loo

En grandissant, Berry commence à sortir davantage et pratique l’équitation. Il commence également à se passionner pour l’horlogerie et la serrurerie, deux loisirs qui ne le quitteront plus. L’abbé Soldini vient conforter l’éducation religieuse du jeune homme.

Photo: The comte d'Artois and his sister Marie-Clotilde in their youth by François-Hubert Drouais
Shortly after the birth of Charles-Philippe (the comte d'Artois) in 1757, Louis XV asked Charles III of Spain to be the boy’s godfather. He agreed, and...Charles d’Artois et Madame Clotilde par Drouais

Le 9 mars 1767

Marie-Josèphe fait appeler ses trois fils.

“Elle leur donna sa bénédictions en versant des larmes. Son confesseur (l’abbé Soldini) s’acquittant en son nom de devoir que son attendrissement ne lui permettait pas de remplir, leur dit :

_Monseigneur, Madame la Dauphine m’ordonne de vous dire qu’elle vous donne sa bénédiction de tout son cœur et  qu’elle prie le Seigneur de vous combler de toutes les siennes. Elle vous recommande de marcher devant Dieu dans la droiture de votre cœur, d’honorer le Roi et la Reine, de les consoler en retraçant à leurs yeux les vertus de votre auguste père ; de ne vous écarter jamais des sages avis que vous donnent les personnes qui sont chargées de votre éducation, et de vous souvenir de Dieu pour elle.”

L’abbé Soldini

Les trois enfants sortent en larmes d’auprès de leur mère.

Le 10 mars 1767

Dans l’après-midi, Marie-Josèphe fait ses adieux à ses deux petites filles Madame Clotilde et Madame Elisabeth qui aura trois ans au mois de mai.

Aucune description disponible.

Le 11 mai 1766

Elle revoit ses fils pour la dernière fois.

Le 13 mars 1767

Mort de Marie-Josèphe de Saxe ( née le 4 novembre 1731).

Marie-Josèphe de Saxe

Le 16 mars 1767

Monseigneur le Dauphin ne se porte pas bien. Il est “bien maigre et souvent il a mauvais visage“.

L’éducation proprement dite du Dauphin s’arrêtera avec son «établissement», c’est-à-dire son mariage.

Aucune description disponible.Dernier réveillon de Marie Leszczyńska : Une coutume s’était instaurée dans la famille royale : chaque 31 décembre à minuit, Louis XV et son épouse, assis de part et d’autre de la pendule astronomique de Passemant, assistent au changement d’année entourés de leurs enfants et petits-enfants…

Le 24 juin 1768

Mort de la Reine Marie Leszczynska, sa grand-mère.

Fichier:Jean-marc-nattier-portrait-of-maria-leszczynska-148451.jpg ...Marie Leszczynska par Jean-Marc Nattier

Le 8 mars 1770

Louis-Auguste tombe de cheval lors de la chasse.

A chalk drawing of Louis XVI in hunting gear, circa 1770, by Gabriel Jacques de Saint-Aubin. [credit; Galerie Bassenge, via Invaluable]Le Dauphin en tenue de chasse (1770) par Saint-Aubin

Le 22 avril 1769

Présentation de Madame du Barry (1743-1793).

Le 17 juillet 1769

Le Dauphin chasse, mais le soleil s’étant abstenu de paraître, la bête ne s’est pas laissée prendre.

Le 2 avril 1770

Le Dauphin Louis-Auguste écrit à l’Archiduchesse Marie-Antoinette :

« Madame ma Sœur et Cousine, je reçois une marque bien touchante de l’estime que l’Impératrice, madame ma Sœur et Cousine, fait paraître de moi, en vous accordant à mes vœux et à ceux du Roi, mon seigneur et grand père. Le consentement que vous voulez bien donne à une union qui met le comble à mon bonheur, me cause la plus sensible joie et me pénètre de reconnaissance. J’attendais avec la plus vive impatience qu’il me fût permis de vous en assurer. J’ai chargé le sieur marquis de Durfort, ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Roi, de vous présenter mon portrait. Je vous prie de le recevoir comme un gage de sentiments qui sont gravés dans mon cœur pour vous et qui dureront autant que ma vie. Je suis, Madame ma Sœur et Cousine,

Votre affectionné Frère et Cousin
Louis Auguste »

Le Dauphin Louis-Auguste de France, futur Louis XVI de Louis-Michel Van Loo  (d'après) - Reproduction d'art haut de gamme

Le 26 avril 1770

Louis-Auguste reçoit de sa belle-mère la lettre suivante : 

Votre épouse, mon cher Dauphin, vient de se séparer de moi ; comme elle faisait mes délices, j’espère qu’elle fera votre bonheur ; je l’ai élevée en conséquence parce que , depuis longtemps, je prévoyais qu’elle devrait partager votre destinée. Je lui ai inspiré l’amour de ses devoirs envers vous, un tendre attachement, l’attention à imaginer et à mettre en pratique les moyens de vous plaire ; je lui ai recommandé avec beaucoup de soin une sincère dévotion envers le Maître des Rois, persuadée que l’on fait mal le bonheur du peuple qui nous est confié, quand on manque envers Celui qui brise les sceptres et renverse les rois comme il lui plaît. Aimez donc vos devoirs envers Dieu, je vous le dis, mon cher Dauphin, et je l’ai dit à ma fille. Aimez le bien des peuples sur lesquels vous régnerez toujours trop tôt. Aimez le Roi, votre aïeul, inspirez et renouvelez cet attachement à ma fille ; soyez bon comme lui ! Rendez-vous accessible aux malheureux ; il est impossible qu’en vous conduisant ainsi, vous n’ayez pas le bonheur en partage. Ma fille vous aimera, j’en suis sûre, parce que je la connais ; mais plus je réponds de son amour et de ses soins, plus je vous demande de lui vouer le plus tendre attachement.

Adieu, mon cher Dauphin, soyez heureux, rendez-la heureuse ! Je suis toute baignée de larmes.

  Votre tendre mère, Marie-Thérèse.

Le 14 mai 1770

La rencontre entre le Dauphin et sa future épouse a lieu, au pont de Berne, dans la forêt de Compiègne. Le Roi, le Dauphin et la Cour sont là pour accueillir le cortège de Marie-Antoinette.

The arrival of Marie-Antoinette in the forest of Compiègne; May 14th, 1770. [ source: gallica.bnf.fr ]

La rencontre entre le Dauphin et sa future épouse a lieu, au pont de Berne, dans la forêt de Compiègne. Le Roi, le Dauphin et la Cour sont là pour accueillir le cortège de Marie-Antoinette.
Fichier:Van Loo, Louis-Michel - The Dauphin Louis Auguste, later Louis XVI.jpg  — WikipédiaLouis-Auguste, Dauphin de France par Louis-Michel Van Loo  –   Wallace Collection , Londres

À Sa descente du carrosse, la future Dauphine fait la révérence au Roi et est présentée par lui au duc de Berry, lequel Lui fait un discret baiser sur la joue.

Marie antoinette kirsten dunst GIF - Find on GIFERImage de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

“Louis XV fut enchanté de la jeune dauphine ; il n’était question que de ses grâces, de sa vivacité et de la justesse de ses reparties. Elle obtint encore plus de succès auprès de la famille royale, lorsqu’on la vit dépouillée de tout l’éclat des diamants dont elle avait été ornée pendant les premiers jours de son mariage. Vêtue d’une légère robe de gaze ou de taffetas, on la comparait à la Vénus de Médicis, à l’Atalante des jardins de Marly. Les poètes célébrèrent ses charmes, les peintres voulurent rendre ses traits.”

Madame Campan

Ils gagneront ensemble le château de Versailles.

Le 15 mai 1770

Le cortège se rend au château de la Muette où Marie-Antoinette est présentée au comte de Provence, au comte d’Artois et à madame Clotilde, et où Elle fait connaissance avec la nouvelle et dernière favorite du Roi, la comtesse du Barry.

Le 16 mai 1770

Louis-Auguste épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche.

Fichier:Marie Antoinette Young3.jpg — WikipédiaMarie-Antoinette par Ducreux

À cette occasion, l’abbé Soldini adresse au Dauphin une longue lettre de conseils et recommandations pour sa vie à venir, et notamment sur les « mauvaises lectures » à éviter et sur l’attention à porter à son alimentation. Il l’exhorte enfin à toujours rester ponctuel, bon, affable, franc, ouvert mais prudent dans ses paroles. Soldini deviendra plus tard le confesseur du Dauphin devenu Roi.

On May 16th, 1770, Marie Antoinette of Austria and Louis-Auguste of France were married in a lavish wedding ceremony at Versailles. The wedding of the couple, symbolic of a renewed alliance between their respective countries, was celebrated in a... Gravure du mariage de Marie-Antoinette avec le Dauphin, le 16 mai 1770
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette  Sofia Coppola mariage"Le mariage vu par Sofia Coppola (2006)

“Cradled by the Royal Chapel, bathed in holy light, swaddled in the polyphonic voice of God, we have been joined in marriage and go forth.
”
–Sena Jeter Naslund, Abundance: A Novel of Marie Antoinette

On compte cinq mille invités.

Là, Marie-Antoinette traverse la Galerie des Glaces en compagnie du roi et de son futur époux jusqu’à la chapelle. Le mariage est béni par l’archevêque de Reims. Puis, les époux et témoins signent les registres paroissiaux.  Le dîner est organisé dans le tout nouvel opéra du château ; le repas est accompagné par vingt-quatre musiciens habillés à la turque. Les époux, eux, mangent très peu. Peu après minuit, ils sont accompagnés à la chambre nuptiale. L’archevêque bénit le lit, le Dauphin reçoit sa chemise nuptiale des mains du Roi et la Dauphine des mains de la duchesse de Chartres, la plus haut placée des femmes mariées de la Cour.

Le cortège de la princesse arrive dans la cour royale du château, devant les haies des gardes françaises et gardes suisses qui présentent les armes à son passage dans un roulement de tambours. On accompagne la princesse jusqu’à un appartement du rez-de-chaussée du corps central, contigu à l’appartement de la Dauphine où habite présentement le Dauphin.

Elle est livrée aux mains de Sa dame d’atours, des dames qu’Elle a rencontrées à Strasbourg et aux femmes de chambres qui La vêt d’un somptueux grand habit à grand panier de brocart blanc brodé d’argent, car en tant que future Dauphine, elle ne peut revêtir du brocart d’or, le manteau royal ou la couronne.

Le 16 mai 1770

vers neuf heures

Marie-Antoinette, coiffée et habillée en très-grand négligé, part pour Versailles, où doit se faire Sa toilette nuptiale .

Le Roi et le Dauphin ont quitté la Muette après le souper, à deux heures du matin, afin de recevoir la Dauphine.

A dix heures du matin

1770 - 13 mai 1770: Marie-Antoinette et Louis XVI se rencontrent enfin à Compiègne.  Capt1191Arrivée de Marie-Antoinette à Versailles

Le cortège de la princesse arrive dans la cour royale du château, devant les haies des gardes françaises et gardes suisses qui présentent les armes à son passage dans un roulement de tambours. On accompagne la princesse jusqu’à un appartement du rez-de-chaussée du corps central, contigu à l’appartement de la Dauphine où habite présentement le Dauphin.

Elle est livrée aux mains de Sa dame d’atours, des dames qu’Elle a rencontrées à Strasbourg et aux femmes de chambres qui La vêt d’un somptueux grand habit à grand panier de brocart blanc brodé d’argent, car en tant que future Dauphine, elle ne peut revêtir du brocart d’or, le manteau royal ou la couronne.

Le Roi passe chez Elle aussitôt Son arrivée, L’entretient longtemps, et Lui amène la plus jeune de son épouse, madame Elisabeth (six ans), qu’Elle peut recevoir sans être coiffée ni habillée. La petite princesse ne participe pas encore pleinement à la vie de cour, contrairement à sa soeur aînée madame Clotilde, onze ans, présentée au souper du château de La Muette, la veille, et présente aussi lors du grand souper du mariage. 

                                                                                                                   Mesdames Clotilde et Elisabeth

Peu de temps avant de monter à l’étage, le Roi Lui présente ensuite le comte de Clermont et la princesse de Conti, absents à la rencontre de Compiègne.

Le Dauphin Louis-Auguste a revêtu un bel habit de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit en réseau d’or enrichi de diamants.

A une heure de l’après-midi

Le cortège de la famille royale part du Cabinet du Roi, précède par le marquis de Dreux-Brézé, grand maitre des cérémonies et d’un aide des cérémonies.

Les époux apparaissent et vont devant se donnant la main, escortés d’un page du Roi portant le bas de robe de la Dauphine et de Madame de Noailles, suivant la nouvelle princesse.

Puis marchent les princes du sang entourés de leurs services d’officiers et de gentilshommes, les frères du Roi, le Roi seul, suivi de Madame Clotilde, de Mesdames , des princesses du sang et de soixante-dix dames de la Cour en grand habit.

Le coup d’œil est extraordinaire.

Ce sont les plus somptueuses toilettes qu’on porte depuis longtemps et telles qu’on n’en a pas vues porter aux récents mariages de la princesse de Lamballe et de la duchesse de Chartres. Tous les yeux et pensées vont à la mariée qui est éblouissante de grâces et fort souriante. A la chapelle, les suisses forment la haie, frappent leurs tambours et soufflent dans leurs fifres pour annoncer l’entrée du Roi.

Le mariage de Marie-Antoinette et du Dauphin est célébré dans la chapelle royale de Versailles.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette  Sofia Coppola mariage"

Le mariage du dauphin Louis et de Marie-Antoinette | Marie antoinette,  Dauphin, Marie thérèse

Les mariés sont décrits comme gauches et timides.

Résultat de recherche d'images pour " Marie-Antoinette  Sofia Coppola mariage"Le mariage dans le film de Sofia Coppola (2006)

A la chapelle royale, sur les gradins en amphithéâtre de la nef, des galeries des tribunes, tout le monde se lève au moment où l’orgue éclate, annonçant l’entrée du cortège royal.

Le coup d’œil est merveilleux et le soleil descend à flots par les larges baies sur les toilettes étincelantes de pierreries.

Mariage of Louis and Marie-Antoinette 16 may 1770 in the chapel of  Versailles. | Marie antoinette, Versailles, Chapelle

Des centaines d’invités attendent.

Les orgues retentissent. Louis XV s’arrête un instant à son prie-Dieu, placé face à l’autel en bas de la chapelle Les mariés vont jusqu’aux marches de l’autel – à l’emplacement fixé par Louis XIV où s’agenouillent depuis plus d’un siècle, les couples royaux et princiers : la cérémonie du mariage va débuter.

“Cradled by the Royal Chapel, bathed in holy light, swaddled in the polyphonic voice of God, we have been joined in marriage and go forth.
”
–Sena Jeter Naslund, Abundance: A Novel of Marie Antoinette

L’archevêque de Reims présente l’eau bénite à Sa Majesté et monte à l’autel pour commencer la bénédiction par son discours.

16-18 mai 1770 - Mariage de Louis et Marie-Antoinette - Herodote.net

Au moment de la bénédiction, le Roi, les princes et princesses s’avancent en groupe et se rassemblent autour des époux :l le grand aumônier bénit d’abord treize pièces d’or et un anneau d’or ; il les présente au Dauphin, qui met l’anneau au quatrième doigt de la main gauche de la Dauphine , et Lui donne les treize pièces d’or.

vivelareine:
“ On the morning of his execution, Louis XVI removed his wedding ring and handed it to his valet, Jean-Baptiste Cléry, saying:
“ [Give] this ring to the queen; tell her that I part from it with pain and only at the last moment.
” ”

Après la bénédiction

Le Roi retourne à son prie-Dieu et la messe débute chantée par la Musique du Roi, placée derrière l’autel. “Des gardes du corps, placés à distance dans les tribunes , font observer le silence et même agenouiller ceux qui auraient des distractions”.

A l’offertoire

Les époux vont à l’offrande et à la fin du Pater, le poêle de brocart d’argent est tenu, du côté du Dauphin, par l’évêque de Senlis, du côté de la Dauphine, par l’évêque de Chartres , est étendu – selon l’usage liturgique – au dessus de leur tète.

La messe dite

Le curé de la paroisse de la Cour, Notre-Dame de Versailles apporte selon l’usage ce jour , le registre à la chapelle royale. Louis XV signe le premier l’acte de mariage. Après le Dauphin et la Dauphine, signent, dans l’ordre protocolaire, les frères du marié, sa sœur, ses tantes et enfin les deux premiers princes du sang.

Au moment de signer l’acte de mariage

La nouvelle Dauphine commet une maladresse restée célèbre… 

10 mai 1770: 1ère journée des festivités du mariage du dauphin ...

La petite histoire et le registre conservé nous indique que la nouvelle Dauphine, probablement émue et tremblante, a laissé un pâté sur Sa signature :

Extremely salty about ancient dead Kings — vivelareine: Marie ...

Il ne faut pas oublier que jusque-là habituée à s’appeler Antonia ou Antoine, elle n’a pas l’habitude de l’emploi de ses nouveaux prénoms français…

Ensuite tandis que le grand aumônier de France et l’humble curé de la paroisse apposent leur signature, le cortège se reforme : le Dauphin passant à son rang immédiatement avant le Roi, la Dauphine, venant la première derrière eux.

Le cortège se reforme et traverse à nouveau le Grand appartement où se pressent cinq mille personnes.

Des murmures d’admiration saluent le passage des jeunes mariés.

Il y a encore des milliers de personnes entrées durant la messe dans le grand appartement et la Galerie, mais la porte centrale du salon de la Paix s’est à peine fermée sur la dernière dame de la Dauphine, que les suisses font évacuer toutes les pièces afin de les disposer pour le soir : les tapissiers des menus retirant immédiatement les gradins, plaçant les barrières et dressent les tables pour le jeu.

Retournée dans l’appartement du rez-de-chaussée, la Dauphine reçoit les serments des officiers de Sa maison par un défilé de révérences et d’hommages : ils doivent ” prêter serment” entre ses mains, en présence du comte de Saint-Florentin, ministre de la maison du Roi.

D’abord la dame d’honneur, les douze dames du palais, viennent le chevalier d’honneur, le premier maitre d’hôtel, le premier aumônier, le surintendant des finances de la Maison, les intendants, les trésoriers, l es gentilshommes servants, le secrétaire des commandements, le premier écuyer et les contrôleurs généraux.  Ceux-ci ont eux-mêmes reçus au préalable, le serment des employés subalternes.

Monsieur de Saint-Florentin dit les noms et indique les fonctions à la Dauphine. Ensuite la comtesse de Noailles présente les ambassadeurs et les ministres des cours étrangères.

Les présentations faites

Le duc d’Aumont, premier gentilhomme de la chambre du Roi en exercice, s’avance et donne, au nom de son maître, une clef d’or à la princesse.

La Dauphine ouvre alors un cabinet de velours rouge, brodé d’or, qui contient Sa ” corbeille de mariage” : les présents officiels du Roi sont une parure d’émail bleu avec chaine de diamants, un étui de côté, une boite de poche et un éventail entouré de diamants où l’art parisien s’est surpassé lui même pour la Dauphine. dans les tiroirs du cabinet, la princesse trouve, tout soigneusement étiquetés, des objets de souvenir, montres , étuis ciselés qu’Elle distribue ensuite de Sa main aux personnes présentes, enchantée d’être conviée déjà à faire tant d’heureux.

Après un dîner servi en petit couvert dans l’appartement de la Reine, va commencer le jeu de lansquenet dans la grande galerie, le feu d’artifice que l’on espère maintenir car l’orage gronde et le festin royal qui va réunir les vingt-deux convives de la famille royale.

Portraits de Marie-Antoinette, Dauphine - Page 2 Boite_10Tabatière -Paul-Nicolas Ménière,  Musée Cognacq-Jay

Versailles
[credit: © EPV / Thomas Garnier]

L’opéra royal, œuvre d’Ange-Jacques Gabriel, est alors inauguré.

A partir de 1748, Ange-Jacques Gabriel reprend les plans de ses prédécesseurs. Les premiers de travaux de gros œuvre sont exécutés. Les difficultés financières et les atermoiements quant à l’aménagement intérieur conduisent à les interrompre en 1756. Ils reprennent entre 1763 et 1765 avant d’être à nouveau arrêtés. La décision de terminer l’Opéra Royal intervient en 1768, lorsqu’est conclu le mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette.

L'Opéra Royal de Versailles, un joyau de notre patrimoine

Un lieu doit être trouvé pour célébrer les festivités. Assisté du machiniste Blaise-Henri Arnoult, Gabriel met la touche finale aux plans de l’Opéra Royal. Celui-ci est achevé en deux ans au terme d’un chantier pharaonique sur lequel travaillent nuit et jour des centaines d’ouvriers.

Enquête sur le plomb sur un chantier du château de Versailles

Arnoult le conçoit de manière à accueillir soit des spectacles soit des festivités. Lors des grandes réceptions, le plancher de la salle est rehaussé au niveau de la scène par des crics toujours en place, formant un gigantesque plateau d’environ 50 mètres sur 20 mètres. En revanche, dans la configuration spectacles, l’Opéra Royal accueille jusqu’à 1336 spectateurs. Une machinerie répartie sur 35 mètres de hauteur permet d’effectuer des changements de décors spectaculaires à la vue du public. La salle, entièrement exécutée en bois, dispose en outre d’une acoustique exceptionnelle.

mariage - Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette  - Page 6 Salle_10

L’aménagement intérieur combine innovation et classicisme. En remplaçant les loges par des balcons superposés, Gabriel améliore le confort visuel et l’acoustique de la salle. Au dernier étage, des miroirs reflètent des demi-lustres, créant un effet de profondeur et de légèreté. De grands artistes contemporains participent au chantier : Augustin Pajou est chargé du décor sculpté et exécute lui-même les boiseries des loges tandis que Louis-Jacques Durameau supervise le décor peint et réalise le grand plafond, Apollon préparant des couronnes aux hommes illustres dans les Arts.

Opéra royal : programme et réservation • L'Officiel des spectacles

Le 16 mai 1770, la salle est inaugurée lors du festin de mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette.

operasLe grand festin du mariage dans l’opéra royal

The seating arrangement plan for the wedding dinner of Louis XVI and Marie Antoinette.

Lors du repas

D’après la marquise de Laage de Volude qui n’était pas présente lors du souper, le Roi aurait recommandé à son petit-fils de ne pas trop se gaver pour la nuit qui l’attend, il reçoit cette répartie qui en dit plus long que le Dauphin l’imaginait :

Pourquoi? je dors toujours mieux quand j’ai bien mangé….

D’autres témoignages disent qu’au contraire, il n’avait presque rien mangé, occupé à jouer avec son couteau.

Après le festin a lieu le cérémonial du coucher du nouveau couple delphinal.

Les jeunes mariés sont conduits dans la chambre nuptiale, celle de Marie-Antoinette. La couche est bénie par l’archevêque de Reims. Le Roi passe sa chemise de nuit au Dauphin et la duchesse de Chartres comme la première princesse du sang mariée, à la Dauphine. Ils vont au lit en présence de toute la Cour afin de montrer qu’ils partagent bien le même lit.

Comment les rois et reines consommaient-ils leur mariage, par exemple Louis  XVI et Marie-Antoinette ? Les gens les regardaient-ils vraiment faire ? -  Quora

Le mariage ne sera pas consommé cette nuit-là…

Le 18 mai 1770

Ce jour est prévu pour le repos au milieu de toutes ces fêtes. Il n’y a que dîner chez Madame la Dauphine. Elle dîne seule, le Dauphin étant allé à la chasse avec le Roi.

Le 19 mai 1770

A six heures du soir 

Un bal paré est donné en l’honneur du mariage royal.

Ball for the marriage of the dauphin and Marie Antoinette, at the opera of Versailles, May 19th, 1770.Bal du mariage par Moreau le Jeune

La plupart des duchesses et des “grands d’Espagne femelles” n’y assistent pas. Louis XV a, en effet, consenti, à la demande de Marie-Thérèse, à ce que cette fois seulement Mademoiselle de Lorraine, fille de la comtesse de Brionne, la cousine française de la Dauphine, soit admise à danser tout de suite après les princesses du sang. Et les duchesses ont protesté en refusant d’assister au bal paré.

STYLE MARIE ANTOINETTE - Judith Ubenga blogLe mariage vu par Sofia Coppola (2006)

Il y a cependant foule à la salle d’Opéra, illuminée comme le 16 , et le Dauphin et la Dauphine dansent le premier menuet, “tout le monde se tenant debout  ou grimpé sur des banquettes”.

“Marie Antoinette (2006)
”

Madame la Dauphine dans(e) de très bonne grâce et comme bien  habituée à représenter. Monsieur le Dauphin à cause de sa vue ( le duc de Croÿ fait partie des gens qui ont cru le Dauphin myope lors des derniers sacrements de sa mère; la vue obscurcie par les larmes. Il ne tardera  pas à changer d’avis devant l’adresse du jeune prince au tiré.) et qu’il n’est pas dans sa force, ne danse pas si bien. Les jeunes princes dans(ent) de bon cœur sans se gêner.

Le duc de Croÿ

A dix heures

Le Roi se place à la croisée du milieu de la Galerie des Glaces et donne le signal du feu d’artifice.

Versailles
[credit: © EPV / Thomas Garnier]

Un peu d’une heure plus tard

On assiste à la grande illumination du jardin et la fête pour le peuple  qui danse à son tour dans les salles de bal aménagées au Salon de Musique et au Salon des Orangers.

Pendant plus de quinze jours

Bals, représentations théâtrales et fêtes publiques se succèdent.

Le 30 mai 1770

Durant le feu d’artifice qui clôt les festivités à Paris, un incendie s’est déclaré rue Royale, créant un mouvement de panique ; de nombreux passants ont été écrasés par des voitures et piétinés par des chevaux. Le bilan officiel fait état de cent trente-deux morts et des centaines de blessés.

Feu d'artifice fatal lors du mariage du futur Louis XVI et de Marie- Antoinette - Le Parisien

Les jeunes époux sont atterrés. Le Dauphin écrit aussitôt au lieutenant de police, Sartine :

« J’ai appris les malheurs arrivés à mon occasion ; j’en suis pénétré. On m’apporte en ce moment ce que le Roi me donne tous les mois pour mes menus plaisirs. Je ne puis disposer que de cela. Je vous l’envoie : secourez les plus malheureux. »

La lettre est accompagnée d’une somme de 6 000 livres.

La Dauphine et Madame Adélaïde suivent cet exemple honorable.

Dès le mois de juin 1770

Le Dauphin tente d’éloigner l’abbé de Vermond de la Dauphine ce que le Roi lui refuse. Louis-Auguste donne cependant à son grand-père la plus grande preuve de tendresse et de respect. Non seulement il accepte d’assister à des soupers que toute la famille royale évite avec affectation, mais il en fait solliciter la permission comme une faveur, et par l’entremise de Madame du Barry elle-même.

Il est évident qu’il a l’intention de se montrer courtois avec la favorite et les autres personnes qu’il rencontre chez le Roi. Louis XV est d’autant plus sensible à ses attentions qu’il en est moins habitué de la part de ses enfants. La démarche de son petit-fils le touche vivement, et sa joie éclate jusque dans ses lettres à l’Infant de Parme: 

Le 16 juin 1770

Après avoir évoqué son fils, Louis XV ajoute :

Le destin m’en donne un autre (fils) qui me paraît (devoir) faire le bonheur du reste de mes  jours et je l’aime de tout mon cœur parce qu’il me le rend.

Le 24 juin 1770

Je suis très content de mon petit-fils par l’amitié qu’il me marque intérieurement et extérieurement, et c’est ce dernier point qui me plaît plus car j’étais bien sûr du premier.”

Louis XV à l’Infant Ferdinand de Parme

Le 16 juillet 1770

Louis-Auguste tombe malade d’un gros rhume, avec une toux violente. Il ne pourra se rendre à Compiègne le lendemain.

Les gazettes prétendent que le Dauphin crache du sang et rappellent les circonstances de la mort de son père, qui a succombé de ce que les contemporains ont pris pour un “rhume négligé”, accompagné de crachements de sang. Il s’agit pourtant d’un rhume banal.

Le 17 juillet 1770

Louis XV est plus inquiet pour son petit-fils et remet son départ pour Compiègne.

Le 18 juillet 1770

Sur l’ordre des médecins, le premier chirurgien du Roi La Martinière saigne le jeune prince qui inscrit sur son agenda cet événement qui ne se reproduira jamais plus:

Mercredi 18. J’ai été saigné.”

Le Dauphin Louis-Auguste

Ce même jour

Marie-Antoinette écrit à Mercy :

Notre malade est assez bien mais pourtant on le saignera ce soir.

Le 19 juillet 1770

Le Roi ordonne à son premier chirurgien La Martinière d’examiner son petit-fils et de lui dire s’il existe chez le jeune homme des obstacles physiques à la consommation de son mariage. A près avoir pratiqué l’examen, La Martinière a pleinement rassuré le Roi.

La Martinière est à la fois un bon chirurgien et un excellent anatomiste, et il est connu pour la rude franchise de son caractère. Qu’il ait examiné le dauphin, qu’il ait certifié n’avoir trouvé chez lui “aucun défaut naturel qui s’oppose à la consommation de son mariage” suffit à détruire tout ce qu’on a dit, que le jeune prince aurait eu une malformation physique justiciable d’une opération.

Paul et Pierrette Girault de Coursac

Le 20 juillet 1770

Rassuré par l’état du Dauphin, Louis XV se rend à Compiègne. Il devait partir le 17. 

Le 23 juillet 1770

Louis XV fait part à l’Infant Ferdinand, son petit-fils (celui-là même qui a effectivement souffert du phimosis que l’histoire attribue à Louis-Auguste), à la fois de ses inquiétudes et de leur heureux dénouement.

Le 1er août 1770

L’indisposition du Dauphin donne à penser, et je crains qu’il ne vivra pas longtemps.

Marie-Thérèse à Mercy 

Mercy n’a pas informé l’Impératrice au jour le jour comme un événement de cette importance aurait pu le demander. Il ne fait qu’une légère allusion à la maladie du Dauphin le 4 août et sans rien dire de nature à rassurer Marie-Thérèse. On imagine que ses conclusions inquiètes proviennent des gazettes qui ont dû lui parvenir. 

Depuis sa maladie

Le Dauphin ne couche plus dans l’appartement de sa femme comme auparavant, et la consommation de leur mariage reste encore suspendue. Il n’y a aucune cause inquiétante.

Le 2 août 1770

Marie-Antoinette a Ses règles.

Le 8 août 1770

Il y (a) grande chasse à laquelle Madame la Dauphine assist(e) avec Mesdames. Quelques représentations que l’on (a) faites à Monsieur le Dauphin pour se modérer un peu dans cet exercice, il prend ce jour-là par une chaleur excessive une telle fatigue qu’il ne p(eut) se soutenir de lassitude.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 13 août 1770

Le Dauphin chasse avec le Roi tant qu’il peut.

Le 14 août 1770

Marie-Antoinette parle du Dauphin à Mercy en lui disant qu’Elle en est contente, que tous les petits défauts de son extérieur proviennent de l’éducation négligée qu’il a eue, mais que son fond est excellent, qu’il est le meilleur enfant et du meilleur caractère ; rien ne La gêne dans Ses conversations avec le Dauphin, il marque du plaisir à L’entendre et de la confiance, quoiqu’il soit fort réservé sur le chapitre des gens qui l’entourent. Elle est à présent bien assurée que Louis-Auguste connaît bien le duc de La Vauguyon et son fils et qu’il ne les aime ni ne les estime.

Le 20 août 1770

Le Dauphin devait souper à l’Hermitage, petit château situé à la porte de la ville (de Compiègne) où le Roi fait souvent ses retours de chasse avec sa société plus intime, et nommément avec la comtesse du Barry. La Dauphine  me témoign(e) qu’elle voi(e) avec peine que le Dauphin (soit) entraîné à ces soupers, que cela a l’air de vouloir le séparer d’elle pour l’introduire dans une société peu convenable, que le Dauphin lui-même l’envisage ainsi et a du regret d’être à des sorties de parties de plaisir. Elle me parle ensuite du Dauphin en me disant … qu’il mépris(e) souverainement la comtesse du Barry et les gens de sa cabale, que lui ayant demandé pourquoi il se laiss(e) entraîner dans la société de ces gens-là, Monsieur le Dauphin a répondu qu’il fa(ut) bien user de prudence et se prêter pour l’amour de la paix.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 27 août 1770

Le voyage de Compiègne s’achève et, après un bref séjour chez le prince de Condé à Chantilly, la Cour regagne Versailles.

Le château de Chantilly

Le soir du 9 septembre 1770

Le Dauphin trouve la porte de la Dauphine fermée malgré la promesse qu’il en avait reçue.

Le 10 septembre 1770

Cérémonie de la prise de voile de Madame Louise.

Madame Louise de France

Le soir du 19 septembre 1770

Le Dauphin trouve la porte de la Dauphine fermée malgré la promesse qu’il en avait reçue.

Le 20 septembre 1770

Le Dauphin dort avec la Dauphine.

D’octobre à fin novembre 1770

Séjour de la Cour à Fontainebleau

Le château de fontainebleau (dans le 77) | E-billet, horaires, accès...

Le 9 octobre 1770

Le Dauphin passe la nuit avec la Dauphine.

Le 10 octobre 1770

Madame la Dauphine dès qu’elle m’a vu, m’a dit de la suivre dans son cabinet. Elle avait le cœur gros et les yeux rouges. Elle m’a avoué qu’elle avait pleuré et a même recommencé en me parlant de Monsieur le Dauphin ; voici l’occasion . Madame la Dauphine n’avait point de chevaux pour sortir ; elle craignait de s’ennuyer , et pour remplir sa journée elle a arrangé la veille qu’elle irait avec des chevaux de poste à Saint Denis où Mesdames devaient aller à cheval et en voiture. Elle a réfléchi qu’elle serait obligée de quitter le Dauphin aussitôt après le dîner, que ce dîner même déplairait au Dauphin parce qu’il serait obligé de dîner avec les dames ; par ces considérations elle a fait le sacrifice de son amusement et rompu son projet. Elle l’a conté à son époux, elle en espérait quelques petits mots de douceur et de remerciements, elle n’y a trouvé que froideur et le laconisme le plus désobligeant. En me contant cette doléance, la Dauphine se rappelait d’autres petits chagrins  et conclue amèrement qu’il est bien dur de vivre avec un homme sans sentiment et qui ne tient aucun compte de ce qu’on fait pour lui. Madame la Dauphine était fort émue, je l’étais moi-même, et de ce que je vois, et de ce que je crains pour cet hiver. Elle a à peine fini de pleurer lorsqu’on vient lui dire que Madame Adélaïde est revenue chez elle ; la Dauphine y est allée en me disant de l’attendre ; un moment après Monsieur le Dauphin est venu chez sa tante ; M. le Dauphin est rentrée chez lui . Madame la Dauphine sans dire un mot a pris son livre et son peignoir et s’est mise entre les mains de ses friseurs ; je me suis retiré.

L’abbé de Vermond à Mercy

Le 20 octobre 1770

Brouille entre le Dauphin et la Dauphine.

Le 27 octobre 1770

Le Dauphin aurait dit à Marie-Antoinette ce qu’il pensait de Ses menins.

Il en résulte que ce jeune prince réfléchit sur ses entours et sait les apprécier. Ce n’est que depuis  bien peu de temps qu’il s’en explique vis à vis de Madame la Dauphine, laquelle maintenant donne à son langage, à ses petites caresses et à la totalité de son maintien la tournure la plus parfaitement   convenable à s’assurer un entier ascendant sur l’esprit de son époux, ce qui journellement lui réussit de plus en plus et avec des progrès très remarquables.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 6 novembre 1770

Depuis longtemps, la Dauphine exhorte Son époux à ne pas rester si tard à la chasse et l’a prié d’en revenir à une heure raisonnable.

Selon Mercy, le Dauphin revient tard, et suivant sa coutume, longtemps après le Roi : il trouve la Dauphine chez Sa Majesté, il s’approche d’Elle, d’un air embarrassé et Lui dit : “Vous voyez, je suis revenu à temps.” Madame la Dauphine répond d’un ton assez sec :” Oui, voilà une belle heure!

Le soir, on se rend au spectacle, Le Mariage fait et rompu, comédie en vers de Fresnay (1721), puis ballet, Aeglé, pastorale héroïque de 1748 sur un poème de P. Laryon et une musique de P. de La Garde, maître de musique des Enfants de France ( soixante-quatre personnes sur scènes ! ) . Le Dauphin est boudé tout le temps au retour du théâtre. Il cherche à avoir une explication. Marie-Antoinette lui fait alors un sermon énergique où Elle lui représente avec vivacité tous les inconvénients de la vie sauvage qu’il mène ; Elle lui fait voir que personne ne peut résister à ce genre de vie d’autant moins que son air et ses manières rudes ne donnent aucun dédommagement à ceux qui lui sont attachés et qu’en suivant cette méthode, il finira par détruire sa santé et par se faire détester.

Le Dauphin reçoit cette leçon avec douceur et soumission, il convient de ses torts, promet de les réparer et demande formellement pardon à sa femme. 

Le 7 novembre 1770

On s’aperçoit que le Dauphin témoigne à la Dauphine un empressement d’attentions et d’amitié plus vif que de coutume.

L’après-midi il monte à cheval.

Le 8 novembre 1770

Spectacle : Les Carrosses d’Orléans (1680) de Jean de La Chapelle.

Dimanche 11 novembre 1770

Messe, jeu et souper public, c’est le grand couvert.

Le 12 novembre 1770

Grande chasse à laquelle la Dauphine assiste avec Mesdames.

Le 23 novembre 1770

Retour à Versailles.

Le Dauphin monte à cheval à Fausse-Repose avec la Dauphine et ses tantes.

Le 24 décembre 1770

Le duc de Choiseul (1719-1785) , l’un des principaux artisans du mariage franco-autrichien ( il était chef du gouvernement de Louis XV entre 1758 et 1770), est exilé à cause de son orientation libérale  dont la pratique politique s’apparente à une cogestion implicite avec les adversaires de la monarchie absolue.

Portrait de Choiseul par Louis-Michel Van Loo

Le Dauphin ne s’en émeut aucunement, heureux de voir ainsi partir l’ennemi politique de son père. Au contraire de Marie-Antoinette qui voit en lui l’initiateur de son mariage et le garant de l’alliance.

