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Axel de Fersen

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Axel de Fersen

Le 4 septembre 1755

Naissance d’Axel de Fersen à Stockholm.

Il est le fils du feld-maréchal Fredrik Axel de Fersen (1719-1794) et de Hedwige-Catherine de La Gardie (1732-1800), et frère de Sophie Piper (1757-1816) et de la comtesse Klinckowström.

Fredrik Axel von Fersen, 1719-1794, greve | Gustaf Lundberg               Fredrik Axel de Fersen et Hedwige-Catherine de La Gardie     
        Hedvig Catharina von Fersen — Wikipédia
Le poisson volant blason des Fersen

Le père d’Axel, parlementaire du parti des Hats, est l’homme le plus influent politiquement en Suède à cette époque et aussi l’ un des plus riches du royaume. Il est le seigneur de quatre grandes maisons en Suède: Löfstad [hérité par sa femme], Steninge, Liung et Mälsaker. Il a également des mines, des terre, des forêts et les fonderies de fer en Suède et en Finlande, et il possède une part importante de la Suède East India Company, entreprise la plus rentable du pays jamais.

Axel est aussi le cousin de la maîtresse du futur Roi de Suède et dame d’honneur (Hovmästarinnan) de la Reine Sophie-Madeleine, la comtesse Löwenhielm, née Augusta von Fersen.

Le 30 mars 1757

Naissance de la comtesse Eva Sophie von Fersen (1757-1816), future comtesse Piper.

Le 7 octobre 1762

Naissance de son frère Fabian Reinhold von Fersen (1762-1818).

Portraits d'Axel de Fersen - Page 7 Captur94Portrait miniature d’Axel de Fersen adolescent par Hall

Le jeune Axel a été influencée par la culture française, en partie grâce aux services de son père à Louis XV.  Dans son enfance,Fersen apprend plusieurs langues dont le français, le latin, l’ anglais, l’ allemand et l’ italien. Son éducation de jeune homme sera surtout militaire.

En 1769

A quatorze ans, Fersen débarque avec son domestique et son précepteur dans le duché de Brunswick.

Portraits d'Axel de Fersen 17053510
Il s’inscrit pour étudier à l’académie.  Sa seule distraction est l’arrivée du prince suédois Charles (1748-1818), frère du prince héritier Gustave (1746-1792).   Fersen sert de guide au prince à travers Brunswick, surtout au musée qu’il connaît à fond .

Résultat de recherche d'images pour "charles XIII de Suède""Charles de Suède

Le prince, de son côté, aide Fersen à entrer dans la loge maçonnique de Brunswick. En présence du duc Ferdinand et avec le prince Charles pour témoin, il fait à quinze ans son entrée dans la loge.
Il semble n’avoir été qu’à demi rassuré par le cérémonial initiatique, car ensuite, il consigne dans son journal :

“Bien que persuadé que rien de mal ne pourrait m’arriver, j’étais, après la cérémonie de réception, content d’être de retour à la Cour .”

Herman Lindqvist : Axel von Fersen

Portraits d'Axel de Fersen - Page 3 Count-10

 

Le 3 Juillet 1770

Fersen fait son premier grand tour de l’Europe destiné à parfaire son éducation. Il a l’intention de voir le monde et ses études dans les académies militaires : Brunswick, Turin, Strasbourg et Lüneburg.

En Octobre 1771

Axell passe par la Suisse et à Ferney , il rencontre Voltaire (1694-1778), mais avoue ne rien comprendre à la philosophie. En cours, il était plutôt en vadrouille qu’à sa table de travail, malgré le plombs qu’il a dans la cervelle….

Voltaire par Maurice Quentin de La Tour

La visite, Fersen la rapporte avec la franchise et la désinvolture de son âge:

[…]Il nous appointa pour le lendemain, ce qui m’obligea à rester un jour de plus. Nous y allâmes donc et nous causâmes avec lui pendant 2h. Il était habillé d’une veste d’écarlate avec de vieilles boutonnières brodées que son père et Grand-Père avaient portée, une vieille perruque non frisée, des souliers à l’antique, des bas de laine tirés par-dessus les culottes, une vieille robe de chambre, tout ça était d’une harmonie admirable avec sa figure toute ridée dont les yeux sont très beaux et tout l’ensemble de sa figure a un air tout-à-fait satirique. Il avait chez lui le Père Adam, Jésuite, et un valet de chambre qui sait toute la bibliothèque de son maître par cœur. Mr de Vol. fait beaucoup de bien dans son village.”

Le paradoxe de Voltaire | Histoire de l'art, Voltaire et SculptureC’est plutôt à cette sculpture par Houdon que ressemblait le vieillard qu’a rencontré Axel de Fersen… à peine âgé de seize ans!
Peut être une image de 1 personne et sculptureVoltaire nu ou le vieillard idéal (1776), par Jean-Baptiste Pigalle,  musée du Louvre

 

En Novembre 1772

Fersen a continué à Turin, en Italie, où il rend visite au Roi Charles-Emmanuel III (1701-1730-1773).

Clementi - Charles Emmanuel III armour.jpgCharles-Emmanuel III
 
En 1774

Achevant son Grand Tour d’Europe, Axel arrive à la cour de France, où il fait vive impression par son physique avantageux.

Gustaf Philip, comte de Creutz ( 1731 – 1785 )

Le comte de Creutz, ambassadeur de Suède, écrit à son sujet au Roi Gustave III :

« De tous les Suédois qui ont été ici de mon temps, c’est celui qui a été le mieux accueilli dans le grand monde. Il a été extrêmement bien traité dans la famille royale. Il n’est pas possible d’avoir une tenue plus sage et plus décente que celle qu’il a tenue. Avec la plus belle figure et de l’esprit, il ne pouvait manquer de réussir dans la société, aussi l’a-t-il fait complètement

Aucune description disponible.Claudio Gora est l’ambassadeur Kreutz dans Marie-Antoinette (1956) de Jean Delannoy

Le 30 janvier 1774

Il rencontre la Dauphine Marie-Antoinette, incognito, au bal de l’Opéra.

Emmanuelle Béart et Laurent Le Doyen dans Marie-Antoinette, Reine d’Un seul Amour (1988) de Caroline Huppert

Il rentre ensuite en Suède.

Le 16 avril 1778

Accompagné de son valet Joseph et de son chien, Axel de Fersen s’embarque pour Londres y courtiser Mademoiselle Leyel, qui concentre sur sa personne toutes les qualités : protestante et immensément riche. Physiquement, au reste, la jeune femme ne lui déplaît pas. Mais les négociations se soldent par un refus : la demoiselle ne veut pas quitter sa famille pour s’établir à l’étranger. 

Des sentiments divers animent Axel : la blessure d’avoir été éconduit, le regret d’avoir déçu son père, mais aussi le soulagement de rester libre. Il se trouve encore jeune, il peut retenter sa chance dans quelques années…

Le Père Leyel est vieux et maladif, s’il mourrait tout obstacle de sa part cesserait, tout son bien me viendrait tout de suite.

Axel de Fersen à son père

Le 28 juin 1778

Fersen dit adieu à Marie-Antoinette.

Le 1er juillet 1778

Fersen quitte Paris pour rejoindre son régiment au Havre.

 
Le 25 août 1778
 
Portraits d'Axel de Fersen - Page 7 Axel_f11Hans Axel von Fersen par Gustaf Lundberg (1769)

Il revient à la Cour de France. La Reine, qui ne l’a pas oublié, en le voyant dit « C’est une vieille connaissance ! » et toute la Cour note qu’elle traite avec une attention particulière le jeune homme.

La scène est relatée dans le film de Jean Delannoy (1956)Aucune description disponible.
marie antoinette art GIF…et dans celui de Sofia Coppola (2006)
Axel von Fersen the Younger - Alchetron, the free social encyclopedia

404 Not Found | Marie antoinette movie, Jamie dornan, Marie antoinette

Le 15 novembre 1778

Dans une lettre à son père, Fersen parle de Marie-Antoinette.

« La Reine, qui est la plus jolie et la plus aimable princesse que je connaisse, a eu la bonté de s’informer souvent de moi ; elle a demandé à Creutz pourquoi je ne venais pas à son jeu les dimanches, et ayant appris que j’y érais venu un jour, qu’il n’en avait pas, elle m’en a fait une espèce d’excuse. Sa grossesse avance et elle est très-visible. »

L’intérêt visant Fersen est dirigé vers son pays et sa famille :

Tout le monde me reçoit si bien ici et on me parle tant de vous, mon cher Père, qu’il me semble que c’est une seconde patrie, ceux mêmes qui ne vous ont pas connu, se font honneur de parler de vous et disent du moins qu’ils vous ont vus, il n’y a pas jusqu’à la Reine qui ne me fasse politesse et qui ne m’ait parlé de vous.

Axel de Fersen à son père
Aucune description disponible.Axel de Fersen dans le costume du Royal Suédois dans lequel Marie-Antoinette souhaita le voir Aucune description disponible.

Le 19 novembre 1778

La Reine me traite toujours avec bonté. .Je vas souvent lui faire ma cour au jeu, elle me parle toujours. Elle avait entendu parler de mon uniforme et elle me témoigna beaucoup d’envie de le voir au lever; je dois y aller mardi ainsi habillé non pas au lever mais chez la Reine. C’est la princesse la plus aimable que je connaisse.

Axel de Fersen à son père

Le 19 décembre 1778

Marie-Antoinette donne naissance au premier enfant du couple royal, Marie-Thérèse Charlotte, « Madame Royale ».

Le 23 décembre 1778

Retour de Fersen à Versailles, consécutif à l’abandon du projet
d’invasion de l’Angleterre.

Le 24 décembre 1778

Fersen est est invité au réveillon donné pour la Reine chez
Madame de Lamballe. Il passe plusieurs jours à Versailles avant d’aller à Paris.

« L’habit suédois… jugé au point de vue du bon goût n’est en aucune façon inférieur à l’habit français. Le français qui croit posséder un goût raffiné, le reconnaît volontiers et tout Versailles ne parle que d’un comte Fersen qui est venu à la cour portant l’habit national suédois que la Reine, d’après ce qu’on m’a dit, a examiné très soigneusement »

Un jeune Suédois, plus tard le célèbre archevêque Lindblom à un ami en Suède
Au cours de l’hiver 1779
Aucune description disponible.Marie-Antoinette

Il devient l’un des familiers de la Reine, et collectionne les conquêtes féminines. Cette “âme brûlante sous une écorce de glace“, selon le bon mot d’une de ses amies, passe pour un séducteur impénitent doté d’une nature chevaleresque. C’est une personne assez frivole ! Dans ces cahiers de notes, c’est surtout une succession de descriptions vestimentaires des différentes cours d’Europe, et les noms illustres qu’il a rencontrés et leurs commentaires sur lui-même. 

Mais Fersen rêve également de se battre.

Il exprime son désir de continuer à servir la France. Cette idée n’est pas nouvelle et il l’a déjà formulée à la fin de 1778 ou au début de 1779… Cette décision est donc d’une date bien moins récente qu’on ne le croit généralement et il est probable que ses relations avec Marie Antoinette n’en aient pas été la cause déterminante.

Il demande à rejoindre le corps expéditionnaire français qui part en Amérique. Le Roi de Suède, à qui le comte de Creutz a fait part de l’inclination de Marie-Antoinette, intervient, et Fersen obtient d’être nommé aide de camp du comte de Vaux, qui doit commander les troupes. Finalement, le corps expéditionnaire ne part pas, et Fersen rentre au château de Versailles, très dépité. Il fait le siège du comte de Vergennes et du prince de Montbarrey, ministre de la Guerre.

Fin mars 1779

Marie-Antoinette attrape une rougeole très douloureuse, cause de violents maux de gorge et d’aphtes. Elle se retire donc à Trianon afin de préserver Sa petite fille et Son mari de tout risque de contagion.

Valentin Esterházy Vlcsna11

Elle est alors veillée par le comte d’Esterházy (1740-1805), le baron de Besenval (1721-1791) et les ducs de Coigny (1737-1821) et de Guînes (1735-1806).

Et voilà que la riche Germaine Necker (1766-1817) est promise au baron de Staël (le mariage aura lieu en 1786, car la demoiselle n’a que treize ans). Cela ne contrarie pas Axel outre mesure, qui écrit à son père :

Le 11 juillet 1779

J’ai appris à mon arrivée ici que Mademoiselle Leyelle était mariée, j’en suis fâché, mon cher Père, ce mariage vous aurait fait plaisir. Staël a encore des espérances et depuis qu’il est fait ministre, et sera sans doute ambassadeur elles se sont augmentées, il n’y faut donc plus songer, je n’en connais pas d’autre, qu’importe. Je ne suis pas pressé et je me trouve fort bien de l’état de garçon. Je sens que celui de mariage ne me rendrait pas aussi heureux. Au moins qu’il n’augmentât considérablement ma fortune, ce n’est pas la peine de se marier pour n’avoir que des peines, des embarras et des privations de plus.

Axel de Fersen à son père
 
Le 20 janvier 1780

Fersen est nommé colonel attaché à l’infanterie allemande.

Image de Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick

Le 1er mars 1780

Le duc de Lauzun (1747-1793) est nommé Brigadier de Dragons,  sous les ordres de Rochambeau (1725-1804). Il rencontre alors Axel de Fersen dont il va devenir une référence militaire.

Le duc de Lauzun par Louis-Auguste Brun

Je me suis particulièrement lié avec le duc de Lauzun. Les opinions sont partagées sur son compte, vous en entendrez dire du bien et du mal. Les premiers ont raison, les seconds ont tort. S’ils le connaissaient ils changeraient d’avis et rendraient justice à son cœur.

Axel de Fersen à son père
Le 23 mars 1780
 

Il part enfin pour les Amériques , où il participe à la guerre d’Indépendance américaine sous les ordres du comte de Rochambeau.

Jean-Baptiste de Vimeur comte de ROCHAMBEAU (1725 - 1807)Le comte de Rochambeau
 
Le 16 mai 1780
 

Fersen, à bord du Jason depuis plusieurs semaines, part avec la flotte française pour l’Amérique.

