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Louis-Charles, second Dauphin, Louis XVII

Aucune description disponible.Louis-Charles 

Louis-Charles de France est le second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Dauphin en 1789, puis prince royal de 1791 à 1792. Après la mort de son père, le 21 janvier 1793, et suivant l’ordre dynastique, il est reconnu comme titulaire de la couronne de France sous le nom de Louis XVII .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la naissance de Son second fils, Louis-Charles, Marie-Antoinette recourt à un subterfuge qui, sans abolir la pratique intrusive de l’accouchement public, Lui permet d’en limiter la pénibilité.

Le 27 mars 1785 au petit matin, la Reine sent que le travail est imminent. Elle ne met dans la confidence que Son amie la duchesse de Polignac, et donne le change face aux courtisans pour dissiper leurs soupçons. Elle se fait ainsi violence pour repousser jusqu’à l’extrême limite le moment d’en faire l’annonce officielle.

Aucune description disponible.Yolande de Polignac par Jean-Laurent Mosnier

Le Mercure de France rapporte que la Reine a accouché « après un travail fort court » et que de tous les princes du sang, seul le duc de Chartres se trouvait au baptême de l’enfant, « les autres princes et princesses n’ayant pu se rendre assez tôt pour s’y trouver ».

La ruse de la souveraine a parfaitement fonctionné !

 Le 27 mars 1785

Vers sept heures du soir

Louis-Charles de France naît au château de Versailles. Il est baptisé une heure plus tard dans la chapelle royale du château par le cardinal de Rohan, grand aumônier de France, en présence d’Honoré Nicolas Brocquevielle, curé de l’église Notre-Dame de Versailles : son parrain est Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, et sa marraine est Marie-Caroline de Naples, représentée par Madame Elisabeth.

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“The birth of the Queen’s third child took place at seven-thirty in the morning on Easter Sunday, 27 March 1785. The Queen had been so large that Calonne, as the appropriate minister, was said to have prepared two blue ribbons of the...Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola
Louis Charles de France was born on this day, March 27th, in 1785. He was the son second of Louis XVI and Marie Antoinette, and was known as the duc de Normandie until the death of his elder brother in 1789, at which time he became the dauphin of...Louis-Charles, duc de Normandie par Élisabeth Vigée Le Brun
Baptême de Louis-Charles le 27 mars 1785 à huit heures du soir

« 27 mars 1785.
Couches de la reine du duc de Normandie à sept heures et demie ; tout s’est passé de même qu’à mon fils ; le baptême a été à huit heures et le  Te Deum  ; il n’y avait de prince que le duc de Chartres ; il n’y a eu ni compliment, ni révérences ; Monsieur et la reine de Naples parrains.»

Journal de Louis XVI
Images du Versailles Secret de Marie-Antoinette
AIR libre - LE VERSAILLES SECRET DE MARIE-ANTOINETTE - ARTE | Facebook

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Le 9 juillet 1786

à sept heures et demie du soir

La Reine Marie-Antoinette met au monde Son dernier enfant, une petite fille qui reçoit les prénoms de Marie-Sophie-Hélène-Béatrix, couramment appelée Sophie-Béatrix ou la Petite Madame Sophie.

Madame Sophie par Elisabeth Vigée Le Brun
Southern Folk Artist & Antiques Dealer/Collector: Rare représentation des  quatre enfants de Louis XVI et Marie - Antoinette réunis by Jean Pierre  ChasselatMiniature de Jean-Pierre Chasselat (1748 – 1814), 1787
 

La berceuse des enfants de France, Agathe de Rambaud (1764-1853) est désignée pour être la berceuse des enfants de France.

Elle est attachée à la personne du Dauphin de 1785 à 1792, alors que l’enfant est emmené au Temple, elle demande « à être emprisonnée avec lui pour pouvoir le servir de nouveau ».

Agathe de Rambaud

Alain Decaux écrit:

« Madame de Rambaud a été placée auprès du Dauphin depuis le jour de sa naissance jusqu’ au 10 Août 1792 soit pendant sept ans. Durant ces sept ans, elle ne l’a pas quitté, elle l’a bercé, elle l’a soigné, elle l’a vêtu, elle l’a consolé, elle l’a grondé. Dix fois, cent fois plus que Marie-Antoinette, elle a été pour lui, une véritable mère».

Son beau-frère, Georges-René Le Pelley de Pléville (1726-1805), dit « le Corsaire à la jambe de bois », sera ministre de la Marine en 1797…

Aucune description disponible.

En mai 1787

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette et ses enfants"Marie-Antoinette et Ses enfants ( Marie-Thérèse et Louis-Joseph) par Wertmüller

La Reine ayant eu le bonheur de conserver la tendre amitié de Madame Louise, venait, deux fois l’année, à Saint-Denis, pour rendre ses devoirs à Sa tante. Elle lui amenait Ses jolis enfants, dont toutes ces bonnes Religieuses se montraient idolâtres; et la visite du jour de l’An était plus particulièrement consacrée aux cadeaux.  Lorsque le duc de Normandie fut en sevrage, on le transporta chez la Fille de Louis XV, qui brûlait d’impatience de le voir. La Communauté, réunie en cercle, admira tout à son aise ce beau petit garçon, dont la physionomie, déjà distinguée comme celle de sa mère, promettait un si brillant avenir.
Comme on allait se séparer pour remonter dans les voitures, la Prieure bienveillante articula ces mots: Nos quatre Novices, que retiennent en ce moment les travaux de la Buanderie, vont être bien affligées de n’avoir pas vu ce que nous voyons!… Mais ce sera pour une autrefois.
— « Non, non, ma chère Tante, s’écria la Reine « aussitôt : Je comprends la privation de ces saintes filles. Allons toutes, de ce pas, à la Buanderie, que « je n’ai pas encore remarquée. Mon Fils voyagera « dans votre monastère, et ne s’en portera que mieux. »
On se transporta gaiement jusqu’aux verdures où coule la jolie rivière intérieure. Les quatre Novices et les Sœurs Converses eurent la satisfaction de voir la Reine, et de baiser la main de son cher Enfant.

L. Lafont d’Aussonne dans des Mémoires secrets et universels des Malheurs et de la Mort de la Reine de France
Cloître du carmel de Saint-Denis

En juin 1787

La petite Sophie montre des signes d’inquiétudes, prise sans cesse par des convulsions.

 

L’épée de cour de Louis, duc de Normandie

L’épée de diamants de Louis XVI et l'épée du duc de Normandie (Louis XVII) Capt1163

Cette épée de proportions réduites, est celle d’un enfant princier : la poignée et le pommeau sont en agate, la branche de garde est en argent doré enrichie de pierreries enchâssées dans des chatons.

Épée de cour du dauphin Louis, duc de Normandie - Musée de l'Armée | Scherma

La lame, triangulaire, est gravée de fleurs sur les trois faces. Le fourreau est en peau de requin, muni de garnitures elles aussi en vermeil, le tout orné de pierreries.

Source : Musée de l’Armée

Le 19 juin 1787

La petite Sophie décède sans doute atteinte d’une tuberculose pulmonaire. La cause de son trépas est un peu mystérieuse mais il semble s’agir d’une grave infection pulmonaire.

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette et ses enfants"Portrait de Marie-Antoinette et Ses enfants (1787) par Élisabeth Vigée Le Brun, Madame Sophie devait figurer dans le berceau mais le deuil l’a laissé vide…
Aucune description disponible.Initialement, Louis-Joseph devait indiquer de faire silence pour laisser sa petite sœur dormir ; Elisabeth Le Brun l’effacera du berceau qu’elle conservera malgré tout pour marquer l’absence de la princesse
 
 Louis-Charles et son chien Moufflet (vers 1789) Atelier d’Elisabeth Vigée Le Brun. Il presse contre lui le chien de son frère, Moufflet, qui lui a été offert en même temps qu’il devenait Dauphin.
Aucune description disponible.Louis-Joseph dans son fauteuil roulant

Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

Aucune description disponible.

Jusque le 4 juin 1789

Avant le décès de son frère aîné, titré duc de Normandie, il a pour armes un écartelé de France et de gueules à deux léopards d’or, armés et lampassés d’azur qui est de Normandie.

Le 4 juin 1789

Son frère aîné, le Dauphin Louis-Joseph, meurt de la tuberculose osseuse à Meudon.

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“Detail of a portrait of the Dauphin, Louis Joseph, eldest son of Louis XVI and Marie Antoinette.
”Louis-Joseph par Elisabeth Vigée Le Brun
Mort de Louis-Joseph dans le film Les Années Lumières (1989)04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph Xavier

Comme deuxième fils de Louis XVI, Louis-Charles de France n’est donc pas destiné, à sa naissance, à succéder à son père, mais la mort de tuberculose osseuse — mal de Pott  — de son frère aîné Louis-Joseph, le 4 juin 1789 en fait le Dauphin de France.

8 juin 1795 - Louis XVII meurt au Temple - Herodote.netLouis-Joseph Dauphin de France (1781-1789) - Photo de Famille de Louis XVI,  Louis XVIII et Charles X - L'envers de l'Histoire

Un mois après la mort du Dauphin Louis-Joseph, le duc d’Harcourt, la duchesse et leurs petites filles s’étant retirés, les appartements sont occupés par Louis Charles duc de Normandie, devenu Dauphin à l’âge de quatre ans, et par sa sœur aînée Madame Royale, accompagnés de leur gouvernante et de son mari, la duchesse et le duc de Polignac.

Selon les ordres donnés à Monsieur Loiseleur par la gouvernante dans les premiers jours de juillet, il faut procéder à de petits travaux consistant “dans quelques changements de cloisons légères pour distribuer convenablement au service de Madame fille du Roi“.

Selon la volonté de Madame de Polignac et de la Reine Elle-même, les travaux devaient commencer dès le lundi 6 juillet, malgré la présence du Prince et de la Princesse.

La nouvelle organisation que Madame de Polignac entendait mettre en place consistait à muer l’ancien appartement du Dauphin en un “Appartement des Enfants de France“, commun au Dauphin et à sa sœur.

Ainsi, après la Salle des Gardes et les deux Antichambres, laissant sur la droite le service de Madame Royale, on trouverait sur la gauche trois chambres communicantes : la première pour Madame Royale dans l’ancienne chambre à coucher du Dauphin, la deuxième pour le Dauphin Louis Charles dans le Cabinet d’angle, et la troisième pour la gouvernante dans l’ancienne bibliothèque.

A la suite, l’ancien appartement du duc d’Harcourt serait devenu celui de Monsieur de Polignac, et celui de la duchesse d’Harcourt serait repris par la Duchesse de Polignac pour y établir ses pièces de représentation, y compris la salle à manger dont elle demandait le rétrécissement.

Peut être une image de texte qui dit ’R8 R7 R4 R3 S2 S2bis R14 R2 R6 Q7bis Q10 R1 qua bis Q1l Q7 R1 Q15 Q6bis Q14 Q6 Q5bis bis Q5 UL Q1b. Q2 Appartement des Enfants de France Q1 Q4 Appartement du Duc de oljgnac Appartement de Madame de Polignac’Plan du rez-de-chaussée du Corps Central le 6 juillet 1789 :
– Appartement des Enfants de France :
R1 : Salle des Gardes, R2 : Antichambre, R3 : Pièce des Nobles, R7 : Chambre à coucher de Madame Royale, R8 : Chambre à coucher du Dauphin, R9 : Chambre de veille de la duchesse de Polignac, R11 : escalier pour monter chez la Reine, R12 : garde-robe,            R13 : bains.
– Service de Madame Royale : R4 et S2 à S3.
– Appartement du duc de Polignac :
Q15 : passage, Q15BIS : pièce du suisse, Q11 : première antichambre, Q12 : valet de chambre, Q10:
seconde antichambre, Q7BIS : salon, Q8 : chambre à coucher, Q9 : cabinet particulier,  R10 : garde-robe à l’anglaise.
– Appartement de la duchesse de Polignac :
Q1 : entrée, Q1BIS : pièce du suisse, Q4 : réchauffoir, Q2 : antichambre, Q3 et Q3TER : service, Q5 : salle à manger, Q6 : salon de compagnie, Q6BIS : chambre à coucher,            Q7 : cabinet particulier, Q14 : bains.

Les démontages préliminaires commencent le 6 juillet dans la bibliothèque destinée à devenir chambre de la gouvernante, et dans la chambre contiguë attribuée à Monsieur de Polignac. La dépose des glaces se poursuit le lendemain dans l’ancien appartement de M. de Bourcet, ainsi que dans l’ancienne pièce de retraite des sous-gouverneurs. Madame de Polignac ne devait pas voir l’achèvement de ces travaux…

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette Geneviève Casile""Geneviève Casile est Marie-Antoinette (1975)  pour Guy-André Lefranc

Un contemporain trace ainsi le portrait du nouveau Dauphin :

Il avait un peu plus de quatre ans. Sa taille était fine, svelte cambrée et sa démarche pleine de grâce. Son front, large et découvert, ses sourcils arqués, ses grands yeux bleus, étaient frangés de longs cils châtains, son teint, d’une éblouissante blancheur, se nuançait du plus frais incarnat. Ses cheveux, d’un blond cendré, bouclaient naturellement et descendaient sur ses épaules.
On retrouvait sur sa physionomie noble et douce quelque chose de la dignité de Marie-Antoinette et de la bonté de Louis XVI.
Tous ses mouvements étaient pleins de grâce et de vivacité. Il était tendre pour ceux qui l’aimaient, attentif pour ceux qui lui parlaient, poli pour tout le monde. Ces excellentes qualités étaient toutefois tempérées par une vivacité et une impatience singulières. Il souffrait avec peine le joug des femmes commises à son service et combattait de toutes les forces de son âge la règle établie pour son lever et son coucher. Son indocilité cessait à la vue de sa mère
.”

La petite calèche de Louis-Charles,
Promenade dans les jardins du Dauphin

( texte et photographies de Christophe Duarte ; Versailles – passion )

Peut être une image de véhiculeCette petite calèche a appartenu au Dauphin Louis Charles qui l’utilisa dans les jardins.

