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Yolande de Polignac

Yolande de Polignac

Le 8 septembre 1749

Yolande de Polastron naît à Paris. Elle est la fille de Jean François Gabriel, comte de Polastron, seigneur de Noueilles, Venerque et Grépiac (1722-1794), gouverneur en Dordogne, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de Jeanne Charlotte Hérault de Vaucresson (1726-1756), originaire de la noblesse de robe normande.

Portrait Pastel 18* Comte de Polastron 62x52 cm Marie-Antoinette VersaillesLe comte de Polastron

La famille de Polastron est au service des Rois de France depuis le XIIIe siècle. Le père de Yolande a servi le Dauphin Louis-Ferdinand. Son grand-père maternel a été lieutenant-général de police de Paris sous Louis XV. Deuxième enfant du couple Polastron, Yolande n’a jamais connu son aîné, mort jeune.

Le 14 avril 1753

La comtesse de Polastron, née Jeanne Charlotte Hérault de Vaucresson, meurt à l’âge de vingt-six ans (elle était née le 21 avril 1726).

Polastron - La famille de  Polastron - Page 2 Captu611Jeanne Charlotte Hérault de Vaucresson

C’est un coup dur pour la petite fille. Son père, qui ne s’en soucie pas, la confie à sa sœur Marie-Henriette de Polastron, comtesse d’Andlau (1716-1792).

La Maison de Polastron est issue d’une noblesse de souche ancienne. Fortement endettée à l’époque de la naissance de Gabrielle, la famille mène un moyen train de vie. Ne pouvant vivre à hauteur de leur rang, ses parents quittent la capitale pour le château familial de Noueilles, dans le sud-ouest de la France.

La famille de  Polastron Plan_c10Le château de Noueilles

Yolande n’a que trois ans quand sa mère décède, son éducation est alors prise en charge par sa tante, la comtesse d’Andlau.

Jean-Marc Nattier (1685-1766): Portrait of the Comtesse d'Andlau, née Marie Henriette de Polastron. 1743Marie-Henriette, comtesse d’Andlau (1743) par Jean-Marc Nattier

La comtesse d’Andlau, tante paternelle de Yolande, fut chassée de la Cour, en 1746, avec armes et bagages par la volonté de Louis XV pour avoir laissé traîner à portée de main de Madame Adélaïde, dont elle était la gouvernante depuis 1739, Le Portier des Chartreux , un livre considéré comme infâme.

Son père se remarie à Anne Charlotte de Noé (1729 – 1821).

En avril 1758

Sa belle-mère, Anne-Charlotte de Polastron, donne le jour à Denis Gabriel Adhémar de Polastron (1758-1821). C’est lui qui épousera Louise d’Esparbès de Lussan (1764 – 1804) en 1780 . Deux autres enfants naîtront de cette union : Adélaïde et Henriette.

La famille de  Polastron M0809010Le château de Verderonne, où Yolande grandit auprès de sa tante

Aller en basYolande figure  dans les mémoires de Madame de Genlis, quand elle évoque les années 1768-1770. Cela prouve bien que la future comtesse de Polignac n’était pas cette femme obscure qui venait de débarquer de sa campagne lorsque la Reine s’éprit d’elle… même Félicité de Genlis est sous le charme :

« Il y avait à cette époque à la cour de fort jolies femmes, entre autres la vicomtesse de Laval, et la comtesse Jules, depuis duchesse de Polignac. Cette dernière avait une vilaine taille, quoique parfaitement droite, mais petite, sans délicatesse et sans élégance ; son visage eût été sans défaut, si elle avait eu un front passable ; ce front était grand, d’une forme désagréable, et un peu brun, quoique le reste de son visage fût très blanc. Quand la mode s’établit de rabattre les cheveux presque jusqu’aux sourcils, le visage de la comtesse Jules devint véritablement enchanteur ; il y avait dans sa physionomie une candeur touchante, et en même temps de la finesse ; son regard et son sourire étaient célestes. Les portraits qui restent d’elle sont très enlaidis, et ne donnent même pas l’idée de ce délicieux visage. Elle était douce et bienveillante, ses manières étaient simples, et par conséquent aimables, et la faveur dont elle a joui depuis n’a jamais rien changé à son extérieur. On disait qu’elle avait peu d’esprit ; pour moi, je ne la trouvais dans la société ni bornée ni même insipide. »

Mercure de France, collection Le Temps Retrouvé,”Mémoires de Madame de Genlis”
 
Aucune description disponible.Madame de Polignac par Jean-Laurent Mosnier
Aucune description disponible.
 
Voici les mots du prince de Ligne :

De l’âme la plus ferme et du tact le plus sûr
Du meilleur des esprits et du cœur le plus pur
La nature se plut à faire le mélange
En joignant aux vertus la figure d’un ange

En 1763

Sa tante, Marie-Henriette d’Andlau se fait carmélite au couvent Saint-Roch à Paris après la mort de son époux. A la révolution, la comtesse d’Andlau s’exilera au Portugal auprès de sa fille et de son gendre, notre ambassadeur à Lisbonne .

Elle y mourra en 1792 .

Le 7 juillet 1767

vivelareine:
“ On the morning of his execution, Louis XVI removed his wedding ring and handed it to his valet, Jean-Baptiste Cléry, saying:
“ [Give] this ring to the queen; tell her that I part from it with pain and only at the last moment.
” ”

Mariage  de Jules de Polignac et Yolande de Polastron,  à l’église Saint-Sulpice à Paris, en présence de Vaudreuil qui a tout organisé. Voici un extrait du contrat établi par Jacob-Nicolas Moreau fournissant les nom et prénoms de la mariée:

” Très haut et très puissant seigneur monseigneur Jean-François-Gabriel de Polastron, comte de Polastron, baron de Saint-Michel, seigneur de Saint-André, Laurac, La Barthe, Gourbielle et autres lieux, gouverneur pour le Roy des villes et château de Castillon et Castillonet sur Dordogne, colonel d’infanterie et cy devant du régiment de la Couronne, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, demeurant ordinairement dans la ville de Toulouze, étant présentement à Paris, logé rue et paroisse Saint-André-des-Arts, stipulant pour très haute et très puissante demoiselle mademoiselle Yolande-Gabrielle-Martine de Polastron, sa fille mineure et de défunte très haute et très puissante dame madame Jeanne-Charlotte Hérault, son épouse en première noces, ladite demoiselle de Polastron demeurant chez madame la comtesse d’Andlau, sa tante ci après nommée, rue de Grenelle, quartier de Saint-Germain-des-Prés, paroisse Saint-Sulpice, à ce présente et de son consentement, d’autre part; ….. etc ….. “

Comte Jules Armand François de Polignac, Marquis de Mancini, 1er. Duc de  Polignac, Pair de France (1745-1817).Jules de Polignac

Quant au marié, il est qualifié de comte de Polignac, marquis de Mancini, ce dernier  titre qui lui avait été transmis par sa mère Diane-Adélaïde. Jules est le fils d’une petite nièce du cardinal Mazarin, famille illustre, certes, mais sans grande fortune.

23 août 1776: Jules de PolignacJules de Polignac
Polignac - Portraits de la duchesse de Polignac - Page 5 Duches11

Jules a une sœur, Diane, de quatre ans plus âgée que Yolande. Diane « adopte » sa jeune belle-sœur et la prend sous son aile. Elle a un caractère bien trempé et ne manque pas d’ambition, elle sera la vraie femme du clan Polignac, celle qui dirigera plus ou moins dans l’ombre, elle qui, en définitive, aurait dû s’attirer les foudres des mauvais esprits de la Cour puis du peuple.

Dans leur modeste château de Claye-en-Brie, où le marié a grandi, « le couple Jules organise très simplement sa vie de châtelains campagnards. »

La Comtesse Jules, comme on appelle désormais Yolande, est « moralement et physiquement paresseuse », avec un caractère souple. Aussi, Diane n’a-t-elle aucune difficulté, comme Vaudreuil, à manipuler sa belle-sœur à sa guise. A Claye, le couple est apprécié de ses paysans, dont ils sont proches. Ils mènent une vie très simple et partagent leur temps entre Claye, leur modeste logement parisien de la rue des Bons-Enfants et les demeures de leurs familles respectives.

Le 7 mai 1768

Naissance d’Aglaé de Polignac, ( † 30 mars 1803), future duchesse de Guiche, alias Guichette. Yolande sera toujours une mère affectueuse, même au plus fort de sa faveur et de ses occupations royales.

Louise de Polastron, Ange rédempteur du comte d'Artois | Plume d'histoireAglaé de Polignac par Élisabeth Vigée Le Brun

Yolande n’est pas grande, mais elle a un gracieux maintien très délié. Elle danse à ravir et, selon le mélomane Bombelles, chante à la perfection en s’accompagnant à la harpe, à l’épinette …

M. et Mme de Polignac ne méritaient pas la haine qui les poursuivait. J’avoue qu’ils cédaient à la flatterie et à l’importunité de leur clientèle ; qu’ils prêtaient l’oreille à la voix de conseillers pernicieux, et que, se laissant éblouir par la fortune, ils tombaient dans des erreurs et s’égaraient dans une fausse route ; mais y eut-il jamais une cour dans aucun temps, ni de courtisans ou de faux courtisans qui, dans une situation semblable, aient montré moins d’avidité, moins d’orgueil, ou qui aient commis moins de fautes ? Croit-on qu’il soit bien aisé à celui qui s’établit juge des faiblesses humaines d’en fixer la mesure, le terme et le but ? Doit-il condamner tout ce qui dépose contre l’ordre de ses idées ? Ne doit-on pas calculer en même temps la situation où s’est trouvé l’accusé, et en pesant tout avec impartialité, mesurer la largeur et la profondeur du torrent qui l’entraînait ? […]
En quoi consistent les abus de pouvoir qu’on lui [famille de Polignac] impute ? Des services rendus à ses amis, un titre de duc et de hautes charges à la Cour pour lui-même ; de l’or, si l’on veut. Mais les hommes prennent de l’or partout où ils le trouvent, bien qu’il soit plus noble de le dédaigner.
La faveur de la Cour enlevée à leurs concurrents, voilà en quoi consistaient l’exercice et l’abus du pouvoir des Polignac, voilà ce qui leur fit attribuer un crédit illimité dans les différentes branches de l’administration ; voilà ce qui les fit regarder pendant plusieurs années comme les maîtres de la monarchie .

