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La RestaurationMarie-Antoinette aujourd'hui

L’exhumation des corps de Louis XVI et de Marie-Antoinette

Fichier:Saint-Denis (93), basilique, statue de Marie Antoinette.JPG —  Wikipédia
Le 20 janvier 1793
Le Conseil exécutif donne l’ordre suivant :

« Le corps de Louis Capet sera transféré dans le cimetière de la Madeleine, où il sera préparé une fosse à douze pieds de profondeur. »

Douze pieds, soit deux fois la profondeur légale, de façon à ce qu’aucun particulier nostalgique ne soit tenté de creuser en catimini sans être pris sur le vif.

Le matin du 21 janvier 1793

Leblanc et Dubois, administrateurs du Département, vont vers neuf heures chercher le citoyen Picavez et ses deux vicaires, Damoreau et Renard pour se rendre au cimetière où tout a été préparé.

« Peu après, écrivent Leblanc et Dubois, a été déposé dans ledit cimetière par un détachement de gendarmerie à pied, le cadavre de Louis Capet, que nous avons reconnu entier dans tous ses membres, la tête étant séparée du tronc. Nous avons remarqué que les cheveux su derrière de la tête étaient coupés, et que le cadavre était sans cravate, sans habit et sans souliers. Du reste, il était vêtu d’une chemise, d’une veste piquée en forme de gilet, d’une culotte de drap gris et d’une paire de bas de soie gris. Ainsi vêtu, il a été déposé dans une bière, laquelle a été descendue dans la fosse, qui a été recouverte à l’instant. Et le tout a été disposé et exécuté d’une manière conforme aux ordres donnés par le Conseil exécutif provisoire de la République française. »

Le 16 octobre 1793

Le corps de Marie Antoinette vient rejoindre celui de Son époux.

Louis Olivier Pierre Desclozeau (1732-1816), ancien avocat, et Danjou, son gendre,  qui habitent la propriété voisine, peuvent assister aux deux inhumations et notent méticuleusement les deux emplacements qu’ils peuvent repérer depuis leurs fenêtres et qu’ils gardent par la suite bien en mémoire.

En 1796

Le cimetière de la Madeleine est mis en vente. Pierre-Louis-Olivier Desclozeau, ancien avocat au Parlement de Paris, resté fervent royaliste, s’en rend donc acquéreur. Afin d’écarter les curieux, il rehausse les murs et entoure l’emplacement des deux fosses royales d’une haie de charmilles et d’arbustes. Il plante aussi à côté deux saules pleureurs.

Les corps de Louis XVI et de Marie Antoinette ZwykhyL’emplacement de la tombe de Louis XVI aménagée par Desclozeau
Après la révolution

La France connaît des situations politiques différentes, le lieu où ont été enterrés les cadavres royaux est caché pendant longtemps, comme si c’était un sujet tabou en raison de la gravité de cet acte.

En 1814

Au moment de son retour en France « dans les fourgons de l’étranger », Louis XVIII sent le besoin de faire oublier aux Français son action pendant l’émigration. Il a déjà beaucoup utilisé dans cette vue sa nièce Madame Royale (1778-1851), duchesse d’Angoulême, l ‘ «orpheline du Temple» , la « fille de Louis XVI ». une exhumation solennelle de Louis XVI et de Marie Antoinette, suivie du transfert solennel de leurs restes à Saint Denis, ne pouvait manquer d’avoir une grande valeur de propagande.

Certes, on a enterré depuis, beaucoup de monde au cimetière de la Madeleine, qui a servi de fosse commune pour les victimes d’exécutions capitales jusqu’au 24 mars 1794.

A partir du 25 mars

On utilise le cimetière des Errancis à la barrière de Monceau et un jardin couvert dans le Cinquième arrondissement.

Les recherches de leurs corps sont faites en même temps avec une autre campagne de recherches des restes de toutes les dépouilles royales déposées avant la révolution à la basilique de Saint Denis. Ces corps ont été profanés  à l’époque révolutionnaire (en octobre 1793!)  et jetés dans des fosses communes près de la basilique.

La Violation des caveaux des rois dans la basilique de Saint-Denis en  octobre 1793 | Musée Carnavalet - Histoire de la ville de Paris | Paris.frViolation des tombes de Saint-Denis par Hubert Robert
Le 18 janvier 1815

Les fouilles commencent donc, après huit mois d’enquêtes, en présence de l’abbé Renard, de Danjou et de Desclozeau.