Peut être une image de véhicule
Son avant-train est pourvu d’une barre de volée permettant d’atteler deux animaux, dans doute des chèvres, tandis que le train arrière porte une plateforme d’entretoise où peut se tenir un enfant de la suite du Prince.

Aucune description de photo disponible.

Dotée des dernières nouveautés, la voiture est l’exacte réplique d’une véritable calèche : flèche à cul de cygne, ressorts en “C” et caisse conforme à la nouvelle mode “à l’anglaise” présentant à l’avant un profil concave et sinueux.

Peut être une image de mobilier et texte qui dit ’Versailles Passion Christoph D. Chau Versailles ai 2016’

Le décor adopte un vocabulaire gracile et champêtre parfaitement au goût du jour.  Sur la traverse du dossier figure une fleur de lys entre deux enroulement d’acanthe. Au centre des portières, en camaïeu d’or, des dauphins enlacés évoquent le jeune destinataire du véhicule.

Aucune description disponible.

 

Peut être une image de 2 personnesLe Dauphin jardinant sous les yeux de son père Louis XVI

Le 14 juillet 1789

Le peuple prend la Bastille.

Comment la prise de la Bastille est-elle racontée par Jules Michelet ? – Un  Texte Un Jour

Le 16 juillet 1789

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Les Polignac émigrent sous les conseils de la Reine: la duchesse est très impopulaire.

Madame de Polignac est remplacée par la marquise de Tourzel(1749-1832), veuve du Grand Prévôt de France.
Portrait de Louise Élisabeth princesse de Croy d’Havré . marquise et duchesse de Tourzel

 

 Le 24 juillet 1789

Marie-Antoinette adresse à la nouvelle gouvernante de Ses enfants cette émouvante lettre où Elle les décrit si bien :

Mon fils a quatre ans quatre mois moins deux jours. Je ne parle pas ni de sa taille, ni de son extérieur, il n’y a qu’à le voir. Sa santé a toujours été bonne, mais, même au berceau, on s’est aperçu que ses nerfs étaient très-délicats et que le moindre bruit extraordinaire faisait effet sur lui. Il a été tardif pour ses premières dents, mais elles sont venues sans maladies ni accidents. Ce n’est qu’aux dernières, et je crois que c’était à la sixième, qu’à Fontainebleau il a eu une convulsion. Depuis il en a eu deux, une dans l’hiver de 87 à 88, et l’autre à son inoculation ; mais cette dernière a été très-petite. La délicatesse de ses nerfs fait qu’un bruit auquel il n’est pas accoutumé lui fait toujours peur ; il a peur, par exemple, des chiens parce qu’il en a entendu aboyer près de lui. Je ne l’ai jamais forcé à en voir, parce que je crois qu’à mesure que sa raison viendra, ses craintes passeront. Il est, comme tous les enfants forts et bien portants, très étourdi, très léger, et violent dans ses colères ; mais il est bon enfant, tendre et caressant même, quand son étourderie ne l’emporte pas. Il a un amour-propre démesuré qui, en le conduisant bien, peut tourner un jour à son avantage. Jusqu’à ce qu’il soit bien à son aise avec quelqu’un, il sait prendre sur lui, et même dévorer ses impatiences et colères, pour paraître doux et aimable. Il est d’une grande fidélité quand il a promis une chose ; mais il est très indiscret, il répète aisément ce qu’il a entendu dire, et souvent sans vouloir mentir il ajoute ce que son imagination lui a fait vois. C’est son plus grand défaut, et sur lequel il faut bien le corriger. Du reste, je le répète, il est bon enfant, et avec de la sensibilité et en même temps de la fermeté, sans être trop sévère, on fera toujours de lui ce qu’on voudra. Mais la sévérité le révolterait, parce qu’il a beaucoup de caractère pour son âge ; et, pour donner un exemple, dès sa plus petite enfance le mot pardon l’a toujours choqué. Il fera et dira tout ce qu’on voudra quand il a tort, mais le mot pardon, il ne le prononcera qu’avec des larmes et des peines infinies. On a toujours accoutumé mes enfants à avoir grande confiance en moi, et quand ils ont eu des torts, à me les dire eux-mêmes. Cela fait qu’en les grondant j’ai l’air plus peinée et affligée de ce qu’ils ont fait que fâchée. Je les ai accoutumés tous à ce que oui, ou non, prononcé par moi, est irrévocable, mais je leur donne toujours une raison à la portée de leur âge, pour qu’ils ne puissent pas croire que c’est l’humeur de ma part. Mon fils ne sait pas lire, et apprend fort mal ; mais il est trop étourdi pour s’appliquer. Il n’a aucune idée de hauteur dans la tête, et je désire fort que cela continue. Nos enfants apprennent toujours assez tôt ce qu’ils sont. Il aime sa sœur beaucoup, et a bon cœur. Toutes les fois qu’une chose lui fait plaisir, soit d’aller quelque part ou qu’on lui donne quelque chose, son premier mouvement est toujours de demander pour sa sœur de même. Il est né gai. Il a besoin pour sa santé d’être beaucoup à l’air, et je crois qu’il vaut mieux pour sa santé le laisser jouer et travailler à la terre sur les terrasses que de le mener plus loin. L’exercice que les petits enfants prennent en courant, en jouant à l’air est plus sain que d’être forcés à marcher, ce qui souvent leur fatigue les reins.

Je vais maintenant parler de ce qui l’entoure. Trois sous-gouvernantes, mesdames de Soucy, belle-mère et belle-fille, et madame de Villefort. Madame de Soucy la mère, fort bonne femme, très instruite, exacte, mais mauvais ton. La belle-fille, même ton. Point d’espoir. Il y a déjà quelques années qu’elle n’est plus avec ma fille ; mais avec le petit garçon il n’y a pas d’inconvénient. Du reste, elle est très fidèle et même un peu sévère, avec l’enfant : Madame de Villefort est tout le contraire, car elle le gâte ; elle a au moins aussi mauvais ton, et plus même, mais à l’extérieur. Toutes sont bien ensemble.

Les deux premières femmes, toutes deux fort attachées à l’enfant. Mais madame Lemoine, une caillette et bavarde insoutenable, contant tout ce qu’elle sait dans la chambre, devant l’enfant ou non, cela est égal. Madame Nouville a un extérieur agréable, de l’esprit, de l’honnêteté ; mais on la dit dominée par sa mère, qui est très intrigante.

Brunier le médecin a ma grande confiance toutes les fois que les enfants sont malades, mais hors de là il faut le tenir à sa place ; il est familier, humoriste et clabaudeur.

L’abbé d’Avaux peut être fort bon pour apprendre les lettres à mon fils, mais du reste il n’a ni le ton, ni même ce qu’il faudrait pour être auprès de mes enfants. C’est ce qui m’a décidée dans ce moment à lui retirer ma fille ; il faut bien prendre garde qu’il ne s’établisse hors les heures des leçons chez mon fils. C’est une des choses qui a donné le plus de peine à madame de Polignac, et encore n’en venait-elle toujours à bout, car c’était la société des sous-gouvernantes. Depuis dix jours j’ai appris des propos d’ingratitude de cet abbé qui m’ont fort déplu.

Mon fils a huit femmes de chambre. Elles le servent avec zèle ; mais je ne puis pas compter beaucoup sur elles. Dans ces derniers temps, il s’est tenu beaucoup de mauvais propos dans la chambre, mais je ne saurais pas dire exactement par qui ; il y a cependant une madame Belliard qui ne se cache pas de ses sentiments : sans soupçonner personne on peut s’en méfier. Tout son service en hommes est fidèle, attaché et tranquille.

Madame de Tourzel, ayant reçu les consignes et les conseils de la Reine le 24 juillet, entre en fonctions le 26. Elle s’installe presque aussitôt, avec sa fille cadette Pauline, près des Enfants Royaux, mais selon une organisation toute différente de celle qui avait été arrangée par Madame de Polignac.

Cette fois, la notion d’un “Appartement des Enfants de France” étant exclue, le Dauphin Louis-Charles dispose de tout l’appartement de son défunt frère Louis-Joseph (excepté la bibliothèque), et sa sœur Madame Royale de celui de la Duchesse d’Harcourt (hormis le cabinet particulier sur parterre, la pièce des bains et les entresols sur cours).

 

Louis-Charles passe sa première enfance dans l’insouciance, sa vie parmi les enfants de la Cour se déroulant entre les escaliers du château de Versailles et la terrasse du Midi où a été aménagé un petit jardin qui fait le bonheur de l’héritier du trône. Il est entouré d’une nombreuse Maison, comprenant de très nombreux serviteurs attachés à sa personne, parmi lesquels Agathe de Rambaud, sa berceuse, Madame de Tourzel sa gouvernante et Jean-Baptiste Cant Hanet dit Cléry, son valet.

 

Peut être une image de 1 personne et sculpture

Le 1er octobre 1789

Le banquet des Gardes du corps, 1er octobre 1789

Fête des gardes du corps du Roi en l’honneur du régiment de Flandres à l’Opéra de Versailles en présence de la famille royale. Louis-Charles y paraît dans les bras de sa mère.

A portrait of Louis Charles by Jean Marie RibouLouis-Charles par Jean-Marie Ribou

Orgie des Gardes du Corps dans la salle de l'Opéra de Versailles ...

Le 5 octobre 1789

Aucune description disponible.

Des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

La famille royale se replie dans le château…

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée.

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Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule.

Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie en tenant la main de Ses enfants.

Pour pouvoir La viser, la foule crie : ” Pas d’enfants!”.

Louis-Charles et Marie-Thérèse rentrent dans la chambre d’apparat du Roi.

Le 6 octobre 1789 dans Les Années Lumières (1988)  de Robert Enrico

La famille royale est ramenée de force à Paris, on appelle le Roi, la Reine et le Dauphin, ” le boulanger, la boulangère et le petit mitron“.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zparis10Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet

Ils s’installent aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place. En arrivant dans ce vieux palais des rois, Louis-Charles se navre :

Tout est laid, ici, Maman

-Louis XIV y logeait et s’y trouvait bien, mon fils, ne soyons pas plus difficiles que lui.

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Mardi 9 février 1790

Le Roi, la Reine et le Dauphin sont venus à la cathédrale, sans gardes et sans aucune suite. Ils sont descendus de voiture à la porte de l’église. Louis XVI et Marie Antoinette tiennent la main du Dauphin. Le peuple, attendri et plein de joie, répète mille fois : « Vive le Roi, vive la Reine, vive Monsieur le Dauphin. » Louis XVI contemple son peuple, et des larmes se sont échappées. Le peuple crie une seconde fois : « vive la Reine ». Alors  le Dauphin se met à claquer des mains. Le Roi et la Reine entendent ensuite la messe à l’autel de la vierge.
Après la messe, le Roi, la Reine et le Dauphin se sont rendus aux Enfants Trouvés ; ils se sont ensuite retirés, à douze heures, accompagnés de Monsieur Bailly et du marquis de La Fayette.

Futur Louis XVII (Détail)Louis-Charles (1790) , école française

Le 11 mars 1790

Un lapin blanc élevé par le Dauphin le mord à la lèvre.

Été 1790

La famille royale est autorisée à séjourner à Saint-Cloud.

Louis Charles in 1790, sculpted by Louis-Pierre DeseineLouis Charles en 1790, par Louis-Pierre Deseine

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération.

Lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles Al710La Fête de la Fédération dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1988)

 Le Roi prête serment de fidélité aux lois nouvelles :

 «Moi, roi des Français, je jure d’employer le pouvoir qui m’est délégué par la loi constitutionnelle de l’État, à maintenir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois».

La Reine, se levant et montrant le Dauphin :

«Voilà mon fils, il s’unit, ainsi que moi, aux mêmes sentiments».

Louis Charles, par Marie Victoire Jacquotot

Courant novembre jusqu’au 8 décembre 1790

Séjour de la famille royale au château de Saint-Cloud.

Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais -

Portrait de Marie-Antoinette (1755-1793) et ses enfants au pied d'un arbre  de François Dumont l'Aîné - Reproduction d'art haut de gammeLa Reine et Ses enfants dans le parc de Saint-Cloud par François Dumont

vivelareine:
““ And the pale shadow saith to God in heaven:
“I am an orphan and no king at all;
I was a weary prisoner yestereven,
My father’s murderers fed my soul with gall.
Not me, O Lord, the regal name beseems.
Last night I fell asleep in...

En 1791

Le 1er janvier 1791

La Constitution du Royaume de France remplace le titre de Dauphin  par celui de «prince royal », ce changement étant la conséquence logique du remplacement du titre de Roi de France par celui de Roi des Français.

Louis XVI et Marie-Antoinette reçoivent les hommages de la Famille Royale, de la Cour, de la municipalité de Paris et de la garde nationale de Paris. La députation de la municipalité, accompagnée de celle de la garde nationale, est conduite chez le Roi et chez la Reine par les officiers des Cérémonies.

Vers midi, le Roi, accompagné de Monsieur, et précédé des chevaliers, commandeurs et officiers de l’Ordre du Saint-Esprit, marchant processionnellement, et portant, ainsi que Louis XVI, l’habit de l’Ordre, se rend à la Chapelle du château des Tuileries, où il entend la grand’messe chantée par sa Musique, et célébrée par Mgr de Roquelaure, évêque de Senlis et premier aumônier du Roi. La Reine et la Famille Royale y assistent dans la tribune. Madame Stanislas de Clermont-Tonnerre a fait la quête.

C’est la dernière fois que les chevaliers du Saint-Esprit s’assemblent, et que Louis XVI revêt le costume et le collier de l’Ordre.

Résultat de recherche d'images pour "Louis XVI par Roslin"Louis XVI par Roslin

Louis XVI et Marie Antoinette soupent au Grand Couvert.

M. Pétion de Villeneuve, maire de Paris, refuse de faire le compliment du nouvel an à Marie-Antoinette.

A l’occasion du nouvel an, l’usage est de donner l’aubade sous les fenêtres du Roi.  La Musique du Roi se rend au château des Tuileries, et interprète plusieurs reprises, en allusion à la liquidation des dettes de l’Etat décidée par l’Assemblée nationale, l’air de l’opéra-comique « des dettes ».