Mémoires de Tilly

Jules et Yolande qui ne sont pas complètement désargentés, comme on l’a dit trop souvent . Ils ont de la fortune, lui, héritée du côté Mancini Mazarini, elle, par les Hérault . Ils possèdent bel hôtel de la rue Payenne, aujourd’hui ambassade de Suède.

Or donc, Monsieur et Madame de Polignac n’aiment pas la vie à la Cour ( où ils ont été présentés bien avant l’arrivée en France de la Dauphine ) et lui préfèrent la quiétude de leur château de Claye-en-Brie .

Le 16 mai 1770

Le  Dauphin Louis-Auguste (1754-1793) épouse l’Archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche (1755-1793).

        Marie-Antoinette d'Autriche — Wikipédia      Résultat de recherche d'images pour "Marie-Antoinette  Sofia Coppola mariage"Image de Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola

Ce mariage ramène un temps les Polignac à la Cour. Yolande est cousine de Louise Honorine Crozat du Châtel (1737-1801), l’épouse du duc de Choiseul, instigateur de l’union franco-autrichienne. La comtesse Jules est nommée par Louis XV pour danser durant un des bals donnés à l’occasion des noces. Yolande s’y fait remarquer par sa grâce et sa fraîcheur.

Mais la jeune femme est ravie de retrouver le calme de Claye où elle mène une grossesse paisible.

Le 11 janvier 1771

Naissance d’Armand de Polignac à Paris (il mourra le 1er mars 1847 à Paris)

Armand de Polignac par Élisabeth Vigée Le Brun

« Le comte de Vaudreuil fait bien entendu partie de cette harmonie. Il serait bien incapable, au reste, de vivre longtemps loin de sa cousine, ni elle de se passer de lui. »

Le comte de Vaudreuil Vlbvau10Le comte de Vaudreuil par Elisabeth Vigée Le Brun (1784)

Le 16 novembre 1773

Mariage du comte d’Artois, frère du Dauphin et de Marie-Thérèse de Savoie, sœur de la comtesse de Provence.

16 novembre 1773: Mariage du comte d'Artois avec la princesse Marie Thérèse  de Savoie

Marie-Thérèse redoute pour sa fille ce renforcement du clan savoyard à la Cour de France.

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À partir de 1774

La vie de la famille Polignac va être bouleversée car  Louis XV nomme Diane de Polignac « parmi les dames pour accompagner la comtesse d’Artois ». De fait, il faudra se rendre plus souvent à Versailles.

Le 10 mai 1774

Mort de Louis XV.

Louis XV, roi de France, âgé de 64 ans, deux mois avant sa mort, en mars 1774, par MontpetitLouis XV

Le Dauphin devient Roi sous le nom de Louis XVI.

Louis XV à peine mort, les courtisans se ruent vers le nouveau Roi.

En 1775

Le baron de Besenval (1721-1791) est l’éphémère amant de la comtesse de Polignac.

Fichier:Besenval, baron de2.jpgPierre-Victor de Besenval par Danloux (1791)

En juin 1775

La Reine donne au château de Versailles une fête qui ouvre la saison d’été. Ce soir-là,  le beau-père de Yolande l’emmène au château de Versailles. Il fait une chaleur étouffante. Dans un coin du salon, Marie-Antoinette remarque des jeunes gens qui ne dansent pas. Agacée comme peut l’être une maîtresse de maison qui s’occuperait du bon déroulement du bal, Elle les invite un peu brusquement à sortir. L’intervention jette un froid, si bien que même ceux qui dansaient s’arrêtent. Marie-Antoinette semble ne pas comprendre cette soudaine bouderie. Yolande, qui a assisté à la scène, s’approche de la Reine et Lui explique avec naturel et douceur :

« – Madame, Votre Majesté, en faisant à ces dames l’honneur de les admettre à ces bals n’a sûrement pas eu l’intention de leur donner la mortification, comme elle vient de le faire, d’en chasser leurs maris et leurs frères dont la plupart sont des danseurs.

– Non, madame, je n’ai pas dit cela pour eux, mais pour beaucoup de personnes qui ne dansent pas. »
Se rendant compte de sa bévue, la Reine s’empresse de rappeler les jeunes gens. Le salon se remplit à nouveau. L’incident est clos. Reconnaissante, Marie-Antoinette va vers Yolande de Polignac, Elle prend ses mains dans les Siennes :

Je n’oublierai jamais que vous m’avez donné une marque d’estime et d’attachement en me faisant apercevoir d’une action qu’on aurait pu interpréter contrairement à mon action… Je désire votre amitié, faites-moi le plaisir de venir demain déjeuner avec moi. »

Corinne Le Poulain  est Mme de Polignac dans la série de G.-A. Lefranc (1975)

Bientôt après, elle fut remarquée par la Reine à une partie de barre, frappée par cette figure angélique, par sa grâce et son air de simplicité, elle s’informa de son nom . Alors elle lui parla pour lui reprocher de se montrer rarement à Versailles en l’engageant à y venir plus souvent, qu’elle la verrait avec plaisir . C’était un ordre assez flatteur…   Dans les premiers temps votre mère allait un peu plus souvent faire sa cour, mais pas autant que la Reine l’aurait voulu, s’attachant de plus en plus à votre mère dont elle appréciait les qualités.

Madame de la Tour Landhorte

Dès 1774, des bruits courent sur les préférences de la Reine, « la Reine serait une femme à femme. » Ces calomnies proviennent, très probablement, du chancelier Maupeou et des filles (vieilles filles) de Louis XV, tous fervents opposants à l’Autriche. Ces rumeurs colleront à la peau de la souveraine ainsi qu’à Yolande. Pour les libellistes, cette dernière « est l’instigatrice de tous les vices et la partenaire idéale de Marie-Antoinette pour de supposés embarquements pour Lesbos. » A ces ennemis s’ajoute Marie-Thérèse de Lamballe (1749-1792), princesse malheureuse et sincère, mais terne et excessive dans ses sentiments. 

Mademoiselle de Joncquieres*** - Mc Fred, le BlogueLaure Calamy, dans les costumes du film Mademoiselle de Joncquières (2018) d’Emmanuel Mouret ressemble à Yolande de Polignac…Mademoiselle de Joncquières | Temps d'élégance Mademoiselle de Joncquières (2018) - Bande annonce - Vidéo Dailymotion

Aucune description disponible.Madame de Polignac et Marie-Antoinette

Madame de Polignac a un caractère complexe. Les mémorialistes font toujours état de sa douceur, son aménité, sa nonchalance qui confine à la paresse. Elle apparaît comme discrète, presque “en demi teinte”, ne se mettant jamais en avant … Elle cultive une humeur égale et méprise les petites intrigues de la Cour. Tout cela est vrai, pourtant, il serait faux de croire qu’elle manque de caractère.

polignac - Portraits de la duchesse de Polignac - Page 6 98048712

Yolande n’est pas une intellectuelle mais une affective, et une passionnée. Un rien peut la blesser très fort. Elle n’est ni ambitieuse, ni intrigante, ni vénale, mais d’autres dans ses entours le sont pour elle !

polignac - Portraits de la duchesse de Polignac - Page 6 Captur52

Le 19 septembre 1775

Marie-Antoinette octroie à la princesse de Lamballe le titre très lucratif de « surintendante de la Maison de la Reine », dont la charge consiste à organiser les plaisirs de celle-ci. Ce titre avait été aboli par Louis XV en raison de son coût. Elle a lassé la Reine mais s’impose dans Sa vie par ce titre.

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La princesse de Lamballe (1776) par Callet

La princesse de Lamballe et Yolande ont l’intelligence de cohabiter, la comtesse étant toujours d’un calme olympien.

Marie-Ève Beaulieu est Yolande de Polignac dans Marie-Antoinette (2006) de Francis Leclerc et Yves Simonneau

Fin 1775

Vaudreuil quitte Versailles pour Paris.

Madame de Polignac gagne chaque jour du terrain dans le cœur de la reine. […] Le comte de Vaudreuil en est aux anges et cela le rend presque tendre pour la comtesse Diane.

Madame d’Adhémar

Les Polignac occupent, à Versailles, un très bel appartement, proche de ceux de la Reine. Louis XVI aime aussi à passer du temps avec les Polignac, mais sa présence rend les choses tout de suite plus guindées, et le Roi ayant pour habitude de se retirer vers dix heures du soir, il n’est pas rare que les horloges soient avancées pour hâter son départ.

Aucune description disponible. Marina Berti interprète Yolande dans Marie-Antoinette (1956) de Jean DelannoyAucune description disponible.

La comtesse de Polignac habite quatre pièces et arrivera, vers 1780, à créer un grand appartement en annexant l’appartement du duc d’Aumont et l’appartement du pavillon occupé par le prince de Conti.

Aucune description de photo disponible.Plan de l’Appartement en 1781

Cet appartement se compose de deux antichambres dont une sert de salle à manger, un grand cabinet, plusieurs chambres et cabinets ainsi que des pièces de service comme une cuisine avec un potager et des gardes robes. Une partie des pièces à l’arrières qui donnent sur la Cour des Princes disposent d’un balcon en encorbellement.

Aucune description de photo disponible.Aile Vieille aujourd’hui. L’Appartement de Madame de Polignac occupait tout le premier étage
Aucune description de photo disponible.Voyeuse pour l’appartement de Madame de Polignac par Sené
Aucune description de photo disponible.Paire de fauteuils pour l’appartement de Madame de Polignac
Aucune description de photo disponible.Fauteuil cabriolet pour l’appartement de Madame de Polignac par Boulard

L’appartement voisin qui est occupé par le duc d’Antin puis le duc de la Rochefoucauld, est occupé par le mari de madame de Polignac.

Aucune description de photo disponible. Encoignure pour l’Appartement de Madame de Polignac par Weisweiler

On voit l’intervention de la comtesse Jules dans de nombreuses affaires concernant la Reine ( affaire du comte de Guînes 1775-76, rapprochement avec Maurepas [1775-76]).

Aucune description disponible.

Le 1er septembre 1777

Madame de Polignac ayant refusé la place de dame du palais comme celle de dame d’atours, avec les dividendes qui vont avec , la Reine fait attribuer à Monsieur de Polignac la survivance de la charge de premier écuyer, au détriment du duc de Lauzun auquel la place avait été proposée.