 Les 18 et 19 janvier 1815 

Selon les ordres du Roi Louis XVIII (1755-1824),   il est procédédans le cimetière de la Madeleineà la recherche des restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette.                                                    Chateaubriand (1768-1848) est présent

Dès le 18 janvier 1815

En laissant à part cette deuxième recherche, qui s’est déroulée rapidement en apportant à la découverte des restes dans une fosse commune placée à proximité d’un des portails latéraux de la basilique de Saint Denis, la recherche des corps de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Cette deuxième enquête, qui est bien plus difficile que la première, a un tournant grâce aux indications fournies par un écrit par un témoin visuel à la fois de l’inhumation du Roi, et de celle de la Reine, ainsi que de sa même présence pendant les recherches.

En 1793, en effet, Desclozeaux vivait à proximité du lieu où ont été enterrés les corps et de ses fenêtres il avait pu bien voir ce qui s’est passé. Il est précisé que, selon ce qui a été écrit par Desclozeaux, le Roi avait été jeté dans une fosse incroyablement profonde, par rapport à ce que l’on a fait d’habitude. En ce qui concerne la Reine, le témoin confirme que Son corps est resté déposé sur l’herbe pendant des jours et qu’ils l’ont finalement enterré “la nuit et clandestinement” (il n’est pas spécifié en quel jour). À la fois pour le Roi et pour la Reine, Desclozeaux a marqué le lieu de l’enterrement. Jusqu’ici, on ne fait référence à aucun cercueil, ni à la chaux vivante, mais selon le témoignage, les corps ont été mis dans des fosses spécialement creusées pour eux, et on peut supposer que la caisse était présente. En ce qui concerne Madame Elisabeth, le lieu où la malheureuse princesse a été jetée, face contre le fond d’une fosse, les mains liées derrière le dos, a bien été circonscrit par les policiers. Mais il s’agissait d’une fosse commune où se trouvait de nombreux corps et les crânes étaient mélangés ; les corps n’ont donc pas été exhumés et Elisabeth se trouve aujourd’hui dans le sous-sol parisien ou aux Catacombes.

Les recherches des corps du Roi et de la Reine, qui ont débuté le 18 janvier 1815, selon les écrits de Desclozeaux et en utilisant sa participation aux opérations, ont été faites rapidement et en furie pour faire en sorte de trouver les deux corps avant la messe et le solennel Te Deum organisés pour la célébration de l’anniversaire de la mort du Roi, le 21 janvier 1815 dans la basilique de Saint Denis.

Le 18 janvier 1815

Après l’exhumation, les ossements de Marie-Antoinette sont déposés dans une cassette jusqu’à ce qu’on les transmette dans les cercueils de plomb destinés à les renfermer.

A huit heures du matin

On procède à la recherche et l’exhumation du corps de Marie-Antoinette, en présence de:

– M. Dambray, chancelier de France, commandeur des ordres du Roi;
– M. le comte de Blacas, ministre et secrétaire d’État au département de la maison du roi
– M. le Bailli de Crussol, chevalier des ordres de Sa Majesté, Pair de France
– M. de Lafare, évêque de Nancy, premier aumônier de Son Altesse Royale Madame, duchesse d’Angoulême
– M. Distel, chirurgien de Sa Majesté
– MM. Descloseaux, Danjou, etc…

Le corps de Marie-Antoinette a été renfermé dans un cercueil de bois.

Ce cercueil de bois résista assez de temps pour que la chaux qui était dessus, délayée par l’eau qu’on y avait jetée, et comprimée par le tassement des terres dont elle avait été recouverte, pût se lier et former une voûte au-dessus du corps de l’infortunée princesse, qui eut la douleur de survivre neuf mois cinq jours à son auguste époux. Les ossements de la Reine de France ont donc été retrouvés dans un état de conservation, avec quelques parties de vêtement, ses jarretières que le temps avait respectées, et quelques débris de sa bière. Cette voûte en partie intacte lors de l’exhumation, a été reconstruite en plâtre. La place est marquée ; elle est sanctifiée par le malheur. Une chapelle y sera un jour édifiée (…) Ces précieux ossements furent déposés dans une cassette jusqu’à ce qu’on les transmît dans les cercueils de plomb, destinés à les renfermer

(extrait de la “Notice sur l’exhumation de leurs majestés Louis XVI et Marie-Antoinette”, par Louis-Edmé Barbier, janvier 1815).
Les corps de Louis XVI et de Marie Antoinette 2utp160Etat de la crypte centrale de Saint-Denis (XIX° S. jusqu’en 1975)

On aperçoit les deux cercueils contenant les restes supposés de Louis XVI et de Marie Antoinette juste au milieu

Les restes sont trouvés:

Pour ceux de la Reine, il n’y a aucun doute sur le fait que ce soient les siens, pour ceux du Roi, il semble qu’ils ne le soient certainement pas.

