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Louis-Joseph, premier Dauphin

Aucune description disponible.Louis-Joseph par Elisabeth Vigée Le Brun (détail)

Lorsqu’il apprend que Marie-Antoinette attend un nouvel enfant, le Roi se souvient de l’enfer lors de la naissance de Madame Royale, et il refuse de Lui faire subir le même supplice. Il prend des libertés avec le protocole.

Le jour de l’accouchement, le 22 octobre 1781, seuls les membres de la famille royale, quelques dames de la Maison de la Reine et le garde des Sceaux sont autorisés à pénétrer dans la chambre de la Reine. Que les autres patientent dans le salon voisin ! Louis XVI accepte de les laisser entrer au tout dernier moment, et encore, ils restent bloqués au fond de la pièce, pour que l’air puisse circuler correctement.

Le 22 octobre 1781

Louis-Joseph-Xavier-François (1781-1789) naît à Versailles. Il est le Dauphin tant attendu depuis 1770.

Marie-Antoinette accouche enfin d'un premier Dauphin, le 22 ...Naissance du Dauphin par Jean-Michel Moreau, le jeune

La Reine a déjà mis au monde une fille en 1778 puis, après une fausse couche en 1779, se retrouve à nouveau enceinte.

« La reine est accouchée d’un dauphin aujourd’hui (22 octobre) à une heure vingt-cinq minutes après midi… On avertit Mme la duchesse de Polignac à onze heures et demie. Le roi était au moment de partir pour la chasse avec Monsieur et M. le comte d’Artois. Les carrosses étaient déjà montés, et plusieurs personnes parties. Le roi passa chez la reine ; il la trouva souffrante, quoiqu’elle n’en voulut pas convenir. Sa majesté contre-manda aussitôt la chasse. Les carrosses s’en allèrent. Ce fut le signal pour tout le monde de courir chez la reine, — les dames, la plupart dans le plus grand négligé, les hommes comme on était. Le roi cependant s’était habillé. Les portes des antichambres furent fermées, contre l’usage, pour ne pas embarrasser le service, ce qui a produit un bien infini. J’allai chez la duchesse de Polignac, elle était chez la reine ; mais j’y trouvai Mme la duchesse de Guiche, Mme de Polastron, Mme la comtesse de Grammont la jeune, Mme de Deux-Ponts et M. de Châlons. — Après un cruel quart d’heure, une femme de la reine tout échevelée, tout hors d’elle, entre et nous crie : « Un dauphin ! mais défense d’en parler encore. » Notre joie était trop grande pour être contenue. Nous nous précipitons hors de l’appartement, qui donne dans la salle des gardes de la reine. La première personne que j’y rencontre est Madame, qui courait chez la reine au grand galop. Je lui crie : « Un dauphin, madame ! quel bonheur ! » Ce n’était que l’effet du hasard et de mon excessive joie ; mais cela parut plaisant, et on le raconte de tant de manières que je crains bien que cela ne servira pas à me faire aimer par Madame…

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Naissa12

Image de Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006) avec Kirsten Dunst
Image du film canadien, Marie-Antoinette – La Véritable Histoire, (2010) d’Yves Simoneau et Francis Leclerc
Detail from an engraving of Marie Antoinette and the dauphin, Louis Joseph.
[source: French Revolution Digital Archive]Marie-Antoinette et Louis-Joseph
Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Captu463Pour la naissance de Louis-Joseph sont données de grandes fêtes
Pièce allégorique sur la naissance du Dauphin : [estampe] : La Reine  Marie-Antoinette confie son fils à la France | GallicaEstampe allégorique sur la naissance du Dauphin : La Reine confie Son fils à la France
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette présentant le Dauphin à la France par Gérard Gautier (1723 - 1795). Groupe en terre cuite."Marie-Antoinette présentant le Dauphin à la France par Gérard Gautier (1723 – 1795). Groupe en terre cuite.
Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roi (2011) | Marie antoinette  2006, Best costume design, Marie antoinetteImage de Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être Roi de Thierry Binisti

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« L’antichambre de la reine était charmante à voir. La joie était au comble, toutes les têtes en étaient tournées. On voyait rire, pleurer alternativement des gens qui ne se connaissaient presque pas. Hommes et femmes sautaient au cou les uns des autres, et les gens les moins attachés à la reine étaient entraînés par la joie générale ; mais ce fut bien autre chose quand, une demi-heure après la naissance, les deux battants de la chambre de la reine s’ouvrirent, et qu’on annonça M. le dauphin. Mme de Guéménée, toute rayonnante de joie, le tint dans ses bras, et traversa dans son fauteuil les appartements pour le porter chez elle. Ce furent des acclamations et des battements de mains qui pénétrèrent dans la chambre de la reine et certainement jusque dans son cœur. C’était à qui toucherait l’enfant, la chaise même. On l’adorait, on la suivait en foule. Arrivé dans son appartement, un archevêque voulut qu’on le décorât d’abord du cordon bleu, mais le roi dit qu’il fallait qu’il fût chrétien premièrement. Le baptême s’est fait à trois heures après midi…

Louis-Joseph de France est baptisé le 22 octobre 1781, jour de sa naissance, dans la chapelle du château de Versailles par Louis René de Rohan, grand aumônier de France, en présence d’Honoré Nicolas Brocquevielle, curé de l’église Notre-Dame de Versailles : son parrain est l’Empereur Joseph II (1741-1790), représenté par le comte de Provence. et sa marraine est Madame Clotilde (1759-1802), princesse de Piémont-Sardaigne représentée par Madame Elisabeth (1764-1794), autre sœur du Roi. 

La naissance du Dauphin assoie Marie-Antoinette dans Sa situation  pour laquelle on L’a mariée. Elle n’est plus seulement l’épouse du Roi (actuel), Elle est aussi la mère du prochain Roi.

La famille royale à la naissance de Louis-Joseph par Louis-Auguste Brun

« On n’avait pas osé dire d’abord à la reine que c’était un dauphin, pour ne pas lui causer une émotion trop vive. Tout ce qui l’entourait se composait si bien que la reine, ne voyant autour d’elle que de la contrainte, crut que c’était une fille. Elle dit : « Vous voyez comme je suis raisonnable, je ne vous demande rien.» Le roi, voyant ses inquiétudes, crût qu’il était temps de l’en tirer. Il lui dit, les larmes aux yeux : «Monsieur le dauphin demande d’entrer. » On lui apporta l’enfant, et ceux-qui ont été témoins de cette scène disent qu’ils n’ont jamais rien vu de plus touchant. Elle dit à Madame de Guéménée, qui prit l’enfant : « Prenez-le, il est à l’état ; mais aussi je reprends ma fille. » Il est temps que je finisse ce bulletin ; je demande très humblement pardon à votre majesté du désordre qui y règne. On me dit que le courrier part, et je n’ai pas le temps de le mettre au net. »

Stedingk , ambassadeur de Suède en France à Gustave III
Vente aux enchères PAJOU Augustin (1780 1809).« Prenez-le, il est à l’état ; mais aussi je reprends ma fille. »
Éventail à la Gloire de la naissance de Louis-Joseph

Fêtes et frappes métalliques en Alsace : essais de typologie

Le Dauphin est baptisé sous les prénoms du frère aîné de Louis XVI, le Roi rendant ainsi hommage à la mémoire du duc de Bourgogne, mort jeune. Il est chéri de ses parents, et a pour parrain son oncle l’Empereur Joseph II et pour marraine, la Reine de Piémont-Sardaigne.  Marie-Antoinette adore ce fils dont toute la cour a tant souhaité la naissance.

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Capt1428
Illumination de l’Arc de Triomphe élevé dans le jardin de Monsieur le Commandant de la Marine le 4 octobre 1781, à l’occasion de la naissance de monseigneur le Dauphin, DEJEAN , Ecole française du XVIIIe siècle

Sa naissance est marquée par des célébrations populaires, les corps de métiers défilent à Versailles pour offrir leurs félicitations, la dame Houdon prononce le compliment des marchandes de marées , les cordonniers apportent de petites bottes pour le nouveau-né, les tailleurs un uniforme, les porteurs une chaise dorée contenant une nourrice et un dauphin et ainsi de suite…

Un feu d'artifice en l'honneur de la naissance de Louis Joseph, duc de Normandie par Pierre-Antoine Demachy;  vers 1782.Un feu d’artifice en l’honneur de la naissance de Louis Joseph par Pierre-Antoine Demachy; vers 1782.