Ruth Hussey as the Duchesse de Polignac in Marie Antoinette (1938). | La  gran belleza, María antonieta, Alta sociedadRuth Hussey est Madame de Polignac dans Marie-Antoinette (1938) de Van Dyke

Dès sa position de premier écuyer établie, Jules semble pris de la folie des grandeurs. Il demande à la Reine d’augmenter son écurie de quarante chevaux, avec les voitures et personnels y afférant. Alors qu’on lui attribue quatorze “gens de livrée” pour son service, il en demande le double et décide de passer leur traitement de 503 livres à 759 livres. Il fait passer son écurie personnelle de dix-huit à vingt-cinq chevaux et ses voitures de quatre à six.

Il décide de louer à l’année des maisons à Versailles, Compiègne et Fontainebleau pour loger son personnel.

Le 12 septembre 1777

Mercy écrit à Marie-Thérèse :

“… La faveur de la comtesse Jules de Polignac n’a fait qu’accroître jusqu’à ce moment. La Reine ne peut plus se passer de la société de cette jeune femme; elle est dépositaire de toutes ses pensées, et je doute fort qu’il y en ait d’exceptées à cette confiance sans bornes. Ces derniers temps, il n’en est rien résulté de fort nuisible. (…) La princesse de Lamballe, qui est revenue depuis quinze jours des eaux de Plombières, a été reçue par la Reine avec beaucoup de démonstrations de bonté ; mais cet accueil n’est qu’une forme de bienséance qui devient de plus en plus embarrassante et gênante. La Reine cherche quelquefois à se tromper elle-même à cet égard ; mais comme elle nous permet toujours, à l’abbé de Vermond et à moi, de lui exposer sans détour nos  réflexions et nos remarques, S.M. finit par convenir de bonne foi que nous ne nous méprenons guère sur le vrai état de ses affections. (…)”

Marie Antoinette, reine d'un seul amour de Caroline Huppert, avec Emmanuelle  Béart - Page 2 | Emmanuelle béart, Fictional characters, CharacterEmmanuelle Béart est Marie-Antoinette pour Caroline Huppert, en 1988. Léa Gabrielle est Madame de Lamballe et Isabelle Gélinas Madame de Polignac

Le 14 septembre 1777

“J‘ai pris à moi pour survivancier de M. de Tessé, M. le comte de Polignac, colonel du régiment du roi et homme de très bonne maison. Il est mari d’une femme que j’aime infiniment.

Marie-Antoinette à Sa mère

Puis en novembre :

Je soupçonne que la comtesse de Polignac a connaissance au moins d’une partie des lettres de V.M. et qu’elle est consultée sur les réponses qui y sont faites . D’ailleurs, informée de tout ce que l’on dit à la Reine, cette favorite peut compromettre les serviteurs zélés de V.M., et cela porte directement sur l’abbé de Vermond et sur moi. Je n’ai pas dissimulé à la Reine mes réflexions à ce sujet. S.M., sans avouer ni nier l’étendue de sa confiance dans la comtesse de Polignac s’est bornée à m’assurer qu’elle ne me nommait jamais. J’observai que cette réserve était très insuffisante. Cela d’autant plus qu’il est évident que la comtesse de Polignac est entièrement livrée au comte de Maurepas, ne lui laisse pas ignorer la moindre circonstance de ce qu’elle apprend de la Reine .

C’est là qu’on voit à quel point Mercy et Vermond furent nuisibles pour Marie-Antoinette et ne cachèrent même pas leur jalousie quand une autre personne qu’eux pouvaient avoir de l’influence sur elle.

Madame de Polignac à l'écranIsabelle Gélinas est Yolande dans  Marie-Antoinette de Caroline Huppert (1988)

Mercy et Vermond l’ont maintenue dans Son rôle d’Archiduchesse, prioritaire à leurs yeux.  Madame de Polignac en fait la Reine de France. On comprend que Maurepas, son oncle, y soit vigilant.

Le 7 mai 1778

La belle-sœur de Yolande, Diane de Polignac, qui était jusqu’alors dame pour accompagner la comtesse d’Artois, est nommée Dame d’honneur de Madame Élisabeth par Louis XVI.

La comtesse Diane de Polignac - Page 6La comtesse Diane de Polignac ( 1746-1818) par H.P. Danloux

Au lieu de ces voitures lourdes et superbes où la feue reine se plaçait avec toutes ses dames, Marie-Antoinette emploie des chars élégants pour elle seule, Mme de Polignac, MM. de Vaudreuil et Besenval. […] Point d’officier ni de garde d’escorte. On va dans cet équipage à Trianon s’ébattre, innocemment sans doute, mais dans une liberté qui prête à calomnie.

Le comte de Saint-Priest

Le 19 décembre 1778

Après un accouchement difficile, Marie-Antoinette donne naissance de Marie-Thérèse-Charlotte, dite Madame Royale, future duchesse d’Angoulême. L’enfant est surnommée “Mousseline” par la Reine.

Le 14 mai 1780

Yolande accouche de Jules , et les mauvaises langues répandent des bruits :

Madame Jules de Polignac fait ses couches tout bonnement dans l’appartement de M. de Vaudreuil.  Antoinette ne quitte pas le chevet de son lit et lui sert de garde accoucheuse. Les ignorants et ceux qui ne se connaissent pas plus aux intrigues de la Cour qu’aux différents motifs qui les déterminent, trouvent singulier que Mme Jules n’ait pas fait ses couches au château de Versailles, et ne se soit pas mise à portée de son amie : cela paraît plus naturel, plus décent. Ces gens là ne savent pas que cela n’eût pas convenu. Ces fréquents voyages de Paris, ces visites, ont un but qui n’eût pas été rempli autrement. Madame de Polignac a fait un garçon; Vaudreuil sait donc faire des garçons …  A la fin de tout cela, nous aurons un Dauphin .

( Henri d’Alméras :Marie Antoinette et les pamphlets royalistes et révolutionnaires )

Des libelles circulent sur la nature saphiques de ses relations avec la Reine…

Marie-Antoinette x Kim Kardashian] Quel est le prix de son désir à la foire  de sa vanité ?

Toujours manipulée, Yolande augmente ses demandes et obtient enfin le paiement de la dot ainsi qu’une rente juteuse pour Vaudreuil.

treasure for your pleasure: marie antoinette — La Revolution Francaise  (1989)Image des Années Lumières (1989)

On profite d’elle, elle le sait et cela l’exaspère, mais elle cède, comme le confirme Madame d’Adhémar :

« Mon Dieu, me disait Madame de Polignac, que j’eusse été heureuse si l’affection de la Reine avait pu se cacher sous un voile épais, si l’on eût ignoré mon ascendant sur elle ! Depuis que l’on connaît cette amitié si flatteuse pour moi, on ne me laisse plus respirer ; lorsque j’aimerais tant l’oisiveté et la paix ».

Images des Adieux à la Reine (2012) de Benoît Jacquot
 
 
Le 1er février 1780
 
Marie-Thérèse d’Autriche à sa fille Marie-Antoinette:

« On dit que la Polignac, sous le seul titre de la faveur auprès de vous, a demandé le comté de Bitche à ériger en duché. Le public était surpris d’une demande qui annonce plus d’avidité que d’attachement.
On dit qu’à cette heure que vous voulez lui faire donner encore des millions. Je ne fais point de cas de ces bruits, ne les croyant vraisemblables, mais je trouve nécessaire et utile que vous en soyez instruite, surtout dans les circonstances ou l’État a tant de charges à soutenir.
»

 
 
Le 15 février 1780
 
La réponse de Marie-Antoinette

« Je suis trop accoutumée aux inventions et exagérations de ce pays-ci pour être surprise de ce qu’on a débité sur Mme de Polignac. Il est assez ordinaire ici que le Roi contribue à la dot des personnes de la cour et de naissance qui ne sont pas riches. Le mariage de la petite Polignac est arrêté avec le comte de Gramont, qui est déjà capitaine des gardes en survivance. Sa mère a pensé au comté de Bitche, mais ce n’a été qu’un instant, et aussitôt qu’elle en a su la valeur, elle a été la première à me le dire et en a abandonné l’idée. Pour le titre de duc, c’est une pure invention. Quant à l’argent, le Roi dotera sûrement la petite fille, et on en dira peut-être plus de louis d’or qu’il n’y aura d’écus. C’est une grande joie pour moi de voir que la manière de penser du Roi m’épargne toute sollicitation pour mon amie. Il est bien persuadé de la parfaite honnêteté et de la noblesse de ses sentiments. Il sera charmé de lui faire du bien pour elle-même. Je n’en suis pas moins sensible à la marque d’amitié qu’il me donne dans cette occasion. »

Dans Lady Oscar de Jacques Demy (1978) Sue Lloyd compose une comtesse de Polignac avide de l’amitié intéressée de la Reine.
 
 
Le 5 juin 1780

Le demi-frère de Yolande, Adhémar de Polastron (1758-1821) épouse Louise d’Esparbès de Lussan (1764-1804) à Versailles.

Portraits de Denis Gabriel Adhémar de Polastron, comte de Polastron, et de son épouse Marie Louise d’Esparbès de Lussan, vicomtesse puis comtesse de Polastron, 1780 Johan Ernst Heinsius                                                                                                    Adhémar de Polastron et Louise d’Esparbès de Lussan
Lieux de tournage du film Valmont | L'église | Lieuxtournage.frImage de Valmont (1989) de Milos Forman

Le 11 juillet 1780

Sa fille, Aglaé (1768-1803) épouse, à douze ans, Antoine, duc de Gramont et de Guiche (1755-1836). Elle devient ainsi duchesse de Guiche et est surnommée « Guichette » par sa famille. Le marié se voit décerner un brevet de capitaine et un an plus tard, une propriété qui rapporte 70.000 ducats de rentes.

Résultat de recherche d'images pour "Aglaé de Polignac"Aglaé de Polignac devient Guichette
Image illustrative de l’article Antoine-Louis-Marie de GramontAntoine, duc de Gramont et de Guiche

Le 20 septembre 1780

Jules de Polignac est élevé au rang de duc héréditaire de Polignac. La comtesse de Polignac devient ainsi duchesse.