Le 14 février 1771

Mariage du comte de Provence, frère du Dauphin et de Marie-Joséphine de Savoie.

Le 28 février 1771

L’ambassadeur d’Espagne, Fuentès affirme que le Dauphin n’a pas encore consommé son mariage, ainsi que (le lui) a affirmé le comte de Mercy.

Au mois de mars 1771

Mesdames interviennent avec succès, à la grande colère de Vermond, pour engager la Dauphine à répondre aux avances de Son mari et à lui ouvrir la porte de Sa chambre. Mercy ne peut tolérer longtemps que les filles du Roi se mettent ainsi au travers de ses projets.

Dans la nuit du 21 au 22 mars 1771

Monsieur le Dauphin a passé la nuit avec Madame la Dauphine.

Mercy

Les 11, 12 et 13 mai 1771

Petit séjour à Fontainebleau pour accueillir Marie-Joséphine de Savoie.

Résultat de recherche d'images pour "marie-joséphine de savoie"

Le 17 juin 1771

Le Dauphin soupe avec le Roi.

Le 20 juin 1771

Louis-Auguste a une indigestion.

Le 26 juin 1771

Le Dauphin rejoint le Roi à Saint-Hubert pour y chasser.

Le 28 juin 1771

Le Dauphin rejoint à nouveau le Roi pour chasser à Saint-Hubert.

Le 2 juillet 1771

Chasse du cerf. Petite meute au poteau de la Loge Porée, pris un, soupé et couché à St Hubert

Louis-Auguste

Le 3 juillet 1771

Chasse du cerf. Grande Meute au Poteau du Chêne Vaudion, pris un, déjeuné à St Hubert, soupé à Trianon.

Louis-Auguste

Il ne rentre à Versailles que pour se coucher.

Avant le séjour de Compiègne

Le Dauphin fait signifier à l’abbé de Vermond de sortir lorsqu’il l’entend annoncer ou qu’il le voit entrer chez la Dauphine.

Le 15 juillet 1771

Départ de la Cour pour Compiègne.

Le 5 septembre 1771

Je n’ai rien de nouveau, ni de favorable à dire à V.E. sur la consommation du mariage de M. le Dauphin. C’est toujours le même motif d’étonnement que ce prince n’ait pas de défaut physique, qu’il couche avec une princesse si jolie et si aimable, qu’ils soient tous deux si jeunes et si amoureux, et qu’il n’en résulte qu’une inaction qui paraît si contraire à la nature, à l’âge et aux circonstances. Cependant la chose est certaine, puisque le comte de Mercy qui est intéressé à savoir ce qui se passe à ce sujet et ne peut l’ignorer, me l’a assuré.

Le comte de Fuentès, ambassadeur d’Espagne

Le 23 septembre 1771

Premier tiré au Butard, la P.M. (petite Meute) chassait seule.”

Louis-Auguste

Du 1er au 4 octobre 1771

Séjour au château de Choisy.

Le 1er octobre 1771

Le Dauphin tire au parc de Choisy, où il soupe et couche.

Il indique “le voile noire de (s)a tante Louise” dans son journal.

Le 2 octobre 1771

Louis-Auguste chasse le cerf, Petite Meute à Rougeaux. Il en prend deux. Il déjeune et soupe à Choisy.

Le 4 octobre 1771

Il chasse le cerf, Grande Meute à la Croix d’Avesne. Il en prend un. Il déjeune à Choisy et rentre à Versailles le soir.

Du 7 octobre au 19 novembre 1771

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le 13 novembre 1771

Le Dauphin chasse le cerf. La Dauphine l’y accompagne. Elle est un tant soit peu enrhumée, et le Dauphin a l’attention d’exiger de sa femme qu’elle reste dans une voiture fermée et ne monte pas dans les calèches qui servent en de pareilles occasions.

Le 15 novembre 1771

Le Dauphin vient dans l’après-midi dans le cabinet de la Dauphine. L’abbé de Vermont qui était avec Elle se retire dans la pièce voisines où sont les femmes de chambre.

Le 4 février 1772

Décès du duc de La Vauguyon.

   Du 6 octobre au 17 novembre 1772

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le 7 octobre 1772

Louis-Auguste tombe de cheval lors de la chasse.

Le 12 décembre 1772

Il croit que le lendemain de la consommation de son mariage tout le monde en sera instruit et aura les yeux fixés sur lui ; cette idée le tourmente et l’embarrasse à l’excès.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 11 février 1773

Le Dauphin se rend incognito à Paris avec son épouse et le comte et la comtesse de Provence au bal masqué de l’Opéra.

Le 11 mai 1773

A Saint-Hubert, le Dauphin révèle à son grand-père que le mariage est consommé.

Le 12 mai 1773

Le Dauphin a un accès de fièvre.

Le Roi parle à la Dauphine de la nouvelle quant à  la consommation du mariage et , malgré la réticence de la princesse, il la publie. Elle se répand aussitôt “pendant que M. le Dauphin prend médecine“, précise Vermond.

Le 17 mai 1773

Le bruit court ici que Monsieur le Dauphin  est véritablement mon mari, mais il n’en est rien encore, quoique je crois que cette maladie nous a fait grand tort, étant un peu plus avancés qu’à l’ordinaire. Cela aurait pu finir plus tôt, au lieu qu’à cette heure cela sera encore bien reculé.

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

Le 8 juin 1773

Le Dauphin et la Dauphine font leur entrée officielle à Paris.

Le palais des Tuileries - Page 9 Loadim10L’entrée solennelle à Paris du Dauphin et de la Dauphine

C’est un triomphe populaire.

La foule est tellement importante et non écartée des officiels que le Dauphin demande à ce que l’on fasse attention à sa jeune soeur madame Elisabeth et finit par la tenir dans ses bras.

Le 16 juin 1773

Louis XV est content de la Dauphine, enfin l’épouse véritable de son petit-fils :

Le Roi ne lui refuse rien et paraît toujours enchanté quand elle a quelque chose à lui demander.”

Mercy à Marie-Thérèse

Le 8 juillet 1773

La Cour arrive à Compiègne.

Le 17 juillet 1773

Je puis bien dire à ma chère maman et à elle seule que depuis que nous sommes arrivés ici (à Compiègne), mes affaires sont fort avancées, et je crois le mariage consommé quoique pas dans le cas d’être grosse ; c’est pour cela même que Monsieur le Dauphin ne veut pas qu’on le sache encore. Quel bonheur si j’avais un enfant au mois de mai. Pour mes règles, je les ai toujours fort et bien, vous pouvez bien croire que je ne monte à cheval dans ce temps-là.”

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

J’ai lieu de croire que les tentatives pour la consommation du mariage ont été réitérées, mais avec des succès incomplets. Les médecins ont engagé M. le Dauphin à faire usage d’une préparation de limaille de fer, c’est un corroborant tonique très communément employé, et que l’on croit le plus convenable à l’état du jeune prince.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 14 août 1773

Je suis vivement et profondément blessé du silence que garde avec moi Madame la Dauphine sur les dispositions de Monsieur le Dauphin à mon égard; il est probable que depuis deux ans elle ne lui a pas parlé de moi.

L’abbé de Vermond

Le 30 septembre 1773

Le Dauphin déjeune et soupe avec le Roi à Choisy.

Louis XV aime l’aîné de ses petits-fils d’un amour inquiet et exclusif. Il tremble toujours pour sa santé.

Le 1er octobre 1773

Le Dauphin se trouve “un peu incommodé”.

Du 6 octobre au 14 novembre 1773

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le 16 novembre 1773

Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie, sœur de la comtesse de Provence.

16 novembre 1773: Mariage du comte d'Artois avec la princesse Marie Thérèse  de Savoie

Résultat de recherche d'images pour "marie thérèse de savoie"

Le 8 janvier 1774

Louis-Auguste tombe de cheval lors de la chasse.

Monsieur le Dauphin a eu un accident à la chasse qui heureusement n’a eu aucune suite ; son cheval a fait la panache (la culbute), mais il s’est dégagé comme aurait pu le faire le plus habile écuyer, l’a remonté et a achevé la chasse.

Le comte d’Argental

Le 19 janvier 1774

Mercy insiste de nouveau sur les conséquences pour le Dauphin des fatigues de la chasse.

Les cerfs que forcent Louis XV et son petit-fils sont des bêtes très adultes, dépassant 1 mètre 30 au garrot, pesant jusqu’à 350 kg, dont les bois peuvent atteindre 2 mètres 50 d’envergure et un poids de 25 kg. On ne tire pas ce gibier noble au fusil, on le sert au couteau. C’est au premier arrivé sur les lieux de la prise qu’en revient le droit.

Le 4 avril 1774

Le Dauphin a les oreillons.

 Le 29 avril 1774

Les médecins font savoir que le Roi a contracté la variole. Pour éviter la contagion, le Dauphin et ses deux frères sont maintenus à distance de la chambre royale.

Le 30 avril 1774

Le visage du Roi est couvert de pustules.

Dans la nuit du 7 mai 1774

Ne se faisant plus guère d’illusions sur son état de santé, il fait venir son confesseur, l’abbé Louis Maudoux.

Le 9 mai 1774 au soir

L’Extrême-Onction est administrée à Louis XV.

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt de la petite vérole à Versailles à trois heures un quart de l’après-midi. Il avait soixante-quatre ans.

Louis XV (1774) par Armand-Vincent Monpetit 
Allegory of the Death of Louis XV by Jean-Bearnard Restout, 1774.[credit: Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie]Allégorie de la Mort de Louis XV

Le Dauphin Louis-Auguste devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Le nouveau Roi s’écrie :

« Quel fardeau ! Et l’on ne m’a rien appris ! Il me semble que l’univers va tomber sur moi ! »

Louis XV à peine mort, les courtisans se ruent vers le nouveau Roi. Le petit-fils du défunt Roi, âgé de vingt ans, est tout de suite effrayé par le poids des responsabilités, plus qu’enivré par son nouveau pouvoir.image

 

La nouvelle Reine Marie-Antoinette soupire :

« Mon Dieu, guidez-nous, protégez-nous, nous régnons trop jeunes ! »

Le Roi est mort…
Il faut vider la Chambre du Roi

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion ) 

Peut être une image de 1 personne
Le 10 mai 1774 à trois heures un quart, Louis XV meurt de la petite vérole dans sa chambre à Versailles. Un lit pliant est installé devant les fenêtres car le Roi doit mourir en public. La petite vérole étant très contagieuse, la Cour ne peut pénétrer dans la chambre.

Peut être une image de lustre, mobilier et intérieur

Comme le veut la tradition, le Premier Gentilhomme de la Chambre du Roi hérite du mobilier de la chambre.  Les Premiers Gentilshommes de la Chambre du Roi sont depuis le règne de Louis XIII au nombre de quatre. Ils servent une année sur quatre. La charge a été instituée par François Ier.
C’est le Duc d’Aumont, au service du Roi au moment de son décès, qui hérite du mobilier et des tentures de la pièce.

Après de longues hésitations, il avait peur d’être contaminé, le mobilier fut récupéré et nettoyé. Quant aux tissus, l’or fut récupéré et fondu et les soieries brûlées.

A la mort du duc d’Aumont, ses effets personnels sont vendus. Louis XVI, Marie-Antoinette et la Famille Royale se doivent d’être au premier rang des acheteurs. Le reste est vendus à différentes personnes des Cours d’Europe.

Aucune description de photo disponible.La commode de Gaudreau

C’est ainsi que la commode de Gaudreau est aujourd’hui à la Wallace Collection et que les colonnes de Joubert sont à Buckingham palace.

Peut être une image de mobilierUne des colonnes de Joubert

Du 10 au 17 mai 1774

Séjour de la Cour au château de Choisy.

Les intérieurs du château de Choisy-le-Roi - YouTube

C’est à cette occasion que le nouveau Roi prend l’une de ses premières décisions : celle d’inoculer l’ensemble de la Famille Royale contre la variole.

                                                                                                      
                           Louis XVI et Marie-Antoinette par Jean-Joseph Bernard

Sur le papier, Louis XVI n’exile pas Madame du Barry à l’abbaye de Pont aux Dames, il ne fait que lui “permettre” d’aller voir sa “tante” à ladite abbaye ! : c’est une sorte de Bastille pour femmes aux confins de la Brie et de la Champagne, “avec défense de voir qui que ce fût“. A l’annonce du sort que lui réservent Louis XVI et Marie-Antoinette, Jeanne du Barry s’effondre en larmes.

Fichier:Duplessis - Louis XVI of France, oval, Versailles.jpg — WikipédiaLouis XVI par Duplessis

Le 12 mai 1774

Le premier pas de Louis XVI sur le trône, sur les conseils de Madame Adélaïde, sa tante, est d’écrire la lettre suivante à Monsieur de Maurepas :

Monsieur, dans la juste douleur qui m’accable et que je partage avec tout le royaume, j’ai pourtant des devoirs à remplir. Je suis roi : ce seul mot renferme bien des obligations, mais je n’ai que vingt ans. Je ne pense pas avoir acquis toutes les connaissances nécessaires. De plus, je ne puis voir aucun ministre ayant été tous enfermés avec le Roi, dans sa maladie. J’ai toujours entendu parler de votre probité et de la réputation que votre connaissance profonde des affaires vous a si justement acquise. C’est ce qui m’engage à vous prier de vouloir bien m’aider de vos conseils et de vos lumières. Je vous serai obligé, Monsieur, de venir le plus tôt que vous pourrez à Choisy où je vous verrai avec le plus grand plaisir.

Louis-Auguste
Louis XVI, L'Homme qui ne voulait pas être Roi – Thierry BinistiImage de Louis XVI, l’Homme qui ne voulait pas être Roi, de Thierry Binisti

Le choix de Maurepas s’impose de lui-même car c’est lui qui a recommandé la plupart des hommes qui ont présidé à l’éducation du nouveau Roi.

Du 17 mai au 16 juin 1774

Séjour de la Cour au château de La Muette.

Image associéeMadame Adélaïde par Adélaïde Labille-Guiard

Le 24 mai 1774

Louis XVI offre le Petit Trianon à Marie-Antoinette.

Le 30 mai 1774

Le premier édit de Louis XVI exempte ses sujets du « don de joyeux avènement », impôt perçu lors de l’accession au trône d’un nouveau roi, et dont le montant s’élevait à vingt-quatre millions de livres.

Never heard this before…
Via Nobility.Org
The Italian scientist Poli invented an explosive ten times more powerful than gunpowder and he detonated it during an exhibition before Louis XVI.
Pondering on the destructive power he had just seen, the king...

Le 7 juin 1774

 Le Roi dîne avec la Reine au Petit Trianon.

Louis XVI cède au relâchement en dispensant ses frères du traditionnel “Votre Majesté”.

Du 17 juin au 1er août 1774

Séjour de la Cour au château de Marly.

Le 18 juin 1774

Roslin - Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) - Page 3 Roslin11Louis XVI par Roslin

Le Roi reçoit donc cinq injections et ses frères seulement deux chacun.

tiny-librarian:
“ Marie Antoinette had already had the disease, but the King, his brothers and the Comtesse d’Artois now submitted to the new treatment with serum from a mild case of smallpox; the modern vaccine taken from cow-pox was not discovered...Gabriel Dufay est Louis XVI dans le film de Thierry Binisti (2011)

Du 1er août au 1er septembre 1774

Séjour de la Cour au château de Compiègne.

Page d'accueil | Château de Compiègne

Le 1er septembre 1774 

À peine la Cour revenue à Versailles , le Roi s’entretient quotidiennement avec Turgot pour préparer les mesures de redressement économique du pays.  Turgot refuse de proposer la banqueroute et suggère un plan plus simple : faire des économies:

« Si l’économie n’a précédé, aucune réforme n’est possible ».

Il encourage donc le Roi à poursuivre la réduction des dépenses de la Cour qu’il avait déjà commencée. Turgot est par ailleurs un partisan du libéralisme économique.

Le 13 septembre 1774 

Turgot fait adopter par le conseil du Roi un texte décrétant la liberté du commerce intérieur des grains et la libre importation des céréales étrangères.

Louis XVI et Marie-Antoinette reçoivent à dîner à Versailles

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de intérieur

Les soupers, qui ont lieu une à deux fois par semaine dans la Salle-à-Manger du premier étage, ont été institués à l’instigation de Marie-Antoinette.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion -ChristopheD. D. Château Versailles 22 juin 2021’

Écoutant Sa mère et redoutant comme Elle la reprise des soupers de chasse, Elle avait devancé la menace en allumant un contre-feu :

“Les soupers de société devaient présenter bien avantages : celui de rapprocher les gens considérables et de mérité de la personne du Roi, d’en éloigner les sociétés de jeunes gens, de ne jamais séparer la Reine de son auguste époux” .

Mercy-Argenteau

Ils nécessitent un véritable bouleversement de l’Etiquette : l’abolition de la règle qui interdit aux Reines et aux Princesses de manger à la même table que des hommes qui n’appartiennent pas à la Famille Royale.

Peut être une image de intérieur

Dans un premier temps, Louis XVI dresse la liste des hommes conviés et la Reine, celle des femmes. Plus tard, ce sera le Roi qui la dressera le matin, la faisant porter à la Reine qui enverra à Paris Ses pages inviter les épouses de ceux qu’il aura choisis.

Peut être une image de intérieur
Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Talo Versailles Passion- Christophe Château Versailles 22 juin 2021’

Les Dames, suivies des hommes, traversent les cabinets, puis la Salle-à-Manger et la Salle des Buffet et viennent se tenir un court instant dans le Salon. Le Contrôleur de la Bouche annonce que Leurs Majestés sont servies, et tous les invités refluent vers la Salle-à-Manger.

Peut être une image de mobilier, intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe Château Versailles 2juin 2021’

Dans les premiers temps, tous les convives sont assis autour de la table. Mais leur nombre augmentant jusqu’à plus de cinquante, même la table à rallonges de plus de six mètres, ne suffira pas. Les Seigneurs se disputent la place à une seconde petite table pour ne pas devoir se contenter de manger un morceau, debout, au buffet.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion -ChristopheD. Château Versailles 22 juin 2021’

Du 5 au 10 octobre 1774

Séjour de la Cour au château de Choisy.

Histoire du château de Choisy-le-Roi et reconstitution en 3D du domaine  royal. - YouTube

Du 10 octobre au 10 novembre 1774

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Les 11 et 12 novembre 1774

Séjour de Louis XVI à La Muette.

Bien loin de passer sa vie dans la débauche, ou livré aux occupations d’un travail tout mécanique, le roi employait à la chasse ou consacrait à l’étude le temps qui n’était point réclamé par les affaires et les conseils. Ceux qui, par leur service ou par curiosité, pénétraient dans son cabinet, pouvaient s’en convaincre par la quantité de papiers, de livres usés, épars sur son bureau, et s’assurer qu’il était loin d’être aussi oisif qu’on voulait le faire paraître. S’il se mêlait parfois de forger une clef ou un cadenas, c’était par mode de récréation, pour se délasser un instant et diminuer la tension de son esprit. Au reste, les ouvrages sortis de ses mains ne prouvaient ni une grande adresse ni une longue habitude.

Mémoires du comte d’Hézecques

La Bibliothèque de Louis XVI,
Les premiers travaux du Roi dans son appartement du château de Versailles

(texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles-passion )

Aucune description de photo disponible.Située dans l’appartement privé du Roi, au premier étage du corps central, la bibliothèque, dont l’élégant décor est réalisé en 1774, par l’architecte Ange-Jacques Gabriel (1698-1782), témoigne du penchant de Louis XVI, assoiffé de connaissances, pour la lecture.

Lors de son accession au Trône , Louis XVI prend possession de l’appartement intérieur du Roi où il n’était entré jusque-là que comme courtisan.

La première transformation qu’il opère éclaire le caractère d’un homme discret et timide, porté à se réfugier volontiers dans les livres et l’étude.

L’ancien salon des jeux des “salles neuves” accueillera désormais sa bibliothèque.

Peut être une image de menuiserie

Homme de science, Louis XVI reçoit ici savants et lettrés, les entretenant des grandes réformes politiques qu’il veut entreprendre.

Aucune description de photo disponible.

Cette bibliothèque révèle la passion du Roi pour la géographie, la cartographie et la marine.

Aucune description de photo disponible.

On peut y admirer deux globes terrestres et célestes supportés par des atlantes ainsi qu’une table ronde au plateau d’une seule bille de cèdre brésilien de deux mètres dix de diamètre, montée sur vérins, permettant d’étaler des cartes et de régler des instruments de mesure.

Aucune description de photo disponible.

Les boiseries ont été sculptées par les frères Rousseau sur des dessins de Gabriel dont c’est le dernier travail à Versailles. Le bas-relief représente “La France contemplant le portrait de Louis XVI, Apollon et les Arts”.

Aucune description de photo disponible.

La cheminée, ornée par Boizot d’enfants frileux, avait été réalisée pour le salon de Madame Du Barry à Fontainebleau et remontée ici pour Louis XVI.

Peut être une image de texte qui dit ’D Châteauc de Versailles les- 25mai 2018’

Aucune description de photo disponible.

Peut être une image de texte qui dit ’Christophe D. -Château de Versailles- 25 mai 2018’

Les sièges, recouverts de pékin, ont fait partie d’un mobilier du Roi au château de Compiègne.

Aucune description disponible.

Le théâtre, la musique, l’astronomie…
Les boiseries de la Bibliothèque du Roi

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de mobilier et intérieur

A l’origine du projet de Gabriel, plusieurs Amours de ronde-bosse, isolé ou groupé, devaient se positionner au sommet des armoires. Ils seront finalement abandonnés au profit de trophées sculptés sur les vantaux, jugés plus adéquats au lieu.

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion- ChristopheD. Château de Versailles 26 juin 2021’

Ils illustrent plusieurs des domaines de la littérature et des arts libéraux.

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Pasion Christophe D. Château de Versailles 26 juin 2021’

Sur l’armoire de gauche, on reconnait le Théâtre illustré par un masque, la Musique pastorale par une musette, l’Antiquité par un livre ouvert au nom de Rollin, l’auteur d’une “Histoire romaine”.Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château de Versailles 26 26juin 2021’

Peut être une image de texte qui dit ’OULIN Versailles Passion Christophe D. Château de Versailles 26 juin 2021’

L’armoire de droite est plus musicale avec une collection d’instruments comme une lyre, un basson, chalumeaux, tambours de basque, hautbois et castagnettes. Ils entourent une allégorie champêtre à l’Amour.

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion ChristopheD. Château de Versailles 26juin 2021’

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château de Versailles 26 26juin 2021’

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion ChristopheD. Château de Versailles 26 juin 2021’

 

Côté fenêtres à droite, la Peinture, la Gravure, la Tragédie, l’Astronomie et la Géographie. A gauche, la Sculpture, surmontée des attributs de Mercure mêlés à une œuvre de Bossuet, le précepteur du Dauphin, au-dessus d’une allégorie de la Renommée sous un exemplaire de “La Henriade” de Voltaire.

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château de Versailles 26 26juin 2021’

Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’ill Versailles Passion- ChristopheD. Château de Versailles 26 juin 2021’

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château de Versailles 26 juin 2021’

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion- Christophe D. Château de Versailles 26 juin 2021’

 

Peut être une image de 1 personne

Le 12 novembre 1774

Louis XVI rappelle les parlements que Louis XV avait exilés (en 1771) en leur retirant pouvoirs, charges et privilèges. Devant les parlementaires réunis, il leur adresse ces mots :

« Je vous rappelle aujourd’hui à des fonctions que vous n’auriez jamais dû quitter. Sentez le prix de mes bontés et ne les oubliez jamais ! […] Je veux ensevelir dans l’oubli tout ce Rui s’est passé, et je verrais avec le plus grand mécontentement des divisions intestines troubler le bon ordre et la tranquillité de mon parlement. Ne vous occupez que du soin de remplir vos fonctions et de répondre à mes vues pour le bonheur de mes sujets qui sera toujours mon unique objet »

Face à un tel revirement, il est nécessaire de s’interroger sur les motifs ayant poussé Louis XVI à rappeler et rétablir les parlements. Il peut sembler étrange en effet que le Roi ait de lui-même choisi d’affaiblir son pouvoir. Dauphin, il avait écrit à plusieurs reprises son opposition à la puissance étendue des parlements, affirmant notamment qu’ils « ne sont point représentants de la nation », qu’ils « n’ont jamais été et ne peuvent jamais être l’organe de la Nation vis-à-vis du Roi, ni l’organe souverain vis-à-vis de la Nation », et que leurs membres sont « simples dépositaires d’une partie » de l’autorité royale»…

Le Roi, dans sa jeunesse et dans l’inexpérience caractérisant son début de règne, agit donc en partie pour recueillir un important soutien populaire.

Il est à noter que le comte de Maurepas estimait que « sans parlement, pas de monarchie ! »

Louis XVI décide de gouverner seul et n’envisage pas de déléguer cette tâche à un chef de gouvernement. Néanmoins, il lui faut un homme de confiance et d’expérience pour le conseiller dans les décisions importantes qu’il aura à prendre. C’est la tâche de l’homme qu’on appelle officieusement le Principal ministre d’Etat. Louis XVI en nommera successivement sept pendant son règne :

  • Jean Frédéric Phélypeaux de Maurepas (1774-1781) ;
  • Charles Gravier de Vergennes (1781-1787) : il exerce ce pouvoir de facto car officiellement le Roi se passe de principal ministre pendant cette période ;
  • Étienne-Charles de Loménie de Brienne (1787-1788) ;
  • Jacques Necker (1788-1789) ;
  • Louis Auguste Le Tonnelier de Breteuil (1789) ;
  • Jacques Necker à nouveau (1789-1790) ;
  • et enfin Armand Marc de Montmorin Saint-Hérem (1790-1791).

La fonction prend fin avec la promulgation de la Constitution de 1791.

Le 28 janvier 1775

Louis XVI donne ordre au chapitre de Reims de remettre leur cathédrale “aux ouvriers des Menus Plaisirs et Affaires de notre Chambre et autres que nous avons commis à tous les préparatifs nécessaires” à son sacre.

On prétend que les ouvriers des Menus ont outrepassé considérablement les premiers devis ; ils s’obstinent à faire venir à grands frais de Paris les bois, marbres et autres matériaux nécessaires. Il en est de même pour les habits et ornements dont le prix est prohibitif. On cite en exemple le carrosse du Roi, qui coûte 300 000 livres et dont la grandeur est telle qu’il faudra élargir toutes les routes et rebâtir à neuf toutes les portes des villes où il passera.

On va jusqu’à prétendre que la Reine ayant désiré assister au sacre ( comment en aurait-il pu être autrement? ) , il a fallu construire, pour Son usage, dans la nef de la cathédrale (sic) , un appartement complet avec salle des gardes, salon de compagnie, boudoir et lieux à l’anglaise (sic)”.

Le 7 février 1775

L’archiduc Maximilien (1756-1801) rend visite à la Cour de France.

Joseph Hauzinger - Portraits de Marie Antoinette par Josef Hauzinger Josef_12Marie-Antoinette, le Roi Louis XVI de France et l’Archiduc Maximilien, huile sur toile de Joseph Hauzinger (1776)

De fin mars à mai 1775

Les émeutes connues sous le nom de “guerre des farines” témoignent de la crainte de manquer de pain…

Le 9 mai 1775

Le Roi est revenu coucher chez la Reine.

L’abbé de Vermond à Mercy

Du 5 au 8 juin 1775

Louis XVI est à Compiègne.

Les 8 et 9 juin 1775

Louis XVI est au château de Fismes.

Du 9 au 16 juin 1775

Le Roi séjourne à Reims.

The arrival of Louis XVI to the city of Reims to be crowned on June 11th, 1775. [credit: Bibliothèque nationale de France]Arrivée de Louis XVI à Reims, gravure XVIIIe

Le carrosse est un véritable monument de sculptures avec ses figures de caryatides aux angles de la caisse, ses angelots jouant avec les attributs des vertus souveraines qui s’ébattent sur le toit autour de Minerve montrant l’avenir.

Les splendides carrosses de Versailles - Le ParisienCarrosse du Sacre du Roi vivelareine:
“The arrival of Louis XVI to the city of Reims to be crowned on June 11th, 1775. [credit: Bibliothèque nationale de France]
”
Peut être une image de texte qui dit ’SACRE SAC DU ROL REIMS, REI S TRIBUNE HAUTE 'gauche.’Ticket d’entrée au Sacre de Louis XVI. Peut-être le seul exemplaire restant.

 

Dimanche 11 juin 1775

C’est le jour de la Sainte Trinité

Louis XVI est sacré à Reims.

A six heures du matin

La cérémonie commence à six heures du matin. Dès quatre heures du matin, on se rend à la grande église. A six heures et demie nos six princes arrivent en cérémonie représentant les trois anciens ducs et les trois anciens comtes du royaume, la couronne en tête. Cela est très beau et très imposant… Les deux frères du Roi représentent les deux premiers ducs, celui de Bourgogne et celui de Normandie, et les quatre princes de sang, les quatre autres. Monsieur et le comte d’Artois (sont) très jolis dans cet habillement qui (va) aussi à merveille au gros duc d’Orléans.”

Le duc de Croÿ

 La cérémonie est présidée par l’archevêque de Reims, Mgr de La Roche-Aymon, celui-là même qui avait baptisé et marié le Dauphin. Les archevêques de Laon et de Beauvais l’assistent. Le chantre et le Grand Maître des Cérémonies les précèdent, lorsqu’ils arrivent devant la porte de la chambre de parade. Le chantre frappant à la porte avec son bâton, le Grand Chambellan répond sans ouvrir :

Qui demandez-vous?

L’évêque de Laon répond : ” Le Roi“.

Le Grand Chambellan dit “Le Roi dort.

Il évoque alors Louis XV qui demeure Roi même après qu’il est mort tant que le sacre de Louis XVI n’est pas accompli. Deux fois le petit dialogue se répète. A la troisième fois, l’évêque de Laon répond :

-“Nous demandons Louis XVI que Dieu nous a donné pour roi.

Alors la porte s’ouvre à deux battants et Louis XVI apparaît étendu sur le lit de parade, où il figure non pas lui-même, personne distincte et définie, mais l’entité roi  morte, endormie dans le Seigneur par la mort de Louis XV, et sur le point de ressusciter par le sacre. Il est en robe longue d’étoffe d’argent ; sur la tête un chapeau de velours gris garni d’un bouquet de plumes blanches surmontées d’une plume noire de héron, avec au retroussis du chapeau, sous le bouquet de plumes, une agrafe de diamants ; à ses pieds, des mules d’argent. Ses cheveux blonds ne sont pas noués en catogan, épars, tombant en boucles libres sur ses épaules et dans son dos.

L’évêque de Laon lui présente l’eau bénite, puis l’aide à se lever ; alors le rituel de la résurrection  du Roi étant terminé, la procession s’organise et traverse la galerie couverte et la nef de la cathédrale en chantant l’antienne du sacre et le psaume Domine in virtute.

A sept et demie

Le Roi arriv(e) … cette entrée où l’archevêque et le clergé vont au-devant, et que les fanfares militaires annoncent, est très noble. Le Connétable, que représent(e) le maréchal de Tonnerre, doyen du Tribunal, âgé de quatre-vingt-huit ans, le suit et se place seul, loin et en bas. Derrière lui, le Chancelier représenté par M. de Miromesnil, alors Garde des Sceaux, et le prince de Soubise représentant le Grand Maître, se placent seuls, l’un derrière l’autre. Ils ont leur grand habit et la couronne ; le Chancelier sa toque ou mortier doré. Cela est des plus majestueux. Le duc de Bouillon Grand Chambellan, le maréchal de Duras Premier Gentilhomme de la Chambre, et le duc de Liancourt Grand Maître (de la Garde Robe), ayant aussi la couronne, se placent dans le même rang, derrière vers le milieu du chœur. Cela fait en tout douze couronnes dont trois de ducs et le reste de comtes qui, avec de grands manteaux d’hermine sur la longue veste d’or fait un effet d’autant plus majestueux qu’on ne le voit que ce jour-là. Les capitaines des gardes qui sont en veste et en manteau de réseau d’or se tiennent à côté. De même plusieurs hoquetons, massiers et autres en manteau de satin blanc, et tout ce costume ancien est imposant. L’archevêque de Reims, successeur de Saint Rémi, assisté des évêques de Soissons et d’Amiens, et pour cette fois du coadjuteur, sont assis vis à vis le Roi, tournant le dos à l’autel, et de leurs grandes mitres, ainsi que leurs superbes ornements d’or éclatant, de même que tous les assistants qui les entourent, et la ligne des cardinaux et prélats qui sont tout du long du côté de l’Epître, se montrent là avec plus grand éclat des pompes de l’Eglise. Le Roi est seul, sur un fauteuil à bras, sous le grand dais élevé au milieu du sanctuaire. Chacun est à sa place, en silence. Le fond en rond-point, derrière le chœur, est une colonnade d’or, avec un amphithéâtre cintré , très élevé, qui fai(t) au mieux mais trop en spectacle d’Opéra. La tribune de la Reine en décoration théâtrale des plus brillantes, celle des ambassadeurs vis à vis, toutes les travées et entrecolonnements garnis, en amphithéâtre, de dames couvertes de diamants et de personnes richement habillées, fai(t) l’effet le plus majestueux, et la décoration (est) d’autant plus frappante qu’elle (est) réelle. L’archevêque donn(e) ensuite l’eau bénite, puis entonn(e) le Veni Creator.”

Le duc de Croÿ

tiny-librarian:
“The oath of Louis XVI at his coronation.
”

La procession qui accompagne les quatre barons de la Sainte-Ampoule en satin noir et blanc fait alors son entrée. Les quatre otages sont vêtus d’étoffe d’or “légèrement rayée de noir” qui répondent sur leur vie de la sécurité de la Sainte-Ampoule, et sous son dais de moire d’argent bordée de franges unies aussi d’argent et surmonté de quatre fleurs de lys de cuivre argenté, monté sur une haquenée blanche couverte d’une housse de moire d’argent relevée d’une broderie très riche d’argent avec frange autour“, Dom Debar, Grand Prieur de l’abbaye bénédictine de Saint-Rémi, “en aube, étole pendante et chape“, portant dans un reliquaire suspendu à son cou la Sainte-Ampoule, la petite bouteille en forme de larme que Saint Rémi aurait reçue, d’après la légende de la main d’un ange pour le sacre de Clovis.

Après avoir été la recevoir des mains du Grand Prieur et s’être engagé à la lui remettre aussitôt après la cérémonie, tandis qu’on dit sexte, l’archevêque s’habille pour la messe avec les ornements d’argent dont François Ier (1494-1515-1547) a commandé le dessin à Raphaël (1483-1520). Le duc de Croÿ reprend :

L’archevêque et tous ses assistants s’approchent du Roi qui est dans son fauteuil ; ils lui font les demandes de sûreté et de protection de l’Eglise. Le Roi prononce tout haut la promesse de continuer et de conserver les privilèges de l’Eglise. Alors les évêques de Laon et de Beauvais soulèvent le Roi qui regarde l’assistance. Ils demandent aux seigneurs assistants et au peuple s’ils acceptent Louis XVI pour leur roi, à quoi on acquiesce par un respectueux silence, le fait est qu’ils ne disent rien. Je les interrogeai ensuite ; ils me dirent que cela n’était pas dans leur instruction, et que ce soulèvement qu’ils font du Roi est ce qui reste de cet ancien usage. Ainsi, voilà le vrai, cette fameuse demande ne se fait plus.”

Selon la tradition, le prélat prononce la formule suivante en posant la couronne de Charlemagne sur la tête du souverain :

« Que Dieu vous couronne de la gloire et de la justice, et vous arriverez à la couronne éternelle »

Le Roi lit le serment haut et ferme, en latin, appuyant sur les mots avec respect et attention, comme s’il disait à chaque mot: Je m’engage à cela de bon cœur ! Et pendant toute la cérémonie, il conserve la même ferveur.

Ensuite, il prononce de même haut et ferme, et comme s’engageant bien, le serment de l’Ordre du Saint-Esprit.”

Il prête aussi le serment de l’Ordre Militaire de Saint Louis et le serment de l’édit contre les duels.

Sacre de Louis XVI

La Reine n’est qu’assistante lors de cette cérémonie.

Marie Antoinette at the coronation of Louis XVI (close-up)

Pendant que le Roi prêtait le serment 

On a placé sur l’autel tous les ornements royaux. Les évêques de Laon et de Beauvais conduisent le Roi au pied de l’autel, le Premier Gentilhomme de la Chambre lui ôte sa robe, dessous “de satin cramoisi, garnie de petits galons d’or à jour sur toutes les coutures et ouverte, de même que la chemise, aux endroits ménagés pour les onctions, ces ouvertures fermées par des petits cordons d’or et de soie“. Le Grand Chambellan lui met les “bottines de satin violet parsemé de fleurs de lys d’or“, et les “éperons garnis en or” que Monsieur, représentant le duc de Bourgogne, lui retire aussitôt.

Et c’est la bénédiction de l’épée, dite de Charlemagne, mais en réalité beaucoup plus moderne, en forme de croix dans son fourreau de velours violet parsemé de fleurs de lys d’or.

L’archevêque lui ceint l’épée de Charlemagne, apportée du trésor de Saint Denis, pour protéger l’Eglise, la veuve et l’orphelin. Le Roi tient l’épée élevée, l’offre à Dieu en la posant sur l’autel. L’archevêque la reprend, le Roi la reçoit à genoux et la remet au connétable qui la tient toujours de même, nue et la pointe haute.”

Le duc de Croÿ
Louis XVI et Marie-Antoinette couronnés par l’Amour, 1775 (craie avec encre et peinture à l’eau), par Gabriel Jacques de Saint-Aubin

Les préliminaires étant achevés

L’archevêque met, sur le milieu de l’autel, la patène d’or de saint Rémi. Le Prieur de Saint Rémi, ayant ouvert la Sainte-Ampoule, la donne à l’archevêque lequel, avec une aiguille d’or, en tire la “grosseur d’un grain de froment, le met sur la patène, puis la remet au Prieur. Ensuite il y mêle le Saint Chrême. Après cela le Roi se prosterne à plat sur un long carreau de velours violet, et l’archevêque, malgré son grand âge et ses infirmités, se prosterne à côté. Les quatre évêques disent des litanies des saints : cette position et ce moment est touchant et imposant… La consécration du Roi se fait ensuite à genoux aux pieds de l’archevêque qui l’oint sur la tête avec ce qui a été mis sur la patène … (la robe et la chemise du Roi) sont ouvertes, et jusqu’à la chair, dans tous les endroits, et l’archevêque lui fait de même six onctions, de sorte que le Roi  reçoit tous les premiers ordres de l’Eglise et les a presque tous hormis la prêtrise, tout cela dans l’esprit de l’Ancien Testament, dont l’origine est du temps de Saül.