Image de Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick

La guerre d’indépendance américaine

Un campement militaire du 18e siècle reconstitué à Québec | JDQ

Jamie Dornan est Fersen dans Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

jamie dornan GIFjamie dornan GIF

Le 19 octobre 1781

Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur de Rochambeau — WikipédiaLe comte de Rochambeau

Il se fait apprécier de Rochambeau qui l’appelle son « premier aide de camp», se lie avec duc de Lauzun qui lui promet le brevet de colonel commandant sa légion, et le marquis de Ségur, qui lui promet également de le nommer colonel en second. Fersen se conduit brillamment au siège de Yorktown en Virginie.

Résultat de recherche d'images pour "La bataille de Yorktown"La bataille de Yorktown: On y voit le général Rochambeau avec George Washington d’un côté et son aide de camp de l’autre. qui n’est autre qu’Axel de Fersen, selon Herman Lindqvist

Battle of Yorktown October 19, 1781 General George Washington and Comte de  Rochambeau 1/6 Scale Model Diorama | American, Soldat, Révolution

Jean-Yves Bertheloot interprète Fersen dans Les Années Lumières (1989) de Robert EnricoSeymour - Les Années Lumières (Enrico) et Les Années Terribles (Heffron), avec Jane Seymour - Page 4 Zmont311

Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François (1781-1789).

Le premier dauphin, une mort inévitable? - mille et une questions sur marie  antoinetteNaissance du Dauphin Louis-Joseph
En octobre 1782
 

Grâce à l’intercession de Marie-Antoinette, il obtient  la place de colonel en second du régiment de Royal-Deux-Ponts. Il déclare alors à son père qu’il souhaite rester en Amérique jusqu’à la fin du conflit, et ensuite passer au service de Gustave III.

Portraits d'Axel de Fersen Niclas10
 
Le 23 juin 1783
 

Fersen rentre de campagne , et se rend à Versailles où il obtient, toujours par la faveur de Gustave III et de la Reine, le Royal-Suédois en pleine propriété. La rumeur va alors bon train à la Cour.

We Had Faces Then — Tyrone Power as Count Axel von Fersen in Marie...Tyrone Power est Axel de Fersen dans le film de Van Dyke (1938)Avis sur le film Marie-Antoinette (1938) par Plume231 - SensCritique

Sitôt arrivé à Paris, Fersen multiplie les démarches pour obtenir un régiment. Il demande à Sophie de persuader leur père, et sollicite Gustave III :

Dans une lettre que j’eus l’honneur de Vous écrire du Cap, Sire, je Vous demande Votre consentement pour accepter la propriété du Régiment de Monsieur le Duc de Lauzun maintenant il se présente une occasion d’avoir celui du Royal-Suédois et si Votre Majesté veut en faire la demande pour moi je suis sure de l’obtenir; je ne m’arrête pas sur les avantages qui résulteraient pour moi d’un pareil arrangement, ils sont fort grands, et Votre Majesté les sent comme moi; malgré cela je n’y aurais jamais songé si cette place avait due me priver du plaisir de faire mon service auprès de la personne de Votre Majesté, et si elle eut due m’empêcher d’avoir l’honneur de lui faire ma cour, mais elle n’exige pas de résidence, et fournit a Votre Majesté le moyen de placer de jeunes gens dans ce Régiment, qui rapporteraient ensuite pour le service de leur patrie les talents et l’expérience qu’ils auraient pu acquérir dans celui de France qui va être plus actif que jamais.
J’ose supplier Votre Majesté en faveur des bontés qu’elle a toujours eu pour moi, de consentir à cet arrangement, et j’ose me flatter que vous voudrez bien, Sire, ajouter a tous Vos bienfaits celui d’y contribuer.
La permission que je Vous avais demandée de ne revenir qu’au printemps, est mal d’accord avec l’impatience extrême que j’ai de Vous faire ma cour, et je viens de proposer a mon Père de passer cet hiver en Suède, et que Votre Majesté veuille me promettre de retourner en France au printemps pour faire mon service d’été au Régiment ou je suis, de passer ensuite l’hiver a Paris pour faire mes arrangements, finir mes affaires, et revenir en Suède au printemps, ce nouveau projet satisferait la grande impatience que j’ai de Vous faire ma cour, Sire. J’ose me flatter et je supplie Votre Majesté de vouloir bien consentir a celui de ces deux projets pour lequel mon Père se décidera, et d’être mon avocat auprès de lui.

Mais le vieux sénateur met aussi tous ses efforts à voir son fils atteindre le poste d’ambassadeur, avec une loyauté qui force le respect :

Staël me traite avec toutes sortes d’égards, je loge chez lui, écrit-il à son père, on ne saurait être mieux dans un palais, qu’il n’est dans celui-ci, il y est aimé de tout le monde. C’est la seule personne que le Roi puisse y envoyer et qui y soit agréable, tout le monde désire le voir ambassadeur et si vous pouviez y contribuer, ce serait une nouvelle preuve de vos bontés pour moi et vous feriez du bien a un sujet, qui le mérite et qui ne serait point ingrat.

Axel de Fersen à son père

Le 31 juillet 1783

Fersen écrit à sa sœur Sophie qu’il ne se mariera jamais, parce qu’il ne peut pas être à la seule personne à qui il voudrait être, à la seule qui l’aime véritablement, ainsi il ne veut être à personne 

J’ai reçu il y a trois jours une lettre de mon ami Creutz, qui m’a fait le plus grand de tous les plaisirs. Or que je suis heureux ma chère Sophie, il me mande que le Roi et mon Père ont consentis a tout, jugés de mon bonheur. J’en écris aujourd’hui à mon Père pour lui en faire mes remerciements, et lui témoigner toute ma joie. J’ai peine a le croire tant je suis heureux, j’ai plus d’une raison pour cela, que je vous direz quand nous nous verrons.
Je partirai d’ici vers le 13 Sept: et je serai en Suède le 15 oct: que j’aurai de plaisir à vous voire ma chère amie a pouvoir causer avec vous, a vous dire combien je vous aime. Ah ! Soyez toujours sure de l’amitié vive et tendre que je vous porte elle ne finira qu’avec ma vie.
Malgré tout le plaisir que j’aurai à vous voir je ne puis quitter Paris, sans regret. Vous trouverez cela très naturel quand vous en saurés le sujet, je vous le direz car je ne veux avoir rien de caché pour vous.
Je suis bien aise que Mademoiselle Lyell soit mariée, on ne m’en parlera plus et j’espère qu’on n’en trouvera pas d’autre, j’ai pris mon parti je ne veux jamais former le lien conjugal, il est contre nature. Lorsque j’aurai une fois le malheur de perdre mon Père et ma Mère, ce sera vous ma chère amie qui me tiendrez lieu de l’un et de l’autre et même de femme. Vous serez la maîtresse de ma maison, elle sera la vôtre, et nous ne nous quitterons pas. Si cet arrangement vous convient il fera le bonheur de ma vie. Je ne puis pas être a la seule personne a qui je voudrais être la seule qui m’aime véritablement, ainsi je ne veux être à personne.

Axel de Fersen à sa sœur Sophie Piper

Cette seule personne à qui il voudrait être n’est-elle pas sa sœur Sophie elle-même et non Marie-Antoinette comme les auteurs qui utiliseront les termes tronqués de cette lettre se plairont à le croire? 

Le 25 août 1783

La Cour apprend une nouvelle grossesse de Marie-Antoinette. La Reine en est mécontente et s’enferme dans ses appartements ; ses dames trouvent porte close.

Le 20 septembre 1783

Fersen quitte la France pour retourner en Suède. Gustave III le nomme Lieutenant Colonel des Dragons du Roi. Dans sa lettre de remerciements même, Axel revient avec son envie de régiment en France, sollicitant l’intervention personnelle de Gustave auprès de Louis XVI.

Recevez Sire tous mes remerciements de la nouvelle marque de bonté que Votre Majesté vient de me donner, en m’accordant la demande que je lui avais faite. Votre consentement Sire a cette affaire a reçu un nouveau prix, par la manière touchante et flatteuse dont Votre Majesté a bien voulue me l’annoncer. La parole que Vous exigez de moi, Sire, de passer six mois en Suède, Vous était donné depuis longtemps, mon cœur Vous en est garant mon plus grand bonheur sera toujours d’être auprès de Vous, et de pouvoir Vous convaincre de toute ma reconnaissance le cours entier de ma vie ne suffirait pas pour m’acquitter envers Vous. Je passerai six mois de l’année auprès de Vous Sire, peut être même davantage, recevez en ma parole d’honneur, et croyez, Sire que j’ai un plaisir extrême à vous la donner. Je n’ai jamais eu l’idée de m’expatrier, quoiqu’on m’en soupçonne peut être, mais je ne le pourrais pas – l’honneur de Vous voir, de Vous faire ma cour, est trop nécessaire à mon bonheur. Vous avés rendu mon existence trop agréable en m’attachant à Votre personne pour n’y pas tenir infiniment, et sans parler de liens de sang qui m’attachent à ma patrie, quel serait mon existence en France, si je quittais Votre service, je rentrerais alors dans la classe de tous les français, dont je n’ambitionne pas le sort; je n’ai de considération et d’agrément ici que par les bontés dont Votre Majesté m’honore; mes sentiments plus encore que mon intérêt Vous sont garants que je consacre mes jours à Votre service, et que j’y mettrai tout le zèle dont je suis capable, puissé-je un jour être assez heureux pour Vous servir utilement, ce sera le plus beau de ma vie.
Je crois remplir encore mieux les vues de Votre Majesté en tachant d’avoir le Régiment Royal Suédois de préférence a tout autre, cela serait plus décent et plus avantageux pour Votre Majesté, en y plaçant de bons sujets, on donnerait de la nation l’idée qu’on doit en avoir en France, et que la manière distinguée dont les officiers de Votre marine sont servis, a déjà si bien établie; j’espère que je réussirai à l’obtenir, et que je parviendrai a tirer ce Régiment des mains des Messieurs de Sparre

Axel de Fersen à Gustave III

Portraits d'Axel de Fersen - Page 3 Lorenz11

Et voici la lettre de recommandation que Gustave III écrit à Louis XVI :

Monsieur, mon frère et cousin, le comte de Fersen, ayant servi dans les armées de Votre Majesté en Amérique avec une approbation générale, et s’étant rendu par là digne de votre bienveillance, je ne crois pas commettre une indiscrétion en vous demandant un régiment – propriétaire pour lui. Sa naissance, sa fortune, la place qu’il occupe auprès de ma personne, la sagesse de sa conduite, les talents et l’exemple de son père, qui a joui auparavant de la même faveur en France, tout m’autorise à croire, que ses services ne pourront qu’être agréables à Votre Majesté, et, comme il restera également attaché au mien et qu’il se partagera entre les devoirs qu’exige son service en France et en Suède je vois avec plaisir, que la confiance que j’accorde au comte de Fersen et la grande existence dont il jouit dans sa patrie étendront encore davantage les rapports qui existent entre les deux nations et prouveront le désir constant que j’ai de cultiver de plus en plus l’amitié qui m’unit à vous, et qui me devient de jour en jour plus chère. C’est avec ces sentiments et ceux de la plus haute considération et de la plus parfaite estime que je suis, monsieur, mon frère et cousin, de Votre Majesté le bon frère, cousin, ami et allié.


Gustave
 

Le Roi a consenti tout de suite, et a témoigné la plus grande envie de faire quelque chose qui put être agréable a. Votre Majesté, la Reine a bien voulu s’en mêler, des qu’elle a su que Vous le désiriez, tout va bien, et je crois pouvoir assurer à Votre Majesté que j’aurai le Régiment de Royal Suédois, on a imaginé ici que c’était celui qui ferait le plus de plaisir a Votre Majesté, et celui qui me conviendrait le mieux, on a offert a messieurs de Sparre des avantages assez considérables pour les faire quitter, le comte Ernst a déjà renoncé a sa survivance, et le Comte Alexandre a depuis longtemps témoigné le désir de rendre son Régiment, il s’agit seulement de régler les prétentions exorbitantes qu’il fait. Parmi ces demandes il fait celle du Cordon des Séraphins. Le Comte de Cheffer le lui a presque assuré dans une lettre ou il l’engage a ne pas accepter le Cordon Rouge qu’on lui offrit alors; je n’ose me flatter que les bontés et l’intérêt que Votre Majesté daigne prendre a moi puissent l’engager a lui accorder cette grâce a laquelle il a véritablement les droits tant par sa naissance, que par la promesse du Comte de Cheffer, et s’il consent a me céder son Régiment ce dont je ne doute pas, c’est en grande partie pour plaire a Votre Majesté

Fersen à Gustave III
 

Voici la lettre de Marie Antoinette à Gustave :

Monsieur mon frère et cousin, je profite du départ du comte Fersen pour vous renouveler les sentiments qui m’attachent à Votre Majesté; la recommandation qu’elle a faite au roi a été accueillie comme elle devait l’être, venant de vous et en faveur d’un aussi bon sujet. Son père n’est pas oublié ici: les services qu’il a rendus et sa bonne réputation ont été renouvelés par le fils, qui s’est fort distingué dans la guerre d’Amérique, et qui, par son caractère et ses bonnes qualités a mérité l’estime et l’affection de tous ceux qui ont eu l’occasion de le connaître. J’espère, qu’il ne tardera pas à être pourvu d’un régiment. Je n’oublierai rien pour seconder les vues de Votre Majesté et vous donner en cette occasion comme en toute autre des preuves du sincère attachement avec lequel je suis, monsieur mon frère et cousin, votre bonne sœur et cousine.

Marie-Antoinette

Franchement, on ne lit que de la civilité entre souverains désireux de se rendre mutuellement service. 

 Fersen ne parle à sa sœur et confidente Sophie que de ce qui importe réellement pour lui :

Mon affaire est décidée, ma chère amie, je suis Colonel Propriétaire du Royal Suédois, mais je n’ai pas encore mon brevet, n’en dites rien à mon Père, s’il ne vous en parle pas; il y a encore l’article des 100,000 à arranger avec lui.

 
En septembre 1783
 

Il quitte Versailles et rejoint Gustave III qui se rend incognito en Italie, en tant que capitaine des garde du corps du souverain.