Un seul parut ne pas se réjouir de l’événement : le comte de Provence, frère du Roi qui, en l’absence de Dauphin, était l’héritier du trône. Ses espoirs de devenir Roi semblent s’envoler.

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Fete_n11Illumination de la rotonde élevée sur la grande place de Lille, le 20 novembre 1781 par Louis Joseph Masquelier dit le Père (1741-1811)

Les corps de métiers défilent à Versailles pour offrir des cadeaux au nouveau-né.

Des célébrations sont données dans tout le royaume.

Médaille célébrant la naissance du Dauphin

tiny-librarian:
“An allegory of the birth of Louis Joseph. Marie Antoinette, surrounded by divinities, presents her newborn son to France.
Source
”

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Marie_25Jubilé pour la naissance du Dauphin
 

La joie fut universelle ; le peuple, les grands, tout parut à cet égard ne faire qu’une même famille; on s’arrêtait dans les rues, on se parlait sans se connaître, on embrassait tous les gens que l’on connaissait… Les fêtes furent aussi brillantes qu’ingénieuses: les arts et métiers de Paris dépensèrent des sommes considérables pour se rendre à Versailles, en corps, avec leurs différents attributs, des vêtements frais et élégants formaient le plus agréable coup d’œil; presque tous avaient de la musique en tête de leurs troupes: arrivés dans la cour royale, ils se la distribuèrent avec intelligence et donnèrent le spectacle du tableau mouvant le plus curieux. Des ramoneurs, aussi bien vêtus que ceux qui paraissent sur le théâtre, portaient une cheminée très décorée, au haut de laquelle était juché un des plus petits de leurs compagnons, les porteurs de chaises en avaient une très dorée dans laquelle on voyait une belle nourrice et un petit Dauphin, les bouchers paraissaient avec leur bœuf gras; les pâtissiers, les maçons, les serruriers frappaient sur une enclume, les cordonniers achevaient une petite paire de bottes pour le Dauphin; les tailleurs un petit uniforme de son régiment, etc. Le Roi resta longtemps sur son balcon pour jouir de ce spectacle… Les dames de la halle vinrent complimenter la Reine et furent reçues avec le cérémonial que l’on accordait à cette classe de marchandes. La princesse de Chimay fut, à la porte de la chambre de la Reine, recevoir trois de ces femmes qui furent introduites jusqu’auprès du lit ; l’une d’elles harangua Sa Majesté : son discours avait été fait par M. de La Harpe et était écrit dans un éventail sur lequel elle jeta plusieurs fois les yeux, mais sans aucun embarras ; elle était jolie et avait un très bel organe. La Reine fut touchée de ce discours et y répondit avec une grande affabilité… Les chansons des poissardes furent nombreuses et quelques-unes assez bien faites… Les gardes du corps obtinrent du Roi la permission de donner à la Reine un bal paré dans la grande salle de l’Opéra de Versailles. Sa Majesté ouvrit le bal par un menuet qu’elle dansa avec un simple garde nommé par le corps, auquel le Roi accorda le bâton d’exempt. La fête fut des plus brillantes ; tout était alors joie, bonheur et tranquillité.

Henriette Campan dans ses Mémoires

Cet enfant ne ravit pas seulement ses parents. Il apporte aussi un grand soulagement à tout le pays car, après de longues années d’incertitude, la succession directe est enfin assurée. C’est comme si, l’ordre revenu au sommet du trône, la félicité ne peut que découler jusque dans les plus reculées des campagnes.

Le 30 octobre 1781

Le Dauphin est venu au monde voici huit jours…

Il pèse treize livres et mesure vingt-deux pouces de long.

Sa nourrice est une simple paysanne, bien fraîche, bien portante, nommée Geneviève Poitrine, et qui a eu le bonheur de l’emporter sur des femmes d’une naissance plus distinguée.

“ Madame, you have fulfilled my wishes and those of France: you are the mother of a Dauphin
”
[image credit: © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin]

Geneviève  Barbier, femme Poitrine ( elle a épousé Antoine Poitrine en 1770), âgée de trente-et-un ans, est une femme originale, dont les allures campagnardes tranchaient sur l’urbanité obséquieuse des gens attachés à la Cour. Elle est bien nommée, dit madame de Bombelles car elle a une poitrine énorme et un lait excellent, à ce que disent les médecins.
C’est une franche paysanne, femme de jardinier de Sceaux: elle a le ton d’un grenadier, jure avec une grande facilité, ne s’étonne et ne s’émeut de rien. Les dentelles, le linge qu’on lui à donnés ne l’ont pas surprise: elle a trouvé cela tout simple et a seulement demandé qu’on ne lui fasse pas mettre de poudre, parce qu’elle ne s’en est jamais servie. Elle veut mettre son bonnet de six cent livres sur ses cheveux, comme les autres cornettes. Son ton amuse tout le monde. parce qu’elle dit quelquefois des choses fort plaisantes.

Geneviève Poitrine: Madame Poitrine Img_3211
On l’accuse d’avoir transmis au Dauphin la tuberculose, maladie qui entraînera sa mort…

Le premier Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, en pied, de ...

Elle quittera son service en 1783, on lui donnera sa retraite avec une pension de 6.000 livres dont 500 livres réversibles sur la tête de chacune de ses deux filles et 800 sur celle de son fils.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette à Notre-Dame de Paris"Gravure qui représente Marie-Antoinette à Notre-Dame de Paris pour remercier pour la naissance de Son premier fils, Louis-Joseph Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Marie_85Passage de Marie-Antoinette place Louis XV à l’occasion de la naissance du Dauphin
Jean-Michel Moreau dit le Jeune
Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Fete_h10Salle provisoire construite à l’occasion des fêtes de la naissance du dauphin, place de l’Hôtel de Ville le 21 janvier 1782 par Pierre-Louis Moreau  Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Blog2_10   Vue perspective de la décoration et du feu d’artifice tiré à l’Hôtel de ville de Paris en présence de leurs majestés à l’occasion de la naissance de monseigneur le dauphin le 21 janvier 1782  par Victor-Jean Nicolle  Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 01010  Fêtes données au Roi et à la Reine, par la ville de Paris le 21 janvier 1782 à l’occasion de la naissance de monseigneur le Dauphin
Le feu d’artifice.  Estampe de Jean-Michel Moreau dit le Jeune  Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Intear11  Intérieur de la Salle construite dans la Place de Grève, à l’occasion de la Naissance de M.gr le Dauphin, où Leurs Majestés ont diné et ont vu tirer le Feu d’Artifice le 21 Janvier 1782 et laquelle a ensuite servi pour le Bal masqué que la Famille Royale a honoré de sa présence le mercredi 23 du même mois. Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Feu_d_10   Feu d’artifice tiré sur la place de Grève, le 21 Janvier 1782, à l’occasion de la naissance du Dauphin.
Desrais ou Desray, Claude-Louis (1746-1816), dessinateur
Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 2 Fyte_n10Le festin Royal
Fêtes données au Roi et à la Reine par la Ville de Paris, Le 23 janvier 1782, à l’occasion de la Naissance de Monseigneur le Dauphin par Moreau le Jeune, graveur et dessinateur
Estampe, 1782

J’aime le détail de la Reine se retournant vers le spectateur :

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 2 Fyte_n11

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Bal_ma10Le Bal Masqué
Fêtes données au Roi et à la Reine par la Ville de Paris, Le 23 janvier 1782, à l’occasion de la Naissance de Monseigneur le Dauphin, par Moreau le Jeune

Le 10 juillet 1782

.….. ce qui a mis Madame de Lameth en faveur :  elle s’est avisée un jour d’indiquer une prétendue manière d’avoir un garçon lorsque la Reine désirait d’avoir un Dauphin; sur ces entrefaites Sa Majesté est devenue grosse et l’était de quatre mois lorsque la belle-fille de Madame de Lameth est accouchée d’un garçon . Aussitôt Madame de Lameth en a donné avis à la Reine par un courrier . Sa Majesté a fort bien reçu cette nouvelle et l’a regardée comme de bon augure . La naissance de Monseigneur le Dauphin a justifié la prédiction, et depuis ce temps, ô chose plus merveilleuse encore, Madame de Lameth, vieille, laide et dévote, plaît à une reine jeune, jolie, et qui n’est point dévote . C’est que l’esprit et l’à propos auront toujours leurs droits . C’était la sorcellerie de la maréchale d’Ancre .