Le duc de Croÿ

A chaque onction, sur le front, sur le sein gauche, à la jointure des bras, l’archevêque répète la formule:

Je vous sacre roi avec cette huile sanctifiée au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Et les chanoines chantent l’antienne propre :

“Le prêtre Sadoch et le prophète Nathan sacrèrent Salomon dans Sion ; et s’approchant de lui, ils lui dirent avec joie : Vive le Roi éternellement!

L’onction sur les mains, la plus sainte de toutes, se fait à part, et l’archevêque dit en même temps la prière spéciale :

Que ces mains soient ointes de l’huile sanctifiée de laquelle les rois et les prophètes ont été oints, et de la même manière que Samuel sacra le roi David, afin que vous soyez béni et établi dans ce royaume que Dieu vous a donné à régir. Que Dieu qui vit et règne aux siècles des siècles vous accorde cette grâce.

Un à un, les ornements royaux sont alors bénis, et le Roi en est revêtu :

  • la tunique et la dalmatique “de satin violet, doublées de taffetas couleur de feu, parsemées de fleurs de lys d’or sans nombre“, bordées “d’un galon d’or en broderie” ; 
  • le manteau ouvert sur le côté droit, en velours violet de fleurs de lys d’or sans nombre, doublé d’hermine et une agrafe en forme de fleur de lys d’or “chargée de rubis, de diamants et de grosses perles orientales” ; 
  • les gants que l’oraison compare à la peau de chevreau dont Jacob avait couvert ses mains le jour “où ayant offert à son père une nourriture et un breuvage qui lui furent agréables, il en reçut la bénédiction” ;
  • l’anneau ” qui est le signe de la foi et de la dignité royale, la marque de la puissance“, cet anneau que Louis XVI ne quittera plus jamais, pas  même pour mourir ;
  • le Sceptre d’or de cinq pieds dix pouces, surmonté d’un lys d’or émaillé où est représenté Charlemagne sur son trône ;
  • la main de justice “dont le bâton est d’or et la main faite d’ivoire“, “ verge de vertu et de justice“. 

Les couronnes des Rois de France : d'Henri IV à Louis-Philippe - Le blog de  La Couronne

      Manteau du sacre de Charles X 
Détail du collier de l’Ordre du Saint-Esprit

Le couronnement

Monsieur de Miromesnil, faisant office de Chancelier, monte à l’autel contre l’Evangile, et là, tourné vers l’assemblée, d’une voix très claire et haute, fait l’appel en criant avec emphase:

“Monsieur qui représentez le duc de Bourgogne, présentez-vous à cet acte! Il en dit de même aux cinq autres qui se lèvent  à mesure et s’approchent du Roi. Il appelle ensuite les cinq pairs ecclésiastiques. L’archevêque prend, sur l’autel, la grande couronne de Charlemagne, il la soutient seul à deux mains sur la tête du Roi, en disant:

Que Dieu vous couronne de la couronne de gloire et de justice.

tiny-librarian:
“ The coronation took place at Rheims, with all the accustomed pomp. At this period the people’s love for Louis XVI. burst forth in transports not to be mistaken for party demonstrations or idle curiosity. He replied to this...Image du film de Sofia Coppola (2007)

Ensuite, il met seul la couronne sur la tête du Roi, les pairs laïques et ecclésiastiques portent tous la main pour la soutenir à un doigt de la tête du Roi, et ce moment superbe fait la plus grande sensation.

Image du film de Sofia Coppola (2007)
La couronne de Louis XV, la dernière couronne royale de France - Le blog de  La CouronneCouronne de Louis XVI (appelée par erreur couronne de Louis XV) : “une couronne d’or enrichies de rubis, de saphirs et d’émeraudes, montée sur un bonnet de satin cramoisi brodé d’or avec quelques perles, doublé de taffetas jaune“. Elle n’a rien à voir avec celle de Charlemagne  qui est un bandeau surmontée d’une croix sur le devant , celle du sacre est une couronne fermée à huit branches jaillissant de huit lys en se rejoignant au sommet pour former un lys.

L’archevêque couronne le Roi en disant :

Recevez la couronne de votre royaume au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, afin que rejetant les prestiges de l’ancien ennemi des hommes, et vous gardant de la contagion de tous les vices, vous soyez si zélé pour la justice, si accessible à la compassion et si équitable dans vos jugements, que vous méritez de recevoir de N.S.J.C. la couronne du royaume éternel dans la société des Saints. Recevez dans cette couronne, et faites qu’elle porte  les marques glorieuses et honorables de votre piété et de votre courage, et sachez que c’est par elle que vous participez à notre ministère ; et que de même qu’on nous regarde  comme les pasteurs et les conducteurs des âmes dans les choses spirituelles, de même vous preniez notre défense contre les ennemis de l’Eglise, que par le ministère de notre bénédiction et tandis que nous faisons en cette partie la fonction des apôtres et de tous les saints, au milieu de nos cantiques, vous vous montriez le protecteur et le ministre fidèle du royaume qui est confié à vos soins ; afin qu’orné de toutes les vertus qui brilleront en vous comme autant de pierres précieuses et couronné comme un vaillant athlète de la récompense du bonheur éternel, vous régniez glorieusement avec Jésus-Christ notre rédempteur et notre sauveur dont vous êtes l’oint et dont vous êtes regardé comme l’intendant.

Image du film de Sofia Coppola (2007)

L’archevêque, ôtant ensuite sa mitre,  dit au Roi toujours à genoux , plusieurs prières et bénédictions.

L’intronisation

L’archevêque prend le Roi par le bras droit… et il est mené ainsi majestueusement sur le beau trône qui est très élevé sur la décoration du jubé, où est un fauteuil semé de fleurs de lys, entre les quatre grandes colonnes qui supportent le grand pavillon royal, et d’où il peut être vu de partout. On ouvre la grande porte, le peuple entre en foule, on lâche les oiseaux, toutes les trompettes annoncent le Maître par leurs sons éclatants.”

Le duc de Croÿ

“I know I will never forget, even if I live to be one hundred, the day of the coronation.
”
–Marie Antoinette to Maria Theresa, 22 June 1775 [translation: Olivier Bernier, Secrets of Marie Antoinette; image: allegory of Louis XVI and Marie Antoinette...

C’est à ce moment où l’émotion qui étreint le Roi est à son comble, où il est présenté à son peuple ayant reçu l’onction qui fait de lui, suivant  l’expression du pape Grégoire IX, “l’évêque du dehors”. 

Detail from The Coronation of Louis XVI, 11 June, 1775 by Jean-Michel Moreau, 1775.

Je sais que je n’ai jamais connu autant d’enthousiasme avant. J’ai été totalement surpris de me retrouver en larmes et de voir tous les autres dans le même état… Le Roi semblait vraiment ému par ce beau moment… Notre Roi habillé avec toute la brillance de la royauté, sur le vrai trône, était une vue Tellement impressionnant qu’il est difficile à décrire.

Le duc de Croÿ (1718-1784)

Aucune description disponible.

Le 12 juin 1775

Jour de repos pour le Roi qui n’assiste même pas à la revue du régiment d’Esterhazy.

Le 13 juin 1775

Après son sacre, Louis XVI reçoit à Reims l’hommage des chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit. À leur baptême, les fils de France (et même les infants d’Espagne) recevaient le cordon et la plaque de l’ordre, mais n’étaient reçus chevaliers qu’après leur première communion. Chef et souverain, grand maître des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, le Roi n’avait le droit de conférer le Saint-Esprit qu’après son sacre, mais Henri IV, Louis XIV et Louis XV, ainsi que Louis XVIII passèrent outre .

akg-images - Louis XVI reçoit l'hommage des chevaliers de l'ordre de SaiLouis XVI et les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit par Gabriel-François Doyen

“Le matin, le roi portait un habit gris jusqu’à l’heure de son lever ou de sa toilette. Alors, il prenait un habit habillé de drap uni, avec une épée d’acier ou d’argent.”

La marquise de La Tour du Pin décrit ainsi le nouveau Roi :

Il était très magnifique dans ses habits, dont à vrai dire il ne s’occupait guère, car il prenait celui qu’on lui donnait sans seulement le regarder.

La marquise poursuit son descriptif en lui trouvant mauvaise tournure, rien de royal dans le maintien, myope comme une taupe, embarrassé de son épée et de son chapeau, marchant comme un paysan…

A portrait of Louis XVI in profile, circa 1775.
source: paris.fr collections

 

Le 14 juin 1775

Spectacle de cavalcade : les mousquetaires noirs, dont les chevaux sont beaux, puis les gris, les chevau-légers à cheval, les gardes de la Prévôté à pied, à part monsieur de Tourzel (Grand Prévôt de France) à cheval, très peu de seigneurs à cheval, parce qu’on n’a pas été avertis, sans quoi il aurait dû y en avoir davantage, quatre chevaux de main du Roi, superbement caparaçonnés, douze pages à cheval, les trompettes, les Cent-Suisses de garde à pied, ayant le duc de Cossé à cheval, en habit de Cent-Suisse, d’argent avec un manteau, quelques chevaliers de l’Ordre pêle-mêle_ et pas assez, n’ayant pas été avertis_ les maréchaux du Muy, de Broglie et de Nicolaï, sans garder le rang et en uniformes de lieutenants-généraux, mais brodés de même sur toutes les tailles, le Grand Ecuyer Monsieur de Lambesc, le Roi, superbement habillé, en bas de soie comme les autres et sur un magnifique cheval où il est fort bien, les deux capitaines des gardes à ses côtés, des écuyers à pied, les six gardes écossais en hoqueton, à pied, sur les ailes, tout cela faisant très bien mais un peu trop serré et confondu, comme dans toutes les cérémonies. Derrière le Grand Chambellan, le Premier Gentilhomme de la Chambre et le Premier Ecuyer de front, les deux frères du Roi, puis les princes du sang. Leurs habits, chevaux et harnais sont des plus beaux. On remarque surtout le cheval de Monsieur qui a coûté quatre mille francs, celui du duc de Chartres avec un grand panache, et le harnais de beaux diamants du comte d’Artois. Viennent ensuite les officiers des gardes du corps et les gendarmes de la garde ferment la marche. Le Roi ôte son chapeau, il est mieux à cheval qu’à pied, s’y tenant mieux et menant bien son cheval.

Une fois arrivé

Le Roi va près de la sacristie prendre le manteau et le petit habit de l’Ordre du Saint Esprit, pour suivre à la lettre les statuts qui prescrivent de l’avoir quand on fait ses dévotions. Le Roi doit être en état de grâce pour toucher les malades. Il communie encore. Il entend ensuite une seconde messe basse. Après la seconde messe, le Roi, toujours en petit habit, va dans le parc devant l’église, à droite, toucher les malades. Les malades, dont beaucoup sont jeunes, sont en deux rangées, à genoux, sous les arbres. Il y en a plus de deux mille quatre cents, tous écrouelleux vérifiés et qui en montrent bien les marques. A cause de la chaleur, tout cela pue et est d’une infection très marquée, de sorte qu’il faut du courage et de la force d’âme au jeune Roi pour se prêter à cette cérémonie. 

Le Roi, dans le petit manteau de l’Ordre et couvert du chapeau à plumes, touche réellement chaque malade, avec les doigts et la main ouverte, sur les joues, puis de l’autre sens du front au menton, en disant:

« Le Roi te touche, Dieu te guérit. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »

et on lui donne une pièce de monnaie. Besogne pénible, les malades ayant parfois des plaies suintantes et malodorantes. Ces malades sont plus de 2500 à genoux.

Cela va quand même assez vite, il touche chacun rapidement, mais avec attention et un air de bonté remarquables. Le premier médecin met , par derrière, la main sur la tête de chacun  pour la tenir ferme, et Monsieur de Beauvau, le capitaines des gardes de quartiers, prend des gants, pour la sûreté, entre ses deux mains les mains jointes de chacun.

Quand le Roi a fini

Ses deux frères et le duc d’Orléans lui donnent à laver, suivant l’usage, d’abord avec du vinaigre, puis de l’eau, puis de l’eau de fleur d’oranger.

Après cette cérémonie

Le Roi va à Saint Rémi reprendre son habit riche, voir la Sainte Ampoule et le trésor. Puis il remonte à cheval, et la cavalcade repasse dans le même ordre. Il salue de bonne grâce.
Le soir, le Roi va se promener sur le Mail.

Le 15 juin 1775

La procession de la Fête-Dieu clôture la période des réjouissances.

Il fait très chaud : la Reine et les dames suivent avec des parasols ce qui n’est pas ordinaire. Le peuple est très affluent, tous les environs se sont déplacés pour voir le Roi.

 

Le passage secret de Louis XVI

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Le passage du Roi à Versailles 26909910Plans du passage du RoiPeut être une image de niveau

Beaucoup plus pudique que ces prédécesseurs, Louis XVI ne supportait pas de traverser toutes les antichambres pour rejoindre la Reine dans sa chambre.

 

Aucune description de photo disponible.Départ du passage secret de Louis XVI donnant sur l’Escalier semi-circulaire

En 1775, il fait aménager un passage discret dans l’épaisseur des mûrs du château qui démarre depuis l’Escalier Semi-circulaire et qui arrive à l’arrière de la Chambre de la Reine.

Aucune description de photo disponible.Passage du Roi : la galerie est aujourd’hui interrompue au bout du couloir
Aucune description de photo disponible.
Ce passage dont les fenêtres donnent dans le Salon de l’Œil de Bœuf Le passage du Roi à Versailles 27876912Le passage du Roi à Versailles 27876911

Il passe sous le Cabinet du Conseil, la Grande Chambre, l’Antichambre de l’Œil-de-Bœuf et la Galerie des Glaces.

Aucune description de photo disponible.Passage du Roi : vue sur l’Antichambre du Dauphin

Au moment où les émeutiers envahiront le château au matin du 6 octobre 1789, c’est par ce passage qu’il se rendra chez la Reine.

Aucune description de photo disponible.Passage du Roi : la fenêtre éclaire sur la Cour du DauphinAucune description de photo disponible.La pièce de la femme de veille

A droite, l’escalier menant à l’appartement de la Reine, à gauche l’escalier descendant à l’Appartement du Dauphin et à l’extrême gauche l’appartement de Madame de Tourzel :

Aucune description de photo disponible.Pièce de la femme de veille : l’escalier a droite monte chez la ReineAucune description de photo disponible.Escalier montant des entresols chez la Reine

Il prend l’escalier d’entresol pour arriver chez la Reine :

passage - Le passage du Roi à Versailles - Page 2 Escali10                              passage - Le passage du Roi à Versailles - Page 2 Couloi10

passage - Le passage du Roi à Versailles - Page 3 Escali21

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Château Versailles 1juin 2014’Derrière la chambre de la Reine : escalier descendant aux entresolpassage - Le passage du Roi à Versailles - Page 3 Couloi11

Partiellement détruit au moment de l’installation des salles du musée de Louis-Philippe, ce passage est interrompu aujourd’hui suite à la restitution de la Galerie Basse et du Vestibule de Marbre au rez-de-chaussée.

Peut être une image de plein air et texte qui dit ’Versailles Passion ChristopheD. Château ersailles 1juin 2014’Emprise du Passage du Roi sur la Cour du Dauphin

 

Du 16 au 19 juin 1775

Louis XVI est au château de Compiègne.

Le 6 août 1775

Naissance du duc d’Angoulême, fils du comte et de la comtesse d’Artois.

La stérilité du couple royal fait jaser…

Le 14 août 1775

Le Roi se promène à pied à Trianon.

Le 20 août 1775

Mariage de Madame Clotilde (1759-1802), Gros Madame, et du prince de Piémont, futur Charles-Emmanuel IV de Sardaigne (1751-1819), frère des comtesses de Provence et d’Artois.

Aucune description disponible.

Les 27 et 28 août 1775

Le Roi est au château de Choisy.

pas être roi -   Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roi L16_610Gabriel Dufay est Louis XVI, dans L’homme qui ne voulait être Roi de Thierry Binisti

Monter à cheval n’est pas seulement une pratique dite de « loisir » pour le Roi. Certes celui-ci pratique l’équitation pour la chasse, activité ô combien appréciée par les Bourbons, mais il faut aussi rappeler la nature militaire de l’équitation et son rapport au pouvoir. Plus le Roi se distingue par son équitation, plus celui-ci paraît apte à gouverner correctement son royaume, à mener ce dernier de la même façon qu’il mène son compagnon équidé. Cette symbolique a très bien été intégrée par Louis XIV, comme en témoigne les nombreux tableaux réalisés par Charles le Brun le représentant à cheval.

Louis XIV, roi de France, par Le BrunLouis XIV à cheval par Charles Lebrun

Sur ceux-ci l’on peut aisément comprendre que l’identité royale repose en grande partie sur les capacités équestres du Roi. D’autre part il est important de rappeler que les peintures équestres mettent en lumière non seulement la politique menée par le souverain mais aussi les valeurs prônées par ce dernier ainsi que la mode, aspect parfois oublié et pourtant très parlant, ou encore les codes régissant l’élite sociale à savoir la noblesse.

Contrairement à son aïeul, le Roi Soleil, Louis XVI n’est jamais représenté en Roi guerroyant. Ses rares portraits  à cheval sont dénués de la dimension militaire ou guerrière, montrant ainsi l’état politique de la France en cette fin de XVIIIe siècle. À la différence de Louis XIV qui partait régulièrement en campagne militaire, Louis XVI cherche à appliquer une politique d’apaisement au sein de l’Europe, volonté qui se traduit dans ces peintures. Ainsi ne voit-on plus de tableaux de guerre mais davantage de scènes de chasse, nouveauté qui souligne non seulement les changements socio-politiques de l’époque mais aussi la personnalité du monarque, moins belliqueux que Louis XIV.

 L’enseignement de l’équitation proposé par Pierre Marie d’Abzac sous Louis XVI est strict et classique. Il donne même des leçons au Roi et au Comte d’Artois. Sa pédagogie s’articule autour de quatre grands axes selon Alexis de l’Hotte, auteur d’ Un officier de cavalerie (1905) qui sont :

  • Dégager « l’équitation de toutes les superfluités, de toutes les inutilités en vogue au temps de Pluvinel » (d’Aure)
  • Rechercher « la régularité et l’élégance de la position, la finesse des aides, la douceur dans l’emploi des moyens de domination » (l’Hotte)
  • Rejeter « tout ce qu’en équitation le bon goût réprouve » ;
  • Obtenir la perfection de la position du cavalier : « Dans ce manège, les plus grands soins étaient donnés à la rectitude, à l’élégance de la position, à ce point qu’il suffisait de voir passer un cavalier sortant de cette école pour pouvoir dire : « C’est un élève de Versailles. » À cette époque, on disait : « Celui qui n’est pas bel homme à cheval ne peut, être bon homme de cheval. »(l’Hotte).

Du 3 au 9 octobre 1775

Le Roi est au château de Choisy.

Du 9 octobre au 16 novembre 1775

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

De Louis XVI à Nicolas Sarkozy — Législatives 2012Image de Louis XVI, L’homme qui ne voulait être Roi (2012) de Thierry Binisti

Le 12 novembre 1775

Le Roi paraît redoubler d’amitié et de confiance pour moi, et je n’ai rien à désirer de ce côté-là. Pour l’objet important qui inquiète la tendresse de ma chère maman, je suis bien fâchée de ne pouvoir rien lui apprendre de nouveau ; la nonchalance n’est sûrement pas de mon côté. Je sens plus que jamais combien cet article est intéressant pour mon sort ; mais ma chère maman doit juger que ma situation est embarrassante et que je n’ai guère d’autres moyens que la patience et la douceur. J’ai toujours bonne raison d’espérer, et le Roi couche habituellement chez moi.”

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

Le genre d’étude qui plaisait le plus à Louis XVI était la géographie, les relations de voyages, et ce qui avait rapport à la marine. Dans son voyage de Cherbourg, il étonna beaucoup d’officiers de mer par ses connaissances et en embarrassa plusieurs par ses questions. J’ai entendu dire au roi, au retour de cette excursion qui l’avait autant intéressé que flatté par les preuves d’attachement qu’il y avait reçues, qu’il espérait en faire un semblable tous les ans, surtout sur les côtes, voulant donner grande attention à sa marine : projet que nos malheurs ont empêché, et qui, outre l’avantage de faire connaître au monarque les vices de l’administration, ne pouvait qu’attacher les peuples à leur souverain.

Mémoires du comte d’Hézecques

La galerie de Géographie
La passion de Louis XVI

( texte et illustration de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Louis XV s’était fait aménagé une bibliothèque ici en 1726. Il y conservait, entre autre, sa collection de cartes de géographie et de tableaux chronologiques, qui étaient présentés sur des rouleaux à ressorts, et qu’on pouvait dérouler comme des stores.

Peut être une image de niveau
Plan des Attiques du côté du Roi

Transformée par la Dauphine Marie-Josèphe de Saxe en garde-robe qui sert ensuite à Madame du Barry, elle redevient Galerie de Géographie sous Louis XVI : sur des consoles, sont posées des maquettes de vaisseaux de la Marine Royale, des sphères et les premières machines électriques.

Peut être une image de couloir
Vues de la galeriePeut être une image de couloir

Totalement modifiée sous Napoléon III, il ne reste aujourd’hui qu’une simple galerie.

Vue de la Galerie depuis la Cour des cerfs
Aucune description de photo disponible.
“Le Superbe” (1784) a fait parti des collections de Louis XVI dans cette galerie (aujourd’hui au Musée de la Marine)

En 1776

Marguerite Cécile Thierry, première femme de chambre de la Reine se montre trop bavarde et c’est à cause d’elle que courent quelques bruits sur l’impuissance de Louis-Auguste. Seule de tout le service de Marie-Antoinette, elle soutient que le mariage est consommé et en donne pour preuves les taches révélatrices qui existent dans le linge du prince et de la princesse.

Le 15 janvier 1776

Promenade à pied aux environ de Trianon. On sort les traîneaux comme en témoigne la Reine :

Nous avons ici une quantité de neige si grande qu’on en a point vu tant depuis des années aussi va-t-on en traîneaux comme à Vienne. Nous y avons été hier ici.

Marie-Antoinette à Sa mère

Le 31 mars 1776

Pour l’opération à faire au Roi, j’en souhaite le meilleur succès ; mais je n’y compte guère sans en voir l’effet.

Marie-Thérèse

En avril 1776

Le ministre Turgot commence à baisser dans l’estime du Roi, qui ne se prive pas de dire :

« Monsieur Turgot veut être moi, et je ne veux pas qu’il soit moi ».

La disgrâce devient inéluctable quand Turgot prend part au vote visant à démettre de ses fonctions le duc de Guînes, ambassadeur à Londres, accusé de pratiquer une diplomatie visant à faire entrer la France dans la guerre.

Le Roi prend ses distances avec Turgot et condamne l’ensemble de ses réformes :

« On ne doit pas faire des entreprises dangereuses si on n’en voit pas le bout. »

Le 10 avril 1776

Je suis bien touchée de tout ce que ma chère maman pense sur les enfants que j’aurais pu avoir ; j’ai toujours plus d’espérance, et je suis convaincue que l’opération n’est plus nécessaire.

Marie-Antoinette à Marie-Thérèse

Le 30 avril 1776

Dans une lettre écrite à Louis XVI que ce dernier lui a renvoyé sans même l’ouvrir, Turgot lance au Roi cet avertissement :

« N’oubliez jamais, Sire, que c’est la faiblesse qui a mis la tête de Charles Ier sur le billot».

Le 12 mai 1776

Turgot est renvoyé.

Turgot est remplacé par Clugny de Nuits, qui s’empresse de revenir sur les principales réformes de son prédécesseur, rétablissant notamment les jurandes et les corvées, affirmant qu’il peut « culbuter d’un côté ce que M. Turgot a culbuté de l’autre ». Mais le ministre se montre rapidement incompétent, et le roi de déclarer

« Je crois que nous nous sommes encore trompés ».

Louis XVI n’a pas le temps de le démettre de ses fonctions, Clugny de Nuits mourant subitement le 18 octobre 1776 à l’âge de quarante-sept ans.

Le 16 mai 1776

Je dois croire _et tout semble l’indiquer_ que la Reine se trouve en position à devenir grosse, mais elle seule peut et doit sur cet article important en dire davantage à V.M..”

Mercy à Marie-Thérèse

Cette fois la question des obstacles physiques est bien réglée et ne sera plus jamais soulevée sinon par des historiens modernes.

Du 9 juin au 11 juillet 1776

Séjour de la Cour au château de Marly.

Le 23 juillet 1776

Le Roi soupe à Trianon où il assiste à une comédie.

Du 17 au 21 août 1776

Séjour du Roi au château de Choisy.

Les 16 et 17 septembre 1776

Séjour du Roi au château de Choisy.

Louis Barraud est Louis XVI dans la série Nicolas Le Floch de Philippe Berenger

Nicolas Le Floch  Tumblr11

                                                     Un chat nommé Brillant tué par Louis XVI
                                 (D’après “Mémoires de Madame la Vicomtesse de Fars Fausselandry”)

La Vicomtesse de Fars Fausselandry nous apprend dans ses Mémoires que Brillant était le nom d’un chat, le chat de la comtesse de Maurepas qui est un des personnages les plus considérables et les plus considérés de la cour. Il a lui-même une cour particulière, composée de ce qu’il y a de plus illustre à Versailles… Il joue un rôle important. On demande le bulletin de sa santé, on parle de lui comme s’il était Prince du Sang. Placé auprès de sa maîtresse, sur un carreau somptueux de velours rouge, richement brodé en or, il reçoit, avec une noble nonchalance, les hommages des courtisans.

Malgré tant de grandeur, Brillant était chat, et comme un fer cruel ne l’avait pas souillé, l’amour restait pour lui le premier besoin de la vie. Quelque précaution que l’on prît, quelque soin que l’on eût de lui procurer, comme au défunt monarque, les moyens de contenter ses capricieuses affections, cela ne la satisfaisait point encore : quelquefois le seigneur chat redevenait simple matou, abandonnait la pompe des appartements de la comtesse de Maurepas et, ni plus ni moins que le dernier des roturiers de son espèce, se mettait à courir les greniers, les galetas et les gouttières.

Ses courses amoureuses le conduisirent à un atelier de serrurerie que Louis XVI s’était fait arranger dans les combles du château, et Brillant, par hasard ou par goût, se plaisait en ce lieu. Les ébats qu’il y prenait causèrent du désordre. Le Roi s’en aperçut, et un jour qu’il entrait inopinément dans son atelier, le chat Maurepas, ne s’étant point sauvé à temps, fut atteint d’un coup de marteau que le Roi lui porta sans le reconnaître, et le matou fut tué sur la place.

C’était à une époque assez orageuse : la révolte produite par la cherté du blé, et la guerre qui se préparait avec l’Angleterre, devaient sans doute donner de vives inquiétudes au ministre d’Etat Jean Frédéric Phélypeaux de Maurepas. Eh bien ! il demeura prouvé que les grands événements politiques lui causaient moins de trouble, de chagrin et d’embarras qu’il n’en eut d’abord pour annoncer à sa femme la perte cruelle qu’elle venait de faire, et pour la consoler ensuite dans ses regrets.

La comtesse de Maurepas fit retentir le château de ses cris, se plaignit, toute en larmes, de la barbarie de Louis XVI, et ses plaintes mettaient dans une position difficile les courtisans qui venaient lui faire leurs compliments de condoléance. Le Roi envoya le baron de Breteuil en ambassade vers la Comtesse pour tâcher de l’apaiser, et le Monarque ne fut pas moins content des talents diplomatiques que ce ministre déploya à cette époque, qu’il ne l’avait été de ses négociations à Vienne. On ne parla pendant huit jours, dans Versailles, que du chat de Madame de Maurepas.

M. de Breteuil fut récompensé du succès de sa mission par un portrait en pied de Brillant, que le comte de Maurepas lui donna avec une pompe singulière. Le Baron le plaça dans l’endroit le plus apparent de son appartement, où il resta jusqu’au jour de sa mort.

Du 4 au 9 octobre 1776

Le Roi et la Reine sont à Choisy.

Domaine Royal - Choisy le roi

L’habit de voyage

Aucune description disponible.

Chaque maison de campagne où le Roi faisait de petits voyages exigeait un habit particulier. Trianon voulait un habit rouge, brodé d’or ; Compiègne un habit vert ; Choisy un bleu. L’habit de chasse était gros-bleu, galonné en or ; et la disposition du galon indiquait le genre d’animal que l’on devait chasser. L’habit vert uni était pour la chasse au fusil, et tout ce qui accompagnait le Roi était vêtu comme lui.

 Félix d’Hézecques
Charles-Eloi Asselin, d'après Jean Baptiste Oudry | Plaque représentant les  chasses de Louis XVI : | Images d'ArtLa chasse du Roi par Charles-Eloi Asselin, d’après Jean Baptiste Oudry

Le goût dominant de Louis XVI était la chasse. Il y prenait le plus grand intérêt, indiquait lui-même les cantons, tenait note des cerfs forcés, de leur âge et des circonstances de leur prise. Ce noble amusement, si salutaire à sa santé, était sa seule passion. Il allait aussi très-fréquemment à la chasse au fusil, et, malgré sa mauvaise vue, il tirait avec une grande précision, et un si grand nombre de coups, que je l’ai vu souvent revenir avec la figure toute noircie par la poudre. Quant à la chasse au faucon ou au vol, elle n’avait lieu qu’une fois chaque année, avec une grande solennité. Le roi montait mal à cheval et sans beaucoup de hardiesse. Il arrivait souvent que les demi-bottes fortes, appelées bottes à chaudrons, dont il avait l’habitude de se servir, effarouchaient les chevaux, pour peu qu’ils eussent les aides fines ; mais un cheval qui lui faisait une sottise était sur-le-champ réformé des rangs du roi.

Mémoires du comte d’Hézecques

Le 6 octobre 1776

Le Roi et la Reine se rendent au château de Brunoy où Monsieur organise une fête magnifique en l’honneur de Marie-Antoinette.

File:Brunoy-cmcl.JPG | Ile de france, Château, Municipale

En octobre 1776

 Louis XVI a besoin d’un ministre des finances capable d’entreprendre des réformes mais non de tout détruire ; il confie à Maurepas :

« Ne me parlez plus de ces maçons qui veulent d’abord démolir la maison ».

Il pense alors à Jacques Necker, banquier originaire de Suisse réputé pour son art de manier l’argent et son souci d’économie. Une triple révolution : c’est un banquier roturier, un étranger (Genevois) et de surcroît un protestant.

Jacques Necker (1732-1804) par Duplessis

Du 9 octobre au 16 novembre 1776

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

En novembre 1776

Marie-Antoinette s’arrange pour forcer Madame Thierry à demander sa retraite, pour éviter un renvoi qui aurait fait scandale. On publie que des raisons de santé l’ont contrainte à démissionner. Et par respect pour la Reine, ni Thierry ni sa femme ne démentent cette fausse nouvelle.

En 1777

La salle de bain de Louis XVI,
L’hygiène aux XVIIIe siècle à Versailles

(texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion

Peut être une image de texte qui dit ’Christophe D. Château de Versailles’
Louis XV déplace à six reprise son Cabinet-des-Bains. Celui-ci retrouve en 1777 son emplacement dans la première pièce des arrières-cabinets de la Chambre du Roi où il avait déjà été placé en 1766.

Aucune description de photo disponible.

La pièce dallée de marbre est modeste, sobre et fonctionnelle. Elle comporte deux baignoires en cuivre positionnées en enfilade, alimentées par deux doubles robinets d’eau froide et chaude reliés à des réservoirs situés à l’entresol supérieur, où une cuve fonctionne comme un calorifère (un brasier avec une bouche d’aération pour aspirer les vapeurs).

Peut être une image de texte qui dit ’Christophe D. Château de Versailles’

Cette pièce des cuves est accessible aux porteurs d’eau par l’escalier semi-circulaire.

Peut être une image de texte qui dit ’Christophe D. Château de Versailles’Pièce des cuves au-dessus de la Salle de bainPeut être une image de texte qui dit ’Christophe D. Château de Versailles’

La présence de deux baignoires laisse imaginer un usage double. Une première pour se savonner et une deuxième pour se rincer.

Peut être une image de texte qui dit ’Christophe D. Château de Versailles’

Le Souverain peut aussi parfois distinguer un valeureux chasseur pour “un bain de compagnie”. Louis XVI y aurait convié le Grand Veneur de France, son cousin le Duc de Penthièvre, pour évoquer les péripétie de la chasse à courre.

Malgré l’étroitesse de cette pièce, le mobilier y était conséquent. Voici l’inventaire de 1789 :

– 1 pendule en porcelaine fond bleu en forme de vase, les anses formées par deux dauphins, cadran en émail à deux aiguilles,
– -2 corbeilles à fleur en porcelaine fond lilas à médaillons à paysages,
– 2 baldaquins composés de deux impériales avec leurs tringles,
– 2 chaises de canne,
– 2 tabourets de canne,
– 2 tabourets garnis,
– 2 tabourets pour mettre dans la baignoire,
– 1 panier d’osier et sa housse,
– 1 cordon de lustre avec ses deux glands,
– 4 bras à une lumière,
– 1 grille avec pelle pincette et tenaille.

Aucune description de photo disponible.Vase-pendule à dauphins et jet d’eau en porcelaine tendre fond bleu lapis décor or par Roque Joseph-Léonard

Aucune description de photo disponible.

Le 10 mars 1777

L’ambassadeur de Tunisie Souleyman Agha est envoyé à Versailles par le Bey Ali II (règne de 1759 à 1782), il y rencontre les monarques français.

Après avoir été reçu en audience par Louis XVI, Souleyman Agha et sa suite sont présentés à la Reine dans la galerie des glaces. Ministres, hauts dignitaires, ainsi qu’une multitude de courtisans, assistent à cette entrevue.

Les Tunisiens à Versailles 5c40a510

Pour anecdote, Marie-Antoinette, qui répond aimablement aux révérences et compliments de l’ambassadeur, est très impressionnée par les turbans de la délégation tunisienne. Souleyman Agha porte à cette occasion un habit somptueux, garni d’agrafes et de brandebourgs en or.

Le 18 avril 1777

Visite de Joseph II en France. Il voyage en Europe sous le nom de comte de Falkenstein. A la requête de l’Impératrice , il rend visite à sa sœur pour tenter de comprendre la stérilité du couple royal. Il fait très bonne impression à Louis XVI.

Joseph II par Joseph Hickel

Le 22 avril 1777

Le matin

La Reine redoute de laisser Son frère en tête à tête avec Son mari.

Marie-Antoinette conduit Son frère à Trianon. ils y dînent sans autre suite que celle de madame de Mailly, dame d’atours et de madame de Duras, dame du palais.

Après le dîner

L’Empereur et la Reine se promènent seuls dans les jardins où ils ont une longue conversation. Joseph y aborde les négligences (supposées) de sa sœur à l’endroit du Roi, Son époux. Elle lui fait des aveux  plus étendus sur Louis XVI et ses entours ; Elle convient des raisons de l’Empereur, en mettant cette restriction qu’il viendra un temps où Elle suivra de si bons avis.

Le 29 avril 1777

Joseph se rend à Versailles, où il reste le soir. Ce n’est que deux  semaines après son arrivée, que la Reine se résout à le laisser seul avec Son mari. Le Roi parle naturellement de sa position dans l’état de mariage, et avoue que jusqu’à présent ses forces physiques ne sont pas développées, mais qu’il s’aperçoit de leurs progrès journaliers ( ce qui implique des rapports quotidiens…)  et qu’il espère d’avoir bientôt des enfants. L’Empereur se borne à le confirmer dans cet espoir et ne lui fait aucune autre question sur cette matière, la Reine ne lui en ayant rien laissé ignorer. Le Roi parle ensuite de quelques objets de gouvernement intérieur. Il reste vague ; l’Empereur ne veut l’embarrasser ni lui sembler trop curieux, il s’en tient à l’écouter et à ne parler que de manière à entretenir la conversation.

Le 8 mai 1777

Louis XVI se promène à pied à Trianon.

Le 9 mai 1777

L’Empereur va à la chasse avec le Roi : ils montent en voiture ensemble. Ils peuvent alors poursuivre leurs conversations particulières. Au retour, Joseph détermine avec quelque peine la Reine à aller trouver le Roi dans son appartement. Elle s’y rend cependant et le ramène chez Elle où l’on joue au billard jusqu’au moment du souper chez Madame. 

Aperçu de l’image

Le 11 mai 1777

Le Roi est mal élevé, il a l’extérieur contre lui , mais il est honnête, point sans quelques connaissances, mais faible pour ceux qui savent l’intimider, et par conséquent mené à la baguette, sans curiosité, sans élévation , dans une apathie continuelle, d’une vie très uniforme. Il est fort au reste, et paraît qu’il devrait pouvoir devenir père ; là-dessus il y a des mystères inconcevables ; il bande à ce que l’on dit, très ferme, il l’introduit même, mais il ne remue pas et se retire ensuite sans avoir déchargé. Nous ne faisons pas comme cela, et c’est être un “souffleur” d’un haras (cf l’étalon qui prépare les juments pour la saillie, qu’il ne pratique pas lui-même) qui est un fichu métier. La Reine est une très jolie et très aimable femme par tous les pays du monde, mais elle est ivre de la dissipation de ce pays, et bref, elle ne remplit ni les fonctions de femme ni celles de reine comme elle le devrait, car comme femme elle néglige absolument le Roi, elle le fait marcher plus d’autorité que par tous les autres moyens, elle ne se soucie ni de jour ni de nuit de sa société.

Joseph II à son frère Léopold, grand-duc de Toscane

Le 13 mai 1777

Le Roi chasse le cerf au pont de la Ville-Dieu.

Aperçu de l’imageGabriel Dufay est Louis XVI, dans L’homme qui ne voulait être Roi de Thierry Binisti

Il en prend un.

Il soupe à Trianon et y assiste à la comédie.