Le comte de Haga (Gustave III) était tombé à la cour comme une bombe. Le roi était à la chasse à Rambouillet, la reine le fit prévenir en toute hâte. (…) Les valets de chambres ne se rencontrèrent point là quand il le fallut ; ils avaient emporté les clefs, on ne savait où les prendre. Le comte de Haga était déjà chez la reine ; le roi dans sa bonté ne voulait pas le remettre ; des gens de la cour aidèrent Sa Majesté à s’habiller tant bien que mal… On était si pressés que tout fut fait de travers sans qu’on s’en aperçût. Il avait une de ses boucles de souliers en or et l’autre blanche, une veste en velours au mois de juin ! et ses ordres tout à rebours (ses emblèmes royaux à l’envers), il n’était bien poudré que d’un côté et le nœud de son épée ne tenait pas. La reine en fut frappée et se contraria. Quant au roi, au contraire, il en rit beaucoup, et fit rire le comte de Haga.

La baronne d’Oberkirch

Le 29 octobre 1783

Axel a pour projet de rentrer en Suède, mais Gustave III décide de l’emmener dans son voyage en Italie. Le sujet rencontre donc son souverain à Erlanger, rencontre dont il rend fièrement compte à son père :

C’est à Erlang le 16 de ce mois que j’ai joint le Roi, jamais un frère séparé pendant longtemps d’un frère qu’il aime tendrement, n’a été reçu comme je l’ai été par ce charmant monarque, il n’y a pas de paroles qui pussent l’exprimer, il pleurait de joie et de sensibilité, et j’étais très touché depuis ce moment, il n’y a aucune sorte de marques d’amitié et de confiance que je n’éprouve tous les jours.

Axel de Fersen à son père

Le 8 novembre 1783

Il renchérit  :

[Le roi Gustave] était encore au lit, quand j’arrivai, il me fit entrer sur le champ, il m’embrassa mille et mille fois, me dit les choses les plus tendres et les plus flatteuses sur le désir et l’impatience qu’il avait eu de me revoir, et sur la manière dont je m’étais conduit en Amérique, il était attendri jusqu’aux larmes, il en versait de joie, et j’étais vivement touché, il me répéta mainte et mainte fois combien il sentait vivement l’étendue du sacrifice que je lui faisais, en ne vous voyant, qu’il concevait la peine que cela vous faisait; qu’il la partageait, et que s’il n’y avait été force, n’ayant aucun autre capitaine de gardes en état de le suivre, il ne m’aurait pas pris avec lui, quelque envie qu’il en eut, et quelque convenable que cela fut, moi étant le seul qui fut fait pour lui faire honneur… enfin il me reçut non en Roi mais en ami tendre et sensible…, Il me distingue de tous les autres en tout et partout.

Axel de Fersen à son père

A lire cette lettre de Fersen , on croirait plutôt avoir affaire à l’amant du Roi de Suède qu’à “celui” prétendu de la Reine de France…

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Au cours de ses pérégrinations, Axel rencontre plusieurs membres de la famille Habsbourg, dont la simplicité lui plaît. Voici ce qu’il nous dit de Marie-Caroline :

La Reine a de l’esprit; elle est aimable et prévenante comme toute la maison d’Autriche et comme eux elle aime à gouverner et gouverne; elle parle peut-être un peu trop.

Et sur Joseph II, il écrit :

La grande simplicité de ses manières de ses discours et de son habillement, contrastait beaucoup avec l’élégance et la frivolité des nôtres; il avait l’air solide et nous léger. Je ne sais pas, si la comparaison a été tout à fait à notre avantage, chez les gens sensés. J’en doute, et je ne crois pas, que nos talons rouges, notre belle coiffure, nos diamants, nos chaînes de montre et nos habits de satin, l’aient emporté sur un bon uniforme de drap, bien propre, un col noir et une bonne épée de cuivre bien dorée; c’était ainsi qu’était vêtu l’Empereur. Il voyageait sans sénateur sans premier gentilhomme de la chambre, sans capitaine des Gardes, sans écuyer etc. etc. il n’y avait pas dans son antichambre 14 personnes, dont les unes devaient reconduire ceux qui venaient, jusqu’à la porte, d’autres au haut de l’escalier et d’autres jusqu’en bas.

Le 7 juin 1784

Le comte de Haga, c’est-à-dire le Roi Gustave III de Suède, arrive à la Cour de France incognito et à l’improviste. Dans la matinée, il arrive à Paris et descend chez son ambassadeur, le baron de Staël-Holstein, qui n’a pas encore épousé la future romancière.

Gustave III, roi de Suède, par PaschGustave III de Suède par Pasch

Le Roi de Suède a accepté l’invitation que Louis XVI lui avait adressée en février.

Gustave en personne a fait le compte-rendu de cette réception :

On a joué sur le petit théâtre le “Dormeur réveillé”, par M. de Marmontel, musique de Grétry (c’est “le Dormeur éveillé” de Piccini) avec tout l’appareil des ballets de l’Opéra réunis à la Comédie Italienne. La décoration de diamants termina le spectacle. On soupa dans les pavillons des jardins et, après souper, le jardin anglais fut illuminé. C’était un enchantement parfait. La Reine avait permis de se promener aux personnes honnêtes qui n’étaient pas du souper et on avait prévenu qu’il fallait être habillé en blanc ce qui formait vraiment le spectacle des Champs-Élysées. La Reine ne voulut pas se mettre à table, mais fit les honneurs comme aurait pu faire la maîtresse de la Maison la plus honnête. Elle parla à tous les suédois, et s’occupa d’eux avec un soin et une attention extrêmes. Toute la famille royale y était, les charges de la cour, leurs femmes, les capitaines des gardes du corps, les chefs des autres troupes de la Maison du Roi les ministres et l’ambassadeur de Suède (M. de Staël). La Princesse de Lamballe fut la seule des princesses de sang qui y était. La Reine avait exclu tous les princes, le Roi ayant été mécontent d’eux.

 

Appartement prévu pour Gustave III de Suède au château de Versailles

( Texte et illustrations de Christophe Duarte – Versailles Passion )

Un appartement est aménagé au rez-de-chaussée de l’Aile du Midi, attenant à l’Escalier des Princes, appartement affecté à la duchesse de Bourbon.

Aucune description de photo disponible.
Plan du rez-de-chaussée de l’Aile du Midi

La visite de Gustave III est organisée à la hâte, le souverain francophile n’ayant annoncé sa visite que tardivement. Selon la tradition établie à Versailles, toute visite princière, fut-elle incognito, conduit à l’aménagement d’un appartement réservé au visiteur et correspondant, par sa richesse, à son véritable rang. Le Garde-Meuble de la Couronne envisage dans un premier temps de commander des ameublements neufs pour la chambre et le grand cabinet du souverain suédois, mais il est finalement décidé, pour cette dernière pièce, d’acheter un meuble sur le marché parisien.

Les appartements de l'impératrice Eugénie aux Tuileries : le xviiie siècle  retrouvé ?
Peut être une image de menuiserie et mobilier

Ce mobilier a appartenu au Comte de Gamache qui l’a acheté au marchand parisien François-Charles Darnault en 1778. Composé d’un canapé, de six fauteuils, de deux bergères et d’un écran de cheminée estampillés du menuisier Jean‑Baptiste II Tilliard, il est digne, par la richesse de son décor sculpté et doré, du mobilier royal. Il l’est d’autant plus que le dessinateur et entrepreneur le plus en vue de la Fabrique lyonnaise, Philippe de Lasalle, en a conçu l’étoffe : un “gros de Tours broché fond satin à médaillons et figures, La Bouquetière et le Jardinier”, l’une de ses plus célèbres compositions.

Peut être une image de intérieur et texte qui dit ’DA Versailles Passion -ChristopheD. Château Versailles novembre 4.ovem2017 2017’
Peut être une image de intérieur
Aucune description de photo disponible.

Le mobilier comporte des meubles provenant du fonds du Garde-Meuble de la Couronne et d’un ensemble pour la chambre : un lit à quatre colonnes et à impériale avec couronnement sculpté, quatre fauteuils et huit pliants.

Peut être une image de ‎intérieur et ‎texte qui dit ’‎X Versailles ۔n- Christophe D. Châteaude Versailles 4novembre 2017‎’‎‎

Il devait être couvert d’un pékin fond blanc avec la tapisserie du Cabinet de la Reine à Versailles.

Dans le cabinet, un secrétaire, une commode et une table mécanique.

Peut être une image de table
Table mécanique de RiesenerPeut être une image de intérieur
Aucune description de photo disponible.
La table a été livrée à Marie-Antoinette par Riesener, le 26 janvier 1781 pour Son cabinet intérieurPeut être une image de intérieur

Pour le Cabinet, un ensemble de six fauteuils, huit cabriolets et deux bergères ont été achetés pour l’occasion. Un canapé et un écran complètent l’ensemble.

Peut être une image de mobilier et intérieur
Peut être une image de intérieur

Des meubles d’ébénistes complétaient les sièges : dans la chambre, une commode et une table à écrire.

Château de Versailles

 

L’Appartement attribué à Fersen

( texte et illustrations de Christophe Duarte ; Versailles -passion )


Peut être une image de intérieur et foyerPremière pièce
Peut être une image de intérieur

 

Peut être une image de texte qui dit ’Cour de la Reine Cour’

Plan des Cabinets de l’Attique

Axel de Fersen revient plusieurs fois à Versailles. On l’y voit en juin 1783, en juin 1784, en juin 1789 où il assiste impuissant au début de la Révolution.

Peut être une image de intérieur et foyer

Marie-Antoinette l’a-t-Elle logé dans les deux pièces en enfilade des valets de chambre à l’étage de ses cabinets intérieurs, comme l’affirme le baron de Besenval ?

Peut être une image de intérieur et foyerDeuxième pièce
Peut être une image de intérieur et foyer

Dans une lettre datée du 8 octobre 1787, Fersen demande à Marie-Antoinette de faire installer un poêle dans son logement : “Qu’elle fasse faire une niche au poêle”. Marie-Antoinette fait faire ces modifications dans ses appartements intérieurs qui correspondent aux demandes de Fersen.Peut être une image de intérieur                                                               Deuxième pièce : accès à l’escalier des Dupes

Le 9 octobre 1787, on retire les glaces dans un cabinet du petit appartement de la reine au deuxième étage, on les replace le 23 octobre et le 18 octobre on livre des tables de marbre pour servir de foyer au poêle.

 

Une lettre de la Direction générale des bâtiments du roi confirme que Marie-Antoinette ordonna de faire les travaux nécessaires à l’installation d’un poêle. Loiseleur écrit au Directeur général des bâtiments, le 10 octobre 1787 :

“J’ai l’honneur de rendre compte à M. le Directeur Général des Bâtiments que la Reine a envoyé chercher le poêlier suédois qui a fait des poêles à l’Appartement de Madame et que Sa Majesté lui a ordonné d’en faire un dans ses cabinets intérieurs avec tuyaux de chaleur pour échauffer une petite pièce à côté. La Reine m’a ordonné aussi de faire disposer l’emplacement dudit poêle qui consiste dans la dépose de deux parties de lambris, dans la démolition d’un bout de cloison pour la refaire en briques et de la dépose d’une partie du parquet pour y faire un âtre en brique.”


Peut être une image de intérieur

“On ne sait pas où se trouvait exactement cet appartement de Fersen. La seule chose que l’on peut dire avec certitude est qu’il est situé “en haut” dans les cabinets intérieurs de Marie-Antoinette. Le Baron de Besenval explique dans ses mémoires, qu’en 1779, la Reine et lui se sont rencontrés secrètement dans un appartement situé au niveau des toits, après le corridor et la salle de billard (…)”.

Evelyn Farr , “Marie-Antoinette et le Comte Fersen – La correspondance secrète”

On est loin du luxe déployé pour la réception éphémère du Roi de Suède ou de celui des appartements de Madame de Polignac à ce moment-là ou ceux de Mesdames de Pompadour et du Barry. Ce n’est donc pas l’appartement d’un favori. Il s’agit juste là de pièce où déposer ses bagages, une sorte de boudoir-placard où se retirer, mais qui ne présente pas la possibilité de recevoir et faire salon. Fersen n’a pu loger ici, à moins d’y installer son lit de camp… 

Il s’agit d’un pied-à-terre lorsqu’il loge dans un hôtel extérieur à Versailles.

 

Le 21 juin 1784

Fête donnée en l’honneur du comte de Haga ( Gustave III), souper, spectacle et illumination à Trianon.

C’est une soirée fastueuse. Les invités, tout de blanc vêtus selon le désir de la souveraine, commencent par assister au Dormeur éveillé de Marmontel, puis ils se rendent par le parc illuminé jusqu’au temple de l’Amour. Là, une foule est massée, car la Reine a permis “à toutes les personnes honnêtes” d’entrer dans le parc à condition qu’elles aient un habit blanc.

Le roi Gustave III  de Suède - Page 4 Petit-10Derrière le Temple de l’Amour, en vue de son illumination pour cette fête mémorable entre toutes ( la plus belle de toutes celles que Marie-Antoinette donna à Trianon ) , une tranchée avait été creusée dans laquelle un grand feu consuma le nombre prodigieux de 6400 fagots de bois !

Soudain, une flamme s’éleva derrière le Temple et, en quelques secondes, le parc entier parut brûler. Des colonnes d’étincelles montaient vers la cime des arbres et les nuages s’empourprèrent.

Le roi Gustave III  de Suède - Page 4 Fyte_d11

Après l’embrasement du Temple, on servit un souper dans les pavillons du jardin français. Au petit matin, Gustave III, ravi par cette fête grandiose, remercia Marie-Antoinette. Il ignorait, le pauvre, que, sans l’amour, la France, n’eût certainement pas fait tant d’honneur à son pays.

