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L'AlmanachLa Révolution

Claude Chauveau-Lagarde

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 Le 21 janvier 1756

Claude-François Chauveau-Lagarde naît à Chartres, paroisse Saint-André, de Pierre Chauveau, maître perruquier, et de Marie Magdeleine Lagarde, après des études au collège de Chartres, il poursuit des études de droit à Paris.

Les noms que porte l’avocat sont donc celui de son père et celui de sa mère….

D’un caractère aimable et enjoué, connu pour ses saillies, il fait des vers. Quand il raconte quelque anecdote, sa parole est vive, animée, ses yeux brillent avec éclat. Il est d’une grande modestie et plein de dévouement pour ses amis.

Le 8 août 1788

Louis XVI convoque les États-Généraux pour le 1er mai 1789.

En 1789

Déjà l’un des avocats les plus connus de Paris, Claude-François Chauveau-Lagarde se fait connaître du public :

1789 le remplit d’abord d’espoir et, quand les états généraux sont convoqués, il publie une Théorie des États généraux ou la France régénérée.

 Le 5 mai 1789

Ouverture des États-Généraux.

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Y sont réunis tous les protagonistes de la Révolution future…

Le 20 juin 1789

Serment du Jeu de paume

Reproduction du Tableau LE SERMENT DU JEU DE PAUME de Jean Louis DAVID | Jeu  de paume, Le serment, Jean louis davidTableau de Jacques-Louis David

Le 14 juillet 1789

Prise de la Bastille.

Comment la prise de la Bastille est-elle racontée par Jules Michelet ? – Un  Texte Un Jour

La nuit du 4 août 1789

Abolition des privilèges.

4 août 1789 : abolition des privilèges et droits féodaux | RetroNews - Le  site de presse de la BnF

La Nuit du 4 août 1789, gravure de Isidore Stanislas Helman (BN)

Le 26 août 1789

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 — Wikipédia

Sous la Révolution

Il continue à exercer sa profession sous le nouveau nom de défenseur officieux qu’on avait donné à l’avocat.

Son nom apparaît dans les listes des jugements civils dans la collection d’Aristide Douarche, Les Tribunaux civils pendant la Révolution.

Fichier:Portrait of a woman by Adélaïde Labille-Guiard - 1787.jpg —  WikipédiaManon Roland par Adélaïde Labille-Guiard

Madame Roland, une des figures de la révolution française qui joue un rôle majeur au sein du parti girondin, pousse son mari, Jean-Marie Roland de la Platière (1734-1793), au premier plan de la vie politique de 1791 à 1793.

Le 21 janvier 1793

Exécution de Louis XVI.

Louis XVI guillotiné | Histoire et analyse d'images et oeuvres

Le 16 mai 1793

Il est l’avocat du général Francisco de Miranda 1750-1816) devant le Tribunal révolutionnaire, alors que ce dernier avait encore une certaine bonne volonté envers les accusés ; l’efficacité de son plaidoyer fait acquitter son client, un triomphe pour l’accusé et son avocat.

Aperçu de l’imageBernard Salvage est Chauveau-Lagarde dans Marie-Antoinette (1976) de Guy-André Lefranc
Pourtant, Marat dénonce Chauveau-Lagarde pour avoir fait libérer un coupable.
Le 

 Manon Roland (1754-1793) se laisse à son domicile; elle est incarcérée dans la prison de l’Abbaye. Détachée de la vie, libérée de la présence de son mari, elle ressent son arrestation comme un soulagement qu’elle décrit à Buzot dans une de ces pages de la correspondance passionnée et déchirante qu’ils échangent alors :

« Je chéris ces fers où il m’est libre de t’aimer sans partage».

En prison, elle est respectée par tous les gardiens et certains privilèges lui sont accordés. Elle peut ainsi avoir de quoi écrire et recevoir des visites occasionnelles de ses amis dévoués.

Le 3 juillet 1793

Louis-Charles, Louis XVII, est enlevé à sa mère et confié au cordonnier Antoine Simon (1736-1794).