Polignac - Portraits de la duchesse de Polignac Img_1312Madame de Polignac par Louis-Auguste Brun

An engraving of the duchesse de Polignac, circa 1790. From ‘Correspondence of the Queen with Illustrious Personages,’ a pamphlet printed in 1790 denouncing Marie Antoinette, particularly her relationship with the duchesse de Polignac. [source: Ader,...

L’érection de la vicomté de Polignac en duché héréditaire n’a rien d’une faveur extraordinaire car la famille de Polignac figure parmi les plus anciennes familles nobles de la monarchie ( noblesse immémoriale).

Le 29 novembre 1780

Mort de l’Impératrice Marie-Thérèse (1717-1780) après une courte maladie.

Une mort à l’image de sa vie : un exemple de dignité et de force. Atteinte d’un “durcissement des poumons”, elle se sentait, disait-elle, “devenir intérieurement comme de la pierre”.

29 novembre 1780: Mort de Marie-Thérèse d'Autriche à 63 ans

C’est pour Marie-Antoinette “le plus affreux malheur“.

La nouvelle du décès de Marie-Thérèse n’arrive à Versailles que le 6 décembre 1780 :

La douleur de la reine fut telle qu’on devait la prévoir et la craindre. Une heure après avoir appris cet événement, elle prit le deuil de respect, en attendant que le deuil de Cour fût prêt ; elle resta enfermée dans ses cabinets pendant plusieurs jours, ne sortit que pour entendre la messe, ne vit que la famille royale et ne reçut que la princesse de Lamballe ou la duchesse de Polignac. Elle ne cessait de parler du courage, des malheurs, des succès et des pieuses vertus de sa mère.

Madame Campan
tiny-librarian:
“ During those two last days she sent everyone away as much as possible to spare them, but to Joseph she talked a great deal. Sitting up in her chair she signed many documents, wrote letters too, and made the alteration in her will...
Image du film de Sofia Coppola (2006)
Dans les Années Lumières de Robert Enrico (1988) , Claudia Cardinale incarne Madame de Polignac aux côtés de Jane Seymour qui est la Reine
Jane Seymour : de ses débuts dans James Bond à Docteur Quinn, femme  médecin… L'actrice n'a (presque) pas changé ! - Télé Loisirs
 
En février 1781
 

Lors de l’affaire des Bouches de l’Escaut, les Polignac offrent leur soutien à Vergennes contre la Reine, qui commence alors à se détacher du clan.

Le 22 octobre 1781

Naissance du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François premier Dauphin Marie-Antoinette accouche enfin d'un premier Dauphin, le 22 ...

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Le 27 décembre 1781
 

Yolande accouche à Versailles de Melchior ( qui mourra le 2 février 1855 à Fontainebleau)

Melchior de Polignac par Élisabeth Vigée Le Brun

En juin 1782

– Elle est petite et mal faite, bien qu’elle soit très- droite, mais elle marche mal et n’a aucune grâce; son visage est parfait, à l’exception de son front trop brun et dont la forme est désagréable; elle a la physionomie la plus charmante, la plus douce, la plus naïve, la plus candide; son sourire est enchanteur. Loin d’être enivrée de la place qu’elle occupe, elle conserve toute sa simplicité, les manières les plus naturelles; ses faits sont d’an calme inaltérable, le calme d’une bonne conscience qui s’allie néanmoins avec une vive sensibilité.

— Quand je suis avec elle, dit Sa Majesté, je ne
suis plus la reine; je suis moi-même.

Je restai longtemps chez elle; j’aime son esprit sans prétention. Beaucoup assurent qu’elle n’en a aucun. Il faut bien lui faire payer sa faveur par des calomnies ou des injures.

Mémoires de la baronne d’Oberkirch
Polignac - Portraits de la duchesse de Polignac - Page 5 Polign13Yolande de Polignac Au chapeau de paille par Élisabeth Vigée Le Brun (1783)

Le 24 octobre 1782

Selon l’idée du baron de Besenval, la Reine donne à Madame de Polignac la place de Gouvernante des Enfants de France en remplacement de Madame de Guéménée, victime de la faillite de son mari ( d’un passif de trente-trois millions de livres).

Aucune description disponible.La princesse de Guéménée

                                                         Paris 28 octobre 1782

Sire

Madame la Duchesse de Polignac a été nommée Gouvernante des Enfants de France. Cette dame qui a toujours avec une modération rare joui de la haute faveur où elle est a peut-être beaucoup d’envieux mais pas un ennemi. Elle prêtera dimanche serment.

Le comte de Creutz, ambassadeur de Suède à la cour de France
À la découverte de la salle du Congrès du château de Versailles - Figaro  ImmobilierLe rez-de-chaussée de l’Aile du Midi où Madame de Polignac habite à partir de 1782 quand elle devient Gouvernante des Enfants de France.

Le 24 novembre 1782

Madame de Polignac recevra-t-elle toute la France ? interroge le prince de Ligne.
— Oui, répond le chevalier de l’Isle, trois jours de la semaine : mardi, mercredi, jeudi. Pendant ces soixante-douze heures, ballet général ; entre qui veut, dîne qui veut, soupe qui veut. Il faut voir comme la racaille des courtisans y foisonne. On habite, durant ces trois jours, outre le salon, toujours comble, la serre chaude, dont on a fait une galerie, au bout de laquelle est un billard. Les quatre jours de la semaine qui ne sont point ci-dessus dénommés, la porte n’est ouverte qu’à nous autres favoris. Vous y êtes attendu.
Madame de Polignac couchera-t-elle avec Monsieur le Dauphin?
 ajoute ce polisson toujours enclin à l’égrillardise.    Il a été spécialement énoncé qu’elle couchera avec qui elle voudra. Seulement une porte de glace, pratiquée entre sa chambre et celle du dauphin, laisse voir de l’une tout ce qui se passe dans l’autre.

Hélène Becquet considère que le couple royal a su s’extraire des coteries pour désigner la gouvernante des Enfants Royaux. La Reine ayant estimé que Son amie serait sans doute la personne la plus adéquate pour tenir ce rôle car cela Lui permettrait de s’investir beaucoup plus dans l’éducation de ses enfants ce qui lui tenait à cœur. Et effectivement, il me semble que  la coterie Polignac n’a en aucune manière influencée cette initiative de la Reine mais est seulement intervenue après coup pour décider la duchesse de Polignac à accepter la charge car celle-ci, comme nous le savons, n’était pas enthousiaste à l’idée de perdre ainsi une certaine liberté .  A ce moment, le couple formé par la Reine et Son amie fonctionnait encore bien.

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De fait, le vrai problème de Madame de Polignac a été de concilier son rôle de favorite avec celui de gouvernante. Souvent auprès de la reine, elle ne pouvait être en même temps auprès des Enfants qui n’étaient pas dans la même partie du château.

Nommée Gouvernante des Enfants de France et duchesse, Madame de Polignac emménage dans le logement des Gouvernantes, au rez-de-chaussée de l’Aile du Midi, sous les appartement de Madame Elisabeth.

L’appartement de Madame de Polignac a disparu sous Louis-Philippe par la construction des salles du Musée dédiées aux aquarelles. Dans la seconde moitié du XXe siècle, des bureaux ont été créés pour les conservateurs.

Rose Byrne as the Duchesse de Polignac in Marie Antoinette (2006). | Marie  antoinette movie, Marie antoinette 2006, Marie antoinetteRose Byrne est Yolande dans le Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006)

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Que penser du Marie Antoinette de Sofia Coppola?

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Au mois de mars 1783

Le jour où le Dauphin devait être sevré, la gouvernante et la Reine étaient parties à Paris et y avaient passé la nuit. Le Roi s’en étant aperçu se met fort en colère .

Dans Jefferson à Paris de James Ivory (1995) Yolande est un rôle muet qui n’est nommée que notre Duchesse par la Reine,  interprétée par Charlotte de Turckheim; Mesmer est incarné par Daniel Mesguish
 
Ce que rapporte Bombelles :
 

Le Français peu accoutumé à ce que la Reine se sépare volontairement du Roi autant de temps, voit avec beaucoup d’humeur ces courses trop légères sous tous les rapports. Une circonstance qui s’est jointe à la convenance dont il serait que la Reine s’éloignât moins de la Cour, a rendu la chose encore plus choquante. C’est que l’on s’est cru obligé de sevrer hier Monseigneur le Dauphin, et ce même jour sa mère et sa gouvernante étaient  au bal à Paris .

Le Roi est venu voir son fils et, n’ayant trouvé près de lui que ma belle-mère ( Madame de Mackau, sous-gouvernante des Enfants de France ), après l’avoir traitée avec une bonté particulière, il a demandé en sortant de l’appartement où était Madame de Polignac.  Un valet de chambre a répondu qu’elle était à Paris. Sur quoi le Roi a marqué hautement son mécontentement et n’a pas caché qu’elle y était allée sans sa permission . Quelque bon que soit un prince, il est aussi mal que dangereux d’abuser de la douceur de son caractère.
La Reine et sa société n’ont que des intentions honnêtes, mais l’une s’appuie trop sur la solidité de son crédit, et les autres font trop de fond de leur faveur. Tandis qu’ils s’étourdissent sur ses inconvénients, ils donnent prise à leurs ennemis par de petites fautes répétées, que le courtisan malin et délaissé voit à travers le microscope et s’efforce de parvenir à le montrer sous le même aspect à un maître fait pour être heureux, fait pour être aimé et auquel ( en l’abandonnant trop souvent à la solitude de son palais ) on semble dire : ” Portez seul le poids du gouvernement et laissez-nous jouir de tous ses agréments . “

( Journal de Bombelles )

En octobre 1783

Vaudreuil, avec le soutien de Yolande de Polignac, assaille Marie-Antoinette pour obtenir la nomination de Charles-Alexandre de Calonne (1734-1802) au contrôle général des finances.

Fichier:Charles-Alexandre de Calonne - Vigée-Lebrun 1784.jpg — WikipédiaCharles-Alexandre de Calonne par Elisabeth Vigée Le Brun

Dès lors la relation entre la Reine et Son amie se détériore car Marie-Antoinette se rend compte des manœuvres politiques que leur lien Lui fait faire… Elle déteste Calonne qu’Elle trouve intrigant.