Louis XVI dispose, à cette date, dans sa caisse de 280 926 livres, et reçoit 12 000 livres.

Des vainqueurs de la Bastille viennent présenter, pour étrennes, à Monsieur le Dauphin, un domino fait de pierre et de marbre de cette prison d’Etat.

Sur le couvercle sont gravés des vers :

« Des pierres et des murailles, qui renfermaient d’innocentes victimes de pouvoir arbitraire, ont été transformés en jouet pour être offert, Monseigneur, comme un hommage de l’amour du peuple et pour vous apprendre qu’elle est sa puissance. »

Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais -

Le 20 février 1791

Départ de Mesdames Adélaïde et Victoire, ses grand-tantes, qui partent pour Rome.

Le 18 avril 1791

Navlet Joseph | Le Peuple parisien empêche Louis XVI de se rendre à  Saint-Cloud | MutualArtTableau de Joseph Navlet

La famille royale est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.

The dauphin and Madame Elisabeth in a park by Antoine-Louis-Francois Sergent-Marceau
Madame Elisabeth was the sister of Louis XVI, and was imprisoned along with Marie Antoinette, the king and their two children in the Temple.Louis-Charles et Madame Elisabeth dans le parc des Tuileries par Antoine-Louis-Francois Sergent-Marceau

Medallion Portrait of Louis-Charles (178 - Alexandre Kucharski en  reproduction imprimée ou copie peinte à l'huile sur toile

Louis-Charles par Alexandre Kucharski
La marquise de Tourzel – Marie-Antoinette AntoinetthologieLouis-Charles et Madame de Tourzel
Réunion des musées nationaux | Marie antoinette, Reine de france, Musées  nationaux

Les projets d’évasion se concrétisent grâce, en particulier, à l’entremise d’Axel de Fersen.

Images de l’Evasion de Louis XVI (2009) d’Arnaud Sélignac : Louis-Charles est interprété                                                       par Morgane Rouault                                           

 

 

 

 

 

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale. Louis-Charles est habillée en petite fille et joue le rôle d’une petite Aglaé, sa sœur est Amélie, filles de Madame de Korff, rôle qui revient à Madame de Tourzel. Marie-Antoinette devient leur gouvernante, Sophie Rochet et Louis XVI, l’intendant Durand. Madame Elisabeth est la dame de compagnie de la baronne de Korff.

La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

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Sur la route de Montmédy – Marie-Antoinette AntoinetthologieLe 21 juin 1791

 Le Roi et la Famille Royale sont arrêtés à Varennes.

akg-images - Arrestation de Louis XVI.Chez l’épicier Sauce à Varennes, par Prieur
enfant -roi - L'Enfant-Roi de Jean Kemm (1923) Enfant15L’attente chez Sauce vue par Jean Kemm dans l’Enfant-Roi (1923)
Le Dauphin dormant chez les Sauce, dans La Nuit de Varennes (1982) d’Ettore Scola

Images de l’Evasion de Louis XVI (2009) d’Arnaud Sélignac
Aucune description disponible.La Reine, le Dauphin, Barnave et le Roi dans la berline du retour de Varennes
Aucune description disponible.En face : Madame Elisabeth, Pétion, Madame de Tourzel et Marie-Thérèse

Le 25 juin 1791

La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Le 1er mars 1792

Léopold II, le frère de Marie-Antoinette, meurt.

Aucune description disponible.Louis-Charles en petit savoyard : ce serait le portrait le plus ressemblant que nous possédons du Dauphin.

Voici l’extrait d’une lettre que Louis XVI adresse au précepteur de Louis-Charles, l’Abbé d’Avaux: 

Vous avez à former le cœur, l’esprit et le corps d’un enfant. L’exemple, de sages conseils, des louanges accordées avec art, et des réprimandes toujours faites avec douceur, feront naître dans le cœur de votre jeune élève la douce sensibilité, la honte de la faute, l’envie de bien faire, une louable émulation, et le désir de plaire à son instituteur.

Peu de livres, mais bien choisis; des livres élémentaires, clairs, précis et méthodiques; une aimable occupation qui ne fatigue point la mémoire, qui excite la curiosité, donne le goût de l’étude et l’amour du travail, doivent former bientôt l’esprit d’un enfant bien organisé, docile et studieux.

Des extraits souvent répétés, la promenade, des travaux champêtres dont l’instituteur doit partager les fatigues et les plaisirs, et qui peuvent se borner à la culture d’un petit jardin; quelque jeu avec des enfants du même âge, mais en présence du maître, voilà des moyens infaillibles pour conserver la santé de l’enfant, charmer ses ennuis, et fortifier son corps.

Que les principes des connaissances soient gravées dans la mémoire de mon fils; je méprise les hommes superficiels, ce sont des ignorants présomptueux, plus sujets à l’erreur que les autres hommes.

Exaltez à ses yeux les vertus qui font les bons rois, et que vos leçons soient proportionnées à son intelligence. Hélas! Il ne sera que trop tenté d’imiter un jour ceux de ses ancêtres qui ne furent recommandables que par des exploits guerriers. La gloire militaire tourne la tête. Eh! quelle gloire, que celle qui fait répandre des flots de sang humain, et ravage l’univers!

Apprenez-lui avec Fénelon, que les principes pacifiques sont les seuls dont le peuples conservent un religieux souvenir. Le premier devoir d’un prince est de rendre son peuple heureux : s’il sait être roi, il saura toujours bien défendre le peuple et sa couronne.

Apprenez-lui, de bonne heure, à savoir pardonner l’injure, oublier l’injustice, à récompenser les actions louables, à respecter les mœurs, à être bon, à reconnaître les services qui lui ont été rendus.

Parlez-lui souvent de la gloire de ses aïeux, et offrez-lui pour modèle de conduite, Louis IX, prince religieux, avec des mœurs et de la vérité; Louis XII qui ne veut point punir les conjurés du duc d’Orléans, et qui reçoit des Français le titre de Père du peuple; du grand Henri, nourrissant la ville de Paris qui l’outrage et lui fait la guerre; de Louis XIV, non lorsqu’il donne des lois à l’Europe, mais lorsqu’il pacifie l’univers, et qu’il est le protecteur des talents, des sciences et des beaux-arts.

Ce n’est point des exploits d’Alexandre ni de Charles XII, dont il faut entretenir votre élève : ces princes sont des météores qui ont dévasté la terre. Parlez-lui, et de bonne heure, des princes qui ont protégé le commerce, agrandi la sphère des arts, enfin des rois tels qu’il les faut aux peuple, et non tels que l’Histoire se plaît à les louer.

En attendant que votre jeune élève apprenne l’art de régner, faites réfléchir sur lui le miroir de la vérité sut tout ce qui peut lui rappeler qu’il n’est au-dessus des autres hommes que pour les rendre heureux.

[…]Au milieu des chagrins qui déchirent mon âme, mon unique consolation est dans mon fils.

Aucune description de photo disponible.Louis XVI donnant une leçon de géographie à Louis-Charles alors qu’ils sont encore aux Tuileries

Le 11 juin 1792

Louis XVI oppose son veto aux décrets des 27 mai et 8 juin.

Lui et la Reine sont désormais surnommés “Monsieur et Madame Veto“.

vivelareine:
“A portrait of Louis Charles de France by Alexander Kucharsky, 1792.
”Louis-Charles (1792) par Alexander Kucharsky
XVII - Louis-Charles, second dauphin, puis Louis XVII - Page 12 2018_c29Louis-Charles et Marie-Thérèse par Marie-Victoire Lemoine

Le 20 juin 1792

Le peuple des faubourgs, encadré par des gardes nationaux et ses représentants, comme le brasseur Santerre (10 à 20 000 manifestants selon Roederer), pénètre dans l’assemblée, où Huguenin lit une pétition. Puis elle envahit le palais des Tuileries.

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-13Le peuple de Paris pénétrant dans le palais des Tuileries le 20 juin 1792
Jan Bulthuis, vers 1800
Escalier monumental des Tuileries (avant sa destruction)

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  800px-15

« Avec le courage passif qui est le sien », selon Michel Vovelle, le Roi subit sans faiblir pendant deux heures le défilé de la foule, accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation pour faire passer les paroles de Legendre :

« Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore », mais refuse de retirer son veto comme de rappeler les ministres girondins, invoquant la loi et la constitution.

20 juin - La journée du 20 juin 1792  20_jui10Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

La Reine n’a pu parvenir jusqu’au Roi ; elle est dans la salle du conseil et on avait eu de même l’idée de la placer derrière la grande table, pour la garantir autant que possible de l’approche de ces barbares …  les révolutionnaires passent devant Elle afin de L’observer :

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  Ivr11_10

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  222ff210On voit bien que l’auteur de cette peinture s’est inspiré d’un buste de Marie-Antoinette (celui de Lecomte) pour La représenter

Elle avait attaché à sa tête une cocarde aux trois couleurs qu’un garde national lui avait donnée. Le pauvre petit dauphin était, ainsi que le roi, affublé d’un énorme bonnet rouge. La horde défila devant cette table ; les espèces d’étendards qu’elle portait étaient des symboles de la plus atroce barbarie. Il y en avait un qui représentait une potence à laquelle une méchante poupée était suspendue ; ces mots étaient écrits au bas : Marie Antoinette à la lanterne. Un autre était une planche sur laquelle on avait fixé un cœur de bœuf, autour duquel était écrit : cœur de Louis XVI. Enfin un troisième offrait les cornes d’un bœuf avec une légende obscène.
L’une des plus furieuses jacobines qui défilaient avec ces misérables s’arrêta pour vomir mille imprécations contre la reine.
Sa Majesté lui demanda si elle l’avait jamais vue : elle lui répondit que non ; si elle lui avait fait quelque mal personnel : sa réponse fut la même mais elle ajouta : “c’est vous qui faites le malheur de la nation.
– On vous l’a dit, reprit la reine ; on vous a trompée. Epouse d’un roi de France, mère du dauphin, je suis française, jamais je ne reverrai mon pays, je ne puis être heureuse ou malheureuse qu’en France ; j’étais heureuse quand vous m’aimiez”.
Cette mégère se mit à pleurer, à lui demander pardon, à lui dire : “c’est que je ne vous connaissais pas ; je vois que vous êtes bien bonne”.

20 juin 1792 - La journée du 20 juin 1792  20_jui10

Mesdames de Lamballe, de Tarente, de La Roche-Aymon, de Mackau entourent alors la Reine, ainsi que Madame de Tourzel qui souligne dans ses Mémoires :

La Reine était toujours dans la chambre du Roi, lorsqu’un valet de chambre de Mgr le Dauphin accourut tout hors de lui avertir cette princesse que la salle était prise, la garde désarmée, les portes de l’appartement forcées, cassées et enfoncées, et qu’on le suivait.
On se décida à faire entrer la Reine dans la salle du Conseil, par laquelle Santerre faisait défiler sa troupe pour lui faire quitter le château. Elle se présenta à ces factieux au milieu de ses enfants, avec ce courage et cette grandeur d’âme qu’elle avait montrés les 5 et 6 octobre, et qu’elle opposa toujours à leurs injures et à leurs violences.
Sa Majesté s’assit, ayant une table devant elle, Mgr le Dauphin à sa droite et Madame à sa gauche, entourée du bataillon des Filles-Saint-Thomas, qui ne cessa d’opposer un mur inébranlable au peuple rugissant, qui l’invectivait continuellement.
Plusieurs députés s’étaient aussi réunis auprès d’elle.
Santerre fait écarter les grenadiers qui masquaient la Reine, pour lui adresser ces paroles : ” On vous égare, on vous trompe, Madame, le peuple vous aime mieux que vous le pensez, ainsi que le Roi ; ne craignez rien “.
-” Je ne suis ni égarée ni trompée, répondit la Reine, avec cette dignité qu’on admirait si souvent dans sa personne, et je sais (montrant les grenadiers qui l’entouraient) que je n’ai rien à craindre au milieu de la garde nationale “.
Santerre continua de faire défiler sa horde en lui montrant la Reine. Une femme lui présente un bonnet de laine ; Sa Majesté l’accepte, mais sans en couvrir son auguste front. On le met sur la tête de Mgr le Dauphin, et Santerre, voyant qu’il l’étouffait, le lui fait ôter et porter à la main.
Des femmes armées adressent la parole à la Reine et lui présentent les sans-culottes ; d’autres la menacent, sans que son visage perde un moment de son calme et de sa dignité.
Les cris de “Vivent la Nation, les sans-culottes, la liberté ! à bas le veto !” continuent.
Cette horde s’écoule enfin par les instances amicales et parfois assez brusques de Santerre, et le défilé ne finit qu’à huit heures du soir.
Madame Elisabeth, après avoir quitté le Roi, vint rejoindre la Reine, et lui donner de ses nouvelles.
Ce prince revint peu après dans sa chambre, et la Reine, qui en fut avertie, y entra immédiatement avec ses enfants.

Vers dix heures du soir

Pétion et les officiers municipaux font évacuer le château.

Même s’il a subi une humiliation, Louis XVI a fait échouer la manifestation, par son obstination imprévue et sa fermeté tranquille, et il se tient désormais sur ses gardes.
Surtout, elle renforce l’opposition royaliste, le déchaînement de la foule et le courage du Roi suscitant un courant d’opinion en sa faveur. Des départements parviennent à Paris adresses et pétitions pour dénoncer la manifestation, même si de nombreux clubs envoient des pétitions hostiles au Roi.
Pétion est suspendu de ses fonctions de maire.

Louis XVI conserve sa détermination à défendre la Constitution en espérant un sursaut de l’opinion en sa faveur, ce qui se manifeste le 14 juillet, troisième fête de la fédération, étant l’objet de manifestations de sympathie.

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Le 11 juillet 1792

“La patrie en danger”.

Le 25 juillet 1792

Signature du manifeste de Brunswick, une mise en demeure de la France, sommée de respecter la famille royale. Les Parisiens sont outrés par le ton belliqueux du texte lorsqu’il est connu en France quelques jours plus tard.