Exposition "Heurs et malheurs de Louis XVII", musée de la … | Flickr

Pendant une heure, la Reine lutte pour convaincre les cinq municipaux de Lui laisser Son fils… en vain…

 Le 14 juillet 1793

On lui confia la défense de Charlotte Corday (1768-1793), qui avait assassiné Marat, la veille.

Résultat de recherche d'images pour "assassinat de marat"L’Assassinat de Marat, par Jean-Joseph Weerts (1880) Musée de la Piscine de Roubaix

Dans son cas, l’issue du jugement ne fait aucun doute, il en est bien conscient. Il se limite à rappeler pour la défendre « l’exaltation du fanatisme politique » qui avait mis le couteau dans sa main.

Fichier:Claude Chauveau-Lagarde.jpg — WikipédiaClaude Chauveau-Lagarde

Le procès de Charlotte Corday
grand_10.jpg
Voici une vue de la grand chambre – elle est plus claire qu’à l’époque car lors de l’incendie un bâtiment situé derrière les fenêtre a brûlé

Dans la nuit du 2 au 3 août 1793

Marie-Antoinette est transférée de nuit à la Conciergerie. .

LES ACTEURS DE LA REVOLUTION : MARIE-ANTOINETTE, REINE DE FRANCE ...

L'exécution de Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 Captur10La Veuve Capet par Jean-Louis Prieur

Le 5 septembre 1793

La Terreur est mise à l’ordre du jour.

Sous la Terreur

Il se distingue par son courage moral: il doit défendre les Girondins modérés, en particulier Brissot (1754-1793), son compatriote de Chartres.


Le procès des Girondins par Paul Delaroche

Le 12 octobre 1793

Il est nommé, avec Tronson-du Coudray (1750-1798), défenseur pour la défense de la Reine dont le procès va commencer deux jours plus tard.

Résultat de recherche d'images pour "tronson du coudray" Guillaume-Alexandre Tronson-Ducoudray. (1750-1798)

Le dimanche 13 octobre 1793

Aucune description disponible.

Au soir

Chauveau-Lagarde se rend à la Conciergerie, s’entretient brièvement avec Marie-Antoinette et prend connaissance de Ses interrogatoires et de l’acte d’accusation dressé par Fouquier-Tinville.

Il relève que ce dernier retient trois principaux chefs d’accusation :

la dilapidation des deniers publics avant la Révolution, intelligences et correspondances avec les ennemis de la République  et  conspirations et complots contre la sûreté intérieure et extérieure de la France.

Ute Lemper

Devant l’étendue et la gravité de l’accusation, le défenseur sollicite un délai, mais ne recevra pas de réponse.

Patrice Faucheux et Isabelle Toris dans La Dernière Étreinte d’Isabelle Duthillier (2018)

Le lendemain, les débats commencent.

Le lundi 14 octobre 1793

Marie-Antoinette comparaît devant le président Herman(1759-1795)

Herman dans L’Interrogatoire de Marie-Antoinette par Pierre Bouillon (détail)
Marie-Antoinette par Kucharski telle qu’Elle est apparue devant Ses juges

Une série de témoins défile sans apporter de preuves convaincantes de Sa culpabilité, et pour cause.

Jane Seymour dans Les Années Terribles de Richard Heffron (1989)

Hébert lance l’accusation d’inceste qui vaut à la Reine une réplique mémorable, le bras tendu vers l’auditoire, Elle dit d’une voix plus haute et qui frappe les murs avant de frapper les cœurs :

Si je n’ai pas répondu, c’est que la nature se refuse à répondre à une pareille question faite à une mère… J’en appelle à toutes celles qui peuvent se trouver ici.

Caroline Sihol dans Je m’appelais Marie-Antoinette (1993) de Robert Hossein

Un peu avant minuit

Hermann avertit Chauveau-Lagarde et Tronson-Ducoudray

Sous un quart d’heure les débats finiront; préparez votre défense.

Pour répondre à tant de chefs d’accusation, les avocats n’ont qu’un quart d’heure !

Tandis qu’ils se concertent à voix basse, le président demande à Marie-Antoinette :

Ne vous reste-t-il plus rien à ajouter pour votre défense?

La Reine répond :

Hier, je ne connaissais pas les témoins; j’ignorais ce qu’ils allaient déposer : eh bien personne n’a articulé contre moi aucun fait positif.

