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Le duc de Lauzun

Armand-Louis, comte de Biron, puis duc de Lauzun

Armand Louis de Gontaut, duc de Lauzun puis de Biron par Antoine Vestier

Armand-Louis de Gontaut Biron, comte de Biron à sa naissance, marquis de Gontaut (1758), puis duc de Lauzun (1766), puis duc de Biron et Pair de France (1788), marquis de Châtel et de Caraman, baron de Lesquelen.

Le 13 avril 1747

Naissance de Armand-Louis de Gontaut Biron, comte de Biron, fils unique d’Antoinette-Eustachie Crozat du Châtel (1728-1747) et de Charles-Antoine-Armand marquis, puis duc de Gontaut (1708-1798) qu’elle a épousé en 1744.

Le 16 avril 1747

Sa mère, Antoinette Crozat du Châtel meurt à seulement vingt ans, d’une fièvre puerpérale, privant l’enfant d’amour maternel et suscitant en lui une quête effrénée de l’amour féminin…

Armand-Louis de Gontaut-Biron est marqué par une enfance difficile , si courante chez ces rejetons de la haute aristocratie.

Il n’aura jamais de liens véritables avec son père, septième duc de Biron, honnête homme et soldat méritant qui a décidé de quitter le service à la suite d’une blessure reçue en 1743 à la bataille de Dettingen, pendant la Guerre de Succession d’Autriche.

Il s’était lié avec Marie-Anne (1717-1744), marquise de La Tournelle puis duchesse de Châteauroux. qui fut la favorite de Louis XV en 1742. Il a été son fidèle garde-malade jusqu’à sa mort en 1744.

Marie-Anne de Châteauroux par Nattier

Charles-Antoine de Gontaut obtient les faveurs de celle qui succède à la duchesse de Châteauroux dans le lit du Roi, la célèbre marquise de Pompadour.

Image associéeJeanne-Antoinette, marquise de Pompadour par Boucher (1756)

Gontaut est donc amené à suivre la cour tant à Versailles que dans ses déplacements à Fontainebleau, Compiègne, Choisy ou La Muette.

Pour demeurer libre de ses mouvements, il confie ce fils dont il ne sait que faire , aux soins de sa belle-sœur, Louise Crozat du Châtel (1737-1801), qui tente de compenser son manque d’affection maternelle, étant elle-même sans enfant.

Louise Crozat du Châtel par François Boucher

En 1750, elle avait épousé Étienne-François de Choiseul (1719-1785), comte de Choiseul puis duc de Choiseul-Stainville, le futur tout-puissant ministre de Louis XV, dès 1758, grâce à la protection de Madame de Pompadour.

Étienne-François de Choiseul

Armand Louis, qui réside donc le plus souvent à Versailles, chez sa tante qui le promène dans tous les salons, a une jeunesse orageuse.

Son père l’introduit dans le cercle du Roi où il commence sa carrière de séducteur mondain.

Blond, avec un visage ravissant, il a un maintien et une allure supérieurs de grand seigneur qui étonnent à son âge et charment Louis XV. Il connaît alors le sort de nombre d’enfants de l’aristocratie que l’on  exhibe à la cour tels de petits singes savants, pour distraire leurs aînés par leur ingénuité.

Le 2 février 1757

Versailles, Louis-Antoine de Gonteau, son père, est fait chevalier des ordres du Roi (quarante-neuvième promotion).

Le 14 octobre 1757

Son père est gouverneur du Vivarais, du Velay et des Cévennes.

En 1758

Louis-Antoine est créé duc de Gontaut, c’est le premier du nom.

En janvier 1761

Quelques mois avant son quatorzième anniversaire, Armand-Louis intègre le régiment des Gardes françaises, alors commandé par son oncle le duc de Biron, avec le grade d’enseigne à drapeau.

Lui-même est déjà persuadé de son succès militaire et confesse avec cynisme :

“Je sus à cet âge que j’étais destiné à une fortune immense et à la plus belle place du royaume, sans être obligé de me donner la peine d’être un bon sujet!”

En 1761

Armand-Louis est nommé sous-lieutenant.

En 1762

La carrière de séducteur d’Armand-Louis commence à quinze avec une soubrette de Madame de Pompadour lors d’un séjour dans son château de Ménars, au bord de la Loire.

Le château de Ménars

En février 1764

Il est nommé lieutenant.

En 1765

Il a dix-huit ans lorsqu’il fait la conquête de la jeune belle-sœur de sa tante Choiseul, Thérèse de Clermont d’Amboise (1746-1789) qui vient d’épouser Jacques-Philippe de Choiseul, comte de Stainville, le 3 avril 1761.

Thérèse de Clermont d’Amboise

Louis-Armand décide sans ambages de la séduire:

“Je vis pour la première fois Madame de Stainville le jour de ses noces (1761) et elle me fit une impression qui depuis ne s’est effacée. J’en devins tout de suite passionnément amoureux et on en fit des plaisanteries qui le lui apprirent.”

En 1766

Armand Louis de Gontaut-Biron est créé duc de Lauzun par brevet d’honneur du Roi Louis XV à l’occasion de son mariage.