Fichier:Louis XVI en costume de sacre - Joseph-Siffred Duplessis ...Louis XVI par Joseph-Siffred Duplessis (1777)

Le 13 mai 1777

Le Roi est au château de Choisy.

Le 15 mai 1777

L’empereur alla dîner à Choisy où toute la famille royale l’attendait ; il communiqua à la Reine la lettre écrite par V.M. qui devait partir le lendemain par le courrier ; la Reine fut frappée d’un passage de cette lettre où l’empereur marque qu’il présume que son auguste sœur a senti la force de ses avis, l’empereur, pour ne pas paraître avoir cédé à sa manière de voir et de penser : la Reine avec franchise avoua à son auguste frère qu’il l’avait devinée dans ce point et qu’elle s’était proposée de lui dire la même chose un moment avant qu’il ne partît.

Mercy à Marie-Thérèse

Le 18 mai 1777

Joseph est présent à la cérémonie de l’Ordre du Saint-Esprit. Il y rencontre Choiseul revenu de ses terres pour l’occasion, qu’il traite avec bonté. Il lui parle longuement mais d’objets indifférents. Le duc sera mécontent d’avoir tiré si peu parti du séjour de l’Empereur.

Joseph rapporte le fait au Roi et à la Reine l’après-midi. Il rapporte que si Choiseul avait été en place, sa tête inquiète et turbulente aurait pu jeter le royaume dans de grands embarras. Le Roi applaudit à cette observation, mais cela déplaît à la Reine.

Le 26 mai 1777

Marie-Antoinette conduit Son frère à Saint-Hubert où il chasse avec le Roi par une pluie continuelle ; après le souper, la Cour retourne à Versailles où elle n’arrive qu’à une heure du matin.

Le temps est toujours pluvieux ici, hier  entre autres qu’en fin courtisan je chassai le cerf avec le Roi, nous avons été percés.

Joseph à son frère Léopold

Le 27 mai 1777

Le Roi  chasse le sanglier dans la forêt de Marly.

Le 31 mai 1777

Départ de Joseph II de Versailles.

Le 9 juin 1777

Avec cela sa situation avec le Roi est singulière, il n’est son mari qu’à deux tiers, et puis, quoiqu’il l’aime, il la craint davantage, et notre sœur a plus le crédit d’une maîtresse que celui qu’une épouse devrait avoir, car elle le mène de force à des choses qu’il ne voudrait pas même. Cet homme est un peu faible, mais point imbécile, il a des notions, il a du jugement, mais c’est une apathie de corps comme d’esprit. Il fait des conversations raisonnables, il n’a aucun goût de s’instruire ni curiosité, enfin il n’est impuissant ni de corps ni d’esprit, mais le fiat lux n’est pas venu, la matière est encore en globe. Imaginez que dans son lit conjugal voici le secret : il a des érections fortes, bien conditionnées ; il introduit le membre, reste là sans se remuer deux minutes peut-être, se retire sans jamais décharger, toujours bandant, et souhaite le bonsoir. Cela ne se comprend pas, car avec cela il a parfois des pollutions nocturnes, mais en place ni en faisant l’œuvre jamais ; et il est content, disant tout bonnement qu’il ne faisait cela que par devoir et qu’il n’y avait aucun goût. Ah ! si j’aurais pu être présent une fois, je l’aurais bien arrangé ! Il faudrait le fouetter pour le faire décharger de colère comme les ânes. Ma sœur avec cela a peu de tempérament, et ils sont là deux francs maladroits ensemble. Voilà à peu près la situation des choses.

Joseph II à son frère Léopold, grand-duc de Toscane

Ce même jour

Louis XVI chasse le chevreuil à Fausse-Repose, il en prend un, et tue quatre pièces. Il se blesse : il se fait une profonde entaille à la cuisse en voulant couper une branche avec son couteau de chasse. Cette maladresse est très inhabituelle de sa part. Les Girault de Coursac pensent qu’elle est due à la colère engendrée par les propos de son beau-frère… un mois plus tôt… 

Le 18 juin 1777

Le Roi chasse le chevreuil à Port-Royal. Il en prend un et seize pièces. Puis il soupe à Trianon où il y a comédie.

Aperçu de l’imageImage de Louis XVI, L’homme qui ne voulait être Roi (2012) de Thierry Binisti

Le 27 juin 1777

Le Roi chasse le cerf à la Droue, il en prend un, déjeune et soupe à Saint-Hubert où la Reine devait venir souper. 

Résultat de recherche d'images pour "Le château de Saint-Hubert au Perray"Le château de Saint-Hubert au Perray en Yvelines, de l’architecte Ange-Jacques Gabriel, vers 1775, qui sera démoli au XIXe siècle.

Le 29 juin 1777

Necker devient “directeur général des Finances”(le nom a été changé pour lui donner plus d’importance), sans pour autant admettre le ministre au sein du Conseil.

Le 9 juillet 1777

Marie-Antoinette est malade.  Mercy note que “la Reine, par un temps froid et humide, ayant voulu se promener à cheval, rentr(e) peu de temps après avec un frisson qui (est) suivi de mal de tête qui dur(e) neuf heures, et qui marqu(e) l’existence d’une fièvre tierce dont cependant les symptômes n’ont rien d’inquiétant.

Mercy ajoute que “depuis que la Reine a été menacée de la fièvre, le Roi n’a plus passé les nuits chez elle, mais il y va les après-midi, et je sais à n’en pouvoir douter que la consommation du mariage a été plus avancée que dans aucun autre temps. Malgré cela, il est de la plus grande conséquence que la Reine ne laisse pas prendre au Roi l’habitude de faire lit à part. J’ai insinué là-dessus tout ce qu’il m’était permis de lire, et j’ai engagé le premier médecin Lassonne, ainsi que l’abbé de Vermond, à parler de cet article avec toute la force nécessaire à persuader la Reine.”

Du 27 juillet au 3 août 1777

La Cour est au château de Choisy.

Le 8 août 1777

Necker fait affranchir les derniers serfs du domaine royal par une ordonnance. Néanmoins l’ordonnance n’est guère appliquée, et le servage persiste localement jusqu’à la nuit du 4 août 1789 qui abolit les privilèges.

Le 15 août 1777

Marie-Antoinette s’est remise des menaces réitérées d’une fièvre tierce. Il faut cependant qu’Elle s’assujettît à une régime car quelques indices d’obstruction à la rate et une tendance à engendrer des humeurs glaireuses ont décidé Son premier médecin à Lui prescrire l’usage de certaines pilules d’ipécacuanha, et des bains. Il Lui autorise toujours les promenades et Ses amusements ordinaires. Le Roi revient passer la nuit chez la Reine mais ce n’est pas sans interruption, et avec cette habitude constante sur laquelle Mercy insiste toujours comme point le plus essentiel à maintenir.

Le 18 août 1777

Plus de sept ans après la célébration de leurs noces, le Roi et la Reine de France consomment enfin leur mariage (entre dix et onze heures du matin, après le bain de la Reine).

Le 3 septembre 1777

Le Roi chasse sans rien prendre. Souper et fête à Trianon.

Les 24 et 25 septembre 1777

Le Roi est au château de Choisy.

Du 3 au 9 octobre 1777

Le Roi est au château de Choisy.

Du 9 octobre au 13 novembre 1777

Séjour de la Cour au château de Fontainebleau.

Du 15 au 17 novembre 1777

Le Roi est au château de Choisy.

Le 18 novembre 1777

Louis XVI et Marie-Antoinette inaugurent le théâtre Montansier de Versailles.

Visite du théâtre Montansier – Versailles – Ville de  Saint-Rémy-lès-Chevreuse

Le 24 janvier 1778

Naissance du duc de Berry, second fils du comte et de la comtesse d’Artois.

Le 6 février 1778

La France reconnaît les États-Unis d’Amérique. Louis XVI remet à Benjamin Franklin les traités signés entre la France et les États-Unis.

NIDERVILLER, vers 1780/1785Statuettes de Charles-Gabriel Sauvage dit Lemire qui se trouvent au musée Carnavalet 

Le 6 février 1778

Louis XVI remet à Benjamin Franklin les traités signés entre la France et les États-Unis.

Louis XVI, Roi de France, en costume du Sacre par Antoine-François Callet (1778)

Antoine-François CALLET - Portrait en buste de Louis XVI… | lot 76 |  Tableaux Anciens chez Piasa | Auction.fr

En mars 1778

Louis XVI reçoit à Versailles une délégation américaine avec, à sa tête, Benjamin Franklin.

Résultat de recherche d'images pour "Louis XVIet Benjamin Franklin"

Louis XVI s’engage dans la guerre d’Indépendance de l’Amérique.

Pour emprunter, Necker (1732-1804) doit inspirer confiance. Il va jouer la transparence. Il imagine de publier sous le nom de compte rendu le tableau des recettes et des dépenses de la monarchie pour 1781. Les recettes sont de 264 millions et les dépenses de 254 millions. L’excédent est de 10 millions. Voilà qui devrait rassurer les prêteurs. En réalité, Necker a dissimulé les dépenses de la guerre d’Amérique sous prétexte qu’elles relèvent de la conjoncture. Le déficit est de 90 millions.

                Résultat de recherche d'images pour "Le candélabre dit de l’Indépendance américaine"         Le candélabre dit de l’Indépendance américaine                   Louis XVI commande en 1784 ce très riche candélabre de 70 cm de hauteur. Commandé au bronzier Pierre-Philippe Thomire en 1784, il est livré en 1785 et installé dans le Cabinet intérieur du Roi au château de Versailles

Les caisses sont vides et des emprunts deviennent désormais impossibles!

Du 17 mai au 6 juin 1778

Séjour de la Cour au château de Marly.

Fêtes offertes par Louis XVI pour la grossesse de la Reine au château de Marly.

Marly - 17 mai 1778: Marly 180px-14

Le 29 juin 1778

Souper et comédie à Trianon.

Le 31 juillet 1778 à dix heures et demie du soir

L’enfant royal donne son premier mouvement dans le ventre de sa mère…

Du 16 au 23 août 1778

Séjour de la Cour au château de Choisy.

Du 20 au 27 septembre 1778

Séjour de la Cour au château de Choisy.

Les 5 et 6 octobre 1778

La Cour est à Fontainebleau.

Du 7 au 28 octobre 1778

Séjour de la Cour au château de Marly où ont lieu de nombreuses fêtes offertes par Louis XVI pour la grossesse de la Reine.

Marly - 17 mai 1778: Marly 180px-14

Madame Elisabeth est de tous les voyages.

Mesdames Tantes ne sont plus mentionnées lors des séjours pour Marly, préférant leur château de Bellevue.

Pendant ce séjour, un rouleau de louis faux a été substitué à un rouleau de louis véritable lors du jeu. Quelques dames de la Cour sont soupçonnées. Madame dit aux deux banquiers de la Reine, Messieurs de Chalabre et Poinsot, qu’on les « friponne ». Ils lui répondent qu’ils ne s’en sont pas aperçus, alors que ce n’est pas le cas mais ils n’osent pas le manifester.

Les 28 et 29 octobre 1778

Louis XVI est à Fontainebleau.

Les 4 et 5 novembre 1778

Louis XVI est à Fontainebleau.

Le 19 décembre 1778

Sur les pas de Madame Royale -

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant est surnommée “Mousseline” par la Reine.

19 Décembre 1778: Naissance à Versailles de Marie-Thérèse Charlotte de  France

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
Jacques Morel dans Marie-Antoinette (1956) de Jean DelannoyAucune description disponible.

19 Décembre 1778: Naissance à Versailles de Marie-Thérèse Charlotte de France Captu978

En 1779

Louis XVI choisit d’établir à Cherbourg une base navale et décide notamment d’y construire une digue de quatre kilomètres de long entre l’Île Pelée et la pointe de Querqueville.

Du 7 au 9 février 1779

Louis XVI est au château de La Muette.

Le secrétaire à musique de Louis XVI,
Le goût de la mécanique du Roi

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

En mars 1779, Louis XVI acquiert pour plus de 80 000 livres, le meuble le plus important de sa collection.

Aucune description de photo disponible.

Cet achat n’est pas étonnant de la part d’un Roi qui apprécie les ouvrages mécaniques.

Louis XVI le fait placer dans la salle-à-manger des Retours de Chasse.

Aucune description de photo disponible.La salle-à-manger des Retours de Chasse

Il n’en demeure pas moins que, par sa forme et par son décor, ce meuble reste étranger au goût parisien et que son étrangeté s’accentue au fil des années.

Ainsi, projette-t-on en 1791 de le transformer en le morcelant. Les ébénistes de la Couronne, Benneman et Robiersky, présentent chacun leur proposition en mars 1792.

Aucune description de photo disponible.

Relégué au Garde-Meuble National et dépouillé de son jeu de flûte, ce secrétaire y restera jusqu’en 1827 et sera alors vendu pour alimenter le fonds de retraite des employés du Garde-Meuble Royal. C’est alors seulement qu’il sera dépecé, tandis que ses panneaux seront remployés pour confectionner d’autres meubles.

En 1840, l’abattant de ce secrétaire est utilisé comme dessus de table.

Peut être une image de menuiserie

Le 5 mars 1779

Louis XVI et Marie-Antoinette se rendent à Notre-Dame de Paris pour une messe célébrant la naissance de Madame Royale ( vingt-huit carrosses y amènent le gotha de la Cour).

Du 12 au 21 avril 1779

Séjour de la Reine à Trianon.

Du 25 avril au 22 mai 1779

Séjour à Marly

Les dames de la Cour sont jalouses de la duchesse de Villequier (1732-1799): Marie Antoinette n’ayant pu manger deux fois avec Louis XVI, pour occuper la place de cette dernière à côté de lui, il a nommé la duchesse de Villequier.

Marly - 25 avril 1779: Marly Actu11Préville, pseudonyme de Pierre-Louis Dubus

Louis XVI, dans un divertissement, ayant désiré voir le sieur Préville (1721-1799), comédien à la Comédie Française, celui-ci qui n’est pas dans cette habitude, a fait des efforts extraordinaires et s’est fait une entorse.

Du 17 au 19 mai 1779

Fêtes au château de Marly.

Le 27 mai 1779

Le Roi chasse le sanglier dans la forêt de Marly. La Reine le suit.

Joseph discute près de deux heures avec Louis XVI à propos du gouvernement de la France, du génie de la nation. Le Roi parle ensuite de son grand désir d’avoir des enfants et s’étend sur les conséquences importantes attachées à ce bonheur. Il s’exprime sur la Reine avec un épanchement de tendresse et relève avec satisfaction toutes Ses qualités charmantes.

Le 1er juin 1779

Le Roi chasse sans rien prendre et soupe à Trianon.

Les 11, 15 et 21 juin 1779

Louis XVI soupe à Trianon.

Mi-juin 1779

Marie-Antoinette fait une fausse-couche.

Du 5 au 10 octobre 1779

La Cour est au château de Choisy.

Du 15 au 31 octobre 1779

La Cour est au château de Marly.

Le 5 novembre 1779

Louis XVI tire à la Grande-Grille et tue 289 pièces.

Il dîne à Trianon avec ses trois tantes.

Du 9 au 11 octobre 1779

Louis XVI est au château de Fontainebleau.

Collection de Marie-Antoinette d'objets et meubles en bois pétrifié  Captu196Paire de vases d’Ignaz-Joseph Würth, 1780, appartenant à Louis XVI.
Cette paire de vases en bois pétrifié à monture en bronze ciselé et doré provient du legs de l’Impératrice Marie-Thérèse d’Autriche à Louis XVI, son gendre.
Collection de Marie-Antoinette d'objets et meubles en bois pétrifié  Captu197Louis XVI reçoit deux vases de bois pétrifié envoyé de Vienne qu’il dispose dans sa Salle à Manger en février 1781.    Ces vases portent sur leur socle la signature gravée de l’orfèvre de la Cour Joseph Würth à Vienne et la date de 1780. Ils montrent l’intérêt porté aux objets en matériaux extraordinaires ici du bois pétrifié provenant des mines de Hongrie, passion partagée par l’Impératrice d’Autriche et le couple royal français.

Le Laboratoire de chimie,
Les travaux de Louis XVI dans ses cabinets

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de intérieur

En 1780, insatisfait des pièces du Tour installées l’année précédente, Louis XVI les fait remanier.

Peut être une image de texte qui dit ’Les trésors du Chateau de Versailles’

Par la même occasion il demande la création d’un nouveau Laboratoire en remplacement de celui auquel il avait dû renoncer en 1777 quand il avait fallu en faire la pièce du réservoir et de la chaudière de ses nouveaux Bains.

Peut être une image de intérieur

Le nouveau Laboratoire est aménagé au cours du premier trimestre de 1780 au deuxième étage, précisément à la place de la première pièce du Tour installée quelques mois plus tôt au même emplacement.

Peut être une image de intérieur et foyer

Ce changement d’affectation oblige l’architecte du Roi Heurtier à faire remettre la pièce à peu près en l’état où elle était antérieurement. Le parquet est déposé pour y poser des carreaux de marbre, la construction d’un fourneau, la pose d’une cheminée de pierre et la pose d’une tablette en marbre dans l’embrasement d’une croisée.

Peut être une image de intérieur

La pièce est peinte en blanc.

Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion- Christophe D Château Versailes 25 nai2 2018’

En 1780

Marie-Joséphine de Provence désire l’installation d’une petite salle-à-manger et d’un salon en hémicycle contigu pour servir au jeu et au billard nécessaire aux soupers qu’elle offre chaque soir à la famille royale . Cette salle-à-manger destinée aux « soupers des petits cabinets »- soupers intimes sans domestiques dont a parlé Pierre de Nolhac dans ses ouvrages – est installée dans les anciennes pièces de service de la Dauphine détruites situées sous le cabinet doré de la Reine, là on a installé provisoirement un billard avant 1779. Cette salle-à-manger paraît bien étroite car toute la famille royale est conviée par la princesse : à savoir le Roi, la Reine, Monsieur, le comte et la comtesse d’Artois, les trois Mesdames tantes et Madame Elisabeth quand elle sera en âge. Cette petite pièce ouvrant par une fenêtre sur la cour intérieure de la Reine, appelée dès lors « cour de Monsieur », est donc prolongée sur l’appentis, pris sur l’ancien oratoire de la Dauphine, sous la terrasse du cabinet doré de la Reine.

Aucune description disponible.

Du 7 au 9 février 1780

Louis XVI est au château de La Muette.

Du 25 avril au 22 mai 1780

La Cour est au château de Marly.

Le 29 avril 1780

Le Roi chasse le chevreuil à Fausse-Repose. Il en prend un, en rate un autre mais ramène vingt-et-une pièces.

Le 4 mai 1780

Le Roi se promène à pied à Trianon.

Le 1er juin 1780

Le petit théâtre de Trianon est inauguré avec le Roi et le Fermier et La Gageure imprévue. Illuminations.

Le 26 juillet 1780

Le Roi se promène à pied à Trianon.

Ridicule Son | InadossierscriptesUrbain Cancelier est Louis XVI dans Ridicule (1996) de Patrice Leconte
Louis XVI demande au marquis de Bièvre (1747-1789), le maître des jeux de mots, de réaliser un calembour.
François-Georges de Bièvre répond:
Sire, il faut un sujet.
– Eh bien, faites-en un sur moi.
– Sire, le Roi n’est pas un sujet.
 

myReviewer.com - Review of Ridicule

Le 31 juillet 1780

Le Roi chasse à Saint-Germain et tue soixante-dix-neuf pièces. Il revient par Trianon.

Les 1er et 10 août 1780

Souper et petite comédie à Trianon.

Le 17 août 1780

Le Roi dîne à Trianon.

Dimanche 27 août 1780

Le Roi soupe à Trianon.

Le 6 septembre 1780

Le Roi dîne, puis soupe à Trianon où il assiste à une petit comédie.

Du 10 au 20 septembre 1780

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 10 septembre 1780

Louis XVI soupe à Trianon.

Le 13 septembre 1780

Chasse du cerf au poteau de Hollande, Louis en prend un. Il déjeune à Saint-Hubert et soupe à Trianon.

Peut être une image de 3 personnesGabriel Dufay est Louis XVI, L’homme qui ne voulait être Roi de Thierry Binisti

Le 14 septembre 1780

Le Roi chasse mais ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 15 septembre 1780

Louis tire à Villepreux et ramène 430 pièces. Il soupe à Trianon.

Le 16 septembre 1780

Le Roi chasse le cerf au Petit-Champ et en prend deux. Il déjeune à Saint-Hubert et soupe à Trianon.

Dimanche 17 septembre 1780

Louis XVI soupe à Trianon.

Le 18 septembre 1780

Visite à Saint-Denis, il tire à la plaine de Saint-Ouen, tue 345 pièces et soupe à Trianon.

Le 19 septembre 1780

Louis XVI dîne et soupe à Trianon où il y a une petite comédie : Rose et Colas de Sedaine et Monsigny puis Marie-Antoinette joue en costume Le Devin du Village de Jean-Jacques Rousseau.

Le 27 septembre 1780

Le Roi chasse sans aucune prise. Il va ensuite souper à Trianon.

Du 5 au 10 octobre 1780

La Cour est au château de Compiègne.

Du 10 au 12 octobre 1780

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 12 octobre 1780

Le Roi visite Maurepas à Paris.

Il dîne, suit la comédie ( Le Devin du village et Le Roi et le Fermier ) et soupe à Trianon.

Le 13 octobre 1780

Séjour de la Cour à Marly.

Marly - 13 octobre 1780: La Cour se rend à Marly 31950410

Le comte de Maurepas, chef du conseil royal des finances, étant fort tourmenté par la goutte, n’est pas du voyage de Marly ; son séjour à Paris y conduit quelques fois Louis XVI.

En 1781

La pièce des Buffets,
Le cabinet des curiosités de Louis XVI

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles -passion )

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion ChristopheD. Château Versailles 19 septeùbre 2020’
Peut être une image de niveauPlan de l’appartement du Roi en 1785

Avec la construction de Versailles, Louis XIV s’est fait aménager un cabinet de curiosité à l’emplacement de l’actuel Salon des Jeux. On y accédait par le Salon de l’abondance, surmonté de quelques marches. Le Roi y conservait ses plus pièces qu’il ne montrait qu’à de rares visiteurs.

Peut être une image de intérieur
Etat actuel de la Salle à Manger des Retours de Chasse

Ce cabinet fut détruit en 1753 lors Louis XV fit aménager un appartement pour accueillir sa fille, Madame Adélaïde. Le Cabinet des Curiosités devient la première antichambre de la princesse.

Soucieux de toujours plus de confort et d’intimité, Louis XV se fit aménager, en 1750, une nouvelle Salle à manger à l’emplacement d’un ancien appartement des bains, s’éclairant sur la Cour des Cerfs.

Nouveau pour l’époque, la salle à manger était accompagnée d’une pièce des Buffets, destiné à accueillir les services du Roi.

Délaissant cette salle à manger pour une nouvelle qu’il s’est faite construite en 1769, elle ne servait plus qu’à exposer des pièces de sa collection personnelle.

Cet état dura jusqu’au départ de la Famille Royale 1789.

Peut être une image de intérieurEtat actuel de la Pièce des Buffets

Mais c’est Louis XVI qui officialise cette fonction. La Pièce des Buffets devient son Cabinet des Curiosités.

Au début du printemps de 1781, le Roi fait démolir l’escalier descendant de sa salle à manger jusque chez sa tante Adélaïde. En fait, cet escalier n’est plus utile puisqu’il fait double emploi avec un autre qui, construit hors œuvre dans un angle de la Cour des Cerfs, permet au Roi de descendre tout aussi aisément au rez-de-chaussée.

En avril 1781, des travaux d’agrandissement sont réalisés en absorbant l’emplacement de l’escalier démoli.

Il est difficile de savoir pour quelle raison on a jugé nécessaire d’agrandir cette pièce utile seulement pour le déjeuner que le Roi prenait seul. L’agrandissement permit la pose d’armoires supplémentaires, adossés au mur mitoyen à la Salle à manger et contre la face en retour.

Le 10 janvier 1785, le Roi demande que l’ancienne Salle des Buffets soit pourvue d’une cheminée en remplacement du poêle qui la chauffait jusque-là. Cette cheminée devait être appuyée contre le mur du fond, au bout du renfoncement obtenu en 1781 par la suppression de l’escalier descendant chez Madame Adélaïde.

La Pièce des Buffets que nous voyons aujourd’hui date de Louis-Philippe. En effet, l’ancienne salle avait été construite avec des matériaux de moindre qualité et d’éléments légers, genre bois, plâtres et torchis.

Vases à fleurs de la Bibliothèque de Louis XVI de  Jean-François Deparis,  1781 , (conservés au Getty)
( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles -passion )

Aucune description de photo disponible.

A partir de 1778, la Manufacture de Porcelaine de Sèvres (Sèvres, France) produit des garnitures de cinq vases à un dessin appelé les vases des âges.

Ces vases décoratifs sont fabriqués en trois tailles : un grand vase central avec des anses en forme de têtes d’hommes barbus, une paire de petits vases avec des têtes de jeunes femmes et une paire de vases encore plus petits avec des têtes de garçons.

Aucune description de photo disponible.

En 1781, Louis XVI achète une de ces garnitures pour sa bibliothèque au  château de Versailles.

Peut être une image de 1 personne

Les scènes peintes sur les façades de ces vases montrent des épisodes des Aventures de Télémaque, l’un des livres préférés du Roi.

Aucune description de photo disponible.

Ces vases font partie des plus grandes pièces de porcelaine joaillière fabriquées à Sèvres. Le bijou était une forme de décoration élaborée dans laquelle la couleur de fond était recouverte de feuilles d’or estampées. De petites gouttes d’émail coloré ont ensuite été appliquées sur les feuilles, imitant des bijoux, des perles et des agates en mousse. Ce type d’ornement était extrêmement fragile et n’était donc utilisé que sur des objets créés pour la présentation plutôt que pour l’utilisation.

En février 1781

Necker adresse au Roi un Compte rendu de l’état des finances  destiné à être publié. Il révèle pour la première fois au grand public l’usage détaillé des dépenses publiques et dévoile, dans un souci de transparence, tous les avantages dont bénéficient les privilégiés de la Cour.

Louis XVI et Necker ne peuvent tenir longtemps devant l’opposition des privilégiés.

Le 21 mars 1781

Promenade aux alentours de Trianon.

Du 22 avril au 20 mai 1781

Séjour à Marly.

Le 21 mai 1781

Necker demande au Roi d’intégrer le Conseil mais, face au refus du Souverain, il lui remet sa démission qui sera acceptée.

Le 1er juin 1781

Louis XVI se promène aux Bains d’Apollon et à Trianon.

Le 23 juin 1781

Service de la Reine à Notre-Dame. Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Du 25 au 30 juin 1781

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 26 juin 1781

Le Roi déjeune à Trianon. Service de la Reine à la chapelle. Louis XVI chasse le cerf à Hautes-Bruyères. Il en prend deux. Il soupe à Saint-Hubert.

Le 27 juin 1781

Le Roi dîne à Bellevue. Il soupe à Trianon où il y a comédie.

Le 28 juin 1781

Louis XVI chasse le chevreuil au parc de Meudon. Il en prend un et tue une pièce. Il soupe à Trianon.

Le 29 juin 1781

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Samedi 30 juin 1781

Louis déjeune à Trianon, il chasse le cerf à l’Étang-de-la-Tour, en prend un et tue cinq hirondelles, puis soupe à Saint-Hubert.

Du 15 juillet au 2 août 1781

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 16 juillet 1781

Le Roi soupe à Trianon où il y a grande comédie : L’aveugle de Palmyre de Desfontaines et Rodolphe et La Matinée et la veillée villageoises, ou le Sabot perdu de Piis et Barré.

Le 20 juillet 1781

Louis dîne et soupe à Trianon où il y a comédie: La Petite Iphigénie de Favart et Voisenon.

Le 21 juillet 1781

Le Roi dîne et soupe à Trianon où l’on fait des proverbes…

Le 23 juillet 1781

Louis XVI chasse le cerf à Saint-Arnoul, en prend deux. Il déjeune et soupe à Saint-Hubert et revient par Trianon.

Today I was present while M. le dauphin was shooting; he shoots very well. He killed about forty birds; this proves that he is not as short sighted as believed.
-Marie Antoinette to Maria Theresa, 18 December 1771
photo sourceJason Schwartzman dans Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 26 juillet 1781

Le Roi tire à Saint-Germain et tue cent pièces. Il dîne et soupe à Trianon où il y a comédie : Les Deux Porteurs de chaise de Piis, Barré et Chardin et illumination en l’honneur de Monsieur, son frère.

Le 27 juillet 1781

Visite à Trianon, puis chasse du chevreuil qu’il manque aux Costeaux-de-Jouy, il tue quarante-trois pièces.

Du 29  juillet au 5 août 1781

Nouveau séjour de Joseph II à Versailles.

Joseph II. von Österreich

Il arrive de très bon matin à l’ambassade d’Autriche, Mercy le conduit à l’hôtel de Valois où il logera. Les matelas, les lits de plume, les coussins qu’ont avaient préparés pour lui sont bientôt retirés par son ordre. Après trois heures de repos, il se drape de son incognito et accompagné d’une seule personne, il monte dans un carrosse de place pour aller visiter l’église Sainte-Geneviève, dont il a vu avec plaisir les progrès, autant qu’il a désapprouvé la destruction du jardin du Luxembourg où il s’est ensuite fait conduire.

Sénat - Palais du Luxembourg - Office de tourisme Paris

En fin d’après-midi

Il change d’habit et de carrosse pour se rendre à Versailles, où il a considéré la tendresse du cœur de sa sœur  si réjouie de le revoir.

Les deux premiers jours du séjours de l’Empereur se passent à l’intérieur du château, où le Roi et la Reine partagent avec lui tous les plaisirs réservés à une famille unie par les liens de l’amitié autant que par ceux du sang.

Le 31 juillet 1781

Le Roi part à midi pour Saint-Hubert.  L’Empereur et sa sœur vont à Trianon d’où ils reviennent pour le retour du Roi.

Le 1er août 1781

Fête donnée en l’honneur du comte de Falkenstein, souper, spectacle et illumination à Trianon.

Le roi Gustave III  de Suède - Page 4 Fyte_d11

Le 2 août 1781

Le Roi déjeune et soupe à Saint-Hubert et revient par Trianon.

Du 16 et 23 septembre 1781

Louis XVI est au château de La Muette.

Château de la Muette - Wikipedia

Les 17 au 19 septembre 1781

Louis XVI est au château de Compiègne.

Les 10 et 11 octobre 1781

Louis XVI est à Fontainebleau

Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François premier Dauphin

Marie-Antoinette accouche enfin d'un premier Dauphin, le 22 octobre 1781 -  La Galerie de l'HistoireNaissance du Dauphin par Jean-Michel Moreau, le jeune

Des célébrations sont données dans tout le royaume.

Fichier:Allégorie de la naissance du Dauphin, 22 octobre 1781.jpg —  WikipédiaAllégorie de la naissance du Dauphin Louis-Joseph

22 octobre 1781: Couches de la Reine - Le blog de Louis XVI

La naissance du Dauphin assoie Marie-Antoinette dans Sa situation  pour laquelle on L’a mariée. Elle n’est plus seulement l’épouse du Roi (actuel), Elle est aussi la mère du prochain Roi.

Aucune description disponible.

Le 24 octobre 1781

Le Roi chasse mais revient bredouille, il se promène le matin autour de Trianon.

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Du 5 au 7 novembre 1781

Louis XVI est à Fontainebleau.

Le 21 novembre 1781

Mort du comte de Maurepas ( né en 1701).

Résultat de recherche d'images pour "comte de Maurepas"Le comte de Maurepas à son bureau par Jean Fenouil 

Louis XVI est ému de perdre son mentor.

Du 20 au 23 janvier 1782

La Cour est au château de La Muette.

Le 2 mars 1782

Mort de Madame Sophie, tante de Louis XVI.

File:Dumont, François - Madame Sophie of France.png - Wikimedia CommonsMadame Sophie (vers 1775) par François Dumont

Séjour à Marly de Mesdames Adélaïde et Victoire, en deuil de leur sœur.

La famille royale vient régulièrement leur rendre visite.

ornamentedbeing:
“ Portrait of Marie Antoinette and her children by Charles Leclercq. This painting was owned by the Comtesse de Provence.
”Marie-Antoinette, Madame Royale et Louis-Joseph par Charles Leclercq

Du 7 au 18 mai 1782

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 9 mai 1782

Louis XVI dîne et soupe à Trianon.

Le 15 mai 1782

Le Roi chasse le chevreuil aux Costeaux-de-Jouy, en prend deux, en blesse un et tire cinquante pièces. Il soupe à Trianon.

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 16 mai 1782

Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 17 mai 1782

Le comte et de la comtesse du Nord, c’est sous ce nom que voyage le grand-duc Paul et son épouse Sophie-Dorothée (devenue Maria Feodorovna après sa conversion à l’Église orthodoxe), arrivent à Fontainebleau, où les attendent les envoyés du Roi, et leur ambassadeur, le prince Baradinsky.

                                                                                            Le Grand Duc Paul de Russie (1754-1796-1801) et son épouse,  Maria Féodorovna, née   Sophie-Dorothée de Wurtemberg-Montbéliard (1759-1828), alias le comte et la  comtesse du Nord.

Louis XVI est timide, et malgré l’habitude qu’il en doit avoir, il est toujours un peu embarrassé dans les cérémonies. Il répondit à ce compliment par quelques phrases assez vagues. Le grand-duc trouva cette première entrevue un peu froide. Il présenta ensuite au roi deux lettres, l’une de Naples, l’autre de Parme.

queenantoinetteoffrance:
“ Marie Antoinette (2006), behind the scenes.
”Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

( … )

La cour russe dîna ensuite avec la famille royale dans les grands cabinets. Le roi fut un peu plus à son aise et se montra, par conséquent, plus affable. La reine continua son accueil affectueux.

Mémoires de la baronne d’Oberkirch

Samedi 18 mai 1782

Souper à Trianon.

Le 6 juin 1782

Fête à Trianon en l’honneur du comte et de la comtesse du Nord, souper, spectacle, Les Sabots de Cazotte et Duni, Isabelle et Gertrude de Favart et Les Deux Chasseurs et la Laitière d’Anseaume et Duni, et illumination.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet 53518510Tableau de Joseph Navlet

La Reine donne une représentation à Trianon pour la comtesse du Nord. Elle y chante Zémire et Azor de Grétry, la Jeune Française au sérail de Gardel.

Le 8 juin 1782

Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 10 juin 1782

Départ pour Chantilly, où tout est splendide et enchanteur.

L’Hallali au cerf dans le parc de Chantilly, offert au comte et à la comtesse du Nord.     ( le 12 juin 1782)
Copie du tableau de Jean-Baptiste Le Paon, Musée Condé – Chantilly

Le 15 juin 1782

Le Roi et la Reine accompagnent les “Nord” en promenade à Marly.

Musée-Promenade de Marly-le-Roi • Louveciennes • L'Officiel des spectacles

Les 18 et 19 juin 1782

La Cour est au château de Choisy.

Le 19 juin 1782

La “cour russe” reprend son chemin. La famille royale fait ses adieux lors du dîner, à Choisy. On leur montre la table mouvante.

Le 8 juillet 1782

Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 10 juillet 1782

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roiGabriel Dufay est Louis XVI, dans L’homme qui ne voulait être Roi de Thierry Binisti

Le 11 juillet 1782

Le Roi dîne à Bellevue et chasse le chevreuil qu’il manque à la Porte-Dauphine et tue deux pièces. Il soupe à Trianon.

Le 12 juillet 1782

Le Roi chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 14 juillet 1782

Le Roi soupe à Trianon.

Le 16 juillet 1782

Le Roi tire au Butard, il tue cinquante-quatre pièces. Il dîne et soupe à Trianon.

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 17 juillet 1782

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 18 juillet 1782

Louis XVI chasse le cerf au Moulin-Neuf de Saint-Arnoul et en prend deux. Il dîne à Saint-Hubert et soupe à Trianon.

Le 19 juillet 1782

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 20 juillet 1782

Louis XVI chasse le cerf aux Costeaux-de-Jouy, en prend deux, tue quarante-sept pièces et soupe à Trianon.

Le 13 août 1782

Grand’messe, vêpres, salut et procession au dehors. Le Roi soupe à Trianon.

Du 15 au 24 août 1782

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 21 août 1782

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

tiny-librarian:
“Detail of a painting of Louis XVI out hunting, showing him with one of his hunting dogs.
”

Le 22 août 1782

Louis XVI chasse à la plaine de Chambourcy et tue cent soixante-cinq pièces. Il soupe à Trianon.

Le 24 août 1782

Louis XVI chasse aux Fours-à-Chaux, il tue quatre-vingt-dix-huit pièces et dîne puis soupe à Trianon.

Du 1er au 9 septembre 1782

Séjour de la Cour à Compiègne.

Du 9 septembre au 3 novembre 1782

Séjour au château de la Muette pour l’inoculation de Madame Royale.

Fichier:Paris chateau muette.jpg — Wikipédia

Le 1er octobre 1782

Banqueroute des Guéménée.

Le 20 octobre 1782

Démission de la princesse de Guéménée dans sa charge de gouvernante des Enfants de France.

Aucune description disponible.La princesse de Guéménée

Le 24 octobre 1782

La Reine donne à Madame de Polignac la place de Gouvernante des Enfants de France en remplacement de Madame de Guéménée.

Du 4 au 6 novembre 1782

La Cour séjourne à Fontainebleau.

En 1783

Le billard des combles de Louis XVI

( texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles passion )

Louis XVI se fait aménager, au-dessus de la bibliothèque des combles de Louis XV, un salle de billard s’éclairant au moyen de deux croisées sur les combles, accompagnée d’un petit cabinet surnommé “Salpêtrière” ayant vue par une menuiserie vitrée sur l’étage des terrasses de la Cour des Cerfs.

Aucune description de photo disponible.Plan des combles en 1783

Le sol est dallé de carreaux de marbre et on y pose une cheminée en marbre du Languedoc.

On accède à cette nouvelle pièce au moyen d’un escalier qui prend son départ dans le supplément de bibliothèque.

Aucune description de photo disponible.Supplément de Bibliothèque : la flèche rouge indique l’emplacement de l’escalier menant au BillardAucune description de photo disponible.