Le 3 novembre 1783

Calonne est nommé contrôleur général des finances, contre la pression des milieux financiers.

« Nous nous sommes rendus chez madame la duchesse de Polignac ; reçus extrêmement aimablement et poliment alors qu’elle était à sa toilette, telle une Vénus en mousseline blanche entourée de cinq dames, toutes vêtues de blanc, qui l’aidaient à se préparer, cette femme est des plus gracieusement aimable.»

Un américain introduit chez Madame de Polignac en 1785

Secondée par une équipe de sous-gouvernantes, Yolande est responsable de la santé et de l’éducation des jeunes princes et veille sur eux comme s’ils étaient ses enfants. Madame Royale est une enfant difficile et la duchesse lutte avec peine contre ses caprices. Louis-Joseph est un bébé, avec les réveils nocturnes que cela implique. En outre, Yolande a un devoir de représentation lié à sa fonction, puisqu’elle est présente lors des visites faites au Dauphin et à sa sœur. Elle reçoit d’ailleurs les visites avec ses propres enfants sur les genoux !

Du mardi au jeudi

Ce sont les visites officielles, la Cour et les ambassadeurs se pressent chez l’héritier du trône.

Du vendredi au lundi

Ce sont les visites des intimes. Le rythme de vie de la duchesse l’épuise. De constitution fragile, elle voit sa santé diminuer. Celle du Dauphin également, ce qui ne manque pas de l’alarmer. Elle se consacre presque entièrement à Louis-Joseph, qu’elle entoure de tendres soins.

Le 27 mars 1785

A sept heures et demi du matin,  naissance de Louis-Charles, duc de Normandie, Dauphin en 1789 et déclaré Roi de France en 1793 par les princes émigrés sous le nom de Louis XVII.

Louis-Charles, duc de Normandie par Élisabeth Vigée Le Brun
Aucune description disponible.Yolande, ses deux fils, Armand et Melchior, et Louise de Polastron … d’après Elisabeth Vigée Le Brun

Le comte de La Marck à propos de Madame de Polignac:

« M. et Mme de Polignac ne se montrèrent jamais soigneux de réunir chez eux les personnes qu’il aurait le mieux convenu à la Reine d’y rencontrer : elle en était souvent peinée.
Le comte de Mercy, qui connaissait ces particularités de l’intérieur Polignac, s’y montrait rarement et seulement ce qu’il fallait pour ne pas trop remarquer son éloignement.
Le comte de Fersen, certainement inspiré par la Reine, se refusa toujours à entrer dans cette intimité quoiqu’on lui eût fait toutes les avances pour l’y attirer.
Enfin, quatre ans avant la révolution, c’est-à-dire en 1785, les choses en étaient venues au point que la Reine, avant de sortir de chez elle pour aller chez Mme de Polignac, envoyait toujours s’informer par un de ses valets de chambre des noms des personnes qui s’y trouvaient, et s’abstenait souvent, d’après la réponse.
La Reine se hasarda une fois à exprimer à Mme de Polignac la déplaisance que lui inspiraient plusieurs des personnes qu’elle rencontrait chez elle. Mme de Polignac, soumise à ceux qui la dominaient, et, malgré sa douceur habituelle, n’eut pas honte de répondre à la Reine :

« Je pense que, parce que votre Majesté veut bien venir dans mon salon, ce n’est pas une raison pour qu’elle prétende en exclure mes amis. »

Madame de Polignac par Élisabeth Vigée Le Brun (1793)

Elle donne beaucoup de son temps pour aider et satisfaire la Reine. Rappelons nous ce qu’en dit Vaudreuil:

“Son temps, sa santé prodigués aux soins pénibles de l’éducation des trois enfants du Roi, le sacrifice entier de sa paresse naturelle, de tous ses goûts, de sa sauvagerie, le mérite de n’avoir jamais nui à personne, d’avoir rendu de grands services à des ingrats,…..

ou encore:

“Je vois clairement mes amis dépouillés, et quinze ans des plus belles années de la vie de Madame de Polignac, employés à faire les honneurs de Versailles à la ville, à la Cour et aux étrangers; l”obligation de tenir, par la volonté de ses souverains, auberge royale. “

      Virginie Ledoyen est Madame de Polignac dans Les Adieux à la Reine de Benoît Jacquot (2012)Extremely Salty About Ancient Dead Kings — Five different actresses who  have played the...

De l’esclavage dans une cage dorée…

La forte position de Yolande rend son clan tout puissant. De par sa place, elle est à même de continuer à aider ses amis, toujours avec des rentes, des places et même celle de Premier Écuyer du comte d’Artois pour l’oncle de son mari, lui permettant ainsi de gérer rien de moins que le château de Chambord transformé en haras !

Le 15 août 1785

Alors que le cardinal de Rohan — qui est grand-aumônier de France — s’apprête à célébrer en grande pompe la messe de l’Assomption dans la chapelle du château de Versailles, il est convoqué dans les appartements du Roi en présence de la Reine, du garde des sceaux Miromesnil et du ministre de la Maison du Roi, Breteuil.

Louis-Auguste de Breteuil ( 1730 – 1807),ministre de la Maison du Roi

Il se voit sommé d’expliquer le dossier constitué contre lui. Le prélat comprend qu’il a été berné depuis le début par la comtesse de La Motte. Il envoie chercher les lettres de la « Reine ». Le Roi réagit :

« Comment un prince de la maison de Rohan, grand-aumônier de France, a-t-il pu croire un instant à des lettres signées Marie-Antoinette de France ! ».

La Reine ajoute :

« Et comment avez-vous pu croire que moi, qui ne vous ai pas adressé la parole depuis quinze ans, j’aurais pu m’adresser à vous pour une affaire de cette nature ? ».

Le cardinal tente de s’expliquer.

Si Versailles m'était conté (Lana Marconi), réalisé par Sacha Guitry en 1953Lana Marconi est la Reine dans Si Versailles m’était conté de Sacha Guitry (1953)

« Mon cousin, je vous préviens que vous allez être arrêté», lui dit le Roi.

En 1786

Lorsqu’il rentre dans sa septième année, le Dauphin Louis-Joseph “passe aux hommes” pour recevoir une éducation de futur souverain dans laquelle il met toute son application malgré ses douleurs physique. C’est avec un pincement au cœur que Yolande remet le Dauphin malade, âgé de six ans, entre les mains de son précepteur, le duc d’Harcourt. Opposé à la duchesse de Polignac, il va influencer son pupille afin de le retourner contre sa gouvernante, provoquant une peine infinie à Yolande.

Louis-Joseph par Elisabeth Vigée Le Brun

Le 9 juillet 1786

Marie-Antoinette met au monde Son dernier enfant, une petite fille qui reçoit les prénoms de Marie-Sophie-Hélène-Béatrix, couramment appelée Sophie-Béatrix ou la Petite Madame Sophie.

Madame Sophie par Elisabeth Vigée Le Brun

La reine avait l’habitude de venir après le dîner chez Madame la duchesse de Polignac ou, plus précisément, de Monsieur le Dauphin, dont elle était gouvernante. Un jour, elle a fait apporter un petit dessin à l’aquarelle qu’elle avait fait dans le parc de Trianon. Il a laissé ce dessin sur une table dans sa boîte à couleurs et est allé jouer au tric-trac avec la princesse de Lamballe et le baron de Vioménil. J’ai profité de ce moment pour prendre la boîte de couleurs et je suis allé dans le cabinet de Madame de Polignac. C’est là que je me suis précipité d’ajouter au dessin une petite scène à laquelle j’avais assisté au même endroit. Quelques jours plus tôt, la reine est allée se promener à Trianon pour voir le travail qu’elle avait commandé là-bas. Elle se trouva à côté d’un petit travailleur qui transportait de l’herbe dans une brouette ; elle a dit qu’elle voulait se vanter d’avoir travaillé dans son jardin ; elle a pris la brouette des mains de ce jeune homme et commença à la pousser. Elle n’avait pas prêté attention au fait que le sol était incliné, afin que la brouette la traîne la traîne le plus vite qu’elle ne le souhaitait, la reine l’a laissé tomber en riant. Nous étions différents derrière elle et on a tout de suite remarqué. Le duc de Villequier est arrivé en premier et lui a dit très sérieusement qu’on craignait qu’elle tombe, ce qui a augmenté les rires de la reine.

Puisque le dessin représentait la vue de cette pente, j’ai rapidement peint la scène où la reine laissait partir la brouette en riant et où le duc de Villequier lui parlait. Le duc était facile à reconnaître, petit, avec des épaules larges et un cou court. À son tour, il était encore plus étonnant en ressemblance car les autres personnages étaient de petites figures de six à sept lignes. Ce travail ne m’a pris que deux heures. Après le tric-trac, la reine a joué au billard dans une galerie voisine. J ‘ ai remis le dessin dans la boîte sans que personne ne le remarque, et Madame de Polignac l’a fait ramener à la reine.