Les restes de Marie-Antoinette sont trouvés d’abord (ils sont plus récents que ceux de Louis XVI) et ensuite, en fonction de la localisation de l’enterrement de la Reine, on cherche aussi ceux du Roi, dont l’identification est cependant douteuse ( il semblerait qu’on ait prit le premier corps qui se trouvait à peu près à l’endroit où il avait été indiqué, qu’on considère comme les restes du Roi).

Il est donc difficile de se convaincre que les restes de Louis XVI le sont bien…

Nous avons commencé les recherches de celles qui concernaient les restes de sa Majesté la Reine, dans le but d’arriver avec plus de sécurité à découvrir les restes de sa Majesté Louis XVI. Après avoir fait faire à des ouvriers, parmi lesquels il y avait aussi un témoin de l’inhumation de la Reine (Desclozeaux), une fosse de dix pieds de longueur, pour cinq / six pieds environ de largeur et environ cinq de profondeur, nous avons trouvé un Lit de chaux d’environ dix / onze pouces d’épaisseur, que nous avons fait enlever avec une grande précaution et sous lequel nous avons trouvé l’empreinte bien distincte d’un cercueil de cinq pieds et demi environ de longueur (donc la caisse était là ! ), cette empreinte restait au centre du souvent lit de chaux, le long duquel se trouvaient encore de nombreux fragments des axes en bois (du cercueil) encore intacts. Nous avons trouvé dans ce cercueil un grand nombre d’os que nous avons recueilli avec beaucoup de soin ; il en manquait cependant quelqu’un qui, sans aucun doute, s’était déjà réduit en poudre ; mais nous avons trouvé la tête entière (et ici on entend selon moi l’os crânien tout Entier et pas la tête parfaitement conservée dans ses parties molles. Information ce que puis la légende a voulu embellir à devoir, en retournant l’absurdité d’une tête d’où on pouvait reconnaître le sourire de la Reine) et la position dans laquelle elle était posée (la tête) indiquait de manière incontestable qu’elle avait été détachée du tronc ( On peut donc supposer que la tête était encore placée entre les jambes). Nous avons aussi trouvé quelques fragments de vêtements et en particulier deux jarretières élastiques très bien conservés, que nous avons pris pour les livrer à sa Majesté (Louis XVIII) ainsi que les deux fragments de bois de la caisse ; nous avons respectueusement placé tout ce qui restait dans une cassette que nous avions fait porter en attendant le cercueil de plomb que nous avions commandé. De la même façon, nous avons mis de côté et fermé dans une autre cassette la terre et la chaux trouvées avec les os et qui devaient être mis dans le même cercueil (avec les autres restes). Cette opération effectuée, nous avons fait couvrir avec des planches en bois résistantes l’endroit où se trouvait l’empreinte du cercueil de sa Majesté la Reine et nous avons procédé à la recherche des restes de sa Majesté Louis XVI.

L’exhumation du corps de Marie-Antoinette dans “Les Mystères du Trianon, Voyages vers l’au-delà” de Didier Audinot

L’image contient peut-être : plein air

 Tombe de Marie-Antoinette et Sa statue priante à la basilique de Saint-Denis
Le 19 janvier 1815

On creuse à l’emplacement indiqué pour la fosse de Louis XVI, entre celle de la Reine et le mur de la rue d’Anjou. On trouve à dix pieds de profondeur quelques débris de planche dans la terre mêlée de chaux et des ossements dont certains tombent en poussière. Des morceaux de chaux encore entiers adhèrent à certains os. La tête est placée entre les fémurs.
Tous les débris qu’on peut sortir de cet amas de terre, de chaux, de bois et d’ossements sont enfermés dans deux boite, l’une aux ossements, l’autre contenant les restes qui n’ont pas pu être extraits de la chaux solidifiée, souvent –détail macabre – parce celle-ci avait « moulé » une partie du corps du défunt.
Les deux boites furent, comme pour Marie Antoinette, placées dans un cercueil.

Résultat de recherche d'images pour "chapelle expiatoire"La Chapelle Expiatoire élevée au 29 de la rue Pasquier de 1815 à 1826 par Pierre-François-Léonard Fontaine  et son élève Louis-Hippolyte Lebas

Le 21  janvier 1815

Dugourc est chargé de mettre en scène le transfert des cendres de Louis XVI et de Marie-Antoinette du cimetière de la Madeleine à la messe des funérailles à Notre-Dame jusqu’au tombeaux à Saint-Denis.

Sur le haut du catafalque du char, la couronne plafonne tellement qu’elle s’accroche à un réverbère rue Montmartre.