Le 3 août 1792

Une majorité de sections de Paris demande la déchéance de Louis XVI.

Le 10 août 1792

Sac des Tuileries. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide alors de gagner l’Assemblée nationale. Il est accompagné par sa famille, Madame Élisabeth, la princesse de Lamballe, la marquise de Tourzel, ainsi que des ministres, dont Étienne de Joly, et quelques nobles restés fidèles.

Image des Années Lumière (1989) de Robert Enrico
La marquise de Tourzel – Marie-Antoinette AntoinetthologieLa famille royale juste avant le départ des Tuileries : à l’arrière-plan on devine le combat des soldats contre les émeutiers…

Roederer, le “procureur syndic du département” convainc le Roi de se réfugier à l’assemblée Nationale avec sa famille. Ceux qui ne font pas partie de la famille royale ne sont pas autorisés à les accompagner.

Image du film “Un Roi et son peuple”.

Traversant le jardin des Tuileries, et marchant sur des feuilles tombées des arbres, Louis XVI aurait dit : « L’hiver arrive vite, cette année ».     

Lise Delamare est Marie-Antoinette dans La Marseillaise (1938) de Jean Renoir

 Louis XVI et sa famille sont conduits jusque dans la loge du greffier de l’Assemblée nationale (ou loge du logographe) , où la famille royale reste toute la journée. Louis XVI. en proie à la plus vive anxiété, se réfugie avec sa famille au sein de l’assemblée, où il entre en disant :

« Je suis venu ici pour éviter un grand crime qui allait se commettre. »

 

Dans ses mémoires, Madame de Tourzel raconte ainsi la scène :

« Nous traversâmes tristement les Tuileries pour gagner l’Assemblée. MM. de Poix, d’Hervilly, de Fleurieu, de Bachmann, major des Suisses, le duc de Choiseul, mon fils et plusieurs autres se mirent à la suite de Sa Majesté mais on ne les laissa pas entrer ».

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses “de déposer à l’instant leurs armes“.

Jane Seymour est Marie-Antoinette dans les Années Lumières (1989)
Image des Années Lumière (1989) de Robert Enrico
Aucune description disponible.La famille royale juste avant le départ des Tuileries : à l’arrière-plan on devine le combat des soldats contre les émeutiers…
           
 Images d’Un Peuple et son Roi (2018) de Pierre Schoeller
Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Across the courtyard we went, stumbling over the uneven cobblestones, and through a low wicket gate in the flank of the Tower. A twisting staircase made of thick slabs of stone rose up into the darkness above us. A guard bearing a torch climbed up...

Traversant le jardin des Tuileries, le petit cortège royal pénètre dans la salle où se réunit l’Assemblée, d’ailleurs fort clairsemée. La présidence est occupée ce jour-là par Vergniaud. Louis XVI s’adresse à lui en disant :

” Je suis venu ici pour éviter un grand crime et je pense que je ne saurai être plus en sûreté qu’au milieu de vous. Vergniaud lui répond en ces termes : Sire, vous pouvez compter sur la fermeté de l’Assemblée nationale ; ses membres ont juré de mourir en soutenant les droits du peuple et les autorités constituées.”

Film - La Révolution Française : les années lumière, les années ...Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Louis XVI et sa famille sont conduits jusque dans la loge grillagée du greffier de l’Assemblée nationale (ou loge du logotachygraphe) , où ils restent toute la journée.

La foule envahit la cour du château et cherche à gagner les étages supérieurs.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph14La Prise des Tuileries , par Joseph Navlet

Revenu dans le château, Bachmann demande un ordre précis du Roi, et cet ordre ne venant pas, il organise la défense des Gardes suisses qui font face à l’envahissement des émeutiers.

Journée du 10 août 1792 — Wikipédia

Image du film “Un Roi et son peuple”
The bedroom of Marie Antoinette at the Tuileries on August 10th, 1792.Saccage de la chambre de la Reine aux Tuileries

La famille s’entasse dans cet antre : Louis XVI, Marie-Antoinette qui prend son fils sur ses genoux, Madame Élisabeth et Madame Royale. Elle y étouffera littéralement toute la journée.

10 août 1792 - De la monarchie constitutionnelle à la République | Histoire  et analyse d'images et oeuvres

On August 10, 1792: The royal family taking refuge after the storming of the Tuileries Palace.
Gérard François Pascal Simon, baron (1770-1837)

Le petit Dauphin a faim et soif.
Monsieur de Joly, dernier ministre de la Justice de Louis XVI, auquel le jeune prince donnait la main pendant le trajet du palais au Manège, se dévoue pour aller chercher un repas à la cantine de l’Assemblée. Par scrupule – et aussi sans doute en vertu d’une méfiance non sans raison -, il goûte tous les mets. À tel point même que Louis Charles lui dit :” Assez, ministre, assez ! “.

“Still kept on the box at the Assembly, we witnessed the horrors of all kinds which there took place. Sometimes they assailed my father and all his family with [the basest and most atrocious] insults, triumphing over him with cruel joy; sometimes...

Louis-Charles a atteint l’âge où un enfant commence à raisonner, détail particulièrement important chez un garçon aussi intelligent.
Ceci précisé, que peut comprendre le jeune Prince Royal (c’est le titre qui, depuis la constitution de 1791 désigne l’héritier du trône) aux événements de cette sinistre journée ?
Une fois de plus, il voit son peuple sous son jour le plus horrible. Bien sûr nous savons que le vrai peuple parisien, et même français, ne forme qu’une minorité des émeutiers. Mais l’enfant est trop jeune pour connaître ce détail.
Pour lui qui s’intéresse déjà à tout ce qui est militaire et qui aime faire tirer le canon, le bruit du combat ne doit pas l’effrayer.
Mais, une fois de plus, il lui faut quitter le palais auquel il était habitué, mais, cette fois, il se retrouve en prison avec toute sa famille. À son âge, que peut-il comprendre à tout ce charivari répété ?
Les déceptions se suivent au fil du temps. Et pourtant, il sait qu’il est destiné à monter sur le trône à la suite de son père et il ne l’oubliera jamais. Terrible ambiguïté pour un prince aussi jeune.
Il a exactement sept ans quatre mois et quatorze jours.

Le Roi est suspendu de ses fonctions.

Le soir du 10 août 1792

La famille royale est logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles: quatre pièces du couvent seulement leur sont dédiées… pendant trois jours.

Le 13 août 1792

La prison du Temple 1792-1795 : l'épreuve de la famille royaleCaricature qui montre Louis XVI coiffé du bonnet vert des forçats

“At the barrier of Paris we found an immense crowd assembled on the road along which our unfortunate King had to pass. Everybody had his head covered, by order of M. de la Fayette, who had, moreover, enjoined the most absolute silence, in order, he...

La Commune décide de transférer la famille royale au Temple… en passant par la place Louis XV qu’on a déjà rebaptisée Place de la Révolution, on montre au Roi comme la statue de son grand-père est en train d’être déboulonnée pour faire disparaître toutes les marques du régime qui devient dès lors ancien…

tiny-librarian:
“  The carriage was not allowed to take the shortest road, but was conducted some miles round, that it might be led in triumph down the Champs Élysées, where a vast mob was waiting to feast their eyes on the spectacle, whose display...

La Revolution Francaise (1989)
source: my screencapJane Seymour et Sean Flynn , qui est son propre fils

Selon Madame de Tourzel, la famille royale, accueillie par Santerre, voit d’abord la cour du palais illuminée de lampions comme s’ils étaient attendus pour une fête ; on retrouve l’ambiance des grands couverts qui rythmaient la vie de Cour à Versailles et aux Tuileries…

Charles-Eloi Vial

Après un splendide dîner servi dans l’ancien palais du comte d’Artois ( où la famille royale espère encore être logée) , la messe est dite dans un salon. Après avoir visité les lieux, Louis XVI commence à répartir les logements.

“[After 1791] Their Majesties did not perform their Easter devotions in public, because they could neither declare for the constitutional clergy, nor act so as to show that they were against them.
The Queen did perform her Easter devotions in 1792;...

A onze heures du soir 

Alors que le Dauphin est gagné par le sommeil et que madame de Tourzel est surprise d’être emmenée en direction de la Tour, le Roi  comprend qu’il a été joué par la Commune.

Pétion, qui estimait que la grande Tour était en trop mauvais état, a résolu de loger la famille royale dans la petite en attendant la fin des travaux ordonnés pour isoler la prison du monde extérieur.

Charles-Eloi Vial

La Tour qui fit tant frémir Marie-Antoinette, autrefois, qu’Elle avait demandé à Son beau-frère qu’il la détruise. Était-ce un pressentiment de Sa part? 

Résultat de recherche d'images pour "la prison du Temple"La Tour du Temple

Quittant les magnifiques salons du comte d’Artois, la famille royale est emmenée dans la petite tour pour être logés dans les appartements de Jacques-Albert Barthélemy, ancien avocat archiviste de l’ordre de Malte, détenteur de cette charge depuis 1774. Il avait obtenu ce logement de fonction en 1782, où il vivait , en vieux célibataire et il n’y avait véritablement de la place chez lui que pour loger un seul maître de maison. Pour des raisons de sécurité, les domestiques héritent des pièces du bas, les plus confortables, tandis que la famille royale loge dans les parties hautes de la tour, dans des pièces à l’abandon depuis des années. Du mobilier est apporté du Garde-Meuble et du palais du Temple afin de compléter celui de l’archiviste.

Charles-Eloi Vial

Louis XVI gets disarmed in the Temple tower. “From me one has nothing to fear”.A son arrivée au Temple, on retire au Roi tout objet coupant avec lequel il pourrait attenter à ses jours…

Aucune description disponible.Image des Années Terribles (1989) : la Reine couchant Louis-Charles dans son lit.

Le 20 août 1792

On vient chercher tous ceux qui n’appartiennent pas à la Famille Royale stricto sensu. Madame de Lamballe, Madame de Tourzel et sa fille Pauline sont transférées dans l’affreuse prison de la Petite Force, les trois dames sont réunies dans une seule cellule assez spacieuse.

Le 3 septembre 1792

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Massacre de la princesse de Lamballe

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Musée du Louvre on Twitter: "Le #13août 1792 : "Premier repas de Louis XVI  et de sa famille dans la prison du Temple" #OnThisDay #ArtsGraphiques  http://t.co/ygiubHcRxk"

Aperçu de l’imageRepas de la Famille Royale au Temple dans le film de Jean Delannoy (1956)
Et en 1976 dans la série de Guy-André Lefranc

aquaeyeshadow:
“ The doomed Louis XVII, Dauphin of France, son of Marie Antoinette and Louis XVI
Image source, Ladie’s Companion, 1793
”

tiny-librarian:
“ The Royal Family in the Temple Prison.
Louis XVI is teaching Louis Charles, while Marie Antoinette, Marie Therese Charlotte, and Madame Elisabeth work on some embroidery.
Source
”

Louis XVI and his family in the Temple, after a painting by Edward Ward. 19th century.
[credit: AKG Images]Louis XVI et sa famille à la prison du Temple par Edward Ward

Le matin, Louis XVI donne des leçons à son fils….

tiny-librarian:
“ But however hard Madame Royale’s lot might be, that of the Dauphin was
infinitely harder. Though only eight years old when he entered the
Temple, he was by nature and education extremely precocious; “his memory retained everything,...Le Dauphin, par Jacques-Louis David
   Promenade de la famille royale dans le jardin du Temple dans Les Années Terribles (1989) de Richard Heffron

Le 29 septembre 1792

Louis XVI est séparé de sa famille et conduit au deuxième étage tandis que le troisième étage est réservé à Marie-Antoinette, Ses deux enfants et Sa belle-sœur, Madame Elisabeth.

Les portraits de Louis XVII, prisonnier au Temple Louis_11

À partir du 25 octobre 1792

Louis-Charles est confié à la garde de son père, qui poursuit son éducation avec le valet de chambre Cléry. Il est séparé de sa mère qu’il peut retrouver à l’occasion des promenades et repas.

Louis XVI s’occupant de l’éducation de son fils dans la Tour du Temple, Anonyme,
Aperçu de l’imageImages des Années Terribles : le Roi et le Dauphin

Le 11 décembre 1792

Le Dauphin est à nouveau confié à Marie-Antoinette lorsque commence le procès de Louis XVI.

En attendant les envoyés de la convention, Louis XVI se permet une dernière partie de quilles avec son fils. Une fois celui-ci emmené chez sa mère, Louis XVI attend encore plusieurs heures et se plaint ensuite du temps manqué avec son fils.

Le lit de l’enfant n’étant pas emmené chez sa mère, il passe la nuit dans celui de sa mère.

Le procès commencé, le Roi ne peut communiquer avec sa femme et sa sœur. On lui accorde le droit d’avoir ses enfants auprès de lui mais à la condition d’être eux aussi séparés de leur mère. Louis XVI refuse d’occasionner un tel chagrin à sa femme et sacrifie ainsi un ultime bonheur.

Le 20 janvier 1793

Louis-Charles revoit son père pour un dernier adieu.

Aucune description disponible.

Le 21 janvier 1793

Louis XVI est exécuté, place de la révolution, anciennement place Louis XV.

Louis XVI guillotiné | Histoire et analyse d'images et oeuvres

 Aux yeux des royalistes, le Dauphin Louis-Charles succède à son père, en vertu du principe selon lequel la continuité dynastique est automatique en France (un nouveau Roi succède au Roi précédent dès l’instant de la mort de ce dernier). Sous le nom de Louis XVII, il est reconnu comme tel par le comte de Provence, frère cadet de Louis XVI et futur Louis XVIII, alors émigré à Hamm, près de Dortmund en Westphalie. Les Vendéens et les Chouans, mais aussi de fidèles royalistes dans d’autres provinces, se battent en son nom. Leurs étendards portaient l’inscription : « Vive Louis XVII ».