Le lendemain matin, Madame de Polignac m’a envoyé un valet à Paris pour me dire de venir à Versailles avant h. C’était vraiment un rendez-vous. ” Mon cousin “, m’a-t-elle dit très sérieusement, ” la reine est furieuse contre vous de vous être permis d’ajouter des figures à son dessin. Elle m’a demandé de vous en témoigner et de vous empêcher d’apparaître devant elle. Donc vous ne pourrez plus venir chez moi à l’heure où elle viendra “-

” Ce n’est pas possible, ai-je répondu, selon ma connaissance du caractère de la reine. Je crois, au contraire, qu’elle aurait été très heureuse de voir représenté sur son dessin l’événement de la brouette qui l’avait tant fait rire ; en outre, personne sauf elle, vous et moi, ne peut savoir qu’elle-même n’a pas peint cette petite aventure. Elle peut être sûre de ma discrétion. “” Vous avez raison “, répondit Madame de Polignac ; hier soir, la reine m’a envoyé chercher et m’a montré son dessin, qui n’avait pas ces figures quand elle l’a ramené chez moi. Comme elle avait interrogé ses femmes et que personne ne pouvait lui dire qui avait touché ce dessin, il m’a demandé si, parmi ma compagnie d’hier, je ne soupçonnais pas quelqu’un qui aurait pu faire ces figures. J ‘ ai tout de suite pensé à vous et pendant que j’hésitais à vous nommer, la reine m’a dit gentiment : ” Mais alors parlez ; Je ne suis pas en colère ; Je trouve que l’espace qui est resté libre sur mon dessin son état merveilleusement rempli, et j’ai reconnu le duc de Villequier avec son expression et Madame la comtesse Diane. “” Eh bien, Madame, je vais avouer à Votre Majesté que je crois que le coupable est un de mes cousins, le comte de Paroy, qui est peintre ; je ne peux que suspecter de lui. “-” Je vous charge de lui faire savoir ; et de lui faire croire que je suis très en colère. Vous allez le reprocher à voix haute, mais que je trouve finalement qu’il a bien fait et je l’ai vu avec plaisir. Je ne veux pas qu’il en parle, dites-lui. Alors cousin, je vous préviens de tout ça. Je vous ai fait essayer de bonne heure pour vous en informer ; restez déjeuner avec moi ; je suis sûre que la reine ne tardera pas à arriver, mais n’ayez pas l’air de savoir qu’elle n’est pas en colère. Vers midi, la reine est entrée chez Madame de Polignac, alors qu’elle écrivait, je regardais un grand livre d’impression représentant les vues de la Suisse. Je me suis levé et je suis allé dans le compartiment d’une fenêtre ; la reine, en passant devant moi, m’a jeté un regard sévère et se dirigé directement vers Madame de Polignac, à qui elle demanda s’il m’avait parlé : Oui, dit ; sa réponse est qu’elle ne Il a pensé qu’il pouvait manquer à Votre Majesté. “- Oh ! J ‘ y crois que la reine a continué, appelez-le. “- Mme de Polignac m’a fait signe de m’approcher ; j’obéis, respectueusement et avec enthousiasme. ” Dessinez très bien ” dit la reine en souriant ; vous me l’avez prouvé hier sur mon petit dessin “. ” Madame “, répondis-je, ” J ‘ ai été témoin de la scène que j’ai tracée là-bas et qui a tellement fait rire Votre Majesté ; je pensais qu’elle ne serait pas déçu de revoir le souvenir dessiné au même endroit que c’était arrivé.

” Mme de Polignac vous a crié, n’est-ce pas ?” Elle a suivi les ordres de Votre Majesté, mais j’avais confiance en sa gentillesse en reconnaissant que mon intention était de faire quelque chose qui lui ferait plaisir. “-” Vous avez eu une bonne idée ; j’enverrai ce dessin à Bruxelles à ma sœur ; je suis sûre qu’elle va aimer.”

Mémoires du comte de Paroy

Secrets d'histoire spécial proches de Marie-Antoinette Zzzz224

En avril 1787

Le duc et la duchesse de Polignac (1749-1793) et le comte de Vaudreuil passent deux mois en Angleterre dont six semaines à Bath. Ils semblent également missionnés d’aller trouver Madame de La Motte à Londres pour calmer les bruits qu’elle y fait courir contre Marie-Antoinette. Il est faux que Madame de La Motte ait en son pouvoir des lettres qui puissent compromettre la Reine, “mais toute calomnie répandue contre (Elle) exerce sur les esprits prévenus plus d’empire que la vérité“.

En avril 1787

La chute de Calonne fait l’objet d’une lutte acharnée entre Vaudreuil et Polignac qui font leur possible pour maintenir le ministre, complaisant pour leurs dettes colossales et la Reine qui fait le siège de Son mari afin d’obtenir la tête du contrôleur général.

l'Été de la Révolution, par Lazare Iglesis avec Brigitte Fossey (1989)Yolande Folliot est Yolande de Polignac dans L’été de la Révolution  de  Lazare Iglesis (1989)Aucune description disponible.Aucune description disponible.Brigitte Fossey

Le 19 juin 1787

La petite Sophie décède sans doute atteinte d’une tuberculose pulmonaire. La cause de son trépas est un peu mystérieuse mais il semble s’agir d’une grave infection pulmonaire.

Sophie Beatrice of France.jpg

Cette alerte provoque le retour précipité des Polignac à Versailles.

polignac - La duchesse Jules de Polignac - Page 15 Duches17 La Duchesse debout auprès d’un piano-forte par Élisabeth Vigée Le Brun (1787)

A leur retour, les Polignac trouvent leur appartement repeint et meublé à neuf par les soins de la Reine.

Canapé de style Louis XVI, recouvert de tapisserie d’Aubusson (représentant les fables de La Fontaine et d’autres scènes pastorales) réalisé par Henri Jacob et ayant appartenu à Yolande de Polignac.

Cet appartement est , à l’origine, celui de la Dauphine. L’objectif est de faire un appartement unique pour le Dauphin et Madame Royale avec des salles d’études, un dortoir unique, etc..Le plan montre l’appartement en 1786 où celui-ci avait encore la forme de celui que nous connaissons aujourd’hui : Madame Royale occupe l’appartement le long de la façade sud et le Dauphin, l’angle du bâtiment.

Portraits de la reine Marie-Antoinette à Trianon  - Page 2 10968410La duchesse de Polignac ( Claudia Cardinale) et Marie-Antoinette (Jane Seymour) au hameau de Trianon dans Les Années Lumières (1989) de Robert Enrico

Le 27 décembre 1787

Axel de Fersen écrit à Gustave III :

Madame de Polignac se soutient toujours elle est toujours aussi bien qu’elle était, mais depuis le départ de M. Calonne les individus de sa société ne sont plus rien et n’ont aucun crédit. La Reine est assez généralement détestée, on lui attribue tout le mal qui se fait et on ne lui sait pas gré du bien.
Le choix de M. Necker serait fort bon et l’Archevêque se serait fait beaucoup d’honneur s’il l’avait appelé quand il a été fait ministre principal. On a une grande idée, et avec raison, de l’honnêteté et des talents de cet homme… Le Roi est toujours faible et méfiant, il n’a de confiance qu’en la Reine, aussi il paraît que c’est elle qui fait tout, les ministres y vont beaucoup et l’informent de toutes les affaires, on a beaucoup dit dans le public que le Roi commençait à boire que la Reine entretenait cette passion et profitait de son état pour lui faire signer tout ce qu’elle voulait, rien n’est plus faux il n’a pas le penchant pour la boisson et dans la supposition qu’on fait ce serait un vice trop dangereux pour les suites qu’il, pourrait avoir, car une autre pourrait surprendre au Roi une signature aussi bien que la Reine.
Depuis que l’anglomanie s’est glissée dans tous les esprits, Versailles a été plus désert qu’a 1 ‘ordinaire, pour y ramener du monde on dit, qu’il va y avoir des soupers trois fois par semaine chez la Reine, on doit s’assembler à 9’h. jusqu’à 11h. Je crois que cela n’est pas encore décidé, il y a jeu les samedis et dimanches.

7 idées de Madame de polignac | marie antoinette, reine marie, marieMadame de Polignac par Élisabeth Vigée Le Brun ( 1787)

En mai 1789

Jeanne de La Motte, qui avait été payée ( par les Polignac? ) pour ne pas écrire ses “souvenirs” publie ses mémoires complétés par la prétendue correspondance échangée entre la Reine et le cardinal…

Le 5 mai 1789

Ce doit être Madame de Polignac qui est ici représentée aux côtés du Dauphin regardant passer la procession des Etats Généraux.

Aucune description disponible.

Le 4 juin 1789

Mort du Dauphin, Louis-Joseph-Xavier-François, à Meudon.

04 juin 1789: Mort du Dauphin Louis Joseph Xavier - Le blog de Louis XVIMort du Dauphin dans les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Le 7 juin 1789

Aglaé de Guiche (1768-1803) accouche d’un garçon, Antoine IX Héraclius Agénor de Gramont, duc de Guiche (1789-1855).

Le Roi et la Reine se retirent à Marly pour le pleurer. Il est enterré avec un cérémonial réduit à Saint-Denis compte tenu le contexte économique difficile.

Un mois après la mort du Dauphin Louis-Joseph

Le duc d’Harcourt, la duchesse et leurs petites filles s’étant retirés, les appartements sont occupés par Louis Charles duc de Normandie, devenu Dauphin à l’âge de quatre ans, et par sa sœur aînée Madame Royale, accompagnés de leur gouvernante et de son mari, la duchesse et le duc de Polignac.

Selon les ordres donnés à Monsieur Loiseleur par la gouvernante dans les premiers jours de juillet, il faut procéder à de petits travaux consistant “dans quelques changements de cloisons légères pour distribuer convenablement au service de Madame fille du Roi“.

Selon la volonté de Madame de Polignac et de la Reine Elle-même, les travaux devaient commencer dès le lundi 6 juillet 1789, malgré la présence du prince et de la princesse.

La nouvelle organisation que Madame de Polignac entendait mettre en place consistait à muer l’ancien appartement du Dauphin en un “Appartement des Enfants de France“, commun au Dauphin et à sa sœur.

Ainsi, après la Salle des Gardes et les deux Antichambres, laissant sur la droite le service de Madame Royale, on trouverait sur la gauche trois chambres communicantes : la première pour Madame Royale dans l’ancienne chambre à coucher du Dauphin, la deuxième pour le Dauphin Louis-Charles dans le Cabinet d’angle, et la troisième pour la gouvernante dans l’ancienne bibliothèque.

A la suite, l’ancien appartement du duc d’Harcourt serait devenu celui de Monsieur de Polignac, et celui de la duchesse d’Harcourt serait repris par la duchesse de Polignac pour y établir ses pièces de représentation, y compris la salle à manger dont elle demandait le rétrécissement.

Aucune description de photo disponible.Plan du rez-de-chaussée du Corps Central le 6 juillet 1789 :
– Appartement des Enfants de France :
R1 : Salle des Gardes, R2 : Antichambre, R3 : Pièce des Nobles, R7 : Chambre à coucher de Madame Royale, R8 : Chambre à coucher du Dauphin, R9 : Chambre de veille de la duchesse de Polignac, R11 : escalier pour monter chez la Reine, R12 : garde-robe,            R13 : bains.
– Service de Madame Royale : R4 et S2 à S3.
– Appartement du duc de Polignac :
Q15 : passage, Q15BIS : pièce du suisse, Q11 : première antichambre, Q12 : valet de chambre, Q10:
seconde antichambre, Q7BIS : salon, Q8 : chambre à coucher, Q9 : cabinet particulier,  R10 : garde-robe à l’anglaise.
– Appartement de la duchesse de Polignac :
Q1 : entrée, Q1BIS : pièce du suisse, Q4 : réchauffoir, Q2 : antichambre, Q3 et Q3TER : service, Q5 : salle à manger, Q6 : salon de compagnie, Q6BIS : chambre à coucher,            Q7 : cabinet particulier, Q14 : bains.