Illumination du Belvédère du Petit Trianon - Claude-Louis Châtelet ...Illumination du belvédère et de la grotte au Petit Trianon par Châtelet, 1785

A la table du Roi, on a servi quatre-vingts entrées et quarante-huit entremets. A la grande table d’honneur quarante-huit entrées et soixante-quatre entremets .  
Menu : oreilles d’agneau à la Provençale, esturgeon à la broche, sauce à la glace, rôt de bif de chevreuil, d’un chevreuil tué par le Roi lui-même, compote de faisans …

Journal du secrétaire Franc, cité par Félix Moeschlin dans  Le beau Fersen

La Reine ne danse point … Elle a l’esprit ailleurs …

Gustave III fait le compte-rendu de cette réception :

On a joué sur le petit théâtre le “Dormeur réveillé”, par M. de Marmontel, musique de Grétry (c’est “le Dormeur éveillé” de Piccini) avec tout l’appareil des ballets de l’Opéra réunis à la Comédie Italienne. La décoration de diamants termina le spectacle. On soupa dans les pavillons des jardins et, après souper, le jardin anglais fut illuminé. C’était un enchantement parfait. La Reine avait permis de se promener aux personnes honnêtes qui n’étaient pas du souper et on avait prévenu qu’il fallait être habillé en blanc ce qui formait vraiment le spectacle des Champs-Élysées. La Reine ne voulut pas se mettre à table, mais fit les honneurs comme aurait pu faire la maîtresse de la Maison la plus honnête. Elle parla à tous les suédois, et s’occupa d’eux avec un soin et une attention extrêmes. Toute la famille royale y était, les charges de la cour, leurs femmes, les capitaines des gardes du corps, les chefs des autres troupes de la Maison du Roi les ministres et l’ambassadeur de Suède (M. de Staël). La princesse de Lamballe fut la seule des princesses de sang qui y était. La Reine avait exclu tous les princes, le Roi ayant été mécontent d’eux.

Aperçu de l’imageImage du Gerfaut (1988) de Marion SarrautAperçu de l’image

Tout en multipliant les conquêtes, Axel entretient une correspondance suivie avec Marie-Antoinette.

Aucune description disponible.Richard Todd (1956)Aucune description disponible.

En juin 1784

Fersen revient à Versailles, dans l’entourage de Gustave III qui voyage toujours sous le nom de « comte de Haga », et qui ne va pas tarder à le gratifier d’une pension de 20 000 livres annuelles, qui lui permet de mener bon train à la Cour. Lors du voyage en Italie, Fersen écrit à son père combien l’excentricité de Gustave III l’exaspère.

Fersen est interprété par André Deus dans la série de Guy-André Lefranc (1976)
 
Le 19 juillet 1784
 

Il rentre en Suède pour huit mois.

Le 22 octobre 1784

Mr de Boye… Que le chien n’est pas arrivé comment je dois faire pour l’avoir.
Journal d’Axel de Fersen

Puis 

Le 9 novembre 1784

 Mr de Boye. Prie de m’envoyer un chien qui ne fut pas petit, de la taille de ceux qu’avait Monsieur Pollett, dit que c’était pour la Reine de France.

Journal d’Axel de Fersen

Le 27 mars 1785

Naissance de Louis-Charles, duc de Normandie, surnommé “Chou d’Amour” par Marie-Antoinette, Dauphin en 1789 et déclaré Roi de France en 1793 par les princes émigrés sous le nom de Louis XVII.

Louis-Charles, duc de Normandie par Élisabeth Vigée Le Brun
Le 18 avril 1785

Axel quitte Stockholm pour arriver sans encombres à Paris le 10 mai 1785.

Mais il est 8 h. du soir, il faut que je vous quitte, je suis à Versailles depuis hier, ne dites pas que je vous écris d’ici, car je date mes autres lettres de Paris. Adieu, il faut que j’aille au jeu de la Reine. Adieu.
A 9 h. du soir le même jour.
Je sors dans le moment du jeu de la Reine et n’ai que le temps de finir ma lettre, car je dois aller dans le moment souper chez Madame d’Ossun, dame du Palais, la Reine y sera; au sortir du souper à 1 h. je retourne à Paris, et cette lettre part demain matin à 8 h. Adieu, je vous quitte…

Axel de Fersen à Sophie Piper

 
En mai 1785
 

Il revient en France prendre possession de son régiment, à Landrecies, près de Valenciennes, et partage son temps entre la Cour et son régiment.

Aucune description disponible.La caserne de Landrecies… aujourd’hui.
Casernes et rempart – Landrecies | Du Nord au Sud - Melvin photographies

Le 8 mai 1785

Retour de Fersen en France. Le registre de lettres fait état de l’existence d’un logement de Fersen à Versailles dans l’hôtel de Luynes.

secret - "Le Versailles secret de Marie-Antoinette" - documentaire sur ARTE 7b0bd711Nathan Metral est Fersen dans Le Versailles Secret de Marie-Antoinette (2018) de Sylvie FaiveleyAucune description disponible.

En 1785

Axel propose à Taube d’intervenir pour lui auprès de Gustave III, pour lui faire offrir l’ambassade de Suède à Paris. Alors Fersen pourrait rester auprès de Marie-Antoinette et il aurait été possible pour sa sœur Sophie de venir faire les honneurs de sa maison.
Mais ce projet ne se réalise pas, parce que le baron de Staël a été créé ambassadeur pour sa vie en 1785 pour faciliter les négociations pour son mariage avec Germaine Necker.

Gustave III offre à Fersen le poste très discret d’envoyé extraordinaire auprès de Louis XVI et Marie-Antoinette personnellement. Il fait explicitement le distinguo entre France le pays révolutionnaire (Staël reste ambassadeur) et la monarchie (Fersen est l’envoyé personnel du Roi de Suède au Roi de France). Fersen touche à une pension diplomatique qui lui permet de rester en France, Gustave explique à son père qu’il a donné à Axel un poste d’une grande importance.

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Le 1er août 1785

Fersen est de retour à Landrecies. La correspondance reprend avec Marie-Antoinette. Il reste à son régiment jusqu’au 27 septembre 1785.

Le 15 août 1785

Le cardinal de Rohan est arrêté dans la galerie des Glaces, à Versailles, dans le cadre de l’affaire du Collier.

Armand-Gaston-Maximilien de Rohan — WikipédiaLe cardinal de Rohan

Le 30 septembre 1785

Fersen est de retour à la Cour. Il reprend son logement à l’hôtel de Luynes, rue de la Surintendance à Versailles. Il dispose également
d’un pied-à-terre à Paris.

Le 4 octobre 1785

Retour « officiel » de Fersen à la Cour.

En janvier 1786

Fersen passe plusieurs jours à son régiment.

En mars 1786

Annonce de la grossesse de Marie-Antoinette. Ses lettres à Son frère
trahissent Son inquiétude de se trouver encore grosse. L’accouchement est prévu fin juin. Le retour de Fersen en Suède, prévu en mai, est reporté à la fin juin.

Du 2 au 10 juin 1786

Fersen est à son régiment à Valenciennes.

Du 11 au 25 juin 1786

Fersen est auprès de Marie-Antoinette à Versailles.

Le 20 juin 1786

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Louis XVI part visiter les fortifications à Cherbourg.

Pendant le voyage du Roi à Cherbourg - Page 2 Zzz19
Le 25 juin 1786

Départ de Fersen pour la Suède, via l’Angleterre.

Le 9 juillet 1786

Naissance à Versailles de Sophie Hélène Béatrice, fille cadette
de Marie-Antoinette et Louis XVI.

Sophie-Hélène-Béatrix de France par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 26 juillet 1786

Retour de Fersen en Suède. Il y reste jusqu’au 15 avril 1787.

En 1787
 

Il part quelques semaines pour accompagner Gustave III dans sa guerre en Finlande contre Catherine II de Russie.

 
 
Le 20 avril 1787
 
Ce qu’elle doit me trouver pour loger en haut“.
 
A partir de mai 1787
 

Axel de Fersen est de retour en France. Il fera cependant plusieurs séjours à Valenciennes où se tenait son régiment dont il était colonel.

 
Le 3 mai 1787
 
Projet de loger en haut“.
 
Du 15 au 20 mai 1787
 
Fersen inspecte son régiment à Maubeuge.
 
Du 21 mai au 24 juin 1787

Fersen est à Versailles au moment de la maladie, puis de la mort de la petite Madame Sophie.

Le 18 juin 1787

La mort de Madame Sophie avant son premier anniversaire, éprouve la Reine qui s’inquiète aussi pour la santé de Son fils aîné.

Madame Sophie par Élisabeth Vigée Le Brun

Le 21 juin 1787

Marie-Antoinette s’enferme seule au Petit Trianon avec Madame Élisabeth, sans suite, pour pleurer Sa fille.

Le 23 juin 1787

Fersen est de retour à Maubeuge.

En août 1787

Fersen passe le mois à Maubeuge.

De septembre au 5 octobre 1787

Fersen est à Paris et Versailles.

Du 5 au 18 octobre 1787

Fersen est à Valenciennes pour y établir son régiment.

Le 8 octobre 1787

Qu’elle fasse faire une niche au poêle“.

TF1 STUDIOScène de bal dans Les Années Lumières (1989) où Marie-Antoinette ( Jane Seymour) danse avec Axel de Fersen ( Jean-Yves Berthelot)
Le marquis de La Fayette – Marie-Antoinette Antoinetthologie

Le 19 octobre 1787

Fersen est de retour à Paris et chez la Reine à Versailles. Elle a commandé un poêle pour son logement « en haut », au château.

Le 27 décembre 1787

Axel écrit à Gustave III :

Madame de Polignac se soutient toujours elle est toujours aussi bien qu’elle était, mais depuis le départ de M. Calonne les individus de sa société ne sont plus rien et n’ont aucun crédit. La Reine est assez généralement détestée, on lui attribue tout le mal qui se fait et on ne lui sait pas gré du bien.
Le choix de M. Necker serait fort bon et l’Archevêque se serait fait beaucoup d’honneur s’il l’avait appelé quand il a été fait ministre principal. On a une grande idée, et avec raison, de l’honnêteté et des talents de cet homme… Le Roi est toujours faible et méfiant, il n’a de confiance qu’en la Reine, aussi il paraît que c’est elle qui fait tout, les ministres y vont beaucoup et l’informent de toutes les affaires, on a beaucoup dit dans le public que le Roi commençait à boire que la Reine entretenait cette passion et profitait de son état pour lui faire signer tout ce qu’elle voulait, rien n’est plus faux il n’a pas le penchant pour la boisson et dans la supposition qu’on fait ce serait un vice trop dangereux pour les suites qu’il, pourrait avoir, car une autre pourrait surprendre au Roi une signature aussi bien que la Reine.
Depuis que l’anglomanie s’est glissée dans tous les esprits, Versailles a été plus désert qu’a 1 ‘ordinaire, pour y ramener du monde on dit, qu’il va y avoir des soupers trois fois par semaine chez la Reine, on doit s’assembler à 9’h. jusqu’à 11h. Je crois que cela n’est pas encore décidé, il y a jeu les samedis et dimanches.

 

Vers la fin 1787 se dessine de plus en plus nettement l’imminence d’une guerre entre la Suède et la Russie. Fersen doit servir sa patrie. 

Du 19 octobre 1787 au 15 avril 1788

Fersen passe son temps à Paris et au château de Versailles.

De mai 1788 au 24 octobre 1788

Fersen est en Suède, la plupart du temps avec l’état-major de Gustave III, puis en Finlande pour la guerre contre la Russie. Axel prend les armes avec son frère Fabian. Très proche de son souverain pendant toute la campagne, il gardera sur lui la lucidité qu’il avait lors du voyage en Italie, critiquant sans complaisance ses excentricités.

 Le 21 octobre 1788

Axel se remet en route pour la France. Arrivé à Paris, il porte sur les événements un jugement critique :

La fermentation des esprits est générale, on ne parle que de constitution, les femmes surtout s’en mêlent et vous savez, comme moi l’influence qu’elles ont dans ce pays-ci. C’est un délire; tout le monde est administrateur et ne parle que de progrès; dans les antichambres les laquais sont occupés à lire des brochures qui paraissent, tous les jours il y en a dix ou douze, et je ne comprends pas comment les imprimeries y suffisent; c’est dans ce moment une affaire de mode, et vous savez comme moi, l’empire qu’elle a. 

Axel de Fersen à son père

Le 4 juillet 1788

Fersen demande que son régiment intègre Valenciennes. C’est là que l’atteint la nouvelle de l’arrestation de son père. Gustave III a fait un véritable coup d’état qui brise sa noblesse frondeuse, à commencer par le vieux sénateur Fersen, chef du parti des chapeaux.

Fredrik de Fersen sera libéré en avril 1789.

Le 6 novembre 1788

Fersen est de retour à Paris.

De novembre 1788 à juin 1789

Comme à son habitude, Fersen partage son temps entre Paris et Versailles, où il loge à l’hôtel de Luynes.

Au printemps 1789
 

Son père est arrêté pour avoir pris parti pour les droits de la noblesse dans le conflit qui oppose Gustave III à son aristocratie, après des revers dans la guerre (que Gustave III menait finalement à terme après la bataille navale à Svensksund).

Marie-Antoinette lui ordonne alors de rentrer à Paris.
 

 Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

Procession des trois ordres, du Roi et de la Reine qui se rendent dans la Salle des Menus Plaisirs de Versailles.

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Y sont réunis tous les protagonistes de la Révolution future…

Résultat de recherche d'images pour "Les années Lumières Etats Généraux"Jean-François Balmer est Louis XVI dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)
A propos du ministre des finances, Fersen écrit : 

Monsieur Necker, aussi ignorant en administration qu’on le dit savant en finances et imbu des idées philosophiques, n’a jamais songé qu’il fallait gagner des voix pour le roi. Il a voulu rester honnête homme au milieu des fripons, et il en est resté dupe. Son amour propre démesuré lui a fait croire qu’il les persuaderait, mais l’argent de l’Angleterre avait des arguments plus forts et irrésistibles. M. Necker n’est pas seulement coupable d’ignorance, il l’est encore de trahison. Il a voulu être le ministre du peuple, régner par lui, et forcer le roi de ne jamais pouvoir se passer de son concours: il a sacrifié le roi et l’État à son ambition.

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En juin 1789
 

Inquiet pour la Reine, il prend un logement à Versailles. Les proches de la famille royale prennent mal l’installation de Fersen près de la Reine, redoutant que cela n’attise la haine des courtisans envers Elle.

Fersen devient un favori du couple royal.

Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

Mort du Dauphin dans les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Tableau de Jacques-Louis David
 
Richard Todd incarne Fersen dans le film de Jean Delannoy (1956)

A cette époque, Fersen trompait son grand ami Crawfurd avec Eléonore Sullivan sous son propre toit et s’en amuse dans son Journal.