En février 1766

Il est nommé aide-major surnuméraire.

Le 4 février 1766

À 19 ans, il épouse Amélie de Boufflers, fille de Charles Joseph duc de Boufflers. Le couple vit presque toujours séparé et n’aura jamais d’enfant.

Lauzun - Armand-Louis de Gontaut Biron, duc de Lauzun - Page 4 Marie-10Marie-Amélie de Boufflers

“Madame de Lauzun est un chef-d’oeuvre d’éducation, la femme la plus parfaite que j’ai connue.” 

Baron de Besenval

“La grande considération dont jouit Madame de Lauzun n’est pas due à sa seule vertu. C’est à une pureté intérieure, c’est au caractère de ses pensées qui se peint dans tous ses mouvements et dont sa physionomie est l’ouvrage, qu’elle doit l’estime et les égards dont elle est entourée. Madame de Lauzun rougit dès qu’on la regarde et rougit encore de s’être aperçue qu’on la regardait… “

Germaine de Staël

A peine mariée, Amélie est déjà une femme bafouée, Armand-Louis se perd dans les conquêtes : avec l’actrice Eugénie de Beaubours de la Comédie de Versailles, avec Anne Thoynard de Jouy, comtesse d’Esparbès et nièce de Madame de Pompadour, avec la princesse de Tingry… il alterne sans autre raison que son plaisir les liaisons entre les théâtreuses et les dames de la Cour.

En 1767

Il reçoit son brevet de colonel.

Il fréquente Jeanne de Vaubernier qui n’est pas encore la comtesse du Barry.

“Elle m’inspira des désirs et ne refusa pas de les satisfaire.”

Portrait de la comtesse Du Barry en Flore (1769) par François-Hubert Drouais

En octobre 1767

Il est nommé capitaine-commandant de la compagnie colonel des Gardes françaises.

C’est dans sa vie de galanterie qu’il fait la connaissance du duc de Chartres, futur duc d’Orléans, né le même jour que lui et du prince de Guéménée. L’un comme l’autre le pousseront dans l’ opposition politique au trône de Louis XVI et l’introduire dans l’intimité de Marie-Antoinette.

En 1769

Il se bat en Corse sans ordres ni autorisation mais avec un grand courage : il reçoit pour cette campagne, par dispense d’âge la croix de Saint Louis.

Le 16 mai 1770

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Le Dauphin Louis-Auguste épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche.

Marie-Antoinette par Ducreux
Le mariage vu par Sofia Coppola (2006)

Le 24 décembre 1770

Le duc de Choiseul (1719-1785) , l’un des principaux artisans du mariage franco-autrichien ( il était chef du gouvernement de Louis XV entre 1758 et 1770), est exilé à cause de son orientation libérale  dont la pratique politique s’apparente à une cogestion implicite avec les adversaires de la monarchie absolue.

Portrait de Choiseul par Louis-Michel Van Loo

Armand-Louis, par fidélité et solidarité familiale, décide de s’attacher à la disgrâce de son oncle et prend le chemin de Chanteloup.

Résultat de recherche d'images pour "château de Chanteloup"Château de Chanteloup

Mais l’exil ne lui plaît pas longtemps et il est plus long que le présageait le ministre, alors Lauzun revient à Versailles.

En janvier 1771

“Je fus à Versailles, au bal de Madame la Dauphine  et j’y fis événement. Tout le monde m’entoura pour me demander des nouvelles de Chanteloup et tout le monde semblait me savoir gré de mon courage. Je ne jouai de ma vie un plus beau rôle. Madame la Dauphine vint à moi avec cette grâce déjà inséparable de ses actions et me dit :

“Comment se porte Monsieur de Choiseul? Quand vous le reverrez, dites-lui que je n’oublierai jamais ce que je lui dois et que je prendrai toujours pour lui l’intérêt le plus sincère.”

Je retournai à Chanteloup après ma garde pour raconter cela à Monsieur de Choiseul et j’y passai tout le reste du temps où je n’étais pas de service.”

La Dauphine Marie-Antoinette

Marie-Antoinette, qui aime les uniformes, n’est pas insensible à cet officier de belle prestance qui porte à ravir sa tenue bleue galonnée d’argent.

En juin 1772

Lauzun accompagne Chartres qui visite Marie-Antoinette. Chartres conduit lui-même sa voiture légère à la mode anglaise et nul valet ne les accompagne.

Au printemps 1773

Armand-Louis se sacrifie à nouveau à l’anglomanie pour aller goûter aux délices de la saison mondaine britannique.

Il tombe sous le charme de la princesse polonaise Izabella Czartoryska (1746-1835), qu’il rencontre chez Lady Harrington.

Alexander Roslin 003.pngLa princesse Izabella Czartoryska par Alexandre Roslin

Elle sera l’un des grands amours de sa vie.

“Ma figure est comme mon esprit, le plus grand mérite de l’un comme de l’autre tient à l’adresse avec laquelle je sais en doubler la valeur.”

La princesse Izabella Czartoryska

Après un duel et une réconciliation  avec Nicolas, Prince Repnine (1734-1801), Lauzun arrache Izabella de son amant russe et part avec elle en voyage dans le nord de l’Europe.