Les démontages préliminaires commencent le 6 juillet 1789 dans la bibliothèque destinée à devenir chambre de la gouvernante, et dans la chambre contiguë attribuée à Monsieur de Polignac. La dépose des glaces se poursuit le lendemain dans l’ancien appartement de M. de Bourcet, ainsi que dans l’ancienne pièce de retraite des sous-gouverneurs. Madame de Polignac ne devait pas voir l’achèvement de ces travaux…

mais …

Le 14 juillet 1789

Le peuple prend la Bastille.

Comment la prise de la Bastille est-elle racontée par Jules Michelet ? – Un  Texte Un Jour

Le 15 juillet 1789

On met le Roi au courant.

Le 16 juillet 1789

Louis XVI se rend à l’assemblée, en compagnie de ses deux frères. Il revient au château à pied, entouré des députés et du peuple qui l’accompagnent jusque dans la Cour de Marbre.

Le Roi, la Reine, la Famille Royale paraissent au balcon, mais sans madame de Polignac, à qui on a demandé de ne pas se montrer. cette dernière aurait dit à madame Campan :

Ah ! Madame! quel coup je reçois

Aucune description disponible.L’absence de la duchesse avait été remarquée.

Ah dit une femme désappointée, la duchesse n’est pas avec elle !
– Non, répondit un homme, mais elle est encore à Versailles ; elle est comme les taupes ! Elle travaille en dessous, mais nous saurons piocher pour la déterrer !

Madame Campan avait entendu ce discours et, affolée, l’avait rapporté à Marie Antoinette. Depuis la matinée, on avait rapporté à la souveraine nombre d’avertissements du même genre. Cette dernière s’était donc résolue à demander à son amie bien aimée de quitter Versailles et la France pour se mettre à l’abri.
A minuit, Madame de Polignac et sa famille montent en carrosse pour s’enfuir. On apporte à la duchesse un billet de la Reine:

“Adieu la plus tendre des amies, le mot est affreux ; voilà l’ordre pour les chevaux. Adieux. Je n’ai que la force de vous embrasser.

A note written by Marie Antoinette to the duchesse de Polignac and given to her the night of July 16-17, when the Polignacs–along with many publicly hated members of the court–fled France after the fall of the Bastille.
The note, translated,...

Départ des Polignac dans Les Années Lumières (1989)

Madame de Polignac quitte Versailles et la France parce que c’est que le Roi le lui ordonne. Et en s’éloignant de Marie-Antoinette qui lui donne une bourse de 500 louis, elle croit sincèrement que les esprits échauffés contre la Reine vont se calmer.
Par ailleurs, elle n’a pas le choix, son mari et sa belle-sœur décident (toujours) pour elle, en l’occurrence il s’agit de sauver sa tête mise à prix .
Et puis, et ce n’est pas la moindre des raisons : Madame de Polignac est mère. Elle se doit à ses enfants. Jules et Melchior sont encore très jeunes et à sa charge .

Aucune description disponible.Yolande Folliot / de Polignac quittant Versailles
Jane Seymour est Marie-Antoinette dans Les Années Lumière (1989)

Aucune description disponible.

Le 17 juillet 1789

Enfin les Polignac, quittant Versailles, s’imaginent s’éloigner quelques mois, puis rentrer paisiblement une fois le calme revenu .
Ils n’imaginent pas qu’ils partent pour toujours ! Du reste n’emportent-ils rien, ou pas grand-chose . Le duc de Polignac est muni de faux papiers, d’un passeport signé par la main du Roi. Il a pris le nom d’un négociant de Bâle. Auprès de lui, torturée de chagrin, Yolande veille sur Guichette et son fils Héraclius, qui a un mois. La comtesse Diane et l’abbé Balivière les accompagnent.

Les Adieux à la Reine, avec Diane Kruger (Benoît Jacquot) Zcornu10L’abbé Cornu de la Balivière est interprété par Aladin Reibel dans Les Adieux à la Reine (2012) de Benoît Jacquot

Armand et Melchior partent de leur côté. Yolande tremble d’être reconnue et redoute pour la vie de ses fils.

polignac - Portraits de la duchesse de Polignac - Page 4 Yoland10Yolande duchesse de Polignac par Elisabeth Vigée Le Brun ; Pastel sur papier

Le départ de Madame de Polignac ne se fait pas sans danger. A chaque étape, la voiture est fouillée. On la cherche partout. A Sens, le postillon de la voiture la reconnaît mais garde pour lui cette découverte, lui sauvant probablement la vie. C’est au poste suivant qu’il lui déclare :
Madame de Polignac, il y a des gens honnêtes en ce monde. je vous ai tous reconnus à Sens “.

La duchesse Jules de Polignac - Page 16 Capt1602“La noblesse tirée d’embarras par le Clergé”

A Sens, lors d’un relais de poste, on a failli reconnaître la favorite de la Reine. Le héros de cette aventure est le jeune abbé Cornu de la Balivière, aumônier ordinaire du Roi, qui l’accompagne et qui déclare :

” Toute la canaille des Polignac a pris la fuite et Monsieur Necker , le brave Genevois, va rentrer dans le ministère.” 

Et la foule qui entourait la berline des fuyards, rassérénée, laisse partir Yolande qu’elle n’a finalement pas reconnue.

Les Polignac quittent la France

Le 21 juillet 1789

Ils arrivent , au soir, en Suisse et vont s’installer à Bâle chez le chevalier de Roll, cousin de Besenval. Une fois à Bâle, les Polignac respirent. Ils restent sur place durant dix jours au terme desquels Melchior, Jules puis Vaudreuil les rejoignent. Celui-ci jure de ne plus se séparer de Yolande, dont la santé est chancelante.

Le 24 juillet 1789

Madame de Polignac est remplacée par la marquise de Tourzel (1749-1832), veuve du Grand Prévôt de France.

Celle-ci, ayant reçu les consignes et les conseils de la Reine le 24 juillet, entre en fonctions le 26 juillet 1789. Elle s’installe presque aussitôt, avec sa fille cadette Pauline, près des Enfants Royaux, mais selon une organisation toute différente de celle qui avait été arrangée par Madame de Polignac.

Cette fois, la notion d’un “Appartement des Enfants de France” étant exclue, le Dauphin Louis-Charles dispose de tout l’appartement de son défunt frère Louis-Joseph (excepté la bibliothèque), et sa sœur Madame Royale de celui de la Duchesse d’Harcourt (hormis le cabinet particulier sur parterre, la pièce des bains et les entresols sur cours).

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

4 août 1789 : abolition des privilèges et droits féodaux | RetroNews - Le  site de presse de la BnFLa Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Le 14 août 1789

Les Polignac retrouvent Vaudreuil et le comte dArtois en arrivant à Bâle.  Joseph les emmènera à Rome chez le cardinal de Bernis.

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 — Wikipédia

Fin septembre 1789

Au bout de deux mois passés en Suisse, l’équipée Polignac se rend en Italie, à Turin. Mais le Roi de Sardaigne, beau-père du comte d’Artois, ne souffre pas la présence de Yolande dans sa capitale. Jules opte alors pour Rome, espérant que la ville plaira à son épouse et que le climat l’aidera à aller mieux. Le voyage est pénible et la duchesse dépérit.

Le 5 octobre 1789

Des femmes du peuple venues de Paris marchent sur Versailles pour demander du pain.

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

La famille royale se replie dans le château…

Le 6 octobre 1789

Vers cinq heures du matin, les appartements privés sont envahis. La Reine s’échappe en jupon par une porte dérobée. Plus tard, Sa présence est réclamée par la foule. Elle va au-devant du peuple, courageuse, au mépris de Sa vie.

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La famille royale est ramenée de force à Paris.

Elle s’installe aux Tuileries et un semblant de vie de Cour se met en place.

Aucune description disponible.

Madame de Polignac et la Reine continuent de s’envoyer jusqu’en 1792 des lettres, écrites à la hâte, avec les moyens du bord ; lettres qui traversaient les montagnes, les plaines et les chemins boueux, afin de donner un signe de vie, de partager ses peines, comme le prouve cet extrait d’une lettre de la Reine à la duchesse de Polignac :

Le 7 janvier 1790 :

« Je ne peux résister au désir de vous embrasser, mon cher  cœur, mais ce sera en courant, car l’occasion qui se présente est subite, mais elle est sûre, et elle jettera ce mot dans un gros paquet qui est pour vous.   Nous sommes surveillés comme des criminels, et en vérité, cette contrainte est horrible à supporter.   Avoir sans cesse à craindre pour les siens, ne pas s’approcher d’une fenêtre sans être abreuvée d’insultes, ne pouvoir conduire à l’air de pauvres enfants sans exposer ces chers innocents aux vociférations, quelle position, mon cher cœur ! (…) »

Le profil de la duchesse de Polignac par Elisabeth Vigée-Lebrun Zmac15La duchesse de Polignac, par Madame Vigée Le Brun, pierre noire et craie blanche.

Mardi 9 février 1790

Louis XVI écrit à la duchesse de Polignac, sous le nom de Madame Erlinger. Il lui donne des nouvelles de Marie Antoinette qui a une entorse et sur ses enfants.

Ceci m’a été raconté en 1790 par la Reine Elle-même, qui ajouta :

« Je n’en veux pas pour cela à Mme de Polignac ; dans le fond, elle est bonne et elle m’aime ; mais ses alentours l’avaient subjuguée. »
La Reine, n’ayant rien obtenu de ce côté, s’éloigna insensiblement du salon de Mme de Polignac et prit l’habitude d’aller souvent et familièrement chez Mme la Comtesse d’Ossun, sa dame d’atours, dont le logement était très près de l’appartement de la Reine : elle y venait dîner avec quatre ou cinq personnes ; elle y arrangeait de petits concerts, dans lesquels elle chantait ; enfin elle montrait là plus d’aisance et de gaîté qu’elle n’en avait jamais laissé apercevoir chez Mme de Polignac. »

Le comte de La Marck
Extremely Salty About Ancient Dead Kings — Five different actresses who  have played the...          Violaine Küss est la duchesse de Polignac dans la pièce de Robert Hossein                     Je m’appelais Marie-Antoinette (1993)
Pin on 18th Century Cinema

Le 14 juillet 1790

 Fête de la Fédération.