Éléonore Sullivan (1750-1833)

Le 14 juillet 1789

Les parisiens prennent la Bastille et en assassinent le gouverneur, M. de Launay.

La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789 | Histoire et analyse d'images  et oeuvres

Le lang Fersen a passé son temps à Valenciennes et son régiment de même. Toujours prudent et froid, il voit le bouleversement total de la France, la cour et sa bienfaitrice humiliées, indignement traitées par la canaille, sans sortir de sa position.

Gustav-Maurice, comte d’Armfelt

Saint-Priest note que le château de Versailles s’étant vidé de ses courtisans, “il ne resta plus à la reine que le comte de Fersen, lequel continua à jouir d’entrées libres chez elle et d’avoir de fréquents rendez-vous à Trianon.”

Le 16 juillet 1789

Image des Années Lumière (1989) de Robert Enrico

Les Polignac suivent le conseil du Roi et de la Reine et prennent la route de l’exil. Le comte d’Artois en fait de même avec ses fils.

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Les 5 et 6 octobre 1789

Films et auteurs prêtent à Axel de Fersen une attitude héroïque en ces jours-là… En réalité, il était parti se coucher fort tard le 5 lorsque le Roi avait sonné le coucher !!!!

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Il est arrivé par le grand appartement directement dans le salon du conseil, puis dans la chambre du Roi…. il n’était pas présent dans la chambre de la Reine au moment de l’assaut.

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J’ai été témoin de tout et je suis revenu à Paris dans une des voitures de la suite du Roi; nous avons été 6 h 1/2 en chemin. Dieu me préserve de jamais voir un spectacle aussi affligeant que celui de ces deux journées. Le peuple paraît enchanté de voir le roi et sa famille. La reine est fort applaudie, et elle ne peut manquer de l’être quand on la connaîtra, et qu’on rendra justice à son désir du bien et à la bonté de son cœur.

Pas de fougueux destrier précédant à bride abattue son aimée, donc, mais le train des courtisans de Versailles, comme tout le monde…

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zparis10Départ du Roi de Versailles, par Joseph Navlet

La famille royale s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

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The king’s arrival in Paris, October 6th, 1789.L’arrivée de la famille royale à Paris le soir du 6 octobre 1789

Et ce commentaire plein d’amertume dans son journal, le 5 octobre 1798 :

Je me rappelai vivement de ce jour, il y avait 9 ans et de toutes nos angoisses à Versailles, que n’est-on parti et on aurait tout sauvé.

Le 24 octobre 1789

Axel écrit à Sophie :

Enfin le 24, j’ai passé une journée entière avec Elle.  C’était la première, jugez de ma joie.

En novembre 1789

Une émeute à Valenciennes oblige Fersen à partir brusquement début novembre  pour rétablir l’ordre dans son régiment.

Le 27 décembre 1789 

Ma chère amie, votre dernière était du 20 nov: et elle ma fait grand plaisir, il n’y a que l’amitié que je vous porte qui puisse égaler celle que vous avés pour moi, nous avons bien besoin tous deux de cette consolation, ma chère amie. Enfin, le 24 j’ai passé une journée entière avec elle, c’était la première jugés de ma joie, il n’y a que vous qui puissiez le sentir.

Axel de Fersen à Sophie Piper

En janvier 1790

Visite de Fersen au baron de Taube, à Aix-la-Chapelle.

Vers le 18 janvier 1790

Il est de retour à Paris.

Voici comment une descendante d’une de ses sœurs décrit un portrait miniature d’Axel par Pierre Adolphe Hall (1739-1793):

Portraits d'Axel de Fersen - Page 4 Portra11

“L’ensemble n’est point de style scandinave. On devine plutôt un jeune Allemand de grande maison, mais l’expression a je ne sais quel charme français. Il y a plus de finesse et d’aristocratie dans ses traits que de vigueur impérieuse. Les tempes serrées rétrécissent le cerveau. La bouche est d’un arc parfait , son pli volontaire semble expliquer les longs silences ; un demi-sourire un peu triste erre sur les lèvres. Il y a de la douceur dans le regard des yeux bleu d’acier, enfoncés dans l’orbite, grands et beaux, bien que les paupières tombantes les recouvrent à moitié.”

Le 20 février 1790

Mort de l’Empereur Joseph II, frère de Marie-Antoinette.
Accession au trône impérial de son frère Léopold II, qu’Elle connaît à peine.

En février 1790

Du propre aveu de Fersen, c’est ici que s’ouvre la période la plus intéressante de sa vie. Il jouit de la confiance des souverains français, comme l’atteste cette lettre à son père :

Ma position est différente de celle de tout le monde. J’ai toujours été traité avec bonté et distinction dans ce pays-ci par les ministres et par le roi et la reine. Votre réputation et vos services ont été mon passeport et ma recommandation; peut-être une conduite sage, mesurée et discrète m’a-t-elle valu l’approbation et l’estime de quelques-uns et quelques succès. Je suis attaché au roi et à la Reine et je le dois par la manière pleine de bonté dont ils m’ont toujours traité, lorsqu’ils le pouvaient, et je serais vil et ingrat, si je les abandonnais quand ils ne peuvent plus rien faire pour moi, et que j’ai l’espoir de leur être utile. A toutes les bontés, dont ils m’ont toujours comblé, ils viennent d’ajouter encore une distinction flatteuse: C’est celle de leur confiance; elle l’est d’autant plus, qu’elle est extrêmement bornée et concentrée entre trois ou quatre personnes, dont je suis le plus jeune, Si nous pouvons les servir, quel plaisir n’aurai-je pas à m’acquitter envers eux d’une partie des obligations, que je leur ai : quelle douce jouissance pour mon cœur d’avoir pu contribuer à leur bonheur ! Le vôtre le sent, mon cher père, et ne peut que m’approuver. Cette conduite est la seule qui soit digne de votre fils, et quoi qu’il puisse vous en coûter, vous serez le premier à me l’ordonner, si j’étais capable d’en avoir une autre. Dans le courant de cet été tous ces événements doivent se développer et se décider, s’ils étaient malheureux et que tout espoir fût perdu, rien ne m’empêcherait de vous aller voir.

Une lettre pleine de lucidité, une fois de plus : le comte de Fersen constate que la cour de France l’a toujours bien traité, et ce en partie grâce à la réputation de son père. Il s’honore de la confiance dont il est l’objet, et se promet de la payer en retour, en servant tant que faire se peut le roi et la reine. Il sait que, dans ce domaine, son père, aussi chevaleresque que lui, ne peut que l’approuver.

Au printemps de 1790

La vie devient un peu plus facile pour la famille royale qui peut se rendre au château de Saint-Cloud durant la belle saison.

Marie-Antoinette entame des négociations secrètes avec Mirabeau, officiellement le député le plus puissant de l’Assemblée Nationale, mais qui dorénavant essaye, avec prudence, et contre une belle somme d’argent, de sauver le Roi et sa famille. Son idée est de préserver une sorte de monarchie constitutionnelle.

Axel de son côté, vient s’installer à proximité, à Auteuil chez le comte Esterhazy et le duc de Fitz-James. De leurs propriétés, il peut se rendre au parc de Saint-Cloud.

Le 7 avril 1790

Ma chère amie, j’ai reçu la votre du 5 et je vous en remercie bien ainsi que tout ce que vous me dites sur le compte de mon amie. Croyez, ma chère Sophie, qu’elle mérite tous les sentiments que vous pouvez avoir pour elle, c’est la créature la plus parfaite que je connaisse et sa conduite qui l’est aussi, lui a gagné tout le monde et j’entend partout son éloge, jugés combien je jouis.

Axel de Fersen à Sophie Piper

Le 10 avril 1790

Je commence a Etre un peu plus heureux car je vois de temps en temps mon amie librement chez elle et cela nous console un peu de tous les maux qu’elle éprouve pauvre femme, c’est un ange pour la conduite, le courage et la sensibilité, jamais on n’a su aimer comme cela. Elle est infiniment sensible à tout ce que vous m’avés dit pour elle et elle en a bien pleurée et elle me charge de vous dire combien elle en a été touchée, elle serait si heureuse de vous voire quelquefois. Elle s’imagine que si notre projet réussissait, vous pourrez alors venir ici et cette idée la rend bien heureuse, en effet cela serait peut être possible alors.

Axel de Fersen à Sophie Piper

Le 31 mai 1790

Elle est extrêmement malheureuse, mais très courageuse, c’est un ange je lui ai dit de votre part tout ce dont vous m’avés chargé et cela lui a fait plaisir, je tache de la consoler le plus que je puis, je le lui dois elle est si parfaite, pour moi.

Axel de Fersen à Sophie Piper

Le 28 juin 1790

Le Roi et la Reine sont bien malheureux, et ils ne le méritent pas, la noblesse et le clergé sont détruits enfin on ne rencontre partout que des gens ruinés et qui perdent leur état. Elle aussi est bien malheureuse pauvre femme son courage est au dessus de tout et la rend encore plus intéressante, elle est bien sensible a tout ce que vous dites pour elle, jamais on ne l’a mieux mérité et jamais on n’a été plus parfaite. Mon seul chagrin est de ne pouvoir la consoler entièrement de tous ses malheurs et de ne pas la rendre aussi heureuse quelle mérite de l’être. C’est de chez elle a la campagne que je vous écris.

Axel de Fersen à Sophie Piper

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération

Fête de la fédération.

Fersen y accompagne la famille royale dans la loge qui leur est préparée sur le Champ de Mars.

Lumière - Film - La Révolution Française : les années lumière, les années terribles Al710Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

 

De juin à octobre 1790

Fersen loge à Auteuil, d’où il part souvent pour visiter Marie-Antoinette au château de Saint-Cloud.

En novembre 1790

Retour de la Cour aux Tuileries

Du 18 janvier 1790 au 20 juin 1791

Fersen abandonne volontairement l’hôtel de la rue Miromesnil pour habiter rue Matignon, autrement dit Millet, pour ne plus avoir à s’éloigner…

En 1791

Fersen participe aux préparatifs de la fuite à Montmédy:

l’argent est difficile à trouver. Outre la participation de la Reine, Fersen donne tout ce qu’il a, emprunte trois mille livres à son maître d’hôtel, quatre-vingt-treize mille livres à une dame suédoise ( Stegleman) et cent soixante-neuf mille livres à la baronne de Korff. Éléonore Sullivan donne mille livres.

Alma - la vision d'Alma Söderhjelm - Page 4 Factur10Une facture d’accessoires de voyage livrés pour la fuite

Le 1er février 1791

Fersen écrit à son père :

« … Monsieur de Saint-Priest joint à l’esprit du caractère et de la fermeté, et si l’occasion s’en présentait, c’est le seul sur le lequel le Roi puisse s’appuyer. Je suis fort bien avec lui, sa maison est la mienne, il me comble de bontés, de politesses et de confiance. Je sais par lui ce qui se passe, et souvent même il me consulte. Malgré tout cela, je ne lui dis que ce que je veux et je suis prudent ; la réserve est plus que jamais nécessaire… ».

En février 1791

Dans une seconde lettre adressée à son père, Axel donne un autre témoignage fort bien intéressant sur la situation privilégiée qu’il occupe auprès du couple royal :

« … Ma position est différente de celle de tout le monde. J’ai toujours été traité avec bonté et distinction dans ce pays-ci par les ministres et par le Roi et la Reine. Votre réputation et vos services ont été mon passeport et ma recommandation : peut-être une conduite sage, mesurée et discrète m’a-t-elle valu l’approbation et l’estime de quelques uns et quelques succès. Je suis attaché au Roi et à la Reine et je le dois par la manière pleine de bonté dont ils m’ont toujours traité, lorsqu’ils le pouvaient et je serais vil et ingrat, si je les abandonnais quand ils ne peuvent plus rien faire pour moi et que j’ai l’espoir de leur être utile. A toutes les bontés dont ils m’ont toujours comblé, ils viennent d’ajouter encore une distinction flatteuse : c’est celle de leur confiance ; elle l’est d’autant plus qu’elle est extrêmement bornée et concentrée entre trois ou quatre personnes, dont je suis le plus jeune. Si nous pouvons les servir, quel plaisir n’aurai-je pas à m’acquitter envers eux d’une partie des obligations que je leur ai ; quelle douce jouissance pour mon cœur d’avoir pu contribuer à leur bonheur ! Le vôtre le sent, mon cher père, et ne peut que m’approuver. Cette conduite est la seule qui soit digne de votre fils, et quoi qu’il puisse vous en coûter, vous serez le premier à me l’ordonner, si j’étais capable d’en avoir une autre. Dans le courant de cet été tous ces événements doivent se développer et se décider, s’ils étaient malheureux et que tout espoir fût perdu, rien ne m’empêchera de vous aller voir ».

Le 2 avril 1791

Mirabeau meurt subitement, mettant fin par la même au dernier espoir de la famille royale en une solution politique de la crise. Ses derniers mots auraient été : « J’emporte avec moi les ruines de la monarchie ».

Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau.jpg

L’assemblée Nationale ne sait alors encore rien des discussions secrètes avec la famille royale.

Le 11 avril 1791

Fersen écrit à Taube :

« … Le désir du roi sera rempli. Il aura des nouvelles une fois par semaine ; mais représentez-vous qu’étant tout seul, ne pouvant pas même employer un secrétaire, et étant obligé de me montrer dans le monde pour éviter tout soupçon, je suis surchargé d’occupations. Mais la satisfaction de le servir et celle d’être utile au Roi et à la Reine de France me feront trouver tout possible, et si j’y puis réussir, je serai trop récompensé ».

Le 18 avril 1791

La famille royale est empêchée de partir faire Ses Pâques à Saint-Cloud.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Joseph15Tableau de Joseph Navlet
Actus Blu-Ray/DVD « Marie-Antoinette, reine de France » : Michèle Morgan  royale…Michèle Morgan et Richard Todd dans le film de Jean Delannoy ( 1956)

Dans la tradition, tout de cette évasion repose sur les épaules de Fersen… Mais les récentes révélations de Geneviève Haroche-Bouzinac, dans son livre sur Madame Campan, montrent que la commande de la berline est faite par Monsieur Pannelier d’Arsonval, beau-frère de Madame Campan.