Le marquis de Bombelles
Détail du couvercle du coffre à layette du dauphin Louis Joseph aux chiffres de Louis XVI et Marie-Antoinette couronnés par les Amours
ornamentedbeing:
“ Portrait of Marie Antoinette and her children by Charles Leclercq. This painting was owned by the Comtesse de Provence.
”Marie-Antoinette, Madame Royale et Louis-Joseph par Charles Leclercq

Le 1er octobre 1782

Banqueroute des Guéménée.

En octobre 1782

Un événement fâcheux arrivé récemment dans l’intérieur de Monseigneur le Dauphin ajoute beaucoup à l’humeur du Roi et de la Reine contre la princesse  ( de Guéménée ) . En donnant à manger de la panade à Monseigneur le Dauphin, on a trouvé dedans un morceau de verre, que l’on a sur-le-champ porté dans le premier moment d’effroi à Madame de Guéménée qui n’a point paru aussi émue qu’elle aurait dû l’être à l’aspect du danger affreux qui avait menacé l’héritier présomptif de la couronne . Elle n’en a pas donné avis et cela s’est ébruité sans sa participation .
Voilà le fait : c’est à la gouvernante de la nourrice d’apprêter la panade de Monseigneur le Dauphin; cette gouvernante
 ( Mme du Parc ), ci-devant une femme de chambre de Madame de Guéménée, est devenue trop grande dame pour remplir elle-même son devoir; c’est la servante de sa cuisine qui,  pour piler le pain destiné à la panade, s’est servi d’un cul d’une bouteille dont s’est échappé une des parcelles de verre qui s’y trouvent ordinairement .
Ainsi l’espoir de toute une nation, un Prince environné de cinquante personnes chèrement payées et censées choisies avec soin et discernement, a sa vie confiée à la négligence d’une servante !
 ( … ) C’était le cas de faire un exemple en destituant sur-le-champ Mme du Parc; elle a conservé sa place et la conservera ( jusque la banqueroute seulement !  ). Cette indulgence est trop grande et d’une conséquence dangereuse 

Le marquis de Bombelles
File:Allegorical painting of the birth of Louis Joseph, Dauphin of France, 22 October 1781 by François Guillaume Menageot.jpgAllégorie de la Naissance du Dauphin Louis-Joseph par F.-G. Ménageot (1783)

Le 20 octobre 1782

Démission de la princesse de Guéménée dans sa charge de gouvernante des Enfants de France.

Aucune description disponible.La fantasque princesse de Guéménée entourée de ses chiens avec lesquels elle parle et prédit l’avenir, dit-on…

Aucune description disponible.

Le 24 octobre 1782

La Reine donne à Madame de Polignac la place de Gouvernante des Enfants de France en remplacement de Madame de Guéménée.

Aucune description disponible.Madame de Polignac par Jean-Laurent Mosnier, Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle d’Alençon, 1780

Aucune description disponible.

La liesse populaire met à la mode le Dauphin comme motif décoratif, en particulier pour les bijoux. Comme tous les Enfants de France, le Prince est veillé jour et nuit pendant ses trois premières années. Après des débuts dans la vie sans problèmes apparents, même s’il a toujours “été faible et délicat“, aux dires de sa mère, sa santé se détériore progressivement et son corps se déforme :

“Sa taille s’est dérangée, et pour une hanche qui est plus haute que l’autre, et pour le dos , dont les vertèbres sont un peu déplacées et en saillie“,

selon Marie-Antoinette
Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 2 Crownp10Louis-Joseph par Wertmüller
Fichier:Adolf Ulrik Wertmüller - Queen Marie Antoinette of France ...Marie-Antoinette et ses enfants par Adolf Ulrik Wertmüller

Portraits du dauphin Louis-Joseph de France Captur45

Louis-Joseph aurait eu envers sa Gouvernante, la duchesse de Polignac, des mots durs:

“Sortez, duchesse, vous avez la fureur de faire usage d’odeurs qui m’incommodent toujours.”

Or… il semble que la Duchesse ne portait pas de parfum… Vaudreuil avait convoité la place de Gouverneur du Dauphin. On doit peut-être cette réaction au duc d’Harcourt, adversaire de Vaudreuil … et des Polignac.

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 4 Veste_10Habit à la française de Louis-Joseph 
Largeur aux épaules: 22 cm; H. 75 cm.
                                                                                             Calendrier de l’année 1784

En 1784

La santé de Louis-Joseph commence à décliner. On pense que son inoculation contre la variole y est pour quelque chose, le Dauphin s’étant montré affaibli après cette épreuve. Louis-Joseph ne grandira plus et sera constamment souffrant.

Image de Marie-Antoinette (1975) de Guy-André Lefranc

En 1784

La Reine conduisait ses enfants, deux fois l’An, au Carmel de Saint-Denis. Une fois, Madame Royale, âgée alors de cinq à six ans, laissa tomber son mouchoir; la Reine, par un regard, lui témoigne le désir qu’elle a de le lui voir ramasser elle-même ; et comme les religieuses se baissaient pour lui épargner ce soin : « Non, non, ma tante, dit la « Reine à Madame Louise, je ne le permettrai  pas : c’est ici la maison de l’humilité ; je veux « que ma fille, tout enfant qu’elle est, y reçoive « une leçon d’obéissance et de modestie ».

Les Bourbon martyrs, ou, Les augustes victimes(1821)
Aucune description disponible.
Louis XVI et le Dauphin visitant la manufacture de toile de Jouy (Champs-sur-Marne)

Le 7 juin 1784

Le Dauphin Louis-Joseph quitte Trianon pour aller habiter  le  Château de la Muette, il s´en faut de beaucoup qu´on soit content de la santé de ce Prince.

Secrets d'Histoire on Twitter: "🕘 H-10 ! Reconnaissez-vous où se trouvent  Madame Royale et son frère le dauphin Louis-Joseph ? 🤔… "

Le 13 Août 1784

La Reine est retournée samedi (7 août) à Versailles.
Le Roi y est à demeure. Madame Royale reste à Trianon. Mgr. le Dauphin va quitter la Muette pour  se rendre en Cour

A portrait of two of the children of Louis XVI drawing a portrait of him. Unknown French artist, 18th century.;
[credit: Aguttes]

Majesté - Les créations de Majesté - Page 3 Tylych48

 Le 22 septembre 1784

Tout le monde est étonné du bon état dans lequel mon fils est revenu de la Muette. 

Marie-Antoinette à Joseph II
Aucune description disponible.Marie-Antoinette et Louis-Joseph dans la chambre de la Reine à Trianon

Le 19 septembre 1785

Mon fils vient d’être inoculé et s’en porte à merveille. Il est bien heureux qu’il l’ait été car il l’aurait eue affreuse. Outre les boutons des piqûres et à différents endroits du corps, il a pu une seconde éruption qui l’a fait beaucoup souffrir, mais une médecine donnée à temps a paré à tous les inconvénients, en ne laissant pourtant pas de doute sur l’efficacité de l’inoculation.