Jean-François Balmer et Jane Seymour dans Les Années Lumières de Robert Enrico (1989)

Devenus indésirables à Rome, les Polignac partent pour Venise. Bien que le climat ne convienne pas à la duchesse, elle aime cette ville où elle vit une période relativement heureuse.

Le pont des soupirs par Gustave Doré | Blog di LuxeaveniseVenise par Gustave Doré (1832-1883)

Madame de Polignac et sa famille errent de pays en pays, en Suisse, En Italie, à Rome, à Venise, puis aboutissent à Vienne en 1791.

Maison de Venise où a vécu la Famille Polignac pendant son exil

Le 6 septembre 1790

A Carpanedo, la duchesse marie son fils Armand à Idalie de Nyvenheim, qui s’acclimate très bien au clan Polignac..

L’évêque de Trévise étant arrivé, ainsi que les ambassadeurs d’Espagne, de Vienne, et le ministre de Sardaigne, j’ai donné le bas à Mlle de Nyvenheim pour la conduire à la chapelle . Mes gens, en grande livrée, me précédaient et suivaient Mme de Bombelles à laquelle le comte Armand de Polignac donnait la main. Venaient ensuite la duchesse de Polignac, la comtesse Diane, la duchesse de Guiche, Madame de Polastron.
La chapelle décemment ornée renfermait beaucoup de monde. Une bonne musique s’est fait entendre . L’évêque a confirmé Mlle de Nyvenheim , les deux enfants du duc de Polignac, son petit frère ( fils du dernier mariage du vicomte de Polignac ) et Edmond de Villeront dont le duc de Polignac prend soin . Ce sacrement étant conféré, les deux futurs époux ont reçu celui du mariage, et la messe, dite par l’évêque, a été solennisée par son clergé, la musique, et l’assistance des personnes ci-dessus nommées …

Marc de Bombelles
Banquet du mariage d’Armand de Polignac par Francesco Guardi

Le 12 mai 1791

Louis XVI écrit à la duchesse de Polignac qui est à Venise. Ces mots peignent la situation politique :

« Les amis sont fous et imbéciles, et font toutes sortes de sottises, et les ennemis deviennent tous les jours de plus en plus méchants. »

Le 20 juin 1791

Évasion de la famille royale.

La fuite à Montmédy et l'arrestation à Varennes Louis_55

Aucune description disponible.

Le 21 juin 1791

La famille royale est reconnue et arrêtée à Varennes.

akg-images - Arrestation de Louis XVI.

Le 25 juin 1791

 La famille royale rentre à Paris sous escorte.

Le Roi est suspendu.

En juillet 1791

Les Polignac se réfugient à Vienne. Yolande n’en est pas ravie, d’autant que le climat est froid et humide. Artois et Vaudreuil organisent maladroitement une contre-révolution et sont en lien avec l’Empereur, frère de la Reine. Quand eux et les Jules comprennent qu’il ne fera rien pour aider sa sœur, puis que son fils l’imitera, ils sont effondrés.

Le 14 septembre 1791

Le Roi prête serment à la Constitution.

Louis XVI en roi citoyen | Histoire et analyse d'images et oeuvresLouis XVI, roi de France en roi citoyen (1791), par Jean-Baptiste-François Carteaux (1751 – 1813)

Le 20 juin 1792

Escalier monumental des Tuileries (avant sa destruction)

La foule envahit les Tuileries pour faire lever le veto.

““I am the queen.” A depiction of assault on the Tuileries of June 20th, 1792; several people in the mob allegedly believed Madame Elisabeth to be Marie Antoinette and Elisabeth, to protect the queen, stepped forward and attempted to stop a man from...Le dévouement de Madame Élisabeth, prise par la foule pour la Reine, elle ne les détrompe pas pour donner à sa belle-sœur la possibilité de se réfugier et de sauver Sa vie.

Le Roi refuse.

Le 10 août 1792

Les Tuileries sont envahies par la foule. On craint pour la vie de la Reine. Le Roi décide de gagner l’Assemblée nationale.

Image du film Un Roi et son peuple

Le 10 août 1792, le dernier acte de Louis XVI, Roi des Français, est l’ordre donné aux Suisses “de déposer à l’instant leurs armes“.

Journée du 10 août 1792 — Wikipédia

La position de la Garde devient de plus en plus difficile à tenir, leurs munitions diminuant tandis que les pertes augmentent. La note du Roi est alors exécutée et l’on ordonne aux défenseurs de se désengager. Le Roi sacrifie les Suisses en leur ordonnant de rendre les armes en plein combat.

Image du film “Un Roi et son peuple”.

Des 950 Gardes suisses présents aux Tuileries, environ 300 sont tués au combat ou massacrés en tentant de se rendre aux attaquants après avoir reçu l’ordre du Roi de rendre les armes en plein combat.

Image du film Un Roi et son peuple

Le 13 août 1792

La famille royale est transférée au Temple après avoir été logée temporairement aux Feuillants dans des conditions difficiles. Quatre pièces du couvent leur avaient été assignées pendant trois jours.

Le 3 septembre 1792

Assassinat de la princesse de Lamballe (1749-1792) dont la tête, fichée sur une pique, est promenée sous les fenêtres de Marie-Antoinette au Temple… Yolande ne peut que s’imaginer à la place de la pauvre princesse si elle était restée en France….

Les débuts de la Terreur (avec images) | Histoire de la peinture ...Massacre de la princesse de Lamballe

Massacres dans les prisons.

Le 20 septembre 1792

Victoire de Valmy, considérée comme l’acte de naissance de la République.

Le 21 septembre 1792

Abolition de la royauté.

Le 3 décembre 1792

Pétion (1756-1794) renforce la décision de faire juger Louis XVI par la Convention.

Le 11 décembre 1792

Louis XVI comparaît devant la Convention pour la première fois. Il est autorisé à choisir un avocat. Il demandera l’aide de Tronchet, de De Sèze et de Target. Celui-ci refuse. Monsieur de Malesherbes (1721-1794) se porte volontaire.

Le 26 décembre 1792

Seconde comparution de Louis XVI devant la Convention.

Le lundi 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI

Louis XVI et l'Abbé Edgeworth au pied de l'échafaud le 21 Janvier 1793 /  Auteur : Charles Benazech en 1793. | Art historique, Louis xvi, Révolution  française

Le 3 juillet 1793 à dix heures du soir

Louis-Charles, Louis XVII, est enlevé à sa mère et confié au cordonnier Antoine Simon (1736-1794).

Exposition "Heurs et malheurs de Louis XVII", musée de la … | Flickr

Pendant une heure, la Reine lutte pour convaincre les cinq municipaux de Lui laisser Son fils… en vain…

tiny-librarian:
“   But very soon a fresh blow was struck at the hapless queen which made her indifferent to all else that could happen, and even to her own fate, of which it may be regarded as the precursor. At ten o'clock on the 3rd of July, when...

Ce n’est que lorsque les envoyés du Comité de salut public La menacent de s’en prendre à la vie de Ses enfants que Marie-Antoinette les laissent emmener Son Chou d’amour qui logera dans l’ancien “appartement” de Louis XVI, un étage en dessous…

tiny-librarian:
“Detail from “The Goodbye of Marie Antoinette to her son, Louis Charles, on July 3rd, 1793″.
”

Le savetier Simon, ivrogne qui sait à peine lire, sera son nouvel instituteur.

Dans la nuit du 2 au 3 août 1793

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie. Elle y est traitée avec une certaine bienveillance par une partie du personnel de la prison, dont surtout Rosalie Lamorlière (1768-1848).

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

Le 3 octobre 1793

La Reine est déférée au Tribunal révolutionnaire.

Le 14 octobre 1793

Marie-Antoinette comparaît devant le président Herman (1759-1795)

Herman dans L’Interrogatoire de Marie-Antoinette par Pierre Bouillon (détail)

Une série de témoins défile sans apporter de preuves convaincantes de Sa culpabilité, et pour cause.

Jane Seymour dans Les Années Terribles de Richard Heffron (1989)

Hébert lance l’accusation d’inceste qui vaut à la Reine une réplique mémorable :

J’en appelle à toutes les mères.

procès - Le procès de la reine Marie-Antoinette - Page 2 33748-10

Le 16 octobre 1793

Exécution de Marie-Antoinette.

Une femme d'un grand sang-froid » - France Catholique

En octobre 1793

La duchesse déchue dépérit, n’a plus le goût à rien, ne cesse de pleurer. Elle reçoit le coup, fatal lorsque la nouvelle de l’exécution de son amie lui parvint en 1793… On lui dit pourtant que la Reine est morte de privations dans Sa prison.

Le profil de la duchesse de Polignac par Elisabeth Vigée-Lebrun Ob_a0110Madame de Polignac par Élisabeth Vigée Le Brun ( 1787)

Dans la nuit du 4 au 5  décembre 1793

Son agonie commence. Atteinte par un cancer, dévorée de douleur et de chagrin, Yolande Martine Gabrielle de Polignac s’éteint sans douleur ni bruit, veillée par Vaudreuil et Diane, deux mois après la mort de celle qui a été son amie.

Le 9 décembre 1793

On enterre la duchesse de Polignac.

On grave sur sa pierre tombale “Morte de douleur “.

Sa tombe, aujourd’hui introuvable, a sans été doute détruite.

Le 27 juin 1794 ( 9 messidor an II )

Son père, Jean François Gabriel de Polastron, né en 1722, est guillotiné. Il est inhumé au cimetière de Picpus à Paris, comte de Polastron, il était aussi gouverneur de Castillon, colonel du régiment de la Couronne.

Ceux qui écrivent sur la Reine sont souvent sévères envers madame de Polignac que l’on considère comme une profiteuse, une opportuniste, … les termes ne manquent pas.

Yolande de Polignac d’après Vigée Le Brun

Mais la fin tragique de la Duchesse montre que son amitié était sincère. Et la Reine avait pour elle une affection sincère.

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