 
La nuit du 20 juin 1791
 
Aucune description disponible.

Fersen, déguisé en cocher, escorte lui-même la famille royale  jusqu’à Bondy, mais Louis XVI refusera qu’il les accompagne plus loin. L’objectif du Roi étant d’atteindre Montmédy qui se situe en France, au contraire de ce qu’on supposera, il valait mieux qu’il ne soit alors escorté que par des gentilshommes français…

Costume de Fersen dans le film L’Enfant-Roi (1923) de Jean Kemm, dessiné par Charles Bétout, pour Georges Vaultier

La baronne de Korff,  veuve d’un colonel russe qui se rend à Francfort-sur-le-Main, puis de là en Russie, avec ses deux enfants, est le nom sous lequel voyage Madame de Tourzel. On costume le Dauphin en fille , il devient Aglaé , sœur d’Amélie, Madame Royale, leur gouvernante, Sophie Rochet sera la Reine, et Madame Élisabeth tient le rôle de la femme de compagnie de la baronne, Rosalie…

Fersen est supposé rejoindre la place-forte de Montmédy, où se rend la famille royale, en passant par la Belgique. Après l’échec de la fuite et le retour à Paris des fugitifs, Fersen continue à correspondre avec Marie-Antoinette. Il se rend à Vienne pour avertir la cour de l’empereur et le décider à l’action. Mais Léopold II temporise, et Fersen, se sentant berné, parle à la Reine de trahison.

Aucune description disponible.

Mais lisons plutôt le récit de Fersen :

L. 20 (Le début manque)… remarque et demanda ce qu’il voulait faire les deux me dirent qu’il n’y avait pas a hésiter et qu’il fallait toujours aller nous convînmes de l’heure etc. etc. que s’ils étaient arrêtés il fallait aller a Brux : et faire agir pour eux etc. etc. en me quittant le Roi me dit mr de F. quoi qu’il puisse m’arriver je n’oublierai tout ce que vous faites pour moi. La Reine pleura beaucoup a 6h : je la quittai elle alla avec les enfants a la promenade pour précautions extraordinaires je rentrai chez moi finir mes affaires à 7 h. chez Sullivan voir si on y avait mené la voit[ure] rentré chzs moi a 8 h. j’écrivis a la Reine pour changer le rendez vous des femmes de chambre et les bien instruire pour me faire dire l’heure exacte par les gardes du C… porté la lettre point de mouvement a 8 3/4 les gardes me joignirent ils me donnèrent la lettre pour Mercy les intruisa rentré faire partir ma chaise leur (les Craufurd) donner mon cocher et mes chevaux pour partir allé prendre la voiture, cru avoir perdu la lettre pour Mercy:a 10 1/4 h : dans la Cour des princes a 11 1/4 les enfants sortis emmenés sans difficulté. La Fayette passé deux fois, a 11 1/4 Me Elisabeth, puis le Roi puis la Reine a 12 h partis joint la voiture Barriere St Martin a 1 1/2 h : a Bondi pris la poste, moi la traverse a 3 h au Bourget et parti.
Le 21. beau tout allait bien retardé dans la traverse entre Maretz et Cateau, le commandant de milice demanda mon nom j’eus peur au Cateau installation d’Ev : passé le Quesnoy par St Vast.

Lui-même est désorienté par les rumeurs faisant de Barnave l’amant de la Reine.

 
Le 21 juin 1791
 
La famille royale est arrêtée à Varennes.
 
La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

 Le Roi et la Reine sont arrêtés à Varennes.

akg-images - Arrestation de Louis XVI.Chez l’épicier Sauce à Varennes, par Prieur

Les Provence passent la frontière.

Le 22 juin 1791

 Fersen arrive à six heures du soir à Mons, où il retrouve Éléonore, Provence et Madame de Balbi.

Le 22. beau fait très froid la nuit arrivé a Mons a 6 h : Sullivan, Balbi, Monsieur, beaucoup de français fort contents un moine dans la rue me demande si le Roi était sauvé parti a 11 h : plaine jusqu’à Namur, puis montagnes les Ardennes les forêts depuis March : tout le monde content que le Roi fut sauvé.

Journal de Fersen

Le 23 juin 1791

Fersen rencontre Bouillé à Arlon, qui lui annonce l’arrestation de la famille royale.

Le 23. beau fait froid arrivé à Arlon a 11 h : du soir trouvé Bouillé su que le Roi était pris on ne savait trop bien les détails les détachements pas fait leur devoir le Roi manqué de fermeté et de tête, reposé la.

Journal de Fersen

Le 24 juin 1791

Désespéré, le Suédois dîne avec Madame Sullivan à Bruxelles. Il reste avec elle à l’hôtel Bellevue jusqu’au 28, s’affichant, selon Emile Dard… 

Outre les indiscrétions diverses (toute l’Europe était au courant, selon Alma Söderhjelm), la décision qu’a prise Louis XVI de se passer de Fersen à partir de Bondy a assurément pesé dans l’échec.

Le 25 juin 1791

La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Portraits de Marie-Antoinette par Joseph Navlet Zzztem10Le passage de la berline royale devant l’Hôtel de ville de Châlons , par Joseph Navlet

Pendant le voyage du retour, Marie-Antoinette convertit Barnave (1761-1793) à Sa cause.

Aucune description disponible.Madame Elisabeth, Pétion, Madame de Tourzel et Marie-Thérèse
Aucune description disponible.La Reine, le Dauphin, Barnave et le Roi dans la berline du retour de Varennes

Le Roi est suspendu.

Éléonore part en exil avec Craufurd et ils réussissent à passer la frontière sans encombre. Elle restera en Angleterre pendant dix ans, se séparera de Fersen qui repartira alors en Suède.

Ma chère ma bonne ma sensible et bien tendre amie, voici le premier moment de tranquillité que j’ai pu vous donner et mon cœur en a bien besoin; le votre doit sentir tout ce que le mien éprouve de déchirement et je sens en ce moment plus que jamais le besoin d’avoir des amis. Cependant je ne perdrai pas courage et je suis décidé a me sacrifier pour eux et a les servir tant qu’il y aura encore quelque espoir, c’est cette idée seule qui me soutient, et qui me fait supporter patiemment tous mes chagrins. Je resterai ici encore sept a 8 jours j’irai ensuite a Aix la Chapelle et de la a Vienne mais ne parlés pas encore de ce dernier voyage, car je n’en dis rien a mon Père. Adieu ma bien bonne et chère amie aimés moi toujours et croyez que jamais je ne cesserai de vous aimer.

Axel de Fersen à Sophie Piper

L’échec de Montmédy brise la vie de Fersen.

Dès lors, il n’a plus qu’une obsession, sauver les souverains français. Deux grands axes à cet ambitieux projet : rassembler les puissances européennes en un congrès armé qui fasse peur aux factieux, et fuir, une fois de plus.

Le 28 juin 1791

Marie-Antoinette envoie une lettre à Mercy avec un billet pour
Fersen.

Entre-temps, la fille d’Éléonore et du duc de Wurtemberg les a rejoints à Bruxelles. Elle est âgée de vingt ans et aussi jolie que sa mère . Son père lui a conféré le nom de baronne de Franquemont. Elle épouse un aristocrate émigré, le comte d’Orsay . Ils auront deux enfants : Alfred, l’un des plus grands dandys du XIXème siècle, et Ida, qui épousera le duc de Gramont … petit-fils de Yolande de Polignac (1749-1793).

Du 29 juin au 3 juillet 1791

Fersen, à Aix-la-Chapelle, prend ses ordres de Gustave III,
qui veut l’envoyer à Vienne négocier avec l’empereur Léopold II, frère de Marie-Antoinette.

Début juillet 1791

Marie-Antoinette entame des négociations avec les constitutionnels Barnave, Lameth et Duport, par l’intermédiaire du chevalier de Jarjayes.

Le 4 juillet 1791

Fersen est de retour à Bruxelles. Mercy lui remet une lettre
de Marie-Antoinette.

Le 17 juillet 1791

Ayant enfin reçu une réponse à la lettre portée à Marie-Antoinette
par Reutersvärd, Fersen rend visite au baron de Breteuil, à Gustave III et aux princes à Aix-la-Chapelle, Spa et Coblence, avant de partir pour sa mission à Vienne, le 27 juillet.

Le 1er août 1791

Fersen se donne un coup à la tête qui le fait souffrir pendant plusieurs jours. Lacune dans son journal.

Du 2 août au 26 septembre 1791

Fersen poursuit des négociations infructueuses avec les Autrichiens à Vienne et à Prague.

Le 13 septembre 1791

Suspendu de ses fonctions depuis son arrestation à Varennes,
Louis XVI accepte la Constitution rédigée par La Fayette et Barnave. La famille royale regagne un peu de liberté, mais reste étroitement surveillée.

Le 6 octobre 1791

Fersen est de retour à Bruxelles. Reprise d’une correspondance
suivie avec Marie-Antoinette. Il demande la permission d’aller La voir à Paris.

D’octobre 1791 à août 1792

Fersen, à Bruxelles, est chargé de la correspondance diplomatique du Roi de Suède. En même temps, il correspond avec Marie-Antoinette  et dirige la diplomatie secrète de Louis XVI avec le baron de Breteuil.

Le 8 octobre 1791

Les Craufurd et Fersen se retrouvent à l’hôtel Bellevue, à Bruxelles. Quintin loue une maison qui devient leur quartier général. C’est là que Fersen chiffrera ses lettres à Marie Antoinette et déchiffrera celles qu’il reçoit d’elle. Il correspondra aussi avec Simolin, Breteuil, Mercy Argenteau, toujours dans le même but : sauver la monarchie française.

Le 19 octobre 1791

Je ne puis vous dire combien je suis touchée de ce qu’a fait ce bon M. Crawfurd pour nous, le roi aussi.
Je vous écrirai dans quelques jours ce qu’il faudra lui dire de notre part.
Nous serons bien heureux de pouvoir faire quelque chose pour lui. Il y a si peu de gens qui nous témoignent un vrai attachement ! On sait ici qu’il a été mêlé dans nos affaires, et j’ai eu bien peur pour sa maison .

Marie-Antoinette à Fersen

Et encore le 31 octobre 1791 :

” J’ai été si pressée la dernière fois que je vous ai écrit, que je n’ai pu vous parler de M. Crawfurd. Dites-lui bien que nous savons la manière parfaite dont il est pour nous, que je me suis toujours plu à croire à son attachement, mais que, dans l’affreuse position où nous sommes, chaque nouvelle preuve d’intérêt est un titre de plus bien doux à notre reconnaissance. “

Marie-Antoinette à Fersen

Gustave III invente un nouveau projet d’évasion. Il veut envoyer Fersen pour le présenter au Roi et à la Reine emprisonnés aux Tuileries.

Aucune description disponible.Benoît Vallès incarnait Axel de Fersen dans la pièce de Robert Hossein, Je M’appelais Marie-Antoinette (1993)

En fait, ce voyage, d’abord refusé par la Reine, souvent différé, n’aura lieu qu’en février 1792, et prendra des allures rocambolesques avant l’heure !

Le 26 novembre 1791

Le comte écrit donc à Marie Antoinette :

Répondez-moi sur la possibilité de vous aller voir, tout à fait et sans domestique, au cas que j’en reçoive l’ordre du roi; il m’en a déjà lâché quelque chose, sur le désir qu’il en avait.

En décembre 1791

Sophie Piper (1757-1816), sœur et confidente de Fersen

En décembre 1791

Les rumeurs sur une liaison entre Axel Fersen et Éléonore Sullivan commencent à courir à Bruxelles : Sophie écrit alors à son frère Axel que …

«Tout le monde vous observe et parle de vous ; songez à la malheureuse Elle [Marie-Antoinette], épargnez-lui de toutes les douleurs la plus mortelle ».

Le 11 février 1792

Fersen veut se rendre secrètement à Paris. Il doit remettre à Louis XVI un mémoire de Gustav III et tenter d’organiser une nouvelle fuite. Il quitte donc Bruxelles sans prévenir Craufurd.

Le 13 février 1792

Visite clandestine de Fersen aux Tuileries pour tenter d’organiser une autre évasion pour la famille royale. Le Suédois est alors caché par Éléonore Sullivan en utilisant le nom d’Eugen Franchi, son fils illégitime du duc de Wurtemberg.

L. 13. Tres beau et doux. Parti a 9 1/2 h : arreté deux h : a  Louvres pr diner, arrivé sans accident a Paris a 5 1/2 h du soir sans qu’on nous.dise rien. Laisse descendre mon officier a l’hotel des Princes Rue de Richelieu pris un fiacre pour aller ches Gog : rue Pelletier le fiacre ne savoit pas la rue crainte de ne pas la trouver un autre fiacre nous l’indiqua Gog: n’y etoit pas, attendu dans la rue jusqu’a 6 1/2 h : pas venu cela m’inquieta voulu aller prendre Reuters: il navoit pas trouvé place a l’hotel des Princes on ne savoit ou il etoit allé retourné chez Gog: pas rentré pris le parti d’attendre dans la rue enfin a 7 h: arrivé. Ma lettre netoit arrivée que le meme jour a midi et on n’avoit pu le joindre ayant. Alle ches elle passe par mon chemin ordinaire peur des gard: nat: son logement a merveille [resté la].

Journal de Fersen

Alma - la vision d'Alma Söderhjelm - Page 6 Soderj10

Alma - la vision d'Alma Söderhjelm - Page 6 Soderj11Détail de la lettre qui concerne Marie-Antoinette
Cette pharmacie ouverte par Rouvière, un apothicaire de Louis XIV,  dont la célébrité fut grande après avoir procuré un remède efficace à Louis XIV à la fin de sa vie.Pharmacie Saint Honoré, 300 ans et pas une ride !C’est la plus ancienne pharmacie de Paris ouverte en 1715… Le comte de Fersen y achète “l’encre sympathique” avec laquelle il écrit à Marie-Antoinette.

Le 14 février 1792

Le comte suédois rencontre le Roi de France. Mais celui-ci refuse toute autre tentative d’évasion. A neuf heure et demie, Fersen prend congé des souverains, annonce qu’il continue sa mission vers l’Espagne, mais se rend en fait rue de Clichy où il retrouve Éléonore.