Marie-Antoinette à Joseph II

Pierre-Jean de Bourcet (1752-1822), beau-frère du chevalier de Jarjayes (1745-1822) est un militaire, un magistrat et un diplomate français qui est premier Valet de chambre du Dauphin, Louis-Joseph (1781-1789). Fidèle à la couronne, Il jouera un rôle important dans l’organisation et la réalisation de la fuite vers Montmédy qui s’arrêtera à Varennes en 1791.

Pierre-Jean de Bourcet — WikipédiaLe comte de Bourcet et sa famille par Landon, 1791

Le 1er septembre 1785

Le Dauphin est inoculé au château de Saint-Cloud, en présence de toute la famille royale. Les jours suivants sont éprouvants, le Dauphin a une forte fièvre, de nombreux pustules couvrent son petit corps.

Portrait présumé du premier dauphin, Xavier-Louis-Joseph (octobre 1781-juin  1789), frère aîné de Louis XVII | Paris MuséesPortrait présumé de Louis-Joseph

Marie-Antoinette ne quitte guère le chevet de Son fils.

Le 19 septembre 1785

La Reine écrit à Joseph II :

Mon fils vient d’être inoculé et se porte à merveille. Il est bienheureux qu’il l’ait été car il l’aurait eue affreuse (la variole). Outre les boutons des piqûres, et à différents endroits du corps, il apparut une seconde éruption qui l’a fait beaucoup souffrir; mais une médecine donnée à temps  a paré à tous les inconvénients en ne laissant pourtant pas de doutes sur l’efficacité de son inoculation.”

Le 10 novembre 1785

Marie-Antoinette écrit :

“Mes trois enfants se portent à merveille. Le petit mouvement de fièvre qu’a eu mon fils n’a pas eu de suite.”

En réalité le Dauphin a de fréquents accès de fièvre que les médecins, aussi dépassés que ceux de Molière, attribuent à sa croissance.

Profil de Louis-Joseph

Le 9 décembre 1785

Monseigneur le Dauphin, qui se promenait encore fort gaiement à deux heures après-midi, a tout d’un coup été surpris d’un accès de fièvre dont la Faculté ne paraît pas en peine. S’il n’a pas de suite, on aura raison d’être fort aise de cet accident puisqu’il a fourni la première occasion (!!!) où Madame, fille du Roi, ait montré une franche sensibilité. Dès qu’elle a su son frère malade, ses beaux yeux se sont remplis de larmes qu’elle ne cherchait pas à montrer, cachant son visage contre un écran ; ce n’est qu’à la longue qu’on s’est aperçu de son chagrin. Ma belle-mère, en m’en parlant, m’a fait un grand plaisir. Le Roi et la Reine ont passé une partie de l’après-midi chez Monseigneur le Dauphin, dont les ministres ont envoyé sur le champs savoir des nouvelles.

On comprend mieux dès lors qu’elle s’est fait un point d’honneur toute sa vie à cacher ses chagrins, quitte à passer pour une sans-cœur

Le marquis de Bombelles
Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 2 Capt1222Louis-Joseph par Elisabeth Vigée Le Brun

En 1786

Lorsqu’il rentre dans sa septième année, il “passe aux hommes” pour recevoir une éducation de futur souverain dans laquelle il met toute son application malgré ses douleurs physique.

Le Dauphin croissait avec peine ; sa santé délicate, son tempérament rachitique, et surtout un développement d’idées peu ordinaire à son âge, faisaient prévoir que la France ne le conserverait pas longtemps. À six ans on l’ôta des mains des femmes, et il fut confié aux soins du duc d’Harcourt, nommé son gouverneur. Ce passage du royal enfant des mains des gouvernantes en celles du gouverneur faisait l’objet d’une cérémonie à laquelle assistait la Faculté. Elle constatait, dans un procès-verbal, l’état de santé du jeune prince, le comparait avec celui où il se trouvait au moment de sa naissance, et reconnaissait par là que les accidents survenus dans cet intervalle ne pouvaient être attribués au peu de soins de ses premières maîtresse. Le Dauphin pleura beaucoup en se séparant de madame de Polignac ; mais la douceur de M. d’Harcourt et les soins de sa femme l’eurent bientôt consolé.

Mémoires du comte d’Hézecques
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Verseailles-Secret-MA-enfants-826x1024.jpg.Image du Versailles Secret de Marie-Antoinette

Malgré sa maladie, le Dauphin se console avec la présence de sa sœur Marie-Thérèse qui passe beaucoup de temps avec lui. Le prince montre également beaucoup d’affection pour son petit frère, le duc de Normandie, qu’il prend plaisir à contempler dans son berceau. Louis-Joseph ne se plaint que rarement, se montrant toujours courtois et souriant avec ses parents et son entourage.

Louis-Joseph et sa grande sœur, Marie-Thérèse

Je ne sais qui avait donné à Louis XVI l’idée d’appeler M. d’Harcourt à diriger l’éducation du Dauphin. L’ancienneté de sa maison, sa douceur, sa politesse, et même certaines connaissances ne suffisaient pas pour bien élever un enfant destiné à s’asseoir sur le premier trône de l’Europe. M. d’Harcourt manquait d’énergie et de caractère ; et ses liaisons, sa parenté avec une des premières maisons de l’Angleterre, où une branche de sa famille s’était établie sous le règne de Philippe de Valois, paraissaient devoir l’exclure de cette place de confiance. Qui ne sait que les rois conservent toujours de la déférence pour ceux qui ont dirigé leur enfance ? Si, dès lors, Louis XVII eût régné, et que les d’Harcourt, sous son règne, eussent eu part aux secrets du gouvernement, n’y avait-il pas à craindre que leur devoir envers la patrie, combattu par la parenté et un certain penchant naturel à cette famille pour un État rival, en fit de mauvais ministres, en les mettant dans le cas de donner, sinon de perfides, au moins d’imprudents conseils ?

M. d’Allonville, le premier sous-gouverneur, était brave, loyal, mais de peu de génie. C’était une créature de la maison d’Harcourt.

M. du Puget, le second sous-gouverneur, avait de grandes connaissances en histoire naturelle et en géographie ; il avait voyagé avec beaucoup de discernement dans nos colonies occidentales, et c’était un mérite aux yeux de Louis XVI ; mais on trouvait dans son esprit un peu trop de fadeur et d’afféterie.

En général, la maison du Dauphin fut mal composée, et Louis XVI, qui avait pu voir par lui-même le vice d’une faible et mauvaise éducation, puisqu’il avait été obligé de refaire la sienne, ne fut pas heureux dans le choix des hommes qu’il chargea de celle de son fils.

Mémoires du comte d’Hézecques

L’Appartement du Dauphin

( photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Aucune description de photo disponible.Façade de l’Aile du Midi : l’appartement occupe le premier étage de l’Escalier des Princes dans le Pavillon Central

La chambre

Peut être une image de intérieur

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Le Grand cabinet

Les appartements du Dauphin et de la Dauphine | Château de VersaillesLe Grand Cabinet

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La Bibliothèque du Dauphin

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles passion )

Peut être une image de menuiserie

L’alcôve actuelle n’a jamais existé telle que nous la voyons aujourd’hui. Tous les plans XVIIIe montrent qu’il y avait une façade de livres. Ce n’est qu’à partir de 1788, qu’une alcôve est créée mais beaucoup plus profonde que ce que nous connaissons aujourd’hui. Les travaux en cours ne modifierons rien des dispositions actuelles.

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Le style “vernis martin” jaune des boiseries sera repris lors de la restauration. Cette interprétation des années 1960, au moment de la restitution des espaces du rez-de-chaussée du Corps Central, était une erreur.

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Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. D. Château ersailles 16septembre2020’

Les lambris seront révisés ainsi que le parquet et la serrurerie.

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Peut être une image de texte qui dit ’Versailles Passion Christophe D. Chateau Versailles 16septembre2020 2020’

En passant aux hommes, Louis-Joseph quitte les appartements de Madame de Polignac, mais au rez-de-chaussée, il se rapproche des petits appartements de sa mère, dont la salle-de-bain jouxte l’une des pièces de l’appartement du Dauphin.