 Je finis en observant que je n’étais que la femme de Louis XVI et qu’il fallait bien que je me conformasse à ses volontés.

Chauveau-Lagarde plaide pendant deux heures…

Combien vous devez être fatigué,  monsieur Chauveau-Lagarde. Je suis bien sensible à toutes vos peines.

Son confrère et lui seront arrêtés au sortir de l’audience.

Résultat de recherche d'images pour "Chauveau-Lagarde FREDERIC VAN DEN DRIESSCHE"         Frédéric van den Driessche est Chauveau-Lagarde dans L’Autrichienne (1990)                de Pierre Granier-Deferre

Marie-Antoinette semble avoir encore confiance dans l’issue…

Marie-Antoinette, le glaive sans la balance sur ArteImage d’Ils ont jugé la Reine (2018) d’Alain Brunard

A quatre heures et quelques minutes

L’audience enfin est reprise.

 – Antoinette, dit Hermann, voilà la déclaration du jury.

Elle est unanime et affirmative sur toutes les questions. Fouquier-Tinville requiert alors la peine capitale.

Marie-Antoinette : Ils ont jugé la Reine - Télévision - Distribution - ZEDImage d’Ils ont jugé la Reine (2018) d’Alain Brunard

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Le procès de Marie-Antoinette par André Castaigne, 1901

A quatre heures et demie du matin

Ramenée à la Conciergerie, par le lieutenant de Busne, le chapeau à la main, cette marque de respect lui sera reprochée, il dira que c’était par commodité parce qu’il faisait chaud…

Je vois à peine à me conduire.

Il Lui offre l’avant-bras droit pour descendre l’obscur escalier de la prison. Elle reprend son bras pour descendre les trois marches glissantes du préau (le soir-même il est dénoncé alors que ce n’est que pour Lui éviter une chute ! ) . Elle mange un peu et demande de quoi écrire. Elle rédige cette lettre devenue célèbre qui ne parviendra jamais à Madame Elisabeth à qui Elle l’adresse…

Marie-Antoinette : Le feuilleton en DVD - Série - Le Quotidien du CinémaGeneviève Casile (1976)

Le 8 novembre 1793

Manon Roland à la Conciergerie

Madame Roland lui demande de préparer sa défense, qu’elle a l’intention de présenter elle-même devant ses juges. Tout de blanc vêtue, elle se présente devant le Tribunal révolutionnaire. Le procès se déroule entre 9 h et 14 h 30, et la sentence est mise à exécution le soir même, en même temps qu’un autre condamné, Simon-François Lamarche (1754-1793), ancien directeur de la fabrication des assignats, accusé de s’être rendu aux Tuileries, auprès du Roi, le 9 août 1792.

La journée finit et déjà la brume légère et la cendre grise du crépuscule enveloppent les rues de Paris. Quand la charrette arrive devant Saint-Roch, des forcenés les accablèrent d’injures, leur montrant le poing et criant : « À la guillotine ! à la guillotine ! » sans paraître la troubler.

“J’y vais, citoyen… j’y vais !”


Exécution de Madame Roland, le 8 novembre 1793

A 5 heures et quart du soir

Madame Roland aurait crié ces mots sur l’échafaud en se tournant vers la statue de la liberté qui ornait la place de la Révolution

“Ô Liberté! Que de crimes on commet en ton nom! “

Le 11 novembre 1793

Chauveau-Lagarde défend Jean Sylvain Bailly (1736-1793) , ancien maire de Paris…  ce procès est expédié par le Tribunal révolutionnaire du 9 au , et la sentence exécutée le lendemain, après que la guillotine a été symboliquement transportée par les révolutionnaires de l’esplanade du Champ-de-Mars (à l’endroit même où les troupes de la Constituante avaient tiré sur les « Sans-Culotte » le 17 juillet 1791… sur son ordre !),


Bailly conduit à l’échafaud. par Tony Johannot, 1836

Comme les membres du condamné, glacés par la pluie et le froid, sont agités d’un tremblement involontaire, un spectateur lui dit :

— Tu trembles, Bailly ?
— Oui, répond le vieillard avec calme, mais c’est seulement de froid!