En février 1774

Lauzun reçoit le commandement de la Légion Royale.

Le 10 mai 1774

Louis XV meurt de la petite vérole à Versailles vers quatre heures de l’après-midi. Il avait 64 ans.

Le Dauphin Louis-Auguste devient Roi sous le nom de Louis XVI

Louis XVI par Roslin

En mars 1775

Lauzun revient à Versailles. Il se rend fréquemment chez les Guéménée où il retrouve Chartres et le comte d’Artois avec lequel il partage une maîtresse anglaise : l’éblouissante Lady Barrymore.

Dimanche 11 juin 1775

Louis XVI est sacré à Reims.

Image associée

Le 6 octobre 1775

Une course de chevaux aux Sablons oppose Lauzun  à Artois, Chartres, Guéménée, au marquis de Conflans et de Voyer, pour les plus prestigieux… La foule est énorme. La Reine a tant insisté pour être présente que le Roi a cédé. La course commence à une heure de l’après-midi. Elle ne dure que six minutes mais elle est âprement disputée puisqu’il faut faire trois fois le tour de la plaine des Sablons. Lauzun l’emporte sur ses adversaires.

Course de chevaux sous le Premier Empire par Debucourt

Dès lors le succès des courses est tel qu’il y en aura presque chaque semaine, parfois en fonction des déplacements de la Cour, aux Sablons, à Vincennes, à La Muette, à Fontainebleau ou même à Rambouillet.

La faveur de Lauzun auprès de la Reine est alors à son zénith.

En 1776

Il prend le commandement du régiment Royal-Dragons.

Favori de Marie-Antoinette, Armand Louis de Gontaut-Biron est donné comme son amant.

Grand et très bien fait, ayant conservé sa blondeur enfantine, les yeux verts, il arbore une attitude altière qu’accentuent un long nez droit, un menton volontaire et un regard condescendant qu’il garde toujours mi-clos.

Un anneau d’or à l’oreille droite … est-ce une prescription médicale pour améliorer sa vue de militaire comme on le pense alors?

Le duc de Lauzun par Louis-Auguste Brun

Ce dessin le représente au moment de sa plus grande faveur auprès de la Reine. Le costume date en effet le croquis : le duc est en “chenille” et doit être en bottes ; c’est la tenue négligée à la mode anglaise des jeunes gens que la reine, oubliant l’étiquette, ne craignait pas d’admettre dans sa tribune aux courses de Fontainebleau ou de la plaine des Sablons.

C’est peut-être dans cette même tenue que Lauzun accompagne la Reine, lorsqu’Elle se promène au bois de Boulogne. Elle a obtenu qu’on en ouvre les portes, toujours fermées du temps du feu roi.

Elle s’y montrait sans garde; elle parlait à tout le monde avec une affabilité qui la faisait aimer de ceux qui l’approchaient et elle recevait elle-même les placets qu’on lui présentait ; et c’est ainsi que l’empressement de voir leur souveraine engageait des Parisiens à se rendre en foule à La Muette. C’était une procession continuelle de voitures...”

Mémoires de Lauzun

En février 1776

La Reine organise, dans la Galerie des Glaces, un bal masqué pour le carnaval dont le thème est le règne d’Henri IV. Lauzun choisit une tenue entièrement noire qui contraste avec sa blondeur. Il porte des collants et une culotte bouffante ( un haut de chausses) qui mettent admirablement en valeur ses jambes de cavalier. Mais surtout, il arbore un énorme diamant sur calot à aigrette qu’il a crânement penché sur son front suscitant l’admiration des hommes et l’envie des femmes.

Henri IV par Pourbus

Au début de 1776

Monsieur de Saint-Germain, nouveau ministre de la Guerre décide une réforme des légions de dragons. Celle de Lauzun doit disparaître. La Reine l’ayant appris avant que la nouvelle ne soit publique, obtient du ministre pour son ami le commandement du Royal-Dragons du maréchal de Schomberg, Lauzun ayant refusé  celui des Gardes du corps. Armand-Louis faisant la fine bouche, Marie-Antoinette persuade le Roi que le régiment lui soit offert gratuitement , faveur que la Cour ne manque pas de commenter.

En automne 1776

Le duc de Lauzun a imaginé d’attaquer la comtesse de Polignac et de la perdre, en produisant des preuves d’infidélité envers la Reine, en ce que des lettres de cette auguste princesse à sa favorite auraient été communiquées à d’autres personnes.
Quoique le fait soit très possible, et que j’en ai eu moi-même de violents soupçons, la tête désordonnée et légère de l’accusateur, son défaut absolu de preuves, et le caractère d’intrigue que portait son projet, l’ont fait avorter .