Fersen reste terré dans une petite chambre sous les toits près de la servante Joséphine. Dard précise que c’est parce qu’il ne paraissait pas son âge qu’on a pu faire croire aux domestiques qu’il était le fils de Madame Sullivan.

Portraits d'Axel de Fersen - Page 4 Af_17910Gravure d’une miniature d’Axel de Fersen en 1792.
 

Notons la boucle d’oreille. Dans une lettre à sa sœur Sophie Piper de Paris en date du 25 mars 1788, Fersen explique qu’il va se faire percer les oreilles pour améliorer ses problèmes de vue :

« J’ai eu il y a huit jours un peu de faiblesse sur les yeux comme j’en ai quelque fois et tout le monde m’a conseillé de me faire percer les oreilles. Je m’y suis décidé. Il faudra voir ce que cela fera – du moins si  cela ne fait pas de bien, cela ne fera pas de mal. »

Ce traitement est bien sûr inefficace efficace ! Fersen souffrira pour toute sa vie des problèmes de vue (il y en a plusieurs références dans sa correspondance avec sa sœur).

Il commande ses lunettes chez Dollond à Londres.
Patrice Alexandre interprète Fersen dans Le Gerfaut
 
“Adieu le plus aimé et le plus aimant des hommes”
Marie-Antoinette à Fersen

Il faut se méfier de l’emploi de ce verbe au XVIIIe siècle. On “s’aime” beaucoup et à tout propos à cette époque et l’on peut trouver ce verbe sous la plume de deux amies s’écrivant, comme sous celle de deux amis ou sous celle de deux amis de sexe opposé sans pour autant que tous “s’aiment” d’amour et/ou au sens physique du terme…

Le 1er mars 1792

Léopold II, le frère de Marie-Antoinette, meurt.

Avènement de Son neveu François II, qui sera couronné empereur le 19 juillet 1792.

Le 29 mars 1792

Mort du Roi Gustave III de Suède, qui avait beaucoup d’amitié pour Marie-Antoinette.

Comme tous les anciens favoris de Gustave III, Fersen se trouve en disgrâce pendant la régence de Charles de Södermanland, futur Charles XIII, frère du feu Roi, de 1792 à 1796.

Le 17 avril 1792

Axel de Fersen écrit à Marie-Antoinette :

Vous aurez déjà reçu la triste nouvelle de la mort du roi. Vous perdez en lui un ferme appui, un bon allié, et moi un protecteur et un ami. Cette perte est cruelle.

Fin avril 1792

Ils sont tous à Bruxelles, les Craufurd, Fersen et la fille d’Éléonore.

Le 20 avril 1792

Déclaration de guerre au Roi de Bohême et de Hongrie, François II.

Le 27 mai 1792

Décret sur la déportation des prêtres réfractaires.

Le 29 mai 1792

 Décret supprimant la garde constitutionnelle du Roi.

Le 8 juin 1792

Décret de formation d’un camp de fédérés à Paris.

Le 11 juin 1792

Louis XVI oppose son veto aux décrets des 27 mai et 8 juin.

Lui et la Reine sont désormais surnommés “Monsieur et Madame Veto”.

Le 20 juin 1792

Escalier monumental des Tuileries (avant sa destruction)

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

Le Roi refuse.

““I am the queen.” A depiction of assault on the Tuileries of June 20th, 1792; several people in the mob allegedly believed Madame Elisabeth to be Marie Antoinette and Elisabeth, to protect the queen, stepped forward and attempted to stop a man from...Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

Le 21 juin 1792

 Fersen fait porter à sa maîtresse une lettre annonçant son arrivée. Nous jouâmes bien notre rôle, précise Axel dans son journal, il me crut… Je pris le thé et soupai avec eux.

Fersen retourne à Bruxelles, pendant que les Craufurd prolongent leur séjour à Paris. D’après Gouverneur Morris, Quintin aurait proposé à la Reine, d’accord avec le Roi d’Angleterre, de partir seule avec le Dauphin. En vain.

A Paris, une dame italienne, Madame Toscani, proche ou parente d’Éléonore, s’installe dans la maison de la rue de Clichy. C’est elle qui servira dorénavant d’intermédiaire entre Marie Antoinette et Fersen. Les messages seront dissimulés dans des boîtes de thé, de biscottes, de chocolat, ou dans les doublures de vêtements.

Le 25 juillet 1792

C’est Fersen qui inspire le « manifeste de Brunswick », ultimatum des armées austro-prussiennes aux révolutionnaires français. Il croit fermement à une victoire rapide de la coalition et imagine même un gouvernement royaliste pour prendre la relève.

Martin Douaire est Fersen dans L’Évasion de Louise XVI de Vincent Sélignac (2012)

Lettre du 28 juillet 1792

Je reçois dans ce moment la déclaration du duc de Brunswick, elle est fort bien.
C’est celle de M. de Limon, et c’est lui qui me l’envoie : pour éviter tous les soupçons je ne vous l’envoie pas, mais M. de Cr. [Crawford]  l’envoie à l’ambassade d’Angleterre à milord Kery, il la donnera sûrement à M. de Lamb.[Lambesc]
Voici le moment critique, et mon âme en frémit. Dieu vous conserve tous, c’est mon unique vœu.
S’il était utile que vous vous cachiez jamais, n’hésitez pas, je vous prie, à prendre ce parti ; cela pourrait être nécessaire, pour donner le temps d’arriver à vous.
Dans ce cas, il y a un caveau dans le Louvre, attenant à l’appartement de M. de Laporte ; je le crois peu connu et sûr. Vous pourriez vous en servir.
C’est aujourd’hui que le duc de Brunswick se met en mouvement. Il lui faut huit à dix jours pour être à la frontière. On croit généralement que les Aut [Autrichiens] vont faire une tentative sur Maubeuge.

Fersen à Marie-Antoinette
Seymour - Les Années Lumières (Enrico) et Les Années Terribles (Heffron), avec Jane Seymour - Page 4 Zrev17Images des Années Lumière (1989) de Robert Enrico : Jean-Yves Bertelot est Fersen Seymour - Les Années Lumières (Enrico) et Les Années Terribles (Heffron), avec Jane Seymour - Page 4 Zrev18

Le 3 août 1792

Une majorité de sections de Paris demande la déchéance de Louis XVI.

Le 10 août 1792
 
Journée du 10 août 1792 — Wikipédia

C’est l’insurrection. Les Tuileries sont envahies et les gardes massacrés.

Le Roi est suspendu de ses fonctions.

Aucune description disponible.

La famille royale quitte les Tuileries pour se réfugier auprès de l’Assemblée Nationale qui siège dans la Salle du Manège.

 
Le 13 août 1792

La famille royale est transférée au Temple après avoir été logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles: quatre pièces du couvent seulement leur étaient dédiées… pendant trois jours.

Résultat de recherche d'images pour "la prison du Temple"La Tour du Temple

Le 3 septembre 1792

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple.

Massacre de la princesse de Lamballe

Le 8 novembre 1792

Décès de sa sœur, Hedvig Eleonora (née Fersen en 1753) ,  comtesse Klinckowström.

Fredric Philip Klingspor - Hedvig Eleonora von Fersen - S 298 - Finnish National Gallery.jpgHedvig Eleonora,  comtesse Klinckowström

Du 16 au 18 janvier 1793

La Convention vote la mort du Roi. Philippe Égalité est l’un de ceux qui ont donné leur voix pour la peine capitale.

Aucune description disponible.

Le 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI.

Louis XVI ascending the scaffold by Charles Benzanech, 1793.

 

Le 26 janvier 1793

Les trois amis apprennent l’affreuse nouvelle de l’exécution du Roi, doublée de celle, fausse, du massacre du reste de la famille. Éléonore console Fersen.

Puisqu’il s’avère que la Reine est sauve, toute l’attention va se concentrer sur Elle. Lorsque Dumouriez s’entend avec le prince de Cobourg, Fersen ne se sent plus : ses armées vont marcher sur Paris et libérer les prisonniers du Temple.

Le régent de Suède constitue Fersen ambassadeur près de Louis XVII. Axel se voit déjà à Paris à la place de Staël. Mieux, d’ailleurs, compte tenu de la confiance dont il jouit auprès de la mère du petit prince, la future régente !

Mais cette éclaircie est de courte durée. Personne ne rentre dans Paris, et Fersen doit se contenter de reprendre sa vie avec ses deux amis dans Bruxelles libérée.

 
En mars 1793
 

Quand Dumouriez fait défection et rejoint les Autrichiens, Fersen y voit la fin des révolutionnaires, et imagine déjà Marie-Antoinette régente.

Fersen se demande s’il va épouser Éléonore Sullivan et quels seront les membres du gouvernement de Marie-Antoinette régente, sous sa direction.

En avril 1793

Marie-Antoinette adresse un dernier message à Jarjayes qu’Elle lui transmet par Toulan qui monte la garde au Temple :

Dites-moi ce que vous pensez de ce qui se passe ici.”, griffonne-t-Elle dans la marge.

Jarjayes - La correspondance de Marie-Antoinette avec Jarjayes Img_6619

e… vous remettra les choses convenues pour ha… l’empreinte que je joins ici est toutte autre chose je desire que vous la remettiez a la personne que vous savez etre venu me voir de Bruxelles l’hiver dernier, et que vous lui disiez en meme temps que la devise n’a jamais été plus vraie.                          ( l’ “empreinte” est celle d’un pigeon volant, avec une devise “Tutto a te mi guida” [“tout me conduit vers toi”] destinée à Axel de Fersen)
Si vous n’etes pas content de h.. allez trouver mon neveu de ma part, vous pourrez aussi si vous voulez voir (septime) qui est ma ton dit a Londres depuis le mois d aoust et lui demander ce que vous avez payé ia pour nous si vous en avez besoin il connoit ma confiance aussi mais s’il est nécessaire vous pourrez lui faire voir ceci et lui dire ce que vous avez fait pour nous il nous est trop attaché pour ne pas en sentir le prix. au reste je m’engage a lui faire tenir compte de ce qu’il vous remettera et j’en fais meme s’il le faut mon affaire prop.
Dites moi ce que vous pansez de ce qui se passe ici

Toulan remet à Jarjayes le legs que Cléry a caché après la mort du Roi : son anneau de mariage, son cachet ainsi que des cheveux de la Reine et des enfants devront être transmis à Monsieur, qui est à Hamm, en Westphalie.

Marie Antoinette conseille à Jarjayes d’aller voir son neveu, François II ou Septeuil , toujours tracassée par les sommes considérables que Jarjayes a dû payer pour l’organisation de l’évasion manquée. Elle se sent responsable de leur remboursement.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1793

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie. Elle y est traitée avec une certaine bienveillance par une partie du personnel de la prison, dont surtout Rosalie Lamorlière (1768-1848).

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

Quand il apprend la nouvelle du transfert de la Reine à la Conciergerie, antichambre de la mort, il essaie d’obtenir du prince de Cobourg qu’il marche sur Paris, mais c’est en vain.

Caroline Silhol, l'intense évanescente L'Oeil d'OlivierCaroline Sihol était Marie-Antoinette dans la pièce de Robert Hossein en 1993
 
Le 13 octobre 1793
 

Fersen et Éléonore Sullivan ont une conversation décisive, que nous connaissons par le journal du comte. Tous deux se rendent bien compte qu’ils ne peuvent pas continuer comme ça, se suivant mutuellement et suivant Quintin. Il faut qu’une décision se prenne. Mais Éléonore a l’air de faire mieux le tri dans ce qu’elle ne veut plus que dans ce qu’elle désire…

Éléonore me parla de sa position; elle en est ennuyée à l’excès; elle me dit être résolue à finir cette vie qui lui était insupportable. Elle m’assura qu’elle viendrait avec moi, mais qu’elle ne pouvait aller en Suède, dont le climat était trop froid, et qu’elle ne pouvait rien finir avant que je me fusse décidé.

Fersen dans son dagbok.
L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 Captur10La Veuve Capet par Jean-Louis Prieur

Le 14 octobre 1793

Marie-Antoinette comparaît devant le président Herman (1759-1795).

Ute Lemper dans L’Autrichienne (1990) de Pierre Granier-Deferre

 Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette, place de la Révolution .

Quelques jours après ces réflexions où Axel a bien pesé le pour et le contre, il apprend que Marie Antoinette a été guillotinée, et se lamente. Quelque temps encore, ce trio continue sa vie errante, soudé par la douleur et les souvenirs.

Axel écrit alors à sa chère amie Elizabeth Foster:
 
Bruxelles, le 22 octobre 1793

Je ne croyais pas, aimable Milady, en recevant la vôtre du 10 de ce mois, que ma réponse aurait à vous annoncer une nouvelle aussi affligeante pour mon cœur .   Vous savez sans doute déjà que la Reine de France, le modèle des Reines et des femmes n’est plus. C’est le 16, à 11 heures du matin, que ce crime a été consommé . Il fait frémir la nature et l’humanité, et mon cœur est cruellement déchiré. Le vôtre est trop sensible pour ne pas partager ma douleur.  Elle n’est allégée que par l’idée que, du moins, cette princesse infortunée est délivrée des maux et des chagrins affreux qu’elle éprouvait depuis quatre ans et auxquels sont courage seul pouvait résister.   Mme de Fitz-James est extrêmement affligée, nous pleurons ensemble notre perte commune . Je tâche de la consoler, mais hélas j’ai trop besoin moi-même de consolation pour pouvoir lui en donner. Je n’ai pas la force de vous donner aucun détail sur ce triste événement, d’ailleurs ceux que nous avons sont peu exacts.
Adieu, ma chère amie, plaignez-moi, donnez-moi de vos nouvelles et croyez à la tendre amitié que je vous ai vouée.
Mille choses à notre bonne et aimable duchesse.Je reçois dans l’instant votre paquet pour le comte Elliot, et je vais remettre votre lettre à la duchesse de Fitz-James. Le comte Elliot est arrivé hier au soir et parti ce matin .

Alma - la vision d'Alma Söderhjelm - Page 7 Lettre11

Chaque 16 octobre, Fersen passera la journée à pleurer celle qui, à ses yeux, incarnait le “modèle des reines et des femmes”.