Au nom de Louis XVII, par la grâce de Dieu Roi de France et de Navarre
Signé par le futur Louis XVIII en tant que régent.
L’un des rares documents officiels mentionnant Louis XVII comme Roi de France.
La Revolution Francaise (1989)
source: my screencapMarie-Antoinette reconnaît alors Son fils comme le nouveau Roi Louis XVII
Jane Seymour et Sean Flynn dans Les Années Terribles (1989)

A portrait of Louis Charles de France, or Louis XVII, by Luigi Aspetti. Circa 1862.
[credit: Royal Collection Trust/© Her Majesty Queen Elizabeth II 2014]

Le comte de Provence s’autoproclame Régent et proclame le Dauphin Roi de France Louis XVII.

A rare Royal Britain note featuring the profile of Louis XVII, or Louis Charles, the son of Louis XVI and Marie Antoinette. Made in late 1793.Assignat à l’effigie de Louis XVII

Louis XVII, king of France

Noblesse et royauté Tzolzo29

Mars 1793

Début de l’insurrection en Vendée.

       Henri de la Rochejaquelein        et           Jacques Cathelineau
Louis-Charles au Temple par Bellanger avant son enfermement

Les portraits de Louis XVII, prisonnier au Temple - Page 2 Louis_10

Louis-Charles est confié à sa mère au troisième étage du Temple. Les captifs bénéficient à cette époque d’un confort incontestable (baignoire, garde-robe, nourriture abondante). Plusieurs tentatives d’évasion sont fomentées par des royalistes afin de délivrer Marie-Antoinette et Ses enfants.

jugé - Marie-Antoinette, " Ils ont jugé la reine ". Docu-fiction sur Arte 20190412Marie-Antoinette (Maud Wyler) apprenant les mathématiques à Son fils dans Marie-Antoinette, ils ont jugé la Reine (2018) d’Alain jugé - Marie-Antoinette- Ils ont jugé la reine Zducz17
autographes de Louis XVII - Le blog de expert-manuscrits.over-blog.comPage d’écriture du petit Roi

Les portraits de Louis XVII, prisonnier au Temple Cht39210

Aperçu de l’imageLouis-Charles jouant aux quilles dans sa chambre du Temple, images des Années Terribles (1989) de Richard Heffron

Un après-midi, Louis-Charles se blesse un testicule alors qu’il chevauche un bâton. Le Docteur Brunier vient le trouver ; il sera soigné par sa mère et sa tante.

Gouache de Jean-Baptiste Mallet:                                                                                                                                                                                                                               Au centre, assise sur une chaise, se tient Marie-Antoinette, à Sa gauche, Madame Royale, vêtue de blanc sur un fauteuil, et le jeune Louis XVII qui se tient debout. Entre eux Madame Elisabeth. A droite de la composition, deux ” municipaux ” surveillent la scène.

Hébert saura se servir de cet accident…

‘Madame Royale and Louis XVII in the Temple Prison.’ An engraving of Marie-Therese Charlotte and Louis Charles, children of Louis XVI and Marie Antoinette, imprisoned in the Temple. Bourbon Restoration era.
source: Coutau-Begarie AuctionsLouis-Charles et Marie-Thérèse au Temple

Le 3 juillet 1793

Par arrêté du Comité de salut public du 1er juillet 1793, Louis est enlevé à sa mère et mis sous la garde du cordonnier Antoine Simon (« l’instituteur » désigné sait pourtant à peine écrire) et de sa femme, qui résident au Temple.

Detail from The Last Parting of Marie Antoinette and her Son by Edward Matthew Ward, 1856.

Antoine Simon
Norma Shearer (1938)

Enfermé au deuxième étage, le but est alors d’en faire un petit citoyen ordinaire et de lui faire oublier sa condition royale.

Exposition "Heurs et malheurs de Louis XVII", musée de la … | Flickr

Pendant une heure, la Reine lutte pour convaincre les cinq municipaux de Lui laisser Son fils… en vain…

Portraits de Marie-Antoinette dans les prisons du Temple et de la Conciergerie Tumblr10

Portraits de Marie-Antoinette dans les prisons du Temple et de la Conciergerie Zzr1210Ce n’est que lorsque les envoyés du Comité de salut public La menacent de s’en prendre à la vie de Ses enfants que Marie-Antoinette les laissent emmener Son Chou d’amour qui logera dans l’ancien “appartement” de Louis XVI, un étage en dessous…Edward Matthew Ward - The Last Parting Of Marie Antoinette And Her ...

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“Detail from “The Goodbye of Marie Antoinette to her son, Louis Charles, on July 3rd, 1793″.
”

“ The poor little boy kissed us all very tenderly and went away in tears with the municipals. My mother charged them to ask permission of the Council general to let her see her son, if only at meals, and they promised her to do so. She was overcome...

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“   But very soon a fresh blow was struck at the hapless queen which made her indifferent to all else that could happen, and even to her own fate, of which it may be regarded as the precursor. At ten o'clock on the 3rd of July, when...

Lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles Mastap11

La Reine reste avec Sa fille et Sa belle-sœur. Elle guette les passages de Son fils dans l’escalier du Temple.

Portraits de Marie-Antoinette dans les prisons du Temple et de la Conciergerie - Page 3 20181110

File:Charles-Albert Walhain - Louis XVII au Temple.jpg - Wikimedia ...Louis XVII au Temple par Charles-Ambert Wahlain

Depuis qu’il a été séparé de sa mère Marie-Antoinette, le jeune Louis XVII vit au second étage de tour du Temple, sous la tutelle du cordonnier Antoine Simon (1736-1794), un révolutionnaire fanatique que la Convention a chargé «d’éduquer » le jeune Roi et à son épouse Marie Jeanne, née Aladame (1746-1819). Ne pouvant sacrifier un tel otage, les révolutionnaires ont trouvé une solution intermédiaire pour éliminer cette incarnation de la royauté qu’est Louis XVII : en faire un parfait sans-culotte.

Les portraits de Louis XVII, prisonnier au Temple - Page 2 Partie10

Tous les jours, le petit garçon subit rosseries et humiliations. Alors qu’il ne cesse de pleurer l’absence de sa mère à laquelle on l’a arraché pour le livrer à Simon, il est sommé de jurer fidélité à la République, et d’apprendre par cœur des chants révolutionnaires et paillards. Il résista noblement au début, exigeant même qu’on lui montrât le décret ayant ordonné tant de souffrances puis, brisé, il dut se soumettre à toutes les exigences de son maître.

Les portraits de Louis XVII, prisonnier au Temple - Page 2 Louisx12

Pour le jeune Louis XVII, les humiliations étaient pires encore quand Simon amenait avec lui dans la tour ses amis de beuverie, devant lesquels il aimait se vanter, démonstration à l’appui, de mater le jeune Roi de France.

Le 2 août 1793

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

Le 6 août 1793

La ville de Montbrison s’étant soulevée au cri de « vive le Roi Louis XVII ! », Simon présenta le petit prince à la cantonade en déclamant : « Voici le Roi de Montbrison. Je m’en vais l’oindre, l’encenser et le couronner ! »

Et, joignant le geste à la parole, il l’oignit en lui renversant son verre sur la tête et en lui frottant douloureusement les cheveux, l’encensa en lui soufflant des bouffées de sa pipe à la figure et le couronna en le coiffant du bonnet phrygien. Devant la petite figure rouge de colère et de honte du jeune Louis XVII, Simon demanda alors : « Que me ferais-tu, Capet, si tes amis te délivraient et si tu devenais Roi de France pour de vrai ? »

Et alors cet enfant imposa le silence et le respect à tout le monde en répondant : « Je vous pardonnerais ».

La vie de Louis XVII se déroule sous la garde des époux Simon qui n’ont pas envers le jeune Roi le comportement cruel que les historiens leur attribueront. Antoine Simon est un personnage rude, il est vrai, et a un langage quelque peu grossier que Louis XVII apprend… mais sa femme sait donner à l’enfant des soins attentifs en lui donnant une nourriture abondante, des vêtements bien entretenus et en lui achetant même des jouets.

Le docteur Thierry, médecin des prisons et nommé par la Commune (il a remplacé le dimanche 12 mai 1793 les docteurs Brunier, médecin des Enfants de France depuis 1788 à Versailles, et La Caze, chirurgien), qui visite souvent l’enfant, trouve toujours ce dernier en bonne santé, sauf un mal qu’il soigne rapidement. Madame Royale, dont le Journal fut « corrigé » par son oncle usurpateur, Louis XVIII (dans le but d’accréditer une mort ultérieure survenue au Temple), insinua que l’état de santé déficient du jeune Roi aurait commencé à se manifester dès juillet 1793. Toutefois, les rapports faits par le Docteur Thierry indiquent la bonne santé générale de Louis XVII et, de façon détaillée, les remèdes prescrits et les menus des repas donnés à celui-ci. (Cf. Archives Nationales. F. 7-4392. Police Générale. Prisonniers du Temple, f.42. Commission des secours publics).

Le 6 octobre 1793

Interrogatoire de Louis-Charles en vue d’obtenir des pièces à charge contre sa mère.  Sa sœur, qui ne le voit plus, est confrontée à lui et dit : “Il a grossi sans prendre de croissance“. 

La Veuve Capet par Jean-Louis Prieur

Le quinzième jour du premier mois de l’an second de la République française une et indivisible, Nous, maire, procureur syndic et membres de
la commune de Paris nommés par le conseil général de ladite commune pour prendre des renseignements sur différents faits qui se sont passés au
Temple, et recevoir les déclarations à cet égard, nous sommes rendus au Temple et arrivés dans ladite Tour, et nous étant présentés au Conseil du
Temple, sommes montés à l’appartement du premier occupé par Louis Charles Capet pour entendre ses déclarations au sujet des propos et des événements dont il peut avoir connaissance. Il nous a déclaré que l’hiver dernier pendant qu’il habitait l’appartement de ses mère, tante et sœur, un particulier, nommé Dangé, était de garde auprès d’eux en qualité de commissaire du conseil ; un jour qu’il l’accompagnait à la promenade sur la plate-forme de la Tour, il le prit dans ses bras, l’embrassa et lui dit : « Je voudrais bien vous voir à la place de votre père. »
Nous a déclaré pareillement qu’un autre particulier nommé Toulan, étant aussi de garde à la Tour à la même époque, lesdites femmes l’enfermèrent, lui déclarant, avec sa sœur dans une des tourelles pendant une heure et demie, un peu avant qu’on allumât la chandelle, et que pendant ce temps il s’est entretenu avec lesdites femmes, et qu’il n’entendit pas le sujet de leur conversation.

Que dans une autre circonstance il entendit dire par ledit Toulan à sa mère et à sa tante que tous les soirs il enverrait aux environs du Temple un
colporteur à dix heures et demie du soir pour lui faire crier toutes les nouvelles qui pourraient les intéresser; que par suite de cette promesse il s’aperçut que lesdites femmes un soir, ne se couchèrent qu’à onze heures passées et montrèrent de l’humeur de n’avoir point entendu les cris accoutumés dudit colporteur.

Il a déclaré encore que quatre particuliers nommés Lepitre, Bruneau, Toulan et Vincent, pendant la durée de leur service dans les appartements
avaient coutume d’approcher desdites femmes et de tenir des conversations avec elles à voix basse.

Déclare en outre qu’ayant été surpris plusieurs fois dans son lit par Simon  et sa femme, chargés de veiller sur lui par la Commune, à commettre sur
lui des indécences nuisibles à sa santé, il leur avoua qu’il avait été instruit dans ces habitudes pernicieuses par sa mère et sa tante, et que différentes
fois elles s’étaient amusées à lui voir répéter ces pratiques devant elles, et que bien souvent cela avait lieu lorsqu’elles le faisaient coucher entre elles.

Que de la manière que l’enfant s’en explique, il nous a fait entendre qu’une fois sa mère le fit approcher d’elle, qu’il en résultat une copulation et que il en résulta un gonflement à un de ses testicules, connu de la citoyenne Simon, pour lequel il porte encore un bandage et que sa mère lui a recommandé de n’en jamais en parler, que cet acte a été répété plusieurs fois depuis.

Il a ajouté que cinq autres particuliers nommés Moelle, Lebœuf, Beugnot, Michonis et Jobert, conversaient avec plus de familiarité que les autres commissaires du Conseil avec sa mère et sa tante ; que Pétion, Manuel, Bailly et Lafayette s’étant comportés très mystérieusement aux Tuileries avec les femmes, il estimait qu’il existait une correspondance directe avec les quatre hommes et les commissaires du Temple depuis la détention de ces femmes au Temple, que dans l’intervalle de ces conférences on l’éloignait.

Il nous a déclaré qu’il n’avait rien de plus à nous faire connaître.

Le citoyen et la citoyenne Simon nous déclare avoir appris ces faits de la bouche de l’enfant qui les leur a répété plusieurs fois et qu’il les pressait
souvent de le mettre à portée de nous en faire la déclaration.

Après avoir reçu la présente déclaration, y avons posé notre signature conjointement avec le citoyen Hébert, substitut du procureur-syndic de la Commune qui est survenu.

A Paris, dans la Tour du Temple les jour et an que dessus.

LOUIS-CHARLES CAPET.

PACHE, maire; CHAUMETTE, procureur-syndic ; HÉBERT, substitut;
FRIRY, commissaire du conseil général; SEGUY, commissaire de service au Temple ; HEUSSÉE, administrateur de police ; SIMON ; D. E. LAURENT, commissaire du conseil général.

CAMPARDON, Emile, Marie-Antoinette à la Conciergerie (du 1er août au 16 octobre 1793) : pièces originales conservées aux Archives de l’Empire, suivies de notes historiques et du procès imprimé de la reine, Paris, 1863, p.66-71.

 

Le 14 octobre 1793

Les portraits de Louis XVII, prisonnier au Temple Louis_12

Hébert lance l’accusation d’inceste qui vaut à la Reine une réplique mémorable :

J’en appelle à toutes les mères.

Marie-Antoinette. Le procès d'une reine

Le 16 octobre 1793

Marie-Antoinette est exécutée.