Mercy à Marie-Thérèse

Lauzun multiplie les conquêtes féminines et Mme de Guéménée programma pour lui celle de la Reine…

Ambitionnant, comme tous les prétendus amis de la reine, de diriger sa conduite, la princesse de Guéménée s’appliquait à lui trouver des mentors. Ni Coigny ni Guines n’ayant réussi car ils y mettaient trop peu de formes, elle songea au beau duc de Lauzun, l’un des plus brillants jeunes loups de la cour, pour lequel elle avait eu quelques faiblesses.
Armand de Gontaut-Biron avait tous les charmes de son temps, « un de ces hommes en qui finissait un monde », comme l’a dit Chateaubriand. Spirituel et chevaleresque, fastueux — il était couvert de dettes —, dandy avant la lettre — il venait d’acclimater en France les courses de chevaux —, il multipliait les conquêtes féminines et Mme de Guéménée programma pour lui celle de la reine.
Marie-Antoinette avait un goût enfantin pour les uniformes, Mme de Guéménée lui exhiba donc son protégé paré d’une plume de héron blanc à son casque. La reine parut l’apprécier, aussi la princesse suggéra-t-elle à Lauzun de la lui offrir. Marie-Antoinette, un peu embarrassée, se crut obligée de la porter le lendemain. Lauzun y vit un feu vert et se conduisit de telle sorte qu’il fut immédiatement mis à la porte. «Jamais cet homme ne rentrera chez moi», dit la reine, furieuse, à sa femme de chambre.
Le duc de Coigny, jaloux, en profita pour déclencher une cabale contre Lauzun et celui-ci, pour se soustraire à une disgrâce menaçante, s’en alla conquérir le Sénégal. La reine, peu rancunière, l’annonce avec plaisir à Mme de Guéménée :
Je connais trop votre amitié pour vos amis, ma chère princesse, pour ne pas m’empresser à être la première à vous faire compliment sur la nouvelle que le roi vient de recevoir que M. de Lauzun a pris le Sénégal. [… ] J’oubliais de vous dire que cette prise s’est faite sans que personne n’ait été blessé.
En fait, tout le monde à la cour riait des aventures coloniales de Lauzun. La France étant en guerre avec l’Angleterre, il proposa à Sartine, le ministre de la Marine, un raid de diversion sur la côte d’Afrique. Saint-Louis fut pris triomphalement en janvier 1779, mais il n’y avait rien à prendre. Les Anglais, décimés par les mutineries et les épidémies, se réduisaient à une vingtaine de soldats qui se rendirent de très bonne grâce. Pour tout butin, les Français ne trouvèrent que quelques biscuits avariés et des tonneaux d’eau-de-vie à demi vides que lampèrent d’un trait les concubines du sultan venues en visite. Lauzun bien sûr séduisit la plus belle. Elle lui offrit un bœuf, il lui envoya un tambour.

Mme de Guéménée, le mauvais ange de Marie-Antoinette,    Françoise Kermina

On assure que Monsieur de Lauzun a été blessé jusqu’au cœur de cette leçon et que depuis il se présente à peine au regard de Sa Majesté.

La baronne d’Oberkirch, Journal

Plus d’apartés entre eux, plus de promenade à cheval, plus de siège pour lui au jeu de la Reine où il doit désormais rester debout.

Il est préférable de s’éloigner.  Il rejoint à Sarrelouis son nouveau régiment.

Durant son absence, les Polignac, poussés par Vaudreuil et Coigny, en profitent pour ruiner un peu plus son crédit. Ils répandent que Lauzun s’est rapproché de Maurepas que la Reine déteste.

Le poste de premier écuyer de la Reine que Lauzun n’a pas osé accepter est confié au comte Jules de Polignac sur les instances de sa femme.

Au début de 1777

Au commencement de 1777, il n’était pas difficile de voir que ma faveur auprès de la Reine était absolument tombée.

Lauzun

Désormais , Marie-Antoinette le traite, de son propre aveu , “un peu trop en reine“. Les jours d’intimité avec la jeune femme sont bien finis.

En août 1777

“La Reine donne toujours les preuves d’une familiarité que certains esprits chagrins réprouvent. L’autre jour , à Choisy, ayant admiré les plumes qui ornaient la tête d’une danseuse, elle en a accepté une dont elle s’est parée sans façons.

Madame Campan

Les dettes commencent à devenir criantes. Ses dépenses somptuaires, son écurie de course, ses maîtresses, ses voyages continuels , tout a contribué à obérer ses finances dans des proportions effrayantes.

Ce sont les Guéménée, eux-mêmes perdus de dettes, qui vont sortir Lauzun de ce mauvais pas. Afin de faire face aux créances les plus criantes, la princesse accepte d’engager ses diamants. Puis le prince rachète l’ensemble de ses créances et se fait céder la quasi-totalité du patrimoine foncier d’Armand-Louis. En contrepartie, ils lui versent une rente annuelle de quatre-vingt mille livres qui lui permettent encore une vie très confortable.

Le 1er septembre 1777

Madame de Polignac ayant refusé la place de dame du palais comme celle de dame d’atours, avec les dividendes qui vont avec , la Reine fait attribuer à Monsieur de Polignac la survivance de la charge de premier écuyer, au détriment du duc de Lauzun auquel la place avait été proposée.

Le 11 mars 1778

Il vend les biens de sa baronnie du Châtel en Bretagne (comprenant les terres de Lorient, Châtel, Carman et Recouvrance) à Henri Louis Marie de Rohan, prince de Rohan-Guéméné, qui fait peu de temps après, le 2 octobre 1782, une faillite retentissante.