En décembre 1793

Il a également à défendre Louis-Marie-Florent, duc du Châtelet (1727-1793).

Le 9 mai 1794

Il prend la défense de Madame Élisabeth (1764-1794), sœur de Louis XVI, sans être autorisé à voir sa cliente, qui n’est coupable que de sa naissance…


Exécution de Madame Elisabeth, le 10 mai 1794

 Le 10 juin 1794

Quand est instaurée la loi draconienne du 22 prairial an II , qui supprime pour les accusés le recours à un avocat, il se retire dans sa ville natale.

Là Chauvaud-Lagarde est arrêté, accusé de montrer trop d’indulgence envers les contre-révolutionnaires.
Son mandat d’arrestation spécifie qu’il doit comparaître devant le tribunal dans les trois jours, mais sa détention dure en fait six semaines, pendant lesquelles il reste très discret, et cela le sauve de la guillotine.

Après le 9 thermidor de l’an II (27 juillet 1794)

Il est remis en liberté.

Ses cosectionnaires l’élisent président de la section « l’Unité », la plus royaliste de la capitale.

Le 5 octobre 1795

Compromis par l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV, il est condamné à mort par contumace.
Il se cache, attendant que le calme soit revenu assez longtemps, si bien que, quand il reparaît finalement, la sentence est annulée.


Journée du XIII Vendemiaire, l’an IV, par Isidor-Stanislas Helman

Sous le Directoire (1795-1799)

Après qu’on en soit revenu à un ordre plus normal, il reprend sa profession.

En 1797

Il est chargé de défendre l’abbé Charles Brottier (1751-1798), qu’il fait acquitter, comme ce fut le cas pour plusieurs royalistes accusés de conspiration.

En 1800

Son courage et son éloquence habituels ne lui permettent pas néanmoins d’obtenir l’acquittement pour les « ravisseurs » présumés de Clément de Ris, Auguste de Canchy et Jean de Mauduison.

Le 8 juillet 1806

Il est nommé avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation.

Le 15 décembre 1808

Il prend la défense des protagonistes de l’affaire du Quesnay, un vol de fonds publics, et spécialement celle de Geneviève, marquise de Combray (1742-1823) et de sa fille Caroline (1773-1809), dont le procès dure un mois. Mais Caroline est condamnée à mort – prétendue enceinte, elle est exécutée en octobre 1809. Geneviève, elle, est condamnée à vingt-deux ans de réclusion par arrêt de la cour de justice criminelle de la Seine-Inférieure du 30 décembre 1808. Elle les passera au bagne et au pilori. Exposée en public, elle sera entourée des dames de haute qualité de Rouen qui monteront une garde d’honneur autour de l’échafaud. Sa condamnation sera annulée en août 1814, sous la Première Restauration.

Après la Restauration

Il devient avocat au Conseil du Roi et président du Conseil de l’ordre des avocats.

Le 23 août 1814

Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur.

En 1816

Il assure la défense du général Jean-Gérard Bonnaire et publie une notice historique sur la vie de son client :

Exposé simple et fidèle de la conduite du général Bonnaire, ex-commandant de la place de Condé, accusé d’avoir ordonné le meurtre du colonel Gordon, envoyé au nom du Roi somme parlementaire à Condé, et d’avoir participé à ce meurtre.

En 1826

Il est l’un des défenseurs de l’avocat François-André Isambert  (1792-1857) poursuivi pour provocation à rébellion car dans un article publié le 14 septembre 1826 celui-ci avait écrit que les gendarmes isolés et les agents de la police administrative n’avaient pas le droit d’ordonner de leur propre chef l’arrestation d’un citoyen.

En 1824, 1825 et 1826

Il s’associe à son compatriote François-André Isambert, avocat, dans l’affaire des déportés de la Martinique, où ils ont notamment en charge la défense de Cyrille Bissette, Jean-Baptiste Volny et Louis Fabien.
(…)

Le 19 février 1841

Décès de Claude-François Chauveau-Lagarde.

Ses obsèques ont lieu le 22 février 1841(…). Il est enterré dans la première division du cimetière de Montparnasse à Paris.

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