Le petit cabinet attenant servait à nettoyer les instruments du billard.

Aucune description de photo disponible.
Localisation du Billard des combles depuis la Cour des Cerfs

Aucune description de photo disponible.

Tout cet ensemble fut détruit au XIXe siècle et n’a pas été restitué.

Du 20 au 23 janvier 1783

Séjour de la Cour au château de La Muette.

Aucune description disponible.La famille royale en 1783

Le 1er février 1783

Louis se promène à pied à Trianon.

Le 3 mai 1783

Madame Élisabeth (1764-1794) a dix-neuf ans. Le Roi, son frère, lui offre le domaine de Montreuil à Versailles ayant appartenu à son ancienne gouvernante, la duchesse de Guéménée.

Madame Élisabeth de France – Marie-Antoinette Antoinetthologie                                                                                                                  Madame Élisabeth par Élisabeth Vigée Le Brun

Château de Montreuil - domaine de Madame Elisabeth | Maison style,  Elisabeth, Madame

Le 16 mai 1783

Le Roi se promène à pied au Petit Trianon.

Le 31 mai 1783

Madame Vigée Le Brun est reçue à l’Académie royale de peinture par ordre du Roi.

Du 2 au 7 juin 1783

Premier séjour de la Reine à Trianon avec Madame Royale.

Le 2 juin 1783

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 4 juin 1783

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 5 juin 1783

Louis XVI chasse à Bellevue, chasse le chevreuil à l’avenue de Trivaux, il en prend un et tue sept pièces puis il soupe à Trianon où il y a spectacle.

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Le 6 juin 1783

Louis XVI chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon où il y a petite comédie.

Les 18 et 19 juin 1783

Séjour de la Cour au château de Choisy.

De mi-juin au 12 juillet 1783

Séjour de la Cour au château de La Muette.

Du 1er au 9 septembre 1783

Séjour de la Cour au château de Compiègne.

Le 3 septembre 1783

Traité de paix définitif de Versailles. L’Indépendance des Etats-Unis est reconnue. La France est le premier pays à reconnaître l’existence d’une nouvelle nation, les Etats-Unis d’Amérique.

Le 19 septembre 1783

Face à la place d’Armes, Le Martial d’Etienne de Montgolfier s’élève dans le ciel .

Histoire de France on Twitter: "Le 19 septembre 1783, à Versailles, Étienne  de Montgolfier lâche pour la première fois un ballon à air chaud.… "

De toile de coton encollée de papier sur les deux faces, le ballon mesure 18,47 mètres de haut sur 13,28 de large et pèse 400 kg. Il se nomme Le Réveillon, du nom de son ami Jean-Baptiste Réveillon, directeur de la Manufacture royale de papiers peints. Celui-ci a réalisé un décor à fond bleu azur aux chiffres du Roi – deux L entrelacés – reliés par divers ornements, le tout doré.

La conquête de l'espace au XVIIIe siècle, les premiers ballons et montgolfières !  - Page 3 850_me11

La conquête de l'espace au XVIIIe siècle, les premiers ballons et montgolfières !  - Page 3 1018_m11

La démonstration a lieu devant Louis XVI et la famille royale, dans l’avant-cour du Château, noire de monde.

Annonay et les frères Montgolfier | Montgolfiere, Versailles, Mongolfier

Des animaux, par précaution, ont été retenus pour le vol. Annoncés par un coup de canon, un mouton, un canard et un coq embarquent à une heure après midi dans le panier rond en osier, accroché au ballon par une corde.

Jefferson in Paris, avec Charlotte de Turckheim (Ivory) Bal10La famille royale dans le film Jefferson à Paris (1995) de James Ivory

Onze minutes plus tard, un second coup retentit, annonçant que le panier est prêt à partir.

La conquête de l'espace au XVIIIe siècle, les premiers ballons et  montgolfières ! - Page 3

Le ballon s’élève, à la stupéfaction et sous les acclamations du public. Il monte à 500 mètres. Endommagé par une déchirure, il descend lentement huit minutes plus tard, après avoir parcouru 3,5 km. Il atterrit dans le bois de Vaucresson.

Le 1er vol en mongolfière - Extrait Secrets d'Histoire en streaming |  France tv

Château de Versailles on Twitter: "Lundi #jourdefermeture tournage dans les  jardins d'un documentaire sur le premier vol de montgolfière à Versailles  http://t.co/mpzJsfgM"

A l’atterrissage les animaux sont retrouvés vivants et bien portants. L’expérience est un succès.

En guise de récompense, les animaux, véritables héros des airs, sont recueillis par Louis XVI à la Ménagerie de Versailles.

Jefferson in Paris, avec Charlotte de Turckheim (Ivory) Ballon10La famille royale dans le film Jefferson à Paris (1995) de James Ivory

Pilâtre de Rozier devient le premier homme d’un vol habité.

Du 9 octobre au 24 novembre 1783

Long séjour de la Cour à Fontainebleau.

Le 4 novembre 1783

Louis XVI nomme Charles-Alexandre de Calonne ( 1734-1802) contrôleur général des Finances sous la pression de la Reine.

Fichier:Charles-Alexandre de Calonne - Vigée-Lebrun 1784.jpg — WikipédiaCharles-Alexandre de Calonne par Elisabeth Vigée Le Brun

Calonne est à titre privé couvert de dettes, et déclare au sujet de sa nomination :

« Les finances de la France sont dans un état déplorable, jamais je ne m’en serais chargé sans le mauvais état des miennes».

Dans un premier temps, Calonne s’emploie à rétablir la confiance des Français en s’efforçant d’exploiter les ressources déjà existantes dans le royaume, et à encourager l’initiative industrielle et commerciale. Puis, dans un second temps, il entreprend une réforme prudente mais déterminée du royaume.

Pin on paris cosplay adventuresC’est Michael Lonsdale qui incarne Louis XVI dans Jefferson à Paris de James Ivory (1996)

Expérience de M. Montgolfier au château de la Muette le 21 9bre 1783. Cette  Machine dans laquelle sont partis M.M. le Marquis d'Arlandes et Pilatre de  Roziers avoit 70 pieds de haur

L’expérience du vol du ballon d’Etienne de Mongolfier est renouvelée, avec des hommes cette fois, devant le Dauphin au château de La Muette.

Le premier vol habité en montgolfière | Un jour de plus à Paris

Le 18 novembre 1783

Louis XVI nomme le baron de Breteuil (1730-1807) secrétaire d’État de la Maison du Roi , ministre d’État ;  il remplace M. Amelot de Chaillou.

Le baron de Breteuil par Ménageot

Le 5 décembre 1783

Mort de Mademoiselle d’Artois, la fille du comte et de la comtesse d’Artois.

Le 29 décembre 1783

Le Roi achète le domaine de Rambouillet au duc de Penthièvre pour y chasser.

Aucune description disponible.Louis XVI chassant à Rambouillet

Louis XVI envisage tout d’abord de faire reconstruire le château, mais les plans demandés à l’architecte Jean Augustin Renard ne sont pas concluants.

Marie-Antoinette en découvrant ces lieux s’exclame :

Que deviendrai-je dans cette gothique crapaudière ?

Pour tenter de Lui faire aimer le domaine, Louis XVI fait réaménager une aile Marie-Antoinette pour des nouveaux appartements au goût du jour.

Le 5 mars 1784

Louis XVI se promène à pied à Trianon.

Le 21 avril 1784

Il se promène à pied à Trianon et à la Grande-Grille.

Aucune description disponible.
Louis XVI et le Dauphin visitant la manufacture de toile de Jouy (Champs-sur-Marne)

En 1784

Avec son maître François Gamain, Louis XVI se passionne pour les mécanismes de précisions qu’il développe dans un Cabinet de serrureries.

Mes Images: La forge du Roi Louis XVI Tableau !

Aucune description de photo disponible.          La forge se situe dans la partie verteAucune description de photo disponible.Aucune description de photo disponible.Aucune description de photo disponible.Aucune description de photo disponible.

Il s’adonne à la mécanique dans un cabinet attenant, ainsi que dans la pièce du fourneau de la forge.

vivelareine:
““ [Despite the influence Mme la Dauphine has on him, M. le Dauphin] has still not altered his extraordinary taste for all building work, such as masonry, carpentry, and others of the kind … He works himself with the laborers, moves the...

La Baronne d’Oberkirch fait part dans ses mémoires de sa surprise quand elle fut introduite, en mai 1784, dans ces cabinets scientifiques par Madame de Mackau, sous-gouvernante des Enfants de France : “Un si grand Roi s’occuper de si petites choses!”.Aucune description de photo disponible.

Aucune description de photo disponible.

La Cour pour ce qu’elle peut en savoir, s’étonne de l’intérêt royal pour des activités manuelles roturières. Louis XVI n’y cherche que le délassement que d’autres ont trouvé dans les bras de leurs maîtresses.

Les statuettes de Georges Stuart Louis_XVI_1778_BestLouis XVI par Georges Stuart
Images de MarieAntoinette , la véritable histoire (2006) de Francis Leclerc et Yves Simoneau (Olivier Aubin)

Aucune description disponible.

Le 7 juin 1784

Le comte de Haga, c’est-à-dire le Roi Gustave III de Suède, arrive à la Cour incognito et à l’improviste. Dans la matinée, il arrive à Paris et descend chez son ambassadeur, le baron de Staël-Holstein, qui n’a pas encore épousé la future romancière.

Le Roi de Suède a accepté l’invitation que Louis XVI lui avait adressée en février.

Le comte de Haga était tombé à la cour comme une bombe. Le roi était à la chasse à Rambouillet, la reine le fit prévenir en toute hâte. (…) Les valets de chambres ne se rencontrèrent point là quand il le fallut ; ils avaient emporté les clefs, on ne savait où les prendre. Le comte de Haga était déjà chez la reine ; le roi dans sa bonté ne voulait pas le remettre ; des gens de la cour aidèrent Sa Majesté à s’habiller tant bien que mal… On était si pressés que tout fut fait de travers sans qu’on s’en aperçût. Il avait une de ses boucles de souliers en or et l’autre blanche, une veste en velours au mois de juin ! et ses ordres tout à rebours (ses emblèmes royaux à l’envers), il n’était bien poudré que d’un côté et le nœud de son épée ne tenait pas. La reine en fut frappée et se contraria. Quant au roi, au contraire, il en rit beaucoup, et fit rire le comte de Haga.

La baronne d’Oberkirch
Gustave III, roi de Suède, par PaschGustave III, Roi de Suède, par Pasch

Il ne repartira que le 20 juillet.

Louis XVI, qui chasse à Rambouillet, rentre d’urgence au Château pour l’accueillir. On improvise un souper avec la Reine et les Princes dans les Cabinets du Roi.

Le souverain scandinave est accompagné de Hans Axel de Fersen.

Appartement prévu pour Gustave III de Suède au château de Versailles

( Texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles Passion )

Un appartement est aménagé au rez-de-chaussée de l’Aile du Midi, attenant à l’Escalier des Princes, appartement affecté à la duchesse de Bourbon.

Aucune description de photo disponible.
Plan du rez-de-chaussée de l’Aile du Midi

La visite de Gustave III est organisée à la hâte, le souverain francophile n’ayant annoncé sa visite que tardivement. Selon la tradition établie à Versailles, toute visite princière, fut-elle incognito, conduit à l’aménagement d’un appartement réservé au visiteur et correspondant, par sa richesse, à son véritable rang. Le Garde-Meuble de la Couronne envisage dans un premier temps de commander des ameublements neufs pour la chambre et le grand cabinet du souverain suédois, mais il est finalement décidé, pour cette dernière pièce, d’acheter un meuble sur le marché parisien.

Les appartements de l'impératrice Eugénie aux Tuileries : le xviiie siècle  retrouvé ?
Aucune description de photo disponible.

Ce mobilier a appartenu au Comte de Gamache qui l’a acheté au marchand parisien François-Charles Darnault en 1778. Composé d’un canapé, de six fauteuils, de deux bergères et d’un écran de cheminée estampillés du menuisier Jean‑Baptiste II Tilliard, il est digne, par la richesse de son décor sculpté et doré, du mobilier royal. Il l’est d’autant plus que le dessinateur et entrepreneur le plus en vue de la Fabrique lyonnaise, Philippe de Lasalle, en a conçu l’étoffe : un “gros de Tours broché fond satin à médaillons et figures, La Bouquetière et le Jardinier”, l’une de ses plus célèbres compositions.

Peut être une image de intérieur

Le mobilier comporte des meubles provenant du fonds du Garde-Meuble de la Couronne et d’un ensemble pour la chambre : un lit à quatre colonnes et à impériale avec couronnement sculpté, quatre fauteuils et huit pliants.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’DA Versailles Passion -ChristopheD. Château Versailles novembre 4.ovem2017 2017’

Il devait être couvert d’un pékin fond blanc avec la tapisserie du Cabinet de la Reine à Versailles.

Dans le cabinet, un secrétaire, une commode et une table mécanique.

Peut être une image de table
Table mécanique de RiesenerPeut être une image de intérieur
Peut être une image de intérieur
La table a été livrée à Marie-Antoinette par Riesener, le 26 janvier 1781 pour Son cabinet intérieurAucune description de photo disponible.

Pour le Cabinet, un ensemble de six fauteuils, huit cabriolets et deux bergères ont été achetés pour l’occasion. Un canapé et un écran complètent l’ensemble.

Peut être une image de intérieur

Des meubles d’ébénistes complétaient les sièges : dans la chambre, une commode et une table à écrire.

Château de Versailles

Le 21 juin 1784

Fête donnée en l’honneur du comte de Haga ( Gustave III), souper, spectacle et illumination à Trianon.

C’est une soirée fastueuse. Les invités, tout de blanc vêtus selon le désir de la souveraine, commencent par assister au Dormeur éveillé de Marmontel, puis ils se rendent par le parc illuminé jusqu’au temple de l’Amour. Là, une foule est massée, car la Reine a permis “à toutes les personnes honnêtes” d’entrer dans le parc à condition qu’elles aient un habit blanc.

Le roi Gustave III  de Suède - Page 4 Petit-10
Derrière le Temple de l’Amour, en vue de son illumination pour cette fête mémorable entre toutes ( la plus belle de toutes celles que Marie-Antoinette donna à Trianon ) , une tranchée avait été creusée dans laquelle un grand feu consuma le nombre prodigieux de 6400 fagots de bois !

Soudain, une flamme s’éleva derrière le Temple et, en quelques secondes, le parc entier parut brûler. Des colonnes d’étincelles montaient vers la cime des arbres et les nuages s’empourprèrent. Ce brasier, nourri de milliers de fagots entourant le Temple de l’Amour, était un merveilleux symbole choisi par Marie-Antoinette pour exprimer sa passion.

Le roi Gustave III  de Suède - Page 4 Fyte_d11

Après l’embrasement du Temple, on servit un souper dans les pavillons du jardin français. Au petit matin, Gustave III, ravi par cette fête grandiose, remercia Marie-Antoinette. Il ignorait, le pauvre, que, sans l’amour, la France, n’eût certainement pas fait tant d’honneur à son pays..

Illumination du Belvédère du Petit Trianon - Claude-Louis Châtelet ...Illumination du belvédère et de la grotte au Petit Trianon par Châtelet, 1785

A la table du Roi, on a servi quatre-vingts entrées et quarante-huit entremets. A la grande table d’honneur quarante-huit entrées et soixante-quatre entremets .  
Menu : oreilles d’agneau à la Provençale, esturgeon à la broche, sauce à la glace, rôt de bif de chevreuil, d’un chevreuil tué par le Roi lui-même, compote de faisans …

Journal du secrétaire Franc, cité par Félix Moeschlin dans  Le beau Fersen

La Reine ne danse point … Elle a l’esprit ailleurs …

Gustave III fait le compte-rendu de cette réception :

On a joué sur le petit théâtre le “Dormeur réveillé”, par M. de Marmontel, musique de Grétry (c’est “le Dormeur éveillé” de Piccini) avec tout l’appareil des ballets de l’Opéra réunis à la Comédie Italienne. La décoration de diamants termina le spectacle. On soupa dans les pavillons des jardins et, après souper, le jardin anglais fut illuminé. C’était un enchantement parfait. La Reine avait permis de se promener aux personnes honnêtes qui n’étaient pas du souper et on avait prévenu qu’il fallait être habillé en blanc ce qui formait vraiment le spectacle des Champs-Élysées. La Reine ne voulut pas se mettre à table, mais fit les honneurs comme aurait pu faire la maîtresse de la Maison la plus honnête. Elle parla à tous les suédois, et s’occupa d’eux avec un soin et une attention extrêmes. Toute la famille royale y était, les charges de la cour, leurs femmes, les capitaines des gardes du corps, les chefs des autres troupes de la Maison du Roi les ministres et l’ambassadeur de Suède (M. de Staël). La princesse de Lamballe fut la seule des princesses de sang qui y était. La Reine avait exclu tous les princes, le Roi ayant été mécontent d’eux.

Aperçu de l’image
Image du Gerfaut (1988) de Marion SarrautAperçu de l’image

Le 23 juin 1784

Louis XVI demande à François Pilâtre de Rozier de réaliser une expérience aérostatique en l’honneur du Comte de Haga. Il y a à peine plus d’un an que les frères Mongolfier ont réalisés leurs essais.

21 novembre 1783 - Premier vol habité en montgolfière - Herodote.netAscension de la mongolfière Marie-Antoinette,musée Mandet

Une splendide montgolfière gonflée à l’air chaud, de trente mètres de haut, “La Marie-Antoinette“, s’envole majestueusement depuis la Cour des Ministres, en présence de la famille royale.

Jefferson in Paris, avec Charlotte de Turckheim (Ivory) Ballon10La famille royale dans le film Jefferson à Paris (1995) de James Ivory

Du 20 juillet au 8 août 1784

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 20 juillet 1784

Départ de Gustave III . Il retourne en Suède en ayant obtenu la cession de l’Île antillaise de Saint-Barthélemy et quelques subsides pour renflouer les caisse…

Louis XVI chasse le chevreuil au Butard, il en prend un, tue quarante-deux pièces, puis soupe à Trianon.

Le 23 juillet 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il visite la Muette et soupe à Trianon.

Le 24 juillet 1784

Louis XVI chasse le chevreuil au pavillon d’Orsine, il en prend un, tue vingt-quatre pièces, puis soupe à Trianon.

Dimanche 25 juillet 1784

Vêpres et salut. Louis dîne et soupe à Trianon.

Le 27 juillet 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il visite La Muette et soupe à Trianon.

Le 28 juillet 1784

Louis XVI visite Bellevue et La Muette, chasse le chevreuil au Butard, il en prend un, tue quatre-vingt-une pièces, puis soupe à Trianon.

Le 29 juillet 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne avec ses tantes et soupe à Trianon.

Le 31 juillet 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il soupe à Trianon où il y a comédie : Le Comédien bourgeois de Carmontelle, Les Amours d’été de Piis et Barré  et Berlingue de Despréaux.

Dimanche 1er août 1784

“Etats de Corse”; vêpres et salut. Le Roi dîne avec ses tantes et soupe à Trianon.

Le 2 août 1784

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 4 août 1784

Le Roi tire à la plaine de Poissy, tue quatre-vingt-et-une pièces et soupe à Trianon.

Du 28 août au 19 septembre 1784

Séjour de la Reine à Trianon.

Du 31 août au 3 septembre 1784

Séjour de Louis XVI à Compiègne.

Du 11 au 13 octobre 1784

La Cour fait un court séjour à Fontainebleau.

Du 8 au 10 novembre 1784

La Cour fait à nouveau un court séjour à Fontainebleau.

Le 20 février 1785

Le Roi offre à Marie-Antoinette le château de Saint-Cloud qu’il a acheté au duc d’Orléans.

Fichier:Detail of the Château de Saint-Cloud, 1675 (painting by Étienne  Allegrain).jpg — Wikipédia

Le 27 mars 1785

A sept heures et demie du matin,  naissance de son second fils, Louis-Charles, duc de Normandie,  qui deviendra Dauphin en 1789 et sera déclaré Roi de France en 1793 par les princes émigrés sous le nom de Louis XVII.

Louis-Charles, duc de Normandie par Élisabeth Vigée Le Brun

En juillet 1785

Image associéeLouis XVI donnant ses instructions au capitaine de vaisseau La Pérouse pour son voyage d’exploration autour du monde, par Nicolas-André Monsiau(1817)

Dans l’ouvrage “Les Après-midis de Louis XVI” , Jean-Dominique Bourzat décrit la préparation de l’expédition La Pérouse , et cite des textes écrits directement par le Roi ( sur les relations avec les indigènes, avec lesquels il faudra être bienveillant, le commerce des fourrures en Chine surtout, la santé des équipages, les meilleures routes à suivre en fonction des saisons et des inconnus de la route etc…) qui  sont particulièrement intelligents et bien construits…

Aucune description disponible.

“Louis XVI bénéficia d’une instruction maritime très supérieure à celle de ses prédécesseurs. Celle-ci fut d’abord géographique et il eut pour maître dans cette discipline Philippe Buache , l’un des meilleurs géographes de son temps, membre de l’académie des sciences, attaché au dépôt des cartes et plans de la marine et premier géographe du roi.
Ce maître , spécialiste de la géographie des voyages de découverte, ouvrit l’esprit du dauphin à la géomorphologie et à l’étude de toutes les régions du monde. Il le fit avec succès car , toute sa vie, Louis XVI sera passionné par les questions géographiques et par la découverte des régions encore inconnues de la terre. Il entretiendra avec soin son cabinet, sa bibliothèque de livres savants.”

Etienne Taillemite, Louis XVI ou le navigateur immobile, 2002
imageImage de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
Le Cabinet des Géographie,
Le Cabinet Doré du Roi

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de intérieur

Ce cabinet était sous Louis XIV bien plus grand. Il était alors une garde-robe du petit appartement du Roi. La construction de la Galerie des Glaces lui fit perdre la moitié de sa largeur et il devint un simple passage.

Peut être une image de niveau

Vers 1700, son unique porte-fenêtre fut jumelée. La pièce était tendue de brocart or et argent fond d’or filé avec des coqs, oiseaux et fleurs de soie.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’hristophe D. Château de 28’

Vers 1724, on installa deux pans coupés de part et d’autre de la porte menant au Salon d’Apollon.

Peut être une image de intérieur

En 1750, les deux pans disparaissent et le plafond est rabaissé.

L’origine des boiseries reste inconnu à ce jour. Dans le Versalia de 2010, Le Guillou émet cette hypothèque :

Comme le style Louis XIV de ces lambris dénonce un réemploi, il est permis de supposer que si Louis XV les avait tolérées, voire demandées, c’est qu’il y attachait une valeur sentimentale, et par conséquent qu’il les aurait précédemment connus dans un lieu qui lui était cher“.

Peut être une image de intérieur, plein air et texte qui dit ’ristophe D. Château s018 de Versailles 28 juin 2018’

En 1791, dans l’inventaire du Château, nous apprenons que Louis XVI en fait son Cabinet de Géographie. On trouvait dans cette pièce :

– deux vases de porcelaine fond bleu et médaillons à personnages
– un petit déjeuner composé de son plateau, une théière, un sucrier, un pot à lait et deux tasses et soucoupes de porcelaine de Sèvres fond blanc à fleurs
– deux groupes en biscuit de Sèvres représentant deux bergères et deux amours
– deux petits flambeaux de cuivre doré
– une fontaine à laver les mains et sa cuvette de porcelaine de Sèvres
– deux petits ovales dont l’un représentant le portrait du Roi,
– un bas d’armoire à trois tiroirs en bois de noyer garnis d’anneaux et entrées de cuivre en couleurs

Aucune description de photo disponible.

Le 1er juillet 1785

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 2 juillet 1785

Le Roi chasse le chevreuil dans la forêt de Marly, en tue deux et soupe à Trianon.

Du 1er au 24 août 1785

Séjour de la Reine à Trianon.

La bibliothèque des Combles et son supplément

(texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de table et intérieur

Le troisième étage est l’univers des livres et de l’étude.

Peut être une image de intérieur

Agrandie à deux reprises par Louis XVI, la bibliothèque des combles que Louis XV a aménagée en 1764 devient la grande bibliothèque.

Peut être une image de intérieur

Bibliophile insatiable, Louis XVI crée en 1785 un supplément de bibliothèque, bientôt suivi d’un deuxième dans l’entresol supérieur de sa grande bibliothèque (aujourd’hui disparu).

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’I Christophe D. Château Versailles 5ma2018 2018’

Ces bibliothèques situées dans les combles abritent la collection personnelle du Roi, qui choisit lui-même ses ouvrages chez le libraire Pierre Blaizot, rue de Satory à Versailles.

Peut être une image de intérieur

Les registres dénombrent plus de onze mille cinq cent publications, principalement d’histoire et de sciences. Les trente-trois volumes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert sont en bonne place sur les rayonnages.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Christophe D. Château Versailles 25ma2018’

La grande table de Limonne, qui occupe le centre de la pièce, faisait partie de l’inventaire de la pièce sous Louis XVI. Elle était conservée à Institut de France. De longues tractations ont permis son retour à Versailles en 2012 en échange d’un bureau plat exécuté par André-Charles Boulle vers 1715 pour Louis-Henri Bourbon qui était conservé dans la Seconde Antichambre de la Dauphine au rez-de-chaussée du Corps Central.

Peut être une image de intérieurLe supplément de la bibliothèque de Louis XVIPeut être une image de mobilier et intérieur

Peut être une image de intérieurPeut être une image de intérieur et texte qui dit ’Christophe D. ChâVel Château Versailles 25 mai 2018’

Le 1er août 1785

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Roslin - Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) - Page 4 Captu337

Le 2 août 1785

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

l'évasion de louis xvi | Tumblrl'evasion de louis xvi | Explore Tumblr Posts and Blogs | Tumgir

Le 4 août 1785

Le Roi ne peut tirer à Meudon à cause de la pluie. Il soupe à Trianon.

Le 5 août 1785

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 7 août 1785

Vêpres et salut . Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 8 août 1785

Le Roi tire à la plaine de Chambourcy, tue deux cent vingt pièces et soupe à Trianon.

Le 11 août 1785

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 12 août 1785

Le Roi tire à la plaine de Gournay et tue cent quarante-sept pièces. Il soupe à Trianon.

Dimanche 14 août 1785

Vêpres et salut. Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 15 août 1785

Le cardinal de Rohan est arrêté à Versailles devant toute la Cour dans le cadre de l’Affaire du Collier: on le soupçonne d’avoir voulu flétrir l’honneur de Marie-Antoinette. Les proches des Rohan et les ecclésiastiques sont outrés.

Le 18 août 1785

Le Roi tire à la plaine de Montrouge, tue trois cent pièces et soupe à Trianon.

Le 19 août 1785

Souper et petite comédie à Trianon: Le Barbier de Séville de Beaumarchais.

Le 28 août 1785

On célèbre la cérémonie de baptême du duc d’Angoulême, dix ans, et du duc de Berry, qui a sept ans et demi. Le Roi et la Reine sont les parrains du duc d’Angoulême. Les parrains du petit-duc de Berry sont Carlos III, Roi d’Espagne (représenté par le comte Provence) et sa marraine, Marie-Antoinette d’Espagne, Reine de Sardaigne (représentée par la comtesse de Provence).

Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'Artois - Page 4La comtesse d’Artois et ses trois enfants : le duc d’Angoulême (1775), Mademoiselle d’Artois (1776) et le duc de Berry (1778)

A la chapelle royale de Versailles, la cérémonie est précédée par Armand de Roquelaure, évêque de Senlis. Aucun prince n’a le ruban bleu sur son costume. Les cent gardes suisses sont en grande tenue.

A partir du 4 septembre 1785

Séjour d’un mois de la Cour au château de Saint-Cloud, pendant lequel le Dauphin Louis-Joseph est inoculé.

A portrait of Louis-Joseph, eldest son of Louis XVI and Marie Antoinette, from the school of Elisabeth Vigee-Lebrun. 18th century.

Du 10 octobre au 19 novembre 1785

Séjour de la Cour à Fontainebleau.

Durant ce séjour, Marie Antoinette fait plusieurs crises de jalousies à Louis XVI. Elle lui reproche de passer beaucoup de temps chez Madame. Ces disputes renouvelées mettent, Louis XVI, de mauvaise humeur, et songe à quitter Fontainebleau.

Le 17 novembre 1785

Mort du duc d’Orléans. Son fils, le duc de Chartres, le futur Philippe Égalité, succède au titre.

En 1786

Lors de l’installation d’un troupeau de moutons Mérinos,à Rambouillet, l’un d’eux se soulage sur la jambe du Roi… L’assistance s’offusque absolument, alors que le Roi éclate de rire en prononçant ces mots :

Laissez pisser le mérinos !“… 

On ignore généralement que c’est à lui qu’on doit ce mot devenu une expression… 

Le 18 mars 1786

Louis XVI se promène à pied au Petit Trianon

Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) - Page 2 Dsc01413Louis XVI en promenade, abordé par un jeune garçon   (attribué à Derais)

Le 26 avril 1786

Le Roi est allé à la forêt de Marly voir les animaux enfermés au lieu d’aller chasser le chevreuil.

Le 11 mai 1786

Visite de Ferdinand, duc de Modène (1754-1806) et son épouse, frère et belle-sœur de Marie-Antoinette, qui restent jusqu’au 17 juin.

Ferdinand d’Autriche, gouverneur du Milanais

Le 17 mai 1786

Le Roi dîne avec les Archiducs à Trianon.

Le 31 mai 1786

Le Parlement acquitte le cardinal de Rohan dans l’Affaire du Collier mais Madame de La Motte est condamnée à être marquée au fer rouge de la lettre “V” des voleurs et détenue à perpétuité.

Aucune description de photo disponible.

Du 21 au 26 juin 1786

Voyage de Louis XVI à Cherbourg…

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie - Page 2 52dabf10

Le 21 juin 1786

Départ à cinq heures du matin de Rambouillet. Relais et arrêt à Houdan, Dreux ( huit heures), Nonancourt (relais), Verneuil ( dix heures et demie), Laigle, Chandai : Relais et déjeuner,  Sainte Goburge (relais), Le Haras du Roi, Bourg Saint-Léonard, Argentan ; Falaise: réception en cortège ; château d’Harcourt : réception par le duc d’Harcourt, qui sera choisi à la suite de ce voyage pour être le Gouverneur du Duc de Normandie ; dîner et coucher.

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie 327fb610Château d’Harcourt de Bourg Saint-Léonard

Le 22 juin 1786

Départ à huit heures. Caen : passage rapide ; relais aux casernes. Clefs présentées par le maire et le corps de ville. Sainte-Croix-Grand-Tonne : déjeuné d’une omelette dans l’auberge.

marie antoinette 2000s GIF

Bayeux (une heure et demi) : traversée de la ville.

Isigny, Saint-Lô, Carentan ( six heures et demie du soir) : présentation du pain et du vin. Valognes.

Cherbourg : arrivée à dix heures et demi du soir. Ville illuminée. Réception à l’Abbaye Notre-Dame-du-Vœu. Coucher à minuit.

Vendredi 23 juin 1786

Départ à trois heures du matin. Messe. Louis XVI visite les travaux du port de Cherbourg. Accompagné de Castries et de Ségur ( secrétaires d’Etat à la Marine et à la Guerre), il est accueilli partout chaleureusement par la foule et distribue au peuple des pensions et exonérations fiscales. Il assiste à l’immersion de deux cônes.

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie - Page 2 9102fd10

Tout excité de voir la mer pour la première fois, le Roi veut monter sur un bateau par l’échelle de corde, on le fait même monter sur un cône, avant d’assister à l’immersion d’un autre…
Louis XVI, qui aime la Marine, est fou de joie, et tache, dit-on, son bel habit avec le goudron…

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie - Page 2 6a237210

A midi on lui sert un ambigu.

A trois heures, il embarque et prolonge les cônes jusqu’à l’île Pelée. Il soupe avec les officiers.

Image de Louis XVI, l’Homme qui ne voulait pas être Roi (2011) de Thierry Binisti

Le Roi marin voit pour la seule fois de sa vie la mer qu’il aime tant.

Pendant le voyage du Roi à Cherbourg - Page 2 Zzz19
Le voyage de Louis XVI en Normandie

« jamais mieux goûté le bonheur d’être roi que le jour de mon sacre et depuis que je suis à Cherbourg »

Louis XVI

« Sous les yeux d’un peuple innombrable,
Poursuis tes immenses projets.
Qui mieux que toi sera capable
D’immortaliser tes sujets ?
Dieux ! Je vois l’Angleterre en larmes,
Cédant à tes nobles exploits ,
Contre l’ascendant de tes armes ,
Lutter pour la dernière fois … »

Le samedi 24 juin 1786

A sept heures : hommage des corps constitués. Embarquement sur le Patriote : manœuvres, canonnades, etc.

A cinq heures et demie : ralliement et retour au port.

Le 25 juin 1786

Départ à huit heures.  Embarquement pour Querqueville, puis le Roi monte à nouveau sur le Patriote à bord duquel il déjeune. Il visite le chantier des cônes,  le fort du Homet,  le pont tournant du port marchand, le fort  du Becquet, le fort d’Artois.

Le 26 juin 1786

Départ à cinq heures. Déjeuner à Montmartin. Louis XVI fait escale à Caen en repartant de Cherbourg. Là, il assiste à l’inauguration des nouvelles casernes, du nouveau bassin et du Cours la Reine.

Réception le soir à l’Hôtel d’Harcourt , dîner dans les jardins, feu d’artifice.

Le 27 juin 1786

Messe à la chapelle de l’Intendance de Caen. Lisieux (réception) ; Pont l’Évêque : relais. Honfleur: embarquement sur l’Anonyme à bord duquel le Roi déjeune. Louis XVI fait escale au Havre de Grâce, où il assiste à une joute des mousses. Chauffage d’un navire, manœuvre de l’artillerie, visite des remparts et des corderies, puis des chantiers des bois. Arrivée au Palais à huit heures du soir ( vin d’honneur). Dîner, illuminations. 

Le 28 juin 1786

Messe à Notre-Dame du Havre. Côte d’Ingouville, puis le  : fête dans un kiosque et lancement d’un navire, le Louis XVI.  Déjeuner sur la route de Rouen.

Rouen : réception et cortège. Accueil dans la Cathédrale. Dîner dans le salon de Pont de l’Arche. Rlbeuf, Louviers. Louis XVI fait escale à Gaillon.

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie Le-cha10Le château de Gaillon

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie Gaillo10

Jeudi 29 juin 1786

Départ de Gaillon à neuf heures. Arrivée à Versailles à trois heures et demie après midi. 

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie 6177f510

Le voyage du Roi aura duré neuf jours, du 21 au 29 juin 1786. La Reine n’a pu l’accompagner, car Elle est enceinte.

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie 20439110

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie - Page 2 1f8cb310

normandie - Le voyage de Louis XVI en Normandie 16b73910

Le 9 juillet 1786

Naissance de la princesse Sophie-Hélène-Béatrix, dite Madame Sophie, dernier enfant de Marie-Antoinette.

Sophie-Hélène-Béatrix de France par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 20 août 1786 

Robert Morlay est Louis XVI dans Marie-Antoinette de Van Dyke (1938)

Calonne présente au Roi son plan d’action se décomposant en trois volets :

  • égalité de tous devant l’impôt, création d’un impôt unique assis sur les revenus de la propriété foncière (la « subvention territoriale ») ;
  • retour à la libre circulation des grains ;
  • création d’assemblées nouvelles élues par les propriétaires et qui devront associer les sujets du Roi à l’administration du pays.

Ce programme, assure Calonne au Roi,

« vous assurera de plus en plus de l’amour de vos peuples [et] vous tranquillisera à jamais sur l’état de vos finances »

Le programme de Calonne lui permet d’entreprendre de grand projets visant à relancer le développement industriel et commercial ; ainsi, il encourage la rénovation du port du Havre, celui de Dieppe, de Dunkerque et de La Rochelle et contribue à la réfection de l’assainissement des villes de Lyon et Bordeaux.

Jason Schwartzman est Louis XVI dans Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

Du 29 août au 24 septembre 1786

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 29 août 1786

“Etats du Languedoc” ; Louis XVI tire au Petit-Saclé, tue trois cent cinquante pièces et soupe à Trianon.

A partir du 4 septembre 1785

Séjour d’un mois de la Cour au château de Saint-Cloud, pendant lequel le Dauphin Louis-Joseph est inoculé.

Le 30 août 1786

En partant à six heures un quart du matin, le Roi se promène à Fontainebleau et y dîne. Il tue un sanglier en revenant dans la plaine de Chailly et soupe à Trianon.

Le 30 août 1786

En partant à six heures un quart du matin, le Roi se promène à Fontainebleau et y dîne. Il tue un sanglier en revenant dans la plaine de Chailly. Il soupe à Trianon.

Le 31 août 1786

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Vienne, ce 31 août 1786.
( … )   J’ai été charmé du voyage que le Roi a fait et de la façon qu’il a réussi.  Je désirerais bien qu’une autre fois la Reine pût être de la partie, sans y mettre trop d’apprêt ni de gêne, pour l’éloigner un peu de la race Polignac .

Joseph II   à Mercy

Le 2 septembre 1786

Le Roi chasse à la plaine de Saint-Nom et tue trois cent cinquante pièces. Il soupe à Trianon.

Dimanche 3 septembre 1786

“Vêpres et salut”. Dîner et souper à Trianon.

Le 4 septembre 1786

Le Roi ne peut chasser aux Loges à cause de la pluie. Il  soupe à Trianon.

Le 6 septembre 1786

Le Roi chasse à la plaine de Villepreux et tue trois cent soixante-dix-neuf pièces. Il soupe à Trianon.

Le 7 septembre 1786

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 8 septembre 1786

“Vêpres et salut” . Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 9 septembre 1786

Le Roi chasse le cerf au poteau de la Ville-Dieu, il en prend deux et soupe à Trianon.

Du 10 au 13 septembre 1786

La Cour est à Compiègne.

Le 13 septembre 1786

Louis XVI tire à neuf heures à la plaine de Compiègne, tue quatre cent quatre-vingt-seize pièces, dîne à deux heures trois quart et revient par Trianon.

Le 14 septembre 1786

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 15 septembre 1786

Louis XVI tire à la plaine d’Arcueil, tue quatre cent six pièces, dîne à Trianon.