Il se porte volontaire pour servir contre l’Angleterre, lors de la Guerre d’indépendance américaine.

Le 1er septembre 1778

Il obtient le commandement du Corps des volontaires étrangers de la Marine, fort à l’origine de huit légions. Il est alors chargé de commander l’expédition de conquête du Sénégal (1778-1779).

Planche 43 in “Uniformes militaires des troupes françaises sous Louis XVI”,
Aquarelle, 1779
Photo (C) Paris – Musée de l’Armée
Dist. RMN-Grand Palais / Marie Bruggeman

Le 19 décembre 1778

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant est surnommée “Mousseline” par la Reine.

Des rumeurs prêtent Lauzun pour père à l’enfant royal…

Le 25 décembre 1778

Armand-Louis embarque à Brest pour les côtes d’Afrique à bord du Fendant, bâtiment de soixante-quatorze canons, accompagné de deux vaisseaux de ligne, deux frégates, quelques corvettes et une douzaine de bâtiments de transport, escadre commandée par le marquis de Vaudreuil.

Le 21 mars 1779

Monsieur de Lauzun, avec deux vaisseaux et un très petit nombre de troupes, a pris votre Sénégal qui était la base de votre traite des nègres […] si dans cet exploit il avait trouvé quelques mines d’or, cela vaudrait bien autant pour lui que la gloire qui lui en reviendra.

Madame du Deffand à Horace Walpole

A son retour, Lauzun est reçu froidement par Sartine et le Roi lui adresse à peine la parole. Afin de lui donner une occupation, le ministre le nomme inspecteur général des prisonniers de guerre : une voie sans intérêt et sans issus pour un homme qui désire de l’action.

Le 1er mars 1780

Il est nommé Brigadier de Dragons,  sous les ordres de Rochambeau. Il rencontre alors Axel de Fersen ( 1755-1810) dont il va devenir la référence militaire… et séductrice.

Je me suis particulièrement lié avec le duc de Lauzun. Les opinions sont partagées sur son compte, vous en entendrez dire du bien et du mal. Les premiers ont raison, les seconds ont tort. S’ils le connaissaient ils changeraient d’avis et rendraient justice à son cœur.

Axel de Fersen à son père

Le 5 mars 1780

Il devient colonel-propriétaire de la Légion des volontaires étrangers de Lauzun, ancienne deuxième Légion des volontaires étrangers de la Marine. Avec cette légion mixte d’un millier de volontaires (infanterie, cavalerie et artillerie), il joue un rôle décisif dans la guerre d’indépendance américaine.

Armand-Louis de Gontaut-Biron

En octobre 1781

Siège de Yorktown en octobre – combat de Gloucester. Il est chargé de porter au Roi Louis XVI, la nouvelle de la victoire de Yorktown.

Le 24 octobre 1782

La Reine donne à Madame de Polignac la place de Gouvernante des Enfants de France en remplacement de Madame de Guéménée, victime de la faillite de son mari ( d’un passif de trente-trois millions de livres).

Yolande de Polignac Au chapeau de paille par Élisabeth Vigée Le Brun (1783)

En juin 1783

De retour aux États-Unis, il rentre définitivement en France.

En 1783

Tenue des hussards de Lauzun

Pour son action en Amérique, il devient mestre de camp-propriétaire du régiment des hussards de Lauzun, sixième régiment de hussards en 1791, qui devient cinquième régiment de hussards en 1793.

Le 1er janvier 1784

Il est promu maréchal de camp .

La baronne d’Oberkirch raconte dans ses mémoires que  Lauzun  suivait la Reine pas à pas et s’installait à sa porte comme un chien de garde. Mais Elle ne faisait pas attention à lui.

De désespoir et au moment où Elle montait dans son carrosse pour revenir de Trianon à Versailles, il tomba sur un genou, lui présentant l’autre pour qu’elle l’utilise comme marche-pied, au lieu de la petite marche de velours destinée à cet effet.

La Reine alors le regarda pour la première fois, et prétendant ne pas le reconnaître, elle appela son page et lui dit :

Dites, je vous prie, monsieur, qu’on renvoie ce garçon ; c’est un maladroit, il ne sait même pas ouvrir la portière d’un carrosse.”

Marie-Antoinette par Joseph Boze

“Le premier motif du dégoût prononcé de la Reine pour le duc de Lauzun, vint de l’attachement réel de Sa Majesté pour la duchesse d’Orléans. Marie-Antoinette avait profondément ressenti l’injure faite à son amie, privée de l’affection du duc d’Orléans , son mari , grâce aux compagnies immorales où le duc de Lauzun l’avait entraîné. Parmi les personnes dont le duc d’Orléans fit ainsi la connaissance , figurent une certaine dame Duthée et madame Buffon“.

Catherine Hyde

En 1785

Mme de Travenard fit éteindre les flambeaux et confia le maniement au duc de Lauzun. Dès les premières images, l’assistance fut conquise. Elle commença à manifester bruyamment sa joie ; mais à mesure que les images devinrent plus licencieuses, les rires cessèrent et l’on n’entendit plus que “des froissements d’étoffes”…
Enfin, les couples “cherchèrent sur le mol des tapis à reproduire les scènes et les scènes que le duc projetait sur le mur; mais tous n’y parvenaient point, l’artiste dont l’imagination était grande , ayant conçu des figures souvent difficiles à exécuter (…) Le Duc de Lauzun, qui avait dû, trois fois de suite, quitter la lanterne pour se régaler des charmes d’une spectatrice”, crut bon d’annoncer que la séance allait se terminer et projeta la dernière plaque.