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Cet appartement est , à l’origine, celui de la Dauphine. L’objectif de Madame de Polignac puis Madame de Tourzel, gouvernantes des Enfants de France, est de faire, à partir de 1787,  un appartement unique pour le Dauphin et Madame Royale avec des salles d’études, un dortoir unique.Le plan montre l’appartement en 1786 où celui-ci avait encore la forme de celui que nous connaissons aujourd’hui : Madame Royale occupe l’appartement le long de la façade sud et le Dauphin, l’angle du bâtiment.

Louis-Joseph par Elisabeth Vigée Le Brun

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 2 Capt1222

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 2 Dauphi11

Louis XVI avait expliqué à son fils l`usage de la boussole en lui enseignant les premiers éléments d`une science non moins agréable qu`utile. Voulant juger à quel point le jeune prince saurait faire l`application de la théorie qu`il avait apprise, le roi sortit un jour avec lui du château de Rambouillet, où la cour se trouvait alors, et dirigea sa promenade jusqu’à un endroit peu éloigné du château.

« Mon ami, lui dit-il, je pense bien que tu auras toujours assez de monde pour te servir et te conduire partout où tu voudras aller ; mais enfin on ne sait pas ce qui peut arriver. Je me suis perdu souvent moi-même, faute de savoir m`orienter, il peut t`en arriver autant, soit à la chasse, soit dans d`autres occasions, et il est honteux pour un propriétaire de s`égarer au milieu de ses domaines. Tu connais les quatre cardinaux ; voyons comment tu vas te tirer d`affaire. Voici ma boussole, prends la route que tu jugeras convenable ; moi, je vais aller par une autre, et je te donne rendez-vous au vieux Rambouillet. »
Le Dauphin partit gaiement , et se croyant parfaitement seul au milieu de la campagne, car il ignorait que des valets de pied, déguisés en paysans, étaient chargés de le suivre de loin, et de veiller à ce qu`il ne lui arrivât aucun accident fâcheux.
Cependant l`heure du dîner était passée depuis longtemps et le prince n`arrivait pas au rendez-vous. Le roi commençait à se prendre sérieusement d`inquiétude , lorsqu`il aperçut de loin son fils, traversant les vignes, franchissant les haies et les fossés. L`enfant était couvert de sueur et de poussière ; mais il paraissait fier d`être arrivé sans avoir demandé son chemin à personne
.

« Ma foi, mon ami, lui dit le roi en riant , je te croyais perdu.                              -Papa répondit le jeune prince , est-ce que mon cœur ne se tourne pas vers toi plus sûrement encore que ma boussole vers le Nord ? »

Réponse aimable en pleine de charme pour un père, qui devait éprouver une double jouissance dans ce mélange heureux d’esprit et de sentiment. 

H.Prévault, Vie de Louis XVII

En novembre 1786

Pour prévenir les convulsions que le petit prince fait, la Faculté juge à propos la pose de ventouses derrière l’oreille. Madame de Polignac, craignant que cette opération assez répugnante n’impressionne vivement Marie-Antoinette veut la Lui cacher et écrit au Roi pour avoir son agrément . Il le donne et tient à être présent lors de l’application qui a lieu à Fontainebleau.

« A la fin de 1786, à Fontainebleau, la Reine eut prise avec Mme de Polignac, et celle-ci fut assez injustement maltraitée ; il s’agissait d’un médecin donné au duc de Normandie, depuis Louis XVII, à l’insu de sa mère, dans l’objet de lui épargner de l’inquiétude. Ce soin fut pris de travers et des reproches sur des bienfaits vinrent à la suite. Mme de Polignac fut outrée, elle voulut se retirer. Grande alarme de sa société, grand embarras de la Reine. On engagea le Roi à retenir la gouvernante de ses enfants, en lui permettant un voyage en Angleterre au printemps, et acceptant sa démission en attendant, sauf à la lui rendre au retour, ce qui fut exécuté. »

Mémoires du comte de  Saint-Priest
Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette et ses enfants"Marie-Antoinette et Ses enfants par Elisabeth Vigée Le Brun, 1787
tiny-librarian:
“Detail of a portrait of the Dauphin, Louis Joseph, eldest son of Louis XVI and Marie Antoinette.
”Initialement, Louis-Joseph devait indiquer de faire silence pour laisser sa petite sœur dormir, mais la petite mourra en juin 1787 et Elisabeth Le Brun l’effacera du berceau qu’elle conservera malgré tout pour marquer l’absence de la princesse
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En 1787

Le cabinet des maquettes,
Le projet de Louis XVI pour l’éducation du Dauphin

( Texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

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Afin de parfaire l’éducation scientifique de son fils, Louis XVI projette de faire construire une succession de cabinets le long des réservoirs de l’Opéra.

Peut être une image de plein air

Reliée au Château par une galerie pour en facilité la communication, cette succession de pièces se composait d’un grand cabinet de mécanique et d’ustensiles d’artillerie, un cabinet des vaisseaux, un cabinet des plans, un cabinet des machines, un petit cabinet de mécanique, une petite galerie et un vestibule.

Peut être une illustration

Du fait de la situation politique et économique du pays, mais surtout de l’état de santé du Dauphin, cette galerie ne verra jamais le jour.

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Peut être une illustration de texte qui dit ’Coupe Sur La Ligne CD’

En 1787

L’état de Louis-Joseph s’empire : les fièvres se succèdent et le dos du Dauphin se déforme si bien qu’il est bientôt bossu. On l’installe alors loin de la cour à Meudon où Marie-Antoinette passe la plus grande partie de son temps à veiller son fils qui se montre toujours tendre.

Communion de Louis-Joseph
Le château de Meudon

Résultat de recherche d'images pour "château de Meudon"

Le 1er mai 1787

Le Dauphin est remis “entre les mains des hommes“. Les médecins qui l’ont examiné le trouvent

“jouissant d’une bonne santé, ayant ses vingt dents, avons reconnu que sa conformation est dans l’état naturel et qu’il n’y a rien à désirer dans la constitution de toutes ses parties.”

Pourtant, le Dauphin est loin d’être bien portant. Il est petit pour son âge, souvent fiévreux, et semble triste.

Le Dauphin quitte donc sa gouvernante pour habiter avec son gouverneur, le duc d’Harcourt. Le jeune prince part de l’appartement qu’il occupait dans l’Aile du Midi pour s’établir au rez-de-chaussée du corps Central, dans l’appartement de son oncle, le comte de Provence, héritier présomptif de la Couronne.

En 1787, quand il vient habiter le rez-de-chaussée, les boiseries de la chambre sont peintes en blanc et le damas de l’alcôve est tendu de vert.

Deux lits, l’un pour le Gouverneur, l’autre pour l’enfant, sont commandés. 

La chambre du Dauphin

( Texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Fichier:Chambre du Dauphin, Château de Versailles - 01.jpg

Cette chambre est l’ancien Grand Cabinet doré de Monseigneur, dont le plafond avait été peint pat Pierre Mignard, et où le le fils de Louis XIV exposait sa collection de tableau.

LA CHAMBRE DU DAUPHIN – Les Trésors de Versailles

Ce fut plus tard le cabinet de travail du Régent qui y mourut le 2 décembre 1723. 

LA CHAMBRE DU DAUPHIN – Les Trésors de Versailles

En 1747, cette pièce est agrandie et transformée en chambre à coucher.

Peut être une image de 1 personne et intérieur

Elle conserve l’intégralité de son décor : boiseries sculptées par Jacques Verberckt sur des dessins d’Ange Jacques Gabriel, cheminée en marbre griotte enrichie des figures en bronze doré de Flore et de Zéphir, par Jacques Caffiéri.Peut être une image de intérieurPeut être une image de intérieurAucune description de photo disponible.

 

Les dessus-de-porte, peints par Jean-Baptiste Pierre, représentent “Junon demande sa ceinture à Vénus” et “Junon trompe Jupiter avec la ceinture de Vénus“.