Le 16 septembre 1786

Le Roi déjeune à Saint-Hubert, chasse le cerf aux Plein-Vaux, en prend deux, manque le troisième et soupe à Trianon.

Dimanche 17 septembre 1786

“Vêpres et salut”; Louis XVI dîne et soupe à Trianon.

Le 18 septembre 1786

Louis XVI tire à la plaine de Saclay, tue trois cent trente-neuf pièces et soupe à Trianon.

Le 19 septembre 1786

Le Roi déjeune à Saint-Hubert, chasse le cerf à la Loge-Porée, en prend deux et soupe à Trianon.

Le 20 septembre 1786

Louis XVI tire à la plaine de Rungis, tue trois cent quatre-vingt-quatre pièces et soupe à Trianon.

Le 21 septembre 1786

Le Roi chasse et ne prend rien. Il dîne au hameau et soupe à Trianon.

Le 22 septembre 1786

Louis XVI tire à la plaine de Chevilly, tue six cent trente-cinq pièces et soupe à Trianon.

Le 23 septembre 1786

Le Roi chasse le cerf à Saint-Hubert, il en prend un et soupe à Trianon.

Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Dimanche 24 septembre 1786

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne à Trianon.

Le 29 décembre 1786

Louis XVI convoque une Assemblée de Notables qui se tiendra le 22 février 1787.

Roslin - Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) - Page 4 Louis-10

Calonne, devant les cent quarante-sept membres réunis, tente de faire passer sa réforme ; seulement, l’aveu qu’il fait du déficit public de douze millions de livres émeut l’assistance.

Devant le tollé provoqué au sein d’une Assemblée de Notables réticents à approuver une réforme dont ils seraient les victimes, Louis XVI ne se sent pas la force de contrer les opposants et désapprouve son ministre.

Le fiasco de l’assemblée des notables est perçue chez certains historiens comme le véritable point de départ de la Révolution.

Jacques Morel est Louis XVI dans le film de Jean Delannoy (1956)

En 1787

Depuis son déménagement, la comtesse de Provence dispose du palier du nouvel escalier de l’ancienne antichambre de la princesse de Lamballe devenue une première antichambre à une fenêtre où se tient sa sentinelle. La seconde salle est l’ancien petit salon où la princesse de Lamballe avait coutume de recevoir la Reine. C’est maintenant une seconde antichambre, plus grande a deux fenêtres, qui sert de salle-à- manger, où elle continue à convier la famille royale à souper «tous les soirs, à huit heures précises ». Les convives se régalent du traditionnel potage aux petits oiseaux, que la princesse prépare elle-même . Chaque membre de la famille fait apporter son dîner, auxquels on met la dernière main dans de petites cuisines à portée de l’appartement de Madame.

« Excepté les jours où il donnait à souper chez lui, le Roi n’y manquait pas un seul jour … »

Mémoire du comte d’Hézecques

Le 8 avril 1787

Louis XVI renvoie Calonne. Marie-Antoinette intervient pour faire nommer Loménie de Brienne (1727-1794), proche de Son lecteur, l’abbé de Vermond Principal ministre d’Etat.

Le Cardinal Loménie de Brienne, Huile sur toile, École Française (vers 1770)

Archevêque de Toulouse, connu pour être athée et réputé pour avoir des mœurs dissolues, Brienne avait présidé l’Assemblée des Notables et à ce titre attaqué Calonne et son projet de réforme.

Désormais responsable des affaires, il est poussé par le Roi à continuer les efforts de son prédécesseur médiat ; il reprend donc à son compte l’essentiel du projet qu’il avait lui-même condamné.

Le 1er mai 1787

Le Dauphin est remis “entre les mains des hommes“.

Le 25 mai 1787

Dissolution de l’Assemblée des Notables qui s’était ouverte le 22 février.

Épinglé sur Alexandre KUCHARSKY (1741-1819)Louis XVI par Kucharski

Le 9 avril 1787

Le Garde des Sceaux Miromesnil démissionne.

Il est remplacé à ce poste par Lamoignon.

En juin 1787

Louis XVI fait construire dans le plus grand secret une magnifique laiterie, inaugurée en juin 1787, et remanier les jardins par Hubert Robert dans le style anglais, pittoresque, qui plaît tant à la Reine.

Rambouillet - La Laiterie de la Reine, à Rambouillet Rambou10La laiterie de Rambouillet

En juin 1787

“Demain je vais chasser à Rambouillet avec le Roi. La Reine y va souper…”

Madame Élisabeth

Le 11 juin 1787

Louis XVI se promène à pied dans le jardin et à Trianon.

Le 18 juin 1787

Mort de Madame Sophie avant son premier anniversaire.

Comme à son habitude, Louis XVI ne semble pas très atteint, il note seulement:

“Mardi 19  juin. Mort de ma fille cadette à 3 heures. Promenade à pied à Saint-Cyr.”

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Coppola"Image de Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

Du 10 octobre au 16 novembre 1787

Dernier séjour de la Cour de Louis XVI à Fontainebleau.

Les jeux de hasards sont prescrits par le Roi.

Été 1787

Fronde du Parlement de Paris contre les réformes de Loménie de Brienne.

On réclame la convocation des États-Généraux…

Le 24 juin 1788

Séjour de la Reine à Trianon pour quelques jours.

En août 1787

Calonne, contre qui une information est ouverte pour « déprédations », se réfugie en Angleterre, ce qui fait de lui le premier émigré de la Révolution.

Fanny Ardant, Charles Berling, and Urbain Cancelier in RidiculeUrbain Cancelier est Louis XVI dans Ridicule ( 1995) de Patrice Leconte

Le 1er août 1787

Louis XVI chasse le chevreuil à la forêt de Marly, il en manque un mais tue deux pièces. La Reine couche à Trianon.

Du 1er au 25 août 1787

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 2 août 1787

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 4 août 1787

Le Roi chasse et revient bredouille, il dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 5 août 1787

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon. Le Roi  dîne et soupe à Trianon.

Le 6 septembre 1787

Lit de justice à Versailles à onze heures.

Le 7 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, il dîne et soupe à Trianon.

Le 9 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, il dîne et soupe à Trianon.

Le 10 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, il dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 12 août 1787

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon. Le Roi  dîne et soupe à Trianon.

Le 14 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, premières vêpres, Louis XVI doit se purger, il dîne à Trianon.

A l’initiative de Brienne, Louis XVI exile le parlement à Troyes.

L’accueil dans Troyes est triomphal et les parlements de province se solidarisent, ainsi que la Chambre des Comptes et la Cour des Aides.

Le Roi Louis XVI par Joseph Boze et par Flavien Emmanuel ChabanneLouis XVI par Boze

Le 16 août 1787

Louis XVI chasse le cerf au Pont de la Ville-Dieu, il en tue un et en manque un. Il soupe à Trianon.

Le 17 août 1787

Le Roi chasse et ne prend rien, il dîne et soupe à Trianon.

Le 18 août 1787

Louis XVI chasse le chevreuil aux Côteaux-de-Jouy, en manque un mais tue treize pièces. Il soupe à Trianon.

Dimanche 19 août 1787

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le Roi capitule en renonçant officiellement à l’édit de subvention territoriale et promet la convocation des Etats- Généraux pour 1792.

Le parlement revient à Paris sous les applaudissements de la foule. Celle-ci montre du doigt Calonne, Brienne et Marie-Antoinette, dont on brûle les effigies.

Dominique Besnehard est Louis XVI dans Marie-Antoinette, l’Impossible bonheur de Caroline Huppert (1988) et dans Beaumarchais, l’Insolent d’Edouard Molinaro (1995)

Le 20 août 1787

Louis XVI chasse le cerf au Pont de la Ville-Dieu, il en tue deux. Il soupe à Trianon.

Le 21 août 1787

Louis XVI chasse mais ne ramène rien. “Etats de Languedoc”. Il soupe à Trianon.

Le 22 août 1787

Le Roi tire aux Fours-à-chaux et tue soixante-dix-neuf pièces. Il soupe au Hameau de Trianon.

 

Le 23 août 1787

Louis XVI chasse et revient bredouille. Il dîne et soupe à Trianon.

Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roi (TV Movie 2011) - Photo  Gallery - IMDb

Le 24 août 1787

Le Roi chasse le cerf à Dampierre et en prend deux, il soupe à Trianon.

Du 3 au 9 novembre 1787

La Cour est à Fontainebleau.

Le 17 novembre 1787

Louis XVI exige un rapport de situation sur les Juifs de France afin d’améliorer leur situation et les intégrer au sein du royaume.

Les mémoires de D. Besnehard, deux fois Louis XVI 04x10Dominique Besnehart est Louis XVI dans Beaumarchais, l’insolent (1995), d’Edouard Molinaro

Le 19 novembre 1787

Louis XVI impose l’enregistrement des édits au Parlement, en vue de lui faire accepter un emprunt de 420 millions de livres sur cinq sur cinq ans.

Lors de cette session, les parlementaires s’insurgent contre cette forme inusitée de « séance royale » et demandent la convocation des Etats-Généraux pour 1789.

Vincent Solignac est Louis XVI dans la série télévisée Le Gerfaut (1987)

Le Roi accepte l’idée sans préciser de date et demande le vote immédiat de l’emprunt, déclarant :

« J’ordonne que mon édit soit enregistré ».

Le duc d’Orléans lui lance : « C’est illégal ! »

et le Roi de lui répondre :

« Si, c’est légal. C’est légal parce que je le veux ! »

Le duc d’Orléans est exilé en raison de son comportement rebelle.

l'Été de la Révolution, par Lazare Iglesis avec Brigitte Fossey (1989)Bruno Crémer est Louis XVI dans l’Été de la Révolution (1989)

Le 23 décembre 1787

Mort, au Carmel de Saint-Denis, de Madame Louise (née le 15 juillet 1737), tante de Louis XVI, qui ne se nommait plus que Sœur Thérèse de Saint-Augustin.

1788

Dès le début de l’année, on note une nette aggravation de la santé du Dauphin. Il a de la fièvre et des douleurs articulaires. Au fil des mois, son état empire encore.

Le Cabinet de la garde-robe de Louis XVI 

 ( Texte de Christophe Duarte,  Versailles-passion ; photographies de Grand Palais – RMN (Officiel) pour le Cabinet)

Peut être une image de 1 personne et intérieur

Ce cabinet s’ouvre par une porte dissimulée dans la tenture de l’alcôve sur la chambre à coucher, installée pour Louis XV en 1738.

Aucune description de photo disponible.

Aboutis en 1788, les travaux ont permis de doubler la surface de la pièce et de diviser le nouveau volume en deux niveaux : la garde robe et l’entresol. Ce petit cabinet d’à peine 13m², bénéficie alors d’une plus grande luminosité grâce à deux larges baies s’ouvrant sur la cour des Cerfs.

Peut être une image de intérieur

La Garde-robe de Louis XVI revêtue de boiseries sculptées et couronnées par une corniche d’architecture, est exceptionnelle par son extrême raffinement.

Peut être une image de intérieur

La sculpture de cet ensemble est confiée aux ciseaux des frères sculpteurs Jean-Siméon et Jean-Hugues Rousseau, qui signent lors de leur dernière intervention au château une de leurs plus brillantes productions. Sous la direction de l’architecte Richard Mique, s’affirment un style et une composition qui leur sont propres et que l’on retrouvera aussi dans les décors des appartements privés de Marie-Antoinette (Cabinet doré en 1783 et salle de bains en 1784) qu’au Cabinet de la Garde-robe du Roi.

Le Cabinet de Garde-robe de Louis XVI – Le Magazine de Proantic

Il s’agit, en effet, d’un lieu consacré au travail, sorte d’arrière cabinet plus intime que le Cabinet d’Angle. Le caractère sérieux et appliqué du Souverain transparaît ici, loin des thèmes légers voire convenus qui se déployaient dans les décors réalisés pour son prédécesseur. Cette thématique ne trouve guère d’équivalent que dans le Cabinet du Conseil, pièce officielle où sont représentées, sous forme d’allégories, les activités du gouvernement.

LE CABINET DE LA GARDE-ROBE DE LOUIS XVI | Chateaux interiors, Parisian  interior, Versailles

Selon un principe habituel au XVIIIe siècle, cet ensemble est traité en harmonie blanc et or : tous les éléments moulurés et les parties sculptées sont dorés à la détrempe et se détachent sur une peinture à la colle de teinte blanche.

Le cabinet de garde-robe de Louis XVI

Dans un registre néo-classique, les décors sculptés et dorés déclinent les grands domaines du Gouvernement : le commerce, l’agriculture, la marine, la guerre, les sciences et les arts. Rien de futile dans ce programme iconographique, qui évoque plus un cabinet de travail, à l’instar d’un “studiolo” de la Renaissance italienne, qu’une pièce de commodité comme l’indique son appellation de garde-robe.

Le Cabinet de Garde-robe de Louis XVI – Le Magazine de Proantic

Les grands panneaux, ceinturés par des cadres généralement à deux registres sculptés comportent une riche composition comprenant des arabesques en périphérie, un motif “posé” en bas et un motif “suspendu” en haut. La protection du souverain sur son Royaume est clairement affichée dans les grands panneaux puisque le motif “suspendu” est entièrement construit autour des Armes de France, accostées du sceptre et de la main de la justice, qui occupent la partie centrale tandis que des guirlandes, retenues par des coqs têtes en bas, sont disposées en partie haute.

Aucune description de photo disponible.

Peut être une image de intérieur

Le sol est recouvert d’un parquet à panneaux de type Versailles, axé sur la cheminée.

Une porte de placard de dissimule une chaise à l’anglaise.

Peut être une image de intérieur

Peut être une image de intérieur

Une remarquable cheminée que le Roi voulut de marbre griotte d’Italie, décorée de superbes bronzes dorés, est surmontée d’une grande glace qui se reflète à l’infini dans celle placée en vis-à-vis. Comme cette dernière, elle est encadrée d’une bordure sculptée.

Peut être une image de intérieur

Peut être une image de intérieur

La richesse extrême de la cheminée tient au fait que les ornements en bronze doré sont distribués à la fois sur le chambranle et sur les jouées. Les piédroits à consoles sont décorés en partie haute de feuilles d’acanthe d’où semble tomber des chutes de feuilles. Le linteau comporte une frise de rinceaux se déroulant à partir d’une tête masculine – probablement Apollon, ceinturée par une fine bordure à feuille d’eau. Les dés d’extrémité sont occupés par des têtes de lion. Le décor se poursuit avec une même prodigalité sur les jouées. On retrouve ainsi en haut une frise de rinceaux similaire à celle de la façade principale. Mais surtout, la partie centrale accueille une composition de branches croisées suspendues à un cordon noué autour duquel s’enroule un serpent, qui servait de croissant pour accrocher pelles et pincettes. Une couronne de fleurs en marque le cœur.

Peut être une image de intérieur

Peut être une image de intérieur

Aucune description de photo disponible.

Faisant écho à la richesse des bronzes dorés de la cheminée, les éléments de serrurerie de la Garde-robe sont aussi d’une qualité exceptionnelle. Ils furent probablement ciselés et dorés par Pierre Gouthière. Les coffres de serrures, ceinturés par un rang de perles et patenôtres sont ornés au centre par des monstres ailés pris dans des rinceaux que l’on croirait dessinés par l’ornemaniste Dugourc.

Le Cabinet de Garde-robe de Louis XVI – Le Magazine de Proantic

Les espagnolettes ne sont pas en reste : qu’ils s’agissent des tiges ou des poignées, il ne subsiste pas un seul endroit qui n’a pas été travaillé et qui n’a pas reçu une ornementation délicate.

Premier étage - Aile centrale - Appartement intérieur du roi - 22 Cabinet  de la garde robe Louis XVI - Blog de versablog3

Deux vases de porcelaine fond bleu monté sur leur pieds et enrichis de bronze doré d’or moulu. Don de la Société des Amis de Versailles.

Sous la Révolution, le Cabinet n’eut pas à souffrir de trop grandes destructions. Hormis les fleurs de lys et autres attributs Royaux bûchés, il est probable que les glaces au tain furent déposées et vendues.

Visite interdite du château de Versailles#3 : le cabinet de travail secret  de Louis XVI - Le Point

La totalité des boiseries a été déposée en 1939 et reposée après la guerre. La campagne de sondages menée en décembre 2001 a révélé l’existence d’autres motifs à l’origine sur les médaillons, dont les fragments non bûchés demeurent. De même, sur le registre haut des panneaux, les trois fleurs de lys des globes brettelés sont des restitutions du XIXe siècle.

Peut être une image de intérieur

Peut être une image de intérieur

Adam Weisweiler | Commode en bas d'armoire livrée en 1788 pour le Cabinet  de la garde-robe de Louis XVI à Versailles | Images d'ArtCommode en bas d’armoire livrée en 1788 pour le Cabinet de la Garde-robe par Weisweiler

Le Versailles disparu de Louis XVI :
La petite galerie de bois de la Cour des Cerfs

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Aucune description de photo disponible.

De par leur fonction, les garçons du château se tiennent en permanence au premier étage, dans l’Antichambre des Chiens. 

En 1788, Louis XVI fait agrandir et transformer sa Garde-Robe. Mais à l’époque, la luminosité qui baigne aujourd’hui ce cabinet est très différente de celle que le Roi avait pu connaître.

Peut être une image de plein air

De son temps, le Cabinet était beaucoup plus sombre et n’avait guère de vue sur la Cour des Cerfs, puisqu’il était enfermé derrière le corridor construit pour les garçons du château en 1784.

Peut être une image de plein air

Le Roi profite des travaux pour se réserver l’usage de ce corridor qui, au moyen de portes ouvrant sur sa nouvelle Garde-Robe et sur le balcon, lui offre une échappée très commode pour aller et venir discrètement entre sa chambre et ses pièces privées, aussi bien celles du premier étage que celles des niveaux supérieurs en rejoignant l’escalier semi-circulaire.

Peut être une image de mobilier et intérieurPorte de la Garde-Robe donnant sur la galerie de la Cour des Cerfs

Le 7 janvier 1788

Louis XVI se promène à pied aux deux Trianons.

Le 3 mai 1788

Publication par le Parlement de Paris de la Déclaration des Lois fondamentales du Royaume.

Du 14 mai au 15 juin 1788

Séjour de la Cour au château de Saint-Cloud.

Le 7 juin 1788

Insurrection à Grenoble lors de la Journée des Tuiles.

Le 13 juillet 1788

Louis XVI dîne à Bellevue. En y allant, il visite, à Meudon, le Dauphin. La Reine couche à Trianon.

Du 15 juillet au 14 août 1788

Séjour de la Reine à Trianon.

Le 17 juillet 1788

Départ de Rambouillet à huit heures, après la messe, le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 19 juillet 1788

https://www.techno-science.net/illustration/Definition/inconnu/r/Restitution-grande-perspective.jpg

Louis XVI rend visite à son fils à Meudon. Il chasse le chevreuil au pavillon de Trivaux , en manque un et tue douze pièces. Il soupe à Trianon.

Aucune description disponible.

Dimanche 20 juillet 1788

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 22 juillet 1788

Départ à sept heures et demie de Rambouillet avant la messe, Louis XVI dîne et soupe à Trianon.

Le 23 juillet 1788

Une fluxion empêche Louis-Auguste de chasser le chevreuil. Il dîne et soupe à Trianon.

Le 24 juillet 1788

Louis XVI chasse mais revient sans rien. Il dîne avec ses tantes, à Bellevue,  et soupe à Trianon.

Le 25 juillet 1788

Louis XVI chasse mais revient bredouille. Il dîne  et soupe à Trianon.

Dimanche 27 juillet 1788

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne au hameau. Serment de monsieur de Villedeuil.

Le 29 juillet 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient par Trianon pour voir le Dauphin, il y dîne et y soupe.

Le 30 juillet 1788

Louis XVI donne sa réponse aux députés de Bourgogne auxquels il avait donné audience la veille, il dîne et soupe à Trianon.

Le 2 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient après dîner par Meudon pour voir le Dauphin, il dîne et soupe à Trianon.

Dimanche 3 août 1788

“Vêpres et salut”. Le Roi dîne à Trianon.

Le 4 août 1788

Louis XVI chasse mais revient bredouille. Il dîne  et soupe à Trianon.

Le 6 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient après dîner par Meudon pour voir le Dauphin, il dîne et rend visite le soir à Trianon.

Le 7 août 1788

Louis XVI est ausculté par son médecin, il suit la messe chez lui et soupe à Trianon.

Le 8 août 1788

Louis XVI chasse mais revient bredouille. Il dîne au Hameau  et soupe à Trianon.

Louis XVI, L'Homme qui ne voulait pas être Roi – Thierry BinistiGabriel Dufay est Louis XVI, dans L’homme qui ne voulait être Roi de Thierry Binisti

Louis XVI consent à la convocation des États-Généraux pour le 1er mai 1789.

 

Dimanche 10 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe à la paroisse. Audience des ambassadeurs indiens ; “Vêpres et salut”.

Réception à Versailles des trois ambassadeurs du sultan de Mysore Tipû Sâhib, dans le Salon d’Hercule, venus demander de l’aide à Louis XVI contre les prétentions colonialistes anglaises.

Réception par Louis XVI des ambassadeurs Tipû Sâhib, XIXe siècle

Le Roi dîne et soupe à Trianon.

Le 11 août 1788

Louis XVI tire aux Fours-à-Chaux, tue quatre-vingt-et-une pièces. Il va visiter Trianon où il dîne et soupe.

Le 12 août 1788

Louis XVI dîne à Bellevue et soupe à Trianon.

 

Le 14 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe. Il rend visite à Trianon à une heure et à Meudon à trois heures et demi. Premières vêpres. Il soupe à Trianon et la Reine revient après.

 

Le 25 août 1788

Louis XVI souhaite rappeler Necker aux finances mais celui-ci refuse d’être subordonné au principal ministre Loménie de Brienne. Le Roi est obligé de renvoyé ce dernier, tant la popularité du banquier est importante.

En compensation, Loménie de Brienne obtient le chapeau de cardinal.

 

Fin 1788

Parallèlement à l’état de cessation des paiements et de banqueroute du royaume, le climat de l’année 1788 est calamiteux : à un été pourri ravageant les récoltes, l’hiver glacial donne des températures de moins 20 °C qui paralysent les moulins, gèlent les fleuves et défoncent les routes. Le blé manque et le peuple a faim.

Louis Blanc on the King’s charity during the cold winters of the 1780s:
“ The calamities of a recent winter had left a remembrance of his benevolence which made many a shattered heart beat under the rags. During the severe cold of 1783 had he not...

Le 5 décembre 1788

Le Parlement de Paris accepte le doublement du Tiers, défendu par la Reine, mais ne se prononce pas sur la question du vote par ordre ou par tête. Louis XVI se fâche et déclare aux parlementaires :

« c’est avec l’assemblée de la Nation que je concerterai les dispositions propres à consolider, pour toujours, l’ordre public et la prospérité de l’État »

Fin mars 1789

L’Ambassadeur Fernan Nunez raconte qu’au cours d’une de ses promenades sur les toits du château, le Roi monte sur une échelle servant à des travaux.

“L’échelle glissa lorsque Sa Majesté se trouvait dessus et, s’il n’y avait pas eu à côté un ouvrier qui eût la présence d’esprit de la tirer en dedans de la balustrade au moment où elle était déjà partiellement engagée au-dehors, la chute que le Roi fit sur le toit aurait infailliblement mis fin à ses jours car il se serait écrasé dans la Cour de Marbre où il aurait été précipité”.

Le 4 avril 1789

Durant le chantier d’aménagement de l’Hôtel des Menus-Plaisirs pour la réunion des États Généraux, Louis XVI se rend sur place à plusieurs reprises. Lors d’une de ces visites, une planche s’est rompue sous le poids de Sa Majesté. Le Monarque s’est tenu fortement à un boulin qui s’est trouvé à côté de lui. Il est même un peu blessé à la poitrine, écorché par les nœuds de la poutre à laquelle il se cramponnait. Un garçon charpentier s’est hâté de venir à son secours. Il était fort. Il a tiré le Roi sur la planche qui était à côté de celle qui s’était brisée. Louis XVI a gardé le plus grand sang-froid au milieu de ce péril.

Soient deux accidents au cours desquels le Roi faillit périr… en quelques jours seulement !

 

Le jeudi 9 avril 1789

Louis XVI préside la cérémonie du lavement des pieds dans la grande salle des gardes. Après avoir entendu une prédication prononcée par son Grand Aumônier Montmorency-Laval, il s’agenouille pour laver lui même les pieds de treize enfants pauvres, à qui il sert ensuite un repas composé de treize plats. Pour le service des treize plats il est aidé des membres de la Famille Royale. Une cérémonie identique est accomplie par la Reine, qui lave les pieds de treize jeunes filles pauvres.

Un peuple et son roi, Pierre Schoeller - DébordementsImage d’Un Peuple et son Roi  (2017) réalisé par Pierre Schoeller

Le dimanche de Pâques, le 12 avril 1789

Les Souverains prennent les repas de midi au Grand Couvert.

marie antoinette movie photos | Marie Antoinette: A Vision of Spring | www.castlesandcarriages ...Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola 

A la date du 13 avril 1789

Le Roi écrit dans son journal : “mes Pâques à la paroisse, vêpres dans la petite tribune, j’étais enrhumé“. Ce qui signifie qu’il est allé à l’Église Notre Dame de Versailles, paroisse du Château pour assister à la messe et y communier. Seule la communion pascale étant de précepte pour les fidèles et devant être reçue dans la paroisse de leur résidence. L’après-midi, il assiste aux Vêpres célébrées dans la Chapelle du Château depuis un des oratoires vitrés.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’Versailles Passion -ChristopheD. Château Versailles 4septembre 2016’Oratoire de Madame de PompadourPeut être une image de intérieur

Pour le mardi de Pâques

Le Souverain ne se rend même pas à la Chapelle mais assiste à une messe célébrée dans son Appartement.

Le 2 mai 1789

Louis XVI reçoit chacun des représentants de la nation au palais, à tour de rôle ils vont passer devant le Roi s’incliner, le saluer sans que celui-ci ne dise un mot puis tourner les talons et sortir. Les députés sortent du palais très refroidis.

A portrait presumed to be the comte de Provence from the circle of Pierre Adolph Hall, 18th century. [credit: Leclere Maison de ventes, via Invaluable]

Le 4 mai 1789

 On assiste à la procession religieuse du Saint Sacrement à laquelle toute la Cour assiste ainsi que l’ensemble des députés des trois ordres.

L’étiquette est de mise pour une telle manifestation et fait ressortir de façon criante l’inégalité des trois ordres et la scission probable du clergé. En effet d’un côté nous trouvons la noblesse dorée et empanachée avec le haut clergé en robe violette et de l’autre le Tiers Etat en habit sombre et les curés en soutane noire. La procession est fermée par Louis XVI.

 Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

Procession des trois ordres, du Roi et de la Reine qui se rendent dans la Salle des Menus Plaisirs de Versailles.

Aucune description disponible.Ouverture des États généraux à Versailles

Y sont réunis tous les protagonistes de la Révolution future…

Résultat de recherche d'images pour "Les années Lumières Etats Généraux"Jean-François Balmer est Louis XVI dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le discours d’ouverture de Louis XVI, bref et cassant laisse les députés sans réponse sur ce point et surpris tout le monde par son ton. En effet, le Roi précise que les Etats Généraux sont réunis à sa demande et que lui seul sera juge de décider de ce dont ils devront débattre. Barentin (1738-1819), le garde des Sceaux, fait ensuite l’éloge du Roi.

Peut être une image de 5 personnes

Gabriel Dufay dans Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être Roi de Thierry Binisti  (2011)

tiny-librarian:
“ This has to be one of the cutest Louis/Antoinette related pictures I’ve ever seen.
”

Necker (1732-1804) prononce enfin un très long discours qui fait prendre conscience aux députés de la situation financière désastreuse du royaume. Il fait apparaître que la situation générale en France est beaucoup plus confuse qu’on ne le pensait ; le gouvernement est totalement désorienté. Ce discours de deux heures de Necker, centré sur les questions financières alors que les députés n’ont en tête que la question du vote, est mal accueilli et endort toute l’Assemblée.

Roslin - Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) - Page 5 Deed2710

Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

Mort du Dauphin dans les Années Lumières (1989) de Robert Enrico 

Le Roi et la Reine se retirent à Marly pour le pleurer. Il est enterré avec un cérémonial réduit à Saint-Denis compte tenu le contexte économique difficile.

La Cour doit porter le deuil à Versailles, selon des règles bien précises.

Il ne suffit pas de s’habiller de noir. A Versailles, lorsque la Cour prend le deuil du prince Louis-Joseph, décédé à l’âge de sept ans et huit mois dans la nuit du 3 au 4 juin 1789, hommes et femmes durent se conformer à un dress code des plus précis.

 Ce deuil connaîtra plusieurs périodes successives. La première, du 7 juin au 11 juillet inclusivement, les hommes prendront l’habit de drap noir complet avec les boutons, manchettes et effilés (sorte de franges, NDLR) unis, boucles et épées bronzées, chapeaux sans plumes, les femmes prendront pour douze jours la robe de laine, la coiffe en crêpe, les bas, les gants, l’éventail et les pierres noires, les boucles bronzées, le 19 juin elles quitteront la coiffe et conserveront jusqu’au 11 juillet inclusivement le reste de l’étiquette ci-dessus». La seconde période s’étalera du 12 juillet au 15 août inclus, date de la fin du deuil. Cette fois, «les messieurs prendront l’habit de soie noire, manchettes effilés de mousseline brodée, ou entoilages, boucles blanches, épées d’argent, chapeaux à plume», écrit-il. Quant aux dames, elles porteront, du 12 juillet jusqu’au 1er août, «la robe de soie noire et les diamants», puis du 1er au 15 août «les robes noires et blanches sans rubans de couleur».

Le bailli de Virieu, ministre du duc de Parme Ferdinand IV

Le 17 juin 1789

Un député propose le nom d’Assemblée Nationale.

Ce même jour, l’Assemblée Nationale proclame que “les impôts quoique illégalement établis et perçus, continueraient d’être levés de la même manière que devant, jusqu’au jour où l’assemblée se séparerait” mais que “passé lequel jour, l’Assemblée entendait et décrétait que toute levée d’impôt qui n’avait pas été nommément, formellement et librement accordée par l’Assemblée, cesserait entièrement dans les provinces du Royaume.” 

Cette déclaration stupéfie le Roi, son entourage et une partie de la noblesse. Une délégation de celle-ci est envoyée au Roi pour lui demander de réagir à une telle déclaration.

Louis XVI est sonné. Affaibli. Il ne réagit pas immédiatement au décret du 17 juin par lequel le tiers état se constitue en Assemblée nationale. Et ses ministres sont profondément divisés sur la réaction qu’il convient d’apporter. Deux ans avant, Louis XVI était encore un souverain puissant, un roi législateur et un roi de guerre, qui avait damé le pion aux Anglais en venant au secours des insurgés américains. Mais il a horreur de la division et de la discussion, il est jaloux de son pouvoir et accorde difficilement sa confiance. Or à partir de 1787, il n’a plus de ministre auquel il puisse la donner. Les oppositions parlementaires, la banqueroute, les déficits qu’on ne parvient pas à résoudre, la mort de son fils, contribuent à son effondrement psychologique. En 1789, il a 35 ans. Pour la première fois de sa vie, ce prince chrétien élevé dans la tradition du roi de droit divin se rend compte qu’il n’a plus l’approbation de ses sujets. Il voit l’amour de son peuple se briser.

Emmanuel de Waresquiel dans Télérama à propos de Sept Jours : 17-23 juin 1789. La France entre en révolution, éd. Tallandier

Du 14 au 21 juin 1789

Dernier séjour de la famille royale au château de Marly, toute à son deuil. Mesdames Tantes sont présentes.

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

paume - 20 juin 1789: Le serment du Jeu de paume  97820310Tableau de Jacques-Louis David

La salle de l’hôtel des Menus Plaisirs est fermée par ordre du Roi. Les députés du Tiers-Etat font le serment d’écrire une Constitution dans la Salle du Jeu de Paume. Sous la proposition de Mounier tous les députés moins une voix, prêtent serment de ne jamais se séparer avant qu’une Constitution soit rédigée et approuvée, en répétant chacun à leur tour “Je le jure !” .

Quant aux serments, celui du 17 juin et celui du 20 juin, au Jeu de paume, ils sont le signe, en partie réinventé et sublimé par la suite, de l’unanimité de la nation. Celui aussi d’une sacralité nouvelle qui sera bientôt celle de la république. La Révolution s’est faite sur un fantasme : celui du pouvoir absolu du roi, qu’elle a accaparé, au nom de la souveraineté du peuple. Avec la Constitution de la Ve république, nous avons fini par créer un roi républicain. De même, pendant tout le XIXe siècle et jusqu’à la loi de séparation des Églises et de l’État de décembre 1905 qui codifie la laïcité, la république s’est battue contre l’ancienne alliance monarchique du « trône et de l’autel ». Avec la montée en puissance de l’islamisme radical qui fait de Dieu la source unique du gouvernement des hommes, elle est aujourd’hui confrontée à un nouveau défi théocratique.

Emmanuel de Waresquiel dans Télérama à propos de Sept Jours : 17-23 juin 1789. La France entre en révolution, éd. Tallandier

Le 23 juin 1789

Louis XVI reproche à Necker tout d’abord son inaction depuis bientôt deux mois, puis il proclame que “l’ancienne distinction des trois ordres doit être conservée“, que les députés élus par chacun des trois ordres doivent former trois chambres séparées ne pouvant délibérer en commun qu’avec l’accord du Roi que “toutes les décisions prises depuis le 17 juin par les députés sont nulles, illégales et inconstitutionnelles“.

Le Roi termine la séance par cette dernière phrase “je vous ordonne, Messieurs, de vous séparer tout de suite et de vous rendre demain matin chacun dans les chambres affectées à votre ordre pour y reprendre vos séances. J’ordonne en conséquence au grand maître des cérémonies de faire préparer les salles.

Louis XVI dit qu’on devait se séparer, lui-même se lève et sort. La noblesse et le clergé sortent, mais au centre de la salle immobile le Tiers demeure dans le silence.

Le grand maître des cérémonies Dreux Brézé s’avance pour faire évacuer la salle. Derrière lui, un piquet de Gardes Françaises et un piquet de Gardes Suisses se sont arrêtés à la porte.

Alors Mirabeau se dresse et lui dit terrible:

«Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes».

 

Pour manager, inspirez-vous de Mirabeau, orateur engagé et enragé

Louis XVI s’indigne :” N’y a-t-il aucun père parmi eux?

Aucune description disponible.

C’est un roi nu : son administration lui fait défaut et son armée, soumise depuis deux ans à des réformes drastiques et à des coupes budgétaires, traîne des pieds. Le temps de la Révolution française n’est pas le sien. Louis XVI a l’intelligence de la réforme mais il n’en a pas le tempérament. Lors de la séance du 23 juin 1789 au Jeu de paume, il propose un programme audacieux en matière fiscale et juridique, tout en refusant d’abandonner le principe des ordres et d’une société inégalitaire en droit. Sa tragédie est là. Et puis le 23 juin, déjà, personne n’écoute plus personne. Dans son dernier discours, Louis XVI dit espérer que le peuple n’a pas changé. Mais si. Il a changé.

Emmanuel de Waresquiel dans Télérama à propos de Sept Jours : 17-23 juin 1789. La France entre en révolution, éd. Tallandier

Le 27 juin 1789

A Versailles, la nouvelle de l’acceptation par le Roi de la réunion des Trois Ordres en Assemblée nationale amène le peuple fou de joie, à envahir les cours du château où, sur la terrasse de Midi la Reine présente le nouveau Dauphin, Louis-Charles.

Durant l’été 1789

Pauline de Tourzel prend ses repas toute seule dans sa chambre, où elle doit demeurer toute la journée. La vieille dame qu’elle deviendra se rappellera encore avec émotion que le Roi, qui remarque tout, s’aperçoit de la solitude et de l’ennui de la fillette, et qu’il décide, au mépris de l’Etiquette ( qui imposerait que seules les femmes présentées peuvent manger avec la famille royale et que seule une femme mariée peut être présentée ), qu’elle mangera avec la famille royale. Interrogée par ses petits-enfants qui veulent savoir quelle personne de la famille royale elle préférait, Pauline avouera que son plus grand bonheur était quand le Roi la prenait à côté de lui. 

Le 11 juillet 1789

Renvoi de Necker

Le 14 juillet 1789

14 juillet 1789 - La prise de la Bastille - Herodote.net

Prise de la Bastille

La-Révolution-française-Un-texte-Un-jour

Les émeutiers ne prennent pas la Bastille le 14 juillet parce qu’elle incarnait « l’antre du despotisme ». Ils l’attaquent parce qu’il s’y trouve de la poudre. Et puis ils ne la prennent pas, elle se rend. Ce n’est que dans les jours suivants que la « prise de la Bastille » commence à devenir le symbole absolu de la victoire du peuple. Un « événement total ».

Emmanuel de Waresquiel dans Télérama à propos de Sept Jours : 17-23 juin 1789. La France entre en révolution, éd. Tallandier

Le Roi est alors à la chasse.

Il rentre bredouille et note “Rien” dans son journal…

Réveillé dans la nuit par le duc de la Rochefoucault  qui l’informe de la situation, il interroge:

_C’est une révolte?

_Non, sire! C’est une révolution!

Aucune description disponible.

Le 15 juillet 1789

Necker est rappelé sous la pression populaire.

Xavier Beauvois est  Louis XVI, dans Les Adieux à  la Reine (2012) de Benoit Jacquot  

Le 16 juillet 1789

Les Polignac émigrent sous les conseils de la Reine: la duchesse est très impopulaire; on la juge débauchée et intéressée.

Aucune description disponible.

Les Polignac quittent la France

Madame de Tourzel  (1749-1832) devient Gouvernante des Enfants de France.

Le 17 juillet 1789

Le Roi rend visite à  Jean-Sylvain Bailly (1736-1793) désigné maire de Paris l’avant-veille par l’acclamation d’une assemblée hétéroclite d’électeurs des soixante districts . Craignant de ne pas revenir , Louis XVI a nommé Monsieur lieutenant général du royaume avant de quitter Versailles.