Dès que l’image parut sur le mur, il y eut un cri d’étonnement . La femme qui venait d’apparaître , nue et dans une posture fort inconvenante, avait les traits de Marie-Antoinette…
Cette apparition eut un effet surprenant . Tous les hommes retrouvant leur vigueur, se jetèrent sur leurs voisines.
On apprit ainsi qu’un grand nombre de courtisans étaient amoureux de leur souveraine…”

Guy Breton, Histoires d’amour de l’Histoire de France

Disgracié par la Reine, Lauzun est ensuite exclu des réunions de Madame de Polignac, dans lesquelles il cherchait à s’incruster.

Le duc de Lauzun (depuis duc de Biron), qui a figuré dans la Révolution parmi les intimes du duc d’Orléans, a laissé des Mémoires encore manuscrits , où il insulte au caractère de Marie-Antoinette.
Il raconte une anecdote d’une plume de héron : voici la version véritable .
M. le duc de Lauzun avait l’originalité dans l’esprit , quelque chose de chevaleresque dans les manières. La reine le voyait aux soupers du roi et chez la princesse de Guémenée en uniforme avec la plus magnifique plume de héron blanc qu’il fût possible de voir ; la reine admira cette plume : il la lui fit offrir par la Princesse de Guéménée. Comme il l’avait portée , la reine n’avait pas imaginé qu’il pût vouloir la lui donner ; fort embarrassée du présent qu’elle s’était , pour ainsi dire , attiré , elle n’osa pas le refuser, ne sut si elle devait en faire un à son tour, et , dans l’embarras, si elle lui donner quelque chose , de faire ou trop ou trop peu, elle se contenta de porter une fois la plume, et de faire observer à M. de Lauzun qu’elle s’était parée du présent qu’il lui avait fait.
Dans ses Mémoires secrets, le Duc donne une importance au présent de son aigrette, ce qui le rend bien indigne d’un honneur accordé à son nom et à son rang. Son orgueil lui exagéra le prix de la faveur qui lui avait été accordée. Peu de temps après le présent de la plume de héron, il sollicita une audience , la reine la lui accorda, comme elle l’eût fait pour tout autre courtisan d’un rang aussi élevé. J’étais dans la chambre voisine de celle où il fut reçu ; peu d’instants après son arrivée, la reine rouvrit la porte, et dit d’une voix haute et courroucée : “Sortez Monsieur.”
M. de Lauzun s’inclina profondément et disparut. La reine était fort agitée. Elle me dit : “Jamais cet homme ne rentrera chez moi.”
Peu d’années avant la révolution de 1789, le Maréchal de Biron mourut.
Le duc de Lauzun, héritier de son nom, prétendait au poste important de Colonel du régiment des gardes-françaises. La reine en fit pourvoir le duc du Châtelet ; voilà comme se forment les implacables haines. Le duc de Biron s’attacha aux intérêts du duc d’Orléans , et devint un des plus ardents ennemis de Marie-Antoinette.

Mémoires de Madame Campan

Le 31 mai 1786

Le Parlement acquitte le cardinal de Rohan dans l’Affaire du Collier mais Madame de La Motte est condamnée à être marquée au fer rouge et détenue à perpétuité.

En 1788

Lauzun devient duc de Biron et Pair de France.

Le 8 août 1788

Convocation des États-Généraux pour le 1er mai 1789.

Le 23 octobre 1788

A la mort de son frère Louis Antoine de Gontaut et par testament de celui-ci du 31 janvier 1788, Charles-Antoine hérite des titres de duc de Biron et Pair de France, mais s’en défait au profit de son fils Armand-Louis de Gontaut Biron. Il reprend aussi le titre de Baron de Ruffey et seigneur de Saint-Julien-les-Sennecey.

 Le 23 octobre 1788

A la mort de son frère Louis Antoine de Gontaut et par testament de celui-ci du 31 janvier 1788, Charles-Antoine hérite des titres de duc de Biron et Pair de France, mais s’en défait au profit de son fils Armand-Louis de Gontaut Biron. Il reprend aussi le titre de Baron de Ruffey et seigneur de Saint-Julien-les-Sennecey.

En même temps que du duché, Armand-Louis hérite de son oncle du somptueux hôtel de Biron, rue de Varenne ( c’est l’actuel Musée Rodin) .

L’hôtel de Biron

Le 5 décembre 1788

Le Parlement de Paris accepte le doublement du Tiers, défendu par la Reine, mais ne se prononce pas sur la question du vote par ordre ou par tête. Louis XVI se fâche et déclare aux parlementaires :

« c’est avec l’assemblée de la Nation que je concerterai les dispositions propres à consolider, pour toujours, l’ordre public et la prospérité de l’État »

En février 1789

Le capitaine Jennings de Kilmaine est l’un des fondateurs de la loge de l’Amitié Éternelle à l’Orient de Lauzun, loge maçonnique créée par les officiers de Lauzun à Verdun. D’abord orateur de la loge, il devient Premier surveillant de cette loge .

 Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

Procession des trois ordres, du Roi et de la Reine qui se rendent dans la Salle des Menus Plaisirs de Versailles.

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Élu député aux États généraux de 1789 par la noblesse du Quercy, Lauzun se rallie à la Révolution, et entre dans le parti du duc d’Orléans.

“Un concours de circonstances fatales entraîna M. de Lauzun dans l’abîme. Mais la principale cause de ses malheurs ne fut pas, comme on pourrait le croire, un amour ardent de la liberté et des idées exaltées de républicanisme. Avec une mauvaise tête, il avait l’esprit juste. Il savait bien que le gouvernement démocratique ne convient point à un grand peuple, moins aux Français qu’à tout autre. C’est ce que je lui ai entendu dire plusieurs fois  et ses principes n’ont jamais varié. Mais en prenant parti contre la cour , il croyait pouvoir se venger d’une offense personnelle, sans compromettre sa sûreté ni celle de l’Etat. Il imagina trop légèrement qu’ils allaient revenir ces temps de la Ligue ou de la Fronde, où les grands seigneurs pouvaient impunément montrer leur mécontentement. Voilà ce qui le perdit.”

Le duc de Lévis

Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

Image des Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Aimée de Coigny eut pour Biron un fort vif et assez long accès de tendresse, et elle lui écrivit d’aimables lettres, de Naples, par exemple, « où la lune est plus notre divinité qu’ailleurs… La mer semble être là exprès pour la réfléchir et l’adorer ; à peine veut-elle être agitée, et on voit bien seulement quand elle gémit, que c’est l’amour uniquement qui l’agite. »
Quelques-unes de ces lettres indiquent que Biron ressentit quelque ennui d’une correspondance fort dangereuse avec cette enfant terrible, émigrée rentrée en France sans autorisation.
« Tuons-nous pour qu’il n’en soit plus question, ou aimons-nous tendrement, sans objection, sans contrainte. »

Victor du Bled : Revue des Deux Mondes 

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Tableau de Jacques-Louis David

Le 11 juillet 1789

Renvoi de Necker

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

La Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Armand-Louis décide de se faire appeler le “citoyen général Biron“.

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Le 5 octobre 1789

Des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

La famille royale se replie dans le château…

Le 6 octobre 1789

Vers six heures du matin

Comme mus par un signal convenu, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes se rassemblent en rangs serrés. Menaçante, la foule s’approche du château et un groupe s’engouffre dans la cour par la grille de la chapelle, restée mystérieusement ouverte. Les gardes du corps sont débordés. La meute se dirige vers les appartements de la Reine ( comment en connaissent-ils la voie? On dit que le duc d’Orléans faisait partie de la foule pour la leur indiquer…) en hurlant.

Les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée.

A 7 heures du matin

Toute la Famille Royale finit enfin par se retrouver dans la chambre de parade du Roi, qui donne sur la cour de marbre envahie par la populace…

Le peuple dans la cour de marbre dans Les Années Lumières (1988)

Arrive La Fayette _ qu’il a fallu réveillé, ce qui lui vaudra le surnom de Général Morphée…_ qui conseille au Roi de se présenter au balcon. Sans hésiter, alors que quelques balles viennent encore de frapper, Louis XVI fait ouvrir les fenêtres et se montre. Il est acclamé mais perçoit des cris : ” A Paris! A Paris!

Le Roi est contraint d’accepter et il rentre.

On perçoit le duc d’Orléans, en frac gris, cocarde tricolore au chapeau, il se promène sur la place d’Armes en compagnie de son ami le duc de Lauzun devenu depuis peu duc de Biron mais resté un des héros d’Amérique.

La famille royale est ramenée de force à Paris.

Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Biron est en lien avec Mirabeau qu’il informe de l’évolution de la situation.

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération.

Jean-François Balmer dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale.

Le 21 juin 1791

La famille royale est arrêtée à Varennes.

Le 25 juin 1791

 La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Le Roi est suspendu.

Le 28 juin 1791

Le duc d’Orléans, effrayé par la tournure des événements, renonce à tout projet de régence.

Le 9 juillet 1791

La Convention nomme Biron général à l’armée du Nord, puis à l’armée du Rhin.

Le 14 septembre 1791

Le Roi prête serment à la Constitution.

Louis XVI, Roi de France en roi citoyen (1791), par Jean-Baptiste-François Carteaux (1751 – 1813)

Le 16 décembre 1791

Biron prend la tête de l’armée du Var qui devient l’armée d’Italie.

Le “général Biron” est sur tous les fronts.

En 1792

Lieutenant général sous la Convention, il combat d’abord à l’Armée du Nord, puis à l’Armée du Rhin.

Le 20 juin 1792

Escalier monumental des Tuileries (avant sa destruction)

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

Le Roi refuse.

Le 10 août 1792

Les Tuileries sont envahies par la foule. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide de gagner l’Assemblée nationale.