Peut être une représentation artistique de 1 personneJunon demande sa ceinture à Vénus par Jean-Baptiste Pierre Peut être de l’art Junon trompe Jupiter avec la ceinture de Vénus par Jean-Baptiste Pierre

La bibliothèque en laque rouge est l’œuvre de Bernard Van Risemburgh : Marie-Josèphe de Saxe en possédait une semblable.

Peut être une image de intérieurCe bas d’armoire conserve le souvenir d’un jeune prince mort aux premiers jours de la Révolution, ayant eu la chance de ne pas voir l’effondrement du Trône auquel il était destiné

Le grand meuble à hauteur d’appui en acajou de Guillaume Benneman, datant de 1787, a été placé dans cette pièce pour Louis-Joseph.

Peut être une image de mobilier et intérieurLa chambre du Dauphin

 

Louis-Joseph de France, duc de Bourgogne, 1er Dauphin, par WertmüllerLouis-Joseph par Wertmüller

En mai 1787

La Reine ayant eu le bonheur de conserver la tendre amitié de Madame Louise, venait, deux fois l’année, à Saint-Denis, pour rendre ses devoirs à Sa tante. Elle lui amenait Ses jolis enfants, dont toutes ces bonnes Religieuses se montraient idolâtres; et la visite du jour de l’An était plus particulièrement consacrée aux cadeaux.  Lorsque le duc de Normandie fut en sevrage, on le transporta chez la Fille de Louis XV, qui brûlait d’impatience de le voir. La Communauté, réunie en cercle, admira tout à son aise ce beau petit garçon, dont la physionomie, déjà distinguée comme celle de sa mère, promettait un si brillant avenir.

L. Lafont d’Aussonne dans des Mémoires secrets et universels des Malheurs et de la Mort de la Reine de France
Cloître du carmel de Saint-Denis

Le 18 juin 1787

La mort de sa petite sœur, Madame Sophie, avant son premier anniversaire, éprouve la Reine.

Madame Sophie par Élisabeth Vigée Le Brun

Louis-Joseph-Xavier-François, the first son of Louis XVI and Marie Antoinette, was born on October 22nd, 1781. It was Louis XVI himself who broke the news of the baby’s gender to his wife: “Madame, you have fulfilled our wishes and those of France,...

 

Aucune description disponible.Image de L’Eté de la Révolution (1989) de Lazare Iglésis

1788

Dès le début de l’année, on note une nette aggravation de la santé de Louis-Joseph. Il a de la fièvre et des douleurs articulaires. Au fil des mois, son état empire encore.

Voiture de promenade du Dauphin Louis Joseph Xavier de France, fils de Louis  XVI | Images d'ArtVoiture de promenade de Louis-Joseph

Début 1788

Dans une lettre à Joseph II, Marie-Antoinette s’inquiète du fait que Son fils amaigri et affaibli, perd ses dents de lait et a de la fièvre tous les jours.

Portraits du dauphin Louis-Joseph de France Captu131Portrait présumé ( où sont le cordon bleu et les décorations delphinales? ) de Louis-Joseph par Boze ( château de Champs-de-Bataille)

Le 22 février 1788

Mon fils aîné me donne bien de l’inquiétude, mon cher frère. Quoiqu’il ait toujours été faible et délicat, je ne m’attendais pas à la crise qu’il éprouve. Sa taille s’est dérangée, et pour une hanche, qui est plus haute que l’autre, et pour le dos, dont les vertèbres sont un peu déplacées et en saillie. Depuis quelques temps, il a tous les jours la fièvre et est fort maigri et affaibli. Il est certain que le travail de ses dents est la principale cause de ses souffrances. Depuis quelques jours, elles ont beaucoup avancé, il y en a une même entièrement percée, ce qui donne un peu d’espérance. Le roi a été très faible et maladif dans son enfance, l’air de Meudon lui a été très salutaire. Nous allons y établir mon fils. Pour mon cadet, il a exactement en force et en santé ce que son frère n’en a pas assez. C’est un vrai enfant de paysan, grand, frais et gros.

Marie-Antoinette à Joseph II
Le premier dauphin, une mort inévitable?Buste de Louis-Joseph par Louis Pierre Deseine (1749-1822)

A partir de 1788

Le duc d’Harcourt donne des bals “pour amuser Monsieur le Dauphin”.

Résultat de recherche d'images pour "Le dauphin Louis-Joseph"Image de Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être Roi (2011) de Therry Binisti

Le 13 juillet 1788

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Louis XVI dîne à Bellevue. En y allant, il visite, à Meudon, le Dauphin. La Reine couche à Trianon.

Aperçu de l’imageFauteuil roulant de Louis-Joseph conservé au château de Champs-de-BatailleAperçu de l’imageOn y remarque les décorations delphinales qui rendent hommage à l’auguste malade :Aperçu de l’imageAperçu de l’image

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Le 19 juillet 1788

Louis XVI rend visite à son fils à Meudon. Il chasse le chevreuil au pavillon de Trivaux , en manque un et tue douze pièces. Il soupe à Trianon.

Louis-Joseph dans Lady Oscar (1979) de Jacques Demy

Le 29 juillet 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient par Trianon pour voir le Dauphin, il y dîne et y soupe.

A sculpted portrait of Louis Joseph de France by Romain Jeuffroy, circa January 1788. [credit: Bibliothèque nationale de France]Louis-Joseph de France par Romain Jeuffroy (1788)

Le 2 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient après dîner par Meudon pour voir le Dauphin, il dîne et soupe à Trianon.

Le 6 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI revient après dîner par Meudon pour voir le Dauphin, il dîne et rend visite le soir à Trianon.

Le 14 août 1788

Départ à huit heures de Rambouillet après la messe, Louis XVI rend visite à Trianon à une heure et  à Meudon à trois heures et demi. Premières vêpres. Il soupe à Trianon et la Reine revient après.

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En 1789

Mercy commente l’aggravation nette de la santé du petit Prince :

“Les articulations des pieds et des mains perdent leur flexibilité , on y remarque des tumeurs qui annoncent un rachitisme décidé. Les médecins ne savent plus de remède à y apporter.”

Louis-Joseph doit garder le lit en permanence où il souffre d’un corset qui doit redresser sa colonne vertébrale déformée. La tuberculose dont il est atteint le mine chaque jour davantage sous le regard impuissant de la Reine qui a le cœur brisé de voir ainsi son enfant.

Images de Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être Roi (2011) de Therry Binisti

Les rares sorties du Dauphin dans les jardins se font dans un fauteuil roulant.

Images des Années Lumières (1989)

The extended hamlet scene from La Revolution Francaise. The DVD version of this scene ends with Marie Antoinette approaching her son, Louis Joseph, as he rides a donkey; the extended version, shown on television, continues the scene with Marie...

Comme presque tous ceux que la mort prend jeunes, il est plus raisonnable que son âge ne le comporte, il est précoce dans ses réflexions, montre le sérieux excessif des enfants qui jouent peu et aiment à lire. On a cité des mots de lui : quel enfant royal n’a pas légué des mots à l’histoire? mais ceux-là semblent vrais et les témoins qui les rapportent sont dignes de foi. Un de ses compagnons a cassé une porcelaine à laquelle la Reine tenait beaucoup. De peur d’être grondé il s’enfuit, et le Dauphin, accusé du délit, ne se défend pas. On le punit, il est privé pendant, trois jours de sa promenade à Trianon. Mais l’autre enfant est revenu et a avoué sa faute. On s’étonne que le prince n’ait rien dit : « Est-ce à moi d’accuser quelqu’un ? » fut sa réponse.

Marc de Bombelles

Les Années Lumières (Enrico) et Les Années Terribles (Heffron), avec Jane Seymour - Page 22 Zpho10

Aucune description disponible.Image de l’Eté de la Révolution(1989) de Lazare Iglesis

Au printemps de 1789

La princesse de Lamballe rend visite au Dauphin agonisant à Meudon, accompagnée de la marquise de Laage de Volude, sa dame de compagnie.