Les époux Simon sont surveillés par la Commune de Paris et son procureur, Louis-Gaspard Chaumette (1763-1794) quant à leur comportement envers le petit Roi. Il ne faut pas se montrer trop tendre au risque de perdre la vie. C’est dans ce jeu, entre ombres et lumière, qu’ils doivent organiser leur comportement quotidien envers l’enfant : dureté affichée lorsque les municipaux sont présents, et bonté, surtout celle de Marie-Jeanne Simon, lorsqu’ils sont absents. La « femme Simon » aime, en réalité « son petit Charles » ; elle n’a pas eu d’enfant et elle reporte sur lui toute sa tendresse maternelle frustrée. 

Il est certain que Louis XVII adopte les manières des sans culottes que Simon lui inculque (chants révolutionnaires, port du bonnet phrygien, vocabulaire grossier). On sait avec quelle peine horrifiée sa tante et sa sœur, du deuxième étage de la Tour où elles sont enfermées, entendent les chants de l’enfant, pendant qu’il joue dans la cour.

Le 19 janvier 1794

Simon, rappelé à ses fonctions municipales, quitte le Temple :  Simon a dû choisir entre sa place au Temple et son mandat de municipal à la Commune de Paris car on lui refuse le cumul … ; il choisit la Commune. Sa femme le suit peu après. En réalité, on le soupçonne de « royalisme » – bien camouflé sous des jurons révolutionnaires – ce qui était vrai. Il périra avec Robespierre le 8 thermidor an II.                                                                           On ne prévoit pas de remplaçant pour Louis XVII. Sa femme, malade, quitte donc également la prison.

En conséquence, à la fin de janvier 1794, Louis XVII est bien portant. Nous le savons par :

1 – Le procès-verbal de « décharge » de la garde du petit prisonnier, confié aux époux Simon, effectué par le quatre municipaux Legrand, Lasnier, Cocherfer et Lorinet qui précisent que les Simon « leur ont exhibé la personne dudit Capet en bonne santé ».

(Collection Etienne Charavay- « Papiers du Temples »).

2 – La déclaration de Lasnier, gardien de Louis XVII, précisant également que les Simon « ont remis cet enfant en bonne santé », déclaration qui parut dans le Moniteur Universel du 3 pluviôse an II (22 janvier 1794).

Après le départ des Simon, Louis XVII déménage et est enfermé au deuxième étage de la Tour.

A partir de là, commence un état de solitude, de réel abandon.

Louis-Charles est cloîtré dans une chambre du Temple.  Il reçoit sa nourriture par un petit guichet et vit dans la pénombre. Les commissaires qui se succèdent chaque jour pour le garder ne peuvent le voir. Pas de visite de médecin.

La veuve Simon déclare à la Police au début de la Restauration qu’elle a vu des choses lors du déménagement de janvier 1794. Voiture, panier de linge… Elle dit que le Dauphin est sorti du Temple. Elle prétend qu’il est venu la voir à l’hospice sous l’Empire.

Puis elle change plus tard de version et dit que c’est le second de cuisine Meunier (en poste à Versailles, aux Tuileries, au Temple) qui lui a dit que l’enfant avait quitté la prison.

Le 8 mai 1794

Rodama: a blog of 18th century & Revolutionary French trivia: The last days  of Madame Élisabeth

On vient chercher Madame Elisabeth au Temple pour la conduire à la Conciergerie.

Adieux de Madame Royale à Madame Élisabeth
The day before her execution the sister of Louis XVI, Madame Elisabeth of  France, was taken from the Temple prison to th… | Marie antoinette, French  history, Madame

Le 10 mai 1794

Exécution de Madame Élisabeth.

“ … Madame Élisabeth was placed nearest the steps to the scaffold, but she was the last of the twenty-five called to ascend them; she was to see and hear the killing of them all before her turn should come. During that time she never ceased to say...

Madame Royale reste seule au Temple, au dessus de chez son petit frère…

Le 27 juillet 1794

Chute de Maximilien de Robespierre ( né le 6 mai 1758), il est guillotiné le lendemain.

Les portraits de Louis XVII, prisonnier au Temple - Page 2 Louisx13

Jusqu’au 28 juillet 1794

Louis-Charles est enfermé au secret dans une chambre obscure, sans hygiène ni secours, pendant six mois. Son état de santé se dégrade, il est rongé par la gale et surtout la tuberculose. Il vit accroupi. Sa nourriture lui est servie à travers un guichet et peu de personnes lui parlent ou lui rendent visite. Ces conditions de vie entraînent une rapide dégradation de son état de santé. L’isolement total dans lequel il est placé laisse planer un certain mystère et donne l’occasion à l’imagination populaire de soulever l’hypothèse de substitution de l’enfant et de son exfiltration, donnant naissance au « mythe évasionniste et survivantiste ».

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“ Louis Charles prays for his parents.
”Louis XVII priant pour ses parents

Le 28 juillet 1794

Le député Barras découvre ainsi un enfant mutique, brisé psychologiquement. Les comités de salut public et de sûreté générale nomment Laurent, membre du comité révolutionnaire de la section du Temple, pour le garder, lui et sa sœur.

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Son sort s’améliore relativement, mais le prisonnier de la tour du Temple est rongé par la tuberculose, ce qu’omet de signaler Laurent lorsqu’il écrit, sur le bulletin de la tour du Temple, que les prisonniers « se portent bien ».

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Le 9 novembre 1794

Jean-Baptiste Gomin (1757-1841) est nommé adjoint de Laurent et devient gardien des enfants de France à la prison du Temple.

‘Louis XVII in chains’ by Achille-Joseph-Étienne Valois, 1827. [credit: Photo © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin]

Retrouver les portraits authentiques du petit Roi relèverait, si l’on en croit tout ce qui a été dit, écrit et publié, de l’enquête policière. Eh pourtant, c’est bien le peintre Greuze de Tournus qui est la piste la plus intéressante. En 1791, avant l’incarcération de la famille royale, il a fait un premier portrait de l’enfant alors qu’il n’avait que six ans (en dessous, à gauche). Il n’est pas besoin d’être un grand spécialiste pour constater une ressemblance probable avec le portrait oublié que j’ai replacé au milieu, compte tenu, bien entendu, qu’en quatre ans, un visage d’enfant s’allonge mais que certains détails ne changent pas (la bouche avec sa lèvre inférieure déjà bourbonienne, la chevelure, le nez, les yeux). L’enfant a pourtant bien changé. Les épaules sont tombantes, la poitrine étroite et rentrée, le visage émacié. Les joues se sont creusées, la bouche ne sourit pas et le regard n’est plus le même.

Ce tableau oublié tout à fait inconnu s’est vendu dans une salle des ventes parisienne, le 11 octobre 1981. La description était la suivante : “Portrait présumé du dauphin Louis XVII, attribué à Greuze” L’inscription collée au dos donnait les précisions suivantes : “Portrait du dauphin Louis XVII à l’âge de dix ans. Huile sur toile attribuée à Greuze, non signée, portant en haut et à droite les armes de la famille royale de France.

Provenance : vente Sotheby au château de Mentmore (Buckinghamshire) en 1977 de la collection de Lord Rosberry et précédemment du baron Mayer de Rothschild (catalogue portant le titre de “Chrysanthemum)“. Toujours au dos du tableau figure une étiquette “1945”, une autre “Tennant Heirlooms 1907” et une autre “Sotheby Parke Bernet et Co, registered Office : 34-35 New Bond street London W1A 2AA.

Le tableau est merveilleusement peint. Les cheveux blonds sont d’une grande finesse. L’expression du visage est d’une étrange délicatesse mais révèle un état maladif. Madame Vigée Le Brun, amie de Marie-Antoinette qui fit plusieurs portraits de la famille royale ayant émigré dès 1789, ne peut en être l’auteure. En revanche, plusieurs artistes ont pu peindre l’héritier de la couronne. Tout d’abord Ducreux qui a dessiné Louis XVI au Temple, Prieur qui peignit Marie-Antoinette à la Conciergerie, et tous ceux qui firent les portraits des héros de la Révolution… mais c’est bien le tournusien Greuze qui est la piste la plus crédible. Il était alors à Paris. C’est d’ailleurs l’hypothèse retenue dans le catalogue “Chrysanthemum” qui fait par ailleurs remonter l’origine du tableau jusqu’au baron Mayer de Rothschild.

Il s’agit de Louis XVII dans sa triste authenticité et non dans une posture académique d’enfant royal.

Le 31 mars 1795

Laurent démissionne.

Il est remplacé par Etienne Lasne (1757-1841) de la section Des droits de l’homme.

Le 3 mai 1795 (14 Floréal an III)

Les gardiens Gomin et Lasne inscrivent sur les registres du Temple « Le petit Capet est indisposé ».

Le 6 mai 1795 (17 Floréal an III)

La tuberculose prend un tour critique, caractérisé par l’apparition d’une péritonite.

Dans les derniers jours de mai 1795

Les gardiens signalent au comité de Sûreté générale que l’enfant Capet manifeste « une indisposition et des infirmités qui paraissent prendre un caractère grave ».

Le Comité « arrête que le premier officier de santé de l’hospice de l’Humanité visiterait le malade en présence de ses gardiens et administrerait des remèdes ». Le docteur Desault passe à cette époque pour être le premier praticien de Paris.

Le 29 mai 1795

Desault fait sa dernière visite au malade car il meurt le 1er juin, à l’âge de cinquante-sept ans.

Histoire : qui a volé le coeur de Louis XVII ? - Le Parisien

Les trois médecins de Louis XVII au Temple meurent presque en même temps

Le 1er juin 1795

Mort de Pierre Joseph Desault, né à Vouhenans (Haute-Saône) le 6 février 1738 d’une famille rurale de sept enfants et mort à Paris , il était chirurgien et anatomiste.

 
Pierre Joseph Desault — WikipédiaPierre Joseph Desault

Le 5 juin 1795

François Doublet, né le 30 juillet 1751,  était médecin de la faculté de médecine de Paris et membre de la société royale de médecine. 

Le 6 juin 1795

Le docteur Pelletan, quarante-huit ans, chirurgien en chef de l’Hospice de l’Humanité, succède au docteur Desault.

Ne voulant pas prendre seul la responsabilité de soigner l’enfant, le Comité de sûreté général lui adjoint le docteur Dumangin, 51 ans, médecin chef de l’hospice de l’Unité (Hôpital de la Charité de Paris).

Dans la nuit du 7 au 8 juin 1795

Gomin et Lasne alarmés par l’état de santé de l’enfant ont envoyé cherché en urgence le docteur Pelletan. Il répond qu’il viendra demain matin avec le docteur Dumangin.

Le lundi 8 juin 1795 (20 prairial an III)

Les docteurs Dumangin et Pelletan arrivent ensemble à onze heures du matin au Temple, l’état de l’enfant s’est aggravé.

Le 8 juin 1795

Louis XVII meurt dans sa prison, probablement d’une péritonite ulcéro-caséeuse venue compliquer la tuberculose (le « vice scrofuleux » qui a déjà coûté la vie à son frère aîné), à l’âge de dix ans et après presque trois ans de captivité.

 « Le sieur Lasne gardien et moi, nous prêtions nos soins au petit dauphin, et enfin à trois heures (de l’après-midi) lorsque le sieur Gomin fut revenu, l’enfant venait de mourir ». Pelletan arrivé à quatre heures confirme la mort. Le docteur Dumangin arrive à huit heures, il apprend le décès du fils Capet.»

Témoignage de Damont commissaire civil au Temple
Aucune description de photo disponible.Note manuscrite écrite par Jean-Baptiste Gomin, gardien des enfants de France à la prison du Temple, sur les événements concernant la mort du jeune prince. Portant au bas du document une note manuscrite signée Alcide de Beauchesne: «De la main de Gomin, l’un des gardiens du temple au moment de la mort de Louis XVII».
tiny-librarian:
“An engraving depicting the death of Louis XVII. He’s being taken to heaven from the Temple Prison by an angel, while and veiled figure representing France weeps in the corner, surrounded by symbols of the Bourbon Monarchy.
”
 
Le 9 juin 1795

Le chirurgien Philippe-Jean Pelletan réalise son autopsie qui confirme le diagnostic de tuberculose. Il est secondé par trois médecins. C’est justement dans ce rapport d’autopsie que le docteur Pelletan va aussi raconter une idée que lui est venue à l’esprit : celle de s’emparer en toute discrétion du cœur de l’enfant mort et le garder dans sa poche. Après, le cadavre du petit roi va être jeté dans une fosse commune au cimetière de Ste-Marguerite. Il va le garder dans l’alcool et le cœur va devenir dur comme de la pierre.

« Vous m’aviez à la vérité proposé d’autres adjoints; et sur mon observation que, d’après les qualités personnelles et les rapports qu’avaient eus M. Pierre Lassus (1741-1807) avec Mesdames de France et Nicolas Dieudonné Jeanroy (1750-1816) dans la Maison de Lorraine, leurs signatures seraient d’un tout autre poids, vous aviez agréé ce choix » 

Le docteur Dumangin rédige le procès-verbal d’autopsie, recopié en quatre exemplaires : Un pour le Comité de sûreté générale et un pour chaque médecin. L’exemplaire  du docteur Dumangin est conservé aux Archives Nationales depuis 1891.

Ce même jour

François Chopart, chirurgien, né le 30 octobre 1743 à Paris, y meurt à l’âge de cinquante-et-un ans.

Il se dit que Pierre Joseph Desault, François Doublet et François Chopart en savaient trop sur l’autopsie d’un faux Louis XVII, il ne fallait pas qu’ils puissent parler : on les a empoisonnés.

Le 12 juin 1795

Louis-Charles est enterré dans le cimetière Sainte-Marguerite. Sous la Restauration, Louis XVIII fait rechercher la sépulture de son neveu : l’énigme de « l’enfant du Temple » se développe alors avec les témoignages contradictoires de ceux qui ont assisté à l’enterrement le 10 juin (fossoyeur, concierge du cimetière, abbé …) qui évoquent une inhumation en fosse commune (le corps ne pouvant dès lors plus être identifié), une réinhumation dans une fosse particulière près de la Chapelle de la Communion de l’église, voire dans le cimetière de Clamart.