Image du film “Un Roi et son peuple“.

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses “de déposer à l’instant leurs armes“.

La position de la Garde devient de plus en plus difficile à tenir, leurs munitions diminuant tandis que les pertes augmentent. La note du Roi est alors exécutée et l’on ordonne aux défenseurs de se désengager. Le Roi sacrifie les Suisses en leur ordonnant de rendre les armes en plein combat.

Image du film “Un Roi et son peuple”.

Des 950 Gardes suisses présents aux Tuileries, environ 300 sont tués au combat ou massacrés en tentant de se rendre aux attaquants après avoir reçu l’ordre du roi de rendre les armes en plein combat.

Image du film “Un Roi et son peuple”.

Le 13 août 1792

La famille royale est transférée au Temple après avoir été logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles. Quatre pièces du couvent leur avaient été assignées pendant trois jours.

Le 3 septembre 1792

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Massacre de la princesse de Lamballe

Massacres dans les prisons.

Le 20 septembre 1792

Le duc d’Orléans, Philippe Égalité, cousin du Roi, est élu député à la Convention.

Le général Biron

Victoire de Valmy, considérée comme l’acte de naissance de la République.

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Le 3 décembre 1792

Pétion (1756-1794) renforce la décision de faire juger Louis XVI par la Convention.

Le 11 décembre 1792

Louis comparaît devant la Convention pour la première fois. Il est autorisé à choisir un avocat. Il demandera l’aide de Tronchet, de De Sèze et de Target. Celui-ci refusera. M. de Malesherbes (1721-1794) se portera volontaire.

Le 26 décembre 1792

Seconde comparution de Louis XVI devant la Convention.

Du 16 au 18 janvier 1793

La Convention vote la mort du Roi. Philippe Égalité est l’un de ceux qui ont donné leur voix pour la peine capitale.

Alain Libolt interprète le duc de Biron dans L’Anglaise et le Duc (2001) d’Eric Rohmer

Le lundi 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI

En mai 1793

Le général Biron commande l’armée d’Italie, puis à partir de mai, les armées de l’Ouest contre les Vendéens. Il prend Saumur sur les Vendéens et les bat à Parthenay.

Il est dégoûté par ce genre de guerre contre le peuple français et donne sa démission. Il devient immédiatement suspect.

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette.

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Le 6 novembre 1793

Le duc d’Orléans est guillotiné.

Le 19 novembre 1793

Jeanne du Barry est transférée à la Conciergerie, l’antichambre de la mort.

Le 6 décembre 1793

Son procès s’ouvre devant le Tribunal révolutionnaire présidé par Fouquier-Tinville (1746-1795).

Le 7 décembre 1793

Jeanne du Barry est condamnée à la guillotine.

Le 8 Décembre 1793

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Marie-Jeanne Bécu de Vaubernier, comtesse du Barry est guillotinée à Paris.

Fin décembre 1793

Appelé à Paris pour rendre des comptes, Biron est accusé de trahison par le Comité de salut public pour avoir offert sa démission, il est arrêté. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, il est condamné à mort.

Le 31 décembre 1793

Alors qu’il n’a jamais manifesté beaucoup d’attaches pour la vie, mais conservant sa superbe, il se fait livrer des huîtres et une bouteille de vin blanc qu’il partage avec son geôlier avant de monter dans la charrette des suppliciés.

Le 1er janvier 1794

 Le lendemain 11 nivôse 1793, on vint interrompre son déjeuner pour l’appeler au supplice. Il acheva tranquillement sa douzaine d’huîtres. Versant une rasade au bourreau, il lui tendit le verre:

– Bois, dit-il , tu dois avoir besoin de courage au métier que tu fais.

Et fièrement, il descendit dans la cour.

Il commençait une douzaine d’huîtres quand l’exécuteur vint le prendre . ” Citoyen, dit-il, permets-moi d’achever . ”   Puis, lui offrant un verre : ” Prends ce vin, ajouta-t-il, tu dois avoir besoin de courage, au métier que tu fais. ”   Il monta sur l’échafaud le 1er janvier 1794, se souvenant sans doute des jours de l’An de la monarchie et des pompes royales de Versailles. On dit qu’avant de mourir il prononça ces paroles : ” J’ai été infidèle à mon Dieu, à mon ordre et à mon roi; je meurs plein de foi et de repentir.”

Imbert de Saint-Amand

Armand-Louis, duc de Lauzun, général Biron,  est guillotiné place de la Révolution à Paris.

Le 27 juin 1794 ( 9  messidor an II )

Son épouse Amélie de Boufflers est guillotinée, comme “complice des trahisons de son mari” et inhumée au cimetière de Picpus.

Ses Mémoires qui vont de 1747 à 1783, sont publiés en 1822, et depuis, en 1858 avec biographie par Louis Lacour de La Pijardière.

C’est, qu’en effet, en Lauzun s’incarne tout ce siècle frivole, élégant, jouisseur et blasé pour qui la Révolution sera un terrible et sanglant réveil. Il est le type,le symbole de ces viveurs de grande allure dont la race est perdue, et qui, au charme de la personne alliaient brillamment les impertinences de l’esprit.

Pol André
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