Le Bâtiment: Fiche Historique, les Châteaux. Le Château de MeudonLe château de Meudon

Louis XVI et Marie-Antoinette ont décidé de transporter leur fils mourant à Meudon, car l’air y était plus pur qu’à Versailles.
Elles en reviennent toutes remuées ; les deux dames l’avaient trouvé d’une raison et d’une patience, qui les avaient touchées au cœur.

Madame de Laage note dans ses mémoires :

« Quand nous sommes arrivées, on lui faisait la lecture. Il avait eu la fantaisie de se faire coucher sur un billard, on y avait étendu des matelas.

Nous nous regardâmes, la princesse et moi, avec la même idée, que cela ressemblait au triste lit de parade après leur mort. »

Madame de Lamballe ayant demandé au petit malade quel livre il lisait à ce moment : « Un moment fort intéressant de notre histoire, madame, le règne de Charles VII ; il y a bien là des héros ! » Et ses beaux yeux mourants se tournaient vers la princesse, en lui disant cela.

Dr Cabanès, Mœurs intimes du passé, “Education des princes“.

En rencontrant la sœur de Madame Campan, Julie Françoise, qui avait épousé Auguste Rousseau , maître d’armes des Enfants Royaux et qui d’après Madame Vigée Le Brun était une fort aimable femme que la Reine avait attachée au service du premier Dauphin et qui lui avait donné souvent donné l’hospitalité lorsqu’elle avait des séances de pose à la Cour.
Madame Rousseau était devenue si chère au jeune prince  qu’elle soignait , que l’aimable enfant lui disait deux jours avant sa mort

” Je t’aime tant , Rousseau, que je t’aimerai encore après ma mort “

Le 2 avril 1789

L’état de Monsieur le dauphin n’a pas empiré depuis quinze jours, mais le peu de changement en mieux que l’on croit y apercevoir de temps en temps n’est pas de nature à donner des espérances fondées, et il est plus que probable qu’il faut y renoncer entièrement.

Marie-Antoinette à Joseph II

Le 5 mai 1789

Ouverture de l’assemblée des Etats généraux à Versailles.

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Image de Marie-Antoinette, Reine d’Un seul Amour (1988) de Caroline Huppert
Timothy Sebag est Louis-Joseph dans L’Evasion de Louis XVI (2009) d’Arnaud Sélignac, avec Antoine Gouy

Le Dauphin assiste à l’ouverture des Etats Généraux du balcon de la Petit Écurie, couché sur un monceau de coussins. Selon le Comte d’Hézecques :

“C’était bien le symbole de la monarchie qui ,comme lui, avait déjà un pied dans l’abîme.”

Image des Années Lumières (1989)
Louis-Joseph, premier dauphin de Louis XVI
Ce doit être Madame de Polignac qui est ici représentée aux côtés du Dauphin regardant passer la procession des Etats Généraux.

Le 10 mai 1789

L’état de Monsieur le dauphin est toujours à peu près le même. Un dévoiement, qui ne l’affaiblit pas autant qu’on aurait pu le craindre, est interprété diversement par les médecins. Les uns le regardent comme une crise salutaire, les autres prévoient qu’elle ne peut aboutir qu’à l’extinction du peu de force qui reste au malade. L’enflure ne diminue pas, et il n’existe aucun symptôme probable de guérison. 

Marie-Antoinette à Joseph II
Le Dauphin veillé par ses parents et son petit frère

“Voyant l’infinie douleur de Monsieur du Bourcet, son valet, le jeune garçon avait réclamé gentiment une paire de ciseaux, avec laquelle il coupa une mèche de ses cheveux pour la confier au loyal serviteur :

“Tenez, Monsieur, lui dit-il, voilà le seul présent que je puisse vous faire, n’ayant rien à ma disposition; mais, quand je serai mort, vous présenterez ce gage à mon papa et à ma maman; en se souvenant de moi j’espère qu’ils se souviendront de vous.” “

Il y avait à Meudon un serviteur un peu plus maladroit que les autres, qui faisait mal à Louis-Joseph lorsqu’il le prenait dans ses bras pour l’emmener prendre l’air. Un jour, Madame d’Harcourt, épouse du gouverneur de Louis-Joseph, appelle ce serviteur pour emmener le jeune malade dans le jardin. Louis-Joseph, sachant qu’il va encore avoir mal, s’écrie

Ah, ne sonnez pas. Un tel va venir, il est de service aujourd’hui, il me fait mal.
Il fait tout ce qu’il peut pour vous soulager, répond Madame d’Harcourt. Il est peut-être moins adroit que les autres mais il est aussi attentif, et le refus que vous ferez de son service le désespérera.

Alors Louis-Joseph change d’avis :

Sonnez, j’aime bien mieux souffrir que de faire de la peine à un brave homme.

Joseph - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 3 Mort_d12

Le 2 juin 1789 à dix heures du soir

Le bourdon de Notre Dame sonne “la prière des quarante heures”.

Image de Marie-Antoinette , la Véritable Histoire (2010) de Francis Leclercq et Yves Simoneau

Le 3 juin 1789

On expose le saint sacrement dans toutes les églises de Paris.

“… le pauvre enfant va de pire en pire !… Tout ce qu’on dit de ce pauvre petit est incroyable ; brise le cœur de la reine ; c’est d’une tendresse extrême pour vous. L’autre jour, il l’a suppliée de déjeuner dans sa chambre ; hélas! Elle a avalé plus de larmes que de pain...”

Allégorie de la mort de Louis-Joseph

Le pauvre prince s’éteint à une heure du matin le 4 juin. La Reine est à son chevet.

Image de Louis XVI, l’homme qui ne voulait pas être Roi (2011) de Therry Binisti

Le jour de sa mort, Madame de Laage de Volude et la princesse de Lamballe se rendent à Meudon :

“… Monseigneur Le Dauphin a été exposé dans son cercueil. J’ai été à Meudon avec la princesse pour l’arroser avec l’eau bénite. Tout était blanc et argent partout ; et dans la chambre où il se trouvait il y avait tellement de lumière que je n’avais jamais rien vu de tel ; il avait sa couronne, son épée, ses ordres sur le petit cercueil recouvert d’un drap d’argent et deux rangées de moines de chaque côté qui priaient continuellement, jour et nuit…

Mort du Dauphin dans les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

En raison des premiers remous causés par les Etats généraux, et de la nécessité de faire des économies, le Dauphin est enterré sans la pompe des funérailles solennelles auxquelles son âge et son rang lui donnaient droit.

04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph Xavier

Le 12 juin 1789

Le cœur de Louis-Joseph est confié à l’abbesse du Val-de-Grâce, transporté dans une urne portée par le duc d’Orléans. Le prince de Condé est chargé de conduire la dépouille à la basilique Saint-Denis, entouré de cent Suisses et de la garde. Le cercueil est descendu dans la crypte.

Du 14 au 21 juin 1789

Le Roi et la Reine se retirent à Marly pour pleurer leur fils. Il est enterré avec un cérémonial réduit à Saint-Denis compte tenu le contexte économique difficile. C’est le dernier séjour de la famille royale au château de Marly, toute à son deuil. Mesdames Tantes sont présentes.