Xavier Beauvois as Louis XVI, Les adieux à la reine 2012. | Louis xvi, ReineXavier Beauvois est Louis XVI dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)

Réception de Louis XVI à l’Hôtel de Ville de Paris. A son arrivée, Bailly lui a remis une cocarde tricolore, le nouveau signe de ralliement des Français imaginé par La Fayette. Très ému, le Roi le fixe sans mot dire à son chapeau avant de pénétrer dans l’édifice.

9ème Histoire - L'Hôtel de Ville - février 2019Peinture monumentale de (vers 1887)
Tu sais pas quoi ?! on Twitter: "Jean Sylvain Bailly fut le tout 1er maire  de Paris, en 1789 ! Il fût guillotiné 4 ans plus tard. Lors de son  exécution, unJean Sylvain Bailly
Résultat de recherche d'images pour "les années lumières Louis XVI Balmer"Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

4 août 1789 - Abolition des privilèges et des droits féodaux ...
La Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Le 25 août 1789

Versailles. Venus, comme chaque année, souhaiter une bonne fête au Roi en ce jour de la Saint-Louis, les représentants de la Ville repartent bien mécontents. Marie-Antoinette les a reçus, couverte de bijoux et entourée de Sa Maison. Mais irritée de ce que Bailly, le maire de Paris, ne s’était pas agenouillé devant Elle, Elle lui a répondu dédaigneusement et s’est contentée de balbutier quelques mots peu aimables à La Fayette qui Lui présentait la garde nationale. Puis Elle les a tous congédiés d’un signe de tête, sans dissimuler Sa mauvaise humeur.

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 — Wikipédia

Le 1er octobre 1789

Fête des gardes du corps du Roi en l’honneur du régiment de Flandres à l’Opéra de Versailles en présence de la famille royale.

Résultat de recherche d'images pour "les années lumières Louis XVI Balmer"

Le banquet des Gardes du corps, 1er octobre 1789
                                  Le 1er octobre 1789 dans Les Années Lumières (1989)

Le peuple croit à une orgie antidémocratique…

L’air “Ô Richard, ô mon Roi, l’univers t’abandonne“, tiré d’un opéra de Grétry, est chanté par les soldats. Il devient un signe de ralliement royaliste.

Le 5 octobre 1789

Image de L’Evasion de Louis XVI d’Arnaud Sélignac

Marie-Antoinette est au Petit Trianon et le Roi à la chasse lorsqu’on apprend que des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

La famille royale se replie dans le château…

Aucune description disponible.

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée.

Aucune description disponible.

Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

Aucune description disponible.

Gabriel Dufay est Louis XVI dans le docu fiction Louis XVI l'homme qui ne  voulais pas etre roi | Louis xvi, LouisGabriel Dufay est Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être Roi de  Thierry Binisti (2011)

La famille royale est ramenée de force à Paris.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zparis10Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet
Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet

Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Aucune description disponible.

The king’s arrival in Paris, October 6th, 1789.L’arrivée de la famille royale à Paris le soir du 6 octobre 1789

Le 8 octobre 1789

Les députés Fréteau et Mirabeau proposent  d’instaurer le titre de Roi des Français à la place de celui de Roi de France.

Le 10 octobre 1789

L’Assemblée adopte cette nouvelle titulature.

Le 19 octobre 1789

A regret, la Reine renonce à un projet de fuite que Lui proposait Son secrétaire des commandements, Augeard, marquis de Buzancy (1732-1805). Déguisée en gouvernante, Elle devait gagner l’Autriche avec Ses deux enfants pour demander asile à Son frère.

Mais le plan prévoyant que Louis XVI ne serait pas averti de Sa fuite, la Reine ne put y consentir.

Mon devoir, a-t-Elle tristement déclaré à Augeard, est de mourir aux pieds du Roi.”

A portrait of Louis XVI by Anicet Charles Gabriel Lemonnier, 18th century.              Louis XVI par Charles-Gabriel Lemmonier (1743-1824), esquisse préparatoire pour le tableau Hommage à Louis XVI

Novembre 1789

Palais des Tuileries — WikipédiaLes Tuileries

C’est souvent un petit bourgeois, et moins encore, qui occupe près du Roi les fonctions de capitaine des gardes:

Service de la garde nationale au château des Tuileries auprès de la Famille Royale

Le Roi est toujours suivi, lorsqu’il sort, même pour aller à la Chapelle, d’un chef de division de la garde nationale.
La Reine et M. le Dauphin sont suivis aussi, chacun, par un commandant de bataillon ; Madame Royale et Madame Elisabeth par des capitaines.
Devant les portes des chambres du Roi et de la Reine, les gardes nationaux, qui veillent la nuit comme le jour, mettent des matelas pour y passer la nuit.

Service au château des Tuileries
Chaque bataillon de la garde nationale de Paris monte la garde aux Tuileries pendant vingt-quatre heures.
Chaque commandant de service, auprès du Roi, de la Reine et du Dauphin, vient prendre l’ordre en arrivant, dans le cas où ils voudraient sortir. Les capitaines en font de même auprès des autres membres de la Famille Royale.

Le 5 novembre 1789

Toute la noblesse, restée à Paris, se fait un devoir de se présenter assidûment chez le Roi. il y a donc une forte affluence, dans les semaines qui suivent l’installation du Roi, aux Tuileries.

Les jeunes nobles ne portent pas la cocarde tricolore, alors que Louis XVI la porte.
Les femmes portes d’énormes bouquets de lys à leur côté et sur la tête, et dans des nœuds de rubans blancs.

1790

La présence du Roi et de la Reine à Paris, et leur grande bonté produisent un excellent effet sur le peuple, et font perdre du terrain au parti du duc d’Orléans.

Louis-Philippe d'Orléans (1747-1793) — WikipédiaPhilippe d’Orléans

Le 4 février 1790

Louis XVI chasse le cerf à Gambapail.

Résultat de recherche d'images pour "Armoire à montre de Louis XVI aux Tuileries par Riesener"Armoire à montre de Louis XVI aux Tuileries par Riesener. Le fronton a été refait

Mardi 9 février 1790

Le Roi, la Reine et le Dauphin sont venus à la cathédrale, sans gardes et sans aucune suite. Ils sont descendus de voiture à la porte de l’église. Louis XVI et Marie Antoinette tiennent la main de M. le Dauphin. Le peuple, attendri et plein de joie, répète mille fois : « Vive le Roi, vive la Reine, vive M. le Dauphin. » Louis XVI contemple son peuple, et des larmes se sont échappées. Le peuple crie une seconde fois : « vive la Reine ». Alors  le Dauphin se met à claquer des mains. Le Roi et la Reine entendent ensuite la messe à l’autel de la vierge.
Après la messe, le Roi, la Reine et le Dauphin se sont rendus aux Enfants Trouvés ; ils se sont ensuite retirés, à douze heures, accompagnés de Monsieur Bailly et du marquis de La Fayette.

Le 19 février 1790

 Reconnu coupable d’avoir projeté de faire évader le Roi Louis XVI et sa famille du palais des Tuileries, Thomas de Mahy, marquis de Favras, est pendu en place de Grève, à Paris.

Il meurt courageusement, sans avoir impliqué quiconque.

Le 20 février 1790

La mort à Vienne de Joseph II constitue une perte affective et politique pour Marie-Antoinette.

Avènement de son frère Léopold II.

Le 17 mai 1790

Au matin, Louis XVI va se promener à Marly. Il n’est accompagné que de cinq seigneurs de la Cour et de quelques officiers supérieurs de la Garde Nationale.

Été 1790

La famille royale est autorisée à séjourner à Saint-Cloud.

Film 3D faisant le tour du Château de Saint-Cloud - YouTube

A portrait of Louis XVI by Jean Laurent Mosnier, 1790. [source: Metropolitan Museum of Art]Louis XVI par Jean Laurent Mosnier  (1790)

Le 11 juin 1790

La Cour s’installe au château de Saint-Cloud, chacun occupe son logement ordinaire: les Enfants de France et la marquise de Tourzel, Gouvernante des Enfants de France, au rez de chaussée du corps central donnant sur le jardin de l’orangerie; Madame Elisabeth, au rez de chaussée donnant sur le jardin, à proximité du vestibule; Louis XVI, au premier étage, donnant sur le bassin du fer à cheval; et Marie Antoinette, au premier étage, donnant sur la cour d’honneur.

Le marquis de La Fayette dispose aussi d’un logement, mais ne l’occupe pas et retourne coucher chaque soir à Paris.

Des bruits courent selon lesquels Elle projette de s’évader…

Durant le séjour de Saint-Cloud

Louis XVI, Marie Antoinette et les Enfants de France vont régulièrement chercher des fraises dans les bois, et ne rentrent qu’à huit ou neuf heures du soir.
De son côté, pour ce séjour à Saint-Cloud, Louis XVI obtient de sortir sans garde et d’être seulement accompagné d’un aide de camps de Monsieur de La Fayette.

Louis XVI décide de ne plus souper seul avec sa famille.

Il y aura donc chaque jour une table de vingt à vingt-six couverts. Ces soupers ont lieu dans la salle du grand couvert, et en public. Mesdames et quelques courtisans sont scandalisés.

Le dimanche 20 juin 1790

La Cour quitte le château de Saint-Cloud pour les Tuileries.

De dix heures à midi

Louis XVI passe en revue mille cinq cents hommes de la Garde Nationale des première, troisième et cinquième divisions.

Le 3 juillet 1790

Dans les jardins du château de Saint-Cloud, Marie-Antoinette rencontre le marquis de Mirabeau qui Lui expose son plan pour sauver la monarchie.

L’entrevue de Saint-Cloud, dans les Années Lumières (1989), avec Peter Ustinov en Mirabeau  et Jane Seymour qui est Marie-Antoinette

Le 12 juillet 1790

Constitution civile du clergé.

Detail from Les préparatifs de la fête de la Fédération ; la journée des brouettes, juillet 1790 by Charles-Etienne Leguay, 1790. [credit: © RMN-Grand Palais / Agence Bulloz]Préparatifs au Champs de Mars….

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération

Lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles Al710Jean-François Balmer dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le Roi prête serment de fidélité aux lois nouvelles :

 «Moi, roi des Français, je jure d’employer le pouvoir qui m’est délégué par la loi constitutionnelle de l’État, à maintenir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois».

La Reine, se levant et montrant le Dauphin :

«Voilà mon fils, il s’unit, ainsi que moi, aux mêmes sentiments».

Louis XVI by Jean Antoine Houdon (1790)Louis XVI par Jean Antoine Houdon (1790)

Du 5 au 11 août 1790

Louis XVI a un abcès à la joue. Il s’est formé à la gencive. On lui fait prendre du petit lait. L’Assemblée nationale se fait envoyer régulièrement, de Saint-Cloud, des bulletins de santé rédigés par les médecins du Roi. Chaque compte rendu est lu, en début de séance, par l’un des secrétaires de l’Assemblée nationale.                                                                                    Pendant l’indisposition du Roi, Marie Antoinette reçoit et accueille tous ceux qui se présentent pour s’informer de la santé de Son époux.

Le 31 août 1790

Bouillé réprime une révolte de la garnison contre les officiers à Nancy.

Le 4 septembre 1790

Démission de Necker

Le 22 octobre 1790

Le Roi songe à quitter la capitale considérant qu’on l’a contraint à sanctionner le décret de la Constitution civile du clergé.

A portrait of Louis XVI by an unknown artist, probably after a painting by Antoine Callet, circa the early 19th century/Bourbon Restoration era.

Louis XVI, “guarantor of the constitution” in 1790

Septembre 1790

La Cour est fort mécontente des décrets, de l’Assemblée nationale, sur la chasse, de la nécessité où le Roi s’est trouvé de supprimer sa Vénerie. Marie-Antoinette a pris Son époux par son seul endroit sensible, en le persuadant qu’on voulait le priver du plaisir de la chasse. Louis XVI a eu l’humeur, et l’a même laissé entrevoir à la députation de l’Assemblée nationale, en lui disant qu’il n’avait pas le cœur content.

Peut être une image de 1 personne

On assure que les braconniers répandus dans le parc de Versailles sont une ruse de la Reine, qui a fait courir le bruit qu’on pouvait chasser librement sur les plaisirs du Roi.

Le 23 octobre 1790

La Reine est offensée à l’Opéra.

Courant novembre jusqu’au 8 décembre 1790

Séjour de la famille royale au château de Saint-Cloud.

Film 3D faisant le tour du Château de Saint-Cloud - YouTubeLe château de Saint-CloudPhotographies du Château | Château, Chateau ile de france, Saint cloud

En novembre 1790

Louis XVI monte à cheval. Il est allé dernièrement visiter le château de Vincennes, qu’on parle de réparer pour en faire une prison d’état, et y transférer une multitude d’accusés de crime de lèse-nation dont regorge le Châtelet.

Le 26 décembre 1790

Le Roi sanctionne le décret sur la Constitution civile du clergé.

Louis XVI - pastel - La SabretacheLouis XVI, pastel d’Olivier Jarraud

Le 1er janvier 1791

Louis XVI et Marie-Antoinette reçoivent les hommages de la Famille Royale, de la Cour, de la municipalité de Paris et de la garde nationale de Paris. La députation de la municipalité, accompagnée de celle de la garde nationale, est conduite chez le Roi et chez la Reine par les officiers des Cérémonies.

Vers midi, le Roi, accompagné de Monsieur, et précédé des chevaliers, commandeurs et officiers de l’Ordre du Saint-Esprit, marchant processionnellement, et portant, ainsi que Louis XVI, l’habit de l’Ordre, se rend à la Chapelle du château des Tuileries, où il entend la grand’messe chantée par sa Musique, et célébrée par Mgr de Roquelaure, évêque de Senlis et premier aumônier du Roi. La Reine et la Famille Royale y assistent dans la tribune. Madame Stanislas de Clermont-Tonnerre a fait la quête.

C’est la dernière fois que les chevaliers du Saint-Esprit s’assemblent, et que Louis XVI revêt le costume et le collier de l’Ordre.

Résultat de recherche d'images pour "Louis XVI par Roslin"Louis XVI par Roslin

Louis XVI et Marie Antoinette soupent au Grand Couvert.

M. Pétion de Villeneuve, maire de Paris, refuse de faire le compliment du nouvel an à Marie-Antoinette.

Le duc d’Orléans ne paraît pas à la procession de l’Ordre du Saint-Esprit ; il y envoie ses deux fils le duc de Chartres et le duc de Montpensier. On remarque qu’eux seuls, avec le comte d’Estaing, portent la cocarde tricolore au lieu de la cocarde verte de l’Ordre du Saint-Esprit.

A l’occasion du nouvel an, l’usage est de donner l’aubade sous les fenêtres du Roi.  La Musique du Roi se rend au château des Tuileries, et interprète plusieurs reprises, en allusion à la liquidation des dettes de l’Etat décidée par l’Assemblée nationale, l’air de l’opéra-comique « des dettes ».

Louis XVI dispose, à cette date, dans sa caisse de 280 926 livres, et reçoit 12 000 livres.

Des vainqueurs de la Bastille viennent présenter, pour étrennes, à Monsieur le Dauphin, un domino fait de pierre et de marbre de cette prison d’Etat.

Sur le couvercle sont gravés des vers :

« Des pierres et des murailles, qui renfermaient d’innocentes victimes de pouvoir arbitraire, ont été transformés en jouet pour être offert, Monseigneur, comme un hommage de l’amour du peuple et pour vous apprendre qu’elle est sa puissance. »

Une ordonnance du Roi, du 1er janvier 1791, abolit les noms d’ancien régime des régiments.

L’Assemblée nationale modifie l’Ordre Royal et Militaire du Saint-Louis.
 

Projet d’évasion de la famille royale (plan de Fersen, Bouillé et Breteuil) …

Le 20 février 1791

Départ de Mesdames Adélaïde et Victoire qui partent pour Rome.

Le Roi informe par lettre l’Assemblée nationale du départ de ses tantes :

« Ayant appris que l’Assemblée nationale a donné à examiner au Comité de Constitution une question qui s’est élevée à l’occasion du départ de mes Tantes, je crois à propos d’informer l’Assemblée que j’ai appris ce matin qu’elles étaient parties hier au soir à dix heures. Comme je suis persuadé qu’elles ne pouvaient être privées de la liberté qui appartient à chacun d’aller où il veut, j’ai cru ne devoir ni ne pouvoir mettre aucun obstacle à leur départ, quoique je ne vois qu’avec regret leur séparation d’avec moi ».

Le Roi doit intervenir pour qu’elles soient autorisées à quitter le territoire français.

En mars 1791

Louis XVI ne pouvant plus prendre assez d’exercice, tombe malade ; et des fenêtres des Tuileries, quand il aperçoit de simples artisans, de pauvres ouvriers se promenant dans le jardin avec leurs femmes et leurs enfants, il se prend à les envier.

Dimanche 6 mars 1791

Louis XVI prend de l’émétique. Il assiste à la messe dans son lit. Il se lève et s’habille après jusqu’à l’ordre.

———-

Le marquis de Noailles, ambassadeur à la Cour d’Autriche, prend congés du Roi pour retourner à Vienne. 

Peut être une image de 1 personne

Le 10 mars 1791

Bulletin de santé du Roi à huit heures du matin

Il est lu en début de séance de l’Assemblée nationale.

La fièvre a eu le même cours hier, mais elle a été moins vive : la rémission a été entre trois et quatre heures, et le redoublement a commencé à sept heures. Tous les symptômes de la gorge ont été moindres ; cependant il a paru dans plusieurs crachats.

Ce sang, au reste, vient manifestement de la gorge, et nullement de la poitrine qui s’est maintenue assez libre. La bile a coulé avec plus de facilité, les urines sont toujours rares et foncées. La nuit a été tranquille. Ce matin, la fièvre est modérée.

Signé par Monnier, Le Servolle, Vicq d’Azyr, Andouillé et Lousteneau

——–

Louis XVI prend pour la seconde fois de l’émétique, et se lève l’après-midi.

Dimanche 13 mars 1791

Bulletin de santé du Roi lu à l’ouverture de la séance de l’Assemblée nationale :

Deux heures de sommeil et une bonne matinée ont réparé hier le défaut de la nuit ; l’enrouement a continué avec quelques quintes de toux gutturale ; la bile a coulé ; les urines ont été plus abondantes et plus claires ; la nuit a été bonne, à quelques moments de toux près, qui n’ont point interrompu le sommeil. Les urines de la nuit et du matin sont dans l’état naturel.

Signé par Le Monnier, La Servolle, Vicq d’Azyr, Andouillé et Lousteneau

Les médecins annoncent la convalescence du Roi.

Louis XVI se lève après la messe.

Pour éviter de prêter serment, l’abbé Lenfant, confesseur du Roi, refuse de prêcher à la Cour.

——-

Le Pape Pie VI, dans une lettre datée de ce jour, écrite au Clergé de France, condamne la constitution civile du Clergé ; mais ayant appris que plusieurs curés avaient été consacrés « évêque », sans la permission ordinaire et sans son agrément ; et ces nouveaux évêques en avaient consacrés d’autres ; il suspend de leurs fonctions épiscopales les évêques consécrateurs, et déclare nulles les élections des nouveaux évêques.

Mercredi 16 mars 1791
 

Bulletin de santé du Roi lu à l’ouverture de la séance de l’Assemblée nationale : 

L’état du Roi est toujours satisfaisant. L’enrouement subsiste encore. Le petit lait que le Roi prend depuis quelques jours, entretient le ventre libre. Le Roi sera purgé incessamment.

Signé par Le Monnier, La Servolle, Vicq d’azyr, Andouillé et Lousteneau

———

Louis XVI se lève et s’habille. Il se promène, le matin, dans ses appartements.

Le 17 mars 1791

Louis XVI prend médecine.

——

Sur l’invitation du corps municipal, les façades des maisons sont illuminées du fait du rétablissement de la santé du Roi.

 

Après le départ de l’abbé Madier, le 19 février 1791, avec Mesdames, qui la confessait depuis l’âge de neuf ans, Madame Elisabeth a choisi l’abbé Edgeworth de Firmont. Leur première rencontre pour une confession a lieu ce jour.

 

Dimanche 20 mars 1791

La santé du Roi est entièrement rétablie. Louis XVI paraît en public, et entend la messe dans la chapelle des Tuileries. Les habitants de Paris donnent des témoignages de leur joie à cette occasion.

Les médecins conseillent au Roi d’aller, pendant sa convalescence, prendre l’air à la campagne. Depuis plus de six mois, il ne fait d’autre exercice que d’aller le long de la terrasse de la rivière voir son fils.

On fait chanter un Te deum dans l’église épiscopale et métropolitaine, en action de grâces du prompt rétablissement de la santé du Roi. Cette cérémonie a lieu au bruit d’une nombreuse artillerie. Lorsque l’on entonne la prière ordinaire pour le Roi, les cris de « vive le Roi » retentissent. C’est un prêtre jureur qui officie. Elle est suivie d’une illumination générale.

————-

Louis XVI tient Conseil, après la messe.

————-

Marie-Antoinette écrit une lettre, datée de ce jour, à l’encre sympathique, au comte d’Artois.

Le 23 mars 1791

Louis XVI prend médecine et entend la messe chez lui.

En avril 1791

Louis XVI a 4 080 livres de dépenses dont 600 livres d’aumônes, en 1791 il a à sa charge tout son service d’ordre et sa domesticité :  tout est payé sur la cassette.

Le 2 avril 1791

Mort de Mirabeau ( né le 9 mars 1749) ; il est inhumé au Panthéon.

Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau

On ne découvre que plus tard qu’il avait entretenu des liens avec le Roi et la Reine. Il sera alors dépanthéonisé…

Roslin - Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) - Page 4 19059010Louis XVI par Wertmüller

Le 18 avril 1791

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph15Tableau de Joseph Navlet

La Famille Royale est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.

Antoine Gouy est Louis XVI dans L’Evasion de Louis XVI d’Arnaud Sélignac (2012)

Le 26 mai 1791

L’Etat alloue au Roi et sa famille une liste civile de vingt-cinq millions de francs chaque année.    En cas de veuvage, la Reine recevra un douaire de quatre millions.

Le décret fixe définitivement la Liste Civile, pendant le règne actuel, à la somme de 25 millions, laquelle somme sera payée par le Trésor, en douze paiements égaux, de mois en mois, pour la dépense du Roi et de sa Maison, y compris sa Maison Militaire. Louis XVI demande et obtient que sa Liste Civile soit payé chaque mois, à jour fixe, moitié en numéraire et moitié en assignats.
Le douaire de la Reine est fixé à 4 millions, qui lui seront, le cas échéant, payés en France, en douze paiements égaux.
Les propriétés, dont la jouissance est réservée au Roi, sont les Tuileries et le Louvre, ainsi que les Maisons, bâtiments, emplacements, terres, prés, corps de fermes, bois et forêts composant les grands et petits parcs de Versailles, de Marly, Meudon, Saint-Germain, Saint-Cloud, Rambouillet, Compiègne, Fontainebleau, les bâtiments et fonds de terre dépendant de la manufacture de porcelaines de Sèvres, de la manufacture de la Savonnerie et celle des Gobelins.
Sera aussi réservé, au Roi, le château de Pau, avec son parc, comme hommage rendu par la nation à la mémoire d’Henri IV.
Le Roi acquittera les contributions publiques et les charges de toute nature auxquelles ces propriétés seront assujetties. Il fera aussi toute espèce de réparation des bâtiments, et supportera seul tous les frais de culture, d’aménagement, d’entretien, de replantation dans les formes déterminées par les Lois.

Les projets d’évasion se concrétisent grâce, en particulier, à l’entremise d’Axel de Fersen.

Le 26 mai 1791

L’Etat alloue au Roi et sa famille une liste civile de vingt-cinq millions de francs chaque année.    En cas de veuvage, la Reine recevra un douaire de quatre millions.

Actus Blu-Ray/DVD « Marie-Antoinette, reine de France » : Michèle Morgan  royale…Michèle Morgan et Richard Todd dans le film de Jean Delannoy ( 1956)

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale.

Aucune description disponible.

Départ de Monsieur et Madame ( le comte et la comtesse de Provence) qui prennent la route de Gand.

Le 21 juin 1791

La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

 Le Roi et la Reine sont arrêtés à Varennes.

akg-images - Arrestation de Louis XVI.Chez l’épicier Sauce à Varennes, par Prieur

Les Provence passent la frontière.

Le 25 juin 1791

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zzztem10

La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Image de L‘Evasion de Louise XVI (2009) d’Arnaud Sélignac

Pendant le voyage du retour, Marie-Antoinette convertit Barnave (1761-1793) à Sa cause.

Aucune description disponible.La Reine, le Dauphin, Barnave et le Roi dans la berline du retour de Varennes
Aucune description disponible.Madame Elisabeth , Pétion, Madame de Tourzel et Madame Royale leur faisant face…

Le Roi est suspendu.

Le 17 juillet 1791

Fusillade du Champ-de-Mars, rebaptisé Champ-de-la-Fédération.

Fusillade du Champ-de-Mars : 17 juillet 1791 | La culture générale

Le 14 septembre 1791

Le Roi prête serment à la Constitution.

Résultat de recherche d'images pour "Louis XVI, roi de France en roi citoyen (1791), par Jean-Baptiste-François Carteaux"Louis XVI, roi de France en roi citoyen (1791), par Jean-Baptiste-François Carteaux (1751 – 1813)

Le 20 septembre 1791
 

En fin d’après-midi, Louis XVI et Marie Antoinette se rendent à l’Opéra, pour assister à la représentation de « Psyché » au théâtre de l’Académie royale de Musique. Ils sont accompagnés de la Famille Royale. Les acclamations sont unanimes et multiples.

Le 1er octobre 1791

Première séance de l’Assemblée législative.

Le 31 octobre 1791

Décret contre les émigrés, invités à revenir en France sous peine de confiscation de leurs biens.

Le 9 novembre 1791

Le comte de Provence est sommé de rentrer en France.

Le 11 novembre 1791

Le Roi oppose son veto aux décrets des 31 octobre et 9 novembre.

Portraits de Louis XVI, roi de France (peintures, dessins, gravures) - Page 4 15109611Louis XVI en 1791 par Jean-Urbain Guérin

Le 14 novembre 1791

Pétion est élu maire de Paris.

Le 29 novembre 1791

Décret faisant des prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé des “suspects”.

François Dyrek est Louis XVI dans la série de Guy-André Lefranc (1976)

Le 19 décembre 1791

Le Roi oppose son veto au décret sur les prêtres insermentés.

L’inventaire de la garde-robe de Louis XVI en 1792 renseigne sur son allure d’alors ; le Roi porte habituellement un habit tout simple en drap brun ou gris avec des culottes en croisé de coton bleu en été, gris en hiver ce qui équivaut à la toile de jeans qui est apparue à cette époque, des souliers de chevreau, le cuir le plus ordinaire à l’époque, avec des “boucles en or, mais très simples. Ces tenues sont portées jusqu’à l’usure complète.

Un jour que parcourais d’œil de curiosité la garde-robe de Louis XVI, je remarquai une paire souliers qui commençaient à s’user, et je me demandai si le Roi en faisait encore usage._ Oui, vraiment, me répondit le valet de garde-robe, quand le Roi a des souliers qui vont à son pied, il n’entend pas qu’on les réforme tant que la semelle ne se perce pas, et il se moque de nos petits maîtres à qui il en faut deux paires par jour_… J’étais présente lorsqu’un jour la Reine lui dit: _ Vous portez là , Monsieur, un habit qui me paraît bien passé. _ Le Roi regarde une glace et répond:_ Il faudra pourtant, Madame qu’il me fasse mon été.”

Madame de Pont, l’Abbé, fille de Thierry, le premier valet de chambre du Roi

Le 9 février 1792

Décret sur la confiscation des biens des émigrés.

Le 1er mars 1792

Léopold II, le frère de Marie-Antoinette, meurt.

Avènement de Son neveu François II, qui sera couronné empereur le 19 juillet.

Le 13 février 1792

Visite clandestine de Fersen aux Tuileries : il rencontre le Roi et la Reine.

Le 25 mars 1792

Ultimatum de la France sur l’Autriche.

Le 29 mars 1792

Mort du Roi Gustave III de Suède, qui avait beaucoup d’amitié pour Marie-Antoinette.

Le 20 avril 1792

Déclaration de guerre au Roi de Bohême et de Hongrie, François II.

Le 27 mai 1792

Décret sur la déportation des prêtres réfractaires.

Le 29 mai 1792

Décret supprimant la garde constitutionnelle du Roi.

Le 8 juin 1792

Décret de formation d’un camp de fédérés à Paris.

Le 11 juin 1792

Louis XVI oppose son veto aux décrets des 27 mai et 8 juin.

Louis XVI, pastel d’Olivier Jarraud

Lui et la Reine sont désormais surnommés “Monsieur et Madame Veto”.

Le 20 juin 1792

Le peuple des faubourgs, encadré par des gardes nationaux et ses représentants, comme le brasseur Santerre (10 à 20 000 manifestants selon Roederer), pénètre dans l’assemblée, où Huguenin lit une pétition. Puis elle envahit le palais des Tuileries.

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-13Le peuple de Paris pénétrant dans le palais des Tuileries le 20 juin 1792
Jan Bulthuis, vers 1800
Escalier monumental des Tuileries (avant sa destruction)

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-15

vivelareine:
“ “20 June, 1792
”
[credit: Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie]
”

A 1792 engraving: The day of the sans cullotes: The king is forced to put on the bonnet rouge and drink to the health of the Nation

Wearing a Phrygian Bonnet, Titled ‘Long Live the Nation’
© Waddesdon Collection

« Avec le courage passif qui est le sien », selon Michel Vovelle, le Roi subit sans faiblir pendant deux heures le défilé de la foule, accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation pour faire passer les paroles de Legendre :

« Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore », mais refuse de retirer son veto comme de rappeler les ministres girondins, invoquant la loi et la constitution.

““I am the queen.” A depiction of assault on the Tuileries of June 20th, 1792; several people in the mob allegedly believed Madame Elisabeth to be Marie Antoinette and Elisabeth, to protect the queen, stepped forward and attempted to stop a man from...Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

La Reine n’a pu parvenir jusqu’au Roi ; elle est dans la salle du conseil et on avait eu de même l’idée de la placer derrière la grande table, pour la garantir autant que possible de l’approche de ces barbares …  les révolutionnaires passent devant Elle afin de L’observer :

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  Ivr11_10

Elle avait attaché à sa tête une cocarde aux trois couleurs qu’un garde national lui avait donnée. Le pauvre petit dauphin était, ainsi que le roi, affublé d’un énorme bonnet rouge. La horde défila devant cette table ; les espèces d’étendards qu’elle portait étaient des symboles de la plus atroce barbarie. Il y en avait un qui représentait une potence à laquelle une méchante poupée était suspendue ; ces mots étaient écrits au bas : Marie Antoinette à la lanterne. Un autre était une planche sur laquelle on avait fixé un coeur de boeuf, autour duquel était écrit : coeur de Louis XVI. Enfin un troisième offrait les cornes d’un boeuf avec une légende obscène.
L’une des plus furieuses jacobines qui défilaient avec ces misérables s’arrêta pour vomir mille imprécations contre la reine.
Sa Majesté lui demanda si elle l’avait jamais vue : elle lui répondit que non ; si elle lui avait fait quelque mal personnel : sa réponse fut la même mais elle ajouta : “c’est vous qui faites le malheur de la nation.
– On vous l’a dit, reprit la reine ; on vous a trompée. Epouse d’un roi de France, mère du dauphin, je suis française, jamais je ne reverrai mon pays, je ne puis être heureuse ou malheureuse qu’en France ; j’étais heureuse quand vous m’aimiez”.
Cette mégère se mit à pleurer, à lui demander pardon, à lui dire : “c’est que je ne vous connaissais pas ; je vois que vous êtes bien bonne”.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  20_jui10

Mesdames de Lamballe, de Tarente, de La Roche-Aymon, de Mackau entourent alors la Reine, ainsi que Madame de Tourzel qui souligne dans ses Mémoires :

La Reine était toujours dans la chambre du Roi, lorsqu’un valet de chambre de Mgr le Dauphin accourut tout hors de lui avertir cette princesse que la salle était prise, la garde désarmée, les portes de l’appartement forcées, cassées et enfoncées, et qu’on le suivait.
On se décida à faire entrer la Reine dans la salle du Conseil, par laquelle Santerre faisait défiler sa troupe pour lui faire quitter le château. Elle se présenta à ces factieux au milieu de ses enfants, avec ce courage et cette grandeur d’âme qu’elle avait montrés les 5 et 6 octobre, et qu’elle opposa toujours à leurs injures et à leurs violences.
Sa Majesté s’assit, ayant une table devant elle, Mgr le Dauphin à sa droite et Madame à sa gauche, entourée du bataillon des Filles-Saint-Thomas, qui ne cessa d’opposer un mur inébranlable au peuple rugissant, qui l’invectivait continuellement.
Plusieurs députés s’étaient aussi réunis auprès d’elle.
Santerre fait écarter les grenadiers qui masquaient la Reine, pour lui adresser ces paroles : ” On vous égare, on vous trompe, Madame, le peuple vous aime mieux que vous le pensez, ainsi que le Roi ; ne craignez rien “.
-” Je ne suis ni égarée ni trompée, répondit la Reine, avec cette dignité qu’on admirait si souvent dans sa personne, et je sais (montrant les grenadiers qui l’entouraient) que je n’ai rien à craindre au milieu de la garde nationale “.
Santerre continua de faire défiler sa horde en lui montrant la Reine. Une femme lui présente un bonnet de laine ; Sa Majesté l’accepte, mais sans en couvrir son auguste front. On le met sur la tête de Mgr le Dauphin, et Santerre, voyant qu’il l’étouffait, le lui fait ôter et porter à la main.
Des femmes armées adressent la parole à la Reine et lui présentent les sans-culottes ; d’autres la menacent, sans que son visage perde un moment de son calme et de sa dignité.
Les cris de “Vivent la Nation, les sans-culottes, la liberté ! à bas le veto !” continuent.
Cette horde s’écoule enfin par les instances amicales et parfois assez brusques de Santerre, et le défilé ne finit qu’à huit heures du soir.
Madame Elisabeth, après avoir quitté le Roi, vint rejoindre la Reine, et lui donner de ses nouvelles.
Ce prince revint peu après dans sa chambre, et la Reine, qui en fut avertie, y entra immédiatement avec ses enfants.

Le jour où Louis XVI est redevenu Louis Capet

Des représentants du peuple crient que le Roi a peur, Louis XVI prend alors la main d’un soldat qu’il pose sur son cœur pour faire constater qu’il ne bat plus vite que d’ordinaire…

akg-images - Journée mémorable du 20 juin 1792

Vers dix heures du soir

Pétion et les officiers municipaux font évacuer le château.

Même s’il a subi une humiliation, Louis XVI a fait échouer la manifestation, par son obstination imprévue et sa fermeté tranquille, et il se tient désormais sur ses gardes.
Surtout, elle renforce l’opposition royaliste, le déchaînement de la foule et le courage du Roi suscitant un courant d’opinion en sa faveur. Des départements parviennent à Paris adresses et pétitions pour dénoncer la manifestation, même si de nombreux clubs envoient des pétitions hostiles au Roi.
Pétion est suspendu de ses fonctions de maire.

Louis XVI conserve sa détermination à défendre la Constitution en espérant un sursaut de l’opinion en sa faveur, ce qui se manifeste le 14 juillet, troisième fête de la fédération, étant l’objet de manifestations de sympathie.

Le 11 juillet 1792

“La patrie en danger”.

Le 25 juillet 1792

Signature du manifeste de Brunswick, une mise en demeure de la France, sommée de respecter la famille royale. Les Parisiens sont outrés par le ton belliqueux du texte lorsqu’il est connu en France quelques jours plus tard.

Le 3 août 1792

Une majorité de sections de Paris demande la déchéance de Louis XVI.

Le 10 août 1792

La journée du 10 août commence en réalité dans la nuit du 9 au 10 août. En pleine nuit, le tocsin sonne au couvent des Cordeliers. Une heure plus tard, toutes les églises de Paris répondent au signal donné par Danton. Ce sont les quarante-huit sections de Paris, dont les révolutionnaires se sont rendus maîtres. Danton lance alors les sections parisiennes à l’assaut de l’hôtel de Ville, met à la porte la municipalité légale et y installe sa “commune insurrectionnelle”, qui s’effondrera le 9 thermidor avec Robespierre.

Geneviève Casile, Marie-Antoinette (1976), observe le ciel rouge de Paris ce matin-là…

Le deuxième acte se joue alors. Le commandant de la garde Nationale, Galliot de Mandat, favorable à Louis XVI, est convoqué à l’hôtel de ville. C’est un piège. Dès qu’il y pénètre, il est assassiné. Son corps est jeté dans la seine, et sa tête, plantée sur une pique. Santerre, le roi des faubourgs, le remplace.

Les Tuileries constituent le dernier objectif. Pour défendre le palais, le Roi peut compter sur ses mille à mille deux cents gardes Suisses, sur trois cents chevaliers de Saint louis, sur une centaine de nobles et de gentilshommes qui lui sont restés fidèles. La Garde nationale est passée dans le camp adverse. Seul le bataillon royaliste des “filles de Saint Thomas” est demeuré fidèle au souverain.

Image des Années Lumière

Roederer, le “procureur syndic du département” convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.

Aucune description disponible.La famille royale juste avant le départ des Tuileries : à l’arrière-plan on devine le combat des soldats contre les émeutiers…

Les Tuileries sont envahies par la foule. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles.

Image du film “Un Roi et son peuple
Dernier ordre de Louis XVI, le 10 août 1792 | Paris MuséesLe 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses “de déposer à l’instant leurs armes“.
Jane Seymour est Marie-Antoinette dans les Années Lumières (1989)
           
 Images d’Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Image des Années Lumière (1989)

Le départ du roi des Tuileries en août 1792

Louis Xvi Et Marie Antoinette Avec Leur Fils Le Dauphin Aux Tuileries Paris  Vecteurs libres de droits et plus d'images vectorielles de Arbre - iStock

lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles Al1010Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Across the courtyard we went, stumbling over the uneven cobblestones, and through a low wicket gate in the flank of the Tower. A twisting staircase made of thick slabs of stone rose up into the darkness above us. A guard bearing a torch climbed up...Gravure allemande représentant la Famille Royale à l’Assemblée

Louis XVI entre en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

Louis XVI et sa famille sont conduits jusque dans la loge grillagée du greffier de l’Assemblée nationale (ou loge du logotachygraphe) , où ils restent toute la journée.