Elizabeth Cavendish — WikipédiaElizabeth Foster
 

Éléonore a dépassé la quarantaine, elle ressent le besoin de se fixer. Sa fille est venue vivre auprès d’elle pendant que son mari guerroie dans les rangs autrichiens. Quintin goûte toujours la compagnie sereine de ses livres. Mais sa récente nomination en tant que commissaire du gouvernement britannique près de l’armée autrichienne le pose en rival de Fersen, qui le trouve ingrat :

… depuis la mort de l’infortunée reine, je n’ai pas à m’en louer, se plaint-il à son journal. Il semble ne m’avoir ménagé que tant que cela pouvait lui être utile. Depuis cette fatale époque il ne m’a jamais parlé des affaires, tandis que c’est à moi qu’il doit d’avoir été assez connu pour pouvoir en être informé et y être employé; encore est-ce à présent d’une manière très subalterne. Mon orgueil en est blessé, mais je regarde au-dessous de moi de le faire paraître.

 
En Suède
 
Rentré en Suède, il se consacre ensuite à sa carrière.
 

Le 21 janvier 1794

Fersen reçoit la copie d’un billet de Marie-Antoinette à Jarjayes avec une lettre de Jarjayes.

Il m’apporta une lettre de M. de Jarjayes qui ne me disait pas tout ce que j’espérais. Il m’envoyait seulement un fragment de lettre de la R… à lui, dont voici la copie. C’était écrit par elle-même.
“Vous ne pouvez pas douter du regret que j’éprouve de vous voir partir, mais je sais vos raisons, et votre zèle et votre attachement se montrent encore d’une manière bien touchante pour nous. Nous avons fort approuvé ce qu’on nous a dit de votre part. Vous en voyez la prevue par ce qu’on vous remettra. Il est essentiel de recommander aux personnes que vous allez trouver le plus grand secret. J’ai cru même devoir me réserver de dire un jour moi-même le nom de t… pour vous éviter toute question sur cela, et que vous puissiez dire que vous l’ignorez. Quand vous serez en lieu de sûreté, je voudrais bien que vous puissiez donner de mes nouvelles à mon grand ami qui est venu l’année dernière me voir. Je ne sais où il est, mais ou Mr. Gog: [Goguelat] ou Mr. Crawford, que je crois à Londres, pourront vous l’indiquer. Je n’ose pas lui écrire, mais voila l’empreinte de ma devise. Mandez en l’envoyant que la personne à qui elle appartient sent que jamais elle n’a été plus vrai.”  Cette devise était un cachet portant un pigeon volant avec la devise tutto a te mi guida. Son idée avait été dans le temps de prendre mes armes, et on avait pris le poisson volant pour un oiseau. L’empreinte était sur un morceau de carte, malheureusement la chaleur en avait absolument effacé l’empreinte. Je le conserve malgré cela précieusement dans ma cassette avec la copie du billet et le dessein du cachet.

Axel de Fersen, journal

En octobre 1794

Les amis doivent abandonner Bruxelles, reprise par les Français. Ils se fixent à Francfort auprès de la famille d’Orsay. Fersen apprend la mort de son père et se voit contraint de rentrer en Suède. Sur les biens considérables dont il va hériter, il prévoit une rente viagère pour Éléonore.

En Suède, la beauté nostalgique de Fersen fait tourner toutes les têtes. Mais aucune de ses adoratrices ne lui paraît préférable à Éléonore. Aussi, après un voyage de quelques mois à Vienne pour y rencontrer la duchesse d’Angoulême, rejoint-il le couple Craufurd à Francfort.

En 1795

Fersen est de retour au sein du couple Craufurd.

Le 8 juin 1795

L’annonce de la mort en prison du fils du défunt Roi Louis XVI âgé de dix ans, Louis XVII pour les royalistes, permet au comte de Provence de devenir le dépositaire légitime de la couronne de France et de se proclamer Roi sous le nom de Louis XVIII. Pour ses partisans, il est le légitime Roi de France.

Le comte de Provence par Adélaïde Labille-Guiard

Le 19 décembre 1795

Marie-Thérèse, l’Orpheline du Temple quitte sa prison vers quatre heures du matin le jour de ses dix-sept ans, escortée d’un détachement de cavalerie afin de se rendre à Bâle, où elle est remise aux envoyés de l’Empereur François II.

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Son séjour forcé à Vienne la rend froide et maussade tandis que le comte de Provence, alors en exil à Vérone, ne se résout pas à la voir entre les mains de l’Empereur.

 

Au moment de la libération de Madame Royale. Fersen suit les tribulations de cette malheureuse princesse de près…

 
En 1796
 

Quand Gustave IV  monte sur le trône, Fersen retrouve ses offices et dignités.

Gustave IV
 
En 1797
Fabian de Fersen

Son frère Fabian de Fersen épouse la sœur de son beau-frère, Louise Piper (1777-1849)

Louise Piper par Carl Frederik von Breda
 

Il est envoyé pour représenter son pays au traité de Rastatt, mais la délégation française proteste, et il doit se retirer.

 
Portraits d'Axel de Fersen Hans_a11Axel de Fersen par Carl Frederik von Breda, vers 1800

Fersen - Portraits d'Axel de Fersen Hans_a10

Le 28 novembre 1797

Nommé plénipotentiaire, Fersen rencontre Napoléon, une visite qui le mortifie.

Portraits d'Axel de Fersen - Page 3 Axel_v11

Ses nouvelles fonctions le tiennent de plus en plus éloigné de Francfort. Et puis, une méprise du vieux Simolin va faire exploser définitivement le trio de vaudeville. Une lettre d’Éléonore à Axel atterrit par erreur entre les mains de Quintin.

Brusquement, au bout de dix ans, les yeux du doux rêveur se décillent. C’est la rupture définitive avec le beau Suédois, mais non point avec la muse italienne. Au bout de quelques années, Quintin épousera en effet Éléonore.

 
En 1801
 

Il est nommé riksmarskalk (Grand Maréchal du Royaume), ministre et chancelier d’Uppsala, mais il perd la faveur royale en s’opposant fermement à l’entrée en guerre de la Suède contre la Prusse, voulue par Gustave IV pour punir celle-ci d’avoir refusé d’envahir la France.

 
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En 1809

La famille Fersen est l’alliée du parti gustavien lorsque le Roi Gustave IV Adolphe est déposé en 1809 et soutient la cause du fils de ce dernier comme héritier du trône.

Quand Gustave IV est chassé par un coup d’État militaire, Fersen ne prend pas parti, mais tout le monde soupçonne ses sympathies pour le jeune prince Gustave, fils de Gustave IV.

Le 29 juin 1809

Couronnement de Charles XIII (1748-1818) , fils du Roi Adolphe-Frédéric de Suède, frère cadet de Gustave III (1771-1792) et oncle de Gustave IV (1792-1809) auquel il succéda au détriment des enfants de ce dernier. Il est le dernier Roi de Suède de la dynastie d’Holstein-Gottorp.

Charles XIII de Suède (1809-1818)

Il est l’époux de l’amie de Sophie Piper, Hedwige de Schleswig-Holstein-Gottorp (1759-1818), qui devient donc Reine de Suède.

La Reine Hedwige en 1814

Le 7 janvier 1810

Christian-Auguste, frère cadet de Frédéric-Christian II, duc de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg, de la branche cadette des souverains du Danemark, est élu prince héritier de Suède. Il prend alors le nom de Charles-Auguste, et est adopté par le nouveau roi Charles XIII, oncle du Roi déchu.

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Le 28 mai 1810

Le Prince Christian-Auguste meurt d’une attaque quelques mois plus tard. Sa mort accidentelle est due à une chute de cheval. Aussitôt les partisans de Charles-Auguste accusent certaines familles de la haute noblesse d’avoir comploté contre lui et de l’avoir fait empoisonner. Les Fersen sont les premiers visés.

Christian-Auguste / Charles-Auguste
La rumeur accuse Fersen de l’avoir empoisonné.
Portraits d'Axel de Fersen Axel_f12
 
Portraits d'Axel de Fersen Hans_a14
 
Le 20 juin 1810
 

En vertu de ses fonctions de riksmarskalk, Fersen est chargé d’escorter le corps du prince dans Stockholm. Une émeute se forme et Fersen meurt lapidé et piétiné par la foule, en présence de nombreuses troupes qui n’interviennent pas.

La mort d'Axel de Fersen - 20 juin 1810 Axel_v10

Fersen avait les oreilles percées et portait des boucles, car on les lui arrache alors qu’il est encore bien vivant.

 
Il est probable que Charles XIII ait saisi l’occasion de se débarrasser aisément de l’un des leaders gustaviens.
 
 

Je commence actuellement, ma chère amie, à revenir un peu de l’amertume de mon esprit, qui jusqu’à ce moment a été dans une espèce d’engourdissement et incapable de rien entreprendre pendant tous ces jours passés. Jamais, non jamais ma chère amie, mon âme n’a été accablée comme elle l’a été dans cette occasion, jamais regrets n’ont été pour moi aussi vifs que ceux que j’ai ressentis à la perte de notre digne ami Axel. Son image ne me quitte pas, et même j’en suis aise car cela me prouve à moi-même combien je lui étais attaché, et c’est un juste tribut que je paie à sa mémoire. … maintenant on lui rend justice, mais hélas trop tard pour lui et pour nous, et l’on sait à présent que tout n’était que calomnie.

Fabian de Fersen à sa sœur Sophie Piper
Stockholm, 13 août 1810

“La perte d’un frère et ami n’était pas suffisante pour mettre mes regrets à son comble; l’envie et la méchanceté nous ont encore frappés, mais une justice sûre peut-être tardive restaurera la vertu. C’est l’espoir qui me reste et qui met quelque tranquillité dans mon âme. Il est cruel de voir un frère en butte à des soupçons atroces… qui toute sa vie n’a cherché qu’à rester tranquille et a eu les principes les plus stricts de loyauté et d’équité.”

Fabian de Fersen à sa sœur Sophie Piper

Ce 23 août 1810
Je trouve, ma chère amie, que mon frère n’a besoin d’aucune justification. Sa vie entière est une suite de principes d’honneur et loyauté … Toutes les personnes qui réfléchissent n’ont jamais donné dans les fausses opinions qui ont cours chez le public moins pensant et qui ne connaissaient pas mon frère autrement que de nom, et qui toujours jugent les soi-disant grands seigneurs capables de toutes les horreurs uniquement par la raison qu’ils sont d’une classe supérieure à eux et parce qu’ils approchent de la Cour où ils pensent que rien ne se traite que par intrigues; d’autres n’ont jamais été séduits et rendent justice parfaite à notre infortuné frère, et j’ose dire que l’opinion publique même n’a été séduite qu’un instant, mais malheureusement ce seul moment nous a été fatal par la perte du chef de la famille, qui par ses qualités et ses vertus en faisait un si bel ornement.”

Fabian de Fersen à sa sœur Sophie Piper
Ce 4 décembre 1810

Dans ce moment, je reviens de l’église et de l’enterrement de notre digne frère et ami. Tout a été avec la plus grande décence et tranquillité, et la cérémonie finie, la bière a été transportée dans le tombeau où la procession l’a suivie. Ainsi finissent les grandeurs de ce monde, ma bonne amie. A nous il reste les regrets, à lui la tranquillité.”

Fabian de Fersen à sa sœur Sophie Piper
 

Si, par Ses mots, Ses lettres, on sait combien Marie-Antoinette aimait Fersen. Il semble clair que de sa part, il s’agit d’une admiration pour la Reine, plus que d’un amour passionnel. Mais les films et les romans ne cesseront d’écrire le conte de Fersen en interprétant les faits historiques à leur guise afin de faire croire à une histoire d’amour rêvée… Allant jusqu’à attribuer au suédois la paternité de Louis-Charles, futur Louis XVII. Ce qui ne ferait plus de lui seulement un amoureux pas à la hauteur de la passion à laquelle il prétend, mais encore un salaud car ce n’est plus que la Reine qu’il aurait laissée périr en France, mais son fils….

 

En somme, en voulant en faire l’exemple de l’amoureux romantique, les admirateurs de Fersen nuisent à sa mémoire car n’importe quel historien voulant vérifier leurs propos ne peuvent que constater qu’il n’a rien à voir avec cette légende, ce qui le rend décevant, falot, égoïste et même traitre. Il fut un gentilhomme de Cour, attaché aux souverains de la France qui l’accueillit si bien…

Il écrivit pourtant :

« Plus je vois de choses dans mon pays, plus je le trouve changé et moins j’ai de goût pour y habiter. J’aurais voulu naître anglais, c’est le pays le plus agréable à vivre. Ici on s’intéresse exclusivement aux faits et gestes d’autrui et il n’y a aucune sorte de vie en société »

Portraits d'Axel de Fersen - Page 5 Fersen10Buste de Fersen sur le mémorial érigé par Sophie Piper à Löfstad
 
 

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2 comments
  1. Valentin Ferdinandson

    Je me considère moi-même comme un fan de l’histoire d’amour supposée entre Fersen et Marie-Antoinette, mais il y a quelque temps, j’ai lu quelques articles écrits par Maria Elena Vidal et j’ai commencé à me faire l’idée que tout ce que l’on a vu et lu de Fersen ne le dépeint que comme un amant charmant et sacrifié. C’était quelqu’un qui était au service des monarques français et un ami loyal jusqu’à la fin de la vie de Marie-Antoinette et de Louis. Et une autre chose qui me dérange aussi, c’est la pertinence minimale que les biographies donnent à Eléonore Sullivan, aucune des vidéos de Fersen que j’ai vues sur youtube ne la nomme, c’est triste parce que, eh bien, elle a été son amante pendant dix ans. Quoi qu’il en soit, je vous remercie d’avoir écrit ce gros billet sur Fersen, c’est très instructif.

    1. Admin

      Quel joie de lire ceci. Effectivement, nous voulons tous croire au départ que Marie-Antoinette ait pu avoir la chance de connaître une belle histoire d’amour. Hélas quand on gratte la surface, on s’aperçoit que cette relation avec Fersen est bien plus complexe que ce que l’on veut bien nous montrer habituellement.
      Nous ne cherchons rien à prouver, nous ne saurons jamais quels furent leurs sentiments respectifs, mais les faits sont là, incontestables.

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