Marly - Le domaine et château de Marly - Page 3 87667d10

« Le lendemain des funérailles [du dauphin Louis-Joseph], le roi et la reine quittent Versailles et se rendent à Marly. Ce fut leur dernier séjour dans ce château. Après leur immense chagrin il leur est doux, loin de la cour et loin des États-Généraux, de goûter quelques instants de vrai repos. Les nobles perspectives des bosquets et des eaux, l’horizon calme et bleu qu’on découvre de la terrasse, la demi-solitude, les appartements plus intimes conviennent mieux que l’imposant Versailles à une grande tristesse.
M. d’Angivilliers, présageant que Louis XVI irait peut-être à Marly, a, dès les derniers jours d’avril, fait mettre en état les bâtiments.
Les réparations, qui s’élèvent à 24000 livres, furent peu nombreuses et localisées au corps du château, la chapelle et les pavillons ayant été tout récemment remis à neuf, ainsi que les corps de garde et les écuries. Aussi se borne-t-on en juin à réparer les fourneaux de la cuisine-bouche, les tables, les planches, les porte-manteaux et le jeu des croisées. Le Garde-Meuble remplace les tabourets et les banquettes qui ont été apportés à Versailles.
On sable le jardin, mais, hélas ! les grandes eaux ne pourront pas fonctionner avant la Pentecôte, car il n’y a plus que cinq pieds d’eau dans le grand réservoir. Le duc du Châtelet ordonne d’aménager avec soin les chambres des officiers de la garde du roi, ces messieurs étant fort difficiles. Enfin, on entoure d’un palis à lapins les bosquets de Marly et de Luciennes. M. Thierry de Ville-d’Avray depuis quinze jours prépare les logements.
Deux ameublements complets destinés à Madame, fille du roi, et au duc de Normandie sont arrivés de Saint-Cloud le 18 mai. Le 21, le Garde-Meuble apporte soixante-quatorze tables à écrire, vingt-trois commodes de bois de noyer, six chaises d’affaire “en pot à l’œil” et deux coffres garnis de flambeaux d’argent. On tend aux fenêtres de la chambre de la reine et de la chambre du roi des rideaux de vitrage en mousseline brodée et on déploie, au-dessus des lits, d’immenses moustiquaires.
De nombreux sièges sont tapissés de damas cramoisi ou bleu. On accroche dans la chambre de Mme d’Artois quatre portières de rideaux en gros de Tours cramoisi à galon d’or, et l’on recouvre de drap vert Sedan les tables de jeux.
Le prince de Poix fait nettoyer les lanternes à réverbère qui éclairent les cours, les escaliers, les corridors, les avenues, les bosquets et les grilles. On prévoit également la dépense journalière de quatre-vingt-quatorze bougies pour illuminer les escaliers intérieurs, les entresols du cabinet des tours et du cabinet chinois, le salon de jeux et la salle à manger et enfin trente-deux bougies pour les quatre girandoles de la table et les flambeaux ambulants.
Dernier détail, les lingères préparent les draps qui sont seulement fournis aux invités à l’occasion des petits séjours de Leurs Majestés. Chaque chose sera à leur place pour l’arrivée du roi et de la reine. Le voyage, à cause du deuil, sera très simple, la suite de Leurs Majestés très restreinte ; elle comprend : un écuyer cavaldacour, deux écuyers de main, les officiers des cent suisses, le porte-manteau, le porte-malle, un contrôleur ordinaire, le premier médecin, le premier valet de chambre de Louis XVI, les dames d’honneur et les femmes de Marie-Antoinette.
La famille royale se réunira pour souper. Seuls, le dauphin et Madame, fille du roi, prendront leurs repas dans leurs appartements. Une table de huit à dix couverts sera préparée pour les dames d’honneurs « sans aucune division dans les chambres sous quelque prétexte que ce soit ».
Ces recommandations impérieuses n’empêchent pas les courtisans de laisser leurs serviteurs faire la cuisine dans les antichambres boisées des pavillons, au grand désespoir du sieur Boutherone-Desmarais, inspecteur du domaine de Marly, qui, après en avoir rendu compte au prince de Poix, écrit, le 17 juin, au directeur général des bâtiments que « les menuiseries sont à présent si engraissées qu’il faut les gratter et les imprimer à l’huile pour les rendre habitables ». Le dommage est si grand que le gouverneur de Marly décide même d’écrire au concierge du domaine une lettre bien motivée et ostensible afin que de pareils dégâts ne se renouvellent pas.
Ces quelques jours de repos passent rapidement. Le 15, Sa Majesté va chasser le cerf à Port-Royal. Plusieurs fois, le roi retourne à Versailles. La reine, toute à sa douleur, fait célébrer en dix jours soixante-dix messes pour le repos de l’âme du premier dauphin.
On imagine les promenades des courtisans dans le parc que l’été rend si beau et dans le grand salon, après souper, le cercle autour de la reine. Peu à peu, le souverain reprend son insouciance. Écartant de sa pensée tous les ennuis du pouvoir, il dit souvent, en parlant des membres des États-Généraux : « Qu’ils me laissent ce qu’ils veulent : je ne désire que de les rendre heureux. ».
Bientôt les parties de cartes interrompues reprennent. Le 15 juin, Sa Majesté joue avec le comte de Luxembourg, le marquis de Belsunce, le prince de Vaudémont, le comte de Lorges, le marquis de Cinas et Monsieur. A la lumière des bougies, les louis d’or brillent sur le tapis vert de la table. La soirée se termine par un reversi.
 (…) »

Vicomte Fleury, Les derniers jours de Versailles
, 1929
 
La Cour doit porter le deuil à Versailles, selon des règles bien précises.

Il ne suffit pas de s’habiller de noir. A Versailles, lorsque la Cour prend le deuil du prince Louis-Joseph, décédé à l’âge de sept ans et trois mois, hommes et femmes durent se conformer à un dress code des plus précis.

 Ce deuil connaîtra plusieurs périodes successives. «la première, du 7 juin au 11 juillet inclusivement, les hommes prendront l’habit de drap noir complet avec les boutons, manchettes et effilés (sorte de franges, NDLR) unis, boucles et épées bronzées, chapeaux sans plumes, les femmes prendront pour douze jours la robe de laine, la coiffe en crêpe, les bas, les gants, l’éventail et les pierres noires, les boucles bronzées, le 19 juin elles quitteront la coiffe et conserveront jusqu’au 11 juillet inclusivement le reste de l’étiquette ci-dessus». La seconde période s’étalera du 12 juillet au 15 août inclus, date de la fin du deuil. Cette fois, «les messieurs prendront l’habit de soie noire, manchettes effilés de mousseline brodée, ou entoilages, boucles blanches, épées d’argent, chapeaux à plume», écrit-il. Quant aux dames, elles porteront, du 12 juillet jusqu’au 1er août, «la robe de soie noire et les diamants», puis du 1er au 15 août «les robes noires et blanches sans rubans de couleur».

Le bailli de Virieu, ministre du duc de Parme Ferdinand IV
           Images de Louis XVI, l’Homme qui ne voulait pas être Roi ( 2011) de Thierry Binisti

Marie-Antoinette écrit à Joseph II:

“La nation n’a pas seulement eu l’air de s’apercevoir de la mort de mon pauvre petit dauphin”.

Il est vrai qu’en cette période de troubles politiques, les français se rendent à peine compte de la disparition de l’héritier du trône et ne pensent guère au chagrin que peuvent éprouver le Roi et la Reine en tant que parents.

04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph XavierDeuil du Dauphin dans les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Son frère, le Duc de Normandie (futur Louis XVII) lui succède comme Dauphin.

Dauphin - Louis-Joseph de France, premier Dauphin - Page 3 Mort_d12Gravure étrangère qui représente la mort de Louis-Joseph
vivelareine:
“A rare memorial mourning urn for Louis Joseph Xavier de France, the first son of Louis XVI and Marie Antoinette; he died on June 4th, 1789, amidst the events of the Estates General. At one point, this urn included an attached memorial...Une rare urne commémorative de deuil pour Louis Joseph Xavier de France, le premier fils de Louis XVI et de Marie Antoinette. À un moment donné, cette urne comprenait un reliquaire commémoratif attaché avec une mèche de cheveux, mais elle a depuis été perdue
Peut être une image de monumentMonument de Louis-Joseph à Saint-Denis

On sait que le couple Royal aurait voulu que Louis-Joseph épouse Marie-Amélie de Bourbons-Siciles (1782-1866), qui deviendra finalement la femme de Louis-Philippe (1773-1850).

Sa tombe à Saint-Denis est profanée le 16 octobre 1793, jour de l’exécution de sa mère.

1793, les exhumations de Saint Denis ou l'encombrant cadavre de la monarchieViolation des tombes de Saint-Denis par Hubert Robert
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L’Apothéose de Louis XVII  : cette scène représente la mort du jeune Louis XVII, le 8 juin 1795) par William Hamilton, Louis-Joseph-Xavier est l’enfant à la gauche de Louis XVI
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