 
Acte de décès de Louis XVII à l’état civil de Paris en date du 12 juin 1795

Le 12 juin 1795 (24 prairial an III)

L’acte de décès de Louis XVII est rédigé. L’original du document a disparu dans les incendies de la Commune de 1871 mais l’acte avait été recopié par des archivistes et un exemplaire se trouve aussi aux Archives Nationales :

« Du vingt-quatre prairial de l’an trois de la République (12 juin 1795)

Acte de décès de Louis Charles Capet du vingt de ce mois (8 juin), trois heures après-midy, âgé de dix ans deux mois, natif de Versailles, département de Seine-et-Oise, domicilié à Paris aux Tours du Temple, section du Temple, fils de Louis Capet, dernier roy des Français, et de Marie Antoinette Josèphe Jeanne d’Autriche.
Sur la déclaration faite à la maison commune, par Etienne Lasne, âgé de trente-neuf ans, profession gardien du Temple, domicilié à Paris rue et section des Droits-de-l’Homme n° 48 : le déclarant a dit être voisin ; et par Rémy Bigot, âgé de cinquante-sept ans, profession employé, domicilié à Paris vieille rue du Temple n° 61 : le déclarant a dit être ami.
Vu le certificat de Dussert, Commissaire de Police de ladite section, du vingt-deux de ce mois (10 juin). Officier public : Pierre Jacques Robin.

(Signé) : Lasne, Robin, Bigot. »

Dès 1795, des rumeurs faisaient courir le bruit que le Dauphin, remplacé dans sa geôle par un autre garçon, aurait été libéré du Temple. Ces rumeurs avaient été favorisées par les exhumations des restes d’un enfant au crâne scié — traces d’une autopsie — du cimetière Sainte-Marguerite (au cours des deux exhumations réalisées en 1846 et en 1894, plusieurs spécialistes attribuent pourtant le corps à un sujet masculin âgé de plus de seize ans, d’1,63 m et de morphologie différente de celle de Louis XVII) et l réaction thermidorienne : tandis que les royalistes osaient à nouveau s’afficher comme tels, des accords de paix étaient négociés entre la République et les révoltés vendéens et chouans ( traités de La Jaunaye, de la Mabilais et de Saint-Florent-le-Vieil ). La mort du petit Roi, en juin de cette même année, fut par conséquent accueillie avec scepticisme par une partie de l’opinion publique. Ce contexte permit l’éclosion de théories «évasionnistes» et «survivantistes» ...

Dès le début du XIXème siècle, des «faux Dauphins» commencèrent à apparaître et à réunir un nombre variable de partisans autour de leurs prétentions. Les condamnations des trois premiers (Hervagault, Bruneau et un certain Hébert, connu sous le titre de «baron de Richemont») à de lourdes peines de prison ne découragèrent pas d’autres imposteurs, dont le plus célèbre est l’horloger prussien Karl-Wilhelm Naundorff (date de naissance inconnue-10 août 1845), qui eut de nombreux adeptes jusqu’à la fin du XXe siècle.

Dans les récits qu’ils firent de leur prétendue évasion du Temple, la plupart de ces prétendants reprenaient la trame du roman de Regnault-Warin, qui évoque des agents royalistes envoyés par Charette qui s’introduisent dans la tour, où ils apportent, au moyen d’une cachette ménagée dans un « cheval de bois », un orphelin drogué à l’opium destiné à prendre la place du vrai Dauphin. Ce dernier, dissimulé dans le même objet, est ainsi libéré de sa prison. Aux termes de nombreuses péripéties, et notamment d’une tentative d’exfiltration vers l’Amérique, l’orphelin royal est repris avant de mourir de maladie.
Malgré les nombreuses invraisemblances et le triste dénouement de ce récit, la thèse de la substitution gagne ainsi un nouveau mode de diffusion le cheval de bois étant quelquefois remplacé par un panier de linge sale, et Charette par le comte de Frotté, ce dernier ayant effectivement échafaudé, sans pouvoir y donner suite, des projets d’enlèvement des orphelins royaux.
Aux imposteurs plus ou moins convaincants s’ajoutent de nombreux fous (comme Dufresne, Persat et Fontolive) ou encore des personnages dont l’identification à Louis XVII a surtout été l’œuvre de tiers, le plus souvent de manière posthume : c’est notamment le cas de l’officier de marine puis architecte français Pierre Benoît (actif à Buenos Aires ), du pasteur iroquois Eliézer Williams, du musicien anglais Augustus Meyes, du célèbre naturaliste John James Audubon et même de Louvel (assassin du duc de Berry, cousin de Louis XVII).

Les circonstances exactes de la mort de Louis XVII et la rumeur concernant une éventuelle évasion de la prison du Temple ont attisé la curiosité de nombreux auteurs, comme Gosselin Lenôtre (1855-1935), André Castelot (1911-2004) ou Alain Decaux (1925-2016).

The preserved heart of Louis Charles.Monument funéraire de Louis XVII à la basilique de Saint-DenisLe cœur de Louis XVII - L'Inconnue de la Seine - Balades, histoires &  mystères autour de la Seine

Il demeure quelques partisans de la survivance du prince.

L'Apothéose de Louis XVI by William Hamilton, late 18th century.L’Apothéose de Louis XVII par William Hamilton

A partir de 1798 commence la saga des faux dauphins.

Ainsi ce début du XIXe siècle verra-t-il revenir de nombreux prétendants au titre de Louis XVII – on en a comptés environ cent cinquante… : le baron de Richemont, l’horloger prussien Karl-Wilheim Naundorff, Jean-Marie Hervagault ou Mathurin Bruneau ont pu chercher à rencontrer la duchesse d’Angoulême pour se faire reconnaître.

Marie-Thérèse n’en reçut aucun !

Le dénommé Jean-Marie Hervagault, en fugue pour la dixième fois, annonce qu’il est Louis XVII (des rumeurs circulent dès 1795 sur la survie de Louis XVII). Il sera jugé et finira ses jours en prison en 1812. Notons que lors d’une fugue précédente, son père n’a pas voulu le reconnaître !

Sous le Consulat

Barras, l’un des responsables du renversement de Robespierre en 1794 et directeur de la République de 1795 à 1799, a bénéficié d’un traitement de faveur de la part de Louis XVIII ) partir de 1814. Il n’est pas exilé, comme beaucoup d’anciens députés de la Convention (1792-1795).

Il a déclaré sous le Consulat, lors d’un repas, que le fils de Louis XVI était vivant et qu’il «verrait pendre ce diable de corse». Témoignage devant notaire d’une invitée.

Sous le premier Empire

Si l’on en croit les « Mémoires de Talleyrand », à entendre Joséphine de Beauharnais, Napoléon considère avoir la preuve absolue de l’existence de Louis XVII. Il en est si sûr qu’il dit souvent à son entourage :

« Quand je voudrai, je sèmerai la discorde dans la famille du prétendant ! ».

En 1814

 L’empire français s’écroule et Napoléon prend pour la première fois le chemin de l’exil. Quant à Joséphine, lorsque le Czar Alexandre va la visiter, il lui dit : « Qui mettrons nous sur le trône de France, Madame ? », elle lui répond : « Mais le fils de Louis XVI, évidemment ».

A la Restauration

Voici l’ignare Bruneau et le dandy “Baron de Richemont”.

Puis arrive Naundorff, apparu en Prusse. On trouve des traces de lui en 1809.

Le docteur Pelletan va essayer de rendre ce cœur à la famille du petit Roi pendant la restauration, mais ils vont refuser et finalement il va le donner à Monseigneur de Quelen, archevêque de Paris. Pendant la révolution de 1830 l’archevêché va être pillé et le cœur va être récupéré par le fils du Docteur Pelletan qui va se rendre personnellement à l’archevêché pour sauver la royale relique.

En 1819-1820

Naundorff aurait contacté le duc de Berry, fils du futur Charles X. Il se rend en France dans les années 1830, vivant de l’hospitalité de ses partisans. Certaines personnes ayant connu Louis XVII reconnaissent en lui le fils de Marie-Antoinette. Mais que peuvent valoir ces témoignages quarante ans après les faits ? Naundorff donne des renseignements sur la vie du Dauphin. A-t-il soutiré ces informations des gens qui le reconnaissaient ?

Naundorff est expulsé de France. Il vivra à Londres, fondera une religion, partira pour les Pays-Bas où il mettra une bombe connue sous le nom de “bombe Bourbon “. Le Roi l’autorise à porter le nom de Bourbon. Naundorff meurt   à Delf. Ses partisans se battront pendant des décennies pour sa reconnaissance. Sa famille existe toujours. Une branche vit en France, l’autre au Canada. Elle a été déboutée lors d’un procès en 1954.

Le 13 février 1820

Assassinat du duc de Berry (1778-1820), fils du comte d’Artois (1757-1836).

Résultat de recherche d'images pour "Assassinat du duc de berry"Les derniers moments du duc de Berry, par Alexandre Menjaud

Le 14 février 1820

Mort du duc de Berry.

On a prétendu que Louis Louvel (1783-1820), l’assassin, pouvait être Louis XVII car Louis XVIII l’aurait autorisé à se rendre à l’échafaud coiffé d’un chapeau…

Louvel était sobre et travailleur. Il était cultivé, ne se liait à personne. Il a toujours dit avoir agi seul.

Louvel-Louis XVII. des confidences ? De qui ? Ils sont tous morts !

1: le vrai Louvel était en pension de juin 1791 à octobre 1795, donc possibilité d’introduire dans la famille Louvel un inconnu et de le faire passer pour le fils de la famille de retour à Versailles (1794);

2: Robespierre est passé devant chez les Louvel à Versailles tous les jours d’avril à novembre 1789 (première possibilité d’un lien). Robespierre est à Versailles le 20 juin 1791 quand le père Louvel envoie à Paris le futur régicide, en pension. Aurait-il profité du carrosse de Robespierre ?      Il a été dit que Robespierre aurait postulé ou aurait été pressenti pour devenir gouverneur du Dauphin. Du moins son nom a circulé pour occuper la charge.

3: Le conventionnel Lecointre accompagne Robespierre le 17 juillet 1791 ( jour de la fusillade du champ de Mars) dans la quête d’un abri sûr. Les Lecointre et les Louvel sont liés (le père Lecointre était parrain chez les Louvel). Et nous retrouvons le soir de la chute de Robespierre Lecointre festoyant avec Barras et les autres membres de la conjuration qui fit chuter le « tyran ».

Un lien Robespierre – Lecointre – famille Louvel ; un second,  Barras – Lecointre – famille Louvel !

4: En 1804, Louvel déclare avoir 19 ans (âge de Louis XVII), alors qu’il en a presque 21 ! (ce n’est pas un témoignage, c’est marqué sur son livret ouvrier !)

5: En 1806, Louvel est réformé de la Garde Impériale par Larrey et Sue, amis de Desault, médecin au Temple en mai-juin 1795. Louvel est affecté à l’Artillerie de la Garde Impériale, à Paris, en 1805. Il fut réformé pour varicocèle.

6 : En 1814, Louvel, qui n’aime pas l’armée, rejoint Napoléon à l’île d’Elbe. il y restera deux mois comme sellier. A-t-il voulu parler à l’empereur ?

7 : L’abbé Arnoux, chargé par la famille royale de tirer les vers du nez du régicide, meurt à 28 ans le jour de l’ouverture du procès Louvel ! (d’une maladie poitrinaire, officiellement).

8 : Louvel écrit : je n’ai pas déshonoré ma Nation, je n’ai pas déshonoré ma fille. N’ayant pas d’enfant, la fille de Louvel est-elle la Nation ? (texte lu aux pairs de France).

9 : Louvel ressemble étrangement à Joseph II d’Autriche, oncle de Louis XVII (test réalisé sur quinze personnes – onze ont mis Joseph II en premier, et François II en second, cousin de Louis XVII – sur vingt portraits de même taille).

Les oreilles de Louis XVII et de Louvel présentent de fortes ressemblances.

10 : Louis XVIII ordonne une messe à la mémoire de Louis XVII pour le 8 juin 1821, soit un an et un jour après la mort du régicide. (cérémonie annulée). C’est la première fois que Louis XVIII ordonne cela.

11 : En 1816, Louis XVIII fait effectuer des recherches sur les restes de Louis XVII au cimetière Sainte-Marguerite. Le jardinier en chef des jardins du Luxembourg, Toussaint Charpentier, déclare au préfet Anglés qu’au moment de l’enterrement de l’enfant du Temple, on lui fit creuser de nuit une fosse au cimetière de Clamart pour recevoir un petit cercueil. Une personne de la Municipalité aurait déclaré que le petit Capet aurait bien du chemin à faire pour retrouver sa famille.

Ce Charpentier est également employé à Trianon. Son fils  en tant que jardinier en chef à partir de 1824. Ces gens connaissent la marraine de Louvel, Madame Belleville. Curieux !

12 : Les restes de Louvel sont transférés dans une fosse commune, mais bien vite, on les exhume et les transporte dans un lieu toujours inconnu. Volonté de Louis XVIII de ne pas créer un lieu de pèlerinage républicain, ou d’inhumer Louvel dans une tombe royale ? (il existe des emplacements vides à la basilique de Saint-Denis).

13 : Le comte de Vaisons (Le Roi perdu, de l’académicien Octave Aubry), qui n’a jamais existé, (mais le général-marquis de Bonneval correspond à son profil) arrête son enquête diligentée par Louis XVIII à la mort de Louvel en juin 1820. 

14 : Louis XVII se blessa aux parties génitales en jouant au cavalier avec un bâton, ceci lorsqu’il était encore avec sa mère, sa tante et sa sœur. On lui mit un suspensoir. Louvel avait également un suspensoir. Il avait été réformé de l’Artillerie de la Garde Impériale en 1806 pour varicocèle :
La varicocèle testiculaire est une pathologie bénigne qui se caractérise par une dilatation des veines au niveau du cordon spermatique. Elle peut causer des problèmes de fertilité chez l’homme.
Il se pourrait qu’il y ait eu une erreur de diagnostic, de conséquences de l’accident.