On August 10, 1792: The royal family taking refuge after the storming of the Tuileries Palace.
Gérard François Pascal Simon, baron (1770-1837)

“Still kept on the box at the Assembly, we witnessed the horrors of all kinds which there took place. Sometimes they assailed my father and all his family with [the basest and most atrocious] insults, triumphing over him with cruel joy; sometimes...

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses “de déposer à l’instant leurs armes“.

Journée du 10 août 1792 — Wikipédia

La position de la Garde devient de plus en plus difficile à tenir, leurs munitions diminuant tandis que les pertes augmentent.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph14Tableau de Joseph Navlet

La note du Roi est alors exécutée et l’on ordonne aux défenseurs de se désengager. Le Roi sacrifie les Suisses en leur ordonnant de rendre les armes en plein combat.

Image du film Un Roi et son peuple

Des neuf cent cinquante Gardes suisses présents aux Tuileries, environ trois cents sont tués au combat ou massacrés en tentant de se rendre aux attaquants après avoir reçu l’ordre du Roi de rendre les armes en plein combat.

Image du film Un Roi et son peuple
   Bonaparte aux Tuileries (1888) le 10 août 1792 par Maurice Réalier-Dumas
Ventes aux enchères des effets et mobiliers des Tuileries après les pillages du 10 août 1792 Johann10Le pillage de la cave du Roi par Johann Zoffany

A l’assemblée, on oblige le Roi à signer un ordre de cesser le feu, cependant que les Marseillais et les révolutionnaires, reprennent l’attaque et l’avantage. Les gentilshommes qui se trouvent encore dans le château s’enfuient par la galerie qui relie le pavillon de Flore au Louvre.

10 août 1792 - Chute de la monarchie - Herodote.net

Le Roi est suspendu de ses fonctions.

Alors, le château succombe. Les Tuileries ne sont plus qu’un cauchemar pour ceux qui s’y trouvent encore. Les révolutionnaires, fous de rage, envahissent le palais, détruisent et tuent sans pitié.

Les Suisses défendant le palais des Tuileries rescapés mais blessés sont accueillis chez Madame du Barry dans sa maison de Louveciennes.

Madame du Barry par Élisabeth Vigée Le brun (1781)

Le soir du 10 août 1792

La famille royale est logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles: quatre pièces du couvent seulement leur sont dédiées… pendant trois jours.

Le 13 août 1792

La prison du Temple 1792-1795 : l'épreuve de la famille royaleCaricature qui montre Louis XVI coiffé du bonnet vert des forçats

“At the barrier of Paris we found an immense crowd assembled on the road along which our unfortunate King had to pass. Everybody had his head covered, by order of M. de la Fayette, who had, moreover, enjoined the most absolute silence, in order, he...

La Commune décide de transférer la famille royale au Temple… en passant par la place Louis XV qu’on a déjà rebaptisée Place de la Révolution, on montre au Roi comme la statue de son grand-père est en train d’être déboulonnée pour faire disparaître toutes les marques du régime qui devient dès lors ancien…

tiny-librarian:
“  The carriage was not allowed to take the shortest road, but was conducted some miles round, that it might be led in triumph down the Champs Élysées, where a vast mob was waiting to feast their eyes on the spectacle, whose display...

Selon Madame de Tourzel, la famille royale, accueillie par Santerre, voit d’abord la cour du palais illuminée de lampions comme s’ils étaient attendus pour une fête ; on retrouve l’ambiance des grands couverts qui rythmaient la vie de Cour à Versailles et aux Tuileries…

Charles-Eloi Vial

Après un splendide dîner servi dans l’ancien palais du comte d’Artois ( où la famille royale espère encore être logée) , la messe est dite dans un salon. Après avoir visité les lieux, Louis XVI commence à répartir les logements.

Le palais des Tuileries - Page 9 Messe_10

“[After 1791] Their Majesties did not perform their Easter devotions in public, because they could neither declare for the constitutional clergy, nor act so as to show that they were against them.
The Queen did perform her Easter devotions in 1792;...

A onze heures du soir 

Alors que le Dauphin est gagné par le sommeil et que madame de Tourzel est surprise d’être emmenée en direction de la Tour, le Roi  comprend qu’il a été joué par la Commune.

Pétion, qui estimait que la grande Tour était en trop mauvais état, a résolu de loger la famille royale dans la petite en attendant la fin des travaux ordonnés pour isoler la prison du monde extérieur.

Charles-Eloi Vial

La Tour qui tant frémir Marie-Antoinette, autrefois,  qu’Elle avait demandé à Son beau-frère qu’il la détruise. Était-ce un pressentiment de Sa part? 

Résultat de recherche d'images pour "la prison du Temple"La Tour du Temple

Quittant les magnifiques salons du comte d’Artois, la famille royale est emmenée dans la petite tour pour être logés dans les appartements de Jacques-Albert Berthélemy, ancien avocat archiviste de l’ordre de Malte, détenteur de cette charge depuis 1774. Il avait obtenu ce logement de fonction en 1782, où il vivait , en vieux célibataire et il n’y avait véritablement de la place chez lui que pour loger un seul maître de maison. Pour des raisons de sécurité, les domestiques héritent des pièces du bas, les plus confortables, tandis que la famille royale loge dans les parties hautes de la tour, dans des pièces à l’abandon depuis des années. Du mobilier est apporté du Garde-Meuble et du palais du Temple afin de compléter celui de l’archiviste.

Charles-Eloi Vial

Louis XVI gets disarmed in the Temple tower. “From me one has nothing to fear”.A son arrivée au Temple, on retire au Roi tout objet coupant avec lequel il pourrait attenter à ses jours…

Prison du Temple, à Paris.

Le 20 août 1792

On vient chercher tous ceux qui n’appartiennent pas à la Famille Royale stricto sensu. Le Roi tente en vain de rappeler que la princesse de Lamballe est sa cousine. Madame de Lamballe, Madame de Tourzel et sa fille Pauline sont transférées dans l’affreuse prison de la Petite Force, les trois dames sont réunies dans une seule cellule assez spacieuse.

Le 3 septembre 1792

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Les débuts de la Terreur (avec images) | Histoire de la peinture ...Massacre de la princesse de Lamballe

Massacres dans les prisons.

Madame de Tourzel et sa fille Pauline, future comtesse de Béarn, en réchappent.

Le 9 septembre 1792

Mort de Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac (1734-1792), ancien gouverneur de Paris et commandant de la garde constitutionnelle du Roi. Sa tête ensanglantée est lancée de l’extérieur dans le salon de la comtesse du Barry, sa maîtresse.

Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac

Le 20 septembre 1792

Le duc d’Orléans, Philippe Égalité, cousin du Roi, est élu député à la Convention.

Victoire de Valmy, considérée comme l’acte de naissance de la République.

Bastille - Reconstitutions de la tour du Temple et de la Bastille pour l'Exposition universelle de 1889 713ae610Louis XVI, statue de cire du Musée Grévin

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Aperçu de l’imageRepas de la Famille Royale au Temple dans le film de Jean Delannoy (1956)

The royal family in the Temple tower.

” Un maçon fut appelé pour pratiquer des trous dans le mur de l’antichambre de la tour du Temple, afin de placer énormes boulons à la porte massive. Alors que l’homme prenait le petit-déjeuner, le petit prince s’amusait avec ses outils. Le Roi prit alors le marteau et le burin par la main de son fils et lui montra comment les utiliser.
Le maçon, ému de voir le travail du roi, dit à Sa Majesté :
Quand vous sortirez d’ ici, vous pourrez dire que vous même vous avez travaillé à votre prison“.
Ah ! dit le roi dit,  Quand et comment je pourrai jamais m’en sortir ?

Le petit prince fondit en larmes, le roi laissa tomber le marteau et le burin et rentra dans sa chambre, où il marcha en haut et en bas à pas précipités pour toute la journée…”

 Jean-Baptiste Cléry

image

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Geneviève Casile""Repas de la Famille Royale au Temple dans Marie-Antoinette (1975) de  Guy-André Lefranc
Reconstitution d’une chambre du Temple avec du mobilier provenant de chacune, au musée Carnavalet. Paris

Louis XVI and his family in the Temple, after a painting by Edward Ward. 19th century.
[credit: AKG Images]Louis XVI et sa famille à la prison du Temple par Edward Ward

vivelareine:
“ “ A mason was employed in making holes in the wall of the antechamber [in the Temple tower] so as to put enormous bolts to the door. While the man ate his breakfast the little prince amused himself with his tools: the king took the...

Louis XVI enseigne les agréments de la maçonnerie comme les leçons scolaires à son fils…

tiny-librarian:
“ The Royal Family in the Temple Prison.
Louis XVI is teaching Louis Charles, while Marie Antoinette, Marie Therese Charlotte, and Madame Elisabeth work on some embroidery.
Source
”

Instruments de mathématiques de Louis XVI au Temple
Nécessaire de rasage du Roi au Temple

Le 6 novembre 1792

Victoire de Jemappes.

Le 14 novembre 1792

Les troupe françaises entrent à Bruxelles.

Le 20 novembre 1792

Découverte de l’ “armoire de fer” aux Tuileries.

Le 27 novembre 1792

Décret qui annexe la Savoie, patrie des comtesses de Provence et d’Artois, à la France.

Le 3 décembre 1792

Pétion renforce la décision de faire juger Louis XVI par la Convention.

Le 11 décembre 1792

tiny-librarian:
“ When M. de Malesherbes went to the Temple to announce the result of the vote, he found Louis with his forehead resting on his hands, and absorbed in a deep reverie. Without inquiring concerning his fate, he said: “For two hours I...Louis XVI préparant son procès avec Malesherbes

Louis comparaît devant la Convention pour la première fois. Il est autorisé à choisir un avocat. Il demande l’aide de Tronchet, de De Sèze et de Target. Celui-ci refuse. Monsieur de Malesherbes (1721-1794) se porte volontaire.

La Révolution Française, Robert Enrico & Richard T. Heffron, 1989 ...Jean-François Balmer dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron

“ In speaking to you for what may be the last time, I wish to declare that I have nothing for which to reproach myself and my defenders have spoken the truth. I have never been afraid to have my conduct examined publicly, but my heart is grieved to...

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION :  ROBESPIERRE (34/50)

CM2 DolomieuImage des Années Terribles (1989) de Richard Heffron

Le 25 décembre 1792

Louis XVI rédige son testament :

Au nom de la très Sainte Trinité du Père du Fils et du St Esprit. Aujourd’hui vingt cinquième jour de Décembre, mil sept cent quatre vingt douze. Moi Louis XVIe du nom Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.

Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel J.C. les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mystères tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchire l’Eglise de J.C., mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Eglise suivie depuis J.C. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J.C. suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.

Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Eglise Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution ou je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.

Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du Sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux; je lui recommande surtout d’en faire de bons chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de Mère, s’ils avoient le malheur de perdre la leur.

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrois lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyoit avoir quelque chose à se reprocher.

Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur Mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. je les prie de regarder ma sœur comme une seconde Mère.

Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roy de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Loys, mais en même temps qu’un Roy ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étoient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie M. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

Je pardonne encore très volontiers a ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.

Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

Fait double à la Tour du Temple le 25 Décembre 1792.

Louis.

Louis XVI wrote his last will and testament on Christmas Day, 1792, nearly a month before his execution. I will be posting a few excerpts from the will, which may be read in full here.
–
In the name of the Very holy Trinity, Father, Son and Holy...

Le 26 décembre 1792

Seconde comparution de Louis XVI devant la Convention.

Louis XVI pendant son procès… on lui refuse l’usage du rasoir …

Le roi devait bientôt paraître pour la seconde fois à la barre de la convention.
Il n’avait pu se faire la barbe depuis qu’on avait enlevé ses rasoirs, et il en souffrait beaucoup, ce qui le forçait de se laver le visage plusieurs fois le jour avec de l’eau fraîche.
Le roi me dit de me procurer des ciseaux ou un rasoir, mais qu’il ne voulait pas en parler lui-même aux municipaux.
Je pris la liberté de lui observer que, s’il paraissait ainsi à l’assemblée, le peuple verrait au moins avec quelle barbarie en agissait le conseil général.
” Je ne dois pas, me répondit sa majesté, chercher à intéresser sur mon sort”.
Je m’adressai aux commissaires, et la commune décida le lendemain qu’on rendrait les rasoirs du roi, mais qu’il ne pourrait s’en servir qu’en présence de deux municipaux.

Journal de Cléry

tiny-librarian:
“ On December 11th, 1792, Louis XVI was brought from the Temple Prison to stand before the National Convention. The trial had begun eight days previously, with the indictment against him being presented on the second day. He was...

Du 16 au 18 janvier 1793

La Convention vote la mort du Roi.

tiny-librarian:
“ On January 14th and 15th, 1793, the verdict in the Trail of Louis XVI was delivered.
The verdict was a foregone conclusion of guilty; none of the 693 men who participated voted innocent. The punishment of death was decided on the...

Philippe Égalité est l’un de ceux qui ont donné leur voix pour la peine capitale.

An excerpt from the minutes of the meeting of the Convention on January 16th and January 17th, 1793: the vote of Phillipe Égalité, or Louis Philippe Joseph d'Orléans, for the death of Louis XVI.
The full minutes (in French) can be read here.

 

Le 20 janvier 1793 au soir 

Louis XVI passe la soirée avec sa femme, ses enfants et sa sœur .

Aucune description disponible.

Il promet à la Reine de La voir le lendemain matin. Il ne le fera pas pour Lui épargner cette peine.

Detail from an engraving depicting Louis XVI bidding farewell to his family, circa late 18th century.  [credit: AuctionArt - Rémy Le Fur & Associés]

““What a meeting have I gone through. Why should I love so tenderly, and why should I be so tenderly beloved?” ”
–Louis XVI to the Abbé de Edgeworth, on his last meeting with his family before his execution“He wept for sorrow over us, and not from fear of death.
”
–the narrative of Marie Thérèse Charlotte, daughter of Louis XVI and Marie Antoinette

“ “Adieu–” He uttered that “adieu” in so expressive a manner that the sobs redoubled. Madame Royale fell fainting at the king’s feet, which she clasped; I raised her and helped Madame Élisabeth to hold her.
The king, wishing to put an end to this...

Le lundi 21 janvier 1793

Vers six heures du matin

L’abbé Henri-Edgeworth de Firmont (1745-1807), un prêtre insermenté, recommandé par Madame Élisabeth, célèbre l’ultime messe de Louis XVI.

tiny-librarian:
“ I determined to procure the means of administering the sacrament to his Majesty, at any risk to myself, since he had been so long deprived of the opportunity of receiving it.
Memoirs of the Abbé Edgeworth: Containing His Narrative...

Il utilise ce calice qui se trouve dans l’église romane de Saint-Urcize, au cœur de l’Aubrac, qui fut transmis de prêtre en prêtre. Au début du XIXème siècle , l’abbé Saint-Pée d’Amont l’offrit à un parent Pierre-Jean Ipcher, futur curé de Saint-Urcize, pour la célébration de sa première messe.

After Louis XVI was informed about the outcome of his sentencing, he wrote a letter to be delivered to the Convention. In the letter, he asked:
• For a delay of 3 days in order to prepare himself before God; to allow a priest he chose personally to...

À sept heures

Louis XVI confie ses dernières volontés à l’abbé. Il transmet à Cléry son cachet aux armes de France pour le Dauphin et son alliance pour la Reine.

“Your sacrifice is especially generous because you are risking your life, and you will not be able to save mine.
”
–Louis XVI to Guillaume-Chrétien de Malesherbes, one of three men who agreed to defend the king at his trial. Malesherbes was executed...

A propos de l’anneau, il confie à son valet à l’intention de la Reine :

 « Dites-lui bien que je le quitte avec peine. »

“ M. de Malesherbes came at nine in the morning; I went to meet him. "All is lost,“ he said; "the king is condemned to death.” The king, who saw him coming, rose to receive him. The minister threw himself at his feet, his sobs choked him, and it was...

Il conserve au doigt l’anneau du sacre.

En ce matin du 21 janvier, la température extérieure est basse : il fait 3 °C. Un brouillard épais enveloppe Paris.

tiny-librarian:
“ “ Decree of the National Convention of the 15th to the 20th of January.
ARTICLE I. The National Convention declares Louis Capet last King of the French, guilty of conspiracy against the liberty of the Nation, and of criminal...

Dans la seconde cour de la maison du Temple, la voiture verte du maire de Paris Nicolas Chambon (1748-1826) attend, ce dernier ayant obtenu que le Roi ne soit pas conduit dans la charrette des condamnés.

Jean-François Balmer dans Les Années Terribles (1989)

Louis XVI y prend place avec l’abbé . Deux personnes de la milice s’installent face à eux. Avant de monter, le Roi se tourne vers l’un des concierges de la prison et lui déclare :

« J’ai eu un peu de vivacité avec vous avant-hier soir, ne m’en veuillez pas ! »

Vers neuf heures

La voiture quitte le Temple au son de tambours et de trompettes. Des canons sont postés à chaque endroit stratégique. Le convoi est précédé d’environ deux cents gendarmes à cheval.       Les Parisiens sont venus en nombre assister à l’exécution, tant sur le trajet qu’à l’emplacement de la guillotine. Les volets sont clos et les boutiques fermées. La plupart des personnes sont silencieuses.

Vers dix heures et quart

Le cortège arrive place de la Révolution et s’arrête au pied de l’échafaud. Accueilli par le bourreau Charles-Henri Sanson (1739-1806) à sa descente du carrosse, le monarque désigne son confesseur à l’un des bourreaux et lui dit :

“Je vous recommande le prêtre que voici. Ayez soin qu’après ma mort il ne lui soit fait aucune insulte”.

Aucune description disponible.

Calme, il ôte ensuite lui-même sa redingote brune et sa cravate. À la demande de Sanson, il ouvre le col de sa chemise.

Louis XVI guillotiné | Histoire et analyse d'images et oeuvres

Reading Treasure
An Elegiac Ode on the Death of Louis XVI by Edmund Eyre
“ Now from life, and labours freed,
he receives his virtues’ meed;
Tastes of bliss to men unknown,
Far above an earthly throne.
What, tho’ no sculptur’d, marble-bust,
Is seen to...
Image de Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke

Voyant qu’on veut lui lier les mains, le Roi refuse :

« Me lier ! Non, je n’y consentirai jamais. Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas, renoncez à ce projet. »

On January 21st, 1793, Louis XVI was brought to the scaffold of the guillotine and executed. His last words, cut off by drums and as recorded by his confessor, were:
“I die innocent of all the crimes laid to my charge. I pardon those who have...

Évoquant l’exemple du Christ, l’abbé de Firmont réussit à le convaincre. Louis XVI déclare alors à ses bourreaux :

« Faites ce que vous voulez, je boirai le calice jusqu’à la lie. ».

On lui lie alors les mains dans le dos par son propre mouchoir ; un assistant de Sanson découpe grossièrement son col puis le rabat et lui coupe les cheveux. Accompagné par des roulements de tambour, le Roi, assisté de l’abbé Edgeworth, monte sur l’escalier et rejoint les cinq bourreaux (Sanson et ses quatre assistants) sur la plate-forme.

An illustration of Louis XVI on the scaffold from Histoire populaire de France, volume 4. 1880.
[source: Archive.org]

Contre toute attente, Louis XVI s’avance sur le bord gauche de l’estrade. Il fait signe aux tambours de s’arrêter et déclare d’une voix forte :

« Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. »

Il veut poursuivre mais Santerre (1752-1809) donne l’ordre de faire battre à nouveau les tambours pour couvrir sa voix. L’abbé de Firmont lui crie alors :

« Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »

The Last Look of Louis XVI, King of France; 1793 Swedish engraving. [credit: Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie]Le dernier regard de Louis XVI, 1793 gravure suédoise
Image de Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke

Photo de Beatrice Guerrini.

10 heures 22 minutes

Sa planche bascule, la lunette de bois se referme sur sa tête et le bourreau Sanson actionne le couperet. Gros, un assesseur du bourreau, saisit la tête sanguinolente et la présente au peuple. Quelques Parisiens crient « Vive la Nation ! Vive la République ! Vive la liberté ! »

Jacques Roux, commissaire de la Commune de Paris, rédige le procès-verbal de l’exécution ; il précise que des citoyens recueillent sur l’échafaud ensanglanté le sang du Roi avec leurs mouchoirs, leurs piques ou leurs sabres.

Résultat de recherche d'images pour "Louis XVI"

Résultat de recherche d'images pour "bourreau montrant la tête de Louis XVI"

Le canon tonne et prévient la famille du Roi restée à la Tour du Temple que l’exécution a eu lieu.

Masque mortuaire de Louis XVI
L’Apothéose de Louis XVI par William Hamilton

Louis XVI souffre des images d’Épinal qui en ont fait un petit homme dodu et gourmand… Et cela commence dès son époque, la marquise de la Tour du Pin dit de lui, dans ses mémoires, qu’il avait l’air d’un “paysan se dandinant derrière sa charrue“. On ne cesse de lui faire un procès concernant sa timidité, son manque de fermeté. On dit de lui qu’il change constamment d’avis, qu’il se laisse manipuler par son épouse. Les témoignages sont accablants : Madame Adélaïde le surnommait “le chat qui file“, Monsieur disait qu’il fallait que son frère “n’ait pas à manger depuis deux jours pour qu’il se décide“, le comte d’Artois pour illustrer le caractère du Roi parlait de “boules de billard en ivoire, bien lisses et bien huilées et que vous tenteriez de faire tenir ensemble dans votre main“… Sans oublier Saint Priest :

En ces années où j’ai siégé au Conseil, pas une fois je ne l’ai entendu donner un avis ou faire une proposition. Il n’était pas rare de l’y voir dormir…”

Ce qu’on peut constater dans la plupart des castings dont ce sujet révèle des photos. En guise de petitesse, il mesurait un mètre quatre-vingt-treize… et l’on rapporte qu’il était “le seul homme de sa  Cour à pouvoir soulever un petit canon sans tomber à la renverse“…  Très sportif, il pratique la chasse le plus souvent possible, il est en plus très savant.

Il n’y a de remède à tant de maux que la force, et une force étrangère, car il n’y en a pas d’intérieure, et tous les autres moyens d’adresse, de persuasion, et d’une conduite suivie et raisonnée, outre qu’ils sont lents et insuffisants, sont impossibles et inutiles, à cause de la main qui doit les employer.
Le meilleur instrument devient inutile dans la main d’un mauvais ouvrier. L’éducation du roi ne l’a point formé à ce genre de conduite, il n’a jamais été préparé, et n’a même jamais imaginé la position dans laquelle il se trouve, et il n’a en lui ni l’activité, ni la grâce, ni la présence d’esprit, ni la faculté de sentir, ni la force, ni le caractère, ni le courage nécessaire pour le lui apprendre.
La reine a tout cela, c’est elle seule qui fait encore tout aller, mais la reine n’est pas le roi !

Axel de Fersen à Gustave III en 1790

II ne sut que mourir, aimer et pardonner ;
S’il avait su punir, il aurait su régner.

 Alexandre de Tilly

Louis XVI fut un bon roi. Il vécut malheureusement dans un temps où ses vertus mêmes devaient l’entraîner à sa perte, et où les défauts reprochés à tant de souverains, défauts dont il n’était que trop exempt, eussent sauvé la monarchie et l’eussent préservé lui-même de son triste sort. D’ailleurs, en admettant qu’il eût des défauts, pourquoi méconnaître qu’ils étaient la suite de qualités précieuses? et parce qu’elles sont sur le trône, pourquoi les vertus n’auraient-elles plus droit au respect dont on les entoure dans les simples particuliers? Si l’on veut être juste, il faut donc convenir que Louis XVI n’a succombé que par trop de bonté ; et que s’il eût eu la tenace volonté et les violences d’un despote, son trône n’eût point été renversé. Au reste, il nous a montré, dans la chute la plus étonnante dont l’histoire fasse mention, l’exemple d’un courage, d’une résignation au-dessus des forces humaines.

A un caractère timide, fruit d’une éducation négligée, ce prince joignait une telle bonté de cœur que, dans ce siècle d’égoïsme, on ne le vit en aucune circonstance, pas même au moment du danger, mettre son intérêt personnel en balance avec celui de ses sujets. Mal conseillé, il ne vit pas que toute attaque faite à la majesté royale retombait sur la monarchie, et que le bonheur et la gloire du royaume tenaient à la gloire de son représentant. De là les nombreuses circonstances où un peu de sang justement répandu aurait pu nous préserver de tant de troubles, mais où Louis XVI aima mieux exposer sa tête que de compromettre la sûreté d’un seul homme : singulière conduite que la politique condamne, mais que la philanthropie devrait admirer !

Félix d’Hézecques

« On sait bien que la ligne de démarcation entre le despotisme et notre monarchie est presqu’imperceptible, et qu’un prince qui tient à sa solde une nombreuse armée, ne sera déjoué que par sa propre et gratuite faiblesse. Mais il est maladroit de montrer à une grande nation tous les désavantages de sa constitution en voulant les lui faire adopter comme un bien. »

Le marquis de Bombelles

Louis XVI n’était pas un lâche, mais son intelligence était d’un niveau élémentaire qui le faisait vivre entièrement dans le temps présent. Et cette concentration habituelle sur les choses du présent le rendait totalement désarmé en période de crise. Toute situation anormale le prenait au dépourvu parce qu’il n’avait jamais pensé à la façon d’y faire face. Lorsque le peuple, qu’il aimait et qu’il respectait, le huait, il en restait muet de stupéfaction, mais non de peur. Car la peur suppose l’anticipation, et Louis XVI jamais n’anticipait. C’était sa plus grande faiblesse, mais elle était aussi son meilleur support; elle le conduisait au suprême danger, mais elle lui permettait d’y faire face avec le plus grand calme. Dans tous les moments critiques de sa vie, il montra ce même trait de caractère : voir ce qui se déroulait sous ses yeux sans jamais calculer les conséquences de la situation.

Joseph Callewaert

En visite au milieu d’un troupeau de moutons dont Louis XVI venait apprécier la qualité de la laine, il est soudain perturber par l’un d’eux qui urine à ses pieds…Outrés de ce crime de lèse-majesté, les sujets sont offusqués et le Roi avec la bonhomie qu’on lui connaît de répartir “Laissez pisser le mérinos“…

“Le Roi n’est pas poltron; il a un très grand courage passif, mais il est écrasé par une mauvaise honte, une méfiance de lui-même, qui vient de son éducation autant que de son caractère. Il a peur du commandement et craint plus que toute autre chose de parler aux hommes réunis. Il a vécu enfant et toujours inquiet sous les yeux de Louis XV, jusqu’à vingt et un ans; cette contrainte a influé sur sa timidité. Dans la circonstance où nous sommes, quelques paroles bien articulées, adressées aux Parisiens qui lui sont dévoués, centupleraient les forces de notre parti; il ne les dira pas. Que pouvons-nous attendre de ces adresses au peuple qu’on lui a conseillé de faire afficher ? Rien que de nouveaux outrages. Pour moi, je pourrai bien agir et monter à cheval, s’il le fallait. Mais, si j’agissais, ce serait donner des armes aux ennemis du Roi; le cri contre l’Autrichienne, contre la domination d’une femme serait général en France et d’ailleurs j’anéantirais le Roi en me montrant. Une Reine qui n’est pas régente doit dans ces circonstances rester dans l’inaction et se préparer à mourir.”

Madame Campan , Mémoires

Le Roi est passionné par la mécanique de précision, et réalise lui-même des mécanismes d’horlogerie. Dans ses cabinets, une forge, une machine à tailler les fusées d’horlogerie, un tour à guillocher, une meule à pédale et vingt-cinq râteliers garnis d’outils confirment cette curiosité. C’est le grand spécialiste de l’horlogerie de marine Pierre Le Roy qui donne des cours à Louis XVI. Avec Durey, Gamain est simplement en charge de la forge et des cabinets du Roi. Il assiste le souverain. Le mythe de Gamain ne s’arrête pas là : il est celui qui révèle en novembre 1792 au ministre Roland l’existence de “l’armoire de fer” aux Tuileries. Les documents qui y auraient été trouvés permettent la mise en accusation de Louis XVI, et entraînent la dépanthéonisation de Mirabeau… Enfin précisons que Gamain, laissant croire que Louis XVI et Marie-Antoinette avaient tenté de l’empoisonner, touchera en 1794 une pension de 1200 livres de la Convention nationale. Il meurt le 8 mai 1795.

>Louis XVI décida de soulager son peuple en le dispensant du droit de Joyeux avènement, impôt perçu à chaque changement de règne.
> Louis XVI créa le corps des pompiers.
> Louis XVI autorisa l’installation de pompes à feu, pour approvisionner Paris en eau de manière régulière.
> Louis XVI créa un mont-de-piété à Paris pour décourager l’usure et venir en aide aux petites gens.
> Louis XVI abandonna aux équipages de ses vaisseaux le tiers de la valeur des prises qui lui était réservé en temps de guerre.
> Louis XVI décida d’aider l’abbé de l’Epée dans son œuvre pour l’éducation des « sourds-muets sans fortune» auquel il enseignait un langage par signes de son invention. Le Roi lui versa alors une pension de 6000 livres sur sa propre cassette, contre l’avis de l’archevêché qui soupçonnait cet homme de jansénisme.
> Louis XVI dota l’école de Valentin Hauy pour les aveugles.
> Louis XVI donna l’ordre à ses commandants de vaisseaux de ne point inquiéter les pêcheurs Anglais et obtint la réciproque pour les pêcheurs Français.
> Louis XVI donna le droit aux femmes mariées et aux mineurs de toucher eux même leur pensions sans demander l’autorisation de leur mari ou tuteur (il faudra de nouveau attendre 1965 car le code Napoléon s’est empressé d’abolir cette mesure !).
> Louis XVI ordonna aux hôpitaux militaires de traiter les blessés ennemis « comme les propres sujets du Roi » 90 ans avant la première convention de Genève !
> Louis XVI décida d’abolir le servage et la main morte dans le domaine royal et le droit de suite qui permettait aux seigneurs de faire poursuivre les serfs ou mainmortables qui quittaient leur domaine.
> Louis XVI ordonna l’abolition de la question préparatoire et préalable (torture)
> Louis XVI accorda le premier, le droit de vote aux femmes dans le cadre de l’élection des députés à l’assemblée des états généraux.
> Louis XVI décida de faire construire à ses frais, des infirmeries « claires et aérées » dans les prisons.
> Louis XVI s’inquiéta du sort qui était réservé aux prisonniers détenus en préventive de par leur inculpation, avant le procès. Par ailleurs, il décida de leur accorder une indemnité ainsi qu’un droit d’annonce dans le cas où leur innocence serait reconnue lors de leur procès (sujet d’une étonnante actualité) !
> Louis XVI supprima de très nombreuses charges de la maison de Roi (plus du tiers).
> Louis XVI permit aux femmes d’accéder à toutes les maîtrises.
Louis XVI finança tous les aménagements, de l’hôtel-Dieu pour que chaque malades ait son propre lit individuel.
Louis XVI employa le premier, l’expression « Justice sociale ».
Louis XVI fonda un hôpital pour les enfants atteints de maladies contagieuses, aujourd’hui nommé : « Hôpital des enfants malades »
> Louis XVI créa le Musée des Sciences et Techniques, futur Centre National des Arts et Métiers.
> Louis XVI fonda l’école des mines.
> Louis XVI finança sur ses propres fonds, les expériences d’aérostation des frères Montgolfier.
> Louis XVI finança également les expériences de Jouffroy pour l’adaptation de la machine à vapeur à la navigation.
> Louis XVI exempta les Juifs du péage corporel et autres droits humiliants.
> Louis XVI accorda sept millions aux victimes du froid excessif en 1784.
> Louis XVI accorda des pensions de retraites, à tous ceux qui exerçaient une profession maritime.
> Louis XVI demanda l’établissement annuel de la balance du commerce.
> Louis XVI créa le droit de propriété des auteurs et compositeurs de musique.
> Louis XVI accorda l’état-civil aux non-catholiques.
> Louis XVI créa l’Ecole de musique et de danse de l’Opéra de Paris et le musée du Louvre.

Et malgré ça, on l’a guillotiné !

Source : Louis XVI a la parole

de Paul et Pierrette Girault de Coursac,

éditions de L’ŒIL

artschoolglasses:
“ Louis XVI and Marie Antoinette
Saint Denis, Paris
”
Orants de Louis XVI et Marie-Antoinette à Saint-Denis

Sources :

Louis XVI – Un Roi dans la tourmente ( octobre 2009) ; Collection Les Rois de France des Editions Atlas

L’Emprisonnement de la Famille Royale au Temple  (1804) d’Hélène Becquet ( Hypothèses, Essai d’Histoire politique)

Marie-Antoinette (1940), de René Benjamin ; Les Editions de France

-Les Reines de France au temps des Bourbons, tome 4 : Marie-Antoinette L’insoumise (2002) de Simone Bertière

Les Après-Midi de Louis XVI de Jean-Dominique Bourzat ; La Compagnie Littéraire

Mémoires de Madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette d’Henriette Campan

MARIE-ANTOINETTE  (1989) d’André Castelot, album richement illustré

Histoire de la France et des Français, d’André Castelot et Alain Decaux :

  • N°18: Louis XV et Marie Leszczynska
  • N°19: Le siècle des Lumières
  • N°20: Les années Pompadour
  • N°21: Louis XV – le roi contesté
  • N°22: La dernière passion du roi
  • N°23: Louis XVI et Marie-Antoinette
  • N°24: Le temps des savants
  • N°26: La fin de la monarchie
  • N°27: La mort du roi
  • N°28: La Terreur

Chère Marie-Antoinette (1988) de Jean Chalon

Le Mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Château de Versailles (magazine) Hors série N°7

Louis XVI et Marie-Antoinette : un couple en politique (2006) de Joël Félix, Paris, Payot, coll. « Biographie »

Louis XVI – L’Incompris (2018);Le Figaro Histoire N°38

MARIAGE FORCE ou Marie-Antoinette humiliée (avril 2015), de Jean-Pierre Fiquet ; chez Tallandier

Louis XVI a la parole de Paul et Pierrette Girault de Coursac, éditions de L’ŒIL

Marie-Antoinette et le scandale de Guînes, de Paul et Pierrette Girault de Coursac, chez Gallimard (1962)

L’éducation d’un Roi, Louis XVI, de Paul et Pierrette Girault de Coursac, chez Gallimard (1972), puis chez F.X. de Guibert (1995)

Louis XVI, Roi Martyr. de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; chez Tequi (1976)

Enquête sur le procès du Roi Louis XVI. de Paul et Pierre Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1982), puis chez F.X. de Guibert (1992)

Sur la Route de Varennes, de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1984), puis chez F.X. de Guibert (2000), (2007)

Le Voyage de Louis XVI autour du monde.  Expédition La Pérouse, de Paul et Pierrette Girault de Coursac ; à La Table Ronde (1985), puis chez F.X. de Guibert (2000)

La duchesse de Polignac est morte de douleur, par Edmond Giscard d’Estaing ; Historia N°369 ; août 1977

La Vie Mouvementée d’Henriette Campan (2017) de Geneviève Haroche-Bouzinac ; chez Flammarion

Les dernières années du règne de Louis XV, d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu,

Les beaux jours de Marie-Antoinette (1885), d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu,

Marie-Antoinette aux Tuileries (1913), d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez P. Letrielleux, Librairie-Éditeur, Paris VI

La dernière année de Marie-Antoinette, d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez Edouard Dentu

L’Agonie de la Royauté (1918), d’Arthur-Léon-Georges Imbert de Saint-Amand ; chez P. Letrielleux, Librairie-Éditeur, Paris VI

Marie-Antoinette L’impossible Bonheur (1970) de Marguerite Jallut et Philippe Huisman ; chez Edita, Lausanne

Hans-Axel de Fersen (1985) de Françoise Kermina ; chez Perrin

La Captivité et la mort de Marie-Antoinette  (1897) de Gosselin Lenôtre (1855-1935) chez Perrin, Paris

Le Drame de Varennes (1905) de Gosselin Lenôtre

Louis XVI d’Evelyne Lever (1985), Paris, Fayard

Marie-Antoinette (1991) d’Evelyne Lever; chez Fayard

L’affaire du Collier (2004) d’Evelyne Lever

Marie-Antoinette : la naissance d’une reine : Lettres choisies 1770-1793 (2005) d’Evelyne Lever

Marie-Antoinette, une maîtresse royale, par Evelyne Lever, article de Historia N°99

La Laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet, Un temple pastorel pour le plaisir de la reine (2016) d’Antoine Maës ; chez Gourcuff Gradenigo

Louis XVI et Marie-Antoinette : La fin d’un monde, tome 5, d’Alexandre Maral

Louis XVI, L’incompris (2013) d’Alexandre Maral ; aux Editions OUEST-FRANCE

Marie-Antoinette Intime, collectif dans Miroir de l’Histoire, Numéro Spécial de janvier 1962

La Vie Joyeuse et Tragique de Marie-Antoinette (1933) de Pierre Nezelof ; chez Albin Michel

Marie-Antoinette, mère de famille par Pierre de Nolhac, de l’Académie française, Historia spécial 110 ans, daté du 11 mars 2019

Varennes : la mort de la royauté, 21 juin 1791, (2005) de Mona Ozouf, Paris, Gallimard, coll. « Journées qui ont fait la France »

Louis XVI de Jean-Christian Petitfils (2005), Paris, Perrin

Marie-Antoinette – La Fin d’une Reine – Le spectacle de Robert Hossein ; Point de Vue , 12 octobre 1993

Mémoires sur la Vie et le Caractère de Madame la Duchesse de Polignac (1796) de Diane de Polignac

La Révolution Française, Les Années Lumières / Les Années Terribles , octobre 1989, Production Les Films Ariane, chez Larousse

Louis XVI et Marie-Antoinette à Compiègne, catalogue de l’exposition, Réunion des Musées Nationaux, 2006.

Marie-Antoinette, catalogue de l’exposition au Grand-Palais de Paris      (mars 2008) Ouvrage collectif sous la direction de Xavier Salmon ; RMN Editions

Un prince méconnu, le dauphin Louis-Joseph fils aîné de Louis XVI de Reynald Secher et Yves Murat ; collection Portrait d’Hommes

Vive la Reine, treasure for your pleasure : Marie-Antoinette and more, blog très riche en images de films, de documentaires , de portraits

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!