The remains of Louis XVI and Marie Antoinette being taken to St. Denis on January 21st, 1815.

Une gigantesque pyramide accostée de deux colonnes sommées d’urnes masque la façade de la basilique.

Marie-Antoinette à la basilique de Saint-DenisTenture de la façade de Saint-Denis  pour la commémoration de la mort de Louis XVI et Marie-Antoinette, le 21 janvier 1817, 1817. Crayon et aquarelle de Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867), © Cologne, Wallraf-Richartz-Museum et Fondation Corboud.

21 janvier 1815: Translation des cendres de Louis XVI et de Marie Antoinette

A l’intérieur, un arc drapé domine les cercueils.

La célébration de la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette | Histoire  et analyse d'images et oeuvres

La Chapelle Expiatoire du square Louis XVI, à Paris - Page 2 1039

Les restes de Louis XVI et de Marie Antoinette sont ensuite transportés à Saint-Denis.

La Chapelle Expiatoire du square Louis XVI, à Paris - Page 2 Imgp1306

La Chapelle Expiatoire du square Louis XVI, à Paris - Page 2 Imgp1307

Les restes de Louis XVI et de Marie Antoinette sont ensuite transportés à Saint-Denis.

Requiem à la mémoire de Louis XVI — Wikipédia

Le 9 janvier 1816

la Chambre des pairsdans son discours sur la résolution de la  Chambre des députés, relative au deuil général du 21 janvier, Châteaubriand prononce les paroles suivantes : 

« J’ai vuMessieursles ossements de Louis XVI mêlés dans la fosse ouverte avec la chaux vive qui avait consumé les chairsmais qui n’a pu faire disparaître le crime !  J’ai vu le squelette de Marie-Antoinette, intact  à l’abri d’une espèce de voûte qui   s’était formée    au-dessus d’ellecomme par miracle ! La tête seule était déplacée ! et dans la forme de cette tête on pouvait encore reconnaître (ô Providence !) les traits  respirait avec la grâce d’une femme toute la majesté  d’une Reine ?  Voilà ce que j’ai vuMessieurs ! voilà les souvenirs pour lesquels nous n’aurons jamais assez de larmes… » 

Œuvres complètestomeXXIII : Opinions et Discoursp78
Messe pour la Reine Marie-Antoinette à Saint-Denis le 16 octobre - LiturgiaMonuments funéraires à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette à Saint-Denis
La Chapelle Expiatoire du square Louis XVI, à Paris - Page 2 53678210Cérémonie à la Chapelle Expiatoire (1835) par Lancelot-Théodore Turpin de Crissé
La Chapelle Expiatoire du square Louis XVI, à Paris - Page 2 853px-10Statue de Marie-Antoinette soutenue par la Religion, œuvre de Jean-Pierre Cortot

La thèse des Girault de Coursac

Paul et Pierrette Girault de Coursac, à partir de longues recherches dans les archives de plusieurs pays, ont fait considérablement avancer la connaissance de la personne du Roi et de sa politique. Elles sont aussi marquées par une objectivité légèrement dissymétrique en faveur du Roi et au dépens de la Reine, avec une tendance à surinterpréter certains documents dans le sens de complots permanents.
La redécouverte des corps royaux suppliciés ne fait pas exception à ce travers dans leur analyse. C’est ainsi qu’a été lancé l’affirmation que l’on n’aurait pas retrouvé le corps de Louis XVI en 1815, révélation qui allait connaître une étonnante fortune.
Selon Paul et Pierrette Girault de Coursac, on ne retrouva presque rien du corps du Roi, que de la chaux et des débris de planches mêlés à de la terre – ce qui est un fait. Pour satisfaire Louis XVIII qui croyait utile à sa cause les funérailles grandioses à Saint-Denis, on aurait improvisé un cadavre de Louis XVI avec un des nombreux squelettes de décapités, enterrés là pendant la Terreur. En effet, on n’a pas retrouvé de vêtement (la chaux ne les détruit pas) ni l’anneau du sacre. Or, expliquent les Coursac, il est impossible que l’on ait pris l’anneau après l’exécution; car le cadavre avait les mains gonflées par la corde et il aurait fallu lui couper le doigt pour enlever l’anneau, ce qui aurait été impossible sans attirer l’attention des soldats de l’escorte. Le bourreau s’est donc contenté de prendre ses souliers.
On aurait donc bien retrouvé la Reine – point sur lequel tout le monde est d’accord – mais pas le Roi.

La Chapelle Expiatoire du square Louis XVI, à Paris - Page 2 Imgp1309

La Chapelle Expiatoire du square Louis XVI, à Paris - Page 2 Imgp1311Intérieur de la Chapelle Expiatoire
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