Voici l’explication de l’affaire selon Jean-Claude Pilayrou :

Robespierre a enlevé le Dauphin et l’a confié au père Louvel. On sait ce qui adviendra par la suite de Robespierre.
Barras a enlevé le remplaçant de Louis XVII. Caché à St Domingue, il meurt en 1803 ( ?).
Louis XVIII fit faire une enquête par Bonneval. Entre temps, Louvel tue le duc de Berry.
Louis XVIII, qui est perturbé par les apparitions continuelles de faux dauphins (Hervagault, Bruneau, Dufresnes…), se demande si Louvel n’est pas Louis XVII, qui vient de se venger de son état de roi  déchu en tuant Berry. Il fera faire une enquête approfondie. Louvel n’ayant pipé mot, il le laissera aller à la guillotine.
Aujourd’hui comme hier, les héritiers du secret gardent le silence. Et l’analyse ADN de 2000 fut un pieux mensonge, destiné à protéger la mémoire du roi assassin: Louis XVII.

Pour Jean-Claude Pilayrou, Louvel serait Louis XVII

Au début de 1841

Sous la signature de Gozzoli, rédacteur-gérant de La Voix d’un proscrit, Laprade (qui avait été affublé du titre de “président du conseil de l’Eglise catholique évangélique“) et cinq autres compères, publièrent un désaveu cinglant de leur adhésion à la cause naundorffiste. (Nous savons par l’abbé Laprade que Morel de Saint-Didier lui-même, sans signer le document, en partageait l’esprit.) Ils y rapportent comment, ayant enquêté sur le passé du bonhomme, ils ont été contraint de conclure à la supercherie. Ils mettent en cause la réalité des apparitions, la moralité personnelle de leur ancien “roi”, soulignent les contradictions de la doctrine – bref, ils sapent l’édifice qui les a portés pendant tant d’années.

Le 22 juin 1841

L’abbé Laprade écrivait une lettre sévère, à la mesure de sa tristesse et de ses remords :

Pauvre sire de Normandie qu’as-tu fait de ta baguette, que sont devenus tes talismans imaginaires?(…) quand je songe à mes dispositions d’autrefois et à mes sentiments d’aujourd’hui, je suis si honteux et humilié de mon passé que je voudrais être trois fois taupe pour ne plus le voir et trois mille fois lièvre pour ne plus le rappeler. Quoi! des hommes généreux et intelligents avaient pu planter un drapeau près de l’hôtel de Camberwell? Ils avaient pu faire à cet homme l’honneur de le regarder comme pouvant être de quelque poids dans la balance des destinées humaines…ma foi, ma foi; convenons-en, nous étions en démence. Aussi, dès que j’ai eu aperçu le bout des oreilles de notre Guillot je l’ai fui à toutes jambes et je cours encore..”

 

Le 10 août 1845

« Nous soussignés, docteurs-médecins en fonctions à Delft, Jean Soutendam et Jean-Gérard Kloppert, autrefois Officier de Santé, et comme tel adjoint comme médecin consultant par feu Son Excellence le ministre List, déclarons avoir traité en 1845 celui qui se nommait Charles-Louis de Bourbon duc de Normandie. 

 
« Beaucoup d’intérêt fut témoigné à l’auguste malade. Des bulletins furent envoyés journellement sur l’état de sa santé au ministre susdit, qui de temps en temps vint en personne prendre des informations. […] Les pensées du malade s’arrêtaient principalement sur feu son malheureux père, Louis XVI, sur le spectacle effroyable de la guillotine ; ou il joignait les mains pour prier et demander, avec des paroles entrecoupées, de bientôt rejoindre au ciel son royal père. Presque jusqu’au dernier soupir ce fut ainsi. Et Charles-Louis de Bourbon mourut en notre présence le 10 août 1845. »
Témoignage des deux médecins qui soignèrent “Naundorff” jusqu’à sa dernière heure, Delft, le 30 mai 1872

On a retrouvé sur le corps du dénommé Naundorff les sept spécificités corporelles qu’auraient eu Louis XVII et qui étaient connues et témoignées selon certains, et également archivées dans les rapports médicaux (Archives de Versailles), sans que les naundorffistes ne montrent cette pièce en question.
Cette pièce importante se trouve à Deft : Archives Notariales de Deft et copie conforme au Archives Bourgmestrales – volume 46, folio 35, verso 3 à 7.
Voici le procès verbal :
 
« Aujourd’hui 12 août 1845, le soir à 6 heures et à la requête de Charles Edmond de Bourbon, aussi connu sous le nom de Naundorff, demeurant à Deft en la rue dite de Voostrat, section 5, n° 85, accompagné de M. Cornélis Théodorus Van Meurs, major d l’Artillerie, chevalier du Lion néerlandais, du Maître Jacobus Van Buren, avocat et juge demeurant à…et connu de moi, notaire.. »
« Moi, notaire, Simon Adrianus Sholten, notaire de l’arrondissement de la Haye, résidant à Deft, assisté de Messieurs Carel Heyne den Back, employé au secrétariat de la Vielle et de Adriaan Mardus Schagen Van Leewen, employé à mon étude, connus de moi, notaire, je me suis rendu à une maison située à l’Oude-Deft, section2, n°62 à Deft où le requérant m’a montré dans une des chambres un cadavre qu’il déclara à moi, notaire, être celui de Charles Louis, Duc de Normandie ( Louis dix-sept), ayant été connu sous le nom de Charles Guillaume Naundoff, né au Château de Versailles en France, le 27 mars 1785 … »
« Le requérant, Charles Edmond de Bourbon, fait cette déclaration en présence des ci-dessus nommés Van Meurs et Van Buren qui déclarent par ceci reconnaître le cadavre montré pour celui du père du requérant. »
« Ainsi furent présents : M. Jean Sontendam, docteur-médecin, demeurant à Deft, Louis Snabilié, docteur-médecin, premier officier de Santé de la 2ème classe, chevalier de l’Ordre Militaire de Guillaume, Joannes Gerdus Kloppert, docteur médecin et accoucheur, officier de santé de 2ème classe, demeurant à Deft, connus de moi, notaire lesquels Messieurs déclarèrent reconnaître le cadavre montré pour celui de la personne qu’ils on traitée médicalement en sa dernière maladie. »
« Et le requérant a prié les médecins susnommés d’expliquer leurs expériences des signes extérieurs qui caractérisaient le cadavre et après avoir examiné à cette fin le cadavre prescrit, les nommés médecins ont noté les signes suivants :.. »
 
Sont énumérées les sept spécificités corporelles qu’avaient Louis XVII :
1. Le naevius maternus à la cuise ;
2. L’excroissance du sein droit ;
3. Le cou très ridé ;
4. Disposition des deux incisives sortantes « en lièvre » au milieu de la denture inférieure ;
5. Forme du front large et fort, fuyant et s’évasant ;
6. Disposition des yeux bleus avec leurs arcades sourcilières arquées avec un écartement si précis « qu’il comportait entre eux une distance égale à la longueur d’un œil » ;
7. Anomalie de la forme du lobe des oreilles, notamment de l’oreille droite (nettement visible sur la photo représentant Naundorff su son lit de mort et identique à celle d’un portrait de Louis XVII enfant).
 
Ce constat se termine ainsi :
« Le requérant m’a prié, moi, notaire, de donner acte en minute de tout ce qui précède et qui est ci-dessus mentionné et, après lecture faite au requérant, aux témoins assistants, aux médecins sus-nommés et aux témoins ici-présents : Carel Heyne Van Back et Adriaan Marius Schagen Van Leeuwen, tous deux ci-dessus nommés, toutes ces personnes ont signé. »
Signé :
Charles Edmond de Bourbon, Van Meurs, Van Buren, Jean Soutendam, Dr Snabilié, Dr Kloppert, C. Heyne den Back, A.M. Scagen Van Leewen, S.A ?. Scholten, notaire. »
Enregistré à Deft, le 13 août 1845, volume 46,folio 35, verso 3à 7. reçu 80 cents pour droits et 38 additionnels, ensemble 1 florin 10 cents et demi. Deux feuilles, six renvois
Le receveur : signé : V.D. Mandèle
« Pour signé conforme : signé SA Scholten, notaire »

En 1943

André Castelot soumet au Docteur Locard, directeur du laboratoire de Police Technique de Lyon, une boucle des cheveux du “Dauphin”, propriété de l’abbé Ruiz, jointe à une mèche de Naundorff, qui lui avait été remise par le baron de Genièbre. Le but était de chercher si les cheveux correspondent ou non. Selon les naundorffistes, la confrontation, pratiquée d’après des microphotographies, donnerait des résultats époustouflants : les deux échantillons comporterait la même excentration du canal médullaire, un caractère jugé très rare par l’expert lyonnais. L’identité d’origine des deux mèches de cheveux semble irrécusable : pour les partisans de Naundorff, comment croire que cette excentration, si exceptionnelle, est due à la seule intervention du hasard?

En 1947

Alain Decaux (1925-2016) publie son premier livre, Louis XVII retrouvé,  et soutient la thèse survivantiste _ ou naundorffiste_ qui perd par la suite tout crédit chez les historiens. Le futur ministre se ravisera d’ailleurs de cette conclusion de jeunesse.  

En septembre 1950

Le cercueil de Naundorff est ouvert à Delft, sous la conduite du Docteur Hulst, médecin expert près les tribunaux hollandais. Castelot, pour s’assurer des conclusions de la première analyse, prie ce dernier d’envoyer à Locard une mèche provenant directement du squelette. Il fait bien. On procède à une seconde expertise.

Le 4 mai 1951

La sentence de la trichoscopie tombe, terrible pour le camp survivantiste. Locard écrit dans son rapport :

Ces cheveux, d’origine indiscutée, ne présentent pas l’excentrement caractéristique. Ainsi donc les cheveux de Naundorff (…) ne sont pas identiques à ceux de Louis XVII“. Le Dr Locard, qui avait entre-temps reçu, par le biais du marquis de Tinguy, d’autres cheveux provenant de Louis XVII qu’il a également analysés, ajoute qu’il semblait établi “que le Dauphin présentait une “anomalie capillaire caractéristique” non retrouvée chez Naundorff. Les cheveux n’appartenaient pas à la même personne. La “preuve scientifique”, qui, c’est le cas de le dire, n’avait tenu qu’à un cheveu, tombait à l’eau.

Le spécialiste lyonnais confiera plus tard à Castelot que les deux premières mèches étaient si semblables, qu’il était fort possible que toutes deux aient été prises sur le crâne de Louis XVII.

En 1975

La relique du cœur Pelletan , récupérée par de la famille lointaine de Louis XVII, finit par être donnée à la basilique de Saint-Denis par la princesse Massimo.

 

En 1996

Après 5 ans d’enquêtes, Paul-Éric Blanrue a conclu à l’imposture du dénommé Naundorff (Le mystère du Temple, la vraie mort de Louis XVII, Claire Vigne éditrice, 1996, p. 229-287) et à la réalité de la mort du petit Roi à la date mentionnée par l’état civil. Il a repris cette thèse dans la préface des Souvenirs de la duchesse d’Angoulême (Communication et Tradition, 1997) dont il a établi l’édition critique, ainsi que dans une dizaine d’articles. Ni Decaux, ni Castelot, ni personne, n’y a répondu.

En 1998

Des analyses sont menées par l’Université de Louvain et le CHU de Nantes à partir de cheveux et de fragments d’humérus de Naundorff et de cheveux des descendants des sœurs de Marie-Antoinette. Conclusion : les restes de Naundorff ne sont pas ceux du dauphin Louis XVII.

En 1999-2000

L’historien – journaliste Philippe Delorme contacte la noblesse française afin que le cœur du petit décédé le 8 juin 1795 soit analysé avec la méthode ADN. Le résultat est que le cœur examiné était celui d’un parent de Marie-Antoinette, donc en principe de Louis XVII.

Monsieur Delorme a officiellement mis un terme à cette énigme; mais certains avancent que le cœur est celui du frère de Louis XVII, décédé en 1789. Le cœur embaumé de cet enfant a disparu sous la Restauration. Une bataille acharnée se déroule depuis entre Mr Delorme et les partisans de l’autre thèse. Mais une médecin-légiste a affirmé au cours d’une émission diffusée en janvier 2007 qu’elle serait bien en peine de faire la différence entre un cœur embaumé (frère de Louis XVII) et un cœur non embaumé (cœur du décédé le 8 juin 1795).

Monsieur Delorme devait rechercher le cœur du frère ainé de Louis XVII. Il n’y a pas eu de suite : la tombe de Louis-Joseph a, en effet, été ouverte et vidée le 16 octobre 1793 !

En 2004

De nouveaux prélèvements sont effectués sur le squelette de Naundorff. On procède à des analyses en Hollande et en Autriche, mais la famille dite de Bourbon n’a pas fait connaître les résultats.

Ce semble éloquent …

Le 8 juin 2004

Pour le professeur Jean Tulard, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, appelé par le ministre de la Culture à donner son avis sur le dépôt du cœur de Louis « XVII », l’analyse de l’ADN du cœur, conjuguée avec l’enquête menée sur son origine et les péripéties de son histoire, est suffisante pour attester de la mort du prince au Temple.

Sources :

  • Le Roi Perdu (1931) d’Octave Aubry
  • Louis XVII (2017) d’Hélène Becquet ; chez Perrin
  • Affaire Louis XVII-Naundorff, Naundorff, “roi de France”, voyant, gourou … et imposteur!“, par Paul-Eric Blanrue http://www.zetetique.org/naundorff.html
  • http://louisxvii.canalblog.com/
  • Louis XVII : la vérité (2000) de Philippe Delorme ; éditions Pygmalion
  • Louis XVII, l’enfant du temple ; son portrait authentique mais oublié. Le crime de la République, article d’Emile Mourey, le 10 mars 2020 https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/louis-xvii-l-enfant-du-temple-son-222177
  • Louis XVII et les Mystères du Temple (1994) de Pierre Sipriot aux éditions l’Archipel
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